Tempête en approche
Il était 7h du matin à Subarashî, et l'air du mois de décembre paraissait glacial aux piétons dans les rues. Comme tous les matins, les voitures pullulaient au pied des grandes tours de Kabushikigaishia, le quartier d'affaires de la capitale. Et comme tous les matins, à 7h, une limousine noire déposa un homme, accompagné de deux gardes du corps Algarbiens, au pied de l'imposante Tour Gyôkai, siège de l'entreprise du même nom. Shôtô Tokiomi, multimiliardaire et homme le plus riche du Teikoku, PDG du Conglomérat Gyôkai, partiarche de la puissante famille Tokiomi, venait d'arriver au travail. Prenant l’ascenseur jusqu'au 61ème étage, qui abritait son bureau, il s'arrêta pour sa discussion matinale rituelle avec sa secrétaire, Mme. Hotaru Otsuka.
[center][img]https://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/thumb/f/f5/TakesiKitano.jpg/260px-TakesiKitano.jpg[/img]
Shôtô Tokiomi, PDG de Gyôkai[/center]
Shôtô Tokiomi : Ah, Otsuka-san, bonjour ! Mettez-moi au courant de l'actualité, s'il vous plaît, vous qui lisez toujours les journaux.
[center][img]https://image.noelshack.com/fichiers/2018/17/4/1524697810-hotaru-otsuka.png[/img]
Hotaru Otsuka, secrétaire personnelle de Tokiomi[/center]
Hotaru Otsuka : Bonjour, Tokiomi-sama ! Oh, rien de bien intéressant aujourd'hui je crois. Il y a eu une épidémie à Ôji à cause du poisson pas frais, des débats à la Diète sur la corruption des Libéraux, et puis un dingue qui dit que les eroge seront la fin de la civi...
Shôtô Tokiomi : Attendez, les Libéraux corrompus ? Dites-m'en plus.
Hotaru Otsuka : Euh, d'accord, alors... Le Représentant Nakagawa a attaqué des Libéraux et des Démocrates par ce qu'ils auraient été payés par des entreprises pour voter contre les sanctions sur l'Aleka, et... Oh. Euh... L'article mentionne le Conglomérat au premier plan des entreprises visées, Mr. le PDG.
Shôtô Tokiomi : Je vois... Annulez tous mes rendez-vous pour la matinée, Otsuka-san, et demandez à Gen Ôkami de venir dans mon bureau le plus vite possible.
Sur ces mots, Shôtô Tokiomi entra dans son bureau, et s'assit et alluma un cigare en attendant Gen Ôkami. Ce dernier arriva cinq minutes plus tard. Officiellement, Ôkami était l'un des chargés des relations clients au sein du Conglomérat. En réalité, son travail était un peu différent...
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Gen Ôkami[/center]
Gen Ôkami : Vous vouliez me voir, boss ?
Shôtô Tokiomi : Oui, Gen. Dis-moi, tu as lu le journal, ce matin ?
Gen Ôkami : Non, boss. Pourquoi ?
Shôtô Tokiomi : Par ce que Nakagawa nous accuse d'avoir corrompu ces putains de Libéraux pour qu'ils votent contre ce putain de blocus, voilà pourquoi !
Gen Ôkami : Effectivement, boss, c'est embêtant. Je me demande d'où est-ce qu'il a bien pu avoir cette idée...
Shôtô Tokiomi : J'aimerais que tu fasses plus que te demander, et que tu trouves, Gen ! C'est la réputation de Gyôkai qui est en jeu ! Et puis ce Nakagawa, d'abord, comment ça se fait qu'il n'est pas dans notre poche ?
Gen Ôkami : Oh, on a essayé ça boss, mais il est incorruptible ce trouduc. Non seulement il a peur de finir en prison comme son pote Masuda il y a 20 ans, mais en plus il est riche à crever, et un pot-de-vin ça lui fait ni chaud ni froid... Mais ne vous inquiétez pas, boss, j'ai ma petite idée de qui a pu parler à Nakagawa, on va le rappeler un peu à l'ordre.
Shôtô Tokiomi : J'espère bien, Gen ! Allez, va donc faire ton boulot, je dois déjà avoir un milier d'emails d'actionnaires qui se demandent ce qu'il se passe !
[RP 2035-...] L'argent et le sang – お金と血
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Cyrus
Les crocs du loup se referment
Il était deux heures du matin, le premier janvier 2036. A Subarashî, les fêtards du Nouvel An commençaient à partir des rues et Ichiro Takata, Représentant à la Diète du Teikoku et membre de la commission dédiée au budget à la Diète, était assis à son bureau en train de travailler. Alors qu'il repassait ses chiffres sur la dépense publique pour aider les pêcheurs de thon du Nishi (absurdement haute, se disait-il, mais c'était les ordres du Gouvernement), son téléphone portable sonna, appelé par un numéro masqué, et Takata décrocha.
[center][img]https://media.gettyimages.com/photos/man-using-smart-phone-in-the-bar-picture-id455116917?k=6&m=455116917&s=170667a&w=0&h=lyFp3Bn8A6XfTJccjKKPCyveGpzsptVYXYoBn6IsouU=[/img][/center]
Ichiro Takata: soupir. Moshimoshi?
Voix au téléphone: Bonne année, Monsieur Takata!
Ichiro Takata: Qui c'est? J'ai du travail moi! Je n'aime pas être dérangé!
Voix au téléphone: Allons, Ichiro, tu ne reconnais pas ma voix? est-ce que ça te rafraîchit la mémoire si je te dis "dix millions de Ginkô et ton silence"?
Ichiro Takata: M-M-Monsieur Ôkami? Q-Que puis-je faire p-p-p-pour vous?
Gen Ôkami: ton sarcastique "M-M-Monsieur Ôkami?" Je vais te dire ce que tu peux faire, Ichiro. Tu peux me dire pourquoi tu as parlé de nos petits arrangements à Nakagawa!
Ichiro Takata: Quoi? N-Non! Je n'ai rien dit du tout à Nakagawa, rien du tout! J-J-Je ne lui ai jamais parlé, même!
Gen Ôkami: Jamais, tu es sûr de toi? Tu m'expliqueras dans ce cas ce que c'était que cette enveloppe que tu lui as passé il y a deux mois dans la cafétéria de la Diète?
Ichiro Takata: Je.. Mais.. Que.. Que... C-Comment vous savez?
Gen Ôkami: Allons, tes collègues du Parti Libéral ne sont pas tous aussi hypocrites que toi, Ichiro. Il y en a qui, après avoir accepté notre argent, ont décidé de rester en bon termes avec nous, tu vois. Et puis il y a toi, Ichiro. Un sale rat qui dénonce les corrompus alors qu'il l'a été lui-même. Qu'est-ce qu'il t'a promis Nakagawa? L'amnistie s'il devient Premier Ministre?
Ichiro Takata: J-J-Je... sanglote.
Gen Ôkami: Bon, écoute-moi bien, Ichiro. Voilà ce que tu va faire, au lieu de geindre comme un fragile: Tu vas démissionner de ton poste, et avouer tes liens avec la mafia de Sunano. C'est là d'où tu viens non? Après, tu disparais et tu deviens pêcheur de saumon dans le Nishi ou je ne sais quoi, j'en ai rien à foutre tant qu'on te revoie pas à Subarashî, compris?
Ichiro Takata: M-Mais, je peux pas... Ca fout toute ma vie en l'air ça...
Gen Ôkami: Ecoute, Ichiro: tu as le choix: soit tu fous ta vie en l'air, soit tu la perds, c'est compris? Après tout, une chute depuis la baie vitrée de ton appartement au 15ème étage, ça pardonne pas. Tu as un mois, Ichigo.
Ôkami raccroche. Affalé dans son siège et en larmes, Ichiro Takata se répète en boucle "Qu'est-ce que je vais faire? Qu'est-ce que je vais faire? Qu'est-ce que je vais faire?..."
Il était deux heures du matin, le premier janvier 2036. A Subarashî, les fêtards du Nouvel An commençaient à partir des rues et Ichiro Takata, Représentant à la Diète du Teikoku et membre de la commission dédiée au budget à la Diète, était assis à son bureau en train de travailler. Alors qu'il repassait ses chiffres sur la dépense publique pour aider les pêcheurs de thon du Nishi (absurdement haute, se disait-il, mais c'était les ordres du Gouvernement), son téléphone portable sonna, appelé par un numéro masqué, et Takata décrocha.
[center][img]https://media.gettyimages.com/photos/man-using-smart-phone-in-the-bar-picture-id455116917?k=6&m=455116917&s=170667a&w=0&h=lyFp3Bn8A6XfTJccjKKPCyveGpzsptVYXYoBn6IsouU=[/img][/center]
Ichiro Takata: soupir. Moshimoshi?
Voix au téléphone: Bonne année, Monsieur Takata!
Ichiro Takata: Qui c'est? J'ai du travail moi! Je n'aime pas être dérangé!
Voix au téléphone: Allons, Ichiro, tu ne reconnais pas ma voix? est-ce que ça te rafraîchit la mémoire si je te dis "dix millions de Ginkô et ton silence"?
Ichiro Takata: M-M-Monsieur Ôkami? Q-Que puis-je faire p-p-p-pour vous?
Gen Ôkami: ton sarcastique "M-M-Monsieur Ôkami?" Je vais te dire ce que tu peux faire, Ichiro. Tu peux me dire pourquoi tu as parlé de nos petits arrangements à Nakagawa!
Ichiro Takata: Quoi? N-Non! Je n'ai rien dit du tout à Nakagawa, rien du tout! J-J-Je ne lui ai jamais parlé, même!
Gen Ôkami: Jamais, tu es sûr de toi? Tu m'expliqueras dans ce cas ce que c'était que cette enveloppe que tu lui as passé il y a deux mois dans la cafétéria de la Diète?
Ichiro Takata: Je.. Mais.. Que.. Que... C-Comment vous savez?
Gen Ôkami: Allons, tes collègues du Parti Libéral ne sont pas tous aussi hypocrites que toi, Ichiro. Il y en a qui, après avoir accepté notre argent, ont décidé de rester en bon termes avec nous, tu vois. Et puis il y a toi, Ichiro. Un sale rat qui dénonce les corrompus alors qu'il l'a été lui-même. Qu'est-ce qu'il t'a promis Nakagawa? L'amnistie s'il devient Premier Ministre?
Ichiro Takata: J-J-Je... sanglote.
Gen Ôkami: Bon, écoute-moi bien, Ichiro. Voilà ce que tu va faire, au lieu de geindre comme un fragile: Tu vas démissionner de ton poste, et avouer tes liens avec la mafia de Sunano. C'est là d'où tu viens non? Après, tu disparais et tu deviens pêcheur de saumon dans le Nishi ou je ne sais quoi, j'en ai rien à foutre tant qu'on te revoie pas à Subarashî, compris?
