- [justify]Liste de RPs démarrés en 2035:
- « L'enfant compte »
- [url=https://simpolitique.net/viewtopic.php?p=331989#p331989]Partie 1/?[/url]
- [url=https://simpolitique.net/viewtopic.php?p=338544#p338544]Partie 2/?[/url]
- « Un comte, deux faits »
- [url=https://simpolitique.net/viewtopic.php?p=333135#p333135]Partie 1/?[/url]
- [url=https://simpolitique.net/viewtopic.php?p=337499#p337499]Partie 2/?[/url]
- « Double baronne »
- [url=https://simpolitique.net/viewtopic.php?p=337254#p337254]Partie 1/?[/url]
- [url=https://simpolitique.net/viewtopic.php?p=338544#p338544]Partie 2/?[/url]
- « L'enfant compte »
RP 2035-2037 | Activités internes du Royaume des Ménechmes
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Sébaldie
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Sébaldie
[justify][center]L’enfant compte (1/?)
Comté de Torrepolis
24 février 2035
[img]https://i.imgur.com/bozVMfZ.png[/img]
Vieux port de Torrepolis, sur l’île de Torrergos[/center]
Il est difficile de l’imaginer mais il y a encore deux siècles, l’île de Torrergos était un repaire de pirates débauchés, qui pouvaient y profiter de femmes et de jeux d’argent avant de partir tantôt vers la Dytolie, tantôt vers la Janubie. Le pouvoir royal, localisé sur l’île voisine, avait appris à s’accoutumer de leur présence, faute de pouvoir y opposer une force armée suffisante. Les efforts conjoints d’autres Etats ont finalement eu raison en grande partie de ces trublions. Calme et ordre régnaient maintenant sur l’île. Au gré d’alliances politiques et de mariages, la famille Sotiropoulou dominait la petite île de 300 000 habitants depuis un siècle, tant est si bien qu’on parlait de « Duc de Torrergos ». Un abus de langage, le royaume n’étant divisé qu’en comtés et baronnies. En 2030 toutefois, Emilianós de Sotiropoulou, Comte de Torrepolis et de Nearini décède, laissant – faute d’héritier mâle légitime – ses deux titres à ses deux filles : Philippa, l’aînée obtient Torrepolis ; Konstandía, la cadette obtient Nearini.
[spoiler="Carte des différents comtés et baronnies"][img]http://nsa39.casimages.com/img/2018/01/13/18011308145740981.png[/img][/spoiler]
L’histoire était écrite d’avance : le fils de la Comtesse Philippa devait marier la fille de la Comtesse Konstandía, autrement dit sa cousine, pour avoir une assise sur toute l’île. Tels furent les plans en 2030. Néanmoins, après un accouchement difficile, la Comtesse Philippa avait donné naissance à un enfant chétif : le comte héritier Vivianós n’a vécu que 11 mois. Sa sœur, la Comtesse Konstandía de Nerarini avait eu plus de chance, en donnant naissance, après une fille, à un fils en pleine forme, qui avait ainsi une forte prétention sur le Comté de Torrepolis.
La Comtesse Philippa de Torrepolis avait porté le deuil de son enfant pendant plusieurs mois, et continue de le porter à l’insu de tous. C’est-à-dire que peu de monde se souciait de sa personne depuis le tragique évènement : désormais, les honneurs étaient réservés à sa sœur et à son beau bébé.
[center][img]https://i.imgur.com/YTJos8d.png[/img][img]https://i.imgur.com/4grVjjS.png[/img]
Comtesse Philippa de Torrepolis et son époux, le Baron Pétros d’Ampelopolis[/center]
La Comtesse Philippa de Torrepolis approchait les 41 ans et chaque jour passant, la probabilité pour qu’elle ait un enfant s’amenuisait, à plus forte raison si sa première grossesse fut si difficile. Aux yeux de ses sujets, elle n’était plus « fraîche » et lorsqu’un projet d’envergure concernait l’île de Torrergos, on consultait désormais sa sœur, uniquement. Philippa vivait évidemment très mal l’ostracisme dont elle était victime. Son mariage avec le Baron d’Ampelopolis, qui officiait sur l’autre île, lui permettait d’y garder un pied et de garder des liens avec le pouvoir royal, centralisé à Korolos. Le noble de 39 ans, négociant en immobilier, était un beau parti en plus d’être incroyablement photogénique. Les deux époux s’affichaient souvent ensemble et cette liaison était la dernière chose de Philippa qui suscitait encore les convoitises et l’intérêt médiatique.
[center][img]https://i.imgur.com/hes82We.png[/img]
Inauguration d’une nouvelle école à Torrepolis[/center]
Dans ce royaume des faux-semblants, Philippa avait fait appel à son mari pour mieux chanter les louanges d’un projet qui lui avait coûté une petite fortune : la rénovation d’une école à Torrepolis, désormais équipée d’une salle informatique pour permettre les travaux de groupe. N’ayant obtenu que très peu de fonds du Roi, Philippa a dû user des coudes pour obtenir un financement, quitte à devoir financer une partie de sa propre poche. L’avenir de l’île était chez elle, à Torrepolis, pas chez sa sœur ! À l’occasion de l’inauguration, tout le gratin médiatique était invité, ainsi quelques vassaux et courtisans. Face caméra, Philippa répond aux questions des journalistes :
Comtesse Philippa de Torrepolis :
Comtesse et Baronne de Torrepolis
« Je tiens à remercier tous ceux qui m’ont fait confiance pour porter ce projet. Torrepolis peut maintenant s’enorgueillir d’avoir un matériel pédagogique adapté aux exigences d’aujourd’hui. »
Journaliste :
« Beaucoup s’interrogent sur l’origine du financement de l’école et émettent l’hypothèse que vous avez fait appel à votre époux, le Baron Pétros d’Ampelopolis, négociant en immobilier, pour vous aider. N’existe-t-il pas un risque de conflit d’intérêts ? »
Comtesse Philippa de Torrepolis :
Comtesse et Baronne de Torrepolis
« Ce risque est totalement exclu pour la simple raison que mon époux n’a pas fait appel à sa société. Les financements sont totalement transparents, vous trouverez de plus amples d’informations sur le site Internet du Comté. Ne doutez pas de ma sincérité dans ce projet : l’éducation des jeunes Torrepolitains a toujours été essentielle à mes yeux. Déjà, petite fille, je souhaitais être institutrice. »
Baron Pétros d’Ampelopolis :
Baron d’Ampelopolis
« Et j’aurais été son élève le plus assidu ! »
Le Baron avait fait irruption devant la caméra pour sortir sa boutade, à laquelle la Comtesse et les journalistes rirent poliment et diplomatiquement. C’était son rôle : celui d’amuser la galerie, d’être l’époux idéal et attentionné. La visite de l’établissement se poursuit d’ailleurs avec le Baron comme guide. Loin des caméras, Philippa but une gorgée d’eau, avant d’être interpellée par une de ses courtisanes, Anastasia :
Anastasia :
Courtisane de la Comtesse Philippa de Torrepolis
« Vous avez beaucoup de chance de l’avoir, Madame la Comtesse ! »
Comtesse Philippa de Torrepolis :
Comtesse et Baronne de Torrepolis
« Hein ? Ah… oui ! Le Baron est un homme… attentionné. »
[hr][/hr]
[center][img]https://i.imgur.com/3lcuEIe.png[/img]
Chambre de la Comtesse Philippa[/center]
Les deux époux ne vivaient pas ensemble, étant divisés par le bras de mer. Toutefois, il s’accordait au moins un soir dans la semaine. Cette nuit, c’était à Torrepolis. Loin des caméras, des courtisans, des sujets, Philippa recevait le Baron dans son intimité. Elle n’avait pas renoncé à son désir d’avoir un fils. Certes, les médecins lui donnaient moins de 5 % de chances d’en avoir en raison d’un dérèglement utérin, mais elle ne perdait pas espoir pour autant. À une autre époque, elle aurait pu prétendre que le bâtard de son mari était son enfant mais à l’heure des tests ADN, elle ne pouvait plus mentir, surtout quand il était question d’héritages de titres nobiliaux.
Le sourire affiché à l’école de Torrepolis avait cédé la place aux grimaces. Sans s’adresser un seul mot, les deux époux se préparaient à leur nuit conjugale hebdomadaire : Madame retirait ses boucles d’oreille ; Monsieur son veston… Une fois prêts, la Comtesse se plaça en position d’offrande, dirigeant son regard vers la fenêtre. Le Baron, lui, le dirigeait vers le ciel. Chacun tentait de rendre la soirée le moins pénible possible. Comme bon nombre de nobles, leur mariage avait été arrangé par leurs parents, les amants ne l’étaient que de nom. Après une demi-heure de mouvements de va-et-vient, le Baron plein de sueur sentait le moment arriver.
Comtesse Philippa de Torrepolis :
Comtesse et Baronne de Torrepolis
« Le magazine, le magazine, le magazine !!! »
Ah, le magazine ! C’était visiblement le faiseur de miracle. La Comtesse le gardait dans un tiroir de sa table de chevet. Le magazine en question était un magazine de charme amarantin, qui avait au moins quinze ans d’âge. La Comtesse l’ouvrit à la page 18 – celle où trois hommes s’adonnaient ensemble aux plaisirs de la chair – et le plaça sur son ventre, pour que le Baron puisse profiter du spectacle, le même que d'habitude. Qui avait encore besoin d'un magazine à l'heure de l'Internet ? Le Baron, visiblement... mais après plusieurs minutes, rien n’y fait :
Baron Pétros d’Ampelopolis :
Baron d’Ampelopolis
« Je suis désolé, Philippa, mais je n’arriverai pas ce soir. J’y étais presque pourtant… »
La Baronne ne répondit pas et commença à se rhabiller, sans un regard, sans un sourire.
