Fenêtre sur le pays [utilisable sur demande]

Zaldora

Message par Zaldora »

[justify]Les contrées du loup.
27 février 2041,



[center][img]https://pics.simpolitique.net/images/2020/01/19/loups.png[/img][/center]

Au Thorval, le loups gris comptait entre 900 et 1100 spécimens se concentrant au nord du royaume et dans les terroirs montagneux. Chassé depuis toujours, le loup fut presque entièrement décimé dans la moitié sud du pays, absent ou de présence seulement occasionnelle (zone grise). Quant aux meutes, elles se composaient de huit à quinze individus, pouvant très exceptionnellement en atteindre trente.

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[img]https://pics.simpolitique.net/images/2020/01/19/640px-Fenrir_bound_manuscript_image.jpg[/img]
Manuscrit présent au sein des librairies du monastère Sainct-Hallvarðr, dans le Rugrland.[/center]

Le roi Austmarr jouissait de la réputation d'avoir affronté et vaincu la Bête de Rugrland, un descendant terrible du monstrueux Fenrir, voir Fenrir lui-même. Ce haut fait permit à cet homme de plus ou moins basse extraction de ravir la main de la Reine Marie, accomplissant la quête confiée, et d'obtenir le respect des paysans ainsi que de nombreux seigneurs. Depuis, les scaldes chantaient son nom et ses prouesses. Toutefois, certains théologiens de l'École-abbatiale Sainct-Kjeld rejetaient cette histoire à dormir debout et estimaient que le roi fut, en fait, victorieux de Freki, l'un des deux loups accompagnant Odin, et que c'était Dieu qu'il fallait remercier.[/justify]
Zaldora

Message par Zaldora »

[justify]Les lignées de Mótsognir (7).
7 mars 2041,

[center][img]https://pics.simpolitique.net/images/2020/01/21/Screenshot_2020-01-21-maxresdefault-jpg-Image-JPEG-1280--720-pixels.png[/img]
La princesse Marie, rhabillée en paysanne par ses ravisseurs afin de ne pas éveiller l'attention.[/center]

« Iceux borgeois ont malissement et felement faict. Point n’avrons pardonnance por tel fol et torchecul. » annonça la Reine Marie tout en envoyant nonchalamment la missive sur le coté, quand son autre main caressait son ventre bien arrondie et sur le point de donner à nouveau la vie.

La chambrelle était noire de monde. Assise sur un siège, la suzeraine se trouvait cernée de gens curieux, avides de voir sa réaction en apprenant le rapt de son unique enfant vivant et, pour l'heure, héritière du trône. Parmi la foule présente, on discernait son écuyer Valdríkr mais aussi le roi consort Austmarr, le chancelier Markus Hundólfring, le grand capitaine Söfren, autant que des enfants, cousins et parents du clan venus de la province voisine, des gardes, des servantes et des seigneurs locaux qui faisaient la queue jusque dans le couloir. De foyer calme et apaisé, Himinnborg devint, en l'espace de quelques jours, une cour bruyante, agitée et populeuse. Tout le monde semblait savoir, sauf la Reine, qui ne l'avait appris qu'à l'instant, même si l'agitation lui mit la puce à l'oreille. Sa réaction face à la disparition de sa fille fut, à ce titre, étonnamment mesurée, avec nulle panique ou désespoir. L'assistance bu ses quelques paroles et approuva par des hochements de tête, des clameurs et des grognements. Certains s'esclaffèrent aussi de ses vulgarités, qui étaient courantes au sein de la noblesse. Rudes existences, rudes mots, rudes mœurs. La voix de Marie renfermait toutefois de l'inquiétude et de la tristesse, noyés sous les flots d'une sourde colère et d'une forte détermination.

La lettre était une revendication. Une bonne dizaine de lignées bourgeoises affirmaient détenir la princesse Marie en otage, acte regrettable mais nécessaire compte tenu de leur situation d'exil et de profonds malheurs. Les conjurateurs assuraient bien la traiter et ne lui faire aucun mal aussi longtemps que sa mère la Reine daignasse les soutenir dans leur quête ! Et cela signifiait : l'obliger à user de son ost afin de chasser la Fraternité des Cités et restaurer les saines familles à leur juste place. A cet effet, les bourgeois proposaient la tenue de négociations discrètes sur le pont d'Allfriðhross, dans le Mágrland, en fin de Printemps. Son enfant en jeu, Marie manda au chancelier d'écrire une missive d'acceptation, et au grand capitaine, de convoquer prestement le ban.

