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phiwill61

Message par phiwill61 »

[center]Le vivre ensemble (4)[/center]



[justify]26 novembre 2036, 21:53 heure d'Eskha :

La salle Barhan était complète. Si cela n'avait rien d'exceptionnel en cette période de campagne, le fait que la rue Barhan ne soit qu'à moitié prise par la foule était plus étonnant. La campagne était très molle, et mobilisait peu les électeurs, aussi le fait que la rue Barhan soit quand même à moitié occupée par la foule pouvait être un signe de succès de la campagne de l'UDP, qui avait loué la salle ce soir.

Le relatif manque d'assistance mettait cependant très à l'aise les policiers en charge de l'événement, qui pouvaient donc se payer le luxe d'une présence à peine visible, et même de travailler en effectif réduit, selon les autorisations données par Pranav Aamin. Trois hommes surveillaient la salle Barhan depuis le haut des gradins, parmi lesquels le lieutenant Aamin, quand un seul surveillait l'entrée, et les trois policiers restants encore en service suivaient l'action depuis les caméras de sécurité du bâtiment, dans une pièce à part.

A 21h53, la politicienne qui prenait la parole terminait son discours passionné, qui dès les minutes qui suivront sera complètement oublié par toutes les personnes présentes derrière les gradins ou derrière leurs écrans de télévision pour ceux qui suivaient la séquence retransmise par la GTE. Jaivanti Nelikhem avait fait un beau discours et réalisé une transition en douceur pour faire entrer Eredin Tobephki, si bien qu'on ne sut jamais avec certitude si ce fut son discours qui fut applaudi, ou l'arrivée du jeune dirigeant du parti centriste, bien que beaucoup diront par la suite que ces honneurs reviendront au plus malchanceux des deux. Nelikhem et Tobephki engagèrent une courte discussion de transition, dans laquelle le public prenait part.

A 21h53 également, une des caméras de sécurité rendit l'âme, et comme c'était le lieutenant Pranav Aamin le policier le plus proche de cette dernière, ce fut à lui de s'en occuper. Il sortit donc du champ des autres caméras et repéra rapidement que les fils d'alimentation de la caméra avaient été débranchés. C'était mauvais signe. Il fallait qu'il prévienne ses hommes. Son talkie-walkie... n'était plus à sa ceinture. Il refit mentalement son trajet. Il avait heurté malencontreusement un des spectateurs quelques pas plus tôt... Un pickpocket. Mais voler un talkie walkie ? Il réalisa qu'il était hors champ des caméras de sécurité, et que la seule qui aurait pu le voir avait été débranchée. Il ne savait pas ce qui se tramait. Il regarda sa montre : 21h55. Deux minutes s'étaient écoulées depuis que la caméra avait été débranchée.

21h56. Jaivanti Nelikhem s'apprêtait à quitter la scène et Eredin Tobephki venait de commencer son discours. Elle reprenait les feuilles de son pupitre, quand elle entendit un coup de feu. Instinctivement, elle se baissa pour être abritée par le pupitre. C'était la panique dans la salle, des cris résonnaient de tous côtés. On entendait les spectateurs essayer de se ruer vers les sorties.

Un deuxième coup de feu. Elle sentit une main s'aggriper à son bras et une autre essayer de lui couvrir le dos. Elle tourna la tête, c'était Eredin, qui la poussait vers les coulisses. Il avait la hanche ensanglantée et la veste de son costume était trouée à cet endroit. Il avait été touché. Elle suivit le mouvement que lui imposait Eredin, qui lorsqu'ils furent assez près des coulisses, la jeta dans cette direction en même temps qu'une troisième balle sifflait. Depuis les coulisses, elle voyait Eredin se tenir le haut-ventre au niveau duquel sa chemise blanche était tâchée de sang. Une quatrième balle. Il était désormais touché à l'épaule, et son visage se crispait sous la peur et l'horreur. Il murmura à l'intention de Nelikhem : "Fuis". On lui saisit le bras gauche très fotement tandis qu'une cinquième balle se fit entendre. Tout le corps d'Eredin sursauta. Il était encore à trois mètres des coulisses, mais ne pouvait plus faire un pas. Il perdait de ses couleurs et prenait un teint très pâle, le sang quittant ses joues. La sixième balle transpersa le côté gauche de sa poitrine. Aussitôt suivie d'une septième balle et d'une huitième, dont elle ne vit pas les dégâts comme on la tirait en arrière par les épaules, son bras gauche toujours pris en étau par une poigne douloureuse. Elle entendit encore deux balles avant de perdre connaissance, la première balle, qui l'avait touchée à l'avant bras gauche, lui ayant fait perdre beaucoup de sang.[/justify]
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Message par phiwill61 »

