ENCYCLOPÉDIE | Donostiako Liburutegi Nazionala

Djinndigo

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[justify][center]PATRIMOINE
Château princier d'Igoera

[img]https://i.imgur.com/xTTBb46.png[/img]
[cap]Le château princier de Donibane-Andeako, dans la province de Pomaroak Behera.[/cap][/center]

Le château princier d'Igoera, ancienne demeure coloniale des rois euskals venus de Dytolie, est un vestige de la domination métropolitaine sur le Txile colonial. Construit en 1612 par le roi Santxo II d'Abaigar, le lieu servit d'abord de place forte militaire en même temps que de logement pour les monarques dytoliens et euskals de passage en Dorimarie occidentale. Il fut ensuite reconverti en palais royal de loisir, d'où son nom officieux de « palais royal d'Igoera », malgré son usage défensif et son style architectural encore moyenâgeux. Iñigo III d'Abaigar, fils de Santxo II, fut l'acteur de cette reconversion du castel, dont il ne put cependant pas profiter car les travaux d'extension qu'il avait ordonné pour l'occasion ne furent achevés qu'après sa mort, laissant à son fils Iñigo IV la jouissance du château, ce dont ce dernier ne profita pas puisqu'il passa la totalité de son règne dans ses domaines dytoliens, au mépris des colonies euskales de l'époque, ce qui entraîna une vague de mécontentement dans les colonies vis-à-vis de l'attitude métropolitaine.

Les rois métropolitains se succédèrent dans la propriété royale, l'élargissant au fil des siècles pour la transformer en cité fortifiée mais luxueuse, avec des jardins suspendus confectionnés pour la reine consort Alontsa III, monarque-conjointe du roi Santxo III. Les velléités autonomistes des anciens colons euskals installés depuis plusieurs générations au Txile poussèrent les monarques de la métropole euskale en Dytolie à s'installer plus longtemps dans les environs, amenant avec eux des membres de leur cour, le tout contribuant largement à l'extension du port voisin d'Igoera, mais aussi de la petite localité où est installé le castel, Donibane-Andeako (« Saint-Jean-de-l'Andeak », qui donne parfois son nom à la place forte). A la chute de la monarchie et de la métropole dytolienne, le château tombe dans les fonds publiques puis est revendu par l’État républicain nouvellement fondé pour fournir des fonds aux conflits locaux menés par la jeune République dorimarienne.

Passant de main en main, le château finit par redevenir propriété de l’État en 2029, grâce auquel il fut rénové avec des fonds privés, le tout afin de le reconvertir en lieu lucratif de plaisance. En 2036, l'ancienne demeure monarchique est devenu la cible des projets du jeune prince Gaspar II d'Esparza, qui y établit ses quartiers et envisage également d'y installer le pouvoir exécutif des Provinces-Unies du Txile. Avec une superficie totale de quatre-vingts kilomètres carrés, le village de Donibane-Andeako est peuplé par trois milles txiléens. Le château, perché au centre du village, est situé à 359 mètres d'altitude par rapport au niveau de la mer. Symbole de l'ancienne monarchie métropolitaine au Txile colonial, l'ancien palais royal fut parfois le fait de délinquance de la part d'activistes socialistes et antimonarchistes. Il servit également d'inspiration pour de nombreux domaines royaux fictifs pour des productions olgariennes, et est aussi le cadre de la série historique txiléenne Erregeak eta Koroak (« Rois et Couronnes » en euskara).

Cette série, produite par les studios cinématographiques [url=https://simpolitique.net/viewtopic.php?f=1213&t=15987]Donostiako Zinematografia Konglomeratua[/url] (DZK, « Conglomérat Cinématographique de Donostia ») s'inspire de l'histoire du castel dans ses nombreuses salles et tours. Avec pas moins de huit tours de garde, la place forte eût un réel usage militaire juste après le parachèvement de sa construction au XVIIème siècle, mais ses systèmes de défense devinrent vite futiles face aux rares contre-attaques indigènes de l'époque qui ne s'en prirent alors pas au château royal mais seulement au village en contrebas des fortifications. Le fortin, pourtant habilité à une défense suffisante pour repousser les techniques de combat dytolienne de l'époque, n'eût pas affaire à aucune sorte de siège prolongé contre lesquels la présence d'une réserve d'eau et de glace des montagnes se serait révélée utile. Les fortifications furent donc reconverties en simple apparat, malgré l'utilité évidente de ces dernières comme seule véritable place défensive de la région.

[center][img]https://i.imgur.com/nhCV8KZ.png[/img]
[cap]Les vestiges du château d'Igoera avant sa restauration (représentation du XIXème siècle).[/cap][/center][/justify]
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[justify][center]CULTURE
Le gautxo, cavalier de la pampa

[img]https://i.imgur.com/r2Kr90u.png[/img]
[cap]Les gautxoak sont de redoutables cavaliers, élevés à la sauvage dans les plaines txiléennes.[/cap][/center]

Cavaliers habitués à monter à cru et à traverser annuellement la grande plaine qui traverse du nord au sud le Txile, la plaine Arrunta, les Gautxoak (singulier : gautxo) représentent de nos jours une ancienne caste de la société coloniale du Txile, à savoir une partie de la population rurale vivant au gré des conditions locales et évoluant sur de grandes distances, le tout vivotant grâce à l'élevage d'animaux nomades : moutons, caprins ou bovidés. Apparus pour la première fois au XVIIème siècle avec l'arrivée des premiers chevaux dytoliens sur le continent dorimarien, les Gautxoak se sont développés en concomitance avec l'industrie de l'élevage mobile. De nos jours encore présent en petites communautés nomades sur le flanc occidental de la chaîne montagneuse de l'Andeak, les cavaliers nomades du Txile sont réduits à une activité traditionnelle et substantive, bien que des aides étatiques existent pour entretenir ce symbole national ayant inspiré nombre d’œuvres culturelles, tel que [url=https://simpolitique.net/viewtopic.php?f=1213&t=15987#p332436]Gautxo Azkenakoa[/url], « le Dernier des Gautxoak » du réalisateur txiléen Maximo Landecho.

