L'âme du Karmalistan [culture]

Vladimir Ivanov

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Itchan Q'ala (Akchataou) (13)
autres

I- La mosquée Aq ou "mosquée blanche", édifice cultuel classique construit entre 1832 et 1842. Mais comme la plupart des édifices de la cité, il n'est qu'une énième reconstruction d'une mosquée similaire, bien plus ancienne, mais rasée et rebâtie à maintes reprises au cours de l'Histoire.
Elle comprend une salle de coupole soutenue par de nombreuses colonnes, trois galeries, un minaret de modeste hauteur à coupole et pointe, ainsi que, bien-sûr, d'un mirhab, la fameuse niche architecturale qui indique la qibla, orientation vers les Lieux Saints de l'Islam au Kandjar, où tourner son regard en priant.

II- Le caravansérail Alla Kouli Khan date à proprement parler de 1832.

III- Le palais Nouroullah Baï (1952), a été construit durant l'occupation bykovienne, mais dans la ville extérieure (Dichan Kala). Syncrétisme culturel, c’est un mélange de style russe (avec, par exemple, les poêles décorés de porcelaine venant de Novikovskoye) et de style traditionnel local (qarlouk). Il comprend notamment une vaste salle de bal, une pièce de réception, une pièce de repos, une pièce réservée à la musique, etc.

[img]https://i.imgur.com/mH4tW8b.png[/img]
IV- La statue en l'honneur de Muhammad ibn Mūsā al-Khwârizmî (également géographe, astrologue et astronome), né à Akchataou [Khiva] à la fin du VIIIe siècle, durant le Califat Rashidun. Par ses écrits en arabe (traduits ensuite en de multiples langues), il contribuera à diffuser l'algèbre et les chiffres arabes dans le reste du Monde. Il donnera son nom (al-Khwârizmî) à la suite d'opérations mathématiques en vue d'obtenir un résultat : l'algorithme.
Vladimir Ivanov

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Nouvelle carte 2035*
*au propre et dépixelisée [réalisée à partir de la carte physique de William Hamleigh, merci à lui]

===> [url=https://i.imgur.com/UaklBlb.png]Carte géographique - physique et humaine - du Karmalistan[/url] <===
Vladimir Ivanov

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Le massif du Kormal

Le massif du Kormal est la chaîne de montagnes qui, tel un mur géant, sépare le Karmalistan en deux : au sud, la Ciskormalie (toute la partie qui ne comprend pas le Dahar, à l'extrémité australe), et au nord, la Transkormalie (Arkadyriane, vallée de l'Iaxarte, Ala-Tau et Altaï).
Le terme « Kormal » aurait plusieurs significations. En langue indo-iranienne pachtoune (pashto), cela signifie « personne » ou « personnel ». En vieux qarlouk du Nord, cela signifie « peur », « qui suscite la peur ».
On ne sait lequel des deux, entre l'ensemble multiethnique de peuples abrahamisés (surtout musulmans) qui l'habitaient, ou bien le massif montagneux, a donné son nom à l'autre.

Concrètement, il s'agit d'une chaîne de montagnes s'étirant d'est en ouest sur plus de 950 km, coupant distinctement le Karmalistan en son centre.
Contrairement à certains autres endroits du pays (comme le désert d'Arkadyr), l'ensemble du Kormal connaît des étés relativement doux. En revanche, comme souvent en haute-altitude, les hivers sont glaciaux (jusqu'à -30° voire en-deçà !). La pluie est rare, et se manifeste plutôt au printemps. La seule source d'eau pour les rivières provient donc de la fonte des neiges. Ce sont elles qui sauvent Karagol de la sécheresse. Un proverbe tojik dit : « mieux vaut Karagol sans or, que Karagol sans neige ».
Son point culminant, qui se trouve au milieu sur l'axe est-ouest, s'élève à 6 997 mètres : le Qullaï Kormal.

Zone sismique très à risque, on y enregistre 50 séismes par an. Au printemps, avec les précipitations et surtout la fonte massive des neiges, les inondations sont courantes.

