La vie au Royaume de Vonalya[Utilisable sous demande par mp]

Alwine

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La Reine est morte... (7)

[right]14 mars 2034, Château d'Urnavuk, Urnavuk.[/right]

Cela faisait un peu plus de deux semaines maintenant depuis la rencontre entre les deux fiancés princiers, et ils avaient appris à se connaître. Comme Varwin l'avait escompté, ils n'avaient pas manquer de « consommer » l'union à venir dès la première nuit, à la satisfaction du futur mari et semblait-il, à la satisfaction également de la future épouse. Celle-ci se montrait en tous cas globalement désireuse de plaire à son promis, qui avait néanmoins eut quelques aperçus d'un caractère plus volcanique qu'elle ne voulait le laisser voir de prime abord. Cela l'amusait, car pas plus qu'elle il ne pouvait vraiment envisager de refuser ce mariage, même si elle avait été laide et désagréable. Après tout c'était un mariage ordonné par le Roi, dans un but d'alliance politique, comme il savait fort bien qu'il risquait de s'en voir imposer un, un jour ou l'autre. Il s'estimait plutôt chanceux d'être tombé sur une beauté exotique avec un certain esprit.

Il avait eut notamment un avant-goût mémorable de cet « esprit » et de sa vivacité de caractère lorsqu'ils étaient arrivés en Urnavuk. Une fois hors de vue et d'oreilles, du moins une fois qu'elle s'était crue hors de vue et d'oreilles, la belle avait éclaté en imprécation contre cette résidence glaciale, elle qui avait déjà cru que Vihreanil était ce « pays froid » qu'on lui avait annoncé avant son départ. Amusé, Varwin était resté à portée d'oreilles en la suivant même dans sa marche, constatant que même dans ces moments elle restait attachée au fait de parler vonalyan autant que possible. Surpris, il constata qu'il y avait déjà toute une série de mots qu'elle maîtrisait très bien : les « meilleurs de la langue », comme disaient certains de ses amis, mais certainement pas les plus correctes. Cette découverte l'avait beaucoup amusé, et il souriait encore en y repensant.

Mais à présent s'était le mariage qui approchait à grands pas : c'était la tradition dans la culture vonalyanne de célébrer assez vite les mariages arrangés, et pour tout dire s'était plus le leur qui avait profité de fiançailles assez longues : une semaine, deux tout au plus, était tout simplement jugé comme suffisant : le temps que les deux époux se connaissent un minimum, mais si possible pas assez pour que l'un des deux risque d'essayer de fuir avant le mariage, tout comptes faits. La cérémonie serait célébrée dans relativement peu de temps, à Narvarion, comme il se devait pour le mariage de celui qui, même s'il avait officiellement déposé son titre et se faisait appeler « Marquis » et « Votre Grâce », restait un prince du Vonalya, le propre neveu du Roi, surtout quand ce mariage marquait une alliance dynastique avec une maison étrangère, fut-elle une lignée impériale déchue. Quant à savoir à quel point sa femme révélerait son véritable caractère après la cérémonie, hé bien il le découvrirait en temps utile.

Le Marquis se trouvait donc à son bureau, penché sur divers papiers, en train de régler les détails du voyage nuptial. Il s'agissait de sélectionner les gens qui viendraient avec lui, de distribuer certaines invitations, d'organiser sa suite... il commençait peu à peu à ancrer son emprise sur l'Urnavuk, mais il restait encore pour toute une série de nobles et de chefs un nouveau venu plus ou moins légitime. Il s'agissait de ne léser personne, tout en laissant assez de monde d'une loyauté relativement certaine sur place pour tout faire tourner en son absence ! Les personnes à qui il confiait ordinairement les rênes en son absence auraient pu pour beaucoup se sentir légitimement offensées de n'être pas conviées à son mariage, après tout. En bref, c'était un petit casse-tête de politique intérieure, et pour le coup il se prenait presque à regretter l'honneur de se marier à Narvarion. Certes, c'était une occasion de briller, mais que de petits détails à régler en amont, et en peu de temps !


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Eleuia Qaho'lom, princesse impériale de Chiauhtlaya.[/center]

Eleuia Qaho'lom : « Hé bien mon promis, tu sembler être bien préoccupé. »

Le jeune homme sursauta et se retourna vers sa fiancée, qui était entrée dans la pièce sans qu'il l'entende. Elle portait quasiment toujours à l'intérieur les chaussons en fourrure qu'il lui avait offert à son arrivée, sinon elle prétendait avoir froid aux pieds, en dépit de la température plutôt agréable du château. Le contre-coup, c'était qu'elle se déplaçait quasiment sans bruit de son pas léger, surtout sur les lourds tapis de son bureau. Quand il croisa son regard, il la vit sourire.

Eleuia Qaho'lom : « C'être comme ça que tu réagir en me voyant ? Je vais être vexée si cela continuer... »

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Varwin Serre-de-Faucon, Marquis d'Urnavuk et Prince du Vonalya.[/center]

Varwin Serre-de-Faucon : « Bien sûr que non, ma belle fiancée, j'étais seulement surpris par ta radieuse beauté. »

Eleuia Qaho'lom : « Ahah voilà qui être bien rattraper... »

Élevé dans une cour royale, même celle d'un monarque aussi peu formel que son oncle, Varwin était passé maître dans l'art de la belle parole et du compliment presque spontané. Il ne dédaignait pas d'en user avec sa promise : après tout il avait tout à gagner à établir une bonne relation avec elle, et une femme n'était jamais insensible à la flatterie. D'ailleurs ce n'en était qu'à moitié : belle, elle l'était certainement, et sa robe verte, agrémentée d'une veste légère de fourrure brune, lui allait particulièrement bien. Souriant toujours, elle s'avança vers lui.

Eleuia Qaho'lom : « Alors, sur quoi tu travailler pour être aussi... soucis ? »

La jeune femme avait buté sur la fin de sa phrase, avec une évidente frustration. Elle faisait d'énormes efforts pour maîtriser la langue de son nouveau pays, et accomplissait des progrès remarquables. Elle avait déjà un excellent vocabulaire, et peinait surtout sur les accords des verbes, qu'elle conjuguait souvent mal, ou n'accordait pas du tout. Parfois, comme ici, elle ne trouvait pas ses mots, et devait se rabattre sur des mots au sens voisin, mais globalement elle se faisait très bien comprendre. Il lui sourit d'ailleurs en faisant mine de ne pas avoir vu la coquille.

Varwin Serre-de-Faucon : « Je me penche sur les détails pratiques de notre mariage. »

Eleuia Qaho'lom : « Je ne penser pas qu'il être une telle source de soucis pour toi ! »

Varwin Serre-de-Faucon : « Le mariage en lui-même fait de moi le plus heureux des hommes, tu le sais bien, mais le fait est que décider qui doit avoir l'honneur d'y assister dans nos gens et alliés est bien compliqué... ça et toute une foule d'autres détails. »

Sa voix s'était une nouvelle fois faites plus charmeuse au début, pour devenir soucieuse et un peu las sur la fin. Il aimait ce petit jeu auquel il se livrait avec sa promise, mais le fait que tous ces détails le lassent était lui un fait bien réel. Avec un léger sourire, la belle avança jusqu'à lui et vint poser ses mains sur ses épaules en douceur, en un léger massage qui lui tira un léger soupir, plus doux cette fois.

Eleuia Qaho'lom : « Aaaaaah mon promis tu avoir beaucoup soucis sur les épaules... tu devoir laisser moi t'aider. Ça être devoir d'une bonne épouse... »

Varwin Serre-de-Faucon : « Hummm... serais-tu devenue soudainement une experte du microsome politique d'Urnavuk, ma très chère ? »

Eleuia Qaho'lom : « Les Hommes rester Hommes partout... ambition, vanité... ça être toujours même chose à gérer. »

Varwin Serre-de-Faucon : « Ahah ce n'est sans doute pas faux ! »

Eleuia Qaho'lom : « Et puis bonne épouse pouvoir soutenir époux de nombreuses façons... je pouvoir t'aider te détendre, pour un début... »

En souriant, elle tira légèrement sa chaise en arrière puis vint s'asseoir sur ses genoux, se blottissant contre lui et venant passer un bras autour de ses épaules pour l'embrasser. Loin de protester, le Marquis l'enlaça à son tour et lui rendit le baiser, assez longuement.

Eleuia Qaho'lom : « Alors, quoi en dire ? »

Varwin Serre-de-Faucon : « Hmmm j'en dis que tu sembles en effet pouvoir très vite me faire oublier tous mes soucis... »

La belle sourit encore et revint l'embrasser, avant d'aller plus loin. Et Varwin, pour qui les femmes avaient toujours été l'une des premières et des plus grandes sources de distractions dans toutes ses tâches, ne repensa en effet plus à ses problèmes avant le lendemain...

[Note : je me permets cette petite tranche de vie pré-nuptiale antidatée parce que sinon elle aurait été trop tardive et que, en ayant déjà écrit 80% lundi avant de devoir perdre le forum de vue jusqu'à ce soir, ça m'aurait embêté de tout jeter.]
Alwine

Message par Alwine »

La Reine est morte... (8)

[right]28 mars 2034, Temple de Frigg, Narvarion.[/right]

Cette fois ça y était : un mois « seulement » après leur rencontre, auraient dit certains, mais « enfin », selon les critères de beaucoup de vonalyans, qui considéraient que les mariages arrangés ne devaient pas attendre avant d'être scellés, Varwin Serre-de-Faucon allait épouser sa promise venue d'au-delà de l'océan. Le Temple de Frigg de Narvarion, qui avait vu se marier une longue lignée de rois, ainsi que nombre de princes et de grands nobles, servait une fois de plus en ce jour. La Grande-Prêtresse, avec son bon sourire, avait accueillit les invités, pour le moins prestigieux. Plusieurs hauts responsables religieux se trouvaient à ses côtés, mais en ces lieux elle était la seule maîtresse : Frigg présidait seule aux mariages, et était en outre la Déesse de la maternité, un lien qui en disait long sur la proximité de ces deux concepts dans l'esprit des vonalyans. Même le Haut-Prêtre cédait devant elle en la matière.

