L'Avènement communiste [RP]
-
Jacinto
-
Jacinto
<center>
UNE FÊTE DE NOËL INÉDITE
[img]http://img443.imageshack.us/img443/801/129635levalledeloscaidopmlx.jpg[/img]
Noël était attendu par beaucoup, au Valacida. Très pieux, les valacides se rassemblaient en masse
chaque soir du 24 Décembre dans les églises ou cathédrales de leur village, afin de célébrer la nai-
ssance du Christ. Mais cette année-là, Guillermo Zamoda était le plus impatient des valacides. En
effet, la religion devenait pour lui... un moyen de rivaliser face à la Sainte Alliance et d'empêcher la
Sainte Alliance d'avoir le monopole de la chrétienté. Il fallait faire fort, et impressionner le peuple ca-
tholique du monde entier. Il fallait faire de l'ombre aux messes sectaires du Thorval, aux sons de
cloches assourdissants du Terdus et, surtout, faire de l'ombre aux dirigeants, montrer le Valacida
comme une nation des plus catholiques. Le religion devenait une sorte de vitrine ostentatoire et dé-
mesurée chez Zamoda. Mais son rêve était de faire du Valacida une harmonie parfaite entre travail,
patriotisme, collectivisme et rayonnement culturel et religieux. Pour frapper fort, il mit les moyens :
des millions de Coronas avaient été investis dans la construction d'un mausolée. Mais par n'importe
leque, celui du Saint-Christ. L'emplacement était une haute colline rocailleuse, dans la province d'A-
zibi, l'ex-capitale du Valacida, et joyau culturel du pays. On y avait creusé des galeries souterraines,
entièrement peintes par des artistes (sol, murs, plafond) de fresques religieuses, narrant la vie du
christ. Au bout des galeries (au centre de la colline rocailleuse), un cul-de-sac : une statue à l'éfigie de
Jésus avait été sculpté dans le marbre. Gravé dans la pierre une petite inscription y faisait son éloge
versifiée. Là encore, un poète avait été payé pour composer la louange. Au sommet de la colline, com-
me pour glorifier le lieu, une immense croix sculptée se tenait fièrement, surplombant avec grâce et
majesté la vallée. La croix était visible jusqu'à plus de 10 kilomètres à la ronde, lorsque la météo é-
tait clémente. On avait prit soin de ne pas représenter le christ souffrant, ou le christ mort sur son cru-
cifix, et ce afin de se démarquer des autres représentations. Le christ était souriant, neutre, le visage
doux ou bienveillant. Jamais le christ n'était représenté dans la douleur : même lors de la représenta-
tion de sa mort ; il était peint les bras et les jambes tendus, en signe de croix, mais aucun crucifix
n'apparaissait. Sa tête ne tombait, ni ne penchait, elle était droite, fière et se yeux était tournés vers
les cieux, symbole de son entrée au paradis, avant la résurrection. Le soir du 24 Décembre, c'était
l'inauguration du monument. Une foule bien nombreuse était au rendez-vous, et des enfants de chœ-
urs chantaient des odes au christ et à la foi. Dans chandeliers avait remplacé les ampoules pour ren-
dre l'ambiance plus solennelle et pour garder un éclairage tamisé. Les gens déambulaient avec stu-
péfaction face à la beauté du lieu et prenaient quelques secondes pour s'agenouiller et prier face à
la statue de trois mètres du Saint Christ. Face au mausolée, une place pavée permettait aux fidèles
de méditer ou de prier face au monument. Une fontaine de pierre, représentant la vierge Marie et
l'ange Gabriel côte à côté, surplombait la place. Le pari était réussi pour Zamoda, qui venait d'é-
blouir son peuple. Le lendemain, tous les médias nationaux diffusèrent les images, piquant la curio-
sité des valacides mais aussi des étrangers... les médias des nations catholiques apprirent rapide-
ment la nouvelle et beaucoup ont dores-et-déjà programmé leur voyage vers les contrées valacides.
UNE FÊTE DE NOËL INÉDITE
[img]http://img443.imageshack.us/img443/801/129635levalledeloscaidopmlx.jpg[/img]
Noël était attendu par beaucoup, au Valacida. Très pieux, les valacides se rassemblaient en masse
chaque soir du 24 Décembre dans les églises ou cathédrales de leur village, afin de célébrer la nai-
ssance du Christ. Mais cette année-là, Guillermo Zamoda était le plus impatient des valacides. En
effet, la religion devenait pour lui... un moyen de rivaliser face à la Sainte Alliance et d'empêcher la
Sainte Alliance d'avoir le monopole de la chrétienté. Il fallait faire fort, et impressionner le peuple ca-
tholique du monde entier. Il fallait faire de l'ombre aux messes sectaires du Thorval, aux sons de
cloches assourdissants du Terdus et, surtout, faire de l'ombre aux dirigeants, montrer le Valacida
comme une nation des plus catholiques. Le religion devenait une sorte de vitrine ostentatoire et dé-
mesurée chez Zamoda. Mais son rêve était de faire du Valacida une harmonie parfaite entre travail,
patriotisme, collectivisme et rayonnement culturel et religieux. Pour frapper fort, il mit les moyens :
des millions de Coronas avaient été investis dans la construction d'un mausolée. Mais par n'importe
leque, celui du Saint-Christ. L'emplacement était une haute colline rocailleuse, dans la province d'A-
zibi, l'ex-capitale du Valacida, et joyau culturel du pays. On y avait creusé des galeries souterraines,
entièrement peintes par des artistes (sol, murs, plafond) de fresques religieuses, narrant la vie du
christ. Au bout des galeries (au centre de la colline rocailleuse), un cul-de-sac : une statue à l'éfigie de
Jésus avait été sculpté dans le marbre. Gravé dans la pierre une petite inscription y faisait son éloge
versifiée. Là encore, un poète avait été payé pour composer la louange. Au sommet de la colline, com-
me pour glorifier le lieu, une immense croix sculptée se tenait fièrement, surplombant avec grâce et
majesté la vallée. La croix était visible jusqu'à plus de 10 kilomètres à la ronde, lorsque la météo é-
tait clémente. On avait prit soin de ne pas représenter le christ souffrant, ou le christ mort sur son cru-
cifix, et ce afin de se démarquer des autres représentations. Le christ était souriant, neutre, le visage
doux ou bienveillant. Jamais le christ n'était représenté dans la douleur : même lors de la représenta-
tion de sa mort ; il était peint les bras et les jambes tendus, en signe de croix, mais aucun crucifix
n'apparaissait. Sa tête ne tombait, ni ne penchait, elle était droite, fière et se yeux était tournés vers
les cieux, symbole de son entrée au paradis, avant la résurrection. Le soir du 24 Décembre, c'était
l'inauguration du monument. Une foule bien nombreuse était au rendez-vous, et des enfants de chœ-
urs chantaient des odes au christ et à la foi. Dans chandeliers avait remplacé les ampoules pour ren-
dre l'ambiance plus solennelle et pour garder un éclairage tamisé. Les gens déambulaient avec stu-
péfaction face à la beauté du lieu et prenaient quelques secondes pour s'agenouiller et prier face à
la statue de trois mètres du Saint Christ. Face au mausolée, une place pavée permettait aux fidèles
de méditer ou de prier face au monument. Une fontaine de pierre, représentant la vierge Marie et
l'ange Gabriel côte à côté, surplombait la place. Le pari était réussi pour Zamoda, qui venait d'é-
blouir son peuple. Le lendemain, tous les médias nationaux diffusèrent les images, piquant la curio-
sité des valacides mais aussi des étrangers... les médias des nations catholiques apprirent rapide-
ment la nouvelle et beaucoup ont dores-et-déjà programmé leur voyage vers les contrées valacides.
-
Jacinto
<center>
« 2018, L'ANNÉE ROUGE »
[img]http://img441.imageshack.us/img441/2681/drapeaunew.png[/img]
À l'occasion de la nouvelle année, le nouveau président Zamoda
a fait de nouveau une démonstration de force. Puissance émer-
gente, le Valacida se montre de plus en plus menaçant envers la
Sainte Alliance et l'OTH. Mais aujourd'hui, une fois encore, c'est
la Sainte Alliance qui est plus précisément visée. En ce 1er Jan-
vier, un gigantesque défilé militaire a été organisé. Hornoz, Azi-
bi, Gatalis, Soreder, aucune ville n'a pu échapper à ce défilé. En
tout, ce sont 15 défilés qui se déroulent durant la même journée.
Mais le plus majeur est celui d'Hornoz, capitale du Valacida, où
des engins militaires achetés à la Rostovie, très impressionnants
ont été exposés, provoquant la stupéfaction des citoyens venus
admirer la puissance militaire de leur nation. Les soldats ont aus-
si défilé aux côtés des machines de guerre, munis de leurs fusils.
[img]http://img851.imageshack.us/img851/656/arton73201480x334.jpg[/img]
[img]http://img843.imageshack.us/img843/452/31628389lt2.jpg[/img]
À la fin du défilé militaire, les soldats se sont réunis sur la place
centrale de la capitale, avant de chanter avec vigueur l'hymne
national de la République. Main sur le cœur, yeux rivés vers les
cieux, âme patriote et corps dévoué à la nation. La mise en scè-
ne est spectaculaire, elle est diffusée en direct par la télé vala-
cide, en présence de quelques médias étrangers. Dès la fin du
chant de l'hymne, des avions de l'armée de l'air ont survolé le
ciel de la capitale, en projetant des feux d'artifices. Leurs figu-
res aériennes mettent la foule citoyenne en joie, qui crie et s'a-
muse de ce spectacle inédit. Jamais auparavant tel démonstra-
tion de force et de puissance n'avait été faite. Zamoda est en
train de voir sa popularité croître. Ainsi, le peuple, autrefois ré-
ticent au kirovisme pur et dur, semble désormais convaincu ...
[img]http://img100.imageshack.us/img100/9960/article0210mon06chine.jpg[/img]
[img]http://img717.imageshack.us/img717/5790/20090824phowww00145.jpg[/img]
L'Officier national des armées a ensuite pris la parole et débuté
un long discours sur le président Zamoda, sur le kirovisme, l'his-
toire de la patrie, la puissance et la force populaire qui grandit
au Valacida, la gloire du pays et l'émergence économique et mi-
litaire du communisme valacide. La Sainte Alliance, a une fois de
plus été taclée, on a évoqué leur intrusion et leur violation de la
souveraineté valacide durant la guerre civile, les qualifiants de
diaboliques fauteurs de troubles, d'ingérants, d'anti-catholiques.
Il est revenu sur la blessure causée par la guerre civile alimen-
tée par ces mêmes puissances étrangères. Il a terminé son in-
tervention orale sur une touche d'espoir, avant de déclarer que
«tous les coups que nous avons reçus seront rendus... TOUS !»
Il s'est ensuite retiré, à l'instar des soldats et des machines de
guerre. Les citoyens ont été invité à remplir la place réservée
juste avant pour le défilé. Ils sont tournés vers une estrade qui
venait d'être installée, surmontée d'un grand crucifix. Un prêtre
est alors monté. Il a invité la foule à une symbolique heure de
messe pour la nouvelle année. Gloria, Je Sous Salue Marie, An-
gélus, suivis d'une lecture de la Bible, et des commandements.
Toutefois, la tenue de cette messe massive en plein air n'est
pas seulement symbolique, elle est aussi très appréciée des ci-
toyens valacides, de nature très pieuse, héritage de plusieurs
siècles de monarchie théocratique, durant laquelle seul le culte
catholique était autorisé. Désormais, le climat religieux s'est
détendu, mais la religion catholique demeure majoritairement
écrasante pour les autres cultes, qui peinent à trouver leur pla-
ce dans une société fondée sur les valeurs d'une seule religion.
[img]http://img833.imageshack.us/img833/3281/felipei.png[/img]
Enfin, en ce soir de 1er Janvier 2018, des fêtes ont été organi-
sée partout dans le pays, afin de célébrer la renaissance de la
nation. Les citoyens ont eu droit à de magnifiques feux d'arti-
fices rouges, c'est d'ailleurs l'une des premières fois que l'on
utilise ce genre d'artifices pour célébrer un évènement. Les
valacides, à la fin du spectacle, se sont mis à danser et chan-
ter, parfois haranguant leurs amis avec la phrase suivante :
« i 2018, año de rojo ! »
« 2018, L'ANNÉE ROUGE »
[img]http://img441.imageshack.us/img441/2681/drapeaunew.png[/img]
À l'occasion de la nouvelle année, le nouveau président Zamoda
a fait de nouveau une démonstration de force. Puissance émer-
gente, le Valacida se montre de plus en plus menaçant envers la
Sainte Alliance et l'OTH. Mais aujourd'hui, une fois encore, c'est
la Sainte Alliance qui est plus précisément visée. En ce 1er Jan-
vier, un gigantesque défilé militaire a été organisé. Hornoz, Azi-
bi, Gatalis, Soreder, aucune ville n'a pu échapper à ce défilé. En
tout, ce sont 15 défilés qui se déroulent durant la même journée.
Mais le plus majeur est celui d'Hornoz, capitale du Valacida, où
des engins militaires achetés à la Rostovie, très impressionnants
ont été exposés, provoquant la stupéfaction des citoyens venus
admirer la puissance militaire de leur nation. Les soldats ont aus-
si défilé aux côtés des machines de guerre, munis de leurs fusils.
[img]http://img851.imageshack.us/img851/656/arton73201480x334.jpg[/img]
[img]http://img843.imageshack.us/img843/452/31628389lt2.jpg[/img]
À la fin du défilé militaire, les soldats se sont réunis sur la place
centrale de la capitale, avant de chanter avec vigueur l'hymne
national de la République. Main sur le cœur, yeux rivés vers les
cieux, âme patriote et corps dévoué à la nation. La mise en scè-
ne est spectaculaire, elle est diffusée en direct par la télé vala-
cide, en présence de quelques médias étrangers. Dès la fin du
chant de l'hymne, des avions de l'armée de l'air ont survolé le
ciel de la capitale, en projetant des feux d'artifices. Leurs figu-
res aériennes mettent la foule citoyenne en joie, qui crie et s'a-
muse de ce spectacle inédit. Jamais auparavant tel démonstra-
tion de force et de puissance n'avait été faite. Zamoda est en
train de voir sa popularité croître. Ainsi, le peuple, autrefois ré-
ticent au kirovisme pur et dur, semble désormais convaincu ...