Baron Pétros d’Ampelopolis :
Baron d’Ampelopolis
« Est-ce… Est-ce que vous seriez d’accord pour un troisième partenaire ? »
Comtesse Philippa de Torrepolis :
Comtesse et Baronne de Torrepolis
« Un troisième partenaire ?! Pourquoi faire ? »
Baron Pétros d’Ampelopolis :
Baron d’Ampelopolis
« Il… Il se placerait derrière moi et… euh… Non, oubliez »
La Comtesse jeta un regard glacial désapprobateur à l’encontre de son homosexuel de mari. Bien sûr qu’elle ne serait pas d’accord, elle n’était pas comme sa traînée de sœur. Elle attendit que le baron quitta la salle pour rejoindre la salle de bains avant de soupirer et se dire à haute voix, les yeux au ciel :
Comtesse Philippa de Torrepolis :
Comtesse et Baronne de Torrepolis
« Mon Dieu, qu’ai-je fait pour avoir un mari aussi répugnant ? »[/justify]
Comté de Torrepolis
24 février 2035
[img]https://i.imgur.com/bozVMfZ.png[/img]
Vieux port de Torrepolis, sur l’île de Torrergos[/center]
Il est difficile de l’imaginer mais il y a encore deux siècles, l’île de Torrergos était un repaire de pirates débauchés, qui pouvaient y profiter de femmes et de jeux d’argent avant de partir tantôt vers la Dytolie, tantôt vers la Janubie. Le pouvoir royal, localisé sur l’île voisine, avait appris à s’accoutumer de leur présence, faute de pouvoir y opposer une force armée suffisante. Les efforts conjoints d’autres Etats ont finalement eu raison en grande partie de ces trublions. Calme et ordre régnaient maintenant sur l’île. Au gré d’alliances politiques et de mariages, la famille Sotiropoulou dominait la petite île de 300 000 habitants depuis un siècle, tant est si bien qu’on parlait de « Duc de Torrergos ». Un abus de langage, le royaume n’étant divisé qu’en comtés et baronnies. En 2030 toutefois, Emilianós de Sotiropoulou, Comte de Torrepolis et de Nearini décède, laissant – faute d’héritier mâle légitime – ses deux titres à ses deux filles : Philippa, l’aînée obtient Torrepolis ; Konstandía, la cadette obtient Nearini.
[spoiler="Carte des différents comtés et baronnies"][img]http://nsa39.casimages.com/img/2018/01/13/18011308145740981.png[/img][/spoiler]
L’histoire était écrite d’avance : le fils de la Comtesse Philippa devait marier la fille de la Comtesse Konstandía, autrement dit sa cousine, pour avoir une assise sur toute l’île. Tels furent les plans en 2030. Néanmoins, après un accouchement difficile, la Comtesse Philippa avait donné naissance à un enfant chétif : le comte héritier Vivianós n’a vécu que 11 mois. Sa sœur, la Comtesse Konstandía de Nerarini avait eu plus de chance, en donnant naissance, après une fille, à un fils en pleine forme, qui avait ainsi une forte prétention sur le Comté de Torrepolis.
La Comtesse Philippa de Torrepolis avait porté le deuil de son enfant pendant plusieurs mois, et continue de le porter à l’insu de tous. C’est-à-dire que peu de monde se souciait de sa personne depuis le tragique évènement : désormais, les honneurs étaient réservés à sa sœur et à son beau bébé.
[center][img]https://i.imgur.com/YTJos8d.png[/img][img]https://i.imgur.com/4grVjjS.png[/img]
Comtesse Philippa de Torrepolis et son époux, le Baron Pétros d’Ampelopolis[/center]
La Comtesse Philippa de Torrepolis approchait les 41 ans et chaque jour passant, la probabilité pour qu’elle ait un enfant s’amenuisait, à plus forte raison si sa première grossesse fut si difficile. Aux yeux de ses sujets, elle n’était plus « fraîche » et lorsqu’un projet d’envergure concernait l’île de Torrergos, on consultait désormais sa sœur, uniquement. Philippa vivait évidemment très mal l’ostracisme dont elle était victime. Son mariage avec le Baron d’Ampelopolis, qui officiait sur l’autre île, lui permettait d’y garder un pied et de garder des liens avec le pouvoir royal, centralisé à Korolos. Le noble de 39 ans, négociant en immobilier, était un beau parti en plus d’être incroyablement photogénique. Les deux époux s’affichaient souvent ensemble et cette liaison était la dernière chose de Philippa qui suscitait encore les convoitises et l’intérêt médiatique.
[center][img]https://i.imgur.com/hes82We.png[/img]
Inauguration d’une nouvelle école à Torrepolis[/center]
Dans ce royaume des faux-semblants, Philippa avait fait appel à son mari pour mieux chanter les louanges d’un projet qui lui avait coûté une petite fortune : la rénovation d’une école à Torrepolis, désormais équipée d’une salle informatique pour permettre les travaux de groupe. N’ayant obtenu que très peu de fonds du Roi, Philippa a dû user des coudes pour obtenir un financement, quitte à devoir financer une partie de sa propre poche. L’avenir de l’île était chez elle, à Torrepolis, pas chez sa sœur ! À l’occasion de l’inauguration, tout le gratin médiatique était invité, ainsi quelques vassaux et courtisans. Face caméra, Philippa répond aux questions des journalistes :
Comtesse Philippa de Torrepolis :
Comtesse et Baronne de Torrepolis
« Je tiens à remercier tous ceux qui m’ont fait confiance pour porter ce projet. Torrepolis peut maintenant s’enorgueillir d’avoir un matériel pédagogique adapté aux exigences d’aujourd’hui. »
Journaliste :
« Beaucoup s’interrogent sur l’origine du financement de l’école et émettent l’hypothèse que vous avez fait appel à votre époux, le Baron Pétros d’Ampelopolis, négociant en immobilier, pour vous aider. N’existe-t-il pas un risque de conflit d’intérêts ? »
Comtesse Philippa de Torrepolis :
Comtesse et Baronne de Torrepolis
« Ce risque est totalement exclu pour la simple raison que mon époux n’a pas fait appel à sa société. Les financements sont totalement transparents, vous trouverez de plus amples d’informations sur le site Internet du Comté. Ne doutez pas de ma sincérité dans ce projet : l’éducation des jeunes Torrepolitains a toujours été essentielle à mes yeux. Déjà, petite fille, je souhaitais être institutrice. »
Baron Pétros d’Ampelopolis :
Baron d’Ampelopolis
« Et j’aurais été son élève le plus assidu ! »
Le Baron avait fait irruption devant la caméra pour sortir sa boutade, à laquelle la Comtesse et les journalistes rirent poliment et diplomatiquement. C’était son rôle : celui d’amuser la galerie, d’être l’époux idéal et attentionné. La visite de l’établissement se poursuit d’ailleurs avec le Baron comme guide. Loin des caméras, Philippa but une gorgée d’eau, avant d’être interpellée par une de ses courtisanes, Anastasia :
Anastasia :
Courtisane de la Comtesse Philippa de Torrepolis
« Vous avez beaucoup de chance de l’avoir, Madame la Comtesse ! »
Comtesse Philippa de Torrepolis :
Comtesse et Baronne de Torrepolis
« Hein ? Ah… oui ! Le Baron est un homme… attentionné. »
[hr][/hr]
[center][img]https://i.imgur.com/3lcuEIe.png[/img]
Chambre de la Comtesse Philippa[/center]
Les deux époux ne vivaient pas ensemble, étant divisés par le bras de mer. Toutefois, il s’accordait au moins un soir dans la semaine. Cette nuit, c’était à Torrepolis. Loin des caméras, des courtisans, des sujets, Philippa recevait le Baron dans son intimité. Elle n’avait pas renoncé à son désir d’avoir un fils. Certes, les médecins lui donnaient moins de 5 % de chances d’en avoir en raison d’un dérèglement utérin, mais elle ne perdait pas espoir pour autant. À une autre époque, elle aurait pu prétendre que le bâtard de son mari était son enfant mais à l’heure des tests ADN, elle ne pouvait plus mentir, surtout quand il était question d’héritages de titres nobiliaux.
Le sourire affiché à l’école de Torrepolis avait cédé la place aux grimaces. Sans s’adresser un seul mot, les deux époux se préparaient à leur nuit conjugale hebdomadaire : Madame retirait ses boucles d’oreille ; Monsieur son veston… Une fois prêts, la Comtesse se plaça en position d’offrande, dirigeant son regard vers la fenêtre. Le Baron, lui, le dirigeait vers le ciel. Chacun tentait de rendre la soirée le moins pénible possible. Comme bon nombre de nobles, leur mariage avait été arrangé par leurs parents, les amants ne l’étaient que de nom. Après une demi-heure de mouvements de va-et-vient, le Baron plein de sueur sentait le moment arriver.
Comtesse Philippa de Torrepolis :
Comtesse et Baronne de Torrepolis
« Le magazine, le magazine, le magazine !!! »
Ah, le magazine ! C’était visiblement le faiseur de miracle. La Comtesse le gardait dans un tiroir de sa table de chevet. Le magazine en question était un magazine de charme amarantin, qui avait au moins quinze ans d’âge. La Comtesse l’ouvrit à la page 18 – celle où trois hommes s’adonnaient ensemble aux plaisirs de la chair – et le plaça sur son ventre, pour que le Baron puisse profiter du spectacle, le même que d'habitude. Qui avait encore besoin d'un magazine à l'heure de l'Internet ? Le Baron, visiblement... mais après plusieurs minutes, rien n’y fait :
Baron Pétros d’Ampelopolis :
Baron d’Ampelopolis
« Je suis désolé, Philippa, mais je n’arriverai pas ce soir. J’y étais presque pourtant… »
La Baronne ne répondit pas et commença à se rhabiller, sans un regard, sans un sourire.
