[center][ont]LES DORURES DES PALAIS[/ont]
[img]https://nsa39.casimages.com/img/2018/06/06/180606120741649488.jpg[/img][/center]
[justify]Au Cangamé, le pouvoir revêt une tradition informelle ancrée dans les usages. Les tractations de couloir, les entrevues autour d'un verre de whisky, les coups de téléphone entre deux débats au parlement sont monnaie courante. Et si la presse se fait un malin plaisir à suivre toutes ces intrigues de palais, ces alliances de circonstances, ces jeux de pouvoir, l'essentiel reste secret.
Le gouvernement est sans cesse en recherche de soutiens. Les censures parlementaires sont régulières et il s'agit d'un véritable exercice de funambule pour conserver sa place pendant les quatre ans de la législature. Séductions, chantages, intimidations ou promesses futiles forment le quotidien des gens de pouvoir, même au sein des municipalités.
Et si le monarque, en théorie éloigné de la politique et de la pratique du pouvoir, semble souvent désintéressé, c'est qu'il doit composer avec toutes ces forces. Loin de ne pas se préoccuper de l'avenir de son pays, il utilise ses prérogatives - dissolution, rencontres fréquentes avec le premier ministre, apparitions publiques - pour dynamiser un enfer politique qui tournerait vite au pugilat politicien.[/justify]
[spoiler="remarques"]RP inutilisable, sauf autorisations, mentions spéciales ou citations dans d'autres RP publics (presse, annonces officielles, par exemple).[/spoiler]
Les dorures des palais | RP
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Joyan
[ont]Chase Saunders, Victoria Fox, Maurice Joly
Premier ministre, Ministre de l'intérieur, député de la majorité[/ont]
[justify]« Faites attention, ce café est très chaud. Je croyais l'avoir demandé tiède, mais bon...
- Chase, je crois que tu commences à te lasser de ce palais.» Victoria Fox semblait ironique. Mais, derrière ce ton, elle avait visé juste. Le Premier ministre en avait plus qu'assez. Les palais, les protocoles, les débats au parlement, il n'en pouvait plus. Il murmura, après avoir avalé une gorgée de son café trop chaud et avoir manqué de peu de se brûler la langue.
« Bon, Victoria. On n'est pas ici pour savourer le café. Tu as ramené le dossier ?
- Oui. Juste ici. » La ministre posa un dossier épais d'un centimètre et demi sur la table basse. Sur la pochette en carton bleue, rien n'était marqué, et seules quelques feuilles dépassaient, sans qu'on ne puisse rien dire de ce qui était écrit dessus.
« Très bien. J'étudierai ça ce soir. Toutes les pièces ont bien été réunies ?
- Absolument tout, Chase. Je te l'ai déjà dit, on peut tout faire passer en douce. A part les riverains, personne ne saura rien de plus.
- J'espère. Si cela venait à se savoir, tu sais ce qu'il en coûterait. Maurice, je compte sur toi. Il faut que tu t'assures de la fidélité de nos députés sur ce texte. Et de celle des libéraux. Tu te souviens ce qu'il faut dire ? »
Maurice était un proche du Premier ministre. Ils avaient fait leurs études ensemble, et, s'ils s'étaient perdus de vue pendant un petit moment, il s'étaient retrouvés au Parti conservateur il y a peu. Depuis, Maurice Joly faisait partie de ces petites mains qui aidaient Chase Saunders à tenir le parlement. C'était un spécialiste des députés, il les connaissait presque tous, savait leurs points faibles, leurs points forts. Il avait été l'artisan de plusieurs réformes d'ampleur.
« Bien sûr. Le but de cette réforme, c'est de responsabiliser les entreprises qui polluent. J'ai même préparé deux ou trois éléments de langage pour les ressortir dans la presse. Regarde : "Nous nous retirons certes de certaines subventions, mais c'est pour mieux contrôler, et recentrer celles qui sont le plus efficaces." Ou encore : "Nous nous soucions de la nature, c'est pourquoi..."
- Oui, oui, très bien, je vois que tu as préparé ton texte. Bon, j'ai eu Philip ce matin au téléphone. Il m'a encore dit que ce texte allait dans le bon sens. Il m'a promis monts et merveilles, encore une fois. Et c'est pas le premier à me dire que ça ira mieux après.
- Et on dit quoi si la presse, ou n'importe qui - vous savez comment ça se passe aujourd'hui - découvre pourquoi on fait vraiment cette réforme ? Parce que si ça tourne mal, je sais pas vous, mais moi j'ai bien peur que ce ne soit la fin. » La ministre de l'intérieur semblait plus inquiète que ses deux compères. Cela se ressentait dans le ton de sa voix, peu assurée et parfois chevrotante. Elle boit son café en petites gorgées, régulières, qu'elle a du mal à avaler.
« Ne t'inquiète pas, Victoria. Rien ne sortira d'ici. Les chiffres que tu as ressorti, tu ne les as pas trop trafiqués, n'est-ce pas ?
- Juste ce qu'il faut, comme tu me l'as dit.
- Juste ce qu'il faut. Bien. Alors, il n'y a pas de risque. »[/justify]
Premier ministre, Ministre de l'intérieur, député de la majorité[/ont]
[justify]« Faites attention, ce café est très chaud. Je croyais l'avoir demandé tiède, mais bon...