De fait les invités étaient prestigieux, ne fut-ce que dans la famille du marié, qui était après tout la Famille Royale. Le Roi, ses enfants et tous ses parents proches étaient de la fête, de même qu'un certain nombre de nobles de second rang du Domaine Royal, voir de nobles électeurs voisins ou parfois venus de plus loin, comme c'était le cas de la Comtesse d'Urvaring et la Régente de Vukarug, qui régnaient sur les deux autres parties de la vieille Marche d'Urnavuk et étaient de fait les deux voisines les plus proches et collaboratrices de premier plan naturelles du nouveau Marquis. Bien sûr une kyrielle de responsables civils de haut rang étaient aussi de la partie, certains d'entre eux parce qu'ils étaient dans la capitale et qu'ils aimaient cultiver leurs bonnes relations avec la Famille Royale, d'autres plutôt pour se concilier les bonnes grâces du Marquis en tant que tel, comme par exemple un responsable de la toute-puissance Société Vonalyanne du Gaz.

Du côté de la mariée, le premier architecte de cette union, Xibalba Qaho'lom, prétendant au trône impérial de Chiauhtlaya et cousin de la mariée, s'était fait accompagnée, aurait-on dit, par toute sa famille, puisqu'une bonne vingtaine de personnes étaient venues représenter la famille impériale. Plusieurs traducteurs leur avaient été délégués pour traduire à voix basse la cérémonie, qui bien entendu se déroulerait entièrement en vonalyan. Les mariés eux-mêmes avaient accueillit les invités et, avec l'aide de prêtres-servants, les avaient guidés jusqu'à leurs places. Ensuite seulement ils s'avancèrent devant l'autel, parés de leurs plus beaux atouts, comprenant notamment du jaune, en honneur à la Déesse, le jaune du soleil qui commandait à la fertilité. La Grande-Prêtresse s'avança alors, devant la grande statue de Frigg qui les surplombait tous les trois, ainsi que l'autel lui-même.


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Frida Cœur-de-Blé, Grande-Prêtresse de Frigg.[/center]

Frida Cœur-de-Blé : « Nous voici réunis aujourd'hui pour lier ces deux êtres sous le regard aimant et bienveillant de notre déesse bien-aimée ! Priez avec moi la douce Frigg de bénir cette union, de la rendre solide et fertile, pour qu'en naisse une descendance qui honorera les lignées de ses parents ! »

C'est par ces mots que commença la cérémonie, qui consista essentiellement en un rappel des devoirs des deux époux l'un envers l'autre, l'énoncé de ce qu'ils se promettaient l'un à l'autre, de ce que chacun apportait dans le mariage et sur le rappel de l'importance de la fidélité et de la légitimité des enfants qui naîtraient de ce couple. Vint finalement le moment-clef de l'acceptation mutuelle.

Frida Cœur-de-Blé : « Devant Frigg, les Douze Dieux Majeurs, et toutes les divinités et les esprits qui règnent sur les Neuf Mondes, jurez-vous de vous prendre l'un l'autre pour époux, de vous protéger et de vous unir, d'être solidaires dans toute adversité, de former ensemble des enfants légitimes et de les élever dans le respect des Dieux ? »

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Varwin Serre-de-Faucon, Marquis d'Urnavuk et Prince du Vonalya.[/center]

Varwin Serre-de-Faucon : « Devant Frigg, les Douze Dieux et les puissances des Neuf Mondes, je le jure solennellement. Que Tyr me garde toujours ce serment ! »

Dans le Domaine Royale, où il n'y avait pas vraiment de question de primauté d'un sexe sur un autre, c'était le rang qui décidait qui répondait en premier : dans ce cas-ci, un prince de sang royal avait bien entendu la préséance dans les murs de la cité royale.

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Eleuia Qaho'lom, princesse impériale de Chiauhtlaya.[/center]

Eleuia Qaho'lom : « Devant Frigg, les Douze Dieux et les puissances des Neuf Mondes, je le jure solennellement. Que Freyja m'accorde la fertilité ! »

Cette façon non seulement d'appeler le regard de tout le panthéon sur les serments échangés, mais encore d'y mêler nominalement plusieurs autres dieux était une pratique courante, qui en renforçait la solidité et évitait du même coup la possibilité que les autres divinités ne se détournent du couple. La Grande-Prêtresse bénit donc leur union, puis les invités vinrent, comme de coutume, déposer leurs offrandes sur l'autel, devant la Déesse. Objets divers, nourriture, boissons, les offrandes pouvaient être des plus diverses, mais en l'occurrence furent plutôt riches, bien entendus. Or, pierres précieuses, objets d'arts, riches alcools, et ainsi de suite. Frida Cœur-de-Blé invoqua une nouvelle fois la bénédiction de la Déesse sur ces offrandes, les invités et enfin le mariage, scellant ainsi définitivement l'union des deux fiancés, à présent officiellement des époux.

Les réjouissances ne s'arrêtèrent pas là, bien entendu, une riche fête étant prévue au Palais Royale, à laquelle les deux époux participèrent de bon cœur, de même que la plupart des convives. Les invités venus d'outre-océan pouvaient particulièrement se réjouir, ils avaient finalement leur alliance de sang avec la lignée dytolienne, mais, par contre, aucun représentant officiel du Tlaloctlitlal n'avait accepté de se joindre à la fête, bien que cette union soit aussi là pour renforcer les liens entre les deux alliés.
Alwine

Message par Alwine »

[spoiler="Note"]Désolé pour la qualité moyenne de ce RP, j'en avais préparé une première version beaucoup plus aboutie et soignée à l'avance, mais hélas un bug de mon traitement de texte me l'a supprimé... j'ai fais ce que j'ai pu pour une version deux, mais je n'ai jamais la même « flamme » la deuxième fois :/[/spoiler]

Vive la Reine !

[right]25 avril 2034, Temple de Frigg, Narvarion.[/right]

Une nouvelle fois, une foule prestigieuse s'était assemblée dans le Temple de Frigg, plus prestigieuse encore que pour le mariage princier qui s'était déroulé un mois plus tôt : c'est qu'alors, justement, l'union n'avait été « que » princière, et le Roi n'y était qu'un invité : celle fois, le mariage était directement royal ! Certes, c'était une seconde union, celle d'un Roi déjà vieillissant, et avec des enfants adultes, mais cela n'en restait pas moins une occasion de réjouissance de premier plan pour les gens du Royaume. Toute la noblesse semblait s'être rassemblée dans le Temple, certains pour faire démonstration de fidélité, d'autres simplement pour être vus, étaler leur richesse, tenir leur rang. Les plus rayonnants étaient bien entendus les proches de la mariée, qui se voyait immensément honorés par cette alliance, eux qui restaient tout de même d'une noblesse relativement modeste dans les rangs des « grands » nobles. On pouvait peut-être noté quelques mines défaites du côté des futures belles-sœurs royales, néanmoins largement compensées par le visage rayonnants des parents de celles-ci.

Mais bien entendu, il y avait des invités plus prestigieux encore que les plus hauts nobles et membres de la famille royale, car le Roi avait étendu son invitation à tous ses alliés et, plus largement, à toutes les nations de bien du simpomonde. Certains chefs d'états s'étaient déplacés en personne pour le mariage royal de l'un des monarques parmi les plus influents diplomatiquement parlant de la scène internationale, tels que la Grande-Duchesse Alexandra du Caskar, l'Empereur Kiran d'Eashatri ou encore le Roi Muhammar d'Hachémanie, entre autres têtes couronnées et chefs d'états présents. D'autres s'étaient faits représentés, ce qui restait tout de même la majorité : les alliés qui n'avaient pas envoyé un représentant officiel ou n'avaient pas vu leur chef d'état faire le voyage étaient représentés par leurs ambassadeurs au Vonalya, et les représentants des autres nations avaient bien entendu été bienvenus, s'il s'en était présenté. Ce mariage était pour Patte-De-Foudre une occasion de réjouissance, et il entendait partager généreusement sa joie avec l'ensemble du globe, ou du moins tous ceux qui voudraient venir profiter ce ce partage !

Sur le plan de la célébration elle-même, le rite ne différa guère de celui qui avais unis les époux princiers d'Urnavuk un mois plus tôt environs : même pour un mariage royal, la Grande-Prêtresse de Frigg était seule maîtresse en son Temple. Ce fut donc encore une fois Frida Cœur-de-Blé qui mena la danse, invoquant la bénédiction de la Déesse, des Douze Dieux Majeurs, du reste des divinités et de l'ensemble des esprits des Neuf Mondes sur ce mariage important entre tous aux yeux des vonalyans et de leur vaste panthéon, puisque le Roi était élu et bénis des Dieux, et de ce fait doté d'un statut tout spécial. Elle rappela aux époux leurs devoirs dans cette union, et enfin leur demanda de prêter serment, ce qu'ils firent, se recommandant l'un à l'autre et se promettant union et protection mutuelle, par la Déesse devant la statue de laquelle ils se liaient l'un à l'autre, et chacun par plusieurs autres divinités – c'était après tout un mariage royal, sur lequel il ne pouvait pas faire de mal d'attirer autant de bienveillance divine que possible.

