Rencontre entre le Tarnosia et le Maok à Lokaroum

Alwine

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Malinia Namalik Balioko, Ministre Royale des Affaires Étrangères.[/center]

[right]24 Mars 2028, aéroport de Lokaroum.[/right]

Une fois encore, Malinia était venue accueillir un dignitaire étranger à l'aéroport de Lokaroum, relativement modeste par la taille, mais comme d'ordinaire bien propre, bien ordonné et bien fonctionnel. Ce n'était plus la première fois qu'elle venait là accueillir quelqu'un, bien entendu, mais c'était la première fois qu'elle venait, seule, recevoir un dignitaire venu d'aussi loin que le Vicaskaran. Il était rare aussi de recevoir un représentant d'un pays aussi vaste que le Tarnosia, et, plus encore que cela, d'un pays qui venait tout juste d'être restaurer en tant que monarchie. Sa Majesté plaçait de grands espoirs dans cette restauration, chrétienne qui plus est, accompagnant un grand mouvement de conversion populaire, et la rencontre était un moyen, à la modeste échelle qui était encore pour l'heure celle du Maok, d'apporter un certain soutient à ce nouveau régime.

Le comité d’accueil habituel pour le Maok était réunis, à savoir, outre la Ministre elle-même, deux détachés de son Ministère, prévus pour l'épauler en cas de problème, et une vingtaine de gardes en tenus d'apparat, dix hommes et dix femmes, les fameuses Amazones du Maok, formant une haie d'honneur entre l'endroit où attendait Malinia et la voiture qui était prévue pour amener les deux interlocuteur jusqu'au Petit Palais, le siège du gouvernement civil du Maok, où auraient eu lieu des discussions. Des discussions que la Ministre espérait vivement être positives, comme la plupart de celles menées jusque-là, afin de tisser un nouveau lien vers cet état à la monarchie restaurée, à la chrétienté enfin florissante, un lien qu'elle espérait solide et durable, comme tous celle qu'elle s'attelait à forger depuis la réouverture du pays.

Il n'y aurait plus longtemps à attendre avant le début de ces discussions, de toute façon, car l'avion du représentant de la nouvelle monarchie de Tarnosia. Bientôt, ils pourraient commencer à mettre en place les futurs liens, tant souhaités par Sa Majesté, entre leurs deux royaumes, et Malinia était bien décidée à faire de son mieux dans ce domaine, une fois encore.
Amaski

Message par Amaski »

L’aéroport de Lokaroum n’était pas très grand, mais il possédait toutes les installations nécessaires au bon fonctionnement du trafic aérien et était parfaitement entretenu. C’était sans aucun doute un avantage notable car trop souvent, les autorités publiques investissaient des sommes colossales dans la construction d’infrastructures publiques sans penser à l’entretien sur long terme. Le Royaume de Maok ne semblait pas avoir ce problème et c’était une très bonne chose.

L’établissement des liens diplomatiques avec le Moak était une mission que l’archevêque de Nueva Esperanza avait prise très à cœur. Le Zanyane s’était souvent retrouvé au cœur de l’attention des autorités tarnoises, quel que soit le régime politique en vogue sur la péninsule. C’était presque naturel d’avoir de la sympathie pour le Zanyane, un autre continent opprimé par la tyrannie des Almérans et des Makarans. Cependant, ceci ne signifiait pas qu’on était d’accord avec toutes les évolutions de ces terres. On avait toujours été très sceptique par rapport aux mouvements ultra-nationalistes qui au nom de la liberté, commettaient les pires atrocités sur ce continent. Cependant, on était confiant que le Royaume du Maok était un partenaire des plus respectables et fiables.

Le prêtre portait une simple tunique brune avec pour seul ornement une croix en bois autour du cou. Karn Belm n’était pas un ami du faste et poursuivait une vie profondément austère. C’est ainsi qu’il vivait à l’heure actuelle dans un monastère près d’un village sur la rive orientale de l’Argon. Il faisait chaque jour le chemin vers la cour installée provisoirement à Koloria, le temps d’attendre la reconquête de Titanua. L’homme que certains considéraient comme un des plus puissants au monde n’avait donc aucune amitié pour le luxe. Il avait même fallu le forcer à signer les lettres avec son titre de chancelier, chose qu’il avait refusé au début. Certains parlaient du triomphe des capucins quand ils abordaient la carrière politique de Belm, d’autres de la victoire du monachisme mendiant sur l’Eglise des cardinaux et des papes. N’étaient-ils pas ceux qui avaient réussi l’impossible ? Celui de lancer un mouvement de conversion de masse d’un continent païen ?

C’est ainsi que l’archevêque apparu face à la ministre des Affaires étrangères, simplement vêtu et portant l’autorité du maître d’un continent.
Alwine

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Malinia Namalik Balioko, Ministre Royale des Affaires Étrangères.[/center]

C'était la première fois que la Ministre avait affaire à un envoyé étranger qui n'était pas seulement un diplomate ou un dignitaire, comme elle, mais bien plutôt un responsable ecclésiastique, et non des moindres, puisqu'il s'agissait d'un Archevêque. Cette information ne lui avait d'ailleurs été communiquée que tardivement, si bien qu'elle n'avait pas pu y mettre les formes lors de sa correspondance écrite... heureusement qu'un Archevêque avait également droit au « Votre Excellence », cela lui avait évité la boulette diplomatique. C'était l'un des désavantage de la position très isolée dont sortait tout juste le Maok, mais elle avait bon espoir que ce genre de situation ne soit bientôt plus qu'un mauvais souvenir au fur et à mesure que le Royaume développait ses liens et sortait du brouillard dans lequel il était souvent placé à l'international.

