La Vérité au Karmalistan

Vladimir Ivanov

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[center][img]https://i.imgur.com/ZwaS6G7.jpg[/img]
Karagol, la capitale : ses quartiers pauvres au premier plan, les monts Kormal en arrière plan[/center]
Vladimir Ivanov

Message par Vladimir Ivanov »

Quand le monstre sommeille...
[url=https://www.youtube.com/watch?v=pgQrnuXS_iQ]musique ![/url]

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De retour d'Horbarash, la princesse karmale Mamta Ismaïla Khan, la future khatoune du Karmalistan, visite une hospice des bidonvilles de Daharpur, construite par des chrétiens nestoriens syirs pour les plus démunis, les perdants de l'essor économique du Dahar.
Pleine de compassion, elle prend son temps pour consoler les malades, et écouter ceux qui peuvent encore parler. Tous sont agréablement surpris par cette visite, et elle comble même les rêves de certains admirateurs victimes de maladies incurables...

Le dernier lit porte un brahmane pauvre, les yeux fermés, gravement malade. Contrairement aux stéréotypes, même en Janubie, la majeure partie des membres de la caste supérieure des brahmanes n'a rien d'un groupe privilégié. La moitié d'entre-eux vivent même dans une situation proche de la misère. Le personnel de santé précise à Mamta que ses jours sont comptés, peut-être ne lui reste-t-il que quelques dizaines d'heures à vivre. La princesse se penche alors pour lui caresser une joue, promettant de penser à lui lors de ses prières du soir.
Conscient de son état, celui-ci, jusqu'alors à moitié réveillé, se redresse de son lit soudainement, ouvre les yeux, rougeoyant de terreur, puis agrippe fermement la main de la princesse. Les infirmières tentent de retirer son bras, mais Mamta les rassure et tient à écouter le brahmane, qui semble-t-il cherche à lui délivrer un message. Le malade en phase terminale s'adresse alors à la princesse, non pas avec colère, mais plutôt comme s'il voulait la supplier :

- Je dois vous prévenir d'un danger, votre Altesse, pour le bien de notre pays, vous devez m'écouter.
Depuis trois ans déjà, dans les steppes de l'Altaï, sommeille un esprit souverain et terrible, peut-être maléfique, qui avec une étrange patience, se prépare à l'éveil. Celui-ci n'a qu'une hâte : que vous commettiez la pire erreur de votre vie.
Je vous en supplie, Votre Altesse, ne partez pas en guerre contre la petite confrérie de Turgaï. Persuadez sa Majesté le roi, votre père, de n'entreprendre aucun acte malveillant à l'égard de cette communauté. Si par malheur vous osez envahir la localité des contreforts du Mont Khanbalik, les prévisibles massacres perpétrés par vos hommes engendreront son éveil.


Jusqu'alors, pas même chez le roi ou ses officiers, personne n'avait encore entendu parler de cette communauté de Turgaï au sens nominal ("confrérie du Nod"), sinon comme vulgaire petite faction communiste risiblement idéaliste, faible et isolée.

- Que voulez-vous dire ? Qu'est-ce que cette confrérie ? Qu'impliquera cet éveil ? -dit-elle hésitante et prise de stupeur-

-le brahmane panique-
- Les conséquences rappelleront un âge lointain, celui d'un autre univ... -après un court silence, les infirmières affirment qu'il délire à cause de sa maladie, mais la princesse cherche à l'écouter jusqu'au bout-
Excusez-moi, vous ne comprendriez pas... je... une telle agression déclenchera le compte à rebours : celui qui annoncera le remboursement humain de vos dettes morales, le paiement de vos méfaits. Soyez sûrs que cet évènement n'augurera rien de bon à l'avenir pour la population du Karmalistan, ni pour celle du monde entier.
Si cet esprit parvenait à s'éveiller, son courroux se répandrait dans tout le pays, et à terme... bien au-delà. Alors, il sera trop tard, et plus personne ne pourra l'arrêter : ni le Karmalistan, ni aucune autre puissance. Nos armes, leurs armes, ne vous seront d'aucun secours, elles ne feront qu'empirer vos propres tourments. Croyez moi, je vous en conjure, stoppez les projets belliqueux de votre père, parce qu'[url=http://img4.hostingpics.net/pics/403422ZIAsombre25.png]en regard des corollaires[/url], il en va de notre survie en tant qu'espèce.


[img]https://i.imgur.com/JURexsx.jpg[/img]
Vladimir Ivanov

Message par Vladimir Ivanov »

Le jour J ?

[img]https://i.imgur.com/bz30QdT.jpg[/img] - [img]https://i.imgur.com/slHq5fE.png[/img]
Akhtar Abdur, le redoutable chef du KhAD - McNeil, brillant général d'origine britonnique et conseiller militaire du roi.

[HRP : se rappeler / lire post précédent juste ci-dessus avant de continuer !]

Curieusement, alors que l'Amarat se manifeste plus que jamais au Sud du Karmalistan dans un contexte de tensions internationales liées aux frappes du Lianwa dans la région, ce n'est pas cette zone "très médiatique" qui devînt subitement le centre de toutes les attentions du gouvernement.

L'homme le plus puissant du Karmalistan... "après le roi"... avait décidé de mettre cartes sur table avec son... « supérieur »... et les conseillers militaires de celui-ci, dont le célèbre général McNeil. Il allait leur dévoiler, pour la première fois, humblement, les défaillances de son service ! Signe de la gravité de la situation. En effet, chose inédite dans sa carrière à la tête du plus redouté des postes du Shakhanat karmali, Jalaluddin Akhtar Abdur avait peur, peur d'un homme, ou plutôt d'un esprit, le seul qui pouvait mettre en échec le KhAD et menaçait jusqu'à sa crédibilité personnelle : Temürkhan, l'obscure « protecteur » de la secte de Turgaï. La seule solution pour lui consistait donc désormais à en finir une bonne fois pour toute, en réduisant à néant cette organisation du Nod, considérée comme le point faible de Temürkhan. Les « dirigeants » du pays s'étaient donc réunis à sa demande, dans son bureau, au siège même du KhAD.

Jalaluddin Akhtar Abdur : Bien. Alors si je vous ai tous convoqué ce soir...

-le roi se racle la gorge-

Jalaluddin Akhtar Abdur : ...euh, je voulais dire si Sa Majesté, et moi-même, avons réuni ce conseil extraordinaire... c'était pour que nous puissions ensemble, appréhender une menace particulière, si dangereuse qu'elle est susceptible de remettre en cause la sûreté de nos intérêts vitaux. Il s'agit de la saisir pour la détruire.
Comme vous le savez le Shakhanat est déjà sous la menace de diverses insurrections bien connues, dont trois en particulier, celles de l'Amarat, Emirat islamique, du PRDK branche ML, marxiste-léniniste, et du Syirkhanat, soulèvement ethnique « mongol ».
Eh bien chers collègues, permettez-moi de vous dire qu'il en existe une quatrième, représentant une faction à elle seule... en la personne de Temürkhan.


Général McNeil : Vous voulez parler de cette minable secte dans l'Altaï ?

Jalaluddin Akhtar Abdur : Non, ceux-là sont des sous-hippies du Quart-Monde, c'est pas eux le problème. Je veux parler ici d'un homme, le chef de leur renseignement. Un personnage unique en son genre, introuvable, imprévisible et insaisissable, qui dispose d'informations sensibles au sujet du KhAD, et par conséquent... eh bien... sur vous tous.

Général McNeil : C'est une plaisanterie j'espère ? Vous voulez dire qu'en plus du fait qu'un vieux schnock du Nord soit parvenu à mettre en échec vos services, ceux-ci stockent des informations sur nous et notre vie privée ?!

