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Ramiro de Maeztu
Proclama oficial del Ministro de Asuntos Exteriores de Numancia y Representante del Reino en la Liga Panlatina - Déclaration officielle du Ministre des Affaires Étrangères de Numancia et Représentant du Royaume à la Ligue Panlatine
Messieurs mes amis palombiens et padamonais,
Suite aux douloureuses épreuves que nous venons de traverser, le Royaume de Numancia estime en ma personne qu'il serait judicieux d'organiser une Première Convention de la Ligue Panlatine, qui se tiendrait dans un de vos deux pays, afin de définir ensemble des lignes d'action communes.
Messieurs mes amis palombiens et padamonais,
Suite aux douloureuses épreuves que nous venons de traverser, le Royaume de Numancia estime en ma personne qu'il serait judicieux d'organiser une Première Convention de la Ligue Panlatine, qui se tiendrait dans un de vos deux pays, afin de définir ensemble des lignes d'action communes.
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Ramiro de Maeztu
Proclama oficial del Ministro de Asuntos Exteriores de Numancia y Representante del Reino en la Liga Panlatina - Déclaration officielle du Ministre des Affaires Étrangères de Numancia et Représentant du Royaume à la Ligue Panlatine
Messieurs mes amis palombiens et padamonais,
Les autorités internationales viennent de me communiquer le taux de conversion à l'euro de notre nouvelle monnaie commune, la latinia.
Cette monnaie se révèle très forte, puisqu'une latinia équivaut à 33,5 euros. Un euro est donc équivalent à 0,03 latinia.
Messieurs mes amis palombiens et padamonais,
Les autorités internationales viennent de me communiquer le taux de conversion à l'euro de notre nouvelle monnaie commune, la latinia.
Cette monnaie se révèle très forte, puisqu'une latinia équivaut à 33,5 euros. Un euro est donc équivalent à 0,03 latinia.
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Ramiro de Maeztu
<center>[url=http://le-monde-de-selenia.xooit.com/image/44/f/f/e/800px-metro_madrid_linea_11-1dc87b0.jpg.htm][img]http://img44.xooimage.com/files/7/2/4/800px-metro_madrid_linea_11-1dc87b1.jpg[/img][/url]
La station Duque de Pastrana, où Juan Pacheco prit le métro pour se rendre chez Don Enrique Bahamonde</center>
Juan avait été convoqué précipitamment chez Don Enrique Bahamonde, à Negrilla de Palencia, dans la banlieue d'Hispalis, pour des raisons que le Président du Parti Phalangiste ne lui avait pas précisées.
Il se trouvait alors chez des amis, dans le centre de la capitale, et, prenant soin de leur confier son barda, il fila en métro jusqu'à la station la plus proche, celle de Montepríncipe, puis courut le plus vite qu'il put jusqu'à la propriété.
Il fut accueilli par la servante de Don Enrique, qui le conduisit rapidement jusqu'au bureau du Président, d'où parvenait l'écho d'une violente dispute entre deux hommes. Elle frappa à la porte, attendit un peu et c'est Don Enrique qui vint lui ouvrir, visiblement contrarié. Quand il aperçut Juan derrière elle, il l'accueillit chaleureusement, congédia la gouvernante et fit entrer le jeune homme dans son bureau.
Quelle ne fut pas sa surprise lorsqu'il découvrit, assis sur un des fauteuils du bureau, un verre de bourbon à la main, Jorge Garzón en personne, alias Felipe V, nouveau Roi du Numancia, qui s'était fait couronner le matin même au Temple Réformé d'Hispalis, en présence d'un comité politique et officiel réduit.
- Je... je... - bégaya-t-il. Pourquoi m'avez-vous convoqué ici ?
- Pour te présenter notre nouveau souverain, Sa Majesté Sérénissime Felipe V, que tu as dû reconnaître, j'imagine - répondit Don Enrique avec amertume.
Juan Pacheco resta immobile, médusé face à ce jeune homme de vingt-deux ans, donc plus jeune que lui, qui jeta sur lui un regard mi paternaliste, mi froid.
- Et... que... qu'est-ce que je peux faire ?
- Nous discutions avec Sa Majesté des possibilités d'action future, maintenant qu'il est couronné et investi de ses fonctions politiques et régaliennes et que nous sommes quasi assurés de gagner ces élections. Mais visiblement, cette perspective n'emballait pas Monsieur...
- Un peu de respect, Don Enrique, n'oubliez pas qui je suis et qui vous êtes - rétorqua violemment le Roi.
- Je ne l'oublie pas, Votre Majesté, et c'est précisément parce que je ne l'oublie pas que je vous parle sur ce ton.
- Plaît-il ?
- A mon tour de vous demander si vous n'oublieriez pas un d'où vous venez, Votre Majesté. Sans moi et sans l'ancien Régent, vous seriez resté l'obscur fils d'un banquier qui a eu la décence de financer durant toute la fin de sa vie les actions de la Phalange numancienne. Vous ne seriez juste qu'un fils à papa sans aucun pouvoir réel. Vous avez tout intérêt à satisfaire nos intérêts sinon...
- Sinon quoi, exactement ? Je crains, Don Enrique, que vous n'ayez pas bien compris de quoi il retourne. Bien que j'adhère à la totalité de vos idéaux et de votre vision de la société et du monde, j'entends avoir mon mot à dire. L'État, c'est moi, ne l'oubliez jamais. Je ne suis pas un pantin que l'on manipule à sa guise. Vous avez tout intérêt à ne jamais l'oublier vous non plus. Et nous avons tous deux intérêt à nous entendre plutôt bien, car c'est la gloire et la grandeur de ce pays qui en dépendent.
Juan assista à tout cet échange animé, cette succession de répliques brèves et ciselées, sans piper mot tant il était impressionné par la force de détermination des deux hommes qui finirent, sans pour autant formellement se réconcilier, par se mettre d'accord sur ce point essentiel : la grandeur de la nation.
Avant de repartir, alors qu'il enfilait son caban, le Roi tourna son regard vers Juan, lui serra la main et lui dit cette phrase sibylline :
- Désolé de ne pas m'être présenté, ou plutôt de m'être présenté dans ces conditions. Mais nous aurons à nous revoir, je n'en doute pas.
<center>[url=http://le-monde-de-selenia.xooit.com/image/40/6/b/e/tumblr_kxkmxysvbf...3qo1_500-1dc80d4.jpg.htm][img]http://img40.xooimage.com/files/5/1/2/tumblr_kxkmxysvbf...3qo1_500-1dc80d5.jpg[/img][/url]
Une photographie récente du nouveau souverain du Numancia, Felipe V</center>
La station Duque de Pastrana, où Juan Pacheco prit le métro pour se rendre chez Don Enrique Bahamonde</center>
Juan avait été convoqué précipitamment chez Don Enrique Bahamonde, à Negrilla de Palencia, dans la banlieue d'Hispalis, pour des raisons que le Président du Parti Phalangiste ne lui avait pas précisées.
Il se trouvait alors chez des amis, dans le centre de la capitale, et, prenant soin de leur confier son barda, il fila en métro jusqu'à la station la plus proche, celle de Montepríncipe, puis courut le plus vite qu'il put jusqu'à la propriété.
Il fut accueilli par la servante de Don Enrique, qui le conduisit rapidement jusqu'au bureau du Président, d'où parvenait l'écho d'une violente dispute entre deux hommes. Elle frappa à la porte, attendit un peu et c'est Don Enrique qui vint lui ouvrir, visiblement contrarié. Quand il aperçut Juan derrière elle, il l'accueillit chaleureusement, congédia la gouvernante et fit entrer le jeune homme dans son bureau.
Quelle ne fut pas sa surprise lorsqu'il découvrit, assis sur un des fauteuils du bureau, un verre de bourbon à la main, Jorge Garzón en personne, alias Felipe V, nouveau Roi du Numancia, qui s'était fait couronner le matin même au Temple Réformé d'Hispalis, en présence d'un comité politique et officiel réduit.
- Je... je... - bégaya-t-il. Pourquoi m'avez-vous convoqué ici ?
- Pour te présenter notre nouveau souverain, Sa Majesté Sérénissime Felipe V, que tu as dû reconnaître, j'imagine - répondit Don Enrique avec amertume.
Juan Pacheco resta immobile, médusé face à ce jeune homme de vingt-deux ans, donc plus jeune que lui, qui jeta sur lui un regard mi paternaliste, mi froid.
- Et... que... qu'est-ce que je peux faire ?
- Nous discutions avec Sa Majesté des possibilités d'action future, maintenant qu'il est couronné et investi de ses fonctions politiques et régaliennes et que nous sommes quasi assurés de gagner ces élections. Mais visiblement, cette perspective n'emballait pas Monsieur...
- Un peu de respect, Don Enrique, n'oubliez pas qui je suis et qui vous êtes - rétorqua violemment le Roi.
- Je ne l'oublie pas, Votre Majesté, et c'est précisément parce que je ne l'oublie pas que je vous parle sur ce ton.
- Plaît-il ?
- A mon tour de vous demander si vous n'oublieriez pas un d'où vous venez, Votre Majesté. Sans moi et sans l'ancien Régent, vous seriez resté l'obscur fils d'un banquier qui a eu la décence de financer durant toute la fin de sa vie les actions de la Phalange numancienne. Vous ne seriez juste qu'un fils à papa sans aucun pouvoir réel. Vous avez tout intérêt à satisfaire nos intérêts sinon...
- Sinon quoi, exactement ? Je crains, Don Enrique, que vous n'ayez pas bien compris de quoi il retourne. Bien que j'adhère à la totalité de vos idéaux et de votre vision de la société et du monde, j'entends avoir mon mot à dire. L'État, c'est moi, ne l'oubliez jamais. Je ne suis pas un pantin que l'on manipule à sa guise. Vous avez tout intérêt à ne jamais l'oublier vous non plus. Et nous avons tous deux intérêt à nous entendre plutôt bien, car c'est la gloire et la grandeur de ce pays qui en dépendent.
Juan assista à tout cet échange animé, cette succession de répliques brèves et ciselées, sans piper mot tant il était impressionné par la force de détermination des deux hommes qui finirent, sans pour autant formellement se réconcilier, par se mettre d'accord sur ce point essentiel : la grandeur de la nation.
Avant de repartir, alors qu'il enfilait son caban, le Roi tourna son regard vers Juan, lui serra la main et lui dit cette phrase sibylline :
- Désolé de ne pas m'être présenté, ou plutôt de m'être présenté dans ces conditions. Mais nous aurons à nous revoir, je n'en doute pas.
<center>[url=http://le-monde-de-selenia.xooit.com/image/40/6/b/e/tumblr_kxkmxysvbf...3qo1_500-1dc80d4.jpg.htm][img]http://img40.xooimage.com/files/5/1/2/tumblr_kxkmxysvbf...3qo1_500-1dc80d5.jpg[/img][/url]
Une photographie récente du nouveau souverain du Numancia, Felipe V</center>
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Ramiro de Maeztu
<center>[url=http://le-monde-de-selenia.xooit.com/image/26/f/7/0/swposter-43m-1dbd9fd.jpg.htm][img]http://img26.xooimage.com/files/f/7/0/swposter-43m-1dbd9fd.jpg[/img][/url]
Une vieille affiche de propagande phalangiste datant de 1946 et titrant "Par les armes : la Patrie, le Pain et la Justice". Les temps avaient changé, les méthodes aussi, mais pas les idéaux</center>
Juan commençait à parfaitement connaître ce bureau lumineux, ouvert de toutes parts sur un immense jardin, situé au cœur de la riche bourgade de Negrilla de Palencia. Il y avait passé bien des après-midi en compagnie de Don Enrique Bahamonde, à lui donner un compte-rendu des tables rondes qu'il avait présidées les jours précédents, à compulser tous les sondages, à analyser la moindre déclaration des adversaires du Parti Phalangiste, à tenter d'éviter que le moindre scandale, aussi minime fût-il, n'éclatât et ne discréditât la Phalange...