[center]Le vivre-ensemble (5)[/center]


[justify]Dans le cadre de l’enquête qui visait à déterminer le ou les coupables de l’attaque de la salle Barhan, avait dû avoir lieu une autopsie d’Eredin Tobephki, autopsie qui n’apporta rien d’autre que la confirmation de ce qu’on savait déjà : 9 balles l’avaient touché, toutes de calibre 9 mm comme celui utilisé par nombre de policiers en Eashatri. L’autopsie avait uniquement permis d’affirmer avec certitude que la balle qui avait tué le leader de l’UDP était la cinquième balle, qui avait perforé l’aorte principale ; mais les autres balles avaient causé de nombreuses hémorragies, qui auraient de toute façon emporté le politicien.

Selon le rapport du médecin légiste, la première balle avait traversé la hanche et l’intestin grêle, lorsqu’Eredin faisait encore face au public, puis la deuxième balle était passée par la basse poitrine depuis le dos vers le ventre, au niveau de l’estomac, suivie par une troisième qui a arrêté sa course dans la clavicule gauche de la victime. La quatrième balle a brisé une des vertèbres lombaires de la victime, lui privant de la possibilité de fuir et scellant définitivement son sort, quant à la rage exprimée par l’assassin. La cinquième balle était toujours tirée de dos, et perfora l’aorte ; mais selon le trajet emprunté par les balles suivantes, il est certain qu’à ce stade, le politicien était tombé sur le côté droit, et faisait face au tireur, qui a encore tiré deux balles dans la poitrine, perforant les poumons. Les deux dernières balles auraient été tirées à moins d’un mètre de distance, perforant les deux artères fémorales, si bien que si l’aorte n’avait pas été touchée, Eredin serait de toute façon mort vidé de son sang.

Avec ces détails, témoignant de la rage de l’assaillant, mais aussi de la mauvaise maîtrise de l’arme qu’il avait en main, il était certain que le tireur ne pouvait pas être membre de la police, ce qui a permis à la police de disculper le lieutenant Pranav Aamin. Néanmoins, en l’absence de suspects, ou alors devant le très grand nombre de suspects, la police allait avoir beaucoup à faire : le mobile précis n’était pas connu, si ce n’est qu’il s’agissait à coup sûr d’un assassinat politique. Mais, au vu de l'acharnement du tueur, la police comptait bien mettre un profil du coupable, qui se devait surement engagé dans un mouvement politique, à tendance violente, et évidemment, avec un réseau, puisqu'il n'avait probablement pas été seul à organiser l'assassinat.

Néanmoins, dès que l’autopsie eut été faite, le corps fut rendu à la famille d’Eredin Tobephki afin d’organiser des funérailles à cet homme mort trop jeune. [/justify]
phiwill61

Message par phiwill61 »

[center]Le vivre-ensemble (6)
Enterrement d'Eredin Tobephki


[img]http://www.mairie-villetaneuse.fr/images/villetaneuse/actus/2015_11/cim_jonch.jpg[/img][/center]


[justify]Celles-ci furent organisées le 3 décembre dans la ville natale du Vice-Premier Ministre : Vehemrade, un village situé à quelques kilomètres de Kasdapar, au Nord-Ouest de l’Eashatri, et à une grosse demi-heure de route d’Astapur.

Si la famille souhaitait un enterrement discret pour mieux faire leur deuil, et avait donc prévenu le minimum de personnes du lieu où se tiendrait la cérémonie, l’information avait fuité, et le cimetière de Vehemrade vit affluer en ce 3 décembre 2036 plus de personnes qu’il n’en avait jamais vu arriver depuis qu’il existait : plus de cinq cent personnes vinrent au rendez-vous. La cérémonie, qui se voulait pluri-religieuse, avait lieu en plein-air, en présence d’un représentant de chacune des principales religions du pays : hindoue, musulmane, catholique et protestante. Ainsi, au premier rang, on trouvait le père et le frère et la sœur du défunt, catholiques ; sa mère, musulmane ; mais aussi sa fiancée, hindoue, ou encore les conjoints de son frère et de sa soeur, respectivement hindoue et protestant. Les amis proches et la famille plus éloignée du défunt étaient aussi présents et occupaient bien les quatre premiers rangs de l’église, avec toujours autant de diversité que l’Eashatri en était capable.

