[Actualité] Le Quotidien en Narodnie.

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Basileus1081

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Basileus1081

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25 mars 2040, Narodnie.

[center]Le Spartiate[/center]


[center][img]https://image.noelshack.com/fichiers/2019/39/7/1569722910-james-bond-007-goldeneyes-train-scene-1-by-maxdetsh-dajrnjn-fullview.jpg[/img][/center]

[center]Face au mastodonte ...[/center]


Devant les caméras, les journalistes et officiels réside un homme, sur une estrade. A sa droite, un échafaudage géant couvert d’une bâche. Au-dessus de lui, luisent les lumières projetées par les projecteurs. Plus haut encore les étoiles illuminées veillent sur cette usine abritant alors près de huit-cent âmes. Frappée de l’étoile rouge, numérotée 43 et arborant fièrement quarante ans d’existence, elle joue ici son va-tout. D’autres se sont essayés à ce qu’elle tente ce soir de réaliser, dans le plus grand secret ou devant les caméras rien n’y a fait jusqu’à présent, une série d’échecs à marqué le programme phare du pays en matière de transport ferroviaire. Cependant, la situation semble être en passe de se résoudre, on a introduit tant d’innovations et dépensé tant d’argent dans cet ambitieux programme que l’usine est à court de fonds propres, la gorge tenue par le Plan et les Banques publiques, surveillée sans relâche par le gouvernement. Les menaces fusent et les critiques tombent chaque jour sur les épaules du responsable de l’usine 43. Enfin, après des années de travail, celui-ci présente l’apothéose d’un labeur permanent et usant aux initiés et aux responsables qui ont soutenus vaille que vaille le projet … et ceux souhaitant le voir péricliter devant leurs propres yeux. Ce soir, c’est l’heure de gloire.

Anatoly : « Au crépuscule de mois de travaux harassants, il est possible de tirer un trait sur sept ans, huit mois et trois jours d’efforts titanesques. Ajouterais-je les dix-huit heures et dix minutes qui se rajoutent au chronomètre de l’usine que je paraîtrais précis, mais il faut l’être. Sept-cent-deux travailleurs se sont relayés, nuits et jours, pour accomplir, par un infernal labeur, les prouesses techniques qui se retrouvent concentrées ici même, devant vous …sont celles de héros !

Des héros comme on en voit rarement. J’ai eu l’insigne honneur de trier sur quatre mille volontaires qualifiés ces individus d’exception, ils incarnent la fine fleure de nos travailleurs et ont fourni ici plus d’heures, d’efforts et assumé tant de charges qu’il m’est impossible de détacher mon regard de leur œuvre. Cachée là, sous ce monumental échafaudage bâché, ce trouve une force de traction pouvant atteindre, à pleine charge, une vitesse estimée à 380 kilomètres par heure. Sa force, ce n’est pas sa vitesse, elle a été atteinte l’an dernier par d’autres prototypes de diverses technologies et dépassée par d’autres. Sa force réside dans son coût d’exploitation. On compte de nombreux laboratoires ayant eu leur part de labeur à réaliser sa source d’énergie, si compacte qu’elle prend la dénomination de pille. En réalité, quatre piles à combustibles d’hydrogène se trouvent dans l’espace moteur, elles réalisent le démarrage à elles seules des quelques 79 tonnes constituant la locomotive. Prouesse technique, elle est moins lourde que toutes ses concurrentes de son gabarit, d’un coût d’exploitation réduit au strict minimum et à l’entretient aisé, c’est sous couvert d’un poids léger que s’avance le poids lourd du transport du futur. Découvrez le LH-380-01 « Sparta » !

Devant une caméra, un jeune ouvrier s’exprime, à l’entrée de l’usine. Il a écouté l’ingénieur en chef avec attention et exprime son avis …

Yuri : « L’ingénieur en chef est un bon camarade, rude et intransigeant. C’est aussi un véritable meneur. Il a abattu un travail incommensurable, sermonné de vive voix les fournisseurs défaillants, maintenu le contact avec tous ceux qui pouvaient nous aider, galvanisé nos esprits à l’idée d’accomplir une prouesse. On m’a dit que je bâtissais une cathédrale, alors que je fraisais un écrou, cet ahuri qui me la dit, ce n’est pas n’importe quel imbécile, c’est ce gars-là, l’ingénieur-chef Anatoly Voronov. Il est de ceux qui voient malgré la profondeur du néant une lumière étincelante à l’autre bout du chemin, il guide et mène à bon port ceux qui le suivent. Ramenant les gars comme moi vers un idéal de conquête de l’Homme sur la nature, le faisant inlassablement entrer dans l’Histoire ! Croyez-moi, j’ai assemblé des dizaines de fois cette machine, une furie, une fois lancée … rien de l’arrêtera ! »

L’enchaînement des mouvements à été répété inlassablement, l’ingénieur tremble lorsqu’il ordonne de lancer le démarrage. Les pilles à hydrogène doivent assumer le démarrage, le fonctionnement du train, qui se trouve à pleine charge, sur 1000km. Si la machine rentre dans le temps imparti et sans accroches, elle sera déclarée bonne pour une batterie de tests d’Etat, une diversification et amélioration de sa locomotive sans doute avec à la clef une production en série et pourquoi pas une vue à l’exportation. Tant d’ambitions pour ce prototype !

