Au coeur du pouvoir

Amaski

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Prologue

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Vingt-cinq ans, voila le temps que la guerre civile a duré au Hanguk. Beaucoup peuvent prétendre que cette guerre fut de la folie. La guerre entre démocrates, fascistes et communistes n'aurait jamaus du durer aussi longtemps. Malheureusement la nature humaine est faite de telle sorte que les folies deviennent rapidement le quotidien des gens si elles sont portées par des hommes et femmes forts. C'est en 1990 qu'en raison d'une grave crise économique, notre pays a sombré dans l'anarchie. Le monde nous a regardé tomber et n'a pas agit. Et c'est depuis là que la folie a prit le dessus.

La guerre a détruit notre pays. Les villes ont soit été dévastées soit abandonnées par une population apeurée. Toute avancée technologique s'est perdue dans le feu des combats. En moins de trente ans, nous avons perdu des siècles de travail, de culture et de construction. On dit que nos villes étaient splendides. Nous avions des monuments, des livres et un passé. Tout ceci fut loin quand la guerre se termina. J'ai pas connu ce qui était avant, comme la plus part des gens de ma génération. Nous étions nés en pleine guerre quand les choses étaient déjà au plus mal. La destruction des centrales nucléaires contaminait des grandes parties des régions les plus urbanises et la faim emportait ses premiers millions de victimes. On nous surnomme pas sans raison les enfants des cendres. Nous sommes nés dans les cendres et en avons hérité une montagne.

En 2020, j'était un jeune lieutenant et Kim In-ho dirigeait le pays. C'était quelques mois après la victoire finale. Une victoire bien amère vu l'état de destruction totale dans lequel se trouvait notre nation à cette époque. Le communisme avait triomphé mais il lui restait comme butin uniquement des ruines et un peuple affamé. Nous avons donc prit la décision de rompre avec le passé. Nous avons prit le pouvoir que les anciens avait usé pour conduire notre peuple vers l'apocalypse. Il est vrai que nous avons commis un crime mais si sa nature criminelle ne saurait être mit en doute, nous sommes convaincus que nos actions si pas bons étaient animés par le désir du bien. La finalité saurait sanctifier l'outil mais il peut au moins expliquer son emploi.

<center>Cheong Myung-Dae, 11 février 2031</center>

Le crime originel

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Yangpyeong était au début des années trente une ville qui comptait moins de vingt mille âmes. C'était au fond rien d'autre qu'une grande base militaire hissé au rang de capitale. Il n'existaient plus de vraies villes depuis longtemps. La guerre et les famines les avaient vidés et transformés au fur à mesure en ruines. Dans le cœur de Yangpyeong se trouvait un grand bunker qui était le siège de Kim In-ho, le dictateur de Hanguk. Le vieillard faisait parti de la génération qui avait provoqué la guerre civile et qui était encore animé par la vieille corruption. C'était un homme vicieux, dépourvu d'imagination et sans sens pour la moralité. Il se faisait appeler camarade mais uniquement pour mieux pouvoir assurer l'inégalité entre lui et les autres. Tout ceci n'aurait pas été si grave, si seulement il avait eu plus de sens politique. Il aurait pu pressentir que les lieutenants de l'armée voulaient du changement, la paix et qu'on commence à reconstruire le pays. Ces jeunes qui avaient vus que la guerre, aspiraient comme des assoiffés à boire l'eau de la paix.

In-ho était, là, dans son bureau assis dans un fauteuil en cuir, avec dans une main un cigare et l'autre un verre rempli d'un alcool importé en secret depuis Wapong City. On pouvait être surpris de pas voir une des femmes de plaisir à ses pieds mais Kim In-ho avait comme seule vertu un dédain pour la débauche sexuelle. Ceci prouvait qu'aucun esprit pouvait contenir tous les vices en même temps. Mais il fallait pas interpréter ceci comme une vertu de sa part. Kim In-ho était une ordure et beaucoup affirment que sa mort est un acte de justice. Le dictateur appuie sur une télécommande et l'ouverture 1812 de Tchaïkovski commence à résonner dans le bureau. Le tyran écoute et profite. Il profite de ce moment de plaisir alors que son peuple se meurt. Le vice est à son apogée pendant que la misère ne fut jamais si puissante sur les terres de Hanguk.

Il est minuit et la musique couvre le son des tirs dans les couloirs. Les gardes du dictateur tombent pendant que leur maître profite. Kim In-ho écoute sans entendre le malheur s'abattre sur lui. Quand la musique de Tchaïkovski est à son comble, la porte est défoncée. Des soldats entrent dans le bureau. Le cigare et le verre tombent sur le sol. L'alcool écarlate coule sur le tapis. Autour Kim In-ho se tiennent douze soldats pointant leurs fusils sur l'homme qui avait cru pouvoir vivre dans l'abus en ces temps de crise. Trois lieutenants entrent dans la pièce, leurs bottes marqués de sang. Ils tiennent dans leurs mains des pistolets semi-automatiques. Ils ont détruits des centaines de vies et il s'apprêtent à accomplir le dernier acte d'une très longue guerre. Cheong Myung-Dae, le lieutenant au centre s'avance d'un pas. C'est un jeune homme, quelqu'un qui dans d'autres circonstances et dans un autre part aurait probablement était maintenant en dernière année universitaire. Son visage juvénile était marqué par la guerre. Une cicatrice allait du milieu de son front vers sa joue droite. Un coup de couteau raté qui avait laissé de marque mais sans crever l’œil droit. Il n'y avait aucune insouciance sur son visage. Le regard était froid et dur comme l'acier qui sert la guerre. La guerre transforme les humains en loups et voici qu'un loup s'approche de Kim In-ho. Avec une voix rempli de mépris pour le porc plongé dans la fauteuil, Myung-Dae annonce.

- Camarade Kim In-ho, vous êtes officiellement relevé de vos fonctions. Un gouvernement provisoire prend désormais le pays en charge.

Kim In-ho ne sait quoi répondre. Myung-Dae lève son pistolet vers In-ho qui sent le messager de la mort s'approcher de lui. Il entend un cahier être ouvert et le son d'un crayon notant son nom. La mort, elle le voit et elle s'apprête à le prendre. In-ho tente vainement d'implorer la grâce.

- Vous ne pouvez pas...non...je suis votre général...

Myung-Dae lui répond.

- Oui, nous pouvons car le changement c'est maintenant.

Cheong appuie sur la détente. La balle quitte le pistolet, traverse l'air et s'enfonce dans le crâne d'In-ho détruisant les tissus du cerveau. Le sang coule et le tyran perd conscience. Quelques instants plus tard le cerveau cesse de fonctionner. Les synapses ne sont plus animés par les flux nerveux et le reste du corps cesse de fonctionner faute d’enzymes et signaux donnés par le cerveau. La tête de Kim In-ho tombe en arrière et le sang coule vers le sol pour se mélanger avec l'alcool écarlate. L'âme d'In-ho est sur l'instant-même prit par le messager de la mort.

Dans les heures suivantes, d'autres généraux sont tués. Tous les militaires et politiciens proche du pouvoir ayant plus de quarante-cinq ans meurent dans les jours à venir. La radio annonce aux bases militaires la formation d'un nouveau gouvernement sous la direction du lieutenant Cheong Myung-Dae. Quelques diplomates et journalistes ont note de ces événements mais peu s'intéressent à ce changement. A quoi bon s'intéresser à un pays en pleine décomposition ?
Amaski

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Exercise de pouvoir

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Le nouveau gouvernement communiste était réuni autour d'une table dans une des salles du bunker de Kim In-ho. Le corps du despote avait été sorti et jeté dans le fleuve, laissant aux poissons le plaisir d'achever le travail. Il avait toujours une odeur de poudre dans l'air mais après vingt-cinq ans de guerre, une telle odeur n'était pas anodine et personne la notait. Il fallait savoir que la ventilation faisait mal son travail. Les installations étaient vieilles car le bunker datait encore de la dernière guerre mondiale. Il était assez évident que durant la guerre civile on n'avait pas eu le temps de rénover quoi que ce soit. Et très sincèrement, maintenant que la paix était revenue, on avait d'autres priorités que les problèmes de ventilations.

La table autour de laquelle étaient assis les membres du gouvernement était ronde. Elle permettait à tous d'être assis en égalité et de ne pas imposer une hiérarchie de places. Une telle hiérarchisation aurait été contraire aux vertus communistes qui imposaient l'égalité et l'équité entre les humains. Le temps des rois et des despotes touchait sa fin et la table ronde invoquait les principes sacrés du nouveau siècle. Cheong Myung-Dae était assit en compagnie de Kim Chi-hu, Ministre des Affaires étrangères, Choi Min-jae, Ministre de l'Economie  et Jin Hyeon-ju, Ministre de la Sûreté. La discussion entre les membres du gouvernement était déjà avancé mais on avait surtout discuté de points secondaires. Cheong Myung-Dae dit alors.

- Donc nous sommes d'accord de commencer à démobiliser l'Armée. La question qui reste à résoudre est maintenant de savoir ce que nous allons faire avec les soldats démobilisés ? Il en a au moins trente millions de militaires dans notre pays de tout bord.

Choi Min-jae prit la parole pour répondre.

- Nous allons surtout les affecter à la reconstruction du pays. C'est le meilleur choix en l'heure actuelle. Nous devons au plus vite remettre en marche les infrastructures clés comme les voies ferrés et déblayer les villes pour commencer la reconstruction. Une partie sera envoyé dans les campagnes une fois que nous avons réorganisé l'agriculture.

- Ceci semble bien. Maintenant, Hyeon-ju, il semble que vous avez une demande à soumettre ?

Jin Hyeon-ju intervenit alors.

- Oui. J'aimerais proposer de discuter la situation au Valua. Ce pays est actuellement agressé par le Royaume de Fiémance.

- Je n'en vois aucun intérêt. Nous avons d'autres soucis que de nous occuper de conflits ayant lieu en dehors du Makara.

- Je pense que c'est une erreur. La Fiémance détient au Makara des colonies et nous savons que ce pays envisage d'étendre ses territoires coloniaux. Ce n'est pas un secret que soit notre pays, soit un autre pays du Makara peut être victime de cette puissance impérialiste. Des opérations préventives s'imposent Si nous aidons le Valua, nous pourrions avec un peu de chance provoquer une défaite au Fiémance. Chose qui serait susceptible de freiner leur expansion colonial via un affaiblissement moral.

- Peut être mais nous n'avons pas les ressources pour aider un autre pays. En plus, nous devons garder pour le moment une certaine discrétion. Nous devrons inévitablement importer du blé et donc nous ne pouvons rien faire qui puisse nous attirer l'hostilité des USP vu que les USP sont un majeur producteur de cette denrée.

- L'OTH ne possède pas de relations avec la Fiémance et donc nous ne risquons rien de ce côté. Pour l'aide, nous ne pouvons peut être pas envoyer d'armes mais nous ne manquons pas de soldats. Je propose d'envoyer les Hadi-sei en Valua. Ceci les gardera en activité et affaiblira la Fiémance sans qu'elle puisse agir contre.

- Bien, vous avez le feu vert pour envoyer les Hadi-sei mais rien d'autre. Je ne crois pas que les USP soient si désintéressés. Le Valua s'est rendu coupable du plus grand acte de terrorisme de l'histoire de l'humanité et les USP voudront les voir payer. Si je dois choisir entre le blé pelabssien et Valua, je choisirais le blé. N'oubliez pas ceci. Je propose maintenant de discuter sur la refonte du système agraire.
Amaski

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Le sacre des chiens

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L'histoire humaine n'est pas un éternel conflit entre le Bien et le Mal. A vrai dire, ces deux notions n'ont aucune existence en dehors du cadre moral où ils sont prononcés. L'Histoire comme tant d'autres histoires est avant tout l'opposition entre la raison de la force et l'esprit du dialogue. Dialogue et force s'opposent dans un combat qui va jusqu'à l'aube de la race humaine. Aucune de ces deux forces prime naturellement. Elles luttent entre elles et gagnent sur l'autre sous l'influence de mille facteurs.

Hanguk est un pays perdu au centre du Makara. Le monde luttait et combattait en laissant cette nation de côté. Le monde a raison de faire ceci. Il est important pour l'humanité de se concentrer contre les grandes menaces. Néanmoins il peut arriver des fois que dans l'ombre des grands combats mondiaux, grandisse une force inattendue. Le Hanguk n'avait pas retrouvé la stabilité. C'est un leurre de croire ceci. Myung-Dae est un idéaliste. Il croit au pacifisme, la république agraire et l'égalitarisme imposé par la douceur du pouvoir local. Mais le pays n'était pas prêt pour ses idéaux. Des décennies de guerre civile avaient formés une génération de soldats. Certes, beaucoup des combattants embrasaient avec bonheur l'idée d'échanger leur fusil contre une charrue. Mais une partie parmi les soldats n'étaient pas prêts à rendre le fusil. Ils avaient embrassés la cause militaire avec une ferveur que la paix ne pouvait pas éteindre. Parmi les capitaines, lieutenants et généraux le phénomène était plus prononcé. La république agraire pacifique ? Foutaise disaient ces gens. Il fallait une nation forte, armée et industrialisée. Le rêve de Myung-Dae, si similaire à celui de Thomas Jefferson, ne pouvait pas perdurer en ce siècle de l'industrie et des guerres mondialisées.

La faction anti-Myung-Dae était surtout composée de militaires gradés. Ils sont généralement en faveur d'une armée nationale, d'une politique industrielle forte, en faveur du commerce maritime et surtout profondément nationalistes. L'opposition était silencieuse par la force des chose mais pas moins convaincue d'arriver à ses fins. Le chef de l'opposition était Sang Bae, actuellement chargé des services secrets de la République Populaire de Hanguk. Myung-Dae n'en avait aucune information de ce mouvement. Principalement parce que les services secrets en faisaient partis. Tout semblait calme pour le Président de la République Populaire. Ceci fut néanmoins une grave erreur d’appréciation.