Jalaluddin Akhtar Abdur : Connaissez-vous l’expérience du chat de Schrödinger, général McNeil ? Nous sommes prisonniers d'une guerre asymétrique et de ses poisons.
Dans ce contexte, personne n'est digne de confiance. Pas même moi ou sa majesté le Shakhan. C'est une logique implacable mais indispensable en temps de guerre asymétrique. Une fatalité sur laquelle on ne peut marchander ou faire d'exceptions. Vous les militaires vous avez vos blancs d'un côté, vos noirs de l'autre, un front clairement défini, un temps de guerre, d'armistice ou de paix. A l'instar de vulgaires machines classiques, vous êtes formatés pour évoluer dans des contextes bornés et simplistes, faisant de vous des êtres ridiculement prévisibles. Vous êtes formatés par la physique classique.
Dans une guerre asymétrique, il n'y a pas de front délimité. Le front est partout et nul part, dans les armes, le porte-monnaie et les consciences de chacun. Il n'y a pas de « temps de paix » qui succède à un « temps de guerre ». C'est un peu comme la physique quantique : il y a interposition des états. Nous sommes à la fois en guerre, en paix, et les deux en même temps. Le chat peut être mort... vivant... et les deux à la fois.
Vous devriez le savoir, général, en tant qu'anti-communiste d'expérience formé à la contre-insurrection.

Quoiqu'il en soit, au constat de nos problèmes de fuites d'informations... ce... Temürkhan, dispose d'agents, actifs ou dormants, infiltrés jusqu'à nos propres services. Il détiendrait des informations vitales, qui pourraient mettre en cause la survie de tous nos espions sur le terrain. En clair, il peut nous rendre aveugle face à l’Amarat (certes en position difficile au Sud mais plus menaçant que jamais), au PRDK-ML (qui cherche à assassiner le roi) et au Syirkhanat (qu vient de nous narguer en appelant à l'unité de tous les peuples touraniens).
Temürkhan serait à lui seul, le responsable des échecs de toutes nos opérations militaires ou de sabotage contre ces trois factions.


Général McNeil : Très bien. Alors qu'attendez-vous pour l'éliminer ?

Jalaluddin Akhtar Abdur : Si nous avions pu, croyez-vous qu'il serait toujours en vie ? Pensez-vous qu'il est plaisant pour moi ici ce soir de vous dévoiler l'existence de failles dans mes propres services ?
Vous comprenez donc qu'il nous est impossible de l'assassiner. Cet homme est introuvable, insaisissable, imprévisible. Mais, nous avons d'autres moyens à notre disposition pour l'atteindre.


Shakhan : Je vous écoute.

Jalaluddin Akhtar Abdur : Je sais que cette solution ne plaira pas à tout le monde -il pense à la princesse Mamta, fille du Shakhan-, mais je ne vois qu'elle pour tuer le monstre dans son œuf avant qu'il n'éclose. Il s'agirait de détruire la secte qu'il protège, la communauté de Turgaï. Rasons là, exterminons tous ses fidèles illuminés, et le moral atteint chez notre cible prioritaire, le fera commettre des erreurs qui le rendra vulnérable à nos tentatives jusqu'alors infructueuses de filature, de capture ou d'assassinat.

Général McNeil : Je peux lancer notre première division aéroportée avec l'appui d'un support de raids aériens massifs, dès demain soir, votre Majesté. Le plein de kérosène vient de s'achever hier. Mes troupes n'attendent plus que vos ordres formels.

-court silence-

Shakhan : Je... je vais y réfléchir.

Le soir venu, de retour au Palais, le Shakhan informa sa fille qu'il songeait à autoriser McNeil à lancer un raid destructeur contre une communauté pacifiste désarmée du Nord-Est.

Mamta Ismaïla Khan se souvînt des étranges avertissements du vieux brahmane agonisant. La veille, un cauchemar l'avait même tourmenté. Mais à son tour, elle doutait d'elle. Elle se demandait encore si elle n'était pas sous l'influence d'un fou : après-tout les aides soignantes l'avaient déclaré comme tel, et sans doute était-il déjà mort. Peut-être fallait-il supprimer une menace majeure, le plus tôt possible pour le bien de la nation ? Ne faut-il pas casser des œufs pour... ?
Son esprit chercha donc la voie la plus sage, juste, à suivre. Elle rompit alors avec la loi de Machiavel « quand l'acte accuse, le résultat excuse », et dit à son père avec conviction :

Mamta Ismaïla Khan : Vous allez faire une grave erreur, père. Cette communauté est connue pour son pacifisme, il n'y a aucune arme là-bas et par conséquent que des civils, des villageois innocents. J'insiste sur ce qualificatif puisqu'ils ne font même pas partie de la guérilla communiste. Ils n'y participent aucunement... excepté certes, son service de renseignement dirigé par cet homme qui obsède tant monsieur Akhtar Abdur. Je suspecte d'ailleurs ce dernier d'avoir des intentions malhonnêtes, personnelles, dans cette... « guerre » qui l'oppose à ce Temürkhan.
De toute évidence, un tel massacre, non-seulement n'éliminera pas le danger que représente cet homme, mais attisera plus encore l'hostilité de ces peuples marginaux du Nord à l'égard du Sud riche et « connecté ». La tragédie humaine que réclame le KhAD sèmera la rancœur et favorisera les révoltes intérieures. Je suis intimement convaincue qu'il faut y renoncer et trouver une autre solution.


Après un silence qui dura de longues dizaines de secondes...

Shakhan : Laisse moi seul, s'il te plaît, Mamta.

Mamta sort, en espérant que son père prendra en compte ses commentaires. Mais elle découvre McNeil, qui semblait presque en train d'écouter aux portes.

McNeil : Alors ma beauté, on se mêle encore de politique ?

Mamta : Partez, vous n'avez rien à faire au Palais royal. Votre simple présence ici, et votre manque de respect flagrant envers la princesse héritière fait de vous un étranger au royaume, un parvenu et un hors-la-loi.

McNeil : Ne soyez pas si catégorique. Moi hors-la-loi ? Conseiller du Shakhan et sauveur de la Monarchie ? Je suis votre protecteur, votre altesse....

Il se rapproche d'elle, l'empêche d'avancer, et cherche à l'accoster... elle le repousse. Il s'énerve.

McNeil : Vous changerez d'avis à mon sujet. Une fois que j'aurai botter le cul à ces fichus sectaires communistes, je reviendrai couvert de gloire, adoubé par votre père. Et vous tomberez amoureuse de moi. Vous verrez !

Mamta ne savait pas de quoi avoir le plus peur... de l'ambition du général karmalo-briton... ou des prophéties du brahmane sur les conséquences d'un raid contre le Nod.
Vladimir Ivanov

Message par Vladimir Ivanov »

La mort du Shakhan

[img]https://i.imgur.com/5kfLMh2.jpg[/img] - [img]https://i.imgur.com/cqEZJe8.jpg[/img]
Akhtar Abdur, puissant chef du KhAD - Mukhammad Barakzaï, chef d’état-major du Qurol Qutchlar (armée karmali)

Appel téléphonique le 29 juin 2034, au soir.

[...]

Mukhammad Barakzaï : Confirmez-vous la présence du Shakhan demain, aux horaires que vous m'avez transmis ?

Jalaluddin Akhtar Abdur : Je confirme, l'opération peut se dérouler comme prévu.

Mukhammad Barakzaï : Et la princesse ?

Jalaluddin Akhtar Abdur : Absente évidemment.

Mukhammad Barakzaï : Évidemment ?! Vous m'aviez promis sa perte !

Jalaluddin Akhtar Abdur : Je vous l'ai déjà dit : elle ne peut subir le même sort pour les raisons déjà évoquées. Une mort trop hâtée fera d'elle un symbole qui compliquera notre tâche.

Mukhammad Barakzaï : Et pourtant elle devra tomber.

Jalaluddin Akhtar Abdur : Son heure viendra, je vous l'assure. Avant de l'éliminer, nous allons la défaire. Sa mort sera plus cruelle encore, puisqu'il s'agira d'une déchéance. Une déchéance publique, démocratique.
-le ton froid de sa voix rocailleuse, laisse s'échapper un air ironique et satisfait-

Mukhammad Barakzaï : Vous avez vos plans pour la suite des évènements ?

Jalaluddin Akhtar Abdur : L'Histoire s'écrit à l'avance, au KhAD, croyez-moi. Si l'on avance méticuleusement, sans perdre notre patience, tout se déroulera comme prévu. Dites-moi, combien de temps subsistera une reine hindouïste au sein d'une monarchie défaillante, officiellement islamique et sous la pression d'un gouvernement islamiste ?
-la réponse était dans la question...-

Mukhammad Barakzaï : Très bien, nous vous faisons confiance.

Jalaluddin Akhtar Abdur : En retour, j'espère que vos hommes sont fiables, et qu'ils se tiendront à la hauteur.