Le démarrage surprend jusqu’aux plus fervents ouvriers, jusqu’à Yuri lui-même qui face à la tension ambiante s’est laissé gagner par le doute. Le monstre spartiate s’engage dans une course folle, il atteint en 9 secondes les 150km/h, sa vitesse maximale après 6 autres secondes. Le Spartiate, véloce, ne s’épuise pas. Il continue sa course et parcours le sinueux et très surveillé et militarisé passage dédié à sa course. Il traverse sans eubage toutes les gares et pentes, suivis depuis l’usine, thé vert à la menthe à main, il revient sur site en moins de trois heures … à bout de ses réserves d’hydrogène, le Spartiate rentre devant un personnel et une direction qui peinant à y croire, se mettent à jubiler sans vraiment comprendre que désormais, c’est eux qui tiennent la première place de tous les journaux télévisés de demain en Narodnie. On en parlera pendant des heures, mettant en avant Yuri comme Anatoly, acteurs et témoins d’une prouesse technique de plus du monde socialiste, une victoire dont le gouvernement ne saurait se passer, à vrai dire.
Basileus1081

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21 Mai 2040, Narodnie.



[center]La Fronde[/center]



En Narodnie, on (les communistes) longtemps attribué aux peuples vivant sur les terres de Narodnie l’origine même d’une Patrie qu’ils ne reconnaissent que modestement. Promue durant des années, cette vision est aujourd’hui fortement contestée par une mouvance révisionniste qui a influencé les hommes d’appareil et une partie du peuple. Le peuple Narodinien ne serait pas, à les entendre, un tout forgé par les âges et ayant accouché d’une nation, d’une unité équilibrée. Elle serait le fruit d’une conquête impitoyable des chefs aventureux de la première expédition. Ces hommes de l’Ouest, constitués en une bande de pillards, auraient par la force des biceps et le glacial contact du fer dans les entrailles de leurs victimes établis une monarchie Narodnienne slave, oppressive contre les minorités. Force de leur colonisation, ils auraient apporté à la terre de l’Est et aux populations archaïques leur civilisation, fruit des Grecs et de leurs prouesses dont ils étaient par le passé des sujets. Ces Proto-Narodniens seraient ce passé haï et oublié qui revient hanter les slaves d’une nation coloniale à la fois hypocrite et amnésique. Perturbant l’équilibre constitué par un Etat empêtré dans ses contradictions, la mouvance révisionniste flatte les sentiments nationalistes des populations russophones tandis que les populations soumises autrefois et dépendantes encore aujourd’hui y voient la preuve de leur malheur, d’un avenir volé. Exacerbant les particularismes, la thèse révisionniste a été persécutée pendant 23 ans. Pourtant Alexis P. Sokolov fait suite aux restrictions levées par son prédécesseur et permet une liberté de débat dans les universités au sujet du « Mythe Narodnien ». La nation, si longtemps baignée dans un idéal patenté voulant faire table rase du passé en vient à permettre son exaltation, tant par conviction que par calcul.



[center][img]https://www.pascalboegli.com/wp-content/uploads/2018/10/056-taiga-stolby-nature-reserve.jpg[/img][/center]

[center]Foret d'Astraga, Narodnie.[/center]



Pour le Secrétaire Général du Parti Communiste Narodnien, le présent est à la conquête de terres arables, au prix d’une sédentarisation et une véritable domestication de ces peuples rétifs et autonomes des provinces Narodniennes. Les plaines de Narodnie, fortement boisées et protégées par les législations de la révolution ainsi que par leurs résidents semi-nomades, voient apparaître à la fin du mois de Mai des hommes d’une rare violence, ils ne disposent pas de fusils mais tirent à vue par le droit dont ils disposent. Ce droit est un décret ratifié par le Président de la République, octroyant des bases légales à la constitution de deux colonies dans les terres d’Astraga, zone détenue par l’une des républiques Telenge. On hausse le ton à l’Ouest et les populations s’en prennent aux colons, refusant que ces derniers, malgré leurs droits, conquièrent ce qui fait partie du droit et du patrimoine, de la vie même, des Telenges. Les mots sont aussi durs au Parlement Fédéral, les représentants Telenges, presque un tiers des sièges, refusent de donner leurs votes à ce qui n’est pour eux que l’acte final d’une colonisation, ni plus ni moins. Dans ce contexte mouvementé, le vieux Alexis se fournit une batteries d’armes nouvelles et fait exclure du Parlement pour « fractionnisme » les récalcitrants à ces menaces, entame une politique de calomnie dans les journaux via ses subordonnés et prend fait et cause pour les colons. Une seconde fois il fait voter, malgré l’échec initial, l’acte de révocation des législations contraignantes dans les terres de l’Ouest. Cette fois les hommes d’appareil votent, même l’opposition interne au PC se tient aux côtés d’Alexis. On parle de reniement pour ceux qui ont accepté les largesses du Premier des communistes de Narodnie. Mais il est bien tard, la fin justifie visiblement les moyens et l’épreuve de force avec des populations archaïques ne leur donne pas le poids pour s’opposer aux écrasants slaves des côtes. D’une nation unie, la Narodnie passe d’un Etat en lutte contre ses administrés Telenge. Pourtant, il était évident que depuis les crises frumentaires des années 2027 et 2032 que le statu de régions riches de potentiels mais pauvres de fait et dépourvues d’industrie et de cultures contemporaines était un frein au développement Narodnien. Le conflit, pourtant, n’en est qu’à ses prémices. La situation, loin de s'achever par les seules mesures du Secrétaire Général Sokolov, s’aggrave dans les mois suivant et plus encore avec la sortie du très controversée « Igor le Conquérant, du Mythe à le Postérité » de Boris Simonov, véritable chef d'oeuvre, paraissant en Juin 2040 et la conférence du Parti à partir du 20 de ce même mois, augurant une longue et difficile passe d'arme avec les représentants Telenges qui depuis peu semblent favorables aux réformes libérales de l'opposition ... Affaire à suivre !
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