Page 32 sur 41

Posté : mer. juin 26, 2019 4:21 pm
par Zaldora
[justify]L'âtre à la campagne.
18 juin 2039,


[center][img]https://zupimages.net/up/19/26/oxw8.png[/img]
Chaumière d'un clan paysan pas aisé, mais bien lotit.[/center]

Dans les campagnes, les chaumières comptaient en général deux pièces : l'une pour les animaux et l'autre réservée aux hommes. Celle-ci accueillait le foyer (feu) autour duquel se déroulait toute la vie en clan. Le brasier servait non seulement à cuire les aliments, à s'éclairer et à se chauffer mais avait aussi un rôle convivial prépondérant pour le clan. Lors des longues nuits d'hiver, le feu était constamment alimenté et la porte donnant sur la partie dédiée aux bétails était laissée ouverte afin de bénéficier de la chaleur dispensée par les animaux. Chaque chaumière avait son âtre, aussi rudimentaire soit-il, comme fosse ou cheminée.

Feu dans les chaumières

Âtre à cheminée : 19%
Âtre à fosse (au milieu) : 81%

Pièces dans les chaumières

2 pièces (dont une réservée aux animaux) : 94%
3 pièces (dont une réservée aux animaux) : 5%
4 pièces (dont une réservée aux animaux) : 1%

Le cellier dans les chaumières

Au sous-sol : 78%
Au rez-de-chaussée : 22%

Le sol des chaumières

Terre battue : 63%
Terre battue recouverte de paille : 29%
Pierre, bois principalement : 8%
[/justify]

Posté : ven. juin 28, 2019 4:04 pm
par Zaldora
[justify]Au cœur de Thorval (44).
24 juin 2039,

Le cœur de Thorval se situe dans ses campagnes et ses châteaux, tandis que les villes, en dépit de leur prestige, n'en sont que des places secondaires. Contrairement à la vision idyllique, pleine de douceur et de sérénité, la vie paysanne n'est pas de tout repos, elle est même rude et exigeante. Aussi, les milieux ruraux ne sont pas ces endroits de paix éternelle mais des lieux bouillonnant de vie où les confusions, les bruits, les conflits et l'agitation sont rois. Derrière ces taches sombres se cachent toutefois un véritable artisanat rural et d'importants épicentres de développement culturel et intellectuel par les monastères, les abbayes et les écoles abbatiales.

La vie rurale étant trop localisée pour intéresser les bourgeois de la capitale, elle sera relatée ici :


[center][img]https://zupimages.net/up/19/26/6wts.png[/img]
Nādhirvágr avec vue sur la tour de guet.[/center]

L'homme de la tour de guet du village fortifié de Nādhirvágr assurait avoir aperçu un Kraken lumineux sur les flots de la mer cette nuit. Le témoignage fut pris au sérieux par les clans qui mirent leurs ferja [bateaux de pêche] en sureté, hors de la jetée, avant de se répandre en prière à Saint Clément autour du frêne consacré du village, et d'enduire la porte de leurs chaumières d'un peu de saindoux. Nādhirvágr était, à l'exception de Valborg et Jensgård, l'un des rares hameaux à joncher la Reyðrfyrir, côte de landes et de petits bosquets située au nord-ouest, où dominait la nature sauvage.

Dans la capitale, les cloches du beffroi et des églises sonnaient le tocsin à tout rompre. Les bourgeois fermaient leurs volets et se calfeutraient chez eux. Une « grant balain argentale » était apparue à l'horizon et des hommes semblaient la chevaucher. Même les merciers, impliqués dans le commerce d'épices, n'avaient jamais rien vu de tel. Prenant courage, le bourgmestre mit une barque à la mer et alla négocier avec les drôles d'intrus. A son retour, il annonça être parvenus à un accord avec les étrangers : contre des sacs de pain, des tonneaux de poissons, des tonneaux de bière, du fer, du cuivre et quelques outils rudimentaires, la bête acceptait de quitter les lieux. Le tribut fut rapidement réuni et entièrement payé à Tierce du même jour. Et, désormais, les Jensgårdois attendaient que l'affreuse bête s'en aille afin que la vie dans la Cité puisse reprendre son cours normal.[/justify]

Posté : dim. juin 30, 2019 2:25 pm
par Zaldora
[justify]Le retour du diplomate.
29 juin 2039,


