ENCYCLOPÉDIE | Peuples et paysages santognais

Sébaldie

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PEUPLES ET PAYSAGES SANTOGNAIS
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CATHARES | Une communauté d'hérétiques qui a su s'implanter malgré la persécution

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Persécutés par l’Inquisition médiévale, les cathares ont réussi à s’installer en Santogne[/center]

[justify]Catharisme : définition et dogme
Le catharisme est un mouvement religieux chrétien qui plaide pour un retour à une Eglise primitive, des premiers temps du christianisme. Très hostiles à l’égard de la hiérarchie catholique qui, selon eux, contrevient aux préceptes de la pauvreté du Christ, les cathares ne respectent pas le pape comme vicaire du Christ sur Terre et refuse la doctrine des sept sacrements. Le mouvement a donc été considéré comme hérétique par l’Eglise catholique.

Le catharisme est imprégné d’un fort manichéisme, divisant la création en deux mondes : le bon monde, invisible et œuvre de Dieu le père ; et le mauvais monde, corruptible et œuvre d’un démiurge. Pour les cathares, le corps matériel est une prison pour l’âme : introduits par le diable dans ses corps de chair, les anges déchus seraient devenus selon eux les âmes des hommes et des femmes.

Rejetant l’Ancien Testament, lui aussi œuvre d’un démiurge, les cathares entendent rester fidèles au Nouveau Testament, message du véritable Dieu, transmis par Jésus. Dans l’imagerie cathare, Jésus n’est pas le rédempteur de tous les péchés mais l’envoyé du Père, qui apporte la clé de la sagesse ou du divin aux hommes. Jésus ne serait pas incarné mais aurait pris l’apparence humaine. Dieu ne supportant pas qu’il subisse le supplice de la croix, les tortionnaires du Golgotha n’auraient en fait crucifié qu’une ombre. Jésus est venu pour tirer les âmes déchus de leur sommeil et leur propose un modèle de vie, attisant les étincelles divines enfouies dans les prisons de chair de chacun.

Les cathares ne se définissent pas comme tel, mais plutôt comme Bons Hommes et Bonnes Dames. Croyant au salut des âmes et à la réincarnation de l’esprit, ils ne reconnaissent qu’un seul sacrement, le consolamentum (la consolation). Défenseurs de toute forme de vie, ils sont végétariens. Mais hostiles à la procréation, ils entendent précipiter l’extinction du monde visible, le mauvais monde. La fonction sacerdotale peut être exercée aussi bien par les hommes que par les femmes, et elle est souvent cumulée avec un autre métier.

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Un des « châteaux cathares » les mieux conservés, dans la province de Caussergues[/center]

Le catharisme en Santogne
Le catharisme s’est développé en Santogne à partir de l’an mil. Face à l’Empire Dyton déclinant et une Eglise qui se pare de richesses, des gens de toutes conditions – mais prioritairement ceux qui sont exclus de toute propriété terrienne – épousent l’hérésie cathare. Le mouvement prend racine dans le grand Ouest santognais, autant dans les hautes montagnes du nord-ouest que les petits monts arides du Sud. Il a également pu se développer avec le consentement des chevaliers et barons locaux, parfois eux-mêmes convertis.

[spoiler="Carte des provinces santognaises"][img]https://nsa39.casimages.com/img/2018/06/25/180625031514161398.png[/img][/spoiler]

En 1198, dans une Santogne indépendante du feu Empire Dyton, les cathares sont traqués et emmenés sur le bûcher quand ils n’abjurent pas leur hérésie. Une résistance s’organise toutefois chez les Bons Hommes et des Bonnes Dames et le centre névralgique de cette résistance se situe à Peyres-les-Trébans. Le lieu, fortifié et perché sur un piton montagneux, est alors sous l’autorité du Comte Jaufre de Calpregnac. Proche de l’hérésie et menaçant de porter allégeance au Roi de Lagac'hann, une croisade est organisée pour combattre le catharisme, avec l’appui à la fois du Pape et du Roi de Santogne. La résistance s’organise depuis le château du comte, qui deviendra le point de ralliement des cathares du nord.

Mais cette victoire sera la seule dans le pays. Dans le sud, les pratiquants de l’hérésie sont exterminés, mais pas l’hérésie elle-même. Malgré des croisades répétées, le catharisme s’implante au fil des siècles, survivant à l’Inquisition médiévale puis à l’absolutisme du Roi à partir du XVIIe siècle. Les « châteaux cathares », propriétés de petits nobliaux, deviendront le symbole de cette résistance à travers le temps, même si la plupart d’entre eux sont – au moins en partie – détruits. Des communautés cathares subsistent dans le pays, mais ne dépassent pas dans une estimation large les 1000 individus. Ils sont pour la bonne partie de la population actuelle considérés comme des illuminés inoffensifs, doux rêveurs. On dit d’ailleurs en Santogne que le christianisme pratiqué en Lagaranie est très fortement imprégné par le catharisme, prônant le retour à une Eglise primitive et le respect de la Création.