Auparavant employés par l'armée txiléenne, la Txileko Gudarostea, comme cavaliers auxiliaires d'une redoutable efficacité pour harceler et défaire les ravitaillements ennemis, leur usage par la Lurrean Indarra (l'armée de terre du Txile) est vite devenu marginal à la fin du XIXème siècle pour finalement être arrêté en 1929 après la protestation de nombreux militaires haut-gradés, jaloux de la caste de guerriers-cavaliers qui défiaient les lois de l'ascension militaire en agissant tels des mercenaires au service de l’État txiléen. Après plusieurs années de réduction importante des effectifs des Gautxoak, dont le mode de vie se voyait menacé par l'absence de revenu suffisant pour subvenir au besoin des communautés de cavaliers, malgré un tissu d'élevage encore important à cette époque au sein des communautés. Souvent considérés comme des bandits par le régime fasciste des années 1940, ils échappèrent cependant à la vindicte étatique, à l'inverse des communautés indigènes de l'intérieur du pays.

Après la défaite du régime autoritaire en 1950, la nouvelle République txiléenne, malgré le fait qu'elle ait repris les institutions de la République précédant le régime fasciste d'Erroman Ibarraugarte, fut plus encline à verser des subsides aux communautés de cavaliers de l'intérieur du pays ; l’État txiléen officialisa finalement ces subventions sous un gouvernement de coalition social-libérale en 1958. Les gautxoak ne sont plus aujourd'hui que quelques milliers, mais compte encore de nombreuses traditions et de forts ancrages dans la culture euskale txiléenne. Les traditions culinaires gautxo se retrouvent dans la cuisine euskale, notamment le thé dit « des Jésuites », ainsi que beaucoup de mode de cuisson : la carbonada, le locro... Tiré des termes huacchu (« solitaire » en quechua) et du gitan hispanique gacho (« paysan »), le Gautxo puise donc dans le mythe du paysan-soldat, mais aussi dans celui de l'éleveur-guerrier, à l'image des tirailleurs euskals de Dytolie, qui éliminèrent un haut dignitaire de l'empire dyton et son armée au VIIIème siècle après Jésus Christ.

Les gautxoak, pour sauvages qu'ils sont, restent des euskals de souche et cultivent un certain chauvinisme, si ce n'est pour leur pays, mais pour leur province txiléenne d'origine. Peu présents à l'étranger, du moins à l'extérieur de la Dorimarie, peu de gautxoak ayant quitté leur mode de vie nomade s'en réclame encore, ce qui contribue à diminuer leur nombre face à l'avancée des mégapoles txiléennes, de la côte urbanisée et des campagnes industrialisées vers l'intérieur des terres, dans le foyer natal de ces cavaliers mythiques. Leur contribution à la production nationale de viande est minime, de par leur production parcellaire et très traditionnelle qui rentabilise difficilement leur activité, même si les produits gautxo sont très prisés, notamment leur production bovine dans la cuisine haut de gamme. Leur cause est également peu représentée dans les grandes villes du Txile, et les communautés de cavaliers nomades sont parfois décrédibilisées sur le plan politique, trop souvent assimilées à la cause indigéniste quechua.

[center][img]https://i.imgur.com/Sww0vXO.png[/img]
[cap]Le traditionnel gardien de la pampa recule en même temps que celle-ci face à l'urbanisation des sols.[/cap][/center][/justify]
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[justify][center]CULTURE
La zezenketa, tauromachie euskale

[img]https://i.imgur.com/CWXx8Dj.png[/img]
[cap]La tauromachie est une discipline qui garde un certain ancrage culturel et traditionnel au Txile.[/cap][/center]

La zezenketa (« course » ou « tauromachie » en euskara), équivalent euskal de la corrida hispanique et de la tourada lusitanienne, est une discipline sportive et artistique apparu au Txile vers la fin du dix-septième siècle et qui s'y est répandu dès le début du dix-huitième siècle par le biais de la croissance du secteur de l'élevage taurin. Ledit élevage taurin étant assez répandu dans les Provinces-Unies depuis le début de la colonisation du Txile jusqu'à nos jours, l'offre a permis de renforcer la tauromachie, en en faisant un sport régional, provincial et parfois même national à l'occasion de grands événements. Organisées fréquemment à l'occasion de fêtes estivales, telles que les ferias hispaniques, ces dernières étant d'ailleurs associées à la tauromachie par essence. Ayant lieu le matin, les novillades (de l'hispanique novillada) opposent de jeunes taureaux à des toreros novices, tandis que la zezenketa (qui elle a lieu le soir) en elle-même est un spectacle opposant des taureaux mûrs à des matadors confirmés.

Très fortement inspiré de la culture hispanique (léontarienne) et dorimarienne, le vocabulaire de la tauromachie est très largement hispanisé. Ainsi, le torero (toreatzaile en euskara) est celui qui affronte la bête ; le terme inclut donc toute l'équipe chargée de tuer le taureau. Parmi les toreatzaileak, les valets sont des assistants du hiltzailea (de l'hispanique matador, « tueur ») et sont chargés de distraire le taureau et de le faire se placer au bon endroit dans l'arène pendant les différentes phases de la zezenketa. Le piqueur est un toreatzaile à cheval chargé de piquer le taureau, comme son nom l'indique, dans le cas des taureaux les plus imposants. Le banderillero est le toreatzaile qui doit poser les banderilles, des paires de harpons supposés fatiguer et énerver l'animal. Arrive ensuite le hiltzailea, qui est le personnage principal de la corrida ; muni d'une cape et d'une épée, il est chargé, avec l'appui des autres toreatzaileak, de tuer ou d'achever le taureau.