Ces derniers temps, le Président allait chercher son courrier lui-même alors qu'il avait d'ordinaire confié cette tâche au jeune Juan, qui était en quelque sorte devenu son secrétaire particulier (en plus de sa fonction de coordinateur de la jeunesse phalangiste). Le jeune homme s'était souvent demandé pourquoi et avait cru apercevoir quelques missives en provenance du Royaume du Thorval, mais sa curiosité spontanée ne l'avait pour une fois pas poussé à en savoir plus : il avait déjà bien à faire tous les jours et, n'ayant pas la réputation d'être un flemmard ou un couche-tard, il allait généralement tôt dans sa chambre, exténué mais satisfait par le travail abattu dans la journée.
La tactique de Don Enrique Bahamonde l'interpellait souvent mais portait systématiquement ses fruits : les sondages le donnaient largement vainqueur aux élections du 27 juin, comices qu'il avait réussi à arracher à un Parti Marxiste Unifié aux abois et à bout de souffle... Tout souriait donc au Parti Phalangiste. Mais Juan ne comprenait pas : pourquoi le Président voulait-il à ce point conserver ses bons rapports avec le Pacte de Novgorod, ce repère de rouges avides de pouvoir et de richesse ?
"Je crois que tu as trop subi le lavage de cerveau des phalangistes les plus dépassés et le moins orthodoxes, en vérité, mon cher Juan. Ce que combat le phalangisme, c'est moins le communisme que le gauchisme, parfaitement incarné par cet abruti de Don Antonio José de las Palmas.
Vladimir Kirov, en Rostovie, ou Jianq Quing, en Eran, ont réussi à élever leur pays vers des cimes que nous connaîtrons bientôt, si Dieu veut.
Ils respectent leur patrie, de même qu'ils ont respecté la nôtre, et même si nous ne sommes pas communistes, nous avons des influences marxistes évidentes.
Nous sommes nationalistes, pas tellement fascistes. Pour reprendre une vieille métaphore un peu usée et inexacte, mais assez parlante, nous pouvons nous situer entre le marteau rostov et l'enclume pelabssienne."
<center>[url=http://le-monde-de-selenia.xooit.com/image/28/f/5/2/img1-1dbda2d.jpg.htm][img]http://img28.xooimage.com/files/4/7/d/img1-1dbda2e.jpg[/img][/url]
Une affiche de propagande dans le style ancien utilisée entre décembre 2011 et mars 2012 pour motiver de jeunes désœuvrés à s'engager dans la "Division Bleue" (plus connue au Lochlann sous le nom de "Vit Beställer Suevos") aux côtés de l'armée lochlannaise</center>
Tant d'interrogations fourmillaient dans l'esprit de Juan et Don Enrique, malgré ses réponses claires et imagées, se laissait difficilement percé. Quoi qu'il en fût, tous ceux qui s'opposaient à lui de l'intérieur étaient radicalement éliminés; c'est ainsi qu'il avait obtenu la dégradation infamante et l'exclusion du général Héctor Irigarte, qui devenait importun. Mais il savait aussi remercier ses fidèles, comme le général José Montalvo Súñer, qui croyait plus que jamais en la possibilité de transformer la société et croyait en l'homme providentielle, le "chirurgien de fer" comme disait le philosophe numancien du XIXème siècle Joaquín Costa.
Le jeune phalangiste osa une autre question :
- J'ai peur de ne pas avoir bien compris un point décisif de votre campagne et de votre idéologie générale : vous vous dites grand admirateur du Rike du Lochlann mais rejetait avec véhémence toute politique raciale. Pourquoi ?
- L'on peut admirer un régime, un homme, un livre... et ne pas être d'accord tout ce qu'il comprend, tout ce qu'il fait, tout ce qu'il dit. Peter Eriksson, et Augustus Carlman après lui, ont fait du Lochlann une société juste, empreinte de respect de la patrie et de l'autorité, de courage, de corporatisme. C'est cela que poursuit le nationalisme phalangiste, Juan, pas des classifications prétendument scientifiques qui ne débouchent finalement que sur d'immenses erreurs. La vraie ligne de partage des eaux ne se situe pas entre des races imaginaires, qui ne disent rien de qui nous sommes ou de ce que nous voulons faire pour défendre nos idéaux, mais bien entre les libéraux et les antilibéraux. Et lorsqu'un pays zanyanais est une démocratie à l'occidentale, comme le Makengo, notre but n'est-il pas de l'amener à reconsidérer sa position ?...
Juan était admiratif face à cette pensée fine, nuancée, mélange inédit entre un marxisme (dans sa critique anthropologique du capitalisme) modéré et un nationalisme exacerbé, pensée qui se perdait en mille circonvolutions et analogies audacieuses, mais savait aussi aller droit au but et convaincre son auditoire. La victoire était à portée de main.
<center>[url=http://le-monde-de-selenia.xooit.com/image/47/a/9/6/img2-1dbdb7c.jpg.htm][img]http://img47.xooimage.com/files/c/c/b/img2-1dbdb7d.jpg[/img][/url]
Une des affiches électorales utilisées par le Parti Phalangiste dans le cadre de la campagne officielle pour les élections générales anticipées du 27 juin, portant le slogan "Le Numancia arrive enfin"</center>
Une vieille affiche de propagande phalangiste datant de 1946 et titrant "Par les armes : la Patrie, le Pain et la Justice". Les temps avaient changé, les méthodes aussi, mais pas les idéaux</center>
Juan commençait à parfaitement connaître ce bureau lumineux, ouvert de toutes parts sur un immense jardin, situé au cœur de la riche bourgade de Negrilla de Palencia. Il y avait passé bien des après-midi en compagnie de Don Enrique Bahamonde, à lui donner un compte-rendu des tables rondes qu'il avait présidées les jours précédents, à compulser tous les sondages, à analyser la moindre déclaration des adversaires du Parti Phalangiste, à tenter d'éviter que le moindre scandale, aussi minime fût-il, n'éclatât et ne discréditât la Phalange...
Ces derniers temps, le Président allait chercher son courrier lui-même alors qu'il avait d'ordinaire confié cette tâche au jeune Juan, qui était en quelque sorte devenu son secrétaire particulier (en plus de sa fonction de coordinateur de la jeunesse phalangiste). Le jeune homme s'était souvent demandé pourquoi et avait cru apercevoir quelques missives en provenance du Royaume du Thorval, mais sa curiosité spontanée ne l'avait pour une fois pas poussé à en savoir plus : il avait déjà bien à faire tous les jours et, n'ayant pas la réputation d'être un flemmard ou un couche-tard, il allait généralement tôt dans sa chambre, exténué mais satisfait par le travail abattu dans la journée.
La tactique de Don Enrique Bahamonde l'interpellait souvent mais portait systématiquement ses fruits : les sondages le donnaient largement vainqueur aux élections du 27 juin, comices qu'il avait réussi à arracher à un Parti Marxiste Unifié aux abois et à bout de souffle... Tout souriait donc au Parti Phalangiste. Mais Juan ne comprenait pas : pourquoi le Président voulait-il à ce point conserver ses bons rapports avec le Pacte de Novgorod, ce repère de rouges avides de pouvoir et de richesse ?
"Je crois que tu as trop subi le lavage de cerveau des phalangistes les plus dépassés et le moins orthodoxes, en vérité, mon cher Juan. Ce que combat le phalangisme, c'est moins le communisme que le gauchisme, parfaitement incarné par cet abruti de Don Antonio José de las Palmas.
Vladimir Kirov, en Rostovie, ou Jianq Quing, en Eran, ont réussi à élever leur pays vers des cimes que nous connaîtrons bientôt, si Dieu veut.
Ils respectent leur patrie, de même qu'ils ont respecté la nôtre, et même si nous ne sommes pas communistes, nous avons des influences marxistes évidentes.
Nous sommes nationalistes, pas tellement fascistes. Pour reprendre une vieille métaphore un peu usée et inexacte, mais assez parlante, nous pouvons nous situer entre le marteau rostov et l'enclume pelabssienne."
<center>[url=http://le-monde-de-selenia.xooit.com/image/28/f/5/2/img1-1dbda2d.jpg.htm][img]http://img28.xooimage.com/files/4/7/d/img1-1dbda2e.jpg[/img][/url]
Une affiche de propagande dans le style ancien utilisée entre décembre 2011 et mars 2012 pour motiver de jeunes désœuvrés à s'engager dans la "Division Bleue" (plus connue au Lochlann sous le nom de "Vit Beställer Suevos") aux côtés de l'armée lochlannaise</center>
Tant d'interrogations fourmillaient dans l'esprit de Juan et Don Enrique, malgré ses réponses claires et imagées, se laissait difficilement percé. Quoi qu'il en fût, tous ceux qui s'opposaient à lui de l'intérieur étaient radicalement éliminés; c'est ainsi qu'il avait obtenu la dégradation infamante et l'exclusion du général Héctor Irigarte, qui devenait importun. Mais il savait aussi remercier ses fidèles, comme le général José Montalvo Súñer, qui croyait plus que jamais en la possibilité de transformer la société et croyait en l'homme providentielle, le "chirurgien de fer" comme disait le philosophe numancien du XIXème siècle Joaquín Costa.
Le jeune phalangiste osa une autre question :
- J'ai peur de ne pas avoir bien compris un point décisif de votre campagne et de votre idéologie générale : vous vous dites grand admirateur du Rike du Lochlann mais rejetait avec véhémence toute politique raciale. Pourquoi ?
- L'on peut admirer un régime, un homme, un livre... et ne pas être d'accord tout ce qu'il comprend, tout ce qu'il fait, tout ce qu'il dit. Peter Eriksson, et Augustus Carlman après lui, ont fait du Lochlann une société juste, empreinte de respect de la patrie et de l'autorité, de courage, de corporatisme. C'est cela que poursuit le nationalisme phalangiste, Juan, pas des classifications prétendument scientifiques qui ne débouchent finalement que sur d'immenses erreurs. La vraie ligne de partage des eaux ne se situe pas entre des races imaginaires, qui ne disent rien de qui nous sommes ou de ce que nous voulons faire pour défendre nos idéaux, mais bien entre les libéraux et les antilibéraux. Et lorsqu'un pays zanyanais est une démocratie à l'occidentale, comme le Makengo, notre but n'est-il pas de l'amener à reconsidérer sa position ?...
Juan était admiratif face à cette pensée fine, nuancée, mélange inédit entre un marxisme (dans sa critique anthropologique du capitalisme) modéré et un nationalisme exacerbé, pensée qui se perdait en mille circonvolutions et analogies audacieuses, mais savait aussi aller droit au but et convaincre son auditoire. La victoire était à portée de main.
<center>[url=http://le-monde-de-selenia.xooit.com/image/47/a/9/6/img2-1dbdb7c.jpg.htm][img]http://img47.xooimage.com/files/c/c/b/img2-1dbdb7d.jpg[/img][/url]
Une des affiches électorales utilisées par le Parti Phalangiste dans le cadre de la campagne officielle pour les élections générales anticipées du 27 juin, portant le slogan "Le Numancia arrive enfin"</center>
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Ramiro de Maeztu
<center>[url=http://le-monde-de-selenia.xooit.com/image/48/a/7/8/104427_falangista...12175451-1db3e05.jpg.htm][img]http://img48.xooimage.com/files/a/7/8/104427_falangista...12175451-1db3e05.jpg[/img][/url]
De jeunes partisans de la Phalange lors des dernières manifestations populaires contre le gouvernement du Parti Marxiste Unifié</center>
Juan présidait une nouvelle fois une table ronde publique de la Phalange, l'une des manifestations censées attirer la jeunesse et les couches les plus défavorisées de la société vers le Parti Phalangiste en leur donnant la parole. Comme le disait souvent Don Enrique Bahamonde dans le cadre de leurs discussions privées, il s'agissait de "faire croire à la démocratie" tout en prenant bien soin de rappeler qui était "le chef".