Vint ensuite le moment des offrandes, qui bien sûr furent somptueuses : or, argent, platine, pierres précieuses de toutes sortes, ivoire, objet d'arts et bijoux divers, crus d'exceptions et autres éléments du même ordre furent au rendez-vous pour ce qui était après tout une occasion difficilement égalable. Néanmoins, au-delà de la richesse des offrandes ce n'était pas une union ordinaire, si bien que, après cet élément de cérémonie habituel, au lieu de se diriger directement vers la sortie, les invités restèrent pour entendre un court discours de la part du Roi, qui s'avança une fois encore devant l'autel, tenant la main de son épouse dans la sienne.


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Sa Majesté Alwin XV Patte-De-Foudre, Roi du Vonalya.[/center]

Alwin XV Patte-De-Foudre : « Je voudrais profiter de cette occasion pour tous vous remercier d'avoir fait le déplacement, pour les uns des quatre coins de mon Royaume, pour les autres des quatre coins du simpomonde ! Assurément, c'est la première fois qu'un Roi du Vonalya est honoré d'une assemblée si vaste, si diversifiée et si noble pour assister à son mariage, et je suis véritablement heureux d'avoir cette chance, de vous voir tous réunis ici aujourd'hui pour partager mon bonheur et appeler avec moi la bénédiction des Dieux sur mon union avec ma douce Hildmani.

Comme vous le savez tous, ce n'est pas mon premier mariage, et je suis heureux d'être entouré de tant d'amis et d'alliés pour laisser derrière moi les noirs habits du deuils pour ceux, plus joyeux et colorés, d'une nouvelle union ! Pourtant, je veux aussi profiter de ce moment pour évoquer la mémoire de ma bien-aimée Varana, qui nous a quitté voici un peu plus d'un an maintenant. Je sais que depuis les Halls d'Odin elle me regarde sans nul doute avec tendresse, et sait sans nul doute qu'en dépit de cette nouvelle union, elle ne sera pas oubliée !

Je peux en parler sans crainte aux côtés de ma nouvelle épouse, car c'est la douleur de cette perte commune qui nous a tout d'abord rapproché l'un de l'autre, et je suis certain que nous pourrons construire ensemble un futur radieux sans pour autant renier le passé ! En attendant, mes amis, je ne vous retiendrai pas plus longtemps, et je vous invite à me suivre jusqu'au Palais pour fêter ensemble cette nouvelle et joyeuse union ! »


Des éclats de rire saluèrent cette dernière déclaration du monarque, après quoi en effet la plupart des invités se dirigèrent vers le Palais Royal, transportés par une longue file de véhicules, pour une fête aussi somptueuse d'animée et qui, pour ceux qui étaient d'attaques, se prolongea tard dans la nuit, voir même pour les plus tenaces jusqu'au matin.
Alwine

Message par Alwine »

Calvaire ordinaire...

[right]6 août 2034, Château de Ragwurd, Rawgurd.[/right]

Le monde extérieur, Eleria le savait, bruissait du fracas de la guerre. C'était le principal sujet de conversation dans les grandes villes, où l'on s'inquiétait tantôt de l'impact sur les routes commerciales, tantôt d'une potentielle entrée en guerre du Royaume. La nouvelle était bien parvenue jusqu'à Ragwurd, mais pour tout dire peu de gens s'y intéressaient vraiment. Le maître des lieux s'inquiétait surtout de savoir si son propre suzerain l'appellerait ou non à la guerre en cas de déclenchement des hostilités. Non pas qu'il ait véritablement des troupes à lui : il avait surtout la charge de commander les forces de polices du Duc sur un certain territoire, et ne disposait guère que d'une petite garde privée, comme n'importe quel propriétaire terrien de n'importe quel pays aurait pu s'en payer une. Il n'en restait pas moins que les nobles étaient souvent appelés à servir comme officiers en temps de guerre, tout simplement parce qu'ils en avaient la formation, et que le Seigneur de Ragwurd, lui aussi, pouvait être appelée.

Mais Eleria se souciait peu de cela, encore qu'il y ait une chance pour que son maître parte, et parte sans elle, ce qui aurait été un répit. Elle ne parvenait même pas vraiment à s'intéresser au fait que sa terre natale soit en guerre. Eleria n'était en effet pas vonalyanne de naissance, mais bien amarantine, toutefois ses propres problèmes immédiats passaient, dans son esprit, bien avant les considérations sur une « patrie » qui lui avait de toute façon apporté bien peu de choses. Des problèmes, d'ailleurs, elle n'en manquait pas, non plus que de charges. Elle était la servante personnelle du maître des lieux, et celui-ci était aussi prodigue à la charger de tâches que peu dispensé à pardonner les erreurs. Et puis bien sûr il y avait les « autres » tâches qu'elle devait remplir pour lui, et pour lesquelles il l'avait amené ici tout d'abord. L'un dans l'autre, elle ne pouvait pas dire que son affranchissement avait vraiment améliorer son quotidien.

Car Eleria était une esclave, ou plutôt, officiellement, une ancienne esclave. Son maître l'avait acheté il y avait quelques mois au cours d'un voyage en Amarantie et l'avait payée un bon prix d'ailleurs. Et, bien sûr, dans un second temps, une fois qu'ils avaient quitté le pays, il l'avait affranchie. Non pas par esprit philantropique ou parce qu'elle aurait eut sa faveur, mais tout simplement parce qu'il n'y avait pas d'esclaves au Vonalya, avait-elle compris : cette caste de la population avait été abolie voilà longtemps, et la loi datant de cette époque empêchait toujours les vonalyans, fussent-ils nobles, d'avoir des esclaves C'était donc avec impatience que la jeune femme avait attendu l'occasion de recevoir enfin la liberté, elle qui, disposant de peu de liberté de toute façon en tant que femme, avait qui plus est, après ses échecs scolaires, finie comme aliénée.

Mais bien sûr, c'était là une énorme naïveté. Certes, de jure, elle était libre, et elle aurait même pu, en théorie, introduire une demande de naturalisation. Mais dans les faits, elle était totalement sous la coupe de son maître, qui avait virtuellement tout pouvoir sur elle. D'une part parce qu'il détenait l'ensemble de ses papiers, et que son visa de travail ne tenait que par son bon vouloir : s'il la renvoyait, elle n'avait plus de raisons d'être là, et il pouvait, en tant que chef de la police locale, la faire expulser chez elle sans délais, et la retourner à sa condition d'esclave. Mais elle avait compris depuis une certaine nuit où, au milieu d'autres choses, il l'avait à moitié étranglée en la menaçant très explicitement à la suite d'une légère rébellion de sa part, que ce scénario déjà bien noir ne serait que la version officielle. En réalité, s'il le décidait, il la tuerait et la présenterait, preuves écrites à l'appui, comme repartie chez elle.

De toute façon, elle avait compris depuis des semaines maintenant que personne ne lèverait probablement le petit doigt pour elle, une étrangère, même sans ce scénario compliqué. Les habitants du château étaient tous loyaux au seigneur des lieux, et globalement indifférent à Eleria. Si les gardes la regardaient, s'était généralement uniquement avec désir, et la vieille femme qui lui avait appris la langue et avec laquelle elle avait un peu sympathisé avait été très claire dès le début sur le fait que dans l'affaire sa loyauté allait au maître des lieux. Le fait de voir un noble tenir une ou plusieurs jeunes personnes sous sa « protection » était une chose assez couramment admise, même si le statut particulier d'Eleria permettait sans doute à son maître d'aller plus loin avec elle qu'il ne l'aurait fait avec une native – ou un, si ça avait été ces goûts.

Ce soir-là, alors qu'elle avait finie ses tâches ordinaires, un ordre de son maître était venu : elle devait se laver, passer une de ses « tenues de service » et assurer le service des boissons pendant un petit souper qu'il donnerait avec quelques amis. Ce n'était pas la première fois, et elle s'était exécutée sans discuter. Elle avait savouré le bain, un petit plaisir tout simple dont elle avait appris à profiter, se prépara – dans une tenue qui, tout en restant élégante et en évitant la vulgarité affichée, avait tout de même pour but de mettre en valeur son corps pour le plaisir des yeux – et fut présente à l'heure dite en cuisine, où la vieille chef-cuisinière lui indiqua ce qu'elle devait servir, quand, comment et à qui. Des excentricités étaient toujours possibles, bien sûr, mais normalement les clients étaient « connus », et c'est avec une certaine confiance qu'elle s'avança avec le premier élégant pichet de vieil hydromel.

En entrant dans la salle, elle commença par se diriger vers son maître, le servir et s'incliner légèrement devant lui, comme il était d'usage de faire pour le maître de maison, sauf quand un invité de plus haut rang était présent dans la salle.


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Eleria, ancienne esclave et servante du Seigneur de Rawgurd.[/center]

Eleria : « Mon Seigneur. C'est grand honneur de vous servir. »

En dépit de ses efforts, elle parlait encore avec un léger accent, mais avait cru comprendre que celui-ci ne déplaisait pas à son maître, qui la regarda des pieds à la tête avec un sourire et un regard tout à fait appréciateur.

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Hemarg VIII Marteau-Noir, Seigneur de Ragwurd.[/center]

Hemarg VIII Marteau-Noir : « Ah ma petite Eleria ! Toujours aussi belle. Mais va, mes invités ont soif ! »

Eleria : « Tout de suite, mon Seigneur. »

Et elle s'exécuta, aucun convive ne refusant l'hydromel offert. C'était un repas entre amis, en effet, à peine cinq convives réunis autour d'une table ronde et bien garnie. Il y avait là le fils aîné de son maître, deux seigneurs voisins et un riche maître bâtisseur des environs. Chacun pris quelques instants à un moment où à un autre de la soirée pour contempler la jolie serveuse – c'était bien pour ça qu'elle faisait le service – et elle avait compris dès le début, au regard d'Hemarg sur elle, que cette nuit, après le repas, elle devrait remplir d'autres services encore. Cela l'avait mis mal à l'aise au début, mais maintenant elle s'y était habituée. Cela faisait, hélas, partie de sa nouvelle vie, et elle n'y pouvait rien de toutes les façons.

