<center>Les Carnets du Sénat
Edition du 6 octobre 2022
Dulce et decorum est pro pacem colloqui </center>
Peuple de Stalagmanque, c’est à vous que nous nous adressons.
Nous vivons une période d’importance majeure. Jamais le monde n’aura été dans un conflit destructeur. Nous nous trouvons face à la plus grande abomination que le monde ait jamais créée. Beaucoup parlent d’Apocalypse, de Jugement Dernier. Mais la fin du monde n’est pas encore là, et il ne tient qu’à l’Humanité de la repousser. Si telle est la volonté de Dieu, alors le monde sombrera. Mais nous avons et conservons toujours notre Libre-arbitre ; servons-nous en pour le Bien commun.
L’Union des Républiques Socialistes Kirovistes est en passe de détruire le monde, qui, lui-même, se ligue contre son ennemi. Est-ce pourtant une bonne chose ? S’il est nécessaire, en effet, d’empêcher l’Orcostov de s’abattre sur notre civilisation et de faire de ce monde qui est le nôtre un champ de ruine. Mais est-il pour cela nécessaire d’utiliser la force armée pour mener à bien ce projet ? En tout cas est-ce l’avis de la majorité des nations de ce monde. La force sera-t-elle suffisante ? Le monde entier contre la Rostovie : le combat est inégal ; en faveur de la Rostovie, bien entendu.
Il existe un moyen. Il ne possède qu’une infime probabilité de chance de fonctionner, mais il nous faut le tenter, pour ne pas que l’on dise ensuite que les négociateurs soient restés les bras croisés. Il est dans le but du Sénat de Stalagmanque de lancer un corps de négociation pour discuter avec Terienkov et, si nous ne pouvons arrêter la guerre, nous souhaitons au moins en connaître les motivations profondes. Le monde parle de simple folie de la part de ce tyran sanguinaire ; les Azudéens préfèrent parler de déviance maximale. Les termes restent les mêmes, mais n’oublions pas que Terienkov fut, avant d’être un monstre, un être humain. Sûrement existe-t-il une raison à cet épanchement de violence. Ce ne sera sûrement pas une excuse, mais peut-être en saurons-nous alors davantage.
Pour une entreprise d’une telle envergure, le Sénat ne peut prendre cette décision seul. C’est pourquoi il demande, de manière exceptionnelle, l’avis au peuple. Vous, hommes et femmes, pauvres et riches, petits ou puissants, natifs ou métèques, tous ceux qui vivent à l’abri de la lagune et qui profitent des bienfaits de la Sérénissime, nous vous invitons à vous exprimer sur cette hypothèse. Peut-être notre action aura-t-elle plus de valeur si elle se sait soutenue non pas seulement par une élite, mais par une nation toute entière, dut-elle ne faire que cinquante mille âmes – à raison d’une âme par habitant.
Nous vous remercions d’avance, mais nous vous pressons : chaque seconde compte. Nul ne sait quand arrivera le coup fatal, mais sûrement plus tôt qu’on ne l’imagine.
Service de greffe du Sénat [informations nationales et lois]
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Rezzacci
<center>Mi-figue mi-raisin
Edition du 14 novembre 2022
Régisseur ?...</center>
Des problèmes et des troubles peuvent survenir n’importe où. N’importe où, me direz-vous ? Même dans une institution aussi corrompue, décadente, sclérosée et obsolète que la guilde des architectes de Stalagmanque ? Vous allez sûrement être étonnés, mais oui.
Cela fait environ deux ans que le dernier régisseur de la guilde, Guglielmo Doppiezza, est décédé, laissant la tête de la première guilde de la cité vacante, preuve s’il en fallait qu’une tête est toujours importante, et que la perdre est source de tracas. Le Syndic, sensé se réunir pour élire un nouveau régisseur, n’a toujours pas su nommer un remplacement, ne serait-ce que provisoire, par intérim ou honoraire. Les luttes de couloirs, les complots et fratricides font bon train dans cette illustre institution. Même la famille Doppiezza qui, dit-on, dirige effectivement le pays, ne sait mettre un terme à cet état, preuve s’il en fallait que le système stalagmantin sait efficacement se protéger contre les projets visant à ébranler sa souveraineté, fut-ce par une famille surpuissante.
