Pavillon de l'Hirondelle de Bronze - Textes philosophiques et historiques du Liang

Frederick St-Luys

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Thèmes: l'étude des religions [/center]

[justify]Toutes les religions peuvent être catégorisées en fonction de deux facteurs:

La substance, ou intensité doctrinale
Elle quantifie l'intensité du contenu des enseignements, et sa capacité à offrir une explication plus ou moins détaillée de l'univers.
  • Une religion à forte substance offrira des explications détaillées de l'univers, de la morale et de la nature et de la forme du principe divin.
  • Une religion à faible substance au contraire n'imposera qu'un nombre limité de doctrines philosophiques et morales, et laissera une très grande latitude à ses fidèles dans leur interprétation de la doctrine.
Le formalisme, ou intensité ritualiste
Il représente l'importance accordée par l'organisation des rituels et des manifestations de la croyance, indépendamment de leur contenu.
  • Une religion à fort ritualisme imposera de manière rigide des codes rituels et formels dont la bonne mise en oeuvre est plus ou moins nécessaire afin de que le croyant reçoive les bénéfices réels ou hypothétiques de sa foi.
  • Une religion à faible ritualisme n'accordera qu'une importance limitée aux cérémonies et aux obligations formelles, privilégiant l'action personnelle et spontannée du croyant.
Plus une religion se caractérise par des intensités doctrinale et ritualiste fortes, plus elle s'efforcera de prescrire l'ensemble des actions de ses fidèles, voire de l'ensemble des membres d'une société donnée. Sa capacité de mobilisation va également en croissant. Son extrémité logique est l'organisation théocratique de la société et de l’État.
Plus l'intensité doctrinale et ritualiste est faible, plus la société laisse de l'espace à l'expression des préférences individuelles et de la connaissance séculière. Son extrémité logique est la société post-moderne sécularisée, à la fois plus flexible et technologiquement productive, mais aussi moins solidaire.

La matrice suivante représente certains religions selon cette typologie:[/justify]

[spoiler=Matrice][center][img]https://i33.servimg.com/u/f33/19/30/97/30/axes_r12.png[/img][/center][/spoiler]

[center]Extrait de "Anatomie de la religion", de Shi Wenzhou, 1989[/center]
Frederick St-Luys

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Thèmes: Le légisme ; le pouvoir ; la superstition.

"Le pouvoir, c'est dix-mille soldats avançant au pas fixé par le tambour militaire.
Le pouvoir, c'est mille mandarins, prosternés devant le Fils du Ciel.
Le pouvoir, c'est cent greniers à riz d’État remplis dans chaque cité.
Le pouvoir, c'est les Dix Édits de la Loi respectés dans tout l'empire.
Le pouvoir, c'est l'unité de l'esprit de tous les hommes du pays.

Le pouvoir, ce n'est pas la récompense des honneurs rendus aux forces surnaturelles.
"

Extrait du Commentaire du Traité des Neufs Chapitres, Xu Ming (988-1050), philosophie légiste.[/center]
Frederick St-Luys

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Thèmes: Le légisme ; le qinluaisme ; le moyisme ; la constitution du Liang.

"Traditionnellement, dans la doctrine du maître Qinlua, peut avoir le mandat du Ciel le souverain qui fera preuve d'humanité, et mettra en accord ses actions avec les rites et les lois célestes éternelles.

L'oeuvre des légistes a démontré que les rites ne suffisaient pas, et que le Ciel demeurait muet aux attentes des hommes.

L'oeuvre des Moyistes a démontré que le souverain qui ignore les besoins du peuple et refuse de promouvoir les hommes capables ne pourra jamais faire prospérer l'Etat, comme c'est le cas pour le bambou jamais arrosé.

Pour ces raisons, le souverain doit être empreint d'humanité, et s'efforcer de préparer les lois en fonction des lois qui répondent aux attentes du peuple, tout en ouvrant la voie à la promotion des plus capables. C'est cela, l'essence suprême de la pensée des anciens.
"

Extrait du Traité des Principes de la Souveraineté, de Lin Xian (1802 / 1879), philosophe syncrétique qinluaiste-légiste, membre de la commission ayant rédigé la constitution moderne du Liang.[/center]
Frederick St-Luys

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Thèmes: le qinluaisme

"Le rituel par lui-même n'a guère d'importance. Le bon fonctionnement de l’État n'est pas assuré par l'encens brûlé dans le temple des ancêtres.