Une fois la bête vaincue, et si elle n'est pas graciée, sa viande est parfois consommée aux alentours dans les restaurants dédiés. L'art tauromachique, parfois jugé comme une mise en spectacle de la torture animale, fait face à une opposition grandissante au sein des cercles progressistes, ces derniers étant cependant peu présents au Txile. Le nombre de zezenketak organisées annuellement au Txile reste en baisse légère, malgré la recrudescence du nombre d'entrées au cours des dernières années. La plupart des taureaux issus du territoire national sont élevés dans les plaines du centre du pays (les plaines de l'Arrunta). La zezenketa est la plus pratiquée et fréquentée dans la province d'Ikuñoa, dans le sud-est du pays, au point d'être parfois qualifiée de « sport régional » ikuñoan. Principal symbole de la culture hispanique au Txile, la corrida euskale reste une trace de l'influence léontarienne voisine, mais également des autres nations hispaniques du continent dorimarien.

Sur la scène politique, la zezenketa reste autant ignorée que respectée par les élus : les propositions de loi sur l'interdiction des spectacles tauromachiques, bien que répandus dans d'autres parties du monde, restent très marginales et peu nombreuses. Avec une majorité conservatrice et des moeurs très traditionnelles, la tauromachie txiléenne ne fait pas face à tant d'opposition qu'en Dytolie ou en Olgarie. La corrida est également source de nombreuses oeuvres dans les domaines musicaux, cinématographiques, littéraires et artistiques des Provinces-Unies ; elle est parfois organisée sous la férule de grands aristocrates txiléens, prenant alors la forme de la zezenketa dite « à cheval ». Cette discipline, plus sportive, est également le théâtre de grands défilés à cheval de la part des toreatzaileak les plus riches (ceux capables de s'offrir le luxe d'un cheval de course). Derrière la zezenketa, c'est également plusieurs milliers de txiléens qui gagnent leur vie, autant en tant que saisonnier estival ou en tant que salarié des arènes, lieux traditionnels des spectacles taurins.


[center][img]https://i.imgur.com/27fXsmi.png[/img]
[cap]Les arènes d'Isabarrau (Nazkoa) sont les plus grandes arènes du pays, avec vingt milles places.[/cap][/center][/justify]
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[justify][center]POLITIQUE
Le recours constitutionnel ou « droit Elcoaz »

[img]https://i.imgur.com/9VzGTzX.png[/img]
[cap]L'instauration du recours d'Elcoaz a été l'occasion de bains de foule aux quatre coins du pays.[/cap][/center]
Instauré en 1973 par le député conservateur Erramun Elcoaz, le recours constitutionnel individuel ou « droit Elcoaz » - du nom de son auteur - a été une particularité du droit constitutionnel txiléen jusqu'en 2012, date de son abrogation par vote de la majorité parlementaire de l'époque. Dans les années 1970, le problème de la représentativité démocratique de plus en plus faible du gouvernement aristocratique, qui s'est installé de force en 1951 en succédant au dictateur fasciste Erroman Ibarraugarte, vient forcer la main à la classe parlementaire qui maintient depuis une vingtaine d'années une certaine forme d'élitisme au sein des institutions, avec une absence de renouvellement des hauts-fonctionnaires et parlementaires. Alors que le rôle éminent de divers parlementaires dans des affaires de corruption vient éclabousser les institutions, la question d'un élargissement des droits citoyens, afin de contenter la gronde populaire par des mesures démocratiques, est venue se poser au cours de cette décennie.

Fort du constat de l'absence d'influence du peuple sur la vie politique, le député Erramun Elcoaz, en coopération directe avec différents partis de l'époque, en est venu à instituer, par une proposition de loi validée par la majorité parlementaire, le recours constitutionnel individuel. Au sein des démocraties modernes, le bloc de constitutionnalité (au Txile, la Konstituzioa joue ce rôle) a une importance toute particulière eut égard à la stricte séparation des pouvoirs et au respect des droits individuels inscrits dans les textes constituants. La modification de cette loi fondamentale est rendue volontairement difficile par la complexité de la procédure : pour conserver le cadre démocratique instauré par les lois constituantes et éviter toute dérive, le contrôle de constitutionnalité d'une loi ou d'un projet/proposition est un mécanisme courant. Ce contrôle, qui est effectué par voie d'exception par le Tribunal constitutionnel (le Konstituzio Auzitegia), est primordial dans le maintien de la hiérarchie des normes (primauté de la constitution).

Cependant, le Tribunal constitutionnel ne peut effectuer un contrôle de constitutionnalité en 1973 que par voie d'action qu'à la requête du Parlement txiléen ou du gouvernement : l'instauration du recours constitutionnel individuel, qui consiste en un contrôle de constitutionnalité d'une loi par voie d'action à la demande de n'importe quel citoyen txiléen, rend cette procédure beaucoup plus facile tout en introduisant une notion de démocratie directe au sein du débat juridique. En 1973, une telle mesure est jugée révolutionnaire ; sa surmédiatisation par les autorités de l'époque et l'accointance de nombreuses institutions avec l'intelligentsia txiléenne augmente largement la popularité du gouvernement et des personnalités politiques impliquées dans le projet de loi Elcoaz. La nouvelle vague de légitimité populaire du gouvernement de l'époque a contribué à repousser largement la disparition de l'oligarchie vieillissante issue de la fin de la Guerre Néchinésienne (1945-1950) et de la chute du régime fasciste.