Est-ce vraiment grave, se demandera le pauvre citoyen de base qui ne se pose pas les bonnes questions, ou bien le lecteur étranger abonné à ce journal ? Soit dit en passant, si vous faîtes partie de la seconde catégorie, vous êtes à la fois très gentil mais un peu bizarre.
En effet, on pourrait imaginer qu’une entreprise sans PDG n’a qu’un seul grave problème : sa propre survie, sachant qu’elle risque de péricliter et de sombrer, de perdre de l’argent et des clients.
Malheureusement, ici, on est à Stalagmanque. Abandonnez la raison, ici est le domaine du juridique.
La guilde des architectes est indépendante mais éternelle. Contrairement aux autres guildes, puisqu’elle existait avant la République, elle devra lui survivre et enterrer les derniers morceaux lorsqu’elle sera tombée (ce qui ne risque pas de tarder). Ainsi, même si elle ne possède plus aucun membre, elle existera toujours.
Néanmoins, il lui faut un régisseur, car, selon les termes des actes fondateurs de la guilde, plus aucun bâtiment ne saurait être bâti si la guilde ne possède de régisseur. Ainsi, toute rénovation, tout projet, toute extension sont pour l’instant gelés. Sachant que la population stalagmantine augmente chaque jour, et prenant en compte la gronde toujours plus importante aux Bâcles, et les projets environnementaux commandés par l’Oie, la situation commence à devenir presque incontrôlable.
Rendez-vous compte : la Sérénissime Cité des Doges ne risque pas de sombrer à cause d’une révolution populaire idéaliste, ni d’un crash économique, ni même d’une invasion de l’Orcostov voisin. Non : des rivalités buralistes, voici ce qui fera tomber Stalagmanque l’Éternelle.
Comme nous le disons depuis déjà quelques temps : faîtes vos bagages, et prenez vos distances. Il n’y a aucune issue, bien sûr, et vous êtes voués à mourir seul et abandonné de tous. Mais cela n’empêche pas de retarder ce moment et de le rendre désagréable.
Edition du 14 novembre 2022
Régisseur ?...</center>
Des problèmes et des troubles peuvent survenir n’importe où. N’importe où, me direz-vous ? Même dans une institution aussi corrompue, décadente, sclérosée et obsolète que la guilde des architectes de Stalagmanque ? Vous allez sûrement être étonnés, mais oui.
Cela fait environ deux ans que le dernier régisseur de la guilde, Guglielmo Doppiezza, est décédé, laissant la tête de la première guilde de la cité vacante, preuve s’il en fallait qu’une tête est toujours importante, et que la perdre est source de tracas. Le Syndic, sensé se réunir pour élire un nouveau régisseur, n’a toujours pas su nommer un remplacement, ne serait-ce que provisoire, par intérim ou honoraire. Les luttes de couloirs, les complots et fratricides font bon train dans cette illustre institution. Même la famille Doppiezza qui, dit-on, dirige effectivement le pays, ne sait mettre un terme à cet état, preuve s’il en fallait que le système stalagmantin sait efficacement se protéger contre les projets visant à ébranler sa souveraineté, fut-ce par une famille surpuissante.
Est-ce vraiment grave, se demandera le pauvre citoyen de base qui ne se pose pas les bonnes questions, ou bien le lecteur étranger abonné à ce journal ? Soit dit en passant, si vous faîtes partie de la seconde catégorie, vous êtes à la fois très gentil mais un peu bizarre.
En effet, on pourrait imaginer qu’une entreprise sans PDG n’a qu’un seul grave problème : sa propre survie, sachant qu’elle risque de péricliter et de sombrer, de perdre de l’argent et des clients.
Malheureusement, ici, on est à Stalagmanque. Abandonnez la raison, ici est le domaine du juridique.