C'était une nouvelle journée caniculaire sur Nicolasol, dans le quartier modeste de Carpio de Azaba, et c'était la cinquième réunion de ce type à laquelle assistait le jeune homme en tant que coordinateur de la jeunesse phalangiste, après avoir fait le tour de bourgades d'importance locale, dont celle de Berrocal de Huebra, près de Vadeable, où Don Antonio José Primo de Rivera avait échappé à la mort lors d'un attentat fomenté par les rouges.
Juan le constatait bien : tous ceux qui venaient à lui - et ils étaient de plus en plus nombreux - regrettait en un sens l'ère du Front Large, qui leur avait beaucoup apporté et avait beaucoup fait pour eux, mais rejetaient en bloc le mode de gouvernement du Parti Marxiste Unifié, qui avait selon eux trahi la mémoire de Don Gregorio López y Olfato. En l'absence d'un meneur véritablement fort et charismatique du côté des réactionnaires ou des régénérationnistes, ils se tournaient désormais vers leur sauveur, Don Enrique Bahamonde. Ce dernier gagnait en popularité chaque jour un peu plus, à la fois du fait de ses talents rhétoriques et de ses idées simples mais qui semblaient efficaces et applicables. "Nous ne devons jamais laisser penser que nous pouvons prendre le pouvoir par un pronunciamiento, même si je reste persuadé que le Régent nous y aiderait encore. Le pouvoir doit venir du peuple lors d'élections propres et faites selon les règles de l'art : c'est à cette condition que nous pourrons nous installer durablement, œuvrer en paix et gagner notre légitimité" disait souvent le Président du Parti Phalangiste.
Juan ne pouvait lui donner tort au vu du succès de la formule qu'il appliquait : récupération des idéaux qui avaient toujours fait l'âme de la Phalange; utilisation moderne des médias; restructuration de symboles forts du passé, notamment par la réutilisation de vieilles affiches de propagande qui vantaient le Numancia éternel tout en alertant l'électeur sur ses problèmes actuels.
Lui qui avait parfois fait des pieds et des mains pour recruter un seul nouveau jeune phalangiste dans toute une province en période de vaches maigres, il en recrutait chaque semaine plus d'une vingtaine, qui venaient ainsi grossir les troupes combattant pour la grandeur du pays.
<center>[url=http://le-monde-de-selenia.xooit.com/image/26/d/f/7/080113---la-falange-1db3f83.jpg.htm][img]http://img26.xooimage.com/files/c/6/7/080113---la-falange-1db3f84.jpg[/img][/url]
Les nouvelles recrues mixtes que Juan avait passées en revue la veille de sa table ronde à Nicolasol, formées dans le petit village méridional de Vitigudino</center>
Mais il restait un évident écueil dans le chemin pavé qui menait aux plus hautes sphères du pouvoir : il fallait de nouvelles élections anticipées. Et plusieurs questions se posaient tout naturellement à ce sujet : la méthode employée était-elle assez forte pour faire ployer le Président du Gouvernement ? Et surtout, la nation supporterait-elle une fois de plus un nouveau tremblement de terre politique de cette nature, l'instabilité parlementaire n'étant jamais bonne pour un pays, quel qu'il fût par ailleurs ?
Don Enrique Bahamonde, qui avait décidément réponse à tout, avait déjà rassuré Juan Pacheco à ce sujet. "Vois-tu, mon jeune ami, la forme d'un gouvernement n'est pas l'élément décisif qui détermine de toute éternité l'âme et l'identité d'une nation. La politique et l'État ne sont que des instruments au service de la nation, ne l'oublie jamais. Peu importe que nous soyons une monarchie, une république, une oligarchie ou une ploutocratie : ce qui compte, dans le fond, c'est la permanence du Numancia dans son esprit même. Évidemment, certains gouvernements tâchent, souvent sans succès, de dénaturer la quintessence d'un pays. Mais chassez le nature, il revient au galop : le peuple se révolte, comme animé par un souffle divin, et chasse les usurpateurs et autres libéraux."
Juan n'était pas toujours convaincu par le fil argumentatif de Don Enrique Bahamonde mais, si sa raison parvenait à résister, son esprit était totalement sous le contrôle d'un homme aux multiples facettes et surtout convainquant parce que convaincu.
"Tu sais, ce n'est pas parce que j'emploie les moyens les plus machiavéliques pour parvenir à mes fins que les idéaux que je défends en sont faux pour autant. C'est un raccourci que s'empresseront déjà de faire ces pingouins de libéraux : ne te laisse pas prendre à leur piège !".
Ces paroles résonnaient dans l'esprit de Juan, rebondissant dans toutes les cavités de son corps. Sa position par rapport au Président était d'autant plus complexe que, si le général Montalvo Súñer l'encourageait dans cette voie, le général Irigarte tentait de l'en dissuader, visiblement sans succès. Les tensions au sein de la Phalange et de sa vitrine politique étaient réelles et au moins aussi fortes que celles qui agissaient au cœur même du pouvoir.
<center>[url=http://le-monde-de-selenia.xooit.com/image/40/5/b/9/pho_213x299_falange-1db40d8.jpg.htm][img]http://img40.xooimage.com/files/5/b/9/pho_213x299_falange-1db40d8.jpg[/img][/url]
L'une des affiches de propagande des années 1940 récupérées par Don Enrique Bahamonde; elle proclame à qui veut bien la lire : "Parler de la Phalange, c'est nommer le Numancia. Unité, unité, unité".</center>
De jeunes partisans de la Phalange lors des dernières manifestations populaires contre le gouvernement du Parti Marxiste Unifié</center>
Juan présidait une nouvelle fois une table ronde publique de la Phalange, l'une des manifestations censées attirer la jeunesse et les couches les plus défavorisées de la société vers le Parti Phalangiste en leur donnant la parole. Comme le disait souvent Don Enrique Bahamonde dans le cadre de leurs discussions privées, il s'agissait de "faire croire à la démocratie" tout en prenant bien soin de rappeler qui était "le chef".
C'était une nouvelle journée caniculaire sur Nicolasol, dans le quartier modeste de Carpio de Azaba, et c'était la cinquième réunion de ce type à laquelle assistait le jeune homme en tant que coordinateur de la jeunesse phalangiste, après avoir fait le tour de bourgades d'importance locale, dont celle de Berrocal de Huebra, près de Vadeable, où Don Antonio José Primo de Rivera avait échappé à la mort lors d'un attentat fomenté par les rouges.
Juan le constatait bien : tous ceux qui venaient à lui - et ils étaient de plus en plus nombreux - regrettait en un sens l'ère du Front Large, qui leur avait beaucoup apporté et avait beaucoup fait pour eux, mais rejetaient en bloc le mode de gouvernement du Parti Marxiste Unifié, qui avait selon eux trahi la mémoire de Don Gregorio López y Olfato. En l'absence d'un meneur véritablement fort et charismatique du côté des réactionnaires ou des régénérationnistes, ils se tournaient désormais vers leur sauveur, Don Enrique Bahamonde. Ce dernier gagnait en popularité chaque jour un peu plus, à la fois du fait de ses talents rhétoriques et de ses idées simples mais qui semblaient efficaces et applicables. "Nous ne devons jamais laisser penser que nous pouvons prendre le pouvoir par un pronunciamiento, même si je reste persuadé que le Régent nous y aiderait encore. Le pouvoir doit venir du peuple lors d'élections propres et faites selon les règles de l'art : c'est à cette condition que nous pourrons nous installer durablement, œuvrer en paix et gagner notre légitimité" disait souvent le Président du Parti Phalangiste.
Juan ne pouvait lui donner tort au vu du succès de la formule qu'il appliquait : récupération des idéaux qui avaient toujours fait l'âme de la Phalange; utilisation moderne des médias; restructuration de symboles forts du passé, notamment par la réutilisation de vieilles affiches de propagande qui vantaient le Numancia éternel tout en alertant l'électeur sur ses problèmes actuels.
Lui qui avait parfois fait des pieds et des mains pour recruter un seul nouveau jeune phalangiste dans toute une province en période de vaches maigres, il en recrutait chaque semaine plus d'une vingtaine, qui venaient ainsi grossir les troupes combattant pour la grandeur du pays.
<center>[url=http://le-monde-de-selenia.xooit.com/image/26/d/f/7/080113---la-falange-1db3f83.jpg.htm][img]http://img26.xooimage.com/files/c/6/7/080113---la-falange-1db3f84.jpg[/img][/url]
Les nouvelles recrues mixtes que Juan avait passées en revue la veille de sa table ronde à Nicolasol, formées dans le petit village méridional de Vitigudino</center>
Mais il restait un évident écueil dans le chemin pavé qui menait aux plus hautes sphères du pouvoir : il fallait de nouvelles élections anticipées. Et plusieurs questions se posaient tout naturellement à ce sujet : la méthode employée était-elle assez forte pour faire ployer le Président du Gouvernement ? Et surtout, la nation supporterait-elle une fois de plus un nouveau tremblement de terre politique de cette nature, l'instabilité parlementaire n'étant jamais bonne pour un pays, quel qu'il fût par ailleurs ?
Don Enrique Bahamonde, qui avait décidément réponse à tout, avait déjà rassuré Juan Pacheco à ce sujet. "Vois-tu, mon jeune ami, la forme d'un gouvernement n'est pas l'élément décisif qui détermine de toute éternité l'âme et l'identité d'une nation. La politique et l'État ne sont que des instruments au service de la nation, ne l'oublie jamais. Peu importe que nous soyons une monarchie, une république, une oligarchie ou une ploutocratie : ce qui compte, dans le fond, c'est la permanence du Numancia dans son esprit même. Évidemment, certains gouvernements tâchent, souvent sans succès, de dénaturer la quintessence d'un pays. Mais chassez le nature, il revient au galop : le peuple se révolte, comme animé par un souffle divin, et chasse les usurpateurs et autres libéraux."
Juan n'était pas toujours convaincu par le fil argumentatif de Don Enrique Bahamonde mais, si sa raison parvenait à résister, son esprit était totalement sous le contrôle d'un homme aux multiples facettes et surtout convainquant parce que convaincu.
"Tu sais, ce n'est pas parce que j'emploie les moyens les plus machiavéliques pour parvenir à mes fins que les idéaux que je défends en sont faux pour autant. C'est un raccourci que s'empresseront déjà de faire ces pingouins de libéraux : ne te laisse pas prendre à leur piège !".
Ces paroles résonnaient dans l'esprit de Juan, rebondissant dans toutes les cavités de son corps. Sa position par rapport au Président était d'autant plus complexe que, si le général Montalvo Súñer l'encourageait dans cette voie, le général Irigarte tentait de l'en dissuader, visiblement sans succès. Les tensions au sein de la Phalange et de sa vitrine politique étaient réelles et au moins aussi fortes que celles qui agissaient au cœur même du pouvoir.
<center>[url=http://le-monde-de-selenia.xooit.com/image/40/5/b/9/pho_213x299_falange-1db40d8.jpg.htm][img]http://img40.xooimage.com/files/5/b/9/pho_213x299_falange-1db40d8.jpg[/img][/url]
L'une des affiches de propagande des années 1940 récupérées par Don Enrique Bahamonde; elle proclame à qui veut bien la lire : "Parler de la Phalange, c'est nommer le Numancia. Unité, unité, unité".</center>
-
Ramiro de Maeztu
<center>[url=http://le-monde-de-selenia.xooit.com/image/26/b/4/d/falange1-1dabacd.jpg.htm][img]http://img26.xooimage.com/files/3/e/d/falange1-1dabace.jpg[/img][/url]
Un dessin de propagande phalangistes des années 1940 : un jeune phalangiste y tient un faisceau de cinq flèches, symbole traditionnel de l'organisation, paré de roses, symbole de la paix apportée par la Phalange</center>
- Tu sais, Juan, je vais te dire une bonne chose : j'ai bien conscience de t'avoir choqué la dernière fois, chez moi, lorsque j'ai déballé en vrac toutes ces informations. Mais il y a une chose qu'il faut que tu comprennes absolument : le machiavélisme des procédés n'ôte rien à la vérité et à la beauté des objectifs que nous poursuivons.