Ce qui la mis mal à l'aise, en définitive, ce fut, comme quelques fois déjà au par avant, le regard du fils de son maître, un regard chargé de désir qui se posa sur elle bien trop souvent et bien trop explicitement. Hemarg sembla ne rien en remarquer, mais Eleria, elle s'en inquiétait. Elle savait que le Seigneur local la considérait comme sa chose, et qu'il ne tolérerait pas qu'un autre la touche. Néanmoins son fils était bien du genre à prendre des libertés avec les volontés de son père, et s'il la forçait sans doute serait-il punis légèrement, tandis qu'elle pourrait bien y perdre la tête, littéralement. Hélas hormis ce faire discrète quand elle passait prêt de lui, à cela non plus, elle ne pouvait pas y faire grand chose...
Alwine

Message par Alwine »

Retour diplomatique :

[right]9 novembre 2034, Palais Royal du Vonalya, Narvarion.[/right]

Les relations diplomatiques étaient des choses complexes, qui ne se satisfaisaient pas toujours simplement de signer des bouts de papiers lors de l'établissement de premières relations : ce genre de choses, cela se travaillait toujours. En théorie, les accords généraux de la Ligue Boréale garantissaient que chaque membre partagerait avec tous les autres ses technologies de base. Mais dans la pratique, avant de lancer un transfert proprement dit, en débauchant des scientifiques ou les Dieux savaient quoi d'autre, il semblait tout de même infiniment plus civilisé, courtois et aimable de faire en sorte d'activer cet accord par la diplomatie.

C'était à cette fin que le monarque vonalyan avait détaché au Ragvarld une de ses plus brillantes diplomates, qui restait pour l'heure désœuvrée. Elle avait même fait un échange avec le diplomate ragvarldais qui était venu dans sa ville de naissance, et pendant un an de fonction, cependant qu'elle-même se rendait dans l'Empire. Elle avait eut la chance de partir avant l'éruption du Big Georges, et avait profité de l'explosion du volcan pour faire quelque peu traîner les choses, mais Patte-De-Foudre n'en était pas vraiment surpris, il fallait bien l'avouer. Elle avait tout de même fini par revenir avant la fin du nuage de cendre, ce qui était en soit déjà une bonne surprise, mais en échange du temps investit, le monarque ne doutait pas qu'elle serait revenue avec un traité apportant ce qu'il avait demandé, et d'autres choses encore au passage.

Il l'avait donc faite appeler dès son retour de la capitale, et ne fut pas surpris de la trouver avec un sourire satisfait sur son joli visage alors qu'elle entrait dans la petite salle de réception, emmitouflée dans sa lourde cape de fourrure... dont son visage était la seule partie à dépasser, justement.


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Sa Majesté Alwin XV Patte-De-Foudre, Roi du Vonalya.[/center]

Alwin XV Patte-De-Foudre : « Hé bien, te voilà dans un cocon bien massif ! Le climat du Nord est un peu trop rude pour toi ? »

Comme toujours, le monarque ne se gênait pas pour tutoyer ses interlocuteurs sans réellement se soucier du rang... ni même à les taquiner joyeusement. Il jouait en l'occurrence sur le fait que son interlocutrice, bien que vonalyanne, était une vonalyanne du sud, et de fait supposée, par ceux du nord du royaume, être moins armée pour faire face aux grandes rigueurs du nord vonalyan. Habituée au personnage, et à la diplomatie, la jeune femme se fendit d'un léger sourire en se défaisant desdites fourrures.

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Rosaline Patte-de-Velours, Dame de Vihreanil et diplomate vonalyanne.[/center]

Rosaline Patte-de-Velours : « Ma foi, je n'envisage pas la carrière de glaçon humain, Majesté. Mais je n'aurai pas besoin de cela ici, vu l'agréable chaleur qui règne en ces lieux... pour ménager vos vieux os, peut-être ? »

Le monarque eut un joyeux éclat de rire en faisant rire à la diplomate de s'installer sur un siège en face du sien. Ladite diplomate n'aurait certainement pas utilisé ce ton-là à la cour du Ragvarld, dont elle revenait tout juste, mais elle connaissait assez Patte-De-Foudre pour savoir que c'était là le ton approprié avec lui, et que le formalisme respectueux de la cour impériale ragvarldaise, au contraire, aurait été ici une très mauvaise argumentation en matière.

Alwin XV Patte-De-Foudre : « Ahah, je vois que ta langue est toujours aussi acérée... et que tu es toujours aussi jolie, surtout une fois les fourrures écartées ! »

Rosaline Patte-de-Velours : « Sa Majesté est trop bonne, mais je ne voudrais pas m'attirer l'inimité de la Reine en acceptant de pareils compliments... surtout que l'on dit qu'il est toujours mauvais de contrarier une femme enceinte. »

Patte-De-Foudre eut un nouvel éclat de rire tout en servant lui-même, dans son habituel simplicité, un verre de vin pour lui et pour son invité. À dire vrai, la diplomate connaissait bien le monarque, qui la voyait plus comme une fille ou une nièce que comme une potentielle conquête, car la jeune femme avait été envoyée très tôt à la capitale pour parfaire son éducation, et officieusement pour servir d'otage pour être certain que sa mère ne concrétiserait pas ses envies de révolte. Rosaline ne s'en plaignait pas, rétrospectivement, car cela lui avait permis de bâtir de bonnes relations avec la famille royale, et si sa mère l'en avait quelque peu reniée, elle avait aujourd'hui encore toute la confiance de sa sœur, qui depuis lui avait succédé.

Alwin XV Patte-De-Foudre : « Alors, comment s'est passé ton voyage ? Aurais-tu, de tes charmes, fait chaviré le cœur du prince héritier ? »

Rosaline Patte-de-Velours : « Ahah, nous avons conclus de bons accords, mais je ne suis pas certaine qu'il faille imputer cela à mon charme. »

Alwin XV Patte-De-Foudre : « Je ne validerai pas ce point, mais soit... que nous réservent donc ces fameux accords ? »

Rosaline Patte-de-Velours : « J'avoue avoir suivit le canevas établis par Son Altesse lors de sa rencontre avec la princesse horbarienne. Nous avons obtenu l'aide que nous voulions pour les turbines sans réservoirs, et en échange nous leur avons promis notre aide pour construire leurs propres télescopes. »

Alwin XV Patte-De-Foudre : « Ma foi, cela semble tout à fait correct... l'important est de pallier à tout manquement potentiel du Kodomo en fin de parcours, pour clore au plus vite ce chapitre énergétique-là. »

Rosaline Patte-de-Velours : « Je ne peux qu'être d'accord. Au passage, nous avons aussi conclus quelques autres clauses... »

Et, autour de quelques verres de vin, la diplomate présenta les diverses clauses au monarque, qui les valida, avant que la belle ne soit invitée au dîner royal, en compagnie de la Reine – pas jalouse pour deux sous, bien entendu – et de quelques autres intimes, histoire de célébrer cette nouvelle touche supplémentaire aux liens déjà plus que solides entre le Vonalya et le Ragvarld.
Alwine

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Le Gouverneur du Nord

[right]14 janvier 2036, Château d'Urnavuk, Urnavuk.[/right]

Rageusement, Eleuia fini d’apposer sa signature au bas de la lettre qu'elle venait de finir, dans sa propre langue ancestrale. Ici, chacun la connaissait comme « princesse impériale », mais pourtant c'était en utilisant d'autres titres, plus récents et qu'elle tenait non pas de lointains ancêtres ayant depuis longtemps perdu, hélas, la réalité de cette dignité, mais bien de son époux, qui lui, avait forgé chacun de ces titres à une date toute récente, qu'elle avait choisi de préciser cette signature. C'était sans aucun doute en grande partie parce que son cousin, dont elle tenait le plus directement ce titre, l'avait réellement contrariée avec son courrier. Elle l'avait laissé mijoté longuement, si longuement qu'il avait peut-être cru l'avoir mouchée, ou simplement qu'elle ne répondrait pas à ses paroles, mais il aurait dû la connaître assez pour savoir que la belle était aussi du genre à mûrir longuement ses rancunes quand d'aventure on l'offensait...

Avec des gestes toujours rageurs, la belle plaça la lettre dans son enveloppe et la cacheta du sceau personnel de son époux, qu'il avait laissé sur le bureau. Il ne rechignait jamais à lui en laisser l'usage, ayant appris, en plus d'un an de mariage, à finalement accorder sa confiance à cette femme magnifique qui lui avait proposé son aide dès l'époque de leur union. Elle savait que ce sceau ne serait pas forcément de nature à faire passer inaperçu le courrier, et que dans son propre pays le secret des runes anciennes de son peuple serait peut-être moins solides qu'il n'aurait pu l'être ici, dans sa patrie d'adoption, mais peu lui importait au fond. Elle savait que sa cousine par alliance, la Reine, avait eut veut du soutient financier apporté par son « vrai » cousin, et ne craignait donc pas que les services secrets dorimariens ne lui révèle quoi que ce soit.

Pour le reste, le sceau faisait bien entendu partie du message, tout comme le choix des titres, et quand la lettre fut prête, elle fut satisfaite de cet attachement qu'elle avait eut à le faire passé. Jadis, elle avait craint son cousin, et c'était en partie par peur, en partie par respect dynastique, qu'elle avait accepté sans discuter ce mariage avec un inconnu dans un pays lointain et glacé. Ce mariage lui avait néanmoins apporté fortune et pouvoir, et elle ne comptait plus s'en laisser compter par son cousin. Il ne la commandait plus, elle n'était plus sa sujette, il ne pouvait plus rien faire pour lui faire peur, et, en agitant la cloche pour faire venir un serviteur qui prendrait le courrier, elle se dit qu'il le comprendrait peut-être ainsi... sinon elle finirait par lui faire comprendre. Ceci dit, alors qu'elle confirmait cette résolution, elle vit apparaître, comme en réponse à la clochette, un personnage qu'elle n'attendait pas dans ce contexte.