Baron Pétros d’Ampelopolis :
Baron d’Ampelopolis
« Est-ce… Est-ce que vous seriez d’accord pour un troisième partenaire ? »
Comtesse Philippa de Torrepolis :
Comtesse et Baronne de Torrepolis
« Un troisième partenaire ?! Pourquoi faire ? »
Baron Pétros d’Ampelopolis :
Baron d’Ampelopolis
« Il… Il se placerait derrière moi et… euh… Non, oubliez »
La Comtesse jeta un regard glacial désapprobateur à l’encontre de son homosexuel de mari. Bien sûr qu’elle ne serait pas d’accord, elle n’était pas comme sa traînée de sœur. Elle attendit que le baron quitta la salle pour rejoindre la salle de bains avant de soupirer et se dire à haute voix, les yeux au ciel :
Comtesse Philippa de Torrepolis :
Comtesse et Baronne de Torrepolis
« Mon Dieu, qu’ai-je fait pour avoir un mari aussi répugnant ? »[/justify]
-
Sébaldie
[justify][center]Un comte, deux faits (1/?)
Comté de Kavaloniki
12 mai 2035
[img]https://i.imgur.com/wBSJpTw.png[/img][/center]
Sur le dock du port de la Baronnie de Syradonia, excentré de la principale ville en raison du relief escarpé des environs, le puîné du comte local, Anatólios, saluait une dernière fois la petite délégation thorvaloise composée du Grand Chambellan Poul VIII et de l’aumônier de la reine mère, le père Søren. Cela illustrait bien la mainmise de la Reine-mère sur les affaires publiques et finalement, tout au long de la rencontre il avait été moins question de la future promise que de sa mère. Donner bonne impression à Marie III ne servait à rien si la Reine Margrethe n’avait pas donné son aval, tant est si bien que Anatólios avait l’impression d’épouser la marâtre plutôt que de la fille.
Dans la poche de son veston, il avait gardé quelques « fiches de révision » de catéchisme catholique. À vrai dire, la rencontre démarra mal puisque le puîné fit son signe de croix « à l’envers », selon la liturgie orthodoxe, ce qui n’échappa aux deux émissaires. Quelques banalités météorologiques et géographiques furent échangées. Respectant encore en mai l’adage qui conseillait ne se pas se découvrir d’un fil en avril, les émissaires thorvalois étaient vêtus de manière inadaptée aux quelques 30 degrés Celcius de l’archipel ménechméen.
[center][img]https://i.imgur.com/7IpUHqB.png[/img]
Víla Giortí[/center]
Ce sont dans les chambres de la Villa du Festin appartenant à Anatólios que les deux furent logés durant cette rencontre de deux jours. C’était une escale obligatoire : la demeure reviendrait à la Reine si Anatólios venait à mourir.
Avec le Grand Chambellan, on discuta assez peu de diplomatie et de relations étrangères. L’homme s’assurait surtout qu’Anatólios était bien au fait des coutumes du royaume nordique. L’exercice était peu aisé : les sources d’information étaient difficilement accessibles et avec un traducteur, il dut se farcir plusieurs heures d’écoute de Håber radio, dans cette langue barbare difficile à comprendre pour un locuteur grecophone. Il avait bien pris conscience que, loin d’être une monarchie absolue, le Thorval était une union de sujets féodaux eux-mêmes découpés en communautés villageoises soudées, cultivant leurs particularismes. Le Roi ou la Reine qui viendrait faire de l’ingérence serait tout de suite contesté. Anatólios de Syradonia prétendit par ailleurs avoir pratiqué la lutte gréco-romaine, et être de fait coutumier des [url=https://simpolitique.net/viewtopic.php?p=326565#p326565]compétitions des Glima[/url] mais les traits furent largement grossis. Il était davantage habitué au cadre bourgeois des haras équestres et n’avait pas pratiqué de lutte depuis la sortie du lycée. Ce n’était pas un mensonge ! Juste une « exagération de la vérité ».
L’aumônier, quant à lui, semblait s’assurer que le prétendant était suffisamment malléable par la Reine-mère, qu’il ne cultivait pas un goût trop prononcé pour l’indépendance d’esprit et c’est finalement avec lui que fut surtout abordé le chapitre diplomatique. La question du baptême catholique était évidemment au cœur des discussions et, grâce à ses fiches, Anatólios put montrer une certaine connaissance des saints qui constituaient la foi de ses coreligionnaires thorvalois, avec quelques réminiscences païennes.
Les deux émissaires laissaient peu transparaître leurs émotions et leur avis sur le jeune homme, malgré quelques moments de rires autour d’une bonne tablée nocturne, dans le jardin de la Villa. « J’espère leur avoir donné assez de vin… » s’inquiétait Anatólios. Le jeune homme caractérisé par une maladresse attachante, avait néanmoins montré un certain intérêt pour l’authenticité de la culture thorvaloise. L’acceptation par les Thorvalois eux-mêmes sera très difficile mais pour l’heure, il était plus concerné par l’acceptation par la future belle-mère.
[center][img]https://i.imgur.com/no2cqaD.png[/img]
Le puîné du Comte de Kavaloniki, Anatólios de Syradonia[/center][/justify]
Comté de Kavaloniki
12 mai 2035
[img]https://i.imgur.com/wBSJpTw.png[/img][/center]
Sur le dock du port de la Baronnie de Syradonia, excentré de la principale ville en raison du relief escarpé des environs, le puîné du comte local, Anatólios, saluait une dernière fois la petite délégation thorvaloise composée du Grand Chambellan Poul VIII et de l’aumônier de la reine mère, le père Søren. Cela illustrait bien la mainmise de la Reine-mère sur les affaires publiques et finalement, tout au long de la rencontre il avait été moins question de la future promise que de sa mère. Donner bonne impression à Marie III ne servait à rien si la Reine Margrethe n’avait pas donné son aval, tant est si bien que Anatólios avait l’impression d’épouser la marâtre plutôt que de la fille.
Dans la poche de son veston, il avait gardé quelques « fiches de révision » de catéchisme catholique. À vrai dire, la rencontre démarra mal puisque le puîné fit son signe de croix « à l’envers », selon la liturgie orthodoxe, ce qui n’échappa aux deux émissaires. Quelques banalités météorologiques et géographiques furent échangées. Respectant encore en mai l’adage qui conseillait ne se pas se découvrir d’un fil en avril, les émissaires thorvalois étaient vêtus de manière inadaptée aux quelques 30 degrés Celcius de l’archipel ménechméen.
[center][img]https://i.imgur.com/7IpUHqB.png[/img]
Víla Giortí[/center]
Ce sont dans les chambres de la Villa du Festin appartenant à Anatólios que les deux furent logés durant cette rencontre de deux jours. C’était une escale obligatoire : la demeure reviendrait à la Reine si Anatólios venait à mourir.
Avec le Grand Chambellan, on discuta assez peu de diplomatie et de relations étrangères. L’homme s’assurait surtout qu’Anatólios était bien au fait des coutumes du royaume nordique. L’exercice était peu aisé : les sources d’information étaient difficilement accessibles et avec un traducteur, il dut se farcir plusieurs heures d’écoute de Håber radio, dans cette langue barbare difficile à comprendre pour un locuteur grecophone. Il avait bien pris conscience que, loin d’être une monarchie absolue, le Thorval était une union de sujets féodaux eux-mêmes découpés en communautés villageoises soudées, cultivant leurs particularismes. Le Roi ou la Reine qui viendrait faire de l’ingérence serait tout de suite contesté. Anatólios de Syradonia prétendit par ailleurs avoir pratiqué la lutte gréco-romaine, et être de fait coutumier des [url=https://simpolitique.net/viewtopic.php?p=326565#p326565]compétitions des Glima[/url] mais les traits furent largement grossis. Il était davantage habitué au cadre bourgeois des haras équestres et n’avait pas pratiqué de lutte depuis la sortie du lycée. Ce n’était pas un mensonge ! Juste une « exagération de la vérité ».
L’aumônier, quant à lui, semblait s’assurer que le prétendant était suffisamment malléable par la Reine-mère, qu’il ne cultivait pas un goût trop prononcé pour l’indépendance d’esprit et c’est finalement avec lui que fut surtout abordé le chapitre diplomatique. La question du baptême catholique était évidemment au cœur des discussions et, grâce à ses fiches, Anatólios put montrer une certaine connaissance des saints qui constituaient la foi de ses coreligionnaires thorvalois, avec quelques réminiscences païennes.
Les deux émissaires laissaient peu transparaître leurs émotions et leur avis sur le jeune homme, malgré quelques moments de rires autour d’une bonne tablée nocturne, dans le jardin de la Villa. « J’espère leur avoir donné assez de vin… » s’inquiétait Anatólios. Le jeune homme caractérisé par une maladresse attachante, avait néanmoins montré un certain intérêt pour l’authenticité de la culture thorvaloise. L’acceptation par les Thorvalois eux-mêmes sera très difficile mais pour l’heure, il était plus concerné par l’acceptation par la future belle-mère.
[center][img]https://i.imgur.com/no2cqaD.png[/img]
Le puîné du Comte de Kavaloniki, Anatólios de Syradonia[/center][/justify]
-
Sébaldie
[justify][center]Double baronne (1/?)