[center][img]http://images.lpcdn.ca/641x427/201212/17/623157-mari-benedict-barboza-fils-16.jpg[/img][/center]

Alors même que la zone dédiée à la cérémonie se remplissait, il n’y avait pas le silence qui régnait habituellement dans les édifices religieux, mais plutôt un bruit calme, composé des murmures et des larmes des personnes présentes. Jaivanti Nelikhem, qui avait assisté à l’assassinat du défunt s’agrippait comme elle pouvait à la veste de sa partenaire pour étouffer ses sanglots. Plus on s’avançait dans l’attroupement organisé en hémicycle, plus on avait l’impression que c’était des admirateurs qui étaient venus, à quelques exceptions près. Le monde politique n’était pourtant pas absent, mais cherchait à se faire discret au possible : en observant la foule, on pouvait trouver Emma Ravikhan et son fils Chander, assis sur un des bancs qui était situé contre un arbre, assez dégani à cette période de l’année, qui les cachait néanmoins quelque peu, et si on faisait attention, on pouvait aussi trouver Sadiq Operkh et sa femme Anu, quasiment sur à l’entrée du cimetière, ou encore le Rajaputri Kiran Ier en personne, habillé très sobrement mais de manière à masquer ses traits, car l’amitié qu’il partageait avec le défunt n’avait jamais été connue au grand jour, alors même qu’Eredin avait contribué à ce que Kiran accède au trône d’Eashatri, bien qu’ils en étaient tous deux inconscients à l’époque.

Conformément aux volontés d’Eredin, qui avait demandé à ce que la cérémonie ne soit pas trop marquée par la religion, les représentants firent une cérémonie sobre et solennelle, suite à laquelle les proches de celui qui avait été Vice-Premier Ministre d’Eashatri purent émettre un dernier hommage au défunt. Naturellement, ce fut plus difficile pour certains que pour d’autres, d’autant que quelquefois, dans le feu de l’émotion, on passait de l’emphuran au briton, du briton au skhani, ou encore au santognais, voire au Merebi, mais dans l’ensemble chacun put adresser ses dernières paroles à celui qui avait quitté la vie quelques jours plus tôt.



[center][img][/img]
Priyanshi Dhebar, fiancée d’Eredin[/center]

« Eredin… Ah, Eredin, c’était toi qui voulais t’assurer que nos vies soient parfaitement protégées, parce que tu avais peur que ta vie politique ne me blesse. Et moi, qui ne te croyais pas, qui essayais à chacun de tes discours de renouveler ton quotidien, sans tenir compte de tes doutes. Au final, il n’y avait que toi qui y arrivais, puisque tu t’arrangeais pour toujours me surprendre, comme ce fameux jour au restaurant, où alors que je m’agaçais du temps que tu passais au ministère, tu essayais de retarder l’arrivée du dessert, le temps que notre dispute se termine, et je m’étais agacée que le serveur nous écoute, alors qu’il attendait simplement de me servir le dessert sur laquelle tu avais fait déposer la bague de fiançailles.

A côté de cette volonté de tout rendre parfait et agréable, tu étais aussi du genre doux rêveur, idéaliste, même à trente ans révolus, toujours prêt à aider ton prochain ou à illuminer son quotidien. Tu avais aussi tes moments de folie, comme lorsqu’après avoir obtenu ton premier ministère, tu es allée me trouver dans mon bureau m’annoncer la nouvelle un bouquet de fleurs à la main, alors que j’étais avec des clients…

Ça fait une semaine que tu es parti. Tout est vide. Notre appartement est désespérément silencieux. Le téléphone ne sonne plus. Les visites à l’improviste que j’abhorrais tant, de personnes que ni toi ni moi ne connaissions, me manquent. Tu es parti. Plus d’envolées d’enthousiasme le soir, au détour d’une conversation. Plus de conversation d’ailleurs. Moi, qui te connaissais, qui côtoyais tous les jours ton ambition dirigée non pas vers toi, mais toujours pour l’avenir… Je sais ce que ton absence signifie. Je sais ce que tu aurais pu apporter à ce monde. Mais les autres ? Non. Et c’est surement mon plus grand regret : tu es mort trop tôt, alors que tu avais toute la vie à transformer. »



