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Posté : jeu. nov. 24, 2016 3:05 pm
par Zaldora
[justify]Droit coutumier.
A ce jour,

Le système juridique thorvalois s'appuie fortement sur le droit coutumier. Ses dispositions, orales et consacrées par l'usage, régissent la vie sociale, les relations entre les personnes, les formes de possession et d'usages des sols, les héritages, les impôts, les droits et prérogatives des différentes communautés en matière politique, civile et criminelle, etc. Bref, dans un large éventail de domaines. En droit écrit, on trouve le Codex Canonum représentant le droit canon propre à l'Église catholique au Thorval (du fait de son autonomie et de ses spécificités).

Droits fondamentaux :

Liberté d'expression : Pas de loi écrite, acceptée par les coutumes avec le droit au calomnié de défendre son honneur par le duel.
Liberté de culte : Pas de loi écrite. En dehors de la religion d'État (qui possède des privilèges propres), les coutumes ne l'accordent qu'aux religions reconnues (croyants dotés d'un lien historique avec le territoire et visiteurs — artistes, scientifiques, professeurs — selon les circonstances).
Liberté de rassemblement : Pas de loi écrite, les coutumes l'accordent sans condition.
Liberté d'association : Pas de loi écrite, les coutumes l'accordent sans condition.
Droit des femmes : Pas de loi écrite, les coutumes ne voient pas de différence entre une femme et la Vierge. La première doit être pleinement respectée. Modèle familial basé sur le clan, les liens de parenté et de sang, non l'autorité du père.
Droits des animaux : Pas de loi écrite, les coutumes s'inspirent de la Somme Théologique de St Thomas d'Aquin expliquant que les animaux possèdent une « âme » dans le sens d'un esprit de vie. Ils ne sont donc pas des meubles disposables.
Droits des enfants : Pas de loi écrite, les coutumes s'inspirent du catholicisme et protègent les enfants du labeur et de l'avortement.
Héritage : Pas de loi écrite, les coutumes le régissent. Bâtard exclut partout.
Grèves : Pas de loi écrite, les coutumes l'accordent sans condition.
Esclavagisme : Pas de loi écrite, les coutumes l'interdisent et le punissent.

Législation sur les mœurs :

Mariage civil : inconnu.
Adoption : Pas de loi écrite, les coutumes reconnaissant la possibilité à un clan d'adopter.
Contrat d'affrèrement : Reconnu et permis par les coutumes. Le contrat d'affrèrement, souvent oral, permet à deux ou plusieurs hommes de clans différents de fraterniser (devenir frères) et de vivre sous le même toit, y partageant la bière, le pain et la bourse. La situation est passagère ou dure bien plus longtemps. Il ne s'agit pas d'un mariage mais d'une fraternité. La chose est ouverte aux femmes depuis le XIIIe siècle. L'état d'esprit de ces contrats est le même que celui de l'adoption clanique (création d'une parenté non-biologique).
Relations sexuelles hors-mariage : Pas de loi écrite, les coutumes inspirées de l'Église reprouvent mais laissent le clergé s'occuper des repentances au cas par cas si confession.
Divorce : Voir mariage civil. Mariage religieux : nullité prononçable par un tribunal ecclésiastique.
Adultère : Pas de loi écrite, les coutumes inspirées de l'Église interdisent mais laissent le clergé s'occuper des repentances au cas par cas si confession.
Polygamie : Pas de loi écrite, les coutumes inspirées de l'Église interdisent mais laissent le clergé s'occuper des repentances au cas par cas si confession.
Mariage consanguin : Autorisé à partir du huitième degré collatéral par le Codex Canonum.
Contraception : Pas de loi écrite, les coutumes inspirées de l'Église réprouvent.
Avortement : Pas de loi écrite, les coutumes inspirées de l'Église interdisent car considéré comme un infanticide. Le praticien encourt une variété de peines locales très sévères. En cas d'avortement, la femme a possibilité de se repentir à l'Église, sinon jouit d'alternatives pour ne pas avorter : soutien communautaire, conseils, laisser l'amour maternel faire son œuvre et sinon, placer l'enfant à l'orphelinat, dans une communauté religieuse ou au sein de la parentèle. Dans les faits, l'interdit est contourner par les médecins quand la vie de la femme est gravement en danger.
Euthanasie : Pas de loi écrite, les coutumes sont ambiguës sur la question. Achever un mourant sur le champs de bataille ou un cheval blessé est perçu comme honorable.
Homosexualité : Pas de loi écrite, les coutumes inspirées de l'Église réprouvent. Toutefois, celles-ci ne punissent pas et condamnent la traque. Laissent le clergé s'occuper des repentances au cas par cas si confession.
Exhibitionnisme : Pas de loi écrite, les coutumes inspirées de l'Église interdisent l'exhibitionnisme en tant que viol des bonnes mœurs. Variété de peines locales.
Prostitution : Pas de loi écrite, les coutumes inspirées de l'Église interdisent la prostitution. Œuvre de soutien aux prostitués, traque sans pitié des maquereaux. Variété de peines locales lourdes pour ceux là.
Pornographie : Pas de loi écrite, les coutumes inspirées de l'Église interdisent la pornographie en tant que viol des bonnes mœurs. Variété de peines locales lourdes.
Pédophilie : Pas de loi écrite, les coutumes inspirées de l'Église interdisent la pédophilie en tant que viol des bonnes mœurs. Variété de peines locales lourdes.
Zoophilie : Pas de loi écrite, les coutumes inspirées de l'Église interdisent la zoophilie en tant que viol des bonnes mœurs. Couramment, Le zoophile est banni de la communauté.
Jeux de hasards : Pas de loi écrite, les coutumes inspirées de l'Église interdisent en tant que secteur vénale. Variétés de punitions locales lourdes. Largement tolérés entre amis.
Concession individuelle perpétuelle (tombe) : Pas de loi écrite, les coutumes ne la garantissent pas. Usage des caveaux familiaux.