Sur le papier, le recours constitutionnel individuel est cependant vite devenu un fléau pour le Tribunal constitutionnel, qui a dû durcir la réglementation afin d'éviter la pollution inutile de la liste des recours par des demandes peu légitimes : le contrôle de constitutionnalité de certaines lois a ainsi mis plus de dix ans entre la demande officielle et l'étude de la loi par le Tribunal constitutionnel. Face à un tel engouement pour le recours, ce dernier a été maintenu mais son efficacité en a subi des conséquences drastiques : en 2012, alors que le droit Elcoaz est peu à peu tombé dans l'oubli à cause de son manque d'efficacité, le Parlement vote son abrogation après quelques quarante années d'existence. Le rôle éminent joué par le recours constitutionnel individuel dans la légitimation démocratique du régime txiléen post-guerre est un cas d'école dans l'étude des régimes oligarchiques avec le maintien d'une façade démocratique, période txiléenne historique, charnière entre le Txile fasciste et le Txile moderne.[/justify]
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[justify][center]PATRIMOINE
Le quartier ventélien de Donostia

[img]https://i.imgur.com/BARCMow.png[/img]
[cap]Le « kaiyuantown » est un phénomène géo-urbain d'organisation de la communauté ventélienne.[/cap][/center]
Fondé au dix-neuvième siècle par les premiers migrants d'origine ventélienne venus s'installer sur le sol txiléen à la suite de la multiplication des concessions portuaires et autres comptoirs commerciaux de l'empire colonial républicain, le quartier ventélien (ou kaiyuantown selon les dénominations) de Donostia est la plus ancienne communauté ventélienne du continent dorimarien. Forte de plusieurs dizaines de milliers d'habitants, cette communauté a connu un regain de vitalité après des temps difficiles jusque dans les années 2020 : la normalisation des relations diplomatiques entre le Txile et plusieurs grands États ventéliens, notamment le Kaiyuan, le Sengaï, le Lianwa, le Posun et le Teikoku, a permis la réouverture des flux démographiques avec une forte arrivée d'immigrants ventéliens dès 2034, année de la réouverture législative des frontières. Avec un taux migratoire très important, émanant principalement de la Ventélie, le Txile a vu sa communauté ventélienne doubler voire tripler en l'espace de quelques années.

L'épisode du confit dit de la « Guerre des Conteneurs », qui s'est concrétisé en 2034-2035 pendant quelques mois par la présence effective de troupes uhmanéennes d'occupation sur l'île de Labegaray, a cependant provoqué l'émergence d'une certaine xénophobie des txiléens (notamment du sud) envers la communauté ventélienne, le « péril jaune » ayant été une image véhiculée par la propagande de la République au cours du conflit txiléo-uhmanéen. Les incivilités à l'encontre des ventéliens présents sur le territoire national se sont multipliées et Donostia n'en fut pas exempte, même si le quartier ventélien servit un temps de refuge. Le territoire sur lequel s'étale le quartier ventélien n'a aucun statut juridique spécial et sa dénomination n'est donc qu'officieuse, même si certaines échoppes en font leur marque de fabrique. Le quartier est connu pour son dynamisme et sa localisation, près des quais et dans la vieille ville piétonne, en fait un lieu touristique très prisé.

Grâce à ce tourisme culturel riche, les commerces du quartier prolifèrent et l'esprit entrepreneur de la communauté ventélienne, notamment chez les kaiyuanais, en est exacerbée. La représentation politique du quartier et plus largement de sa communauté est cependant inexistante, même si certains élus de la mairie de Donostia sont issus de la diaspora ventélienne au Txile. Cette même diaspora peine à pénétrer plus en profondeur le réseau urbain txiléen, se heurtant à une forte xénophobie dans les campagnes txiléennes et à une certaine hostilité de la part des habitants des villes à l'intérieur des terres. La situation des ventéliens au Txile demeure donc précaire, mais la forte immigration depuis la Ventélie oblige la formation de communautés urbaines ethniques, des quartiers ventéliens qui se multiplient dans les grandes villes côtières. Si les petits artisans et les entreprises de taille intermédiaire se montrent assez hostile à cette concurrence qu'ils considèrent comme étrangère malgré la naturalisation de nombreux ventéliens, les grands groupes industriels - dont la taille demeure modeste par la nature du marché, très atomisé - apprécient le dynamisme de ces potentiels cadres.

En effet, par leur activité et leur réseau, les ventéliens qui peuplent le quartier communautaire de Donostia sont un tissu ouvrier certain, mais aussi un puits à cerveaux - ils contribuent ainsi à la puissance scientifique des secteurs privé et public des Provinces-Unies - que les élites économiques apprécient, alors que la population txiléenne euskale y voit une concurrence déloyale et une raison de plus de critiquer les décisions du gouvernement qui favorise cette immigration visiblement utile sur le moyen-terme pour le Txile. Le quartier ventélien constitue de plus un vivier culturel, avec des traditions et des mœurs qui se traduisent par une architecture exotique dont les ventéliens de la communauté demandent que les bâtiments typiques du quartier soient classés au patrimoine officiel des Provinces-Unies ; une reconnaissance qui, en plaisant à la communauté ventélienne du Txile, pourrait bien entraîner d'importantes contestations des nationalistes euskals.