[center][img]https://zupimages.net/up/19/26/20x4.png[/img]
La salle d'entrainement d'Hurðborg[/center]

Après quelques semaines passées auprès de son gouvernement, l'ambassadeur Jernlander était de retour au Thorval. Il descendit dans le sud du royaume en compagnie d'une troupe de mercenaires richement payés. Sur la route, il vit des troupeaux claniques pâturer l'herbe ainsi que des milliers de bottes de foin séchant au soleil. Le convoi s'immobilisa à Hurðborg, où la rumeur disait pouvoir y trouver la Reine. Et effectivement, les oriflammes royaux flottaient sur les forteresses. Erik Vindheim en fut admiratif : Marie III était finalement parvenue à prendre la place au meurtrier Víðarr III. L'agitation à l'intérieur montrait toutefois que la guerre n'était pas finie. Des ouvriers réparaient des dégâts sur l'une des façades, quand une importante garnison de fantassins et d'archers y séjournait également. Ces derniers semblaient néanmoins détendus et jouaient à un jeu norrois que le diplomate connaissait bien : l'Einmenningr ! Il consistait à boire des cornes pleine de bières jusqu'à ce que l'un des joueurs s'écroule. La suzeraine autorisait-elle un tel manque de discipline ? Erik Vindheim la retrouva finalement dans la salle des entrainements avec son maitre d'arme. Au vu de son état, l'entrainement était léger, ni trop brusque, ni trop éreintant. Le Jernlander salua Marie et la félicita pour la Conquête. Il s'excusa ensuite de devoir lui annoncer une exécrable nouvelle venant de l'extérieur : Les bourgeois avaient été chassé du pouvoir dans le Nouveau Monde [Westrait]. « Hosanna ! » s'exclama la Reine, interrompant ses exercices. En effet, l'évènement représentait plutôt une bonne nouvelle et signifiait que le consensus de la Loy des Merciers avait été brisé, la domination bourgeoise s'effritait et ses valeurs reculaient, présageant le retour de la Foi et des Chevaliers, le triomphe de la campagne au détriment des villes. L'esprit du monde changeait ! Ceci, les Thorvalois l'attendaient depuis le XVIe après les faux espoirs nés de l'effondrement de l'Hégémonie. Erik Vindheim fut surpris par la réaction et expliqua que les nouveaux maitres étaient sauvages et qu'ils n'hésiteraient pas à la tuer, elle et son clan, s'ils en avaient l'occasion. Mais Marie haussa les épaules, semblant familière, ayant déjà échappé à quatre tentatives de meurtre...[/justify]

Posté : mer. juil. 03, 2019 8:44 am
par Zaldora
[justify]Au cœur de Thorval (45).
8 juillet 2039,

Le cœur de Thorval se situe dans ses campagnes et ses châteaux, tandis que les villes, en dépit de leur prestige, n'en sont que des places secondaires. Contrairement à la vision idyllique, pleine de douceur et de sérénité, la vie paysanne n'est pas de tout repos, elle est même rude et exigeante. Aussi, les milieux ruraux ne sont pas ces endroits de paix éternelle mais des lieux bouillonnant de vie où les confusions, les bruits, les conflits et l'agitation sont rois. Derrière ces taches sombres se cachent toutefois un véritable artisanat rural et d'importants épicentres de développement culturel et intellectuel par les monastères, les abbayes et les écoles abbatiales.

La vie rurale étant trop localisée pour intéresser les bourgeois de la capitale, elle sera relatée ici :


[center][img]https://zupimages.net/up/19/27/qbsj.png[/img]
Erlandr IX (premier plan) et son vassal Víðarr III dans le Fljótland.[/center]

- Les attaques de Troll grandissaient dans le village montagneux de Meðeldra, causant cinq morts et dix blessés. Jalouse de sa puissance, la bête s'acharnait, espérant pousser les paysans à la fuite ou au moins les persuader de se soumettre à ses désirs. Hélas, elle menait ces desseins grandiloquents en pure perte car les villageois n'entendaient lui accorder ni l'un, ni l'autre et se moquaient éperdument de son bon plaisir. Ils comptaient bien rester se battre jusqu'au bout.