La région est notamment caractérisée, à l'instar d'ailleurs des monts de l'Altaï et de l'Ala-Tau, par ses innombrables réseaux de galeries souterraines naturelles et artificielles. Parmi ces souterrains, des puits, de véritables mines d'eau, qui mènent depuis la surface directement aux nappes phréatiques indispensables aux consommations humaines et notamment aux cultures. Ce sont les Qarez : puits artificiels creusés de la main de l'homme (les moqanis) des siècles durant. Le métier de moqanis, véritable savoir-faire d'hydrogéologue, se transmettait de père en fils. L’œuvre ainsi réalisée est devenue immense, bien que toujours de fortune, en regard du matériel arriéré utilisé (malgré des techniques ingénieuses du creusement, de l'extraction de l'eau jusqu'à l'irrigation des cultures !). Mieux, ces galeries ont joué par le passé un rôle éminemment stratégique, dans la guerre de résistance que mena les karmalis contre les colonisateurs bykoviens et britons.

[img]https://i.imgur.com/pJVrZFn.jpg[/img]
Vallée de Tojikobod, passerelle à cols très empruntés entre Khorramshahr en Ciskormalie (Sud) et Karagol en Transkormalie (Nord)

[img]https://i.imgur.com/wXpOcXv.jpg[/img]
Le chaînon le plus humide et forestier du Kormal, à l'Est, près de Vakhsh

[img]https://i.imgur.com/n9tJyfD.jpg[/img]
Le Qullaï Kormal, point culminant de la région

[img]https://i.imgur.com/3se9Kcm.jpg[/img]
Minaret de Djâm (Murghob)

[img]https://i.imgur.com/FKTmDAL.jpg[/img]
Les entrées de galeries du Kormal

[img]https://i.imgur.com/ZaUzYxF.jpg[/img]
Une vallée, à l'ouest, entre SHahrtuz et Rhazni
Vladimir Ivanov

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Les animaux symboles du Karmalistan (5)

[img]https://i.imgur.com/0RFd8sk.jpg[/img]

L'once - l'irbis - (ou "panthère des neiges"), symbole des syiro-qarlouks

L'once (irbis en langues tourano-natolicanes) est un félin omnivore solitaire de taille moyenne à la robe tachetée de couleurs noire, grise et blanche. Son habitat exclusif est d'une part l'Altaï et le nord du Tshygysh Khrebet au Karmalistan, ainsi que d'autres régions très circonscrites de Natolique du Sud et de Wenlei oriental (Liang surtout mais aussi quelques régions montagneuses du nord du Sengaï et du Kaiyuan).

Elle pèse en moyenne 50 kg pour les mâles et 45 kg pour les femelles. Pour les deux sexes, la longueur est respectivement d'1,3 m (1 m pour la queue) et 1,0m (0,9m pour la queue). Sa hauteur au garrot est de 60 cm.

Majestueux, les tâches et ocelles qui maculent son beau, long et épais pelage sont singulières à chaque animal et l'aident à se camoufler. Sa queue, longue et épaisse, a un double usage : elle joue un rôle de balancier pour maintenir l'équilibre en milieu escarpé (son milieu favoris : hautes montagnes avec crêtes rocheuses, ravins, gorges de rivière), et lui permet de le tenir chaud en dormant, lorsqu'il s'enroule dedans.

Hormis bien-sûr la mère et ses petits qu'elle élève un peu plus d'une vingtaine de mois, et quelques fratries subsistantes, il s'agit d'un félin solitaire.
Même s'il peut parcourir plusieurs dizaines de kilomètres chaque jour, l'espacement entre les territoires de chaque individu est généralement compris entre 1 et 7 kilomètres.

Il ne rugit pas, mais émet un miaulement aigu, intense et perçant.
Très agile il est un excellent sauteur, capable de faire des bonds de plus de 6 mètres. Pourvu de larges cavités nasales pour capter l'oxygène, tout chez lui semble s'adapter à son milieu environnemental, à savoir les terrains froids et escarpés de hautes altitudes.

Ses pics d'activité sont tôt le matin et tard le soir. Il chasse à l'affût (bond sur sa proie), avec mise à mort par morsure à la gorge ou à la nuque.

[img]https://i.imgur.com/tdEhbi1.jpg[/img] - [img]https://i.imgur.com/uwmr2QT.jpg[/img]

Son régime alimentaire est composé :
_ de grands ongulés (bétail) : grand bharal (pseudois), yanghir / ibex touranien (caprin de l'Altaï), markhor (bouquetin kormali), urial (mouflon / ovin sauvage), argali (autre ovin sauvage), sangliers, cerfs porte-muscs, vaches et parfois chevaux
_ de chiens (sauvages -dholes- et domestiques)
_ d'autres animaux plus petits : marmottes, pikas (lièvres siffleurs), et des oiseaux comme les perdrix choukar, faisans, tétraogalles...
_ de végétaux - en grande quantité (jusqu'au quart de leurs ingestions alimentaires mensuelles).