Dans une chambre se tient Jin Hyeon-ju, Ministre de la Sûreté. Il porte l'uniforme militaire d'un capitaine. Sur son bureau se trouvent des cartes de la Fiémance et ses principales villes. Un livre gît près des cartes avec le titre : De Principate. Dehors le Soleil se tient au zénith et on peut entendre des bruits de foule. Des milliers de gens sont venus assister sur la place centrale au discours du Président de la République. Sur une estrade se tiennent une centaine membres du parti communiste et une grande partie du gouvernement. Tous ceux qui se respectent et ont du pouvoir sont là sous la surveillance des services de sécurité. Le Ministre se lève de son siège et s'approche de la fenêtre. Il peut voir la foule et les dignitaires rassemblés. Il sort alors une montre de la poche de son pantalon. Encore une minute. Il s'éloigne de la fenêtre et se dirige vers le bureau ou il prend une feuille et commence à la lire. Il a déjà lu ce rapport mais il faudra qu'il paraisse surpris quand on viendra le chercher. La politique était finalement qu'une grande mise en scène.

A l'air libre, Myung-Dae s’avançe vers le pupitre. Il faisait frais ce jour et il avait hâte de commencer le discours. Ce discours était de grande importance car il devait annoncer le nouveau programme industriel et une loi désarmant définitivement ce qui restait de l'Armée populaire. Il s'apprêta à commencer la première phrase quand soudainement le C4 caché sous l'estrade explosa. Les flammes envahirent le podium tuant par la chaleur et les flammes les membres présents. Immédiatement des cris se levaient parmi la foule qui courra dans tout le sens. Des femmes et hommes gisaient au sol brûlés ou blessés par des bouts de verre et de bois projetés sur eux. La mort avait frappé de plein fouet.

Jin Hyeon-ju entendit le bruit de la détonation comme une mélodie. Bientôt il allait pouvoir prendre la place de cet idiot de Myung-Dae. Il était sûr de sa victoire car le plan était parfait. On donnera la faute de l'attentat du Fiémance, invoquant leur méchanceté naturelle, et le coup sera joué. La haine envers la Fiémance suffira à taire des questions embarrassantes. C'était qu'une question de heures avant qu'il soit nommé à la tête de l’État.

On frappa à la porte. Jin Hyeon-ju se leva et marcha quelques pas en sa direction. Soudainement la porte s'ouvrit contre toute attente. De l'autre côté, un soldat du Hadi-sei pointait son fusil sur le Ministre et le tira dans le cœur. Celui-ci tomba et trépassa après quelques instants d'agonie sur le sol. Il eut qu'une seule dernière pensée : trahison. Lui qui avait si superbement trahi se voyait mourant par la main de gardiens de la République. Le soldat du Hadi-sei sortit du bureau et marcha dans le couloir. Des corps chauds et vidés de vie gisaient au sol.

Comment on était-on arrivé à ceci ? Les Hadi-sei avaient eu vent du projet d'attentat. Néanmoins aucun entre eux avait avertit le Président. On exigeait d'eux une obéissance absolue, pas de la loyauté. Les Hadi-sei n'aimaient pas Myung-Dae qui représentant l'antipode de leurs valeurs. Ils détestaient aussi Jin Hyeon-ju pour son manque de honneur. En somme, ils n'aimaient aucun des gens au pouvoir. Au fil des heures, ils étaient donc venu communément à la conclusion que peut être le temps était venu d'intervenir. Si des gens comme Jin Hyeon-ju pouvait prétendre au pouvoir, alors pourquoi pas eux ? N'était pas leur esprit plus pur et digne ? Ils avaient laissé l'attentat avoir lieu et ensuite ils se sont dirigés vers les instigateurs pour les éliminer.

Les Hadi-sei étaient animés par l'esprit du chien. Ils vouaient un culte presque religieux à leurs chefs en vivant dans un esprit de meute. C'était un esprit purement makaran né dans les nuits les plus lointaines du Makara primitif. Aucun Hadi-sei était marié ou avait de compagne. Ils étaient voués à leur cause et leur groupe. Des soldats solitaires dans l'âme mais lié entre eux par le lien d'une fraternité presque animalière. Cet esprit était inculqué durant leur formation qui mélangeait l’entraînement militaire à un endoctrinement spirituel qui reprenait des idéaux si anciens qu'ils devaient provenir des premiers temps.

Un Hadi-sei ne parlait pas avec ses confrères et rarement avec les autres. Ils apprenaient à comprendre chaque signe du corps, chaque respiration, chaque mouvement de tête durant un long entraînement. Leurs missions imposaient une communication non-verbale pour pas avertir l'ennemi. Ceci eut pour effet de les rendre plus solidaire entre eux. Ils avaient leur langue à eux et leurs idées. Le corps était tout et il transpirait l'esprit par chaque geste et chaque mouvement. Ils pouvaient se réunir et sans dire un mot tenir mille conversations.

Les Hadi-sei ne sont pas des bouchers imprudents. Dans les heures suivants l'attentat ils éliminèrent toute personne qui pouvait détenir ou acquérir un pouvoir dans le pays. Leur décision avait été prise par la communion de la meute. Les dirigeants devaient disparaître et leur laisser place. La meute devait désormais diriger le pays pour mettre fin à la tyrannie d'individus ambitieux. Le combat des lieutenants devait cesser en leur faveur. Entre temps la panique se dégagea dans la capitale de la République. Le chaos montait et personne était là pour rassurer. En même temps, on eu la nouvelle que les villes de la Rostovie et des USP avaient été détruites par des bombes atomiques. La fin du monde semblait proche.

Les Hadi-sei prirent les corps de leurs victimes et les amenèrent vers un temple abandonné de la capitale. Là, les corps étaient entassés dans les jardins pour former des pyramides mortuaires. Les Hadi-sei se reunirent dans la salle principale du temple. Mille Hadi-sei, le cœur d'un pouvoir à venir. La puissance d'une secte militaire réunie dans un seul endroit. Ils étaient débout formant plusieurs cercles au centre duquel se tenait un entre eux. Leurs uniformes noires ressemblaient aux soutanes des moines almérans. Ces allures donnaient à la cérémonie une aura mystique.

Le Hadi-sei au centre était très grand. Il devait s'approcher des deux mètres quand il se tenait débout. Il était uniquement vêtu du pantalon noir des Hadi-sei. Ses pieds nus était noircis par la saleté. Son torse nu permettait de voir le tatouage d'un dragon et d'un chien luttant entre eux. Un tatouage au sombre présage. Il se tenait sur ses genoux, les bras et mains écartés et regardant dans la masse de ses confrères. C'est lui que la meute avait choisi comme premier, comme guide dans le combat à venir et dans la lutte pour prendre possession d'un pays et le diriger vers l'avenir qu'il méritait.

Deux Hadi-sei amenèrent un vase noir rempli d'un liquide suspect. Ils se mirent en arrière du chef de la meute pour déverser le contenu sur lui. Du sang rouge et frais coula sur la tête du guide qui garda les yeux ouverts pendant que le sang coula par son front sur ses épaules et de là vers son torse et dos. Le sacre par le sang des ennemis était un rituel venu d'un âge fort lointain et remis à jour par les Hadi-sei. Le sang des vaincus surpassait par sa puissance symbolique les simples huiles des rois. Comment comparer les rites almérans à la sauvagerie auguste des premiers temps ? Le chef se leva laissant le sang couler. Son esprit était purifié de toute peur et toute incertitude. Pendant que des millions de vies s’éteignaient, un pouvoir s'ériger dans les plaines du Makara. Silencieux, sans un mot, animé par la puissance du sang et la violence.
Amaski

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L'Empire des chiens

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Le Hanguk est un pays meurtri. Comprendre ceci permet d'expliquer bien de choses. Le pays avait été tellement dévasté par la guerre civile qu'il est devenu une gigantesque ruine. C'était la base parfaite pour toute personne voulant construire un nouvel ordre politique et social. Les Hadi-sei savait ceci et ne se gênait pas. Ils avaient éliminés la tête, qu'est-ce qui pouvait désormais les empêcher de prendre possession du reste du corps ?

Les Hadi-sei envoyaient par conséquence des fonctionnaires dans la campagne du Hanguk et les autres villes du pays. Ils venaient par groupe de trois pour prendre en main l'administration locale. Pourquoi trois ? C'était soigneusement calculé. Un homme aurait la tendance de se faire facilement corrompre sur moyen terme par la population. Deux risquaient de se faire la guerre alors que trois pouvaient s'assister mutuellement et se tenaient en respect. Les fonctionnaires étaient des Hadi-sei qu'on donnait régulièrement des instructions depuis la capitale. Ils avaient deux devoirs : le premier assurer la solution des problèmes locaux et quotidiens et lancer les chantiers et réformes demandés par la centrale. Ceci pouvait être la construction d'une usine, centrale ou d'une route. Le comment était laissé libre aux fonctionnaires. Les Hadi-sei ne s'installaient pas dans les palais des gouverneurs mais dans les temples les plus proches faisant de ces bâtiments le nouveau centre de pouvoir. Deux fois par semaine la population locale pouvait venir dans le temple et apporter leur requête. Besoin d'un tracteur ou de semence ? Les Hadi-sei s'en chargeaient de procurer les outils demandés. Un litige entre deux paysans ? A nouveau les moines guerriers se chargeaient de trouver des solutions équitables. Dans les villes, on adopta le même système mais à l'échelle de quartier. Le but était de résoudre un maximum de petits problèmes pour éviter qu'ils en deviennent des grands. Stimuler l'agriculture, l’artisanat et l'industrie était le but de cette politique de la gestion locale. Les Hadi-sei dans les provinces envoyaient régulièrement des rapports vers Yangpyeong informant sur l'avancé de la résolution des problèmes locaux et des chantiers donnés en charge.

Au cœur de la capitale existait un vieux temple qui avait jadis servit comme dépôt d'armes au cours de la guerre civile. Le complexe avait depuis quelques semaines été repris par les Hadi-sei qui en firent leur quartier général. Chaque jour, les membres présents dans la ville se réunissaient dans la salle principale, assis en ronds sous la direction du guide. A leurs côtés se tenaient leurs katanas, tegos et fusils. On venait armé car ceci était la nature même des Hadi-sei. Des guerriers des ombres au service de la lumière de la nation. Cette assemblée d'hommes vêtus en noir avait le même esprit que les chapitres des monastères du Vieux Alméra. Le guide était assit parmi eux trônant par sa taille naturelle et non un artifice. Il dirigeait mais ne gouvernait pas. Il arbitrait les débats qui portait sur toutes les actualités. L'accroissement des terres agricoles dans une région, l'avancé de la construction d'un barrage ou les activités diplomatiques autour de la nation. La meute discutait, décidait et agissait. Il n'y avait pas de grands discours, les Hadi-sei en sont bien capables mais point intéressés. Tout rapport est court, simple et va au cœur. La précision et simplicité sont des vêtues. Il y a dans ces assemblées un esprit bien romain qui hérisserait les cheveux de tout bon grecque des vieux temps. Périclès aurait été vu comme un orateur gaspillant le temps et le bon sens de son auditoire.

Une journée inconnue de la semaine, le guide se retrouvait dans une des salles secondaires du temple. C'était une petite salle. Le guide était assit au centre entouré d'une bonne centaine de cartes. Certains pourront se demander quel est son nom. Quoi de plus naturel. Fait était que personne le savait et n'avait à le savoir. Les noms sont quelque chose de très puissant. Les anciens égyptiens le savaient bien en accordant au nom une importance magique. Savoir le nom d'une personne permettait de l’appeler et aussi de l'influencer. Ignorer ce même nom était être incapable de saisir une personne parmi la masse humaine. La rendre invisible et inatteignable de toute influence. Le guide avait un nom mais il l'avait plus prononcé depuis des nombreuses années. Il provenait d'une autre époque.

Sur le haut du bras du guide on pouvait voir un tatouage différent des autres. C'était une série de chiffres. Un numéro fait dans une encre désormais affaiblie et diffuse, probablement déjà de mauvaise qualité quand il avait été marqué. Il se souvenait bien du temps ou on l'avait fait ce tatouage. C'était l'époque des fils barbelés, des vêtements rayés et des gardes. Une période sombre ou les gens n'étaient pas jugés sur leurs idées mais leur patrimoine génétique. La folie des races était omniprésente à l'époque. Mais ceci était un temps révolu. Désormais on se battait pour d'autre choses. Les rostoves combattait pour...au fond personne savait pourquoi ils se battaient. Peut être que c'était la guerre pour la guerre. Les USP, est-ce qu'ils se battaient encore vraiment ? Les autres peuples se perdaient dans leur probe fange.

Il observa une carte en particulière. C'était une carte mondiale indiquant les principaux mouvements de vent induits par la géographie du monde. On pouvait voir les vents polaires descendant vers l'Alméra, les grands vents détournés par l'effet Coriolis et les vents venants des océans en direction des grandes masses terrestres. L'internet polluait de nouvelles provenant des USP. Des nombreux témoins parlaient d'explosions atomiques sur les villes principales. Les rapports étaient rares. La majeure partie des moyens de communications semblaient s'être écroulés durant l'attaque, Probablement l'effet EBM des bombes atomiques. Néanmoins le phénomène s’étendait aussi sur le Nord de la FNUS, le Vikland et on disaient aussi sur les abords d'Alméra. Le guide néanmoins s'en souciait guère des ces problèmes. Ce qui l'importait c'était de savoir ou allait se diriger le nuage radioactif. Il dessina des lignes rouges sur la carte pour estimer la direction qu'allait prendre la radioactivité. Selon ses estimations, il n'y avait aucun risque pour le Hanguk. Les vents tendaient à former des systèmes cloisonnés dans leurs hémisphères. La radioactivité allait très probablement se diriger des USP vers la FNUS et l'Azude d'une part et d'autre part en direction du Liethuviska. Si l'URKR avait également été atomisée, alors très probablement que la radioactivité ira vers le Kirep et la région du Coorland. La panique fera fuir des millions de gens. Ceci était clair. La FNUS ne risquait pas de survivre cette panique. Le Ranekika pouvait en une à deux semaines être submergée par une cohorte humaine se comptant dans les dizaines de millions surpassant ses capacités d'accueil en quelques jours. Chaos, criminalité, système de santé surchargé, le pays rose risquait de connaître des mois difficiles voir peut être même tomber dans la chaos politique.

