Activités internes (Utilisable avec permission)
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Hobbes
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Hobbes
[center]L'eau est lancée sur le grégeois
[img]http://img4.hostingpics.net/pics/220879Commencement.jpg[/img][/center]
Centre cosmopolite de l'une des grandes religions répandues du globe, le Saint-Siège, ayant endossé moult rôles de premier plan au cours de son histoire, est depuis peu en lent déclin...Récemment, la révolution en Rioda chassa les ecclésiastiques de la scène politique, révoquant presque tous les privilèges que l'Église avait jusqu'alors jalousement préservé à l'aune des deux derniers millénaires, mais ces abolitions au nom d'une liberté nouvelle échaudaient éminemment la papauté et ses princes, qui jugeaient que l'Église était assiégée et expropriée illégitimement. Autrement dit, spoliée. Refoulé et dorénavant cloîtré dans une certes charmante, mais vieille cité médiévale, le haut-clergé catholique ourdissait des plans pour mettre un terme à leur musellement, à la fois pour se voir restitué et honoré, mais également pour défaire l'ignominie qui régnait sur le pays depuis l'an de grâce deux-mille-vingt.
Ceci dit, si les clercs médisaient leur isolement, ce n'était pas que ces oligarques d'un autre âge qui vociféraient...Les peuples fidèles à Christ se sentaient éprouvés par les gouvernements nouveaux et les réformes entreprises, et tout particulièrement, l’anémie de moralité. Cela allait justement être cet assentiment populaire qui fournirait les munitions indispensables à une...contre-lucifération.
Au sein de Castelnau, ville fortifiée où le Saint-Siège est désormais reclus, le pontife Aurélien Ier, élu deux ans auparavant, commençait à semer ce qui fut largement préparé par son prédécesseur, feu Célestin IV...Afin de mettre un terme au mutisme, le Saint-Père décida, avec l’approbation de ses conseillers, de mener une politique agressive et soutenue de diabolisation des gouvernants, considéré comme impies, ce, par une campagne oratoire qui se disséminerait à travers l'universalité de l'Église, de par le monde...L'intérêt? Promouvoir les prérogatives cléricales, rétablir les États du pape ainsi que les États convenables et éthiques, selon les critères de la papauté...Une Croisade est entonnée!
[quote]Encyclique Honorem Dei :
[ms]Chers Filles et Fils,
Sœurs et frères,
Irréductibles fidèles du Christ,
La Sainte Église catholique a longtemps essayé de modérer ses propos en témoignant sa patience à des gens de mauvaise vie, des personnes à même les gouvernements qui sont en ce moment les dépositaires d'une précieuse responsabilité morale qu'ils souillent en traitant de superstition notre Dieu, en usant de théories pour dire que la Sainte Bible est une supercherie, en irritant l'Éternel en agissant tels les Sodomites et Gomorrhéens.
Si répréhensibles, il y en a plusieurs, mais je ne citerai que les gens qui usurpent la vertu en Rioda et Ardogne, ceux qui concurrencent odieusement les cités vouées par interdit! Si vos gouvernants vous disent ce précepte :«Rendez à César ce qui appartient à César», ils ont oublié Christ qui renversa les étalages dans le Temple parce que des voyous troquaient tandis que les pharisiens ne faisaient rien! Ils insistent pour que vous leur rendiez leur dû, mais ils délestent d'une autre main. Enfants du Seigneur, je vous incite à mettre en terme au règne de ceux qui prétendent être les garants de vos libertés car ils ne sont guère mieux que des Simon le Magicien, prestidigitateurs malhonnêtes et corrupteurs.
Fidèles aux idéaux de la Trinité, soulevez-vous et rétablissez vos hommes de foi dans leur devoir, restaurez les couronnes bénies qui assuraient, avec vos évêques, le maintien du bon cap vers la repentance, vers la droiture, vers le Paradis. Déposez les suppôts de Satan, les adeptes de Mammon, départissez-vous de ces faux prophètes qui vous hypnotisent avec leur cirque, leurs jeux et leurs théoriciens de l’absurde.
Venez en aide à vos prêcheurs, à vos bergers, venez en aide à volonté divine avant que notre Jérusalem ne subisse l'Exile de l'Espérance!
Pontifex maximus Aurélien Ier.[/ms][/quote]
P.-S. Le pontife utilise radiocommunication et prospectus abondamment pour répandre son message au-delà des frontières, par des intermédiaires...En Castelnau, dans les enceinte de la ville pontificale, les gardes nobles, gens d'armes et aristocrates de la noblesse noire organisèrent un renforcement de la ville et une préparation défensive en cas d'agression physique externe...
[img]http://img4.hostingpics.net/pics/220879Commencement.jpg[/img][/center]
Centre cosmopolite de l'une des grandes religions répandues du globe, le Saint-Siège, ayant endossé moult rôles de premier plan au cours de son histoire, est depuis peu en lent déclin...Récemment, la révolution en Rioda chassa les ecclésiastiques de la scène politique, révoquant presque tous les privilèges que l'Église avait jusqu'alors jalousement préservé à l'aune des deux derniers millénaires, mais ces abolitions au nom d'une liberté nouvelle échaudaient éminemment la papauté et ses princes, qui jugeaient que l'Église était assiégée et expropriée illégitimement. Autrement dit, spoliée. Refoulé et dorénavant cloîtré dans une certes charmante, mais vieille cité médiévale, le haut-clergé catholique ourdissait des plans pour mettre un terme à leur musellement, à la fois pour se voir restitué et honoré, mais également pour défaire l'ignominie qui régnait sur le pays depuis l'an de grâce deux-mille-vingt.
Ceci dit, si les clercs médisaient leur isolement, ce n'était pas que ces oligarques d'un autre âge qui vociféraient...Les peuples fidèles à Christ se sentaient éprouvés par les gouvernements nouveaux et les réformes entreprises, et tout particulièrement, l’anémie de moralité. Cela allait justement être cet assentiment populaire qui fournirait les munitions indispensables à une...contre-lucifération.
Au sein de Castelnau, ville fortifiée où le Saint-Siège est désormais reclus, le pontife Aurélien Ier, élu deux ans auparavant, commençait à semer ce qui fut largement préparé par son prédécesseur, feu Célestin IV...Afin de mettre un terme au mutisme, le Saint-Père décida, avec l’approbation de ses conseillers, de mener une politique agressive et soutenue de diabolisation des gouvernants, considéré comme impies, ce, par une campagne oratoire qui se disséminerait à travers l'universalité de l'Église, de par le monde...L'intérêt? Promouvoir les prérogatives cléricales, rétablir les États du pape ainsi que les États convenables et éthiques, selon les critères de la papauté...Une Croisade est entonnée!