Ichiro Takata: M-Mais, je peux pas... Ca fout toute ma vie en l'air ça...
Gen Ôkami: Ecoute, Ichiro: tu as le choix: soit tu fous ta vie en l'air, soit tu la perds, c'est compris? Après tout, une chute depuis la baie vitrée de ton appartement au 15ème étage, ça pardonne pas. Tu as un mois, Ichigo.
Ôkami raccroche. Affalé dans son siège et en larmes, Ichiro Takata se répète en boucle "Qu'est-ce que je vais faire? Qu'est-ce que je vais faire? Qu'est-ce que je vais faire?..."
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Cyrus
Neige sur le Tentai
Le temps de ce mois de Février était inhabituellement froid pour les hivers cléments de Subarashî: de petits flocons de neige tombaient parfois sur les passants emmitouflés dans leurs écharpes et leurs gros manteaux, et l'imposant Mont Tentai qui surplombait la ville, son sommet perdu dans les épais nuages, était recouvert d'une épaisse couche blanche. Entouré de ses gardes du corps, deux fois plus nombreux que la normale pour un membre de la Diète, le jeune représentant Ichiro Takata rentrait chez lui après une dure journée de travail à aider la Commission sur le Budget dans le débat sur le taux de TVA à imposer sur le vinaigre. Arrivé devant son appartement, il congédia ses hommes, tourna la clef et entra. Avant qu'il ait eu le temps de se reposer, il vit cependant une silhouette regardant par la baie vitrée, fumant une cigarette. Entendant Takata entrer, il se retourna, révélant qu'il s'agissait en réalité de nul autre que Gen Ôkami.
[center][img]https://image.noelshack.com/fichiers/2018/20/2/1526342556-gen-okami.png[/img][/center]
Ichiro Takata: Qu'est-ce que... Qu'est ce que vous faites chez moi? Sortez! Comment êtes vous entré?
Gen Ôkami: Tu crois vraiment que c'est difficile pour moi d'entrer chez quelqu'un dans cette ville, Ichiro? Je rentre où je veux, quand je veux! Mais parlons de toi: je t'avais donné un mois pour quitter la ville, non? Ca fait 45 jours, alors tu as intérêt à être convaincant!
Ichiro Takata: Ah oui? Et qu'est-ce que vous allez me faire? Tout dans cette pièce est enregistré, et en 1 seconde mes gardes du corps sont de retour, je leur ai loué un appartement dans cet immeuble! Si vous faites quoi que ce soit, vous êtes foutu, Ôkami!
Gen Ôkami: Laisse-moi deviner, tu te crois malin avec ta surveillance et ta protection non? Tout ici est enregistré, mais par des techniciens de Denshi Electronics, tu sais, l'entreprise qui appartient à Gyôkai? Et tes gardes du corps, ils viendraient pas d'une société privée qui s'appelle Yu-san No Bodîgâdo? Tu sais, les gardes qui viennent de la mafia? Je vais t'apprendre un truc, Ichiro: tout ce que tu fais dans cette ville, Gyôkai a sa main dedans, ce que tu manges c'est Gyôkai, ce que tu conduis c'est Gyôkai, et même ce que tu fais d'illégal, c'est Gyôkai. Tu crois vraiment que je suis juste un consultant en relations publiques Ichiro? tu m'as regardé, franchement?
Enfin bon, rassure-toi, je ne suis pas là pour te faire passer par ta baie vitrée, même si c'est pas l'envie qui me manque. Mon boss pense qu'on a mieux à faire que t'éclater sur le pavé, pour le moment. Tu vois, même si cette histoire d'embargo est un fiasco, on a encore besoin du parti Libéral. Et vu que tu es à la commission du Budget, ton incompétence crasse peut nous être utile. Ce dont on a besoin, c'est que forciez la main aux Démocrates pour faire passer certaines réformes, qui sont dans ton champ d'expertise. Si ça fonctionne, tu pourrais peut-être même te racheter...
Le temps de ce mois de Février était inhabituellement froid pour les hivers cléments de Subarashî: de petits flocons de neige tombaient parfois sur les passants emmitouflés dans leurs écharpes et leurs gros manteaux, et l'imposant Mont Tentai qui surplombait la ville, son sommet perdu dans les épais nuages, était recouvert d'une épaisse couche blanche. Entouré de ses gardes du corps, deux fois plus nombreux que la normale pour un membre de la Diète, le jeune représentant Ichiro Takata rentrait chez lui après une dure journée de travail à aider la Commission sur le Budget dans le débat sur le taux de TVA à imposer sur le vinaigre. Arrivé devant son appartement, il congédia ses hommes, tourna la clef et entra. Avant qu'il ait eu le temps de se reposer, il vit cependant une silhouette regardant par la baie vitrée, fumant une cigarette. Entendant Takata entrer, il se retourna, révélant qu'il s'agissait en réalité de nul autre que Gen Ôkami.
[center][img]https://image.noelshack.com/fichiers/2018/20/2/1526342556-gen-okami.png[/img][/center]
Ichiro Takata: Qu'est-ce que... Qu'est ce que vous faites chez moi? Sortez! Comment êtes vous entré?
Gen Ôkami: Tu crois vraiment que c'est difficile pour moi d'entrer chez quelqu'un dans cette ville, Ichiro? Je rentre où je veux, quand je veux! Mais parlons de toi: je t'avais donné un mois pour quitter la ville, non? Ca fait 45 jours, alors tu as intérêt à être convaincant!
Ichiro Takata: Ah oui? Et qu'est-ce que vous allez me faire? Tout dans cette pièce est enregistré, et en 1 seconde mes gardes du corps sont de retour, je leur ai loué un appartement dans cet immeuble! Si vous faites quoi que ce soit, vous êtes foutu, Ôkami!
Gen Ôkami: Laisse-moi deviner, tu te crois malin avec ta surveillance et ta protection non? Tout ici est enregistré, mais par des techniciens de Denshi Electronics, tu sais, l'entreprise qui appartient à Gyôkai? Et tes gardes du corps, ils viendraient pas d'une société privée qui s'appelle Yu-san No Bodîgâdo? Tu sais, les gardes qui viennent de la mafia? Je vais t'apprendre un truc, Ichiro: tout ce que tu fais dans cette ville, Gyôkai a sa main dedans, ce que tu manges c'est Gyôkai, ce que tu conduis c'est Gyôkai, et même ce que tu fais d'illégal, c'est Gyôkai. Tu crois vraiment que je suis juste un consultant en relations publiques Ichiro? tu m'as regardé, franchement?
Enfin bon, rassure-toi, je ne suis pas là pour te faire passer par ta baie vitrée, même si c'est pas l'envie qui me manque. Mon boss pense qu'on a mieux à faire que t'éclater sur le pavé, pour le moment. Tu vois, même si cette histoire d'embargo est un fiasco, on a encore besoin du parti Libéral. Et vu que tu es à la commission du Budget, ton incompétence crasse peut nous être utile. Ce dont on a besoin, c'est que forciez la main aux Démocrates pour faire passer certaines réformes, qui sont dans ton champ d'expertise. Si ça fonctionne, tu pourrais peut-être même te racheter...
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Cyrus
Lever de soleil
7 heures du matin, le 8 Mai 2036. Alors que le soleil commençait à s'élever dans le ciel, Keisuke Asai, Ministre de l'Economie du Teikoku, s'installait à son bureau, prêt à commencer une autre journée de travail, qui depuis quelques semaines consistait surtout à essayer de maintenir un dialogue cordial avec ses collègues du Parti Libéral. Alors qu'Asai allumait son ordinateur, sa secrétaire, Mme. Yasuda, entra dans son bureau, tenant un combiné à la main.
[center][img]https://d1k5w7mbrh6vq5.cloudfront.net/images/cache/8a/c1/b6/8ac1b63f93d4b08dbd788818cf91e614.jpg[/img]
Keisuke Asai[/center]
Keisuke Asai : Eh bien, que d'empressement! que se passe-t-il, Mme. Yasuda?
Yuuna Yasuda : Un appel urgent pour vous, M. Asai! De la part d'un certain Takeo Komura.
Keisuke Asai : Bien, passez-le-moi. prenant le combiné. Moshimoshi?
[center][img]https://www.ft.com/__origami/service/image/v2/images/raw/https%3A%2F%2Fs3-ap-northeast-1.amazonaws.com%2Fpsh-ex-ftnikkei-3937bb4%2Fimages%2F_aliases%2Fsmall_250%2F5%2F3%2F5%2F1%2F6721535-1-eng-GB%2F20150629_nagai1.jpg?source=nar-cms[/img]
Takeo Komura[/center]
Takeo Komura : Moshimoshi. Ai-je l'honneur de parler à M. Asai?
Keisuke Asai : Lui-même, que voulez-vous?
Takeo Komura : M. Asai, je me présente. Mon nom est Takeo Komura, et je représente le Conglomérat Gyôkai auprès du public, et c'est en cette qualité que je vous appelle aujourd'hui. Cette ligne est-elle sécurisée?
Keisuke Asai : Evidemment! Vous êtes sans doute sur la ligne la plus sécurisée du pays après celle du Premier Ministre. Mais dites-moi, M. Komura, quelle est la raison pour laquelle le Conglomérat Gyôkai souhaite m'appeler?
Takeo Komura : Très bien, allons droit au but. Mr. Asai, le Conglomérat Gyôkai soutient votre gouvernement, et nous détesterions le voir tomber pour une raison aussi triviale qu'une réforme de l'imposition. Cependant, je me dois de vous prévenir: nous soutenons cette réforme, et il est dans notre intérêt tout comme le vôtre que cette réforme soit passée.
Keisuke Asai : Êtes-vous en train d'essayer de me forcer la main pour que je demande au PPD de voter en faveur de cette loi, M. Komura? Je pourrais vous faire envoyer en prison et liquider Gyôkai pour moins que ça!
Takeo Komura : Mais vous n'auriez aucun intérêt à liquider Gyôkai, n'est-ce-pas? Après tout, lors des élections de 2033, votre rival Travailliste n'est pas passé loin de remporter votre siège, alors imaginez ce qui se passerait si Gyôkai n'était plus là pour motiver les donneurs à financer votre campagne, ou pire, si nous préférions un Travailliste à vous! Le maintien de votre siège à la Diète est conditionnel à la bonne santé de Gyôkai, M. Asai.