Baronnie de Cosernos
24 janvier 2036
[img]https://i.imgur.com/LYluSkB.png[/img]
Vue de Cosernos depuis une église[/center]
La ville de Cosernos était l’une des plus éloignées de la mer de l’archipel et par conséquent, l’une des plus éloignées du cercle de considération de la politique royale, alors même qu’elle n’était située qu’à une centaine de kilomètres de la capitale. La baronnie était détenue par Nikolía de Cosernos, une vieille dame de 86 ans qui vivait de ses rentes foncières. La [url=https://simpolitique.net/viewtopic.php?p=337045#p337045]Maison Saccas[/url] à laquelle elle appartenait était loin d’être la plus prestigieuse, elle était même la plus récente. En 1883, l’aïeul de madame la Baronne Nikolía se voit attribuer, par fidélité au Roi, le titre foncier laissé vacant. Si la mythologie familiale prétend que les Saccas sont d’illustres marins ayant parcouru les eaux de toute la Marquésie, c’est pour mieux expliquer le choix du homard sur le blason.
[center][img]https://i.imgur.com/Ym1faWB.png[/img]
Maison Saccas
Détentrice de la Baronnie de Cosernos[/center]
La réalité était cependant toute autre : Simeón Saccas était l’élagueur du Palais royal, qui a sauvé la vie du monarque de l’époque après que celui-ci, au petit gosier, se soit étouffé avec des noyaux d’olive. Pour l’en remercier, le Roi lui aurait donc offert la baronnie de Cosernos laissée vacante. Dépassé par cette ascension rapide, l’élagueur devenu baron, sommé de se doter d’armoiries avant la cérémonie d’investiture, se serait rendu à l’orfèvre local. Faute de pouvoir se payer des armoiries sur mesure, l’orfèvre lui aurait donc proposé à très bas prix ce blason commandé par un client quelques années auparavant, mais qu’il n’est jamais venu récupérer.
En 2036, comme en 1883, l’histoire semble se répéter : la Maison Saccas est sur le point de disparaître, laissant la baronnie une nouvelle fois vacante. Sa détentrice, la Baronne Nikolía, est une vieille fille qui a toujours refusé le mariage. Sans enfant ni proche parent, le titre pourrait aller à un lointain cousin mais celui-ci lui était désagréable pour la vieille dame, qui lui gardait une rancœur depuis 1958 quand il eut cassé sa poupée de porcelaine. La femme, rancunière pour des raisons en apparence superficielles, préférait céder le titre avant sa mort.
[center][img]https://i.imgur.com/HCQ8SNE.png[/img][/center]
Kleopatra Magnor était installée à la table extérieure d’une maison d’hôtes que louait la Baronne. L’hiver était là mais il restait très doux. La mafieuse amarantine avait fait le choix des Ménechmes en juin 2035, au moment de la révolte servile qu’elle organisa en sous-main avec l’aide des Amazones du Thodermoscya. Elle savait qu’une opportunité allait s’ouvrir tôt ou tard pour elle sur cet archipel. C’est dans ce contexte qu’elle s’était rapprochée de la Baronne Nikolía. Il était quinze heures et la vieille dame avait une heure de retard sur le rendez-vous : selon le majordome, elle profitait encore de sa sieste digeste de l’après-midi. Pour tuer le temps, elle s’essaya à quelques leçons de grec avec Pandora, l’Amazone thodermoscyane qui avait organisé la révolte servile céjanosienne l’an dernier :
[center][img]https://i.imgur.com/MQH9EMv.jpg[/img]
Kleopatra Magnor
Mère d’Ariana Magnor, Miss Univers 2033
Marraine de la Fratinoja (organisation mafieuse des Melgares)[/center]
Kleopatra Magnor :
Mère d’Ariana Magnor
Marraine de la Fratinoja (organisation mafieuse des Melgares)
« Mais c’est quoi ce Y inversé ? Je ne comprends rien à votre alphabet ! »
[center][img]https://i.imgur.com/lwkHaDa.png[/img]
Pandora
Amazone thodermoscyane
Co-organisatrice de la révolte servile en Céjanosie en juin 2035[/center]
Pandora :
Amazone thodermoscyane
Co-organisatrice de la révolte servile en Céjanosie en juin 2035
« C’est la lettre lambda, l’équivalente de votre L. Mais revenons à la phrase d’avant, répétez après moi : Xárika ya tin gnorimía. »
Kleopatra Magnor :
Mère d’Ariana Magnor
Marraine de la Fratinoja (organisation mafieuse des Melgares)
« Xarixa… Xarika ya… ton… Je laisse tomber, ça veut dire quoi de toute façon ? »
Pandora :
Amazone thodermoscyane
Co-organisatrice de la révolte servile en Céjanosie en juin 2035
« Ça signifie Ravi de vous avoir rencontrée. »
Kleopatra Magnor :
Mère d’Ariana Magnor
Marraine de la Fratinoja (organisation mafieuse des Melgares)
« La belle affaire. Vous resterez ici pour faire la traduction, le temps nécessaire. Mais que fait-elle, bon sang ?! On avait rendu il y a plus d’une heure maintenant… Sinon… dans l’actualité ? »
Pandora :
Amazone thodermoscyane
Co-organisatrice de la révolte servile en Céjanosie en juin 2035
« La Céjanosie a capitulé hier. Votre frère est introuvable. »
Kleopatra Magnor :
Mère d’Ariana Magnor
Marraine de la Fratinoja (organisation mafieuse des Melgares)
« Ah ah ! Quand nous étions des gamins, cet idiot voulait intégrer l’armée mais il n’a jamais réussi. J’étais beaucoup plus expérimentée chez lui pour manier une arme, ça le rendait fou de rage. Du coup, il s’est rabattu sur le métier de journaliste… avant de s’improviser stratège militaire. Avec le résultat qu’on connaît. Je pense savoir où il se cache… »
Pandora :
Amazone thodermoscyane
Co-organisatrice de la révolte servile en Céjanosie en juin 2035
« Ah bon, vous êtes sûre ? L’Amarantie offre une récompense à celui qui le trouvera ! »
Kleopatra Magnor :
Mère d’Ariana Magnor
Marraine de la Fratinoja (organisation mafieuse des Melgares)
« Bien sûr que je le sais : c’est mon frère jumeau. Je sais exactement comment il pense. Mais même si je le méprise, je refuse de le vendre au Conseil Exécutif. Il reste mon frère et je déteste profondément ces pédérastes du Conseil Exécutif ! Ah, voilà madame la Baronne… »
Kleopatra se hâta d’écraser sa cigarette sous son talon. La baronne était incommodée par la fumée et la marraine mafieuse n’allait pas anéantir six mois de travail de rapprochement pour une foutue clope ! La mafieuse s’inclina en marque de respect pour saluer la vieille noble. Pandora servait de traductrice.
[center][img]https://i.imgur.com/P4Go7L6.png[/img]
Nikolía de Cosernos
Baronne de Cosernos (Maison Saccas)[/center]
Nikolía de Cosernos :
Baronne de Cosernos (Maison Saccas)
« Je m’excuse pour mon retard. Je vois que mon majordome vous a donné de quoi boire et grignoter pour patienter, toutefois. Bien, ne perdons pas le temps et allons droit au but. Réflexion faite, je veux bien vous céder mon titre mais pour deux millions de drachmes supplémentaires. »
Kleopatra Magnor :
Mère d’Ariana Magnor
Marraine de la Fratinoja (organisation mafieuse des Melgares)
« Mais… Nous avions pourtant convenu d’un prix définitif il y a trois semaines. »
Nikolía de Cosernos :
Baronne de Cosernos (Maison Saccas)
« Je sais, je sais. Mais cet argent n’est pas pour moi, je n’en aurai que faire à mon âge et sans descendance ! Seulement, mon seigneur lige, le Comte Matthéos d’Eleutrios, est le seul à pouvoir vous investir baronne. Nous nous connaissons depuis trente ans maintenant et j’ai une incontestable influence sur lui. Cependant, vous n’êtes pas des Ménechmes et je ne pourrai intercéder en votre faveur qu’avec cet argument supplémentaire. Comprenez-le, il ne vous connaît pas et vous deviendrez bientôt sa vassale. En plus, les caisses du comté sont vides. Il a besoin de ces deux millions, d'autant qu'il a pour projet de reprendre les Îles Spamos. Cela ne devrait pas être un grand souci pour vous, non ? »
Kleopatra Magnor :
Mère d’Ariana Magnor
Marraine de la Fratinoja (organisation mafieuse des Melgares)
« Euh… Non. Donnez-moi juste deux semaines pour réunir la somme. »[/justify]
Baronnie de Cosernos
24 janvier 2036
[img]https://i.imgur.com/LYluSkB.png[/img]
Vue de Cosernos depuis une église[/center]
La ville de Cosernos était l’une des plus éloignées de la mer de l’archipel et par conséquent, l’une des plus éloignées du cercle de considération de la politique royale, alors même qu’elle n’était située qu’à une centaine de kilomètres de la capitale. La baronnie était détenue par Nikolía de Cosernos, une vieille dame de 86 ans qui vivait de ses rentes foncières. La [url=https://simpolitique.net/viewtopic.php?p=337045#p337045]Maison Saccas[/url] à laquelle elle appartenait était loin d’être la plus prestigieuse, elle était même la plus récente. En 1883, l’aïeul de madame la Baronne Nikolía se voit attribuer, par fidélité au Roi, le titre foncier laissé vacant. Si la mythologie familiale prétend que les Saccas sont d’illustres marins ayant parcouru les eaux de toute la Marquésie, c’est pour mieux expliquer le choix du homard sur le blason.
[center][img]https://i.imgur.com/Ym1faWB.png[/img]
Maison Saccas
Détentrice de la Baronnie de Cosernos[/center]
La réalité était cependant toute autre : Simeón Saccas était l’élagueur du Palais royal, qui a sauvé la vie du monarque de l’époque après que celui-ci, au petit gosier, se soit étouffé avec des noyaux d’olive. Pour l’en remercier, le Roi lui aurait donc offert la baronnie de Cosernos laissée vacante. Dépassé par cette ascension rapide, l’élagueur devenu baron, sommé de se doter d’armoiries avant la cérémonie d’investiture, se serait rendu à l’orfèvre local. Faute de pouvoir se payer des armoiries sur mesure, l’orfèvre lui aurait donc proposé à très bas prix ce blason commandé par un client quelques années auparavant, mais qu’il n’est jamais venu récupérer.
