[RP] Le jugement de l'Indigène | 原住民の判断
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Gelebor
[quote][justify]Des peuples barbares. Qui sont-ils ? Les habitants du lointain Occident que nos explorateurs mythiques auraient visité ? Les descendants d'une de ces tribus nordiques ? Les descendants de ces hommes fabuleux des déserts ? Sont-ils une espèce nouvelle que jamais personne ne rencontra ? Cette terre que les Nippons nommèrent Voijia, une des premières que foulèrent les conquérants néchinésiens, la première où ils trouvèrent enfin autre chose que des yeux en amande, ne serait-elle pas le Takama-ga-hara, dont parlent nos prêtres, la résidence des Dieux ? Sont-ils des démons ? Des gardiens redoutables d'un pouvoir qui défie toutes descriptions ? Les descendants de Susanoo ? Ou les esclaves des Dieux ? Sont-ils même des créatures infernales, puisque la plupart du temps ils peignent leurs visages de rouge écarlate et ne s'embarrassent guère de pudeur ?
D'aucuns suggèrent au contraire que devant ses arbres si hauts, dans un air si doux, on se trouvait enfin dans les parages exacts d'un monde idyllique, qu'on savait avec certitude localisé au sommet d'une montagne, au bout du monde ; un paradis vraiment terrestre, c'est-à-dire situé en dehors des terres intérieures où l'eau, cette fois-ci, descend par des fleuves gigantesques et où l'on pouvait boire directement. Un autre fait qui corrobore cette observation : l'état de nature, tout fait d'innocence et de ces gentillesse de ces créatures aux cheveux d'or et de feu. Des fruits inconnus et exquis pendaient à leurs arbres sacrés et nourriciers, des animaux étranges couraient dans leurs bois et tournaient sur leurs broches. On affirmait même que certains bestiaux étaient doués du sens de la conversation. Pourquoi les Kami, guides assurés des peuples nippons, ont-ils mené ces derniers jusqu'aux rivages de cette terre mystérieuse ? Pour établir enfin le triomphe de la véritable Foi vertueuse, en conduisant ces équipages jusqu'aux portes de l'idyllique ? Ou tout simplement pour honorer le trône impérial ? Les terres sont l'emblème du pouvoir, après tout. Le Takama-ga-hara ? Mais dans ce cas, qui sont ces habitants ? Des frères des Nippons, restés dans l'ombre ? Les corps ressuscités de leurs ancêtres, bénis par les Dieux ? Des êtres surnaturels ?
Qui sont-ils ?
Un premier mythe s'effondre. Appartiennent-ils à l'espèce humaine ? Indubitablement. Le premier samourai qui sauta sur une femme et l'engrossa en fit la rapide démonstration. Ils souriaient - pour un temps, du moins -, ils imitaient nos gestes et aussi les paroles de ceux qui venaient à leur découverte. La nuit, tous comme nous, ils fermaient les yeux et dormaient. Ils ne pouvaient pas respirer dans l'eau comme l'expérience le prouva, ni regarder en face le soleil. Ils criaient bien fort quand on leur faisait mal. Fatigués, ils se reposaient. Des hommes et des femmes certes. Mais de quel type ? De quelle catégorie relevaient-ils ? Bien que la nature soit parfois une Mère distraite, si on ne peut pas totalement compter sur elle, il est évident qu'à la création de l'espèce humaine, plusieurs degrés ont été établi afin de les différencier, les répertorier, en un mot : les hiérarchiser de manière à garantir l'harmonie terrestre selon les principes du cycle de la vie. Par exemple, les uns sont barbares, les autres sont civilisés ; les premiers sont nés pour commander et les seconds pour obéir.
Nous ne fûmes pas long à remarquer les peuples nouveaux avaient pour vocation l'obéissance; D'apparence fruste, sans écriture, sans architecture visible, sans religion organisée, ils étaient des esclaves-nés, de vrais esclaves de nature, une basse humanité. Aussi nos ancêtres commencèrent-ils à les organiser, à leur accorder un minimum d'organisations, à serrer vigoureusement la bride afin de tuer dans l'oeuf toute velléité d'évasion, à les frapper et même à les tuer lorsqu'ils sortaient de leur nature, c'est-à-dire quand ils se montraient désobéissants et voulaient vivre à leur façon. Leur existence n'importait guère à nos ancêtres. Une ancienne tradition d'obéissance aveugle, nourrie par les institutions tout au long de notre histoire par d'interminables sacrifices héroiques, préparait la plupart des esprits à accomplir cette oeuvre de civilisation ; étant évidemment bien entendu et tout-à-fait évident que la vie d'un Nippon valait une dizaine des leurs puisque les vies du haut de l'échelle naturelle avait nettement plus de valeur que celles que la nature a placé sur les bas degrés.