[center][img][/img]
Emma Ravikhan[/center]

"Aujourd’hui, je ne suis pas politicienne, je suis juste une femme, une amie de, non pas le politicien, mais l’homme qui s’appelait Eredin Tobephki. Eredin, avait 31 ans, et incarnait toutes les qualités de la jeunesse, sans les défauts. C’était un idéaliste, il n’y avait qu’à lire ses livres pour voir son optimisme et sa confiance en l’avenir. Mais c’était aussi quelqu’un qui avait la tête sur les épaules, qui avait toujours un coup d’avance dans chacun de ces actes. En fait, Eredin, c’était quelqu’un d’exceptionnel, quasi-irréprochable, loyal et éthique. Je n’ai qu’une peur : celle qu’on ne se souvienne pas de lui comme on le devrait.

Il était d’une générosité, qui est rare aujourd’hui. En décembre 2033, peu de gens le savent, mais initialement, c’était lui qui devait être Premier Ministre. Au sein du Parlement, la GTI, le PES et l’UDP naturellement, et même certains députés du MPE, le voulaient à la tête du Gouvernement. Alors en l’apprenant, il m’a donné rendez-vous et il m’a dit : « Emma, ça fait des années que vous vous battez pour devenir Première Ministre, moi seulement un an. J’ai encore quarante ans pour être Premier Ministre, vous, vous en avez quinze… Demain, j’annoncerai publiquement que je souhaite faire partie de votre Gouvernement. » Il avait tort, et si j’avais su, j’aurais insisté pour que ce soit lui qui mène la coalition gouvernementale durant les trois années qui ont précédé.

On ne bâtit pas le monde sur des regrets, mais l’Eashatri aura assurément manqué un grand homme admirable, de la même poigne que le fameux Arun Dipek auquel nous faisons référence à chaque grande occasion. Et je ne peux m’ôter ce regret, car ce n’est pas un homme qui est mort. Non, c’est Eredin Tobephki." [/justify]
phiwill61

Message par phiwill61 »

[center]Le plan de Ma'i

[img]http://www.evisitorguide.com/images/chicago/tours/goldcoast/goldcoast.jpg[/img][/center]

[right]5 juillet 2037, [url=https://cdn.discordapp.com/attachments/464759528395767808/507948601075302420/unknown.png]Nehran[/url], Circonscription d'Ambavi, Eashatri[/right]



[justify]Pour Jaivanti Nelikhem, il y avait un avant et un après. Des parlementaires eashates, tous partis confondus, plus aucun ne cherchait à la pousser à bout, et pourtant, elle était loin d'être appréciée par tous. Mais voilà, le manque de sommeil était tellement marqué que Jaivanti Nelikhem faisait pitié à voir. En sept mois, l'ex-Ministre de la Justice, l'ancienne avocate brillante promise à un avenir radieux, n'était plus que l'ombre d'elle même. C'est à peine si elle avait défendu son action de porter plainte contre la Loi Achaval récemment votée au Parlement. Il y a sept mois, la jeune avocate qu'elle était aurait pris plaisir à dévoiler un véritable réquisitoire sur tous les médias eashates, mais aujourd'hui, elle en était incapable, elle avait tant besoin de dormir...

Mais dès qu'elle fermait les yeux, elle entendait un coup de feu, revoyait Eredin la repousser dans les coulisses, tandis qu'Eredin avait son corps secoué par les impacts des balles. Jaivanti savait qu'elle aurait dû consulter un psychologue, mais elle ne l'avait pas fait. A l'époque, elle ne voulait pas faire les gros titres des journaux eashates, elle voulait être à la hauteur de la mémoire d'Eredin Tobephki, ce à quoi un gros titre comme "La nouvelle cheffe de l'UDP a besoin d'un psychologue pour sa stabilité mentale" n'aurait pas vraiment aidé... Et maintenant, après sept mois, elle ne pouvait pas quitter son poste, alors que le PES tanait les députés de l'UDP pour qu'ils rejoignent leur groupe parlementaire...