Pour l'instant en tous cas, l'avion transportant le responsable à la fois ecclésiastique et civil ne tarda pas à arriver, et l'Archevêque lui-même s'approcha bientôt de Malinia. Loin de ce qu'on aurait pu attendre de sa charge, qui s'associait d'ordinaire avec un habit « officiel » et plus de faste, il aurait pu être semblable à un prêtre venu évangéliser le Zanyane, armé de sa foi et de sa simplicité, et la Ministre eut de prime abord une image plutôt positive de lui, sur le plan personnel, venant renforcer la bonne impression que ne pouvait que dégager, aux yeux des maokoriens, un personnage dont l'église venant de remporter une victoire éclatante, restaurant un roi catholique et diffusant la foi dans un pays qui y avait longtemps été fermé. Ce fut donc avec un sourire qu'elle l’accueillit, un sourire où on lisait beaucoup de franchise, avant de s'incliner respectueusement.

« Monseigneur, c'est un honneur pour moi d’accueillir le représentant à la fois du Roi et des croyants de Tarnosia. Permettez-moi de vous féliciter pour l'élan que vous avez su donner à la Bonne Nouvelle du Christ dans votre pays. »

Plus encore que la restauration de la monarchie, élément qui impressionnait pourtant déjà fortement les maokoriens, c'était l'élan donné à la foi chrétienne en Tarnosia qui avait fait forte impression sur le gouvernement aussi bien que sur le Roi et, plutôt que des accents de flatterie, il y avait de l'admiration sincère dans la voix de la diplomate. Elle s'était exprimé fluidement, en latin, supposant qu'un homme d'église saurait sans doute manier cette langue, vue comme la langue naturelle de la diplomatie au Maok, avec aisance. En cas de non-compréhension, elle avait prévu le coup, et son attaché diplomatique était également un interprète, prêt à traduire ses propos au besoin.

« Si vous le voulez-bien, Monseigneur, je propose que nous montions en voiture pour prendre la route qui nous conduira jusqu'au Petit Palais, siège de notre gouvernement civil, où nous pourrons discuter sérieusement de l'amitié entre nos royaumes. Nous pourrons profiter du voyage pour apprendre chacun à mieux connaître la nation de l'autre, et ainsi pouvoir avoir des bases saines pour lancer nos relations. »

Si l'homme d'église était d'accord, ils pourraient avancer et prendre place, après qu'un soldat leur ait ouvert la porte, en direction du Petit Palais, et commencer directement à « faire connaissance », comme aimait à le dire la Ministre.
Amaski

Message par Amaski »

Karn Belm eut une bonne première impression de son homologue. Peut-être que c’était lié au fait que les Tarnois avaient globalement une vision positive des habitants du Zanyane, chose qui n’était pas le cas pour l’Alméra et le Makara, ou peut-être aussi car la Ministre diffusait l'impression d'une certaine modestie. L’expérience diplomatique tarnoise avait rarement été positive avec les ministres ou chefs d’état femmes. Elles se comportaient presque toutes comme des furies, prétendant vouloir passer pour ferme, en devenant autoritaire et excessive en tout point. Le cas le plus flagrant avait été le Ranekika. Chaque femme arrivant au pouvoir dans ce pays c’était comportée de manière encore plus tyrannique, imprévisible et lunatique que la précédente. Au Khaldidan la situation n’était pas meilleure. On craignait la Matriarche comme un cataclysme naturel, voyant en elle la source de mille malentendus diplomatiques. Peut-être que les femmes de pouvoir du Vicaskaran avaient un besoin de se montrer tyrannique, pensant devoir compenser quelque chose. Cependant, la reine du Thorval prouvait qu’une femme pouvait être un chef d’état de nature ferme sans être excessif, puissant et féminin au même temps. Le Ministre du Maok semblait à premier vue plus proche de la reine du Thorval que des folles du Vicaskaran. C’est la suite de la rencontre qui dira ce qu’il en était véritablement, mais le prêtre était confiant à ce sujet.  

L’archevêque s’inclina humblement devant la Ministre. Il sourit quand il l’entendit parler la langue urbaine. C’était un plaisir de constater que la connaissance du Latin n’était pas entièrement perdue à l’Est du Vicaskaran. Sa réponse se fit à son tour dans la langue de Cicéro. Le prêtre avait un léger accent tarnois, prononçant plus sèchement les « k » et arrondissant plus fortement les « o » et les « a » qu’il était habituel.

« Votre Excellence, soyez assuré que l’honneur est de mon côté. Je suis hélas qu’un simple serviteur, comme vous, d’une cause plus grande et plus noble. Au sujet de l’élan religieux de mon pays, celui-ci vient avant tout de ces millions de gens qui embrassent la foi au quotidien. Un simple prédicateur comme moi n’a que peu de pouvoir  sur ce grand mouvement de ferveur qui irrigue la péninsule tarnoise. Un simple menuisier vivant la Foi au quotidien, faisant office d'exemple auprès ses proches, provoquera davantage que le meilleur des missionnaires. Mon seul privilège est de pouvoir parler avec vous en toute tranquillité dans votre magnifique pays.