- Chase, je crois que tu commences à te lasser de ce palais.» Victoria Fox semblait ironique. Mais, derrière ce ton, elle avait visé juste. Le Premier ministre en avait plus qu'assez. Les palais, les protocoles, les débats au parlement, il n'en pouvait plus. Il murmura, après avoir avalé une gorgée de son café trop chaud et avoir manqué de peu de se brûler la langue.
« Bon, Victoria. On n'est pas ici pour savourer le café. Tu as ramené le dossier ?
- Oui. Juste ici. » La ministre posa un dossier épais d'un centimètre et demi sur la table basse. Sur la pochette en carton bleue, rien n'était marqué, et seules quelques feuilles dépassaient, sans qu'on ne puisse rien dire de ce qui était écrit dessus.
« Très bien. J'étudierai ça ce soir. Toutes les pièces ont bien été réunies ?
- Absolument tout, Chase. Je te l'ai déjà dit, on peut tout faire passer en douce. A part les riverains, personne ne saura rien de plus.
- J'espère. Si cela venait à se savoir, tu sais ce qu'il en coûterait. Maurice, je compte sur toi. Il faut que tu t'assures de la fidélité de nos députés sur ce texte. Et de celle des libéraux. Tu te souviens ce qu'il faut dire ? »
Maurice était un proche du Premier ministre. Ils avaient fait leurs études ensemble, et, s'ils s'étaient perdus de vue pendant un petit moment, il s'étaient retrouvés au Parti conservateur il y a peu. Depuis, Maurice Joly faisait partie de ces petites mains qui aidaient Chase Saunders à tenir le parlement. C'était un spécialiste des députés, il les connaissait presque tous, savait leurs points faibles, leurs points forts. Il avait été l'artisan de plusieurs réformes d'ampleur.
« Bien sûr. Le but de cette réforme, c'est de responsabiliser les entreprises qui polluent. J'ai même préparé deux ou trois éléments de langage pour les ressortir dans la presse. Regarde : "Nous nous retirons certes de certaines subventions, mais c'est pour mieux contrôler, et recentrer celles qui sont le plus efficaces." Ou encore : "Nous nous soucions de la nature, c'est pourquoi..."
- Oui, oui, très bien, je vois que tu as préparé ton texte. Bon, j'ai eu Philip ce matin au téléphone. Il m'a encore dit que ce texte allait dans le bon sens. Il m'a promis monts et merveilles, encore une fois. Et c'est pas le premier à me dire que ça ira mieux après.
- Et on dit quoi si la presse, ou n'importe qui - vous savez comment ça se passe aujourd'hui - découvre pourquoi on fait vraiment cette réforme ? Parce que si ça tourne mal, je sais pas vous, mais moi j'ai bien peur que ce ne soit la fin. » La ministre de l'intérieur semblait plus inquiète que ses deux compères. Cela se ressentait dans le ton de sa voix, peu assurée et parfois chevrotante. Elle boit son café en petites gorgées, régulières, qu'elle a du mal à avaler.
« Ne t'inquiète pas, Victoria. Rien ne sortira d'ici. Les chiffres que tu as ressorti, tu ne les as pas trop trafiqués, n'est-ce pas ?
- Juste ce qu'il faut, comme tu me l'as dit.
- Juste ce qu'il faut. Bien. Alors, il n'y a pas de risque. »[/justify]
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Joyan
[ont]Jade Finch, Paora Helaue, Timothée Dufour, Caitlin Thurtson
Première Ministre nommée, responsables du parti démocrate
Siège du Parti Démocrate, New-Warrington[/ont]
[hr][/hr]
[justify]Jade Finch avait voulu tenir cette réunion pour que la décision soit prise de manière collective. Elle savait déjà la direction que cela allait prendre, mais si plus tard on lui reprochait d'être trop autoritaire, elle pourrait toujours arguer qu'elle a décidé dans des réunions.
Jade Finch était debout, devant la fenêtre. Une tasse de thé à la main, elle tournait le dos à ses invités.
« Bon, comme vous vous en doutez, la réunion d'hier a tourné court. Le Parti Libéral n'est pas du tout d'accord pour former un gouvernement si je garde mon programme. »
Timothée Dufour, dans un accent français assez marqué, mais avec un anglais courant, n'était pas surpris.
« Il ne reste plus qu'une solution, n'est-ce pas ? »
Dans les hautes fonctions du parti depuis 20 ans, Paora Healaue connaissait bien les procédures constitutionnelles pour les avoir connues. Elle redoutait l'effet qu'une dissolution puisse avoir, surtout si une campagne électorale se déroulait ensuite : qui sait comment elle se déroulerait ?
« Le roi est d'accord ? »
Jade Finch
« Je pense qu'il n'aura pas le choix. La plupart des Libéraux ne veulent pas gouverner avec les conservateurs, Eva me l'a confirmé. Elle m'a même avoué réfléchir à une procédure de destitution des ministres qui sont impliqués dans l'affaire de corruption. »
Paora Healaue
« Ça devrait bousculer un peu cette vieille institution. Les Libéraux fonctionnent comme en 2000, avec les mêmes figures et les mêmes idées... »
Timothée Dufour
« Une campagne électorale, donc ? Mais tu es sûre, Jade, que les démocrates sont prêts à ça ? Je veux dire, tu connais nos positions, mais il y en a qui sont... plus proches des libéraux. Pour l'instant, ils nous soutiennent. Enfin, ils TE soutiennent, c'est toi la Première ministre. Mais s'il y a une campagne, on risque de se diviser.