- Alors qu'une paix relative s'était installée entre lui et la Reine, le seigneur Erlandr IX profitait de la trêve pour convaincre ses autres vassaux de le rejoindre à la guerre. Néanmoins, la majorité des maisons fidèles méprisaient ouvertement Víðarr III et n'étaient pas prêtes à se sacrifier pour le protéger, encore moins depuis le massacre qu'il perpétua contre l'ost de Sören IV. Par ailleurs, moult parmi les dynastes trouvait risqué de s'attaquer à la suzeraine, redoutant d'y compromettre leur avenir qui se situait sur une cathèdre au sein de puissants mais austères et inconfortables châteaux. Ne désespérant pas, Erlandr IX se promettait intérieurement de poursuivre et de punir ces fêlons en cas de victoire. Il n’appréciait pas Víðarr III lui non plus. Toutefois, il en allait de son honneur que de défendre son homme face à la tyrannie grandissante de Marie.

- Partout au Thorval, les escarmouches claniques et féodales diminuaient. Même le Táunrgarðr avait décidé de soulager son blocus sur Austrheimr, permettant aux pêcheurs de réapprovisionner leurs terres en poisson et d'éloigner pour un temps le spectre de la famine. Ici comme ailleurs, la paix n'allait guère durer.[/justify]

Posté : jeu. juil. 04, 2019 10:04 am
par Zaldora
[justify]La tradition orale populaire (1)
11 juillet 2039,


[center][img]https://zupimages.net/up/19/27/hmbk.jpg[/img][/center]

Le Roy Naim, conte ancien déclamé oralement par les scaldes de génération en génération dans les campagnes :


Au pays de Gjalladigr vivait un Nain. Comme les gens de sa race, il habitait dans les profondeurs de la Grande Montagne.
L'avide petit peuple passait son temps a arracher l'or des entrailles, l'écho de leurs pioches y résonnant depuis des millénaires.
Notre Nain devint bientôt adulte et reçut une pioche. Très vite, il découvrit ses premières pierres précieuses et se perfectionna.
Hélas, ses succès lui obscurcirent l'esprit. Il devint fou et n'avait plus que mépris pour la moitié de ses compagnons.
Creusant toujours plus loin, le filon s’assécha. Mais notre Nain en trouva un autre et en fit sa possession personnelle, Son précieux à lui.
De sa haute position, il tira grand orgueil et devint encore plus arrogant. Désormais, son dénigrement attegnait tout ses compagnons, indignes de son légendaire talent.
Il se servit de son pouvoir pour protéger ses intérêts propres, prendre des décisions arbitraires et surtout les embêter tous.
Notre Nain n'aimait plus personne et en voulait à tous le monde. La situation empira et un jour il chuta de son trône : le petit peuple put enfin souffler, le tyran avait disparu.
[/justify]

Posté : ven. juil. 05, 2019 8:50 am
par Zaldora
[justify]Au cœur de Thorval (46).
14 juillet 2039,

Le cœur de Thorval se situe dans ses campagnes et ses châteaux, tandis que les villes, en dépit de leur prestige, n'en sont que des places secondaires. Contrairement à la vision idyllique, pleine de douceur et de sérénité, la vie paysanne n'est pas de tout repos, elle est même rude et exigeante. Aussi, les milieux ruraux ne sont pas ces endroits de paix éternelle mais des lieux bouillonnant de vie où les confusions, les bruits, les conflits et l'agitation sont rois. Derrière ces taches sombres se cachent toutefois un véritable artisanat rural et d'importants épicentres de développement culturel et intellectuel par les monastères, les abbayes et les écoles abbatiales.

La vie rurale étant trop localisée pour intéresser les bourgeois de la capitale, elle sera relatée ici :


[center][img]https://zupimages.net/up/19/27/620x.png[/img]
Le pain des riches bourgeois qui cuisait dans une talemelerie
de la capitale.
[/center]

Quatre talemeleries [boulangeries] de Jensgård furent dévalisées par une foule d'humbles en colère après la subite hausse des prix du pain des pauvres, passant de 1 à 3 deniers en une nuit. A la suite de la découverte de blé dans une cache près des moulins municipaux, au moins sept meuniers se firent également bastonner. Dans un dernier accès de rage, les pauvres incendièrent aussi la prévôté municipale qui s'apprêtait à les amener devant la justice, blessant au passage le prévôt et dix de ses sergents. On redoutait désormais que la foule ne s'en prenne au corps municipal [bourgmestre et échevins], dominé par les Bouchers de la ville, laissé sans défense devant la désorganisation proverbiale du guet urbain des Manteaux Bleus. Les émeutiers étaient soutenus par les petits de la Cité, notamment après qu'ils aient triomphalement distribué le pain volé. La fureur était en dernier lieu alimentée par le fait que le prix du pain blanc, réservé à la haute bourgeoisie, n'augmenta pas et resta imperturbablement à 8 deniers.

