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Bisbilles présidentielles autour de la poursuite du Conseil
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Le Président aliléen, au centre, entend replacer la Province au centre du jeu politique[/center]
Il était fier ce jour-là d'avoir obtenu, auprès des branches locales de Ticcachi du Groupement des Pêcheurs lébiriens et du Mouvement de Défense des Ouvriers, un accord de principe sur la politique du gouvernement provincial et l'arrêt des jours de grève intempestifs qui rythment à l'habitude la vie économique de la ville, comme celle de nombreuses autres. Alessandro Delando a été un Président élu contre l'excentrique Baronne de Sutzopolis qui en 2034, alors que le dynamisme inter-frontalier était encore au plus haut, promettait de durcir les contrôles à la frontière amarantine. En cinq ans de règne, ce conservateur pro-famille affiché, d'origine amarantine lui-même, a beaucoup misé sur la politique du "retour" des Aliléens par des primes à l'immigration, et une politique d'allocations familiales fondée sur les dotations provinciales accordées par Cartagina. Promeneur de ville en ville, préférant rencontrer les citoyens dans leur quotidien qu'organiser de grandes interviews sur la politique de la Ligue, il s'est comporté en "fonctionnaire honnête" et jusque-là fidèle à la Présidence du Conseil, qu'elle soit celle de Boterlo, de Mazzola ou de Vesperto. C'est, malgré un bilan mitigé mais fort d'un enrayement de la récession aliléenne, le secret d'une popularité qui résiste malgré tout (c'est à dire essentiellement malgré les libertaires et les nationalistes).
Ce jeudi, il reçoit à sa demande le nouveau président nazalien, Lino di Melaccis, libéral entreprenant qui entendait s'appuyer sur Miliameni pour séduire Dovernico et Atomia et nommer un successeur à Luciano Vesperto, un homme capable d'aller fracasser les a priori douaniers du FCE dytolien. Mais le scandale morbide touchant le sommet de l'administration illythe a décidé autrement de l'agenda politique lébirien, et un changement à la tête du Conseil devra attendre fin décembre. C'est en anticipant le risque de l'émergence d'un exécutif illythe hostile à une reprise du commerce avec la Dytolie "valdaquienne", et potentiellement protectionniste et trop pro-algarbien, que le Nazalien a jugé bon de proposer à son homologue aliléen de le recevoir, se justifiant en ces termes :
- "Je reste à Miliameni pour poursuivre les nécessaires discussions du Conseil avec mon homologue et ami Alessandro Delando. La Nazalie et l'Alilée sont déterminées à rester au cœur du jeu économique céruléen et dytolien. Nous devons relancer la Ligue !"" écrivait Lino di Melaccis sur son compte Zibibbo, à deux heures du matin le soir du Conseil suspendu entre les quatre présidences.
Dans son avion du retour vers Suresisca, la Présidente arovaque fustigeait auprès de la presse locale varate une "manœuvre cartaginienne" dans le fait de "prolonger un Conseil de manière illégale sous couvert de rencontre amicale". Elle a bien saisi qu'il s'agissait de la "mettre à l'écart", de "mettre la pression sur le peuple arovaque pour lui montrer qu'on est prêt à faire sans lui demander son avis". Si du côté Di Melaccis, on peut admettre que la rencontre bipartite avec l'Aliléen est avant tout un signal politique sur la forme plus qu'un labourage de fond des perspectives (Alilée et Nazalie ensemble ne forment plus que 40% du PIB lébirien, soient 4% de moins que l'Arovaquie à elle seule), on ne sait dire si les déclarations acides de la Présidence indépendantiste relèvent de la grogne personnelle, ou d'un contre-signal envoyé à son nouvel homologue pour lui faire comprendre que c'est Dovernico, plutôt que Miliameni, qui détient la solution à la crise institutionnelle dans laquelle s'enfonce, mandat après mandat, la Ligue de Lébira.