Villes grandes et moyennes

Arios

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[center]Atomia
Capitale de la Province d'Illythie - ville de 600 000 habitants


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La pointe du port d'Atomia et ses quais de déchargement.[/center]

Atomia est une ville de 600 000 habitants avec ses banlieues bidonvilles à cheval sur le rural. C'est ainsi une cité aux proportions démographiques comparables à Cartagina, la capitale montalvéenne.
Elle a été fondée officiellement en -1735 par le Pharaon Acchelomio III, en tant que cité militaire sur la mer pour protéger une capitale impériale en amont du Delta. Mais le site était vraisemblablement habité de façon importante depuis au moins un millénaire, lieu de départ d'expéditions commerciales vers des civilisations préhistoriques de la Basse-Mer d'Algarbe, de Dytolie du Sud et du Moyen-Orient. Elle a été nommée en honneur du Dieu Atoum, premier Dieu du panthéon hyptate à prendre conscience de lui-même, et né de l'Océan primordial du monde - comme une métaphore de la création d'une ville maritime.

Atomia apparait donc bien avant l'arrivée des Puniques en Nazalie. Son mystère confine avec le mystère du peuple hyptate, déjà prospère et développé alors que le monde végétait encore dans la préhistoire des chasseurs-cueilleurs et des proto-agriculteurs un peu partout autour de la Cérulée. Probablement d'origine proto-punique, il serait issu d'un peuplement exogène à partir d'expéditions des ancêtres des phéniciens dans la région, à la recherche des limites du monde desquelles ils pourraient discuter avec les Dieux.

Atomia fut bâtie, rasée à quatre reprises par des barbares préhistoriques en l'espace d'un millénaire et demi, avant d'être conquise par une expédition hellène en -350. Le peuple hellène, originaire de Cérulée du nord-est, avait battu les Puniques de Nazalie et tentaient alors de couper leurs routes commerciales avec l'Algarbe centrale, ses ivoires, ses céréales et ses diamants. Les Hellènes s'y plurent, et l'étreinte que ce peuple donna à la vieille Hyptatie donna naissance à l'Illythie, qui conserva sa base démographique mais intégra culturellement de nombreux éléments de la civilisation hellène, respectant par ailleurs la vieille mythologie locale.

Les liens avec la Cérulée ne furent pas coupés pendant près de trois siècles, durant lesquels les échanges se multiplièrent avec les États hellènes au-delà de la Mer d'Algarbe, puis avec la Nazalie latino-punique, qui servit bientôt de base d'expédition pour la conquête latine de l'Illythie. Cette dernière devint une province de l'empire latin, et connut une prospérité basée sur son rôle d'emporium pour les marchandises agricoles ou les biens rares issus d'Algarbe centrale.

Avec l'effritement médiéval du monde latin, l'Illythie renoua avec son autonomie pour devenir de fait indépendante. Forte de la restitution de sa monarchie suite à cette rupture, elle puisa dans ses origines culturelles pour appuyer la légitimité d'une nouvelle dynastie qui conduisit le pays vers le Moyen-âge en restant ancrée dans les préceptes chrétiens qui l'avaient convaincu. Par le Christianisme et les liens qu'il permit de maintenir avec les États latins et byzantins subsistant en Cérulée, l'Illythie avança dans le Moyen-âge et sut résister à l'avancée conquérante de l'Islam en Algarbe, aux septième et huitième siècle. Jusqu'à la Renaissance, l'Illythie va motiver son existence dans la résistance acharnée qu'elle mènera aux divers royaumes musulmans qui tenteront de la renverser, notamment grâce à ses ressources de diamants qui lui permirent de faire appel à de nombreux mercenaires issus du monde noir, de Cérulée ou même de Dytolie.

Avec la Renaissance dytolienne et les progrès techniques des pays chrétiens, l'Illythie va se rapprocher de l'Occident et des puissances chrétiennes de Cérulée, dont les écrivains et savants salueront le maintien, et la richesse culturelle. Le Royaume va ainsi être une terre d'accueil pour de nombreux humanistes, rejoignant les colonies grecques établies dans les Paomèches à mesure de la soumission des pays byzantins à la vague turco-musulmane, et enrichissant le pays. Les seizième et dix-septièmes siècles serviront à l'Illythie pour se recréer une identité hellénique sur les traces d'un lointain passé, tout comme les pays occidentaux à cette époque qui grossissent leurs langages de néologismes greco-latins.