Keisuke Asai : Soupire. Je vois ou vous voulez en venir. Mais avez-vous pensé à plus long terme, M. Komura? La réforme nous rendra populaire en 2037, mais quand les citoyens se rendront compte que la dette Teiko crève le plafond à cause de cette réforme et que presque tout le profit ira dans votre poche, que croyez-vous qu'il se passera? Les Travaillistes feront un tsunami à la Diète, et le Gouvernement Ishizuka tombera tout pareil!
Takeo Komura : Mais vous, vous resterez Représentant, M. Asai... Et vous comme moi, nous survivrons sans problème à cinq ans de Travaillisme. Imaginez l'avancement que ça pourrait être pour votre carrière! Depuis 2028 vous êtes le numéro 2 du PPD? alors avec Ishizuka évincé par sa défaite, vous seriez le candidat idéal au poste de Premier Ministre en 2043! Qu'en-dites-vous, M. Asai?
Keisuke Asai : Très bien... Laissez-moi y réfléchir, M. Komura. Vous aurez votreréponse d'ici quelques jours, si vous le voulez bien. Au revoir.
Après avoir raccroché, Keisuke Asai prit quelques minutes de réflexion, avant d'appuyer sur un bouton activant un micro de son bureau.
Keisuke Asai : Mme Yasuda? Pouvez-vous donner rendez-vous au Président de la Commission au Budget de la Diète à mon bureau demain, s'il vous plaît?
7 heures du matin, le 8 Mai 2036. Alors que le soleil commençait à s'élever dans le ciel, Keisuke Asai, Ministre de l'Economie du Teikoku, s'installait à son bureau, prêt à commencer une autre journée de travail, qui depuis quelques semaines consistait surtout à essayer de maintenir un dialogue cordial avec ses collègues du Parti Libéral. Alors qu'Asai allumait son ordinateur, sa secrétaire, Mme. Yasuda, entra dans son bureau, tenant un combiné à la main.
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Keisuke Asai[/center]
Keisuke Asai : Eh bien, que d'empressement! que se passe-t-il, Mme. Yasuda?
Yuuna Yasuda : Un appel urgent pour vous, M. Asai! De la part d'un certain Takeo Komura.
Keisuke Asai : Bien, passez-le-moi. prenant le combiné. Moshimoshi?
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Takeo Komura[/center]
Takeo Komura : Moshimoshi. Ai-je l'honneur de parler à M. Asai?
Keisuke Asai : Lui-même, que voulez-vous?
Takeo Komura : M. Asai, je me présente. Mon nom est Takeo Komura, et je représente le Conglomérat Gyôkai auprès du public, et c'est en cette qualité que je vous appelle aujourd'hui. Cette ligne est-elle sécurisée?
Keisuke Asai : Evidemment! Vous êtes sans doute sur la ligne la plus sécurisée du pays après celle du Premier Ministre. Mais dites-moi, M. Komura, quelle est la raison pour laquelle le Conglomérat Gyôkai souhaite m'appeler?
Takeo Komura : Très bien, allons droit au but. Mr. Asai, le Conglomérat Gyôkai soutient votre gouvernement, et nous détesterions le voir tomber pour une raison aussi triviale qu'une réforme de l'imposition. Cependant, je me dois de vous prévenir: nous soutenons cette réforme, et il est dans notre intérêt tout comme le vôtre que cette réforme soit passée.
Keisuke Asai : Êtes-vous en train d'essayer de me forcer la main pour que je demande au PPD de voter en faveur de cette loi, M. Komura? Je pourrais vous faire envoyer en prison et liquider Gyôkai pour moins que ça!
Takeo Komura : Mais vous n'auriez aucun intérêt à liquider Gyôkai, n'est-ce-pas? Après tout, lors des élections de 2033, votre rival Travailliste n'est pas passé loin de remporter votre siège, alors imaginez ce qui se passerait si Gyôkai n'était plus là pour motiver les donneurs à financer votre campagne, ou pire, si nous préférions un Travailliste à vous! Le maintien de votre siège à la Diète est conditionnel à la bonne santé de Gyôkai, M. Asai.
Keisuke Asai : Soupire. Je vois ou vous voulez en venir. Mais avez-vous pensé à plus long terme, M. Komura? La réforme nous rendra populaire en 2037, mais quand les citoyens se rendront compte que la dette Teiko crève le plafond à cause de cette réforme et que presque tout le profit ira dans votre poche, que croyez-vous qu'il se passera? Les Travaillistes feront un tsunami à la Diète, et le Gouvernement Ishizuka tombera tout pareil!
Takeo Komura : Mais vous, vous resterez Représentant, M. Asai... Et vous comme moi, nous survivrons sans problème à cinq ans de Travaillisme. Imaginez l'avancement que ça pourrait être pour votre carrière! Depuis 2028 vous êtes le numéro 2 du PPD? alors avec Ishizuka évincé par sa défaite, vous seriez le candidat idéal au poste de Premier Ministre en 2043! Qu'en-dites-vous, M. Asai?
Keisuke Asai : Très bien... Laissez-moi y réfléchir, M. Komura. Vous aurez votreréponse d'ici quelques jours, si vous le voulez bien. Au revoir.
Après avoir raccroché, Keisuke Asai prit quelques minutes de réflexion, avant d'appuyer sur un bouton activant un micro de son bureau.
Keisuke Asai : Mme Yasuda? Pouvez-vous donner rendez-vous au Président de la Commission au Budget de la Diète à mon bureau demain, s'il vous plaît?
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Cyrus
Confrontation au sommet
[center][img]https://i.imgur.com/IwdOXM8.png[/img]
Le Kantei[/center]
On était le 11 Mai 2036, le jour de réunion du Conseil des Ministres du Teikoku au Kantei, la résidence officielle du Premier Ministre. Depuis environ un mois, la situation était tendue à toutes les réunions du Conseil, et les débats ne tournaient plus qu'autour d'un seul sujet: la réforme budgétaire des Libéraux. A toutes les réunions, ces derniers mettaient au vote la possibilité de faire passer la loi à la Diète, et à chaque fois, il s'en fallait d'un seul vote pour que la motion soit défaite, les Libéraux étant 6 au gouvernement contre 7 Démocrates. Après avoir débattu et discutés de sujets mineurs, tels que la pénurie de riz dans l'île du Heion, arriva de nouveau le moment de parler de la réforme budgétaire. Le premier à prendre la parole fut Fumito Yamaguchi, Ministre Libéral du Travail.
[center][img]https://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/thumb/e/ec/Katsunobu_Kato_cropped_1_Shinzo_Abe_Mike_Penning_Katsunobu_Kato_and_Keiichi_Hayashi_20130616.jpg/220px-Katsunobu_Kato_cropped_1_Shinzo_Abe_Mike_Penning_Katsunobu_Kato_and_Keiichi_Hayashi_20130616.jpg[/img]
Fumito Yamaguchi[/center]
Fumito Yamaguchi: Mesdames et Messieurs les ministres, j'aimerais soumettre au vote la possibilité de faire passer devant la Diète le Projet de Loi sur la Réforme de l'Imposition du 31 Mars 2036, déposée par la Commission au budget de la Chambre des Représentants de la Diète. Cette loi est formellement soutenue par le Parti Libéral du Teikoku, dans le cadre de ses promesses de campagne durant l'élection de 2033 et rentre dans le cadre des mesures nécessaires au maintien de la Coalition de Gouvernement.
Un soupir collectif se fait entendre des Conservateurs. Malgré tout, le Premier Ministre prend la parole.
[center][img]https://i.imgur.com/OkodYHl.png[/img]
Kaita Ishizuka[/center]
Kaita Ishizuka: Très bien. Que tous ceux qui se prononcent en faveur du passage à la Diète de la Loi sur la Réforme de l'Imposition lèvent la main. Si la majorité absolue de 7 est atteinte, la loi sera présentée à la Diète. Dans le cas contraire, elle restera en suspens.
Lentement, les ministres en faveur lèvent la main. Yamaguchi en premier, suivi des ministres Libéraux Fujino, Imamura et Ogata, puis des deux ministres Libéraux restants, Mochizuki et Shikikawa. Alors que le premier Ministre s'apprêtait à reprendre la parole, une septième main se leva: celle du Ministre Démocrate de l'Economie et des Finances, Keisuke Asai.
Kaita Ishizuka: Hrm... M. Asai? Êtes vous sûr de votre vote? Peut-être devrions-nous revoter pour confirmer la motion?
[center][img]https://d1k5w7mbrh6vq5.cloudfront.net/images/cache/8a/c1/b6/8ac1b63f93d4b08dbd788818cf91e614.jpg[/img]
Keisuke Asai[/center]
Keisuke Asai: Sauf votre respect, je pense que ce ne sera pas nécessaire, M. le Premier Ministre. Je suis certain de mon vote en faveur du passage de la loi à la Diète.
Kaita Ishizuka: Mais... Vous l'avez opposé pendant un mois, M. Asai, alors pourquoi, maintenant, voter en faveur?
Keisuke Asai: M. Le Premier Ministre, vous connaissez la raison aussi bien que moi. Si nous ne faisons pas passer cette loi, la coalition vole en éclats, et personne ici ne veut ça, Démocrates comme Libéraux, aussi, même s'il m'en coûte, je pense qu'il est nécessaire de faire passer cette loi, pour maintenir un gouvernement solide.
Les ministres Libéraux acquiescent.
Kaita Ishizuka: Je vois. Dans ce cas, la motion présentée par le ministre du Travail, M. Yamaguchi, quand au passage à la Diète du Projet de Loi sur la Réforme de l'Imposition du 31 Mars 2036, est adoptée, et la Chambre des Représentants ainsi que le Conseil de la République en seront notifiés dans les plus brefs délais. Si vous le voulez bien, passons maintenant au sujet suivant...
[center][img]https://i.imgur.com/IwdOXM8.png[/img]
Le Kantei[/center]
On était le 11 Mai 2036, le jour de réunion du Conseil des Ministres du Teikoku au Kantei, la résidence officielle du Premier Ministre. Depuis environ un mois, la situation était tendue à toutes les réunions du Conseil, et les débats ne tournaient plus qu'autour d'un seul sujet: la réforme budgétaire des Libéraux. A toutes les réunions, ces derniers mettaient au vote la possibilité de faire passer la loi à la Diète, et à chaque fois, il s'en fallait d'un seul vote pour que la motion soit défaite, les Libéraux étant 6 au gouvernement contre 7 Démocrates. Après avoir débattu et discutés de sujets mineurs, tels que la pénurie de riz dans l'île du Heion, arriva de nouveau le moment de parler de la réforme budgétaire. Le premier à prendre la parole fut Fumito Yamaguchi, Ministre Libéral du Travail.