[quote]Encyclique Honorem Dei :
[ms]Chers Filles et Fils,
Sœurs et frères,
Irréductibles fidèles du Christ,
La Sainte Église catholique a longtemps essayé de modérer ses propos en témoignant sa patience à des gens de mauvaise vie, des personnes à même les gouvernements qui sont en ce moment les dépositaires d'une précieuse responsabilité morale qu'ils souillent en traitant de superstition notre Dieu, en usant de théories pour dire que la Sainte Bible est une supercherie, en irritant l'Éternel en agissant tels les Sodomites et Gomorrhéens.
Si répréhensibles, il y en a plusieurs, mais je ne citerai que les gens qui usurpent la vertu en Rioda et Ardogne, ceux qui concurrencent odieusement les cités vouées par interdit! Si vos gouvernants vous disent ce précepte :«Rendez à César ce qui appartient à César», ils ont oublié Christ qui renversa les étalages dans le Temple parce que des voyous troquaient tandis que les pharisiens ne faisaient rien! Ils insistent pour que vous leur rendiez leur dû, mais ils délestent d'une autre main. Enfants du Seigneur, je vous incite à mettre en terme au règne de ceux qui prétendent être les garants de vos libertés car ils ne sont guère mieux que des Simon le Magicien, prestidigitateurs malhonnêtes et corrupteurs.
Fidèles aux idéaux de la Trinité, soulevez-vous et rétablissez vos hommes de foi dans leur devoir, restaurez les couronnes bénies qui assuraient, avec vos évêques, le maintien du bon cap vers la repentance, vers la droiture, vers le Paradis. Déposez les suppôts de Satan, les adeptes de Mammon, départissez-vous de ces faux prophètes qui vous hypnotisent avec leur cirque, leurs jeux et leurs théoriciens de l’absurde.
Venez en aide à vos prêcheurs, à vos bergers, venez en aide à volonté divine avant que notre Jérusalem ne subisse l'Exile de l'Espérance!
Pontifex maximus Aurélien Ier.[/ms][/quote]
P.-S. Le pontife utilise radiocommunication et prospectus abondamment pour répandre son message au-delà des frontières, par des intermédiaires...En Castelnau, dans les enceinte de la ville pontificale, les gardes nobles, gens d'armes et aristocrates de la noblesse noire organisèrent un renforcement de la ville et une préparation défensive en cas d'agression physique externe...
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Hobbes
[center][img]http://img4.hostingpics.net/pics/3102282595Vitraildelaresurrectionmaxi.gif[/img][/center]
[quote][ms]Bulle
Par la grâce du Père, du Fils et du Saint-Esprit,
La Curie, assemblée par le pontifex maximus Aurélien Ier, invalide par cette bulle les Conseils diocésains du Sermon récemment institués par M. Juan Cailloza et dénonce toute personne qui se soumettra ou participera de quelconque façon à ces comités schismatiques. Les hommes de Dieu du droit chemin ne doivent obédience qu'au gardien des clefs de Saint-Pierre : le Pontife, primus inter pares en l'Église du Christ.[/ms]
[/quote]
[quote][ms]Aux sujets de la Seigneurie apostolique
Nous, Aurélien Ier, pontife suprême de l'Église catholique, demandons aux sujets du domaine pontifical de rejoindre votre podestat de quartier, qui organisera la distribution des rations régulières dues aux familles et régira les doléances des nécessiteux.
Afin d'assurer votre sûreté, nous établissons un couvre-feu qui sera de 6h00 à 20h00, et décrétons un rationnement des réserves de nourriture jusqu'à nouvel ordre.
Au cœur de cette épreuve, soyons solidaires, préservons la Foi et la Patience, protégeons l'Espérance.
Que Dieu bénisse les dévots et chevaliers.[/ms]
[/quote]
[quote][ms]Garnison papale
Les Saint-Père ordonne à la Commanderie pontificale de la Maison militaire d'immédiatement mettre en œuvre les renforcements des ponts Martyris et Ex Gracia, seuls accès terrestres accessibles pour entrer dans l'enceinte. À ceci, ajoutez des guetteurs surveilleront l'étendue des berges afin de signaler les intrus.
Commandeur Rodrigue Cordonnez, nous souhaitons que vous mettiez tous les efforts pour armer et préparer vos hommes pour juguler toute force qui tentera s'assaillir la ville et de mettre en péril la vie des gens qui y vivent.
Que le Seigneur vous accompagne.[/ms]
(1000 gens d'armes, épaulé de 400 miliciens fortifient les entrées de Castelnau et assurent la sécurité intérieure.) [/quote]
Pendant que l'allocution papale proliférait à travers de nombreux pays, le gouvernement du président Juan Cailloza de Rioda mobilisait quelques hommes pour assiéger le domaine pontifical. À Castelnau, les autorités essayaient de tant bien que mal de renforcer au mieux de leur capacité la ville, disposant des mitrailleuses lourdes en périphérie des ponts et là où des berges pouvaient permettre un débarquement, mettant en place des tireurs d'élite dans les hauts lieux et utilisant toute l'artillerie à disposition, même celle ancienne. Autant dire qu'un amalgame d'armes d'époques distinctes s'alliait pour l'événement...Bien entendu, la meilleure arme actuelle des États pontificaux n'étaient pas le glaive, mais la crosse. En ce sens, les mots allaient avoir davantage d'impact que les balles et carreaux qui s'entrecroiseraient dans une bataille...si une bataille ose se profiler. Encore faut-il pouvoir également communiquer ses paroles pour faire réagir. Ainsi, par prévenance, le pape fit créer une radio pirate afin de transmettre ses informations, et utilisa les vieux réseaux de télégraphie, encore ne usage dans certains villages, mais aussi dans les communications d'urgence de l'armée...