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Eleuia Qaho'lom, princesse impériale de Chiauhtlaya.[/center]

Eleuia Qaho'lom : « Hé bien, mon époux, voici que tu réponds quand je sonne ? »

Sa maîtrise de la langue vonalyanne avait bien entendu fortement progressé, en plus d'un an, même si elle conservait toujours un accent marqué qui ne semblait d'ailleurs guère déplaire à son époux. Il y avait bien entendu de la malice dans sa voix à cette remarque, une malice teintée d'une pointe d'affection, car elle avait appris à apprécier cet homme avec qui elle partageait sa vie. Pas question d'amour et de sérénade, ici, mais simplement d'une certaine affection et d'une certaine dose, également, de respect mutuel.

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Varwin Serre-de-Faucon, Marquis d'Urnavuk et Prince du Vonalya.[/center]

Varwin Serre-de-Faucon : « Ahah, ne t'en fais pas, je n'en suis pas encore venu là, ma belle, je passais simplement quand je t'ai entendue... un vrai serviteur ne tardera sans doute pas. »

Eleuia Qaho'lom : « Parce que tu n'es pas mon vrai serviteur ? Moi qui croyait t'avoir rendu esclave de mes charmes... »

Son ton et sa moue faussement déçue firent rire à nouveau le prince vonalyan, ce qui rassura quelque peu Eleuia. Tant qu'elle pourrait le faire rire, le charmer, le distraire, lui apparaître utile, elle pourrait conserver sa position qui ne tenait, au fond, hors quelques éléments assez protocolaires, qu'au bon vouloir de son époux, qui était celui qui détenait la réalité des titres. Elle savait bien en dépit de ses paroles que pour les « jeux de l'amour », comme disaient les poètes de ces pays orientaux, il pouvait trouver d'autres partenaires, et le faisait d'ailleurs parfois déjà, et que sa compétence dans ce domaine n'aurait pas suffit à faire d'elle plus qu'une jolie potiche bonne à décorer dans les fêtes et à pondre les héritiers.

Hors, parce qu'elle tenait justement plus que ce rôle, elle perçu, dans le regard de son époux, cet éclat de sérieux que son rire n'avait que brièvement effacé. Elle le connaissait assez, maintenant, pour savoir qu'il ne fallait pas s'inquiéter de le lasser – pas encore du moins – mais qu'il avait plutôt quelque chose de sérieux en tête qui ne quittait jamais vraiment ses pensées... doucement, sans un mot, elle se leva et vint se glisser derrière lui, pour masser légèrement ses épaules.


Varwin Serre-de-Faucon : « Hmmm que me vaut cette attention ? »

Eleuia Qaho'lom : « Une femme a-t-elle besoin d'une raison pour prendre soin de son seigneur et maître ? »

Varwin Serre-de-Faucon : « Ahah, à d'autres ! Je te connais assez pour savoir quand tu as quelque chose derrière la tête, Eleuia. »

Eleuia Qaho'lom : « Moi aussi je te connais, mon époux... je peux voir quand quelque chose te préoccupe, tu devrais le savoir... »

Varwin Serre-de-Faucon : « Alors tu ne comptes m'aider que par un gentil massage ? »

Eleuia Qaho'lom : « Hmmmm ne suis-je pas assez douée pour cela ? »

Varwin Serre-de-Faucon : « Ahah, tu sais bien que ce n'est pas ce que j'ai dis ! »

Eleuia ne répondit rien, poursuivant plutôt ledit massage doucement, y montrant en effet un certain savoir-faire. Son époux se détendit peu à peu, du moins physiquement, sous ses doigts, et après de longs instants, comme elle ne rajoutait toujours rien, eut un petit soupir de contentement et repris la parole.

Varwin Serre-de-Faucon : « Je réfléchis... je réfléchis à ce nouveau poste de gouverneur... »

Eleuia Qaho'lom : « C'est un grand prestige pour toi... »

Varwin Serre-de-Faucon : « Certes. »

Eleuia Qaho'lom : « Et une source de revenus supplémentaires... »

Varwin Serre-de-Faucon : « C'est vrai aussi, pour le peu que ce soit... sauf que cet argent n'est pas le mien. C'est celui de la province toute entière. »

La jeune femme fut quelque peu surprise de cette remarque qui, lui semblait-il, ne serait jamais venue à l'idée de personne dans sa famille, et, prudente, ne répondit rien. Elle se contenta d'offrir sa présence, son écoute, et son doux massage, ce qui sembla pousser son époux à reprendre la parole au bout d'un moment.

Varwin Serre-de-Faucon : « Tu sais je pourrais faire juste une ou deux petites choses décoratives et empocher l'argent qui restera... je suis sûr que c'est ce que feront la plupart des gouverneurs. Ou je pourrais simplement faire au mieux en fonction de ce que j'estime juste dans la limite de ces fonds... c'est ce qu'aurait fait mon oncle, mais je me demande si un de mes pairs suivrait cet exemple... »

Eleuia Qaho'lom : « Ta jeune cousine, sûrement ? »

Varwin Serre-de-Faucon : « Oui... Valériane marchera sur les traces de son père en cela, sans doute... mais je voudrais trouver un moyen pour utiliser cela pour unifier vraiment le nord... faire en sorte que ce pouvoir que notre aventure m'a gagné soit plus qu'une décoration, d'en faire quelque chose dont pourront hériter mes enfants après moi... »

Eleuia Qaho'lom : « Hmmmm.. »

Ce genre de petite onomatopée n'était pas dans le genre d'Eleuria, et Varwin lui jeta un coup d’œil pour la trouver avec un air légèrement soucieux, peut-être, sur son joli visage. Néanmoins avant qu'il ne puisse ajouter quelque chose elle se reprit et lui répondit avec un sourire qui chassa cette expression de ces traits.

Eleuia Qaho'lom : « Pourquoi ne pas leur demander leur avis ? »

Varwin Serre-de-Faucon : « Hein ? L'avis de qui ? »

Eleuia Qaho'lom : « Des nobles. Des chefs de clans ou de tribus. Rassemble-les et demande leur leur avis. Construit des choses avec eux. Peu à peu tu feras naître une conscience particulière en eux... l'idée d'être non seulement des vonalyans mais des habitants de la Province du Nord. »

Varwin Serre-de-Faucon : « Tu crois ? »

Eleuia Qaho'lom : « Bien sûr. Fait leur prendre conscience du Nord, et quand il existera dans leurs esprits, il existera tout court. Place-toi comme le chef naturel, et nos enfants seront chefs après toi de ce que tu auras créé. »

Rompant le contact de ses mains, il se tourna vers elle, et elle lui fit face avec un doux sourire. Brièvement, il se demanda si sa contrariété était venue du fait qu'il ait dit « mes » et non « nos » enfants, ou de toute autre chose, mais avant qu'il n'ait vraiment pu formuler l'idée qu'il aurait été étonnant qu'elle réagisse pour si peu, son esprit avait déjà glissé à nouveau vers sa proposition. Il la regarda longuement, sans réellement la regarder, son esprit jouant avec cette idée.

Varwin Serre-de-Faucon : « Tu n'as pas tord tu sais... ça pourrait être une excellente idée... »

Eleuia Qaho'lom : « Bien sûr, c'est une des miennes. Ne savais-tu pas que je n'ai que des idées excellentes ? C'est une de mes nombreuses qualités ! »

Alors que son époux souriait, elle vint se glisser dans ses bras et, passant les siens derrière son cou, l'embrasser longuement. Varwin referma son étreinte autour d'elle... et pendant ce temps, de l'autre côté de la porte, le serviteur d'Eleuia, qui avait été sonné tout à l'heure et attendait déjà depuis un moment, réprima un soupir en se disant qu'il allait sans doute devoir attendre longtemps, lui qui ne pouvait ni partir ni les interrompre, encore moins maintenant...
Alwine

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La Princesse du Sud


[right]24 février 2036, Palais Royal du Vonalya, Narvarion.[/right]


La rencontre diplomatique se déroulait au mieux. Ophira avait déjà vu une fois la Reine, à son arrivée, et s'était entretenue avec elle de nombreuses choses, les deux jeunes femmes partageant, au final, bien des points communs. Les sujets les plus sérieux toutefois avaient été réservés à l'entrevue de cet après-midi là, avec la Ministre de la Diplomatie, son homologue en quelque sorte, en dépit de leurs rangs nobiliaires différents. Rangs différents ou pas, toutefois, les deux femmes partageaient de nombreuses visions diplomatiques communes, et l'entrevue se passait pour l'heure elle aussi très bien, les différents sujets s'enchaînant l'un après l'autre avec fluidité, alors que les enjeux montaient peu à peu de plus en plus, la rencontre étant plus que porteuse de sans, dans les deux camps.

[center][img]https://cdn.discordapp.com/attachments/338013370437337098/442865040941383692/280full.jpg[/img]

Son Altesse Ophira Menoeceus, Princesse Royale d'Iérakléos et Ministre de la Diplomatie.[/center]

Ophira Menoeceus : « Tout cela est parfais, Votre Excellence, et rencontre parfaitement les attentes de l'Iérakléos au sujet de la restauration des liens entre nos deux royaumes. Peut-être devrions-nous maintenant aborder les volets les plus... stratégiques ? »

La vonalyanne eut un aimable sourire au début de la phrase de son invitée, mais se fit toutefois légèrement plus grave quand elle en vint à la question peut-être la plus capitale, celle des garanties que l'Iérakléos voulait obtenir du Vonalya et qui irait plus loin, certainement, que ce que pouvait convenir un traité classique, même entre alliés.