Avec l'essor de la Nazalie italique, l'Illythie va trouver un appui certain pour continuer d'entretenir ses liens avec la Cérulée. Atomia devient la capitale industrielle de l'Illythie du XIXème siècle, un véritable port de transit entre biens algarbiens et céruléens. La montée du luciférisme sur la rive gauche de la Mer d'Algarbe occidentale va sonner le glas de ce rayonnement en étiolant les liens entre le nord et le sud, plongeant le pays et sa capitale dans une longue période de crise économique.

Aujourd'hui Atomia est une ville cosmopolite, à l'image de ses voisines des îles Paomèches et du Delta du Naos, centre agricole et économique du Royaume. Peuplée de Coptes rattachés à l'Église Catholique, à l'image de la majorité de la population illythe, elle accueille d'importantes diasporas amarantine, italique, hellène, pour l'essentiel, ainsi que des Berbères, des Arabes, des Caskars, des Britons, beaucoup résultant de l'Histoire que différents pays tentèrent de nouer avec la précieuse satrapie.
Arios

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[center]Paremhat
Province d'Illythie - port de 10 000 habitants


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Bureau du port de la petite ville.[/center]

Paremhat est l'unique port de long cours de la côte occidentale de l'Illythie. Sa concurrente, Telepoli plus au nord, s'est spécialisée dans la petite navigation et les liens avec les îles lucifériennes de la Mer d'Algarbe, et la demi-île illythe de Macamat-Mesemat.

Depuis deux siècles, le commerce en Mer d'Algarbe occidentale a été largement éreinté par la présence de l'Empire luciférien aggloméré, qui concentra d'importantes ressources et institua plusieurs monopoles d'envergures sur les minerais, utilisant sans réserve la main-d’œuvre humaine servile issue des sources du continent. Son récent éclatement fait espérer à l'Illythie et son port occidental un nouvel essor commercial vers l'amont de la Mer occidentale.

Paremhat dispose d'un bureau de port et de quelques petits quais, desquels travaille une population de pêcheurs longtemps opprimée par la force de pêche des pays voisins, ainsi qu'un important quai de déchargement qui lui permet d'être reliée à la ville capitale du Royaume, tandis que n'existe aucune liaison par la terre, en dehors des parcours des caravaniers depuis les ports fluviaux de Sciatebi et Cartomia, au travers des reliefs et du désert. Elle jouit d'un grand marché, d'un château d'eau, d'une vingtaine d'églises coptes, d'une petite mosquée utilisée par les nomades de passage, d'un cinéma, de six médecins généralistes et depuis peu d'un dentiste et d'une auto-école. La saison des pluies y est atténuée par le caractère marin ; il y fait très chaud l'hiver, et très très chaud l'été.

Environ 10% de la population est capable de parler italien, le reste des habitants se contentant du Copte, ou de l'arabe dans certains milieux commerçants.
Arios

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[center]Selanica
Province d'Arovaquie - ville de 24 000 habitants


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La basilique de Selanica[/center]

Selanica, là où ne passe ni autoroute, ni voie de chemin de fer assez large pour accueillir un TGV. Selanica, à quelques 30 kilomètres de la frontière, dont les rues sont bien souvent squattées par des clandestins roms et/ou des dealers de drogue. Selanica, trop loin de Pilaschi et à des années lumières de Primonica. Construite et née des mines de sel qui se trouvaient dans ses sous-sols, elle n'exporte plus rien aujourd'hui, ne propose plus grand chose sinon des appartements peu chers pour retraités n'arrivant pas à s'établir ailleurs, fausses étudiantes en fugue, ou migrants en situation irrégulière.

La ville dispose d'un centre historique autour de trois rues majeures, dont les immeubles datant du début du XXème siècle disposent encore de belles façades, grignotées depuis par la pollution. Les périphéries sont plus basses, composées de pavillons posés les uns à côtés des autres, avec une bande de terre devant, souvent en friche ou en pelouse tondue, certains encore cultivés lorsque les propriétaires sont retraités. Un petit lac fait face à la place Victor-Philibert II, sur-laquelle on trouve les agences bancaires, quelques boutiques d'assurances, un fast-food et deux loueurs de DvDs, devant lesquels se retrouvent les collégiens chaque soir, mettant leur argent de poche dans des sucettes, des locations de films d'aventure, une barquette de frittes et des sachets de vignettes à l'effigie des stars de la télévision.