Mukhammad Barakzaï : Ce sont des servants du Djihad, de vrais guerriers musulmans, aussi féroces qu'expérimentés. Volontaires, ils combattront tous jusqu'à la mort, soyez-en certains.

Jalaluddin Akhtar Abdur : Avez-vous bien reçu les hommes des services spéciaux privés du Caskar ?

Mukhammad Barakzaï : Ils sont arrivés hier. Tout est en place.

Jalaluddin Akhtar Abdur : Très bien. Alors à l'avenir !

Mukhammad Barakzaï : A l'avenir. Qu'Allah (exalté soit-Il) nous guide.

Le patron du KhAD raccroche le combiné, avant de se parler à lui-même :

Jalaluddin Akhtar Abdur : Ébloui sous le feu des projecteurs, tu n'es plus rien. Le pays tout entier te traquera, et tu tomberas avec ta secte au fond d'un kourgane.
Je te tiens, maintenant, Temürkhan !
Vladimir Ivanov

Message par Vladimir Ivanov »

CONTRE-ATTAQUE

A Daharpur, une femme, brune bien-sûr, élégante marquée au front d'un humble tilak/bindi, demande à entrer dans un couloir interdit du siège de la Banque Abkadi. Entrée tenue par deux hommes de corpulences inégales, le très crédule daharo-briton Ambud et l'intimidant daharo-algarbien Nathaniel.

Ambud : Désolé ma petite dame, vous n'avez pas accès à ce secteur.

La femme : Je dois parler à votre patron de toute urgence de vive voix et en privé. C'est très important.

Ambud : Fallait prendre rendez-vous. Alors, cassez-vous.

La femme : Tenez. -elle leur tend un badge-

Ambud : Oh, merci. C'est du vrai ? De l'or ? Et ici, regarde Nath., un rubis ! Ça doit valoir un paquet de tengis !

La femme : Mais...?! Ce n'est pas pour vous !

Ambud : Euh... très bien : si ce n'est pas pour moi, alors qu'est-ce que vous voulez que ça me foute ?

La femme : Il s'agit de mon passe-droit, pour entrer !

Ambud : Mais oui... et moi je suis la reine du Karmalistan ! Mouhahaha ! -rit grassement avec son collègue-

Nathaniel : Passe-moi le badge Ambud, je veux voir le rubis ! Et maintenant barre-toi la mégère !

La femme : Si vous me renvoyez, je m'engage personnellement à vous faire licencier, tous les deux. Appelez-le, vous verrez.

Dans son bureau, l'interphone du bureau du plus riche banquier karmali sonne.

Shaul Khairajul : -se réveille après un quart d'heure de sommeil, les pieds posés sur son bureau- Oui, qu'y a-t-il encore ?

Ambud : Il y a une personne qui souhaiterait vous parler.

Shaul Khairajul : Je suis occupé là. Dites-lui qu'il prenne rendez-vous, comme tout le monde. Pour les micro-crédits vous savez qui il faut emmerder, alors laissez-moi tranquille.

Nathaniel : On dirait que c'est quelqu'un d'important mais je saurai pas dire qui précisément.

Shaul Khairajul : Mais qu'est-ce que vous me chantez ? Il ressemble à quoi ce type ?

Ambud : C'est une femme hindou. Elle est... plutôt jolie, mais vraiment très chian...

Shaul Khairajul : Elle s'est trompée de client. On est pas chez McNeil ici ! -il raccroche et s'apprête à se rendormir, avant que le téléphone ne sonne à nouveau-

Ambud : -la voix hésitante- Euh... désolé patron mais elle insiste. Elle menace de nous envoyer en prison et dit que c'est au sujet de... d'un certain... Temour-kan.

Shaul Khairajul : -ramène à la hâte ses pieds sous le bureau- Pardon ? Qu'est-ce que vous dites ?! Temürkhan ?
...Hum, dites-moi, elle n'aurait pas un badge avec un tigre et un éléphant ?


Ambud : Euh... si, pourquoi ?

Shaul Khairajul : BANDE DE CRÉTINS ! LAISSEZ-LA IMMÉDIATEMENT ENTRER ! VOUS NE SAVEZ PAS A QUI VOUS AVEZ A FAIRE ! MÊME UN SEUL DE SES CHEVEUX VAUT PLUS QUE VOS CERVELLES D'ABRUTIS !

Ambud et Nathaniel pâlissent, puis ouvrent précipitamment la porte afin de laisser passer leur souveraine. Perdant son équilibre sous le choc de la nouvelle, le premier manque même de se viander.

[img]https://i.imgur.com/Xbn78p4.jpg[/img]

Mamta : Shaul Khairajul, comme on se retrouve.

[img]https://i.imgur.com/zDt8jlT.jpg[/img]

Shaul Khairajul : Eh bien... votre majesté, en voilà une surprise ! Asseyez-vous, je vous en prie !

-elle reste debout et le fixe d'un regard froid, méprisant et menaçant-

Mamta : D'abord je veux des explications. Ensuite je demande que vous rachetiez votre faute.

Shaul Khairajul : Euh... des explications vous dites ? Une faute ? A propos de... ? -dit-il, plein d'hésitations-

Mamta : Vous êtes un odieux personnage. On m'avait prévenu qu'il ne fallait pas vous faire confiance.
Vous avez magouillé avec le KhAD dans ce coup d’État qui ne dit pas son nom : vous m'avez trahi. Un coup de poignard dans le dos. Et ça vous allez me le payer.


-Très embarrassé, Shaul lance un regard perdu en direction de son bureau, l'air honteux-

Shaul Khairajul : Comprenez-moi, votre Majesté, je suis impuissant à mon tour, pris en otage... ma vie est en danger, ainsi que celle de ma famille et...

Mamta : C'est votre problème. Et vous en aurez un autre, lorsque je dévoilerais au KhAD l'aide que vous fournissez à Temürkhan. -elle jette sur son bureau une fiche détaillant quelques transactions financières et d'armement...-

Shaul Khairajul : COMMENT ?! NON ! Non, par pitié... mais comment vous...

Mamta : Oui, je n'ai pas encore perdu la partie. Et je suis plus informée que vous ne l'imaginez.

Shaul Khairajul : C'est d'accord. C'est d'accord par pitié de me dénoncez pas, je suis prêt à réparer mes fautes. Ce que j'ai fait est impardonnable, mais cela prouve en quelque sorte que je peux justement faire machine arrière. Simplement, pour protéger nos vies, cela demandera un certain temps et plusieurs précautions. Je vous remercie d'ailleurs d'avoir pris la première d'entre-elle, à savoir venir me parler en personne.

Mamta : Si vous me trahissez à nouveau en faveur du KhAD, de Mukhammad Barakzaï ou de je ne sais quel groupe terroriste, je vous assure que vous tomberez avec moi.

Shaul Khairajul : Je vous le promet, cette fois-ci je n'ai pas le choix, je suis à votre service. Laissez-moi juste quelques jours.

-Il explique alors à la reine son stratagème, dont l'action principale consistera tout simplement à acheter le maximum de députés du Majlis. Puis il brouillonne quelque chose sur un papier.-

Shaul Khairajul : GÉRARD ! MOULOUD !

Ambud et Nathaniel se précipitent vers le bureau du patron.

Shaul Khairajul : Vous irez me chercher ceci -il leur tend le papier- au conteneur n°431b du port.

Ambut : Mais patron, vous aviez dit que jamais...

Shaul Khairajul : JE SPEEK BRITONISH PAS ASSEZ GOOD POUR VOUS ? ALLEZ ME CHERCHER CE QUE JE VOUS DEMANDE, IDIOTS !

Les deux compères se rendirent donc avec la clé au conteneur en question...

[img]https://i.imgur.com/92Enn5B.png[/img]
Vladimir Ivanov

Message par Vladimir Ivanov »

LE COMMUNISME AU KARMALISTAN

Le Karmalistan ne compte en fait que deux grandes organisations à proprement parler marxistes.