Mais le rituel prend toute sa signification dans la démarche collective, l'accord trouvé entre les membres de la société, afin d'épouser des valeurs et des comportements harmonieux.
"

Extrait du Traité des Principes de la Souveraineté, de Lin Xian (1802 / 1879), philosophe syncrétique qinluaiste-légiste, membre de la commission ayant rédigé la constitution moderne du Liang.[/center]
Frederick St-Luys

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Thèmes: Histoire antique ; conquêtes Jin [/center]

[justify]Le roi Li du royaume de Zhuo était un souverain connu pour les honneurs qu'il rendait aux ancêtres et la prospérité de ses sujets. Cependant, il fut blessé durant la troisième année de son règne par une flèche durant une chasse au cerf. Le roi en conçut alors une grande crainte de la mort, et fit venir auprès de lui les magiciens de son royaume. Il leur ordonna de lui assurer une existence éternelle.

Les magiciens utilisèrent alors des os de tortues et des foies de bœufs pour préparer un rituel, et invoquèrent les esprits des ancêtres. Un homme parmi les condamnés fut choisi pour y être soumis: après le rituel, le roi Li ordonna qu'il fut frappé avec une hache.
Or, cet homme mourut. Le roi ordonna alors de faire enfermer les magiciens.

Après cela, le roi Li de Zhuo fit venir à lui les alchimistes de son royaume, et leur ordonna de lui assurer une existence éternelle. Ces hommes rassemblèrent alors du soufre, du cinabre, du mercure et firent précipiter ces matériaux dans un chaudron tripode en bronze qu'ils remplirent d'alcool de riz, afin d'obtenir l’Élixir du Dragon Blanc. Un homme parmi les magiciens prisonniers fut choisi, et forcé à boire l’Élixir. Il mourut avant même qu'il puisse être frappé d'une hache.
Le roi ordonna alors de faire enfermer les alchimistes avec les magiciens.

Après cela, le roi Li de Zhuo fit venir à lui les maîtres taoïstes de son royaume, et leur ordonna de lui assurer une existence éternelle. Les maîtres taoïstes enseignèrent alors pendant huit ans au roi la cultivation du qi dans les Sept Chakra, les Huit Techniques de la Méditation Suprême, les Quatre Postures et la connaissance du Tao.

Et, durant la onzième année de son règne, l'armée du royaume de Jin envahit le royaume de Zhou. Les soldats de Jin capturèrent sa capitale, vidèrent les prisons, et mirent à mort dans son palais le roi Li, alors qu'il était en pleine méditation. Le général Yu Tian des Jin se fit amener la dépouille du roi Li, et déclara: "je vais lui donner dans la mort ce qu'il ne ne put ne obtenir dans la vie. Il fit alors réaliser un moulage du corps mutilé, et les hommes de Jin fondirent à partir de ce moulage une statue en bronze du corps, que Yu Tian plaça à l'emplacement de la capitale de Zhuo. Cette statue portait les mots "Négliger l'essentiel pour l'accessoire est la ruine de l’État".[/justify]
    [center]Extrait des Chroniques des Vingt-Six Guerres de Huo Fangshen, historien de la dynastie Zhong[/center]
    Frederick St-Luys

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    Thèmes: le manichéisme

    "Le Prophète Mani, le Seigneur de la Lumière, a péri, dévoré par les flammes des mécréants et des apostats, les suppôts du Prince des Ténèbres. Loin au-delà du désert, mille mains malfaisantes se sont portées sur lui, ont arraché ses vêtements et ses chairs, poussées par le Diable, qui fait son instrument des vanités des hommes.

    Mais sa vision est éternelle, car déjà les apôtres portent Sa parole, et la délivrance des âmes de celui qui voudrait à jamais les enchaîner à l'existence ignoble et pécheresse. Ceux qui cultivent la perfection connaitront la voie droite, celle qui l'atteint.