Caitlin Thurston prenait la parole pour la première fois. Très attentive, c'était aussi une femme qui prenait le temps de réfléchir avant de parler.
« Les libéraux pourraient faire un très bon score, et nous obliger encore une fois à négocier. Si en plus ils se purifient de leurs anciennes têtes pour mettre en avant des jeunes, avec des idées progressistes et tout le tintouin, on risque de perdre des voix à leur encontre.
Elle soupira.
Si c'est vraiment une campagne électorale que tu veux, il faut s'assurer d'avoir le soutien de l'ensemble du parti, et mettre hors-jeu les libéraux d'emblée. »
Paora Healaue
« Et s'assurer pour que le roi fixe une date relativement proche, que le vote ait lieu pendant que l'opinion nous est encore favorable. »
Jade Finch
« Le roi, j'en fais mon affaire. Timothée, tu as des contacts chez Les Verts ? Tu pourrais savoir s'ils rouleraient pour nous en cas de coalition. Il faudrait aussi qu'on ait une espère d'accord pour ne pas qu'on se bute entre nous. Paora, tu es une vieille briscarde, tu connais mieux que moi les rouages de ce parti. Tu peux t'assurer que les soc-dem m'apportent leur soutien en cas de campagne électorale ? Caitlin, je te fais confiance, il faudrait que tu me concocte deux-trois thèmes précis pour mettre en déroute les libéraux. Tu vois, des arguments chocs auxquels il ne peuvent pas s'opposer. »
Caitlin Thurston
« Je m'en occupe. J'ai de bons relais dans les provinces, au niveau local. Ils pourraient me fournir des exemples d'endroits où les libéraux ont été à la ramasse complète, on s'en servira contre eux. »
Jade Finch
« Ouais. Fais gaffe que ces arguments ne se retournent pas contre nous. De mon côté, je vais mobiliser la presse, je vais faire passer mes idées. Tout le monde est ok ? Bon, et bien on y va. Je vais demander une audience auprès de Sa Très Glorieuse Majesté, et on verra ce qu'il se passera ensuite. »
[/justify]
Première Ministre nommée, responsables du parti démocrate
Siège du Parti Démocrate, New-Warrington[/ont]
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[justify]Jade Finch avait voulu tenir cette réunion pour que la décision soit prise de manière collective. Elle savait déjà la direction que cela allait prendre, mais si plus tard on lui reprochait d'être trop autoritaire, elle pourrait toujours arguer qu'elle a décidé dans des réunions.
Jade Finch était debout, devant la fenêtre. Une tasse de thé à la main, elle tournait le dos à ses invités.
« Bon, comme vous vous en doutez, la réunion d'hier a tourné court. Le Parti Libéral n'est pas du tout d'accord pour former un gouvernement si je garde mon programme. »
Timothée Dufour, dans un accent français assez marqué, mais avec un anglais courant, n'était pas surpris.
« Il ne reste plus qu'une solution, n'est-ce pas ? »
Dans les hautes fonctions du parti depuis 20 ans, Paora Healaue connaissait bien les procédures constitutionnelles pour les avoir connues. Elle redoutait l'effet qu'une dissolution puisse avoir, surtout si une campagne électorale se déroulait ensuite : qui sait comment elle se déroulerait ?
« Le roi est d'accord ? »
Jade Finch
« Je pense qu'il n'aura pas le choix. La plupart des Libéraux ne veulent pas gouverner avec les conservateurs, Eva me l'a confirmé. Elle m'a même avoué réfléchir à une procédure de destitution des ministres qui sont impliqués dans l'affaire de corruption. »
Paora Healaue
« Ça devrait bousculer un peu cette vieille institution. Les Libéraux fonctionnent comme en 2000, avec les mêmes figures et les mêmes idées... »
Timothée Dufour
« Une campagne électorale, donc ? Mais tu es sûre, Jade, que les démocrates sont prêts à ça ? Je veux dire, tu connais nos positions, mais il y en a qui sont... plus proches des libéraux. Pour l'instant, ils nous soutiennent. Enfin, ils TE soutiennent, c'est toi la Première ministre. Mais s'il y a une campagne, on risque de se diviser.
Caitlin Thurston prenait la parole pour la première fois. Très attentive, c'était aussi une femme qui prenait le temps de réfléchir avant de parler.
« Les libéraux pourraient faire un très bon score, et nous obliger encore une fois à négocier. Si en plus ils se purifient de leurs anciennes têtes pour mettre en avant des jeunes, avec des idées progressistes et tout le tintouin, on risque de perdre des voix à leur encontre.
Elle soupira.