[img]https://i.imgur.com/UBGegmk.png[/img]

_ PRDK : organisation se revendiquant communiste, laquelle oscille entre une voie "trotskisante" (bien que ce terme n'existe pas dans le pays) et le réformisme social-démocrate.
Son journal officiel, "Parcham", soutient à demi-mots la Reine Mamta... ce qui en fait clairement, dans les faits, un parti de la gauche socdem réformiste, malgré son apparence radicale. De facto, ils sont franchement naïfs : pacifistes, hostiles à la lutte armée, ils veulent participer à la démocratie naissante karmale, et cherchent surtout à lutter contre la pauvreté et l'injustice sans s'en prendre aux causes fondamentales de ces tragédies. Ils n'ont rien contre, du moins à titre temporaire, à l'établissement d'une nouvelle monarchie, davantage sociale et progressiste. Ils adhèrent à ce qu'ils appellent le "socialisme à visage humain". Toutefois, cette mouvance n'est pas dénuée de courage, puisque son leader est en prison et qu'elle cherche à abattre (pacifiquement, ou via des grèves) le régime islamique conservateur et capitaliste actuel. Il est très méfiant vis à vis de la religion musulmane et certains de ses membres sont trop élitistes et condescendants pour être réellement appréciés du peuple.
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[img]https://i.imgur.com/v3ySf2M.png[/img]

_ PRDK-ML : organisation communiste plutôt hétéroclite mais d'inspiration générale clairement maoïsante. A ce titre, elle prône la révolution par la guerre populaire, l'alliance avec la paysannerie, et même une franche solidarité avec les opprimés de sensibilité ethnique ou religieuse (Syrikhanat, qarlouks naqshdanbi...).
Son leader Khalq-Ata, malgré son âge désormais très avancé, pourrait très bien être une sorte de Mao turc-oriental (ouzbek/ouïgour). Cette branche qui a scissionné du PRDK voilà plusieurs décennies, a décidé de lancer une insurrection armée dans les zones reculées du pays, espérant s'étendre avec le temps, ou saper la résilience du gouvernement à terme. Sans succès pour le moment, certes. Mais le fait est que, dans les cœurs (surtout des Syirs et des Qarlouks), le PRDK-ML est parvenu à faire insuffler un sentiment de révolte profond. Il inspire donc l'espoir chez beaucoup de pauvres gens au nord du pays, pourtant et malheureusement incapable d'exprimer leur colère à cause du contexte (travailler pour survivre, famille à aimer et protéger, surveillance du KhAD, menaces du malik -chef de village-, etc...).
Très aimé de ses partisans, Khalq-Ata a lutté presque toute sa vie pour la cause, renonçant au confort matériel et même à un prestige national formel (tentations des offres de paix du gouvernement, toujours rejetées avec courage). Humble, ascète mais toujours chaleureux, il est dans le peuple comme un poisson dans l'eau. Vieux et malade, il s'apprête à mourir -armes à la main- dans les hautes steppes arides de son bastion territorial. En somme, il est ainsi devenu pour beaucoup d'humbles de Transkormalie (Nord), un véritable héros révolutionnaire.
En revanche, il est relativement inconnu et davantage ignoré au Sud du pays, dans la région très prospère du Dahar. Chez ceux dont le nom de "Khalq-Ata" leur dit encore quelque chose, il n'est qu'un ringard frustré "de bons principes" mais qui a fait son temps : la croissance économique stimulée par l'ouverture du Canal d'Ashurdabad permettra au pays de sortir en douceur de son état de sous-développement féodal, et d'entrer dans l'âge de la Civilisation, celui d'une démocratie libérale avancée, d'un "capitalisme à visage humain". Du moins tel est le mirage qui fait rêver les jeunes daharans... riches et pauvres.
Alors que Khalq-Ata se meurt avec ses belles idées, le Karmalistan lui, se tourne vers la "prospérité" : son organisation lui survivra-t-elle ?

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Toutefois, le Karmalistan compte une troisième branche dans cette catégorie, donc résolument communiste, mais atypique. Et c'est un euphémisme.
De plus, elle est encore bien trop effacée pour compter en tant que tel dans l'échiquier de la guerre civile.

[img]https://i.imgur.com/wTNXW7C.png[/img]

_ Confrérie du Nod : secte ou religion, elle prône l'instauration d'une véritable théocratie communiste. Elle est menée par un mythique Qobyl (dont l'existence est remise en cause : il prétend être la réincarnation de Caïn).
Si certains courants (plus ou moins radicaux...) s'affrontent en interne, c'est toujours dans le plus absolu des secrets. Secrets qu'elle cultive jalousement pour ses innombrables activités souterraines à travers une bonne partie du pays, toutes agencées grâce aux compétences de son "dirigeant en second", le froid et sombre Temürkhan.
Fondamentalement, elle est une sorte d'effervescence savonarolienne d'inspiration philosophique hégéliano-marxiste : à mesure qu'avance l'Histoire et l'affrontement productif de ses contradictions, un "Grand Esprit" incarnation de la matière en évolution, prend conscience de lui-même. Il "s'éveille", pour libérer l'Humanité.
Malgré sa tendance au fanatisme, elle subordonne -voire soumet- son action politique à une sorte d'expérience communale (rurale), le Tchinggins Ardyn, véritable îlot anarco-communiste et pacifiste en plein cœur des steppes du Nord-Est du Karmalistan. Celui-ci la met d'ailleurs en relation (pour l'instant cordiale) avec le PRDK-ML et le Syirkhanat.
En clair, la Confrérie du Nod souffre de trois obsessions maladives :
_ la défense de la juste cause des opprimés, leur communion égalitaire, et la lutte implacable contre leurs oppresseurs,
_ l'accélération du progrès en général, et surtout du progrès technique,
_ la "Dignité révolutionnaire", soit le total abandon de soi-même pour le seul Être Suprême.

[HRP : PS à tous ceux qui me connaissent pas encore personnellement : cette secte ne représente absolument pas mes idées IRL. Merci d'avance.]
*le nez de Vlad s'allonge* Bon certes, quelques rares points de convergence... *Vladinocchio transformation !* ...d'accord, un certain nombre... OK, BEAUCOUP, OUI.
Mais aussi et surtout des oppositions fondamentales. Sans parler bien-sûr des délires ésotériques. Rassurés ?
Vladimir Ivanov

Message par Vladimir Ivanov »

[img]https://i.imgur.com/TzA20oS.png[/img]

UNE DERNIÈRE CHANCE POUR LE KARMALISTAN : L'AIDE DE NAZAR BABÜR

L'Emir édicte ses décisions ou publie ses missives désormais au nom de ce qu'il appelle le "Karmalistan islamique", un nouveau terme qu'il emploie de façon formelle pour désigner le pays (prenant soin de retirer son attribut "Shakhanat" !). A la tête de l'armée, avec le soutien indéfectible des religieux (Shura-e Molloi) et maintenant du Majlis, Mukhammad Barazkaï était le nouveau maître incontesté du pays. Il ne lui restait plus que de la patience, attendre la désagrégation de cette vieille monarchie moribonde, afin de la remplacer par une... République islamique. Une république autoritaire certes, mais "démocratique", avec élections -officiellement- "libres". Lesquelles n'existent en l'état (Shakhanat hérité d'Ismaïl V) que pour le pouvoir législatif (alors relativement faible). L'assemblée de cette République religieuse gagnerait en pouvoir politique, mais ne serait absolument plus laïque : elle se reconvertirai en une sorte d'unique Grande Shura, parlement monocaméral islamique.
Ce prochain obscur "Émirat républicain" signerait un traité de paix avec les islamistes radicaux de l'Amarat, restaurerait une Sharia digne de ce nom dans la société karmale, et traquerait sans pitié les infidèles syirs et communistes. Les chrétiens, les hindous, les chiites, les musulmans modérés, peu pratiquants, et les soufis, seraient taxés (jizya), discriminés, persécutés, jusqu'à l'effacement, cela au profit d'un "islam pur", en droite ligne des éléments les plus radicaux de l'école de jurisprudence (madhhab fiqh) hanafite [HRP : proche du déobandisme des Talibans IRL].

