Dynasties et diplomatie
Harras Sastry, principauté de Chamagod
11/06/2036
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Qatadash Sastry
Rajah de Chamagod
« -Là, ma belle. Tout doux. Tu sais qui t’attend aujourd’hui, hein ? Une grande première. Je t’ai choisi quelqu’un de bien. Un champion venu de l’Est. J’espère que tu ne seras pas jalouse, cependant car tu devras le partager avec beaucoup d’autres. Au prix qu’il coûte… »
Répondant d’avantage à la caresse de l’humain sur son museau qu’au sens de ses paroles, la jument souffla de contentement alors même que les vétérinaires s’afféraient aux examens finaux avant sa grande rencontre avec Cheju, un étalon d’un blanc albâtre, champion bien connu au Posun et futur progéniteur d’une longue série d’autres champions.
Les [url=https://simpolitique.net/viewtopic.php?p=332871#p332871]négociations avaient duré pendant des mois avec l’Institut de Sélection Équine de Posun[/url] en vue de faire venir Cheju dans le haras du Rajah. À la clé, il avait été promis une retraite dorée à l’ancien coureur, faites de longues journées de balades dans de vastes espaces entrecoupées par cinq accouplements hebdomadaires. Il avait aussi été promis des sommes monstrueuses : 5000 $ par saillie ainsi que la livraison de la moitié des poulains.
La passion du Rajah coûtait cher mais il pouvait se le permettre : comme la majorité des princes du Mahajanubia, il était à la tête d’une fortune confortable, alimentée par les fermes, les scieries, les mines de lithium et quelques usines britonnes, sans parler des nouvelles taxes qui, à la faveur du dernier conflit, avait pu être créées en invoquant « la nécessité de survie ».
Amarantins et Lucifériens avaient vraiment fait des merveilles sur ce coup-là : sans leurs bombardements sur les villes de la côte, les hindous n’auraient jamais accepté d’endurer un alourdissement de leurs corvées, considérant une nouvelle guerre « pour la Britonnie » comme inutile et coûteuse. Mais faire une guerre pour défendre leurs foyers, ça, c’était autre chose. Enfin, leurs foyers… C’était surtout les riches propriétaires qui payaient les taxes, le gèle des loyers suivant la guerre des conteneurs ayant protéger les pauvres, au moins en théorie, même s’ils avaient tout de même eu à endurer les hausses de prix liés au blocus. Prix qui n’étaient d’ailleurs pas redescendu pour le consommateur : le BASC et les principaux grossistes avaient leurs petits arrangements. Pourquoi réduire des marges généreuses lorsque la grogne qui en résultait pouvait être blâmée sur un ennemi aussi lointain qu’inoffensif ?
Qatadash avait entendu que la même chose s’était passée au Karmalistan : des missiles hachémites avaient semer la mort au Dahar, dont la population hindoue était pourtant alors prête à faire sécession du Karmalistan pour éviter la guerre. Savoir que la guerre viendrait vers eux malgré leurs cris de neutralité n’avait rien fait pour les convaincre de finalement se séparer des seigneurs de guerre et de leurs vastes armées. Pire : les seigneurs de guerre eux-mêmes s’étaient ralliés sous une seule bannière, acceptant de temporairement cesser de s’étriper mutuellement jusqu’à ce que le risque de se faire étriper collectivement par des étrangers soit passé.
Mais pour l’heure, oui, Qatadash profitait donc des dividendes de la paix. Et ils les investissaient sans doute peu judicieusement dans sa passion equestre mais qu’importait : sur ses terres, le Rajah était un demi-dieu et personne n’auditait les dépenses d’un demi-dieu !! Ceci sous peine d’un aller simple au fond des mines de lithium. !!
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Amra Bahadur
2ème Sahibzada de Sindabad
« -Une bête splendide. »
Avançant d'un pas lent et régal, Son Altesse Amra Bahadur, première fille d'Abdhul Bahadur, Nizam de Sindabad et Éternel Protecteur de la Confédération des Principautés du Mahajanubia par la grâce de Sa Majesté le Roi de Britonnie, fut accueillie avec une légère inclinaison de tête par le maître des lieux. Protocolairement, celui-ci était supposé d'un rang supérieur à la princesse, dont le seul rang d'héritière ne valait pas grand chose. Mais dans la pratique, Amra était une des principales meneuses de faction au sein du Conseil de la Confédération, assemblée où se votait les décisions collectives pour l'ensemble des principautés. Elle comptait dans sa poche un bon quart des dynasties, principalement hindoues et lui montrer du respect était donc prudent : s'incliner ne coûte pas grand chose, offenser un puissant peut avoir un prix bien plus élevé.
Qatadash Sastry
Rajah de Chamagod
« -Assurément. La préférée de ma fille, qui sera sans doute peinée de ne pouvoir la monter pendant un moment si tout se passe comme prévu aujourd’hui. Vous êtes en avance. »
Amra Bahadur
2ème Sahibzada de Sindabad
« -Cela vaut mieux que d’être en retard, surtout si l’on veut assister au spectacle. »
Qatadash Sastry
Rajah de Chamagod
« -Oh il ne fallait point vous inquiéter de cela, très chère : je fais enregistrer chacun de ceux-ci pour mon usage personnel ! »
La fille ainée du Nizam de Sindabad choisit de ne pas relever les implications de ce commentaire, lesquelles confirmait malheureusement certaines des rumeurs sur le Rajah.
Qatadash Sastry
Rajah de Chamagod
« -J’en conclu que votre voyage fut agréable. La piste à Baosha a récemment été rénovée, comme vous avez pu le voir. Un des avantages des projets pharaoniques initiés par votre cher père : les infrastructures de transport ne se sont jamais aussi bien portées. J’ai même une gare qui ouvrira dans quelques mois maintenant !! Huit heures de train seulement pour rejoindre Pragakaraj contre trois à quatre fois cela par les pistes !! »
Amra Bahadur
2ème Sahibzada de Sindabad
« -Vos sujets doivent être en joie. Je doute que vous en profitiez personnellement, en revanche. »
Qatadash Sastry
Rajah de Chamagod
« -Avoir son jet privé a quelques avantages »
Le « jet » n’était qu’un petit cessna de fabrication Horbarashienne et Amra choisi là aussi de ne pas répliquer sur la question : le Rajah Sastry ne ratait pas une occasion de se vanter de son brevet de pilote, affirmant fièrement qu’il prenait lui-même les commandes lors de ses vols vers la côte. Personnellement, Amra soupçonnait que ce brevet lui avait été remis par ses instructeurs britons pour des raisons purement diplomatiques… et que le « copilote » gardait tout de même un œil averti pour éviter que Qatadash ne fasse le grand plongeon.
La princesse avança une main sur les flancs de la pouliche.
Amra Bahadur
2ème Sahibzada de Sindabad
« -Ne la faisons pas attendre davantage. Ouvrez donc la marche, Altesse. »
Suivie de la procession de gardes, secrétaires, palefreniers et vétérinaires ainsi que de deux examinateurs de l’Institut de Sélection Équine de Posun, la jument et les deux nobles avancèrent vers la prairie où gambadait joyeusement un Cheju effectivement bien impatient. C’était sa troisième journée en Janubie et l’animal d’une intelligence aiguisée avait très bien compris ce qui allait suivre lorsque l’équipe de tournage s’était installée. Voir arriver sa promise confirma ses espérances, provoquant un hennissement de joie.
Amra Bahadur
2ème Sahibzada de Sindabad
« -Bien empressé. Ne craignez-vous pas que cet enthousiasme ne le conduise à effaroucher la belle ? Je n’y connais rien en chevaux mais il me semble que ces… rencontres sont parfois un peu violentes. La pouliche rejette parfois un étalon trop brusque. »
Qatadash Sastry
Rajah de Chamagod
« -C’est un risque mais, à ce stade, nous préférons laisser Chejun épuiser sa jeunesse. Comme chacun de nous, il finira par se lasser de son harem et ne le visitera que par habitude. Mais oui, si cela ne suffira pas, nous prévoyons deux alternatives. La première serait un léger sédatif, pour l’aider à se détendre. Enfin, pas trop quand même sinon… bref, vous comprenez. »
Amra Bahadur
2ème Sahibzada de Sindabad
« -Et la seconde option ? »
Ils s’installèrent sur les sièges disposés pour accueillir les hôtes de marque.