Permettez-moi de vous louer pour votre Latin, vous le parlez comme un prélat urbain. Hélas, mon Latin est un peu rouillé par la vie dans les terres tarnosies. Nous prêchons davantage en Tarnois impérial qu'en Latin, une chose imposée par la nature des habitants de ces terres. »

Le prêtre marqua avec un signe de tête son approbation pour se mettre en route en direction du Petit Palais. Le nom de l’édifice lui sembla étrange et il suspectait au plus profond de lui que le terme de petit palais devait être un euphémisme. Il suivit ainsi la Ministre en direction des voitures, montant dans celle qui lui était destinée et s’asseyant sur un des sièges à l’arrière.
Alwine

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Malinia Namalik Balioko, Ministre Royale des Affaires Étrangères.[/center]

Si la Ministre avait pu entendre les pensées de l'Archevêque, elle aurait sans le moindre doute été flattée par ne fut-ce que l'espoir d'être comparée à la Reine Très Chrétienne de Thorval, qui était fort admirée au Maok. En lieu et place, elle ne pu qu'être charmée par la modestie de l'homme d'église qui, bien que dirigeant la Foi au Tarnosia, bien que maintenant chargé en plus d'un fort pouvoir civil, semblait toujours savoir rester dans l'humilité prônée par le Christ. Par devers elle, elle restait persuadée que, pour que l'évangélisation ait ainsi réussi après de si nombreux échecs, le chef des croyants en ce pays devait y avoir quelque mérite, ne fut-ce que par la qualité de ses prières, mais elle n’insista pas, pour ne pas embarrasser son humble interlocuteur.

Elle-même accepta d'un bon sourire son compliment sur sa maîtrise du latin, et, plutôt que de répondre tout de suite, préféra l'accompagner jusqu'à la voiture. Il s'agissait d'un modèle sobre, confortable mais sans luxe particulier, qui disposait d'une double banquette à l'arrière, permettant de prendre place face à face. La Ministre monta donc en face de son invité, et la porte fut refermée, avant que la voiture ne se mette en route.

« Je vous remercie pour vos louanges sur mon latin qui, il est vrai, est d'une forme très classique. Ce n'est pas une langue implantée depuis si longtemps que cela au Maok, nous l'avons reçue en même temps que la Parole du Christ, et nous la voyons comme la langue diplomatique la plus naturelle, raison pour laquelle nous l'avons toujours gardée aussi classique que possible...

Hélas, il semble que dans le monde actuel, bien peu de peuples partagent cette vision du latin, et nous avons assez peu l'occasion, pour l'instant, de l'utiliser dans sa vocation diplomatique. Néanmoins, avec vous, j'ai pensé que ce serait le meilleur moyen d'échanger car, hélas, je ne maîtrise pas le tarnois impérial, et il est bien peu de monde hors de nos frontières pour parler la langue du Maok. »


Le maokorien moderne unis, la langue officielle du pays, qui avait fait merveille dans son œuvre d'union définitive de la population, aux côtés de la religion, et était idéale pour les échanges internes, n'était en effet que peu adaptée à l'international. Néanmoins, on trouvait toujours des moyens de pallier ce problème, comme la Ministre tenait de le faire aujourd'hui.

« Si vous le voulez bien, peut-être pourrions nous profiter de ce trajet pour faire connaissance, comme je le suggérais plus tôt ? Pourriez-vous me parler un peu du Tarnosia ? Je crains, hélas, qu'en dépit de son grand rayonnement le Maok, à cause de sa longue isolation, en connaisse bien peu de choses, malheureusement. Néanmoins, j'espère que nous pourrons corriger ce manque et que, suite à nos accords, tous mes concitoyens apprendront à connaître la grande civilisation tarnoise.

De mon côté, je serai aussi heureuse, si vous le désirez, de vous parler ensuite du Maok, ou de répondre à toute question que vous auriez à son sujet. Je crois que c'est en connaissant mieux nos pays respectifs que nous pourrons vraiment bâtir une relation de qualité entre eux. »
Amaski

Message par Amaski »

L’archevêque fut rejoint par la Ministre qui s’assit en face de lui sur la banquette donnant le dos au chauffeur, laissant la place la plus confortable à son invité. La voiture n’était pas très luxueuse, se contentant d’être confortable et d’apparence respectable sans rien de plus. C’était sans aucun doute un signe de sagesse et de modestie qui pouvait qu’être apprécié par le prêtre. Une fois tous les deux représentants bien installés, la voiture démarra pour prendre la route vers le Petit Palais. Karn Belm ignora la durée exacte du trajet, mais il supposait que l’aéroport se trouvait à l’extérieur de la ville et qu’on pouvait donc compter avec au moins un quart d’heure de trajet. C’était sans aucun doute assez de temps pour entamer une petite conversation voire même faire les premières présentations officielles.

Le fait que les officiels du Maok aient donné une telle importance au latin fut une surprise, mais qui plaisait à l’émissaire étranger. C’était une langue relativement simple, mais assez clair dans ses propos avec très peu d’homonymes et de finesses linguistiques dangereuses. C’est ainsi que le prêtre dit à son homologue.

« Nous n’en voyons aucun mal dans votre ignorance du tarnois impérial. C’est une langue compliquée et peu répandue en dehors de notre pays. Vous faites, au contraire, très bien de mettre l’accent sur le latin. Ceci vous donnera un atout diplomatique sur long terme par rapport aux pays almérans qui seront sans aucun doute vos partenaires naturels et avec lesquels vous pourrez avoir le plus d’affinité sur le long terme. »

La voiture se faufila à travers des rues de la capitale du royaume, faisant défiler aux fenêtres du véhicule la vision de maisons citadines. C’est alors que l’archevêque, sous demande de son homologue, accepta de présenter son pays.

« Il n’y aucun mal de ne pas connaître notre pays. Nous sommes qu’une petite puissance régionale et avons peu de contacts avec le reste du monde. A ceci s’ajoute que nous sommes confrontés à plusieurs problèmes internes et diplomatiques qui limitent nos ambitions extérieures. Cependant, pour le faire au plus simple, je peux vous dire que ce qu’on appelle le Tarnosia est un ensemble territorial jadis dominé par un empire, l’Empire tarnois. Cette région a alors été envahie en partie par le Numancia qui a détruit les apports civilisationnels impériaux. Le noyau dur de l’Empire a été cependant épargné dans la péninsule tarnoise.