Autre :

Fraternités, communautés, etc : Voir liberté d'association.
Société secrète : Pas de loi écrite, les coutumes ne s'y opposent pas mais les frères doivent avouer publiquement leur appartenance s'ils désirent exercer une fonction régalienne.
Consommation d'alcool : Pas de loi écrite, les coutumes ne s'y opposent pas.
Consommation de tabac : Pas de loi écrite, les coutumes ne s'y opposent pas.
Consommation de drogue : Pas de loi écrite, les coutumes sont vagues.[/justify]

Posté : ven. déc. 02, 2016 4:44 pm
par Zaldora
[justify]Les petits papiers de la reine mère.
27 septembre 2031, (antidaté)

Ces dernières temps, la reine mère [Margrethe] se démenait afin de choisir le meilleur partie pour sa fille. Et depuis que celle-ci visitait l'Arsois, à l'invitation de l'empereur, Margrethe tenait également en respect les potentiels frondeurs, panier de crabes au sein duquel se trouvait rien de moins que le fier Ragnar III d'Engegaard. L'aura de femme forte dont jouissait la reine mère n'avait rien d'exceptionnel car l'histoire thorvaloise était elle-même parsemée de ce genre de dames, de filles influentes voir surpuissantes. Encore aujourd'hui, la gente féminine pouvait s'adonner à presque toutes les activités des hommes : écrivain, savante, maitresse (corporation), SEIGNEUR. La piété vers la Mère de Dieu mélangée aux principes chevaleresques, irriguant toujours la société, conduisait le pays à vénérer la femme. Notons aussi que la famille ne reposait pas sur l'autorité du père mais les liens de parenté et du sang, élargie (tout le "clan"). La préférence mâle pour le trône était assez paradoxale mais s'expliquait tout de même par la peur de voir la Couronne se transmettre à l'étranger via l'épouse.

Avant d'explorer plus en détail les prétendants à la main de Marie, Margrethe voulut s'assurer qu'aucun problème de consanguinité n'existait et se plongea longuement dans les arbres généalogiques. Le doute fut assez promptement levé pour les courtisans nordiques, devant le peu de liens et d'alliances matrimoniales entretenus avec le monde païen. Cela prit un peu plus de temps pour les prétendants latins dans la mesure où ils étaient tout deux d'Arsois, comme la reine mère issue de la noblesse Annessonaise.