Ces mots résonnèrent sur les meubles de la maison familiale des marquis du Ferrol, dans la localité du même nom, parvenant jusqu'aux oreilles d'un Juan Pacheco de plus en plus subjugué par le Président du Parti Phalangiste.
- Je dois dire que je ne sais que penser de tout cela, mais si vous me certifiez que vous faites cela pour le bien de la patrie, afin de lui offrir le redressement et la gloire qu'elle mérite, alors je vous ferai confiance.
- Je puis te l'assurer, Juan - lui répondit Don Enrique Bahamonde en se servant un verre de cognac. Tu en veux ?
- Jamais d'alcool.
Une ambiance lourde régnait dans la vieille maison remplie de meubles au bois sombre. Rien n'avait été touché depuis la mort de Don Francisco del Ferrol et pour cause, sa petite-fille vivait encore là avec son époux et ses trois enfants. Ils étaient partis tous les cinq en vacances, près de Nicolasol, et ne reviendraient pas avant une quinzaine de jours.
Personne ne savait que Don Enrique Bahamonde avait conservé le trousseau de clefs qui ouvrait l'immense grille en fer forgé du parc, toutes les dépendances (y compris celle de l'appentis où Don Francisco del Ferrol gardait ses plus précieux souvenirs) et bien sûr l'ensemble des pièces de ce vaste manoir qui appartenait depuis toujours à la famille.
- Je puis me permettre une question, Don Enrique ? - s'aventura Juan.
- Je t'en prie, je n'ai pas encore retrouvé tous les dossiers que j'avais emmagasinés ici, en prévision de réunions de travail.
- Vous ne faites rien comme un vrai phalangiste ou un militaire de carrière. Vous jouez sur votre "belle gueule" (passez-moi l'expression), votre rhétorique sans faille, vos plans tordus... Qu'est-ce que Don Francisco - que Dieu ait son âme ! - pouvez bien vous trouver ?
La franchise du jeune phalangiste étonna d'abord Don Enrique Bahamonde, qui resta interdit quelques minutes, faisant mine de fouiller dans quelque tiroir d'une commode. Il prit finalement son courage à deux mains et répondit à son interlocuteur :
- Vois-tu, mon jeune ami, j'admire ton sens de la sincérité. Je hais le général Montalvo Súñer, qui n'est qu'un infâme cancrelat, un scolopendre mielleux, un lèche-bottes. Je lui demanderais de se foutre à poil et de faire la danse de la pluie qu'il le ferait ! Je n'aime pas plus le général Irigarte, qui vit dans le passé et n'a pas compris que le futur appartient à ceux qui utilisent les armes de leurs ennemis pour se battre. Mais toi, tu me plais beaucoup; tu es jeune, tu as de l'ambition, tu n'as pas ta langue dans ta poche mais tu sais aussi te taire lorsqu'il le faut.
- Cela ne répond pas à ma question.
Don Enrique Bahamonde éclata d'un rire franc qui signifiait à la fois sa surprise et son amusement face à ce jeune homme pour lequel il avait de grands projets.
- Peut-être est-ce parce que je ne suis pas un vieux de la vieille ou un maréchal endimanché et engoncé dans ses principes stupidement militaires que Don Francisco del Ferrol. Peut-être est-ce parce que je suis bien plus photogénique, plus "bon chic bon genre", plus présentable mais aussi plus moderne, que les derniers sondages parus hier créditent le Parti Phalangiste de 22,5% des intentions de vote si des élections anticipées se tenaient actuellement.
- Vous ne croyez pas que cet étalage de vulgarité risque de dénaturer les vraies valeurs du phalangisme ?
Don Enrique Bahamonda jeta sur la table basse un vaste dossier rempli de feuilles écornées, agrafées ou raturées. Il commença à le feuilleter, ne semblant plus faire cas du jeune Juan, qui bouillait d'impatience et se demandait s'il devait continuer à lutter contre ses sentiments, qui le poussaient à remettre sa vie tout entière à cet homme si charismatique, ou s'il devait le fusiller sur le champ pour éviter une catastrophe.
- Tu dois sûrement te demander ce que tu dois penser de moi, n'est-ce pas ? Quoi qu'il en soit, fais ton choix, et fais-le vite et définitivement. Je seconde mes alliés, je respecte mes ennemis mais je massacre impitoyablement les girouettes.
- Vous n'avez toujours pas répondu à ma question, je crois. Je ne veux être grossier, mais j'insiste.
- Tu fais bien d'insister. Prends ce dossier, tu y trouveras le cheminement d'une pensée, la mienne, validée par Don Francisco - que Dieu ait son âme ! - qui va nous mener à la victoire. Tu avais peur que je ne dénature les idéaux et les thèses phalangistes ? Mais qui a écrit ces commentaires élogieux dans la marge, à propos de la semaine de trente-cinq heures, à sept heures de travail par jour et deux jours de repos suivis, si ce n'est Don Francisco - que Dieu ait son âme ! -, dis voir ? Et tu trouveras ses annotations partout.
Le Président du Parti Phalangiste ouvrit le dossier sur une autre page au hasard.
- Et là, concernant la retraite au bout de trente-cinq annuités de cotisation, avec un décompte de 3% par année non cotisée ? Qui a écrit à ce sujet "Idée remarquable, surtout en tenant compte du développement démographique actuelle de la société numancienne" ? Et qui a salué deux pages plus loin l'idée d'une pension d'invalidité totale à 70% du dernier salaire pour ensuite confirmer l'idée d'une pension à 60% du dernier salaire de l'époux ou l'épouse en cas de veuvage ? Est-ce que cela ne participe à la justice sociale qui a toujours été une des propositions-phares du phalangisme ?
- C'est fort bien, tous ces chiffres, mais l'économie ne fait pas tout. Ne craignez-vous pas devenir comme les marxistes que vous détestez tant, à toujours compter, calculer, faire des prospections, sans vous soucier de la réalité physique des personnes ? - rétorqua Juan, qui semblait fier d'avoir trouvé une faille dans l'organisation sociale imaginée par Don Enrique Bahamonde.
- Est-ce celui qui se contrefiche des personnes humaines qui évoque à cette page la sévérité que l'on devrait employer contre les pédophiles, en exigeant la prison à perpétuité pour le moindre délit commis contre un enfant ? Et là, lorsque j'évoque l'adoption comme moyen de substitution de l'avortement, décrivant les mécanismes que je compte mettre en place ? Et ici, lorsque je détaille les plans d'action concernant le harcèlement au travail ou encore la campagne de sensibilisation du patronat ?...
Une bien étrange atmosphère régnait dans la vaste demeure. Le feu crépitait en vain dans la cheminée, alors que la journée était caniculaire, et Juan sentit que Don Enrique Bahamonde prenait peu à peu le contrôle sur sa capacité critique. Le Président du Parti Phalangiste avait gagné une bataille décisive.
<center>[url=http://le-monde-de-selenia.xooit.com/image/48/4/3/1/falange3-1dac148.jpg.htm][img]http://img48.xooimage.com/files/9/6/a/falange3-1dac149.jpg[/img][/url]
Une vaste manifestation de la Phalange à Filipina, le 14 juin 2012</center>
Un dessin de propagande phalangistes des années 1940 : un jeune phalangiste y tient un faisceau de cinq flèches, symbole traditionnel de l'organisation, paré de roses, symbole de la paix apportée par la Phalange</center>
- Tu sais, Juan, je vais te dire une bonne chose : j'ai bien conscience de t'avoir choqué la dernière fois, chez moi, lorsque j'ai déballé en vrac toutes ces informations. Mais il y a une chose qu'il faut que tu comprennes absolument : le machiavélisme des procédés n'ôte rien à la vérité et à la beauté des objectifs que nous poursuivons.
Ces mots résonnèrent sur les meubles de la maison familiale des marquis du Ferrol, dans la localité du même nom, parvenant jusqu'aux oreilles d'un Juan Pacheco de plus en plus subjugué par le Président du Parti Phalangiste.
- Je dois dire que je ne sais que penser de tout cela, mais si vous me certifiez que vous faites cela pour le bien de la patrie, afin de lui offrir le redressement et la gloire qu'elle mérite, alors je vous ferai confiance.
- Je puis te l'assurer, Juan - lui répondit Don Enrique Bahamonde en se servant un verre de cognac. Tu en veux ?
- Jamais d'alcool.
Une ambiance lourde régnait dans la vieille maison remplie de meubles au bois sombre. Rien n'avait été touché depuis la mort de Don Francisco del Ferrol et pour cause, sa petite-fille vivait encore là avec son époux et ses trois enfants. Ils étaient partis tous les cinq en vacances, près de Nicolasol, et ne reviendraient pas avant une quinzaine de jours.
Personne ne savait que Don Enrique Bahamonde avait conservé le trousseau de clefs qui ouvrait l'immense grille en fer forgé du parc, toutes les dépendances (y compris celle de l'appentis où Don Francisco del Ferrol gardait ses plus précieux souvenirs) et bien sûr l'ensemble des pièces de ce vaste manoir qui appartenait depuis toujours à la famille.
- Je puis me permettre une question, Don Enrique ? - s'aventura Juan.
- Je t'en prie, je n'ai pas encore retrouvé tous les dossiers que j'avais emmagasinés ici, en prévision de réunions de travail.
- Vous ne faites rien comme un vrai phalangiste ou un militaire de carrière. Vous jouez sur votre "belle gueule" (passez-moi l'expression), votre rhétorique sans faille, vos plans tordus... Qu'est-ce que Don Francisco - que Dieu ait son âme ! - pouvez bien vous trouver ?
La franchise du jeune phalangiste étonna d'abord Don Enrique Bahamonde, qui resta interdit quelques minutes, faisant mine de fouiller dans quelque tiroir d'une commode. Il prit finalement son courage à deux mains et répondit à son interlocuteur :
- Vois-tu, mon jeune ami, j'admire ton sens de la sincérité. Je hais le général Montalvo Súñer, qui n'est qu'un infâme cancrelat, un scolopendre mielleux, un lèche-bottes. Je lui demanderais de se foutre à poil et de faire la danse de la pluie qu'il le ferait ! Je n'aime pas plus le général Irigarte, qui vit dans le passé et n'a pas compris que le futur appartient à ceux qui utilisent les armes de leurs ennemis pour se battre. Mais toi, tu me plais beaucoup; tu es jeune, tu as de l'ambition, tu n'as pas ta langue dans ta poche mais tu sais aussi te taire lorsqu'il le faut.
- Cela ne répond pas à ma question.
Don Enrique Bahamonde éclata d'un rire franc qui signifiait à la fois sa surprise et son amusement face à ce jeune homme pour lequel il avait de grands projets.
- Peut-être est-ce parce que je ne suis pas un vieux de la vieille ou un maréchal endimanché et engoncé dans ses principes stupidement militaires que Don Francisco del Ferrol. Peut-être est-ce parce que je suis bien plus photogénique, plus "bon chic bon genre", plus présentable mais aussi plus moderne, que les derniers sondages parus hier créditent le Parti Phalangiste de 22,5% des intentions de vote si des élections anticipées se tenaient actuellement.
- Vous ne croyez pas que cet étalage de vulgarité risque de dénaturer les vraies valeurs du phalangisme ?