Qatadash Sastry
Rajah de Chamagod
« -Et bien… nous avons prévu cinq accouplements avec des pouliches pur-sang par semaine, toute l’année, jusqu’à la retraite finale de Chenju. Mais en plus, il est prévu de collecter sa semence à intervalle régulière, en vue de préparer un programme d’insémination artificielle avec d’autres juments au pédigré moins prestigieux. Une expérience, en soi. [url=https://www.youtube.com/watch?v=rjIzEXI9CVQ]J’ai dépensé sans compter[/url]. Moins joyeux pour Chenju, assurément… mais bien plus sécurisé. »
Amra Bahadur
2ème Sahibzada de Sindabad
« -En parlant de sécurité, vous n’aurez pas manqué d’apprendre ce qui se passe chez nos voisins. »
Qatadash Sastry
Rajah de Chamagod
« -Non, éclairez-moi. L’Horbarash me semble bien calme. »
Amra Bahadur
2ème Sahibzada de Sindabad
« -Nos autres voisins. »
Qatadash Sastry
Rajah de Chamagod
« -Les communistes ? Que se passe-t-il ? »
Amra Bahadur
2ème Sahibzada de Sindabad
« -Nos AUTRES voisins. La Ramania. »
Qatadash Sastry
Rajah de Chamagod
« -Que se passe-t-il donc chez les saltimbanques ? »
Amra Bahadur
2ème Sahibzada de Sindabad
« -Mon frère y est parti en visite diplomatique... »
Qatadash Sastry
Rajah de Chamagod
« -Une bonne chose !! La voie vers l’Eashatri s’ouvrira peut-être à nouveau, donc !! Et qui sait, peut-être n’aurons-nous plus à subir leur maudite contrebande et leur vol de bétail !! »
Amra Bahadur
2ème Sahibzada de Sindabad
« -... il y a déjà 10 jours déjà. Et il n’est pas encore revenu. Je n’ai aucune nouvelle de mon agent au sein de son détachement protocolaire. Elle était supposée couvrir ses arrières à son insu en se faisant passer pour une assistante. »
Qatadash Sastry
Rajah de Chamagod
« -Faire espionner votre propre frère. N’avez-vous donc pas confiance en lui, chère Amra ? »
Amra Bahadur
2ème Sahibzada de Sindabad
« -Entièrement. C’est en mes autres frères que j’ai une méfiance prononcée. Qaizer n’a abandonné ses plans de conflit avec l’Horbarash que parce qu’un adversaire encore plus massif nous est tombé dessus. Et maintenant que Saj nous a fait entrer au sein de l’Alliance Défensive Intercontinentale, ces projets belliqueux à l’encontre du Grand-Royaume sont neutralisés pour un bon moment. Les appels à la « guerre sainte » contre l’Hachémanie n’ont trouvé qu’un écho limité auprès du Conseil comme de la population, bien que je ne sois pas convaincu que Fauzan soit innocent dans la guerre civile qui règne actuellement là-bas. Mais je vous avais déjà averti, [url=https://simpolitique.net/viewtopic.php?p=318828#p318828]vous comme plusieurs autres de mes alliés[/url], du risque d’une guerre à l’Est. »
Qatadash Sastry
Rajah de Chamagod
« -Vous pensez qu’envoyer Saj en Ramania et arranger un accident permettrait à Qaizer de faire d’une pierre, deux coups ? Éliminer votre frère pacifiste tout en se ménageant le prétexte nécessaire à la guerre terrestre qu’il attend pour valider son prestige et sa légitimité future sur le trône de Sindabad ? »
Amra Bahadur
2ème Sahibzada de Sindabad
« - Il est peu d’alternatives. C’est soit cela soit un véritable accident a eu lieu et, au vu du chaos politique total qu’est la Ramania, personne parmi les autorités locales n’a jugé utile de nous informer. »
Qatadash Sastry
Rajah de Chamagod
« -Ou peut-être craignent-ils de vous informer du sort de Saj, précisément par peur que la Britonnie ne tente ici de créer un incident diplomatique. Après tout, elle sort de deux conflits victorieux contre une vaste alliance de nations bien armées. Cela envoie un message puissant aux petites nations : [url=https://www.youtube.com/watch?v=-bzWSJG93P8]l’empire contre-attaque[/url]. On peut comprendre qu’aucun clan de Ramania ne souhaite être responsable pour la justification qui déclenchera une guerre. »
Amra Bahadur
2ème Sahibzada de Sindabad
« -C’est exactement pour cela que nous devons travailler ensemble à éviter une telle guerre. Malgré la tendresse que j’ai pour Saj, sa vie ne vaut pas les ravages qu’un conflit terrestre pourrait engendrer dans les principautés de l’Est ou du Sud. Nous devons former un bloc pour nous opposer au vote de toute résolution au Conseil qui irait en faveur d’une intervention armée en Ramania. Il ne faut pas sous-estimer les soutiens étrangers que le peuple rom pourrait recevoir et, en cas d’affrontement, Chamagod serait en première ligne. »
Le Rajah parut peu convaincu. Mais les tourtereaux semblaient sur le point de passer à l’action et son esprit était déjà loin des affaires d’État. Un risque de guerre n’allait quand même pas lui gâcher ses petits plaisirs : les enregistrements étaient agréables mais le direct, c’était mieux.
Qatadash Sastry
Rajah de Chamagod
« -Soit, soit,… Je vois le bon-sens de vos paroles. Comptez sur mon soutien. Maintenant, attention, cela va commencer !! »
L’affaire fut… brève. Et bruyante.
Amra Bahadur
2ème Sahibzada de Sindabad
« -C’est... supposé se plier ainsi ? »
Qatadash Sastry
Rajah de Chamagod
« -Pas que je sache mais donnez-lui un moment, il va se reprendre. Je ne ferai pas mieux moi-même après un coup de sabot à cet endroit. »
[RP 2033 - ...] Au sein du cercle intérieur
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Johel3007
Pour le Commonwealth...
20/06/2036
[center]Rappel des volontaires pour les bataillons pan-océaniques
Liste n°1 : 430.000 candidats, dont 120.000 à l'entrainement
Jour 130 : 58.000 / 500.000 candidats pour les nouvelles listes[/center]
[center]Bataillons en cours de formation :
120.000 hommes
106 jours d'entrainement
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20/06/2036
[center]Rappel des volontaires pour les bataillons pan-océaniques
Liste n°1 : 430.000 candidats, dont 120.000 à l'entrainement
Jour 130 : 58.000 / 500.000 candidats pour les nouvelles listes[/center]
[center]Bataillons en cours de formation :
120.000 hommes
106 jours d'entrainement
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Johel3007
Dynasties et diplomatie
Palais de Sindabad
26/07/2036
Fauzan Bahadur
Ministre des Affaires Intérieures
4ème Sahibzada de Sindabad
"-Sur cette carte, en page cent dix-huit de votre dossier, vous pourrez voir les lieux où ont été identifiées pas moins de soixante caravanes appartenant à divers chefs de clan d'importance en Ramania. Les manouches voyageant souvent avec leur famille étendue, il est garanti que de chacun de ces véhicules sera entouré par une dizaine d'autres, lesquels abriteront la majorité des proches de la hiérarchie politique du Ramania.
Une série de frappes coordonnées contre ces objectifs permettrait effectivement de décapiter le pays. Les manouches fonctionnent selon un code d'honneur qui obligera le nouveau leadership à chercher revanche ou au moins à déclarer qu'ils le feront mais uniquement si le dit nouveau leadership a un lien de parenté relativement proche avec les victimes des frappes.
Aussi, gardez à l'esprit ce qui a été expliqué hier dans le chapitre 6, paragraphe 18 : l'ascension d'un nouveau leadership en Ramania est souvent une affaire longue et compliquée. La mort de vieillesse d'un vieux lion est souvent l'occasion pour chaque jeune loup cherchant à se tailler sa part, ce qui mène à beaucoup de duels mais aussi des luttes d'influence et règlements de compte moins formels.
Ces affaires de succession politique sont déjà assez chaotiques en temps normal, lorsqu'elles sont sporadiques et bien étalée dans le temps, avec une ligne de succession légitime assez claire. En cas de décapitation soudaine et à grande échelle, on peut s'attendre à un état de paralysie de l'appareil de décision national pendant plusieurs mois.
Cela ne nous renseigne toutefois pas quant à la localisation de Saj, chose qui doit demeurer notre priorité en vue de son extraction. Plusieurs équipes d'enquêteurs de l'IESSE et de mes services de police sont en route pour Manou et les villes secondaires du pays, afin d'y collecter des renseignements mais surtout en vue d'y propager la rumeur d'une récompense pour la libération de Saj Bahadur ou pour toute information crédible qui mènerait à sa libération. Veuillez pour cela passer au chapitre 11, page cent vingt..."
Qaiser avait déjà cesser d'écouter depuis un bon moment alors que le verbiage de son frère liquéfiait le cerveau de chacun des colonels présents dans la pièce, les assommant sous une masse d'informations qui, si elles étaient sans doute très pertinentes pour cerner l'intégralité de la situation, étaient justement trop denses et complexes que pour être assimilées ainsi en ce qui devait être un briefing préparatoire rapide aux futurs réunions avec l'IESSE.
Fauzan était un excellent chef de la police secrète, capable de garder une vision d'ensemble tout en s'appliquant à chacun des petits détails militaires, économiques, financiers, sociaux, politiques, culturels, logistiques, structurels... d'une opération. En cela, son nouveau poste de ministre des affaires intérieures lui allait comme un gant et il ne faisait aucun doute que, sous quelques années, la police secrète du Nizam aurait absorbé, restructurer et améliorer les appareils sécuritaires de chacune des dynasties, ceci sous prétexte de sécurité nationale.
Mais si l'homme était capable d'une planification à plusieurs niveaux, il échouait complètement malgré tout à comprendre l'esprit des militaires : désigner un lieu, quelques personnes ou objets, un délai ainsi que s'il convenait de détruire ou protéger et l'armée ferait sa tâche. Pointer et tirer, en somme. Pas besoin de dizaines de diapositives pour cela et encore moins de centaines de pages "introductives" qu'aucun des officiers présents n'avaient lu.