Elle se regarda dans le miroir, il fallait qu'elle se repose qu'elle arrête de penser à la politique. Elle avait pris son après-midi, ce n'était pas pour rien ! Dans le miroir, elle voyait son reflet. En sept mois, son visage avait vieilli de dix ans: son front était ridé, sa bouche avait marqué une expression triste sur ses joues, son teint avait pâli, et son maquillage ne servait plus à rien face à ses cernes. Son cou avait échappé aux ravages de la fatigue, et son style vestimentaire aussi. Jaivanti vit tout à coup sa chemise blanche prendre des teintes sanglantes... puis l'hallucination la laissa horrifiée devant son miroir. Après un temps durant lequel elle reprit sa respiration, elle alla s'affaler sur son canapé, totalement bouleversée, prête à fondre en larmes.

On sonna à la porte. Jaivanti Nelikhem s'essuya les yeux, et se redonna une constance, ou tout du moins essaya de le faire. Elle alla voir qui pouvait sonner chez elle, alors qu'elle avait dit à qui voulait l'entendre au sein du parti qu'elle prenait l'après-midi pour elle. Une vieille femme portant un châle et des lunettes de soleil était derrière la porte. Jaivanti s'approcha sans ouvrir, sûre d'avoir déjà vu le sac à main que la vieille femme portait. La vieille femme enleva alors ses lunettes de soleil, l'expression très calme. Jaivanti ouvrit aussitôt, bien qu'elle ne sut pas si elle était agacée ou heureuse d'avoir cette compagnie:

"Excusez-moi, je ne vous avais pas reconnue ! Avec votre châle...

-J'avais deviné, Mme. Nelikhem, ne vous en faites pas. Je peux entrer ?

-Oui, oui, assurément Mme. Ravikhan ! Et l'homme qui vous accompagne, dans la voiture ?

-Non, non, c'est un taxi !"
, sourit l'ex-Première Ministre.[/justify]
phiwill61

Message par phiwill61 »

[center]Le plan de Ma'i (2)

[img]http://www.evisitorguide.com/images/chicago/tours/goldcoast/goldcoast.jpg[/img][/center]

[right]5 juillet 2037, [url=https://cdn.discordapp.com/attachments/464759528395767808/507948601075302420/unknown.png]Nehran[/url], Circonscription d'Ambavi, Eashatri[/right]



[justify]Emma Ravikhan avait atterri à l'aéroport international d'Eskha-Rashari, le matin même. Après un séjour à l'étranger, quasiment ininterrompu pendant quatre mois, la plupart des journalistes du pays la pensaient totalement coupée de l'actualité eashate, et certains la pensaient même hors-jeu. Mais, grâce à ses voyages en Dytolie, en Dorimarie et en Olgarie, l'ex-Première Ministre avait une idée en tête, et l'actualité de la veille, avec la plainte portée contre la Loi Achaval, pouvait lui permettre de poser ses premiers pions.

Elle s'était donc rendue immédiatement chez celle qui était à l'origine de la plainte, et qui n'avait pas encore trouvé la force de se servir de cette loi comme d'un levier politique pouvant mettre sous pression l'actuel exécutif, et donc remettre en valeur une opposition centriste au Gouvernement Chakarvarti. Au départ Emma Ravikhan pensait simplement que Mme. Neikhem n'avait pas saisi l'occasion, mais après une conversation d'une heure avec cette femme qui était de vingt-cinq ans ça cadette, l'ex-Première Ministre avait pu mesurer la difficulté de la députée centriste à vivre son quotidien depuis qu'elle avait échappé à la mort. Et si Emma Ravikhan voulait revenir sur le devant de la scène politique, elle ne voulait pas que Jaivanti Nelikhem ne puisse pas faire partie de l'aventure. Aussi elle convainquit tant bien que mal l'ex-Ministre de la Justice d'accepter l'aide qu'Emma lui tendait, en lui proposant de faire venir un de ses neveu psychologues chez la trentenaire, dans une discrétion plus qu'assumée.

Cependant, si Jaivanti Nelikhem manquait d'enthousiasme, son sens politique était toujours aussi affûté, et elle fut réceptive à l'idée que la Première Ministre avait pour faire renaître le Centre Eashate de ces cendres. Après tout, la prise de risque d'Emma Ravikhan était ambitieuse, et se heurterait probablement aux médias et à l'opinion publique, à moins de provoquer les événements favorables... Et en réunissant un noyau de personnes autour de leur projet, elles pouvaient tout à fait former un deuxième Gouvernement Ravikhan, peut-être beaucoup plus stable que le premier. Il suffit de tirer sur les bonnes ficelles...[/justify]