[img]http://img100.imageshack.us/img100/9960/article0210mon06chine.jpg[/img]
[img]http://img717.imageshack.us/img717/5790/20090824phowww00145.jpg[/img]
L'Officier national des armées a ensuite pris la parole et débuté
un long discours sur le président Zamoda, sur le kirovisme, l'his-
toire de la patrie, la puissance et la force populaire qui grandit
au Valacida, la gloire du pays et l'émergence économique et mi-
litaire du communisme valacide. La Sainte Alliance, a une fois de
plus été taclée, on a évoqué leur intrusion et leur violation de la
souveraineté valacide durant la guerre civile, les qualifiants de
diaboliques fauteurs de troubles, d'ingérants, d'anti-catholiques.
Il est revenu sur la blessure causée par la guerre civile alimen-
tée par ces mêmes puissances étrangères. Il a terminé son in-
tervention orale sur une touche d'espoir, avant de déclarer que
«tous les coups que nous avons reçus seront rendus... TOUS !»
Il s'est ensuite retiré, à l'instar des soldats et des machines de
guerre. Les citoyens ont été invité à remplir la place réservée
juste avant pour le défilé. Ils sont tournés vers une estrade qui
venait d'être installée, surmontée d'un grand crucifix. Un prêtre
est alors monté. Il a invité la foule à une symbolique heure de
messe pour la nouvelle année. Gloria, Je Sous Salue Marie, An-
gélus, suivis d'une lecture de la Bible, et des commandements.
Toutefois, la tenue de cette messe massive en plein air n'est
pas seulement symbolique, elle est aussi très appréciée des ci-
toyens valacides, de nature très pieuse, héritage de plusieurs
siècles de monarchie théocratique, durant laquelle seul le culte
catholique était autorisé. Désormais, le climat religieux s'est
détendu, mais la religion catholique demeure majoritairement
écrasante pour les autres cultes, qui peinent à trouver leur pla-
ce dans une société fondée sur les valeurs d'une seule religion.
[img]http://img833.imageshack.us/img833/3281/felipei.png[/img]
Enfin, en ce soir de 1er Janvier 2018, des fêtes ont été organi-
sée partout dans le pays, afin de célébrer la renaissance de la
nation. Les citoyens ont eu droit à de magnifiques feux d'arti-
fices rouges, c'est d'ailleurs l'une des premières fois que l'on
utilise ce genre d'artifices pour célébrer un évènement. Les
valacides, à la fin du spectacle, se sont mis à danser et chan-
ter, parfois haranguant leurs amis avec la phrase suivante :
« i 2018, año de rojo ! »
-
Jacinto
<CENTER>VAGUE DE PROPAGANDE !
1 - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - 2 - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - 3
[img]http://img651.imageshack.us/img651/9534/sanstitre1jjk.png[/img] [img]http://img715.imageshack.us/img715/7132/sanstitre122n.png[/img] [img]http://img600.imageshack.us/img600/6172/sanstitre12c.png[/img]
1 - « NON à l'ouverture du régime ! NON à la prostitution de mon Valacida ! »
2 - « Je méprise la Sainte Alliance, car je méprise les ennemis du christianisme »
3 - « J’honore la patrie en refusant l'esclavagisme monarchique »
1 - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - 2 - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - 3
[img]http://img651.imageshack.us/img651/9534/sanstitre1jjk.png[/img] [img]http://img715.imageshack.us/img715/7132/sanstitre122n.png[/img] [img]http://img600.imageshack.us/img600/6172/sanstitre12c.png[/img]
1 - « NON à l'ouverture du régime ! NON à la prostitution de mon Valacida ! »
2 - « Je méprise la Sainte Alliance, car je méprise les ennemis du christianisme »
3 - « J’honore la patrie en refusant l'esclavagisme monarchique »
-
Jacinto
<CENTER>QUAND LA TERREUR S'INSTALLE ...
[img]http://img829.imageshack.us/img829/1761/goulagsredressement.png[/img]
Avec la fuite d'informations top secrètes, pouvant compromettre sa légitimité à la tête du Valaci-
da, le président kiroviste Guillermo Zamoda est entré dans une grande panique. Dans sa torpeur
il a décidé d'accélérer le processus qu'il nomme "redressement moral national", c'est-à-dire d'en-
voyer massivement des prisonniers, des possibles espions, des royalistes, des sodomites et tout
autre ennemi de la République Socialiste dans des camps de redressement et des camps de tra-
vaux forcés (communément appelés goulags). Des quotas mensuels ont été établis et doivent ê-
tre respectés. Douze camps de ce genre ont déjà été ouvert, surtout dans le Nord du Valacida...
[img]http://img705.imageshack.us/img705/2256/04arbeitslager640small.jpg[/img] - - [img]http://img99.imageshack.us/img99/9159/struth1.jpg[/img]
PRISONNIER POLITIQUE DANS UN GOULAG - - - - - - - - - - - - ENTRÉE D'UN CAMP DE REDRESSEMENT
On a dores-et-déjà recensé 145 000 détenus. La localisation de ces camps reste évidemment top
secrète, tout comme les horreurs qui s'y déroulent. Certains perturbateurs ont vu leur langue cou-
pée, d'autres sont battus voire torturé s'ils refusent de travailler ou de se soumettre aux règles de
moralisation et de redressement. Peu de gens sortent vivant de ces camps. La plupart des prison-
niers politiques sont envoyés dans les camps de travaux forcés, dans les goulags, où ils sont forcé
de travailler jusqu'à la mort. Ces prisonniers politiques sont souvent des pro-libéraux, des anciens
barkistes nostalgiques du laxisme de l'ex-président socialiste, beaucoup de royalistes, mais aussi
des membres du Parti Catholique (parfois membres du clergé). Sous Barka l'Église était devenue
très indépendante de l'état et commençait à devenir une institution totalement détachée de l'auto-
ritée politique, entièrement autonome avec ses lois et ses dirigeants. C'était l'apogée du parti ca-
tholique. Mais Zamoda avait lourdement affaibli l'église pour en faire un pion de son échiquier. En
vérité, il n'en restait pas moins très catholique. Il souhaitait juste mettre à genoux les "puissants"
du clergé pour ne pas avoir de rival, et diriger sans opposition. Il devenait peu à peu le chef d'une
Église manipulée, et l'assassin d'un parti clérical à la popularité grandissante. Toutefois, il ignorait
qu'un membre de ce parti clérical, un membre très connu, l'un de ses rivaux, détenait désormais
des informations compromettantes sur lui. La divulgation de telles informations lui serait fatale...
[img]http://img193.imageshack.us/img193/8100/autoroutesafieljadida.jpg[/img] - - [img]http://img338.imageshack.us/img338/6051/dimebuilding.jpg[/img]
GROS CHANTIER DE PONT D'AUTOROUTE - - - - - - - - - - - - OFFICE DU REDRESSEMENT NATIONAL
Les camps de travaux forcés deviendront peu à peu des piliers essentiel de la croissance écono-
mique et du développement du Valacida. De la main d'œuvre gratuite, abondante, et travaillant
jour comme nuit, jusqu'à l'épuisement. De grands chantiers avait déjà été lancés. Des lignes de
chemins de fer modernes, des autoroutes gigantesques et de grand projets de rénovation allait
être lancés. La qualité de travail sera assurée par des professionnels mis dans le secret. Toute
défaillance vaudra une interdiction de repas pendant plusieurs semaines, voire des châtiments
corporels. Tous ces grandes ambitions sont coordonnées dans l'office national du redressement
situé à Hornoz, près du palais présidentiel. Tous les documents sont classés dans des coffres
forts et une garde de sécurité permanente a été recrutée. Zamoda ne veut pas refaire les er-
reurs du passé. Désormais, tous les dossiers compromettants seront surveillés de très près...
[img]http://img829.imageshack.us/img829/1761/goulagsredressement.png[/img]
Avec la fuite d'informations top secrètes, pouvant compromettre sa légitimité à la tête du Valaci-
da, le président kiroviste Guillermo Zamoda est entré dans une grande panique. Dans sa torpeur
il a décidé d'accélérer le processus qu'il nomme "redressement moral national", c'est-à-dire d'en-
voyer massivement des prisonniers, des possibles espions, des royalistes, des sodomites et tout
autre ennemi de la République Socialiste dans des camps de redressement et des camps de tra-
vaux forcés (communément appelés goulags). Des quotas mensuels ont été établis et doivent ê-
tre respectés. Douze camps de ce genre ont déjà été ouvert, surtout dans le Nord du Valacida...
[img]http://img705.imageshack.us/img705/2256/04arbeitslager640small.jpg[/img] - - [img]http://img99.imageshack.us/img99/9159/struth1.jpg[/img]
PRISONNIER POLITIQUE DANS UN GOULAG - - - - - - - - - - - - ENTRÉE D'UN CAMP DE REDRESSEMENT
On a dores-et-déjà recensé 145 000 détenus. La localisation de ces camps reste évidemment top
secrète, tout comme les horreurs qui s'y déroulent. Certains perturbateurs ont vu leur langue cou-
pée, d'autres sont battus voire torturé s'ils refusent de travailler ou de se soumettre aux règles de
moralisation et de redressement. Peu de gens sortent vivant de ces camps. La plupart des prison-
niers politiques sont envoyés dans les camps de travaux forcés, dans les goulags, où ils sont forcé
de travailler jusqu'à la mort. Ces prisonniers politiques sont souvent des pro-libéraux, des anciens
barkistes nostalgiques du laxisme de l'ex-président socialiste, beaucoup de royalistes, mais aussi
des membres du Parti Catholique (parfois membres du clergé). Sous Barka l'Église était devenue
très indépendante de l'état et commençait à devenir une institution totalement détachée de l'auto-
ritée politique, entièrement autonome avec ses lois et ses dirigeants. C'était l'apogée du parti ca-
tholique. Mais Zamoda avait lourdement affaibli l'église pour en faire un pion de son échiquier. En
vérité, il n'en restait pas moins très catholique. Il souhaitait juste mettre à genoux les "puissants"
du clergé pour ne pas avoir de rival, et diriger sans opposition. Il devenait peu à peu le chef d'une
Église manipulée, et l'assassin d'un parti clérical à la popularité grandissante. Toutefois, il ignorait
qu'un membre de ce parti clérical, un membre très connu, l'un de ses rivaux, détenait désormais
des informations compromettantes sur lui. La divulgation de telles informations lui serait fatale...
[img]http://img193.imageshack.us/img193/8100/autoroutesafieljadida.jpg[/img] - - [img]http://img338.imageshack.us/img338/6051/dimebuilding.jpg[/img]
GROS CHANTIER DE PONT D'AUTOROUTE - - - - - - - - - - - - OFFICE DU REDRESSEMENT NATIONAL
Les camps de travaux forcés deviendront peu à peu des piliers essentiel de la croissance écono-
mique et du développement du Valacida. De la main d'œuvre gratuite, abondante, et travaillant
jour comme nuit, jusqu'à l'épuisement. De grands chantiers avait déjà été lancés. Des lignes de
chemins de fer modernes, des autoroutes gigantesques et de grand projets de rénovation allait
être lancés. La qualité de travail sera assurée par des professionnels mis dans le secret. Toute
défaillance vaudra une interdiction de repas pendant plusieurs semaines, voire des châtiments
corporels. Tous ces grandes ambitions sont coordonnées dans l'office national du redressement
situé à Hornoz, près du palais présidentiel. Tous les documents sont classés dans des coffres
forts et une garde de sécurité permanente a été recrutée. Zamoda ne veut pas refaire les er-
reurs du passé. Désormais, tous les dossiers compromettants seront surveillés de très près...
-
Jacinto
<CENTER>★ UNE COLONIE EN DEUIL ★
[img]http://img155.imageshack.us/img155/2968/ianmckellen01.jpg[/img]
Juan Marcelio, l'officier des affaires étrangères valacides, proche ami du président Zamoda,
était suspecté par beaucoup d'être secrètement un nostalgique de l'ancien empire colonial
valacide. Sans être monarchiste, il regrettait les temps jadis, où sa patrie rayonnait encore
à travers le monde. Le Hondias avait été l'une des plus précieuse colonie du Valacida, mais
il reprochait à la monarchie de ne pas avoir su préserver ce bijoux inestimable. Peu nom-
breux sont les hauts officiers de l'état partageant ces idées colonialistes. D'ailleurs, Marcelio
a plusieurs fois été réprimandé par le président, lui même, son ami, pour ne pas tenir un
discours d'avantage anti-colonialiste (notamment lorsqu'il s'était rendu en Hondias, et avait
fait de la rencontre diplomatique un royal échec, ravivant des tensions qui semblaient s'être
assoupies). En 1997, lorsque l'ex-Royaume du Valacida annonça officiellement la perte de la
colonie Hondusienne, il fut l'un des premiers à s'effondrer. Il était dans une rage folle, qui le
conduisit à rejoindre les rangs des révolutionnaires communiste quelques années plus tard...
Aujourd'hui, il était confortablement assis à table, dégustant quelques mets savoureux et ty-
piquement valacides, lorsqu'il entendit, dans le fond sonore que faisait la télévision, une nou-
velle très surprenante. Il n'en crut pas ses yeux, à tel point qu'il monta le volume sonore a-
fin de vérifier s'il ne rêvait pas. Mais non, c'était bien vrai. Le fumier de révolutionnaire, ce-
lui qui avait mené la révolte du Hondias contre les forces valacides en 1997, ce GonlkGorille
qu'il méprisait au plus haut point, venait de crever. Il finit son assiette et téléphona à un ami,
un ancien camarade de classe, avec lequel il avait pleuré la perte du Hondias : « Allô Marco ?