Cette réunion ne servait donc à rien. Voilà pourquoi l'esprit de Qaiser était occupé ailleurs : comment diable l'IESSE avait-il su ? Les services de l'Eashatri faisaient-ils surveiller Saj ? Si oui, depuis combien de temps ? Leur surveillance aurait-elle mis à jour la surveillance que les hommes de Fauzan appliquaient à Saj et, si oui, les Eashes avaient-ils choisi d'enquêter sur leurs "collègues" ? Une telle enquête n'aurait pas révélé grand chose et certainement rien capable d'incriminer Qaiser. Mais qu'une telle surveillance ait eu lieu pour commencer et que les Eashes en révèlent l'existence au Nizam, fut-ce involontairement, et il y aurait des questions dérangeantes vers Fauzan, lequel était certes loyal envers son ainé dans un soucis d'assurer son avenir dans le Mahajanubia d'après Abdhul Bahadur... mais un tel avenir serait très hypothétique si le Nizam soupçonnait un de ses fils d'être lié à un complot contre un autre de ces fils. Sans la carotte d'un avenir doré, est-ce que Fauzan resterait loyal à Qaiser ? Ou avouerait-il tout à leur père pour une chance de sauver sa peau ?
Le pire était sans doute qu'à ce stade, s'il y avait bien eu une intention de se débarrasser de Saj lors de son voyage en Ramania, cela n'était resté qu'une intention : autant que Qaiser le sache, lui et Fauzan n'avaient rien à voir avec l'enlèvement. Ou l'exécution ? Car après tout, ils n'avaient rien sinon la parole de l'IESSE quant à la survie de Saj. L'IESSE, dont la réaction avait été très rapide mais surtout incroyablement bien informée, pouvait tout aussi bien être déjà un acteur avec des intérêts bien différents de ceux qu'il prétendait avoir. Hypothèse : c'était en fait l'IESSE qui avait enlevé ou assassiné Saj, ceci pour des raisons peu claires mais comme disait Fauzan, "l'ignorance d'un mobile n'invalide pas automatiquement la suspicion de culpabilité".
Autre hypothèse : l'IESSE ne savait rien... mais l'idée de voir le Mahajanubia se démener à trouver des "ravisseurs" en Ramania amusait quelqu'un en Eashatri. Ici aussi, pour des raisons peu évidentes mais il n'était guère difficile d'en imaginer. Le fait demeurait que, si semer la pagaille dans la Maison Bahadur et dans la confédération au sens large était l'objectif, alors c'était déjà partiellement réussi : le débat sur la réponse à apporter à la disparition d'un diplomate en terre étrangère divisait déjà le conseil...
Pour Qaiser, la meilleure solution restait la plus audacieuse. Balayer d'un revers de la main les jeux de dupe et autres fouineries de coulisse tout en ignorant superbement les intimidations et autres menaces vides.
Il avait conseillé au Nizam d'ignorer les voix de la prudence qui conseillaient d'abandonner la Britonnie lors de la Guerre des Conteneurs, que c'était là la chance pour le Mahajanubia d'obtenir son indépendance et de briller par lui-même. À la place, Qaiser avait fait la promotion d'une loyauté à la Britonnie et d'une "guerre totale" contre la Coalition. La simple menace d'une entrée en guerre du Mahajanubia avait suffit à provoquer une panique générale dans plusieurs état-majors étrangers, lui avait-on dit. L'offensive ennemie, malgré une supériorité numérique totale, avait misérablement échoué sur tous les fronts, les membres de la Coalition proclamant des cessez-le-feu à tout va dans l'espoir de paix blanches séparées, abandonnant leurs alliés.
Lorsque les plus grandes puissances économiques de la planète s'étaient liées pour s'opposer à la contre-attaque contre le Txile, menaçant de sanctions et insinuant que, si l'UPO s'obstinait, alors d'autres nations iraient aider la Coalition, Qaiser avait encore une fois haussé les épaules et cracher sur eux. Aucune sanction efficace n'avait suivi. Et surtout, aucune déclaration de guerre venant de ces "autres nations" quand la première tête-de-pont avait été établie au Txile. Ni quand les premières infiltrations avaient été menées au Txile en lui-même. Ni quand les villes du Txile avaient été bombardées. Ni quand la flotte d'Aminavie elle-même s'était ralliée au siège à l'invitation de Qaiser... afin de bombarder encore plus le Txile.
Même chose lors de ce deuxième conflit : plusieurs âmes sans perspective avaient conseillé de se saisir des navires britons et de les offrir à la Coalition afin de sauvegarder la paix et préserver l'UPO d'un blocus "terrible". Qaiser avait dit non. Son père l'avait écouté. Le Mahajanubia avait enduré avec courage, refusant de céder à des dangers imaginaires. Et le blocus s'était écroulé dès la première riposte, laissant la Coalition bien plus affaiblie sur le plan naval que ne l'était la Britonnie, laquelle avait au passage même hériter de la flotte Aminienne précisément en raison de leur nouvel "ennemi commun", tandis que le Mahajanubia avait renforcé ses liens diplomatiques avec l'Horbarash et l'Eashatri, alors même que les dynasties déléguaient toujours plus de ressources vers le conseil en réponse aux menaces imaginaires qu'elles pensaient réelles mais que Qaiser, en tant que chef d'état-major, semblait capable de contenir quand on lui en donnait les moyens.
Ces mêmes oiseaux de mauvais conseil avait mis une pression immense sur l'UPO pour qu'il abandonne à la Coalition la flotte Aminienne réfugiée dans les ports britons. Ils avaient insinuer de terribles représailles sans oser donner de détails, probablement car il n'y en avait pas à donner. Ils avaient sous-entendu une alliance internationale contre la Britonnie si celle-ci assistait l'Aminavie ou le Karmalistan, fut-ce par le commerce... mais sans pouvoir nommer les pays composant la dite alliance. Quand Saj avait rapporté ces faits à leur père lors d'un conseil familial, Qaiser avait rigolé :
Quel genre d'idiot, lorsqu'on lui donnait assez d'armes pour écraser ses ennemis, craindrait encore sérieusement des représailles par ces ennemis ?
Quel abruti complet accepterait de se débarrasser de telles armes en espérant éviter ainsi tout attaque par les dits ennemis ?
Quel homme pouvait encore se dire mâle s'il cédait à la peur face à une menace imaginaire proférer par des lâches n'ayant jamais rien accompli sinon par la traitrise et la surprise, échouant misérablement à chaque obstacle sérieux, reculant couardement à chaque contre-attaque et ne proférant que des menaces vides tout en se tournant vers les idoles de leurs dieux païens en espérant que les lois de l'Univers changent à leur avantage ?
Au final, dans ces guerres, les ennemis si dangereux s'étaient écroulés d'eux-mêmes :
L'Empire Luciférien avait succombé à un coup d'état par un général victorieux, laissant le pays sombrer dans une guerre civile. Le Luciférianisme disparaitrait très vite, remplacer par les croyances locales si généreusement encouragées par les esclavagistes. Les esclaves resteraient sans doute esclaves. Et il faudrait du temps avant que ce qui restait de dytolien ne disparaisse de la région, tuant en cela encore une colonie du vieil empire posnan.
L'Empire Posnan lui-même qui avait aussi succombé, faisant place à des provinces qui s'affirmaient comme de véritables nations, chacune sous la férule d'un gouvernement populiste, prouvant ainsi que la sécession de la Nouvelle-Occitane n'avait été qu'un symptome d'un mal bien plus profond qui rongeait déjà les fondations de ce pays. La Mauritanie, pour sa part, était laissée à elle-même.
L'Amarantie n'avait, comme déjà proclamé, eu besoin que d'une seule claque pour se rétracter en position de sécurité latérale, succombant à ses propres délires sécuritaires et à l'isolationisme qu'elle espérait nécessaire à préserver une société anachronistique. Elle laissait derrière elle une Ligue de Montalvo soudainement très vulnérable et bien moins arrogante dans son discour.
L'Hachémanie, dénoncée depuis longtemps comme dirigée par des mécréants sourds aux appels du peuple pour un islam pacifique où le pétrole servirait à construire un avenir paisible plutôt qu'à alimenter une machine militaire, avait fini par tomber lors d'une révolution islamiste.
Beaucoup de bruit, beaucoup de vent et au final, pas un seul soldat Mahajanubien n'était mort en terre étrangère, otant toute substance à ceux qui critiquaient le "sacrifice pour la Britonnie".
Deux conflits. Deux victoires... et plus encore :
La structure politique de la Confédération avait changé, se centralisant d'avantage pour répondre aux exigeances d'une guerre moderne. Et dans cette centralisation, la dynastie Bahadur avait pu placer ses pions : Qaiser à la tête de l'état-major, Fauzan à la tête des affaires intérieures, Saj à la tête des affaires extérieures, Amra à la tête des affaires sociales... des ministères officiels à la tête de budgets immenses autrefois jugés impossibles mais que les dynasties avaient accepter par nécessiter de survie : la Britonnie seule ne suffirait visiblement plus à garantir leurs privilèges très longtemps. Les Bahadurs offraient une solution qui réduirait l'autonomie de chaque dynastie et ferait des Bahadurs davantage une famille royale qu'une dynastie parmi d'autres... mais en même temps, sans cette dynastie forte en ressources comme en caractère, le Mahajanubia serait déjà consumé par les révolutions depuis des décennies. Ce caractère fort, Qaiser s'en voulait l'héritier : ne jamais reculer face à un obstacle, confronter les paroles légères avec des faits clairs et objectifs, ne pas hésiter à prendre des risques calculés... surtout si, en face, l'opposition n'est constituer que de baudruches dégonflables à la moindre touche de l'acier de votre volonté.
Pour le cas présent, cela voudrait dire agir de manière simple et efficace :
Que Fauzan trouve donc Saj. Des commandos iraient le chercher et le ramènerait mort ou vif.