[center][img]https://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/thumb/e/ec/Katsunobu_Kato_cropped_1_Shinzo_Abe_Mike_Penning_Katsunobu_Kato_and_Keiichi_Hayashi_20130616.jpg/220px-Katsunobu_Kato_cropped_1_Shinzo_Abe_Mike_Penning_Katsunobu_Kato_and_Keiichi_Hayashi_20130616.jpg[/img]
Fumito Yamaguchi[/center]
Fumito Yamaguchi: Mesdames et Messieurs les ministres, j'aimerais soumettre au vote la possibilité de faire passer devant la Diète le Projet de Loi sur la Réforme de l'Imposition du 31 Mars 2036, déposée par la Commission au budget de la Chambre des Représentants de la Diète. Cette loi est formellement soutenue par le Parti Libéral du Teikoku, dans le cadre de ses promesses de campagne durant l'élection de 2033 et rentre dans le cadre des mesures nécessaires au maintien de la Coalition de Gouvernement.
Un soupir collectif se fait entendre des Conservateurs. Malgré tout, le Premier Ministre prend la parole.
[center][img]https://i.imgur.com/OkodYHl.png[/img]
Kaita Ishizuka[/center]
Kaita Ishizuka: Très bien. Que tous ceux qui se prononcent en faveur du passage à la Diète de la Loi sur la Réforme de l'Imposition lèvent la main. Si la majorité absolue de 7 est atteinte, la loi sera présentée à la Diète. Dans le cas contraire, elle restera en suspens.
Lentement, les ministres en faveur lèvent la main. Yamaguchi en premier, suivi des ministres Libéraux Fujino, Imamura et Ogata, puis des deux ministres Libéraux restants, Mochizuki et Shikikawa. Alors que le premier Ministre s'apprêtait à reprendre la parole, une septième main se leva: celle du Ministre Démocrate de l'Economie et des Finances, Keisuke Asai.
Kaita Ishizuka: Hrm... M. Asai? Êtes vous sûr de votre vote? Peut-être devrions-nous revoter pour confirmer la motion?
[center][img]https://d1k5w7mbrh6vq5.cloudfront.net/images/cache/8a/c1/b6/8ac1b63f93d4b08dbd788818cf91e614.jpg[/img]
Keisuke Asai[/center]
Keisuke Asai: Sauf votre respect, je pense que ce ne sera pas nécessaire, M. le Premier Ministre. Je suis certain de mon vote en faveur du passage de la loi à la Diète.
Kaita Ishizuka: Mais... Vous l'avez opposé pendant un mois, M. Asai, alors pourquoi, maintenant, voter en faveur?
Keisuke Asai: M. Le Premier Ministre, vous connaissez la raison aussi bien que moi. Si nous ne faisons pas passer cette loi, la coalition vole en éclats, et personne ici ne veut ça, Démocrates comme Libéraux, aussi, même s'il m'en coûte, je pense qu'il est nécessaire de faire passer cette loi, pour maintenir un gouvernement solide.
Les ministres Libéraux acquiescent.
Kaita Ishizuka: Je vois. Dans ce cas, la motion présentée par le ministre du Travail, M. Yamaguchi, quand au passage à la Diète du Projet de Loi sur la Réforme de l'Imposition du 31 Mars 2036, est adoptée, et la Chambre des Représentants ainsi que le Conseil de la République en seront notifiés dans les plus brefs délais. Si vous le voulez bien, passons maintenant au sujet suivant...
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Cyrus
Le vent d'hiver tourne
7 Janvier 2037, dans le bureau de Taro Hatakenaka, Ministre du Commerce et de l'Industrie du Teikoku. Il est 18 heures, et le Ministre est en train de finir de lire un rapport qui lui a été donné plus tôt. La journée avait été longue, comme toutes les journées depuis son arrivée au gouvernement quatre ans plus tôt: le Premier Ministre avait voulu que le commerce international soit la nouvelle grande priorité du Teikoku, et évidemment, c'était lui, Hatakenaka, qui s'y collait. Enfin bon, cette journée touchait à sa fin et...
Une alerte indiquant un message urgent s'afficha sur son écran d'ordinateur. La journée allait être plus longue que prévue.
Le ministre ouvrit le fichier, dit "Rapport U-331 sur le Caeturia" qui venait de lui arriver et le parcourut. Il s'agissait d'un rapport sur les activités commerciales du Teikoku en Néchinésie, avec les liaisons régulières avec l'Olgarie et les profits qui y étaient faits par le Teikoku, rien de très urgent... Jusqu'à un passage intéressant. Le Conglomérat de Caeturia avait décidé de privatiser les détroits proches de son pays, isolant le puissant (et importateur!) Deseret du marché Néchinésien. Jusque là, pourquoi pas? Le Caeturia avait la force nécessaire pour protéger ses revendications, et les protestations du Deseret n'y faisaient rien. Le Teikoku n'exportait même pas tant que ça en Olgarie, alors quel était l'intérêt de s'indigner?
Mais selon le rapport, la situation avait changé. Depuis le début du mois de Décembre, onze navires Teikos à destination de l'Olgarie avaient été arraisonnés par la marine Caeturiane et forcés de mouiller dans les eaux corporatistes, et de payer un droit de douane et de se soumettre à une fouille pour confirmer qu'il ne s'agissait pas de pirates. Onze navires battant pavillon Teiko, appartenant à des entreprises respectées du Teikoku (étonnamment, aucun navire de la flotte de Gyôkai, malgré leur prépondérance dans la marine marchande Teiko, sans doute une coïncidence, se dit Hatakenaka). C'était presque une insulte aux marchands du Teikoku, qu'on puisse prendre leurs vaisseaux pour de vulgaires pirates! Hatakenaka avait quelques appels à passer, en premier lieu au Ministre des Affaires Etrangères...
Takahiro Fujino: Moshimoshi, Taro? se passe-t-il quelque chose de si urgent pour que tu me contactes directement, sans prévenir?
[center][img]http://www.city.osaka.lg.jp/contents/wdu020/english/city_administration/css/img/profile.jpg[/img]
Taro Hatakenaka[/center]
Taro Hatakenaka: Désolé Takahiro. Mais tu as reçu aussi ce rapport sur les navires bloqués au Caeturia, n'est-ce pas?
Takahiro Fujino: Oui, et alors? ce ne sont qu'une petite dizaine de navires. Tu devrais savoir combien de bateaux Teikos font le trajet vers l'Olgarie dans la durée où ces arraisonnements sont arrivées, n'est-ce pas? Je serais prêt à parier que c'est au-dessus de la centaine.
Taro Hatakenaka: 107 pour être exact, mais ça représente tout de même 10% des navires! Tu ne trouves pas qu'il s'agit de quelque chose d'inacceptable? Qu'on force des marins Teikos à dévoiler leur cargaison comme de vulgaires pirates?
Takahiro Fujino: Inacceptable, tout de suite... l'effet est négligeable après tout, et puis quel intérêt retirerions-nous à en parler? De toute façon les navires qui font du vrai profit, ceux qui transportent l'électronique et l'alimentaire, ne sont pas arrêtés...
Taro Hatakenaka: Ces navires, ce ne seraient pas ceux de Gyôkai, si? Je me demande bien comment ça se fait qu'ils ne se font pas arrêter... Est-ce que ça pourrait avoir un lien avec les Caeturians haut placés qu'on a repéré à Subarashî il y a quelques mois, tu sais, ceux qui auraient été vus avec ce type de Gyôkai, là, Nomura?
Takahiro Fujino: Taro, calme toi... Tant que Gyôkai rapporte de l'argent au Teikoku, est-ce qu'on ne s'en fiche pas un peu de leurs partenaires?
Taro Hatakenaka: Attends... Tu es vraiment en train de me dire que si le Caeturia n'arrête pas les bateaux de Gyôkai, c'est par ce qu'ils ont un accord? Et que c'est OK par ce que Gyôkai nous rapporte de l'argent? Mais c'est grave, Takahiro! il faut que ça se sache!
Takahiro Fujino: Oh oui, bien sûr, que ça se sache... Dis moi, Taro, ça achèverait quoi? Gyôkai aurait des démêlés avec la loi, le gouvernement tomberait en popularité à cause de la confiance qu'on leur a fait depuis maintenant, et ils ne donneraient plus à nos campagnes de réélection. La seule chose que tu achèverais, c'est de faire baisser la croissance et de perdre ton travail! Je te conseille de mettre ça sous le tapis, ça ne se saura jamais, fais moi confiance.
Taro Hatakenaka: Vu comme ça... Dis-moi, il n'y a que toi et Yamaguchi, ou bien tous les libéraux sont embourbés dans els affaires sur Gyôkai jusqu'au cou?
Takahiro Fujino: Allons, Taro, ne pose pas des questions dont tu ne veux pas connaître la réponse. Au revoir.
Fujino avait raccroché. Hatakenaka prit quelques secondes pour remettre ses pensées en place avant d'appuyer sur le bouton le mettant en contact avec sa secrétaire.
Taro Hatakenaka: Mme. Take? Pourriez-vous imprimer le rapport U-331 et me le donner dans une enveloppe? J'aimerais que vous en effaciez toutes les traces par la suite, s'il vous plaît.
7 Janvier 2037, dans le bureau de Taro Hatakenaka, Ministre du Commerce et de l'Industrie du Teikoku. Il est 18 heures, et le Ministre est en train de finir de lire un rapport qui lui a été donné plus tôt. La journée avait été longue, comme toutes les journées depuis son arrivée au gouvernement quatre ans plus tôt: le Premier Ministre avait voulu que le commerce international soit la nouvelle grande priorité du Teikoku, et évidemment, c'était lui, Hatakenaka, qui s'y collait. Enfin bon, cette journée touchait à sa fin et...
Une alerte indiquant un message urgent s'afficha sur son écran d'ordinateur. La journée allait être plus longue que prévue.
Le ministre ouvrit le fichier, dit "Rapport U-331 sur le Caeturia" qui venait de lui arriver et le parcourut. Il s'agissait d'un rapport sur les activités commerciales du Teikoku en Néchinésie, avec les liaisons régulières avec l'Olgarie et les profits qui y étaient faits par le Teikoku, rien de très urgent... Jusqu'à un passage intéressant. Le Conglomérat de Caeturia avait décidé de privatiser les détroits proches de son pays, isolant le puissant (et importateur!) Deseret du marché Néchinésien. Jusque là, pourquoi pas? Le Caeturia avait la force nécessaire pour protéger ses revendications, et les protestations du Deseret n'y faisaient rien. Le Teikoku n'exportait même pas tant que ça en Olgarie, alors quel était l'intérêt de s'indigner?