« C'est reuse, Marie ! Sales races qu'icelles ! » s'essaya Tom le Westréen, l'Ours Borgne, en vieux thorvalois. Celui-ci s'inquiétait de la tournure que prenaient les évènements et ne pouvait rester de marbre alors que les puissances marchandes semblaient prendre le dessus sur la Reine. Assistait-il au début de la fin du camps féodal ? Le commencement de son embourgeoisement, l'envahissement des valeurs et de l'esprit bourgeois, si contradictoires avec la mentalité seigneuriale mais aussi paysanne ? Et pire encore avec la Fraternité en danger de mort. La suzeraine demanda à tout le monde de sortir, sauf à son chancelier et au Westréen.[/justify]
Zaldora

Message par Zaldora »

[justify]Excommunication.
10 mars 2041,


[center][img]https://i.goopics.net/DqEWE.png[/img]
Lors d’une bataille des Chevaliers de la Foi, défenseurs de l’Eglise.[/center]

En mars de l’an de grâce 2041, le Pape Célestin VI excommunia un illustre prêtre Westréen. Tout de suite, ce fut la stupeur aussi bien chez la Dytolie vaguement catholique que celle franchement sécularisée et déchristianisée. Des foules éberluées apprirent que le Saint Père parlait et agissait ; et que les excommunications existaient toujours au siècle de la croissance, du commerce et des échanges technologiques. Le carnage de la guerre en Dranavie paracheva ce phénomène où l’Occident se souvint qu’il fut jadis croyant. Allait-il dès lors revenir à la foi de ses pères ? Non.

L’excommunication fit grand bruit dans toute l’Eglise, et jusqu’en Orient, tandis que la Bulle Papale était toujours en cours d’acheminement vers les cardinaux thorvalois. En apprenant l’exclusion du Père Saavedra, ces derniers risquaient de réagir de façon plus mesurée, un simple haussement d’épaules, alors que la liste des excommuniés au Thorval était longue comme le bras. Les évêques et abbés-mitrés prononçaient ce type de punition plusieurs fois par mois. Les seules menaces étaient, quant à elles, quotidiennes et formaient une arme efficace afin de ramener les puissants à la raison. L’autre moyen de pression était l’Interdit, glaive encore plus redoutable à cause du chaos social que son application engendrait. Autant de faits prouvant que les relations entre l’Église et les pouvoirs laïcs n’étaient pas toujours idylliques mais souvent conflictuelles, sombrant régulièrement dans la violence. De par sa nature même, le pouvoir spirituel se trouvait au dessus du temporel, chose que les clercs rappelaient et proclamaient sans ambage à la face des chefs politiques. Pour autant, les cardinaux thorvalois n’appréciaient pas vraiment Célestin VI, comme d’ailleurs tous les papables du dernier conclave, qu’ils prenaient pour un Réformé infiltré dans l’Église.

Une liste non exhaustive des excommuniés et anathèmes majeurs actuels :

Le père Álfarr Álfarrsson Dragmálling, curé de village, astronome et astrologue, pour avoir prétendu opiniâtrement que la lune était le dieu Máni des anciennes croyances norroises.
Éldi Fastarrsen Geirólfring, échevin citadin et marchand, pour pratique répétée (sans repentance) de l’usure.
La seigneuresse Halldís III de Þiðrandland pour avoir répudié son dernier mari qui, par les intrigues et retournements d’alliance, était politiquement devenu inintéressant.
Le seigneur Ólafr III de Danirvágr pour simonie et tabassage de l’abbé-mitré Lúkas.
Margerðr Odasdóttir Ranoging, échevine citadine et possédante de tavernes, pour maquerellage.
Le comte Ragnarr III d'Haguigarðr pour avoir pillé et brûlé l’abbaye Nostre-Dame d'Vörðrbrekka.

Personnes sous la menace d’une excommunication mineure (non exhaustive) :

La Reine Marie III de Thorval pour fréquentation d’un excommunié (duel contre Ragnarr III prévu en mai).[/justify]
Zaldora

Message par Zaldora »

[justify]La vie au milieu des champs (5).
13 mars 2041,


[center][img]https://pics.simpolitique.net/images/2020/01/24/village-et-eglise.png[/img]
Le village d'Hægrbú et son église Sainte-Fríða, avec son cimentière (non visible sur l'illustration).[/center]