Si c'est vraiment une campagne électorale que tu veux, il faut s'assurer d'avoir le soutien de l'ensemble du parti, et mettre hors-jeu les libéraux d'emblée. »
Paora Healaue
« Et s'assurer pour que le roi fixe une date relativement proche, que le vote ait lieu pendant que l'opinion nous est encore favorable. »
Jade Finch
« Le roi, j'en fais mon affaire. Timothée, tu as des contacts chez Les Verts ? Tu pourrais savoir s'ils rouleraient pour nous en cas de coalition. Il faudrait aussi qu'on ait une espère d'accord pour ne pas qu'on se bute entre nous. Paora, tu es une vieille briscarde, tu connais mieux que moi les rouages de ce parti. Tu peux t'assurer que les soc-dem m'apportent leur soutien en cas de campagne électorale ? Caitlin, je te fais confiance, il faudrait que tu me concocte deux-trois thèmes précis pour mettre en déroute les libéraux. Tu vois, des arguments chocs auxquels il ne peuvent pas s'opposer. »
Caitlin Thurston
« Je m'en occupe. J'ai de bons relais dans les provinces, au niveau local. Ils pourraient me fournir des exemples d'endroits où les libéraux ont été à la ramasse complète, on s'en servira contre eux. »
Jade Finch
« Ouais. Fais gaffe que ces arguments ne se retournent pas contre nous. De mon côté, je vais mobiliser la presse, je vais faire passer mes idées. Tout le monde est ok ? Bon, et bien on y va. Je vais demander une audience auprès de Sa Très Glorieuse Majesté, et on verra ce qu'il se passera ensuite. »
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Joyan
[ont]Jade Finch, Chase Saunders
Première Ministre nommée et tête de file du parti démocrate pour les élections, Premier ministre en fonction
Conversation téléphonique[/ont]
[hr][/hr]
[justify]
Quand Jade Finch avait vu le numéro de téléphone du Cabinet du Premier Ministre s'afficher, elle n'avait d'abord par souhaité décrocher. Et puis, rapidement, elle s'était dit que ce serait une erreur. Elle avait assez facilement deviné pourquoi ce foutu Chase Saunders l'appelait. Dans le fond, elle l'aimait bien. C'était une personne attachante, qui n'avait pas beaucoup d'idéologie politique mais avait une culture du compromis et de la fonction d'État ancrée dans l'âme.
Jade Finch, d'un air las.
« Oui, Chase, ça va ? »
Chase Saunders, rassuré par le ton plutôt neutre de son adversaire politique tout au long de son mandat.
« Ça va, Jade, ça va. Et toi ? La campagne n'est pas trop éprouvante ? »
Jade Finch
- Si, mais il reste un mois à tenir. Bon, je suppose que tu n'es pas venu m'apporter ton soutien. Que me veut le Premier ministre ?
Chase Saunders
-Tu t'en doutes, Jade. Mais je ne vais pas tourner autour du pot trop longtemps. Tu as légèrement dépassé les bornes, sur l'affaire Fatuimaa. Tu le sais.
Jade Finch
- Dépassé les bornes ? Si ton administration n'avait pas refusé l'asile, on n'en serait pas là.
Chase Saunders
- Tu sais très bien que j'y suis pour rien. Je ne gère pas l'office de l'immigration de chaque province. Au delà de toute considération politique, je n'étais même pas au courant de cette Jennifer Fatuimaa avant que la presse révèle l'histoire. Tu verras ce que c'est, si tu es élue. Et puis, tu sembles oublier que je suis déchu. Je ne gère que les affaires courantes. Et encore, même ça c'est difficile.
Jade Finch
- Te plains pas, ça va hein.Je me suis exprimée sur l'affaire, c'est tout.
Chase Saunders
- Non, Jade. Je ne t'aurais jamais appelée si tu t'étais contentée de dire que le pays allait accueillir toutes les... les personnes comme ça au Cangamé.
Jade Finch, ne relevant même pas le vocabulaire du Premier Ministre, se contenta de répondre.
- Quoi ? Tu parles du Nouveau-Eden ? Non mais je ne vais pas cacher ce que je propose à tout le monde pendant ma campagne. Tu comprends, ce pays ne partage aucun point en commun avec mes idées, je n'allait pas le taire. Tu sais comment ça marche.
Chase Saunders
- Je sais, Jade, je sais. Mais tu as déclenché une sacrée polémique internationale. On se retrouve sur les presses de tous les pays un peu libres, et je suis que le New-Eden prend ses distances. C'est pas ton rôle de lancer des polémiques qui impliquent le pays de cette manière.
Jade Finch
- Oh ça va, s'ils sont pas foutus de différencier des propos d'une candidate aux élections à des reproches officielles de ton gouvernement, c'est pas de ma faute. Et puis au moins, ils savent à quoi s'en tenir, Chase.
Chase Saunders
- Non mais Jade. Ce que je te demande, et pas en qualité de responsable d'un parti politique, mais en qualité de Premier ministre, qui doit encore tenir un pays pendant deux mois, c'est de ne pas commettre de nouvel écart, comme celui-là. Écoute, je ne veux pas m'énerver, mais je serai obligé de prendre position publiquement la prochaine fois. Et peut être même de demander au roi d'en faire de même. Parce que même si le New-Eden ne sait pas distinguer une campagne électorale d'un propos dit par un ministre, il demeure que c'est la crédibilité du pays que tu as engagé. Alors s'il te plaît, Jade... C'est pas de l'intimidation ni rien que je te fais, tu le sais. Si tu arrives au pouvoir, tu feras ce que tu veux. Mais pour l'instant, tu n'y es pas.
Jade Finch
- Je comprends, Chase. Je comprends. Je vais éviter de faire de nouvelles vagues. Mais je ne vais pas garder ma langue dans ma poche, sois en convaincu.
Chase Saunders
- Je te fais confiance là-dessus, ne t'inquiète pas. Bon, si le message est passé. Je te souhaite bon courage pour la fin de la campagne électorale.
Jade Finch
- Merci Chase.