Les cathares santognais suscitent toutefois les convoitises. On dit d'eux qu'ils cacheraient un trésor, malgré leur répulsion pour les biens matériels, enfoui dans l'un des châteaux. On dit d'ailleurs d'eux qu'ils possèdent le Saint-Calice, la coupe utilisée par Jésus-Christ et ses douze disciples au cours de la Cène, et qui a recueilli le sang du Christ.

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Communauté cathare de nos jours, installée dans le Grand-Rascassin[/justify][/center]
Sébaldie

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VILLES LIBRES | Un statut privilégié aujourd’hui disparu

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Dès le Xe siècle, des villes jouissaient d’un statut d’autonomie par rapport au reste de l’Empire.
Illustration : Charte communale de Garignan[/center]

[justify]La consécration des villes libres au Moyen Âge dans tout l’Empire Dyton

Au tournant de l’an mil, les villes médiévales prennent peu à peu forme à la faveur de progrès techniques dans la conservation des aliments ou de l’installation de latrines publiques. L’Empire Dyton ne doute pas de son déclin un siècle plus tard et profite d’un essor économique dynamisé par les échanges de Dytolie orientale et de Marquésie, en repoussant presque définitivement la menace maure sur les eaux de la Mer Céruléenne. Ce contexte est extrêmement favorable à l’essor démographique et donc à la consolidation des rares villes existantes, de la fusion de domaines ruraux ou à l’érection de nouvelles cités. Mieux nourrie, moins sujette aux famines et bénéficiant d’une stabilité politique, la population s’épanouit dans ces nouveaux lieux de vie qui permettent son ascension sociale. Certaines de ces cités, pour la plupart fortifiées, entendront se soustraire à l’autorité de leur noble suzerain et à ses impôts et levées de troupes confiscatoires, en demandant leur consécration comme cité libre, attestée par la charte communale. D’autres villes bénéficieront du même traitement de faveur : cités épiscopales, villes-garnisons et comptoirs commerciaux. Ces villes, qui prennent la forme de « républiques » le plus souvent, restent astreintes à l’Empire Dyton et à leur serment de fidélité vis-à-vis de l’Empereur.

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[img]https://i.imgur.com/91HtNx2.png[/img][img]https://i.imgur.com/5OBPgcW.png[/img]
Neuf villes santognaises bénéficiaient de ce statut, qui n’est aujourd’hui plus effectif
Illustration : Garignan, ville côtière – Brunemonge, ancienne cité épiscopale
L’Erpentat, motte castrale autonome – Sargon, haut-lieu de l’artisanat médiéval
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À travers tout l’Empire Dyton (actuels Santogne, Lagaranie, Léontarie, Vasconie et Aurora), des cités libres étaient établies. On en compte près d’une centaine, dont neuf officiellement reconnues en Santogne. Les cités libres jouissaient d’une autonomie politique et fiscale plus ou moins large, et étaient gérées par un conseil d’échevins eux-mêmes élus par les notables et grandes corporations locales. La fiscalité était généralement plus allégée mais surtout, elle était distribuée non pas au Roi mais aux échevins ou à l’évêque le cas échéant. L’Empereur était le seul à pouvoir consacrer ces villes officiellement, mais elles obtenaient leur statut soit après que le seigneur ou le comte eût décidé de le leur accorder de plein gré, soit par une longue lutte armée contre ce dernier. Les cités épiscopales étaient quant à elles érigées avec l’aval des Etats pontificaux. Le déclin puis la chute de l’Empire Dyton a eu diverses répercussions sur les cités libres. Certaines ont perdu leur statut, d’autres ont su le garder jalousement. D’autres, enfin, ont même gagné leur statut une fois l’indépendance actée. Ces privilèges ont duré en Santogne jusqu’à la fin de la monarchie féodale au XVIIe siècle. Les siècles suivants centraliseront les pouvoirs autour de la personne du Roi, avant l’établissement d’une monarchie constitutionnelle, puis enfin la république. Ces villes ne disposent aujourd’hui, juridiquement, d’aucune forme d’autonomie par rapport aux autres mais dans l’esprit et les mœurs de leurs habitants, elles continuent d’être des « cités libres ».
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SARIOUX | Une région de pèlerinage, de grottes et de pierres miraculeuses

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Illustration : hauteurs de Beaumes-du-Sarrioux[/center]

Le Sarioux est une région calcaire située au nord de la Santogne, à la frontière avec la Vasconie, caractérisée par l’abondance de ses grottes, de ses habitats troglodytes et la présence d’eaux et de pierres jugées miraculeuses. Haut-lieu de pèlerinage catholique en Santogne, la région accueille chaque année près de 200 000 pèlerins du monde entier et autant de touristes curieux par la richesse historique et la beauté du paysage. Le tout en gardant un fragile équilibre entre région de tourisme de masse et lieu de dévotion.

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Localisation du Sarioux sur la carte de la Santogne[/center]

Si les habitats creusés dans la roche sédimentaire accueillent aujourd’hui en règle générale des boutiques de souvenirs religieux, ils étaient autrefois investis aussi bien par des nobles pieux qui en avaient fait l’acquisition pour être sous la protection de Sainte Marie-Madeleine, dont une relique supposée est entreposée au sein de la grotte, ou encore accueillant des alchimistes persuadés de trouver en ce lieu la pierre philosophale.