Ces évènements intervenaient alors que blé cultivé intra-muros, l'une des seules cités au monde à avoir des champs en ses murs, s'annonçait mauvais, et que les livraisons en provenance des campagnes étaient devenues incertaines. La solution serait sans doute de piocher dans les réserves, en espérant une situation meilleure l'an prochain. Que ce soit les villes, la paysannerie, les monastères ou les châteaux, chacun disposait de greniers où du grain était, chaque année, mis de coté pour palier aux temps troubles. Et c'était probablement le cas chez tous les peuples armés de bon sens, à moins que l'esprit marchand ne soit passé par là.

Au beau milieu du mois de juillet, les moissons étaient encore loin d'être finit.[/justify]

Posté : sam. juil. 06, 2019 9:34 am
par Zaldora
[justify]Au cœur de Thorval (47).
20 juillet 2039,

Le cœur de Thorval se situe dans ses campagnes et ses châteaux, tandis que les villes, en dépit de leur prestige, n'en sont que des places secondaires. Contrairement à la vision idyllique, pleine de douceur et de sérénité, la vie paysanne n'est pas de tout repos, elle est même rude et exigeante. Aussi, les milieux ruraux ne sont pas ces endroits de paix éternelle mais des lieux bouillonnant de vie où les confusions, les bruits, les conflits et l'agitation sont rois. Derrière ces taches sombres se cachent toutefois un véritable artisanat rural et d'importants épicentres de développement culturel et intellectuel par les monastères, les abbayes et les écoles abbatiales.

La vie rurale étant trop localisée pour intéresser les bourgeois, elle sera relatée ici :


[center][img]https://zupimages.net/up/19/27/vskt.png[/img]
Effroi, la compagnie de Hvítrholt entra dans la Cité.[/center]

Au petit matin, des hommes armés passèrent les portes de la Cité et massacrèrent impitoyablement les émeutiers du pain. Après plusieurs jours de gros chahuts, l'ordre était rétablit et la capitale pouvait enfin panser ses plaies à la grande joie du corps municipal et des marchands de la ville. Leurs sauveurs étaient des écorcheurs de la compagnie de Hvítrholt, dirigée par Ágáta « la Hardi ». Ils semaient habituellement la terreur sur les routes mais vinrent pour la première fois au secours des commerçants, moyennant une montagne d'or. Les reitres attendaient désormais d'être payés mais les échevins ne l'entendirent pas de cette oreille et les invitèrent plutôt au grand banquet donné par eux. Était-ce un simple remerciement ou les chefs bourgeois espéraient gagner du temps ? Avaient-ils la somme promise ? Le temps le dira. Néanmoins, La réputation des Hvítrholt les précédait et malheur à celui qui ne respectait pas ses engagements. Personne ne devait se fier aux apparences de la cheftaine Ágáta. Derrière ses ères aimables se cachait une personne déterminée et sanguinaire. Autrement, elle ne serait pas à la tête d'écorcheurs face auxquels les très rustres seigneurs du royaume passaient presque pour des gens raffinés.

Les Manteaux Bleus ramassaient les corps qui jonchaient les ruelles et les places, avant de les jeter à la fosse commune ou dans de grands brasiers. Les humbles de Jensgård étaient à terre et découragés. Ayant su rétablir l'ordre et les affaires, la haute bourgeoisie triomphait. Elle avait toutefois franchit une ligne rouge et insultait d'autant plus les pauvres avec ce festin. Dans les quartiers populaires, la colère grondait et monta d'autant plus après cet effroyable massacre. De grands évènements risquaient de suivre, l'arrogante et suffisante bourgeoisie pourrait très vite le regretter...

Quel rôle les mercenaires allaient-ils jouer ? Que pensait le guet urbain après s'être fait court-circuiter par des coupes-gorges ? Les féodaux allaient-ils se mêler aux affaires de la Cité, alors qu'ils en étaient soigneusement exclut depuis des siècles par la jalouse bourgeoisie ?[/justify]

Posté : sam. juil. 06, 2019 1:43 pm
par Zaldora
[justify]Écrits privés et secrets (6).
20 juillet 2039,


[center][img]https://zupimages.net/up/19/27/qmgf.png[/img][/center]

L'une de leurs hallebardes m'est passée à deux doigts du visage : ces écorcheurs ont bien faillit me tuer. Beaucoup de pauvres hères n'ont hélas pas eu la même fortune. Quelle journée dramatique ! Nous ne pouvons prévoir l'avenir mais il est certain que par son appel aux mercenaires et son mépris à l'égard des petits, le pouvoir municipal a signé son arrêt de mort.