Ouais, t'as regardé les infos de ce soir ? Ce putain de gorille est mort ! Ouais ! C'est génial !
Et le plus drôle c'est que ce sont ces stupidos de Ranekikiens qui l'ont achevé ! Je te le jure !
Depuis le temps qu'on voulait sa peau à ce chien, ce fils de batarde. Que Enculado ! J'es-
père qu'il en a bien bavé ce salopard. Tu crois que sa mort va changer les choses ? J'espère
aussi, mon vieux. Bon l'ami, je te laisse fêter ça avec ta femme, je vais appeler l'une de mes
secrétaires pour qu'elle vienne fêter ça avec moi, dans le lit. Ciao, l'ami à la prochaine. »
Non pas débauché, mais très amoureux de la gente féminine, Juan Marcelio savait exactement
comment fêter cette excellente nouvelle. Il n'était pas marié et se permettait quelques écarts
avec ses secrétaires, consentantes. Mais ça, c'était devenu banal. Ce qui était plus important
c'était la mort du colonel du Hondias, que Juan Marcelio détestait au plus haut point. Caramba !
De nombreux valacides étaient dans le même cas que Marcelio et fêtent cette nouvelle digne-
ment, en famille, en couple, ou entre amis. Tant pis si cela pouvait choquer les Hondussiens, car
ce soir les valacides ont eu leur revanche face à ces saletés de révolutionnaires du Hondias ...
[img]http://img155.imageshack.us/img155/2968/ianmckellen01.jpg[/img]
Juan Marcelio, l'officier des affaires étrangères valacides, proche ami du président Zamoda,
était suspecté par beaucoup d'être secrètement un nostalgique de l'ancien empire colonial
valacide. Sans être monarchiste, il regrettait les temps jadis, où sa patrie rayonnait encore
à travers le monde. Le Hondias avait été l'une des plus précieuse colonie du Valacida, mais
il reprochait à la monarchie de ne pas avoir su préserver ce bijoux inestimable. Peu nom-
breux sont les hauts officiers de l'état partageant ces idées colonialistes. D'ailleurs, Marcelio
a plusieurs fois été réprimandé par le président, lui même, son ami, pour ne pas tenir un
discours d'avantage anti-colonialiste (notamment lorsqu'il s'était rendu en Hondias, et avait
fait de la rencontre diplomatique un royal échec, ravivant des tensions qui semblaient s'être
assoupies). En 1997, lorsque l'ex-Royaume du Valacida annonça officiellement la perte de la
colonie Hondusienne, il fut l'un des premiers à s'effondrer. Il était dans une rage folle, qui le
conduisit à rejoindre les rangs des révolutionnaires communiste quelques années plus tard...
Aujourd'hui, il était confortablement assis à table, dégustant quelques mets savoureux et ty-
piquement valacides, lorsqu'il entendit, dans le fond sonore que faisait la télévision, une nou-
velle très surprenante. Il n'en crut pas ses yeux, à tel point qu'il monta le volume sonore a-
fin de vérifier s'il ne rêvait pas. Mais non, c'était bien vrai. Le fumier de révolutionnaire, ce-
lui qui avait mené la révolte du Hondias contre les forces valacides en 1997, ce GonlkGorille
qu'il méprisait au plus haut point, venait de crever. Il finit son assiette et téléphona à un ami,
un ancien camarade de classe, avec lequel il avait pleuré la perte du Hondias : « Allô Marco ?
Ouais, t'as regardé les infos de ce soir ? Ce putain de gorille est mort ! Ouais ! C'est génial !
Et le plus drôle c'est que ce sont ces stupidos de Ranekikiens qui l'ont achevé ! Je te le jure !
Depuis le temps qu'on voulait sa peau à ce chien, ce fils de batarde. Que Enculado ! J'es-
père qu'il en a bien bavé ce salopard. Tu crois que sa mort va changer les choses ? J'espère
aussi, mon vieux. Bon l'ami, je te laisse fêter ça avec ta femme, je vais appeler l'une de mes
secrétaires pour qu'elle vienne fêter ça avec moi, dans le lit. Ciao, l'ami à la prochaine. »
Non pas débauché, mais très amoureux de la gente féminine, Juan Marcelio savait exactement
comment fêter cette excellente nouvelle. Il n'était pas marié et se permettait quelques écarts
avec ses secrétaires, consentantes. Mais ça, c'était devenu banal. Ce qui était plus important
c'était la mort du colonel du Hondias, que Juan Marcelio détestait au plus haut point. Caramba !
De nombreux valacides étaient dans le même cas que Marcelio et fêtent cette nouvelle digne-
ment, en famille, en couple, ou entre amis. Tant pis si cela pouvait choquer les Hondussiens, car
ce soir les valacides ont eu leur revanche face à ces saletés de révolutionnaires du Hondias ...
-
Jacinto
<CENTER>★ ZAMODA S'EXPRIME ET S'EXPLIQUE ★
[img]http://img201.imageshack.us/img201/3772/dclaration.jpg[/img]</center>
Zamoda était dans son palais présidentiel. Il se frottait le menton en relisant son discours. Il était avachi sur un fauteuil en cuir, celui de son bureau. Personne ne pouvait entrer le déranger, selon ses instruction. Dehors, des milliers de valacides s'étaient rassemblés pour écouter son discours. Tous n'étaient pas des partisans du président kiroviste. D'ailleurs, peu de dirigeants au monde avaient une aussi mauvaise réputation que Zamoda, excepté Barka. Pourtant, il était très actif et peu de présidents auraient eu l'énergie et le courage de faire autant de choses, de taper aussi souvent le poing sur la table. Il était dévoué, malgré tout. On lui reprochait son arrivisme, ses méthodes radicales et ultra-totalitaires. Malgré son laxisme, Barka avait été apprécié pour sa tolérance et sa modération (du moins avant qu'il ne perde la raison). Le Valacida barkiste était plus accueillant, plus épanoui que le Valacida de Zamoda. Le kirovisme est une idéologie sombre, que peu de valacides approuvent. Mais elle s'est imposée à eux. Et personne ne voulait revivre une nouvelle guerre civile. On acceptait donc d'être dirigé par un président brutal et sans gêne, avec lequel on partage peu de valeurs, sinon le patriotisme.
Le président valacide, était donc sur le point de franchir le seuil de son balcon, pour s'adresser à une foule de spectateurs. Il voulait s'exprimer sur l'affaire d'Urba et s'adresser aux urbains prolétaires, car son discours allait être diffusé sur plusieurs chaînes internationales. Il voulait rassurer, informer, mais aussi, et surtout, s'expliquer. Pourquoi les négociations résonnaient comme un échec aux oreilles des urbains ? Pourquoi avoir déclaré la guerre ? Pourquoi l'accusait-on d'avoir déclencher cette révolution ? Pourquoi la scène international a-t-elle tourné le dos aux rebelles ? Toutes ses questions primordiales méritaient des réponses claires. Il voulait profiter de l'occasion pour améliorer sa réputation. Et jouer la carte de l'honnêteté était la meilleure manière d'améliorer son image.
Marmonnant quelques mots, quelques bouts de phrase à mi-voix, s'arrêtant sur des mots importants, soulignant les passages clés du discours à mettre en valeur, il usait de son perfectionnisme pour faire de cette déclaration un moment politique important. Avec un parti catholique qui ne cessait de gagner de l'influence et de menacer son autorité, il fallait qu'il puisse s'appuyer sur le soutien populaire. Pour cela, il devait, une fois encore, rappeler les ravages de la guerre civile, diaboliser d'avantage la Sainte Alliance - c'était d'ailleurs devenu plus une stratégie qu'une conviction -, rajouter quelques tournures démagogues, utiliser à profusion les mots "peuple", "nation", "patrie", "patriotisme", "honneur/gloire", faire l'éloge du socialisme et louer ses bienfaits. Il travaillait aussi l’intonation. Car elle est toute aussi capitale que les mots qui composent un discours. En vérité, c'est elle qui entraîne la foule, qui donne l'importance aux mots, qui les dote d'un sens, les nuance, et qui rajoute de la force aux paroles que l'on entend. C'était un homme très charismatique et qui su par le passé se montrer brillant lorsqu'il fallait convaincre une assemblée ou une foule. Zamoda avait fait parti, en 2009, de ceux qui haranguaient les citoyens dans les rues, criant des discours anti-monarchiques improvisés mais diaboliquement convainquant. Oui, le président Zamoda faisait parti de l'élite révolutionnaire qui avait entraîné la masse populaire vers le socialisme et mené la rébellion à son terme. C'est pour cela qu'il avait intégré si facilement le Conseil National Révolutionnaire en 2010. À l'époque il n'était un jeune bougon révolutionnaire, passionné par le régime rostov, un kiroviste convaincu qui effrayait et que l'on tentait de raisonner. Personne ne se doutait qu'il serait un jour au commande du pays... grâce à la Rostovie. Il n'avait jamais vraiment été connu jusqu'à son élection, même au sein du parti communiste, mais tous ses amis et ceux avec qui il travaillait reconnaissait son pouvoir de persuasion, sa qualité d'orateur. On dit parfois que c'est la seule qualité dont un dictateur nécessite pour asseoir son autorité. Quoiqu'il en soit, il se fit rapidement repérer par la Main Noire et prit les rennes en quelques semaines. Finalement, il savait qu'il devait tout à la Sainte Alliance. Car si elle n'avait pas tenté de renverser le régime la Main Noire ne serait jamais intervenue... et jamais il n'aurait pu accéder à la présidence...
En fait, s'il s'opposait sans cesse à la Sainte Alliance ce n'était pas parce qu'il était convaincu que cette organisation était menaçante pour son pays. C'était parce que le parti Catholique, son principal rival interne, était de tous les partis politiques valacides, le plus favorable à la Sainte Alliance. Et diaboliser une telle organisation, cela revenait, finalement, à diaboliser le parti catholique. C'était une stratégie politique. Même s'il savait que la Sainte Alliance était une épine dans son pied, il se doutait assurément qu'elle ne pouvait absolument rien contre son pays, du moment que la Rostovie était encore son principal allié. Il en riait de joie même. C'était une joie perverse qu'il avait à insulter le plus durement possible une organisation qui ne pouvait riposter que par quelques phrases dans les journaux ou des missives formelles. Tout cela devenait un jeu, et il s'arrêta de lire son discours tant ses pensées furent abondantes. Il songea à ces monarques qu'il avait traité de singes, de diables, de démons, de crétins, d'empotés, de bedons... Il rit. Il rit si fort que les gardes devant sa porte se demandèrent se qu'il faisait. Puis il sourit, en savourant la puissance que lui accordait son grade. Le président compta avec nonchalance le nombre de page qu'il lui restait à relire et à corriger, en soupirant. Mais il n'eut pas le temps de finir de perfectionner son texte, car on vint toquer à la porte.
Guillermo Zamoda : [voix grave et rauque] Hijos de puta ! J'ai demandé à ne pas être dérangé !
Jeune assistant : Monsieur le président, la foule s'impatiente, nous n'avons plus le temps.
Guillermo Zamoda : Allez vous faire foutre ! Je n'ai pas fini, vous attendrez comme les autres. C'est moi qui suis le chef ici, c'est normal qu'on m'attende.
Jeune assistant : Les gens commencent à partir et leur patience est arrivée à terme. Si vous ne venez pas, vous risquez de faire un discours sans personne pour vous écouter.
Guillermo Zamoda : Todos son enculados... Dîtes-leur que j'arrive et arrêtez de me casser les pieds ! [L'assisant sort] Putain, on n'est jamais tranquile, même chez soi... Quelle bande d'enfoirés. À venir me donner des ordres. Depuis quand c'est la foule qui commande ici ? Depuis quand on ne respecte plus le président ? Tsss, ils mériteraient tous le goulag. Que mierda... [il se lève difficilement de son fauteuil] Vamos !
En sortant, il donna une tape sur la tête d'un garde, uniquement parce qu'il aimait affirmer sa supériorité. Il marchait dans les couloirs de son palais, bravant la chaleur, les escaliers, les nombreuses portes à ouvrir puis fermer. Il était épuisé. Ses derniers jours intenses l'avaient vidé de son énergie. Le congrès du Pacte, très mouvementé, avait aussi fatigué sa vigueur. Il était hyperactif et supportait mal les voyages diplomatiques. Et l'affaire d'Urba n'arrangeait rien. Il avait écrit lui même ce discours, en plusieurs heures. Il était à quelques pas du balcon depuis lequel il allait présenter son discours. On vint délicatement tamponner avec une serviette son front dégoulinant de sueur. Il ordonna qu'on lui apporte un verre de vin frais sur le champs. Il l'avala d'une traite. Il réajusta son uniforme de cérémonie, respira un grand coup, avant de s'élancer face à la foule. On l'acclamait. Ce n'était pas une acclamation très fervente, ce qui le mit d'ailleurs mal à l'aise. Les gens applaudissaient, mais on sentait qu'ils le faisaient par principe et non par passion. Il salua d'une main levée le peuple, avec un sourire de façade, ce sourire qu'il prend toujours avant d'entamer un discours démagogique. Zamoda s'approcha des micros, scruta les horizons pour localiser les caméras qui filmaient l’évènement. Plusieurs média étrangers avaient été invités. Ravalant sa salive, il commença son discours d'un ton grave et solennel, comme il avait l'habitude de faire. Il commençait avec une certaine dureté et dramaturgie, puis terminait sur un vif message d'espoir. Dès les premiers mots, la foule se tut... on n'entendait plus que les mouches voler et le bruit du vent marin, qui ornait de manière répétitive les paroles du président.