[quote][ms]Radio pirate sous-jacente à celle officielle
Honorem Dei du Jour
Annoncé par P. Philip Giovanni
Sœurs, Frères,
Vous tous, ô fidèles en Christ, vous qui êtes de tous les métiers, vous qui avez parfois travaillé pour ces hommes qui aujourd'hui attaquent votre gardien des clefs, nous vous invitons à secourir vos bergers, à cesser de ternir vos consciences et de vous voir purgé. Oui, c'est possible! Revenez vers Dieu, vers la Promesse salutaire qu'Il consentit pour nous tous, rompez les chaînes de ceux qui vous abrutissent et obnubilent l'esprit, venez rétablir le vicaire du Christ dans ses États, appuyez-le et vous obtiendrez l'Absolution! Joignez les chevaliers qui combattent pour la Foi, engagez-vous à renverser l'ignominie et rétablissez les oints, ceux qui avaient l'aval par le Sacrement![/ms] [/quote]
[quote][ms]Bulle
Par la grâce du Père, du Fils et du Saint-Esprit,
La Curie, assemblée par le pontifex maximus Aurélien Ier, invalide par cette bulle les Conseils diocésains du Sermon récemment institués par M. Juan Cailloza et dénonce toute personne qui se soumettra ou participera de quelconque façon à ces comités schismatiques. Les hommes de Dieu du droit chemin ne doivent obédience qu'au gardien des clefs de Saint-Pierre : le Pontife, primus inter pares en l'Église du Christ.[/ms]
[/quote]
[quote][ms]Aux sujets de la Seigneurie apostolique
Nous, Aurélien Ier, pontife suprême de l'Église catholique, demandons aux sujets du domaine pontifical de rejoindre votre podestat de quartier, qui organisera la distribution des rations régulières dues aux familles et régira les doléances des nécessiteux.
Afin d'assurer votre sûreté, nous établissons un couvre-feu qui sera de 6h00 à 20h00, et décrétons un rationnement des réserves de nourriture jusqu'à nouvel ordre.
Au cœur de cette épreuve, soyons solidaires, préservons la Foi et la Patience, protégeons l'Espérance.
Que Dieu bénisse les dévots et chevaliers.[/ms]
[/quote]
[quote][ms]Garnison papale
Les Saint-Père ordonne à la Commanderie pontificale de la Maison militaire d'immédiatement mettre en œuvre les renforcements des ponts Martyris et Ex Gracia, seuls accès terrestres accessibles pour entrer dans l'enceinte. À ceci, ajoutez des guetteurs surveilleront l'étendue des berges afin de signaler les intrus.
Commandeur Rodrigue Cordonnez, nous souhaitons que vous mettiez tous les efforts pour armer et préparer vos hommes pour juguler toute force qui tentera s'assaillir la ville et de mettre en péril la vie des gens qui y vivent.
Que le Seigneur vous accompagne.[/ms]
(1000 gens d'armes, épaulé de 400 miliciens fortifient les entrées de Castelnau et assurent la sécurité intérieure.) [/quote]
Pendant que l'allocution papale proliférait à travers de nombreux pays, le gouvernement du président Juan Cailloza de Rioda mobilisait quelques hommes pour assiéger le domaine pontifical. À Castelnau, les autorités essayaient de tant bien que mal de renforcer au mieux de leur capacité la ville, disposant des mitrailleuses lourdes en périphérie des ponts et là où des berges pouvaient permettre un débarquement, mettant en place des tireurs d'élite dans les hauts lieux et utilisant toute l'artillerie à disposition, même celle ancienne. Autant dire qu'un amalgame d'armes d'époques distinctes s'alliait pour l'événement...Bien entendu, la meilleure arme actuelle des États pontificaux n'étaient pas le glaive, mais la crosse. En ce sens, les mots allaient avoir davantage d'impact que les balles et carreaux qui s'entrecroiseraient dans une bataille...si une bataille ose se profiler. Encore faut-il pouvoir également communiquer ses paroles pour faire réagir. Ainsi, par prévenance, le pape fit créer une radio pirate afin de transmettre ses informations, et utilisa les vieux réseaux de télégraphie, encore ne usage dans certains villages, mais aussi dans les communications d'urgence de l'armée...
[quote][ms]Radio pirate sous-jacente à celle officielle
Honorem Dei du Jour
Annoncé par P. Philip Giovanni
Sœurs, Frères,
Vous tous, ô fidèles en Christ, vous qui êtes de tous les métiers, vous qui avez parfois travaillé pour ces hommes qui aujourd'hui attaquent votre gardien des clefs, nous vous invitons à secourir vos bergers, à cesser de ternir vos consciences et de vous voir purgé. Oui, c'est possible! Revenez vers Dieu, vers la Promesse salutaire qu'Il consentit pour nous tous, rompez les chaînes de ceux qui vous abrutissent et obnubilent l'esprit, venez rétablir le vicaire du Christ dans ses États, appuyez-le et vous obtiendrez l'Absolution! Joignez les chevaliers qui combattent pour la Foi, engagez-vous à renverser l'ignominie et rétablissez les oints, ceux qui avaient l'aval par le Sacrement![/ms] [/quote]
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[center]Un Pacte pour régler
[img]http://img4.hostingpics.net/pics/542289Cv27wxh.jpg[/img][/center]
[quote]Les semaines s'accumulaient depuis l'allocution papale qui chahuta la communauté mondiale, et depuis lors, le pape Aurélien et son équipe s'activèrent énergiquement dans la vieille et poussiéreuse cité de Castelnau, afin de rendre justice à leurs ambitions et honneur à Christ le Salvateur, d'une façon digne du Testament Ancien. Toujours dans cet élan de continuité avec les volontés émanant du Trône de Saint-Pierre, la Curie s'appliqua à prescrire docilement tous les vœux du pontife à la modeste communauté du château-fort, même au-delà. D'ailleurs, toute la bourgade s’affairait avec zèle à accomplir les moindres souhaits du Saint-Père…Tous avaient un but: Les villageois ouvrageaient, les aumôniers veillaient sur les humbles, les gens d'armes guettaient les horizons, les podestats administraient les réserves et s'assuraient du maintien de la paix, et enfin, les évêques auréolés de la pourpre barrette conseillaient Aurélien tout en agissant au gré des convenances de ce maître audacieux. Le morale se voyait donc au beau fixe, au plaisir du clergé...Néanmoins, si tous œuvraient aussi vaillamment et décuplaient des efforts extraordinaires, c'était pour parvenir à un aboutissement. Ainsi, personne n'espérait que le conflit perdure des lustres, ni le pape de l'Église, ni le président de la République...En ce sens, une chose prévisible, mais éminemment logique arriva : Une missive qui offrait une issue nouvelle...
