Elections présidentielle de 2019 - Genfin [affaire interne]

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Roman Récit

Message par Roman Récit »

Journaliste Axel Bertin : Bonjour et bienvenue sur GTV, la chaine d’information en direct du Genfin Pour cette émission spéciale consacrée aux élections présidentielle des 18 et 19 mai prochain. La liste des candidats à l’élection présidentielle a été publiée hier par le ministère de l’Intérieur, et elle est plus courte que ce que prévoyaient les analystes politiques. Rappelons que les personnes souhaitant briguer la présidence de la République doivent, outre être de nationalité génifinienne et résidentes du territoire national, obtenir les parrainages d’au moins cent maires de ce pays. Ces parrainages, envoyés au ministère de l’Intérieur, sont décomptés afin d’établir la liste des candidats, et il semble que cette année les bourgmestres de ce pays aient été quelque peu avares de signatures, puisque seuls six candidats pourront concourir dans cette élection. Outre les deux figures principales attendues, la présidente de la République sortante Aurélia Novantin et la présidente du parti social-démocrate, Laura Girard, ils ne seront donc que quatre candidats : la présidente de l’UDMR et actuelle ministre des Affaires étrangères, Alicia Daroux, le candidat du PCRG, Cédric Golier, le candidat du Parti Libéral, Fernand Pidart, ainsi que le leader du mouvement Vox Populi, Jean-Christophe Salmera.
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Aurélia Novantin (MC) - Laura Girard (PSDG) - Alicia Daroux (UDMR) - Cédric Golier (PCRG) - Fernand Pidart (PL) - Jean-Christophe Salmera (VP)</center>
C’est aujourd’hui que sont prévus les meetings de lancement des campagnes de tous les candidats. Nous couvrirons en direct tous ces évènements, que les différentes équipes de campagne se sont arrangées pour placer à la suite, afin que les chaines télés puissent les suivre tous en direct à tour de rôle. Cette émission spéciale commencera donc par la retransmission en direct de la salle des fêtes Eric Elsamer d’Essla, où la présidente Novantin a choisi de lancer sa campagne. Nous y retrouvons Marc Vasseur, notre envoyé spécial sur place. Bonjour Marc, est-ce-que vous m’entendez ?

Journaliste Marc Vasseur : Oui Axel, oui je vous entends ! Je suis en direct, donc, de cette salle Elsamer d’Essla, salle qui est, je ne vous le cache pas, bondée de monde et d’ores et déjà chauffée à blanc ! On attend d’un moment à l’autre la présidente sortante, candidate à sa réélection, Aurélia Novantin. Je n’ai pas besoin de vous rappeler qu’Aurélia Novantin est à la tête de notre pays depuis 2005 et qu’elle a été réélue pour un second septennat en 2012. C’est ce septennat qui arrive à son terme avec cette élection. Disposant avec son seul parti, la Mobilisation Citoyenne, de la majorité absolue des sièges à la Comésie entre 2005 et 2015, elle avait pu gouverner sans avoir les mains liées par les habituelles luttes politiciennes dans lesquelles sombre fréquemment une assemblée sans majorité fixe. Cependant, après la perte de cette majorité absolue lors des élections législatives de 2015, elle a dû replonger dans ces mêmes luttes pour réunir dans une coalition hétéroclite assez de députés pour obtenir un vote de confiance de la part de la Comésie pour un gouvernement panaché, réunissant des hommes et des femmes politiques de tous horizons. Prisonnière des députés de l’UDMC, sans lesquels elle ne pouvait obtenir de majorité absolue, elle avait dû leur céder de nombreux postes gouvernementaux clefs ? Comme le ministère des Affaires étrangères, occupé par celle qui est désormais à la fois sa ministre et son adversaire, Alicia Daroux. Aurélia Novantin aborde cette campagne dans une position de favorite. En effet, les résultats économiques du pays pour l’année 2018 ont été récemment publiés, démontrant une forte hausse du PIB et des conditions de vie de la… Une musique retentit dans la salle. Ah, la candidate Novantin ne devrait pas tarder à arriver ! Elle devrait en principe entrer en fond de salle, s’offrir un bain de foule en allant vers la scène d’où elle doit s’adresser à la foule des sympathisants (peut-être 20'000 personnes) réunis pour l’entendre. Oui, la voilà. Je vais laisser les images tourner et vous pourrez ensuite entendre le discours.