[justify]Un lieu chargé de symbolisme et de fantasmes ésotériques

Certains évangiles apocryphes attestent de l’arrivée, à la fin de sa vie, de Marie Madeleine dans le Sarioux. Une relique supposée de la sainte – des fragments d’os du bassin - est ainsi exposée sous la surveillance des congrégations locales depuis le Moyen Âge. L’authenticité de la relique n’a cependant pas été pleinement démontrée et les tentatives de datations se confrontent à un refus net de l’Eglise de Santogne, qui en est la propriétaire et qui rétorque que ces méthodes altéreraient l’item. Les plus sceptiques affirment quant à eux que l’Eglise craint avant tout que la non-authenticité de la relique ne soit établie, rendant le lieu nettement moins attractif pour les pèlerins. L’Eglise est d’autant plus méfiante qu’il s’agit d’os du bassin, qui pourrait attester d’une éventuelle grossesse de Marie-Madeleine, revigorant la théorie selon laquelle Jésus-Christ aurait eu au moins un enfant avec elle. La relique a fait l’objet de plusieurs tentatives de vol, y compris de moines eux-mêmes, mais elles ont toutes échoué. L’un des larcins les mieux entrepris fut celui du Frère Christophe, moine bénédiction, et qui a été pendu la même année en 1924 pour cette raison.

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Illustration : Grotte miraculeuse de Beaumes-du-Sarrioux – Village troglodyte
Fragment d’améthyste locale – Représentation d’un alchimiste du XVIe siècle
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Le lieu n’attire pas seulement de fervents catholiques, mais aussi des partisans de courants ésotériques prêtant aux pierres des vertus thérapeutiques voire magiques. Le Sarioux regorge en effet de cristaux, notamment à l’intérieur des grottes, dont la célèbre améthyste qui aurait guéri « miraculeusement » une centaine de patients atteints de lourdes pathologiques jugées incurables. Durant le Moyen Âge, puis au cours de la Renaissance, les alchimistes et leurs apprentis espéraient y trouver la pierre philosophale, cette pierre qui permettrait la transmutation du plomb en or, dans sa conception la plus concrète. Le lieu est, à plus d’un titre, un site attrayant pour les touristes, pour les pèlerins mais aussi pour des membres de mouvements sectaires. En septembre 2031, quatorze sympathisants d’une secte se définissant comme un « mouvement New Age » se sont ainsi jetés depuis les hauteurs de Beaumes-du-Sarioux, sur la demande de leur gourou. Depuis cette tragédie, les conditions d’accès ont été restreintes.[/justify]
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JUIFS | Une communauté séfarade concentrée en Santogne de l’Est

[center][img]https://i.imgur.com/T3ednZl.png[/img]
Illustration : Synagogue de Garignan[/center]

[justify]La communauté juive est l’une des plus anciennes communautés religieuses installées en Santogne, avant même la christianisation du pays. Restant très marginale par ses effectifs – 11 178 individus en 2036, soit 0.15 % de la population nationale – elle n’en reste pas moins très liée à l’histoire nationale, caractérisée par des alternances entre cohabitation pacifique et pogroms. Les Juifs de Santogne suivent le rite séfarade, en raison de la proximité avec l’Algarbe, la Marquésie et le voisinage avec la Léontarie, caractérisé par l’usage du judéo-hispanique comme langue et une liturgie globalement moins « austère » par rapport à leurs cousins septentrionaux ashkénazes. Jouissant d’une assez grande liberté durant le premier millénaire, ils exercent les activités financières rendues illicites par l’Eglise catholique et participent de fait au développement du pays. Leur connaissance du monde et des sciences leur permet d’avoir une place de choix auprès de la cour restreinte de l’Empereur Dyton. Polyglottes, ils sont les interlocuteurs privilégiés entre l’Empire et les pays algarbiens et marquésiens qui prêchent une nouvelle religion répondant au nom d’islam. Malgré leurs divergences religieuses avec l’Empereur très catholique, les Juifs séfarades, établis en Santogne et en Léontarie, gardent l’estime de ce dernier grâce à leur érudition. Le Physicien de la Cour, qui veillait à la santé du roi et de la famille royale, était ainsi souvent juif. La présence des Juifs dans les plus hautes arènes du pouvoir dyton leur confère une véritable influence dans les affaires publiques et diplomatiques, non sans susciter la jalousie des vassaux.[/justify]


[center][img]https://i.imgur.com/vzK35O1.png[/img][img]https://i.imgur.com/zidK3FX.png[/img]
Illustration : membres de la communauté juive de Fos-sur-Méguès défilant dans les rues avec la Torah / Repas traditionnel séfarade du shabbat[/center]