Mais l'once est surtout réputée pour son caractère éminemment singulier dans le règne animal.

En effet, ne manquant pas de courage, les proies préférées des panthères des neiges s'avèrent être les grands ongulés mâles adultes, pourtant vifs, robustes et dotés d'impressionnantes défenses, lesquelles peuvent s'avérer dangereuses pour les prédateurs félidés. Ces proies à risques constitueraient en moyenne pas moins des quatre cinquièmes des morts ou blessés d'ongulés du fait d'attaques d'once, délaissant et épargnant ainsi largement les femelles et leurs petits.
S'attaquant aussi à d'autres prédateurs comme les dholes (lycaons marqazo-natolicains) et chiens de bergers, de terribles combats peuvent se produire entre une once et une meute de dholes, dans lesquels, même si c'est au prix de sérieuses blessures, la première finit par l'emporter, par la mort de quelques chiens et la fuite des autres membres de la meute.

Mais chose plus curieuse encore, paradoxalement, la férocité d'une panthère des neiges ne se retrouve nullement pour ce qui concerne ses relations avec l'homme. Face à lui, y compris lorsqu'elle rencontre un très jeune berger ou un enfant, son caractère est étrangement calme et pacifique. On la surnomme ainsi "le plus doux des grands carnivores sauvages". Ceci au détriment parfois de son instinct de survie : massivement traquée pour sa fourrure (elle se vend en moyenne à 15 000 dollars l'unité), elle est une proie facile pour les braconniers et les éleveurs cherchant à venger leur troupeaux.
Des témoignages rapportent même des situations où la panthère des neiges renonce même à se défendre. On rapporte notamment le cas d'un berger qui, ayant attrapé le félin par la queue dans sa bergerie, s'est vengé en la tuant par lapidation avec d'autres villageois, sans que le félin ne cherche à se défendre.

En raison du braconnage, il s'agit d'une espèce menacée. Il ne resterait qu'entre 5 000 et 7 000 animaux. Sa chasse est interdite au Karmalistan, et l'espèce est protégée par le gouvernement et diverses autorités locales de l'Altaï (y compris rebelles).

Selon la légende des Syirs, la panthère des neiges est un animal mi-terrestre, mi-aquatique. Au sommet des montagnes de l'Altaï, au mythique "royaume de Mergich" résiderait des esprits purs, les "mergicham", dont la panthère des neiges serait une incarnation.

[img]https://i.imgur.com/2yGddLB.jpg[/img]
Vladimir Ivanov

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[HRP : mes excuses pour le post du brouillon au début, je m'étais gouré : màj générale, rajout d'un paragraphe.]
[img]https://i.imgur.com/UnjqXer.jpg[/img]

Khunjerab et sa Grande Mosquée Congrégationnelle (ou "Djouma Masjid")

Khunjerab, perle de l'Ala-Tau, perdue dans les déserts rocheux de la pointe orientale du Marqaz, apparaît comme un mirage aux milieux de paysages désolés. Elle est surnommée la "[Florence] de l'Islam" : au cœur de la route de la soie, elle s'est épanouie en même temps que son équivalente céruléenne. Pourtant aujourd'hui, ville dangereuse aux marges du pays, régulièrement prise entre les feux de la guerre entre le gouvernement et les islamistes radicaux, elle serait plutôt allégorisée en vieille dame fatiguée par l'épreuve du temps, déchirée par la guerre, peut-être à bout de force.

Située en haute altitude, vieille de plusieurs milliers d'années elle dû sa prospérité à la route de la soie où s’échangeaient les soieries, les étoffes orientales, les parfums d'encens, les poudres aux pouvoirs thérapeutiques... entre Ventélie, Marquézie et Janubie.
Depuis l'ère islamique, c'est une ville de poètes, et plus particulièrement de poètes-guerriers. Des savants musulmans de grande piété, écrivains qui manient les mots et les armes avec une même splendeur et habileté. Le plus vénéré d'entre-eux étant Khwâdja Abdullâh Ansâri (1006-1089).