Guillermo Zamoda : Mes très chers compatriotes,
Notre patrie, jusqu'à hier, était en état de guerre, vous le savez. Nous avons tous fêtés dignement, à notre manière, l'annonce de la paix. Une paix qui, je l'espère sera durable et permettra à notre région de mieux s'épanouir. Mais avant de vous expliquer cette paix, j'aimerais vous parler du commencement. Ce conflit a débuté au début de l'année. Des paysans et travailleurs de notre pays voisin, Urba, ont commencé à se révolter contre des autorités libérales qui les méprise. Ils ont brandit la bannière rouge et proposé un nouveau modèle de société pour les exclus de ce régime. Pour cette foi en l'égalité et en la solidarité, ils ont été condamnés et insultés par tous ceux qui combattent les peuples révolutionnaires, comme le nôtre. L'OTH, mais aussi, et surtout, la Sainte Alliance. Ceux-là ont accepté qu'Urba devienne libérale il y a quelques années de cela, mais ils ont catégoriquement refusé que les travailleurs puissent prendre le pouvoir sur l'oligarchie libérale, sous prétexte que, selon eux, le communisme n'est pas compatible avec la religion. Il faut tout de même souligner la paradoxe : ils combattent un communisme qui se revendique du catholicisme, au profit d'un libéralisme athée. On voit là que leur seul intérêt est de fragiliser le pouvoir des peuples, en prenant la religion comme un prétexte primordial, qui n'est en vérité, pour eux, que secondaire. Et pour preuve, ils vont même jusqu'à s'allier à des libéraux, qu'ils avaient jugé soit-disant, tout aussi dangereux que nous. Nous avons bien la preuve que non et qu'un complot les lie. Pour assurer la protection des révolutionnaires, qui avaient déclaré leur autonomie, le Valacida a alors décidé de s'allier avec la République Populaire Urbaine. Nos troupes ont franchi la frontière car une lourde menace pesait à l'Ouest et les rebelles demeuraient sans défense. Nous avons été comme un père qui protège son fils. Quelques jours plus tard, des soldats, dont nous ignorions l'identité, ont pris d'assaut des territoires communistes, tuant des soldats valacides, mais aussi des pilotes d'hélicoptères kirepiens désarmés, venus porter main forte, et des urbains. Le Valacida a donc décidé, avec son allié le Lychaka, de déclarer la guerre à ces "soldats de l'ombre", qui massacraient dans la plus grande lâcheté un peuple révolutionnaire. La Fédération d'Aquanox, qui avait récemment annexé, en accord avec l'oligarchie libérale mais en désaccord avec le peuple, la République Urbaine, s'est sentie concernée et a donc considéré que cette déclaration de guerre lui était destinée. Par la suite nous avons découvert que les soldats meurtriers étaient des mercenaires de l'OTH, incontrôlables qui tuaient tout ce qui bougeait parce qu'on leur ordonnait. Mais cela, personne n'a eu le courage de la dénoncer. À la place, on continuait à s'acharner sur ces révoltés ; on les traitait de vendus, de faux, d'infidèles, de mercenaires, de soudoyés. Au même moment, on lançait des assaut, tentait des assassinat, contre un peuple qui n'a rien demandé d'autre que la paix et l'égalité. Pour ces revendications, nombreux ont fini éventrés. Mais voyant la situation dégénérer, l'Assemblée des États a décidé d'organiser en urgence un sommet de résolution du conflit afin de trouver un accord et limiter les massacres. Mais l'ADE a fait l'erreur d'inviter à la table des négociations le gardien de la Sainte Alliance. Car ce dernier a bloqué pendant des heures les négociations. Il avait même des exigences. Il voulait imposer aux camps en guerre ses intérêts, en prétendant représenter le peuple chrétien et ses revendications. Nous les avons donc remis à leur place, car ce gardien là ne représentait guère plus que les intérêts d'une piteuse organisation qui tente de faire de l'ingérence partout où elle le peut, une organisation qui se prétend chrétienne mais qui approuve le colonialisme, une organisation qui croit détenir le monopole de la religion alors qu'au contraire elle la profane sans cesse. Et pourtant, cet homme a rempli son contrat. Il est reparti satisfait d'avoir bloqué les négociations pour mieux revendiquer ses exigences. Et tout cela sur le dos d'un peuple opprimé, dont il n'a rien à faire. Est-ce chrétien cela ? Finalement, nous connaissons déjà le visage de la Sainte Alliance, nous l'avons déjà bien assez vu pendant la guerre civile qu'ils ont organisé. Le résultat ? Des milliers de morts, une société divisée, un peuple traumatisé et une nation à reconstruire. Tout cela pour servir les intérêts de quelques monarques rabougris. Nous sommes mieux placés que quiconque pour savoir à quelle hauteur s'élève l'hypocrisie et l'ignominie de la Sainte Alliance. Car nous l'avons vu de près. De trop près même, et nous en souffrons encore. Un parti de grande influence soutien sans retenue cette organisation meurtrière, le parti Catholique. Il s'agit d'un sbire de la Sainte Alliance, contrôlé par ces bedons de monarques parvenus, dans le but de faire tomber notre régime solidaire et patriote et y instaurer une monarchie esclavagiste, qui deviendra la bouclier de cette Sainte Alliance, un rempart pour leurs intérêts, que l'on n'hésitera pas à sacrifier si besoin. Est-ce cela être chrétien ? Non. Et nous le savons.
Mais la paix est aujourd'hui signée. Elle accorde au pantin de la Sainte Alliance son trône dans sa cité vaticane et un référendum sera organisé rapidement par l'ADE pour régler la question de l'Urba Populaire. Beaucoup voient en cela un échec. Oui, c'en est un. Parce que nous n'avons pas suffisamment été soutenu par nos alliés rostovs, parce que la Sainte Alliance n'aurait jamais fait de concessions et parce que la situation militaire était inquiétante. C'est un échec parce que nous savons bien que la Fédération d'Aquanox fera tout pour empêcher la RPU d'exister, avec le soutien inconditionnel de l'OTH. C'est aussi un échec parce que cela signifie que désormais les peuples n'ont plus de légitimé, ils peuvent être violés, dupés, tués, exploités, sans gêne, et on continuera à les réprimer quand ils feront entendre leur colère. Nous devrons lutter pour que cela cesse. C'est notre combat, avec le Pacte de Novgorod, contre la Sainte Alliance et contre les forces libérales. Libérer les peuples est la plus belle des missions, peu importe le prix à payer. Je donnerais ma vie pour que chaque homme sur terre puisse être libre et l'égal de son voisin. Je donnerais ma vie pour que chaque peuple s'entraide et soit solidaire. L'homme est un spécimen qui ne peut vivre solitairement. Il a toujours besoin d'une famille ou d'une tribu. Cette tribu c'est la terre. Et si nous ne détruisons pas les forces qui empêchent cette union, jamais la liberté et l'égalité n'existeront. C'est pour cela qu'il faut préserver notre précieux régime. Car s'il venait à tomber, nous sombrerions dans la misère, dans l'esclavagisme et le mépris. Soyons dignes et soyons forts. Fêtons cette paix, non pas parce qu'elle nous est profitable - car c'est faux -, mais parce qu'elle signifie que notre pays ne connaîtra pas les misères de la guerre et parce que nous pouvons désormais serrer notre famille dans nos bras, sans se demander si cet amour sera détruit ou non par la mort. Fêtons la paix, parce que la guerre est horrible. Fêtons la paix, avec en mémoire, les peuples urbains de l'Est, apportons-leur le soutien moral qu'ils méritent. Et nous n'aurons de cesse de les soutenir. Je ferais tout ce qui est en mon pouvoir pour les libérer et gagner le référendum. Peuple valacide, nous devons désormais nous unir derrière la cause des urbains de l'Est. Nous ferons campagne pour le référendum depuis chez nous. Car ils le méritent, et je ne supporterais pas de les voir à nouveau opprimés et réprimés.
Vive la République.
Vive le Valacida.
L'ovation fut plus importante qu'au début du discours. L'hymne valacide retentit et on mit la main sur son cœur. À la fin de la mélodie, on criait en chœur dans la foule : « Zamoda ! El divino Zamoda ! Protector de la patria ! ». Le président valacide salua une dernière fois la foule avant de retourner dans son palais et de s'avachir à nouveau derrière son bureau. Il était assommé par la chaleur. Le temps était lourd. On entra.
Jeune assistant : Vous avez été formidable monsieur le président ! Clair, honnête, vif. Vous n'avez fait aucune erreur, pas de cafouillage ou de bégaiement. Je ne doute pas de la réussite de ce discours. Les caméras ont tout enregistré, et votre allocution a été diffusée en direct sur la chaîne nationale. Pour les diffusions internationales il faudra attendre un peu. Je vous laisse vous reposer. Encore bravo.
[img]http://img201.imageshack.us/img201/3772/dclaration.jpg[/img]</center>
Zamoda était dans son palais présidentiel. Il se frottait le menton en relisant son discours. Il était avachi sur un fauteuil en cuir, celui de son bureau. Personne ne pouvait entrer le déranger, selon ses instruction. Dehors, des milliers de valacides s'étaient rassemblés pour écouter son discours. Tous n'étaient pas des partisans du président kiroviste. D'ailleurs, peu de dirigeants au monde avaient une aussi mauvaise réputation que Zamoda, excepté Barka. Pourtant, il était très actif et peu de présidents auraient eu l'énergie et le courage de faire autant de choses, de taper aussi souvent le poing sur la table. Il était dévoué, malgré tout. On lui reprochait son arrivisme, ses méthodes radicales et ultra-totalitaires. Malgré son laxisme, Barka avait été apprécié pour sa tolérance et sa modération (du moins avant qu'il ne perde la raison). Le Valacida barkiste était plus accueillant, plus épanoui que le Valacida de Zamoda. Le kirovisme est une idéologie sombre, que peu de valacides approuvent. Mais elle s'est imposée à eux. Et personne ne voulait revivre une nouvelle guerre civile. On acceptait donc d'être dirigé par un président brutal et sans gêne, avec lequel on partage peu de valeurs, sinon le patriotisme.
Le président valacide, était donc sur le point de franchir le seuil de son balcon, pour s'adresser à une foule de spectateurs. Il voulait s'exprimer sur l'affaire d'Urba et s'adresser aux urbains prolétaires, car son discours allait être diffusé sur plusieurs chaînes internationales. Il voulait rassurer, informer, mais aussi, et surtout, s'expliquer. Pourquoi les négociations résonnaient comme un échec aux oreilles des urbains ? Pourquoi avoir déclaré la guerre ? Pourquoi l'accusait-on d'avoir déclencher cette révolution ? Pourquoi la scène international a-t-elle tourné le dos aux rebelles ? Toutes ses questions primordiales méritaient des réponses claires. Il voulait profiter de l'occasion pour améliorer sa réputation. Et jouer la carte de l'honnêteté était la meilleure manière d'améliorer son image.
Marmonnant quelques mots, quelques bouts de phrase à mi-voix, s'arrêtant sur des mots importants, soulignant les passages clés du discours à mettre en valeur, il usait de son perfectionnisme pour faire de cette déclaration un moment politique important. Avec un parti catholique qui ne cessait de gagner de l'influence et de menacer son autorité, il fallait qu'il puisse s'appuyer sur le soutien populaire. Pour cela, il devait, une fois encore, rappeler les ravages de la guerre civile, diaboliser d'avantage la Sainte Alliance - c'était d'ailleurs devenu plus une stratégie qu'une conviction -, rajouter quelques tournures démagogues, utiliser à profusion les mots "peuple", "nation", "patrie", "patriotisme", "honneur/gloire", faire l'éloge du socialisme et louer ses bienfaits. Il travaillait aussi l’intonation. Car elle est toute aussi capitale que les mots qui composent un discours. En vérité, c'est elle qui entraîne la foule, qui donne l'importance aux mots, qui les dote d'un sens, les nuance, et qui rajoute de la force aux paroles que l'on entend. C'était un homme très charismatique et qui su par le passé se montrer brillant lorsqu'il fallait convaincre une assemblée ou une foule. Zamoda avait fait parti, en 2009, de ceux qui haranguaient les citoyens dans les rues, criant des discours anti-monarchiques improvisés mais diaboliquement convainquant. Oui, le président Zamoda faisait parti de l'élite révolutionnaire qui avait entraîné la masse populaire vers le socialisme et mené la rébellion à son terme. C'est pour cela qu'il avait intégré si facilement le Conseil National Révolutionnaire en 2010. À l'époque il n'était un jeune bougon révolutionnaire, passionné par le régime rostov, un kiroviste convaincu qui effrayait et que l'on tentait de raisonner. Personne ne se doutait qu'il serait un jour au commande du pays... grâce à la Rostovie. Il n'avait jamais vraiment été connu jusqu'à son élection, même au sein du parti communiste, mais tous ses amis et ceux avec qui il travaillait reconnaissait son pouvoir de persuasion, sa qualité d'orateur. On dit parfois que c'est la seule qualité dont un dictateur nécessite pour asseoir son autorité. Quoiqu'il en soit, il se fit rapidement repérer par la Main Noire et prit les rennes en quelques semaines. Finalement, il savait qu'il devait tout à la Sainte Alliance. Car si elle n'avait pas tenté de renverser le régime la Main Noire ne serait jamais intervenue... et jamais il n'aurait pu accéder à la présidence...