Don Enrique Bahamonda jeta sur la table basse un vaste dossier rempli de feuilles écornées, agrafées ou raturées. Il commença à le feuilleter, ne semblant plus faire cas du jeune Juan, qui bouillait d'impatience et se demandait s'il devait continuer à lutter contre ses sentiments, qui le poussaient à remettre sa vie tout entière à cet homme si charismatique, ou s'il devait le fusiller sur le champ pour éviter une catastrophe.
- Tu dois sûrement te demander ce que tu dois penser de moi, n'est-ce pas ? Quoi qu'il en soit, fais ton choix, et fais-le vite et définitivement. Je seconde mes alliés, je respecte mes ennemis mais je massacre impitoyablement les girouettes.
- Vous n'avez toujours pas répondu à ma question, je crois. Je ne veux être grossier, mais j'insiste.
- Tu fais bien d'insister. Prends ce dossier, tu y trouveras le cheminement d'une pensée, la mienne, validée par Don Francisco - que Dieu ait son âme ! - qui va nous mener à la victoire. Tu avais peur que je ne dénature les idéaux et les thèses phalangistes ? Mais qui a écrit ces commentaires élogieux dans la marge, à propos de la semaine de trente-cinq heures, à sept heures de travail par jour et deux jours de repos suivis, si ce n'est Don Francisco - que Dieu ait son âme ! -, dis voir ? Et tu trouveras ses annotations partout.
Le Président du Parti Phalangiste ouvrit le dossier sur une autre page au hasard.
- Et là, concernant la retraite au bout de trente-cinq annuités de cotisation, avec un décompte de 3% par année non cotisée ? Qui a écrit à ce sujet "Idée remarquable, surtout en tenant compte du développement démographique actuelle de la société numancienne" ? Et qui a salué deux pages plus loin l'idée d'une pension d'invalidité totale à 70% du dernier salaire pour ensuite confirmer l'idée d'une pension à 60% du dernier salaire de l'époux ou l'épouse en cas de veuvage ? Est-ce que cela ne participe à la justice sociale qui a toujours été une des propositions-phares du phalangisme ?
- C'est fort bien, tous ces chiffres, mais l'économie ne fait pas tout. Ne craignez-vous pas devenir comme les marxistes que vous détestez tant, à toujours compter, calculer, faire des prospections, sans vous soucier de la réalité physique des personnes ? - rétorqua Juan, qui semblait fier d'avoir trouvé une faille dans l'organisation sociale imaginée par Don Enrique Bahamonde.
- Est-ce celui qui se contrefiche des personnes humaines qui évoque à cette page la sévérité que l'on devrait employer contre les pédophiles, en exigeant la prison à perpétuité pour le moindre délit commis contre un enfant ? Et là, lorsque j'évoque l'adoption comme moyen de substitution de l'avortement, décrivant les mécanismes que je compte mettre en place ? Et ici, lorsque je détaille les plans d'action concernant le harcèlement au travail ou encore la campagne de sensibilisation du patronat ?...
Une bien étrange atmosphère régnait dans la vaste demeure. Le feu crépitait en vain dans la cheminée, alors que la journée était caniculaire, et Juan sentit que Don Enrique Bahamonde prenait peu à peu le contrôle sur sa capacité critique. Le Président du Parti Phalangiste avait gagné une bataille décisive.
<center>[url=http://le-monde-de-selenia.xooit.com/image/48/4/3/1/falange3-1dac148.jpg.htm][img]http://img48.xooimage.com/files/9/6/a/falange3-1dac149.jpg[/img][/url]
Une vaste manifestation de la Phalange à Filipina, le 14 juin 2012</center>
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Ramiro de Maeztu
<center>[url=http://le-monde-de-selenia.xooit.com/image/46/f/1/a/huf-haus-art-9-le...n-bureau-1ba80b6.jpg.htm][img]http://img46.xooimage.com/files/4/a/3/huf-haus-art-9-le...n-bureau-1ba80b7.jpg[/img][/url]
Le luxueux bureau art moderne de Don Enrique Bahamonde, Président du Parti Phalangiste, dans sa demeure d'Hispalis</center>
Juan Pacheco avait été convoqué par le général Montalvo Súñer à la capitale, Hispalis, où il devait le retrouver à la Gare d'Atocha pour l'emmener en voiture jusqu'à un lieu tenu secret.
C'était la première fois que le jeune homme prenait, en uniforme de la Phalange qui plus est, une ligne à grande vitesse depuis Filipina jusqu'à Hispalis. Aussitôt fut-il descendu du train, son baluchon à l'épaule, que le général le héla au loin, sur le quai. Les deux hommes se rapprochèrent l'un de l'autre et se saluèrent chaleureusement.
- J'espère que tu as fait bon voyage, Juan, mais tu vas encore devoir rester un peu assis : je t'emmène en voiture dans la banlieue "chic" de la ville, à Negrilla de Palencia. C'est là où habite Don Enrique Bahamonde; il nous y attend. Nous avons du pain sur la planche et crois-moi, vu ce qu'il désire réaliser, c'est un vrai privilège pour toi qu'il t'ait convié à cette réunion de travail très privée à laquelle je ne devais être que le seul invité !
Le terme "chic" était bien faible concernant la bourgade de Negrilla de Palencia, accolée à la ville : il ne s'agissait ni plus, ni moins que de la partie la plus aisée de la métropole, où les boutiques de luxe côtoyaient les hôtels particuliers.
Le général Montalvo Súñer expliqua à Juan que, de son vivant, Don Francisco del Ferrol avait donné d'importantes sommes d'argent à son secrétaire particulier et lui avait fait une très importante donation (la moitié de sa fortune, disait-on) sur son testament. Évidemment, cela n'allait pas susciter des critiques et des jalousies, et Juan lui-même trouva cela très suspect, mais le général lui affirma qu'il n'y avait rien d'exceptionnel ou de scandaleux à cela. Le gradé semblait véritablement avoir foi dans le nouveau Président du Parti Phalangiste, ce qui n'était pas non plus sans soulever nombre d'interrogations au sein de la Phalange.
Juan ne connaissait que peu Don Enrique Bahamonde, comme la plupart des phalangistes, et allait donc découvrir un homme peu commun et bien plus déterminé qu'il ne le pensait.
Au bout d'une demi-heure de route, à zigzaguer entre les véhicules et les piétons dans Hispalis, le chauffeur du général Montalvo Súñer s'arrêta sur le trottoir, en face de la demeure du Président, qui était gardée par une vaste grille donnant sur un jardin impénétrable, bordé de hauts cyprès et de thuyas. Alors qu'ils descendaient tous deux de la berline, ils aperçurent Don Enrique Bahamonde, au loin, qui arrivait dans l'autre sens, décontracté, sans aucun garde du corps, lunettes de soleil sur le nez.
Juan fut interloqué par cet homme qui n'avait rien d'un vrai phalangiste ou d'un militaire de carrière, qui ressemblait à une quelconque célébrité du cinéma, et marchait ainsi, sans se presser, un soda à la main. Le Président du Parti Phalangiste salua les deux arrivants de loin et leur serra la main lorsqu'il fut à leur hauteur, échangeant quelques banalités avec le général.
Il les fit entrer à l'intérieur et fit signe au général et à Juan de les suivre dans son bureau. Juan admira avec dédain la richesse et la modernité des lieux : tout ce qu'il détestait. Don Enrique Bahamonde ne lui inspirait décidément aucune confiance et il ne comprenait toujours pas pourquoi Don Francisco del Ferrol lui avait fait confiance au point de l'entretenir et pourquoi le général José Montalvo Súñer voyait en lui le sauveur du parti et de la patrie.
Une fois qu'ils furent tous installés et désaltérés, les discussions sérieuses purent commencer et Juan mesura à quel point Don Enrique était intelligent, perspicace et charismatique :
- Bien, Messieurs, je compte bien sûr sur vous pour que cette conversation reste tout à fait secrète, en dehors des éléments que nous rendrons nous-même publics, cela va sans dire.
- C'est évident, Don Enrique - répondit le général, le sourire aux lèvres.
- C'est entendu - déclara plus froidement Juan, qui n'était pas encore convaincu.
- Vous n'êtes pas sans savoir, Messieurs, que même si le pouvoir cherche à faire le contraire, la mort de feue Sa Majesté Sérénissime n'a rien d'un suicide. Tout du moins en avons-nous parlé, général, et étiez-vous d'accord avec moi, mais peut-être Juan n'était-il pas au courant.
- J'avoue que je m'en doutais un peu - confia-t-il.
- Le général m'avait dit que vous aviez un esprit fin et pénétrant et je ne suis pas déçu. Je ne vais donc surprendre personne si je vous dis que j'ai d'autres révélations à vous faire à ce sujet, révélations qui me viennent tout droit des alcôves du Palais Royal...
Le regard du général et de Juan se fit scrutateur. Visiblement, Don Enrique Bahamonde allait annoncer quelque chose de capital, et ses deux interlocuteurs ne se trompaient pas.
- C'est Son Altesse Sérénissime elle-même, le Régent David Delahunt, qui a commandité cet assassinat, et qui l'a si bien préparé que soit le chef de l'état-major, Don Rodrigo Sagunto, n'y a vu que du feu, soit qu'on lui a suffisamment graissé la patte pour qu'il se taise et maquille toutes les preuves (ce qui est plus probable).
- Mais... comment... comment savez-vous cela ? - balbutia le général, atterré.
- Je le sais parce que c'est David Delahunt qui me l'a dit en personne.
La stupeur s'abattit sur le général et Juan. Tous deux avaient peur de comprendre ce que cela signifiait.
- Ne faites pas cette tête-là, Messieurs, voyons, vous connaissez suffisamment la violence pour ne pas être choqués. C'est David Delahunt qui me l'a dit car c'est avec lui que Don Francisco - que Dieu ait son âme ! - et moi-même avons planifié l'assassinat de cette Reine d'opérette.
Face au silence mi effrayé, mi incrédule de ses auditeurs, le Président poursuivit.
- Le Régent a toujours eu des sympathies pour le Lochlann fasciste et pour la Phalange, si bien qu'à peine arrivé sur le trône, après son mariage avec Isabel la fausse rebelle, il a contacté Don Francisco - que Dieu ait son âme ! -, lequel lui a suggéré un moyen assez... radical, pour aider la Phalange à parvenir au pouvoir. Convaincre celui qui n'était alors que Prince Consort n'a pas été bien difficile, il n'a jamais aimé cette mégère. Il a bien dû la sauter une ou deux fois pour l'engrosser - si vous me permettez l'expression - mais il s'est arrangé pour se débarrasser de l'enfant... Oui, vous avez bien compris, la chute de feue Sa Majesté Sérénissime dans les escaliers, à l'origine de sa fausse couche, n'était pas non plus accidentelle.
Il nous fallait nous débarrasser de cette antifasciste, qui avait depuis longtemps pactisé avec les rouges, et nous devions le faire au moment opportun. Quoi de mieux qu'en pleine instabilité parlementaire, crise sociale et économique, après la déculottée de la Guerre de l'Altevum ?
Mais là n'est pas tout...
En une après-midi, Juan avait perdu toutes ses illusions sur le pouvoir. Mais celui-ci l'attirait toujours autant.
<center>[url=http://le-monde-de-selenia.xooit.com/image/41/6/0/1/bana-eric-photo-e...-6234083-1da462b.jpg.htm][img]http://img41.xooimage.com/files/9/b/6/bana-eric-photo-e...-6234083-1da462c.jpg[/img][/url]
Don Enrique Bahamonde lors d'une réception privée chez Don Francisco del Ferrol, en 2007</center>
Le luxueux bureau art moderne de Don Enrique Bahamonde, Président du Parti Phalangiste, dans sa demeure d'Hispalis</center>
Juan Pacheco avait été convoqué par le général Montalvo Súñer à la capitale, Hispalis, où il devait le retrouver à la Gare d'Atocha pour l'emmener en voiture jusqu'à un lieu tenu secret.