[/quote]
[quote][ms]Conseil restreint de la Curie
Siégeant silencieusement sur son trône, à l'aurore d'une séance, Aurélien scrutait encore et encore une feuille pendant que les princes de l'Église entraient au sein de la pièce et prenaient lentement place sur les chaises attitrées. Tous s'asseyaient paisiblement, tout en chuchotant discrètement, quand dans l'esprit du Saint-Père, un véritable dilemme cornélien s'imposait...Soudain, bel et bien debout, le héraut ouvrait le Conseil, éjectant le pape de sa réflexion et le projetant face à ses pairs, avec de toutes nouvelles informations. C'était donc à lui de se prononcer et de faire part aux autres des actualités...
«Éminences!», s'exclama Aurélien, en brandissant la même feuille qui auparavant captait son attention,«Voici une lettre de M. Cailloza, qui nous...invite à renégocier la place légale de l'Église dans la société riodéenne. Cette place est un ensemble de concessions que la République souhaiterait nous offrir afin que nous cessions de nous investir sur l'échiquier politique du pays et mettions fin à nos manœuvres.» Remettant la missive au héraut, le pontife regarda la réaction de ses partenaires, qui apparemment, se constatait sereine,«J'imagine que vous aspirez à entendre les privilèges que le président est prêt à nous consentir...Donc, lisez-les, Antonius.» Le héraut s'affaira donc sans faire montre du moindre commentaire:«Si la Sainte Église catholique accepte de souscrire à ce traité, elle bénéficiera à nouveau de la propriété foncière de ses églises et sanctuaires, pourra jouir de la liberté d'enseignement, recouvra une parcelle rurale de ses États, précisément et uniquement l'entourage de Castelnau et recevra une pension pour entretenir ses possessions. En l'occurrence, les prêtres catholiques seront, toujours, si l'Église y agrée, rémunérés par la République. De surcroît, la République dissoudra le Comité diocésain des Sermons et cessera toute malversation envers l'Église, comme l'Église elle-même cessera toute malversation envers la République.» Ceci dit, les cardinaux de la salle murmuraient, et quelques-uns signalaient le vœu de s'exprimer, ce que le pape, intrigué, permit, laissant Son Éminence Gaston Villeneuve s'élancer:«C'est là une option à envisager. Que le président propose si tôt une trêve et veuille concéder tant, c'est une occasion en or de ne point dépenser davantage nos ressources tout en garantissant à l'Église des bénéfices adéquats.» Sitôt un avis souligné, sitôt un autre s'ajoutait, cette fois par la voix de Son Éminence Ernesto Giovanni:«Pères de l'Église, il est ici évident que ce n'est qu'une tentative, que j'espère vaine, de nous amadouer. Même si je comprends les sages propos de M. Villeneuve, qui ne sont pas dénués de pertinence, je ne puis que dire une chose...n'acceptons pas ce simulacre de trêve. Nous commençons à faire plier Cailloza, ne nous arrêtons pas maintenant. Je vous rappelle que ce fut cette République qui nous bâillonna et qui nous repoussa ici, nous expropriant et expulsant. Elle nous dénigre et est loin de nous tenir en respect. Dieu, dans leur optique, c'est comme Zeus, Râ ou Odin, des figures idolâtres qui aliènent les simples, faisant partie de l'histoire, ayant eu son importance, sans plus...Allons, allons! Les gens de Cailloza essaient clairement de nous faire taire...» Reprenant la parole, Villeneuve s'empressa:«Certes, M. Giovanni. Néanmoins, dans l'hypothèse où nous rejetterions cet accord, avez-vous envisagé qu'il y aura des réfractaires? Tous les prêtres ne ploieront pas, c'est vrai, mais certains, bon gré mal gré, s'assermenteront à la République et dénonceront leurs frères, même nous, et rendu-là, le Saint-Père également...un antipape viendra peut-être! Les ouailles seront dans le doute quand elles verront leurs bergers se malmener et se contredire entre-eux…» À nouveau, Giovanni rectifia:«Vous dites que des gens combattront...Oui, c'est inévitable, et cette question n'est plus à l'ordre du jour. C'était déjà une actualité quand nous déclarions une Croisade contre les impies. En plus, vous mentionnez des contradictions, mais si le pape acceptait cette entente, il serait le premier à se discréditer en serrant la main à celui qui a été interpellé sous le nom de suppôt de Satan. Quant aux religieux qui trahiraient l'Église au profit des darwinistes et autres existentialistes, considérons-les comme l'ivraie à séparer du bon grain, rien de moins. Présentement, ce concordat, c'est un pacte que Lucifer propose par un intermédiaire pour nous affaiblir...Je considère que nous devrions décliner l'offre, et poursuivre jusqu'à la fin. Au pire, certains honoreront Christ par leur martyr, et au mieux, nous feront luire la grâce de Dieu à travers ce monde par l'exemplarité!» Les débats se poursuivirent, sous l’œil attentif d'Aurélien, qui modéra longtemps la situation jusqu'à demander un vote, qui conclut de la direction à suivre...ce choix fut finalement presque unanime malgré les échanges préliminaires houleux.[/ms]
[/quote]
[quote][ms]Rescrit Divino Paenitentiae
Par le grâce du Père, du Fils et du Saint-Esprit, le Pontifex maximus Aurélien Ier, magister de la Sainte Église catholique, proclame :
Chers Filles et Fils,
Chers Sœurs et Frères,
Celles et ceux au-delà,
Avant de vous partager le contenu de mes convictions, je souhaite vous réciter les Saints-Évangiles pour vous munir d'outils qui vous permettront de capter l'essence de mon message. Alors, commençons...il y a Saint-Matthieu en 7, 13 à 14 : «Entrez par la porte étroite. Car large est la porte, spacieux est le chemin qui mène à la Perdition, et il y en a beaucoup qui entrent par-là. Mais étroite est la porte, resserré le chemin qui mènent à la vie, et il y en a peu qui les trouvent.» À cela, j'ajoute Ésaïe 35, 8 : «Il y aura là un chemin frayé, une route, qu'on appellera la voie sainte; Nul impur n'y passera, elle sera pour eux seuls; Ceux qui la suivront, même les insensés, ne pourront s'égarer.» Encore là, il y a Galate en 4, 8 à 9:«Autrefois, ne connaissant pas Dieu, vous serviez des dieux qui ne le sont pas de leur nature; mais à présent que vous avez connus Dieu, ou plutôt que vous avez été connus de Dieu, comment retournez-vous à ces faibles et pauvres principes élémentaires auxquels vous voulez vous asservir encore? »