[center][img]https://i.imgur.com/ZTAPDGh.png[/img]
[cap]La ville portuaire de Kapayane, dans le sud du Kaiyuan, fut une concession txiléenne jusqu'en 1950.[/cap][/center][/justify]
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[justify][center]HISTOIRE
Genèse urbaine en Dorimarie euskale
1600-1800

[img]https://i.imgur.com/Sa0CHSy.png[/img]
[cap]Représentation picturale de Donostia au dix-huitième siècle alors que l'économie y prend son envol.[/cap][/center]
Tout comme l'arrivée des colons euskals en Dorimarie ne s'est pas déroulé en un instant fixé dans le temps mais s'est étalé sur plusieurs siècles, la genèse du modèle urbain colonial sur le sol txiléen s'est passé en plusieurs étapes. Avec l'intensification du flux démographique euskal à destination de la « Janubie occidentale » comme les colons appelait le Nouveau Monde, les villages édifiés à la va-vite sur le littoral et le long des berges des fleuves durent se transformer pour accueillir cette nouvelle population qui va en s'accroissant à partir du seizième siècle jusqu'au dix-neuvième. Initialement utilisés comme forts militaires, les frêles défenses en bois du village deviennent désuètes alors que les colons s'établissent en-dehors de ces mêmes murs. Les moyens humains et matériels toujours plus importants, en même temps que l'augmentation significative du trafic naval entre le territoire dorimarien et sa métropole, permettent l'apparition des premières villes.

D'abord concentrées autour d'un centre névralgique abritant les premières institutions urbaines, à savoir les casernements militaires avec la mise en place d'unités défensives, ainsi que les autorités administratives - on voit alors construire les premières Herriko Etxeak, les « maisons du peuple » (mairies) sur le continent. Le littoral sud puis nord du pays est rapidement colonisé par des autorités avides des richesses qui s'écoulent le long du réseau fluvial du pays. Le colonialisme des autorités dytoliennes, initialement tourné vers une politique de comptoirs, à savoir l'établissement de colonies-comptoirs le long des côtes stratégiques du globe, mais l'opportunité représentée par la « Janubie occidentale » pousse la monarchie euskale à revoir sa politique coloniale à se tourner vers un maintien durable de sa présence dans cette partie du monde. C'est au seizième siècle que Basarri Argoan devient le premier vice-roi de la colonie euskale de Janubie occidentale, le Berri Herria (le « Nouveau Pays »).

C'est sous son impulsion et par sa réflexion mercantiliste que la métropole va développer sa colonie autour des grandes villes côtières. Les centres urbains se métamorphosent et englobent leurs périphéries : Donostia, Urutzalde et Vitorio-Erregea deviennent des villes-clés du nouveau système colonial. L'agriculture se développe en périphérie des grands ensembles urbanisés avec l'esclavage des populations indigènes et de tribus néchinésiennes importées, aujourd'hui métissées à la population txiléenne. Les institutions urbaines se développent, avec l'ouverture d'écoles, de banques et de marchés qui destinent la Dorimarie euskale à la prospérité. L'intérieur des terres, éloigné des ports riches, est peu à peu colonisé par les gautxoak, qui deviennent l'épine dorsale de l'activité pastorale. Les villages se développent autour de clochers, la place de l’Église étant très importante au centre de la civilisation euskale. L'autonomie de la Dorimarie euskale vis-à-vis de la métropole dytolienne dès le dix-huitième siècle se répercute sur les villes qui s'arrogent une certaine indépendance.

Le vice-roi laisse ainsi une grande autonomie aux fonctionnaires et maires pour exercer leur pouvoir sur leur localité ; les grandes superficies couvertes par les colonies n'arrangent rien. Alors que les territoires ruraux empiètent de plus en plus sur l'arrière-pays indigène non-revendiqué, les villes portuaires deviennent de véritables plateformes commerciales qui pèsent pour la plupart plus que les ports métropolitains : les épices et denrées venues de Janubie transitent par les ports dorimariens pour arriver en Dytolie. Si ailleurs sur le continent dorimarien la population urbaine tend à se concentrer autour des points névralgiques de la cité, les txiléens étalent les ensembles urbains et ruraux au détriment de la concentration des institutions dans le centre-ville. Donostia s'impose également rapidement comme capitale de par sa situation stratégique au cœur du territoire colonial, sa grande accessibilité commerciale et le relief dans laquelle la ville se place. Les grandes villes, qui instaurent leur territoire par une politique d'expansionnisme urbain outrancier, deviennent rapidement elles aussi le centre des affaires dans leurs zones respectives. Les chefs-lieux des régions sont ainsi tous désignés pour être de futures capitales provinciales.

[center][img]https://i.imgur.com/z5LwFQ4.png[/img]
[cap]Donostia à une étape plus tardive de son développement vers le début du dix-neuvième siècle.[/cap][/center][/justify]
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[justify][center]HISTOIRE
La conception de la République chez ses fondateurs

1800-1829

[img]https://i.imgur.com/A4yuj2t.png[/img]
[cap]Dès ses origines, l'idéal républicain s'est mué en une question épineuse pour les penseurs de l'époque.[/cap][/center]
Fondée en l'an de grâce 1800 par le premier Lehendakari (président) Txurio Echeberea, la République est d'abord une synthèse des pensées politiques contemporaines avant d'être le plus long régime politique txiléen (1800-2036). Alors que l'ancienne métropole dytolienne du territoire colonial de « Janubie occidentale » vient de s'effondrer sous la pression des puissances continentales, le Berri Herria (« Nouveau Pays »), devenu Txile, est livré à lui-même sur un continent encore soumis dans sa majorité au joug colonial. Le contexte politique txiléen de l'époque est complexe : d'un côté, les monarchistes loyalistes tombent des nues alors qu'aucun héritier viable ne se présente après le coup d’État avorté dit de l'« Affaire des Loufoques » qui écarta le prétendant monarque Gaspar Esparzako (ancêtre de l'actuel prince du Txile), tandis que les partisans de l'ancien vice-roi et désormais Kontsula (consul) Txurio Echeberea le soutiennent dans sa recherche du régime politique idéal pour la nation txiléenne.

