[center][img]https://japan-magazine.jnto.go.jp/jnto2wm/wp-content/uploads/1605_izumo_02.jpg[/img]
2. Le festival des Mûriers, côté cour[/center]
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Plus d'informations sur la famille royale Kishienne: [url=https://www.simpolitique.net/viewtopic.php?f=1402&t=18415&p=360619#p360619]ici[/url]
Les personnages apparaissant pour la première fois sont listés à la fin du post, et ajoutés au dramatis personae du premier message de ce topic.[/center]
Hirai Yoshinao
Yoshinao s'ennuyait. Cela faisait des heures que ses parents étaient ici, et ne faisaient que parler avec des Adultes Ennuyeux.
D'abord il y avait Kanade-san. Elle était une Adulte Ennuyeuse, qui venait souvent voir ses parents, pour leur parler des Choses Importantes. Généralement, personne n'avait le droit de rester avec eux à ce moment. Mais elle avait toujours été gentille avec lui, et une fois, l'année dernière, elle lui avait même donné des bonbons.
Mais maintenant, il s'agissait de plusieurs Adultes Ennuyeux, portant des longues robes bizarres et des chapeaux très moches, qui lui rappelaient ceux des poupées anciennes exposées dans la chambre de sa nounou. Et pendant tout ce temps, il était obligé d'attendre en silence avec Uetsuna et Keiko. Son frère ainé était quelqu'un d'ennuyeux, donc c'était normal pour lui, mais sa sœur luttait contre le sommeil. Madame Yazan lui lançait des regards noirs - elle recevrait une bonne leçon en rentrant à la maison.
Yoshinao ne s'en attristait pas particulièrement. Keiko avait été méchante avec lui, et refusé de jouer deux jours auparavant. Elle était de plus en plus souvent comme ça - avant, elle aimait bien jouer avec lui, mais maintenant, depuis qu'elle été entrée au collège, elle ne supportait plus ses "jeux de gamins". Et il se retrouvait toujours plus souvent seul au palais avec Mirai, sa gouvernante.
Son attention continua de dériver pendant quelques temps, luttant pour ne pas couler dans une mer d'ennui, à tel point qu'il manqua de sursauter lorsqu'un puissant coup de gong retentit, emplissant l'air dans l'immense ensemble de bâtiments de bois, brillamment décoré de lanternes blanches, qu'on nommait Uchaajinja, et que ses parents appelaient simplement "le Temple".
Après un dernier échange, les hommes aux drôles de chapeaux s'inclinèrent profondément devant son père - car il était le roi, après tout - et s'écartèrent. Leur groupe se mit alors en marche, aussitôt suivi par une petite foule d'hommes et de femmes en vêtements traditionnels. Mirai lui avait dit qu'il s'agissait de Gens Importants, et qu'il faudrait bien se conduire, sinon son père serait triste, et Perdrait la Face.
Yoshinao avait été alarmé à l'idée que le visage de son père en train pouvait se décrocher, et avait du être rassuré par sa gouvernante, ce qui avait fait ricaner Keiko. Il n'était toujours pas sûr de savoir ce que cela voulait exactement dire, mais il semblait que cela n'impliquait pas de dommages à la tête.
Réprimant un bâillement, il suivit le mouvement. Le groupe émergea du bâtiment où ils se trouvaient, arrivant à un corridor couvert d'un toit aux ardoises noires finement ciselées, et illuminé par des lanternes placées à intervalles réguliers. Celles-ci s'agitaient dans le vent, qui n'avait cessé d'enfler à l'approche de la tempête. Les bourrasques soufflaient bruyamment sur la grande place principale autour de laquelle étaient placés les différents bâtiments, au bout de laquelle on devinait le premier des nombreux Torii de l'entrée.
Yoshinao avait vu à la télévision qu'[url=https://www.simpolitique.net/viewtopic.php?f=1402&t=18420#p361881]une immense tempête s'approchait[/url]. Il avait écouté attentivement la météo, en fronçant les sourcils, et demandé à Mirai si le Kishū risquait de couler, comme le Daikoku. La gouvernante avait fait une moue perplexe, et rassuré l'enfant. Mais, maintenant qu'ils se trouvaient à l'extérieur, ce dernier ne pouvait s'empêcher d'être impressionné par le souffle - et d'espérer secrètement que le chapeau bizarre des gens devant ne s'envole.
Malheureusement, rien de tel ne se produisit, et ils arrivèrent au bout du corridor couvert, au niveau d'un des coins d'un grand pavillon, aux boiseries rouges, et dont l'entrée principale était flanquée de deux grandes statues blanches représentant une animal - une sorte de loup, ou de renard.