En 2036, comme en 1883, l’histoire semble se répéter : la Maison Saccas est sur le point de disparaître, laissant la baronnie une nouvelle fois vacante. Sa détentrice, la Baronne Nikolía, est une vieille fille qui a toujours refusé le mariage. Sans enfant ni proche parent, le titre pourrait aller à un lointain cousin mais celui-ci lui était désagréable pour la vieille dame, qui lui gardait une rancœur depuis 1958 quand il eut cassé sa poupée de porcelaine. La femme, rancunière pour des raisons en apparence superficielles, préférait céder le titre avant sa mort.
[center][img]https://i.imgur.com/HCQ8SNE.png[/img][/center]
Kleopatra Magnor était installée à la table extérieure d’une maison d’hôtes que louait la Baronne. L’hiver était là mais il restait très doux. La mafieuse amarantine avait fait le choix des Ménechmes en juin 2035, au moment de la révolte servile qu’elle organisa en sous-main avec l’aide des Amazones du Thodermoscya. Elle savait qu’une opportunité allait s’ouvrir tôt ou tard pour elle sur cet archipel. C’est dans ce contexte qu’elle s’était rapprochée de la Baronne Nikolía. Il était quinze heures et la vieille dame avait une heure de retard sur le rendez-vous : selon le majordome, elle profitait encore de sa sieste digeste de l’après-midi. Pour tuer le temps, elle s’essaya à quelques leçons de grec avec Pandora, l’Amazone thodermoscyane qui avait organisé la révolte servile céjanosienne l’an dernier :
[center][img]https://i.imgur.com/MQH9EMv.jpg[/img]
Kleopatra Magnor
Mère d’Ariana Magnor, Miss Univers 2033
Marraine de la Fratinoja (organisation mafieuse des Melgares)[/center]
Kleopatra Magnor :
Mère d’Ariana Magnor
Marraine de la Fratinoja (organisation mafieuse des Melgares)
« Mais c’est quoi ce Y inversé ? Je ne comprends rien à votre alphabet ! »
[center][img]https://i.imgur.com/lwkHaDa.png[/img]
Pandora
Amazone thodermoscyane
Co-organisatrice de la révolte servile en Céjanosie en juin 2035[/center]
Pandora :
Amazone thodermoscyane
Co-organisatrice de la révolte servile en Céjanosie en juin 2035
« C’est la lettre lambda, l’équivalente de votre L. Mais revenons à la phrase d’avant, répétez après moi : Xárika ya tin gnorimía. »
Kleopatra Magnor :
Mère d’Ariana Magnor
Marraine de la Fratinoja (organisation mafieuse des Melgares)
« Xarixa… Xarika ya… ton… Je laisse tomber, ça veut dire quoi de toute façon ? »
Pandora :
Amazone thodermoscyane
Co-organisatrice de la révolte servile en Céjanosie en juin 2035
« Ça signifie Ravi de vous avoir rencontrée. »
Kleopatra Magnor :
Mère d’Ariana Magnor
Marraine de la Fratinoja (organisation mafieuse des Melgares)
« La belle affaire. Vous resterez ici pour faire la traduction, le temps nécessaire. Mais que fait-elle, bon sang ?! On avait rendu il y a plus d’une heure maintenant… Sinon… dans l’actualité ? »
Pandora :
Amazone thodermoscyane
Co-organisatrice de la révolte servile en Céjanosie en juin 2035
« La Céjanosie a capitulé hier. Votre frère est introuvable. »
Kleopatra Magnor :
Mère d’Ariana Magnor
Marraine de la Fratinoja (organisation mafieuse des Melgares)
« Ah ah ! Quand nous étions des gamins, cet idiot voulait intégrer l’armée mais il n’a jamais réussi. J’étais beaucoup plus expérimentée chez lui pour manier une arme, ça le rendait fou de rage. Du coup, il s’est rabattu sur le métier de journaliste… avant de s’improviser stratège militaire. Avec le résultat qu’on connaît. Je pense savoir où il se cache… »
Pandora :
Amazone thodermoscyane
Co-organisatrice de la révolte servile en Céjanosie en juin 2035
« Ah bon, vous êtes sûre ? L’Amarantie offre une récompense à celui qui le trouvera ! »
Kleopatra Magnor :
Mère d’Ariana Magnor
Marraine de la Fratinoja (organisation mafieuse des Melgares)
« Bien sûr que je le sais : c’est mon frère jumeau. Je sais exactement comment il pense. Mais même si je le méprise, je refuse de le vendre au Conseil Exécutif. Il reste mon frère et je déteste profondément ces pédérastes du Conseil Exécutif ! Ah, voilà madame la Baronne… »
Kleopatra se hâta d’écraser sa cigarette sous son talon. La baronne était incommodée par la fumée et la marraine mafieuse n’allait pas anéantir six mois de travail de rapprochement pour une foutue clope ! La mafieuse s’inclina en marque de respect pour saluer la vieille noble. Pandora servait de traductrice.
[center][img]https://i.imgur.com/P4Go7L6.png[/img]
Nikolía de Cosernos
Baronne de Cosernos (Maison Saccas)[/center]
Nikolía de Cosernos :
Baronne de Cosernos (Maison Saccas)
« Je m’excuse pour mon retard. Je vois que mon majordome vous a donné de quoi boire et grignoter pour patienter, toutefois. Bien, ne perdons pas le temps et allons droit au but. Réflexion faite, je veux bien vous céder mon titre mais pour deux millions de drachmes supplémentaires. »
Kleopatra Magnor :
Mère d’Ariana Magnor
Marraine de la Fratinoja (organisation mafieuse des Melgares)
« Mais… Nous avions pourtant convenu d’un prix définitif il y a trois semaines. »
Nikolía de Cosernos :
Baronne de Cosernos (Maison Saccas)
« Je sais, je sais. Mais cet argent n’est pas pour moi, je n’en aurai que faire à mon âge et sans descendance ! Seulement, mon seigneur lige, le Comte Matthéos d’Eleutrios, est le seul à pouvoir vous investir baronne. Nous nous connaissons depuis trente ans maintenant et j’ai une incontestable influence sur lui. Cependant, vous n’êtes pas des Ménechmes et je ne pourrai intercéder en votre faveur qu’avec cet argument supplémentaire. Comprenez-le, il ne vous connaît pas et vous deviendrez bientôt sa vassale. En plus, les caisses du comté sont vides. Il a besoin de ces deux millions, d'autant qu'il a pour projet de reprendre les Îles Spamos. Cela ne devrait pas être un grand souci pour vous, non ? »
Kleopatra Magnor :
Mère d’Ariana Magnor
Marraine de la Fratinoja (organisation mafieuse des Melgares)
« Euh… Non. Donnez-moi juste deux semaines pour réunir la somme. »[/justify]
-
Sébaldie
[justify][center]Un comte, deux faits (2/?)
Royaume de Thorval / Royaume de Slovianie
26 janvier 2036
[img]https://i.imgur.com/eWmqQGM.png[/img]
Marie III de Thorval, l’idylle d’Anatólios de Syradonia[/center]
Anatólios n’était toujours pas revenu des contrées de Dytolie du Nord. Le puîné du Comte de Kavaloniki, à qui l’on avait un temps promis la main de Sa Majesté Marie III de Thorval, n’avait toujours pas digéré le choix de la Reine-mère d’opter pour un membre de la maison vrye des Tarnois. Pour Anatólios, c’était une trahison, une machination de la Reine-mère possessive, qui n’admettait pas qu’un homme épouse sa fille pour des raisons sentimentales plus que politiques. Le puîné était en effet plus que convaincu de l’amour que lui portait Marie, en dépit du fait qu’ils ne sont presque jamais racontés, et c’est la raison pour laquelle il avait décidé de plier bagage au Thorval. S’il avait initialement fait le choix de la capitale Jensgård, la rigueur de l’hiver l’avait amené tout à l’est du royaume, dans le [url=https://simpolitique.net/viewtopic.php?p=297217#p297217]Margraviat de Taungraenser[/url], frontalier de la Slovianie. Le trajet se faisait en bateau, plus rapide et surtout beaucoup plus sûr. Anatólios se rappelait la fois, en septembre, où des brigands qui ont attaqué sa calèche ont préféré lui voler son vieux portefeuille en cuir vide plutôt que son smartphone. Il ne risquait pas grand-chose à vagabonder avec son mobile ici.
[center][img]https://i.imgur.com/no2cqaD.png[/img]
Le puîné du Comte de Kavaloniki, Anatólios de Syradonia[/center]
« Mais tu es fou, Anatólios ! ». La réaction de sa famille et ses amis, de l’autre côté du continent, dans son royaume natal des Ménechmes, ne s’était pas fait attendre quand il annonçait qu’il ne rentrerait pas avant « plusieurs mois » au pays. Mais il s’ennuyait fermement aux Ménechmes : son père, le Comte de Kavaloniki, ne lui prêtait aucune attention particulière, au contraire de son frère aîné, le baron de Syradonia. Surtout, il ne trouvait aucune fille suffisamment intéressante sous le soleil ménechméen. Toutes ces pétasses de dîners mondains auxquels il était convié étaient superficielles, malgré la richesse et le prestige de leurs familles. Surtout, aucune autre fille ne pouvait supplanter Marie.