Ainsi dévoilé, ô ouailles du Seigneur, apprenez que je suis résolu à maintenir le bon cap...là la raison pour laquelle j'ai décliné une offre que M. Cailloza nous fit. Pourquoi, me direz-vous à nouveau? Parce que cette offre avait tous les aspects d'un pacte, que je ne puis signer sans parjurer l'Église. Un pacte qui promettait de mielleuses tentations, mais qui s'avérait un infâme simulacre! Comment être enclin à ce qu'un serviteur du Malin propose? Il faut être désorienté! Cet endiablé tendit la main, nous incitant à abandonner en échange de vils cadeaux, nous menaçant de couper notre tronc en cas de refus. Moi, je dis qu'ils essaient, car ma vigne est Christ, et jamais cet arbre ne connaîtra la défaite! Quand la tempête s’abat, la montagne n'a que faire de ces hurlements! Enfants d’Elohim, fils d'Adam, héritiers d’Israël et de Juda, disciples de Christ, vous êtes à même de repousser les bourrasques et les tremblements de la Terre en vous confiant à l'Église du Seigneur![/ms]
[/quote]
[img]http://img4.hostingpics.net/pics/542289Cv27wxh.jpg[/img][/center]
[quote]Les semaines s'accumulaient depuis l'allocution papale qui chahuta la communauté mondiale, et depuis lors, le pape Aurélien et son équipe s'activèrent énergiquement dans la vieille et poussiéreuse cité de Castelnau, afin de rendre justice à leurs ambitions et honneur à Christ le Salvateur, d'une façon digne du Testament Ancien. Toujours dans cet élan de continuité avec les volontés émanant du Trône de Saint-Pierre, la Curie s'appliqua à prescrire docilement tous les vœux du pontife à la modeste communauté du château-fort, même au-delà. D'ailleurs, toute la bourgade s’affairait avec zèle à accomplir les moindres souhaits du Saint-Père…Tous avaient un but: Les villageois ouvrageaient, les aumôniers veillaient sur les humbles, les gens d'armes guettaient les horizons, les podestats administraient les réserves et s'assuraient du maintien de la paix, et enfin, les évêques auréolés de la pourpre barrette conseillaient Aurélien tout en agissant au gré des convenances de ce maître audacieux. Le morale se voyait donc au beau fixe, au plaisir du clergé...Néanmoins, si tous œuvraient aussi vaillamment et décuplaient des efforts extraordinaires, c'était pour parvenir à un aboutissement. Ainsi, personne n'espérait que le conflit perdure des lustres, ni le pape de l'Église, ni le président de la République...En ce sens, une chose prévisible, mais éminemment logique arriva : Une missive qui offrait une issue nouvelle...
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[quote][ms]Conseil restreint de la Curie
Siégeant silencieusement sur son trône, à l'aurore d'une séance, Aurélien scrutait encore et encore une feuille pendant que les princes de l'Église entraient au sein de la pièce et prenaient lentement place sur les chaises attitrées. Tous s'asseyaient paisiblement, tout en chuchotant discrètement, quand dans l'esprit du Saint-Père, un véritable dilemme cornélien s'imposait...Soudain, bel et bien debout, le héraut ouvrait le Conseil, éjectant le pape de sa réflexion et le projetant face à ses pairs, avec de toutes nouvelles informations. C'était donc à lui de se prononcer et de faire part aux autres des actualités...
«Éminences!», s'exclama Aurélien, en brandissant la même feuille qui auparavant captait son attention,«Voici une lettre de M. Cailloza, qui nous...invite à renégocier la place légale de l'Église dans la société riodéenne. Cette place est un ensemble de concessions que la République souhaiterait nous offrir afin que nous cessions de nous investir sur l'échiquier politique du pays et mettions fin à nos manœuvres.» Remettant la missive au héraut, le pontife regarda la réaction de ses partenaires, qui apparemment, se constatait sereine,«J'imagine que vous aspirez à entendre les privilèges que le président est prêt à nous consentir...Donc, lisez-les, Antonius.» Le héraut s'affaira donc sans faire montre du moindre commentaire:«Si la Sainte Église catholique accepte de souscrire à ce traité, elle bénéficiera à nouveau de la propriété foncière de ses églises et sanctuaires, pourra jouir de la liberté d'enseignement, recouvra une parcelle rurale de ses États, précisément et uniquement l'entourage de Castelnau et recevra une pension pour entretenir ses possessions. En l'occurrence, les prêtres catholiques seront, toujours, si l'Église y agrée, rémunérés par la République. De surcroît, la République dissoudra le Comité diocésain des Sermons et cessera toute malversation envers l'Église, comme l'Église elle-même cessera toute malversation envers la République.» Ceci dit, les cardinaux de la salle murmuraient, et quelques-uns signalaient le vœu de s'exprimer, ce que le pape, intrigué, permit, laissant Son Éminence Gaston Villeneuve s'élancer:«C'est là une option à envisager. Que le président propose si tôt une trêve et veuille concéder tant, c'est une occasion en or de ne point dépenser davantage nos ressources tout en garantissant à l'Église des bénéfices adéquats.» Sitôt un avis souligné, sitôt un autre s'ajoutait, cette fois par la voix de Son Éminence Ernesto Giovanni:«Pères de l'Église, il est ici évident que ce n'est qu'une tentative, que j'espère vaine, de nous amadouer. Même si je comprends les sages propos de M. Villeneuve, qui ne sont pas dénués de pertinence, je ne puis que dire une chose...n'acceptons pas ce simulacre de trêve. Nous commençons à faire plier Cailloza, ne nous arrêtons pas maintenant. Je vous rappelle que ce fut cette République qui nous bâillonna et qui nous repoussa ici, nous expropriant et expulsant. Elle nous dénigre et est loin de nous tenir en respect. Dieu, dans leur optique, c'est comme Zeus, Râ ou Odin, des figures idolâtres qui aliènent les simples, faisant partie de l'histoire, ayant eu son importance, sans plus...Allons, allons! Les gens de Cailloza essaient clairement de nous faire taire...» Reprenant la parole, Villeneuve s'empressa:«Certes, M. Giovanni. Néanmoins, dans l'hypothèse où nous rejetterions cet accord, avez-vous envisagé qu'il y aura des réfractaires? Tous les prêtres ne ploieront pas, c'est vrai, mais certains, bon gré mal gré, s'assermenteront à la République et dénonceront leurs frères, même nous, et rendu-là, le Saint-Père également...un antipape viendra peut-être! Les ouailles seront