La guilde des architectes est indépendante mais éternelle. Contrairement aux autres guildes, puisqu’elle existait avant la République, elle devra lui survivre et enterrer les derniers morceaux lorsqu’elle sera tombée (ce qui ne risque pas de tarder). Ainsi, même si elle ne possède plus aucun membre, elle existera toujours.
Néanmoins, il lui faut un régisseur, car, selon les termes des actes fondateurs de la guilde, plus aucun bâtiment ne saurait être bâti si la guilde ne possède de régisseur. Ainsi, toute rénovation, tout projet, toute extension sont pour l’instant gelés. Sachant que la population stalagmantine augmente chaque jour, et prenant en compte la gronde toujours plus importante aux Bâcles, et les projets environnementaux commandés par l’Oie, la situation commence à devenir presque incontrôlable.
Rendez-vous compte : la Sérénissime Cité des Doges ne risque pas de sombrer à cause d’une révolution populaire idéaliste, ni d’un crash économique, ni même d’une invasion de l’Orcostov voisin. Non : des rivalités buralistes, voici ce qui fera tomber Stalagmanque l’Éternelle.
Comme nous le disons depuis déjà quelques temps : faîtes vos bagages, et prenez vos distances. Il n’y a aucune issue, bien sûr, et vous êtes voués à mourir seul et abandonné de tous. Mais cela n’empêche pas de retarder ce moment et de le rendre désagréable.
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Rezzacci
<center>Les Carnets du Sénat
Edition du 11 février 2023
Proclamation du Sénat </center>
[quote]Nous, patriciens de Stalagmanque, illustres membres du Sénat de la Sérénissime République, époux de la mer et maîtres de la Flotte, détenteurs et défenseurs de la Loi, gouverneurs des comptoirs,
En cette heure du onzième jour du premier mois de la deux-mille-vingt-troisième année qui suivit la naissance de notre sauveur Jésus le Christ,
Suite aux erreurs de jugement dont a fait preuve le Très Saint Père,
Considérant que son infaillibilité a été prise en défaut,
Sachant que l’avis pontifical se doit d’être l’émanation directe de Dieu, Dieu qui est Justice, et que la Loi est la transcription terrestre de la Justice,
Afin de faire revenir l’Ordre dans le Saint des Saints,
Nous, Sénat de Stalagmanque, à la majorité absolue des votants (soixante-neuf voix contre douze), déclarons que la parole du Pape n’est plus infaillible et posons l’anathème sur sa personne,
Ipso facto celui qui occupe actuellement le siège pontifical et premier évêque de la Sainte Église Catholique, Apostolique et Urbaine n’est qu’un usurpateur,
En conséquence de quoi,
La Sérénissime République de Stalagmanque, par l’intermédiaire de son archevêque et cardinal le monseigneur Turpino, demande un nouveau conclave pour réparation de l’impair commis dans la maison de Dieu,
La Sérénissime République de Stalagmanque, par l’intermédiaire de son clergé et de ses magistrats, refuse de suivre toute directive qui émanerait de l’usurpateur, et rejette toute bulle ou encyclique qui serait promulguée sous ce pontificat,
<center>Nil altibus legibus est</center>[/quote]
Edition du 11 février 2023
Proclamation du Sénat </center>
[quote]Nous, patriciens de Stalagmanque, illustres membres du Sénat de la Sérénissime République, époux de la mer et maîtres de la Flotte, détenteurs et défenseurs de la Loi, gouverneurs des comptoirs,
En cette heure du onzième jour du premier mois de la deux-mille-vingt-troisième année qui suivit la naissance de notre sauveur Jésus le Christ,
Suite aux erreurs de jugement dont a fait preuve le Très Saint Père,
Considérant que son infaillibilité a été prise en défaut,
Sachant que l’avis pontifical se doit d’être l’émanation directe de Dieu, Dieu qui est Justice, et que la Loi est la transcription terrestre de la Justice,
Afin de faire revenir l’Ordre dans le Saint des Saints,
