Presse d'Illythie & d'Épibatie

Arios

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28/05/2038
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Un ancien responsable haut-illythe reconnait des "missions" sous déguisement contre les nomades mocatanghe

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Vrai ou faux nomade ?[/center]

Des Illythes du nord de l'Épibatie ont-ils organisé des raids de nettoyage ethnique contre les nomades... habillés en autres nomades ? Selon l'ancien chenitib de la ville de Darsciansciat, parmi les nombreuses altercations supposées sur la frontière nord entre nomades sémitiques et nomades noirs apparentés aux Mocatanghe, "nombreuses" auraient été, entre 2015 et aujourd'hui, couvertes par les autorités de Haute-Illythie pour "éliminer les peuplements nomades posant problème à l'extension de l'agro-foresterie illythe".

L'ancien haut responsable urbain, Iacobo Gherned, qui a dirigé la ville sous deux majorités municipales successives en s'appuyant tantôt sur les familles influentes de l'exploitation du bois, puis sur la coalition des marchands, fait aujourd'hui des révélations qu'il assume au prétexte que "tout le monde est au courant en Haute-Illythie, mais personne n'en parle. Même les Épibates, ils le savent bien". Mais pourquoi maintenant ? Celui qui a repris une importante quincaillerie vendant des produits céruléens se défend de participer encore à la politique - mais pourrait bien faire ces révélations dans l'intention de rendre des comptes à d'anciens ennemis, dont l'actuel chenitib de Darsciansciat qui a été son adjoint durant plus de trois ans avant qu'il dut quitter son poste sous la pression de l'assemblée, accusé d'avoir trop favoriser son clan par sa position.

Iacobo Gherned ne reconnait pas explicitement avoir une responsabilité dans les missions qui ont été menées, sur une surface de plus de 70 km² durant plus de vingt ans, contre les traces de peuplement des éleveurs nomades de bœufs. Il accuse aujourd'hui des Haut-Illythes de les avoir menées, bien en dehors du périmètre assigné dans le cadre de l'autonomie territoriale, sans préciser s'ils pouvaient être liés à l'administration ou simplement aux intérêts privés de nombreux acteurs économiques. "L'avidité et la vénalité des Haut-Illythes ont été instrumentalisées par l'Épibatie pour se débarrasser de populations contre lesquelles elle avait des griefs." Ses accusations vont donc bien au-delà du simple anathème contre ses congénères.
Arios

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[right]1/06/2038[/right]
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Début de la saison des pluies, aussi saison des peurs du déluge

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Mehere, l'été pluvieux épibate, dure environ trois mois[/center]

C'est la dernière saison de l'année qui commence pour environ trois mois, des alentours du 8 juin du calendrier grégorien à début septembre. Durant ces trois mois composant la saison Mehere, les précipitations s'accentuent sur l'Épibatie, faisant gonfler le cours des rivières, fondre les parties non-permanente des glaciers, chargeant les sols d'eau et si la température leur est favorable, préparer les moissons qui interviennent à la saison prochaine, Tsedai.

Mehere est la saison la plus humide de l'année, mais elle est une saison chaude, heureusement moins sèche que Belghe, la saison qui la précède et correspond aux mois grégoriens de mars, avril et mai. La saison la plus froide, mais aussi la plus sèche, correspond aux mois de décembre, janvier et février, et se nomme Bega dans la plupart des dialectes.

Tsedai => Bega => Belghe => Meher

Mascarama-Teccheme-Edare => Taesazze-Ter-Iecatit' => Meggabi-Miazza-Goenbot' => Senne-Amglie-Neazze (+ mois de rattrapage de quelques jours, Pagomeno)
Septembre-Octobre-Novembre => Décembre-Janvier-Février => Mars-Avril-Mai => Juin-Juillet-Août [Calendrier grégorien]


Évidemment, les mois ne se superposent qu'approximativement. D'autant que le calendrier épibate est toujours sur le modèle julien, s'observant donc en décalage avec le calendrier grégorien et nécessitant le rajout d'un mois de rattrapage, Pagomeno, de quelques jours précédents le Nouvel An.