dans le doute quand elles verront leurs bergers se malmener et se contredire entre-eux…» À nouveau, Giovanni rectifia:«Vous dites que des gens combattront...Oui, c'est inévitable, et cette question n'est plus à l'ordre du jour. C'était déjà une actualité quand nous déclarions une Croisade contre les impies. En plus, vous mentionnez des contradictions, mais si le pape acceptait cette entente, il serait le premier à se discréditer en serrant la main à celui qui a été interpellé sous le nom de suppôt de Satan. Quant aux religieux qui trahiraient l'Église au profit des darwinistes et autres existentialistes, considérons-les comme l'ivraie à séparer du bon grain, rien de moins. Présentement, ce concordat, c'est un pacte que Lucifer propose par un intermédiaire pour nous affaiblir...Je considère que nous devrions décliner l'offre, et poursuivre jusqu'à la fin. Au pire, certains honoreront Christ par leur martyr, et au mieux, nous feront luire la grâce de Dieu à travers ce monde par l'exemplarité!» Les débats se poursuivirent, sous l’œil attentif d'Aurélien, qui modéra longtemps la situation jusqu'à demander un vote, qui conclut de la direction à suivre...ce choix fut finalement presque unanime malgré les échanges préliminaires houleux.[/ms]
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[quote][ms]Rescrit Divino Paenitentiae
Par le grâce du Père, du Fils et du Saint-Esprit, le Pontifex maximus Aurélien Ier, magister de la Sainte Église catholique, proclame :
Chers Filles et Fils,
Chers Sœurs et Frères,
Celles et ceux au-delà,
Avant de vous partager le contenu de mes convictions, je souhaite vous réciter les Saints-Évangiles pour vous munir d'outils qui vous permettront de capter l'essence de mon message. Alors, commençons...il y a Saint-Matthieu en 7, 13 à 14 : «Entrez par la porte étroite. Car large est la porte, spacieux est le chemin qui mène à la Perdition, et il y en a beaucoup qui entrent par-là. Mais étroite est la porte, resserré le chemin qui mènent à la vie, et il y en a peu qui les trouvent.» À cela, j'ajoute Ésaïe 35, 8 : «Il y aura là un chemin frayé, une route, qu'on appellera la voie sainte; Nul impur n'y passera, elle sera pour eux seuls; Ceux qui la suivront, même les insensés, ne pourront s'égarer.» Encore là, il y a Galate en 4, 8 à 9:«Autrefois, ne connaissant pas Dieu, vous serviez des dieux qui ne le sont pas de leur nature; mais à présent que vous avez connus Dieu, ou plutôt que vous avez été connus de Dieu, comment retournez-vous à ces faibles et pauvres principes élémentaires auxquels vous voulez vous asservir encore? »
Ainsi dévoilé, ô ouailles du Seigneur, apprenez que je suis résolu à maintenir le bon cap...là la raison pour laquelle j'ai décliné une offre que M. Cailloza nous fit. Pourquoi, me direz-vous à nouveau? Parce que cette offre avait tous les aspects d'un pacte, que je ne puis signer sans parjurer l'Église. Un pacte qui promettait de mielleuses tentations, mais qui s'avérait un infâme simulacre! Comment être enclin à ce qu'un serviteur du Malin propose? Il faut être désorienté! Cet endiablé tendit la main, nous incitant à abandonner en échange de vils cadeaux, nous menaçant de couper notre tronc en cas de refus. Moi, je dis qu'ils essaient, car ma vigne est Christ, et jamais cet arbre ne connaîtra la défaite! Quand la tempête s’abat, la montagne n'a que faire de ces hurlements! Enfants d’Elohim, fils d'Adam, héritiers d’Israël et de Juda, disciples de Christ, vous êtes à même de repousser les bourrasques et les tremblements de la Terre en vous confiant à l'Église du Seigneur![/ms]
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Hobbes
[center][bmt]L'Église voué par Interdit[/bmt]
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[quote][ms]Le patriarche d'Occident s'affairait aux préparatifs de la messe papale soucieusement, quand précipitamment, l'un de ses serviteurs déambula en sa direction, s'agenouilla face à lui, baisa son anneau, puis présenta en courbant humblement la tête, un rouleau portant les armes de la République:«Votre Sainteté...», balbutia l’annonceur sur ses genoux, «...Nous reçûmes plusieurs nouvelles de piètre augure, dont ce décret vous résumera l'ampleur.» Le pontife s'appropria sitôt le document, brisa le sceau et déroula le firman. Il ne fallut guère plus d'une minute pour voir le visage du Saint-Père se vernir de rien de moins qu'un sourire discret et sans étonnement, contrairement au jeune domestique qui presque tremblait . Toutefois, l'assurance que l'aura du censor de l'Église dégageait calma vite l'entourage, qui se saisit plus tôt par l'apparente nervosité du serviteur. Rassérénés et intriqués, la suite et les gens attendaient que le pape se prononce pour confirmer qu'il n'y avait point matière à s'inquiéter. Suivant cette logique circonstancielle, un court silence plomba l'antichambre avant que quelques mots du pontife n’aplanisse les consciences;«L'Église est présentement dépouillée de ses possessions sous la férule du présidant, qui contraint ici notre institution a de lourdes taxes et sanctions...Messieurs, ce fut sciemment que nous prîmes la décision de soutenir le Tout-Puissant dans cette lutte contre la Babel des âmes! Nous savions pertinemment que le Serpent s'agiterait, qu'il veillerait à nous affliger afin de mieux nous tenir pour nous étouffer, mais cela n'arrivera pas, car nous sommes ici ceux qui agissent pour le Seigneur. Cela signifie-t-il que nous ne connaîtrons pas le trépas? Non, car ces murailles peuvent s'effondrer, ces temples subir le courroux des flammes et de la folie des Hommes, ces autels, le sacrilèges, et nous, l'amer goût de l'acier et l'étreinte de la Mort, mais dans ce pire cas, nous servirons l'Éternel dans l'Au-delà, nous serons parmi le cortège drapé de blanc qui sonnera le glas du Démon entre les impies marqués du triple six. Par contre, je puis vous dire qu'aussi longtemps que Dieu maintiendra l'étincelle de ma vie, fera battre mon cœur et animera mon corps, nous nous battrons pour récupérer notre dû légitime, notre Jérusalem pour honorer le Père, que nous louangerons jusqu'à notre fin, même si les murs de cette cathédral s’effondraient sur nous. Ceci dit, mes frères, accomplissons nos devoirs et prions pour le Salut de l'Église, ainsi que pour le succès de notre entreprise!»