Vif ? Tant mieux : le duo fraternel du militaire et de l'espion seraient félicités pour une opération menée avec brio. Ils prouveraient d'abord au Nizam leur compétence individuelle et donc se ménageraient à la fois son oreille et ses faveurs futures. Ils tiendraient aussi Saj dans leur dette et pourraient en jouer pour neutraliser son influence sur certains dossiers si besoin. Et si cela permettait de nouer encore plus la relation diplomatique avec l'Eashatri, pourquoi pas ?
Mort ? Tant mieux : un obstacle de moins aux projets béliqueux du duo fraternel. Le Nizam serait sans doute inconsolable pendant quelques minutes mais il avait quatre autres enfants légitimes, sans doute une dizaine de batards à divers postes dans l'administration de Sindabad, minimisant en cela la douleur de sa perte. Mais surtout, Abdhul avait un dynastie à gérer, ce qui ne lui permettait pas le luxe de punir sévèrement ses deux derniers héritiers mâles. Aussi : un poste ouvert à la tête du gouvernement pour y placer un pion de plus. En option, rejeter le blâme de l'échec sur l'Eashatri était possible.
Dans un cas comme dans l'autre, ils prouveraient aux autres dynasties que Sindabad pouvait projeter son bras très loin, par delà leurs territoires et au coeur du territoire d'un pays voisin. D'où l'importance de ce qu'expliquait Saj aux colonels actuellement : une décapitation politique réussie serait une démonstration de force immense tant aux yeux de la Ramania, des autres nations du monde mais surtout aux yeux des autres dynasties. Si la dynastie Bahadur à elle seule pouvait mettre à genoux une autre nation sans même faire usage de son armée régulière, les autres dynasties réfléchiraient encore un peu plus à s'opposer au futur Nizam de Sindabad et à son frère, ceux-ci ayant coordonné la dites démonstration.
Et ici aussi, décapitation réussie ou pas, faire escalader le rapt de Saj en casus belli avec la Ramania serait possible. Il faudrait vendre l'idée aux fils cadets des princes, argumentant que la Ramania représenterait des terres pour de nouvelles principautés. Il serait bien sûr bien plus facile de convaincre ces jeunes gens de faire pression sur leurs parents si la Ramania devenait en apparence au moins une proie facile car politiquement dévastée et militairement désorganisée.
Si le sauvetage de Saj était un échec, il serait bien plus facile de faire sauter les résistances au conseil... sauf si, paradoxalement, les pacifistes tournaient le petit frère en martyr pour la paix, argumentant que Saj aurait préférer se sacrifier plutôt qu'être venger. Il faudrait voir à éviter cela. Si le sauvetage était une réussite, la situation serait plus délicate... mais il n'était nul besoin que cet incident avec la Ramania soit le seul incident. Si ce pays devenait un problème durable, Saj et ses partisans ne pourraient pas indéfiniment convaincre le conseil de refuser une intervention armée.
Qaiser sorti de sa rêverie lorsque Fauzan proposa une pause pour la prière. Sur le visage de plusieurs officiers, un regain de foi était visible, l'appel du tapis de prière se faisant très insistant face à l'alternative de trois heures supplémentaires de décorticage stratégique avec le compétent mais ennuyant ministre des affaires extérieurs...
Palais de Sindabad
26/07/2036
Fauzan Bahadur
Ministre des Affaires Intérieures
4ème Sahibzada de Sindabad
"-Sur cette carte, en page cent dix-huit de votre dossier, vous pourrez voir les lieux où ont été identifiées pas moins de soixante caravanes appartenant à divers chefs de clan d'importance en Ramania. Les manouches voyageant souvent avec leur famille étendue, il est garanti que de chacun de ces véhicules sera entouré par une dizaine d'autres, lesquels abriteront la majorité des proches de la hiérarchie politique du Ramania.
Une série de frappes coordonnées contre ces objectifs permettrait effectivement de décapiter le pays. Les manouches fonctionnent selon un code d'honneur qui obligera le nouveau leadership à chercher revanche ou au moins à déclarer qu'ils le feront mais uniquement si le dit nouveau leadership a un lien de parenté relativement proche avec les victimes des frappes.
Aussi, gardez à l'esprit ce qui a été expliqué hier dans le chapitre 6, paragraphe 18 : l'ascension d'un nouveau leadership en Ramania est souvent une affaire longue et compliquée. La mort de vieillesse d'un vieux lion est souvent l'occasion pour chaque jeune loup cherchant à se tailler sa part, ce qui mène à beaucoup de duels mais aussi des luttes d'influence et règlements de compte moins formels.
Ces affaires de succession politique sont déjà assez chaotiques en temps normal, lorsqu'elles sont sporadiques et bien étalée dans le temps, avec une ligne de succession légitime assez claire. En cas de décapitation soudaine et à grande échelle, on peut s'attendre à un état de paralysie de l'appareil de décision national pendant plusieurs mois.
Cela ne nous renseigne toutefois pas quant à la localisation de Saj, chose qui doit demeurer notre priorité en vue de son extraction. Plusieurs équipes d'enquêteurs de l'IESSE et de mes services de police sont en route pour Manou et les villes secondaires du pays, afin d'y collecter des renseignements mais surtout en vue d'y propager la rumeur d'une récompense pour la libération de Saj Bahadur ou pour toute information crédible qui mènerait à sa libération. Veuillez pour cela passer au chapitre 11, page cent vingt..."
Qaiser avait déjà cesser d'écouter depuis un bon moment alors que le verbiage de son frère liquéfiait le cerveau de chacun des colonels présents dans la pièce, les assommant sous une masse d'informations qui, si elles étaient sans doute très pertinentes pour cerner l'intégralité de la situation, étaient justement trop denses et complexes que pour être assimilées ainsi en ce qui devait être un briefing préparatoire rapide aux futurs réunions avec l'IESSE.
Fauzan était un excellent chef de la police secrète, capable de garder une vision d'ensemble tout en s'appliquant à chacun des petits détails militaires, économiques, financiers, sociaux, politiques, culturels, logistiques, structurels... d'une opération. En cela, son nouveau poste de ministre des affaires intérieures lui allait comme un gant et il ne faisait aucun doute que, sous quelques années, la police secrète du Nizam aurait absorbé, restructurer et améliorer les appareils sécuritaires de chacune des dynasties, ceci sous prétexte de sécurité nationale.
Mais si l'homme était capable d'une planification à plusieurs niveaux, il échouait complètement malgré tout à comprendre l'esprit des militaires : désigner un lieu, quelques personnes ou objets, un délai ainsi que s'il convenait de détruire ou protéger et l'armée ferait sa tâche. Pointer et tirer, en somme. Pas besoin de dizaines de diapositives pour cela et encore moins de centaines de pages "introductives" qu'aucun des officiers présents n'avaient lu.
Cette réunion ne servait donc à rien. Voilà pourquoi l'esprit de Qaiser était occupé ailleurs : comment diable l'IESSE avait-il su ? Les services de l'Eashatri faisaient-ils surveiller Saj ? Si oui, depuis combien de temps ? Leur surveillance aurait-elle mis à jour la surveillance que les hommes de Fauzan appliquaient à Saj et, si oui, les Eashes avaient-ils choisi d'enquêter sur leurs "collègues" ? Une telle enquête n'aurait pas révélé grand chose et certainement rien capable d'incriminer Qaiser. Mais qu'une telle surveillance ait eu lieu pour commencer et que les Eashes en révèlent l'existence au Nizam, fut-ce involontairement, et il y aurait des questions dérangeantes vers Fauzan, lequel était certes loyal envers son ainé dans un soucis d'assurer son avenir dans le Mahajanubia d'après Abdhul Bahadur... mais un tel avenir serait très hypothétique si le Nizam soupçonnait un de ses fils d'être lié à un complot contre un autre de ces fils. Sans la carotte d'un avenir doré, est-ce que Fauzan resterait loyal à Qaiser ? Ou avouerait-il tout à leur père pour une chance de sauver sa peau ?
Le pire était sans doute qu'à ce stade, s'il y avait bien eu une intention de se débarrasser de Saj lors de son voyage en Ramania, cela n'était resté qu'une intention : autant que Qaiser le sache, lui et Fauzan n'avaient rien à voir avec l'enlèvement. Ou l'exécution ? Car après tout, ils n'avaient rien sinon la parole de l'IESSE quant à la survie de Saj. L'IESSE, dont la réaction avait été très rapide mais surtout incroyablement bien informée, pouvait tout aussi bien être déjà un acteur avec des intérêts bien différents de ceux qu'il prétendait avoir. Hypothèse : c'était en fait l'IESSE qui avait enlevé ou assassiné Saj, ceci pour des raisons peu claires mais comme disait Fauzan, "l'ignorance d'un mobile n'invalide pas automatiquement la suspicion de culpabilité".
Autre hypothèse : l'IESSE ne savait rien... mais l'idée de voir le Mahajanubia se démener à trouver des "ravisseurs" en Ramania amusait quelqu'un en Eashatri. Ici aussi, pour des raisons peu évidentes mais il n'était guère difficile d'en imaginer. Le fait demeurait que, si semer la pagaille dans la Maison Bahadur et dans la confédération au sens large était l'objectif, alors c'était déjà partiellement réussi : le débat sur la réponse à apporter à la disparition d'un diplomate en terre étrangère divisait déjà le conseil...