[justify]Le déclin de l’Empire Dyton à partir de l’an mil changera la donne. Le partage salique donnera naissance au Royaume de Santogne. Le nouveau Roi Hubert de Santogne, organisera les premiers pogroms contre la communauté juive, jugée trop proche de l’ancienne dynastie impériale. Installés depuis plus de mille ans, les Juifs de Santogne sont forcés à l’exil mais resteront en Cérulée, se refusant d’émigrer vers les Valvatides qui accueillent les Ashkénazes slovians et thorvalois avec lesquels ils entretiennent d’hostiles relations. Les Ashkénazes voient en effet dans leurs cousins de Santogne des « Juifs noirs » débauchés tandis que les Juifs santognais leur reprocheront leur austérité et leur mépris. Les divergences entre les communautés sont donc essentiellement non pas religieuses mais culturelles, expliquant de fait la concentration des Séfarades en Cérulée. Certains d’entre eux prendront la route vers les Ménechmes. Cette oppression à l’égard des Séfarades atteint son paroxysme avec l’Inquisition durant le Moyen Âge tardif sous la houlette des Dominicains et des Franciscains. Mais à partir du XVIe siècle, les relations s’améliorent, au fur et à mesure que les Juifs deviennent les entremetteurs des rois et hauts nobles santognais avec les plus prestigieuses familles des pays céruléens. C’est notamment par l’intermédiaire d’un Juif séfarade du nom d’Aharon Benayim, que Sa Grâce le Duc Léon de Sarrioux put épouser la Princesse Christína des Ménechmes. Au même moment, dans la [url=https://simpolitique.net/viewtopic.php?p=341011#p341011]cité libre[/url] de Garignan notamment, la bourgeoisie juive prend directement part aux affaires publiques.

Les Juifs garderont une influence directe jusqu’au dernier Roi de Santogne, Ugolin II, qui régna sur le pays dans les années 1930. Fruit d’une relation consanguine, cet arriéré mental qui aura caché son analphabétisme à ses sujets, gardait quelques pouvoirs même si l’instauration de la monarchie constitutionnelle lui en a dépossédé la majorité. Il s’entoure de Juifs qui règnent de fait sur la Santogne jusqu’à l’abolition de la monarchie en 1938. Même s’ils ont perdu de leur influence depuis l’instauration de la République, les Juifs auront laissé à la Santogne un héritage certain qui se retrouve aussi bien dans les sciences, la philosophie, les arts, la musique, la littérature que la cuisine. Principalement situés à Garignan et dans une moindre mesure dans les villes de Mallonnès et Fos-sur-Méguès, ils sont globalement acceptés dans la société santognaise mais la situation tend à se dégrader depuis plusieurs années, où ils sont accusés de participer à la crise économique nationale de par leur présence dans les grandes institutions bancaires.[/justify]
Sébaldie

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HISTOIRE | Léon Ier, le premier des rois absolus de Santogne

[center][img]https://i.imgur.com/tgYQhM4.png[/img]
Premier monarque absolu de Santogne, le Roi Léon Ier a régné entre 1646 et 1678
Illustration : Portrait de Léon Ier, peint en 1650[/center]

[justify]Le Roi Léon Ier est l’un des personnages les plus importants de l’histoire santognaise, qui inspire encore aujourd’hui nombre de réalisateurs de cinéma ou de séries télévisées. Cette forte personnalité est à la fois liée à l’avènement de la monarchie absolue qui vient bouleverser la vieille féodalité qu’à la modeste entreprise coloniale de la Santogne au XVIIe siècle. Troisième fils du Comte Bernard du Haut-Sarioux, né en 1610, il est initialement destiné à la chevalerie comme tous les fils non héritiers. Mais infirme en raison de son pied-bot et d’une mauvaise vue, il est négligé par son père et se rapproche de sa mère. Celle-ci, hélas, meurt alors qu’il n’a que douze ans. Son père envisage alors de l’envoyer à l’[url=https://simpolitique.net/viewtopic.php?p=340733#p340733]abbaye de Vidrine-le-Clos[/url] afin qu’il prenne l’habit. Le jeune Léon, dont la foi n’a jamais été très forte et qui veut à tout prix éviter ce sombre destin, s’entraîne des mois durant pour aller sur le champ de bataille comme ses frères. Par chance, son père meurt avant de pouvoir l’y envoyer et son frère aîné, Frédéric, hérite alors du comté. À force d’abnégation, Léon devient l’un de ses commandants de troupe, à l’instar de son second frère, Rostand, avec lequel les relations sont franchement haineuses.

À son retour, le Comte Frédéric meurt d’une méchante infection à l’âge de 22 ans, sans descendance, léguant le titre à son frère Rostand, dont la première décision est d’écarter Léon de tout rôle décisionnel. Frustré et enragé, Léon décide de régler le différend en duel, au cours d’une joute. D’abord amusé par cette proposition, le désormais Comte Rostand du Haut-Sarioux décide finalement de l’accepter, persuadé de sa victoire en raison de l’infirmité et de la mauvaise vue de son frère. En juillet 1629, c’est sous une pluie battante que le duel a lieu, la visibilité est quasi-nulle. Mais, à la surprise de tous, Léon terrasse son frère le comte en lui crevant les yeux avec sa lance. Dans l’incapacité d’honorer son rôle de comte, Léon s’empare finalement du titre à l’âge de 24 ans et épouse la Comtesse Alienor du Bas-Sarioux, vieille fille de dix ans son aînée, caractérisée par son incroyable laideur, un embonpoint et une odeur pestilentielle permanente. De cette union naîtra une fille, dont la paternité reste encore à débat. On soupçonne en effet le Comte Léon d’avoir fait appel à un gigolo pour donner un enfant au couple, en le faisant passer pour le sien. Très mécontent de son mariage, le Comte Léon tentera de le faire annuler en prétendant que sa femme fût adultérine. Il parvint finalement à obtenir du pape son divorce et du comté voisin du Bas-Sarioux en guise d’indemnisation. Puis, à force de conquêtes et de relations, il devient le Duc du Sarioux avec une forte emprise sur le nord de la Santogne.[/justify]