Actuellement, plusieurs pays se partagent ce territoire : le Java, l’Icario, la Nueva Esperanza et la péninsule tarnoise. La péninsule tarnoise est divisée entre une zone occidentale qui a été largement abandonnée depuis quelques années en raison du chaos provoqué par la chute des USP. La partie orientale, elle, est la région où s’étend l’autorité de notre état. Actuellement, nous essayons d’entamer un processus de réunification pour unir tous les territoires dans un nouvel empire, ce qui est compliqué car nous tentons d’éviter toute recours à la force militaire.

Il faut savoir que Sa Majesté, que je représente auprès de vous, n’est pas encore sacrée. Elle est donc pour le moment qu’un simple prince auxquels le Sénat tarnois a juré allégeance. Ceci est dû à deux raisons. La première est que la capitale historique, Titanua, est située dans la zone abandonnée de la péninsule et que c’est habituellement dans le Grand Temple Bleu, située dans dite ville, que sont sacrés les souverains tarnois. Egalement, Sa Majesté défend l’avis que nous devons entamer la réunification du pays avant d’envisager la restauration finale d’un pouvoir impérial par un sacre officiel.

Concernant la situation régionale, celle-ci est compliquée. Le Khaldidan essaye de faire passer le Java de notre sphère d’influence dans la sienne, compromettant l’unification nationale de notre pays. Nous pensons donc que, malheureusement, une guerre soit inévitable avec ce pays pour le chasser du Java et ainsi assurer la réalisation de l’unité nationale. Nous vous assurons que nous tentons tout pour éviter un tel conflit, mais l’Empire du Khaldidan ne veut pas entendre raison. Bien évidemment, si un tel conflit devient inévitable, nous tenterons à ce qu’il soit fait de la manière la moins meurtrière et uniquement dans l’objectif de réaliser l’unité nationale. En somme, les choses ne sont pas simples car le Vicaskaran a une situation géopolitique fragile. La paix y règne depuis plusieurs années car les acteurs géopolitiques ont toujours respectés les sphères d’influences des autres, mais le Khaldidan agit de façon  à casser cet équilibre de force. Nous suspectons qu’il a des visées hégémoniques qui pourront que conduire à un conflit entre les pays voulant rester libres et le Khaldidan. »
Alwine

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Malinia Namalik Balioko, Ministre Royale des Affaires Étrangères.[/center]

Bien entendu, Malinia s'assurait toujours, dans ce genre de situation, de laisser la meilleure place à son invité, quelque il soit... justement parce qu'il était l'invité. Et bien entendu n'était encore que plus vrai avec un Archevêque ! Elle écouta sa première remarque et hocha la tête, car il était vrai que le latin avait été très utile lors des contacts avec le Thorval, puis écouta sa présentation de son pays. C'était un exercice en soit classique, ou qui l'était devenu pour elle dans ce genre de situation, mais son attention n'était jamais diminuée pour autant. Et puis, cette fois, il y avait quelque chose de tout sauf classique dans ce que mentionna son interlocuteur : un projet de guerre clairement annoncé et définis, de but en blanc. Cela fit quelque peu sursauter la Ministre, qui n'en écouta qu'avec plus d'attention.

C'était la première fois, depuis qu'elle avait commencé de telles rencontres, qu'on abordait directement un tel sujet... qu'on l'abordait tout court, en fait. La plupart des nations avec lesquels elle avait traité soit n'avaient pas de tels projets, soit ne les avaient pas annoncé de but en blanc. Elle écouta attentivement la fin de l'exposé de l'Archevêque, puis pris quelques instants pour digérer tout cela avant de répondre.

« Hum hé bien... je vous avoue que vous êtes le premier diplomate à me parler directement d'une guerre lors d'une telle rencontre, mais je ne saurai dire si cela doit être mis au crédit du pacifisme ou du manque de menace au moment de la rencontre pour mes anciens partenaires, ou au contraire du fait que vous êtes plus franc et direct qu'eux, Monseigneur. Je dois également dire que la nouvelle me trouble, je ne vous mentirai pas sur ce point, ni sur aucun d'autre, d'ailleurs.

Pour tout dire, le Maok connaît mal le Vicaskaran, et à plus forte raison le Vicaskaran méridional. Notre seul contact sur le continent, pour l'instant, étant le Royaume de Perlian. Je suis donc mal placée pour comprendre les tenant et aboutissant des tensions locales, et je vous crois sur parole ! Le Zanyane ne sait trop bien, hélas, ce que veux dire « géopolitique fragile », comme les dernières guerres l'ont encore une fois montré. Je ne peux que prier pour que, par la grâce de Dieu, vous parveniez à résoudre ce conflit sans faire appel aux armes.

Je vous remercie en tous cas pour votre franchise sur ce point, mais aussi pour m'avoir éclairé sur le Tarnosia... votre pays a visiblement encore bien des défis à relever, et j'espère que le partenariat et le soutient du Maok pourront vous y aider. Mes prières iront aussi à la réunification pacifique et raisonnée de tout votre pays, pour qu'un jour votre jeune mais, de ce que vous m'en dites, déjà sage Roi, puisse y amener la paix d'un bout à l'autre. Bien que nous ne soyons certainement pas légitimes pour vous appuyer dans une guerre, sur les autres plans, j'espère que nous pourrons trouver des moyens de nous aider mutuellement. »


Avec un sourire, Malinia marqua une pose, et se permis un coup d’œil à l'extérieur. Les maisons de Lokaroum, au style typiquement maokorien, mélange de l'apport alémanique et du patrimoine plus ancien, unis de façon harmonieuse, défilaient par la vitre, et en elle-même elle fit une rapide prière pour que jamais rien ne vienne les ravager.