C'était la première fois que le jeune homme prenait, en uniforme de la Phalange qui plus est, une ligne à grande vitesse depuis Filipina jusqu'à Hispalis. Aussitôt fut-il descendu du train, son baluchon à l'épaule, que le général le héla au loin, sur le quai. Les deux hommes se rapprochèrent l'un de l'autre et se saluèrent chaleureusement.
- J'espère que tu as fait bon voyage, Juan, mais tu vas encore devoir rester un peu assis : je t'emmène en voiture dans la banlieue "chic" de la ville, à Negrilla de Palencia. C'est là où habite Don Enrique Bahamonde; il nous y attend. Nous avons du pain sur la planche et crois-moi, vu ce qu'il désire réaliser, c'est un vrai privilège pour toi qu'il t'ait convié à cette réunion de travail très privée à laquelle je ne devais être que le seul invité !
Le terme "chic" était bien faible concernant la bourgade de Negrilla de Palencia, accolée à la ville : il ne s'agissait ni plus, ni moins que de la partie la plus aisée de la métropole, où les boutiques de luxe côtoyaient les hôtels particuliers.
Le général Montalvo Súñer expliqua à Juan que, de son vivant, Don Francisco del Ferrol avait donné d'importantes sommes d'argent à son secrétaire particulier et lui avait fait une très importante donation (la moitié de sa fortune, disait-on) sur son testament. Évidemment, cela n'allait pas susciter des critiques et des jalousies, et Juan lui-même trouva cela très suspect, mais le général lui affirma qu'il n'y avait rien d'exceptionnel ou de scandaleux à cela. Le gradé semblait véritablement avoir foi dans le nouveau Président du Parti Phalangiste, ce qui n'était pas non plus sans soulever nombre d'interrogations au sein de la Phalange.
Juan ne connaissait que peu Don Enrique Bahamonde, comme la plupart des phalangistes, et allait donc découvrir un homme peu commun et bien plus déterminé qu'il ne le pensait.
Au bout d'une demi-heure de route, à zigzaguer entre les véhicules et les piétons dans Hispalis, le chauffeur du général Montalvo Súñer s'arrêta sur le trottoir, en face de la demeure du Président, qui était gardée par une vaste grille donnant sur un jardin impénétrable, bordé de hauts cyprès et de thuyas. Alors qu'ils descendaient tous deux de la berline, ils aperçurent Don Enrique Bahamonde, au loin, qui arrivait dans l'autre sens, décontracté, sans aucun garde du corps, lunettes de soleil sur le nez.
Juan fut interloqué par cet homme qui n'avait rien d'un vrai phalangiste ou d'un militaire de carrière, qui ressemblait à une quelconque célébrité du cinéma, et marchait ainsi, sans se presser, un soda à la main. Le Président du Parti Phalangiste salua les deux arrivants de loin et leur serra la main lorsqu'il fut à leur hauteur, échangeant quelques banalités avec le général.
Il les fit entrer à l'intérieur et fit signe au général et à Juan de les suivre dans son bureau. Juan admira avec dédain la richesse et la modernité des lieux : tout ce qu'il détestait. Don Enrique Bahamonde ne lui inspirait décidément aucune confiance et il ne comprenait toujours pas pourquoi Don Francisco del Ferrol lui avait fait confiance au point de l'entretenir et pourquoi le général José Montalvo Súñer voyait en lui le sauveur du parti et de la patrie.
Une fois qu'ils furent tous installés et désaltérés, les discussions sérieuses purent commencer et Juan mesura à quel point Don Enrique était intelligent, perspicace et charismatique :
- Bien, Messieurs, je compte bien sûr sur vous pour que cette conversation reste tout à fait secrète, en dehors des éléments que nous rendrons nous-même publics, cela va sans dire.
- C'est évident, Don Enrique - répondit le général, le sourire aux lèvres.
- C'est entendu - déclara plus froidement Juan, qui n'était pas encore convaincu.
- Vous n'êtes pas sans savoir, Messieurs, que même si le pouvoir cherche à faire le contraire, la mort de feue Sa Majesté Sérénissime n'a rien d'un suicide. Tout du moins en avons-nous parlé, général, et étiez-vous d'accord avec moi, mais peut-être Juan n'était-il pas au courant.
- J'avoue que je m'en doutais un peu - confia-t-il.
- Le général m'avait dit que vous aviez un esprit fin et pénétrant et je ne suis pas déçu. Je ne vais donc surprendre personne si je vous dis que j'ai d'autres révélations à vous faire à ce sujet, révélations qui me viennent tout droit des alcôves du Palais Royal...
Le regard du général et de Juan se fit scrutateur. Visiblement, Don Enrique Bahamonde allait annoncer quelque chose de capital, et ses deux interlocuteurs ne se trompaient pas.
- C'est Son Altesse Sérénissime elle-même, le Régent David Delahunt, qui a commandité cet assassinat, et qui l'a si bien préparé que soit le chef de l'état-major, Don Rodrigo Sagunto, n'y a vu que du feu, soit qu'on lui a suffisamment graissé la patte pour qu'il se taise et maquille toutes les preuves (ce qui est plus probable).
- Mais... comment... comment savez-vous cela ? - balbutia le général, atterré.
- Je le sais parce que c'est David Delahunt qui me l'a dit en personne.
La stupeur s'abattit sur le général et Juan. Tous deux avaient peur de comprendre ce que cela signifiait.
- Ne faites pas cette tête-là, Messieurs, voyons, vous connaissez suffisamment la violence pour ne pas être choqués. C'est David Delahunt qui me l'a dit car c'est avec lui que Don Francisco - que Dieu ait son âme ! - et moi-même avons planifié l'assassinat de cette Reine d'opérette.
Face au silence mi effrayé, mi incrédule de ses auditeurs, le Président poursuivit.
- Le Régent a toujours eu des sympathies pour le Lochlann fasciste et pour la Phalange, si bien qu'à peine arrivé sur le trône, après son mariage avec Isabel la fausse rebelle, il a contacté Don Francisco - que Dieu ait son âme ! -, lequel lui a suggéré un moyen assez... radical, pour aider la Phalange à parvenir au pouvoir. Convaincre celui qui n'était alors que Prince Consort n'a pas été bien difficile, il n'a jamais aimé cette mégère. Il a bien dû la sauter une ou deux fois pour l'engrosser - si vous me permettez l'expression - mais il s'est arrangé pour se débarrasser de l'enfant... Oui, vous avez bien compris, la chute de feue Sa Majesté Sérénissime dans les escaliers, à l'origine de sa fausse couche, n'était pas non plus accidentelle.
Il nous fallait nous débarrasser de cette antifasciste, qui avait depuis longtemps pactisé avec les rouges, et nous devions le faire au moment opportun. Quoi de mieux qu'en pleine instabilité parlementaire, crise sociale et économique, après la déculottée de la Guerre de l'Altevum ?
Mais là n'est pas tout...
En une après-midi, Juan avait perdu toutes ses illusions sur le pouvoir. Mais celui-ci l'attirait toujours autant.
<center>[url=http://le-monde-de-selenia.xooit.com/image/41/6/0/1/bana-eric-photo-e...-6234083-1da462b.jpg.htm][img]http://img41.xooimage.com/files/9/b/6/bana-eric-photo-e...-6234083-1da462c.jpg[/img][/url]
Don Enrique Bahamonde lors d'une réception privée chez Don Francisco del Ferrol, en 2007</center>
-
Ramiro de Maeztu
<center>[url=http://le-monde-de-selenia.xooit.com/image/41/5/b/8/464618_le-convoi-...ne-crash-1d9b22f.jpg.htm][img]http://img41.xooimage.com/files/8/c/9/464618_le-convoi-...ne-crash-1d9b230.jpg[/img][/url]
Le convoi mortuaire accompagnant le corbillard de Don Francisco del Ferrol jusqu'à sa dernière demeure, au Ferrol</center>
Les grands moyens avaient été employés pour cet enterrement qui ne devait être au départ qu'intimiste et s'était transformé en véritable hommage populaire au fondateur du Parti Phalangiste et compagnon de route du père de la Phalange, José Antonio Primo de Rivera.
Dans la foule qui s'était amassée sur le bord de la route menant du Temple de Sainte-Marie de la Mer au grand cimetière du Ferrol, Juan Pacheco remarqua des gens de tous âges, des hommes, des femmes, des enfants, des vieillards, visiblement de tous horizons sociaux au vu de leurs vêtements de deuil inégaux, dont beaucoup n'étaient pas originaires de la bourgade. Et il avait raison en se faisant ces remarques : tous les sympathisants de la Phalange et du Parti Phalangiste avaient été mobilisés par tous les moyens de communication possibles, depuis la poste jusqu'au courrier électronique en passant par les réseaux de radio sympathisantes.
Toute la famille du Marquis du Ferrol, plutôt aisée, s'était cotisée, de même que l'ensemble des adhérents à la formation politique et de tous les phalangistes. Même Juan avait donné un petit quelque chose, alors qu'il ne nageait pas dans l'opulence. Une vraie ferveur populaire entourait ce corbillard, lui-même précédé et suivi par les jeunes phalangistes, dont Juan, et entouré de quatre motards.
Arrivé au cimetière, au bord du caveau familial, le prêtre, Père Galindo, prononça quelques prières et une brève homélie avant d'ordonner la mise en terre. Avant que le trou ne soit bouché, tous les participants - et ils étaient des centaines ! - jetèrent une rose blanche sur le cercueil en chêne massif, cette fleur étant le symbole de la Phalange. C'est Juan qui avait eu le privilège, avec trois autres membres de la Phalange, de porter le cercueil du temple au tombereau et du tombereau à la tombe.
<center>[url=http://le-monde-de-selenia.xooit.com/image/24/3/6/9/presidente-honor-...55764981-1d9b3e5.jpg.htm][img]http://img24.xooimage.com/files/1/f/c/presidente-honor-...55764981-1d9b3e6.jpg[/img][/url]
Don Francisco del Ferrol lors d'une fête patronale dans sa ville natale, en juin 2011</center>
Suivit l'insoutenable banquet en hommage au défunt, tradition que Juan détestait cordialement. Néanmoins, il participa à une discussion fort intéressante avec le général Irigarte et le général Montalvo Súñer, assis respectivement à sa droite et en face de lui.
- Je n'aime guère le "successeur" de Don Francisco - que Dieu ait son âme ! -, cet Enrique, il ne m'inspire aucune confiance - commença par pester le général Irigarte. C'est un homme aux idées nouvelles. Je n'arrive même pas à comprendre que Don Francisco - que Dieu ait son âme ! - s'en soit entiché !
- Il me paraît au contraire plutôt avenant, charismatique et suffisamment jeune pour porter nos idéaux sur la place publique - rétorqua Juan.
- Et tu ne crois pas si bien dire, mon jeune ami, lui répondit le général Montalvo Súñer. Je sais que c'est un grand point de désaccord que j'ai avec Héctor, mais tant pis, je vais te donner mon avis sur Don Enrique Bahamonde : je le crois très compétent, photogénique et passant parfaitement dans les médias. Il peut nous mener à la victoire, et à une victoire réclamée par le peuple, qui plus est !
- Vois-tu, Juan, c'est que José est un grand amateur du programme politique de Monsieur Enrique, persifla le général Irigarte sans réelle méchanceté. Je n'aime pas ses manières, ses façons de parler, sa tenue débraillée, ce n'est pas un militaire et il n'est pas fait pour ce poste ! - ajouta-t-il, plus sévère cette fois-ci.
- De son programme politique ? Mais de quoi parle le général Irigarte ?