[center][img]https://i.imgur.com/HqWuxMR.png[/img][img]https://i.imgur.com/xggnORU.png[/img][img]https://i.imgur.com/klwoJZz.png[/img]
Illustration (de gauche à droite) :
Roi Léon Ier, alors Duc du Sarioux (tableau peint en 1641)
Aharon Benayim, émissaire et diplomate juif séfarade à l’origine du mariage entre le Roi Léon et la Reine Christína (tableau peint en 1657)
Reine Christína des Ménechmes (tableau peint en 1664)
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[justify]En délicatesse avec l’Eglise et les autres vassaux, il se consolide une grande armée pour résister aux entreprises de déstabilisation dont il est victime. Il assure ainsi sa position auprès du Roi de Santogne, qui ne peut pas s’aliéner son puissant duc. Mais en 1645, à l’âge de 35 ans, il peine à sceller de nouvelles noces, ayant perdu du crédit auprès des autres familles nobles catholiques. Mais cet explorateur inconditionné, qui profite de sa grande richesse pour se payer des expéditions jusqu’en Dorimarie et en Ventélie, rencontre sur l’archipel des Ménechmes un émissaire juif séfarade du nom d’Aharon Benayim dont les ancêtres ont été expulsés de Santogne six siècles auparavant, et qui conseille la très jeune reine Christína – 15 ans – qui [url=https://simpolitique.net/viewtopic.php?p=340764#p340764]fait face à une importante fronde des nobles[/url] contestant sa légitimité sur le trône. Aharon Benayim propose ainsi au Duc du Sarioux de tuer la félonie dans l’œuf pour s’assurer un mariage royal. D’abord hésitant, le Duc est finalement conquis par l’idée et surtout par la beauté et la maturité de la jeune reine. Cette opération est un succès. De confession orthodoxe, ne dépendant pas des Etats pontificaux, le mariage est célébré sans problème entre le Duc et la Reine Christína. Ils auront cinq enfants, dont deux fils.

Toutefois, le retour en Santogne en octobre 1645 ne se déroulera pas comme prévu pour le Duc Léon. Profitant de son absence, une coalition de plusieurs nobles tentera de le renverser, avec le consentement du Roi. La guerre est particulièrement sanglante et reste longtemps indécise, jusqu’à l’arrivée des renforts de l’armée ménechméenne, un an après l’aide santognaise. Victorieux en novembre 1646, le Duc Léon dépose le Roi et s’empare du trône. Ses ennemis sont tous exécutés dès le lendemain, par écartèlement. Prenant le nom de Léon Ier de Santogne, le nouveau roi s’adjuge leurs titres fonciers et opère une recentralisation du pouvoir. Provocateur, il se sacre lui-même monarque de droit divin, et adopte la célèbre devise Videmus omnia (« Nous voyons tout »), qui restera la devise du Royaume de Santogne jusqu’à son abolition en 1938. Son règne est marqué par des entreprises coloniales : la première, logique, aux Ménechmes qui deviendront le siècle suivant un protectorat de la couronne santognaise. Il navigue également jusqu’au littoral du nord-ouest eashe, pour y envoyer ses propres missionnaires catholiques et établir en même des comptoirs commerciaux. Il se rend également en Ventélie, notamment au Posun et au Liang ; et en Dorimarie, au Txile.[/justify]

[center][img]https://i.imgur.com/ur04FOA.png[/img]
Illustration : Voyage des Santognais en Eashatri (tableau peint vers 1660)[/center]

[justify]La Santogne connaît son âge d’or économique à cette époque, notamment sur les conseils d’Aharon Benayim, devenu son intendant, au prix de ses relations avec ses voisins catholiques, qui se détériorent de manière notable. Il vit avec la Reine Christína un mariage passionnel, d’abord réciproque. Encore chagriné par la mort précoce de sa mère, le Roi Léon Ier tentera de retrouver son amour maternel avec son épouse. Mais ce monarque absolu apprendra à ses dépens qu’il ne pourra pas obliger sa femme à l’aimer. À partir de 1668, Léon Ier sombre dans la folie. Devenu totalement myope mais refusant de porter des lunettes pour ne pas montrer son infirmité visuelle, il est dans l’incapacité de lire le moindre document. Esseulé par son épouse reine qui ne remettra plus un pied en Santogne à partir de 1670, il tombe dans la paranoïa, persuadé que tout le monde veut sa mort. Aharon Benayim, son seul confident, est limogé sans aucune raison en 1675, à une époque où le peuple préfère regarder le futur avec le Prince héritier, qui prend de plus en plus de place dans les affaires publiques. Souffrant de diarrhées sanglantes, il meurt au mois de février 1678. D’après des témoignages, ses douleurs gastriques furent si violentes qu’il aurait « déféqué son intestin ». Les historiens s’accordent à dire qu’il souffrait d’une violente infection gastro-intestinale provoquée par un ver solitaire, expliquant par ailleurs sa folie progressive.