[center]-----------------------------------------------------------------------

[img]https://tse1.mm.bing.net/th?id=OIP.cUp6RAUghtejRRtRPoHxNgHaEj&pid=Api[/img][/center]

[right]16 juillet 2037, Parlement Eashate, Eskha, Eashatri[/right]



[justify]Aujourd'hui, Emma Ravikhan avait occupé son siège au sein du Parlement eashate, pour la première fois depuis quatre mois, où elle avait laissé les vices-députés de son mouvement occuper son siège. Présence remarquée, aussi bien par le bord gauche que par le bord droit de l'assemblée. A gauche, on avait bien pris soin de ne pas faire cas de la présence d'Emma Ravikhan, avec ses trois énormes dossiers sur la table depuis laquelle elle votait, tandis qu'à droite, plusieurs ténors avait fait des allusions à peine voilées au scandale d'une femme qui n'occupait pas la fonction qui lui avait été offerte par les électeurs, et qui venait encombrer le Parlement d'une multitude de requêtes inutiles. Rien que sa présence suffisait à faire parler d'elle, elle le savait, c'est pourquoi l'ex-Première Ministre tenait à montrer que ses quatre mois passés à l'étranger n'avaient pas été vains, et avait présenté un projet de loi, visant à favoriser les échanges commerciaux des entreprises dont l'activité s'étendait en Eashatri et dans un pays étranger, et visant à faciliter les démarches d'implantation des entreprises étrangères sur le territoire eashate, mais avec un meilleur contrôle du respects des droits salariaux, instaurant un principe de non-allègement des droits salariaux, de sorte à ce que les employés aient des droits au moins équivalents à ceux que l'entreprise concernée accordait généralement dans le monde.

Naturellement, la loi devait être examinée par le président du groupe MPE avant le début des débats, et ce président de groupe se trouvait être M. Tipanis, grand adversaire de l'ex-Première Ministre. Naturellement, la loi fut rejetée sans concessions, avec l'approbation de l'aile libertarienne du MPE, mais pour toute une partie des députés portant l'étiquette MPE, cette proposition de loi leur semblait intéressante à bien des égards, et piquait leur curiosité. Les visages affichaient donc deux expressions, à l'image d'un début de scission qui apparaissait dans les rangs du MPE. L'ex-Première Ministre avait donc avancé correctement ses pions sur l'échiquier politique... [/justify]
phiwill61

Message par phiwill61 »

[center]Le plan de Ma'i (3)[/center]

[right]1er août 2037, Siège du MPE, Eskha, Eashatri[/right]



[justify]Aujourd'hui, les dirigeants de facto du Mouvement pour la Prospérité Eashate, - les Ministres du Gouvernement Chakarvarti étiquetés MPE - se réunissaient en vue des fortes tensions qui existaient au sein de leur groupe parlementaire. En effet, les députés MPE commençaient à grincer des dents très fortement depuis qu'Emma Ravikhan était revenue en Eashatri. L'aile centriste, pro-Ravikhan, se sentait de plus en plus trahie par le Gouvernement en place, quand l'aile libérale-conservateurs pro-Ediar avait un moral nettement meilleur, alors même que les quelques députés libertariens pro-Tipanis commençaient sérieusement à douter du l'intelligence de certaines politiques du Gouvernement, trop conservatrices à leurs yeux. Il fallait éteindre l'incendie avant qu'il ne se déclare, et c'était la raison même pour laquelle les 4 ministres s'étaient donné rendez-vous.

Amerin Ediar, ministre de l'économie fût, à sa grande surprise, le dernier à arriver dans le bureau dans lequel se déroulerait la réunion. En un regard, il sut l'ordre d'arrivée des autres ministres, et ce que le premier arrivé avait en tête. En effet, Chandra Mudaliyar et Arpit Heravdakar étaient assis chacun sur un des trois sièges disposés en arc de cercle en face du bureau contre lequel le ministre de la recherche s'appuyait, seul des trois à être debout en train de regarder l'écran de son ordinateur dans une attitude qui se voulait charismatique. Shakcham Tipanis voulait donc probablement s'imposer comme l'homme qui résoudrait la situation. Il accueillit Amerin Ediar avec un ton enjoués et un sourire, non pas forcés, mais pas vraiment francs non plus:

"Et bien Amerin, vous nous aviez habitués à être plus ponctuel lors des réunions ministérielles ! Si je ne vous connaissez pas autant, je penserais que vous accordez moins d'importance à notre mouvement qu'au Gouvernement actuel."