Quant à la reine, elle craignait pour sa vie. Et en effet, un sombre avenir l'attendait. Cela au point que certains proches lui conseillèrent vivement de fuir en Eashatri, [url=http://www.simpolitique.com/post326049.html#p326049]à l'appel discret mais généreux de ce pays[/url].
Bien que tentée, elle refusa. Une telle fuite est inacceptable pour son titre, pensa-t-elle. Malgré son attachement profond pour la culture janubienne, elle aimait plus encore son pays natal et comptait y rester fidèle, jusqu'à la mort.
Cela, tandis que tout espoir n'était pas encore perdu. Le Majlis n'avait apporté son soutien à la Shura (conseil religieux), et donc à l’Émir pour son coup de force, qu'à coup de billets verts. Et la Reine avait frappé fort et juste en s'attaquant au riche -mais vulnérable- banquier Shaul Khairajul. Mieux, elle fut soutenu dans cette initiative par un Oerleuk, général de l'armée de terre particulièrement hostile aux islamistes radicaux, un certain Nazar Babür : un qarlouk et musulman sunnite soufi, de l'ordre de Naqshband ([url=http://www.simpolitique.com/post326890.html#p326890]un soufisme lui-même très austère, le plus populaire dans le pays, surtout chez les turcs qarlouks[/url]). C'est lui qui l'informa des relations extrêmement troubles et sensibles que le riche et burlesque banquier du Dahar entretenait avec la Confrérie du Nod, qui s'avéra être un précieux moyen de pression.
Toutefois, l'origine de cette troublante information, détenue par un simple Oerleuk et pourtant inconnue du KhAD, faisait planer le doute sur les accointances politiques secrètes de ce Nazar Babür. Mais la reine était cernée : elle fît le choix (forcé) de lui faire confiance, vraisemblablement au péril de sa vie.

Presque sorti de nulle part, ce "petit général" roturier trentenaire est un homme compétent, humble et généreux, qui refuse les honneurs, les manières et les salaires excessifs dus à son titre. Haï des maliks (chefs féodaux qui le suspectent d'être lié secrètement au Syirkhanat et au PRDK-ML), il est également méprisé des autres officiers généraux, pour son attitude fort peu conventionnelle dans ce milieu (il préfère la proximité fraternelle à l'arrogance hiérarchique, dans son rapport avec ses soldats, d'où son surnom de "petit oerleuk"). Fin stratège très informé, mais parfois rustre et très maladroit dans son attitude quotidienne, ce fils de tapissier à l’ascension fulgurante, qui mène -avec d'autres officiers de son rang- la guerre contre l'Amarat en Ala-Tau, était le tremplin idéal pour la reine dans sa quête de restauration monarchique. Mais elle s'en méfiait, à raison.
C'était la première fois seulement qu'ils se rencontraient (résidence secrète à Karagol). Le premier contact s'étant déroulé par l'intermédiaire d'une correspondance unique et spéciale, dévoilant par écrit les secrets du banquier et conseillant l'attitude à adopter pour le faire plier. Lorsqu'il vînt au point de rendez-vous, la reine était déjà là, avec ses fidèles gardes du corps royaux qui le scrutaient de leurs regards menaçants, leurs armes à la main "au cas où".
Mamta Shakhan avait raison d'être suspicieuse : Nazar Babür était d'une autre faction (inconnue) dont les intérêts ne faisaient que "momentanément converger". Plus drôle encore, la réserve était réciproque. L'oerleuk avait conscience des risques encourus en venant la voir personnellement, se sachant suspect à ses yeux, connaissant sa force de caractère forgée par sa nouvelle détermination politique et une colère encore enfouie. Sa grande beauté n'arrangeait pas l'inconfort de sa situation d'homme célibataire rustre, maladroit, et particulièrement pieux et engagé !

Après s'être agenouillé comme le veut l'usage, Nazar Babür exprima en dépit d'une certaine maladresse discursive -mais en toute sincérité-, son profond respect, et la félicita pour la périlleuse mission qu'elle avait accomplie auprès du banquier sous ses conseils. Il lui exposa, sous un silence pesant, une courte liste des actions et attitudes à adopter pour court-circuiter l’Émir dans les jours à venir. Malheureusement, tout ceci ne fit rien pour calmer une atmosphère extrêmement tendue, et il le savait.

[img]https://i.imgur.com/KoDGIwa.jpg[/img]
Mamta : -dépitée, exprimant un certain dégoût- Comment vous faire confiance, oerleuk ? comment faire confiance au complice des assassins de mon père, à savoir cet immonde banquier ?

Nazar Babür : -cherchant à lui redonner confiance, mais d'une voix basse et fort peu enthousiaste- Votre majesté, vous devez savoir que Shaul Khairajul fut pris à la gorge par le KhAD et les fanatiques de l'Amarat qui menacèrent la vie de son épouse et de ses enfants. S'il est un opportuniste prétentieux et cupide en apparence, au fond c'est un benêt au bon cœur, presque aussi vulnérable que vous en ces heures sombres. Je pense qu'il était sincère lorsqu'il vous a promis de réparer ses fautes commises sous la menace. Quant aux "terroristes" qu'il soutient secrètement dans l'Altaï et l'assassinat de votre père... cette affaire est plus complexe que vous ne le pensez.

Mamta : Plus complexe ?! Quelle faction vous servez ?!

Nazar Babür : -s'attendant au pire, il répond péniblement- Je... je ne peux... je ne peux rien vous dire de plus pour l'instant, votre majesté. Je suis profondément navré de devoir vous l'admettre, mais en tant que serviteur militaire du peuple karmal, notamment contre l'Amarat désormais de mèche avec l'Emir, je dois préserver certaines informations. Vous n'êtes pas encore prête, veuillez me pardonner.

Garde armé : Son crime de lèse-majesté révèle son intrinsèque malhonnêteté.

Mamta : -la colère qu'elle cumule depuis des années après tant de mensonges, de manigances politiques et davantage encore après les meurtres successifs de son jeune mari et de son père, commence à s’extérioriser- Dites-moi pour qui vous travaillez ! Je vous ordonne de dévoiler tout ce que vous savez à propos du meurtre de mon père !

Nazar Babür : -gardant son calme, il cherche à raccourcir l'entrevue en faisant quelques pas en arrière- Je... je ne peux pas. -dit-il maladroitement-

-les gardes l'attrapent aussitôt, le mettent à genoux, l'un d'eux le frappe au visage avec la crosse de son fusil d'assaut, puis Mamta l'arrête immédiatement lorsqu'il s'apprête à frapper une seconde fois.-

Mamta : -s'adresse au pauvre Nazar Babür- Vous êtes un salaud comme tous les autres. Vous servez une énième faction qui cherche à m'instrumentaliser. Vous finirez par semer le chaos dans notre pays... et mon devoir est de tout faire pour l'en empêcher. Votre précieuse aide pour faire plier Khairajul est la seule chose qui m'empêche de vous déchoir avant de vous jeter en prison. Soyez sûr d'une chose : si je tombe, vous tombez.

Nazar Babür : -à terre, le visage légèrement ensanglanté...- Vous révéler de telles informations si tôt ne feraient que nuire à nos deux causes respectives. A défaut de me faire confiance, je vous prie d'accepter au moins notre alliance objective temporaire.

Le plus violent des deux gardes, discrètement à l'oreille, lui suggère d'aller plus loin afin qu'il se repente et crache le morceau. Mais en dépit de sa colère, la reine n'était pas une tortionnaire. Qui plus est, elle lui était reconnaissante pour ce premier gage de confiance (affaire Khairajul-Temürkhan), aussi petit soit-il.
Elle le relâche donc. Avant de repartir, Nazar Babür pris soin de s'agenouiller à nouveau devant sa souveraine, de lui promettre une imminente victoire au Majlis, et de lui assurer de son soutien total dans son projet de restauration du Shakhanat.
Vladimir Ivanov

Message par Vladimir Ivanov »

Rappel : [url]https://simpolitique.net/viewtopic.php?p=321117#p321117[/url]

[img]hhttps://i.imgur.com/mC3Cdux.png[/img]
[url=https://www.youtube.com/watch?v=fSzuTYssbuw]Ambiance musicale[/url]

Le 22 juin 2034
22 juin 2034, au soir, à Sujawal (une cité aisée près de Daharpur, au Sud, une semaine avant l'assassinat du roi Ismaïl V Shakhan)

Au Palais Madhuri, résidence privée et ancien centre du pouvoir colonial de la ville, quelques hautes personnalités de la noblesse du Dahar (nawab, gouverneurs), des amiraux, des commandants des forces aériennes, des hommes (et femmes) d'affaire et autres élites libérales rajan, s'étaient réunis pour assister à un grand évènement. Une fête à vrai dire : sous des lustres clinquants, les invités masculins en costumes nœuds-de-papillon, mesdames en robes de soirée, domestiques servant du champagne...
Parmi cette cohorte de nantis, deux invités manquaient : la princesse Mamta avait refusé catégoriquement l'invitation, la considérant (à juste titre) comme une provocation, une blague de mauvais goût, voire une humiliation [url=http://www.simpolitique.com/post325075.html#p325075]à la suite de la décision du Shakhan, qui avait refusé d'écouter ses conseils (au profit de McNeil)[/url]. Le banquier Shaul Khairajul de son côté, avait timidement prétexté une douleur à l'ongle de l'orteil gauche... pour rester avec sa famille ce soir là.
Régnaient alors quatre personnalités :
_ l'hôte propriétaire des lieux, l'influente et ambitieuse Madhuri Banerjee, nawab (gouverneure) de Sujawal et impitoyable femme d'affaire rajan,
_ Sharkar Shivaji, l'Amiral en chef et "Raj" (prince) du Dahar,
_ el famoso Jack McNeil, général à la tête de la flotte aérienne du GDI (avions modernes du Karmalistan),
_ et le jeune nawab d'Ormara Vijay Prasad, conjoint non-officiel de la première.