« Si vous le permettez, je vais en retour vous parler un peu du Maok. De notre côté, nous n'avons jamais dirigé d'Empire aussi glorieux que l'Empire Tarnois mais, par la grâce de Dieu, nous avons également subit, ces dernières années, moins de troubles que vous. Le Maok est un vieux royaume zanyanais, dont la famille royale a commencé à bâtir son royaume il y a près d'un millénaire. Nous savons qu'il existe bien des états plus anciens encore à l'international mais, pour notre région, ce sont là des racines plutôt anciennes et profondes !

À une date plus récente, le Maok est devenue un allié puis un protectorat de la Principauté du Viertenstein qui, plutôt qu'en conquérant, se comporta en amie et nous apporta notamment la religion chrétienne, mais aussi nombre d'éléments qui, encore aujourd'hui, font partie de l'identité maokorienne... malheureusement la fin de la période du Protectorat, qui était aussi une période de grand trouble au Viertenstein, vit une République du Maok auto-proclamée s'instaurer dans notre pays, guidée par des « élites » venues d'Alméra et convaincues de leur supériorité, elles...

Heureusement, le peuple est toujours resté attaché à la valeur monarchiste et bien vite il se souleva. La République fut jetée à bas après une juste guerre civile, et notre Royaume fut restaurée... pour plonger dans six décennies d'un farouche isolationnisme. Ce n'est que récemment que notre nouveau Roi, Sa Majesté Ménélok IV, a décidé de rompre celui-ci, et de nous ouvrir à nouveau au monde ! Malgré cela, le Maok n'a pas perdu son identité construite pendant les longues années d’isolationnisme, au contraire, celle-ci c'est renforcée.

Nous sommes un Royaume profondément christianisé, où la majorité forte catholique côtoie une minorité forte orthodoxe et une minorité faible protestante en harmonie. Nous sommes aussi très traditionalistes, avec nos rites, nos traditions et nos façons de fonctionner. Nous entretenons un système de Guildes et de Fraternité de Métiers qui a fait ses preuves, et surtout, nous conservons notre paix intérieur, chèrement acquise mais maintenant puissamment solidifiée, et que nous espérons pouvoir participer à transmettre à l'extérieur de nos frontières et pourquoi pas, à notre modeste mesure, jusqu'en Tarnosia. »


Malinia parlait d'une voix douce, mais convaincue, dans son latin soigneux et classique. Elle aimait ce pays qu'elle décrivait, et on la sentait sincère dans son désir d'aider, à sa mesure, à apporter paix et stabilité, si bien connue au Maok, dans le reste du monde.

« Si vous me permettez une autre question, pourriez-vous me parler un peu des relations extérieures du Tarnosia, outre la situation tendue que vous m'avez déjà exposé ? Je crois savoir notamment, d'après les dires du Roi de Perlian, que vous êtes vous aussi allié avec ce Royaume Insulaire, est-ce que je me trompe ? Et pour le reste qu'en est-il, autant que vous puissiez en dire ? Apprendre tout cela ne pourra que nous permettre de mieux connaître chacun le pays de l'autre, donc de mieux le comprendre, et de la compréhension la coopération naît plus facilement et plus fructueusement, ne pensez-vous pas ? »
Amaski

Message par Amaski »

« Nous imaginons bien que ceci doit vous surprendre, mais nous pensons peu productif de vous cacher une vérité qui existe belle et bien. Il est à nos yeux préférable d’aborder avec sincérité les grands problèmes et défis que de vouloir les camoufler derrière des grands discours éphémères d’amour et de fraternité. La situation n’est pas simple au Vicaskaran et il est indispensable de mettre ceci en avant pour pouvoir comprendre les enjeux régionaux. Cependant, nous pouvons garder une petite lueur d’espoir. La diplomatie sera toujours l’arme de notre camp et nous ferons uniquement les guerres auxquelles nous sommes contraints. Cependant, il serait fallacieux de prétendre qu’il n’y aura jamais de conflit si le comportement de certaines contrées ne change pas. Certaines paix sont plus destructrices que des petites guerres. »

Le prêtre marqua une pause et écouta son interlocutrice parler du Maok. Le pays partageait bien de caractéristiques communs aux contrées du Vicaskaran et du Zanyane. Un royaume alméran prédateur l’avait asservi, une révolution nationaliste engendrait un régime républicain qui ensuite tendait à prendre une forme monarchique. Cependant, le Maok avait l’avantage que la phase monarchique durait déjà depuis quelques décennies, éloignant définitivement le spectre du républicanisme dans les obscurs méandres de l’Histoire.

C’était très différent de l’histoire tarnoise dont les deux derniers siècles ressemblaient à une éternelle guerre entre plusieurs visions de l’avenir, s’affrontant sur un champ de bataille qui tendait à se réduire davantage chaque jour. Jadis, on se battait au niveau continental pour savoir quelle idée devait dominer alors qu’aujourd’hui, ces guerres avaient fini par être enfermées dans les salles des parlements et des bureaux présidentiels. Même l’émeute de Sayakon était un événement qui avait affecté qu’une minuscule minorité du pays, en terme géographique et démographique, mais son effet n’avait pas été des moindres.

Certains voyaient dans la péninsule une éternelle poudrière alors que la vérité était que le pays apprenait à canaliser ses conflits chaque jour de manière plus civilisée et avec une brutalité plus limitée dans l’espace et le temps. Les grandes révolutions et guerres civiles semblaient révolues car la majeure partie des gens étaient fatigués, épuisés par un début de siècle harassant. Sayakon semblait même faire office d’exception dans une tradition de lutte de pouvoir devenue plus pacifique après le Grand Chaos.

C’est alors que la Ministre interrogea l’archevêque sur les relations diplomatiques de son pays. Voyant en elle une interlocutrice respectable et fiable, il entama de présenter le réseau diplomatique du Tarnosia.