La première Þing naquit au IIe siècle après Jésus Christ et tapissa le royaume à travers les siècles. A la présente époque, communément appelée l’Ère des Clans, on en recensait environ 20 000. Une toile d'assemblées autonomes, de natures (paysannes, bourgeoises, claniques et seigneuriales) et d'échelons différents (locales, provinciales, États-Généraux), scellées par l'usage en une coutume constante et indélébile. Toutes celles et ceux qui essaieraient de l'altérer ou de passer outre s'exposeraient à des turbulences potentiellement graves. Réunies à intervalles réguliers (saisonnières, lunaires, fêtes chrétiennes, ect...) ou au besoin selon le contexte, elles réalisaient l'autogouvernement, la législation, la régulation des querelles, etc. Alors que sur le plan spirituel, la terre tournera et la croix demeurera, sur le plan politique, la féodalité et toutes les idéologies passeront quant les Þing resteront. L'institution était ancrée au point que certains pensaient que les Þing seront les dernières créations humaines à s'effondrer le jour où Dieu accomplira Son rendez-vous d'éternité avec les Hommes.

Toutefois, les pensées de la Fin des Temps ne préoccupaient pas à l'heure actuelle les esprits paysans du village d'Hægrbú, dans le þokaland. Les cloches de l'église de bois, d'architecture norroise, constellée d'entrelacs et de sculptures païennes, comme les dragons couronnant les pinacles, appelèrent au rassemblement de la BóndiÞing au sein de la Nef. Là, il fut délibéré :

- Le début de la traite des vaches du village, à compter de quatre semaines après les vêlages, ainsi que la transformation du lait en beurre et en fromage.
- Le paiement des haches demandées au forgeron par trois petites meules de beurre.
- La désignation des personnes qui resteront protéger le village quand tous les autres partiront en transhumance.
- La réparation des dégâts causées par les récentes guerres claniques sur la cave où s'affinaient les fromages ([url=https://img-4.linternaute.com/0TsqIqAihCLHnKDps_iybCy8h_E=/400x/smart/1add45a74cae47eab0673efc96a76559/ccmcms-linternaute/700975.jpg]c'est du sérieux !![/url])
- De chasser du finage les étrangers de la Ligue du Roy.

Les décisions furent votées favorablement, le lendemain, par l'ensemble des habitants d'Hægrbú réunis devant l'église.[/justify]
Zaldora

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[justify]La Foi militante (8)
23 mars 2041,


[center][img]https://pics.simpolitique.net/images/2020/01/28/42184216734_49fb521fde.jpg [/img]
La nouvelle église Sainct Ásgeirr dans le village de … Sainct-Ásgeirr.
D’architecture norroise l’édifice, financé par la Foi Militante, était toujours
en construction au début de l’hiver. Ici, deux femmes entrain d’en peindre
les entrelacs.
[/center]

Près d’un an après, la quête de la Foi Militante gravissait les cimes du pays et déferlait sur les plaines sans qu’aucune digue ne puisse l’enrayer. [url=https://simpolitique.net/viewtopic.php?p=358978#p358978]La « fermeture » de Nostre-Dame d'Vörðrbrekka[/url] ne fut qu’un fâcheux contre-temps ; les Chevaliers de l’Espee ne parvenaient pas à contenir la montée en puissance de la Théocratie et des sentiments théocrates. Même le Cercle Sacré, conseil restreinte des Hautes Figures, n’imagina pas un tel succès. La Confrérie Sainct-Óláfr avait su rallier la majorité des églises, abbayes et monastères. Certains la rejoignirent volontairement, d’autres y furent contraints parfois brutalement. Les rangs de la Foi Militante se constituaient désormais d'une grande partie des prêtres, abbé-mitrés et moines thorvalois. Tous ne partageaient néanmoins pas son millénarisme égalitaire et communautaire, mais chacun semblait à minima se retrouver dans la nécessité de s’opposer au Veau d’Or et d’empêcher la bourgeoisie de réorganiser le Royaume selon les principes du Veau d’Or. Durant son parcours, l'organisation prit aussi le contrôle des inquisitions régionales et conduisit, au cours des derniers mois, une terrible et implacable purification de l’Eglise, chassant du clergé les simoniaques, les fornicateurs, les gloutons, les hypocrites, les riches… Couverts d’oripeaux sales et troués, ceux-ci faisaient dorénavant pénitence, trainant leurs âmes en peine sur les chemins ruraux.

La Foi Militante infiltra aussi massivement les cours seigneuriales ; celles qui lui résistaient encore diminuaient. Ainsi, les chanceliers de la Reine Marie et de la puissante Duchesse Hella de Myllaen étaient des théocrates, tous comme l’intendant du comte Bjǫrn de Fǽrbjarg. Pourtant, les choses ne furent pas toujours faciles. Les intrigues purent prendre de mauvais tour et les introductions échouer totalement. Les seigneurs renvoyèrent durement plusieurs prédicateurs… avant de les rappeler, terrorisés par les discours de l’Enfer dont les flammes leurs chatouillaient déjà le dos la nuit. Présents au sein de leurs entourages ou en tant que chapelains, ils pouvaient alors influer les conduites seigneuriales, ainsi que les astreindre à d’austères pénitences. Exemple d'exercice : demeurer toute la journée, les bras en croix, dans un cour d’eau gelée. Ces mortifications s’effectuaient le plus souvent à l’abri des regards afin de ne pas humilier le pénitent, chose qui risquait de réveiller en lui un désir de vengeance et de meurtre.