Ces deux derniers ont reçu l'honneur d'ouvrir les festivités.

[img]https://i.imgur.com/QdFYeLz.png[/img]
Vijay Prasad, nawab d'Ormara [HRP : j'espère que sa tronche n'est pas déjà prise sur simpolitique]

« Bonsoir à tous,
Je tiens d'abord à remercier madame Banerjee, pour nous avoir réuni ici, dans sa superbe demeure. [...]

S'il n'en a pas l'apparence, ce 22 juin est un grand jour pour le Dah... Karmalistan.
 »
-rires-
« Je vous prie maintenant, de bien vouloir accueillir notre héros... le général... Jack Mac NEEEEEEEEEIL !!! »

-vifs et longs applaudissements-

[img]https://i.imgur.com/g9GYMeT.png[/img]
Général Jack McNeil, grand-conseiller militaire, commandant des forces aériennes du GDI

« Ouais, ouais... merci, merci à tous [...] Bon, vous me connaissez, les formules de politesse, c'est pas mon fort. »
-rires-
« [...] Si le temps joue en notre faveur et que l'avenir est déjà tout tracé par notre croissance prometteuse et grâce à nos innombrables victoires militaires, ne nous reposons jamais trop longtemps sur nos lauriers : enfonçons le couteau sous la plaie à tous ces mauvais perdants, brisons tout espoir à nos ennemis islamistes et communistes ! »
-applaudissements-
« Comme je le dis toujours : il y a une chose que j'aime plus que tout au monde... GAGNER ! »
-rires et applaudissements-

Après le discours, on papota avec un raffinement digne de l'aristocratie britonne (bien que celui de McNeil faisait défaut, comme à son habitude), entre quelques jolis verres de champagne.

[img]https://i.imgur.com/0aUWUlR.png[/img]
Nawab Madhuri Banerjee, l'hôte, gouverneure libérale et femme d'affaire

« Alors, comment va notre chère jolie princesse ? Elle boude ? » -elle esquisse un sourire moqueur-

Vijay Prasad : « Voyons mon amour... tu sais bien qu'elle est humiliée. »

Madhuri Banerjee : « Oooh, la pauvre petite ! Elle ne peut même plus se réfugier dans les bras de papa ! »

Général Jack McNeil : « Laissons-la chialer. Je la consolerai le moment venu. »

[img]https://i.imgur.com/6AqtFfi.png[/img]
Amiral Sarkar Shivaji (futur Raj du Dahar) (qui a conservé son uniforme militaire)

« Toujours aussi ambitieux, hein McNeil ! »

Général Jack McNeil : « Je serais le prochain Shakhan, ce n'est qu'une question de temps ! »

Vijay Prasad : -rit- « Vous avez tout notre soutien, mon général, cela va de soi. »

Amiral Sarkar Shivaji : « Mais diable, qu'est-ce qui peut bien motiver notre future souveraine à contester chacune de nos manœuvres militaires ? Jusqu'à s'attirer le mépris de tous, et s'isoler chaque jour davantage ? »

Madhuri Banerjee : « Cette femme n'a aucun sens pratique. Elle est dans son petit nuage. Elle choisi très mal ses conseillers. Bref, naïve et idiote, comme son père. »

Vijay Prasad : « Tout de même, un peu de respect pour Sa Majesté Ismaïl V, qui accède à chacune de nos demandes, contre les opinions de sa propre fille ! ...Ah, ce pur bonheur ! »

Amiral Sarkar Shivaji : « En effet, malgré des apparences de despotisme éclairé, Ismaïl V est un roi faible. C'est une bénédiction pour nous à court terme certes, mais un risque majeur à long terme. »

Vijay Prasad : « Quoiqu'il en soit, l'héritière est pire. »

Amiral Sarkar Shivaji : « Ses croyances religieuses poseront d'insurmontables problèmes juridiques et institutionnels. Son pouvoir ne sera jamais ni stable, ni absolu, rassurez-vous. J'en suis même navré pour le général. »

Général Jack McNeil : « Ces barbares du Nord, qu'ils soient islamo-conservateurs, islamistes, communistes, syirs ou membres de cette secte de chrétiens illuminés du Nod... ils ne me font pas peur. Ils ne me feront pas reculer sous prétexte que ma future épouse sera hindouiste. Tous ces salauds ont juste besoin qu'on leur botte le cul. »

Madhuri Banerjee : « Entre la civilisation [Sud, Dahar] et la barbarie [Nord, Transkormalie], j'ai l'impression que fille-à-papa a choisi le mauvais camp. Elle pourrait même fricoter avec les cocos ou le Syirkhanat... cette garce. »

Amiral Sarkar Shivaji : « Non, non... n'exagérons rien. Elle n'est qu'une pauvre naïve entravant notre projet : pour autant, jamais elle ne traitera avec des terroristes. Mamta est une simplette... elle n'est pas dangereuse, et nous devons la traiter comme tel. »

Vijay Prasad : « Mais mon Amiral, on ne peut nier qu'elle a en quelque sorte trahi le Sud pour servir le "Nord" ? »

Amiral Sarkar Shivaji : « Choix inhérent à sa fonction d'héritière à Karagol ! Cernée par les ennemis politiques, décrédibilisée par son père, humiliée au Dahar, haïe chez les islamo-conservateurs, menacée de mort par les islamistes, son père par les communistes... cela après l'assassinat de son mari il y a quelques années... Ce n'est pas pour la défendre mais... que voulez-vous qu'elle fasse de plus, la petite ? »

Général Jack McNeil : « Qu'elle se résigne enfin à m'épouser, la salope ! »

-tous s'esclaffèrent, McNeil le premier-

On informa McNeil que les appareils étaient arrivés sur les lieux. Il imposa le silence, et monta le volume de sa radio pour que tout le monde puisse entendre. La salle s’obscurcit, et depuis le projecteur, les images d'une caméra fixée sur drone. Quoique de piètre qualité, on reconnaissait de nombreuses habitations (yourtes, temples, troupeaux environnants...), à la lisière de forêts sur un flanc de montagne.
Une explosion retenti, un panache de fumée, puis une deuxième, et ainsi de suite pendant près d'une longue minute. Le spectacle était grandiose.

Mission accomplie, en plein dans le mille ! On les a renvoyé six pieds sous terre ! Nous rentrons à la base !

Les lampes furent rallumées, et tous manifestèrent bruyamment leur satisfaction.

Parce que telle était la raison de cette soirée mondaine : assister à la décapitation d'une organisation communiste, en cette nuit du 22 juin 2034. Curieusement, celle-ci ne représentait nullement un danger : éloignée à des centaines de kilomètres, pacifiste et désarmée, elle était une cible facile. Mieux, cette opération n'était qu'un raid aérien d'ampleur, parmi tant d'autres par le passé, consistant à affaiblir des insurrections isolées et marginales de quasi-"va-nus-pieds" (le Syirkhanat et le PRDK-ML ne menaçaient alors que des régions limitées à l'extrême Nord du pays).
Toutefois, ce jour n'en demeurait pas moins exceptionnel, par son caractère symbolique : les avions du GDI venaient de frapper au cœur la communauté de Turgaï (dont fait partie la Confrérie du Nod), organisation syrio-communiste, qui malgré son pacifisme, gagnait chaque jour en popularité dans la zone.