« Michele-Amedeo di Tignezzi. Un garçon mature dont les racines remontent potentiellement à une famille de chevaliers croisés tombée en pauvreté. Ses convictions – opportunisme et autoritarisme – pourraient être très utiles aux cotés de Marie, et son caractère jovial lui apporterait sans doute grand bonheur. Si nous retenons Michele-Amedeo, il nous faudra appuyer ses revendications à Tignez afin de redonner un peu corps à sa noblesse. Au rang de ses défauts, nous plaçons son âge – de dix huit ans l'ainé de Marie – et les régulières enquêtes menées contre les Di Tignezzi pour de possibles trafics de drogue en Nazalie.

Varwin Serre-de-Faucon du Vonalya et Bjørn Patte-d'Ours de Christabard. Nous les avons regroupé car sont au fond des enfants assez similaires : de caractère francs, entiers et bon vivants, défenseurs de l'ordre traditionnel et d'une monarchie forte sans détruire les libertés locales, guerriers ayant déjà portés les armes. Bjørn Patte-d'Ours a en plus l'importante qualité d'être un pieux catholique, d'un naturel proche des faibles et dévoué, protecteur et aimant vis-à-vis de son épouse. Nous ne voyons aucun réel défaut ni chez l'un ni chez l'autre. La question est donc : devons-nous affaiblir nos liens avec la latinité au bénéfice de l'endogamie nordique ?

François-Régis de Foulcahier. Nous avons devant nous le frère de l'empereur Raymond, clé de voute d'une potentielle grande alliance politique destinée à redorer le blason cabossé de la Chrétienté. Cet enfant fut très jeune élevé dans le cadre politique et apparait comme le champion de l'ordre traditionnel en Dytolie. On le dit aussi proche du parti dévot en Arsois et ses capacités aux armes semblent tout à fait prometteuses. Le défaut de François-Régis réside essentiellement dans sa personnalité effacée, alors que Marie aurait plutôt besoin d'un époux présent et pugnace.

L'heure du choix approche, nous espérons fiancer et marier Marie juste avant l'interdit de l'Avent sinon, fin décembre 2032*.
»

* Le calendrier commun est de style nativité. ^^[/justify]

Posté : dim. déc. 04, 2016 6:05 pm
par Zaldora
[justify]Le quotidien politique d'un humble village.
12 octobre 2031,

Chaque dimanche après la messe, les habitants de Stortheste, communauté paysanne de quelques cent trente âmes, se regroupaient devant le parvis de l'église romane, exemple de l’indissociabilité absolue entre l'utile et le beau dans l'architecture romane, témoignage par ailleurs de la pauvreté vraie, celle qui était magnifique, éveilleuse d'âme et devant laquelle le voyageur se figeait pour contempler. Son opposé était la pauvreté nue, épurée, sans vie et sordide. La qualité indéniable du romane et du gothique se trouvait dans le puits sans fond qu'ils renfermaient, dans les possibilités infinies d'imagination, de re-création et de réinvention. Devant un chapiteau, l'artisan sculpteur laissait libre-court à sa pensée et à ses trouvailles sans que des canons trop fixes ne viennent le gêner. Les bâtisseurs de Cathédrales étaient des géants, leurs successeurs étaient sur leurs épaules. Ils possédaient leurs expériences et par leurs haute position, découvraient de nouveaux horizons et pouvaient voir plus loin qu'eux ! Jamais de copie et d'imitation car c'était à chaque génération ou époque, non pas de fixer ses propres critères du Beau ou de croire que la quintessence fut déjà atteinte, mais de poursuivre la quête du Sublime dont le terme ne viendrait vraisemblablement qu'à la Fin. Cette église était le plus précieux patrimoine collectif que Stortheste avait, bâtit au milieu des chaumières à colombage, entourées d'une mer de parcelles cultivées, de prairies et de bois. Même le tavernier ou le forgeron travaillaient un tant soi peu la terre. Lors de la saison morte, on s'adonnait chez soi, qui au travail de la laine, qui à la vannerie, qui à la tonnellerie, qui encore au soin des bêtes et des cultures. La grande tracasserie de la communauté était la maladie qui revenait souvent. Désavantage de la vie naturelle et paysanne. On se situait loin de toute zone urbaine – peu répandues au demeurant – au sud-ouest de la province de Treenigheden, sur la plaine vallonnée des Martyrs [traduit dans le texte].

Le curé parlait devant la communauté réunie :

« Ce que nous devons décider, c'est vers quoi iront les cent nouveaux hectares du bosquet de Friskkilde, patoisa l'homme d'église.

– Qui est pour les confier à un homme d'argent en vue de futurs aménagements ?