Nous, Sénat de Stalagmanque, à la majorité absolue des votants (soixante-neuf voix contre douze), déclarons que la parole du Pape n’est plus infaillible et posons l’anathème sur sa personne,
Ipso facto celui qui occupe actuellement le siège pontifical et premier évêque de la Sainte Église Catholique, Apostolique et Urbaine n’est qu’un usurpateur,
En conséquence de quoi,
La Sérénissime République de Stalagmanque, par l’intermédiaire de son archevêque et cardinal le monseigneur Turpino, demande un nouveau conclave pour réparation de l’impair commis dans la maison de Dieu,
La Sérénissime République de Stalagmanque, par l’intermédiaire de son clergé et de ses magistrats, refuse de suivre toute directive qui émanerait de l’usurpateur, et rejette toute bulle ou encyclique qui serait promulguée sous ce pontificat,
<center>Nil altibus legibus est</center>[/quote]
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Rezzacci
<center>Le Souffle
Edition du 20 février 2023
L'Orcostov</center>
Il était dit que Stalagmanque ne prendrait, en aucun cas, part au conflit mondial opposant la Rostovie au reste de la Création, mais il faut avouer que ce ne fut pas totalement le cas. Stalagmanque participe en effet – et enfin – mais ni de manière militaire, économique ou idéologique. La Sérénissime ne mobilisera aucun homme – toujours – n’applique aucun embargo envers les navires rostovs et reste la dernière à toujours essayer de défendre Terienkov et défendre le point de vue humaniste, à savoir qu’il faut tenter de raisonner cette monstrueuse folie.
C’est donc bien par la voie culturelle que la cité des Doges prendra parti, ainsi qu’elle l’a toujours fait.
Aujourd’hui sera la première représentation du tout nouvel opéra, tant attendu dans les cercles stalagmantins : L’Orcostov, une farsa épique, retraçant le conflit gigantesque qui tint place au Nord-Jeekim.
Parlons d’abord un peu du travail préparatoire : pas moins de sept auteurs – trois librettistes, trois historiens et un greffier – collaborèrent de concert à l’élaboration du livret de ce qui était attendu comme le chef-d’œuvre de l’année. L’orchestration fut confiée aux soins d’Ernesto Lombardi et Francesco Francesco, les deux étoiles montantes de la musique stalagmantine, avec une collaboration légère du maître en la matière, Giacomo de Gorgonzola. La mise en scène avait été confiée aux frères Nicola et Luca Rezzacci. Mis à part ces informations, rien n’était sensé filtrer des murs de la Soffitta, qui accueillera la première.
Néanmoins, nous avons reçu quelques informations.
Tout d’abord, le rôle-titre, celui de l’Orcostov – allégorie de l’URKR – sera tenu par Doña Maria-Teresa de Gorgonzola.
Ensuite, cet opéra sera à machineries : la quantité de ressources qui fut amenée jusqu’à la Soffitta nous promet de gigantesques effets, probablement sensés représenter le gigantisme de cette guerre.
Le chœur et l’orchestre seront l’un et l’autre également d’une taille presque jamais vu jusqu’ici : 202 musiciens et 356 choristes. Il fut nécessaire d’embaucher à tour de bras des professionnels étrangers – majoritairement des Thorvaliens et Schlessois, mais également des Numanciens, des Confédérés et une minorité venant d’à peu près n’importe où – et à un moment on parlait de réaménager le théâtre pour accueillir tout ce petit monde.
Enfin, la durée de la pièce : près de quatre heures et cinq actes, nécessaires pour retracer toute l’histoire de ce fait divers monumental. La représentation étant sensée être une farsa, nous aurons droit aux traditionnels duos et trios bucoliques et sautillants, mais nous savons également de source sûre, que les arias mélancoliques et les chœurs flamboyants formeront part intégrante de l’opéra.
Nous vous conseillons, si vous n’avez pas encore acheté vos places, de venir faire le déplacement. Ce sera, à coup sûr, l’un des plus beaux opéras de ce siècle.