L’héritage du Roi Léon ne s’évalue pas par sa dynastie, qui durera à peine un siècle avant d’être déposée par une autre maison, puis l’instauration d’une monarchie constitutionnelle mais il aurait permis à consolider l’unité de la nation santognaise et son aura à l’international. Personnage complexe, qui fascine autant les historiens que les psychiatres, il est l’une des figures indissociables de la Santogne.[/justify]
Sébaldie

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ORDRES HONORIFIQUES | L’Ordre de l’Honneur et l’Ordre du Mérite, pour récompenser les valeureux

[center][img]https://i.imgur.com/AiaSRhT.png[/img]
Illustration : Le philanthrope Philibert Boffrand élevé au rang de Grand-Croix de l’Ordre de l’Honneur par le président de l’époque, en 2030[/center]

[justify]De tous les ordres, médailles et autres distinctions honorifiques qui subsistent en République de Santogne, on peut citer deux principales références : l’Ordre de l’Honneur et l’Ordre du Mérite, la première étant jugée plus prestigieuse mais aussi beaucoup plus élitiste que la seconde, plus démocratique.

L’Ordre de l’Honneur a été institué par le Roi Roland Ier, fils de [url=https://simpolitique.net/viewtopic.php?p=341464#p341464]Léon Ier de Santogne[/url] et de la Reine Christína des Ménechmes. Régnant entre 1678 et 1695, il doit faire face à une fronde de nobles, dont les pouvoirs ont été considérablement amoindris par l’absolutisme du pouvoir. En 1681, est ainsi créé l’Ordre de l’Honneur pour récompenser les Santognais voire les étrangers, militaires ou civils, qui ont rendu d’éminents services au Royaume. Les premiers récipiendaires furent pour beaucoup des membres de l’ancienne noblesse féodale, une distinction qu’on pourrait qualifier de consolatoire puisqu’honorifique et ne donnant aucun droit de regard sur les affaires publiques. Divisé entre plusieurs grades – Chevalier, Officier, Commandeur, Grand-Officier et Grand-Croix – l’Ordre continue d’exister aujourd’hui. Mais sa pertinence fait régulièrement l’objet de marronniers dans la presse, par exemple lors de l’élévation en 2027 au rang de Grand-Officier du président du conseil d’administration de Lotus Capital, l’un des principaux créanciers de la Santogne. L’Ordre de l’Honneur est également critiqué par son caractère élitiste, le Président de la République gardant la compétence exclusive pour décerner la distinction ; même si dans les faits, l’initiative vient du Gouvernement.

L’Ordre du Mérite a été créé à l’abolition de la monarchie santognaise en 1938, afin de rompre symboliquement avec elle, initialement pour remplacer l’Ordre de l’Honneur, en vain. Malgré des dénominations différentes pour les grades – Croix d’Argent, Croix d’Or, Commandeur, Grand Commandeur, Grand-Croix – l’Ordre vise les mêmes objectifs à ceci près qu’elle récompense « tous ceux qui, par leurs actions, leurs accomplissements, ont contribué à la grandeur de la Santogne et de l’Humanité ». En d’autres termes, la distinction se veut moins « nationalisante » et récompense ceux qui ont eu des actions honorables y compris en dehors des frontières santognaises. C’est le Parlement qui décerne la récompense, parfois sous initiative citoyenne. L’Ordre du Mérite compte beaucoup plus de récipiendaires que l’Ordre de l’Honneur en raison de son champ de compétence large et de ses modalités d’attribution.[/justify]
Sébaldie

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PEINE DE MORT | Des exécutions qui se raréfient, remettant en cause la pertinence de la peine capitale

[center][img]https://i.imgur.com/s2F01Xo.png[/img]
La pendaison est aujourd’hui la seule méthode d’exécution en Santogne.
Illustration : Moines d'Aigues-Lisses pendus pour leur insoumission au [url=https://simpolitique.net/viewtopic.php?p=341464#p341464]Roi Léon Ier[/url], en 1655.
[Tableau peint par Enguerrand Laslanes en 1664]
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[justify]La peine capitale, la plus grave des sanctions pénales, est en vigueur en Santogne depuis ses origines, quand elle n’était qu’une partie intégrante de l’Empire Dyton puis lorsqu’elle prit son indépendance. Son utilisation, tantôt arbitraire décidée par les dépositaires de l’autorité, tantôt par un jury, fait aujourd’hui l’objet de nombreux débats dans la vie politique quant à sa pertinence et à conformité vis-à-vis de l’éthique, de la morale.