En réalité la ville a connu deux périodes de splendeur :
_ durant le califat du Khorasan (861 à 900), où elle était la capitale judiciaire (tribunaux islamiques), exerçant son autorité religieuse, d'où rayonnait la terreur kharidjite sur l'ensemble de l'empire ;
_ et surtout lors de sa seconde renaissance, durant l'ère taragaïde (XVe siècle).

Après un certain déclin au Xe siècle, elle connût un certain faste comme ville périphérique de Jarqorgan, grâce au commerce des esclaves sous les Jarqori (1150 à 1220). Mais cette période de débauche -qui trahissait l'esprit puritain de la cité-, n'allait pas durer : venus du Liang actuel tel un châtiment divin, les Syirs raseront complètement la ville et extermineront toute sa population en 1220. Jarqorghan venait de subir le même sort quelques jours plus tôt.

Sa renaissance date de Taragaï et de son fils, Shah Rokh, qui restaureront la grandeur de la cité d'après l'esprit de la pureté khorasanique. Aux voies des muezzin se reflètera le bleu des faïences de la Grande Mosquée. Son joyau architectural et religieux construit à cette époque illumine d'ailleurs toujours la région, et conserve tout son potentiel touristique (qui malheureusement en restera à ce stade à cause de la guerre). Il s'agit de la grande mosquée, Djouma Masjid, bâti sur un vieux site zoroastrien, à l'apogée des taragaïdes (sous Shah Rokh), précisément entre 1404 à 1446. Elle fut largement supervisée par son épouse, la princesse syire Gawhar Shad (arrière-arrière petite fille de Djaghataï), gardienne des lettres, des arts et des sciences dans l'empire, véritable fondatrice de la Renaissance taragaïde. C'est l'époque des deux grandes figures des arts de la cité : celle du poète tojik Djâmi (mort en 1492), enterré à l'entrée de Khunjerab, ainsi que du miniaturiste Behzâd (1450-1530), se déclarant "l'humble esclave de Dieu" et ultérieurement surnommé le "Raphaël de l’Orient".

La mosquée est disposée selon le modèle traditionnel taragaïde, au Karmalistan : trois impressionnants pishtak (portails) à iwan encadrant une gigantesque cour centrale.

[img]https://i.imgur.com/Pjhl77D.jpg[/img]

Malheureusement très endommagée, la Djouma Masjid est en cours de rénovation... depuis plus d'un demi-siècle... La population s'organise en effet spontanément, avec ses humbles moyens, pour en réparer les dégâts.

Depuis deux sombres siècles où règnent la guerre, les séismes, et la misère, la ville pleure ses morts, mais supporte avec dignité toutes les tragédies. Pour se motiver, les artisans qui tentent vainement de restaurer sa splendeur passé, citent souvent le poète local Ansâri du XIe siècle : « Aux traces laissées par la brise, je mesure ce que doit être l’ouragan de la Joie ».

[img]https://i.imgur.com/aSgjE5M.png[/img]
Un artisan de Khunjerab qui participe à son humble échelle à la restauration de la grande mosquée.
Vladimir Ivanov

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La vie continue...
EXPOSITION PHOTO : LES TOJIKS

Principale ethnie du pays, les Tojiks sont 33 millions, soit 36 % de la population totale. Ils habitent sur les pourtours de la chaîne du Kormal, ceux des monts de l'Ala-Tau, et en Ciskormalie (Centre-Sud du Karmalistan, hors Dahar).
Réputés conservateurs en matière de religion (mais un conservatisme soufi, très différent -voire hostile- au wahhabisme ouest-marquézien), et souvent soumise aux dures conditions de la semi-féodalité (règne local des maliks de villages), elle se modernise et s'ouvre progressivement, influencé par le Nord qarlouk social-progressiste et le Sud daharan libéral. Le sens clanique et familial est très prononcé, mais le sentiment commun d'appartenance à la nation karmale rassemble tous les groupes. La solidarité générationnelle est si forte que les personnages âgés sont littéralement vénérés.

[img]https://i.imgur.com/RpIkQFW.png[/img]
Le taux de fécondité des Tojiks (comme celui des Qarlouks et des Syirs) est l'un des plus élevés au Monde...