Edition du 20 février 2023
L'Orcostov</center>
Il était dit que Stalagmanque ne prendrait, en aucun cas, part au conflit mondial opposant la Rostovie au reste de la Création, mais il faut avouer que ce ne fut pas totalement le cas. Stalagmanque participe en effet – et enfin – mais ni de manière militaire, économique ou idéologique. La Sérénissime ne mobilisera aucun homme – toujours – n’applique aucun embargo envers les navires rostovs et reste la dernière à toujours essayer de défendre Terienkov et défendre le point de vue humaniste, à savoir qu’il faut tenter de raisonner cette monstrueuse folie.
C’est donc bien par la voie culturelle que la cité des Doges prendra parti, ainsi qu’elle l’a toujours fait.
Aujourd’hui sera la première représentation du tout nouvel opéra, tant attendu dans les cercles stalagmantins : L’Orcostov, une farsa épique, retraçant le conflit gigantesque qui tint place au Nord-Jeekim.
Parlons d’abord un peu du travail préparatoire : pas moins de sept auteurs – trois librettistes, trois historiens et un greffier – collaborèrent de concert à l’élaboration du livret de ce qui était attendu comme le chef-d’œuvre de l’année. L’orchestration fut confiée aux soins d’Ernesto Lombardi et Francesco Francesco, les deux étoiles montantes de la musique stalagmantine, avec une collaboration légère du maître en la matière, Giacomo de Gorgonzola. La mise en scène avait été confiée aux frères Nicola et Luca Rezzacci. Mis à part ces informations, rien n’était sensé filtrer des murs de la Soffitta, qui accueillera la première.
Néanmoins, nous avons reçu quelques informations.
Tout d’abord, le rôle-titre, celui de l’Orcostov – allégorie de l’URKR – sera tenu par Doña Maria-Teresa de Gorgonzola.
Ensuite, cet opéra sera à machineries : la quantité de ressources qui fut amenée jusqu’à la Soffitta nous promet de gigantesques effets, probablement sensés représenter le gigantisme de cette guerre.
Le chœur et l’orchestre seront l’un et l’autre également d’une taille presque jamais vu jusqu’ici : 202 musiciens et 356 choristes. Il fut nécessaire d’embaucher à tour de bras des professionnels étrangers – majoritairement des Thorvaliens et Schlessois, mais également des Numanciens, des Confédérés et une minorité venant d’à peu près n’importe où – et à un moment on parlait de réaménager le théâtre pour accueillir tout ce petit monde.
Enfin, la durée de la pièce : près de quatre heures et cinq actes, nécessaires pour retracer toute l’histoire de ce fait divers monumental. La représentation étant sensée être une farsa, nous aurons droit aux traditionnels duos et trios bucoliques et sautillants, mais nous savons également de source sûre, que les arias mélancoliques et les chœurs flamboyants formeront part intégrante de l’opéra.
Nous vous conseillons, si vous n’avez pas encore acheté vos places, de venir faire le déplacement. Ce sera, à coup sûr, l’un des plus beaux opéras de ce siècle.
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Rezzacci
[center]Mi figue, mi-raisin
Edition du 30 octobre 2029
L'Empire est mort, vive l'Empire[/center]
Tout le monde se prosterne devant le tout-puissant empereur d'Alméra ! Voilà ce que l'on pourra bientôt entendre s'étendre sur tout le continent. La construction d'un Saint-Empire est en marche ; mais en a-t-on véritablement besoin ?
Certaines mauvaises langues diront que la nécessité de têtes couronnées est déjà, en soit, discutable. Après tout, qu'y a-t-il de plus absurde que de laisser quelqu'un gouverner uniquement parce qu'il fut le fils aîné de son prédécesseur, descendant d'une longue lignée qui usurpa ce pouvoir en égorgeant allègrement ses opposants ? Peut-être un régime politique paralysé parce que son chef d’État est dans le coma.
Ce à quoi on se trompe grossièrement : la monarchie est, sans conteste, le meilleur régime politique. Laissons un individu jouer avec une couronne brillante, conditionnée depuis son enfance à n'être qu'un apparat, tandis que les véritables politiciens s'activent dans les coulisses du pouvoir.