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Ingrid XII Parle-d'Or, Ministre de la Diplomatie et Comtesse d'Orveral.[/center]

Ingrid XII Parle-d'Or : « Oui justement ces accords stratégiques... avant de les aborder, il y a un autre point que nous devons régler, et qui déterminera mes réponses dans la suite de la discussion... »

Ophira Menoeceus : « Un autre point, Excellence ? Et de quoi s'agit-il ? »

Ingrid XII Parle-d'Or : « Il s'agit du mariage de votre frère. »

Pour le coup, Ophira, surprise, marqua un temps d'arrêts, clignant quelques fois des yeux, visiblement sous le coup de l'étonnement.

Ophira Menoeceus : « Le mariage de mon frère ? »

Ingrid XII Parle-d'Or : « Tout à fait. »

Ophira Menoeceus : « Mais, que voulez-vous dire ? Attendiez-vous sa candidature pour la main de votre souveraine ? Je ne comprend plus. »

Ingrid XII Parle-d'Or : « Non, ne vous en faites pas pour cela... ce serait le signal clair d'une union personnelle des deux couronnes, et ce n'est pas notre but. Ceci étant dit, le trône de Vonalya a d'autres enfants que Sa Majesté... »

Ophira Menoeceus : « Vous voulez que mon frère épouse une des sœurs de la Reine ? »

Ingrid XII Parle-d'Or : « Oui enfin, nous n'avons guère qu'une princesse en âge de se marier, mais oui, en effet. Le niveau d'alliance que vous proposez demande des garanties solides, et le seul moyen de les obtenir nous semble être l'union dynastique. »

Ophira Menoeceus : « Hmmm... je vois. »

La princesse céruléenne resta absorbée dans ses pensées quelques longues minutes. Elle comprenait mieux pourquoi les vonalyans avaient tenus à une rencontre à domicile, en dépit des températures glaciales qui régnaient à l'extérieur... ils n'avaient pas voulu que Danaos se mêle lui-même de la question. C'était donc sur ses épaules que tout retombait, et elle eut un mince soupir après quelques longs instants de réflexion.

Ophira Menoeceus : « Quand ce mariage devrait-il avoir lieux ? »

Ingrid XII Parle-d'Or : « Dans un délais raisonnable. Celui de Sa Majesté Svanhilde viendra le premier, puis le mariage royal iérakléen ensuite, si cela vous convient. Cela laissera à Son Altesse Valériane le temps de se former un peu plus à la gestion territoriale dans sa Province et ainsi être une meilleure future souveraine prête à épauler comme il se devra votre frère un jour. »

Une fois encore, Ophira s'abîma dans une réflexion qui dura encore un bon moment, car la belle brune répugnait à prendre cette responsabilité. Techniquement, son frère était son supérieur, puisque Premier Ministre, mais sa mission diplomatique lui avait été cette fois remise par son père en personne, qui lui avait donné tous pouvoirs pour négocier le bien de leur royaume et de leur peuple... elle pouvait prendre la décision, mais elle n'en restait pas moins lourde...

Ingrid XII Parle-d'Or : « Alors ? Votre décision, Altesse ? »

Ophira Menoeceus : « Hmmmf... j'accepte. Enfin à condition de nous mettre d'accord sur le reste, bien entendu... »

Ingrid XII Parle-d'Or : « Voilà qui est parfait ! Nous pouvons donc passer à ces fameuses questions stratégiques, puisque nous sommes d'accord sur cela.....»
Alwine

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Mariage Royal


[right]28 février 2036, Palais Royal du Vonalya, Narvarion.[/right]


Le filet lancé à l'international pour trouver un nouveau prince consort au Vonalya, et surtout pouvoir commencer à mettre en route des héritiers pour stabiliser définitivement le nouveau règne, ce filet, donc, avait ramené plus de « poissons » que prévus. Il y avait du bon comme du moins bon, et la Reine s'était réunie avec quelques amies proches pour essayer de défricher un peu toute cette histoire, tant sur le plan personnel que politique.

[center][img]http://img110.xooimage.com/files/8/b/0/rosaline-52c6912.jpg[/img]

Rosaline Patte-de-Velours, Dame de Vihreanil et diplomate vonalyanne.[/center]

Rosaline Patte-de-Velours : « Hmmmm c'est vrai qu'il y en a qui sont jolis garçons... »

La belle diplomate originaire du Vihreanil, et qui avait largement été élevée à Narvarion, était bien entendu présente, autant parce qu'elle était une amie de longue date de la Reine que parce qu'elle avait une excellente connaissance de la scène diplomatique. Il n'était pas exclu d'ailleurs que sa amitié avec la nouvelle souveraine ait été en partie à l’œuvre dans le ralliement de sa sœur aînée à la candidature royale de celle-ci...

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Sa Majesté Svanhilde II Rose-De-Givre, Reine du Vonalya.[/center]

Svanhilde II Rose-De-Givre : « Tu sais bien que ce n'est pas la question, Rosa... l'important ici c'est le poids politique du mariage. »

Rosaline Patte-de-Velours : « Tu te marierais avec le vieux de Holpri s'il était roi d'Orlanie, alors, Ta Majesté ? »

Svanhilde II Rose-De-Givre : « ... oui bon, n'exagère pas quand même ! »

Le petit groupe eut un léger éclat de rire, dans une atmosphère assez détendue. Svanhilde avait déjà entendu l'avis de divers conseillers politiques sur cette affaire, mais au final, comme une jeune femme presque ordinaire, elle sollicitait l'avis de ses amies... même si elle avait choisi les amies les plus versées dans la politique, bien entendu.

[center][img]https://media.discordapp.net/attachments/341233305863192576/447674095211905024/viveka.jpg?width=282&height=414[/img]

Viveka Boucle-d'Or, Héritière de Brogadæmio.[/center]

Viveka Boucle-d'Or : « Allez soyons un peu sérieuses... on choisi notre futur co-souverain quand même, les filles. »

Svanhilde II Rose-De-Givre : « Mon futur époux aussi, au passage. »

Viveka Boucle-d'Or : « Oui enfin ça c'est accessoire, il sera gaga de toi de toute façon ! »

Nouvel éclat de rire sur l'intervention de la blonde, même s'il fut plus bref. Il y avait d'autres personnes présentes, mais les trois damoiselles occupaient le plus gros de la conversation.

Viveka Boucle-d'Or : « Plus sérieusement... vraiment cette fois, je pense qu'on a établit qu'un certain nombre de candidatures étaient... fantaisistes pourrait-on dire ? »

Rosaline Patte-de-Velours : « Moi j'aurais dit des candidatures de trolls déguisés en humains mais bon... »

Viveka Boucle-d'Or : « Rosa, j'ai dis du sérieux ! Enfin je pense que celles-là on peut directement les écartes. »

Svanhilde II Rose-De-Givre : « Je ne te le fais pas dire. »

La Reine fit glisser sur le côté plusieurs des dossiers qui étaient étalés sur la table autour de laquelle elles étaient réunies. Dedans se trouvaient des photos des candidats et des informations sur eux, transmis par eux ou compilés par les services de renseignements royaux.

Rosaline Patte-de-Velours : « Bon si on s'y met pour de bon je pense qu'on a déjà assez discuter pour en écarter d'autres. Il y a tous ceux qui n'ont pas de réelles prétentions nobiliaires, seulement des titres d'usages... et pas la puissance économique pour compenser. »

Viveka Boucle-d'Or : « Que tu es impitoyable ! »

Rosaline Patte-de-Velours : « Oui ben à un moment si on veut trancher... tous ceux qui restent là pourraient faire un bon Roi, mais il faut bien trouver des critères. »

Viveka Boucle-d'Or : « C'est pas faux. »

Après avoir jeté un coup d’œil à la Reine, la blonde écarta plusieurs autres dossiers sur la table. La souveraine hocha la tête avec un mince sourire.

Svanhilde II Rose-De-Givre : « Je suis d'accord avec votre sélection... dans ceux qui reste, j'écarterais aussi ceux qui sont en guerre ou aux portes de la guerre... voir qui nous entraîneront dans d'autres guerres de revendications. Aujourd'hui le Vonalya a besoin de solidité et de paix. »

Rosaline Patte-de-Velours : « L'oracle royal a parlé, entendez sa parole ! »

Viveka Boucle-d'Or : « Ameeeeeeeeeeen ! »

Suite au coup d’œil noir de leur amie, les deux nobles éclatèrent de rire, alors que Svanhilde élaguait encore la liste des concurrents. Elles allaient relativement vite, mais cette sélection rapide faisait suite à des jours de discussion de la Reine, avec d'autres, et à plusieurs heures de discussion, avec elles.

Viveka Boucle-d'Or : « Bon là on a des bons, mais faut encore trancher... on retire ceux qui ont pas les épaules ? »

Rosaline Patte-de-Velours : « On revient au physique et on juge la carrure ? »

Viveka Boucle-d'Or : « Ahah, je suis morte de rire... je voulais dire ceux qui n'ont que des liens dynastiques lointains, ou inexistants, et pas non plus la force politique ou économique pour avoir une vraie influence... »

Rosaline Patte-de-Velours : « Il nous en resterait deux... »

Svanhilde II Rose-De-Givre : « C'est déjà un beau progrès. »

La Reine écarta encore des dossiers, en laissant deux ouverts au centre de la table. Deux jeunes hommes d'excellente famille, proches en âge et sans doute en valeur, entre lesquels il allait maintenant falloir poser un choix.