A l’écran, Aurélia Novantin apparait. Elle traverse la salle, prenant près de trois minutes à parcourir les 150 mètres qui la séparent du pupitre. Elle serre quelques mains, signe quelques autographes sur le tout nouveau matériel de campagne. Embrasse même un petit enfant qui lui tend une fleur. Parvenue au pupitre, elle récupère d’un assistant le texte de son discours, qu’elle étale devant elle. Elle lève la main pour demander le silence, qui se fait. Et dure quelques instants.

Aurélia Novantin : Mes chers amis, mes chers concitoyens ! Cris, applaudissements. Mes chers amis… Mes chers amis, je suis heureuse d’être ici. Heureuse d’être ici parmi vous, dont je connais les aspirations, dont je partage les aspirations. Heureuse de m’adresser au peuple du Genfin à travers vous et à travers les moyens de télé-retransmission. La campagne qui commence aujourd’hui sera rude. Vous le savez tous, je le sais moi-même, rassurez-vous. Nous sortons de quatorze années au pouvoir. Deux fois déjà le peuple de ce pays m’a accordé sa confiance lors d’une élection présidentielle. Quatre fois il a voulu, avec une majorité à la Comesie, me donner les moyens de mener à bien la politique pour laquelle il m’avait élu. Ce peuple du Genfin, je vais me tourner vers lui une fois de plus. Je vais le regarder dans les yeux, comme je l’ai toujours fait, pour lui demander de me faire confiance une fois de plus.
Rappelez-vous, il y a quatorze ans, presque jour-pour-jour… Ensemble, nous nous lancions dans une aventure nouvelle pour notre mouvement politique. Ensemble, nous proposions aux génifiniens une nouvelle voie. Une voie qui n’était pas celle du libéralisme, qui soumet l’homme à l’argent. Une voie qui n’était pas celle d’un « réformisme » centriste perdu dans les méandres de ses luttes intestines. Une voie qui n’était pas celle, avilissante pour l’homme, menaçante pour ses droits les plus fondamentaux, que constituait et que constitue toujours le communisme internationaliste, à la botte de l’URKR depuis trop longtemps. Une voie qui n’était pas, enfin, celle qui, au pouvoir trop souvent et depuis trop longtemps dans ce pays, l’avait laissé stagner et s’endetter, qui avait laissé le rôle de l’Etat disparaitre au profit de l’anarchie totale, qui avait fait d’une nation brillante une masse de femmes et d’hommes inerte, condamnée à ignorer son histoire quand celle-ci voulait qu’elle avance, la voie de la social-démocratie, qui n’a jamais su, qui ne saura jamais répondre sans hésitation aux problèmes de ce pays. Nous avions ainsi, quatorze ans plus tôt, proposé au génifiniens de reprendre en main leur pays, avec nous. De ne pas renoncer à la grandeur de l’Etat, à la richesse que les avancées de la science et de l’homme mettaient désormais à sa portée. Nous avions, ensemble, convaincu nos concitoyens. Et ils ne nous ont jamais fait défaut depuis, car nous avions fait les bons choix.
Aujourd’hui on vient nous voir, la rose à la main, pour nous dire que l’avenir de ce pays, c’est de changer de politique. Huées dans la salle. Nous dire que nous avons trahit. Que nous avons échoué. Les huées redoublent. On nous dit « non, vous n’avez pas remis ce pays sur le chemin du progrès. Non, vous n’avez pas redonné à chaque femme et à chaque homme de ce pays un travail, un revenu. Non, vous n’avez rien fait pour cette grandeur que vous invoquez tout le temps. Non, vous n’avez pas réussi, vous avez échoué. » Alors je voudrais vous demander, mes amis… et répondez franchement, hors de tout clivage politique et de toute prise de position idéologique : ce pays a-t-il progressé, en quatorze ans ? La salle approuve. Le chômage est-il nul depuis trois ans ? La salle approuve. La parole de ce pays est-elle entendue à l’internationale, auprès de nos partenaires de l’Union du Jeekim ? La salle approuve. Enfin, ce que nous avions promis, l’avons-nous tenu ? La salle approuve et éclate en applaudissements. Voilà, je crois, le véritable bilan de ces quatorze dernières années. Je défie quiconque, dans ce pays, de venir me dire qu’il est faux et mauvais. Que nous n’avons pas fait les bons choix. C’est pour cela que j’ai décidé de me présenter de nouveau à la présidence de la République, sachez-le. Pour achever ce que nous avons commencé. Pour ne pas laisser la mémoire des grandes réformes que nous avons menées être salie par des politiciens aux mœurs archaïques, rancuniers.
Ce que je vous propose, c’est de continuer ensemble notre marche vers l’avenir, vers le progrès humain, vers le progrès économique, scientifique, démocratique. Et pour cela, j’aurais besoin de vous pour convaincre. Allez frapper aux portes, rencontrez nos concitoyens, recueillez leurs doléances. Discutez, écoutez, allez convaincre ! Pour assurer l’avenir, il faut mobiliser, réfléchir, proposer et convaincre. Et pour cela, il faudra que le peuple marche d’un même pas avec nous. Car vous qui êtes ici, vous êtes le peuple du Genfin ! Vous êtes les forces vives de cette nation que nous n’avons de cesse de construire ensemble depuis près de quatorze ans. Vous êtes les forces vives qui demain, pour que le peuple génifinien m’accorde à nouveau sa confiance, devront se mobiliser. J’ai confiance en vous ! Applaudissements bruyants. J’ai confiance en votre courage, j’ai confiance en votre conviction, j’ai confiance en votre résistance. Bien sûr, il y aura des moments difficiles. On invoquera des affaires, des trahisons, des renoncements, des faiblesses ! On nous chargera de tous les mots ! Ne lâchez rien, alors ! Je ne crains pas le jugement de nos concitoyens dans les urnes. Je n’en crains pas le résultat. Ce que je crains, c’est que l’élan formidable qui s’est levé dans ce pays il y a quatorze ans, que nous avons porté, conduit, ne soit brisé sur des mensonges, des diffamations. Mais je vous le dis, je ne laisserai pas des politiciens mentir au peuple génifinien et saboter son avenir pour le plaisir d’obtenir ce pouvoir qu’ils convoitent depuis si longtemps. Ensemble, je vous le promets, nous réussirons. Réussir ensemble, voici le projet, voici le slogan !