Pour Qaiser, la meilleure solution restait la plus audacieuse. Balayer d'un revers de la main les jeux de dupe et autres fouineries de coulisse tout en ignorant superbement les intimidations et autres menaces vides.
Il avait conseillé au Nizam d'ignorer les voix de la prudence qui conseillaient d'abandonner la Britonnie lors de la Guerre des Conteneurs, que c'était là la chance pour le Mahajanubia d'obtenir son indépendance et de briller par lui-même. À la place, Qaiser avait fait la promotion d'une loyauté à la Britonnie et d'une "guerre totale" contre la Coalition. La simple menace d'une entrée en guerre du Mahajanubia avait suffit à provoquer une panique générale dans plusieurs état-majors étrangers, lui avait-on dit. L'offensive ennemie, malgré une supériorité numérique totale, avait misérablement échoué sur tous les fronts, les membres de la Coalition proclamant des cessez-le-feu à tout va dans l'espoir de paix blanches séparées, abandonnant leurs alliés.
Lorsque les plus grandes puissances économiques de la planète s'étaient liées pour s'opposer à la contre-attaque contre le Txile, menaçant de sanctions et insinuant que, si l'UPO s'obstinait, alors d'autres nations iraient aider la Coalition, Qaiser avait encore une fois haussé les épaules et cracher sur eux. Aucune sanction efficace n'avait suivi. Et surtout, aucune déclaration de guerre venant de ces "autres nations" quand la première tête-de-pont avait été établie au Txile. Ni quand les premières infiltrations avaient été menées au Txile en lui-même. Ni quand les villes du Txile avaient été bombardées. Ni quand la flotte d'Aminavie elle-même s'était ralliée au siège à l'invitation de Qaiser... afin de bombarder encore plus le Txile.
Même chose lors de ce deuxième conflit : plusieurs âmes sans perspective avaient conseillé de se saisir des navires britons et de les offrir à la Coalition afin de sauvegarder la paix et préserver l'UPO d'un blocus "terrible". Qaiser avait dit non. Son père l'avait écouté. Le Mahajanubia avait enduré avec courage, refusant de céder à des dangers imaginaires. Et le blocus s'était écroulé dès la première riposte, laissant la Coalition bien plus affaiblie sur le plan naval que ne l'était la Britonnie, laquelle avait au passage même hériter de la flotte Aminienne précisément en raison de leur nouvel "ennemi commun", tandis que le Mahajanubia avait renforcé ses liens diplomatiques avec l'Horbarash et l'Eashatri, alors même que les dynasties déléguaient toujours plus de ressources vers le conseil en réponse aux menaces imaginaires qu'elles pensaient réelles mais que Qaiser, en tant que chef d'état-major, semblait capable de contenir quand on lui en donnait les moyens.
Ces mêmes oiseaux de mauvais conseil avait mis une pression immense sur l'UPO pour qu'il abandonne à la Coalition la flotte Aminienne réfugiée dans les ports britons. Ils avaient insinuer de terribles représailles sans oser donner de détails, probablement car il n'y en avait pas à donner. Ils avaient sous-entendu une alliance internationale contre la Britonnie si celle-ci assistait l'Aminavie ou le Karmalistan, fut-ce par le commerce... mais sans pouvoir nommer les pays composant la dite alliance. Quand Saj avait rapporté ces faits à leur père lors d'un conseil familial, Qaiser avait rigolé :
Quel genre d'idiot, lorsqu'on lui donnait assez d'armes pour écraser ses ennemis, craindrait encore sérieusement des représailles par ces ennemis ?
Quel abruti complet accepterait de se débarrasser de telles armes en espérant éviter ainsi tout attaque par les dits ennemis ?
Quel homme pouvait encore se dire mâle s'il cédait à la peur face à une menace imaginaire proférer par des lâches n'ayant jamais rien accompli sinon par la traitrise et la surprise, échouant misérablement à chaque obstacle sérieux, reculant couardement à chaque contre-attaque et ne proférant que des menaces vides tout en se tournant vers les idoles de leurs dieux païens en espérant que les lois de l'Univers changent à leur avantage ?
Au final, dans ces guerres, les ennemis si dangereux s'étaient écroulés d'eux-mêmes :
L'Empire Luciférien avait succombé à un coup d'état par un général victorieux, laissant le pays sombrer dans une guerre civile. Le Luciférianisme disparaitrait très vite, remplacer par les croyances locales si généreusement encouragées par les esclavagistes. Les esclaves resteraient sans doute esclaves. Et il faudrait du temps avant que ce qui restait de dytolien ne disparaisse de la région, tuant en cela encore une colonie du vieil empire posnan.
L'Empire Posnan lui-même qui avait aussi succombé, faisant place à des provinces qui s'affirmaient comme de véritables nations, chacune sous la férule d'un gouvernement populiste, prouvant ainsi que la sécession de la Nouvelle-Occitane n'avait été qu'un symptome d'un mal bien plus profond qui rongeait déjà les fondations de ce pays. La Mauritanie, pour sa part, était laissée à elle-même.
L'Amarantie n'avait, comme déjà proclamé, eu besoin que d'une seule claque pour se rétracter en position de sécurité latérale, succombant à ses propres délires sécuritaires et à l'isolationisme qu'elle espérait nécessaire à préserver une société anachronistique. Elle laissait derrière elle une Ligue de Montalvo soudainement très vulnérable et bien moins arrogante dans son discour.
L'Hachémanie, dénoncée depuis longtemps comme dirigée par des mécréants sourds aux appels du peuple pour un islam pacifique où le pétrole servirait à construire un avenir paisible plutôt qu'à alimenter une machine militaire, avait fini par tomber lors d'une révolution islamiste.
Beaucoup de bruit, beaucoup de vent et au final, pas un seul soldat Mahajanubien n'était mort en terre étrangère, otant toute substance à ceux qui critiquaient le "sacrifice pour la Britonnie".
Deux conflits. Deux victoires... et plus encore :
La structure politique de la Confédération avait changé, se centralisant d'avantage pour répondre aux exigeances d'une guerre moderne. Et dans cette centralisation, la dynastie Bahadur avait pu placer ses pions : Qaiser à la tête de l'état-major, Fauzan à la tête des affaires intérieures, Saj à la tête des affaires extérieures, Amra à la tête des affaires sociales... des ministères officiels à la tête de budgets immenses autrefois jugés impossibles mais que les dynasties avaient accepter par nécessiter de survie : la Britonnie seule ne suffirait visiblement plus à garantir leurs privilèges très longtemps. Les Bahadurs offraient une solution qui réduirait l'autonomie de chaque dynastie et ferait des Bahadurs davantage une famille royale qu'une dynastie parmi d'autres... mais en même temps, sans cette dynastie forte en ressources comme en caractère, le Mahajanubia serait déjà consumé par les révolutions depuis des décennies. Ce caractère fort, Qaiser s'en voulait l'héritier : ne jamais reculer face à un obstacle, confronter les paroles légères avec des faits clairs et objectifs, ne pas hésiter à prendre des risques calculés... surtout si, en face, l'opposition n'est constituer que de baudruches dégonflables à la moindre touche de l'acier de votre volonté.
Pour le cas présent, cela voudrait dire agir de manière simple et efficace :
Que Fauzan trouve donc Saj. Des commandos iraient le chercher et le ramènerait mort ou vif.
Vif ? Tant mieux : le duo fraternel du militaire et de l'espion seraient félicités pour une opération menée avec brio. Ils prouveraient d'abord au Nizam leur compétence individuelle et donc se ménageraient à la fois son oreille et ses faveurs futures. Ils tiendraient aussi Saj dans leur dette et pourraient en jouer pour neutraliser son influence sur certains dossiers si besoin. Et si cela permettait de nouer encore plus la relation diplomatique avec l'Eashatri, pourquoi pas ?
Mort ? Tant mieux : un obstacle de moins aux projets béliqueux du duo fraternel. Le Nizam serait sans doute inconsolable pendant quelques minutes mais il avait quatre autres enfants légitimes, sans doute une dizaine de batards à divers postes dans l'administration de Sindabad, minimisant en cela la douleur de sa perte. Mais surtout, Abdhul avait un dynastie à gérer, ce qui ne lui permettait pas le luxe de punir sévèrement ses deux derniers héritiers mâles. Aussi : un poste ouvert à la tête du gouvernement pour y placer un pion de plus. En option, rejeter le blâme de l'échec sur l'Eashatri était possible.
Dans un cas comme dans l'autre, ils prouveraient aux autres dynasties que Sindabad pouvait projeter son bras très loin, par delà leurs territoires et au coeur du territoire d'un pays voisin. D'où l'importance de ce qu'expliquait Saj aux colonels actuellement : une décapitation politique réussie serait une démonstration de force immense tant aux yeux de la Ramania, des autres nations du monde mais surtout aux yeux des autres dynasties. Si la dynastie Bahadur à elle seule pouvait mettre à genoux une autre nation sans même faire usage de son armée régulière, les autres dynasties réfléchiraient encore un peu plus à s'opposer au futur Nizam de Sindabad et à son frère, ceux-ci ayant coordonné la dites démonstration.
Et ici aussi, décapitation réussie ou pas, faire escalader le rapt de Saj en casus belli avec la Ramania serait possible. Il faudrait vendre l'idée aux fils cadets des princes, argumentant que la Ramania représenterait des terres pour de nouvelles principautés. Il serait bien sûr bien plus facile de convaincre ces jeunes gens de faire pression sur leurs parents si la Ramania devenait en apparence au moins une proie facile car politiquement dévastée et militairement désorganisée.