Mais selon le rapport, la situation avait changé. Depuis le début du mois de Décembre, onze navires Teikos à destination de l'Olgarie avaient été arraisonnés par la marine Caeturiane et forcés de mouiller dans les eaux corporatistes, et de payer un droit de douane et de se soumettre à une fouille pour confirmer qu'il ne s'agissait pas de pirates. Onze navires battant pavillon Teiko, appartenant à des entreprises respectées du Teikoku (étonnamment, aucun navire de la flotte de Gyôkai, malgré leur prépondérance dans la marine marchande Teiko, sans doute une coïncidence, se dit Hatakenaka). C'était presque une insulte aux marchands du Teikoku, qu'on puisse prendre leurs vaisseaux pour de vulgaires pirates! Hatakenaka avait quelques appels à passer, en premier lieu au Ministre des Affaires Etrangères...
Takahiro Fujino: Moshimoshi, Taro? se passe-t-il quelque chose de si urgent pour que tu me contactes directement, sans prévenir?
[center][img]http://www.city.osaka.lg.jp/contents/wdu020/english/city_administration/css/img/profile.jpg[/img]
Taro Hatakenaka[/center]
Taro Hatakenaka: Désolé Takahiro. Mais tu as reçu aussi ce rapport sur les navires bloqués au Caeturia, n'est-ce pas?
Takahiro Fujino: Oui, et alors? ce ne sont qu'une petite dizaine de navires. Tu devrais savoir combien de bateaux Teikos font le trajet vers l'Olgarie dans la durée où ces arraisonnements sont arrivées, n'est-ce pas? Je serais prêt à parier que c'est au-dessus de la centaine.
Taro Hatakenaka: 107 pour être exact, mais ça représente tout de même 10% des navires! Tu ne trouves pas qu'il s'agit de quelque chose d'inacceptable? Qu'on force des marins Teikos à dévoiler leur cargaison comme de vulgaires pirates?
Takahiro Fujino: Inacceptable, tout de suite... l'effet est négligeable après tout, et puis quel intérêt retirerions-nous à en parler? De toute façon les navires qui font du vrai profit, ceux qui transportent l'électronique et l'alimentaire, ne sont pas arrêtés...
Taro Hatakenaka: Ces navires, ce ne seraient pas ceux de Gyôkai, si? Je me demande bien comment ça se fait qu'ils ne se font pas arrêter... Est-ce que ça pourrait avoir un lien avec les Caeturians haut placés qu'on a repéré à Subarashî il y a quelques mois, tu sais, ceux qui auraient été vus avec ce type de Gyôkai, là, Nomura?
Takahiro Fujino: Taro, calme toi... Tant que Gyôkai rapporte de l'argent au Teikoku, est-ce qu'on ne s'en fiche pas un peu de leurs partenaires?
Taro Hatakenaka: Attends... Tu es vraiment en train de me dire que si le Caeturia n'arrête pas les bateaux de Gyôkai, c'est par ce qu'ils ont un accord? Et que c'est OK par ce que Gyôkai nous rapporte de l'argent? Mais c'est grave, Takahiro! il faut que ça se sache!
Takahiro Fujino: Oh oui, bien sûr, que ça se sache... Dis moi, Taro, ça achèverait quoi? Gyôkai aurait des démêlés avec la loi, le gouvernement tomberait en popularité à cause de la confiance qu'on leur a fait depuis maintenant, et ils ne donneraient plus à nos campagnes de réélection. La seule chose que tu achèverais, c'est de faire baisser la croissance et de perdre ton travail! Je te conseille de mettre ça sous le tapis, ça ne se saura jamais, fais moi confiance.
Taro Hatakenaka: Vu comme ça... Dis-moi, il n'y a que toi et Yamaguchi, ou bien tous les libéraux sont embourbés dans els affaires sur Gyôkai jusqu'au cou?
Takahiro Fujino: Allons, Taro, ne pose pas des questions dont tu ne veux pas connaître la réponse. Au revoir.
Fujino avait raccroché. Hatakenaka prit quelques secondes pour remettre ses pensées en place avant d'appuyer sur le bouton le mettant en contact avec sa secrétaire.
Taro Hatakenaka: Mme. Take? Pourriez-vous imprimer le rapport U-331 et me le donner dans une enveloppe? J'aimerais que vous en effaciez toutes les traces par la suite, s'il vous plaît.
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Cyrus
Bières et fumée
9 Janvier 2040, au fond d'un izakaya anonyme du quartier de Minato-e, dans le centre-ville de Subarashî. Il est 21 heures 30, et le restaurant est rempli à ras-bord de salarymen pas encore ivres sortant du boulot. Dans une table en coin, 4 hommes s’assoient discrètement, après avoir glissé un billet à la serveuse pour qu'elle les laisse tranquille après leur avoir amené une bière chacun. Ces quatre hommes sont: Keisuke Asai, ancien Ministre de l'Economie et l'un des membres les plus hauts-placés du PPD, depuis un an dans l'opposition; Takeo Komura, "chargé des relations publiques" du Conglomérat Gyôkai et proche de son PDG, Shôtô Tokiomi; Gen Ôkami, "chargé des relations clients" de Gyôkai et sans doute yakuza; Enfin, Morihiro Ikarashi, Ministre des Affaires Etrangères et membre du Parti Travailliste. Les quatre hommes, discrètement, commencent alors à parler...
Takeo Komura: Bonsoir, messieurs, et merci d'avoir accepté notre invitation, j'espère que cette rencontre sera fructu...
Keisuke Asai: Oui, oui, bonsoir, mutuellement bénéfique, on connaît le refrain. Pourquoi nous avoir emmenés dans ce bouge alors que nous aurions pu nous rencontrer à peu près n'importe où de privé?
Gen Ôkami: Allons, vous pensez que vos résidences ne sont pas remplies de micros et de mouchards, et que personne n'aurait vu des employés de Gyôkai se rendre chez d'anciens ministres? Vous êtes arrivés ici le plus anonymement possible, et je connais le patron, c'est un "tatoué" si vous voyez ce que je veux dire. Le bruit couvre notre conversation pour toutes les autres tables. S'il y a un endroit sûr au Teikoku, c'est bien ici!
Morihiro Ikarashi: Je vois, je vois... Mais dites-moi, pourquoi nous avoir fait venir ici exactement? Vous êtes tous deux dans la galère d'être des proches du PDG de Gyôkai, que cherchez-vous exactement?
Takeo Komura: La rédemption, cher M. Ikarashi, la rédemption! Voyez-vous, si les affaires visant Gyôkai continuent d'affluer, moi et M. Ôkami allons être mis en examen, et sans doute jugés coupables d'une quantité non-négligeable de méfaits, ce qui serait, vous pouvez l'imaginer, une expérience fort peu plaisante.
Keisuke Asai: Et qu'avons-nous à voir là-dedans exactement? En quoi est-ce que votre sort devrait m'émouvoir?
Gen Ôkami: C'est simple, voyons: si nous tombons, nous nous feront un plaisir d'alléger notre peine en coopérant avec les autorités, et en nommant le plus de complices possibles. Or, il se trouve que prendre des pots-de-vin est un délit passible d'emprisonnement au Teikoku, et que nous possédons des dossiers assez conséquents sur vous deux, voyez-vous. Après tout, M. Asai, ce n'est pas pour des prunes que vous avez influencé le passage de lois qui ont aidé Gyôkai à développer son empire, n'est-ce pas? Et vous, M. Ikarashi, la reprise économique miraculeuse de Kyûshingai après la crise, ce n'est pas l'action de Bouddha, n'est-ce pas? Et ça vous a été fort profitable non? Je pense qu'il est dans votre intérêt à tous les deux que nous coopérions pour nous sortir de cette galère.
Morihiro Ikarashi: Très bien, mais que voulez-vous que nous fassions, exactement? J'ai crainte que l'enquête sur Gyôkai ne remonte vers vous au bout d'un moment.
Takeo Komura: Ne vous inquiétez pas, nous avons un plan! Voyez-vous, la première chose dont nous avons tous besoin pour nous en sortir, c'est d'un bouc émissaire sur lequel rejeter toute la faute aux yeux du public pour détourner l'attention de nous. Il se trouve, fort heureusement, qu'une cible toute trouvée s'offre à nous: Shôtô Tokiomi, notre PDG. Si nous parvenons à concentrer la colère des Teikos sur lui, c'est déjà la moitié de notre objectif.
Keisuke Asai: Et l'autre moitié?
Gen Ôkami: C'est là que vous entrez en jeu. Il faut arrêter l'enquête avant qu'elle aille trop profond. Couler Tokiomi, OK. Gyôkai avec, ça marche, mais il en faut pas qu'elle remonte jusqu'à nous. Le problème, c'est que cette enquête est surveillée de près par le Premier Ministre, et, vous le savez bien, c'est un sincère idéologue qui ne se laissera pas corrompre. Aussi, M. Asai, je vais vous aider à manufacturer de toutes pièces un scandale qui devrait coûter son poste au lévrier le plus haut placé du pays, et qui sortira organiquement, grâce à vous,d es rangs de l'opposition. J'ai même quelques alliés à l'étranger, de l'autre côté de la Néchinésie, qui devraient nous être utiles.
Morihiro Ikarashi: Et moi dans tout ça?
Gen Ôkami: Qui de mieux que le Vice-Premier-Ministre, et homme politique le plus aimé du Teikoku, pour prendre le poste de son prédécesseur démissionnaire? Et qui de mieux que le Premier Ministre Ikarashi pour saboter et neutraliser l'enquête? De nous tous, vous avez peut-être même le job le plus facile!
Morihiro Ikarashi: Donc, je deviens premier ministre, et on échappe tous à la prison. Avez-vous quoi que ce soit de plus à gagner?
Takeo Komura: Pour M. Asai, c'est l'occasion de se remettre en avant sur la scène nationale et de se refaire une réputation d'homme intègre. Qui sait, peut-être même que vous serez adversaires aux élections dans quatre ans? Quand à moi, le groupe Nomura Holdings, qui a fait sécession de Gyôkai, m'a promis un poste de PDG, en grande partie car le conseil d'administration coulerait si tout ce que je savais sur eux sortait. Avec le rachat progressif de morceaux de Gyôkai, il y a moyen que Nomura devienne bientôt la nouvelle étoile montant des entreprises Teiko!
Keisuke Asai: Et vous, M. Ôkami?
Gen Ôkami: D'échapper à la prison et de garder un semblant de vie privée me conviendrait très bien, mais il se trouve que M. Komura ici présent et moi sommes bons amis et collaborateurs, et que j'aimerais voir ces liens continuer chez Nomura Holdings. Alors, messieurs? Qu'en dites vous? Partants?
Les deux représentants de Gyôkai tendent la main. Hésitants, les deux politiciens se regardent, avant de regarder leurs interlocuteurs. Finalement, ils rendent tous deux la poignée de main.