La présidente se tut pour écouter la foule qui criait son nom et répétait en boucle « ensemble ! » Elle s’éloigna de son pupitre pour saluer.

Journaliste Axel Bertin : Voilà chers téléspectateurs, c’était pour vous, en direct, le discours d’entrée en campagne de la présidente de la République, candidate à sa réélection, Aurélia Novantin. Le débriefe de ce discours comme de ceux, qui vont suivre, des autres candidats à l’élection présidentielle se fera sur ce plateau même dès que tous les candidats auront donné leur discours.
Roman Récit

Message par Roman Récit »

Axel Bertin : Nous apprenons à l'instant que le candidat du Parti Communiste de la République de Genfin, Cédric Gollier, viens d'entrer dans la salle des conférences du siège de son parti. Il devrait y prononcer son discours de lancement de campagne devant près de 18'000 adhérents du PCRG. On retrouve sur place Luc Caufroy, notre correspondant...

Luc Caufroy Oui bonjour Axel, vous arrivez à temps. Cédric Gollier est, au moment où je vous parle, en train de saluer longuement la foule. Pas de bain de foule pour le candidat communiste, qui est entré très solennellement par le côté gauche de la scène. Il se dirige maintenant vers son podium, et nous allons l'écouter.

Cédric Golier : Camarades. Camarades ! Nous y voilà ! Il n'y a plus de camarades du parti au gouvernement depuis près de 18 ans. Dix-huit années pendant lesquelles le peuple révolutionnaire n'a pas pu peser dans la politique nationale. Pendant lesquelles la parole populaire que nous incarnons n'a pas pu prendre l'avantage sur les tenants du capitalisme, alliés à ceux de l'ultra-libéralisme économique, qui assuraient le pouvoir, qui usurpaient le pouvoir. Le peuple du Genfin a souffert. Il a été sacrifié à la croissance économique, au progrès technologique et à l'enrichissement des capitalistes. Mais nous y voilà ! Enfin, ensemble, nous pouvons faire que cela cesse ! Nous pouvons nous lever, demain, et dire que les politiques qui se moquent du peuple, c'est fini ! Que les prétendus démocrates qui l'asservissent à leur réalité technocratique n'ont plus leur place au Genfin.
Le Parti Communiste de la République du Genfin a une longue histoire. Cette histoire, nous l'avons construite ensemble. Ensemble, nous avons remporté des batailles (nous en avons perdu d'autres) pour le peuple. Chaque fois qu'il nous a été possible d'agir, nous l'avons fait. Nous l'avons fait dans la rue, car nous pensons tous que c'est le lieu privilégié ou s'exprime le peuple, par sa révolte, sa colère ! L'inconscient de cette nation ne prend le pas sur le rationalisme, cette état d'esprit si capitaliste, que lorsqu'elle descend dans la rue crier sa colère. Nous sommes communistes. Nous croyons à la révolution, et c'est pourquoi nous appuyons ces citoyens qui, chaque jour, quelque part dans ce pays, marquent leur résistance, leur volonté de ne pas se laisser acheter par le capital. Mais la révolution, nous l'avons toujours dit, elle est aussi politique. Elle est aussi dans les urnes. Nous croyons à la liberté de choix de nos concitoyens, nous ne prétendons pas leur imposer un vote.
Et c’est pourquoi il nous faut convaincre. Aller auprès des citoyens, des électeurs, qui souffrent chaque jour du déclassement économique. La pauvreté s’installe dans ce pays. Il n’y a eu aucune revalorisation des salaires cette année, alors même que les chiffres de la croissance sont connus. Le pouvoir en place voudrait nous faire oublier, en annonçant plus de 84% de croissance, que le niveau de vie n’a pas évolué d’un iota. Que la richesse nationale produite n’est pas celle des travailleurs, qui voient leurs ouvrages, leurs produits, leurs créations, disparaitre de sous leurs yeux dès qu’ils sont créé, pour ne plus jamais en voir ni la couleur, ni même les bénéfices. Nous avons, dans cette élection, l’opportunité de rappeler que la production de biens doit bénéficier avant tout aux travailleurs. Que l’outil de travail doit appartenir à ceux qui y souffrent et y versent leur sang, souvent sans obtenir même une injuste contrepartie.