En fait, s'il s'opposait sans cesse à la Sainte Alliance ce n'était pas parce qu'il était convaincu que cette organisation était menaçante pour son pays. C'était parce que le parti Catholique, son principal rival interne, était de tous les partis politiques valacides, le plus favorable à la Sainte Alliance. Et diaboliser une telle organisation, cela revenait, finalement, à diaboliser le parti catholique. C'était une stratégie politique. Même s'il savait que la Sainte Alliance était une épine dans son pied, il se doutait assurément qu'elle ne pouvait absolument rien contre son pays, du moment que la Rostovie était encore son principal allié. Il en riait de joie même. C'était une joie perverse qu'il avait à insulter le plus durement possible une organisation qui ne pouvait riposter que par quelques phrases dans les journaux ou des missives formelles. Tout cela devenait un jeu, et il s'arrêta de lire son discours tant ses pensées furent abondantes. Il songea à ces monarques qu'il avait traité de singes, de diables, de démons, de crétins, d'empotés, de bedons... Il rit. Il rit si fort que les gardes devant sa porte se demandèrent se qu'il faisait. Puis il sourit, en savourant la puissance que lui accordait son grade. Le président compta avec nonchalance le nombre de page qu'il lui restait à relire et à corriger, en soupirant. Mais il n'eut pas le temps de finir de perfectionner son texte, car on vint toquer à la porte.
Guillermo Zamoda : [voix grave et rauque] Hijos de puta ! J'ai demandé à ne pas être dérangé !
Jeune assistant : Monsieur le président, la foule s'impatiente, nous n'avons plus le temps.
Guillermo Zamoda : Allez vous faire foutre ! Je n'ai pas fini, vous attendrez comme les autres. C'est moi qui suis le chef ici, c'est normal qu'on m'attende.
Jeune assistant : Les gens commencent à partir et leur patience est arrivée à terme. Si vous ne venez pas, vous risquez de faire un discours sans personne pour vous écouter.
Guillermo Zamoda : Todos son enculados... Dîtes-leur que j'arrive et arrêtez de me casser les pieds ! [L'assisant sort] Putain, on n'est jamais tranquile, même chez soi... Quelle bande d'enfoirés. À venir me donner des ordres. Depuis quand c'est la foule qui commande ici ? Depuis quand on ne respecte plus le président ? Tsss, ils mériteraient tous le goulag. Que mierda... [il se lève difficilement de son fauteuil] Vamos !
En sortant, il donna une tape sur la tête d'un garde, uniquement parce qu'il aimait affirmer sa supériorité. Il marchait dans les couloirs de son palais, bravant la chaleur, les escaliers, les nombreuses portes à ouvrir puis fermer. Il était épuisé. Ses derniers jours intenses l'avaient vidé de son énergie. Le congrès du Pacte, très mouvementé, avait aussi fatigué sa vigueur. Il était hyperactif et supportait mal les voyages diplomatiques. Et l'affaire d'Urba n'arrangeait rien. Il avait écrit lui même ce discours, en plusieurs heures. Il était à quelques pas du balcon depuis lequel il allait présenter son discours. On vint délicatement tamponner avec une serviette son front dégoulinant de sueur. Il ordonna qu'on lui apporte un verre de vin frais sur le champs. Il l'avala d'une traite. Il réajusta son uniforme de cérémonie, respira un grand coup, avant de s'élancer face à la foule. On l'acclamait. Ce n'était pas une acclamation très fervente, ce qui le mit d'ailleurs mal à l'aise. Les gens applaudissaient, mais on sentait qu'ils le faisaient par principe et non par passion. Il salua d'une main levée le peuple, avec un sourire de façade, ce sourire qu'il prend toujours avant d'entamer un discours démagogique. Zamoda s'approcha des micros, scruta les horizons pour localiser les caméras qui filmaient l’évènement. Plusieurs média étrangers avaient été invités. Ravalant sa salive, il commença son discours d'un ton grave et solennel, comme il avait l'habitude de faire. Il commençait avec une certaine dureté et dramaturgie, puis terminait sur un vif message d'espoir. Dès les premiers mots, la foule se tut... on n'entendait plus que les mouches voler et le bruit du vent marin, qui ornait de manière répétitive les paroles du président.
Guillermo Zamoda : Mes très chers compatriotes,
Notre patrie, jusqu'à hier, était en état de guerre, vous le savez. Nous avons tous fêtés dignement, à notre manière, l'annonce de la paix. Une paix qui, je l'espère sera durable et permettra à notre région de mieux s'épanouir. Mais avant de vous expliquer cette paix, j'aimerais vous parler du commencement. Ce conflit a débuté au début de l'année. Des paysans et travailleurs de notre pays voisin, Urba, ont commencé à se révolter contre des autorités libérales qui les méprise. Ils ont brandit la bannière rouge et proposé un nouveau modèle de société pour les exclus de ce régime. Pour cette foi en l'égalité et en la solidarité, ils ont été condamnés et insultés par tous ceux qui combattent les peuples révolutionnaires, comme le nôtre. L'OTH, mais aussi, et surtout, la Sainte Alliance. Ceux-là ont accepté qu'Urba devienne libérale il y a quelques années de cela, mais ils ont catégoriquement refusé que les travailleurs puissent prendre le pouvoir sur l'oligarchie libérale, sous prétexte que, selon eux, le communisme n'est pas compatible avec la religion. Il faut tout de même souligner la paradoxe : ils combattent un communisme qui se revendique du catholicisme, au profit d'un libéralisme athée. On voit là que leur seul intérêt est de fragiliser le pouvoir des peuples, en prenant la religion comme un prétexte primordial, qui n'est en vérité, pour eux, que secondaire. Et pour preuve, ils vont même jusqu'à s'allier à des libéraux, qu'ils avaient jugé soit-disant, tout aussi dangereux que nous. Nous avons bien la preuve que non et qu'un complot les lie. Pour assurer la protection des révolutionnaires, qui avaient déclaré leur autonomie, le Valacida a alors décidé de s'allier avec la République Populaire Urbaine. Nos troupes ont franchi la frontière car une lourde menace pesait à l'Ouest et les rebelles demeuraient sans défense. Nous avons été comme un père qui protège son fils. Quelques jours plus tard, des soldats, dont nous ignorions l'identité, ont pris d'assaut des territoires communistes, tuant des soldats valacides, mais aussi des pilotes d'hélicoptères kirepiens désarmés, venus porter main forte, et des urbains. Le Valacida a donc décidé, avec son allié le Lychaka, de déclarer la guerre à ces "soldats de l'ombre", qui massacraient dans la plus grande lâcheté un peuple révolutionnaire. La Fédération d'Aquanox, qui avait récemment annexé, en accord avec l'oligarchie libérale mais en désaccord avec le peuple, la République Urbaine, s'est sentie concernée et a donc considéré que cette déclaration de guerre lui était destinée. Par la suite nous avons découvert que les soldats meurtriers étaient des mercenaires de l'OTH, incontrôlables qui tuaient tout ce qui bougeait parce qu'on leur ordonnait. Mais cela, personne n'a eu le courage de la dénoncer. À la place, on continuait à s'acharner sur ces révoltés ; on les traitait de vendus, de faux, d'infidèles, de mercenaires, de soudoyés. Au même moment, on lançait des assaut, tentait des assassinat, contre un peuple qui n'a rien demandé d'autre que la paix et l'égalité. Pour ces revendications, nombreux ont fini éventrés. Mais voyant la situation dégénérer, l'Assemblée des États a décidé d'organiser en urgence un sommet de résolution du conflit afin de trouver un accord et limiter les massacres. Mais l'ADE a fait l'erreur d'inviter à la table des négociations le gardien de la Sainte Alliance. Car ce dernier a bloqué pendant des heures les négociations. Il avait même des exigences. Il voulait imposer aux camps en guerre ses intérêts, en prétendant représenter le peuple chrétien et ses revendications. Nous les avons donc remis à leur place, car ce gardien là ne représentait guère plus que les intérêts d'une piteuse organisation qui tente de faire de l'ingérence partout où elle le peut, une organisation qui se prétend chrétienne mais qui approuve le colonialisme, une organisation qui croit détenir le monopole de la religion alors qu'au contraire elle la profane sans cesse. Et pourtant, cet homme a rempli son contrat. Il est reparti satisfait d'avoir bloqué les négociations pour mieux revendiquer ses exigences. Et tout cela sur le dos d'un peuple opprimé, dont il n'a rien à faire. Est-ce chrétien cela ? Finalement, nous connaissons déjà le visage de la Sainte Alliance, nous l'avons déjà bien assez vu pendant la guerre civile qu'ils ont organisé. Le résultat ? Des milliers de morts, une société divisée, un peuple traumatisé et une nation à reconstruire. Tout cela pour servir les intérêts de quelques monarques rabougris. Nous sommes mieux placés que quiconque pour savoir à quelle hauteur s'élève l'hypocrisie et l'ignominie de la Sainte Alliance. Car nous l'avons vu de près. De trop près même, et nous en souffrons encore. Un parti de grande influence soutien sans retenue cette organisation meurtrière, le parti Catholique. Il s'agit d'un sbire de la Sainte Alliance, contrôlé par ces bedons de monarques parvenus, dans le but de faire tomber notre régime solidaire et patriote et y instaurer une monarchie esclavagiste, qui deviendra la bouclier de cette Sainte Alliance, un rempart pour leurs intérêts, que l'on n'hésitera pas à sacrifier si besoin. Est-ce cela être chrétien ? Non. Et nous le savons.
Mais la paix est aujourd'hui signée. Elle accorde au pantin de la Sainte Alliance son trône dans sa cité vaticane et un référendum sera organisé rapidement par l'ADE pour régler la question de l'Urba Populaire. Beaucoup voient en cela un échec. Oui, c'en est un. Parce que nous n'avons pas suffisamment été soutenu par nos alliés rostovs, parce que la Sainte Alliance n'aurait jamais fait de concessions et parce que la situation militaire était inquiétante. C'est un échec parce que nous savons bien que la Fédération d'Aquanox fera tout pour empêcher la RPU d'exister, avec le soutien inconditionnel de l'OTH. C'est aussi un échec parce que cela signifie que désormais les peuples n'ont plus de légitimé, ils peuvent être violés, dupés, tués, exploités, sans gêne, et on continuera à les réprimer quand ils feront entendre leur colère. Nous devrons lutter pour que cela cesse. C'est notre combat, avec le Pacte de Novgorod, contre la Sainte Alliance et contre les forces libérales. Libérer les peuples est la plus belle des missions, peu importe le prix à payer. Je donnerais ma vie pour que chaque homme sur terre puisse être libre et l'égal de son voisin. Je donnerais ma vie pour que chaque peuple s'entraide et soit solidaire. L'homme est un spécimen qui ne peut vivre solitairement. Il a toujours besoin d'une famille ou d'une tribu. Cette tribu c'est la terre. Et si nous ne détruisons pas les forces qui empêchent cette union, jamais la liberté et l'égalité n'existeront. C'est pour cela qu'il faut préserver notre précieux régime. Car s'il venait à tomber, nous sombrerions dans la misère, dans l'esclavagisme et le mépris. Soyons dignes et soyons forts. Fêtons cette paix, non pas parce qu'elle nous est profitable - car c'est faux -, mais parce qu'elle signifie que notre pays ne connaîtra pas les misères de la guerre et parce que nous pouvons désormais serrer notre famille dans nos bras, sans se demander si cet amour sera détruit ou non par la mort. Fêtons la paix, parce que la guerre est horrible. Fêtons la paix, avec en mémoire, les peuples urbains de l'Est, apportons-leur le soutien moral qu'ils méritent. Et nous n'aurons de cesse de les soutenir. Je ferais tout ce qui est en mon pouvoir pour les libérer et gagner le référendum. Peuple valacide, nous devons désormais nous unir derrière la cause des urbains de l'Est. Nous ferons campagne pour le référendum depuis chez nous. Car ils le méritent, et je ne supporterais pas de les voir à nouveau opprimés et réprimés.
Vive la République.
Vive le Valacida.
L'ovation fut plus importante qu'au début du discours. L'hymne valacide retentit et on mit la main sur son cœur. À la fin de la mélodie, on criait en chœur dans la foule : « Zamoda ! El divino Zamoda ! Protector de la patria ! ». Le président valacide salua une dernière fois la foule avant de retourner dans son palais et de s'avachir à nouveau derrière son bureau. Il était assommé par la chaleur. Le temps était lourd. On entra.
Jeune assistant : Vous avez été formidable monsieur le président ! Clair, honnête, vif. Vous n'avez fait aucune erreur, pas de cafouillage ou de bégaiement. Je ne doute pas de la réussite de ce discours. Les caméras ont tout enregistré, et votre allocution a été diffusée en direct sur la chaîne nationale. Pour les diffusions internationales il faudra attendre un peu. Je vous laisse vous reposer. Encore bravo.
-
Jacinto
<center>La mort ne rôde jamais bien loin
[ SECRET ]
[img]http://img196.imageshack.us/img196/2082/mainsang.png[/img]
</center>
- - - - - - - - - - Voilà bientôt 2 ans que je manie d'une poigne de fer les rennes de ce pays. La fatigue du travail me tue, l'angoisse me ronge et l'impopularité m’assomme. J'ai connu les facettes les plus sombres de ma fonction, jusqu'à entrer en dépression. Et oui... Voilà deux ans déjà que je m'éreinte et met toute mon énergie en faveur des intérêts de ce pays. El glorioso Valacida. Mais aujourd'hui je suis faible et à la merci de tous. Mes adversaires se multiplient, dehors et dedans. Mes amis d'autrefois m'ont abandonné à mesure que la difficulté de mon devoir a pris le dessus. Ceux qui convoitent ma place se réjouissent de mes échecs et prient chaque jour pour que la mort me prenne plus vite. Cette vie me tourmente et je n'ai plus la force de continuer ma lutte. Le pouvoir m'a détruit. L'humble paysan que j'étais est devenu le vieillard joufflu et capricieux que je suis. Je n'ose m'avouer vaincu. Vaincu par la tâche, moi, chef incontestable, rattrapé par la vie... et la mort... si vite. Sans me l'avouer, je me savais déjà perdant. Ma place est déjà à vendre depuis des mois, mes concurrents le savent. Je les entends déjà se réjouir discrètement de ma mort politique. Si j'abandonne mon poste, je serais écrasé par mon successeur. Et que retiendra-t-on de moi ? Un vil président impatient et colérique au bilan mitigé. J'ai tant de regrets. Maintenant que j'en suis au point d'envisager de laisser ma place, je me remémore chaque jour passé à diriger le Valacida. Je vois des erreurs, des réussites, des décisions douloureuses. Je pense que je vais désormais passer le restant de mon existence à regretter tout ce que je n'ai pas pu faire et à me repentir de tout ce que j'ai pu accomplir de sombre. Sans doute serais-je plus pieux dans mes dernières heures que je ne l'ai été durant toute ma vie. Je crois que je n'ai jamais compris Dieu... et il ne m'a jamais vraiment compris. Je me suis trop souvent cru au dessus de ses lois et il m'a trop souvent ignoré. Lorsque j'ai fait appel à lui, il ne m'a jamais montré sa clémence. Et aujourd'hui que je comprends mon destin de simple mortel, je devine toute l'importance que j'aurais dû accorder à sa divine personne. Dieu pitié... Dieu ayez pitié de moi. Donnez moi la force de survivre et de changer. Laissez moi l'opportunité de devenir meilleur. Je ne saurais assez vous implorer pardon. Mes fautes sont grandes et le temps qu'il me reste à vivre ne sera jamais assez long pour que je puisse m'en repentir. Je vous demande, au nom de tout ce que j'ai de plus cher, de bien vouloir pardonner le misérable égaré que je suis. Je n'ai pas compris le sens de la vie. J'ai besoin d'elle aujourd'hui pour faire de cette terre un monde meilleur, avec votre aide. Ne laissez pas la corruption des hommes qui convoitent ma place gagner ce pays. Cette patrie est ce qu'il y a de plus cher, de plus beau, de plus douloureux. Telle la passion de notre bien aimé sauveur. [Larmes] Señor Dios, por favor. Con tal de que acepte usted perdonarme algún día... Amen.