D'autres Adultes Ennuyeux attendaient là, et se mirent à parler au père de Yoshinao. Heureusement, leur échange fut bref, et ils s'écartèrent à leur tour, laissant entrer par une porte latérale l'entourage royal.
L'intérieur du pavillon était plongé dans la pénombre, et le souffle du vent y disparaissait entièrement, remplacé par un sorte d'arrière-plan musical, le pincement d'un instrument à corde. Tous retirèrent leurs chaussures, et les déposèrent, suivant un protocole que Yoshinao avait mis du temps à intégrer - il ne remarqua cependant pas le regard approbateur de Mirai, lorsqu'il plaça les siennes au bon endroit, et reçut une paire de chaussons étranges en échange. Seul son père reçut de simples sandales.
Ce n'était néanmoins pas encore la fin de l'attente. Quelques pas plus loin, ils s'arrêtèrent à au milieu du corridor, dans la pénombre, pendant de longues minutes, pendant qu'une femme portant un magnifique kimono blanc liseré d'or et de cramoisi s'entretenait avec lui. En tant qu'héritier, Uestuna se tenait quelques pas derrière eux. Apparemment, elle faisait partie des Adultes Ennuyeux. Keiko et lui se trouvaient à une dizaine de pas derrière leurs parents, au niveau d'une intersection entre deux corridors.
Après quelques minutes, Yoshinao commençait à s'ennuyer de nouveau. Il tripotait sa robe, regardait autour de lui, et tapait très légèrement du pied.
Keiko avait discrètement sorti son téléphone, et commencé à observer ses messages. Son jeune frère le vit, et hésitait à la dénoncer... quand Mme Yazan remarqua la chose à son tour, s'approcha de la princesse, et se racla aussi discrètement que possible la gorge. Keiko jeta un coup d'oeil par dessus son épaule, et vit dans le visage ridé de la gouvernante la promesse d'un sérieux passage à savon verbal. Mirai avait observé la chose, quittant un instant des yeux le plus jeune des princes.
Et lorsque elle tourna al tête dans sa direction, il avait disparu.
-
...Jeune Maître...?
Yoshinao avançait dans le couloir latéral. Pendant que sa soeur se faisait prendre la main dans le sac, il avait entrevu.... un mouvement. Une espèce de forme lumineuse, et, comme en pilote automatique, s'était lancé à sa poursuite. Sans courir, sans faire de bruit - et sans réfléchir.
Du moins, jusqu'à ce qu'il arrive au prochain angle, pour n'y découvrir qu'un autre couloir sombre et vide. Se rendant brusquement compte de sa situation, il se retourna, espérant retrouver sa place dans la délégation avant que Mirai ne remarque son absence...
... excepté que le corridor d'où il venait d'émerger était vide. Interdit, l'enfant tourna plusieurs fois la tête, examinant les deux couloirs - celui d'où il venait, et celui qu'il avait atteint.
Une sorte de panique confuse monta soudainement en lui. Contrairement à Madame Yazan, Mirai ne punissait jamais trop durement, mais si Mère entendait qu'il avait décidé de faire des bêtises juste avant le Festival...
Elle risquerait de Perdre la Face. Et lui serait puni plus sévèrement qu'il ne l'avait jamais été... et peut-être que son visage se détacherait!
Courant à présent, il revint sur ses pas, seulement pour constater que le long corridor allant de l'entrée à la pièce devant laquelle la femme en kimono blanc s'était tenue était à présent complètement désert.
Bien plus, le bruit du vent à l'extérieur, et celui de la musique à l'intérieur semblaient avaient disparu. Au lieu de cela, un brouhaha de discussions provenait de l'extérieur du bâtiment. Est-ce que les autres étaient ressortis? Mais pourquoi?
Il jeta un coup d'oeil à la porte au bout du couloir principal, côté intérieur. Tout à l'heure entrebâillée et révélant un rai de lumière, elle était désormais fermée et sombre. A contrario, la porte extérieur était entre-ouverte, et une lumière brillante, comme en plein jour, en émergeait.
L'enfant hésita. Puis, en se souvenant de son personnage préféré d'une série de dessins animés, il se dirigea vers la sortie en murmurant "En avant, capitaine-san!".
Il agrippa le battant, puis jeta un coup d'oeil à l'extérieur. Et, aussitôt, son sang se glaça, et il se crû dans un dessin animé.
La pénombre crépusculaire et balayée de vent du temple avait été remplacé par un grand soleil estival, et la place centrale était
noire de monde. Sauf qu'il ne s'agissait pas de
gens, mais bien plus de
créatures. Certaines avaient deux bras, deux jambes une tête comme des personnes ordinaires, mais aussi des caractéristiques animales, voire végétales, tandis que d'autres ressemblaient plus à des animaux, ou à des objets animés. Leurs tailles variaient de minuscule à l'énorme - comme une gigantesque silhouette filiforme était adossée, au fond, à l'un des torii. Certains arboraient une sorte auréole, et une poignée lévitaient, tout en étant assis en position de yogi.