Si le sauvetage de Saj était un échec, il serait bien plus facile de faire sauter les résistances au conseil... sauf si, paradoxalement, les pacifistes tournaient le petit frère en martyr pour la paix, argumentant que Saj aurait préférer se sacrifier plutôt qu'être venger. Il faudrait voir à éviter cela. Si le sauvetage était une réussite, la situation serait plus délicate... mais il n'était nul besoin que cet incident avec la Ramania soit le seul incident. Si ce pays devenait un problème durable, Saj et ses partisans ne pourraient pas indéfiniment convaincre le conseil de refuser une intervention armée.
Qaiser sorti de sa rêverie lorsque Fauzan proposa une pause pour la prière. Sur le visage de plusieurs officiers, un regain de foi était visible, l'appel du tapis de prière se faisant très insistant face à l'alternative de trois heures supplémentaires de décorticage stratégique avec le compétent mais ennuyant ministre des affaires extérieurs...
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Johel3007
Pour le Commonwealth...
Principauté de Sindabad
21/08/2036
[center][img]https://s33.postimg.cc/9yoo4rglb/2018_5_largeimg21_May_2018_145052763.jpg[/img][/center]
Les groupes de recherche des services de renseignement de l’État-Major avaient déjà mis au point un système de cryptage qui se voulait pratiquement infaillible.
Un observateur extérieur qui trouverait un des messages codés n’y verrait qu’une image.
Quand bien même l’observateur comprendrait que l’image EST un message et que la couleur de chaque pixel de celle-ci représente un symbole (ou un mot, un chiffre, ect…), il lui faudra encore trouver quel symbole correspond à quelle couleur… sachant que la redondance de couleurs permettait d’allouer plusieurs couleurs à un même symbole et donc rendre inefficaces la majorité des systèmes de décryptage par recoupage des fréquences.
Le même problème se posait potentiellement pour le destinataire du message et, pour cela, un programme de décryptage et d’encryptage avait été conçu, convertissant automatiquement une image en texte et un texte en image. C’était là le talon d’Achille du code et celui de tout code d’ailleurs : la clé de lecture devant être en possession du destinataire du message, l’interception de cette clé neutralisait la confidentialité du message. Et l’arrestation physique des agents en possession du programme de décryptage pouvait donc en principe mener à une telle neutralisation.
Pour cela, le programme à lui seul ne suffisait pas : il y avait plusieurs dictionnaires que le programme utilisait pour faire la traduction de l’image en texte ou du texte en image. Le destinataire ne pouvait savoir quel dictionnaire utilisé que s’il a la date de publication du message et les pixels de vérification du message précédent, soit un code de 12 symboles, chaque symbole choisit parmi l’une des 16.777.216 couleurs, soit plus de possibilités que raisonnablement observable… et tout cela pour rien car, au maximum deux semaines après qu’un message passe, l’absence de réponse correctement codée entraine l’abandon de la chaine de communication.
Cela laissait tout de même certains risques, notamment le fait que, à défaut de pouvoir comprendre ce qui était dit, un observateur extérieur pouvait deviner qui le disait et qui l’écoutait, ceci dans le but d’intercepter l’un ou l’autre. La méthode choisie pour le partage d’information, à savoir l’upload des images-messages comme images d’avatar de comptes sur des forums sur la Toile, présente le désavantage de laisser une trace quant à l’identité de qui se connecte au compte du forum et donc qui a modifié l’avatar, permettant par la suite sa localisation géographique, du moins en théorie. De même, toute personne se connectant sur un site de la Toile y laisse une trace de son adresse d’accès à la Toile elle-même. Dans la mesure où les pages individuelles où le compte d’un utilisateur aurait posté un message sont relativement peu nombreuses et peu consultées, la liste des potentiels destinataires du message codé contenu dans l’avatar de l’utilisateur devient fort réduite.
Saisie physique d’un suspect lors d’un contrôle de routine, identification de son matériel informatique comme étant un logiciel de cryptage-décryptage d’images, identification des bonnes images sur son disque dur ou sur l’un des espaces de stockage en ligne qu’il aurait visité sur la Toile à partir de cet ordinateur, tentative de lecture de ces images avec le programme mais sans le bon dictionnaire, interrogatoire du suspect pour avoir le bon dictionnaire… à cette étape-là, le contre-espionnage se fiche pas mal de comprendre ou pas les messages : ce n’est qu’un bonus s’il sait où chercher pour trouver les correspondants et donc potentiellement les arrêter.
D’où la nécessité pour le Mahajanubia de trouver une solution pour masquer l’identité de ses agents lorsque ceux tentent d’accéder aux messages-images.
Une première solution envisagée fut le recours à une boite alternative où la maison-mère récupèrerait les messages et les redistribuerait ensuite individuellement à chaque agent sur d’autres forums, avec l’avantage additionnel d’un possible retraitement du message en vue d’en changer le dictionnaire, laissant effectivement UN dictionnaire unique pour CHAQUE cellule et limitant ainsi encore plus le risque d’interception et décodage de l’information. Le désavantage d’une telle méthode est que la maison-mère elle-même serait rapidement identifiée comme telle à cause de son adresse d’accès à la Toile. Même le recours à des réseaux privés virtuels ne pourraient pas berner longtemps une nation décidée à traquer. Le même problème se poserait alors : la source des messages étant connues, rechercher les sites auxquels elle s’est connectée devient facile et identifier les agents potentiels parmi les autres visiteurs du site devient très facile.
La seconde solution fut apportée par un colonel de la Royal Air Force de Britonnie : être impossible à voir n’est pas la même chose qu’être impossible à localiser. Et être impossible à localiser n’est pas la même chose qu’être impossible à identifier.
Ce principe, au cœur d’un des problèmes du projet de défense anti-aérienne « Dôme de Fer » en cours de développement en Britonnie, illustre un problème avec les technologies de détection radar, infra-rouge et autres types de senseurs actuels :
Parfois, s’ils manquent de puissance ou de précision, ils ne peuvent pas détecter la présence d’un objet spécifique. Mais lorsqu’ils sont assez puissants et précis, ils détectent parfois la présence de TROP d’objets similaires à l’objet spécifiquement recherché… ce qui revient à ne pas détecter le dit objet. Il est parfois possible de connaitre la présence d’un objet grâce à un radar de grande puissance mais d’être incapable de définir sa position exacte dans l’espace et dans le temps en raison d’une trop grande imprécision d’une part et de nombreux signaux parasites d’autre part. De plus, pour peu que la cible altère rapidement et fréquemment sa signature dans un tel environnement, elle devient pratiquement invisible non pas parce qu’elle n’est pas visible mais parce qu’on ignore laquelle des cibles visibles est la bonne.
Ce paradigme se répète sur la Toile : cherchez à rester discret en limitant votre empreinte est une bonne chose mais il y aura toujours une trace à suivre pour un limier déterminé. Mais offrez à ce même limier un million de pistes similaires à suivre et il sera perdu.
C’est dans cette optique-là que les services de renseignement du Mahajanubia développent actuellement une « arme électronique de saturation des réseaux communications virtuelles ». Guère nouveau, le concept a déjà été utilisé et est encore utilisé fréquemment par les cyber-terroristes de toutes les nations et causes confondues dans ce qu’on appelle des attaques DDoS, où un nombre massif d’ordinateurs, chacun avec une adresse d’accès à la Toile différente, se connecte à un site spécifique à un moment spécifique, répétant les sollicitations de connexion pour générer un trafic si dense que la connexion de tout utilisateur potentiel est ralentie jusqu’à en rendre le site virtuellement inaccessible car le délai de connexion devient simplement trop long.
La variation Mahajanubienne tient en cela que l’objectif n’est pas tant de bloquer l’accès au site que de fournir à un observateur tellement de possibles visiteurs sur le dit site que contrôler chacun d’entre eux avec des moyens humains devient impossible. L’idée ici est ainsi, sur le modèle d’une guérilla, que l’agent nage sur la Toile comme un poisson nage dans les eaux vaseuses, invisible de la majorité et masqué par la multitude de ses congénères innocents mais néanmoins involontairement complices.
Là où une attaque DDoS concentre un maximum de connections sur un minimum de sites dans une intervalle de temps réduite, le Mahajanubia entend diffuser les connections vers un maximum de sites dans une intervalle de temps très vaste afin de littéralement « noyer le poisson », infectant les ordinateurs de ses agents et les rendant ainsi impossibles à distinguer d’autres ordinateurs infectés, leur donnant le même alibi qu’à n’importe quel autre usager sur la Toile : « un virus a infecté mon ordinateur et c’est pour cela que j’ai réalisé 1 à 12 tentatives de connexion par jour sur tous ces sites ».
Les méthodes traditionnelles pour contrer une attaque DDoS se basent principalement sur deux facteurs :
La fréquence des requêtes de connexion venant d’une adresse d’accès précise, ou « est-ce qu’une telle fréquence de connexion sur une telle période de temps est normale ? ». Ce critère est généralement le principal critère car il est le plus facile pour identifier le caractère automatisé (et donc souvent répétitif) d’une requête, de sorte que si un ordinateur envoie 400 requêtes d’accès vers la même URL ou même vers le même site en l’espace d’une minute ou même d’une seconde, il sera peu probable qu’il s’agisse d’un humain. Cela peut être une décision pour refuser automatiquement la connexion à cet ordinateur, empêchant ainsi celui-ci d’encombrer le trafic vers le site. Et si d’autres ordinateurs soumettent également un nombre anormalement élevés de requêtes durant le même intervalle de temps, alors la décision de filtrer de manière plus sérieuse les connexions sur base de la fréquence des requêtes s’impose d’elle-même.