- - - - - - - - - - L'homme aux traits marqués par la fatigue s'écroula par terre. Depuis la mort de son fils et la guérison de son cancer, el señor Zamoda était plus faible que jamais. À cela s'est ajouté l'échec de ses grandes ambitions pour le socialisme alméran. Sa tristesse et son effroi ce sont traduit par une obscure dépression. Sans toutefois penser jusqu'au suicide, Zamoda a sombré dans l'isolement. Avec lui, il a emporté son pays. Tous deux ont plongé dans la plus profonde des solitude. Lui, en refusant toute autre présence que sa femme pour pleurer son enfant et ses regrets ; le Valacida, en sombrant dans l'autarcie la plus totale. La pièce était sombre. Les volets étaient restés fermés, selon ses ordres, malgré un fugace zénith. Mais lorsqu'il se prosterna sur le sol pour embrasser les pieds de la statue du Christ crucifié, sculptée dans le bois, une nouvelle assistante vint troubler ses lamentations.
Jeune assistante : <g> Désolé, monsieur le président, je ne pensais pas vous déranger. Je repasserai.
Guillermo Zamoda : <observant> Non, restez. Restez, je vous en prie. Ce sont les médecins qui vous envoient ? Ils croient que je suis devenu fou. Ne les écoutez pas. Qu'ont-t-ils dit à propos de mon traitement ?
Jeune assistante : Ils m'ont demandé de vous administrer le contenu de cette seringue. Elle vous soulagera définitivement de vos séquelles, si Dieu le veut.
Guillermo Zamoda : Oui... si seulement Dieu voulait bien... Prions pour que cesse mes tracas. Je sais que Dieu m'a seulement pris temporairement ma force. Je l'implore pour qu'il veuille bien me pardonner et me la rendre.
Jeune assistante : Dieu est imprévisible. Tendez le bras s'il vous plaît. Voilà comme ça. Attention la seringue est épaisse.
Guillermo Zamoda : Je n'ai presque rien senti. D'ailleurs depuis quelque temps je ne ressens plus rien.
Jeune assistante : Et voilà, terminé. Je passerai ce soir pour vérifier votre état de santé. Bonne journée monsieur le Président.
- - - - - - - - - - La jolie femme ressortit et la pièce fut de nouveau plongée dans l'obscurité. Le président se sentait bizarrement mieux. Son corps reprenait de la chaleur rapidement et sa peau rougit. Croyant à un miracle de Dieu, il se précipita vers la statue du christ, lorsque soudain... une douleur le paralysa. Elle venait du torse... elle remontait très vite vers le larynx, puis la gorge. Elle brûlait. Un toux de sang jaillit de l'intérieur de sa bouche et s'étala sur le corps en bois du Christ. Immobilisé par la douleur et la peur, Zamoda paniqua. Son cœur palpitait, son sang tambourinait dans ses oreilles. Les yeux se crispèrent et le désespoir s'ancra sur son visage à jamais. Les gémissement muets se turent. Le corps était étalé sur le sol. Le visage était inerte. Les mains, couvertes de sang étaient contre la bouche de laquelle s'écoulait un fin filet de sang. Il n'avait effectivement jamais compris Dieu. Mais Dieu l'avait compris depuis le début.
[ SECRET ]
[img]http://img196.imageshack.us/img196/2082/mainsang.png[/img]
</center>
- - - - - - - - - - Voilà bientôt 2 ans que je manie d'une poigne de fer les rennes de ce pays. La fatigue du travail me tue, l'angoisse me ronge et l'impopularité m’assomme. J'ai connu les facettes les plus sombres de ma fonction, jusqu'à entrer en dépression. Et oui... Voilà deux ans déjà que je m'éreinte et met toute mon énergie en faveur des intérêts de ce pays. El glorioso Valacida. Mais aujourd'hui je suis faible et à la merci de tous. Mes adversaires se multiplient, dehors et dedans. Mes amis d'autrefois m'ont abandonné à mesure que la difficulté de mon devoir a pris le dessus. Ceux qui convoitent ma place se réjouissent de mes échecs et prient chaque jour pour que la mort me prenne plus vite. Cette vie me tourmente et je n'ai plus la force de continuer ma lutte. Le pouvoir m'a détruit. L'humble paysan que j'étais est devenu le vieillard joufflu et capricieux que je suis. Je n'ose m'avouer vaincu. Vaincu par la tâche, moi, chef incontestable, rattrapé par la vie... et la mort... si vite. Sans me l'avouer, je me savais déjà perdant. Ma place est déjà à vendre depuis des mois, mes concurrents le savent. Je les entends déjà se réjouir discrètement de ma mort politique. Si j'abandonne mon poste, je serais écrasé par mon successeur. Et que retiendra-t-on de moi ? Un vil président impatient et colérique au bilan mitigé. J'ai tant de regrets. Maintenant que j'en suis au point d'envisager de laisser ma place, je me remémore chaque jour passé à diriger le Valacida. Je vois des erreurs, des réussites, des décisions douloureuses. Je pense que je vais désormais passer le restant de mon existence à regretter tout ce que je n'ai pas pu faire et à me repentir de tout ce que j'ai pu accomplir de sombre. Sans doute serais-je plus pieux dans mes dernières heures que je ne l'ai été durant toute ma vie. Je crois que je n'ai jamais compris Dieu... et il ne m'a jamais vraiment compris. Je me suis trop souvent cru au dessus de ses lois et il m'a trop souvent ignoré. Lorsque j'ai fait appel à lui, il ne m'a jamais montré sa clémence. Et aujourd'hui que je comprends mon destin de simple mortel, je devine toute l'importance que j'aurais dû accorder à sa divine personne. Dieu pitié... Dieu ayez pitié de moi. Donnez moi la force de survivre et de changer. Laissez moi l'opportunité de devenir meilleur. Je ne saurais assez vous implorer pardon. Mes fautes sont grandes et le temps qu'il me reste à vivre ne sera jamais assez long pour que je puisse m'en repentir. Je vous demande, au nom de tout ce que j'ai de plus cher, de bien vouloir pardonner le misérable égaré que je suis. Je n'ai pas compris le sens de la vie. J'ai besoin d'elle aujourd'hui pour faire de cette terre un monde meilleur, avec votre aide. Ne laissez pas la corruption des hommes qui convoitent ma place gagner ce pays. Cette patrie est ce qu'il y a de plus cher, de plus beau, de plus douloureux. Telle la passion de notre bien aimé sauveur. [Larmes] Señor Dios, por favor. Con tal de que acepte usted perdonarme algún día... Amen.
- - - - - - - - - - L'homme aux traits marqués par la fatigue s'écroula par terre. Depuis la mort de son fils et la guérison de son cancer, el señor Zamoda était plus faible que jamais. À cela s'est ajouté l'échec de ses grandes ambitions pour le socialisme alméran. Sa tristesse et son effroi ce sont traduit par une obscure dépression. Sans toutefois penser jusqu'au suicide, Zamoda a sombré dans l'isolement. Avec lui, il a emporté son pays. Tous deux ont plongé dans la plus profonde des solitude. Lui, en refusant toute autre présence que sa femme pour pleurer son enfant et ses regrets ; le Valacida, en sombrant dans l'autarcie la plus totale. La pièce était sombre. Les volets étaient restés fermés, selon ses ordres, malgré un fugace zénith. Mais lorsqu'il se prosterna sur le sol pour embrasser les pieds de la statue du Christ crucifié, sculptée dans le bois, une nouvelle assistante vint troubler ses lamentations.
Jeune assistante : <g> Désolé, monsieur le président, je ne pensais pas vous déranger. Je repasserai.
Guillermo Zamoda : <observant> Non, restez. Restez, je vous en prie. Ce sont les médecins qui vous envoient ? Ils croient que je suis devenu fou. Ne les écoutez pas. Qu'ont-t-ils dit à propos de mon traitement ?
Jeune assistante : Ils m'ont demandé de vous administrer le contenu de cette seringue. Elle vous soulagera définitivement de vos séquelles, si Dieu le veut.
Guillermo Zamoda : Oui... si seulement Dieu voulait bien... Prions pour que cesse mes tracas. Je sais que Dieu m'a seulement pris temporairement ma force. Je l'implore pour qu'il veuille bien me pardonner et me la rendre.
Jeune assistante : Dieu est imprévisible. Tendez le bras s'il vous plaît. Voilà comme ça. Attention la seringue est épaisse.
Guillermo Zamoda : Je n'ai presque rien senti. D'ailleurs depuis quelque temps je ne ressens plus rien.
Jeune assistante : Et voilà, terminé. Je passerai ce soir pour vérifier votre état de santé. Bonne journée monsieur le Président.
- - - - - - - - - - La jolie femme ressortit et la pièce fut de nouveau plongée dans l'obscurité. Le président se sentait bizarrement mieux. Son corps reprenait de la chaleur rapidement et sa peau rougit. Croyant à un miracle de Dieu, il se précipita vers la statue du christ, lorsque soudain... une douleur le paralysa. Elle venait du torse... elle remontait très vite vers le larynx, puis la gorge. Elle brûlait. Un toux de sang jaillit de l'intérieur de sa bouche et s'étala sur le corps en bois du Christ. Immobilisé par la douleur et la peur, Zamoda paniqua. Son cœur palpitait, son sang tambourinait dans ses oreilles. Les yeux se crispèrent et le désespoir s'ancra sur son visage à jamais. Les gémissement muets se turent. Le corps était étalé sur le sol. Le visage était inerte. Les mains, couvertes de sang étaient contre la bouche de laquelle s'écoulait un fin filet de sang. Il n'avait effectivement jamais compris Dieu. Mais Dieu l'avait compris depuis le début.
-
Jacinto
<center>« Quand la mort rentre en son palais avec son tombereau terrible dont la roue
silencieuse, laisse un sillon dans la boue qui se remplit de sang sitôt qu'elle a passé. »
- Victor Hugo, L'échafaud (1856)
SUITE
[img]http://img42.imageshack.us/img42/5737/deado.png[/img]
[ SECRET ]</center>
- - - - - - - - - - Miguel et Jorge étaient deux jeunes recrues du ministère de la défense. Ils marchaient sereinement dans les couloirs du palais présidentiel, scrutant chaque porte ouverte en espérerant y apercevoir une jolie secrétaire. L'un d'entre eux, Jorge, détenait un document confidentiel à ne pas mettre entre toutes les mains. Il racontait des blagues à son camarade, sans se douter que son destin serait bouleversé dans les minutes qui allaient suivre. Jorge faisait partie de cette catégorie de la population sans intérêt, qui remplit son devoir sans réfléchir, sans faire plus qu'il n'est demander, ni moins. Cette partie de la population dont le cerveau a été formaté pour obéir et ne croire qu'en ses supérieurs. Il aimait faire le mariole avec ses amis, il aimait s'amuser avec les femmes, il aimait boire, il aimait se battre, comme beaucoup de son grade. Il n'avait rien de si particulier. Pourtant, Dieu choisit cet Homme. Lui, Jorge Buriñoz, 27 ans, né à Hornoz le 14 Août 1992 d'un couple d'artisans. Il allait passer de simple pion dans l’échiquier national, à Héros secret et ordinaire de tout un peuple. Et ce, par la simple grâce de Dieu.
- - - - - - - - - - Ainsi, il marchait comme un imbécile. Il n'avait pas le génie d'un tacticien, ni le physique d'un combattant. Un de ceux qui finiraient comme des minables dans les couloirs administratifs à signer des papiers et trier le courrier des gradés. Mais pour la première fois il aura l'opportunité de changer sa vie et celle de tous les valacides. Saluant son ami avant de se séparer de lui, il toqua dans une des innombrables portes du palais, celle-ci s'ouvrit quasi immédiatement. La belle secrétaire qu'il espérait tant croiser dans ce couloir était alors sous ses yeux. Elle s'avança, le scruta rapidement et l'interrogea d'un ton froid et distant : " Eres Jorge ? ". Il acquiesça timidement, comme le minable qu'il était. Elle le conduit à travers le palais jusqu'à la porte des appartements présidentiels. Il toqua... une fois. Puis deux. Et encore une fois. Alors qu'elle s'apprêtait à partir, ennuyée d'attendre que le président daigne sortir, Jorge ouvrit la porte.