Yoshinao se retint de justesse de pousser un cri d'étonnement - et de peur - tout en se cachant derrière le battant.
D'un côté, c'était incroyable. Jamais Mirai ne le croirait. Des monstres, et des dieux!
De l'autre, il était terrifié, car il n'avait pas la moindre idée de l'endroit où il se trouvait en réalité, mais se doutait confusément que la plupart de ces créatures pouvaient sans doute le dévorer tout crû.
Lentement, silencieusement, il recula. Un pas, un deuxième, un troisième... et se heurta à quelque chose.
Mécaniquement, il tourna la tête.
-
Qui es-tu? Qu'est-ce que tu fais là, petit? Lui demanda une femme aux cheveux les plus extraordinairement cramoisis qu'il n'ait jamais vu. Plus roux même que ceux de la dame lorthonienne qui était venue enseigner sa langue à Uetsuna.
Il demeura silencieux quelques instants, mais rapidement sa maîtrise de lui-même s'effrita. Aux bords des larmes, il répondit avec plusieurs hésitations:
-
Je m'appelle Yoshinao... j'étais avec ma fa... famille. Pour le festival...
La femme inclina la tête, et s'abaissa à son niveau. elle portait une robe blanche et pourpre, sertie d'une espèce de ceinture bleu ciel - et ce bleu n'était pas une couleur, mais bien comme un morceau de ciel, comme une fenêtre sur l'horizon plutôt qu'un texture. L'impression éthérée qui s'en dégageait était un peu ruinée par les grosses lunettes de soleil rondes pendant de son col.
-
Et où es ta famille? Demanda-t-elle sur un ton patient.
Il se mordit la lèvre inférieure, et indiqua la porte du fond.
Un froncement de sourcils passa brièvement sur le visage de l'inconnue aux vêtements extraordinaires.
-
Là-bas? Non. Dame Kayo est là-bas, et personne ne... ah. Ah!
Son visage s'illumina comme elle semblait saisir quelque chose. Un sourire naquit sur ses lèvres.
-
Tu viens de l'autre côté, n'est-ce pas?
Il inclina la tête, ne comprenant pas.
-
L'autre... l'autre côté?
-
Ah lala, leurs enfants n'apprennent vraiment plus rien de nos jours. Allez, viens, je vais te raccompagner. Et tu peux m'appeler Iju.
Elle lui tendit la main. Il hésita encore, mais finit par la prendre.
Okabe Mirai
Après deux ans de service dans les commandos marins de l'armée kishienne et cinq ans au sein de la maison du roi, Okabe Mirai pensait avoir développé un certain sang froid. Mais celui-ci avait été émis à rude épreuve par l'expression d'inquiétude et de colère de la reine, et, encore plus, par celle de fureur absolue du directeur de la maison.
-
La cérémonie doit commencer dans quatre minutes, Okabe. Trouvez-moi le prince, ou vous pourrez vous trouver un autre emploi.
Une boule glaciale s'était nichée depuis lors dans son estomac, pendant qu'elle parcourait en long et en large les couloirs sombres du pavillon central du temple d'Uchaajinja. Le fichu bâtiment du XVIIème siècle n'était même pas si grand, pourtant le prince demeurait introuvable en dépit l'aide de plusieurs des gardes du corps de la famille royale.
Mirai avait déjà mentalement commencé à faire ses cartons lorsque l'inespéré se produisit. Elle venait de déboucher au petit trot d'un couloir, et vit le jeune Yoshinao à l'autre bout, discutant avec quelqu'un qu'elle ne pouvait apercevoir depuis là où elle était.
Sprintant comme si sa vie en dépendait, elle réussit à atteindre le garçon.
-
Oh... Mirai! Mirai!
L'enfant la serra subitement dans ses bras, alors même qu'elle s'apprêtait à le gronder. Interdite, elle baissa lentement les yeux, découvrant que l'enfant esmblait au mins aussi soulagé qu'elle. Il murmurait de manière incohérente, et elle ne put s'empêche de poser une main protectrice sur sa tête, avant de commencer à le ramener vers la délégation.
La seule chose qui chiffonna la gouvernante fut qu'elle ne vit à aucun moment l'interlocuteur que Yoshinao prit la peine de saluer très poliment, en s'inclinant.
Iju
-
Au revoir, madame Iju!
Yuya salua l'enfant d'un petit mouvement de la tête, tout en clignant d'un oeil et en posant un doigt sur sa bouche. Son soulagement était évident - tout comme celui de l'humaine qui venait de le réceptionner. Les sourcils froncés, cette dernière balaya du regard l'endroit où Iju se trouvait, sans rien y trouver.