- Tu n'es pas au courant, Juan ? Ce à quoi fait allusion Héctor avec un ton si peu convaincant, c'est l'ensemble du programme qu'ont rédigé conjointement Don Francisco - que Dieu ait son âme ! - et Don Enrique, programme qu'il présentera dès demain lors d'une conférence de presse télévisée. Il nous faut être plus agressifs, plus présents dans l'esprit des Numanciens, il nous faut apparaître avec un homme providentiel avec à notre tête, et cet homme sera Don Enrique, que cela plaise ou non à Héctor. Nous devons nous battre avec les armes de nos ennemis et c'est ce que nous ferons. Une dizaine de congrès et tables rondes ont été programmés dans les principales cités du Numancia, Juan, je crois que tu le sais, et cela aussi, c'est une idée de Don Enrique. Il peut nous mener à la victoire; il va nous mener au pouvoir.
<center>[url=http://le-monde-de-selenia.xooit.com/image/46/e/2/3/eric-bana-20050204-23435-1d9b419.jpg.htm][img]http://img46.xooimage.com/files/c/a/0/eric-bana-20050204-23435-1d9b41a.jpg[/img][/url]
Don Enrique Bahamonde lors du banquet funéraire en hommage à Don Francisco del Ferrol</center>
Le convoi mortuaire accompagnant le corbillard de Don Francisco del Ferrol jusqu'à sa dernière demeure, au Ferrol</center>
Les grands moyens avaient été employés pour cet enterrement qui ne devait être au départ qu'intimiste et s'était transformé en véritable hommage populaire au fondateur du Parti Phalangiste et compagnon de route du père de la Phalange, José Antonio Primo de Rivera.
Dans la foule qui s'était amassée sur le bord de la route menant du Temple de Sainte-Marie de la Mer au grand cimetière du Ferrol, Juan Pacheco remarqua des gens de tous âges, des hommes, des femmes, des enfants, des vieillards, visiblement de tous horizons sociaux au vu de leurs vêtements de deuil inégaux, dont beaucoup n'étaient pas originaires de la bourgade. Et il avait raison en se faisant ces remarques : tous les sympathisants de la Phalange et du Parti Phalangiste avaient été mobilisés par tous les moyens de communication possibles, depuis la poste jusqu'au courrier électronique en passant par les réseaux de radio sympathisantes.
Toute la famille du Marquis du Ferrol, plutôt aisée, s'était cotisée, de même que l'ensemble des adhérents à la formation politique et de tous les phalangistes. Même Juan avait donné un petit quelque chose, alors qu'il ne nageait pas dans l'opulence. Une vraie ferveur populaire entourait ce corbillard, lui-même précédé et suivi par les jeunes phalangistes, dont Juan, et entouré de quatre motards.
Arrivé au cimetière, au bord du caveau familial, le prêtre, Père Galindo, prononça quelques prières et une brève homélie avant d'ordonner la mise en terre. Avant que le trou ne soit bouché, tous les participants - et ils étaient des centaines ! - jetèrent une rose blanche sur le cercueil en chêne massif, cette fleur étant le symbole de la Phalange. C'est Juan qui avait eu le privilège, avec trois autres membres de la Phalange, de porter le cercueil du temple au tombereau et du tombereau à la tombe.
<center>[url=http://le-monde-de-selenia.xooit.com/image/24/3/6/9/presidente-honor-...55764981-1d9b3e5.jpg.htm][img]http://img24.xooimage.com/files/1/f/c/presidente-honor-...55764981-1d9b3e6.jpg[/img][/url]
Don Francisco del Ferrol lors d'une fête patronale dans sa ville natale, en juin 2011</center>
Suivit l'insoutenable banquet en hommage au défunt, tradition que Juan détestait cordialement. Néanmoins, il participa à une discussion fort intéressante avec le général Irigarte et le général Montalvo Súñer, assis respectivement à sa droite et en face de lui.
- Je n'aime guère le "successeur" de Don Francisco - que Dieu ait son âme ! -, cet Enrique, il ne m'inspire aucune confiance - commença par pester le général Irigarte. C'est un homme aux idées nouvelles. Je n'arrive même pas à comprendre que Don Francisco - que Dieu ait son âme ! - s'en soit entiché !
- Il me paraît au contraire plutôt avenant, charismatique et suffisamment jeune pour porter nos idéaux sur la place publique - rétorqua Juan.
- Et tu ne crois pas si bien dire, mon jeune ami, lui répondit le général Montalvo Súñer. Je sais que c'est un grand point de désaccord que j'ai avec Héctor, mais tant pis, je vais te donner mon avis sur Don Enrique Bahamonde : je le crois très compétent, photogénique et passant parfaitement dans les médias. Il peut nous mener à la victoire, et à une victoire réclamée par le peuple, qui plus est !
- Vois-tu, Juan, c'est que José est un grand amateur du programme politique de Monsieur Enrique, persifla le général Irigarte sans réelle méchanceté. Je n'aime pas ses manières, ses façons de parler, sa tenue débraillée, ce n'est pas un militaire et il n'est pas fait pour ce poste ! - ajouta-t-il, plus sévère cette fois-ci.
- De son programme politique ? Mais de quoi parle le général Irigarte ?
- Tu n'es pas au courant, Juan ? Ce à quoi fait allusion Héctor avec un ton si peu convaincant, c'est l'ensemble du programme qu'ont rédigé conjointement Don Francisco - que Dieu ait son âme ! - et Don Enrique, programme qu'il présentera dès demain lors d'une conférence de presse télévisée. Il nous faut être plus agressifs, plus présents dans l'esprit des Numanciens, il nous faut apparaître avec un homme providentiel avec à notre tête, et cet homme sera Don Enrique, que cela plaise ou non à Héctor. Nous devons nous battre avec les armes de nos ennemis et c'est ce que nous ferons. Une dizaine de congrès et tables rondes ont été programmés dans les principales cités du Numancia, Juan, je crois que tu le sais, et cela aussi, c'est une idée de Don Enrique. Il peut nous mener à la victoire; il va nous mener au pouvoir.
<center>[url=http://le-monde-de-selenia.xooit.com/image/46/e/2/3/eric-bana-20050204-23435-1d9b419.jpg.htm][img]http://img46.xooimage.com/files/c/a/0/eric-bana-20050204-23435-1d9b41a.jpg[/img][/url]
Don Enrique Bahamonde lors du banquet funéraire en hommage à Don Francisco del Ferrol</center>
-
Ramiro de Maeztu
<center>[url=http://le-monde-de-selenia.xooit.com/image/47/c/4/3/rania-5-1d9664f.jpg.htm][img]http://img47.xooimage.com/files/d/0/5/rania-5-1d96650.jpg[/img][/url]
Feue Sa Majesté Sérénissime Isabel Ière lors de son mariage avec le Prince Consort David Delahunt</center>
Juan Pacheco avait appris la nouvelle dans le journal, peu avant que le général Montalvo Súñer ne lui téléphone pour la lui annoncer. Il n'avait rencontré la Reine qu'une seule fois, au début de l'année 2012, lors d'un passage en revue des troupes de l'armée régulière, dont il faisait aussi partie, comme la majorité des hommes de la Phalange. Il existait même plusieurs régiments qui, profitant de leur statut spécial et de cette époque de paix relative, bénéficiaient de suffisamment de permissions pour être pleinement actifs dans l'organisme devenu légal après plus de quatre-vingts années d'existence.
- Je suppose que tu as appris la nouvelle, Juan ? - lui demanda au téléphone le général.
- Oui. Je ne sais pas ce qu'il faut en penser.
- Tu n'es pas le seul; nous sommes à la fois réjouis de voir cette souveraine mollassonne partir aussi rapidement, mais sa mort prématurée risque de déstabiliser un peu plus le régime.
- En même temps, elle nous a assez poursuivi et harcelé, comme son pédéraste de prédécesseur, pour que nous soyons heureux de nous en être débarrassés, non ?
- C'est malheureusement plus compliqué que ça, Juan. Tu te doutes bien que si nous avons survécu durant toutes ces années de monarchie et de république, c'est que le pouvoir central a toujours été relativement indulgent avec nous, d'autant plus que la plupart de nos éléments capitaux ne se sont même jamais vraiment cachés. Nous avons longtemps bénéficié d'une certaine clémence car les autorités hispaliennes étaient davantage préoccupées par l'état désastreux de la nation que par quelque force centripète que ce fût.
- Et alors ? Aujourd'hui, le pouvoir central est suffisamment faible et ne pourra même plus nous inquiéter ?
- Dans un sens, tu n'as pas tort, mais à nouveau, la réalité est plus complexe. La réaction du Régent face à toute force menaçant son pouvoir vacillant risque uniquement d'en être plus forte, et c'est là où est le danger.
- Si je comprends bien, il va nous falloir nous faire plus discrets pendant un temps ?
- Pas forcément plus discrets, car pour continuer à progresser, nous devons gagner en visibilité. Mais il va falloir être plus amène avec le pouvoir, au moins en apparence. Si l'Adélien sent que nous pouvons être des alliés de poids pour le maintenir sur son trône, il ne nous inquiètera pas.
- Vous voulez dire, général, que nous allons devoir... collaborer avec les monarchistes ?
- Seulement en surface, Juan, seulement en surface. Quoi qu'il en soit, le petit rassemblent que nous avons prévu doit toujours avoir lieu comme convenu, à la date prévue. Ce coup d'éclat risque, qu'il plaise ou non au Régent, de nous rendre indispensable face aux menaces extérieures.
- Et le Premier Ministre ? Et le gouvernement ? Et le parlement ?
- Qu'ils aillent au diable. Pour le moment, c'est bien le Régent qui est l'autorité suprême de ce pays; n'est-ce pas lui qui déclarait encore il y a quelques temps : "A la volonté des rois se plie le corps des lois ?". Eh bien nous voilà donc sur un filon qu'il va nous falloir exploiter, Juan.
Après quelques formules de politesse, le général Montalvo Súñer raccrocha.
Oui, Juan se souvenait un peu de la Reine; c'était une femme étrange, à la fois très élégante et charmante, mais au regard dur et froid, à la parole aride, engageante et effrayante. Il ne croyait pas une seule seconde à l'hypothèse du suicide; cette femme était trop déterminée. Comment eût-elle pu donner fin à ses jours alors qu'elle était encore la veille la plus actives des dirigeantes de ce monde ? Quelque chose clochait, quelque chose se jouait dans les hautes sphères du pouvoir. Juan le sentait confusément.
<center>[url=http://le-monde-de-selenia.xooit.com/image/46/e/8/4/rania-1d968ad.jpg.htm][img]http://img46.xooimage.com/files/4/8/a/rania-1d968ae.jpg[/img][/url]
L'un des nombreux portraits officiels de feue Isabel Ière</center>
Feue Sa Majesté Sérénissime Isabel Ière lors de son mariage avec le Prince Consort David Delahunt</center>
Juan Pacheco avait appris la nouvelle dans le journal, peu avant que le général Montalvo Súñer ne lui téléphone pour la lui annoncer. Il n'avait rencontré la Reine qu'une seule fois, au début de l'année 2012, lors d'un passage en revue des troupes de l'armée régulière, dont il faisait aussi partie, comme la majorité des hommes de la Phalange. Il existait même plusieurs régiments qui, profitant de leur statut spécial et de cette époque de paix relative, bénéficiaient de suffisamment de permissions pour être pleinement actifs dans l'organisme devenu légal après plus de quatre-vingts années d'existence.
- Je suppose que tu as appris la nouvelle, Juan ? - lui demanda au téléphone le général.
- Oui. Je ne sais pas ce qu'il faut en penser.
- Tu n'es pas le seul; nous sommes à la fois réjouis de voir cette souveraine mollassonne partir aussi rapidement, mais sa mort prématurée risque de déstabiliser un peu plus le régime.
- En même temps, elle nous a assez poursuivi et harcelé, comme son pédéraste de prédécesseur, pour que nous soyons heureux de nous en être débarrassés, non ?