[center][img]https://i.imgur.com/8lQkaWD.jpg[/img]
Village du Margraviat de Taungraenser, à la frontière avec la Slovianie[/center]
Il avait donc décidé de se rapprocher de la fille du Margrave, un petit bout de femme qui faisait presque une tête de plus que lui. Rien de sentimental dans cette démarche, juste de la stratégie. Cela garantissait à Anatólios de garder un pied au Thorval, sans les mauvais côtés du Thorval. Lorsqu’il avait besoin d’un retour à la civilisation industrielle, il lui suffisait de franchir quelques pas pour rejoindre la Slovianie voisine. Là où il s’était installé, les frontières étaient poreuses, essentiellement constituées par de denses forêts. En ce mois de janvier, elles étaient recouvertes d’un manteau blanc : c’était la première fois que le noble ménéchéen marchait dans la neige et ça se voyait, son pas n’était pas assuré. Il logeait dans une auberge confortable et payait un Slovian pour l’approvisionner pour les produits qu’il ne trouvait pas ici. Le Thorval était bien l’un des seuls endroits sur Terre où l’expression « hiver rude » avait encore un sens : dans toutes les villes du monde, l’hiver ne déréglait pas les horaires des supermarchés, ni les produits en vente. Au pire, certains d’entre eux étaient un peu plus chers qu’en d’autres saisons… Mais rien de comparable avec le royaume de sa Marie bien-aimée, où l’hiver était encore vécu comme une menace.
[center][img]https://i.imgur.com/0C3CwMG.png[/img][/center]
Il avait fini par apprécier la pureté des paysages thorvalois et avait pris ses habitudes de faire une promenade dans la forêt attenante au village, s’étalant sur le Thorval et son voisin, sans poste douanier. C’était une manière de s’évader de la mélancolie et de l’inclassable chagrin d’amour qui l’habitaient intérieurement. S’il s’arrangeait pour toujours rentrer avant la nuit tombée, Anatólios s’était ce soir trop éloigné et avait atterri malgré lui du côté slovian. Son smartphone n’était guère utile dans ces conditions pour retrouver son chemin et il regretta amèrement de ne pas avoir investi dans une boussole beaucoup plus rudimentaire, comme dans l’ancien temps.
Au fur et à mesure que la nuit tomba, le jeune noble s’inquiéta et réajusta son manteau de fourrure de renard acheté au Thorval. Un bel investissement, le vêtement le couvrait suffisamment en ces températures négatives. Au loin, il vit un faisceau lumineux, réfléchissant sur le manteau blanc de la forêt. Anatólios décida de s’en approcher, avec l’espoir que ce qu’il pensait être des garde-chasse l’aident à retrouver son chemin. Il n’était guère discret, la neige craquait à chacun de ses pas et le son résonna facilement à travers les bois.
[center][img]https://i.imgur.com/irrGDkM.png[/img][/center]
Toutefois, son espoir se transforma en inquiétude lorsqu’il aperçut [url=https://simpolitique.net/viewtopic.php?f=1277&t=16517]deux hommes en train porter un colis[/url] d’une cinquantaine de kilos, arme à la main. L’un d’eux grilla une cigarette, excluant l’hypothèse de garde-forestiers. Craignant d’être repéré, il se colla derrière un arbre sans en bouger. Par un instinct de survie, il commença à enregistrer avec la fonction caméra de son téléphone la discussion des deux hommes, situés à une dizaine de mètres de lui. Il était visiblement en terrain slovian, il pouvait donc capter un réseau. Il s’envoya l’enregistrement sur son compte : si jamais il était tué ce soir-là, au moins cette piste permettra de retrouver les meurtriers.
Immobilisé par la peur plutôt que par le froid, Anatólios eut des sueurs lorsque le faisceau lumineux de la lampe torche de ces deux vagabonds étrangers éclaira une partie de son manteau de fourrure. Mais les deux hommes décidèrent de poursuivre leur chemin, persuadés qu'il ne s'agissait que d'un renard. Le Ménechméen attendit cinq minutes entières avant de lui aussi rebrousser chemin : à l’évidence, ce n’était pas un territoire ami.[justify]
Royaume de Thorval / Royaume de Slovianie
26 janvier 2036
[img]https://i.imgur.com/eWmqQGM.png[/img]
Marie III de Thorval, l’idylle d’Anatólios de Syradonia[/center]
Anatólios n’était toujours pas revenu des contrées de Dytolie du Nord. Le puîné du Comte de Kavaloniki, à qui l’on avait un temps promis la main de Sa Majesté Marie III de Thorval, n’avait toujours pas digéré le choix de la Reine-mère d’opter pour un membre de la maison vrye des Tarnois. Pour Anatólios, c’était une trahison, une machination de la Reine-mère possessive, qui n’admettait pas qu’un homme épouse sa fille pour des raisons sentimentales plus que politiques. Le puîné était en effet plus que convaincu de l’amour que lui portait Marie, en dépit du fait qu’ils ne sont presque jamais racontés, et c’est la raison pour laquelle il avait décidé de plier bagage au Thorval. S’il avait initialement fait le choix de la capitale Jensgård, la rigueur de l’hiver l’avait amené tout à l’est du royaume, dans le [url=https://simpolitique.net/viewtopic.php?p=297217#p297217]Margraviat de Taungraenser[/url], frontalier de la Slovianie. Le trajet se faisait en bateau, plus rapide et surtout beaucoup plus sûr. Anatólios se rappelait la fois, en septembre, où des brigands qui ont attaqué sa calèche ont préféré lui voler son vieux portefeuille en cuir vide plutôt que son smartphone. Il ne risquait pas grand-chose à vagabonder avec son mobile ici.
[center][img]https://i.imgur.com/no2cqaD.png[/img]
Le puîné du Comte de Kavaloniki, Anatólios de Syradonia[/center]
« Mais tu es fou, Anatólios ! ». La réaction de sa famille et ses amis, de l’autre côté du continent, dans son royaume natal des Ménechmes, ne s’était pas fait attendre quand il annonçait qu’il ne rentrerait pas avant « plusieurs mois » au pays. Mais il s’ennuyait fermement aux Ménechmes : son père, le Comte de Kavaloniki, ne lui prêtait aucune attention particulière, au contraire de son frère aîné, le baron de Syradonia. Surtout, il ne trouvait aucune fille suffisamment intéressante sous le soleil ménechméen. Toutes ces pétasses de dîners mondains auxquels il était convié étaient superficielles, malgré la richesse et le prestige de leurs familles. Surtout, aucune autre fille ne pouvait supplanter Marie.
[center][img]https://i.imgur.com/8lQkaWD.jpg[/img]
Village du Margraviat de Taungraenser, à la frontière avec la Slovianie[/center]
Il avait donc décidé de se rapprocher de la fille du Margrave, un petit bout de femme qui faisait presque une tête de plus que lui. Rien de sentimental dans cette démarche, juste de la stratégie. Cela garantissait à Anatólios de garder un pied au Thorval, sans les mauvais côtés du Thorval. Lorsqu’il avait besoin d’un retour à la civilisation industrielle, il lui suffisait de franchir quelques pas pour rejoindre la Slovianie voisine. Là où il s’était installé, les frontières étaient poreuses, essentiellement constituées par de denses forêts. En ce mois de janvier, elles étaient recouvertes d’un manteau blanc : c’était la première fois que le noble ménéchéen marchait dans la neige et ça se voyait, son pas n’était pas assuré. Il logeait dans une auberge confortable et payait un Slovian pour l’approvisionner pour les produits qu’il ne trouvait pas ici. Le Thorval était bien l’un des seuls endroits sur Terre où l’expression « hiver rude » avait encore un sens : dans toutes les villes du monde, l’hiver ne déréglait pas les horaires des supermarchés, ni les produits en vente. Au pire, certains d’entre eux étaient un peu plus chers qu’en d’autres saisons… Mais rien de comparable avec le royaume de sa Marie bien-aimée, où l’hiver était encore vécu comme une menace.
[center][img]https://i.imgur.com/0C3CwMG.png[/img][/center]
Il avait fini par apprécier la pureté des paysages thorvalois et avait pris ses habitudes de faire une promenade dans la forêt attenante au village, s’étalant sur le Thorval et son voisin, sans poste douanier. C’était une manière de s’évader de la mélancolie et de l’inclassable chagrin d’amour qui l’habitaient intérieurement. S’il s’arrangeait pour toujours rentrer avant la nuit tombée, Anatólios s’était ce soir trop éloigné et avait atterri malgré lui du côté slovian. Son smartphone n’était guère utile dans ces conditions pour retrouver son chemin et il regretta amèrement de ne pas avoir investi dans une boussole beaucoup plus rudimentaire, comme dans l’ancien temps.
Au fur et à mesure que la nuit tomba, le jeune noble s’inquiéta et réajusta son manteau de fourrure de renard acheté au Thorval. Un bel investissement, le vêtement le couvrait suffisamment en ces températures négatives. Au loin, il vit un faisceau lumineux, réfléchissant sur le manteau blanc de la forêt. Anatólios décida de s’en approcher, avec l’espoir que ce qu’il pensait être des garde-chasse l’aident à retrouver son chemin. Il n’était guère discret, la neige craquait à chacun de ses pas et le son résonna facilement à travers les bois.
[center][img]https://i.imgur.com/irrGDkM.png[/img][/center]
Toutefois, son espoir se transforma en inquiétude lorsqu’il aperçut [url=https://simpolitique.net/viewtopic.php?f=1277&t=16517]deux hommes en train porter un colis[/url] d’une cinquantaine de kilos, arme à la main. L’un d’eux grilla une cigarette, excluant l’hypothèse de garde-forestiers. Craignant d’être repéré, il se colla derrière un arbre sans en bouger. Par un instinct de survie, il commença à enregistrer avec la fonction caméra de son téléphone la discussion des deux hommes, situés à une dizaine de mètres de lui. Il était visiblement en terrain slovian, il pouvait donc capter un réseau. Il s’envoya l’enregistrement sur son compte : si jamais il était tué ce soir-là, au moins cette piste permettra de retrouver les meurtriers.