Ces évènements symbolisent parfaitement le sujet dont je souhaite parler aujourd'hui. Explorons l'histoire Dytolienne :

A l'époque de l'Empire Antique, la potestas était du ressort des Magistrats et l'auctoritas dans l'escarcelle du Sénat, qui jouait un rôle tant politique que religieux.
A l'époque de la Chrétienté, la potestas appartenait aux Rois et au Seigneurs, l'auctoritas au Pape et à l'Église (c'est d'ailleurs toujours le cas au Thorval).
A l'époque de la Chrétienté finissante, les Rois absolus concentrèrent en eux-mêmes les deux facettes. Le clergé n'eut plus qu'à se soumettre.

Et notre époque obéit au même schéma ! La potestas est le pré-carré d'un nouveau clergé et l'auctoritas le domaine absolu de l'Économie. L'Occident, ainsi qu'une grande partie du monde, vénère un dieu nommé Marché. Son clergé se compose des analystes, des banquiers, des entrepreneurs et des investisseurs. Il officie dans ses propres Temples, représentés par l'Agence FIDES, les Banques centrales et les diverses Bourses. Comme à la période antique, le clergé réalise des sacrifices afin de calmer les sautes d'humeur d'un dieu-Marché particulièrement colérique. La pire des calamités pour les adorateurs du Marché se nomme déflation ou Krach. Tout leur système de croyance repose sur le mythe de la croissance, cercle vicieux de production et de consommation toujours grandissant qui prétend offrir le salut séculier, ici bas. La science économique n'est pas une science mais une théologie sécularisée et rationaliste. Quant à ceux qui prétendent remettre en cause la Foi commune au dieu-Marché, ils sont ridiculisés, ostracisés et réputés « sortit de la civilisation ». Un véritable totalitarisme dissimulé s'exerce sur eux.

Mais au juste, pourquoi un village devrait devenir ville ? Pourquoi les forêts et les prés devraient disparaitre dans les flammes de l’industrie ? Pourquoi les champs vivriers devraient faire place aux betteraves à sucre ? Les hommes sont-ils réellement condamnés à vivre dans l'Enfer gris de l'urbanisation ? Les services et les technologies valent-ils vraiment mieux que les choses qui poussent, les vertes frondaisons et le chant des oiseaux ? Les analyses économiques possèdent-elles plus de valeur que la Foi des petites gens ? Leurs contes et leurs enchantements ?



[right]Percefal Fenton-Beckett[/right][/justify]

Posté : dim. juil. 07, 2019 7:50 am
par Zaldora
[justify]Au cœur de Thorval (48).
22 juillet 2039,

Le cœur de Thorval se situe dans ses campagnes et ses châteaux, tandis que les villes, en dépit de leur prestige, n'en sont que des places secondaires. Contrairement à la vision idyllique, pleine de douceur et de sérénité, la vie paysanne n'est pas de tout repos, elle est même rude et exigeante. Aussi, les milieux ruraux ne sont pas ces endroits de paix éternelle mais des lieux bouillonnant de vie où les confusions, les bruits, les conflits et l'agitation sont rois. Derrière ces taches sombres se cachent toutefois un véritable artisanat rural et d'importants épicentres de développement culturel et intellectuel par les monastères, les abbayes et les écoles abbatiales.

La vie rurale étant trop localisée pour intéresser les bourgeois, elle sera relatée ici :


[center][img]https://zupimages.net/up/19/29/jb0p.png[/img]
Un village clanique dans le Grettirjǫrð.[/center]

A Hylliásynja, un marchand Thøgerois se fit transpercer de flèches par le garde-champêtre alors qu'il tentait de s'enfuir avec une partie de la moisson du village. Les gerbes de blé étaient vraisemblablement destinées à être stockées, avec la complicité des meuniers urbains, pour ensuite être vendues au prix fort aux habitants de la ville. Après la capitale, la spéculation sur le grain gagnait les remparts de la deuxième cité du royaume par sa puissance économique, où le pain des pauvres était désormais un denier plus cher qu'en début de mois.