Ainsi, la monarchie est excellente. Il faudrait plus de monarchies, d'ailleurs car, comme invariablement les rois finissent par se marier entre cousins – l'inceste n'existe pas une fois un certain nombre de quartiers de noblesse prouvée, et bon nombre de princes et rois peuvent, sans coup férir, justifier d'un ancêtre en plusieurs endroits de son arbre généalogique – ça pourrait régler le souci guerrier. Quoique… ce n'est pas forcément sûr, car il n'y a pas plus prompt pour taper sur quelqu'un que son propre frère.
Mais éloignons de ces considérations familiales et intéressons-nous plutôt à ce qui se trame en ce moment.
Autrefois, l'Empire avait une réelle justification, la première étant d'embêter le Pape pour lui présenter un contre-pouvoir d'égale importance. Mais il y avait aussi la volonté de se réunir face à des ennemis communs, réunir sous une même égide des peuples qui voulaient marcher la main dans la main vers un avenir radieux, prospère et éliminé de tout païen.
Mais à quoi assistons-nous ? Ni plus ni moins qu'une simple réunion de famille. L'ancien empire n'était pas aussi rigide, aussi pompeux que maintenant. Seuls les monarques peuvent élire l'empereur ? Où sont les villes libres, les archevêchés princiers, les villages d'immédiateté ? Autrefois, l'Empire servait vraiment les intérêts des partis les constituant. Aujourd'hui, il n'aura plus comme vocation que d'asseoir les fondements bien replets des monarques héréditaires qui ne cherchent qu'à solidifier leur pouvoir.
De plus, l'ancien Empire avait une règle bien précise : cujus regio, ejus religio, ou à peu de choses près, mon latin étant encore un peu rouillé. Mais désormais, seul le catholicisme est autorisé.
L'ancien Empire, qui se voulait universel, ouvert et généreux, va finir par se retrouver renfermé, isolé et perclus dans ses rhumatismes décadents de ses institutions dépassées. Pour un peu, et on pourrait y voir une Stalagmanque héréditaire. Ce qui est tout ce que je ne souhaite pas aux monarques catholiques almérans.
Edition du 30 octobre 2029
L'Empire est mort, vive l'Empire[/center]
Tout le monde se prosterne devant le tout-puissant empereur d'Alméra ! Voilà ce que l'on pourra bientôt entendre s'étendre sur tout le continent. La construction d'un Saint-Empire est en marche ; mais en a-t-on véritablement besoin ?
Certaines mauvaises langues diront que la nécessité de têtes couronnées est déjà, en soit, discutable. Après tout, qu'y a-t-il de plus absurde que de laisser quelqu'un gouverner uniquement parce qu'il fut le fils aîné de son prédécesseur, descendant d'une longue lignée qui usurpa ce pouvoir en égorgeant allègrement ses opposants ? Peut-être un régime politique paralysé parce que son chef d’État est dans le coma.
Ce à quoi on se trompe grossièrement : la monarchie est, sans conteste, le meilleur régime politique. Laissons un individu jouer avec une couronne brillante, conditionnée depuis son enfance à n'être qu'un apparat, tandis que les véritables politiciens s'activent dans les coulisses du pouvoir.
Ainsi, la monarchie est excellente. Il faudrait plus de monarchies, d'ailleurs car, comme invariablement les rois finissent par se marier entre cousins – l'inceste n'existe pas une fois un certain nombre de quartiers de noblesse prouvée, et bon nombre de princes et rois peuvent, sans coup férir, justifier d'un ancêtre en plusieurs endroits de son arbre généalogique – ça pourrait régler le souci guerrier. Quoique… ce n'est pas forcément sûr, car il n'y a pas plus prompt pour taper sur quelqu'un que son propre frère.
Mais éloignons de ces considérations familiales et intéressons-nous plutôt à ce qui se trame en ce moment.
Autrefois, l'Empire avait une réelle justification, la première étant d'embêter le Pape pour lui présenter un contre-pouvoir d'égale importance. Mais il y avait aussi la volonté de se réunir face à des ennemis communs, réunir sous une même égide des peuples qui voulaient marcher la main dans la main vers un avenir radieux, prospère et éliminé de tout païen.