Amerin s'installa, digérant avec sourire la critique à peine voilée qui venait de lui être faite.

"Bonjour messieurs. Excusez-moi d'arriver avec ces six minutes de retard, j'avais sous-estimé les embouteillages eskhans. Mais vu comme vous êtes installés, et vu l'inquiétude de notre groupe parlementaire, je pense que vous avez déjà dû commencer à analyser des façons de gérer la situation actuelle sans moi, et je ne voudrais pas trop que mon arrivée tardive gêne la conversation."

Il échangea un bref regard avec le ministre des affaires étrangères, Chandra Mudaliyar, ce qui lui permit de confirmer son intuition que rien n'avait été discuté pour le moment. Arpit Heravdakar, lui, gardait une attitude très distante, et après un nouvel échange aussi mi cordial mi-glacial entre le Ministre de la Recherche et le Ministre de l'Economie, il sonna sèchement :

"Quand ce combat de coqs sera terminé, peut-être pourra-t-on se concentrer sur les mécontentements au sein de notre mouvement ?

-Je crains de rejoindre Arpit sur ce point, admit Mudaliyar. Si la base du parti s'effrite, et que le sommet du MPE s'effrite aussi, il n'y a plus rien à faire pour faire converger les voix de notre parti, et cette réunion serait inutile.

-M. Ediar et moi ne faisions que discuter, se justifia Tipanis, faussement surpris par les insinuations de son collègue. Je ne sais pas trop comment vous avez pu vous méprendre sur ce point ! Il n'y a aucune division dans cette pièce, et d'ailleurs, le mois dernier, il n'y en avait aucune au sein du MPE, faire converger nos députés ne sera donc aucunement un problème, dès que nous aurons trouvé l'origine des troubles que nous avons dans nos rangs...

-Dans ce cas, je crois que l'origine est toute trouvée : le mécontentement a surgi en même temps que le retour de Ravikhan au sein du Parlement. De plus, si on observe bien les principaux députés à afficher une certaine défiance vis-à-vis du Gouvernement en place, il s'agit essentiellement des députés avec qui elle avait déjà des liens privilégiés lors des précédentes législatures. Sans offense pour vous, M. Heravdakar.

-Je ne me sens pas offensé, sourit le Ministre de la Santé, je dois même vous avouer que je comprends certains de nos députés, car Mme. Ravikhan sait très bien utiliser son image pour leur montrer en quoi le Gouvernement actuel diffère de leurs idéaux.

-Que voulez-vous dire ? Qu'il faudrait exclure Emma du parti ? Je dois bien admettre que si j'ai mes divergences d'opinion avec elle, je ne peux qu'admettre qu'il s'agit d'un élément irremplaçable du MPE, et je serais prêt à dire que nous souffrons de son absence au sein du Gouvernement actuel. Ne me le faites pas regretter. L'exclure du MPE serait objectivement plus une perte pour nous que pour elle, sans même parler des conséquences que cela aurait dans l'opinion publique !

-Non, je pense que nous ne devons pas voir Ravikhan comme la source du problème de confiance que les députés de notre mouvement ont avec le Gouvernement actuel...

-Pourtant, je suis prêt à parier que la situation actuelle l'arrange bien !", le coupa Chandra Mudaliyar.

-Mais peut-être que nous aussi, finalement. Ravikhan n'agit que comme le révélateur d'une chose : nos députés voient que le MPE n'a qu'un rôle figuratif dans le Gouvernement actuel, il est peut-être temps pour nous de faire valoir notre statut de parti le mieux représenté au sein du Parlement...

-Effectivement, vu sous cet angle, la LI et le FPF nous tiennent assez souvent à l'écart des discussions pré-parlementaires des lois du Gouvernement Chakarvarti, et nous faisons souvent d'importantes concessions qui vont à l'encontre de certaines idées de nos collaborateurs. Tipanis marqua une pause pour réfléchir, avant de reprendre :Je pense donc que nous avons une solution : lors de la prochaine loi qui sera votée au Parlement, nous allons nous tenir volontairement à l'écart de la rédaction. Forcément, la loi déplaira à un nombre assez important de nos députés, et ne passera pas. Chakarvarti devra sûrement nous demander de forcer nos députés à voter favorablement, et nous pourrons imposer nos conditions.

-Je suis assez sceptique, mais c'est peut-être une stratégie à étoffer...[/justify]
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