Personne ne leva la main.

– Qui est pour l'ajouter au domaine foncier seigneurial ?

Derechef, pas de réaction.

– Qui est pour le partage individuel au sein de la communausté ?

De premières mains se levèrent.

– Qui est pour que ces bois reviennent aux biens commusnaux ?

Simultanément, une multitude de mains se levèrent. Victoire au 3/4. Le clocher retentit un coup.

– Mes bons amis, nous allons... »

[center]---[/center]

Les diverses sortes d'assemblées, toutes issues des usages consacrés par le temps, sont :

La bondeting, littéralement assemblée paysanne. Il s'en trouve une par village et revêt deux aspects, l'un suffragant et l'autre auto-gouvernemental. Le premier se traduit par l'exemple ci-dessus alors que le second est une réunion des gens choisit par les paysans, souvent des proches ou des personnes de confiance, pour administrer les affaires locales issues d'un long faisceau de chapitres tel que les communaux, la moisson, le curage des fosses, l'écolatre, la sage-femme, mais aussi la justice et l'impôt. Le prêtre y participe par tradition.

La borgerligting, littéralement assemblée de bourgeois. Il s'en trouve une par cité, et fonctionne comme le bondeting sauf que le bourgmestre est omniprésent, que les représentants s'appellent les échevins et que les volets de préoccupations sont différents de ceux des campagnes. Les votes s'effectuent sur le parvis de la cathédrale ou devant le beffroi, selon les coutumes. Le borgerligting peut également s'appeler corps municipal.

La lavting, littéralement basse assemblée. Chaque province en est dotée. Elle se réunit chaque trimestre en un endroit traditionnel (prairie, grande église paroissiale, arbres) et se compose de représentants élus spécialement pour l'occasion par les villages et les villes afin de discuter, proposer, voter sur les affaires touchant la province.

La højting, littéralement haute assemblée. Ce sont les États-Généraux durant lesquels se réunissent extraordinairement les trois ordres de la société, par l'intermédiaire de délégués nommés pour l’évènement. L'assemblée est convoquée sur décision de Sa Majesté dans des conditions périlleuses afin de statuer sur des questions délicates (crise politique, endettement, impôt royal, guerre, décision diplomatique majeure). En 1700 ans d'histoire, la højting fut convoquée soixante quinze fois. La dernière remonte à décembre 2030, et décida de sortir le royaume de l'isolement volontaire.

Les délégués aux différents échelons tiennent un mandat impératif et ne sont pas rémunérés/dédommagés/avantagés en nature. Juste de la gratitude ou le courroux si les choses se passent mal.

Dans tout le royaume, les administrations et la bureaucratie sont très légères, on les dirait même inexistantes par endroit. Les gens sont laissés tranquilles.[/justify]

Posté : ven. déc. 09, 2016 11:18 pm
par Zaldora
[justify]Les petits papiers de la reine mère.
28 octobre 2031,

Un prétendant de dernière-minute, Britton, s'était avancé pour la main de Marie. L'opinion de la reine-mère ci-dessous :

[spoiler="Photographie de George Owen Sinclair"][img]http://img4.hostingpics.net/pics/143174PierreIIduBrsilempereur.jpg[/img][/spoiler]
« George Owen Sinclair, portant le titre honorifique de comte de Yanaon, du nom de l'ancien comptoir commercial Britton en Roumalie. De ce que nous voyons, c'est homme de lettre cultivé, parlant couramment quatre langues et possédant ce qui semble être une impressionnante collection d'ouvrages philosophiques. Titulaire d'une licence mandarinale, Sinclair a en outre obtenu un diplôme d'histoire à Université de Lanfair, après être passé par l'Institut royal d'Artillerie, où il fut recommandé au grade de capitaine. On le dit sémillant, persévérant et franc, ce qui n'est pas de trop dans nostre royaume. Au titre de point faible, nous citons principalement sa noblesse honorifique qui hélas ne nous apportera d'influence ni en Roumalie, ni en Brittonie. »

HRP: pour d'autres candidats de dernière minute, c'est [url=http://www.simpolitique.com/post297986.html#p297986]ici[/url] (cliquez) : remplissez le formulaire et envoyez le moi par MP ![/justify]

Posté : lun. déc. 12, 2016 10:29 pm
par Zaldora
[justify]On sort les cadastres !
6 novembre 2031,