Gen Ôkami: C'est bien ce que je pensais. A une coopération fructueuse entre nous quatre! Kanpai!
Tous: Kanpai!
9 Janvier 2040, au fond d'un izakaya anonyme du quartier de Minato-e, dans le centre-ville de Subarashî. Il est 21 heures 30, et le restaurant est rempli à ras-bord de salarymen pas encore ivres sortant du boulot. Dans une table en coin, 4 hommes s’assoient discrètement, après avoir glissé un billet à la serveuse pour qu'elle les laisse tranquille après leur avoir amené une bière chacun. Ces quatre hommes sont: Keisuke Asai, ancien Ministre de l'Economie et l'un des membres les plus hauts-placés du PPD, depuis un an dans l'opposition; Takeo Komura, "chargé des relations publiques" du Conglomérat Gyôkai et proche de son PDG, Shôtô Tokiomi; Gen Ôkami, "chargé des relations clients" de Gyôkai et sans doute yakuza; Enfin, Morihiro Ikarashi, Ministre des Affaires Etrangères et membre du Parti Travailliste. Les quatre hommes, discrètement, commencent alors à parler...
Takeo Komura: Bonsoir, messieurs, et merci d'avoir accepté notre invitation, j'espère que cette rencontre sera fructu...
Keisuke Asai: Oui, oui, bonsoir, mutuellement bénéfique, on connaît le refrain. Pourquoi nous avoir emmenés dans ce bouge alors que nous aurions pu nous rencontrer à peu près n'importe où de privé?
Gen Ôkami: Allons, vous pensez que vos résidences ne sont pas remplies de micros et de mouchards, et que personne n'aurait vu des employés de Gyôkai se rendre chez d'anciens ministres? Vous êtes arrivés ici le plus anonymement possible, et je connais le patron, c'est un "tatoué" si vous voyez ce que je veux dire. Le bruit couvre notre conversation pour toutes les autres tables. S'il y a un endroit sûr au Teikoku, c'est bien ici!
Morihiro Ikarashi: Je vois, je vois... Mais dites-moi, pourquoi nous avoir fait venir ici exactement? Vous êtes tous deux dans la galère d'être des proches du PDG de Gyôkai, que cherchez-vous exactement?
Takeo Komura: La rédemption, cher M. Ikarashi, la rédemption! Voyez-vous, si les affaires visant Gyôkai continuent d'affluer, moi et M. Ôkami allons être mis en examen, et sans doute jugés coupables d'une quantité non-négligeable de méfaits, ce qui serait, vous pouvez l'imaginer, une expérience fort peu plaisante.
Keisuke Asai: Et qu'avons-nous à voir là-dedans exactement? En quoi est-ce que votre sort devrait m'émouvoir?
Gen Ôkami: C'est simple, voyons: si nous tombons, nous nous feront un plaisir d'alléger notre peine en coopérant avec les autorités, et en nommant le plus de complices possibles. Or, il se trouve que prendre des pots-de-vin est un délit passible d'emprisonnement au Teikoku, et que nous possédons des dossiers assez conséquents sur vous deux, voyez-vous. Après tout, M. Asai, ce n'est pas pour des prunes que vous avez influencé le passage de lois qui ont aidé Gyôkai à développer son empire, n'est-ce pas? Et vous, M. Ikarashi, la reprise économique miraculeuse de Kyûshingai après la crise, ce n'est pas l'action de Bouddha, n'est-ce pas? Et ça vous a été fort profitable non? Je pense qu'il est dans votre intérêt à tous les deux que nous coopérions pour nous sortir de cette galère.
Morihiro Ikarashi: Très bien, mais que voulez-vous que nous fassions, exactement? J'ai crainte que l'enquête sur Gyôkai ne remonte vers vous au bout d'un moment.
Takeo Komura: Ne vous inquiétez pas, nous avons un plan! Voyez-vous, la première chose dont nous avons tous besoin pour nous en sortir, c'est d'un bouc émissaire sur lequel rejeter toute la faute aux yeux du public pour détourner l'attention de nous. Il se trouve, fort heureusement, qu'une cible toute trouvée s'offre à nous: Shôtô Tokiomi, notre PDG. Si nous parvenons à concentrer la colère des Teikos sur lui, c'est déjà la moitié de notre objectif.
Keisuke Asai: Et l'autre moitié?
Gen Ôkami: C'est là que vous entrez en jeu. Il faut arrêter l'enquête avant qu'elle aille trop profond. Couler Tokiomi, OK. Gyôkai avec, ça marche, mais il en faut pas qu'elle remonte jusqu'à nous. Le problème, c'est que cette enquête est surveillée de près par le Premier Ministre, et, vous le savez bien, c'est un sincère idéologue qui ne se laissera pas corrompre. Aussi, M. Asai, je vais vous aider à manufacturer de toutes pièces un scandale qui devrait coûter son poste au lévrier le plus haut placé du pays, et qui sortira organiquement, grâce à vous,d es rangs de l'opposition. J'ai même quelques alliés à l'étranger, de l'autre côté de la Néchinésie, qui devraient nous être utiles.
Morihiro Ikarashi: Et moi dans tout ça?
Gen Ôkami: Qui de mieux que le Vice-Premier-Ministre, et homme politique le plus aimé du Teikoku, pour prendre le poste de son prédécesseur démissionnaire? Et qui de mieux que le Premier Ministre Ikarashi pour saboter et neutraliser l'enquête? De nous tous, vous avez peut-être même le job le plus facile!
Morihiro Ikarashi: Donc, je deviens premier ministre, et on échappe tous à la prison. Avez-vous quoi que ce soit de plus à gagner?
Takeo Komura: Pour M. Asai, c'est l'occasion de se remettre en avant sur la scène nationale et de se refaire une réputation d'homme intègre. Qui sait, peut-être même que vous serez adversaires aux élections dans quatre ans? Quand à moi, le groupe Nomura Holdings, qui a fait sécession de Gyôkai, m'a promis un poste de PDG, en grande partie car le conseil d'administration coulerait si tout ce que je savais sur eux sortait. Avec le rachat progressif de morceaux de Gyôkai, il y a moyen que Nomura devienne bientôt la nouvelle étoile montant des entreprises Teiko!
Keisuke Asai: Et vous, M. Ôkami?
Gen Ôkami: D'échapper à la prison et de garder un semblant de vie privée me conviendrait très bien, mais il se trouve que M. Komura ici présent et moi sommes bons amis et collaborateurs, et que j'aimerais voir ces liens continuer chez Nomura Holdings. Alors, messieurs? Qu'en dites vous? Partants?
Les deux représentants de Gyôkai tendent la main. Hésitants, les deux politiciens se regardent, avant de regarder leurs interlocuteurs. Finalement, ils rendent tous deux la poignée de main.
Gen Ôkami: C'est bien ce que je pensais. A une coopération fructueuse entre nous quatre! Kanpai!
Tous: Kanpai!
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Cyrus
Retrouvailles sur une plage
[center][img]https://i.imgur.com/TG8d9r1.png[/img][/center]
Nosu sommes en début d'après-midi, le 3 Août 2040. Dans la petite ville côtière de Morio, au nord de Yamano, la chaleur humide de l'été Teiko est mitigée par le souffle des vents marins. Le bourg tranquille voit ce jour-là sa tranquillité et sa monotonie brisés par les hurlements des sirènes de police, qui tournent dans la ville depuis tôt le matin: on y aurait repéré Shôtô Tokiomi, l'ex-PDG fugitif du Conglomérat Gyôkai, après que celui-ci ait dû fuir de la planque qu'il avait trouvé pendant quelques jours à Ôji. Alors que les agents de police continuent leur infructueuse patrouille à travers les rues de la ville, un appel sur la radio de chaque voiture de police lance l'alerte.
Appel à toutes les unités, le suspect a été localisé sur la plage de Higashikata, au nord de la ville. Je répète, appel à toutes les unités, le suspect a été localisé sur la plage de Higashikata, au nord de la ville. Demande backup urgent, le suspect semble armé. Je répète, demande backup urgent, le suspect semble armé !
Soudain, les véhicules des forces de l'ordre accélèrent, et foncent tous vers la même direction: une plage tranquille et déserte, juste au nord de Morio. Lorsque le lieutenant de police Yoshikage Kujo descend de sa voiture, il aperçoit, proche de la mer montante, une silhouette solitaire, d'un homme de taille moyenne, en jeans et chemise blanche. A une certaine distance de lui, un cordon de policiers, leurs armes de service sorties et pointée à la silhouette. Alors qu'il s'approche, le lieutenant Kujo n'a plus aucun doute: il s'agit bien de Shôtô Tokiomi, armé d'un petit revolver et maintenant à distance les policiers qui tentent de l'approcher.
Yoshikage Kujo: Shôtô Tokiomi, vous êtes en état d'arrestation! Baissez immédiatement votre arme, et rendez-vous! Si vous vous avisez de tirer, cette histoire ne finira pas bien pour vous!
Face à l'injonction du lieutenant, Tokiomi reste on ne peut plus silencieux, mais il baisse lentement son revolver, le gardant néanmoins en main, le doigt sur la détente.
Yoshikage Kujo: C'est bien, maintenant, posez votre arme par terre et ne faite pas de geste brusque!
Shôtô Tokiomi: Qu'est-ce que vous comptez faire?
Yoshikage Kujo: Hein?
Shôtô Tokiomi: Vous m'avez entendu! Qu'est-ce que vous comptez faire? M'arrêter, me renvoyer à Subarashî pour qu'il m'interroge, pour que je finisse dans une prison sordide le restant de mes jours afin de montrer l'exemple, et d'exonerer tous les corrompus qui me font passer pour le seul responsable?
Yoshikage Kujo: Ne vous emballez pas! Vous êtes accusés de plusieurs crimes et délits, don c nous allons, une fois que vous vous serez rendu, vous interroger, puis la justice fera son travail. Maintenant, posez votre arme et-
Shôtô Tokiomi: Son travail, hein? Celui de me pourrir, de me jeter au trou et de m'y laisser croupir! C'est là que votre chemin m'emmène, non? Mais vous savez quoi, ce n'est pas cette fin que je veux, je préfère en finir autrement!
Yoshikage Kujo: Comment ça?