« Vos informations sont correctes en ce qui concerne nos relations avec le Perlian. Nous avons en général un excellent rapport avec ce pays, même si la décision du Perlian d’accueillir des réfugies politiques pose un problème diplomatique. Cependant, ce n’est pas une source de conflit majeur, mais un simple désaccord sur un seul dossier diplomatique. En ce qui concerne nos relations diplomatiques en général, nous pouvons vous dire le suivant.

Nous entretenons globalement des bonnes relations avec les pays socialistes et communistes. Cette proximité est le fruit d’une longue évolution diplomatique dont on peut fixer les prémisses à la Guerre du Vicaskaran. Étant donné que notre pays a été assiégé pendant des longs mois par l’OTH et était sous la menace d’une invasion, les différents gouvernements tarnois ont procédés à un rapprochement avec ce qu’on connaît aujourd’hui comme le bloc socialiste. Nous entretenons ainsi des très bonnes relations avec des pays comme le Kirep, la Tchoconalie, le Lychaka et la Rostovie.

Il y a eu des tentatives de faire un rapprochement avec des pays libéraux, mais cette stratégie a été généralement un échec. Toute tentative d’apaisement a été répondue avec des attaques contre nos intérêts. C’est ainsi qu’après le Grand Chaos, le Raksasa a refusé de restaurer des accords de libre-échange signés auparavant. En même temps, le Khaldidan a procédé à des pillages dans notre arrière-pays durant les phases les plus chaudes du Grand Chaos. A l’heure actuelle, leur gouvernement n’a toujours pas restitué les appareils scientifiques et prototypes volés. Le résultat a été que les prémisses d’un apaisement ont été ruinées et que les gouvernements républicains tarnois ont continué à nouer des relations avec les pays socialistes, qui se sont avérés être les pays les plus fiables. Après, l’attentat de Sayakon a fini par condamner toute relation diplomatique avec le Raksasa et le Khaldidan. Généralement, l’Axe impériale semble être lourdement impliquée dans l’agression faite contre notre pays à Sayakon. Nous suspectons ce groupement géopolitique d’être aussi derrière l’attaque d’un convoi acheminant du gaz vers notre pays, mais l’enquête à ce sujet est toujours en cours et nous ne voulons accuser personne sans preuve.  

Nos rapports avec les pays almérans sont inexistants, à part nos contacts avec les pays communistes dans la partie orientale du continent. Il y avait dans le passé quelques accords et interactions, mais ceci date déjà depuis presque une décennie. Les différentes tentatives d’hégémonie, comme ceux du Numancia, ont fini par empoisonner les relations transcontinentales. A ceci s’ajoute aussi que notre pays avait fini un moment donné par mettre pied à Urba, créant un conflit de type religieux entre les royaumes catholiques et notre contrée. L’histoire s’est plus ou moins bien terminée, même si la propagande des wapongais fait le récit de milles crimes dont étrangement le monde semble avoir de la difficulté à fournir même l’ombre d’une preuve. Il y avait malheureusement beaucoup de haine à l’époque et des conflits qui dataient encore du 17ème siècle. Ce n’était pas sans raison un conflit qui était lié à la Guerre du Vicaskaran. Nous pouvons tous être heureux qu'il soit terminé.

Il existe un groupe de pays avec lequel nous avons des relations particulières. Ceci concerne d’une part les pays avec lesquels nous partageons un héritage culturel : le Perlian et l’Aiglantine, mais aussi le Hokkaido avec qui nous avons des très bons rapports. On pourrait dire que ce sont les pays avec lesquels nous tendons à interagir chaque fois davantage et avec qui travaillons ponctuellement sur des projets culturels et économiques majeurs. »
Alwine

Message par Alwine »

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Malinia Namalik Balioko, Ministre Royale des Affaires Étrangères.[/center]

L'Archevêque commença par revenir sur la question de la guerre, et Malinia hocha la tête en réponse. Elle connaissait mal la géopolitique du Vicaskaran, et n'allait donc certainement pas émettre un avis précis. De manière générale, cela dit, elle savait que la guerre était parfois nécessaire... même si elle ne pouvait que prier pour que, finalement, cela ne soit pas le cas cette fois-ci. Après qu'elle eut elle-même pu présenter le Maok, visiblement sous l'attention soutenue de son interlocuteur, autant qu'elle puisse en juger, il repris la parole pour lui présenter, comme elle l'avait demandé, les relations diplomatiques du Tarnosia.

Là encore, elle eut droit à une analyse beaucoup plus profonde que ce qu'on lui avait livré jusque-là, et elle se sentit quelque peu privilégiée d'un tel discours en profondeur. Les événements évoqués étaient assez peu parvenus jusqu'au Maok, dans son isolement, hormis ceux concernant Urba, qui, heureusement, s'étaient bien finis. Ce point aurait pu être un obstacle aux liens entre les deux pays à priori, mais vu la nouvelle gouvernance du Tarnosia, vu l’essor qu'y connaissait la Foi, la Couronne du Maok avait considéré que cela était définitivement derrière eux, et le fait que le Chancelier du jeune Roi soit aussi l'Archevêque ne pouvait que prouver qu'ils avaient eu raison.

La Ministre eut un léger sourire sur la fin car, sur les trois partenaires privilégiés cités par l'Archevêque, un seul, l'Hokkaido, n'avait pas encore de relations avec le Maok, les deux autres se dessinant au contraire comme des partenaires proches. Quand au dernier hé bien, le Maok n'avait rien contre lui en tous cas, et restait ouverts à de futurs liens. En tous cas, avoir plusieurs « partenaires proches » en commun lui semblait une bonne chose. Après une légère pause, elle repris la parole pour répondre à l'ecclésiastique.