Le guide se souvenait de ces années qu'il avait passé à Hispalis. Il vivait à l'époque dans un orphelinat destinés aux enfants sauvés des camps. S'il se souvenait bien, c'était prit en charge par l'Eglise catholique. Il adorait passer ses journées dans la bibliothèque d'une école de quartier. Il était passionné à cette époque par tous ce qui touchait à l'histoire, la géographie et les société. Ce savoir l'était aujourd'hui du plus utile. Avoir une vision large du monde était indispensable pour saisir ses mécanismes et donc agir sur eux. Guider demandait de voir l'avenir, comprendre ce que motive les hommes et ce qui les dissuade d'agir. Le 21ème siècle n'est plus le siècle des grandes armées mais des gens aptes à comprendre la puissance des idées. Si les armes ont forgé le 20ème, le 21ème est gouverné par des idées nouvelles.

Le guide se lève. Il se dirige vers un des nombreux jardins du temple. Là, la nuit a fait irruption. Le ciel est parsemé de mille étoiles avec au centre la grande déesse lunaire. Il lève la tête pour admirer la voûte céleste et voir les dizaines d'étoiles filantes traverser les cieux. Ceci durait depuis des jours. Ce n'étaient pas des simples astres mais des dizaines de satellites tombant sur terre et étant brûlés par l'atmosphère. Quelques uns arrivaient plus ou moins intact sur terre. Deux avaient ainsi atterris dans le désert au Nord du pays. On les avait récupéré pour pouvoir les analyser. Il fallait pas se tromper. Il était peu probable de pouvoir faire de la rétro-ingénierie avec ces matériaux mais tout savoir, aussi minime soi-t-il, mérite d'être récolté. Pendant que les géants se battent, les fourmis se terrent en attendant leur heure.
Amaski

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La voie du Buke Shohatto

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Hellington gît en ruines. Le ciel est obscurci par les nuages de poussière et de gaz. L'air est si épais qu'on ne parvient pas de voir au-delà de trois mètres. La vie a quittée cette cité jadis si puissante laissant derrière elle que l'odeur omniprésence de putréfaction. L'odeur est partout et on ne peut pas l'échapper. Partout des cadavres ornent ce qui est aujourd'hui le plus grand et le plus terrifiant des cimetières. Il n'y a plus de vie, plus de lumière et l'air n'est qu'un gaz toxique. La Rostovie, créature immonde, paladin de la Déraison, ennemie de toutes les peuples et nations, en est coupable de ce désastre. Le Diable en personne peut qu'entrer en coalition avec le Seigneur contre une nation qui a cessé de jouir du droit accordé à tous les créatures : celui de l'existence.

Là sur le parvis de l'église du quartier de Northpoint, au Nord de Hellington, gît une jeune femme. Elle tient dans ses bras un jeune enfant. Ils sont tous les deux morts à cause du gaz de la Rostovie. Pourquoi ? Ils avaient pour seul pêché celui d'être nés pelabssien. Ils rejoignent ainsi le nombre incalculable de ceux mort non pour leurs actions mais pour leur origine. Encore plus de morts, la Rostovie, - pute parmi les putes, Babylone de tous les inhumanités -, ne cesse de tuer et causer des injustices. La mère allongé devant l'eglise a tenté de sauver son fils. Elle l'a fait durant toute sa vie. Ne travaillait-elle pas pendant dix heures par jour pour un salaire misérable à fin de le nourrir ? Ne venait-elle pas dans cette église chercher réconfort auprès du Seigneur. Quand les missiles sont tombés, elle a prit son garçon et l'a caché sous elle dans l'espoir qu'il soit épargné. Ce fut vain, elle est morte comme tant d'autres. Mais elle n'est pas seule, des millions d'innocents se joignent à elle dans cette ville. Ils n'ont rien fait à part tenter de créer un meilleur avenir pour eux et leurs enfants.

O Karl Marx, admire moi cette cité ! Toi qui voulais rendre les hommes égaux, te voilà satisfait ? Tu ne pouvais pas rendre les hommes égaux de leur vivant. Les hommes sont ainsi faits. Ils aspirent à s'améliorer et à grandir. Aucun acceptera de rester au sol pour plaire un idéal injustice d'égalité. Tu as donc réussit à instaurer l'égalité par le seul moyen possible : en les tuant. Seulement dans la mort, les humains sont égaux. Avant, ils tentent de devenir meilleur, ils aspirent à la perfection et la pureté et donc ne peuvent être égaux. Voila donc que la Rostovie, cette aberration du socialisme, a réalisée ton rêve. Soit fier de ça car l'humanité maudira ton nom et te naissance pour les prochains millénaires. Tu seras comme chaque nom rostove une insulte.

Mais l'histoire de cette ville n'est pas finie. Dans ces ruelles avance un groupe d'hommes. Ils portent des soutanes noires marqué par le kanji rouge de chien. Sous les tissus, les Hadi-sei portent une armure noire les protégeant des gaz rostoves. Des masques de gaz noirs couvrent leurs visages. Ils sont comme des anges noirs traversant la cité des morts. Silencieux mais constant dans leur avancée. Leurs katanas noirs se tiennent attachés à leurs ceintures vacillant légèrement au rythme de leurs pas. Pendant que le reste des Hadi-sei pillent à Newport les archives du siège du Baal Group ; le deuxième groupe avance à travers Hellington. Le Guide est en première ligne. La peur, ils l'ont perdu depuis longtemps. Ils ont vu une nation en guerre, une cité dévastée n'était pas pour eux un spectacle effrayant. Leurs pas évitaient les corps morts, plus par respect que par crainte. Ils ne regardent pas les morts. Leurs tombes doivent être respectés.

Les Hadi-sei arrivent devant le bâtiment central ayant jadis servit de siège aux services secrets pelabssiens. Le Guide ordonne aux Hadi-sei de le laisser avancer seul. Ceci était un combat qui le concernait uniquement. Les Hadi-sei entre temps ont ordre de se diriger vers la bibliothèque centrale de Hellington. Il y avait là des trésors que bien de gens ignoraient, trop obsedés par les plans de nouvelles armes et tacons de tuer. Un trésor en savoir qui pouvait décider de l'avenir d'un peuple. Entre temps les Hadi-sei de Newport arrivaient dans les sous-sols du gratte-ciel du Baal Group. Bientôt ils pourront saisir les archives d'une multinationale dont la richesse première n'était pas son or mais les technologies acquises au fil de longues années d'étude.

Le Guide entre dans l'édifice des services secrets. Il n'y a personne de vivant à première vue. Il descend les escaliers menant vers les archives. L'air est libre du poison ici. Peut être que certains ont pu trouver salut dans ces sous-sols ? Malheureusement il n'y a personne ici. Ni cadavre ni être vivant. Durant sa descente, son ombre est projeté contre le mur blanc, allongée et noire. Il ne voit pas comme une seconde ombre le suit, plus petite et timide, à une distance de sécurité.

C'est dans les archives au sous-sol que le Guide s'arrête, plus précisément devant un vieux archive en acier portant en haut une petite lettrine avec comme seule lettre un grand S. Le masque le dérangeant, il l'enlève découvrant ainsi son visage. Il y a ici bas des néons épargnés par les bombes EMB et qui devaient fonctionner avec l'électricité du générateur de secours. C'étaient finalement les plus anciennes machines qui rendait le meilleur service. Soudainement une voix résonne derrière lui.

- Gamin, c'est toi ?

Il n'avait jamais cru réentendre cette voix. C'était la voix d'un vieil homme, affaibli par l'âge mais dont le son ne pouvait pas être confondue. C'était lui. Il se tourna lentement et vit un vieillard portant un costume avec par dessus une blouse blanche. Il avait aussi une pair de lunettes mais dont les verres s'étaient brisés. Le Guide pouvait que répondre.

- Oui, c'est moi, Docteur Kranz.

Le vieux psychologue s'approche de quelques pas. Son visage est fatigué et porte les marques des épreuves des derniers jours. Kranz lui demande.

- Que fais-tu ici ? Ne devrais-tu pas être au Hanguk avec les Hadi-sei ? On dit que tu aurais élu comme leur chef ? Alors que fais-tu ici dans ce pays maudis ?

- J'ai une chose à finir. Son regard se tourne vers les archives. Kranz lui dit en suivant son regard.

- Tu ne pourras pas effacer ton passé ainsi. Je sais que vous avez beaucoup souffert au Lochlann comme tant d'autres mais ce qui est passé, est passé. Je te l'ai déjà dit, un homme qui tend de faire disparaître ses traces est un homme qui risque de se perdre. Les horreurs du passés nous permettent d'avancer et de grandir.

- Des fois, il vaut néanmoins mieux que le passé reste dans les souvenirs et non sur du papier.

- Ah, tu parles de ton dossier. Si tu veux vraiment le détruire, fait-le mais ça changera peu de choses. Je t'ai dépisté THP et même si le dossier disparaît, il aura toujours des gens pour sentir ceci. Les tests ne sont que des instruments rudimentaires pour détecter les merveilles du cerveau humain. Mais peut être que tu en as besoin de faire ce geste. Alors fait-le.

Le Guide ouvre un des tiroirs des archives et découvre sous W le dossier désiré. Il le sort et l'ouvre. Il y a au sommet la photo d'un jeune enfant de type makaran. Son nom, son prénom, sa date de naissance et multiples d'autres informations y sont écrit. Il lit son prénom et peine à le reconnaître. Ça fait tellement de temps que personne l'avait prononcé. Comment pouvait-il bien sonner ? Quand il était tout petit, on lui avait donné un chiffre, quand il grandit ce chiffre fut remplacé par un autre. Rare étaient ceux qui avaient prononcés son nom. Il sort un briquet de sa poche et met le feu au document. Une fois en flamme, il lâche le dossier qui tombe au sol ou il se consomme. Le Docteur regarde le dossier brûler sans rien dire pendant une bonne minute. Il commente alors le tas de cendre.

- Voila chose faite.

Le makaran demande alors au psychologue.

- Et vous, que faites-vous ici ?

- Je travaille pour les services secrets. Rien d'extraordinaire, juste trier les personnes qui sont à embaucher et décider qui est retenu et qui ressort illico presto. J'ai eu la chance d'avoir du consulter un vieux dossier dans les sous-sols durant l'attaque. Je me suis vite rendu compte que c'était une attaque chimique et donc j'ai pu me procurer un équipement adéquat pour aller chercher de la nourriture en restant le reste du temps dans les sous-sols. Et toi ? Ne me dis pas que tu viens de traverser toute une zone de guerre pour ce dossier ?

- Non, je dirige une mission de récupération à Newport et Hellington. On essaye de récupérer les technologies du Baal Group.

- Ah, l'idée n'est pas mauvaise. Au moins vous êtes plus honnêtes que ces faux-culs de Raksas. On aurais jamais dû coopérer avec ce pays. Mais je pense que tu devras aller rejoindre les Hadi-sei assez rapidement. Ils vont commencer par se poser des questions et très probablement que les Rostoves tenteront de prendre cette ville.

- Oui. Vous pouvez venir avec nous.

- Moi ? Je suis vieux, je risque de vous ralentir. En plus, ce n'est pas d'un psychologue que vous aurez besoin.

- Laissez ceci être mon souci. Vous m'avez aidé quand je fus enfant, il me semble naturel de vous aider aujourd'hui.

- Je peux que mal refuser cette offre. Je vais chercher l’habit ABC.

Kranz sortit derrière un archive un vieux costume ABC qu'il avait trouvé dans le dépôt. Il s'habilla assez rapidement par la force de la pratique. Le Guide remit son masque et tous les deux remontèrent au rez-de-chaussé. Ils quittent le quartier général pour rejoindre le reste des Hadi-sei qui sont revenus de la bibliothèque. Ils ont dans leurs sac à dos des centaines de discs prit dans le centre de savoir. Les Hadi-sei ne posent pas de question au sujet de l'étranger. Ils savent que le Guide doit avoir ses raisons qui se justifient à eux-même. Ils marchent hors de la ville pour remonter sur leurs motos et de là voyager vers le Sud.

Quelques heures plus tard ils sont rejoins par les Hadi-sei de Newport qui ont pu copier les fichiers des archives du Baal Group. Unis, ils se mettent en route en direction des territoires australs des USP. Au loin ils peuvent voir le Soleil entra de se coucher. Là ou le ciel rougit, se trouve le Hanguk, leur mère et patrie. Le Guide regarde ce Soleil en étant envahi par du Heimweh. Ici, il sent les souvenirs d'une enfance douloureuse. Là, il peut toucher les délices de l'avenir. Ils roulent, ils avancent en ignorant que la Rostovie vient de lancer par la félonie l'assaut terrestre contre cette grande nation.
Amaski

Message par Amaski »

La Transfiguration du Chien

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Les USP sont envahies de tout part par les forces inhumaines de la Rostovie. Cet état de fait n'a pas été imposé par la valeur du soldat rostove mais par la traîtrise et perfidie de ce qui peut être vu comme un reste de gouvernement à Novgorod. Le Rostove n'a aucun honneur et par conséquence il ne sait vaincre loyalement. Il doit comme Hagen dans la Chanson des Nibelungen, trahir pour vaincre le preux guerrier. Les Etats-Unis de Pelabssa sont un Siegfried moderne, victime de la trahison raksas et rostove, luttant avec toute sa force contre un Hagen sans valeur. Mais les USP sont aussi une nation chrétienne. Fief de la cause protestante et catholique, les Etats-Unis sont un foyer de piété face à l’athéisme destructeur de l'URKR. Ils sont un mur de foi face à la barbare mongole venue de l'Alméra orientale. Dieu préserve le Monde si le mur tombe car alors aucune nation sera sauve. Le monde connaîtra le règne douloureux de l'Antichrist, créature immonde qui peut qu'être rostove.