[center][img]https://i.imgur.com/rdJjJZI.png[/img][/center]
Yoshikage Kujo: Attendez, Tokiomi, ne faites pas ça! Soyez raisonnable! On peut encore négo-
[center]BANG[/center]
[center][img]https://i.imgur.com/10Vm02M.png[/img][/center]
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Nosu sommes en début d'après-midi, le 3 Août 2040. Dans la petite ville côtière de Morio, au nord de Yamano, la chaleur humide de l'été Teiko est mitigée par le souffle des vents marins. Le bourg tranquille voit ce jour-là sa tranquillité et sa monotonie brisés par les hurlements des sirènes de police, qui tournent dans la ville depuis tôt le matin: on y aurait repéré Shôtô Tokiomi, l'ex-PDG fugitif du Conglomérat Gyôkai, après que celui-ci ait dû fuir de la planque qu'il avait trouvé pendant quelques jours à Ôji. Alors que les agents de police continuent leur infructueuse patrouille à travers les rues de la ville, un appel sur la radio de chaque voiture de police lance l'alerte.
Appel à toutes les unités, le suspect a été localisé sur la plage de Higashikata, au nord de la ville. Je répète, appel à toutes les unités, le suspect a été localisé sur la plage de Higashikata, au nord de la ville. Demande backup urgent, le suspect semble armé. Je répète, demande backup urgent, le suspect semble armé !
Soudain, les véhicules des forces de l'ordre accélèrent, et foncent tous vers la même direction: une plage tranquille et déserte, juste au nord de Morio. Lorsque le lieutenant de police Yoshikage Kujo descend de sa voiture, il aperçoit, proche de la mer montante, une silhouette solitaire, d'un homme de taille moyenne, en jeans et chemise blanche. A une certaine distance de lui, un cordon de policiers, leurs armes de service sorties et pointée à la silhouette. Alors qu'il s'approche, le lieutenant Kujo n'a plus aucun doute: il s'agit bien de Shôtô Tokiomi, armé d'un petit revolver et maintenant à distance les policiers qui tentent de l'approcher.
Yoshikage Kujo: Shôtô Tokiomi, vous êtes en état d'arrestation! Baissez immédiatement votre arme, et rendez-vous! Si vous vous avisez de tirer, cette histoire ne finira pas bien pour vous!
Face à l'injonction du lieutenant, Tokiomi reste on ne peut plus silencieux, mais il baisse lentement son revolver, le gardant néanmoins en main, le doigt sur la détente.
Yoshikage Kujo: C'est bien, maintenant, posez votre arme par terre et ne faite pas de geste brusque!
Shôtô Tokiomi: Qu'est-ce que vous comptez faire?
Yoshikage Kujo: Hein?
Shôtô Tokiomi: Vous m'avez entendu! Qu'est-ce que vous comptez faire? M'arrêter, me renvoyer à Subarashî pour qu'il m'interroge, pour que je finisse dans une prison sordide le restant de mes jours afin de montrer l'exemple, et d'exonerer tous les corrompus qui me font passer pour le seul responsable?
Yoshikage Kujo: Ne vous emballez pas! Vous êtes accusés de plusieurs crimes et délits, don c nous allons, une fois que vous vous serez rendu, vous interroger, puis la justice fera son travail. Maintenant, posez votre arme et-
Shôtô Tokiomi: Son travail, hein? Celui de me pourrir, de me jeter au trou et de m'y laisser croupir! C'est là que votre chemin m'emmène, non? Mais vous savez quoi, ce n'est pas cette fin que je veux, je préfère en finir autrement!
Yoshikage Kujo: Comment ça?
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Yoshikage Kujo: Attendez, Tokiomi, ne faites pas ça! Soyez raisonnable! On peut encore négo-
[center]BANG[/center]
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-
Cyrus
Soleil de Printemps
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[justify]Nous sommes en fin d'après-midi, le 20 Mars 2041. A Kabushikigaishia, le quartier d'affaires de la capitale Teiko, la Nomura Tower est en train de retrouver son activité pré-typhon Daichi. Au rez-de-chaussée, les ouvriers s'affairent à remplacer les sold abîmés par l'eau, et à remplacer les équipements électriques. Dans les étages supérieurs, épargnés par les inondations, tout semble comme si le typhon n'avait jamais eu lieu, tant qu'on ne regarde pas par les fenêtre pour voir la ville couverte de traces de boue et les arbres renversés dans les rues. Au sommet de la tour, dans son bureau, le PDG de Nomura Holdings, Président du Consortium Chikkai, et actuellement homme le plus puissant du Teikoku, est en réunion avec plusieurs de ses collaborateurs. Dans la pièce, rénuis autour d'une grande table, sont présents le numéro 2 de l'ANEC et PDG de la Hantô Zeigen Zaibatsu, Kenshiro Kawatachi, ainsi que le jeune PDG de la startup Chikkai Morning News, le nouveau géant de l'information en ligne, Shigeru Wasuyama. Etait aussi présent Tanjiro Wakamatsu, oyabun (parrains) du deuxième plus puissant clan Yakuza du Teikoku, les Yamaguchi-Kai de Hantô.[/justify]
[center][img]https://pics.simpolitique.net/images/2020/01/27/image.png[/img]
Takeo Komura, Président de l'ANEC et homme le plus puissant du Teikoku.[/center]
[justify]Takeo Komura: Avant tout messieurs, je tiens à vous dire bonjour, et à vous remercier d'avoir accepté de vous déplacer jusqu'à la Nomura Tower, en particulier vous, M. Tanaka, le trajet depuis Hantô en hélicoptère a dû être éprouvant! Comme vous le savez, le typhon Daichi a quelque peu perturbé les plans qu'avait l'ANEC pour notre pays, et nous avons du revoir quelque peu en catastrophe notre stratégie future. M. Wasuyama, je vous laisse le soin d'expliquer à monsieur Tanaka nos objectifs actuels?
De tous les hommes de la pièce, Shigeru Wasuyama était le plus jeune. Né à Sakawan, il avait monté un journal en ligne d'abord centré sur les activités de la capitale, puis très vite devenu une sensation nationale et le quotidien le plus lu après le Teikoku no Zenkoku Shinbun. A 35 ans à peine, grâce à son journal, le Chikkai Morning News, il était l'une des plus grandes fortunes du Teikoku, et une pierre angulaire du conseil de direction de l'ANEC. Intelligent, pragmatique, et toujours à la pointe des tendances Internet, Wasuyama était sans doute l'un des plus grands experts en communication du Teikoku.
[center][img]https://pics.simpolitique.net/images/2020/01/27/imaged11a23b103c08a36.png[/img]
Shigeru Wasuyama, jeune entrepreneur et expert des médias.[/center]
Shigeru Wasuyama: Merci, M. Komura. Comme vous le savez sans doute, tout ce qui s'est passé depuis Décembre jusqu'au 10 Mars était globalement prévu par le Conseil de Direction. Sans l'aide précieuse de votre clan, ainsi que des Asan-Shi qui ont vendu la mèche sur Junichi Akamatsu, le proxénète d'O-Machi, nous n'aurions jamais pu impliquer Nakagawa dans cette histoire sordide de viol. Sa destitution était à prévoir, évidemment. Le fait qu'Ikarashi n'ait pas été nommé Premier Ministre a été surprenant, certes, mais un gouvernement centriste n'aurait pas duré de toute façon, donc cette nomination n'a fait qu'accélérer d'une poignée de semaines nos plans. Les grèves générales, coordonnées par les syndicats dans lesquels vous avec une présence considérable, monsieur l'oyabun, se sont passés absolument comme prévu: Plus aucun service public, et l'ANEC qui prend le relais pour fournir de quoi subsister aux habitants, la confiance dans les politiques qui dégringole... Et puis Daichi est arrivé. Si je puis me permettre, je pense que cette catastrophe sert nos intérêts de manière absolument inespérée: au lieu d'une descente lente et progressive de la confiance dans le gouvernement, plus aucun Teiko ne prend désormais le monde politique au sérieux après leur inaction et même à l'international, leur légitimité est érodée, n'est-ce pas, M. Kawatachi?
Kenshiro Kawatachi était le PDG de la HZZ, un immense conglomérat industriel de la ville de Hantô, qui avait ses mains dans tous les domaines de la restauration à la vente d'armes en passant par les banques. Mais, plus important peut-être, il était le numéro 2 de l'ANEC, et celui en charge de coordonner les relations du Consortium Chikkai à l'international. Ce businessman d'exception, grand rival de Shôtô Tokiomi du temps de Gyôkai, avait vu une opportunité unique lors de la création de l'ANEC, et en était l'un des principaux architectes.
[center][img]https://pics.simpolitique.net/images/2020/01/27/image97cdc5272476584f.png[/img]
Kenshiro Kawatachi, homme le plus riche du Teikoku et PDG de la HZZ.[/center]
Kenshiro Kawatachi: Effectivement. Voyez-vous, nous avons reçu des propositions d'aide venues de l'international pour nous aider à reconstruire le pays. Le Kaihindo et le Shinkyôko, en particulier, sont d'une aide extrêmement précieuse. Et figurez-vous que ce n'est pas au gouvernement que ces propositions ont été adressées, mais bel et bien directement à l'ANEC. C'est un fait, dans le reste du monde, le gouvernement Teiko n'est plus qu'un pauvre fantôme illégitime, sans aucune capacité d'action. L'acteur principale avec lequel les étrangers semblent souhaiter traiter, c'est l'ANEC. Ce typhon est un véritable cadeau du Ciel en ce sens, notre processus de légitimation internationale, très difficile, a été grandement facilité par cette terrible catastrophe.
Ken Tanaka se racla la gorge. De prime abord, l'homme n'attirait pas l'attention. De carrure moyenne, ayant récemment fêté ses 65 ans, il n'était pas particulièrement intimidant. Cependant, sous sa veste impeccable se cachaient de nombreux tatouages qui couvraient la majorité de son torse et de ses bras, ainsi que tous son dos, l'identifiant comme l'oyabun du clan Yamaguchi-Kai, le second plus puissant clan de Yakuzas du Teikoku. Ami de longue date de Kensihro Kawatachi, avec lequel il avait étroitement collaboré pendant de longues années du fait de l'omniprésence du Yamaguchi-Kai dans l'industrie Hantôite. S'il n'était pas membre du Conseil de Direction de l'ANEC, Tanaka n'en était pas moins un proche collaborateur du Consortium.
[center][img]https://pics.simpolitique.net/images/2020/01/27/imagea3e1c7441cf4bcfe.png[/img]
Ken Tanaka, Oyabun des Yamaguchi-Kaï et figure de proue du crime organisé Teiko.[/center]
Ken Tanaka: Si je puis me permettre, je comprends parfaitement en quoi ce typhon a bien pu aider nos plans en les accélérant, mais alors où exactement est le problème? Tout se passera juste beaucoup plus vite que prévu, non?