[justify]
Première Ministre nommée et tête de file du parti démocrate pour les élections, Premier ministre en fonction
Conversation téléphonique[/ont]
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Quand Jade Finch avait vu le numéro de téléphone du Cabinet du Premier Ministre s'afficher, elle n'avait d'abord par souhaité décrocher. Et puis, rapidement, elle s'était dit que ce serait une erreur. Elle avait assez facilement deviné pourquoi ce foutu Chase Saunders l'appelait. Dans le fond, elle l'aimait bien. C'était une personne attachante, qui n'avait pas beaucoup d'idéologie politique mais avait une culture du compromis et de la fonction d'État ancrée dans l'âme.
Jade Finch, d'un air las.
« Oui, Chase, ça va ? »
Chase Saunders, rassuré par le ton plutôt neutre de son adversaire politique tout au long de son mandat.
« Ça va, Jade, ça va. Et toi ? La campagne n'est pas trop éprouvante ? »
Jade Finch
- Si, mais il reste un mois à tenir. Bon, je suppose que tu n'es pas venu m'apporter ton soutien. Que me veut le Premier ministre ?
Chase Saunders
-Tu t'en doutes, Jade. Mais je ne vais pas tourner autour du pot trop longtemps. Tu as légèrement dépassé les bornes, sur l'affaire Fatuimaa. Tu le sais.
Jade Finch
- Dépassé les bornes ? Si ton administration n'avait pas refusé l'asile, on n'en serait pas là.
Chase Saunders
- Tu sais très bien que j'y suis pour rien. Je ne gère pas l'office de l'immigration de chaque province. Au delà de toute considération politique, je n'étais même pas au courant de cette Jennifer Fatuimaa avant que la presse révèle l'histoire. Tu verras ce que c'est, si tu es élue. Et puis, tu sembles oublier que je suis déchu. Je ne gère que les affaires courantes. Et encore, même ça c'est difficile.
Jade Finch
- Te plains pas, ça va hein.Je me suis exprimée sur l'affaire, c'est tout.
Chase Saunders
- Non, Jade. Je ne t'aurais jamais appelée si tu t'étais contentée de dire que le pays allait accueillir toutes les... les personnes comme ça au Cangamé.
Jade Finch, ne relevant même pas le vocabulaire du Premier Ministre, se contenta de répondre.
- Quoi ? Tu parles du Nouveau-Eden ? Non mais je ne vais pas cacher ce que je propose à tout le monde pendant ma campagne. Tu comprends, ce pays ne partage aucun point en commun avec mes idées, je n'allait pas le taire. Tu sais comment ça marche.
Chase Saunders
- Je sais, Jade, je sais. Mais tu as déclenché une sacrée polémique internationale. On se retrouve sur les presses de tous les pays un peu libres, et je suis que le New-Eden prend ses distances. C'est pas ton rôle de lancer des polémiques qui impliquent le pays de cette manière.
Jade Finch
- Oh ça va, s'ils sont pas foutus de différencier des propos d'une candidate aux élections à des reproches officielles de ton gouvernement, c'est pas de ma faute. Et puis au moins, ils savent à quoi s'en tenir, Chase.
Chase Saunders
- Non mais Jade. Ce que je te demande, et pas en qualité de responsable d'un parti politique, mais en qualité de Premier ministre, qui doit encore tenir un pays pendant deux mois, c'est de ne pas commettre de nouvel écart, comme celui-là. Écoute, je ne veux pas m'énerver, mais je serai obligé de prendre position publiquement la prochaine fois. Et peut être même de demander au roi d'en faire de même. Parce que même si le New-Eden ne sait pas distinguer une campagne électorale d'un propos dit par un ministre, il demeure que c'est la crédibilité du pays que tu as engagé. Alors s'il te plaît, Jade... C'est pas de l'intimidation ni rien que je te fais, tu le sais. Si tu arrives au pouvoir, tu feras ce que tu veux. Mais pour l'instant, tu n'y es pas.
Jade Finch
- Je comprends, Chase. Je comprends. Je vais éviter de faire de nouvelles vagues. Mais je ne vais pas garder ma langue dans ma poche, sois en convaincu.
Chase Saunders
- Je te fais confiance là-dessus, ne t'inquiète pas. Bon, si le message est passé. Je te souhaite bon courage pour la fin de la campagne électorale.
Jade Finch
- Merci Chase.
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Joyan
[ont]Jade Finch, Timothée Dufour, Christian O'Driscoll, Ella Rogers, Aora Ketaua-Pere, Caitlin Thurston, Cooper Moorshead, Aubin Sacré
Première Ministre nommée, Ministres de l'intérieur, de la défense, des affaires étrangères, de l'économie et des finances, de l'aménagement et du territoire, de la jeunesse et de l'éducation, et de la société
Conseil des ministres, Bâtiment du Parlement, New-Warrington[/ont]
[hr][/hr]
[justify]C'était le premier conseil des ministres présidé par Jade Finch. Ses sept ministres avaient été nommés, et elle avait choisi sa ligne de conduite : à gauche, en rupture totale avec l'ancien gouvernement. Alliée aux Verts, au Parti de la Terre et aux Francophones, qui lui assuraient une emprise confortable sur sa population, elle devrait faire des concessions, mais elle était déterminée.