La monarchie dans sa définition littéraire fut rapidement écartée : toute caractère héréditaire du régime était hors de propos et les candidats se faisaient rares, et aucun d'entre eux n'était crédible pour reprendre les rênes d'un pays que leurs ancêtres avaient saccagé au profit d'une métropole désormais éteinte. La démocratie totale, qui avait été expérimentée par des puissances dytoliennes au cours du siècle passé, avait grandement desservi ces mêmes États en en faisant la proie des puissances traditionnelles qui ne pouvaient laisser les pensées des Lumières impunies. Ayant reçu une éducation dytolienne fortement occidentalisée et moderne, Txurio Echeberea était en lui-même un aristocrate épris d'hellénisme et de rationalisme. La pensée des helléniques anciens, notamment alliléens, était pour lui fondatrice des régimes politiques contemporains et leurs enseignements cruciaux dans la recherche du régime politique idéal au dix-neuvième siècle qui s'annonçait.

Si les monarchistes avaient été écartés, le reste des penseurs et aristocrates txiléens soutenaient Echeberea mais étaient eux-mêmes divisés en plusieurs factions : partisans de la démocratie révolutionnaire d'une part, à l'image de l'Olgarie septentrionale qui se libérait du joug colonial dans de sanglantes révolutions militaires et politiques, et soutiens d'une aristocratie efficace et timarchique d'autre part, s'inspirant du constitutionnalisme monarchique des lorthoniens. Echeberea est partagé entre les revendications des grands propriétaires terriens txiléens qui sont pour la plupart issus de l'aristocratie notabiliaire et ses idéaux démocratiques et populaires : la Res Publica issue de la pensée des latins et des helléniques semble donc être le régime naturellement désigné pour un jeune État récemment libéré du joug colonial dans un Nouveau Monde enclin à la liberté et à la gestion commune de ressources physiques et immatérielles dont la population ne mesure pas encore l'ampleur, à l'inverse du Vieux Monde où la propriété est définie depuis des générations par un héritage patrimonial.

Il y a également la question de l'indigénisme et du statut des natifs, alors même que la Res Publica etcheberéenne se construit sur un idéal national ; les prétentions universalistes du modèle républicain conventionnel s'inscrivent dans une volonté conquérante d'établir le Txile et ses frontières réelles et théoriques au-delà de l'embryon national au profit des populations périphériques. La République txiléenne naît ainsi : d'un compromis entre l’État-nation d'inspiration töttern et l'universalisme républicain occidental, le consensus étant une fédération permettant la coexistence d'une population exogène périphérique autour du noyau national homogène. Après avoir établi la République une première fois en 1800 grâce à une Konstituzioa (constitution) rédigée en quelques mois après l'indépendance de facto, la République Fédérale est renforcée quelques années plus tard grâce à une réforme constitutionnelle. La construction d'un idéal républicain sur un modèle aristodémocratique se poursuit jusqu'en 1829, date à laquelle l'aristocratie conservatrice remporte les élections et écarte du pouvoir le républicanisme idéaliste d'Echeberea au profit d'une politique plus réaliste et éloignée de la pensée philosophique.

[center][img]https://i.imgur.com/hgbIW4N.png[/img]
[cap]Le palais du Lehendakari, à Donostia, incarne cet idéal de républicanisme universaliste et fédéraliste.[/cap][/center][/justify]
Djinndigo

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[justify][center]HISTOIRE
Penser l'universalisme républicain au temps des colonies

1800-1940

[img]https://i.imgur.com/7K0gdlh.png[/img]
[cap]Les txiléens sont très tôt de grands bâtisseurs qui font la République universaliste - et universalisable.[/cap][/center]
Après le départ du joug colonial en l'an 1800 avec l'effondrement politique de la monarchie métropolitaine dytolienne et l'instauration de la République txiléenne par ses fondateurs idéalistes comme Txurio Echeberea, le premier Lehendakari (président) du Txile, l'ancien Berri Herria entre dans une indépendance forcée : territoire immense pas entièrement protégé par les forces armées embryonnaires, ressources importantes dans l'arrière-pays mais grande autonomie de ces zones reculées, vision politique encore à définir malgré les efforts des penseurs de la République et isolement relatif dans une Dorimarie encore largement soumise aux puissances coloniales dytoliennes comme la Léontarie. Les frontières continentales de la République txiléenne sont établies au cours de conflits sanglants avec les indigènes sur de grands axes géographiques : la chaîne montagneuse de l'Andoak est la première frontière naturelle du Txile au dix-neuvième siècle.

Mais le départ des autorités dytoliennes laisse un grand vide administratif dans le pourtour néchinésien et dans le reste des anciens territoires coloniaux euskals, que le Txile s'occupe à récupérer pendant plusieurs années à grand renfort de tractations diplomatiques, économiques voire militaires. Les îles Paskoak, que beaucoup considèrent alors comme un territoire proto-colonial avant que l'archipel ne soit considéré comme txiléen, devient le laboratoire de ce colonialisme républicain universaliste inspiré des Lumières dytoliennes. La population indigène des îles connaît ainsi de grandes persécutions liées à l'activité esclavagiste dans l'archipel ; la presse coloniale connaît rapidement un essor important sous l'influence des penseurs et rédacteurs métropolitains et le monarchisme loyaliste traditionnel recule devant les idées républicaines des gouverneurs coloniaux directement influencés et nommés par la République et le locataire du Palais du Lehendakari à Donostia.