A Valborg, ville de pêcheurs, la justice municipale condamna dix meuniers à recevoir quinze coups de fouet pour spéculation. Des énormes quantités de blés avaient peu auparavant été retrouvées dans leurs moulins. L'enquête fut diligentée après une subite et anormale hausse des prix du pain. Le cours semblait pour le moment être revenus à la normale. Les actes malveillants touchaient désormais l'ensemble des trois villes du royaume, plus aucune n'était épargnée. Si Valborg et Sankt-Thøger avaient su plus ou moins agir afin de maintenir la paix, Jensgård naviguait en eaux troubles. Le chahut reprenait dans les quartiers populaires et les mercenaires, toujours impayés, s'impatientaient et menaçaient de piller la Cité.

Un marchand Jensgardois fut arrêté dans le pays de Grettirjǫrð pour vol de moisson, destiné sans trop de doutes à la spéculation. Le seigneur Gullveig V ordonna de le clouer au pilori par l'oreille avec permission pour les villages de venir battre le coupable. Les paysans ne se firent pas prier et gratifiaient le marchand de leurs coups de pieds, coups de tête et autres volées de coups de poings.[/justify]

Posté : lun. juil. 08, 2019 5:44 pm
par Zaldora
[justify]Au cœur de Thorval (49).
25 juillet 2039,

Le cœur de Thorval se situe dans ses campagnes et ses châteaux, tandis que les villes, en dépit de leur prestige, n'en sont que des places secondaires. Contrairement à la vision idyllique, pleine de douceur et de sérénité, la vie paysanne n'est pas de tout repos, elle est même rude et exigeante. Aussi, les milieux ruraux ne sont pas ces endroits de paix éternelle mais des lieux bouillonnant de vie où les confusions, les bruits, les conflits et l'agitation sont rois. Derrière ces taches sombres se cachent toutefois un véritable artisanat rural et d'importants épicentres de développement culturel et intellectuel par les monastères, les abbayes et les écoles abbatiales.

La vie rurale étant trop localisée pour intéresser les bourgeois, elle sera relatée ici :


[center][img]https://zupimages.net/up/19/28/y751.png[/img]
Jensgård durant la nuit...[/center]

Le cœur de pierre d'Ágáta perdit finalement patience et lança ses Hvítrholter sur Jensgård. La capitale fut pillée et brûlée par la même compagnie qui, quelques jours auparavant, l'avait sauvé des émeutiers du pain. Au petit matin, diverses parties de la Cité fumaient encore. La garde urbaine avait été décimée, le quartier des corporations dévasté, tout comme le port et la maison communale. Les mercenaires attaquèrent aussi des églises mais laissèrent la Cathédrale en paix. Peur de Dieu ? Barricadée en ses murs, l'Université semblait elle aussi intacte. Avant de partir, les coupes-gorges distribuèrent des sacs de pain aux pauvres afin de s'assurer un passage sûr vers les portes de la ville. Au final, les richesses emportées étaient supérieures à la rémunération promise initialement par le corps municipal. Les écorcheurs pillèrent des épices, des draps, des étoffes de soie, des fourrures, des pierres précieuses, des orfèvreries, des bijoux, des pièces d'or et d'argent, des tonneaux de bière, du porc salé et des pommes (il fallait bien manger). Ágáta étaient désormais riche et pleinement satisfaite. Avec sa nouvelle fortune, elle aspirait à recruter d'autres hommes afin de prendre un château et devenir Seigneur. Une ascension fulgurante, bien que l'aristocratie guerrière risquait de difficilement accepter une mercenaire dans ses rangs.

Pour la capitale, c'était le trois cent trente-troisième pillages subit en un millénaire. Le premier depuis vingt ans. Face au désastre, le bourgmestre et les échevins, ayant miraculeusement survécus à l'anomie, paraissaient las et erraient hagards dans la ville. Ils avaient échoué à protéger la Cité et fait entrer le loup dans la bergerie. Leur pouvoir sur les choses municipales ne tenait plus qu'à un fil. Les humbles continuaient à s'agiter et pourraient bientôt être rejoint par les artisans modestes. La spéculation organisée par ses propres merciers allait-elle conduire Jensgård à sa chute ? L'avidité de sa haute bourgeoisie aura-t-elle raison de la Fière Cité ?


[/justify]