La Rostovie a tous les atouts de l'Antichrist. C'est dans son enceinte pourrie qu'est organisé le proxénétisme et la pédophilie mondiale violant la sainteté de tant de corps juvéniles et innocents. C'est la Rostovie qui cultive les drogues qui ruinent les corps et esprits des habitants du monde. Ses dirigeants s'épatent dans des cérémonies diaboliques ou ils copulent avec des enfants et des animaux. Ils mangent en excès et boivent mille nectars pendant que leurs esclaves-camarades sont tués au travail. Comme se serait bien que ces mots seraient une exagération ! Quel bonheur si ces accusations seraient mensongères ! Mais hélas, la réalité surpasse les horreurs décrit par nous. Le Marquis de Sade rougirait de honte en voyant les crimes rostoves. Lui, qui a écrit le livre le plus immonde d'Occident, ne serait tenir son regard face à tant de bestialité.

Mais les USP restent une terre créatrice. C'est dans leur enceinte que des grands hommes ont émergés en faveur de l'humanité. C'est dans ce berceau que se décide aujourd'hui l'avenir d'une nation bien loin du Vicaskaran. C'est un moment crucial pour l'histoire d'un peuple.

Dillon est une ville majeure des USP ou mieux dit l'était avant la guerre. Aujourd’hui elle est évacuée depuis longtemps. Autour de la cité existent des nombreuses collines dont une donne une vue spectaculaire sur l'océan. Un jeune makaran habillé en noir est allongé au sommet de la colline. Il observe les eaux lointaines rougis par le Soleil couchant. Ceci faisait une semaine qu'il était aux USP et alors que la guerre faisait rage, une tranquillité effroyable habitait ce lieu. Alors que les pays du monde mobilisent leurs troupes, il existe ce coin de paix et de sérénité entouré de combats et de souffrances. Le monde gagne en grandeur quand l'homme peut trouver son coin de paradis. Tout devient moins important et d'avantage superficiel. Le jeune homme admire le ciel. Il sent le vent caresser sa peau, les chatouillement tendre de l'herbe verdoyante et la chaleur légère du Soleil touchant son visage. Tout semble être paisible. C'est seulement au loin qu'on peut entendre un bruit sourd d'avion de combat. Malheureusement il semble manquer quelque chose. On n'entend pas d'oiseaux et aucun animal se manifeste dans ce lieu. Les bêtes semblent avoir senti le danger venant de l'Ouest. L'odeur des mongoles rostoves précédent leurs funestes actions.

Le docteur Kranz apparaît sur la colline. Il a enlevé sa blouse blanche car trop encombrante dans la nature et sans utilité réelle. Il avait aussi laissé ses lunettes dont les verres étaient brisées à Hellington. Étrangement, il semblait s'habituer à cette vision floue causée par l'absence de verres correcteurs. Non qu'il ne regrettait pas la vision claire et nette mais c'était une expérience intéressante pendant quelques jours. En voyant le Guide allongé sereinement sur le sommet, il ne put s'empêcher de prononcer une remarque qui rompit l'harmonie du moment.

- J'aurais jamais cru voir un jour un chef d'état assit sur une colline entra d'admirer le ciel pendant que le pays autour est mit à sang et à feu.

Le Guide tourna son regard vers Kranz. Il perçut l'ironie dans les propos du docteur et put que se contenter de répondre.

- Qu'est-ce qui vous dit que je suis un chef d'état ?

- Les Hadi-sei n'ont-ils pas prit les commandes de l'état de Hanguk? N'es-tu pas leur chef ? Ceci fait donc de toi un chef d'état. Il me semble que tu peines à assumer ceci.

Kranz s'assit à côté de lui et observa à son tour le ciel. Il dit alors.

- C'est vrai que le ciel est magnifique.

- Oui...Pour répondre à la question initiale, oui, je suis leur chef mais les décisions sont prises par le chapitre.

- Ceci est une bonne chose. L'histoire enseigne que les conseils de sages sont souvent les gouvernements les plus efficace. Néanmoins, ce n'est pas parce que le chapitre décide que tu n'as pas de rôle à jouer.

- A quel rôle vous faites référence ?

- Celui de chef qui consiste à diriger.

- Je n'ai nulle intention de me lancer dans cette voie. Il n'est nulle question d'affaiblir le chapitre. Ceci conduira inévitablement à une dictature et la Rostovie montre bien ou ça mène. La dictature transforme les hommes en animaux. Les dirigeants deviennent des loups et les dirigés des moutons. Je me garderais de quitter mon rôle de primus inter paris.

- Tu semble mal me comprendre. Quand je dis diriger, je ne parles pas d'imposer ton autorité au détriment du conseil. Ce que je veux dire c'est de servir de guide, être le complément du conseil en incarnant en une personne les décisions prises par le chapitre. En somme, faire le travail de chef d'état. Les humains ont besoin de voir une personne incarnée l'autorité étatique. Ceci les rassure et humanise le pouvoir. Personne te demande de décider en dehors du conseil mais d'incarner le chef que les gens ont besoin d'avoir.

- Cette idée ne me plaît pas.

- Je le sais, c'est un de principaux défauts de ceux ayant la douance. Vous vous montrez incapable d'assumer vos talents et en faites toujours le complexe de l'imposteur. Mais écoute-moi bien. Tu as beaucoup de talents. Ceci t'as été fatal durant ta jeunesse mais aujourd'hui, tu dois mettre ton intelligence au service de ton peuple. Pas en jouant le dictateur mais en proposant au chapitre des projets et politiques actives et innovantes. Tu dois parler au peuple en le servant de guide pour que la politique du chapitre puisse être accepté. Le conseil pourra décider mais s'il n'y a pas une personne pour incarner ces décisions, les gens seront tentés de les ignorer. Les peuples sont comme des familles. Il leur faut une mère à aimer qui est la patrie et un père à respecter qui est le chef d'état. Deviens le père de ta nation. C'est ainsi que vous pourrez reussir votre projet de créer une société réellement égalitaire.

Le guide ne répond pas à Kranz. Il se lève et se met à marcher vers le chemin qui descend la colline. Le docteur observe le ciel. Au fond de lui il savait qu'il avait remporté une victoire. Il le connaissait finalement bien. C'était à la fin toujours les mêmes problèmes avec ceux qui avaient la douance sauf que dans ce cas, il avait bien plus en jeu que des simples rapports personnels. Après quelques minutes, Kranz se leva à son tour. Le temps semblait venu de quitter les environs de la cité et se mettre en route pour rejoindre la FNUS. Il était devenu évident que les USP n'allaient pas tenir longtemps ou au moins pas dans un combat conventionnel. Il fallait donc éviter de tomber dans des combats entre les soldats des USP et du monstre mongole.

Le guide et Kranz ne parlèrent plus durant tout le trajet vers la FNUS qui dura plusieursjours. Le jeune makaran semblait perdu dans ses pensées. La vérité était qu'il réfléchissait intensément aux paroles du docteur et surtout à l'avenir. Son cerveau travaillait sur au moins une vingtaine d'idées en même temps allant d'idées de réformes politiques à des réflexions personnelles. Une vaste machine mentale s'était mise en marche et il lui arrivait vers le soir de souffrir d’atroces migraines que seul le sommeil pouvait calmer.
Amaski

Message par Amaski »

Le discours du Chien

[img]http://img15.hostingpics.net/thumbs/mini_922553fascia.png[/img]

Le Guide était de retour depuis deux jours de l'Est. Kranz et les Hadi-sei avaient pu trouver un navire partant depuis la Nouveau Monde en direction de Hanguk. C'était surtout un bon coup de chance que personne ne regrettait. Un commerçant de Goyang avait accosté dans ces terres et accepté de les prendre sur la route de retour. Comme quoi, on pouvait toujours compter sur les gens qui voyagent pour échanger des idées et des biens.

Le Guide avait beaucoup réfléchi durant le voyage dans le Nouveau Monde et il avait conclu qu'il lui revenait d'accomplir son rôle de chef. Kranz avait triomphé mais le psychologue s'en garda de faire quelconque manifestation de joie. Il profitait de la victoire de la raison comme on profite du triomphe du bien. C'est ainsi qu'il accepta la demande du conseil des Hadi-sei de faire un discours à la nation.

Au cœur de Yangpyeong il y a une grande place. Cette place servait comme place d'armes durant la guerre. Aujourd'hui elle fut bondé de monde venu écouter le discours du chef des Hadi-sei. On ne les avait pas forcés de venir. Il avait suffit de faire circuler l'annonce d'un discours et les gens arrivaient à l'heure convenue. Ils étaient attirés avant tout par la curiosité mais aussi le sentiment que ce moment pouvait s’inscrire dans l'Histoire. Autour de la place on avait mit des mats sur lesquels étaient hissés les drapeaux avec les [url=http://img15.hostingpics.net/pics/823458romanov.png]couleurs des Hadi-sei[/url]. Au fond de la place avait était construite une estrade en bois couvert d'une imitation de pierre.

Le Guide était nerveux. Il lui restait plus qu'un quart d'heure avant le discours. Il était assit sur le sol avec les jambes entrelacés. Il repassait dans son esprit à nouveau le discours qu'il avait lu au moins une vingtaine de fois. Chaque mot s'était gravé dans son esprit comme dans du marbre romain. Mais il craignait le moment de parler. Des fautes qu'il pourrait faire. L'homme politique cédait face au jeune enfant apeuré.

Il arrêta de penser au discours. Son cerveau s'emballait trop. C'est alors qu'il se souvenait de son enfance. Ces souvenirs s'imposaient. Il ne put les empêcher de surgir. Il croyait entendre le bruit de la porte qu'on avait fracasse il y a tant d'années, sa mère qui le prend et le cache dans un armoire pendant que des hommes en uniforme brune fouillent l'appartement. C'était quand ils vivaient au Nord. Là ou ils étaient que des immigrants, des étrangers à mépriser. Les hommes le trouvèrent et ce fut la dernier fois qu'il vit ses parents. Il fut amené dans un camp dont il ignorait s'il existait encore. Là on l'enferma avec d'autres enfants dans une baraque froide et humide. Il devait avoir six ans. Peut être plus, peut être moins.

Des jours se passaient dans la peur et la faim jusqu'à ce que le docteur Kranz arriva. Il était à l'époque psychologue dans le camp et il se chargeait des enfants. Kranz le prit et l'amena dans une chambre chauffée isolé de l'autre côté du camp ou il passa plusieurs heures à faire des tests étranges avec des cubes et des exercices de mémoire. Le docteur prenait régulièrement note mais ne le parla pas. A la fin, il lui demanda de rester assit et sortit de la chambre. Curieux comme tous les enfants, il alla vers la porte et écouta ce qui se discutait de l'autre côté. Kranz parlait avec un officier de l'Armée. Il entendait Kranz dire le chiffre « 162 », et des mots comme « très haut potentiel ». L'officier semblait choqué et disait des mots comme « impossible » et « contraire à la théorie des races ». Quand il entendit Kranz s'approcher de la porte, il retourna au fond de la pièce. Le psychologue le ramena vers la baraque sans dire un mot mais avec le regard rempli de tristesse. Il ne le savait pas à l'époque mais l'officier avait ordonné qu'on l'exécute le jour suivant car il contredisait les théories racistes de l'époque.

La nuit, il était brusquement réveillé par un homme alors qu'il sommeillait avec les autres enfants sur la paille. C'était Kranz qui était près de lui et qui le força à se lever en le prenant par la main avec force. Il ne comprenait pas la raison de cette hâte et violence. Kranz lui dit qu'un mot :  silence. Il obéit. Les autres enfants continuaient de dormir pendant que Kranz le prit hors de la baraque. Ils sortirent rapidement du camp sous le regard amusé des gardes qui imaginaient le bon docteur prêt à commettre une barbarie dans les bois. Ce fut bien le contraire. Kranz ne fut pas porté par le vice mais par l'affection pure de l'homme chrétien pour l'enfant innocent. Par ce geste courageux, il sauva une jeune créature de la mort.

Kranz le fit monter dans sa voiture et à partir de là commença un long voyage à travers l'Alméra. Ils traversèrent des nombreux pays pour enfin arriver dans le pays le plus paisible de tous : le Numancia. C'est là que Kranz le mit dans un orphelinat pour les enfants sauvés des camps. Quelques années plus tard il découvrit que c'est lui qui les avaient fondés en secret. Le sauvetage de l'enfant qu'il fut n'était que le dernier d'une longue série d'actes de bonté.

Les souvenirs firent couler des larmes à celui qui était aujourd'hui un homme. C'est alors qu'il fut arraché de ses souvenirs par l'appel d'un Hadi-sei lui annonçant qu'il restait plus que trois minutes avant le discours. Il fit rapidement disparaître ses larmes et se leva. Le passé devait désormais se taire pour laisser place au futur. Il monta alors sur l'estrade.

La masse humaine vit le guide en uniforme noire apparaître et s'approcher du pupitre. Les Hadi-sei levaient leur bras gauche formant avec la main un poing. La masse fit de même. Des milliers de poing levés vers le ciel saluèrent le Guide. Il entama alors le discours tant attendu avec devant lui le peuple pour qui il devra se battre et en arrière les souvenirs d'une enfance de larmes et de sang. C'était ainsi que pour la première fois le monde entendit sa voix. Les micros au pupitre relayaient via la radio ses paroles à travers tout le pays.

Camarades,

Des années de souffrance et de terreur se terminent aujourd'hui. La guerre qui nous a divisée est finie grâce au sacrifice de toute une génération. Les traîtres qui ont fait perdurer le conflit se sont détruits entre eux. Leur sang scelle aujourd'hui cette paix tant désirée et si nécessaire. C'est en ce jour glorieux que nous pouvons regarder vers l'avant et aspirer à reconstruire notre nation sous le signe de la paix et de la prospérité.