Immobilisé par la peur plutôt que par le froid, Anatólios eut des sueurs lorsque le faisceau lumineux de la lampe torche de ces deux vagabonds étrangers éclaira une partie de son manteau de fourrure. Mais les deux hommes décidèrent de poursuivre leur chemin, persuadés qu'il ne s'agissait que d'un renard. Le Ménechméen attendit cinq minutes entières avant de lui aussi rebrousser chemin : à l’évidence, ce n’était pas un territoire ami.[justify]
-
Sébaldie
[justify][center]L’enfant compte (2/?)
Double baronne (2/?)
Comté de Torrepolis
3 mars 2036
[img]https://i.imgur.com/Mv857Hw.png[/img]
Eglise Sainte-Jeanne de Torrepolis[/center]
Dans une vieille église reculée de la baronnie de Torrepolis, Philippa n’était pas la Comtesse de ces lieux, elle n’était qu’une fidèle parmi d’autres. Du moins, elle voulait que ce soit ainsi. À vrai dire, elle profitait que l’édifice soit quasiment vide pour prier calmement, sans à devoir supporter les commérages, les courbettes et les requêtes de ses sujets.
[center][img]https://i.imgur.com/YwZt5Hg.png[/img]
Comtesse Philippa de Torrepolis
Comtesse de Torrepolis
Baronne de Torrepolis[/center]
Un léger voile noir couvrait la tête de la noble, comme le souhaitait la tradition orthodoxe. C’était aussi une manière de renforcer l’anonymat ici. Mais alors qu’elle prit la direction de la sortie, son regard s’arrêta vers une jeune fille d’une incroyable beauté. La chevelure blonde, non couverte, elle restait assise sur un banc au fond. Intriguée par cette personne, Philippa se revêtit de ses habits de Comtesse. Elle entama la conversation, avec le sourire :
Comtesse Philippa de Torrepolis :
Comtesse et Baronne de Torrepolis
« Vous n’êtes pas d’ici, n’est-ce pas ? »
La jeune fille blonde était Ariana Magnor, la fille et héritière de la désormais baronne de Cosernos. Rougissant à la remarque de son interlocutrice, elle lui fit néanmoins comprendre qu’elle ne parlait pas le grec. Philippa, dont le comté accueillait quelques communautés espérantophones, put l’aborder dans sa langue et répéta sa question en espéranto.
[center][img]https://i.imgur.com/oczeayn.png[/img]
Ariana Magnor
Héritière de la baronnie de Cosernos
Miss Univers 2033 et Miss Amarantie 2032[/center]
Ariana Magnor :
Héritière de la baronnie de Cosernos
Miss Univers 2033 et Miss Amarantie 2032
« Euh… Je viens de l’île du sud, dans la baronnie de Cosernos. »
Comtesse Philippa de Torrepolis :
Comtesse et Baronne de Torrepolis
« Vous venez d’Amarantie, j’imagine ? C’est rare de voir des chevelures aussi blondes par ici. Je me présente, je suis Philippa de Torrepolis, je suis la baronne et la comtesse de ces lieux. »
Ariana Magnor :
Héritière de la baronnie de Cosernos
Miss Univers 2033 et Miss Amarantie 2032
« Oh… Excusez-moi, Votre Seigneurie. »
L’Amarantine marqua une légère révérence, mais fut rapidement reprise par la comtesse.
Comtesse Philippa de Torrepolis :
Comtesse et Baronne de Torrepolis
« Non, ne vous inquiétez pas, je n’ai pas besoin de tout ce cérémoniel. Vous… Vous ne seriez pas la fille de la nouvelle baronne de Cosernos, par hasard ? Hum… Oui, c’est bien ce qui me semblait. J’imagine que votre mère doit être fière d’avoir une fille aussi charmante et posée. »
Ariana Magnor eut un rictus nerveux, avant de s’en excuser.
Ariana Magnor :
Héritière de la baronnie de Cosernos
Miss Univers 2033 et Miss Amarantie 2032
« Pardonnez-moi, je ne voulais pas... C’est juste que c’est précisément pour la fuir cet après-midi que je suis venue à Torrepolis. En plus, en Amarantie, on n’a pas des édifices comme celui-ci. On a certes des temples, mais ce n’est pas pareil. »
Comtesse Philippa de Torrepolis :
Comtesse et Baronne de Torrepolis
« Je vois. Vous vivez seule avec votre mère ? Votre compagnon ? »
Ariana Magnor :
Héritière de la baronnie de Cosernos
Miss Univers 2033 et Miss Amarantie 2032
« Oui, seule avec elle. Je n’ai pas d’époux parce que… euh… J’ai eu quelques soucis avec les hommes. »
Un euphémisme pour une fille violée et donc souillée par une meute d’Aminaviens il y a deux ans. Toujours intriguée par cette blonde venue du Nord, Philippa prit place sur une chaise à sa gauche. Des soucis avec les hommes, Philippa en avait justement. Avec celui avec lequel elle était mariée. Cet homosexuel refoulé ne lui avait toujours pas donné d’héritier, après toutes ces années de vie commune. La discussion entre filles se poursuivit jusqu’à la table d’un restaurant, à laquelle la Comtesse avait convié la jeune Amarantine.
[center][img]https://i.imgur.com/aBP0kW8.png[/img][/center]
La noble, cependant, ne s’éternisa pas car elle avait un rendez-vous tard dans la nuit. Un rendez-vous de la dernière chance. Après avoir salué chaleureusement sa nouvelle amie, elle reprit la direction de sa cossue demeure. Un homme attendait au portail, dans l’ombre. En d’autres circonstances, la Comtesse aurait appelé les forces de police devant un individu aussi suspect. Elle l’aborda, en espéranto :
Comtesse Philippa de Torrepolis :
Comtesse et Baronne de Torrepolis
« Vous… Vous êtes mon rendez-vous de 22h30, c’est bien ça ? »
[center][img]https://img4.hostingpics.net/pics/45957129E1.jpg[/img]
Dario
Ancien aliéné amarantin[/center]
Dario :
Ancien aliéné amarantin
« C’est bien ça, Madame. Je viens pour votre mar… »
La Comtesse lui adressa un regard glacial, qui imposa le silence à son interlocuteur, avant de l’inviter à entrer dans la demeure. Là, l’attendait, bêtement assis dans le canapé, le Baron Pétros d’Ampelopolis.
Comtesse Philippa de Torrepolis :
Comtesse et Baronne de Torrepolis
« Je vous présente mon époux, le Baron Pétros d’Ampelopolis. »
[center][img]https://i.imgur.com/4grVjjS.png[/img]
Baron Pétros d’Ampelopolis
Baron d’Ampelopolis
Mari de la Comtesse Philippa de Torrepolis[/center]
Contrairement à sa dame, le Baron Pétros salua avec un grand sourire l’invité. Les trois prirent place dans le canapé.
Comtesse Philippa de Torrepolis :
Comtesse et Baronne de Torrepolis
« Bien. Je vous remercie pour avoir fait le déplacement. Mon époux et moi vous avons choisi parce que vous venez d’Amarantie et… a priori, vous faites preuve d’ouverture d’esprit sur… sur ce qui est moralement acceptable là-bas. Et qui l’est moins ici. Aussi, il est évident que vous êtes tenu à une stricte confidentialité. Rien, absolument rien de ce qui se passera ce soir ne doit sortir de ces murs ! Compris ? »
L’Amarantin acquiesça. Très tendu, le Baron Pétros osa à peine regarder le jeune homme amarantin. Pourtant, il allait bien falloir détendre l’atmosphère.
Comtesse Philippa de Torrepolis :
Comtesse et Baronne de Torrepolis
« Très bien… Alors… Nous pouvons monter dans la chambre. »
[center][img]https://i.imgur.com/3lcuEIe.png[/img]
Chambre de la Comtesse Philippa[/center]
La Comtesse Philippa resta à l’état de glaçon. La situation ne la prêta aucunement à sourire et elle était celle des trois qui allait passer le plus mauvais moment ce soir. Ce ménage à trois était une idée de son époux et après l’avoir refusée, Philippa avait été contrainte de l’accepter. C’était une approbation de désespoir : le temps défilait à grande vitesse et elle devait donner naissance à un enfant, avant sa ménopause, pour assurer la continuité de sa lignée. Dieu lui avait envoyé une épreuve, avec son homosexuel de mari et avec une faible fertilité.
Elle refusait de regarder le spectacle qui se déroulait juste à côté d’elle. Dario, le prostitué amarantin qui avait fui l’Amarantie au moment de la révolte servile, s’adonna à ce à quoi il avait été payé : il embrassa le comte d’Ampelopolis et le caressa dans les zones érogènes. Il fit glisser le pantalon le long de ses cuisses et invita le baron à se mettre à genoux. Le noble ne se fit pas prier. Philippa, elle, tourna la tête, tentant d’effacer de sa tête les bruits de succion. Dans un quart d’heure, elle allait entrer en scène et devait être prête. Le baron sortit un tube de lubrifiant de la table de chevet et l’appliqua là où c’était nécessaire. Il se pencha, mit les deux bras sur le lit, la tête rentrée. Dario, lui, vint derrière, occuper son rôle d’actif et effectuer les premiers mouvements de va-et-vient.
Dix minutes passent.
Baron Pétros d’Ampelopolis :
Baron d’Ampelopolis
Epoux de la Comtesse Philippa
« Oh… Oh… Oh ! Ça vient, ça vient ! »
C’était le moment où Philippa entra en scène. La comtesse écarta les jambes pour y laisser le baron, alors que Dario continuait de vaquer à son occupation. Les deux époux ne se regardèrent pas au moment de l’ensemencement, le Baron fixa son beau prostitué qui le chevauchait et la Comtesse regarda au loin, comme pour s’évader mentalement de cette monstruosité. À cet instant, la Comtesse se remémora de sa discussion quelques heures plus tôt avec la jeune Ariana. Les deux femmes avaient maintenant un point commun puisque, comme Ariana, Philippa se sentait elle aussi, d’une certaine manière, souillée.[/justify]
Double baronne (2/?)