Selanica, dont les autochtones et souvent chômeurs, ont voté massivement pour les indépendantistes - pour que la frontière soit mieux contrôlée (elle passe pourtant au milieu des champs sur des centaines de kilomètres), pour que les foires et les marchés qui ont disparu faute de rentabilité soient ré-ouverts, pour que la drogue soit vraiment -davantage- combattue, pour que les chantiers à l'arrêt reprennent et pour qu'on en ouvre de nouveaux...

Selanica, où l'on ne veut pas devenir algarbiens, où l'on est contre les Illythes, où l'on ne veut plus obéir à Cartagina, où l'on veut autre chose mais où on ne le trouve pas, on ne le lit dans aucun journal, on ne le pense pas de façon construite, on a du mal à l'imaginer. Selanica, où l'on est triste d'être là.
Arios

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[center]Damasia
Province d'Illythie - ville de 35 000 habitants


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Centre de la ville "champignon", en face l'église San-Martino-delle-sabbie.[/center]

A l'été 2037, Damasia a passé la barre des 35 000 habitants. Elle est désormais plus peuplée que Nectafi, située sur le Naos. La croissance de Damasia est symptomatique de la victoire d'une cité terrestre, ancrée dans les sables et liée aux sous-sols, sur les villes fluviales, antiques et traditionnelles de l'Illythie. Avec l'inauguration de la nouvelle voie rapide entre Saub, au sud du Delta du Naos, et le triptyque urbain Parempuri-Nectafi-Damasia, la ville liée à l'exploitation adamantine (qui se rapporte au diamant) a connu de nouveaux facteurs de développement.

Car elle lui doit tout, à commencer par son nom. Nommée par les Hellènes, deux siècles avant notre ère selon les sources latines datant du troisième siècle, Damasia est la ville du diamant. Cette pierre précieuse a aussi donné son nom à la région, la Dacrélie, qui signifie -toujours d'étymologie grecque- "pierre de larmes". Car pour les peuples de l'Antiquité, à commencer par les Illythes, les diamants étaient le fruit des larmes des Dieux tombant sur la terre, et recouvertes par le sable de nos altitudes humaines...

Damasie a été, depuis le Haut-Moyen âge, peuplée. Mais peu peuplée, car la ville n'a dépassé les 5 000 habitants qu'autour de 1870, sous l'impulsion mercantiliste des Rois d'Illythie, qui encourageaient l'exportation de diamants pour obtenir la monnaie nécessaire à l'achat de nombreux biens manufacturés. Un siècle plus tard, le commerce du diamant fut interdit, ainsi que son exploitation, sous l'effet d'un mouvement zélateur d'inspiration philosophique et religieuse : la fuite des diamants aurait provoqué l'appauvrissement du pays, par l'épuisement des sous-sols. Empêchant la modernisation de la filière, on se détourna du secteur, au moins officiellement, et renonça à développer les moyens d'aller prélever les pierres plus en profondeur.

Jusqu'à l'adhésion de l'Illythie à la Ligue de Lébira, l'exploitation du diamant resta confidentielle, ou plutôt clandestine. Elle s'opéra notamment grâce à l'esclavage, toléré par les autorités régionales, corrompues. Mais avec l'effondrement de l'Empire luciférien et l'intégration à la Ligue de Lébira, l'esclavage fut rendu plus compliqué et s'effaça en quelques mois, au profit de machines désormais autorisées, de prospections accompagnées de matériel moderne, et d'armées d'ouvriers bien contents de s'extraire des campagnes naosiennes...

Damasia devint un champignon, connut une croissance de 300% en à peine 12 mois, découpa dans les dunes de terre morte environnantes ses nouveaux quartiers de petits immeubles pour célibataires géographiques, puisa dans la maigre nappe de quoi arroser les palmeraies des nouveaux tenants du foncier local, à peine cadastré. Et les camions lébiriens de remonter sans cesse vers le Delta, au travers du très long désert, chargés de la plus belle pierre du monde.
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