Mais au-delà de la misère noire qui chaque jour s’installe un peu plus dans ce pays, il nous faut parler également aux génifiniens de leur avenir et de celui de notre pays à l’international. Communistes, nous sommes internationalistes. Nous pensons que la révolution et le renversement du système capitaliste ne pourront avoir lieu qu’avec l’appui et l’union de tous les citoyens du monde, nos camarades. L’avenir de notre pays, c’est de parler au monde d’une voie forte, au sein de l’Union du Jeekim, d’accord, mais aussi, et c’est l’un des points majeurs du programme que je défendrai dans cette élection, au sein d’une alliance que les travailleurs n’ont que trop tardé à exiger rejoindre, le Pacte de Novgorod. Rejoindre cette alliance des pays qui, déjà, ont fait le choix du communisme permettra d’en assurer le succès dans notre pays, en même temps qu’il placera tous les génifiniens à l’abri des armées de nos alliés pour assurer notre défense en cas de conflit militaire majeur ou mineur. La lutte contre la capitalisme pourra alors se poursuivre à l’échelle internationale.
Communistes, nous devons également exiger au cours de cette campagne un fonctionnement plus démocratique de notre démocratie. Trop d’inégalités de droits existent entre nos régions. L’importance de plus en plus importante acquise par la région-capitale doit nous forcer à revoir notre système électoral. Aucun autre pays que le nôtre, dans le monde, n’élève au rang de principe une inégalité aussi importante entre les territoires dans la prise de décision démocratique. Nous devons refuser cette inégalité. Les particularismes régionaux doivent s’incliner devant l’Etat, et la voie d’un habitant de l’Arlatfin ne doit plus compter, lors de chaque élection, celle-ci comprise, cent-douze fois plus que celle d’un ouvrier de l’Esslafin. C’est la plus grande des inégalités à nos yeux que celle-ci, qui introduit une inégalité constitutionnelle entre des citoyens lors de l’exercice de leur droit le plus fondamental.
Ce sont ces idées, ce projet, qu’une fois de plus nous porterons lors d’une élection présidentielle. La formidable machine qu’est ce parti va, j’en suis convaincu, se mettre en marche et, ensemble, nous obtiendrons dans les urnes la révolution qui manque à ce pays. Révolution citoyenne et insurrection civique, de celles qui ne tuent pas et qui ne privent pas. De celles qui garantissent au peuple la défense de ses droits et l’amélioration de ses libertés. De celles qui offrent aux hommes d’exercer leur pouvoir d’autodétermination. C’est celle-ci que nous appelons de nos yeux et que nous déclencherons dans les urnes dès le premier tour des présidentielles ! Merci à vous camarades !

Luc Caufroy : Voilà donc pour le discours de Cédric Golier, candidat du Parti Communiste de la République du Genfin à l’élection présidentielle. Je vous rends l’antenne.

Axel Bertin : Merci Luc. Voilà donc. Un discours plus programmatique qu’escompté de la part du candidat communiste, qui annonce des thèmes de campagne très précis, sur la misère sociale, la politique étrangère et la réforme de la République, tous sujets qui renvoient aux revendications classiques des communistes génifiniens. Nous allons maintenant nous tourner vers Loïc Merseron, qui nous indique en ce moment même que c’est au tour du candidat libéral, Fernand Pidart, d’entrer en scène…
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