Les Occidentaux sont à coup sûr surpris de la grande ferveur qui règne, et grandit, durant la saison Mehere, au rythme de l'augmentation des pluies. Et pour cause, la culture orthodoxe épibate s'appuie notamment sur le Livre des Géants, partie du Livre d'Hénoch, qui narre notamment les récits de voyage du prophète Hénoch, arrière-grand-père de Noé, à qui la tragédie du déluge aurait été révélée en amont de l'épisode biblique. Au cours de ses révélations à Hénoch, Dieu le met tout particulièrement en garde contre les pêchés des hommes, incités par les Géants, et la vengeance terrible que prépare le Seigneur contre les pêcheurs : le déluge. Au chapitre 53 du Livre, l'avertissement prend une visibilité toute universelle :

  • " En ce jour, le Seigneur donnera le signal du supplice ; les réservoirs d’eau qui sont sur le ciel, s’ouvriront ainsi que les sources qui sont sous le ciel et sous la terre. Toutes les eaux, tant supérieures qu’inférieures, seront confondues. L’eau supérieure remplira le rôle de l’homme. L’eau inférieure, celui de la femme ; tous ceux qui habitent la terre, tous ceux qui habitent sur les confins du ciel, tous, dis-je, seront exterminés. Ils comprendront, par la grandeur du châtiment, la grandeur de leur iniquité, et ils périront." Alinéas 7 à 10.

Depuis toujours, du moins depuis la christianisation, les Épibates craignent la saison des pluies comme la saison portant en elle le risque de la fin du monde. De nombreuses catastrophes, liées aux pluies importantes, à travers l'Histoire ont confirmé cette crainte et l'ont mêlé à la peur rationnelle de trop fortes précipitations, d'autant plus à la faveur des rumeurs sur les modifications climatiques annoncées par certains scientifiques.
Arios

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Assassinat du responsable de la surveillance frontalière sur l'Ibabbi-Naos - 2|06|38

[img]https://nsa40.casimages.com/img/2019/02/21/190221041602777323.png[/img]
La veille de son assassinat, alors en permission auprès de sa famille

Le colonel Efraim Meccone a été retrouvé mort dans son pavillon d'Acoracci, où il se trouvait en permission pour la durée d'un mois. Les vacances avaient pourtant bien commencé, mais ce serviteur de l'Empereur a été lâchement assassiné par des agresseurs en fuite. Heureusement, ses deux enfants qui se trouvaient dans la maison lors de l'attaque n'ont pas été touchés, ils étaient à l'étage et se sont cachés lorsqu'ils ont entendu les coups de feu. Le colonel Meccone a été abattu de six balles dans le corps alors qu'il était dans son canapé. Les forces de police militaire qui ont été appelées et sont intervenues sur les lieux semblent pointer du doigt la responsabilité de groupes liés à la Haute-Illythie dans l'attaque.

  • "À ce stade nous manquons de preuves évidentes mais nous continuons d'étudier la scène de crime, et de procéder aux interrogatoires et enquête de voisinage. Mais nous pensons à raison que, quinze jours après l'expulsion des illythes de Raggia, leurs congénères aient pour volonté de se venger, et le Colonel Meccone est tout un symbole puisqu'il était responsable de la surveillance frontalière sur l'Ibabbi, en Haute-Illythie, au Berrat sur l'Ibabbi." détaille le commissaire en charge de l'enquête.

Efraim Meccone avait 54 ans, il avait servi durant 38 années dans les forces armées épibates. Originaire d'Acoracci, il avait commencé comme simple recrue avant de reprendre des études, 5 ans après son engagement, par parcours interne, et réussi les concours de sous-officier puis d'officier. Fort de son expérience dans les théâtres les plus exposés de la jungle équatoriale du grand Ouest, puis à la surveillance littorale, il avait été nommé responsable de la sécurité frontalière fluviale au Berrat, en Haute-Illythie, dès 2028. Il laisse une veuve, absente lors de l'attaque, et deux enfants de 16 et 19 ans.
Arios

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[right]3/06/2038[/right]
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La sœur du monarque illythe épouse un héritier de l'exploitation forestière en Haute-Illythie

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Maria-Tea de Nefrot, son mariage à Amosciderenat ce dimanche[/center]

Cela restera un des grands mystères qui tracassent de nombreux Mésoagalrbiens, et bien au-delà : la défection du monarque illythe, en 2036, au profil de la démocratisation de son pays et de son entrée dans la Ligue de Lébira, nouvellement créée pour l'occasion. Les premiers à demeurer dans l'incompréhension de cet événement sont bien les plus proches amis et membres de la famille royale, tout particulièrement les plus proches de la Couronne devenue symbolique. La sœur de Tolomeo XVI, de 17 ans sa cadette, Maria-Tea de Nefrot, a épousé ce dimanche Ieso Lebdi, l'héritier de la plus importante firme d'exploitation et de transport du bois de savane en Haute-Illythie. A l'image de nombreux proches de la dynastie illythe, elle a trouvé une sorte de refuge intellectuel en Haute-Illythie, apparemment trop malheureuse, sinon décontenancée, par l'évolution de la démocratie en Illythie.