Au besoin, la Foi Militante pouvait enfin compter sur sa propre milice : les Freres Crestiens du Sainct Nom qui comptaient 10 000 hommes. Certes, la plupart était paysans et manquait d’expérience mais avaient malgré tout subit un bon entrainement, dispensé par des chevaliers. Ainsi, la Confrérie Sainct-Óláfr semblait en réussite. C’est elle qui régnait de façon informelle sur le royaume ; un véritable État profond. Les choses sérieuses pouvaient donc commencer : bâtir une société de communautés rurales et égalitaires s'appuyant sur la communauté des biens et des terres, avec le dépérissement prochain des quelques villes qui infestaient la terre sacrée du royaume. Et le premier grand signe de ce renouveau serait la fin des guerres privées et claniques qui déstabilisaient et ensanglantaient encore trop souvent le pays. Bref, la Confrérie travaillait à l’avènement d’une véritable société chrétienne, comme il n’en existait aucune sur terre, et dont le Christ serait fier. La Foi Militante triomphait mais devait toujours se méfier des Chevaliers de la Foi qui se dédiaient à la protection de l’Eglise et des pauvres contre les puissants, ordre monastique guerrier et potentiel rival. Elle devait aussi surveiller les Chevaliers de l’Espee, qui n’avaient pas dit leur dernier mot, ainsi que les lignées de Mótsognir dont les intrigues et l’enlèvement de la princesse Marie ne présageaient rien de bon. Sans oublier les manigances de la Ligue du Roy, soutenue par les terres à l'Ouest [Jernland]. [/justify]
Zaldora

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[justify] Les lignées de Mótsognir (8)
5 avril 2041,


[center][img] https://pics.simpolitique.net/images/2020/01/29/Convoi-royal.png [/img]
Le convoi traversant Jumfrúheimr à l’aller, empruntant la même voie et unique voie au retour.
Le chariot royal se situait derrière le chevalier arborant une bannière, caché derrière les branchages et les feuilles.
[/center]

En route vers Hurðborg, le long convoi de la Reine traversait la forêt de Jumfrúheimr, empruntant le même sentier qu’à l’aller. La traversée de lieux boisés était toujours délicate et laissait les gardes, autant que les occupants des divers chariots, sur le qui-vive. La Reine se trouvait dans celui du milieu et serrait son bébé contre elle. A ses côtés, Valdríkr (écuyer) ne lâchait plus son poignard et observait à travers les meurtrières. En face, le Westréen Tom, lige de Marie, paraissait remarquablement serein et faisait la sieste malgré les secousses. Le véhicule était un chariot de type lourd, en bois massif bardé de fer, et constellé de meurtrières latérales. L’intérieur n’avait pas plus de fioritures et arborait seulement deux bancs de bois recouverts par des fourrures. Les chevaux hennissaient, se cabraient et s’agitaient terriblement. Les chevaliers, jusqu’aux porte-bannières, s’affairaient à les calmer, sans être eux-mêmes très confiants. Chacun ne craignait pas tant une attaque de brigands que de rencontrer la Askrfrú (« femme du Frêne »), malicieuse créature norroise réputée pour vivre dans cette forêt. Même le Roi Austmarr, chevauchant à l’avant-garde, d’origine hellène et moins superstitieux que ses peuples d’adoption, n’était pas tranquille. Seul Tom s’en foutait et pensait que si l’Askrfrú apparaissait, sans y croire, il la tuerait en moins de deux.