Il y a mille choses à reconstruire. Tant de choses de notre héritage ont été détruits à cause de la méchanceté des hommes et l'avidité de quelques uns. Néanmoins nous ne devons pas désespérer face à la tâche qui nous attend. Nous sommes une nation unie et ce fait n'a point d'égal. Nos frontières imposés par la nature et l'Histoire nous offrent tout ce qui est nécessaire à la prospérité et le bien-être de chacun. Nous sommes unis derrière trois chaînes de montagnes retenant la barbarie en dehors de nos contrées. Louons l'Histoire pour nous avoir accordé ces grâces qui nous serviront à nous relever parmi les nations honorables.

Il y a trois vertus qui fondent la Nation moderne et qui doivent servir de piliers pour notre pays. La première est celle de l'Honneur. C'est ce qui différencie les humains des animaux. C'est cet ensemble de valeurs fondateurs de toute société qui offre aux peuples la ligne conductrice de leurs actions et hauts faits. Une nation qui ne met pas l'Honneur en tant que première de ses priorités n'en est point une. L'Honneur est un souffle sacré qui anime les peuples inertes de l'âge de pierre pour les conduire vers la lumière des siècles de civilisation. Nous célébrons donc l'Honneur en tant qu'essence de notre nation. C'est elle qui nous a fait grand dans le passé et le refera dans l'avenir.

La deuxième vertu est la Discipline. C'est elle qui permet aux humains de construire des merveilles et qui les rend bons même dans le haut âge. La Discipline c'est la source de l'éducation, des bonnes mœurs et de toutes les bienfaits de la race humaine. Sans discipline, les effets de l'éducation se défonts dans l'instant même qu'ils sont conférés. Les humains qui aspirent à la cohabitation entre pairs et à favoriser la bonté naturelle de l'homme doivent se soumettre à la discipline de la civilisation. Ils doivent refuser de se plier à tous leurs instincts en triant parmi eux les instincts bénéfiques et néfastes en leur temps et moment. C'est par l'éducation que nous pouvons apprendre aux enfants et jeunes la Discipline qui leur servira pour devenir des citoyens honorables et civilisés. La Discipline est le ciment qui unit les briques de l'Honneur.

La dernière des vertus est la Pureté. Chaque peuple, chaque humain doit maintenir son âme pure des pestilences étrangères. Le corps sacré de la patrie doit rejeter ce qui met en péril son intégrité, son histoire et sa culture. Chaque peuple à une âme particulière qu'il lui faut défendre par tous les moyens. L'impérialisme qui désire transposer une culture sur tous les autres peuples, est le pire des fléaux car nul bien peut provenir de cette profanation. Il ne peut pas avoir de tolérance envers ceux qui désirent voir la culture nationale amoindrie au profit d'une culture prétendue supérieure. Chaque nation a une culture qui lui est donné par une longue histoire et ainsi taillée sur mesure. La Pureté est un but constant et des plus difficiles à maintenir. C'est un devoir collectif que chacun, du plus petit au plus grand, doit mener avec zèle et conviction. L'Honneur, la Discipline et la Pureté sont les piliers de la nation moderne.

Si nous observons le Monde, nous pouvons constater que des pays prouvent chaque jour que l'absence de ces trois piliers conduit à la déchéance. Il y a ainsi la Rostovie ou ce qui en reste de cette nation aujourd'hui dissolue. Jadis la Rostovie était une nation honorable, disciplinée et pure mais depuis des nombreuses décennies elle croule dans la débauche matérialiste et l'adoration du fer et du cuivre.

Aujourd'hui, la Rostovie n'a plus d'honneurs. Elle attaque ses rivaux par fourberie, torture les faibles, menace et conspire en tout instant contre la décence humaine. On sait que Terienkov s'adonne à des orgies sexuelles et pratique la gloutonnerie, ses sbires n'en sont pas en reste. Cet homme incarne avec excellence tous les vices de l'absence de civilisation en Rostovie.

La Rostovie est aussi sans discipline car incapable de construire quoi que ce soit. Elle ne fait que détruire et dévorer dans un ouragan de chaos et de méchanceté les ressources de son sol et les corps de ses citoyens. Elle favorise la débauche sexuelle, la consommation de drogue et le viol des innocents par pure désir de plaisir semant ainsi la pestilence dans les âmes de son peuple. Les enfants, espoir de l'avenir, sont brûlés par le viol pour plaire des hommes aigris et sans sagesse. Les femmes, temple de la création, sont réduits à l'état d'esclave pour combler les hommes dont l'esprit n'est que stérilité.

Alors que l'enfant doit être instruit dans l'art de la discipline de soi et érodé de toute sauvagerie par l'amour de la mère et l'affection du père ; les Rostoves les vendent comme esclaves sexuels. La femme, cette créature sublime qui donne vie à tant de générations, n'est qu'un animal aux yeux de la Rostovie alors que tout homme devrait la honorer pour ses dons créateurs et sa nature douce et clémente. La femme et l'enfant sont l’avenir. Leur faire violence c'est faire violence au future et anéantir au peuple ses capacités de progresser. La Rostovie a détruit son avenir comme elle en a détruit son passé.

Ils sont aussi dépourvu de toute pureté. Clamant si fortement les vices pelabssiens, ils en ont adoptés des bien pires. Les sages et vieux sont exécutés car ils craignent la force de la foi d'un vieillard. Tous ceux qui honorent les ancêtres et leur Dieu sont condamnés car en Rostovie, tous ce qui est pure doit disparaître. Leur culture n'est qu'une ruine sans vie. Ils dévorent chaque jour d'avantage de ce qui reste de leur essence culturelle. Aujourd'hui, empoisonnez un fleuve et polluer le sol, et vous avez reconstruit toute la Rostovie. Il ne subsiste aucune foi, aucune littérature, aucune philosophie dans ce pays qui n'est qu'une succession d'usines et de camps de concentration.

Apprenons de ce peuple condamné et ne commettons pas les mêmes erreurs. Maintenant nous près des trois piliers de la Nation moderne et fuyons l'exemple de la Rostovie. L'homme ne saurait être réduit à l'état animal car la Providence lui ont insufflés le droit et besoin de grandir au-delà de sa condition native. C'est par ces mots que je conclus ce discours car il ne saurait vous être imposé d'écouter d'avantage qu'un homme de sagesse saurait dire en une occasion.


Amaski

Message par Amaski »

La guerre contre la Main noire

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Le monde est face à son plus grand défi. A nouveau la Rostovie menaca l'intégrité humaine. Jadis c'était Kirov qui était perçu comme un danger mortel pour l'Humanité. C'est alors que Kirov disparu et on eut un certain soulangement. Ne fut-on pas convaincu qu'une ère meilleure allait émerger de sa disparition? Mais c'est alors que Terienkov prit le pouvoir et les choses s'aggravèrent. Ce fut que lentement que Terienkov étendit son pouvoir. Il avait adopté une constance et une perfidie similaire à un cancer. Aujourd'hui le Monde était avec le dos au mur et jamais il avait été moins bien préparé. Les grands héros qui avaient lutés contre Kirov n'étaient plus là. Le Wapong qui avait été longtemps le champion des peuples libres ne fut plus actif sur le plan diplomatique. Cette colossale énergie disparaissait de la scène diplomatique. Ce qui restait fut un pitoyable état. La Main noir progressait toujours et cette fois de manière plus dramatique que jamais. Les USP étaient envahis et il semblait difficile de retourner la fortuna en faveur des Etats-Unis.

Dans une petit chambre du temple central de Yangpyeong se trouvait trois personnes. Il avait parmi eux le professeur Kranz habillé dans des vêtements traditionnels du Hanguk. Il s'était rapidement accoutumé au pays laissant avec aisance en arrière les coutumes du Nouveau Monde. La deuxième personne présente était Wei Shen, le guide de la République. Il se tenait assis devant ce qui était une projection holographique du monde sous forme d'une sphère. L'appareil qui permettait la prouesse venait du Wapong. Une des dernières grandes inventions de ce petit peuple au grand génie. La troisième personne présente était un jeune psycho-historien nommé Chung Wong. Il avait eu des cours avec Hari Sheldon. Encore une belle époque révolue. Il avait vraiment un air de décadence ces dernières années.

Le guide prit en premier la parole en regardant vers la zone noire au Nord-est de l'Alméra.

- Quelles sont les nouvelles de Saratova ?

Chung Wong observa à son tour le globe et dit.

- Mon équipe essaye toujours de la contacter mais c'est difficile. Nous suspectons qu'elle se trouve actuellement au Makengo mais vu la dimension de cette contrée, ça revient à chercher une aiguille dans un tas de foin.

Un court silence s'installa. Wei répliqua.

- Continuez à essayer. Vous savez comme moi que nous devons tenter de forger une alliance avec elle. Il faut tenter de favoriser la formation d'un gouvernement rostove exile. En cas ou l'URKR s'écroule, nous devons éviter qu'un autre Terienkov prenne le pouvoir. Saratova rempli le profil d'un leader qui unit le charisme et la tradition. En somme, la Rostovie pourrait l'accepter comme guide sur moyen terme.

Kranz prit à son tour la parole.

- Peut être mais nous devons trouver Saratova et à être franc, je vois mal confier un état si militarisé que la Rostovie à une jeune pucelle qui parle avec une créature imaginaire.

- Adolphe, vous devriez savoir comme moi que cette créature imaginaire a animé les hommes de commettre des bienfaits et horreurs sans comparaison. Dieu, qu'il existe ou pas, doit être prit en compte. S'il existe réellement, nous lui devons respect. Si non, nous devons du respect à la foi qu'il inspire aux humains. Il n'y a pas de plus puissant homme que celui qui croit qu'il vivra éternellement. Le Dieu chrétien en enlevant la peur de la mort a donné à des fidèles une force extraordinaire : celle du martyre. Saratova n'a ni armes ni argent mais elle a la foi. Elle est une puissance politique et faute d'alternative, elle est notre seule option actuellement pour créer un gouvernement rostove qui n'a pas pour ambition l'extermination de la race humaine. Voyons les choses en face. Nous ne pouvons pas anéantir la Rostovie. Essayons donc au moins de la convertir. Entre temps si Saratova reste absente, nous pouvons essayer d'affaiblir la Main noire en commencant par ca.

Wei appuya son doigt sur le territoire du Juvna qui s'agrandit et offrit une vue d'ensemble sur le canal du Juvna. Une puissante fosse rectiligne ravitaillant la Grande Babylone avec tous les horreurs et vices. Les deux autres admirent le canal, un ouvrage monumental qui datait de la Belle Epoque. Le guide reprit.

- Le Canal du Juvna est probablement un des grands ouvrages de l'ère contemporaine. Il est aussi la principale source de puissance de la Main noire. C'est par lui que passe la majeure partie des importations de la Rostovie. Par là que passent ses flottes. Le Canal est comme la colonne vertébrale : un centre d'échange incontournable. Il n'y a pas de hasard que l'ascension de la Main noire coïncide avec la fin de la construction du canal. C'est donc logiquement là que nous pourrons porter un sérieux coup à la Main noire. La destruction du canal est possible. Je dirais même que c'est une chose aisée vu le trafique qu'y règne. Le problème est de trouver une solution définitive. On peut boucher le canal pour quelques jours ou semaines mais le seul moyen de le bloquer définitivement c'est de le rendre infranchissable ce qui signifie de l'atomiser. Si nous voulons porter un coup sérieux à la Main noire, nous devons convaincre une puissance nucléaire de nous livrer une charge atomique. Je pense à l'Eran ou au Schessien. Nous infiltrerons la charge au Juvna par navire et la ferons exploser une fois au centre du canal. Le Canal du Juvna deviendra un No-Man's Land. Le commerce deviendra impossible ce qui sur moyen terme devrait nuire l'économie de guerre rostove voir même favoriser des pénuries qui peuvent peut être conduire à des émeutes. Le hic est d'avoir une bombe atomique. Il faudra beaucoup de travail de persuasion.

Kranz regarda le canal. Il se disait que ce pouvait marcher...au moins pour quelques mois. Il commenta alors le plan.

- Les Rostoves ne risquent pas d'intercepter la charge ?

- Une charge nucléaire peut être caché dans un container. Savez-vous combien de containers passent par ce canal chaque jour ? Croyez-vous qu'ils contrôlent seulement un pour cent de ceux-ci ? Même si la charge serait trouvé, on la fera alors exploser sur place donc dans les barrages du Canal du Juvna. Le dommage sera suffisant pour bloquer le canal. La radioactivité réglera le cas de ce que le souffle n'aura pas détruit. Le but n'est pas de détruire des vies inutilement mais d'arrracher à la Main noir son cœur.

- Je suis dubitatif concernant ce projet.

- Vous faites bien. C'est un projet dangereux mais c'est le projet qui nous offre les meilleures chances de précipiter la chute de la Main noire voir de permettre d'affaiblir cette sombre organisation. Si on ne peut pas détruire le canal, nous pourrons toujours soutenir des mouvements de résistance aux USP et dans les républiques de l'URKR. L'URKR englobe quatre grands pays soumis à la Rostovie. En jouant sur le nationalisme, nous pourrions permettre que le nationalisme croit dans ces républiques au point de préparer des soulèvements contre Novgorod. L'URKR est un géant aux pieds d'argile et comme tout géant, un bon déséquilibre le peut faire tomber. Il est temps de faire Ippon à la Main noire.
Amaski

Message par Amaski »

QUATRE HISTOIRES SUR LE POUVOIR

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Il y a fort longtemps quelque part au Nord de l'Alméra

Une lumière jaunâtre brillait dans l'obscurité. Ce fut une petite lueur dans une nuit sombre comme l'encre la plus noire. Elle s’avança rapidement à travers des colonnes d’obscurités. Ici et là on pouvait entendre des pas s’enfoncer dans une neige que la nuit cachait. Une odeur de froid fut dans l'air. Le spectateur pouvait sentir sur sa peau de la neige devenir de l'eau. La Lune fut un disque noir, spectacle aussi diabolique que cette contrée. La lumière a quitté cette terre hantée par des esprits démoniaques. C'est bien avant l'émergence de la Main noire. Une époque ou l'horreur humaine se cantonnait aux glaces du Nord et n'avait pas envahie le monde comme un cancer.

