[center]L'Esprit-Saint, le journal des Chrétiens et de toute l'Humanité. Édition en copte de Ⲡⲁⲱⲛⲓ 2035.[/center]
Selon le Conseil des Sages, le soleil "n'est pas un dieu"
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Photographie travaillée de l'astre[/center]
L'affaire avait envenimée le débat local la semaine dernière, après qu'un groupe de jeunes catholiques aliléens s'en soient pris à une sculpture représentant le soleil dans un jardin, alors que leurs troupeaux de brebis pacageaient dans le pré d'à côté. Après que les propriétaires du terrain eurent saisi les autorités de la Garde Royale, le fait-divers a pris une dimension nationale tandis que les amis du couple victime de la dégradation accusaient à tord et à cris les jeunes d'avoir commis là un acte anti-religieux et donc iconoclaste. Or la politique royale illythe est assez claire sur le sujet et à défaut de Constitution, l'entourage de la monarchie prend soin de garantir à chaque communauté l'expression de ses dogmes, et ce malgré le catholicisme copte dominant (ce qui n'a pas toujours favorisé les relations avec la Papauté).
Si une petite communauté héliosiste demeure en Illythie, à la frontière du Khéprisme (culte du Scarabée solaire), du Rêisme, de l'Apollonisme esthétiste ou philosophique, revendiquant une vénération directe de l'astre, les Prêtres et adeptes du culte ne sont pas d'accord, même au sein de chacune de ces différentes sectes, sur la nature de l'objet vénéré : le soleil comme astre, la lumière du soleil, la chaleur du soleil, le soleil comme symbole ou comme sujet... Mais c'est sur une toute autre notion que s'est penché le Conseil des Sages, réuni pour l'occasion sur l'île de Mesi, afin de trancher sur le caractère divin ou non du soleil, et donc estimer si la destruction de la sculpture à son effigie était bien un acte anti-religieux.
La douzaine de philosophes s'est entretenue durant trois jours, dans un domaine occupé pour l'occasion entre la mer et les roches acérées de l'île, en faisant notamment appel à d'éminents spécialistes scientifiques étrangers, pour en arriver à la conclusion que puisqu'on ne pouvait attribuer directement les échanges chimiques et physiques régissant l'activité solaire à une intelligence propre au soleil, le soleil n'était pas une entité intelligente indépendante.
- "Le soleil est un astre et il répond de la physique, or cette physique est commune à l'Univers tout entier. Le soleil en soit n'a pas sa physique propre, il est totalement soumis à la physique de l'Univers. Par conséquent, le soleil n'est pas une entité séparable de l'Univers, et si la physique est la preuve d'une intelligence organisatrice alors la divinité prêtée au soleil est à interpréter à l'échelle de l'Univers, du moins de l'Univers proche que nous avons commencé à comprendre." explique Giacobe Panegracchi, porte-voix du Conseil des Sages.
Que les adorateurs des diverses images du soleil, de sa lumière, ou du vecteur de l'intelligence universelle qu'il constitue, se rassurent. Si le Conseil a validé l'interprétation scientifique de l'astre, les divinités associées au soleil ne sont pas concernées par cette décision purement philosophique - dont la conséquence essentielle est que les bergers intéressés par l'affaire ne seront pas inquiétés pour acte anti-religieux mais simplement pour dégradation.