La Reine jeta un coup d’œil méfiant à travers la meurtrière tandis qu’une arbalète se tenait à ses pieds en cas de danger. Le bébé, Óláfr, dormait quant à lui innocemment et paisiblement dans ses langes. Sa naissance fut pour Marie un soulagement et un véritable rayon de soleil qui la rendit radieuse. Toutefois, l’enlèvement de sa fille restait toujours dans un coin de sa tête. Les riches bourgeois assuraient bien la traiter mais la Reine en doutait. Une rencontre était prévue à la fin du printemps sur le pont d'Allfriðhross. En attendant, la suzeraine avait envoyé ses espions pour tenter de localiser le camp des rebelles et secourir sa fille. Cependant, d’après des renseignements d’Edna la Westréenne, les clans bourgeois auraient engagé au moins deux compagnies de mercenaires. Les choses ne seraient donc pas faciles… Au fond, Marie n’avait pas grande idée de ce que lui réservaient les prochains mois : allait-elle battre Ragnarr III ou se retrouver exclut de la société ? Allait-elle marcher sur la capitale et retrouver sa fille ou refuser et risquer de ne plus jamais la revoir ? Perdre un troisième enfant en seulement quatre ans serait assurément beaucoup trop lourd à porter. La Reine était certaine d’au moins une chose : que sa petite lui revienne vivante ou non, les clans à l’origine de son rapt avaient signé leur arrêt de mort.

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A plusieurs centaines de lieues, au nord-est, la princesse Marie était assise, recroquevillée au fond de l’écurie communale du village. Une écuelle de bouillie d’avoine gisait à ses pieds, elle n’y avait pas touché. Deux écorcheurs montaient la garde, et elle osait à peine les regarder. Depuis l’enlèvement, trois familles bourgeoises signataires de la revendication prirent peurs et s’étaient débinées. Les autres tenaient bons, même si l'inquiétude s’insinuait aussi en eux. Avaient-ils été trop loin ? Le désespoir justifiait-il un acte si radical et surtout si DANGEREUX ? De leurs côtés, les habitants de la Cité de Valborg coulaient des jours heureux. Peu menacés par la Fraternité et protégés des féodaux, les Valborgeois se tenaient à l’écart des intrigues menées par les lignées de Mótsognir. Parmi eux [Valborgeois], le clan Tryggving possédait l’unique château de la ville. La branche cadette y habitait et gérait les affaires de famille. Celle-ci faisait peu de bruits et vivait comme tous à chacun au sein du monde Thorvalois. La branche ainée, quant à elle, quitta le Thorval au XVIIIème siècle et, le temps passant, fit fortune dans le cuivre en Gégavénie et en Assarénie. Là-bas, on les connaissait comme la famille Zorvalès. La branche cadette eut évidemment vent du complot mené contre la royauté mais, face au risque, refusa de s'y joindre, préférant soutenir les vainqueurs et s'en attirer les bonnes grâces…[/justify]
Zaldora

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[justify] † Le saint Thorval †
6 avril 2041,


[center][img]https://pics.simpolitique.net/images/2020/02/02/Saincte-erik.png[/img]
L'église romane du village de Sainct-Eiríkr, et une partie de son cimetière.[/center]

La Confrérie Sainct-Óláfr et la Fraternité considéraient comme saintes toutes les terres du royaume ; et que le péché des Hommes les souillaient. Les autres estimaient plutôt que le Thorval recelait de lieux saints tels que les églises, les monastères, les abbayes, les cathédrales, les oratoires, les calvaires, certains arbres, certaines forêts, certaines rivières ou lacs, certains animaux ou... toute partie des paysages ruraux et urbains fréquentés ou touchés par un saint, voir par le Saint Esprit. Si les Thorvalois étaient loin d'être parfaits dans leurs comportements, malgré leur Foi, ils n'en niaient pas l'existence du péché comme au sein des pays sécularisés. Le Royaume était chrétien et la sacralisation de ses villes, ses campagnes, ses montagnes et ses horizons, autant que l'omniprésence de Dieu dans les discours et les discussions, rappelaient chaque jour ses racines chrétiennes.

Édifices sacrés

Églises rurales : ~ 14 580
Églises citadines : ~ 1 220
Cathédrales (villes) : 3
Grandes Abbayes (campagnes) : 30
Monastères et abbayes : ~ 1 900

Soit 265 habitants pour 1 édifice religieux.

Oratoires et calvaires : ~ 35 000
Arbres, rivières et pierres sacrés : innombrables
Animaux sacrés : innombrables


Architectures sacrées

Norroise ancienne : ~ 14 238 (27%)
Romane : ~ 13 183 (25%)
Gothique : ~ 12 656 (24%)
Mélange Gothique-Romane : ~ 12 652 (23,992%)
Byzantine : 3 (0,006%)
Renaissance : 1 (0,002%)


Matériaux

Pierre : ~ 38 292 (72,61%)
Bois : ~ 14 238 (27%)
Brique (gothique de Jensgård) : 203 (0,03%)

Enfin,

~ 43% des toponymes de villes et de villages comprenaient le mot Sainct ou renvoyaient vers les choses sacrées ; pour ~ 50% des noms de rivières, forêts, collines, montagnes, sites naturels, lieux-dits ou autres.[/justify]
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