[img]https://i.imgur.com/SJFY6Dc.png[/img]
Jeunes femmes en habits traditionnels à Karagol

[img]https://i.imgur.com/xIxJoPH.png[/img]
Danse traditionnelle en période de fête, à Karagol

[img]https://i.imgur.com/06YCXxc.png[/img]
Deux jeunes bergers des monts du Kormal

[img]https://i.imgur.com/yWYQA8k.png[/img]
Trois marcheurs retraités à Khorramshahr

[img]hhttps://i.imgur.com/8Jx0yPl.png[/img]
Paysage forestier de Ciskormalie orientale (près du Tshygysh Khrebet)

[img]https://i.imgur.com/i7oGKFA.png[/img]
Célébration musulmane de l'Idi Qurbon en début-septembre

[img]https://i.imgur.com/DAlgCqr.png[/img]
Métis tojiks (tojiks qarloukisés) : des "perses aux traits mongols"

[img]https://i.imgur.com/iYKnyny.png[/img]
Un montagnard, près du Qullaï Kormal
Vladimir Ivanov

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La vie continue... 2
EXPOSITION PHOTO : LES QARLOUKS

Deuxième ethnie du pays, les Tojiks sont 25 millions, soit 27 % de la population totale. Turciques parlant l'ouzbek (la "langue de l'armée") -langue voisine du ouïgour, de même famille linguistique-, ils sont réputés être un peuple guerrier : sur-représentés dans l'armée, ils apprécient les arts martiaux. Beaucoup plus soudés -moins claniques- que le peuple tojik, ils sont aussi plus progressiste en matière sociale. Sunnites, ils pratiquent une forme de soufisme à la fois rigoriste et égalitaire.
Malgré une histoire chargée de violence, les Qarklouks et les Tojiks s'entendent relativement bien, soudés par un sentiment d'appartenance commune à la terre karmale.
Au Karmalistan, si des costumes spécifiques -plus chers- sont portés en occasion spéciale, les tenues traditionnelles plus simples sont souvent portées dans la vie courante.

[img]https://i.imgur.com/APXHuks.png[/img]
Une mère. Si la société reste patriarcale, la femme qarlouke a bien davantage de liberté que la femme tojike.

[img]https://i.imgur.com/gIq8ejb.png[/img]
Jeunes filles accueillantes

[img]https://i.imgur.com/yLFAjGh.png[/img]
Famille

[img]https://i.imgur.com/2xexRZc.png[/img]
Cérémonie funéraire avant enterrement. Ils portent le couvre-chef traditionnel, le duppi.

[img]https://i.imgur.com/xGQqbXt.png[/img]
Cérémonie traditionnelle après la venue au monde d'un nouveau membre, Arkadyriane (région de Sürgün)

[img]https://i.imgur.com/yb5wTvi.png[/img]
Fête de groupe au Poi-Kalon d'Arkadyr / Orkodyr

[img]https://i.imgur.com/1R3zmzA.png[/img]
Une future mariée essaie une tenue de mariage, dans un bazar de Tchardjou, plus grande ville qarlouke.

[img]https://i.imgur.com/xRUTXhf.png[/img]
Qarlouke en costume traditionnel
Vladimir Ivanov

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La vie continue... 3
EXPOSITION PHOTO : LES SYIRS

Quatrième ethnie du pays, les Syirs sont 15 millions, soit un peu plus de 15 % de la population totale. Mongols de confession chrétienne, avec une minorité chiite. "Peuple des steppes" par excellence, originaire des terres du Liang actuel, il a conservé un mode de vie largement nomade. Il se sent très proche des Qarlouks, une proximité entre les deux peuples si forte (malgré les différends religieux) qu'on les réunis parfois sous la désignation de "peuples turco-mongols". Il se caractérise par l'esprit de la communauté, un sens très fort tant de la solidarité que de la tradition, une culture de la résistance par rapport au pouvoir central de Karagol et une forte piété.