La lumière continua son chemin. Le spectateur qui s'approche peut reconnaître qu'elle provient d'une lanterne tenue par un vieil homme. Il s’avança habillé avec un manteau noire et cachant son visage derrière une écharpe en laine brune. Il a pour couvre-chef un chapeau noir. Il marche à vif allure, conscient du pêché qu'il s'apprêtait à faire. Ce n'était pas un pêché médiéval mais des temps modernes. Il allait se soulever contre l'horreur de l'état moderne, violant le dogme de la haine et les dix commandements de la déchéance. Il n'agissait pas par foi. Il n'en avait pas. Comment croire à un dieu miséricordieux en un monde rempli de telles horreurs ? Il continua sa marche. Au loin on pouvait voir des miradors et fils barbelés apparaître. Le camp de concentration ne fut pas loin. Au sommet des miradors flottait le drapeau de tous les crimes et de l'agonie des peuples. Le drapeau fut tâché du sang de peuples bien plus nobles. Il fut alourdi par la folie des grandeurs et l'impérialisme territorial. Ce drapeau, ce fut celui de l'Alméra, un continent maudit et barbare.

Des soldats patrouillaient autour du camp. Ils portaient des uniformes grises. Leurs yeux bleus dévoilent la perversion de leurs corps sans âmes. Leurs cheveux blonds indiquent mille ans d'inceste des plus féroces. Leur peau et aussi blanc que leur esprit vierge de toute civilisation. Ce sont des almérans, des barbares modernes. Ils ont inventé le feu du canon mais ne savent pas l'user pour le bien. Ils se disent d'être la race supérieure mais n'ont de supérieur que leur arrogance sans fin. Ils sont dépourvus des valeurs humaines. Ils prétendent être héritiers de l'Histoire. Mais de quelle histoire ? Des Goths qui ont dévastés des grandes cités ? Des Huns qui ont mit l'Europe à feu et à sang ? Ils pensent qu'il suffit d'inventer l'électricité pour être civilisé. Nenni, ce ne sont pas les faits qui rendent l'homme civilisé mais son esprit. Il y a sans aucun doute plus de civilisation dans le plus misérable des villages du Zanyane que dans toute l'Alméra.

Le vieillard s'approcha de l'entrée du camp. Les soldats en poste saluaient l'étranger avec les mots suivants « Guten Abend Herr Doktor ! » [Bonsoir Monsieur le Docteur]. Il fit un signe de tête envers les hommes de crime. Il n'avait pas de temps à perdre. Il alla vers une des baraques. Elle fut fermée depuis l’extérieur par un verrou. Il mit son oreille à la porte. Il n'entendit rien. Serait-il venu trop tard ? Il leva le verrou et ouvrit la porte. Il porta sa main à sa bouche, serrant près d'elle son écharpe. Au sol gisaient une cinquantaine d'enfants vêtues dans des draps gris et sales. Ce furent surtout des enfants d’extrême orient.

Il entendit des pas depuis l'extérieur. Il se retourna et vit un jeune médecin à la porte. Il ne devait pas avoir plus de trente ans. Il portait une blouse blanche sur laquelle le regard attentif pouvait déceler des petites gouttes de sang ici et par là. Ses yeux bleu regardaient le vieillard. Le jeune lui dit alors : « Ah, Herr Doktor ! Sie kommen um die Kinder zu sehen ! Nun, leider scheint ihnen das eingespritzte Plutonium nicht bekommen zu sein. Nicht verwunderlich. Was soll man schon mit Untermenschen tun ? Nicht wahr, Herr Doktor ? » [Ah Monsieur le Docteur ! Vous venez voir les enfants ? Il semble que l'injection de plutonium leur ait été fatal. Ce n'est pas surprenant. Que peut-on faire autre avec des sous-hommes ? N'est-ce pas Monsieur le Docteur?] . Un sourire bestial s'afficha sur le visage du jeune sot. Le vieil homme entendit soudainement un bruit. Ce fut un bruit léger, comme celui d'un souffle entra de s'éteindre. Il s'approcha d'un des gamins. Parmi ces corps morts, il y a un qui vivotait. Son corps fut sécoué par des petits spasmes. Le vieillard posa sa main sur le front du petit. Il brûlait mais il vivait. Le feu de la vie l'animait. Le char ardent d'Odin traversait le corps de cette jeune vie. Le Saint-esprit enflammait l'âme juvénile.

Le jeune bourreau, intrigué, entra dans la pièce et observait l'enfant encore vivant. « Nicht möglich ! » [Pas possible!], voilà les paroles qu'il fut forcé de prononcer. La nature, cette créature moqueuse, défie l'horreur humaine. « Wie konnte er das Plutonium überleben ! » [Comment a-t-il pu survivre au plutonium?], devait-il encore prononcer. Le jeune médecin recula d'un pas pour s'exposer au vent glacial régnant dehors. Il sentit qu'il affrontait une puissance supérieure, plus grande que Dieu, plus glorieuse que l'Etat fasciste: la nature.

Gaïa semblait se tenir dans la pièce. Elle, la mère de toute chose, pouvait bien observer le bourreau. Son regard disant : « Voyez ! Vous qui osez faire tant de mal. Tous vos poisons ne peuvent pas arrêter la vie. Vous pouvez tuer autant de juifs, noirs et orientaux que vous voulez, jamais vous pourrez sortir gagnant. Je vous condamne comme je condamne toutes les espèces qui ne vivent pas en harmonie avec moi. Vous serez inévitablement punis. » Gaïa ne fut pas là mais le jeune médecin sentit une action qui dépasse son raisonnement.

Voilà ce qui arrive à l'esprit alméran, tellement coutumier de sa science. Il n'est plus adapté à accepter la vérité. A quoi bon les tableaux périodiques si vous fermez votre esprit au miracle de la vie ? Vous pouvez calculer et observer des atomes mais jamais vous pourrez saisir la force miraculeuse de la vie car la nature est plus qu'une somme d'atomes. Elle est un ensemble supérieur qui est la multiplication de tous ses éléments vers une nouvelle chose. L’Orient à cet avantage sur l'Occident, il accepte les forces inconnues comme faisant intégralement parties du monde. Il y a dans l'esprit oriental toujours une place pour le miraculeux alors que l'esprit alméran est complètement fermé à la contemplation de la chose supérieure.

Le vieil homme se pencha et prit le petit dans ses bras. Un souffle maigre exalta de ce corps si jeune mais déjà tellement meurtri. L'homme au cœur pur s'adressa alors au jeune criminel, le ton dur et autoritaire. « Ich nehme ihn mit » [Je le prends avec]. Le sourire revient sur les lèvres du jeune médecin. Voilà une chose qui lui semblait familier. Certainement qu'il allait étudier ce cas et trouver une solution bien rationnelle qui puisse être saisi par un esprit alméran. Le vieillard quitta la baraque laissant le médecin malhonnête sur place. Dehors les gardes continuaient de faire leurs rondes. On pouvait au loin entendre une radio diffusant une musique militaire de mauvais goût. Une piètre copie de la musique du début du 20ème siècle. Entre les baraques traînaient des chiens de garde, les êtres les plus humains parmi le corps de sécurité du camp de concentration. Les chiens reniflaient le sol, bougeant des fois, sans réelle méchanceté, leurs queues. Le vieil homme s'avanca. Il tint dans une main sa lanterne qu'il avait repris à l'entrée de la baraque. Le petit fut posé sur son épaule droite. Il s'avanca vers la sortie du camp ou il fut salué par des sourires de mauvais goût de la part des gardes. Il les ignora. L'homme saint ignore les pensées des pêcheurs. Il quitta ainsi le camp de concentration comme jadis le fit Aeneas fuyant la Troie condamnée. Mais cette fois c'est à un vieillard de porter un jeune et non l'inverse.

Ils disparaissaient dans l'obscurité reprenant le chemin entre les colonnes d'ombres. Le spectateur s'éloigne pour pouvoir à la fin uniquement voir la lueur de la lanterne disparaître dans la nuit. Personne ne le sait, mais l'histoire vient d'être changée. Le vieillard emporte l'enfant atomique loin de la puissance nordique.

Astara durant la chute de la Coopération

Mikpur était sous bombardement depuis trois heures. Les salves ne cessaient de tomber sur la cité, jadis centre touristique de l’île. Hôtels et restaurants brûlaient. Les banques tremblaient aux coups d'obus qui les harcelaient. Les gens couraient dans les rues, tentant de rejoindre leurs voitures pour quitter cette cité. Au large on pouvait voir des centaines de barques s'approcher de la côte. Les communistes étaient en approche. Des dizaines de milliers. Un tiers du monde s'était ligué contre une petite île et l’île résistait férocement. Mais la guerre était perdue, bientôt le chaos politique mettra fin à cette entreprise-état que fut la Cooperation. Peut une entreprise prendre le contrôle d'un état ? Oui. Peut-elle tenir sur long terme ? Non. Voilà ce que la Coopération avait offerte comme réponses.

Ajit Kalambaden était assis dans sa limousine qui roulait à toute vitesse. Il tenait sur ses genoux un porte-document noir. Ce porte-document contenait toutes les informations top secret de la Coopération. Le savoir obscure d'une entreprise qui avait mangé un état mort durant le désastre de l’éruption du volcan Erepa. Des décennies de secrets réunis dans un porte-document en cas ou le pire arriverait. Et le pire fut aux portes. Le communisme débarquait. La voiture quittait le Mikpur bombardé. Le président de la Coopération savait que tout était fichu. L'armée astaranne pourrait au mieux ralentir la chute mais rien d'autre. L'ile avait pu tenir en jouant sur la peur de ses rivaux de faire un débarquement amphibien. Son aviation avait fait des miracles en détruisant des navires ennemis. Comme jadis la RAF, elle avait servie avec honneur pour défendre la patrie. « Our finest hour » pour citer Churchill, trouvait tout son sens ici. Mais au contraire de son homologue anglaise, l'Astara n'avait pas pu empêcher le débarquement des forces socialistes. Nazis ou communistes, peu de différence pour ceux qui aspiraient à vivre en liberté.

Tout avait mal tourné. Le début du désastre fut le lancement du programme « Second Homeland ». L'Astara vivait sous la peur constante d'une nouvelle éruption d'Erepa. Une nouvelle fois des millions de vies allaient mourir sur une île ou il n'avait pas de refuge. A nouveau un désastre urbain et agricole. La Coopération avait alors trouvée la solution. Annexer l'ile située au Altevum du Sud pour établir un lieu de refuge si le volcan exploserait à nouveau. Erepa pouvait exploser, on ferait transférer les réfugies vers l'Eone pour y reconstruire l'agriculture et ainsi éviter à nouveau la décennie de famine de la dernière fois. Mais les pays communistes et le Wapong avaient profité pour déclarer la guerre à l'Astara. Au Wapong les astarans se faisaient massacrés comme des animaux. Il n'y a pas de pire rival pour un état ultralibéral qu'un autre état ultralibéral. Pas d'alliance plus naturelle que le communisme et l'ultra-libéralisme oriental.

La limousine roulait toujours à grande allure. Il faisait nuit et les phares de la voiture présidentielle étaient les seules repères lumineux sur l'autoroute. Au loin on voyait une lueur qui était produite par les obus mettant des édifices en feu à Mikpur. L'autoroute avait été fermée pour permettre au président de fuir la ville. L'individualisme prôné par la Coopération trouvé ici son comble. Mais soudainement apparu une nouvelle lumière sur la route. Loin en arrière de la limousine s’avança à vive allure un phare. Le bruit d'une moto résonnait à l'extérieur ce qu'Ajit Kalambaden ne pouvait entendre. Le chauffeur par contre voyait dans le rétroviseur le phare approchant. Indistinctement il accéléra. Il sentait que ceci n'était pas normal et au contraire pouvait qu'annoncer du malheur.

La moto accéléra à son tour. Une femme se tenait dessus, son visage caché par le casque noir qu'elle portait. C'était la même personne que celle qui allait quelques années plus tard faire la rencontre avec Wei. La limousine pouvait accélérer autant qu'elle voulait. Une moto avait l'avantage d'être plus rapide avec moins de puissance de moteur. Le moteur d'une voiture devait pousser presque une tonne de matériaux alors que celui d'une moto poussait que le minimum. La moto était en matière de vitesse toujours gagnante. Quand elle fut assez proche, elle sortit son pistolet. L'arme projetait un laser rouge qui le permit de déterminer le lieu d'impact de la balle. Elle visa une des roues arrières du véhicule. Elle tira. Un bruit de caoutchouc explosé résonnait. Elle visait la deuxième roue et tira à nouveau. Le bruit se répéta et la voiture commença à se déstabiliser.

Le chauffeur tenta de son mieux pour contrôler le véhicule mais rien n'était à faire. La limousine fonça à pleine vitesse contre les bords de l'autoroute, brisa la bordure et se jeta contre un arbre voisin. Le chauffeur trépassa sur le coup. Ajit Kalambaden, secoué et blessé au bras, comprit vite le danger et tenta d'ouvrir la porte. Déformée par l'impact, elle coinçait. Il appuya avec son corps pour la faire finalement céder. A l'air, il prit le porte-document et regarda autour de lui. En haut il pouvait voir le phare de la moto arrêté. Il courra alors dans la forêt. Il savait qu'il devait fuir comme le savent tous les animaux traqués.