« L'histoire moderne du Tarnosia semble bien plus complexe et agitée que celle du Maok, c'est le moins que l'on puisse dire... ce sont, de notre côté, les « joies » de l’isolationnisme, je suppose. Mais si notre situation est sans doute plus apaisée, et alourdie de moins de relations tendues, elle est aussi plus pauvres de relations riches et solides, tout comme notre pays est, comparé au vôtre, bien pauvre en expérience ! Si je suis heureuse de ne pas avoir eu à souffrir des affres des guerres que vous évoquez, je suis certaine que tout cela a aussi permis au Tarnosia d'acquérir des bases solides sur lesquelles, je l'espère, votre Royaume pourra se re-développer.

De notre côté, comme je vous le disais, le Maok a la chance, du moins, de ne pas avoir à gérer d'animosités aussi développées que celles que l'on vous porte, et, je l'espère pour l'instant, de n'avoir aucune animosité contre lui tout court, même si je suis bien consciente que nous ne pourrons pas toujours contenter tous les états du monde, particulièrement au fur et à mesure que nous gagnerons en force, en rayonnement et en influence sur la scène international... d'où tout l'intérêt de nouer des relations solides, telle que le sera, si Dieu le veut, celle entre nos deux Royaumes.

Actuellement, le Maok n'a donc aucun à-priori positif ou négatif sur ses partenaires présents ou futurs. Nous sommes ouverts très largement à tous les partenariats et à toutes les relations, et nous sommes convaincus que c'est ainsi, en tissant de nombreux liens, que nous pourrons le mieux maintenir la paix et abolir les haines entre notre peuple et les autres, voir entre les autres peuples directement ! Les seuls états avec lesquels nous ne pourrions traiter seraient ceux qui voudraient directement notre ruine, bien entendu, ainsi que ceux qui persécuteraient les chrétiens ou déclareraient vouloir abolir toutes les monarchies... et donc forcément la notre. Cela me semble plutôt logique, non ?

Pour vous illustrer cela, le Maok, à l'heure actuelle, a signé des traités ou conclu des échanges d'ambassades avec de nombreux pays, de l'Empire du Kaiyuan à la République de Sébaldie, en passant par des états comme la République d'Endo, celles de Gowa et de Kweku, ou le Royaume de Tyrance. Nous n'avons pas peur non plus de nous rapprocher d'états plus proches du socialismes, comme le Tarnosia lui-même, mais aussi, par exemple, la République de Tchoconalie, que nous envisageons de contacter très bientôt pour, nous l'espérons, pouvoir nouer des relations de bon voisinage entre nous. Nous ne sommes fermés au contact ni aux « capitalistes » ni aux « communistes », pour reprendre les clivages les plus classiques généralement utilisés.

Bien entendu, nous avons, nous aussi, nos partenaires les plus proches, qui le sont généralement soit pour des raisons géographiques, avec les certains états zanyanais, comme la République d'Aiglantine, celle d'Agorsa'a, ou le Bardaran, soit pour des raisons de traditions communes, et parfois aussi de religions communes, je pense ici aux Royaumes de Thorval et de Perlian, ainsi qu'à la Principauté de Viertenstein. Pour cette dernière nous avons cru comprendre qu'il était assez rare de garder ainsi de bonnes relations avec son ancienne « puissance coloniale » sans pour autant y rester assujettie, mais c'est pourtant ce qu'à fait le Maok.

Voilà je crois avoir bien résumé l'idée, qui est que nous sommes très ouverts, sur toutes les cultures et, à priori, toutes les idéologies ! Nous croyons fermement que c'est par la diplomatie que nous pourrons le mieux construire la paix, même si, comme vous le soulignez, nous ne nous laisserions pas envahir sans réagir, par exemple, si le cas se posait... »


La Ministre avait longuement parlé, mais elle voulait donner à son interlocuteur une image aussi claire et aussi franche que possible de la politique étrangère du Maok, et avait donc tenu à ne rien lui cacher mais, au contraire, à tout lui expliquer au mieux. Elle eut un sourire avant de poursuivre, sur un ton qui restait ouvert et amical.

« J'espère que vous aurez, grâce à ceci, une bonne image générale de mon pays et de sa diplomatie. J'espère aussi, d'ailleurs, pouvoir avec le temps inscrire le Tarnosia parmi les listes de nos partenaires forts, car je suis convaincue que votre royaume ne pourra, mis dans la voie du Christ comme il l'est maintenant, que se solidifier et perdurer durablement. »

Au sourire de la femme, il était facile de voir qu'elle était sincère, et que son espoir l'était tout autant. Ce serait pour le Maok une chose formidable si un Royaume, chrétien qui plus est, pouvait se stabiliser durablement dans le sud du Vicaskaran. Jetant un coup d’œil par la fenêtre elle remarqua qu'ils approchaient de leur destination. Il fallait dire qu'elle connaissait fort bien la route, avec toutes les visites qu'elle accueillait !

« Nous serons bientôt arriver, normalement. Avec vous un autre point à aborder avant cela, des questions à me poser, peut-être ? Si oui surtout n'hésitez pas, je suis totalement ouverte, car, encore une fois, c'est en nous connaissant bien, de pays à pays, que nous pourrons le mieux discuter ensuite une fois que les « choses sérieuses » commenceront, j'en suis persuadée. »
Amaski

Message par Amaski »

Le prêtre écouta avec beaucoup d’attention la Ministre des Affaires étrangères du Maok. Le tour de vue était intéressant, même si l’archevêque avait quelques doutes sur certains partenaires. Par exemple, le Gowa et le Keku étaient suspectés d’être sous l’influence du Khaldidan, un fait qui n’était pas rassurant sur le plan diplomatique. Certes, il n’était pas possible d’apporter de preuve à l’encontre des autorités impériales, mais la simple supposition suffisait dans le milieu diplomatique pour considérer ces deux pays comme un « puits empoisonné ». Concernant la Sébaldie, Karn Belm n’avait rien à redire. Le Tarnosia n’avait pas de relation avec ce pays, mais on ne disait pas vraiment du mal, ni un grand bien, sur cette contrée lointaine et isolée au Jeekim. En revanche, le rapprochement avec la Tchoconalie était une bonne nouvelle. Conspué par les libéraux, ce pays remplissait un rôle important au Barebjal, barrant la route aux lubies et aux folies du Raksasa. Si un pays méritait le nom de défenseur du Tiers-monde, c’était bel et bien cette contrée arabe. Après la présentation de la Ministre, le prêtre reprit la parole.