Dans l'organisation géo-sociale de la société républicaine coloniale du Txile du dix-neuvième siècle, la République est organisée autour du noyau national, qui constitue le foyer industriel, financier et intellectuel de la fédération. Autour de ce cœur, les territoires plus éloignés constitue des viviers en ressources exploitables par les acteurs de la République : industriels, ouvriers, métropolitains, euskals, autant d'interprétations possibles de cette vision de l'entrepreneuriat colonial. Cette figure géographique s'assimile également à une structure sociale : les euskals forment une communauté solidaire au centre de l'union en occupant les postes-clés (ils sont les acteurs de la République susmentionnés) tandis que les populations périphériques, au dix-neuvième siècle les indigènes néchinésiens, dorimariens et ventéliens, servent de main d'oeuvre exploitable et exploitée au profit de la métropole. La fédération s'étend progressivement en transformant les territoires initialement périphériques en des provinces nationales tout en poursuivant l'expansion territoriale vers l'extérieur.

Une course en avant que les détracteurs de l'époque, notamment ceux issus des mouvances d'essayistes socialistes de la seconde moitié du dix-neuvième siècle, assimilent à une dérive du capitalisme qui fait alors son apparition comme système économique évident pour la République, proche des valeurs des Lumières dytoliennes. La Res Publica d'Echeberea, inspirée de la Politeía des helléniques et de leur conception du meilleur régime, s'appuie directement sur une vision rationaliste à cela près que la société txiléenne du dix-neuvième siècle n'est pas individualisée sur une logique libérale. Ainsi, la famille n'est pas nucléaire et les espaces ruraux issus de la politique de colonie de peuplement favorisent l'émergence d'une société clanique autour de la structure de la « famille étendue ». On observe donc la conciliation entre les idéaux de la République menée depuis la capitale Donostia, le colonialisme esclavagiste et capitaliste, le traditionalisme catholique mais aussi l'expansion territoriale collectiviste. Une chimère politique, au sens organiciste du terme, est née : le Léviathan.

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[cap]La concession de Kapayane est l'incarnation de cette volonté républicaine universaliste de l'ère coloniale.[/cap][/center][/justify]
Djinndigo

Message par Djinndigo »

[justify][center]HISTOIRE
L'esclavagisme dans la société coloniale txiléenne

1550-1800

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[cap]L'esclavage constitue un des leviers majeurs du développement économique du Nouveau Monde.[/cap][/center]
Pratique sociale ayant traversé les siècles, l'esclavage joue un rôle proéminent dans le développement rapide des territoires coloniaux du Nouveau Monde, là où en Dytolie les différentes déclarations papales rendent impossible l'exploitation totale des peuples ostracisés par les autorités au profit de l'économie locale. Ainsi, la découverte de l'Olgarie et de la Dorimarie par les explorateurs des futures puissances coloniales occidentales rend possible l'appropriation d'un nouveau « terrain de jeu » pour les dytoliens, loin de toute autorité apostolique susceptible de limiter moralement l'esclavage. Les populations non-dytoliennes sont ainsi très largement prises pour cible : en Dorimarie euskale (futur Txile), il n'est pas envisageable d'avoir recours à la traite négrière de par la distance qui sépare la côte occidentale de l'Algarbe du Berri Herria mais aussi par l'absence de véritable comptoir commercial euskal à cette époque sur le sol algarbien, qui est pourtant le premier « fournisseur » de main d'oeuvre pour le supercontinent olgaro-dorimarien.

Aussi, à l'inverse de la plupart des puissances coloniales dytoliennes qui se tournent vers les populations noires pour pratiquer l'esclavage, délaissant les peuples natifs de toute façon trop largement décimés par les pandémies et les massacres, les autorités coloniales euskales se tournent très rapidement vers les indigènes pour suppléer à la main d'oeuvre dytolienne, au profit des grands propriétaires terriens qui s'établissent très rapidement, dès le dix-septième siècle, dans la plaine pampaïque dite « Arrunta ». Les cavaliers euskals, les Gautxoak, forcent rapidement les populations indigènes périphériques du territoire de l'ancien empire Kitxua de quitter les zones montagneuses pour aller travailler dans les plaines sous leur surveillance. Ainsi, les cavaliers initialement destinés à une activité pastorale se reconvertissent pendant plusieurs siècles dans la surveillance des populations réduites en esclavage ; rapidement, l'esclavage devient une alternative rapide et facile à l’accroissement naturel ou migratoire de la main d'oeuvre peu contraignante.

Avec une véritable « chasse à l'esclave », les communautés indigènes frontalières des colonies euskales naissantes sont rapidement démantelées dans un double objectif : le développement économique laborieux et la destruction du territoire kitxua au profit des populations euskales. Les conflits entre les dytoliens et les natifs se multiplient et les flux esclavagistes sont toujours plus importants, au point que les esclaves natifs au Txile sont plusieurs millions autour de l'an 1750, qui constitue l'apogée du système colonial - on peut parler, au dix-huitième siècle au Txile, d'une société esclavagiste. Mais les premières mécanisations (première période d'industrialisation du Txile au dix-neuvième siècle) limitent le terme de « société esclavagiste » pour le Txile à la période allant du seizième au dix-huitième siècle. La présence de riches fortunes dytoliennes ayant fait fructifier leurs avoirs en outre-mer (en Dorimarie euskale notamment) évolue au cours du dix-huitième siècle, la métropole dytolienne souffrant d'un important flux d'émigration au profit des colonies euskales.