Mais à quoi assistons-nous ? Ni plus ni moins qu'une simple réunion de famille. L'ancien empire n'était pas aussi rigide, aussi pompeux que maintenant. Seuls les monarques peuvent élire l'empereur ? Où sont les villes libres, les archevêchés princiers, les villages d'immédiateté ? Autrefois, l'Empire servait vraiment les intérêts des partis les constituant. Aujourd'hui, il n'aura plus comme vocation que d'asseoir les fondements bien replets des monarques héréditaires qui ne cherchent qu'à solidifier leur pouvoir.
De plus, l'ancien Empire avait une règle bien précise : cujus regio, ejus religio, ou à peu de choses près, mon latin étant encore un peu rouillé. Mais désormais, seul le catholicisme est autorisé.
L'ancien Empire, qui se voulait universel, ouvert et généreux, va finir par se retrouver renfermé, isolé et perclus dans ses rhumatismes décadents de ses institutions dépassées. Pour un peu, et on pourrait y voir une Stalagmanque héréditaire. Ce qui est tout ce que je ne souhaite pas aux monarques catholiques almérans.
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Rezzacci
[center]Le Souffle
Edition du 17 octobre 2029
Il viaggio a Urba[/center]
La récente élection du Saint-Empereur, en la personne Franz du Viertenstein, ne manquera de susciter des réactions de par le monde, et surtout le monde catholique. Bien évidemment, Stalagmanque compte faire partie du nombre, et des rumeurs courent déjà sur une délégation complète des patriciens du pays qui viendraient assister au sacre de l'Empereur – malgré une certaine grogne républicaine par ce que certains considéreraient un danger envers les gouvernements populaires catholiques.
La Sérénissime, bien évident, réagit déjà à sa propre manière. La Soffitta, après une période de latence due à des problèmes inhérents à son fonctionnement, a annoncé sa réouverture par un opéra de circonstances, Il viaggio a Urba, de Gioacchino Violini. Si on peut déjà deviner les grandes lignes du livret, on ne sait pas ce que racontera précisément l'histoire, mais nul doute que le jeune compositeur qui fait déjà ses lettres dans la République réussi à sublimer cet événement de portée mondiale.
Pour l'instant, seule [url=https://www.youtube.com/watch?v=nEdUnRs0dFo]l'ouverture[/url] a réussi à filtrer, ce qui promet de la qualité.
Si la première de l'opéra sera représentée à la Soffitta, on raconte déjà qu'une représentation pourrait être faite à Urba, durant la période du sacre. Une affaire musicale à suivre, donc.
Edition du 17 octobre 2029
Il viaggio a Urba[/center]
La récente élection du Saint-Empereur, en la personne Franz du Viertenstein, ne manquera de susciter des réactions de par le monde, et surtout le monde catholique. Bien évidemment, Stalagmanque compte faire partie du nombre, et des rumeurs courent déjà sur une délégation complète des patriciens du pays qui viendraient assister au sacre de l'Empereur – malgré une certaine grogne républicaine par ce que certains considéreraient un danger envers les gouvernements populaires catholiques.
La Sérénissime, bien évident, réagit déjà à sa propre manière. La Soffitta, après une période de latence due à des problèmes inhérents à son fonctionnement, a annoncé sa réouverture par un opéra de circonstances, Il viaggio a Urba, de Gioacchino Violini. Si on peut déjà deviner les grandes lignes du livret, on ne sait pas ce que racontera précisément l'histoire, mais nul doute que le jeune compositeur qui fait déjà ses lettres dans la République réussi à sublimer cet événement de portée mondiale.
Pour l'instant, seule [url=https://www.youtube.com/watch?v=nEdUnRs0dFo]l'ouverture[/url] a réussi à filtrer, ce qui promet de la qualité.
Si la première de l'opéra sera représentée à la Soffitta, on raconte déjà qu'une représentation pourrait être faite à Urba, durant la période du sacre. Une affaire musicale à suivre, donc.