Le mariage copte a réuni la plupart des importantes personnalités d'Amosciderenat, dans la Cathédrale catholique copte de Sant-Macario. Même les représentants de la famille rivale des Lebdi, les forestiers Garbezzi, étaient présents pour célébrer cette union assez exceptionnelle entre la sœur d'un monarque, bien que plus en exercice réel, et une des plus grandes fortunes de Haute-Illythie. Dans cette région du nord de l'Épibatie, de nombreux Illythes aisés, réticents à s'intégrer à la nouvelle illythie "céruléenne", reproduisent ou retrouvent leur rythme de vie d'avant, leurs codes qu'ils pensent plus respectés, leurs habitudes. En fait, beaucoup d'aristocrates et membres de grandes familles proches de l'ancien pouvoir royal, qui n'avaient pas les outils ni les moyens de s'adapter au capitalisme en essor.
Arios

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4/06/2038
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Les Épibates boivent 288 litres de café par an et par habitant

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La patronne d'une exploitation offre le café à nos journalistes[/center]

Nous nous sommes rendus dans la Woreda de Dinibbit', au nord de la capitale, à la rencontre de plusieurs exploitants dont Aya Feccado, à la tête de plantations de plus de 18 hectares à flan de collines, là où sa famille exploite les caféiers depuis au moins quatre générations. Son arrière-grand père n'était qu'un simple ouvrier tailleur, qui racheta une partie des champs lors de la dislocation de la ferme en 1968 - aujourd'hui la famille Feccado est réputée dans les environs pour la qualité de leur café, que son héritière reconnait devoir essentiellement à l'exposition de ses parcelles, plutôt qu'à la qualité des sols ou au travail néanmoins précis de ses employés - ils sont, sur l'année, une centaine à travailler.

Le monde du café épibate vit grâce à l'exportation. D'abord vers l'Illythie, bien que l'entrée de la Province dans la Ligue de Lébira a considérablement ralenti la filière, qui pour la première fois depuis trente ans à fait travailler moins de monde d'une année sur l'autre. La consommation intérieure, elle, ne cesse de progresser, autant que la consommation par habitant (288 litres de café, par Épibate, d'éthnie épibate) - la hausse de cette consommation est due à l'amélioration des conditions de vie dans les colonies de la jungle. Avec le temps et l'effacement des tensions ces trente dernières années, le café épibate a pu à nouveau s'exporter vers les territoires autonomes amarantins de l'Ouest, où la classe bourgeoise apprécie le savoir-faire traditionnel des planteurs épibates, permettant au café des régions centrales de l'Empire d'être aujourd'hui autant consommé que le café produit dans les territoires de l'Ouest par les Céruléens.

Si la filière est dans l'expectative concernant la consommation illythe, ses grands représentants font acte de lobby auprès du gouvernement impérial, du moins essayent. Au temps de l'indépendance de l'Illythie, le commerce avec la Cérulée était plus facile pour ces secteurs clefs de l'économie rurale épibate. La fin de l'Union Douanière Occidentale a été particulièrement saluée par Gighida, au moins officieusement et par les tenants de l'industrie agricole. On se souvient d'un début d'accord entre la Province d'Illythie, autorisé par Cartagina, et l'Empire d'Épibatie concernant le transport de certains produits agricoles le long du Naos. Ces accords devraient prochainement être renégociés, selon les contacts de Mme Feccado, pour y inclure notamment le café.
Arios

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[right]12/06/2038[/right]
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Des températures anormalement basses ralentissent Mehere

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Des jeunes pâtres ont ressorti leurs habits d'hiver[/center]

La saison de Mehere, d'habitude pluvieuse et chaude, démarre assez mal avec des températures enregistrées, dans la centaine de stations météo d'Épibatie, pour 84% en dessous des normales de saison, avec des différences importantes entre la nuit et le jour, et des traces de givre au-dessus de 4500m. Le mois de Senne n'en est qu'à ses débuts mais la dynamique saisonnière est bien là : d'après tous les météorologistes, l'été sera froid sur l'Algarbe centrale.