Le décompte fut quatre fois plus élevé que les chiffres présentés par les journaux d'opposition : les bombardements firent ce jour-là, à Turgaï, sept mille cinq cents quatre-vingt-dix morts, dont plus des deux tiers sont des femmes et des enfants.

...Temürkhan n'est pas l'un d'eux.
Le dragon s'est éveillé.
Vladimir Ivanov

Message par Vladimir Ivanov »

AVANT LA GUERRE : DU SHAKHANAT A L'EMIRAT ?
rappel : [url]https://simpolitique.net/viewtopic.php?p=327164#p327164[/url]

[img]https://i.imgur.com/U7l3crD.png[/img]

L'assemblée du Majlis (parlement karmali) était pleine. S'y trouvaient également le général daharan McNeil, le chef du gouvernement Omar Sultan Zareh ainsi que les oerleuks (généraux) Umarshaykh Mirzoalim (islamiste « quiétiste » de la ligne la plus dure, l'un des principaux conseillers de l'émir), et Nazar Babür.
La reine, Mamta Shakhan, était présente elle-aussi... presque incognito, dans l'ombre, voilée, silencieuse, au fond de la pièce. Elle savait à quoi s'attendre et n'avait bien-entendu pas le droit à la parole, ultime et humiliant paradoxe pour une reine.
Les bruits couraient qu'on allait transformer le Shakhanat en Émirat... soit l'écarter définitivement du pouvoir au profit du seul émir Barakzaï. Celui-ci, l'assemblée des mollahs (Shura-e molloi), l'influent oerleuk Umarshaykh Mirzoalim, les nawab aristocrates du Dahar, tous lui étaient hostiles. La fonction de Mamta, et peut-être sa vie elle-même, ne tenaient plus qu'à un fil, celui du Majlis, dernier verrou à sauter avant sa destitution... et l’avènement d'un authentique État islamique.

La création de la LIM et la hausse des tensions internationales (avec l'Hachémanie), serviraient de prétextes aux islamistes pour passer à l'action... avant la guerre.

[img]https://i.imgur.com/TyKF8Ju.jpg[/img] - [img]https://i.imgur.com/bvkRhQR.png[/img] - [img]https://i.imgur.com/J5W7jor.jpg[/img]
Omar Sultan Zareh (deuxième homme fort du Karmalistan), la reine Mamta Shakhan et le général daharan McNeil
(pas encore trouvé de photo adéquate pour Nazar-Babür, dsl)

Un partisan du JiSH (Jamiat-e Islami Shura, parti islamiste majoritaire pro-Barakzaï) se lève et monte à la tribune.

[quote]Mes frères de sang et surtout de religion,
[...]
Le Karmalistan traverse une période clé de son histoire. Depuis quelques mois une chance inespérée lui est offerte pour ré-emprunter le chemin d'Allah (swt).
[...]
Alors que la LIM est encore balbutiante, l'attaque contre le Kandjar et l'ignominieuse trahison hachémite ont réveillé la colère du monde musulman. Mais aussi dévoilé sa vulnérabilité, face à une partie des États (notamment en Dytolie) qui osent prendre la défense de l'agresseur. [...] Cette dangereuse situation appelle en interne... des mesures d'exception.
[…]
La guerre est inévitable ! Sa nature prochaine nous oblige à frapper vite et fort, pour purger nos ennemis intérieurs !
[...]
Par conséquent, j'appelle à l'abolition du Shakhanat, et à l'avènement de l’Émirat ![/quote]
La foule des députés exprime bruyamment son approbation.
C'était un fidèle de Barakzaï.

Après ce tonnerre d'applaudissements, un délégué d'Umarshaykh Mirzoalim (oerleuk/général islamiste), monte à son tour à la tribune :
[quote]Je vais être bref, précis et franc. S'il on se doit d'en finir avec le Shakhanat, nous devons non-seulement déchoir l'hindouïste, de tous ses titres et compétences, mais la juger pour ses crimes.[/quote]
C'était un autre fidèle islamiste de la faction de l’Émir. Le terme hindouiste désignait bien-sûr -non sans mépris- la reine.

Après les applaudissements, un certain silence, ponctué de quelques bruyants murmures, s'empare du Majlis.

McNeil, qui pourtant espérait un jour devenir l'époux de la Shakhan, craint avant-tout pour sa réputation : il ne bouge pas.
Umarshaykh Mirzoalim se réjouit de la tournure des événements, et espère bien aller jusqu'à une exécution publique de Mamta Shakhan, une fois sa déchéance aboutie.
Le chef du gouvernement Omar Sultan Zareh observe quant-à-lui la scène en toute quiétude. Dans un cas comme dans l'autre, ce machiavelien saura s'y retrouver !

Mamta Shakhan avait pourtant quelques partisans au Majlis... en particulier chez les Rajans des partis laïcs minoritaires. Mais ceux-ci, comme McNeil, se turent. Déjà réduite au silence, maintenant dégoûtée par leur lâcheté face aux islamistes désormais tout-puissant, elle s'apprêtait à tenter le tout pour le tout, en reprenant ses droits de souveraine pour dénoncer l’Émir à voix haute... acte suicidaire. Quand soudain, un oerleuk se décida à avancer : Nazar Babür, responsable du secteur Nord-Ouest. Il avait toujours sur son front la marque de la crosse de fusil qui le frappa sous les ordres de Mamta Shakhan – il n'en tînt pas rancune.

Malgré la haine qu'il suscite chez les maliks (chefs féodaux tojiks), et l'éternelle rivalité entre oerleuks, on reconnaissait chez Nazar Babür à la fois son sérieux au travail, sa clairvoyance politique, sa modestie personnelle, son attachement au peuple karmali, et surtout sa piété, honnête musulman de la confrérie soufie de Naqshband. En temps normal, le « petit-oerleuk » comme ses ennemis le surnommaient, évitait de trop se faire remarquer : il abhorre les discours publics. Très populaire chez les classes populaires qarlouks, sa parole valait de l'or. On s'attendait, en bon musulman qu'il était, adepte des préceptes d'une école rigoriste, à ce qu'il appuie le mouvement -islamique- de déchéance de la reine -hindoue-.
Il en fut autrement.

Une fois au micro, Nazar Babür défend avec habileté la reine. Prenant soin à titre d’accroche, de dénoncer avec virulence la tyrannie du père (Ismaïl V), il rappelle ensuite aux islamistes quelques réalités :
_ les minorités religieuses ne sont pas réparties en petites communautés au sein de populations majoritairement musulmanes, mais concentrées dans des secteurs géographiquement et ethniquement définis, où celles-ci (populations chrétiennes et hindoues) sont majoritaires depuis des siècles ;
_ la reine demeure très populaire chez les Turciques qarlouks, deuxième grande ethnie du pays, plus progressistes que les Tojiks ;
_ une déchéance de la reine pourrait également provoquer le soutien des hindouïstes au Sud (Dahar) ;
_ le risque de déchirement interne est ainsi très important en cas de déchéance, aussi bien au Dahar (les libéraux, bien qu'hostiles à la reine, se méfient grandement de l'islam radical), qu'en Altaï (Syirs chrétiens) et au décisif Qarloukistan (musulmans anti-déobandis, de l'Arkadyriane et de la vallée de l'Iaxarte, où Mamta Shakhan reste reconnue pour son rôle social).
Nazar Babür souligne ensuite les mérites de la personne ciblée, son engagement auprès des pauvres (l'aumône n'est-il pas l'un des piliers de l'islam ?), l'absence totale de preuve concernant une quelconque trahison, et sa fidélité jusqu'à aujourd'hui aux injonctions de l’Émir, de la Shura des mollahs et du Majlis. Il termine son discours par une proposition : la création d'un comité extraordinaire composé des représentants choisis de chaque faction (islamistes, progressistes et les libéraux du Dahar) chargé de négocier ensemble une issue politique qui profiterait à tous.

Lorsque Nazar Babür termine son discours, peu osent applaudir, mais l'opposition semble tout aussi timide. Le respect du à sa personne d'oerleuk et le bons sens logique qui émane de sa défense, en fait un parfait avocat pour la reine.