Comté de Torrepolis
3 mars 2036
[img]https://i.imgur.com/Mv857Hw.png[/img]
Eglise Sainte-Jeanne de Torrepolis[/center]
Dans une vieille église reculée de la baronnie de Torrepolis, Philippa n’était pas la Comtesse de ces lieux, elle n’était qu’une fidèle parmi d’autres. Du moins, elle voulait que ce soit ainsi. À vrai dire, elle profitait que l’édifice soit quasiment vide pour prier calmement, sans à devoir supporter les commérages, les courbettes et les requêtes de ses sujets.
[center][img]https://i.imgur.com/YwZt5Hg.png[/img]
Comtesse Philippa de Torrepolis
Comtesse de Torrepolis
Baronne de Torrepolis[/center]
Un léger voile noir couvrait la tête de la noble, comme le souhaitait la tradition orthodoxe. C’était aussi une manière de renforcer l’anonymat ici. Mais alors qu’elle prit la direction de la sortie, son regard s’arrêta vers une jeune fille d’une incroyable beauté. La chevelure blonde, non couverte, elle restait assise sur un banc au fond. Intriguée par cette personne, Philippa se revêtit de ses habits de Comtesse. Elle entama la conversation, avec le sourire :
Comtesse Philippa de Torrepolis :
Comtesse et Baronne de Torrepolis
« Vous n’êtes pas d’ici, n’est-ce pas ? »
La jeune fille blonde était Ariana Magnor, la fille et héritière de la désormais baronne de Cosernos. Rougissant à la remarque de son interlocutrice, elle lui fit néanmoins comprendre qu’elle ne parlait pas le grec. Philippa, dont le comté accueillait quelques communautés espérantophones, put l’aborder dans sa langue et répéta sa question en espéranto.
[center][img]https://i.imgur.com/oczeayn.png[/img]
Ariana Magnor
Héritière de la baronnie de Cosernos
Miss Univers 2033 et Miss Amarantie 2032[/center]
Ariana Magnor :
Héritière de la baronnie de Cosernos
Miss Univers 2033 et Miss Amarantie 2032
« Euh… Je viens de l’île du sud, dans la baronnie de Cosernos. »
Comtesse Philippa de Torrepolis :
Comtesse et Baronne de Torrepolis
« Vous venez d’Amarantie, j’imagine ? C’est rare de voir des chevelures aussi blondes par ici. Je me présente, je suis Philippa de Torrepolis, je suis la baronne et la comtesse de ces lieux. »
Ariana Magnor :
Héritière de la baronnie de Cosernos
Miss Univers 2033 et Miss Amarantie 2032
« Oh… Excusez-moi, Votre Seigneurie. »
L’Amarantine marqua une légère révérence, mais fut rapidement reprise par la comtesse.
Comtesse Philippa de Torrepolis :
Comtesse et Baronne de Torrepolis
« Non, ne vous inquiétez pas, je n’ai pas besoin de tout ce cérémoniel. Vous… Vous ne seriez pas la fille de la nouvelle baronne de Cosernos, par hasard ? Hum… Oui, c’est bien ce qui me semblait. J’imagine que votre mère doit être fière d’avoir une fille aussi charmante et posée. »
Ariana Magnor eut un rictus nerveux, avant de s’en excuser.
Ariana Magnor :
Héritière de la baronnie de Cosernos
Miss Univers 2033 et Miss Amarantie 2032
« Pardonnez-moi, je ne voulais pas... C’est juste que c’est précisément pour la fuir cet après-midi que je suis venue à Torrepolis. En plus, en Amarantie, on n’a pas des édifices comme celui-ci. On a certes des temples, mais ce n’est pas pareil. »
Comtesse Philippa de Torrepolis :
Comtesse et Baronne de Torrepolis
« Je vois. Vous vivez seule avec votre mère ? Votre compagnon ? »
Ariana Magnor :
Héritière de la baronnie de Cosernos
Miss Univers 2033 et Miss Amarantie 2032
« Oui, seule avec elle. Je n’ai pas d’époux parce que… euh… J’ai eu quelques soucis avec les hommes. »
Un euphémisme pour une fille violée et donc souillée par une meute d’Aminaviens il y a deux ans. Toujours intriguée par cette blonde venue du Nord, Philippa prit place sur une chaise à sa gauche. Des soucis avec les hommes, Philippa en avait justement. Avec celui avec lequel elle était mariée. Cet homosexuel refoulé ne lui avait toujours pas donné d’héritier, après toutes ces années de vie commune. La discussion entre filles se poursuivit jusqu’à la table d’un restaurant, à laquelle la Comtesse avait convié la jeune Amarantine.
[center][img]https://i.imgur.com/aBP0kW8.png[/img][/center]
La noble, cependant, ne s’éternisa pas car elle avait un rendez-vous tard dans la nuit. Un rendez-vous de la dernière chance. Après avoir salué chaleureusement sa nouvelle amie, elle reprit la direction de sa cossue demeure. Un homme attendait au portail, dans l’ombre. En d’autres circonstances, la Comtesse aurait appelé les forces de police devant un individu aussi suspect. Elle l’aborda, en espéranto :
Comtesse Philippa de Torrepolis :
Comtesse et Baronne de Torrepolis
« Vous… Vous êtes mon rendez-vous de 22h30, c’est bien ça ? »
[center][img]https://img4.hostingpics.net/pics/45957129E1.jpg[/img]
Dario
Ancien aliéné amarantin[/center]
Dario :
Ancien aliéné amarantin
« C’est bien ça, Madame. Je viens pour votre mar… »
La Comtesse lui adressa un regard glacial, qui imposa le silence à son interlocuteur, avant de l’inviter à entrer dans la demeure. Là, l’attendait, bêtement assis dans le canapé, le Baron Pétros d’Ampelopolis.
Comtesse Philippa de Torrepolis :
Comtesse et Baronne de Torrepolis
« Je vous présente mon époux, le Baron Pétros d’Ampelopolis. »
[center][img]https://i.imgur.com/4grVjjS.png[/img]
Baron Pétros d’Ampelopolis
Baron d’Ampelopolis
Mari de la Comtesse Philippa de Torrepolis[/center]
Contrairement à sa dame, le Baron Pétros salua avec un grand sourire l’invité. Les trois prirent place dans le canapé.
Comtesse Philippa de Torrepolis :
Comtesse et Baronne de Torrepolis
« Bien. Je vous remercie pour avoir fait le déplacement. Mon époux et moi vous avons choisi parce que vous venez d’Amarantie et… a priori, vous faites preuve d’ouverture d’esprit sur… sur ce qui est moralement acceptable là-bas. Et qui l’est moins ici. Aussi, il est évident que vous êtes tenu à une stricte confidentialité. Rien, absolument rien de ce qui se passera ce soir ne doit sortir de ces murs ! Compris ? »
L’Amarantin acquiesça. Très tendu, le Baron Pétros osa à peine regarder le jeune homme amarantin. Pourtant, il allait bien falloir détendre l’atmosphère.
Comtesse Philippa de Torrepolis :
Comtesse et Baronne de Torrepolis
« Très bien… Alors… Nous pouvons monter dans la chambre. »
[center][img]https://i.imgur.com/3lcuEIe.png[/img]
Chambre de la Comtesse Philippa[/center]
La Comtesse Philippa resta à l’état de glaçon. La situation ne la prêta aucunement à sourire et elle était celle des trois qui allait passer le plus mauvais moment ce soir. Ce ménage à trois était une idée de son époux et après l’avoir refusée, Philippa avait été contrainte de l’accepter. C’était une approbation de désespoir : le temps défilait à grande vitesse et elle devait donner naissance à un enfant, avant sa ménopause, pour assurer la continuité de sa lignée. Dieu lui avait envoyé une épreuve, avec son homosexuel de mari et avec une faible fertilité.
Elle refusait de regarder le spectacle qui se déroulait juste à côté d’elle. Dario, le prostitué amarantin qui avait fui l’Amarantie au moment de la révolte servile, s’adonna à ce à quoi il avait été payé : il embrassa le comte d’Ampelopolis et le caressa dans les zones érogènes. Il fit glisser le pantalon le long de ses cuisses et invita le baron à se mettre à genoux. Le noble ne se fit pas prier. Philippa, elle, tourna la tête, tentant d’effacer de sa tête les bruits de succion. Dans un quart d’heure, elle allait entrer en scène et devait être prête. Le baron sortit un tube de lubrifiant de la table de chevet et l’appliqua là où c’était nécessaire. Il se pencha, mit les deux bras sur le lit, la tête rentrée. Dario, lui, vint derrière, occuper son rôle d’actif et effectuer les premiers mouvements de va-et-vient.
Dix minutes passent.
Baron Pétros d’Ampelopolis :
Baron d’Ampelopolis
Epoux de la Comtesse Philippa
« Oh… Oh… Oh ! Ça vient, ça vient ! »
C’était le moment où Philippa entra en scène. La comtesse écarta les jambes pour y laisser le baron, alors que Dario continuait de vaquer à son occupation. Les deux époux ne se regardèrent pas au moment de l’ensemencement, le Baron fixa son beau prostitué qui le chevauchait et la Comtesse regarda au loin, comme pour s’évader mentalement de cette monstruosité. À cet instant, la Comtesse se remémora de sa discussion quelques heures plus tôt avec la jeune Ariana. Les deux femmes avaient maintenant un point commun puisque, comme Ariana, Philippa se sentait elle aussi, d’une certaine manière, souillée.[/justify]