A cinq mois des grandes moissons, l'annonce d'une vague de froid apeure les habitants, qui craignent des conséquences économiques très néfastes. En certains hauts-plateaux, des semis ont été gravement abîmés, tardant à monter faute de températures favorables lors des premières pluies. Dans un autre domaine, s'il est aussi supportable pour les troupeaux de demeurer sous la pluie lorsqu'il fait assez chaud, le mélange du froid et de l'humide peut avoir des conséquences désastreuses pour les bêtes. On a enregistré 17 degrés à midi à Dinibbit' en début de semaine, 14°C à Agliecca, et même 9° au plus chaud de la journée de mercredi à Abagali. Des températures clairement à plus de 10° C en dessous d'une moyenne basse normale pour la saison.

En montagne, les conséquences sont démultipliées. Faute de températures suffisantes, certains passages menant aux monastères ou refuges restent fermés. Certains alpages restent inutilisables, l'herbe neuve n'arrivant pas à sortir. Les cours d'eau, dans l'ensemble du bassin versant du Naos, sont anormalement bas.
Arios

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[center][img]https://nsa40.casimages.com/img/2019/02/16/190216084733122615.png[/img]
3/07/2038 - Il giornale di lingua italica per tutte le regioni dell'Epibatia[/center]

Littoral : L’Armée impériale met fin à une révolte de troupes auxiliaires

Le port italique d’Aznella a accueilli plus d’un millier d’hommes de l’Armée impériale cette semaine et servi de port de transit pour plus de deux cent prisonniers eux-mêmes issues de régiments impériaux composés en majeure partie de troupes auxiliaires. Ces éléments faits captifs par les troupes loyalistes envoyées par l’Empereur d’Épibatie en divers bras de mangrove du littoral, au sud de la Zumejovie, ont nourri une révolte militaire des régiments de sécurisation du littoral depuis le début de l’année 2037. Ce soir, Gighida informe du retour à la normale sur un secteur qu’elle peine à vouloir définir, sans doute pour ne pas affaiblir l’image de stabilité du régime.

La révolte a duré un an et demi, et consisté essentiellement en une léthargie de troupes ne répondant plus aux obligations de rapports réguliers à l’autorité impériale. Plusieurs officiers épibates auraient également été molestés, emprisonnés voire éliminés durant cette période, par des troupes qui ont en tout et pour tout perdu 30 % de leurs effectifs par la désertion. Le reste des hommes ayant participé à la révolte auraient encore préféré rester sur place, plutôt que se hasarder à tenter de regagner l’Est du pays, dont sont originaires la majeure partie des Troupes Auxiliaires en station sur le littoral.

Capturés dans des tribus sauvages à l’adolescence, souvent dans le cadre d’offensives de sécurisation de vallées destinées à la colonisation, les éléments issus des TA suivent une formation d’instruction militaire et sont ventilés d’habitude dans divers corps de l’Armée épibate. Mais faute de moyens ces vingt dernières années, la tendance a été à l’augmentation de leur proportion et leur regroupement dans plusieurs régiments, sur des zones à enjeux moindres.
Arios

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Trois attaques à la bombe contre les forces épibates occupant Amosciderenat - 4|07|38

[img]https://cms.qz.com/wp-content/uploads/2017/10/somalia_explosion_02-e1508165861308.jpg?quality=75&strip=all&w=410&h=224[/img]
Une des bombes a explosé à proximité d'un convoi

La ville haut-illythe d'Amosciderenat a perdu son autonomie depuis le milieu du mois de juin et l'entrée des troupes impériales dans la cité, qui ont déposé le pouvoir civil et rétabli l'autorité de l'Empire sur la région, contre les prétentions sécessionnistes des Haut-Illythes. Ce matin, trois explosions ont surpris le quartier sud de la ville : des attaques à l'explosif contre deux éléments fixes des troupes épibates, et une patrouille régulière à la fin de la principale avenue de la cité. On dénombre 17 militaires épibates tués par les attaques et des suites de leurs blessures. A ce stade, il est difficile d'identifier des coupables, mais le motif de l'attaque parait évident à tous.