Jade Finch se trouvait au centre de la table elliptique. De sa voix assurée, sèche, elle ouvrit la première séance fermement, demandant à chacun de se présenter et lançant des discussions d'ordre général. Parmi son gouvernement se trouvait bien sûr des amis, mais aussi des alliés qu'il faudrait savoir dompter.
« Maintenant que les bases sont posées, je veux que chacun sache que nous devons nous montrer exemplaires. Nous incarnons une forme de rupture, comme à chaque élections je pense, mais de manière plus profonde je pense. C'est notre devoir de marquer ce changement je pense. Bien, l'important, maintenant, c'est la préparation du prochain budget. Nous devons nous nous concentrer dessus. Et pourquoi pas en profiter pour introduire nos premières réformes. Il faudrait marquer les esprits. Aora ? . »
Aora Keraua-Pere était une vieille figure du parti Démocrate. Elle n'avait plus pris position récemment, étant reléguée à des postes peu visibles au sein du parti. Représentante du courant véritablement socialiste, elle était souvent jugée dépassée et démodée. C'était pour s'appuyer sur une femme forte, souvent qualifiée de sage, de cultivée et de convaincue, que Jade Finch l'avait appelée au gouvernement.
« Et bien, je jette toutes mes forces dans la bataille. Je pense que nous devons envisager l'introduction de deux des taxes que nous avions prévues dans notre campagne électorale. D'une part, taxer les entreprises polluantes. Je vous passe les détails, et il faut encore que j'y travaille, mais il s'agirait de quotas, avec des seuils et tout cela. Ensuite, autre grosse réforme d'importance, une taxe sur les transactions financières. Elle pourrait rapporter suffisamment l'année prochaine, et est relativement simple à mettre en place. Parallèlement, nous pourrions commencer à augmenter la taxe sur l'employeur. Il faudrait l'augmenter par paliers pour arriver à 15% d'ici trois ans.
Bon, et puis en parallèle, puisqu'il faudra bien les dépenser un jour ces sous, je pense que c'est l'éducation et surtout la santé qui devraient en profiter. Enfin, avant les autres j'entends, chacun aura droit à sa part. Mais nous y travaillons. »
Jade Finch reprit la parole
« Bien, écoute, je suis désolé de te mettre la pression d'entrée de jeu, mais il faudrait une ligne de conduite précise assez rapidement. Je te laisse organiser ton cabinet, et ce serait bien d'avoir un rapport détaillé d'ici trois semaines. C'est bon ?
Bien. Le gros chantier, ce sera aussi sur l'environnement. Aubin, tu prépares un moratoire sur l'extension de l'exploitation pétrolière ? Ce sera la mesure choc de ce début de mandat. »
Aubin Sacré, c'était le ministre du Mouvement francophone. Vieux briscard, il avait milité toute sa vie au sein de ce parti, et avait été maire de Saint-Sébastien pendant 12 ans. Issu d'un courant de pensée de gauche modérée, il était pourtant un allié certain, et son positionnement farouchement progressiste, avec une pointe de nationalisme, lui offrait une place de choix dans le gouvernement.
«Oui, ce sera la première grosse action à mener. Nous pourrions présenter un texte ambitieux d'ici trois semaines.
Je lance aussi des groupes de travail assez rapidement pour déterminer avec eux une politique de développement durable à l'échelle nationale. Ce devrait arriver d'ici le début de l'année prochaine.»
Jade Finch
«Tu auras de lourds chantiers sur le dos. Ce serait bien que tu t'entoures de gens compétents. Dans le domaine de la santé, notamment. Et de l'énergie, aussi. Et puis, il ne faut pas oublier les droits LGBT»
Il acquiesça.
«Bien, à l'intérieur, rien de spécial, je suppose. On va pas relancer de faux débat. Contente-toi de gérer du mieux que tu peux, de toute façon, tu devrais avoir quelques moyens supplémentaires dès l'année prochaine.»
Le jeune Timothée Dufour était la tête montante du Parti démocrate. Du haut de ses 32 ans, il avait été propulsé au ministère de l'Intérieur, un des plus importants. Enfant choyé de Jade Finch depuis son entrée dans les hautes sphères du parti, il partage beaucoup de ses valeurs. Il fit un mouvement de tête à sa Première ministre, sans rien ajouter.
Jade Finch, se tournant maintenant vers Christian O'Driscoll, le Ministre de la défense. C'était, selon elle, le ventre mou de son gouvernement, son point faible. Issu du Mouvement pour la Terre, un courant à la fois nationaliste, écologiste et social, il est la caution de l'alliance entre les démocrates et les terristes. Jade Finch craignait de trop grandes velléités en terme de défense, et devrait lui montrer les limites rapidement.
«Christian. Comme promis, tu vas pouvoir relancer le consortium de recherches stratégiques du Cangamé. A toi de te débrouiller pour ne pas manger trop de ressources. Je serai là pour contrôler. Pour l'armée, nous verrons l'année prochaine, avec les crédits que nous aurons. Ok ?»
Christian O'Driscoll
«C'est tout bon. Je te remercie encore de ta confiance. Juste une remarque : je travaille déjà à renforcer l'entraînement de nos troupes.Faudrait voir pour se faire de nouveaux alliés, aussi.»
Jade Finch
«J'y viens, j'y viens. Ella ? »
Ella Rogers faisait partie de la mouvance radicale du Parti démocrate. Souvent dans l'ombre, elle était douée d'un tact et d'une écoute remarquables. De fait, elle était beaucoup plus douée dans l'art de la négociation que dans l'art oratoire.