Le coup final est donné par Omar Sultan Zareh : à la stupéfaction du camp ultra-conservateur, le chef du gouvernement, pourtant lui-aussi islamiste et proche de l'Emir, prend la défense de Nazar Babür et souligne la pertinence de ses arguments. Il appuie sa proposition... qui est finalement approuvée par le Majlis. On scande alors "Vive Zareh ! vive Babür !"

Mamta Shakhan est sauvée. Le Karmalistan ne sera pas un "Émirat Islamique".

_____________________________________________________________________

Une fois la séance parlementaire terminée, Nazar Babür chercha à fuir rapidement et discrètement le Majlis. Pourtant auréolé de gloire, il fuyait comme s'il avait peur. Mais de quoi ? de qui ?
Il ne pouvait craindre les libéraux : minoritaires et lâches, ils étaient les plus pathétiques. Ses rivaux islamistes ? Ce sont eux qui avaient peur de lui ! Babur était respecté de tous, et intouchable. Il venait même de recevoir la bénédiction du chef du gouvernement. Alors pourquoi fuyait-il ?

Tous savaient que Nazar Babür exécrait les honneurs. Mais peu auraient osé imaginer ce qui l’apeurait réellement ce jour-là : la (trop) belle et (trop) prestigieuse Mamta Shakhan.
Aussi la reine ne put lui exprimer son affection et ses remerciements. Elle n'eut droit qu'aux mensonges sournois de McNeil, venu l'accoster afin d'absoudre sa passivité : « bien-entendu, majesté, j'en connaissais d'avance l'issue heureuse ! » dit-il, en tartuffe, avec son légendaire sourire présomptueux.

Quant à Omar Sultan Zareh, peu après avoir rassuré les islamistes sur ses intentions à moyen/long terme, s'approcha à son tour de la reine - qui espérait toujours un retour de Nazar Babür :
[quote]L'homme qui vous a sauvé aujourd'hui est un bien curieux personnage. Je ne sais pourquoi il est intervenu en votre faveur, avant de fuir comme un délinquant malgré son succès politique.
Il semble avoir aussi peu d'intérêt pour l'argent que pour le prestige, le pouvoir ou... les femmes. Il n'a d'yeux en réalité que pour une cause qui m'échappe encore. Mais soyez sûre, votre majesté, que je finirai par découvrir son allégeance idéologique véritable.[/quote]
Vladimir Ivanov

Message par Vladimir Ivanov »

====> [url]https://simpolitique.net/viewtopic.php?p=335171#p335171[/url]

[img]https://i.imgur.com/JsaQR8X.jpg[/img]

Un professeur tojike de l'université de Daharpur et spécialiste des langues céruléennes, commente -brièvement- à son fils (15 ans), la riposte du journal caskar, à la "chronologie des évènements" exposés par Shakhan'anjar.
Si l'illustration le fit sourire, et qu'il reconnu la pertinence de la fin de l'article (le Karmalistan ayant en effet beaucoup à se reprocher, sur les crises intérieures qu'il subissait à répétition), le début de ces écrits ne lui inspirera qu'un profond dégoût. Comment pouvait-on faire plus inepte que ce journaliste dont la présomption n'avait d'égale que son incompétence professionnelle ?


Écoute mon fils. Tu as ici un parfait exemple de manipulation journalistique. D'abord, le premier :
[quote]L'allusion est amusante puisque si l'on se réfère à la missive Hachémane mentionnée ici, l'Hachémanie (qui à déjà souffert du terrorisme), ne s'en prend pas au Kandjar lui même, mais lui reproche de rejoindre la LIM dont fait partie l'Aminavie. Il y a déjà une énorme différence.[/quote]

===> [url=https://image.noelshack.com/fichiers/2018/15/2/1523395966-clairetconcis.png]Un schéma clair, simple, concis, pour comprendre la mesquinerie, la mauvaise foi et l'absurdité de cette première remarque.[/url] <===
(schéma adapté à la fois pour les collégiens, tel que le fils de ce professeur, et... les journalistes caskars, histoire de se mettre au niveau de leur entendement réel).

Ainsi, voilà comment débute l'article. Avec une accroche du pure style de masturbation sophistique, qui plus est lamentablement stérile. Chercher la petite bête... ne même pas la trouver, et l'inventer pour se rassurer soi-même dans son auto-satisfaction.

Passons les polémiques sur le rôle passé de l'Aminavie : c'est à elle de défendre son cas, et en simple citoyen karmali, je ne peux connaître tous les dessous de ses intentions.

[quote]Sérieusement ?! Cela les étonnes ? La Hachémanie à clairement énoncée pourquoi elle ne supportait pas la LIM et vous pensiez que l'apater en lui proposant de rejoindre un projet à laquelle vous n'avez même pas daigné la convier dès sa création alors même qu'elle abrite les lieux sacro-saints de l'Islam ?! (Probablement un coup de poignard des Aminaviens d'ailleurs, puisque vous braillez sur tout les toits que cette ligue est de leur origine.)[/quote]
La LIM savait très probablement à l'avance que la Hachémanie refuserait de participer à l'alliance. Comme prouvé par ce schéma, il s'agit belle et bien d'une altercation avec le Kandjar, tel que décrit par la chronologie de Shakhan'anjar. C'est d'ailleurs justement une des raisons qui la poussa finalement à venir quand même lui proposer une entrée, pour la faire participer... AU CONGRES FONDATEUR ! Lequel, je te le donne en mille, fiston, n'avait pas encore eu lieu* !
[HRP : * absence prolongée de Mohammed Ier]

Tu as maintenant la cerise sur le gâteau. L'apothéose de la mauvaise foi, du calcul intéressé (qui plus est maladroit), et de la perfidie de bas étage.

[quote]Ah oui ? Et comment avez-vous déterminer la culpabilité Hachémanienne ?[/quote]
Par ces mots, le journaliste vient de se faire démasquer.
Il sait très bien que la Hachémanie est coupable dans son for intérieur. Mais puisqu'il a choisi son camp... c'est une guerre fiston, une guerre de l'information.

Restons-en à l'analyse schématique. La seule qui soit accessible à ce genre de personnage.

Temps 1
Un pays A adhère à une organisation vivement dénoncée par un pays B.
La situation antérieure ne nous intéresse pas parce qu'on cherche à prouver qui est l'agresseur, pas à savoir si cette agression était justifiée.

T2
Le B averti le A : il rompt temporairement ses liens permanents ("rappel des ambassadeurs") et bloque leur longue frontière commune avec ses forces de sécurité et militaires.

T3
Quelques semaines plus tard, alors que le B n'a reçu aucune réponse, le A se fait attaquer par des "ovnis". Aucun journaliste sérieux (certes, donc pas celui du Caskar) ne peut en rester là : sachant qu'il s'agit d'une réplique après des tirs anti-aériens, il s'agit très probable de drones armés ou d'avions de combat à faible signature radar.

T4
A demande officiellement des explications : B reste silencieuse, le même silence qu'après la proposition d'adhésion faite par l'organisation de A.

Nous avons donc :
1- A et B sont voisins et frontaliers
2- B compte parmi les trois plus grandes puissances militaires mondiales (à comparer avec la faible capacité de riposte kandjarie, dont l'espace aérien fut harcelé à plusieurs reprises au cours des mois précédents)
3- les dénonciations diplomatiques de B à l'égard de A
4- la fermeture unilatérale des frontières ordonnée par B
5- les violations à répétition de l'espace aérien de A par un ennemi X (les fameux "ovnis", et "soucoupe de sarrasins" décrits par quelques faux-imams illuminés quelques semaines avant)
6- l'absence de porte-avions à proximité des côtes (autre qu'appartenant à... B)
7- les limites structurelles de l'autonomie (rayon d'action) de n'importe quel avion de chasse ou de missiles de croisière et l'absence d'aérodromes militaires hors-B à distance suffisante de A

[quote]Navré messieurs, mais nulle preuve.[/quote]
Tu vois fiston, celui qui me prononce ces mots en face, après ces points énumérés ci-dessus, cela tout en gardant son air sérieux avec son nœud de papillon et son air hautain... recevra en retour une tarte. Je ne sais si tu peux imaginer son intensité, mais disons que c'est le genre de torgnole qui irait jusqu'à provoquer un traumatisme crânien. Dans la figure, comme ça, tu vois ! Cela pour m'avoir manqué de respect en faisant preuve de la plus magistrale des mauvaises foi qu'on puisse imaginer.
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