La pendaison reste la méthode d’exécution la plus utilisée dans l’histoire et la seule aujourd’hui encore utilisée. Il n’en a pas toujours été ainsi : sous la Santogne féodale des XIe-XVIIe siècle, chaque noble jouissait d’une pleine liberté quant à la méthode utilisée. La décapitation à l’épée, le bûcher, la noyade étaient couramment utilisés. Pour les crimes les plus graves, tels que les assassinats de personnes de haut rang, l’exécution était particulièrement cruelle et se déroulait en place publique. On privilégiait alors des méthodes plus spectaculaires, telles que l’écartèlement, l’éventration, la flagellation, ou le crucifiement. Des constantes revenaient tout de même : le feu, jugé purificateur, était réservé aux hérétiques et aux sorcières ; l’empalement l’était aux sodomites et la flagellation aux traitres comploteurs. Le but recherché était alors d’infliger le maximum de souffrances au condamné à mort ou de prétendre le purifier de ses péchés.

C’est sous le règne de Léon Ier, premier roi absolu de Santogne, que la peine de mort se voit uniformisée, codifiée, mais aussi répandue. Celui-ci privilégie la méthode par pendaison, une décision sans doute influencée par les cordes des navires qu’il empruntait pour faire le tour du monde. Encore aujourd’hui, la Santogne est réputée pour ses filatures de cordes. La sanction se veut « démocratique » : le roturier, le noble et l’ecclésiastique passaient tous à l’échafaud, sans distinction d’origines sociales. Il s’agissait pour le Roi d’affirmer son pouvoir absolu, dans un contexte de contestation de ses anciens vassaux et d’hostilité à l’égard de l’Eglise catholique. Pas moins de 9 000 condamnations à mort sont dès lors décrétées sous son règne de 32 ans, selon le recensement officiel qui ne tient pas compte des condamnations officieuses et plus secrètes. Cette « inflation » de condamnations à mort – la plus élevée que la Santogne connaîtra de son histoire – s’explique par le fait que le Roi procédait souvent à l’exécution de toute la famille du condamné, y compris les plus jeunes enfants.

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Illustration : une industrie de la corde près de Rodessac (province du Grand-Rascassin).[/center]

La chute de l’absolutisme le siècle suivant conduit à l’établissement d’un Etat de droit et de l’instauration de procédures pénales. Le Roi est maintenant limité dans ses actions et la condamnation à mort n’est plus le fait de sa seule volonté, mais aussi de celle du jury qui juge l’affaire. En conséquence, le nombre de condamnations à mort chute drastiquement et on lui préfère des incarcérations à perpétuité. Seuls les crimes les plus horribles font l’objet de la peine capitale. Malgré une forte augmentation dans les années qui suivent l’abolition de la monarchie – actée en 1938 – les condamnations à mort suivent globalement une pente descendante. Entre 2025 et 2035, ce sont à peine trois exécutions qui ont été réalisées. Celles-ci font suite à des procédures particulièrement longues : une exécution est parfois réalisée dix ans après que la sanction fût prononcée par le tribunal, en raison des recours de droit possibles.

Dans ce contexte, la question de l’abolition de la peine de mort revient régulièrement dans le débat public mais n’est clairement soutenue au Parlement que par le Mouvement social-démocrate, les autres partis étant favorables à la peine de mort, sinon divisés. Qui plus est, la peine capitale fait vivre un pan de l’économie pour laquelle la Santogne s’est bâtie une renommée mondiale, l’industrie de la corde. Le symbolisme de la corde est par ailleurs très présent dans les fêtes laïques, comme dans les processions religieuses. Le « pendu » est également une des cartes majeures du tarot santognais. Autant dire qu’au-delà de simples considérations juridiques et morales, la corde et par extension la peine capitale appartiennent au patrimoine national.[/justify]
Sébaldie

Message par Sébaldie »

RITE FUNERAIRE | Boire et manger au cimetière

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Illustration : Famille santognaise dînant dans un cimetière du Nord de la Santogne[/center]

[justify]Il est une image qui peut interpeller voire choquer les moins avertis, celle de familles santognaises s’asseyant à côté des tombes de leurs proches et dînant à leur mémoire. Cette pratique, répandue dans toute la Santogne mais aussi dans le Royaume des Ménechmes, tranche avec l’idée véhiculée en Occident d’un cimetière morose et propice au strict recueillement. De telles célébrations ont lieu tout au long de l’année mais une date retient l’attention de tous les Santognais : le 3 juillet. À l’occasion de la Saint-Thomas, l’un des douze apôtres de Jésus connu pour avoir douté de la résurrection du Christ, également patron des maçons et des architectes, les cimetières sont pris d’assaut par des tables de pique-nique et ne ferment pas la nuit. Si les conditions météorologiques le permettent, une nouvelle célébration a lieu le 1er novembre, à l’occasion de la Toussaint.

D’où vient cette tradition ? Les historiens s’accordent à dire que si la célébration joyeuse des morts remonte aux temps antiques, c’est l’influence du monde celtique lagarano-lorthonien qui l’a ancrée dans les mœurs santognaises. Si aujourd’hui le 1er novembre est associé à la Toussaint, pour la mythologie celtique, l’on fêtait Samain, marquant la fin de l’année et le début d’une nouvelle. À mi-chemin entre deux années, Samain est donc une parenthèse qui permet aux vivants de rencontrer les défunts. Au fil du temps, les croyances ont évolué mais les rites ont subsisté, à force de syncrétisme. Cette fête n'est pas très différente de ce qui se passe aux [url=https://simpolitique.net/viewtopic.php?p=341900#p341900]Vavatides[/url] et au [url=https://simpolitique.net/viewtopic.php?p=324685#p324685]Thorval[/url] par exemple.