Jorge : [ ressortant immédiatement en claquant la porte et gueulant d'un ton affolé ] ¡ Mierda ! Oh... ¡ Joder ! [mettant ses mains sur son visage pour cacher sa peur ] ... Jesus Maria...
- - - - - - - - - - La secrétaire, entendant les cris de Jorge, se retourna et le rejoignit. Elle lui demanda ce qu'il avait, les sourcils froncés. Il n'osa répondre. Elle empoigna la porte, entra, et, elle aussi, la referma aussitôt, en esquissant un cri volontairement atténué. Elle voulait prévenir tout le monde, mais un éclair divin retentit dans la tête de Jorge, qui la prit par le bras et la ramena vers lui.
Jorge : Ne faîtes pas ça. Surtout pas. Vous nous mettriez tous en péril. Tous ces hommes que vous voyez défiler dans les couloirs sont des corrompus avides de pouvoir. Le premier à apprendre que la place du chef suprême est à prendre en profitera pour s'en emparer. Par la diplomatie ou la force. Et nous sombrerons à nouveau en pleine guerre civile.
Secrétaire : [encore sous le choc] Nous n'avons pas le choix. Le Valacida ne saurait être sans président.
Jorge : Vous semblez ne pas m'avoir compris. La plupart des hommes politiques de ce pays espèrent la mort la plus rapide du président pour se disputer sa place sur sa dépouille. Si nous l'annonçons maintenant, nous donnerons une longueur d'avance à ceux qui convoitent cette place. Nous devons faire vite si nous voulons éviter le pire.
Secrétaire : Je crois que je ne vous comprends pas. Que voulez-vous faire ?
Jorge : [d'un ton héroïque qui ne lui ressemblait pas] Ce que nous aurions dû faire depuis longtemps.
- - - - - - - - - - Jorge entraîna Miranda, la jeune secrétaire, dans la pièce sombre où gisait le cadavre encore chaud du président. Il verrouilla la porte, puis demanda à Miranda de composer le numéro du secrétariat de la présidente du Conseil National. Cette dernière était nulle autre que Justina Borchada, membre du Parti Catholique et partisane d'un Valacida démocratique. Depuis l'accession au pouvoir de Zamoda elle avait perdu quasiment tout son pouvoir et son influence. Après plusieurs secondes d'attente, un énième bureaucrate répondit. D'un ton pressé Jorge ordonna qu'on le mette en relation avec la président du conseil national. On réclama son identité, mais il s'énerva et expliqua qu'il s'agissait d'un cas extrêmement urgent.
Justina Borichada : Allô ? J'écoute.
Jorge : Madame. Assurez-vous que personne n'écoute notre conversation, j'ai une information de très haute confidentialité à vous transmettre.
Justina Borichada : [demandant à être seule dans son bureau et verrouillant la porte] Nous sommes seuls à présent monsieur. À qui ai-je l'honneur de parler ?
Jorge : Mon identité n'est pas importante. Ecoutez moi. Le président Guillermo Zamoda est mort dans ses appartements. J'appelle depuis sa ligne privée, via laquelle aucune écoute téléphonique n'est permise. Il est allongé sur le sol, gisant dans son sang. Qu... Qu'est-ce que je dois faire ?
Justina Borichada : Merci. Merci de tout cœur de m'en avoir informé. Vous venez de sauver des milliers de vie, dans ce climat de rivalités et d'ambitions effrayant. Suis-je la seule au courant mis à part vous ?
Jorge : Nous sommes deux dans cette salle. Mais ma complice ne dira rien, du moins je l'espère.
Justina Borichada : Assurez-vous que personne d'autre ne l'apprenne, et surtout pas des potentiels prétendants à la présidence. Merci encore. Je m'occupe de tout. Espérons que nous éviterons le désastre
Jorge : Madame ne raccrochez pas. Que dois-je faire ? La salle est verrouillée. Dois-je cacher le corps du président pour éviter tout soupçon ?
Justina Borichada : Préservez-le dans un endroit où personne n'ira le chercher. En attendant que les rouages politiques se mettent en route, évitez d'éveiller les soupçons. Nettoyez la salle et sortez des appartements. Laissez couler l'eau de la baignoire, pour expliquer l'absence du président dans son bureau. Ceux qui seront tentés de rentrer dans ses appartements n'y verrons que du feu.
Jorge : Bien. Merci Madame. Bon courage.
- - - - - - - - - - Jorge raccrocha et soupira. Il ne revenait pas encore de ce qu'il était en train d'accomplir. Non seulement il venait d'éviter à son pays une guerre civile de lutte pour le pouvoir, mais il venait également de le mettre sur les rails menant tout droit vers la démocratie, en confiant la tâche de la succession à Madame Borichada, réputée pour son éthique. Cette démocratie, jamais le peuple valacide n'a eu la chance de connaître jusque là. Jorge avait l'impression de ne plus être le même homme, comme si cet évènement le transcendait. Il se sentait habité d'une force incroyable, d'un mental d'acier, ce qui jamais auparavant ne lui était arrivé. Il s'approcha du cadavre du président et murmura : « Merci Guillermo. Grâce à toi le Valacida va connaître de nouveaux horizons, plus clairs. N'est-ce pas ce que tu voulais ? Sacrifier ta vie pour ton pays, ce qui t'étais le plus cher ? Telle la passion du Christ ». Jorge n'étais plus Jorge. Ces paroles n'étaient pas les siennes. Ces paroles venaient d'ailleurs. Ces paroles lui étaient dictées. Il ne contrôlait plus rien et ne servait plus que de pantin à l'action divine.
silencieuse, laisse un sillon dans la boue qui se remplit de sang sitôt qu'elle a passé. »
- Victor Hugo, L'échafaud (1856)
SUITE
[img]http://img42.imageshack.us/img42/5737/deado.png[/img]
[ SECRET ]</center>
- - - - - - - - - - Miguel et Jorge étaient deux jeunes recrues du ministère de la défense. Ils marchaient sereinement dans les couloirs du palais présidentiel, scrutant chaque porte ouverte en espérerant y apercevoir une jolie secrétaire. L'un d'entre eux, Jorge, détenait un document confidentiel à ne pas mettre entre toutes les mains. Il racontait des blagues à son camarade, sans se douter que son destin serait bouleversé dans les minutes qui allaient suivre. Jorge faisait partie de cette catégorie de la population sans intérêt, qui remplit son devoir sans réfléchir, sans faire plus qu'il n'est demander, ni moins. Cette partie de la population dont le cerveau a été formaté pour obéir et ne croire qu'en ses supérieurs. Il aimait faire le mariole avec ses amis, il aimait s'amuser avec les femmes, il aimait boire, il aimait se battre, comme beaucoup de son grade. Il n'avait rien de si particulier. Pourtant, Dieu choisit cet Homme. Lui, Jorge Buriñoz, 27 ans, né à Hornoz le 14 Août 1992 d'un couple d'artisans. Il allait passer de simple pion dans l’échiquier national, à Héros secret et ordinaire de tout un peuple. Et ce, par la simple grâce de Dieu.
- - - - - - - - - - Ainsi, il marchait comme un imbécile. Il n'avait pas le génie d'un tacticien, ni le physique d'un combattant. Un de ceux qui finiraient comme des minables dans les couloirs administratifs à signer des papiers et trier le courrier des gradés. Mais pour la première fois il aura l'opportunité de changer sa vie et celle de tous les valacides. Saluant son ami avant de se séparer de lui, il toqua dans une des innombrables portes du palais, celle-ci s'ouvrit quasi immédiatement. La belle secrétaire qu'il espérait tant croiser dans ce couloir était alors sous ses yeux. Elle s'avança, le scruta rapidement et l'interrogea d'un ton froid et distant : " Eres Jorge ? ". Il acquiesça timidement, comme le minable qu'il était. Elle le conduit à travers le palais jusqu'à la porte des appartements présidentiels. Il toqua... une fois. Puis deux. Et encore une fois. Alors qu'elle s'apprêtait à partir, ennuyée d'attendre que le président daigne sortir, Jorge ouvrit la porte.
Jorge : [ ressortant immédiatement en claquant la porte et gueulant d'un ton affolé ] ¡ Mierda ! Oh... ¡ Joder ! [mettant ses mains sur son visage pour cacher sa peur ] ... Jesus Maria...
- - - - - - - - - - La secrétaire, entendant les cris de Jorge, se retourna et le rejoignit. Elle lui demanda ce qu'il avait, les sourcils froncés. Il n'osa répondre. Elle empoigna la porte, entra, et, elle aussi, la referma aussitôt, en esquissant un cri volontairement atténué. Elle voulait prévenir tout le monde, mais un éclair divin retentit dans la tête de Jorge, qui la prit par le bras et la ramena vers lui.
Jorge : Ne faîtes pas ça. Surtout pas. Vous nous mettriez tous en péril. Tous ces hommes que vous voyez défiler dans les couloirs sont des corrompus avides de pouvoir. Le premier à apprendre que la place du chef suprême est à prendre en profitera pour s'en emparer. Par la diplomatie ou la force. Et nous sombrerons à nouveau en pleine guerre civile.
Secrétaire : [encore sous le choc] Nous n'avons pas le choix. Le Valacida ne saurait être sans président.
Jorge : Vous semblez ne pas m'avoir compris. La plupart des hommes politiques de ce pays espèrent la mort la plus rapide du président pour se disputer sa place sur sa dépouille. Si nous l'annonçons maintenant, nous donnerons une longueur d'avance à ceux qui convoitent cette place. Nous devons faire vite si nous voulons éviter le pire.
Secrétaire : Je crois que je ne vous comprends pas. Que voulez-vous faire ?
Jorge : [d'un ton héroïque qui ne lui ressemblait pas] Ce que nous aurions dû faire depuis longtemps.
- - - - - - - - - - Jorge entraîna Miranda, la jeune secrétaire, dans la pièce sombre où gisait le cadavre encore chaud du président. Il verrouilla la porte, puis demanda à Miranda de composer le numéro du secrétariat de la présidente du Conseil National. Cette dernière était nulle autre que Justina Borchada, membre du Parti Catholique et partisane d'un Valacida démocratique. Depuis l'accession au pouvoir de Zamoda elle avait perdu quasiment tout son pouvoir et son influence. Après plusieurs secondes d'attente, un énième bureaucrate répondit. D'un ton pressé Jorge ordonna qu'on le mette en relation avec la président du conseil national. On réclama son identité, mais il s'énerva et expliqua qu'il s'agissait d'un cas extrêmement urgent.
Justina Borichada : Allô ? J'écoute.
Jorge : Madame. Assurez-vous que personne n'écoute notre conversation, j'ai une information de très haute confidentialité à vous transmettre.
Justina Borichada : [demandant à être seule dans son bureau et verrouillant la porte] Nous sommes seuls à présent monsieur. À qui ai-je l'honneur de parler ?
Jorge : Mon identité n'est pas importante. Ecoutez moi. Le président Guillermo Zamoda est mort dans ses appartements. J'appelle depuis sa ligne privée, via laquelle aucune écoute téléphonique n'est permise. Il est allongé sur le sol, gisant dans son sang. Qu... Qu'est-ce que je dois faire ?
Justina Borichada : Merci. Merci de tout cœur de m'en avoir informé. Vous venez de sauver des milliers de vie, dans ce climat de rivalités et d'ambitions effrayant. Suis-je la seule au courant mis à part vous ?
Jorge : Nous sommes deux dans cette salle. Mais ma complice ne dira rien, du moins je l'espère.
Justina Borichada : Assurez-vous que personne d'autre ne l'apprenne, et surtout pas des potentiels prétendants à la présidence. Merci encore. Je m'occupe de tout. Espérons que nous éviterons le désastre
Jorge : Madame ne raccrochez pas. Que dois-je faire ? La salle est verrouillée. Dois-je cacher le corps du président pour éviter tout soupçon ?
Justina Borichada : Préservez-le dans un endroit où personne n'ira le chercher. En attendant que les rouages politiques se mettent en route, évitez d'éveiller les soupçons. Nettoyez la salle et sortez des appartements. Laissez couler l'eau de la baignoire, pour expliquer l'absence du président dans son bureau. Ceux qui seront tentés de rentrer dans ses appartements n'y verrons que du feu.
Jorge : Bien. Merci Madame. Bon courage.
- - - - - - - - - - Jorge raccrocha et soupira. Il ne revenait pas encore de ce qu'il était en train d'accomplir. Non seulement il venait d'éviter à son pays une guerre civile de lutte pour le pouvoir, mais il venait également de le mettre sur les rails menant tout droit vers la démocratie, en confiant la tâche de la succession à Madame Borichada, réputée pour son éthique. Cette démocratie, jamais le peuple valacide n'a eu la chance de connaître jusque là. Jorge avait l'impression de ne plus être le même homme, comme si cet évènement le transcendait. Il se sentait habité d'une force incroyable, d'un mental d'acier, ce qui jamais auparavant ne lui était arrivé. Il s'approcha du cadavre du président et murmura : « Merci Guillermo. Grâce à toi le Valacida va connaître de nouveaux horizons, plus clairs. N'est-ce pas ce que tu voulais ? Sacrifier ta vie pour ton pays, ce qui t'étais le plus cher ? Telle la passion du Christ ». Jorge n'étais plus Jorge. Ces paroles n'étaient pas les siennes. Ces paroles venaient d'ailleurs. Ces paroles lui étaient dictées. Il ne contrôlait plus rien et ne servait plus que de pantin à l'action divine.
-
Jacinto
<center> Dieu seul sait, Dieu seul voit, Dieu seul choisit.