Svanhilde II Rose-De-Givre : « Hmmm les deux feraient de bons Rois... »

Rosaline Patte-de-Velours : « Oui... un des deux vient quand même d'un pays qui fait encore partie de certaines ententes... toxiques, pour rester polie. Et n'a aucune chance d'approcher d'une couronne autre que la tienne. »

Viveka Boucle-d'Or : « Mais l'autre fait partie d'un pays difficile à manœuvrer... et sa famille est plus qu'en difficulté en ce moment. Sans compter qu'il a l'air d'avoir moins de richesses à apporter aussi... »

Svanhilde II Rose-De-Givre : « Hmmm voyons comment les choses vont évoluer pour les deux dans les prochains jours... cela me laissera encore un peu de temps pour réfléchir. »

Rosaline Patte-de-Velours : « Ahah au pire on pourrait essayer de piquer celui dont tu ne voudras pas ! »

Viveka Boucle-d'Or : « Je signe, pour n'importe lequel des deux ! »

Les damoiselles éclatèrent de rire à nouveau, et la discussion glissa sur divers autres sujets, notamment les performances possibles des différents candidats une fois dans la chambre à couchée, au-delà des caractéristiques politiques...
Alwine

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Mariage Royal (2)


[right]3 mars 2036, Palais Royal du Vonalya, Narvarion.[/right]


Les mariages royaux n'étaient jamais une affaire de cœur, du moins pas dans les royaumes qui conservaient quelques pouvoirs politiques à leurs monarques. Il s'agissait toujours d'entreprises avant tout politiques... et la chose n'était que plus vraie encore quand on parlait directement du mariage d'une princesse qui avait attendu d'être sur le trône pour se marier... et ainsi en faire directement un mariage royal proprement dit. Svanhilde ne s'était jamais fait d'illusion sur le sujet, ni quand elle était encore princesse, ni après être devenue Reine. Elle entendait simplement trouver un candidat qui, tout en restant politiquement intéressant, saurait être d'une compagnie physique et morale assez agréable pour ne pas lui gâcher la vie une fois qu'ils seraient en couple, et pour, au passage, que la phase obligatoire et même principale de conception des héritiers royaux ne se transforme pas en calvaire pour elle.

En l'occurrence, Thomas Douglas remplissait cette dernière caractéristique, elle avait pu le constater par photographies interposées, et elle l'avait fait venir à Narvarion pour vérifier si, moralement et intellectuellement, il serait également un partenaire acceptable. Voilà comment le couple en puissance s'était retrouvé dans le Palais Royal, et plus précisément, en cet instant, dans l'une des galeries, admirant la vue sur les jardins glacés en contre-bas. En d'autres lieux, une promenade dans lesdits jardins aurait pu être romantique, mais en l'occurrence il faisait un peu trop froid pour que cette idée sourie à la reine scandinave, toute habituée au froid qu'elle puisse être par ailleurs.


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Thomas Douglas, Baron de Lochsally.[/center]

Thomas Douglas : « Votre pays est glacial mais vraiment très beau, Majesté. Je pourrais en dire autant de vous quoique j'espère que la première affirmation cessera bien vite d'être vraie... et que vous êtes plus belle encore, bien sûr. »

Le lorthonien s'était essayé à quelques mots en vonalyan à son arrivée, mais il maîtrisait visiblement très mal la langue, et Svanhilde lui avait rapidement fait grâce de cette épreuve pour accepter de converser en briton. Ce n'était pas sa langue favorite, mais il était toujours plaisant de ne pas subir un accent à coupée au couteau pour s'entendre susurré quelques compliments... ça et le vocabulaire limité avaient tendance à ruiner tout l'intérêt de la chose.

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Sa Majesté Svanhilde II Rose-De-Givre, Reine du Vonalya.[/center]

Svanhilde II Rose-De-Givre : « Vous êtes un vil flatteur, mais j'accepte le compliment. Quant à la chaleur ma foi... il faudra la mériter... »

La jeune femme lança un regard en coin provocateur à son soupirant, et eut le plaisir de voir l'éclat de désir dans ses yeux. Au-delà des jeux politiques, elle parvenait sans trop de soucis à faire réagir l'homme derrière le titre, et cela lui plaisait, elle devait l'avouer... même si cela faisait bien longtemps qu'elle avait appris à faire réagir les hommes, de toutes sortes de façon.

Svanhilde II Rose-De-Givre : « Ceci dit je suis contente que vous appréciez le pays, après tout vous postulez pour le diriger à mes côtés... seriez-vous prêt à en faire votre nouvelle patrie ? »

Thomas Douglas : « Ma foi il me serait difficile d'oublier les vertes prairies et le Loch de Lochsally, mais je suis certain que votre charme saura balayer toutes les nostalgies que pourrait entretenir mon cœur... »

Svanhilde II Rose-De-Givre : « Ahah, voilà qui est bien répondu ! »

Amusée, la Reine poursuivit la balade avec plaisir, faisant découvrir à son visiteur certaines parties peu connues du palais où elle avait grandie, alors que la conversation se poursuivait et se détendait, passant des compliments de circonstances aux discussions plus fouillées et plus sérieuses. Svanhilde sonda son invité sur tout, de la politique extérieur à son avis sur la religion, en passant par ses opinions en matière de gestion nationale. Bien entendu elle ne le trouva pas d'accord avec elle sur tout, mais elle pu néanmoins fixé de grandes lignes suffisamment en accord avec ses convictions et ses projets pour qu'il ne soit pas un frein à ceux-ci si d'aventure il montait sur le trône. Pour le reste, elle saurait le réformer avec le temps, surtout qu'elle pu aussi vérifier qu'il n'était décidément pas insensible à son charme, que du contraire.

Svanhilde fini même par convier son soupirant à un dîner en tête à tête, où elle approfondit encore sa petite enquête, tout en jouant de ses charmes. Elle fut satisfaite de découvrir en son prétendant un farouche adversaire de l'appartenance, maintenant passée, de son pays à l'Union Panocéanique, autant qu'un fervent défenseur d'un pouvoir autocratique fort, et un partisan d'un des partis qui avait soutenu le Lexit. Ils en étaient venus, sans se tutoyer, à s'appeler par leurs prénoms respectifs, sur permission de la Reine, quand le repas s'acheva et que la damoiselle se redressa.


Svanhilde II Rose-De-Givre : « Hé bien ce fut un repas agréable, Thomas, je vous remercie. Une servante vous reconduira à votre chambre quand vous voulez, pour ma part je vais me retirer... »

Thomas Douglas : « Je regrette de devoir vous quitter si tôt, Svanhilde. »

Svanhilde II Rose-De-Givre : « Une journée entière ne vous a-t-elle suffit ? »

Thomas Douglas : « Hélas, je crains bien que non... »

Aux compliments un peu creux du début s'était pour le coup substitué quelque chose de plus vibrant, alors que le noble lorthonien suivait la silhouette royale du regard pendant que Svanhilde s'approchait de la porte tout en parlant. Proche de celle-ci, elle se retourna à demi, lui lançant une œillade à la fois malicieuse et brûlante.

Svanhilde II Rose-De-Givre : « Je vous proposerais bien de m'accompagner plus loin, mais je ne voudrais pas heurter votre foi... »

Thomas Douglas : « Que... je... »

Le baron était déjà à moitié debout, sous le regard mi-amusé mi-provocateur de la belle, plus femme que reine en cet instant.

Thomas Douglas : « Je... ne sommes nous pas fiancés ? »

Svanhilde II Rose-De-Givre : « Je ne me souviens pas l'avoir confirmé... »

Thomas Douglas : « Dans mon cœur vous l'êtes assurément, Svanhilde ! »

Svanhilde II Rose-De-Givre : « Mmmmh même si nous l'étions je crains que vos lois religieuses n'interdisent cela jusqu'au soir du mariage... je devrais donc rester seule, à demi nue, dans mon lit grand et froid... »

Thomas Douglas : « Je... heu... n'était-il pas prévu que je me convertisse ? »

La réponse du Baron visiblement aussi fébrile qu'à court d'autres arguments, et qui avait entre-temps fini de se redresser et fait un pas incertain vers elle, fit rire de bon cœur la souveraine scandinave, qui revint vers lui en quelques pas agiles.

Svanhilde II Rose-De-Givre : « Encore une bonne réponse, mon cher Thomas. Et bien voyons tout de suite à commencer à vous inculquer les préceptes de votre nouvelle religion... »

Et, souriante, elle vint déposer un baiser sur ses lèvres... avant de se détourner et de s'éloigner en lançant une œillade brûlante au lorthonien, qui, restant figé un bref instant, se hâta ensuite rapidement de la suivre dans le couloir menant à ses appartements, pour ce qui serait peut-être la dernière épreuve de ses capacités en tant que futur Prince-Consort...
Alwine

Message par Alwine »

En terre de mission


[right]6 avril 2036, Alentours de la place du marché, Varmakut.[/right]


Cela faisait quelques jours maintenant que les volontaires slovians, supervisés par un groupe de prêtres, étaient arrivés à Varmakut, la grande cité de l'est du Duché de Vihreanil. Bien sûr, la plus grande des cités du Duché était sa capitale, mais cela n'empêchait pas celui-ci, vu son étendue et surtout son emplacement, dans la zone de temps clément, proche des côtes méridionales, d'abriter d'autres grandes villes, dont, donc, Varmakut. C'était le point d'arrivée de la moitié de la mission qui s'était donné pour but de s'occuper de l'île de Vonaborg, tout simplement parce que c'était le port le plus proche de la Slovianie, ainsi d'ailleurs que du Thorval, cette double proximité expliquant sans doute en partie son développement, ça et le climat dont bénéficiait la région, bien entendu.

La mission locale avait donc été, de facto, la première à pouvoir se mettre en route au Vonalya et donc, en théorie, la plus avancée... sauf que, il fallait bien le dire, les résultats n'étaient guère encourageants. Non pas que leur installation ait été bloquée : la liberté de culte était acquise au Vonalya depuis longtemps maintenant, et même si on les avait parfois regardé d'un drôle d'air, ils avaient pu trouver un grand local prêt de la grande place du marché, très bien situé, et n'auraient sans doute aucun mal à s'établir aussi dans les faubourgs. La seule contrainte, c'était qu'il fallait payer. Et de fait, payer les locaux ainsi que les biens quotidiens à redistribuer aux pauvres – sans compter ceux nécessaires pour eux-mêmes – allait sans doute grever une bonne partie du budget de la mission, car le différentiel de coût de la vie entre ici et la Slovianie n'était nettement pas en faveur des missionnaires.