- C'est malheureusement plus compliqué que ça, Juan. Tu te doutes bien que si nous avons survécu durant toutes ces années de monarchie et de république, c'est que le pouvoir central a toujours été relativement indulgent avec nous, d'autant plus que la plupart de nos éléments capitaux ne se sont même jamais vraiment cachés. Nous avons longtemps bénéficié d'une certaine clémence car les autorités hispaliennes étaient davantage préoccupées par l'état désastreux de la nation que par quelque force centripète que ce fût.
- Et alors ? Aujourd'hui, le pouvoir central est suffisamment faible et ne pourra même plus nous inquiéter ?
- Dans un sens, tu n'as pas tort, mais à nouveau, la réalité est plus complexe. La réaction du Régent face à toute force menaçant son pouvoir vacillant risque uniquement d'en être plus forte, et c'est là où est le danger.
- Si je comprends bien, il va nous falloir nous faire plus discrets pendant un temps ?
- Pas forcément plus discrets, car pour continuer à progresser, nous devons gagner en visibilité. Mais il va falloir être plus amène avec le pouvoir, au moins en apparence. Si l'Adélien sent que nous pouvons être des alliés de poids pour le maintenir sur son trône, il ne nous inquiètera pas.
- Vous voulez dire, général, que nous allons devoir... collaborer avec les monarchistes ?
- Seulement en surface, Juan, seulement en surface. Quoi qu'il en soit, le petit rassemblent que nous avons prévu doit toujours avoir lieu comme convenu, à la date prévue. Ce coup d'éclat risque, qu'il plaise ou non au Régent, de nous rendre indispensable face aux menaces extérieures.
- Et le Premier Ministre ? Et le gouvernement ? Et le parlement ?
- Qu'ils aillent au diable. Pour le moment, c'est bien le Régent qui est l'autorité suprême de ce pays; n'est-ce pas lui qui déclarait encore il y a quelques temps : "A la volonté des rois se plie le corps des lois ?". Eh bien nous voilà donc sur un filon qu'il va nous falloir exploiter, Juan.
Après quelques formules de politesse, le général Montalvo Súñer raccrocha.
Oui, Juan se souvenait un peu de la Reine; c'était une femme étrange, à la fois très élégante et charmante, mais au regard dur et froid, à la parole aride, engageante et effrayante. Il ne croyait pas une seule seconde à l'hypothèse du suicide; cette femme était trop déterminée. Comment eût-elle pu donner fin à ses jours alors qu'elle était encore la veille la plus actives des dirigeantes de ce monde ? Quelque chose clochait, quelque chose se jouait dans les hautes sphères du pouvoir. Juan le sentait confusément.
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L'un des nombreux portraits officiels de feue Isabel Ière</center>
-
Ramiro de Maeztu
<center>[url=http://le-monde-de-selenia.xooit.com/image/28/2/d/5/sans-titre-3-1d89f6b.jpg.htm][img]http://img28.xooimage.com/files/d/8/7/sans-titre-3-1d89f6c.jpg[/img][/url]
José Antonio Primo de Rivera, fondateur de la Phalange Numancienne</center>
Juan Pacheco était rentré chez lui quelques jours, histoire de se ressourcer et de goûter aux bons petits plats mitonnés par sa mère, Manuela.
Son père était mort en 1998 dans un accident de voiture mais le jeune homme n'avait pas le souvenir d'en avoir été traumatisée; tout du moins rien qui explique un quelconque trouble du comportement ou de la personnalité. On était loin des clichés de la psychologie libérale !
Il s'était dit qu'il avait toujours eu de la chance d'avoir ce pied-à-terre au Ferrol, charmant port côtier de la Province d'Astur, peuplé de quinze mille âmes, siège historique de la Phalange. C'est là que Primo de Rivera avait prononcé son discours inaugural en 1946, là qu'il avait récompensé les hommes qui lui avaient fait confiance en 1951, là qu'il avait été assassiné par les communistes le 20 novembre 1964. Un lieu chargé de mémoire et d'émotion pour un jeune phalangiste comme Juan. Les marxistes le payeraient un jour, il le savait, et le Numancia serait enfin sauvé de la décadence que supposait l'accession au pouvoir d'un homme comme Antonio José de las Palmas.
- Mon chéri, tu vas bien ? Oh, tu as un peu maigri, il faut te remplumer un peu. Heureusement, je t'ai préparé ton plat préféré : une paella de Filipina ! Et pour le dessert, devine quoi ? Fortunata, la voisine, m'a offert quelques excellents sablés ! Tu vas voir, ils sont divins, c'est un vrai cordon-bleu !
<center>[url=http://le-monde-de-selenia.xooit.com/image/47/6/8/e/sans-titre-7-1d89fb2.jpg.htm][img]http://img47.xooimage.com/files/2/2/9/sans-titre-7-1d89fb3.jpg[/img][/url]
Le général Irigarte félicitant les militaires affiliés à la Phalange, au Ferrol, lors de la date-anniversaire du 20 novembre, en 2010</center>
Juan aimait profondément cette bourgade, presque autant qu'il aimait sa mère et sa patrie. Les deux entités se confondaient d'ailleurs parfois totalement : la mère-patrie. Il se rappelait toujours, lorsqu'il rentrait dans la modeste maison blanche du Ferrol, ces mots du général Montalvo Súñer : "La patrie est une mère pour nous : elle nous voit naître, nous éduque, nous nourrit, nous abrite, nous console. Son affection et son sacrifice sont totaux pour nous; notre dévouement pour elle doit être à l'avenant."
- Mon chéri, tu ne devineras jamais ce qui m'est arrivé hier. En revenant du "rastro", tu sais, le petit marché sur la butte San José, où je t'emmenais souvent quand tu étais petit, j'ai croisé Rocío. Tu te souviens d'elle ? Mais si, tu jouais souvent avec elle et Antonio à l'école primaire. Je crois qu'il y avait même une vague rivalité entre vous deux pour tenter de la "séduire", mais vous n'étiez que des mioches à l'époque, rien de bien sérieux, même si c'était une montagne pour vous !
Rocío ? Juan s'en souvenait parfaitement, même s'il faisait semblant de l'avoir oubliée. Il l'avait recroisée quelques fois au Ferrol; elle était mariée, d'après ce qu'on disait, mais il ne lui connaissait aucun enfant.
Il avait toujours rêvé de pouvoir l'épouser un jour mais la Phalange ne permettait pas toujours de réaliser ses aspirations personnelles. "La patrie avant tout, mon jeune ami", disait souvent le général Héctor Irigarte, "Les femmes, ça va, ça vient, mais la patrie, elle, c'est solide comme un roc, ça ne bouge pas !".
- Et alors, que fais-tu de beau en ce moment, mon chéri ? On m'a dit que tu étais passé au grade de coordinateur de la jeunesse phalangiste, j'étais très fière ! Monsieur Irigarte est un homme si bon, et puis quelle prestance !
C'était décidé : Juan jouerait son va-tout et irait parler à Rocío dans l'après-midi. Il savait qu'elle vivait dans une maisonnette de la côte, près du lieu-dit de Bañobárez. Et tant pis pour son mari, il rangerait sa jalousie dans sa poche le temps qu'ils discutent.
<center>[url=http://le-monde-de-selenia.xooit.com/image/47/3/2/9/sans-titre-11-1d89ffa.jpg.htm][img]http://img47.xooimage.com/files/e/6/9/sans-titre-11-1d89ffb.jpg[/img][/url]
Juan Pacheco (premier jeune homme à gauche, photographié en entier) lors du rassemblement de la Phalange le 20 novembre 2011, au Ferrol</center>
José Antonio Primo de Rivera, fondateur de la Phalange Numancienne</center>
Juan Pacheco était rentré chez lui quelques jours, histoire de se ressourcer et de goûter aux bons petits plats mitonnés par sa mère, Manuela.
Son père était mort en 1998 dans un accident de voiture mais le jeune homme n'avait pas le souvenir d'en avoir été traumatisée; tout du moins rien qui explique un quelconque trouble du comportement ou de la personnalité. On était loin des clichés de la psychologie libérale !
Il s'était dit qu'il avait toujours eu de la chance d'avoir ce pied-à-terre au Ferrol, charmant port côtier de la Province d'Astur, peuplé de quinze mille âmes, siège historique de la Phalange. C'est là que Primo de Rivera avait prononcé son discours inaugural en 1946, là qu'il avait récompensé les hommes qui lui avaient fait confiance en 1951, là qu'il avait été assassiné par les communistes le 20 novembre 1964. Un lieu chargé de mémoire et d'émotion pour un jeune phalangiste comme Juan. Les marxistes le payeraient un jour, il le savait, et le Numancia serait enfin sauvé de la décadence que supposait l'accession au pouvoir d'un homme comme Antonio José de las Palmas.
- Mon chéri, tu vas bien ? Oh, tu as un peu maigri, il faut te remplumer un peu. Heureusement, je t'ai préparé ton plat préféré : une paella de Filipina ! Et pour le dessert, devine quoi ? Fortunata, la voisine, m'a offert quelques excellents sablés ! Tu vas voir, ils sont divins, c'est un vrai cordon-bleu !
<center>[url=http://le-monde-de-selenia.xooit.com/image/47/6/8/e/sans-titre-7-1d89fb2.jpg.htm][img]http://img47.xooimage.com/files/2/2/9/sans-titre-7-1d89fb3.jpg[/img][/url]
Le général Irigarte félicitant les militaires affiliés à la Phalange, au Ferrol, lors de la date-anniversaire du 20 novembre, en 2010</center>
Juan aimait profondément cette bourgade, presque autant qu'il aimait sa mère et sa patrie. Les deux entités se confondaient d'ailleurs parfois totalement : la mère-patrie. Il se rappelait toujours, lorsqu'il rentrait dans la modeste maison blanche du Ferrol, ces mots du général Montalvo Súñer : "La patrie est une mère pour nous : elle nous voit naître, nous éduque, nous nourrit, nous abrite, nous console. Son affection et son sacrifice sont totaux pour nous; notre dévouement pour elle doit être à l'avenant."
- Mon chéri, tu ne devineras jamais ce qui m'est arrivé hier. En revenant du "rastro", tu sais, le petit marché sur la butte San José, où je t'emmenais souvent quand tu étais petit, j'ai croisé Rocío. Tu te souviens d'elle ? Mais si, tu jouais souvent avec elle et Antonio à l'école primaire. Je crois qu'il y avait même une vague rivalité entre vous deux pour tenter de la "séduire", mais vous n'étiez que des mioches à l'époque, rien de bien sérieux, même si c'était une montagne pour vous !
Rocío ? Juan s'en souvenait parfaitement, même s'il faisait semblant de l'avoir oubliée. Il l'avait recroisée quelques fois au Ferrol; elle était mariée, d'après ce qu'on disait, mais il ne lui connaissait aucun enfant.
Il avait toujours rêvé de pouvoir l'épouser un jour mais la Phalange ne permettait pas toujours de réaliser ses aspirations personnelles. "La patrie avant tout, mon jeune ami", disait souvent le général Héctor Irigarte, "Les femmes, ça va, ça vient, mais la patrie, elle, c'est solide comme un roc, ça ne bouge pas !".
- Et alors, que fais-tu de beau en ce moment, mon chéri ? On m'a dit que tu étais passé au grade de coordinateur de la jeunesse phalangiste, j'étais très fière ! Monsieur Irigarte est un homme si bon, et puis quelle prestance !
C'était décidé : Juan jouerait son va-tout et irait parler à Rocío dans l'après-midi. Il savait qu'elle vivait dans une maisonnette de la côte, près du lieu-dit de Bañobárez. Et tant pis pour son mari, il rangerait sa jalousie dans sa poche le temps qu'ils discutent.
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Juan Pacheco (premier jeune homme à gauche, photographié en entier) lors du rassemblement de la Phalange le 20 novembre 2011, au Ferrol</center>