« Oui, justement. J'envisage une tournée à travers le monde, rencontrer 4 ou 5 États d'importance, qui pourraient s'avérer proches de nos idéaux. Et puis des nations ventéliennes, aussi : le Kayuan, le Posun, le Sengaï peut être aussi. Notre ligne politique sera de nous insérer dans les échanges, de développer un réseau cohérent de coopération. En ce sens, il s'agira aussi de développer notre influence. De toute façon, soyez-en sûrs, je viendrai vers vous pour savoir l'intérêt de chaque ministère pour ces échanges internationaux. »
Jade Finch
«N'hésitez surtout pas à faire par à Ella de vos attentes vis-à-vis de nos partenaires internationaux. J'espère faire de la diplomatie un marqueur fort de notre engagement.
Bon, je passe rapidement sur l'éducation et l'enseignement supérieur. Mis à part de nouveaux moyens dès l'année prochaine, je pense qu'il n'y a rien de plus à dire. Nous verrons par la suite.»
Elle fit un mouvement vers Cooper Moorshead, le Ministre de de la jeunesse, de l'éducation et de l'enseignement supérieur. D'un tempérament calme, mais convaincu, il serait sans doute un peu en retrait du reste du gouvernement. Jade Finch l'avait justement choisi pour qu'il ne fasse pas de vagues.
«Caitline, tu as aussi du boulot. Je veux que tu nous serves un plan d'aménagement aux petits oignons. D'ici la fin de l'année, c'est entendu. Quelque-chose qui nous propulse en tête des pays en termes de transports. Bien entendu, on alignera l'argent qu'il faut, dans la limite du raisonnable. Entendu ? »
Caitline Thurston ne posa aucune question. Très proche de la Première ministre depuis toujours, elle savait exactement ce qu'elle avait à faire. D'un tempérament opiniâtre, habituée des débats enflammés, elle serait sans doute une des figures de ce nouveau gouvernement.
La Première ministre reprit.
« Bon, je pense qu'il est complètement inutile de poursuivre trop longtemps. Je vous laisse prendre quartier dans vos ministères, et préparer les premiers travaux. Vous savez comment me joindre, et la réciproque est aussi vraie. Je vous souhaite à tous une bonne journée, et un bon courage. » [/justify]
Première Ministre nommée, Ministres de l'intérieur, de la défense, des affaires étrangères, de l'économie et des finances, de l'aménagement et du territoire, de la jeunesse et de l'éducation, et de la société
Conseil des ministres, Bâtiment du Parlement, New-Warrington[/ont]
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[justify]C'était le premier conseil des ministres présidé par Jade Finch. Ses sept ministres avaient été nommés, et elle avait choisi sa ligne de conduite : à gauche, en rupture totale avec l'ancien gouvernement. Alliée aux Verts, au Parti de la Terre et aux Francophones, qui lui assuraient une emprise confortable sur sa population, elle devrait faire des concessions, mais elle était déterminée.
Jade Finch se trouvait au centre de la table elliptique. De sa voix assurée, sèche, elle ouvrit la première séance fermement, demandant à chacun de se présenter et lançant des discussions d'ordre général. Parmi son gouvernement se trouvait bien sûr des amis, mais aussi des alliés qu'il faudrait savoir dompter.
« Maintenant que les bases sont posées, je veux que chacun sache que nous devons nous montrer exemplaires. Nous incarnons une forme de rupture, comme à chaque élections je pense, mais de manière plus profonde je pense. C'est notre devoir de marquer ce changement je pense. Bien, l'important, maintenant, c'est la préparation du prochain budget. Nous devons nous nous concentrer dessus. Et pourquoi pas en profiter pour introduire nos premières réformes. Il faudrait marquer les esprits. Aora ? . »
Aora Keraua-Pere était une vieille figure du parti Démocrate. Elle n'avait plus pris position récemment, étant reléguée à des postes peu visibles au sein du parti. Représentante du courant véritablement socialiste, elle était souvent jugée dépassée et démodée. C'était pour s'appuyer sur une femme forte, souvent qualifiée de sage, de cultivée et de convaincue, que Jade Finch l'avait appelée au gouvernement.
« Et bien, je jette toutes mes forces dans la bataille. Je pense que nous devons envisager l'introduction de deux des taxes que nous avions prévues dans notre campagne électorale. D'une part, taxer les entreprises polluantes. Je vous passe les détails, et il faut encore que j'y travaille, mais il s'agirait de quotas, avec des seuils et tout cela. Ensuite, autre grosse réforme d'importance, une taxe sur les transactions financières. Elle pourrait rapporter suffisamment l'année prochaine, et est relativement simple à mettre en place. Parallèlement, nous pourrions commencer à augmenter la taxe sur l'employeur. Il faudrait l'augmenter par paliers pour arriver à 15% d'ici trois ans.
Bon, et puis en parallèle, puisqu'il faudra bien les dépenser un jour ces sous, je pense que c'est l'éducation et surtout la santé qui devraient en profiter. Enfin, avant les autres j'entends, chacun aura droit à sa part. Mais nous y travaillons. »
Jade Finch reprit la parole
« Bien, écoute, je suis désolé de te mettre la pression d'entrée de jeu, mais il faudrait une ligne de conduite précise assez rapidement. Je te laisse organiser ton cabinet, et ce serait bien d'avoir un rapport détaillé d'ici trois semaines. C'est bon ?