Takeo Komura: Pas exactement. Voyez-vous, le problème c'est qu'il nous reste encore quelques détails à régler, et c'est là que vous nous aidez. Ce typhon nous a forcé à accélérer et à nous désolidariser du monde politique, mais nos pions dans ce domaine se rendront surement compte qu'ils ont été lâchés, si ce n'est pas déjà fait. Heureusement pour nous, Ikarashi est à l'hôpital pour le moment, il a été blessé durant le typhon, mais il se remettra bientôt. Keisuke Asai, en revanche, va vite se rendre compte que quelque chose cloche. Il a fait partie des politiciens caillassés il y a quelques jours devant la Diète, et il va sans doute chercher à nous demander des comptes publiquement, et dévoiler notre tromperie et nos plans depuis le début. Il faut urgemment s'occuper de lui, et cela passe en deux phases. La première, c'est lui enlever sa plateforme d'expression, le délégitimer, et pour cela nous devrons accélérer nos plans encore plus, et le renverser dans les jours qui viennent. La deuxième partie, c'est simplement de se débarrasser de lui discrètement, un travail pour lequel le Yamaguchi-Kai possède une expertise incomparable. Ikarashi, même chose, mais cela reste plus facile. Reste ensuite à s'occuper de la seule personne avec encore un peu de poids dans le monde politique aujourd'hui, la Présidente Fujihara. D'un côté, sa présence est réellement embêtante, mais d'un autre, on n'a pas entendu parler d'elle depuis 10 jours, et m'est avis que plutôt que se battre elle préférera quitter le Teikoku par tous les moyens possibles.
Ken Tanaka: Je vois, eh bien, tant que vous remplissez votre part du marché, je ne vois aucune raison de ne pas travailler avec vous. Mon clan s'occupera bien d'Asai et d'Ikarashi, ne vous inquiétez pas! Sur ce, messieurs, je dois m'éclipser, le maintien de l'ordre à Hantô ne se fait pas tout seul, sayonara!
Tanaka quitta la pièce, laissant à leurs discussions les trois capitaines d'industrie, dont les plans allaient changer le Teikoku pour toujours.
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[justify]Nous sommes en fin d'après-midi, le 20 Mars 2041. A Kabushikigaishia, le quartier d'affaires de la capitale Teiko, la Nomura Tower est en train de retrouver son activité pré-typhon Daichi. Au rez-de-chaussée, les ouvriers s'affairent à remplacer les sold abîmés par l'eau, et à remplacer les équipements électriques. Dans les étages supérieurs, épargnés par les inondations, tout semble comme si le typhon n'avait jamais eu lieu, tant qu'on ne regarde pas par les fenêtre pour voir la ville couverte de traces de boue et les arbres renversés dans les rues. Au sommet de la tour, dans son bureau, le PDG de Nomura Holdings, Président du Consortium Chikkai, et actuellement homme le plus puissant du Teikoku, est en réunion avec plusieurs de ses collaborateurs. Dans la pièce, rénuis autour d'une grande table, sont présents le numéro 2 de l'ANEC et PDG de la Hantô Zeigen Zaibatsu, Kenshiro Kawatachi, ainsi que le jeune PDG de la startup Chikkai Morning News, le nouveau géant de l'information en ligne, Shigeru Wasuyama. Etait aussi présent Tanjiro Wakamatsu, oyabun (parrains) du deuxième plus puissant clan Yakuza du Teikoku, les Yamaguchi-Kai de Hantô.[/justify]
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Takeo Komura, Président de l'ANEC et homme le plus puissant du Teikoku.[/center]
[justify]Takeo Komura: Avant tout messieurs, je tiens à vous dire bonjour, et à vous remercier d'avoir accepté de vous déplacer jusqu'à la Nomura Tower, en particulier vous, M. Tanaka, le trajet depuis Hantô en hélicoptère a dû être éprouvant! Comme vous le savez, le typhon Daichi a quelque peu perturbé les plans qu'avait l'ANEC pour notre pays, et nous avons du revoir quelque peu en catastrophe notre stratégie future. M. Wasuyama, je vous laisse le soin d'expliquer à monsieur Tanaka nos objectifs actuels?
De tous les hommes de la pièce, Shigeru Wasuyama était le plus jeune. Né à Sakawan, il avait monté un journal en ligne d'abord centré sur les activités de la capitale, puis très vite devenu une sensation nationale et le quotidien le plus lu après le Teikoku no Zenkoku Shinbun. A 35 ans à peine, grâce à son journal, le Chikkai Morning News, il était l'une des plus grandes fortunes du Teikoku, et une pierre angulaire du conseil de direction de l'ANEC. Intelligent, pragmatique, et toujours à la pointe des tendances Internet, Wasuyama était sans doute l'un des plus grands experts en communication du Teikoku.
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Shigeru Wasuyama, jeune entrepreneur et expert des médias.[/center]
Shigeru Wasuyama: Merci, M. Komura. Comme vous le savez sans doute, tout ce qui s'est passé depuis Décembre jusqu'au 10 Mars était globalement prévu par le Conseil de Direction. Sans l'aide précieuse de votre clan, ainsi que des Asan-Shi qui ont vendu la mèche sur Junichi Akamatsu, le proxénète d'O-Machi, nous n'aurions jamais pu impliquer Nakagawa dans cette histoire sordide de viol. Sa destitution était à prévoir, évidemment. Le fait qu'Ikarashi n'ait pas été nommé Premier Ministre a été surprenant, certes, mais un gouvernement centriste n'aurait pas duré de toute façon, donc cette nomination n'a fait qu'accélérer d'une poignée de semaines nos plans. Les grèves générales, coordonnées par les syndicats dans lesquels vous avec une présence considérable, monsieur l'oyabun, se sont passés absolument comme prévu: Plus aucun service public, et l'ANEC qui prend le relais pour fournir de quoi subsister aux habitants, la confiance dans les politiques qui dégringole... Et puis Daichi est arrivé. Si je puis me permettre, je pense que cette catastrophe sert nos intérêts de manière absolument inespérée: au lieu d'une descente lente et progressive de la confiance dans le gouvernement, plus aucun Teiko ne prend désormais le monde politique au sérieux après leur inaction et même à l'international, leur légitimité est érodée, n'est-ce pas, M. Kawatachi?
Kenshiro Kawatachi était le PDG de la HZZ, un immense conglomérat industriel de la ville de Hantô, qui avait ses mains dans tous les domaines de la restauration à la vente d'armes en passant par les banques. Mais, plus important peut-être, il était le numéro 2 de l'ANEC, et celui en charge de coordonner les relations du Consortium Chikkai à l'international. Ce businessman d'exception, grand rival de Shôtô Tokiomi du temps de Gyôkai, avait vu une opportunité unique lors de la création de l'ANEC, et en était l'un des principaux architectes.
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Kenshiro Kawatachi, homme le plus riche du Teikoku et PDG de la HZZ.[/center]
Kenshiro Kawatachi: Effectivement. Voyez-vous, nous avons reçu des propositions d'aide venues de l'international pour nous aider à reconstruire le pays. Le Kaihindo et le Shinkyôko, en particulier, sont d'une aide extrêmement précieuse. Et figurez-vous que ce n'est pas au gouvernement que ces propositions ont été adressées, mais bel et bien directement à l'ANEC. C'est un fait, dans le reste du monde, le gouvernement Teiko n'est plus qu'un pauvre fantôme illégitime, sans aucune capacité d'action. L'acteur principale avec lequel les étrangers semblent souhaiter traiter, c'est l'ANEC. Ce typhon est un véritable cadeau du Ciel en ce sens, notre processus de légitimation internationale, très difficile, a été grandement facilité par cette terrible catastrophe.
Ken Tanaka se racla la gorge. De prime abord, l'homme n'attirait pas l'attention. De carrure moyenne, ayant récemment fêté ses 65 ans, il n'était pas particulièrement intimidant. Cependant, sous sa veste impeccable se cachaient de nombreux tatouages qui couvraient la majorité de son torse et de ses bras, ainsi que tous son dos, l'identifiant comme l'oyabun du clan Yamaguchi-Kai, le second plus puissant clan de Yakuzas du Teikoku. Ami de longue date de Kensihro Kawatachi, avec lequel il avait étroitement collaboré pendant de longues années du fait de l'omniprésence du Yamaguchi-Kai dans l'industrie Hantôite. S'il n'était pas membre du Conseil de Direction de l'ANEC, Tanaka n'en était pas moins un proche collaborateur du Consortium.
[center][img]https://pics.simpolitique.net/images/2020/01/27/imagea3e1c7441cf4bcfe.png[/img]
Ken Tanaka, Oyabun des Yamaguchi-Kaï et figure de proue du crime organisé Teiko.[/center]
Ken Tanaka: Si je puis me permettre, je comprends parfaitement en quoi ce typhon a bien pu aider nos plans en les accélérant, mais alors où exactement est le problème? Tout se passera juste beaucoup plus vite que prévu, non?
Takeo Komura: Pas exactement. Voyez-vous, le problème c'est qu'il nous reste encore quelques détails à régler, et c'est là que vous nous aidez. Ce typhon nous a forcé à accélérer et à nous désolidariser du monde politique, mais nos pions dans ce domaine se rendront surement compte qu'ils ont été lâchés, si ce n'est pas déjà fait. Heureusement pour nous, Ikarashi est à l'hôpital pour le moment, il a été blessé durant le typhon, mais il se remettra bientôt. Keisuke Asai, en revanche, va vite se rendre compte que quelque chose cloche. Il a fait partie des politiciens caillassés il y a quelques jours devant la Diète, et il va sans doute chercher à nous demander des comptes publiquement, et dévoiler notre tromperie et nos plans depuis le début. Il faut urgemment s'occuper de lui, et cela passe en deux phases. La première, c'est lui enlever sa plateforme d'expression, le délégitimer, et pour cela nous devrons accélérer nos plans encore plus, et le renverser dans les jours qui viennent. La deuxième partie, c'est simplement de se débarrasser de lui discrètement, un travail pour lequel le Yamaguchi-Kai possède une expertise incomparable. Ikarashi, même chose, mais cela reste plus facile. Reste ensuite à s'occuper de la seule personne avec encore un peu de poids dans le monde politique aujourd'hui, la Présidente Fujihara. D'un côté, sa présence est réellement embêtante, mais d'un autre, on n'a pas entendu parler d'elle depuis 10 jours, et m'est avis que plutôt que se battre elle préférera quitter le Teikoku par tous les moyens possibles.
Ken Tanaka: Je vois, eh bien, tant que vous remplissez votre part du marché, je ne vois aucune raison de ne pas travailler avec vous. Mon clan s'occupera bien d'Asai et d'Ikarashi, ne vous inquiétez pas! Sur ce, messieurs, je dois m'éclipser, le maintien de l'ordre à Hantô ne se fait pas tout seul, sayonara!
Tanaka quitta la pièce, laissant à leurs discussions les trois capitaines d'industrie, dont les plans allaient changer le Teikoku pour toujours.
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