Il courra de toutes ses forces. Ça faisait des années qu'il n'en avait plus fait un tel effort physique. Il pouvait entendre des pas derrière lui. Non, se disait-il. Il ne devait pas être rattrapé. Il devait trouver une cachette. Le voilà donc, lui qui avait tant de pouvoir, réduit à l'état d'un animal qui cherche à survivre. L'ironie des dieux est cruelle mais pas sans pitié. La justice arrive souvent dans les moments ou on s'attend le moins à l'avoir lieu. Soudainement une douleur aiguë marqua sa jambe droite. Il ne pouvait plus l'avancer et s'écrouler au sol. Du sang jaillissait de sa jambe. Il était touché. Il vit alors un femme vêtue dans une uniforme noire s'approcher de lui. Elle tenait dans sa main gauche un pistolet en argent qui brillait sous la Lune. Arrivée face à lui, elle lui dit « Bonsoir Monsieur le Président. Permettez-moi de vous libérer de ce poids ». Elle se pencha et prit le porte-document noir. Kalambaden put que protester en disant « Vous n'en avez pas le droit ! ». La femme afficha un léger sourire qui dans un autre contexte aurait pu être séduisant. Elle lui répliqua « Le droit ? Le droit, Monsieur le Président, vous devriez le savoir, se fait respecter et ne s'impose pas. Peut être nous ne nous en aurions jamais rencontré si vous auriez mieux compris cette leçon  ». Elle posa le porte-document sur le sol et tira sur la serrure avec l'aide de son pistolet. La serrure explosa en mille morceaux permettant d'accéder aux secrets de la Coopération. Avec le pied elle ouvrit le porte-document. Dedans se trouvaient des dizaines de chemises en carton avec à l'intérieur des documents de toute nature. Soudainement elle se retourna et tira sur Ajit Kalambaden qui s'écroula sur le sol. Un trou rouge-noir marqua son front. Il y avait une odeur de cervelle brûlée qui commençait de hanter l'air. Elle ignorait ceci et se mit à genoux pour fouiller le porte-document. Elle prit une chemise en carton portant l'inscription « Projekt zur Plutonium-Immunität » [Projet pour l'immunité au plutonium] et le mit dans un petit sac à dos noire qu'elle portait. Elle ferma le porte-document et alla vers l'intérieur de la forêt. Là, elle amena des branches pour former un feu dans lequel elle jeta le porte-document. Elle observa les flammes entra de dévorer les secrets de la Coopération. Les Hadi-sei n'avait aucune utilité pour ce savoir occulte. Autant le faire disparaître pour le bien de tous.

Elle quitta la forêt pour remonter sur la moto. Sans aucun doute qu'on enverra bientôt des forces pour enquêter sur ce qui était devenu le président. Roulant à pleine vitesse, elle quitta le secteur pour se diriger en direction de Lavenpur depuis ou elle pourrait rejoindre la zone interdite. De toute facon le chaos prendra bientôt possession du pays. Autant se retirer dans un endroit ou personne osera s'aventurer. Si on pouvait être certain d'une chose, c'était la peur des astarans du volcan Erepa. Il lui fallu six jours pour faire le trajet mais au septième jour elle pu se reposer au bord de l'Altevum dans l'ancienne capitale de l’île. C'était une terre vierge et personne aurait pu imaginer que des milliers de soldats étaient entra de se battre à Mikpur et dans le reste de l'ile. Elle profita du levée du Soleil pour lire le document prit au président astaran. Elle tomba alors sur le fichier d'un adolescent. Elle lu le nom. Le spectateur peut voir le nom en question : Wei Isaac Shen.

Il y quelques années en Alméra du Sud

« Mas rapido, Wei ! » [Plus vite, Wei], ordonna le maître Yakami. Le maître de judo se tenait débout en kimono blanc, la ceinture noire entourant sa taille. Il n'avait pas de cheveux mais une fin barbe blanche. Une goutte de sueur coula de son crâne vers le bas. A ses pieds se tenait un jeune adolescent en nage. Ses cheveux noirs trempés et traits orientaux porteraient n'importe qui à lui donner des origines makarans. Le maître observa le jeune avec un regard rempli de la dureté d'un prof mais en même temps l'amitié d'un maître. Wei se releva rapidement. Ils s’entraînaien les deux depuis cinq minutes sans que le jeune ait pu parvenir à faire chuter maître Yakami. L'ancien maître lui dit alors. « Eres demasiado lento, Wei. Piensas demasiado. El judo es una question d'instincto no de reflexion. Ya has visto luchar a los peros ? [Tu es trop lent, Wei. Tu penses trop. Le judo est une question d'instinct et non de réflexion. Tu as déjà les chiens se battre]». Wei lui répondit, encore essoufflé «Si » [Oui]. Maître Yakami secoua la tête. « Los habras visto luchar pero no los habras observado. Los peros son unos adversarios peligrosos. Porqe ? La razon es que les peros no piensan lo que hacen. Siguen sus instinctos » [Tu les auras vu mais pas observé. Les chiens sont des adversaires dangereux. Pourquoi ? Car ils ne pensent pas à leurs actions. Ils suivent leurs instincts]. Le maître s'inclina devant Wei qui retourna alors parmi les autres élèves. Ils étaient une trentaine alignés au fond de la salle avec sur le mur devant eux un portrait de Jigoro Kano. Maître Yakami s'approcha d'eux et s'assit en étant suivi par ses élèves. Il s'inclina alors. Les élèves firent de même. Tout le monde se leva ensuite.

Un quart d'heure plus tard Wei sortit du dojo et s'engagea sur le trottoir de la capitale du royaume latin. Soudainement il vit le maître Yakami, habillé d'un manteau brun devant la vitrine d'un magasin. Le jeune s'approcha du maître et constata qu'il observait une des télévisions dans la vitrine diffusant les nouvelles. Wei lui demanda « Que pasa ? » [Qu'arrive-t-il?]. Le maître leva son regard vers le jeune et lui dit avec un petit sourire « Götterdämmerung, Wei, Götterdämmerung... ». Yakami reprit sa route en laissant Wei sur place. Le jeune regarda alors à son tour la télévision. On pouvait voir un ciel rempli de lignes crises laissant une traînée blanche derrière elles avec le sous-titre : The United States launched their attack on the Rike. Soudainement il entendiz des gens lever la voix et pointer vers le ciel. Il quitta la télévision des yeux et fit un pas vers la route pour pouvoir lever sa tête vers le haut. Une vingtaine de missiles volaient dans le ciel en direction du Nord. Ils devaient avoir été lancés depuis des sous-marins stationnés dans l'océan d'Altevum. Il se dit à lui-même dans une langue qu'il avait cru oublier « Fliegt, fliegt nur und tut euer Werk» [Voler, voler et accomplissez votre destinée].

Il reprit son chemin pour se diriger vers un petit café situé au coin de la rue. Il prit place dans un coin d’où il avait une bonne vue sur la télévision qui diffusait en permanence les évolutions sur la guerre contre le Lochlann. Il était fasciné par ce qu'il voyait. Il y avait dans cette horreur un côté soulageant. Le Rike était entra de disparaître à jamais. Fini les génocides au Negerlann. Fini les horreurs produits par un régime sans cœur ni foi. Il ne savait pas à l'époque que l'Humanité n'avait pas affronté sa pire menace. Quelque chose de plus terrible naîtra des ruines du Lochlann. Un cancer encore plus dangereux pour l'avenir de l'Humanité. Les mêmes États-Unis qui triomphaient aujourd'hui sur le Lochlann, allait sombrer par la main du successeur du Rike situé bien plus à l'Est. Terienkov remplacera le Rike dans son horreur en portant la cruauté à un nouveau zénith. Mais comme le Rike, la Main noire sombrera. Elle pouvait remporter des victoires mais sur long terme, elle n'avait aucune chance de survie. Le peuple rostove était au bout de souffle et n'allait probablement pas voir la prochaine décennie.

Dans le café, Wei pouvait entendre beaucoup de gens applaudir les images des cités du Lochlann gazées. Il y avait une unanimité dans la dénonciation du Mal qui manque en notre époque. C'était la victoire de l'humanité sur la déraison de l'Alméra du Nord. C'était une belle journée. Aux boissons suivaient les fêtes. Wei quitta assez rapidement le bar, se sentant mal aise parmi tant de gens et les images de la fin du Lochlann. Dans les rues il avait une grande agitation. Les gens parlaient entre eux sur l'attaque réussie contre le Lochlann. Certains trouvaient qu'on s'était débarrassé d'un vieux danger, d'autres opinaient que les actions des USP ne pouvaient pas être approuvés. Mais à la fin, on ne parlait que de ça. Passant sur une des places majeures de la capitale, Wei pouvait voir des universitaires entra de brûler des drapeaux du Rike et des images du Stjör. Il avait toute une violence symbolique qui se déchaînait contre le fascisme du Nord maintenant qu'il n'était plus un danger réel.

Il n'avait pas envie de retourner à orphelinat. Ils allaient sans aucun doute parler uniquement de la destruction du Lochlann ou d'autres sujets qui l'ennuyaient profondément. Ne sachant pas quoi faire, il alla vers un petit parc près de la place. Arrivé là, il se bougea en direction du banc le plus près pour s'y asseoir. Il y sortit ensuite son walkman, un vieux modèle qu'il avait récupéré à la décharge et réparé. En cet même instant, dans un autre espace-temps, un homme s'approcha d'un phonographe. Il était de taille moyenne et portait une moustache carrée noire et bien soignée. Wei se mit les écouteurs dans les oreilles et appuya sur le bouton play déjà fortement usé. En même temps le nouveau chancelier de l'Allemagne mit son appareil en marche. La musique de Wagner résonna alors dans les deux mondes. Le chevauchée des valkyries noyait l'esprit des deux personnages dans un monde de sons et de pompe. Wagner, il n'avait pas meilleur compositeur que lui pour animer les âmes. Pour un, ce fut le début d'une entreprise de guerre pour l'autre...l'histoire seule saura juger ce que Wagner provoqua comme destin au deuxième protagoniste.

Le jeune makaran ne remarqua pas trois makarans à l'entrée du parc. Ils étaient deux hommes et une femme, vêtus de noir et visiblement originaire du Makara. Ils discutaient entre eux en regardant l'adolescent. Il y avait dans leurs yeux une lueur d'intérêt de ceux qui ont finalement trouvés ce qu'ils cherchaient. L'histoire n'a pas retenue leur conversation. Mais en fut-il nécessaire de le faire ? Le plus jeune des deux hommes avait un tatouage sur son avant-bras : un chien mordant un dragon. Le symbole semblait aux simples passants être un motif bien oriental mais ceux qui formaient parti de la fraternité savaient qu'il en avait d'avantage. Le dragon n'était rien d'autre que le roi du Hanguk abattu par les révolutionnaires représentés par le chien. Mais ce tatouage représentait qu'une partie de l'histoire. Le roi était bel et bien tombé mais la guerre civile qui en résultat durait toujours. Des millions de morts et trois villes atomisés par ce que le vieux roi avait su acquérir en armement nucléaire. C'était une histoire tragique qui demandait un héros, un issu de la race des anciens. Pas un Thiel dépressif et mourant mais un Herakles des temps modernes.

La femme quitta les deux hommes. Elle était vêtue d'une jupe et d'une chemise noire. Avec sa main droite elle tenait un parasol blanc qu'elle appuyait son son épaule. Bien de gens la regardait, trouvant son choix d'habillement étrange. C'était le but de l'attention, distraire l'attention en attirant tellement l'attention que personne saurait la reconnaître si elle s'habillerait autrement. Elle avanca en direction de Wei. Elle a fait ceci des nombreuses fois. Le recrutement de nouveaux agents était pour elle presque une routine même si, l'imprévu devait toujours être attendu. Tout pouvait arriver et l'esprit humain était une créature mystique qui s'animait pour un rien. S'approchant du banc, elle s'adressa à Wei et lui demanda dans le ton le plus naturel que possible « May I take a seat ? » [Puisse m'asseoir?]. Tout se jouait maintenant en cet instant, se disait-elle. Le jeune leva son regard et sortait les écouteurs de ses oreilles. Il lui répondit alors dans un anglais rouillé « Sure, be my guest» [Bien sûr]. Elle s'assit à côté de lui et ferma son parapluie. Elle sourit à l'intérieur d'elle-même, sachant que le plus dur fut réussit. Elle attendrait quelques secondes avant d'entamer la conversation et le reste irait de tout seul.

Le Soleil descendait lentement à l'horizon. La luminosité diminuait déjà un peu, pas perceptible pour l'humain mais assez marquant pour annoncer l'arrivée de la nuit. Dans quelques heures l'obscurité reprendra ses droits sur la ville et les arbres du parc deviendront des colonnes d'obscurité. Mais jusqu'à là Wei et la femme seront déjà loin. Wei ne retournera jamais à l'orphelinat. Ceci était une période désormais révolu maintenant qu'il allait inévitablement rejoindre les Hadi-sei.

Il y a pas si longtemps au Dogaba

Un Soleil brûlant trônait au-dessus de la ville de Toblerone, principal port du Dogaba. L'air était lourde et les gens fuyaient la chaleur en cherchant les ombres des arbres et des bâtiments. Les terrasses de la ville étaient bondées de gens buvant des boissons rafraîchissantes. Peu travaillaient cette journée. Mais comment leur en vouloir avec une telle canicule ? C'était la sagesse des peuples du Sud d'accepter la nature comme telle et s'adapter à elle. Les plus jeunes nageaient et jouaient au bord du fleuve, en se tenant à distance des crocodiles. Les plages étaient pour leur part envahis d'almérans venant chercher un peu de Soleil. Depuis que Mikpur avait été rasée, beaucoup de touristes de l'Alméra du Sud venaient au Dogaba.

Un couple s’avança à travers les rues de cette cité. Il y avait d'un côté une jeune femme makaranne qui se promenait habillée en noir avec un parasol blanc. Elle tenait le bras d'un jeune home makaran portant une casquette noire avec des lunettes de soleil. Tous les deux personnages sont connues. La première est la meurtrière du président Ajit Kalambaden et l'autre est celui qui dans quelques années dirigera le Hanguk. Ils ignorent les gens qui tournent leur tête, interrogé par ce drôle de couple. Surtout la femme interroge les gens. Mais elle s'enficha d'eux. Qu'ils regardent. Plus ils la voyaient, moins ils se souviendraient d'elle. Ils voient que ses habits et son parasol. Personne pense à se mémoriser ses traits de visage. Voilà la grande ironie. A force d'invoquer l'attention, on se rendait invisible. C'était la même technique que celle utilisée par les magiciens : distraire l'attention.