La salle du trône connaissait ce jour là l'agitation coutumière des audiences publiques. Ne disposant ni d'une étendue très grande, ni d'un faste ostentatoire à faire pâlir d'envie le plus puissant des orpailleurs, le lieu impressionnait malgré tout les visiteurs grâce aux vitraux ornant les fenêtres, les fresques peintes sur les murs, les blasons et les bannières. Au bout de la pièce, posé sur une estrade légèrement surélevée, on apercevait le trône. Construite au VIe siècle puis façonnée ensuite, la cathèdre royale était de chêne dans un style gothique. Le bois avait de chaque coté été sculpté afin d'y faire respectivement apparaitre le Baptême du roi Saint Olaf, et le Christ en croix pris dans les branches d'Yggdrasil d'un entrelacs nordique. Le piètement était sobre d'ornement, en dépit de quelques projets le concernant, au XVIIe, abandonnés par la suite. A un mètre sur la droite de la première cathèdre se tenait une seconde, réservée selon les règnes à la reine consort ou au prince consort. Celle-ci était désespérément vide en ce moment.

La matière du jour relevait d'une importance ni triviale, ni secondaire mais capitale : le foncier, la possession, l'usage. Sa Majesté voulut le traiter en personne et trônait sur son siège depuis l'aurore, recevant les paysans un par un, même si la plupart se montraient en petits groupes. Le Grand Chambellan triait au mieux la pile des cadastres et l'amenait à l'attention de Marie au besoin. Les documents renvoyaient à la répartition foncière locale, et le traitement de la question pour les autres terres du domaine fut confié aux arrières-vassaux, ou à des baillis.

« S'il vous plait, approchez, demanda la reine Marie aux quatre paysans présents, trois jeunes et un dernier plus vieux, visiblement de la mesme famille.

Ces derniers franchirent d'un pas hésitant le marche-pied, afin de voir le plan que la jeune fille tenait dans ses mains.

– Ces terres de 10 tønde, montra-t-elle en parcourant le tracé du doigt, este-ce les vostres ?
– Oui, Marie Reyne. Nous y habitons et les cultivons depuis des générations, informa l'ancien s'appelant Jørn.
– Bien. A partir ce jour, nous ne vous en resclamons plus auscune redevance.
– Vous voulez dire que...
– Oui, mestre l’alleustier, coupa la suzeraine le sourire aux lèvres.

Ils se tinrent figés quelques instants, bouches bées, les yeux écarquillés, avant de se rependre en innombrables remerciements, reconnaissances et acclamations. Le vieux père manqua de peu la syncope. C'était réel.

– Vostre joie nous comble de bonheur ! En retour, pouvez-vous nous promettre une chose ?
– Tout ce que vous voudrez, Majesté ! Clamèrent les petites gens.
– Ces champs et ses jardins sont les vostres. Continuez à les labourer, à les semer et à les mesttre en valeur avec le vostre bon sens, comme depuis des générations.
– Nous vous le jurons sur Saint Erland, Marie Reyne. Quitter ces terres, se détacher du lien, c'este perdre son âme.

Et c'est ainsi que la journée se poursuivit, voyant de petites censives du domaine royal devenir des alleu paysans. Bientôt, la reine espérait étendre la marche à tout son royaume, mais rien n'était sûr face à ses vassaux.[/justify]

Posté : mer. déc. 14, 2016 12:51 pm
par Zaldora
[justify]Les grandes périodes artistiques.

Bien que Dytolien et non-insulaire, les périodes artistiques que le Thorval connut divergent avec la suite chronologique généralement acceptée et vécue sur le reste du continent. Les différents styles réussirent à cohabiter à travers les ages et il n'est de ce fait pas possible de décrire une époque par une unique esthétique, mais plusieurs.