Plusieurs facteurs poussent à un recul rapide de l'esclavagisme et de l'esclavage au Txile dans la deuxième moitié du dix-huitième siècle et au début du dix-neuvième : la multiplication des condamnations papales à l'encontre de l'esclavage des populations natives de Dorimarie et d'Olgarie, le catholicisme apostolique latin rendant immoral l'esclavage de populations dotées d'une âme (plusieurs controverses épiscopales ont lieu au cours du siècle au sujet de l'humanité des indigènes dorimariens), mais aussi le manque de rentabilité progressif des pratiques esclavagistes alors même que la lente mécanisation des grandes propriétés terriennes de la côte repousse l'esclavage dans les parties les plus reculées du pays. L'implantation rapide des idéaux des Lumières dytoliennes dans les grandes villes txiléennes fait également de l'esclavage et du servage des pratiques surannées et obsolètes, en opposition à la libre-entreprise et à une activité économique individualiste prospère. L'esclavagisme constitue donc une étape importante du Txile dans son développement colonial mais en même temps que se meurt le système colonial, l'économie esclavagiste recule au profit des industries naissantes. L'esclavage ne disparaît pas pour autant et se poursuit jusque dans la deuxième moitié du dix-neuvième siècle.

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[cap]L'esclavagisme txiléen demeure très largement tourné vers la domination des populations natives.[/cap][/center][/justify]
Djinndigo

Message par Djinndigo »

[justify][center]HISTOIRE
La République à l'épreuve de la question esclavagiste

1800-1869

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[cap]Au début du dix-neuvième siècle, le déclin de l'industrie de la canne à sucre signe la fin de l'esclavage.[/cap][/center]
Héritée de la société esclavagiste coloniale pré-républicaine qui s'étale du milieu du seizième jusqu'à la fin du dix-huitième siècle au Txile, la question coloniale est un problème de poids pour la pensée républicaine naissante. D'un côté, l'économie nationale demeure encore très largement basée sur la division esclavagiste entre grands propriétaires terriens et main d'oeuvre déshumanisés, et de l'autre la pensée humaniste des Lumières dytoliennes fait son bout de chemin au sein des cercles d'intellectuels penseurs de la République au dix-neuvième siècle. Mais la plupart des dignitaires du jeune État txiléen, quasiment tous issus de l'aristocratie notabiliaire inspirée de la hiérarchie nobiliaire métropolitaine déchue, sont également de grands exploitants agricoles du centre du pays où leurs exploitations s'appuient encore largement sur la main d'oeuvre issue de la politique esclavagiste de la société coloniale. La question de l'esclavage au sein de la société républicaine demeure donc gelée en même temps que cette aristocratie née avant la République poursuit son cheminement intellectuel.

Sans y penser ou en fermant les yeux sur la situation actuelle d'une partie de la population de la jeune République, les fondateurs ont d'autres soucis ; revendiquer la souveraineté des frontières terrestres et maritimes du Txile, notamment en reprenant l'ancienne autorité euskale sur les autres territoires coloniaux notamment les îles Paskoak. La Konstituzioa (constitution txiléenne) rédigée par Txurio Echeberea et instaurée en 1801 pose les bases d'une égalité des droits juridique, mais cette pré-supposée égalité n'en est encore qu'à ses balbutiements et le droit peine à se faire entendre aux périphéries laborieuses de la République, où il est question de faciliter entrepreneuriat agricole pour favoriser l'installation de population euskales, au détriment des populations natives réduites en esclavage pour rendre possible l'établissement effectif des frontières de la République dans l'arrière-pays sans le délaisser au profit d'une côte déjà bourgeoise et restreinte par le droit en termes de pratiques esclavagistes.

L'esclavage va donc se poursuivre dans l'arrière-pays continental, même s'il disparaît totalement et très rapidement des zones urbanisées - à l'exception des domestiques asservis héréditairement par les familles fortunées. Le centre du pays est plus réticent à limiter ses pratiques que certains intellectuels de l'époque jugent barbares, et les agriculteurs et grands exploitants continuent à faire appel aux cavaliers Gautxoak, véritables mercenaires chasseurs d'esclaves, pour effectuer des raids et razzias dans les communautés natives au profit du tissu esclavagiste local. Mais l'industrialisation progressive du pays, en écho à la première industrialisation qui a lieu en Dytolie un demi-siècle plus tôt, pousse les grands propriétaires terriens à privilégier une main d'oeuvre plus technique et moins nombreuse ; on se tourne alors vers un salariat agricole plus efficace et finalement moins coûteux grâce à l'introduction des premières machines pour les plus riches exploitants.

Mais les petits entrepreneurs de l'arrière-pays, qui continuent leur colonisation vers les montagnes en piétinant les communautés indigènes, ne sont pas touchés par l'industrialisation bourgeoise. Cependant, les enjeux évoluent dans la deuxième moitié du dix-neuvième siècle puisque la papauté a fermement condamné les pratiques esclavagistes à maintes reprises et les derniers dignitaires et gérontocrates de l’État républicain quittent leurs fonctions politiques et leur influence sur le régime, laissant aux générations plus jeunes n'ayant pas connu le système colonial et esclavagiste le soin de diriger le pays. La République effectue ainsi un lent virage dans sa politique vis-à-vis de l'esclavage : d'abord hostile de principe depuis le début du siècle, elle devient de plus en plus répressive à l'encontre des derniers maîtres d'esclave de l'arrière-pays, jusqu'à ce qu'en 1869 le Parlement txiléen prononce, sur un projet de loi du gouvernement de l'époque, l'abolition de l'esclavage. Dans les années qui suivent, les dernières exploitations s'appuyant sur l'esclavage sont démantelées sur le territoire métropolitain ; il faudra attendre plusieurs années pour que l'abolition ne soit réellement appliquée dans les territoires coloniaux de la République.

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[cap]L’Église catholique latine joue un rôle majeur dans l'évolution de la pensée républicaine au Txile.[/cap][/center][/justify]
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