Suite à ce triple-attentat, la direction militaire de l'opération d'occupation d'Amosciderenat a annoncé des fouilles et de nouvelles perquisitions chez les membres des autorités haut-illythes déposées au mois de juin. Les autonomistes modérés, qui ont fait le choix d'accepter pacifiquement la présence des troupes impériales, craignent que ces attaques ne retardent le retour à l'autonomie de la région. Pour le moment, les observateurs étrangers présents dans la ville ont pu constater et rapporter la tenue normale et sans violences du processus de maintien de l'ordre - mais certains redoutent à l'inverse que les militaires durcissent leur opération, au péril des libertés des civils.

Le premier ministre de l'Empereur, Getsa Memrizzi, a salué "la réponse légale rapide et efficace de l'Armée", évoquant les perquisitions qui ont directement suivi les attaques, ainsi que l'évacuation d'une centaine de maisons dans un quartier un temps placé en alerte par peur d'une quatrième bombe. A midi, l'Armée annonçait l'arrestation de six suspects.
Arios

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[right]9/07/2038[/right]
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Esciet Abedda agite la menace d'une guerre entre Catholiques et Monophysites

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Le ministre de l'économie s'oppose à la poursuite des opérations au nord[/center]

Le principal ministre de l'économie de l'Empereur, Esciet Abedda, est sorti de son devoir de réserve pour critiquer vivement l'action de l'Armée dans le nord du pays, qui semble pousser de ville en ville les Haut-Illythes à la provocation, en revenant sur leurs acquisitions légales ou en lançant des ultimatums à certaines de leurs plus grandes cités. Cet homme de lettres et pieux chrétien craint que la logique des militaires soit en partie influencée par l'Église épibate, du moins de ses éléments les plus virulents, notamment issus de sa frange eschatologique qui veut voir dans l'affrontement avec les Catholiques le chemin le plus court vers les Derniers Jours. Selon Esciet Abedda, l'agressivité dont ferait preuve l'Épibatie à l'égard de ses marches autonomes pourrait pousser les Haut-Illythes à se rapprocher de Cartagina, sur les plans matériels et spirituels, et desservirait la cause monophysite. Pire, il craint qu'au conflit matériel succède le conflit spirituel, déguisé ou non en affrontement entre États, voyant à l'horizon se profiler le scénario d'une guerre entre Gighida et Cartagina, si cette dernière venait à suivre les réclamations de sa Province illythe.

Difficile de savoir si dans leur fors intérieur, les Haut-Illythes sont convaincus de la nature uniquement divine du Christ. Faute d'une administration ecclésiastique assez puissante et ayant été porteuse d'un souci d'intégrer les populations ethniquement illythes du nord de l'Empire au rite guèze, il n'est pas aisé de comprendre l'obédience des Haut-Illlythes. Ceux-ci, Coptes, répondaient jusqu'au dix-neuvième siècle du Patriarcat orthodoxe d'Atomia, de même que leurs Évêques nommés par la capitale illythe et son Pape copte. Mais avec le rattachement de l'Église orthodoxe copte d'Illythie au Catholicisme à cette période, à la Cérulée et au dogme paulinien, sous le nom d'Église copte catholique - conservant ses rituels mais non son dogme -, les Illythes établis en dehors des frontières du Royaume d'Illythie n'ont pas été contraints de se soumettre à cette nouveauté, tant les villes de Haute-Illythie ont très vite organisée leur propre autonome éclésiastique, sur la base d'Évêques revêches réticents à épouser le catholicisme, c'est à dire en concentré à considérer que la nature humaine de Jésus-Christ n'a pas été totalement effacée et absorbée par sa nature divine, comme une goutte d'eau douce peut l'être dans l'entièreté des mers.