Sensiblement atteints, les esprits se redressèrent, voyant sinueusement une lumière émanant du Saint-Père, comme si Christ auréolait le vieil homme qui dirigeait son Église avec l’abnégation d'un apôtre décidément prêt à assumer sa destinée, quelle qu'elle puisse réellement être...Enfin, comme si rien ne s'était passé, suite au discours, le grand-prêtre de l'épouse du Christ paracheva son œuvre, s'entoura de ses diacres et prêcha religieusement la Parole aux paroissiens de la ville, choyés par les bénédictions et le verbe que leur guide leur raconta avec conviction et dévotion, abreuvant tous ceux qui l'écoutaient d'un espoir ravivé, qui scintillait désormais telle une brillante étoile.
Hors de l'enceinte de Castelnau, loin derrière les douves naturelles de la ville et des regards d'aigle des guetteurs, des perquisitions dénué de vergogne s'effectuaient déjà dans des monastères ne pouvant honorer la dette que l'État leur exigeait obstinément. Quant aux autres nombreuses propriétés, elles s'alourdissaient des exhortations et dates butoirs des collecteurs enhardi par la fin de l’exonération des clercs. La papauté, la concernant, ordonna d'ores et déjà à tous ses aumôniers de ne point obtempérer avec les autorités républicaines, de camoufler les trésors et reliques dans des planques à l'abri des regards indiscrets, et de ne jamais divulguer la moindre richesse des comptes, pas un seul chiffre. Geste de défense, les curés fermaient les portes de leur chapelle, les couvents se barricadaient, verrouillant leur grille, les prêtres s'enrôlaient une milice pour protéger les fermes et tenir à distance les huissiers de la République, les curés envoyaient les flammèches sur la poudrières de leurs ouailles enfin d'entraîner la désobéissance civile, enflammer les dévots. Tous les postes de télégraphie sollicitaient les fidèles de venir secourir ceux qui assistent Dieu dans sa sainte quête.
Dans l'optique temporelle, l'Église se couronnait et encourageait les grèves, percutant à son tour l'économie nationale du Rioda, monopolisant les gens au service de la papauté comme de la royauté, et pour les communautés plus zélés, celles-là s'inféodaient littéralement aux États cléricaux, renonçant à leur allégeance plus ou moins contrainte vis-à-vis les magistrats de la République, dans l'ensemble des anciens territoires du pontife et du roi. Finalement, dans les appels au croyants, une sombre déclaration laissait entendre que tous ceux du cabinet ministériel, président compris, étaient frappés de l'excommunication...[/ms]
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[quote][ms]Le patriarche d'Occident s'affairait aux préparatifs de la messe papale soucieusement, quand précipitamment, l'un de ses serviteurs déambula en sa direction, s'agenouilla face à lui, baisa son anneau, puis présenta en courbant humblement la tête, un rouleau portant les armes de la République:«Votre Sainteté...», balbutia l’annonceur sur ses genoux, «...Nous reçûmes plusieurs nouvelles de piètre augure, dont ce décret vous résumera l'ampleur.» Le pontife s'appropria sitôt le document, brisa le sceau et déroula le firman. Il ne fallut guère plus d'une minute pour voir le visage du Saint-Père se vernir de rien de moins qu'un sourire discret et sans étonnement, contrairement au jeune domestique qui presque tremblait . Toutefois, l'assurance que l'aura du censor de l'Église dégageait calma vite l'entourage, qui se saisit plus tôt par l'apparente nervosité du serviteur. Rassérénés et intriqués, la suite et les gens attendaient que le pape se prononce pour confirmer qu'il n'y avait point matière à s'inquiéter. Suivant cette logique circonstancielle, un court silence plomba l'antichambre avant que quelques mots du pontife n’aplanisse les consciences;«L'Église est présentement dépouillée de ses possessions sous la férule du présidant, qui contraint ici notre institution a de lourdes taxes et sanctions...Messieurs, ce fut sciemment que nous prîmes la décision de soutenir le Tout-Puissant dans cette lutte contre la Babel des âmes! Nous savions pertinemment que le Serpent s'agiterait, qu'il veillerait à nous affliger afin de mieux nous tenir pour nous étouffer, mais cela n'arrivera pas, car nous sommes ici ceux qui agissent pour le Seigneur. Cela signifie-t-il que nous ne connaîtrons pas le trépas? Non, car ces murailles peuvent s'effondrer, ces temples subir le courroux des flammes et de la folie des Hommes, ces autels, le sacrilèges, et nous, l'amer goût de l'acier et l'étreinte de la Mort, mais dans ce pire cas, nous servirons l'Éternel dans l'Au-delà, nous serons parmi le cortège drapé de blanc qui sonnera le glas du Démon entre les impies marqués du triple six. Par contre, je puis vous dire qu'aussi longtemps que Dieu maintiendra l'étincelle de ma vie, fera battre mon cœur et animera mon corps, nous nous battrons pour récupérer notre dû légitime, notre Jérusalem pour honorer le Père, que nous louangerons jusqu'à notre fin, même si les murs de cette cathédral s’effondraient sur nous. Ceci dit, mes frères, accomplissons nos devoirs et prions pour le Salut de l'Église, ainsi que pour le succès de notre entreprise!»
Sensiblement atteints, les esprits se redressèrent, voyant sinueusement une lumière émanant du Saint-Père, comme si Christ auréolait le vieil homme qui dirigeait son Église avec l’abnégation d'un apôtre décidément prêt à assumer sa destinée, quelle qu'elle puisse réellement être...Enfin, comme si rien ne s'était passé, suite au discours, le grand-prêtre de l'épouse du Christ paracheva son œuvre, s'entoura de ses diacres et prêcha religieusement la Parole aux paroissiens de la ville, choyés par les bénédictions et le verbe que leur guide leur raconta avec conviction et dévotion, abreuvant tous ceux qui l'écoutaient d'un espoir ravivé, qui scintillait désormais telle une brillante étoile.