La pertinence de l’identité de l’adresse d’accès faisant une requête de connexion, ou « est-ce que l’origine de cette requête est normale ? ». Moins fréquente, ce critère est néanmoins utilisé parfois à l’échelle de nations entières désirant limiter l’accès de leur population ou de populations étrangères à certains sites de la Toile. Plus fréquemment, des entreprises désirant offrir différents services selon la localisation géographiques de leurs clients auront recours à ce genre d’identification en vue de filtrer les connexions. Mais en cas de DDoS, ce critère peut aussi servir à définir que les requêtes provenant d’ordinateurs issus de certaines régions doivent automatiquement être ignorées car le risque que ces ordinateurs fassent partie de l’attaque est grande.
Dans son attaque « diffusée », le Mahajanubia engendrera une fréquence faible par site, à hauteur de quelques dizaines de connections par jour par site sur plusieurs semaines ou mois au lieu de centaines de connexion par seconde à un seul site pendant quelques heures ou jours. En cela, elle évitera de déclencher un refus d’accès, le trafic individuel de chaque ordinateur infecté n’étant pas distinguable sur base de la fréquence du trafic d’un visiteur normal et ne perturbant que très peu la vitesse d’accès aux sites visés.
En revanche, lorsque viendra pour le contre-espionnage ennemi le moment de vérifier les adresses d’accès à la Toile de tous les visiteurs ayant vu les pages où a pu être visible l’avatar du compte d’utilisateur ayant servi à la diffusion du message-image crypté sur une période donnée, la liste des adresses d’accès pour CHAQUE page sera longue de plusieurs milliers de lignes, rendant presque impossible la vérification systématique et sabotant en cela toute possibilité sérieuse d’enquête.
Il existera toutefois des critères de recoupage sur base de la provenance des adresses d’accès à la Toile. Le contre-espionnage pourra ainsi éliminer automatiquement toutes les adresses provenant de l’étranger. Non pas que leurs propriétaires soient sans connexion avec la cellule d’espionnage considérée mais, celui-ci se trouvant actuellement hors des frontières du pays, il sera intouchable. Se concentrer sur les possibles suspects présents au cœur du pays sera plus efficace. Parmi ceux-ci, les visiteurs s’étant connectés depuis une adresse d’accès correspondant à un hôtel, un cybercafé ou autres lieux publics seront à considérer plus attentivement que ceux s’étant connectés via des résidences habitées exclusivement par des locaux. La raison est ici aussi moins l’innocence présumée des locaux que l’opportunité pour une interception : l’indigène sera encore plus que probablement présent dans le pays pour longtemps... alors que le visiteur itinérant peut disparaitre en quelques heures.
Mais alors pourquoi autant d’efforts pour gonfler le trafic sur la Toile si l’ennemi pourra simplement faire un filtre automatique qui, tel un filet laissant passer l’eau mais retenant les poissons, permettra de réduire la liste de suspects à une poignée ? Et bien parce qu’une poignée de 10.000 personnes vaut toujours mieux qu’une poignée de 60 personnes seulement !!
Et parce que si les mesures sécuritaires mises en place finissent par générer une importante bureaucratie pour des résultats limités, le coût à lui seul de ces mesures sera un drain sérieux sur les finances ennemies, augmentant les taxes sans pour autant donner à son peuple une compensation visible.
Et parce que quand la surveillance de la Toile passe par des milliers d’arrestations parmi la population locale, parmi les travailleurs expatriés et parmi les touristes en n’offrant que des résultats tout aussi limités que la croissance exponentielle de la bureaucratie, la grogne grimpera chez les locaux… alors que les étrangers iront sous d’autres cieux, craignant au mieux de voir leurs vacances ruinées et au pire l’erreur judiciaire malheureuse qui ruinera leur vie.
Et parce que même sans tout cela, un ennemi paranoïaque est un ennemi faible car sur la défensive. Chaque effort qu’il consacrera à chasser un fantôme est un effort de moins qu’il pourra consacrer à livrer les véritables batailles.
Aussi et enfin peut-être, parce que les applications pratiques commerciales sont immenses : à un âge où monnaie et information se confondent de plus en plus, pouvoir garantir l’anonymat d’un transfert spécifique par la multiplicité de la totalité des transferts est un service précieux. Lorsque des transferts ont lieux entre trois personnes, on compte à peine 6 combinaisons possibles. Lorsque des transferts ont lieux entre 3 millions de personnes, les possibilités approchent les 4500 milliards*... ceci à supposer qu'il n'y ait qu'une seule vague de transferts. Les possibilités de faire disparaitre une somme précise en la décomposant puis en la recomposant dans la durée deviennent immenses.
*HRP : ((a-1)*(a))/2, où "a" est le nombre de parties prenant part à l'échange, pour ceux que ça intéresse.
Principauté de Sindabad
21/08/2036
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Les groupes de recherche des services de renseignement de l’État-Major avaient déjà mis au point un système de cryptage qui se voulait pratiquement infaillible.
Un observateur extérieur qui trouverait un des messages codés n’y verrait qu’une image.
Quand bien même l’observateur comprendrait que l’image EST un message et que la couleur de chaque pixel de celle-ci représente un symbole (ou un mot, un chiffre, ect…), il lui faudra encore trouver quel symbole correspond à quelle couleur… sachant que la redondance de couleurs permettait d’allouer plusieurs couleurs à un même symbole et donc rendre inefficaces la majorité des systèmes de décryptage par recoupage des fréquences.
Le même problème se posait potentiellement pour le destinataire du message et, pour cela, un programme de décryptage et d’encryptage avait été conçu, convertissant automatiquement une image en texte et un texte en image. C’était là le talon d’Achille du code et celui de tout code d’ailleurs : la clé de lecture devant être en possession du destinataire du message, l’interception de cette clé neutralisait la confidentialité du message. Et l’arrestation physique des agents en possession du programme de décryptage pouvait donc en principe mener à une telle neutralisation.
Pour cela, le programme à lui seul ne suffisait pas : il y avait plusieurs dictionnaires que le programme utilisait pour faire la traduction de l’image en texte ou du texte en image. Le destinataire ne pouvait savoir quel dictionnaire utilisé que s’il a la date de publication du message et les pixels de vérification du message précédent, soit un code de 12 symboles, chaque symbole choisit parmi l’une des 16.777.216 couleurs, soit plus de possibilités que raisonnablement observable… et tout cela pour rien car, au maximum deux semaines après qu’un message passe, l’absence de réponse correctement codée entraine l’abandon de la chaine de communication.
Cela laissait tout de même certains risques, notamment le fait que, à défaut de pouvoir comprendre ce qui était dit, un observateur extérieur pouvait deviner qui le disait et qui l’écoutait, ceci dans le but d’intercepter l’un ou l’autre. La méthode choisie pour le partage d’information, à savoir l’upload des images-messages comme images d’avatar de comptes sur des forums sur la Toile, présente le désavantage de laisser une trace quant à l’identité de qui se connecte au compte du forum et donc qui a modifié l’avatar, permettant par la suite sa localisation géographique, du moins en théorie. De même, toute personne se connectant sur un site de la Toile y laisse une trace de son adresse d’accès à la Toile elle-même. Dans la mesure où les pages individuelles où le compte d’un utilisateur aurait posté un message sont relativement peu nombreuses et peu consultées, la liste des potentiels destinataires du message codé contenu dans l’avatar de l’utilisateur devient fort réduite.
Saisie physique d’un suspect lors d’un contrôle de routine, identification de son matériel informatique comme étant un logiciel de cryptage-décryptage d’images, identification des bonnes images sur son disque dur ou sur l’un des espaces de stockage en ligne qu’il aurait visité sur la Toile à partir de cet ordinateur, tentative de lecture de ces images avec le programme mais sans le bon dictionnaire, interrogatoire du suspect pour avoir le bon dictionnaire… à cette étape-là, le contre-espionnage se fiche pas mal de comprendre ou pas les messages : ce n’est qu’un bonus s’il sait où chercher pour trouver les correspondants et donc potentiellement les arrêter.
D’où la nécessité pour le Mahajanubia de trouver une solution pour masquer l’identité de ses agents lorsque ceux tentent d’accéder aux messages-images.
Une première solution envisagée fut le recours à une boite alternative où la maison-mère récupèrerait les messages et les redistribuerait ensuite individuellement à chaque agent sur d’autres forums, avec l’avantage additionnel d’un possible retraitement du message en vue d’en changer le dictionnaire, laissant effectivement UN dictionnaire unique pour CHAQUE cellule et limitant ainsi encore plus le risque d’interception et décodage de l’information. Le désavantage d’une telle méthode est que la maison-mère elle-même serait rapidement identifiée comme telle à cause de son adresse d’accès à la Toile. Même le recours à des réseaux privés virtuels ne pourraient pas berner longtemps une nation décidée à traquer. Le même problème se poserait alors : la source des messages étant connues, rechercher les sites auxquels elle s’est connectée devient facile et identifier les agents potentiels parmi les autres visiteurs du site devient très facile.
La seconde solution fut apportée par un colonel de la Royal Air Force de Britonnie : être impossible à voir n’est pas la même chose qu’être impossible à localiser. Et être impossible à localiser n’est pas la même chose qu’être impossible à identifier.