SUITE
[img]http://www.revue-item.com/wp-content/uploads/2010/04/resurrection_502.jpg[/img]
[ SECRET ]</center>
- - - - - - - - - - Justina Borichada raccrocha le téléphone. Elle resta immobile, les yeux dans le vide, prenant le temps de réaliser ce qui était en train de s'enclencher. Lorsque l'urgence de la situation lui revint en tête, elle reprit conscience. Ouvrant avec fracas les portes de son bureau, elle ordonna qu'on réunisse en urgence et dans le plus grand secret l'ensemble des membres du conseil national. Il lui restait moins d'une heure pour préparer la transmission légale des pouvoirs. Elle craignait l'ambition des généraux. Si ceux-ci venaient à être au courant de la vacance du poste suprême, la tentation pour ces hommes de s'en accaparer serait trop forte pour y résister. Autrement dit, elle craignait une nouvelle guerre civile, une guerre de pouvoir qui finirait en lutte idéologique. Sa stratégie était très claire dans sa tête. Pour éviter un tel désastre il n'y avait qu'une seule solution. Une seule...
[...]
Justina Borichada : Matilda, les membres du conseil sont-ils tous arrivés ?
Matilda : En effet Madame, ils vous attendent tous en bas et ne cessent de poser des questions sur l'objet de cette soudaine convocation.
Justina Borichada : Je vais descendre dans l'hémicycle pour les rejoindre. Une fois que je serais entrée dans la salle, veillez à ce que la porte soit scellée de l'intérieur et à ce que tout le personnel de sécurité soit réuni et armé près des entrées. Personne ne doit entrer ni sortir de cette salle. Me suis-je bien fait comprendre ?
Matilda : Tout à fait Madame.
Justina Borichada : Ah oui, et... faîtes en sorte que les membres du conseil soient fouillés pour vérifier qu'ils aient bien donnés tous leurs effets à la sécurité avant d'entrer dans l'hémicycle. Prenez garde à ce qu'aucun d'eux ne soit munis d'un micro ou d'une quelconque technologie qui lui permettrait de diffuser les sons enregistrés depuis la salle. La sécurité de notre pays repose sur vos épaules autant que sur les miennes Matilda. Je compte sur vous.
Matilda : Dieu nous vienne en aide.
[...]
- - - - - - - - - - La présidente du conseil se tenait droite et, s’apprêtant à entrer dans l'assemblée, elle fit une dernière prière muette. Quand les portes s'ouvrirent, elle s'avança d'un pas déterminé vers l'estrade. Les conversations s'interrompirent, les regards incrédules se figèrent et les oreilles attentives désormais se tendirent. Les portes se refermèrent derrière elle, puis furent cadenassées. Justina monta sur l'estrade pour parler, c'est alors que les membres du conseil s'assirent dans leurs sièges respectifs. Les communistes se tassèrent à gauche comme ils l'avaient toujours fait et les nationalistes bougonnaient encore à la droite de l'hémicycle. Lorsque la présidente s'apprêta à parler un silence total s'établit dans l'assemblée. Certains se doutaient de ce qui se tramait, au vu de la solennité du visage de la présidente et de l'urgence de la réunion. D'autres, assis plutôt vers le centre, n'avaient pas coutume de réfléchir et s'attendaient à une banale séance de débat. Ceux-là se taisaient parce que les autres faisaient de même.
Justina Borichada : Mes chers collègues. Mes chers compatriotes, membres du Conseil National. Je ne serais pas longue, comme j'ai eu souvent coutume de l'être, car cette fois-ci nous n'avons pas le temps de blablater, nous sommes pris dans l'urgence et dans la gravité de la situation. Je n'ose encore me l'avouer, mais une nouvelle accablante vient de m'être transmise. Le président Zamoda, dont la santé physique et psychologique semblait fragile ces derniers temps, a été retrouvé mort dans ses appartements aujourd'hui même. [de nombreux murmures dans la salle] J'ai pris l'initiative de vous convoquer car je veux éviter à ce pays, qui nous est cher, ce pays qui fait notre fierté et pour lequel nous nous sommes battus et sacrifiés, de nouveaux tourments. Beaucoup d'entre vous connaissent les ambitions qui brûlent dans les cœurs des hauts fonctionnaires de l'état qui visent sans cesse plus haut qu'ils ne sont déjà. Ces ardeurs se sont amplifiées avec l'apparente faiblesse de notre président. Une lutte armée pour le pouvoir est inconcevable et enverrait le Valacida droit vers le rang des pays du tiers-monde. C'est la raison pour laquelle nous sommes ici. La constitution nationale veut que le successeur d'un président décédé soit élu parmi les membres du Conseil National, de la même manière qu'est élu le successeur d'un président limogé ou ayant démissionné. Nous allons donc maintenant élire le futur président de la République du Valacida. Je suis navré de vous l'annoncer aussi brutalement mais notre action doit être rapide et efficace. [des plaintes se font entendre depuis l'assemblée, surtout à gauche] Messieurs, je sais bien qu'il est regrettable de ne pouvoir ni débattre, ni composer de projet présidentiel, mais nous n'avons pas le choix. Dès lors que nos élites militaires apprendront la mort du président, nos chances de succès quant au respect de la transmission légale du pouvoir politique de ce pays seront anéanties. Je vous le repète, nous sommes dans l'urgence. Je prends l'entière responsabilité de ce vote en hâte. [les conversations deviennent houleuses dans l'hémicycle et les communistes semblent dénoncer une manigance du parti catholique] En tant que Présidente de ce Conseil, je n'ai nul autre choix que de faire cette élection le plus rapidement possible. Que les candidats au poste présidentiel viennent s'inscrire au nom de leur parti sur le formulaire officiel. Les partis ont respectivement dix minutes pour se concerter.
[...]
Justina Borichada : Bien. Les candidats à la présidence du Valacida sont donc : Juan Marcelio pour le Parti communiste ; Xavier Gonzales pour le Parti Socialiste ; Baltazar Harinado pour le Parti Écologiste ; David Estebes pour le Parti Libéral ; Justina Borichada pour le Parti Catholique ; Carlos Lopez pour le Parti Nationaliste. Chacun dans cette assemblée connaissant les idéologies des partis en concurrence, je considère qu'il n'est pas nécessaire que les candidats se présentent. Les votes sont donc ouverts, mais en tant que candidate, je n'ai pas l'autorisation d'encadrer le dépouillement et le déroulement du vote. Je laisse à mes collègues du Parti Catholiques le soin de s'en charger. Merci.
- - - - - - - - - - Les membres du conseil empoignent leurs stylos et inscrivent le nom de chacun de leur choix. Mais tous les membres du conseil savaient que cette élection n'était qu'une joute entre deux visions de l'avenir : l'avenir totalitaire et dictatorial représenté par le Parti Communiste et ses alliés traditionnels, et l'avenir démocratique représenté par le Parti catholique et ses alliés. De ce résultat dépendait tant de choses. Justina continua ses prières tant que l'issu du scrutin ne fut pas annoncée. Et lorsque chaque votant eut fini d'insérer son bulletin dans l'urne, le dépouillement commença. Les cœurs palpitaient.
Assesseur : Le compte est bon. Le nouveau président de la République Populaire du Valacida est donc . . .
SUITE
[img]http://www.revue-item.com/wp-content/uploads/2010/04/resurrection_502.jpg[/img]
[ SECRET ]</center>
- - - - - - - - - - Justina Borichada raccrocha le téléphone. Elle resta immobile, les yeux dans le vide, prenant le temps de réaliser ce qui était en train de s'enclencher. Lorsque l'urgence de la situation lui revint en tête, elle reprit conscience. Ouvrant avec fracas les portes de son bureau, elle ordonna qu'on réunisse en urgence et dans le plus grand secret l'ensemble des membres du conseil national. Il lui restait moins d'une heure pour préparer la transmission légale des pouvoirs. Elle craignait l'ambition des généraux. Si ceux-ci venaient à être au courant de la vacance du poste suprême, la tentation pour ces hommes de s'en accaparer serait trop forte pour y résister. Autrement dit, elle craignait une nouvelle guerre civile, une guerre de pouvoir qui finirait en lutte idéologique. Sa stratégie était très claire dans sa tête. Pour éviter un tel désastre il n'y avait qu'une seule solution. Une seule...
[...]
Justina Borichada : Matilda, les membres du conseil sont-ils tous arrivés ?
Matilda : En effet Madame, ils vous attendent tous en bas et ne cessent de poser des questions sur l'objet de cette soudaine convocation.
Justina Borichada : Je vais descendre dans l'hémicycle pour les rejoindre. Une fois que je serais entrée dans la salle, veillez à ce que la porte soit scellée de l'intérieur et à ce que tout le personnel de sécurité soit réuni et armé près des entrées. Personne ne doit entrer ni sortir de cette salle. Me suis-je bien fait comprendre ?
Matilda : Tout à fait Madame.
Justina Borichada : Ah oui, et... faîtes en sorte que les membres du conseil soient fouillés pour vérifier qu'ils aient bien donnés tous leurs effets à la sécurité avant d'entrer dans l'hémicycle. Prenez garde à ce qu'aucun d'eux ne soit munis d'un micro ou d'une quelconque technologie qui lui permettrait de diffuser les sons enregistrés depuis la salle. La sécurité de notre pays repose sur vos épaules autant que sur les miennes Matilda. Je compte sur vous.
Matilda : Dieu nous vienne en aide.
[...]
- - - - - - - - - - La présidente du conseil se tenait droite et, s’apprêtant à entrer dans l'assemblée, elle fit une dernière prière muette. Quand les portes s'ouvrirent, elle s'avança d'un pas déterminé vers l'estrade. Les conversations s'interrompirent, les regards incrédules se figèrent et les oreilles attentives désormais se tendirent. Les portes se refermèrent derrière elle, puis furent cadenassées. Justina monta sur l'estrade pour parler, c'est alors que les membres du conseil s'assirent dans leurs sièges respectifs. Les communistes se tassèrent à gauche comme ils l'avaient toujours fait et les nationalistes bougonnaient encore à la droite de l'hémicycle. Lorsque la présidente s'apprêta à parler un silence total s'établit dans l'assemblée. Certains se doutaient de ce qui se tramait, au vu de la solennité du visage de la présidente et de l'urgence de la réunion. D'autres, assis plutôt vers le centre, n'avaient pas coutume de réfléchir et s'attendaient à une banale séance de débat. Ceux-là se taisaient parce que les autres faisaient de même.
Justina Borichada : Mes chers collègues. Mes chers compatriotes, membres du Conseil National. Je ne serais pas longue, comme j'ai eu souvent coutume de l'être, car cette fois-ci nous n'avons pas le temps de blablater, nous sommes pris dans l'urgence et dans la gravité de la situation. Je n'ose encore me l'avouer, mais une nouvelle accablante vient de m'être transmise. Le président Zamoda, dont la santé physique et psychologique semblait fragile ces derniers temps, a été retrouvé mort dans ses appartements aujourd'hui même. [de nombreux murmures dans la salle] J'ai pris l'initiative de vous convoquer car je veux éviter à ce pays, qui nous est cher, ce pays qui fait notre fierté et pour lequel nous nous sommes battus et sacrifiés, de nouveaux tourments. Beaucoup d'entre vous connaissent les ambitions qui brûlent dans les cœurs des hauts fonctionnaires de l'état qui visent sans cesse plus haut qu'ils ne sont déjà. Ces ardeurs se sont amplifiées avec l'apparente faiblesse de notre président. Une lutte armée pour le pouvoir est inconcevable et enverrait le Valacida droit vers le rang des pays du tiers-monde. C'est la raison pour laquelle nous sommes ici. La constitution nationale veut que le successeur d'un président décédé soit élu parmi les membres du Conseil National, de la même manière qu'est élu le successeur d'un président limogé ou ayant démissionné. Nous allons donc maintenant élire le futur président de la République du Valacida. Je suis navré de vous l'annoncer aussi brutalement mais notre action doit être rapide et efficace. [des plaintes se font entendre depuis l'assemblée, surtout à gauche] Messieurs, je sais bien qu'il est regrettable de ne pouvoir ni débattre, ni composer de projet présidentiel, mais nous n'avons pas le choix. Dès lors que nos élites militaires apprendront la mort du président, nos chances de succès quant au respect de la transmission légale du pouvoir politique de ce pays seront anéanties. Je vous le repète, nous sommes dans l'urgence. Je prends l'entière responsabilité de ce vote en hâte. [les conversations deviennent houleuses dans l'hémicycle et les communistes semblent dénoncer une manigance du parti catholique] En tant que Présidente de ce Conseil, je n'ai nul autre choix que de faire cette élection le plus rapidement possible. Que les candidats au poste présidentiel viennent s'inscrire au nom de leur parti sur le formulaire officiel. Les partis ont respectivement dix minutes pour se concerter.
[...]
Justina Borichada : Bien. Les candidats à la présidence du Valacida sont donc : Juan Marcelio pour le Parti communiste ; Xavier Gonzales pour le Parti Socialiste ; Baltazar Harinado pour le Parti Écologiste ; David Estebes pour le Parti Libéral ; Justina Borichada pour le Parti Catholique ; Carlos Lopez pour le Parti Nationaliste. Chacun dans cette assemblée connaissant les idéologies des partis en concurrence, je considère qu'il n'est pas nécessaire que les candidats se présentent. Les votes sont donc ouverts, mais en tant que candidate, je n'ai pas l'autorisation d'encadrer le dépouillement et le déroulement du vote. Je laisse à mes collègues du Parti Catholiques le soin de s'en charger. Merci.
- - - - - - - - - - Les membres du conseil empoignent leurs stylos et inscrivent le nom de chacun de leur choix. Mais tous les membres du conseil savaient que cette élection n'était qu'une joute entre deux visions de l'avenir : l'avenir totalitaire et dictatorial représenté par le Parti Communiste et ses alliés traditionnels, et l'avenir démocratique représenté par le Parti catholique et ses alliés. De ce résultat dépendait tant de choses. Justina continua ses prières tant que l'issu du scrutin ne fut pas annoncée. Et lorsque chaque votant eut fini d'insérer son bulletin dans l'urne, le dépouillement commença. Les cœurs palpitaient.
Assesseur : Le compte est bon. Le nouveau président de la République Populaire du Valacida est donc . . .