De nos jours dans les faits, l'Église chrétienne en Haute-Illythie répond toujours du dogme monophysite... mais elle est peu fréquentée, la richesse toute relative du territoire et sa forte activité économique a su éloigner les hommes du fleuve de leur Foi, autant que de leur fleuve. Beaucoup qui aspirent à la modernité, sinon à l'aisance, ont été influencés par l'Illythie, dont ils ont pu saluer parfois vivement l'entrée dans la Ligue de Lébira, au point de se convertir au catholicisme. D'autres, en nombre important, ont par ignorance fréquenté, au gré de leurs déplacements, des paroisses coptes catholiques, en multiplication sous l'action des ordres mendiants et des moines céruléens ou illythes. Il y a aujourd'hui en Haute-Illythie autant de paroisses chalcédonienne que de paroisses monophysites, mais la population est trop déchristianisée pour prêter l'importance nécessaire à ce qu'elle considère souvent comme un détail.

Esciet Abedda met ainsi en garde contre une lecture spirituelle des opérations de maintien de l'ordre au nord, dont les premiers narrateurs pourraient être les militaires eux-mêmes. Si au conflit dogmatique se superpose évidemment l'affrontement inter-ethnique, il espère qu'à cela ne s'ajoutera pas le conflit entre États, avec une Ligue de Lébira (de fait pour un quart illythe...) qui viendrait soutenir la communauté dont elle est en partie constituée, alors même que les deux capitales algarbiennes s'entendaient pourtant jusque-là à merveille dans plusieurs domaines technologiques et économiques.
Arios

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9/07/2038
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TB402 avait bien les cheveux roux

[center][img]http://www.slateafrique.com/sites/default/files/imagecache/article_v2/2016-05-06_1808/momie.jpg[/img][/center]

Une blonde vénitienne, pour être plus précis. C’était en substance à quoi ressemblait TB402, la « momie des sables » retrouvée en 2007 par des jeunes pâtres en lisière de territoire dans l’Est, alors qu’après avoir consommé exceptionnellement des poissons salés qu’un oncle leur avait rapporté d’on ne sait quel marché, ils avaient dû conduire leurs bêtes jusqu’à un vallon où ils ne se rendaient pas d’habitude, pour boire à la rivière. C’était à la présence d’un moine céruléen dans le village des deux jeunes hommes, dont l’un est aujourd’hui décédé, qu’on doit le sauvetage des restes de cette femme préhistorique, restés à l’abri dans les limons pendant plus de trois millénaires avant qu’un éboulement de la paroi du lit ne découvrit, un beau matin, sa sépulture improvisée.

Après plus de trente ans d’enquête, et une nouvelle batterie de tests physico-chimiques, non sans l’espoir d’un jour retrouver de l’ADN sur ces restes, des os, quelques tissus des traces de cheveux, une équipe lébirienne a pu conclure de façon sûre à 96% que la couleur naturelle de la chevelure de TB402 était bien le roux vénitien. Cette Sapiens, qui aurait vécu aux alentours de 3400 avant Jésus-Christ dans une tribu de chasseurs-cueilleurs des hauts-plateaux, dans des zones boisées aujourd’hui potentiellement ouvertes à l’époque, ne correspondrait pas aux standards actuels de la beauté épibate. La damoiselle (dont une étude précédente avait démontré la chasteté, du moins l’absence d’accouchement) portait les cheveux de feu, et aurait été plus proche physiquement des populations dytoliennes actuelles que du rameau chamito-sémitique, ou que des négroïdes habitant les forêts sauvages de l’Empire.

En tirer des conclusions hâtives, il n’y a pas matière pour cela. Sur les quatre milliers de corps exhumés ces deux cent dernières années en Épibatie, pour la période allant du cinquième millénaire av. J-C au début du second millénaire de notre ère, la quasi-totalité des résultats portant sur les corps ayant pu être analysés démontrent, tous âges confondus, la prédominance des populations noires sur le territoire. En dehors des secteurs spécifiques comme les cimetières hellènes identifiés ou les tombes de voyageurs authentifiées, il est néanmoins intéressant de constater qu’avant notre ère, des hommes et des femmes que l’on appellerait blancs aujourd’hui ont pu vivre, habiter des générations durant dans le pays, au gré des migrations. Loin de profiter à l’époque des tarifs préférentiels des compagnies low coast de navigation fluviale, ils obligent les scientifiques à continuer leur quête d’explications sur l’histoire démographique de notre très vieux pays.

L’équipe de chercheurs qui s’occupe de TB402 prévoit un échéancier d’expériences sur le corps qui va jusqu’à 2044. A cette date, le corps doit être remis au Musée d’Histoire Naturelle de Gighida, toujours en rénovation depuis 6 ans.
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