Ce principe, au cœur d’un des problèmes du projet de défense anti-aérienne « Dôme de Fer » en cours de développement en Britonnie, illustre un problème avec les technologies de détection radar, infra-rouge et autres types de senseurs actuels :
Parfois, s’ils manquent de puissance ou de précision, ils ne peuvent pas détecter la présence d’un objet spécifique. Mais lorsqu’ils sont assez puissants et précis, ils détectent parfois la présence de TROP d’objets similaires à l’objet spécifiquement recherché… ce qui revient à ne pas détecter le dit objet. Il est parfois possible de connaitre la présence d’un objet grâce à un radar de grande puissance mais d’être incapable de définir sa position exacte dans l’espace et dans le temps en raison d’une trop grande imprécision d’une part et de nombreux signaux parasites d’autre part. De plus, pour peu que la cible altère rapidement et fréquemment sa signature dans un tel environnement, elle devient pratiquement invisible non pas parce qu’elle n’est pas visible mais parce qu’on ignore laquelle des cibles visibles est la bonne.
Ce paradigme se répète sur la Toile : cherchez à rester discret en limitant votre empreinte est une bonne chose mais il y aura toujours une trace à suivre pour un limier déterminé. Mais offrez à ce même limier un million de pistes similaires à suivre et il sera perdu.
C’est dans cette optique-là que les services de renseignement du Mahajanubia développent actuellement une « arme électronique de saturation des réseaux communications virtuelles ». Guère nouveau, le concept a déjà été utilisé et est encore utilisé fréquemment par les cyber-terroristes de toutes les nations et causes confondues dans ce qu’on appelle des attaques DDoS, où un nombre massif d’ordinateurs, chacun avec une adresse d’accès à la Toile différente, se connecte à un site spécifique à un moment spécifique, répétant les sollicitations de connexion pour générer un trafic si dense que la connexion de tout utilisateur potentiel est ralentie jusqu’à en rendre le site virtuellement inaccessible car le délai de connexion devient simplement trop long.
La variation Mahajanubienne tient en cela que l’objectif n’est pas tant de bloquer l’accès au site que de fournir à un observateur tellement de possibles visiteurs sur le dit site que contrôler chacun d’entre eux avec des moyens humains devient impossible. L’idée ici est ainsi, sur le modèle d’une guérilla, que l’agent nage sur la Toile comme un poisson nage dans les eaux vaseuses, invisible de la majorité et masqué par la multitude de ses congénères innocents mais néanmoins involontairement complices.
Là où une attaque DDoS concentre un maximum de connections sur un minimum de sites dans une intervalle de temps réduite, le Mahajanubia entend diffuser les connections vers un maximum de sites dans une intervalle de temps très vaste afin de littéralement « noyer le poisson », infectant les ordinateurs de ses agents et les rendant ainsi impossibles à distinguer d’autres ordinateurs infectés, leur donnant le même alibi qu’à n’importe quel autre usager sur la Toile : « un virus a infecté mon ordinateur et c’est pour cela que j’ai réalisé 1 à 12 tentatives de connexion par jour sur tous ces sites ».
Les méthodes traditionnelles pour contrer une attaque DDoS se basent principalement sur deux facteurs :
La fréquence des requêtes de connexion venant d’une adresse d’accès précise, ou « est-ce qu’une telle fréquence de connexion sur une telle période de temps est normale ? ». Ce critère est généralement le principal critère car il est le plus facile pour identifier le caractère automatisé (et donc souvent répétitif) d’une requête, de sorte que si un ordinateur envoie 400 requêtes d’accès vers la même URL ou même vers le même site en l’espace d’une minute ou même d’une seconde, il sera peu probable qu’il s’agisse d’un humain. Cela peut être une décision pour refuser automatiquement la connexion à cet ordinateur, empêchant ainsi celui-ci d’encombrer le trafic vers le site. Et si d’autres ordinateurs soumettent également un nombre anormalement élevés de requêtes durant le même intervalle de temps, alors la décision de filtrer de manière plus sérieuse les connexions sur base de la fréquence des requêtes s’impose d’elle-même.
La pertinence de l’identité de l’adresse d’accès faisant une requête de connexion, ou « est-ce que l’origine de cette requête est normale ? ». Moins fréquente, ce critère est néanmoins utilisé parfois à l’échelle de nations entières désirant limiter l’accès de leur population ou de populations étrangères à certains sites de la Toile. Plus fréquemment, des entreprises désirant offrir différents services selon la localisation géographiques de leurs clients auront recours à ce genre d’identification en vue de filtrer les connexions. Mais en cas de DDoS, ce critère peut aussi servir à définir que les requêtes provenant d’ordinateurs issus de certaines régions doivent automatiquement être ignorées car le risque que ces ordinateurs fassent partie de l’attaque est grande.
Dans son attaque « diffusée », le Mahajanubia engendrera une fréquence faible par site, à hauteur de quelques dizaines de connections par jour par site sur plusieurs semaines ou mois au lieu de centaines de connexion par seconde à un seul site pendant quelques heures ou jours. En cela, elle évitera de déclencher un refus d’accès, le trafic individuel de chaque ordinateur infecté n’étant pas distinguable sur base de la fréquence du trafic d’un visiteur normal et ne perturbant que très peu la vitesse d’accès aux sites visés.
En revanche, lorsque viendra pour le contre-espionnage ennemi le moment de vérifier les adresses d’accès à la Toile de tous les visiteurs ayant vu les pages où a pu être visible l’avatar du compte d’utilisateur ayant servi à la diffusion du message-image crypté sur une période donnée, la liste des adresses d’accès pour CHAQUE page sera longue de plusieurs milliers de lignes, rendant presque impossible la vérification systématique et sabotant en cela toute possibilité sérieuse d’enquête.
Il existera toutefois des critères de recoupage sur base de la provenance des adresses d’accès à la Toile. Le contre-espionnage pourra ainsi éliminer automatiquement toutes les adresses provenant de l’étranger. Non pas que leurs propriétaires soient sans connexion avec la cellule d’espionnage considérée mais, celui-ci se trouvant actuellement hors des frontières du pays, il sera intouchable. Se concentrer sur les possibles suspects présents au cœur du pays sera plus efficace. Parmi ceux-ci, les visiteurs s’étant connectés depuis une adresse d’accès correspondant à un hôtel, un cybercafé ou autres lieux publics seront à considérer plus attentivement que ceux s’étant connectés via des résidences habitées exclusivement par des locaux. La raison est ici aussi moins l’innocence présumée des locaux que l’opportunité pour une interception : l’indigène sera encore plus que probablement présent dans le pays pour longtemps... alors que le visiteur itinérant peut disparaitre en quelques heures.
Mais alors pourquoi autant d’efforts pour gonfler le trafic sur la Toile si l’ennemi pourra simplement faire un filtre automatique qui, tel un filet laissant passer l’eau mais retenant les poissons, permettra de réduire la liste de suspects à une poignée ? Et bien parce qu’une poignée de 10.000 personnes vaut toujours mieux qu’une poignée de 60 personnes seulement !!
Et parce que si les mesures sécuritaires mises en place finissent par générer une importante bureaucratie pour des résultats limités, le coût à lui seul de ces mesures sera un drain sérieux sur les finances ennemies, augmentant les taxes sans pour autant donner à son peuple une compensation visible.
Et parce que quand la surveillance de la Toile passe par des milliers d’arrestations parmi la population locale, parmi les travailleurs expatriés et parmi les touristes en n’offrant que des résultats tout aussi limités que la croissance exponentielle de la bureaucratie, la grogne grimpera chez les locaux… alors que les étrangers iront sous d’autres cieux, craignant au mieux de voir leurs vacances ruinées et au pire l’erreur judiciaire malheureuse qui ruinera leur vie.
Et parce que même sans tout cela, un ennemi paranoïaque est un ennemi faible car sur la défensive. Chaque effort qu’il consacrera à chasser un fantôme est un effort de moins qu’il pourra consacrer à livrer les véritables batailles.
Aussi et enfin peut-être, parce que les applications pratiques commerciales sont immenses : à un âge où monnaie et information se confondent de plus en plus, pouvoir garantir l’anonymat d’un transfert spécifique par la multiplicité de la totalité des transferts est un service précieux. Lorsque des transferts ont lieux entre trois personnes, on compte à peine 6 combinaisons possibles. Lorsque des transferts ont lieux entre 3 millions de personnes, les possibilités approchent les 4500 milliards*... ceci à supposer qu'il n'y ait qu'une seule vague de transferts. Les possibilités de faire disparaitre une somme précise en la décomposant puis en la recomposant dans la durée deviennent immenses.
*HRP : ((a-1)*(a))/2, où "a" est le nombre de parties prenant part à l'échange, pour ceux que ça intéresse.
-
Johel3007
Pour le Commonwealth...
21/08/2036
[center]Rappel des volontaires pour les bataillons pan-océaniques
Liste n°1 : 430.000 candidats, dont 120.000 à l'entrainement
Jour 170 : 115.000 / 500.000 candidats pour les nouvelles listes[/center]
[center]Bataillons en cours de formation :
120.000 hommes
146 jours d'entrainement
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21/08/2036
[center]Rappel des volontaires pour les bataillons pan-océaniques
Liste n°1 : 430.000 candidats, dont 120.000 à l'entrainement
Jour 170 : 115.000 / 500.000 candidats pour les nouvelles listes[/center]
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120.000 hommes
146 jours d'entrainement
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