Ce n'était même pas que les locaux de la mission étaient déserts, au contraire, ils étaient assez fréquentés. Seul petit problème en fait, ils l'étaient par des... chrétiens. Plus précisément, par des thorvalois, issus des vagues d'immigrations qui transitaient depuis plusieurs années du royaume chrétien à l'archipel païenne, notamment suite à l'affaire du crash du marché de la poterie traditionnelle thorvaloise. Il s'agissait généralement de bourgeois, au sens thorvalois du terme, qui étaient restés fort logiquement dans les villes du sud du pays, n'ayant ni l'habitude de vivre hors des villes ni celle de subir les températures glaciales des terres plus sauvages du nord vonalyan. Des gens qui les écoutaient donc avec plaisir parler de Jésus, qui entraient même parfois en controverse avec eux sur certains points, mais qui n'étaient absolument pas une cible de conversion concrète.

Il y avait bien des vonalyans également, mais soit il s'agissait également de chrétiens, soit ils ne se montraient pas très ouverts à la conversion. Il était visible qu'une large partie des plus pauvres de la cité avaient d'autres moyens de subvenir à leurs besoins en nourriture qu'en comptant sur l'arrivée soudaine de missionnaires étrangers, et que ceux qui venaient là n'étaient pas très ouverts à la conversion. Le fait que l'endroit soit fréquenté en masse par les immigrés thorvalois n'aidait en fait de toute façon pas à lui faire une bonne réputation qui aurait pu être apte à attirer des gens : c'était un endroit où des étrangers nourrissaient d'autres étrangers pour parler de leur foi commune, et on avait guère l'envie d'y mettre les pieds, surtout que les thorvalois étaient réputés très bagarreurs de manière générale. Ceci dit, tant qu'ils ne l'étaient pas dans les locaux de la mission, les slovians n'allaient tout de même pas mettre dehors des frères de religion en quête de nourriture.

Hors donc, les stocks de nourriture diminuaient, et devaient être réapprovisionnés souvent, car ces populations immigrées souvent peu favorisées venaient sans problème profiter de la charité chrétienne, eux pour qui elle était toute naturelle. Les chapelets partaient aussi plutôt bien, mais les bibles beaucoup moins, les thorvalois préférant la lire... hé bien... en thorvalois, ou dans leur propre sous-dialecte. L'un dans l'autre, pour l'instant, le père Daniel Holewinski, qui dirigeait la mission, avait bien conscience qu'il était toujours positif et sain d'apporter du soutient à des frères de religion en terre étrangère, mais il n'empêchait que ce n'était pas comme ça qu'il risquait de faire des convertis. Quant aux prêches dans les rues, il n'avait rien récolté, sinon un jet de tomate de temps à autre et beaucoup de railleries, sans réelle violence toutefois.

Néanmoins aujourd'hui, les choses semblaient différentes. Un vaste groupe était arrivé alors que la plupart des thorvalois « habitués » étaient déjà repartis, et à leur façon de parler, à leurs manières, il s'agissait clairement de vonalyans. Ils étaient assez grossiers d'apparence, mais demandèrent à « le boire et le manger » d'une façon tout à fait correcte, et un repas leur fut donc servit. Ils semblaient venir d'en-dehors de la ville proprement dites, et le père Daniel se mit à espérer que, peu à peu, son message commençait à toucher les populations moins policées et butées que celles de la cité proprement dites. Si les pauvres de la périphérie se mettaient à venir en nombre, le message de Dieu pourrait sans doute réellement toucher tous ces gens ! Les plus modestes d'abord, comme toujours, puis ensuite tout le pays !

Les nouveaux venus étaient assez taciturnes, mais ils écoutèrent les missionnaires leur parler de Jésus, de Dieu et de la Bible en hochant la tête de temps en temps sans protester. Ils semblaient avoir un chef de file, un meneur, avec qui le père Daniel s'entretint longuement. Il lui posa plusieurs questions sur Jésus, sur sa crucifixion notamment.


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Jørn Søgaard.[/center]

Jørn Søgaard : « Et vous dites qu'il est resté accroché trois jours ? »

L'homme posait des questions en vonalyan, et le père Daniel lui répondait en s'appuyant beaucoup sur le lexique thorvalois, mais les deux se comprenaient plutôt bien.

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Père Daniel Holewinski, prêtre slovian dirigeant la mission sloviane de Varmakut.[/center]

Père Daniel Holewinski : « Non, mon fils. Il est resté pendu une journée, puis a été ensevelit. C'est au troisième jour qu'il est revenu d'entre les morts pour nous apporter l'Esprit Saint, après avoir sauvé tous ceux qui étaient injustement emprisonnés au Enfer jusque là. »

Jørn Søgaard : « Voilà qui est très généreux. Et vous dites qu'il avait le flanc percé d'une lance ? »

Père Daniel Holewinski : « Oui, mon fils, la Sainte-Lance, aujourd'hui conservée non loin d'ici, dans le nord du Thorval. L'important toutefois, ait qu'il a souffert pour nos pêchés. Il a enduré tout cela pour racheter nos fautes. »

L'homme hocha la tête et fini sa soupe, tout en écoutant la suite des paroles du prêtre visiblement avec attention. Quand le repas fut fini, tout ce petit monde se leva, avec des remerciements mais en refusant poliment les bibles tendues par les missionnaires.

Jørn Søgaard : « Il est un peu tôt pour vos livres saints. Mais nous allons remercier notre père du ciel pour le repas. »

Un peu interloqué, le prêtre n'eut toutefois pas le temps de réagir et suivit le mouvement du groupe de vonalyans vers l'extérieur, à la périphérie de la grande place du marché. Sans écouter les questions des missionnaires, ils y firent cercles, attirant l'attention de tous ceux qui étaient dans la mission, missionnaires et habitués, ainsi que de pas mal de monde sur ladite place. L'homme qui avait parlé avec le prêtre était au centre du cercle et il leva les mains au ciel, entouré par ses compagnons qui baissèrent la tête.

Jørn Søgaard : « Aujourd'hui nous avons été nourris par des étrangers, venus d'une terre étrangère. Nous en disons merci à notre père à tous qui est dans le ciel ! Merci à lui pour ce repas, merci à lui d'avoir fait venir ces hommes de si loin pour nous le donner ! Merci à lui d'apporter ainsi la riche nourriture du sud sur la table de la froide Vonalya !

Nous le remercions, lui qui fut suspendu sur le bois cruel et indifférent ! Nous le remercions, lui dont le flanc fut plus cruellement encore percé d'une lance perfide ! Merci à lui qui voit tout, aux quatre coins de la Terre, et qui saura donc entendre nos remerciements ! »


La voix de l'homme montait de plus en plus, et le père Daniel se dit, avec un mince sourire, qu'il se fixait un peu trop sur les détails, et que sa prière n'était pas très orthodoxe. En tous cas elle semblait enthousiaste, et de nombreuses personnes s'étaient approchées pour regarder et écouter, de légers mouvements se faisant dans la foule, certains partant rapidement, sans que le religieux s'en inquiète, occupé à écouter l'homme qu'il avait nourrit. Il se disait déjà qu'il faudrait leur apprendre le Pater Noster, pour qu'ils puissent remercier correctement, quand soudain son sourire retomba brusquement.

Jørn Søgaard : « Oui, nous remercions Odin, Père-de-toutes-choses, lui qui resta pendu à l'arbre, neuf jours et neuf nuits, pour obtenir la sagesse ! Merci à lui d'amener ces illusionnés du sud, pervertis par les paroles de dieux qui ne sont pas les leurs, à distribuer leur nourriture à ceux qui ne s'illusionneront jamais sur quelle est la véritable foi ! Merci à lui pour ce repas et pour tous les autres ! »

Ses compagnons éclatèrent en vivats, de même que plusieurs voix dans la foule, même si le gros des gens resta sans réaction particulière ou alors fit ce qui ressemblait à un geste religieux. Un cri de rage monta néanmoins de... derrière le père Daniel, quand les thorvalois encore présents sur place se levèrent presque comme un seul homme pour assaillir les vonalyans en cercle, nettement plus nombreux vu le peu de thorvalois restant à cette heure. Ceux-ci firent rapidement volte-face, et un combat était sur le point de s'engager... quand arriva une brigade de gardes ducaux, qui séparèrent rapidement les belligérants en puissance. Le groupe de vonalyan s'éloigna sans faire d'histoire en se mêlant rapidement à la foule qui se dispersa sur la demande de l'officier de la garde, mais un thorvalois mit un coup de poing au garde qui s'était interposé et fut emmené par deux de ses collègues, les autres se calmant heureusement à temps sous les mots d'apaisement des prêtres de la mission.

Ce malgré quoi le capitaine de la garde vint vers le père Daniel, lui demanda s'il était le responsable des lieux, et lui dressa une amande pour incitation au conflit religieux. Il balaya ses protestations d'un « je ne veux pas le savoir », lui rappela que les vonaturiens n'avaient causé aucune violence et que ses ouailles, au contraire, les avaient attaqués alors qu'ils priaient pacifiquement, lui rappelant qu'il n'était « pas chez lui ici » et qu'il ne pouvait pas « interdire aux vonalyans de prier les dieux du Vonalya »... avant de conclure que sans leur présence pour regrouper et « remonter » les thorvalois, rien ne serait arrivé. Il le laissa là avec son amande, et tout revint rapidement au calme...
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