Tous les coups sont permis...
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- Crédits : Chris Otrowski (DA : najtkriss)
Le patron était un vieux vétéran ayant servi pour diverses organisations en des temps plus anciens. Son crane rasé laissait place d'un coté, à un impressionnant dragon rouge et céladon, parcourant les pigments de sa peau jusqu'à descendre dans son dos, agressif. Sa chemise blanche et immaculée en marquait le contraste...saisissant. Ses mains fortes et calleuses nettoyaient sans cesse les verres laissés là, servant aussi aux clients, à un rythme effréné, des cocktails et boissons de toute sorte, les plongeant lentement dans un univers aux frontières brouillés, aux sens amoindris et voilés.
Une femme...elle ressemblait à toutes les autres, sa présence était discrète, s'approcha du comptoir. Elle ne commanda qu'un petit cocktail faiblement alcoolisé, visiblement concentrée sur autre chose. Contournant le vacarme ambiant et la forte ambiance sonore faisant vibrer les lieux...elle fit quelques signes au patron, tapotant une fois de chaque, de son index et de son majeur, sur le comptoir, levant légèrement et rapidement sa main avant de donner deux dernier tapotements de son pouce sur la surface lisse et boisée; elle souhaitait le voir, en privée.
Luan Phong était un ancien membre de la Nongju-Babaa, autrefois soldat, il avait abandonné ses anciennes prérogatives au sein de l'organisation à son entrée...dans l'établissement carcéral de Vinhoa. A sa sortie, il s'était réservé une existence plus tranquille, tenant un bar à Nankin pour le compte de l'organisation, familier aux trafics, aux activités d'extorsion, du jeu et des vices, il en connaissait l'univers.
Tapotant l'épaule d'un de ses serveurs, il lui laissa le loisir de la gestion du comptoir, ouvrant une porte menant à l’arrière-boutique, laissant entrer la dame.
La pièce bien qu'encombrée, suffisait à conserver une certaine intimité et discrétion pour des discussions qui se voulaient plus tranquilles, échappant aux yeux et oreilles des clients. Avançant deux chaises qui avaient connu de meilleurs jours, Phong invita son invitée à s'asseoir, sortant un petit carnet jauni de sa poche arrière, sa longue natte noire se balançant dans un même temps.
Luan Phong :
Patron
« Bien, que me voulez-vous ? »
Femme :
Inconnue
« J'ai du travail à proposer, ça paye bien. »
Le visage impassible, la jeune femme aux traits habituels d'une austro-makarane lambda sortit une petite fiche assortie de diverses informations sur un modèle de terminal bancaire, utilisé en interne dans les banques du Mayong, servant au contrôle des billets et de leur validité. Elle ne laissait transcrire aucune émotion, laissant son discours monotone, vidé de tout mouvement en surface, dicter sa volonté.
Femme :
Inconnue
« Trouvez-en un fonctionnel...j'aurai aussi besoin d'en savoir la provenance exacte. »
Luan Phong :
Patron
« Hum...pour combien ? »
Femme :
Inconnue
« Une fois ramené, nous paierons l'heureux...dépositaire, 500 000 dollars raksasan en cash. Je vous laisse mon mail, le contrat est ouvert... »
Se faisant, Phong nota d'un revers de main les quelques informations lapidaires dispersées de ci et là par l'inconnue, se levant en inclinant légèrement le buste avant de la laisser repartir. Le contrat était juteux...il trouverait bien preneur, et même une fois partagée, la récompense restait diablement alléchante. Le patron ne ressortit pas de la pièce, s'approchant d'un vieux combiné datant parait-il...de la colonisation, bien qu'il ait été réparé et plus ou moins remis au goût du jour depuis. Tournant à de multiples reprises le cadran téléphonique, désuet.
Luan Phong :
Patron
« Allo, Gia Bào ? Oui...oui, écoute j'ai un contrat qui pourrait t’intéresser... »