Historiquement, l’Eglise catholique a été partagée entre la condamnation ferme de ces dîners mortuaires et une tentative de récupération comme de nombreuses fêtes initialement païennes. Le débat, même s’il a largement perdu en intensité, reste ouvert. Toujours est-il que cette tradition a longtemps été le ciment d’une famille qui peut se réunir au complet au moins une fois dans l’année, pour partager la mémoire d’un ancêtre, d’un proche commun.[/justify]
Sébaldie

Message par Sébaldie »

CATASTROPHE MINIÈRE DE 1949 | Des grèves sous fond de concurrences syndicales

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Illustration : Mineurs grévistes le 12 avril 1949[/center]

[justify]Si la Santogne n’est pas un grand pays minier, avec un seul grand site charbonnier à Pénasque, au nord-ouest, son histoire est marquée par l’une des plus graves catastrophes minières de Dytolie, voire du monde. Le 4 avril 1949, à 9h22, la fosse n°3 de la Compagnie des mines de Pénasque s’effondre, provoquant la mort de plus de 400 mineurs. Au simple effondrement s’ajoute un incendie, qui se déclare une heure plus tard, que les sapeurs-pompiers ne maîtriseront qu’au bout de deux jours. La responsabilité de la direction est immédiatement remise en cause : la fosse, exploitée de longue date, présentait des signes d’obsolescence et de vétusté. En solidarité avec leurs collègues enfouis et manifestant contre la négligence de la Compagnie, des milliers de mineurs posent le piquet de grève dès le lendemain. Parmi leurs revendications, ils demandent un réaménagement des fosses, une augmentation de salaire, une couverture santé minimale jusqu’ici inexistante, et l’indemnisation des familles des ouvriers morts.

L’ampleur et la durée de la grève sont sans précédent : pendant près de cinq mois, la production est bloquée, les deux camps refusant la moindre concession. Alerté par la situation, l’Etat tente une médiation, en vain. S’engage alors une répression policière, qui ne fera qu’aggraver la situation. La grève, cantonnée aux mineurs, s’étend à plusieurs secteurs d’activité et devient une bataille politique. La jeune République de Santogne, proclamée il y a onze ans, ne parvient pas à s’imposer, aiguisant ainsi les appétits des royalistes, qui promettent le retour de l’ordre par la restauration.

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Illustration : Incendie consécutif à l’effondrement de la fosse[/center]

La direction de la Compagnie consent à quelques légères améliorations pour jouer la montre et calmer les ardeurs. Elle parie en effet sur un essoufflement du mouvement après cinquante jours sans salaire. Une caisse est alors organisée pour soutenir les grévistes le temps nécessaire et parmi les grands contributeurs, la République Phalanstérienne, alors sous un régime communiste à parti unique, l’alimente régulièrement et directement. Les grévistes peuvent ainsi continuer le mouvement social avec des garanties financières. Loin d’être désintéressée, cette contribution s’accompagne d’une propagande, dans une langue partagée par les deux pays, favorable aux idéaux socialistes au cœur de cette région où l’on vote pourtant comme les patrons depuis l’instauration du suffrage universel.

Craignant une « bolchevisation » de la classe ouvrière de Pénasque, un autre syndicat engage une féroce concurrence pour s’accaparer le mouvement, le syndicat chrétien-ouvrier. Financé par les organes ecclésiastiques, le syndicat entend conjuguer les valeurs chrétiennes et d'humanisme, en alimentant lui aussi la caisse commune. La démarche, là encore, n’est pas désintéressée : le syndicat chrétien-ouvrier bénéficie du soutien des royalistes tandis que l’Eglise ne veut pas perdre ses ouailles, à une époque de sécularisation. Des divisions commencent à naître au sein des mineurs de Pénasque, qui font voler en éclat l’apparente unité qui régnait depuis quatre mois. La situation profite à la Compagnie, qui s’engage au moins à moderniser ses fosses et à indemniser « correctement » les familles des victimes. Les mineurs ne bénéficieront en revanche ni de hausses de salaires, ni de couverture santé, juste d’une pause supplémentaire par jour, officiellement consacrée à la prière.

Sur cet épisode de l’histoire santognaise, les avis sont partagés pour déterminer le réel gagnant. Si elle a permis à la Phalanstérie d’exercer une influence dans le pays, la grève n’a pas conduit aux revendications initiales, ni même à une « bolchevisation » de Pénasque. L’Eglise a réassuré sa primauté dans cette région conservatrice, mais des voix se sont élevés contre l’indifférence qu’elle a manifestée durant les premiers mois et contre l’hypocrisie de sa démarche. La Compagnie, elle, se contente de réparer du matériel obsolète et les vies qu’elle a prises par sa négligence. Mais tous sont d’accord sur le constat que les mineurs sortent perdants de l’affaire. C’est d’ailleurs à cette époque qu’on assiste à un fort renouvellement des effectifs, avec l’arrivée de travailleurs étrangers, moins enclins à s’unir et perturbant durablement l’unité des ouvriers, qui a été le ciment de ce grand mouvement social.[/justify]
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