Ils arrivaient alors devant un petit restaurant. C'était un établissement offrant une bonne cuisine tarnoise. Il n'en avait pas beaucoup à l'extérieur de la Fédération mais leur rareté ne faisait qu'augmenter leur prestige. Toblerone offrait des endroits privilégiés en terme de gastronomie tarnoise. C'était surtout lié au commerce de charbon entre le Dogaba et la Fédération. Un vieux contrat qui unissait des pays peu connus pour leur stabilité politique. Le charbon partait vers la Fédération et la culture tarnoise venait à Toblerone. L'établissement avait des colonnes à l'extérieur et un toit en pagode. Un style bâtarde si familier à la civilisation tarnoise. La terrasse était presque vide. Il avait sous un grand parasol jaune un nameken d'une cinquantaine d'années. Il était vêtu d'une chemise blanche, pantalon noire et un chapeau typique des années trente. Il lisait un journal. De loin on pouvait lire le titre : The Borisk Times.

Wei et la femme s'approchèrent du namekan. La femme au parasol lui demanda de manière directe et sans aucune hésitation « Monsieur Sun, je présume ? ». Le namekan baissa le journal et regarda la makarane. Un sourire apparu sur ses lèvres. Il lui répondit « Voilà un nom dont j'ai perdu l'habitude de l'entendre. Prenez place ». Le namekan plia le journal et le posa sur la table en attendant que les deux Hadi-sei s'asseyaient. Il commenta alors les nouvelles « Triste affaire ce qui arrive dans la Fédération. Ceci me fait presque regretter d'être mort. Peut être que c'était trop tôt ». « Malheureusement on peut que rarement savoir les réelles conséquences de nos actions » dit l'agente. Gorun Sun sourit et répondit « Ceci est vrai. Mais dommage quand même. Je suppose donc que vous êtes venus pour que nous parlions sur votre pays ? ». La femme répliqua « Tout à fait. Comme vous savez, la guerre contre la Ligue fasciste tourne en défaveur du camp socialiste. Nous avons pu entendre que vous pourriez soutenir notre cause. Même mort, votre influence reste conséquence ». « C'est vrai que je ne suis pas sans influence. J'ai eu la sagesse de m'assurer des fonds pour avoir une influence conséquente dans le Baal Group. Il m'a simplement suffit de changer de nom et le tour fut joué. Personne suspectera un homme d'affaire vivant au Dogaba sans ambition politique de quoi ce soit. N'ayez pas d'ambition politique et personne se soucie de vous. Dans ce domaine, la Fédération ne change pas des autres pays. Mais pour vous répondre, je peux vous aider mais que pouvez-vous m'offrir ? ». La makarane lui dit « Nous pouvons une fois la guerre civile gagnée rembourser dix fois la valeur de votre aide. Il est aussi possible de vous donner des privilèges économiques ».

Gorun Sun secoua la tête en disant « L'argent ne m'intéresse pas. Il y a rien de plus facile qu'avoir de l'argent. Je pense à quelque chose de plus précieux : un passeport du Hanguk avec une nouvelle identité. Vous savez, je suis un homme prudent. Et bien évidemment l'immunité juridique si un jour je devrais venir m'installer dans votre pays ». La Hadi-sei réfléchit quelques secondes et après une courte hésitation dit « Parfait. Ceci nous convient. Que pouvez-vous nous offrir en échange ? ». Gorun fit apparaître un sourire léger sur ses lèvres. Il répondit à l'agente avec les paroles suivantes « L'accès au marché d'arme du Baal Group. Rien de révolutionnaire mais vous aurez toutes les armes dont vous aurez besoin. A crédit bien évidemment. Votre pays regorge de richesses naturelles. Ce ne devrait donc pas être un souci de rembourser ». L'agente voulut remercier l'ancien leader avant d'être interrompu par le leader qui levait sa main en signe d'arrêt. Il dit « Pas besoin de me remercier. Chacun gagne dans cette affaire. Néanmoins je voudrais bien parler avec votre collègue en privé. J'ai pu constaté qu'il n'a pas participé à notre conversation. Voudriez-vous aller faire un tour ? ». L'agente se sentait dans un premier instant insultée. Mais l'orgueil blessé céda vite à l'interrogation. Pourquoi voulait-il parler avec son apprenti ? Ne sachant pas comment refuser cette requête, elle se leva et alla faire quelques pas en étant armé de son fameux parasol blanc.

Gorun Sun tourna son regard vers Wei pour lui dire « Vous êtes bien Wei Isaac Sheen ? ». Le jeune homme répondit « Oui mais je n'ai pas coutume de porter le nom d'Isaac. Il me fut donné en mémoire de mon père ». Gorun lui raconta alors « Je pense bien que vous n'en avez pas coutume de le porter. Notre siècle est extrêmement défavorable aux juifs. Comme vous voyez, je me suis informé sur vous. Vous êtes quelqu'un d'intéressant. Je pense que nous nous ressemblons tous les deux ». « Avec tout le respect que je vous dois, je n'en vois pas ou nous avons des ressemblances » répliqua Wei. Gorun Sun sourit de nouveau et répondit « Oh, dans beaucoup de points. Vous parlez peu mais je sens en vous l'esprit d'un homme qui peut changer les choses. Je fus comme vous jadis. Un idéaliste prêts à tout sacrifier pour le plus grand bien. Mais sachez une chose : les humains sont que des humains. Donnez-leur à manger, à boire et quoi se déstresser, ils vous suivront jusqu'en enfer. Parlez-leur de l'égalité et la liberté, et ils vous mettront au pilori. Ceci peux sonner pessimiste mais c'est la réalité. Il faut accepter ceci pour à partir de ce constat travailler à l’élévation de l'homme ». Il fit une petite pause avant de reprendre son discours « Je vois en vous quelqu'un qui aura un rôle à jouer dans le future. Retenez donc trois conseils pour le jour ou vous aurez du pouvoir. Premier conseil : ne forcez jamais la nature humaine. Respectez là et vous aurez jamais à craindre une révolte. Deuxième conseil : assurez-vous que vos rivaux s’entre-tuent. Inutile de vouloir affrontez vos ennemis. Ceci les rendra que plus fort. Vous devez faire en sorte que les ennemis de vos ennemis fassent le travail pour vous. Mais si un jour vous devez affrontez vos ennemis, soyez sans pitié. Toute clémence se retournera contre vous. Troisième et dernier conseil : assurez-vous que votre intérêt soit uniquement le bien-être de votre population. Vos intérêts privés n'ont aucun droit d'existence à partir du moment ou vous exercez du pouvoir. Tout intérêt privé sera votre damnation. » Wei Shen avait écouté avec attention les conseils de Gorun Sun sans néanmoins comprendre l'intérêt de ceux-ci. Il n'était qu'un apprenti et il voyait aucune chance de pouvoir un jour exercez quelconque rôle politique. Il en avait sincèrement aucune envie. Le pouvoir lui était un élixir bien trop amère. Il répondit au vieux politicien « Je vous remercie pour vos bons conseils même si je crains jamais en pouvoir faire usage. J'en garderais néanmoins bon souvenir d'eux. » Gorun Sun le regarda avec des yeux du grand-père qui admire la naïveté du petit-fils. Il finit par commenter la réponse de Wei avec les paroles suivantes « Je pensais comme vous. Ceci ne m'a pas empêché de marcher avec cinquante compagnons à la conquête d'un des plus grands états du Vicaskaran. Vous verrez, le destin nous réserve plus qu'une surprise. Mais je ne vais pas vous retenir davantage. Retournez chez votre collègue mais n'oubliez pas mes conseils. Au détriment ce que vous croyez, vous en aurez bien besoin dans pas trop longtemps. » Wei Shen se leva alors et tourna le dos au vieil homme.

Sur l'autre côté de la route il voyait son instructrice entra de l'attendre. Elle faisait pivoter son parasol d'impatience. Il s’avança vers elle. Un pas. Un autre. Le sol changeait. L'asphalte céda au métal. La route commençait à se déformer. Le Soleil perdit de sa brillance et la chaleur chuta. Un air frais se leva et une odeur de kérosène se fit remarquer. L'instructrice changea de forme pour devenir plus grande et ses vêtements noirs cédait à un costume de haute couture. Ses traits devenait plus durs et déterminées. Wei Shen sentait alors sa main frôler le métal du bord d'un escalier métallique. Toblerone disparu. Il cessait de traverser la route de la ville et était désormais entra de descendre un escalier métallique avec derrière lui l'avion présidentiel. A la place de l'instructrice se tenait la Premier Ministre du Raksasa. L'air léger de Jiyuan remplaçait la chaleur écrasante de Toblerone. Une foule observait l'arrivé de sa délégation. Parmi tous ces gens, il reconnu un visage. Gorun Sun était là entra de sourire. Il leva un journal. C'était celui qu'il était entra de lire à leur première rencontre. Un autre homme se trouvait à côté de Gorun Sun. C'était un vieux alméran avec une barbe blanche et les yeux fatigués. Il souriait aussi. Il descendait l'escalier pour voir la Premier Ministre venir en son approche. Il lui tend la main et il la prend. Le voilà entra de saluer le dirigeant le plus puissant du monde en tant qu'invité. Bien de choses avaient changés depuis ce jour à Toblerone.
Amaski

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PRELUDE A LA GUERRE AU VIEK KONG : L'ORCHIDEE NOIRE

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Wei Shen se tenait débout devant une table en bois noir sur laquelle était dispersée des cartes du Viek Kong et de l'Eran. On pouvait voir comment quelqu'un avait marqué au feutre rouge des zones sur les cartes. Le président tenait ses mains reposant une dans l'autre derrière son dos. Il observait une carte du Nord du Viek Kong avec une attention particulière. Ses yeux exprimaient la fatigue d'une longue étude de ces documents. Il était vêtu de son uniforme noire qui l'avait accompagné pendant la majeure partie de la fin de la guerre civile, il la portait par la force des choses. On ne peut pas préparer une guerre en short de plage...ou que très mal.

La guerre civile était désormais finie mais une nouvelle guerre s’annonçait. C'était celle de l'Humanité toute entière contre la fureur de Terienkov. Par la force des choses, le Viek Kong allait prochainement devenir un lieu central du combat de l'Humanité contre le dictateur. Pendant que Terienkov s'acharnait dans les plaines des USP comme le fit Hitler dans celles de la Russie, ils allaient frapper au Viek Kong. Est-ce que le Viek Kong deviendra la Normandie simpoliticienne qui surchargera l'Empire du Mal ? Peut être. Espérons-le.

Wei était dans son fort intérieur fâché contre l'AdE...Quelle bande d'imbrutis, se disait-il. Tout le temps à discuter sur le sexe des anges et incapable de se souder contre Terienkov. Alors que les propositions du Hanguk aurait permis de créer les instruments pour la lutte, la majeure partie des pays, le Khalidan et le Stalamanque en première ligne, jouaient les vierges outrés. Les principes démocratiques d'abord, disent-ils. Mais qu'en restera-t-il de la démocratie quand Terienkov sera le seul maître du monde ? Ah, et le Khalidan ne perdait pas une occasion pour se faire de l'argent...ce pays était l'incarnation de la caricature du juif du 19ème siècle. Avide au point d'être capable de vendre la corde avec laquelle on le pendra.

Finalement, la Fiemance avait bien fait d'interrompre la séance de l'AdE. Au moins les choses étaient plus claires. Mais l'actuel secrétaire général...dieu, encore une nouille alors qu'il fallait des gens forts et capables. Et à penser qu'on avait soutenu ce crétin. Le candidat de la Fiémance aurait évité bien de malheurs et on serait probablement déjà entra de se battre dans les faubourgs de Novgorod. Mais à quoi bon se lamenter sur les mauvaises décisions ? Il fallait agir et avec le moins de monde que possible. Inuttile de s’alourdir de nations égoïstes voulant jouer les prima donas. Il fallait des gens capables, prêts à aller au bout et qui n'hésitaient pas à obeir à des ordres. Les tapettes démocrates c'était bien en temps de paix mais dans ces heures de guerre mondiale, il fallait des gens efficaces. Que le Stalagmanque se noie dans sa folie bureaucratique ! Pourvu qu'il cesse d'être un boulet pour la guerre.

Un jeune officier entra soudainement dans la pièce. Il dit à Wei  « Toujours pas de nouvelles de l'Eran. ». Celui-ci tourna sa tête vers lui et lui répondit « Ne vous inquiétez pas, les communications sont difficiles. Ils répondrons et je pense que leur réponse sera positive. Soyez patients. Une fois qu'ils nous donnent leur accord, rien arrêtera la mise en œuvre de la guerre contre la Main noire. ». Le jeune militaire, visiblement inquiet, demanda « Pouvons-nous gagner ? ». Wei sourit légèrement et le rassura « Il y a toujours un risque mais au Viek Kong, c'est nous qui établirons les règles du jeu. La Main noire est un éléphant. Grand, puissant et lourd mais pas invincible. Il faut simplement savoir le piéger à fin que quand nous tirerons la première balle, ils auront déjà perdu la guerre. Sachez une chose. La victoire ne se joue pas sur le champ de bataille mais dans la phase de préparation. »

Wei retoruna aux cartes ignorant le jeune. Qu'il ait peur, c'était une bonne réaction, pensa Wei. Il n'y a rien de pire que des soldats qui n'ont pas peur. C'est eux qui font les erreurs mortelles. Shen souleva une carte dévoilant sous elle une orchidée noire. Étrange, quelqu'un avait du la laisser là sans qu'on s’aperçoive quand on avait posé les cartes, en déduisait le président. Ses pétales étaient teintés dans la couleur d'un encre profond. Peut-être il devrait envoyer cette fleur à Terienkov, se demanda Wei ? Question de faire un geste de courtoisie vis-à-vis de cette ordure. Non, mieux ! Il gardera cette fleur de côté. Il la posera après la guerre sur la tombe de Terienkov. Probablement la seule fleur qui sera posée sur un lieu qui sera maudit par tous.
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