La chronologie ci-dessous concerne l'art en général (architecture, peinture, etc) :

Jusqu'au Ve siècle : art nordique
Du V à XIe siècle : art nordo-chrétien / art pré-roman
Du XIe à 1180 AD : art roman / art nordo-chrétien
De 1180 à 1560 AD : art gothique / art roman / art nordo-chrétien
De 1560 à 1580 : passion gréco-latine classique et acquisition modérée de ses apports (art renaissance) / art gothique / art roman / art nordo-chrétien. Pas de phénomène « antiquisant », l'art renaissance périclite.
1580 AD : Début de l'art roman nouveau.
1595 AD : Début du nouvel art nordo-chrétien
1600 AD : Début du nouvel art gothique
Ces trois genres cohabitèrent, bien que roman et gothique soient plus courants, jusqu'en 1905. Durant la période, le théâtre classique (règle des trois unités) vécu à la marge
1905 AD à ... : Début quasi-simultané de l'art roman renouvelé, l'art gothique renouvelé et l'art nordo-chrétien renouvelé / le théâtre classique (règle des trois unités) vit toujours à la marge

Les arts d'avant le XVIe siècle ne tombèrent pas en désuétude mais survécurent en se renouvelant. Idem pour le chant vieux-thorvalois qui n'eut pas besoin de restauration. L'art renaissance, quant à lui, déclina. Le baroque ne gagna pas réellement le royaume car son promoteur fut l'Église tridentine. Or, l'Église catholique de Thorval n'adopta que le stricte nécessaire du Concile de Trente. Sans baroque, pas de rococo non plus. Le classicisme ne fut présent que par le théâtre classique. On aime beaucoup Platon, Aristote et les colonnades mais de là revenir en arrière et dire que le reste est gauche... Le romantisme n'eu alors pas d'objet, d'autant que les Lumières ne firent qu’effleurer le pays.

Le pays doit peu au droit romain qui ne laissa presque aucune trace dans la législation, la société et les mœurs. Cela eu des conséquences politiques car dépourvu de l'appui du droit romain et de légistes s'en aspirant, la royauté ne muta pas en monarchie absolue et les coutumes se maintinrent jusqu'à aujourd'hui, changeantes selon les époques, les contextes et la mémoire des hommes.[/justify]

Posté : mar. déc. 27, 2016 2:38 pm
par Zaldora
[justify]Quotidien des humbles.
20 décembre 2031,

[center][img]https://i.imgur.com/2tCjBcQ.jpg[/img][/center]
Les poules étaient dans la basse-cour enneigée, une bonne dizaine en plus de trois coqs. Certaines gambadaient, d'autres donnaient l'impression de chercher l'antre des vers de terre enseveli sous le manteau neigeux. Vêtu de laine grossière, Peter glissa la tête dans le poulailler du coté des nids, mais ne trouva pas d’œufs. A vrai dire ce n'était pas une surprise car les poules ne pondaient pas l'hiver ou très rarement. Quoi de plus naturel donc que de revenir bredouille ? Le paysan laissa la porte ouverte et retourna à la chaumière pour prendre un maigre premier repas de la journée – Avent oblige – en compagnie de sa famille, constituée de ses trois enfants, de son épouse, de sa mère, de son père et de son grand-père. Comme autres biens, Peter possédait avec son clan un jardin vivrier contigu de 215 Fod et 4 Tønde land de champs de céréales et de légumineuses à quelques pas de la maison. Récent alleutier, il était heureux car comme la plupart des humbles de sa paroisse, Harken, Peter espérait depuis longtemps la possession de ses terres et cela était actuellement possible dans le domaine royal. A la taverne, il entendit que le phénomène des alleux paysans s'étendait maintenant en dehors du domaine de Sa Majesté, principalement au sein des fiefs contrôlés par les diverses branches cadettes. L'information était aussi reprise par des crieurs publics. Tout ceci était donc de bonne augure et donnait du baume au cœur durant la saison morte. Pour le reste de la journée, Peter brassera de la bière à la brasserie du village, rattachée à la taverne, et se retrouvera au cours de l'après-midi devant un brasier pour jacasser avec les copains.[/justify]

Posté : jeu. déc. 29, 2016 11:38 pm
par Zaldora
[justify]Anthroponymie locale.

Les prénoms donnés par les parents à leurs enfants sont à consonance purement locale, d'origine chrétienne ou encore ceux des rois, des reines et des seigneurs. Ci-dessus, quelques exemples de prénoms dans leur forme Jensgårdoise (à l'exception des derniers masculins). Ceux là existent aussi pour la plupart en vieux-thorvalois.

Exemples de prénoms masculins :
Mathias, Per, Jens, Niels, Ragnar, Lars, Søren, Poul, Hallvard, Kjeld, Anskar, Thøger, Erland, Olaf, Svend, Nicolaj, Jørn, Thomas, Erik, Påske, Rasmus, Anders, Jesper, Knud, Arnulf, Bjørn, Folkmar, Markus, Simon, Valdemar, Øthulf, Christian, Aðalríkr, Dagfinnr, Eylir, Fastmundr, Markvard, ...