« Le Maok a probablement la chance de s’ouvrir au monde le moment où les plus grands troubles semblent terminés. Il y a eu jusqu’à très peu une période très agitée, commençant avec la Guerre du Quantar et parcourant la dernière décennie. Les choses se sont nettement aggravées avec la Main noire qui a pourri le jeu international. Alors que jadis on pouvait systématiquement compter avec quelques années de calme après un conflit majeur, le Monde est passé à travers une mécanique du conflit et du chaos perpétuel, nourrie par la Rostovie. Au Vicaskaran, ce sont surtout les luttes territoriales entre les pays nés de l’Empire numancien et les puissances locales qui ont contribué à déstabiliser la situation. Désormais, on peut s’attendre à au moins trois ans de paix globale avant qu’il ait un risque d’un nouveau conflit, qui sera, nous l’espérons, très localisé.

Chaque pays est le fruit de son histoire. Nous avons la chance d’être détesté par nos adversaires, mais aimé par nos amis. Peu de pays peuvent prétendre d’avoir cette opportunité. La Fiémance a par exemple découvert durant la Guerre en Cécopie que ses prétendus amis et alliés étaient entra de nourrir ses détracteurs en armes et en moyens financiers.

Après, la propagande du Wapong à notre encontre a un atout stratégique, car les autorités wapongaises ont fini par croire à leurs propres mensonges. Ils sont tellement convaincus que notre pays est le Mal incarné, que toute leur diplomatie s’axe autour du concept que nous serions entra de conspirer contre eux. Cela les rend aveugles à d’autres dangers et surtout, les rend incapable de prévoir nos mouvements. La triste vérité est que le Wapong a cessé depuis un moment d’être pris en compte par nos services diplomatiques. Ils sont une mouche à laquelle on finit par s’habituer.

Il ne fait pas de doute qu’on pourrait coopérer avec le Wapong, mais comme leur politique intérieure vit de la propagande anti-tarnoise, le résultat est une coopération très limitée dans le temps et in fine, visant uniquement à accomplir un but particulier sans rien envisager sur le long terme. Nous attendons par exemple la fin du chantier de Novakon pour officiellement mettre un terme à toute idée de coopération future avec ce pays et si nécessaire, nationaliser leurs entreprises sur notre sol. C’est très regrettable, mais le Wapong est un bon exemple comment il ne faut pas conduire de la diplomatie. Votre pays témoigne du fait que cette leçon négative a été comprise par les peuples qui s’ouvrent aujourd’hui au monde.

D’un autre côté, un excès de prudence peut aussi être dangereux. Ne me comprenez pas mal, je ne critique nullement votre diplomatie actuelle, mais il faut savoir qu’on ne peut pas être aimé par tous. La nature humaine est, hélas, peu encline à se passer de la jalousie, de la haine et du mépris, surtout parmi les peuples n’ayant pas reçu la Révélation. Vous finirez donc par créer des adversaires et des rivaux, mais ceci n’est pas forcément une mauvaise chose. Si vous restez attaché à des principes et si vous avez un code d’honneur, même vos pires ennemis vous respecteront pour ce que vous êtes et ce que vous défendez. Un code d’honneur peut des fois être plus efficace qu’un bouclier anti-missile quand il faut avancer sur la scène internationale. »

Un partenariat avec le Maok semblait être d’un grand intérêt aux yeux de l’archevêque. Il était en général rare que les Tarnois refusent de coopérer avec d’autres peuples. Il existait quelques cas comme l’Azude et le Raksasa, avec lesquels les relations s’étaient nettement tendues. Pour l’Azude, c’était surtout une méfiance générale contre la technocratie et ce qui semblait être un régime totalitaire ne disant pas son nom. Concernant le Raksasa, on ne voulait plus rien savoir d’eux. Ce pays avait franchi toutes les limites, commis toutes les atrocités et ne valait pas mieux que la Main noire aux yeux des autorités du Tarnosia.

« Nous sommes convaincus que le Maok et le Tarnosia ont tout à gagner en collaborant ensembles. Il n’y aucune raison pouvant justifier de ne pas le faire. Pour notre part, nous espérons que le changement sera durable et que les adversités à venir pourront être surmontées. L’histoire récente semble donner raison à cet espoir. Après, l’avenir n’est connu que de Dieu et nous sommes tous forcés d’avancer à travers l’histoire avec une simple bougie comme moyen d’illuminer nos pas. »

Le prêtre avait été convaincu que son interlocutrice était une femme responsable et digne de confiance. C’était probablement la principale raison pourquoi il avait accepté d’être aussi sincère avec elle, ceci et un penchant naturel qu’avait Karn Belm pour la vérité, réflexe hérité de sa vie monastique. Remarquant que la voiture semblait ralentir légèrement, il répondit à la Ministre.

« Je pense que le plus important a été dit. Je vous remercie beaucoup pour cette présentation élaborée et précise du Maok et de ses relations diplomatiques actuelles. Sans aucun doute que votre pays saura trouver sa place, et pas une des moindres, dans ce grand échiquier qu’est la diplomatie internationale de notre siècle. Rien ne vous est interdit dans ce domaine. Le Hokkaido est par exemple devenu une des principales puissances mondiales grâce à son travail et sa diplomatie audacieuse. »
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