Bien. Le gros chantier, ce sera aussi sur l'environnement. Aubin, tu prépares un moratoire sur l'extension de l'exploitation pétrolière ? Ce sera la mesure choc de ce début de mandat. »
Aubin Sacré, c'était le ministre du Mouvement francophone. Vieux briscard, il avait milité toute sa vie au sein de ce parti, et avait été maire de Saint-Sébastien pendant 12 ans. Issu d'un courant de pensée de gauche modérée, il était pourtant un allié certain, et son positionnement farouchement progressiste, avec une pointe de nationalisme, lui offrait une place de choix dans le gouvernement.
«Oui, ce sera la première grosse action à mener. Nous pourrions présenter un texte ambitieux d'ici trois semaines.
Je lance aussi des groupes de travail assez rapidement pour déterminer avec eux une politique de développement durable à l'échelle nationale. Ce devrait arriver d'ici le début de l'année prochaine.»
Jade Finch
«Tu auras de lourds chantiers sur le dos. Ce serait bien que tu t'entoures de gens compétents. Dans le domaine de la santé, notamment. Et de l'énergie, aussi. Et puis, il ne faut pas oublier les droits LGBT»
Il acquiesça.
«Bien, à l'intérieur, rien de spécial, je suppose. On va pas relancer de faux débat. Contente-toi de gérer du mieux que tu peux, de toute façon, tu devrais avoir quelques moyens supplémentaires dès l'année prochaine.»
Le jeune Timothée Dufour était la tête montante du Parti démocrate. Du haut de ses 32 ans, il avait été propulsé au ministère de l'Intérieur, un des plus importants. Enfant choyé de Jade Finch depuis son entrée dans les hautes sphères du parti, il partage beaucoup de ses valeurs. Il fit un mouvement de tête à sa Première ministre, sans rien ajouter.
Jade Finch, se tournant maintenant vers Christian O'Driscoll, le Ministre de la défense. C'était, selon elle, le ventre mou de son gouvernement, son point faible. Issu du Mouvement pour la Terre, un courant à la fois nationaliste, écologiste et social, il est la caution de l'alliance entre les démocrates et les terristes. Jade Finch craignait de trop grandes velléités en terme de défense, et devrait lui montrer les limites rapidement.
«Christian. Comme promis, tu vas pouvoir relancer le consortium de recherches stratégiques du Cangamé. A toi de te débrouiller pour ne pas manger trop de ressources. Je serai là pour contrôler. Pour l'armée, nous verrons l'année prochaine, avec les crédits que nous aurons. Ok ?»
Christian O'Driscoll
«C'est tout bon. Je te remercie encore de ta confiance. Juste une remarque : je travaille déjà à renforcer l'entraînement de nos troupes.Faudrait voir pour se faire de nouveaux alliés, aussi.»
Jade Finch
«J'y viens, j'y viens. Ella ? »
Ella Rogers faisait partie de la mouvance radicale du Parti démocrate. Souvent dans l'ombre, elle était douée d'un tact et d'une écoute remarquables. De fait, elle était beaucoup plus douée dans l'art de la négociation que dans l'art oratoire.
« Oui, justement. J'envisage une tournée à travers le monde, rencontrer 4 ou 5 États d'importance, qui pourraient s'avérer proches de nos idéaux. Et puis des nations ventéliennes, aussi : le Kayuan, le Posun, le Sengaï peut être aussi. Notre ligne politique sera de nous insérer dans les échanges, de développer un réseau cohérent de coopération. En ce sens, il s'agira aussi de développer notre influence. De toute façon, soyez-en sûrs, je viendrai vers vous pour savoir l'intérêt de chaque ministère pour ces échanges internationaux. »
Jade Finch
«N'hésitez surtout pas à faire par à Ella de vos attentes vis-à-vis de nos partenaires internationaux. J'espère faire de la diplomatie un marqueur fort de notre engagement.
Bon, je passe rapidement sur l'éducation et l'enseignement supérieur. Mis à part de nouveaux moyens dès l'année prochaine, je pense qu'il n'y a rien de plus à dire. Nous verrons par la suite.»
Elle fit un mouvement vers Cooper Moorshead, le Ministre de de la jeunesse, de l'éducation et de l'enseignement supérieur. D'un tempérament calme, mais convaincu, il serait sans doute un peu en retrait du reste du gouvernement. Jade Finch l'avait justement choisi pour qu'il ne fasse pas de vagues.
«Caitline, tu as aussi du boulot. Je veux que tu nous serves un plan d'aménagement aux petits oignons. D'ici la fin de l'année, c'est entendu. Quelque-chose qui nous propulse en tête des pays en termes de transports. Bien entendu, on alignera l'argent qu'il faut, dans la limite du raisonnable. Entendu ? »
Caitline Thurston ne posa aucune question. Très proche de la Première ministre depuis toujours, elle savait exactement ce qu'elle avait à faire. D'un tempérament opiniâtre, habituée des débats enflammés, elle serait sans doute une des figures de ce nouveau gouvernement.
La Première ministre reprit.
« Bon, je pense qu'il est complètement inutile de poursuivre trop longtemps. Je vous laisse prendre quartier dans vos ministères, et préparer les premiers travaux. Vous savez comment me joindre, et la réciproque est aussi vraie. Je vous souhaite à tous une bonne journée, et un bon courage. » [/justify]