Ce n'était pas étonnant. Leur présence s'effaçait de plus en plus du monde de hommes, et n'était parfois presque qu'un songe, accessible qu'aux plus éveillés des humains. la vision d'un monde-machine de ces bougres de légistes de Shikki semblait se réaliser... et cela ne cessait de la désoler.
-
Iju! S'écria une voix à l'autre bout du couloir. Elle se retourna, et sentit ses oreilles se dresser sur sa tête.
Dans tout ça, elle avait oublié
leur volet de la cérémonie. Pendant que les humains s'amusaient, et bien, eux...
Son collègue, Yuya, se matérialisa en un clin d’œil devant elle, et lui agrippa une main.
-
C'est donc ici que tu te cachais, rusée renarde! La maîtresse a presque terminé de se préparer, et les visiteurs sont tous dans l'enceinte pour la cérémonie d'Accalmie. Et tu ne t'es même pas changée!
Elle haussa les épaules en forçant un sourire. Le majordome de Dame Kayo était généralement assez peu réceptif à ses facéties ... ou à celles de leur maîtresse. Mais, à l'approche des plusieurs importants festivals de l'année, il devenait encore plus insupportable.
Elle se dégagea de sa poigne, et dansa autour de lui pour s'échapper, avant d'ajouter sur un ton qui se voulait enjoué, malgré le sentiment d'urgence qu'elle commençait à ressentir elle-même.
-
Oui, oui, j'y vais, j'y cours, j'y vole! Et je te laisse les visiteurs!
L'autre tenko poussa un profond soupir, pendant qu'Iju disparaissait dans les profondeurs du temple.
Hirai Uetsugu
Chaque venue au temple d'Uchaajinja était pour Uetsugu un moment de nostalgie. Le sanctuaire le plus sacré du pays était aussi un lieu où il avait vécu de nombreux moments forts personnels, et avait une atmosphère très particulière - très spirituelle - qui lui permettait de se ressourcer.
Même si aujourd'hui, il n'en demeurait pas moins inquiet. Le roi du Kishu avait vu dans les médias les effets du cyclone au Teikoku. Son pays était le prochain sur la liste, et il espérait que les dégâts seraient plus faibles. C'était de cela dont il avait brièvement parlé à Takatsukasa avant la cérémonie. Il avait l'intention de créer un fonds d'aide aux victimes, et aurait besoin de l'assistance des moyens du ministère des terres étrangères. La daisho-daishin avait approuvé la chose, mais n'aurait sans doute pas le temps de s'en occuper elle-même dans les jours à venir.
La femme aux cheveux gris acier avait estimé qu'elle aurait assez à faire avec les dégâts dans le sud-est du pays, ce qui n'avait pas fondamentalement rassuré le monarque.
Puis, il y avait eu la brève disparition de Yoshinao. Franchement, le gamin avait le chic pour choisir les plus mauvais moments possibles... heureusement, Mirai avait réussi à le dénicher avant que Chiie ne fasse une crise de nerfs. Sa femme avait toujours été remarquablement anxieuse au sujet des questions de protocole - d'autant plus qu'elle n'était pas née dans la famille royale, ou parmi les Kuge.
Mais, enfin, tout était prêt. La grande prêtresse opina, et ouvrit grands les battants de la salle intérieure du temple, où se tiendraient les danses et représentations sacrées du festival des mûriers.
Et, en passant le seuil de la salle, Hirai Uetsugu croisa la silhouette éthérée de Kayo, celle-là même qu'il avait découvert le jour de son intronisation, qui sortait a moment où lui rentrait. Ils échangèrent un sourire.
Réellement, le temple d'Uchaajinja était un lieu unique.[/justify]
[center]Nouveaux personnages:[/center]
La famille royale et son entourage:
- Hirai Uetsugu: Roi (Ohu) du Kishū
- Hirai Chiie: Reine du Kishū.
- Hirai Yoshinao: Troisième et plus jeune fils du roi du Kishū: un enfant curieux, dont certains disent que l'imagination est trop active
- Hirai Keiko: Deuxième-née de la famille royale, à l'aube de l'adolescence.
- Hirai Uestuna: Prince héritier. Jeune homme de vingt ans.
- Yanzan Sumako: Gouvernante de la princesse Keiko
- Okabe Mirai: Gouvernante du prince Yoshinao. Ancienne commando de la marine Kishienne.
L'autre monde
- Iju: "Rusée renarde", et l'une des principales assistantes de Kayo.
La politique:
- Takatsukasa Kanade: Daisho-Daishin (premier minitre) du Kishū