[img]https://i.imgur.com/dOUCSCx.png[/img]
Famille et amis en excursion sur un haut-plateau enneigé de l'Altaï

[img]https://i.imgur.com/MChVatm.png[/img]
deux femmes syires

[img]https://i.imgur.com/dmLjuxo.png[/img]
Un ouvrier d'Altaï-Ata, centre industriel de l'Altaï

[img]https://i.imgur.com/ApayuLZ.png[/img]
Femme en tenue traditionnelle syire

[img]https://i.imgur.com/HnPIYtl.png[/img]
une grand-mère et ses petits enfants

[img]https://i.imgur.com/0qjaLLE.png[/img]
Un villageois de l'Altaï

[img]https://i.imgur.com/LRM7Sky.png[/img]
Le taux de fécondité est très élevé chez les Syirs

[img]https://i.imgur.com/wiuuOZL.png[/img]
Femme syire (2)

[img]https://i.imgur.com/jxtJ8Dq.png[/img]
Festival syir dans l'Altaï
Vladimir Ivanov

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La vie continue... 4
EXPOSITION PHOTO : LES RAJANS

Les Rajans, 19 millions, constituent avec 20% de la population, la troisième ethnie du pays. Bien que divisés entre hindouistes et musulmans (au rapport 40/60), ils représentent de fait une même race janubienne indo-baloutche. A ce titre, ils sont les plus rebelles (avec les Syris) à l'autorité de Karagol, se sentant plus proches de la Janubie que de l'ensemble ventélo-marquézien auquel appartient le Karmalistan. Malgré une forte majorité de pauvres et de marginaux en leur sein, à l'échelle du pays, ils sont sur-représentés chez les élites socio-économiques. Ce qui explique la profonde injustice sociale qui règne dans leur région, le Dahar, sur le littoral, très attachée à son autonomie, et en effet le cœur commercial et financier du Karmalistan.
Leurs mœurs sont nettement plus libérales que dans le reste du pays, souvent "occidentalisés", de plus en plus se déclarent agnostiques ou non-croyants. Ce qui fait d'eux une ethnie à part, presque des étrangers dans leur propre pays.

[img]https://i.imgur.com/9cfAgXb.jpg[/img]
Rajans (et touristes) à Daharpur, la plus grande ville et capitale économique du Karmalistan

[img]https://i.imgur.com/SoXiAxO.jpg[/img]
Des jeunes Rajans de la classe moyenne en plein essor

[img]https://i.imgur.com/oWgcqhS.jpg[/img]
Sacs à main...

[img]https://i.imgur.com/xKPN150.jpg[/img]
...mais aussi tenues traditionnelles

[img]https://i.imgur.com/ajhX9Pp.png[/img]
un vieillard rajan musulman du nord-est du "violyati" (région) Raj Dahar, témoin d'un passé pré-tertiarisé

[img]https://i.imgur.com/9z7qyQs.jpg[/img]
jeunesse rajan aisée de Daharpur engagée pour un mouvement local favorable au séparatisme : beaucoup d'entre-eux ne se reconnaissent pas "karmali"

[img]https://i.imgur.com/wdngdbS.jpg[/img]
La misère encore très répandue dans les bidonvilles de Daharpur
Vladimir Ivanov

Message par Vladimir Ivanov »

[img]https://i.imgur.com/Q4NR7Px.png[/img]

LE SAXAUL
(prononcez "saxaoul")


Le Saxaul, ou "Haloxylon" en classification scientifique, est l'une des espèces végétales les plus représentatives de la culture nomade des peuples du nord du Karmalistan que sont les Qarlouks et les Syirs. Arbuste sempervirent (il ne perd jamais ses feuilles) regroupé en forêts, il est endémique des déserts de la région, particulièrement en Arkad Koum. De taille généralement comprise entre 2 et 10 mètres, son écorce est gris clair, ses feuilles à épines sont squamiformes. Il fait germer des fleurs au printemps et des fruits en automne.
Plante succulente (adaptée aux zones arides), ses racines sont profondes : elles lui permettent ainsi de gorger son bois d'eau au point de la faire couler de son tronc.

Son rôle pour la préservation de l'environnement est ainsi primordial : grâce à ses racines s’engouffrant en profondeur sous la surface, il inhibe l'érosion des sols, lutte contre la désertification, enraye la propagation des sels toxiques et limite les tempêtes de sable, tout en permettant la survie des animaux.

Le rôle "humain" du dicotylédone n'en est pas moins important : son bois est utilisé pour le chauffage, la cuisine et la construction, tandis que son eau, abondante et potable, représente une source vitale pour les populations locales.

[img]https://i.imgur.com/iiBPjC2.png[/img]
Des saxaouls dans le désert de l'Orkod (Orkod Koum)
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