Exemples de prénoms féminins :
Anna, Kristine, Marie, Lucia, Birgitte, Helle, Mette, Inge, Borghild, Kinga, Freya, Bente, Helma, Hilda, Ingrid, Magga ...[/justify]

Posté : mar. janv. 03, 2017 3:03 pm
par Zaldora
[justify]Armées non permanentes.
8 janvier 2032,

[center][img]https://zupimages.net/up/18/49/9de7.png[/img][/center]

Revue générale des troupes

Sa Majesté Marie III : 4200 chevaliers
Bjørn de Fårbjerg : 400 chevaliers
Magnus de Helligstier : 500 chevaliers
Anna de Treenigheden : 1000 chevaliers
Poul de Lysbjerg : 400 chevaliers
Jens de Hårland : 1200 chevaliers

Mathias V de Sidstehøjborg : 1000 chevaliers
Erik X de Søndermandland : 1100 chevaliers
Jesper XII d'Ulvlund : 900 chevaliers
Ragnar III d'Engegaard : 1000 chevaliers
Anders II d'Almargård : 800 chevaliers
Erland IX de Flodland : 800 chevaliers
Poul VIII de Højgård : 100 chevaliers
Helle de Mølleåen : 700 chevaliers
Per XIII de Skovegård : 900 chevaliers
Bartosz XVI de Brakanland : 1050 chevaliers
Søren IV de Taungård : 650 chevaliers
Martynas XXI de Tresletterne : 1100 hommes
Lars XI de Taungraenser : 1250 chevaliers
Euzebiusz VII de Vådkyst : 950 chevaliers
[/justify]

Posté : jeu. janv. 05, 2017 10:33 pm
par Zaldora
[justify]Épisode judiciaire (1).
15 janvier 2032,

[center][img]https://i.imgur.com/Rr5nZjv.png[/img][/center]

Une sombre affaire judiciaire venait de prendre fin.

Tout débuta le 11 décembre à Nyherred, paroisse abritant deux cent cinq âmes, située au sud-ouest du royaume, un peu en arrière de la rive de la grande mer intérieure, dans le margraviat de Vådkyst. Le bruit, fondé, de trois bébés morts-nés en moins d'un mois se propagea. Très vite, Lucia, la nouvelle sage-femme, dû subir le courroux du village qui l'accusa de sorcellerie et de diableries. Sans attendre et sans la ménager, la foule conduisit l'accoucheuse devant l'officialité, sous la juridiction du Très Révérend Père Söfren, abbé mitré de l'Abbaye Notre-Dame des Cieux. Après moult enquêtes, visites et délibérations, le tribunal ecclésiastique conclut le 14 janvier que rien ne laissait croire en un acte maléfique et recommanda la compassion. Remise le lendemain aux laïcs, la Haute Justice du margrave Euzebiusz VII condamna Lucia à l'exil dans le Højgård. Cela aurait pu être pire étant donné la colère populaire... Au final, la peine ne sera même pas appliquée, la maïeuticienne ayant choisit de rejoindre un couvent situé au sein de la province voisine, à plusieurs lieux de Nyherred.

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Système judiciaire

La haute justice, détenue par les grands seigneurs (et les corps municipaux pour les villes). Celle-ci peut juger toutes les affaires et prononcer toutes les peines, y compris la peine de mort.
La moyenne ou la basse justice, détenues par les vassaux-médiats et les arrières-vassaux (généralement). Elles peuvent traiter les affaires de moindres importances comme les rixes, les larcins, les dégâts des bêtes.
La justice royale, détenue par Sa Majesté et incarnée par la Store Domstol, grande cour devant laquelle on fait appel de la justice seigneuriale ou municipale. Ses arrêtés priment et sont définitifs. Elle sert aussi à juger les seigneurs félons.

Les officialités, tribunaux ecclésiastiques sous la juridiction d'un évêque ou d'un abbé mitré, en charge des dossiers en rapport à l'église, aux choses spirituelles et connexes. Ces dernières ne peuvent condamner « civilement ou pénalement » les laïcs sauf celles et ceux bénéficiant du privilège de for.[/justify]