Il y eut certes des protestations de la part des nôtres, mais à quoi bon ? Les indigènes ne valaient pas mieux que les autres barbares. Des cas d'anthropophagie, de sacrifices humains et animaux, de querelles sordides et brutales, d'ivrognerie, de maladies vénériens avaient été relatés.
Quelle raison de ménager ces hommes ?
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D'aucuns suggèrent au contraire que devant ses arbres si hauts, dans un air si doux, on se trouvait enfin dans les parages exacts d'un monde idyllique, qu'on savait avec certitude localisé au sommet d'une montagne, au bout du monde ; un paradis vraiment terrestre, c'est-à-dire situé en dehors des terres intérieures où l'eau, cette fois-ci, descend par des fleuves gigantesques et où l'on pouvait boire directement. Un autre fait qui corrobore cette observation : l'état de nature, tout fait d'innocence et de ces gentillesse de ces créatures aux cheveux d'or et de feu. Des fruits inconnus et exquis pendaient à leurs arbres sacrés et nourriciers, des animaux étranges couraient dans leurs bois et tournaient sur leurs broches. On affirmait même que certains bestiaux étaient doués du sens de la conversation. Pourquoi les Kami, guides assurés des peuples nippons, ont-ils mené ces derniers jusqu'aux rivages de cette terre mystérieuse ? Pour établir enfin le triomphe de la véritable Foi vertueuse, en conduisant ces équipages jusqu'aux portes de l'idyllique ? Ou tout simplement pour honorer le trône impérial ? Les terres sont l'emblème du pouvoir, après tout. Le Takama-ga-hara ? Mais dans ce cas, qui sont ces habitants ? Des frères des Nippons, restés dans l'ombre ? Les corps ressuscités de leurs ancêtres, bénis par les Dieux ? Des êtres surnaturels ?
Qui sont-ils ?
Un premier mythe s'effondre. Appartiennent-ils à l'espèce humaine ? Indubitablement. Le premier samourai qui sauta sur une femme et l'engrossa en fit la rapide démonstration. Ils souriaient - pour un temps, du moins -, ils imitaient nos gestes et aussi les paroles de ceux qui venaient à leur découverte. La nuit, tous comme nous, ils fermaient les yeux et dormaient. Ils ne pouvaient pas respirer dans l'eau comme l'expérience le prouva, ni regarder en face le soleil. Ils criaient bien fort quand on leur faisait mal. Fatigués, ils se reposaient. Des hommes et des femmes certes. Mais de quel type ? De quelle catégorie relevaient-ils ? Bien que la nature soit parfois une Mère distraite, si on ne peut pas totalement compter sur elle, il est évident qu'à la création de l'espèce humaine, plusieurs degrés ont été établi afin de les différencier, les répertorier, en un mot : les hiérarchiser de manière à garantir l'harmonie terrestre selon les principes du cycle de la vie. Par exemple, les uns sont barbares, les autres sont civilisés ; les premiers sont nés pour commander et les seconds pour obéir.
Nous ne fûmes pas long à remarquer les peuples nouveaux avaient pour vocation l'obéissance; D'apparence fruste, sans écriture, sans architecture visible, sans religion organisée, ils étaient des esclaves-nés, de vrais esclaves de nature, une basse humanité. Aussi nos ancêtres commencèrent-ils à les organiser, à leur accorder un minimum d'organisations, à serrer vigoureusement la bride afin de tuer dans l'oeuf toute velléité d'évasion, à les frapper et même à les tuer lorsqu'ils sortaient de leur nature, c'est-à-dire quand ils se montraient désobéissants et voulaient vivre à leur façon. Leur existence n'importait guère à nos ancêtres. Une ancienne tradition d'obéissance aveugle, nourrie par les institutions tout au long de notre histoire par d'interminables sacrifices héroiques, préparait la plupart des esprits à accomplir cette oeuvre de civilisation ; étant évidemment bien entendu et tout-à-fait évident que la vie d'un Nippon valait une dizaine des leurs puisque les vies du haut de l'échelle naturelle avait nettement plus de valeur que celles que la nature a placé sur les bas degrés.
Il y eut certes des protestations de la part des nôtres, mais à quoi bon ? Les indigènes ne valaient pas mieux que les autres barbares. Des cas d'anthropophagie, de sacrifices humains et animaux, de querelles sordides et brutales, d'ivrognerie, de maladies vénériens avaient été relatés.
Quelle raison de ménager ces hommes ?
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