    Et jamais cette lumière ne sera éteinte.
    "

    Extrait de la Chronique Manichéenne du XIIIème siècle, du temple de Yor Alkhar, à Yarkush, Xilinhar.[/center]
    Frederick St-Luys

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    Thèmes: le Moyisme

    "Feng Qiao dit: "mille arbres sont coupés et la terre est éventrée sur cent li: dix mille hommes peuvent manger à satiété"

    La métaphore du canal servant à irriguer et à transporter le riz permet à Feng Qiao de mettre en avant que, plus que l'harmonie, c'est l'imposition de volonté humaine sur une nature hostile qui permet de réaliser la satisfaction des besoins de l'homme. L'obsession irrationnelle des taoïstes pour la nature et le froid calcul statistique du légiste ne peuvent se mesurer aux succès d'un approche fondée sur la réalisation du potentiel de l'homme.
    "

    Commentaire de Yuan Taigu (1977 - ), philosophe moyiste transhumaniste liangois contemporain, aux Maximes Moyistes de l'historien et philosophe moyiste Feng Qiao (894-955)[/center]
    Frederick St-Luys

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    Thèmes: l'art de la guerre dans la steppe

    "Les hommes des terres au-delà des montagnes aiment se donner des airs au combat. Ils portent des armures rutilantes, et jacassent longuement sur les arts du combat. Ils se bombent le torse, et affirment ne jamais pouvoir être vaincus en combat singulier.

    Seul un imbécile pense que le combat singulier est la seule, ou même la principale manière de combattre. Dix mille flèches et autant d'embuscades paveront bien plus la route de la victoire.
    "

    Propos prêtés au général Saïgar Khulaq Dsaï (1001-1058)[/center]
    Frederick St-Luys

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    [center][img]https://i62.servimg.com/u/f62/19/30/97/30/aphori10.png[/img]

    Thèmes: le Taoisme ; la réunification Liang - Xilinhar

    "Ce qui est un, deviendra dix mille choses.

    Ce qui est divisé, sera réunifié.

    Le tao demeure entier, même partagé entre toutes choses.
    "

    Annales de la grotte de Lishan de Maître Yan, sage taoïste du IIème siècle.[/center]
    Frederick St-Luys

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    Thèmes: La révolte des Sept Trigrammes (I) [/center]

    [justify]Durant la 316ème année du règne de S.M.C.* l'empereur Yuntian [1862], un homme nommé Gai De déclencha une rébellion dans la commanderie de Dunqiung de la province de Huantao.

    Cet homme était le fils d'un homme liangois et d'une femme appartenant aux clans de pasteurs Tayars de la région. Durant quelques années, il avait reçu une certaine éducation à Heilar, où il s'était installé comme boucher et vendeur de viande. Il rencontra alors également un occidental dénommé John Quincey, qui souscrivait à la superstition occidentale des chrétiens protestants, et fut son élève pendant plusieurs mois. Lorsque Gai De revint de Heilar, après avoir perdu son épouse et son fils à cause de la cruauté du chef de la police du yamen, le mandarin Guan Shungxi, il commença à prêcher auprès des Tayars, des Alkens et des Raïgas.

    Ses paroles étaient pleines de superstitions arriérées, et les hommes du commun, peu éduqués et grossiers, le rejoignirent en grands nombre. Il se proclama Christ Cosmique, déclarant être la réincarnation de l'homme Yesu que les chrétiens pensent être un dieu, et affirma que le dharma des sept trigrammes divins lui avait été révélé. Il les incita à attaquer les garnisons, yamens et collecteurs d'impôts, à rejeter tous les symboles du pouvoir de l'Etat, et à mettre en commun leurs biens. Il rassembla autour de lui douze généraux, qu'ils nomma les Douze Apôtres à la Puissance Martiale de Tigres, et força les chefs des clans à tous donner une de leurs filles pour entrer au service de Gai De en tant qu’Épouses Christiques Célestes. Tous ceux qui venaient à lui recevaient de la nourriture, et devaient s'adonner à des exercices martiaux.

    Aussitôt, les rebelles s'élancèrent avec zèle contre les mandarins et les soldats de la province. Beaucoup des assaillants furent tués, mais, comme le territoire ne comptait que peu de défenseurs, les autorités perdirent rapidement tout contrôle sur les campagnes et les quelques villes. Gai De proclama alors le Royaume Céleste de la Loi des Sept Trigrammes, et fit imprimer des manifestes, qu'il expédia dans les provinces voisines, appelant le peuple à l'insurrection et à la conversion...[/justify]
      [center]Extrait du tome XXIXème de l'histoire liangoise de l'historien Du Zhu (1850-1934)[/center]

      *: Sa Majesté Céleste
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