Hors de l'enceinte de Castelnau, loin derrière les douves naturelles de la ville et des regards d'aigle des guetteurs, des perquisitions dénué de vergogne s'effectuaient déjà dans des monastères ne pouvant honorer la dette que l'État leur exigeait obstinément. Quant aux autres nombreuses propriétés, elles s'alourdissaient des exhortations et dates butoirs des collecteurs enhardi par la fin de l’exonération des clercs. La papauté, la concernant, ordonna d'ores et déjà à tous ses aumôniers de ne point obtempérer avec les autorités républicaines, de camoufler les trésors et reliques dans des planques à l'abri des regards indiscrets, et de ne jamais divulguer la moindre richesse des comptes, pas un seul chiffre. Geste de défense, les curés fermaient les portes de leur chapelle, les couvents se barricadaient, verrouillant leur grille, les prêtres s'enrôlaient une milice pour protéger les fermes et tenir à distance les huissiers de la République, les curés envoyaient les flammèches sur la poudrières de leurs ouailles enfin d'entraîner la désobéissance civile, enflammer les dévots. Tous les postes de télégraphie sollicitaient les fidèles de venir secourir ceux qui assistent Dieu dans sa sainte quête.
Dans l'optique temporelle, l'Église se couronnait et encourageait les grèves, percutant à son tour l'économie nationale du Rioda, monopolisant les gens au service de la papauté comme de la royauté, et pour les communautés plus zélés, celles-là s'inféodaient littéralement aux États cléricaux, renonçant à leur allégeance plus ou moins contrainte vis-à-vis les magistrats de la République, dans l'ensemble des anciens territoires du pontife et du roi. Finalement, dans les appels au croyants, une sombre déclaration laissait entendre que tous ceux du cabinet ministériel, président compris, étaient frappés de l'excommunication...[/ms]
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[center][img]http://img4.hostingpics.net/pics/9075011415392468.jpg[/img][/center]
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Hobbes
[center][bmt]...et une sainte lueur naquit [/bmt]
[img]http://img4.hostingpics.net/pics/967582image5.jpg[/img][/center]
[quote][ms]«Preux et pieux résistent aux Publicains, Votre Sainteté! De nombreux bourgs rejettent d'ores et déjà les ordres des sbires de l'Endiablé!», s’exalta le porteur de nouvelles, tandis que le pape, dubitatif, exprima son opinion franchement:«Certes...mais, Cailloza ne s'avouera pas vaincu pour autant. Il réunira et déploiera ses pions et réprimera du revers de la main nos partisans si nous commettons l'erreur de croire que nous avons gagné. J'admets néanmoins que notre succès est significativement rassurant, mais n'exagérons rien, jeune homme» Toujours pensif, le patriarche congédia poliment son messager, puis interpella ses éminents conseillers, pour une autre séance restreinte dans l'objectif de coordonner les efforts et répartir adéquatement les ressources à disposition. Après tout, comme la Bible le raconte sagement dans Proverbes 11, 14 (Quand il n'y a pas de direction, le peuple tombe, mais il y a salut dans le grand nombre des conseillers), la multitude de conseillers est une richesse à ne point négliger pour régner efficacement.
Il ne fallut donc pas plus d'une trentaine de minutes pour réunir les consultants de la diète...Au moment où les éminentes personnalités entraient et s'asseyaient, le patriarche d'Occident s'épanchait vers Christ, préservant fermement son chapelet entre ses mains, priant afin d'obtenir sincèrement le soutien divin au nom d'une cause vraisemblablement juste, du moins, à l'égard de la Tradition. Toujours pensif, le pape méditait:«Seigneur, vous m'avez auréolé de la tiare, m'avez nommé successeur de l'apôtre Pierre, dépositaire des clefs de votre Église, dont je ne suis que le gardien...Ô Christ, offrez-moi le privilège de vous servir à nouveau en accomplissant cette quête pour que tous ploient devant votre Trône...J'ai conscience que lorsque les soldatesques des Pharisiens vinrent vous prendre, vous affirmiez à Pierre que ceux qui mènent leur vie par la guerre, périssent par elle, mais n'y a-t-il pas également la fureur qui fut la Vôtre lorsque vous renversiez les étalages dans le Temple?» Au même rythme que la dernière fois, le pontife fut interrompu par l'ouverture, sauf que cette fois-ci, Aurélien se leva, descendit le modeste parvis entre son siège et ses pairs, et déclara:«Cardinaux, j'ai convoqué ce consistoire pour entendre vos conseils éclairés dans l'optique des prochains mouvements à adopter contre le gouvernement Cailloza...Je précise pour ceux qui siègent ici et qui ne le savent point encore, apprenez instamment que nos contacts rapportèrent que des communautés villageoises embrassèrent notre cause, et ont jusqu'ici repoussées vaillamment les collecteurs de taxes. Une réjouissante nouvelle, je vous l'accorde, mais aussi une sombre, car les fidèles qui s'opposent à Cailloza s'exposent à la future répression, qui aura tôt ou tard lieu. Aujourd'hui, c'est ce point que nous explorerons...parce que ces humbles gens sont non seulement des dévots, mais aussi nos seuls renforts, qui s'estomperont vite si nous n'agissons pas.» Terminant, le pontife remonta les courts escaliers, se repositionna sur son trône et, d'un geste de la main, invita les membres à parler. Comme d'habitude, les membres commencèrent à chuchoter discrètement, jusqu'à ce qu'un des privilégiés ne se manifeste:«Éminences, Saint-Père, si nous considérons les propos qui viennent d'être exposés, il est clair qu'une simple résistance locale ne suffira plus...Nous devons offrir une coordination aux chefs qui luttent pour l'Église, une qui leur sera vitale pour résister aux infâmes portefaix que nous combattons.» Le cardinal marqua une pause, fouilla dans son ample habit, en sortit un papier froissé et poursuivit:« J'ai cru saisir, pour compléter les renseignements que Sa Sainteté nous confia, que parmi les auteurs du soulèvement, il y a d'anciens barons...Or, pour agir de concert, nous pourrions assigner des chapelains à ces hommes afin d'être certain que nous empruntons la même voie. Quant aux fidèles, humainement, nous ne pouvons pas garantir leur sûreté, mais nous pouvons justement la leur favoriser en conjuguant les efforts de nos curés paroissiaux avec les nobles qui resurgissent...» Un discours achevé, quelques humbles applaudissements approbateurs vinrent, puis un autre orateur obtint la parole:«Évidemment que nous joindrons nos forces! Par contre, méfions-nous...Les barons tissent encore quelques rivalités qui pourraient être nuisibles à notre cause...Je crois que Son Éminence Villeneuve a raison, il faut allier et lier nos ressources, mais pas uniquement pour unir nos stratégies, comme il l'entend...Les orienter serait d'autant plus bénéfique, les détournant ainsi momentanément de leurs intrigues...» Les conseillers continuèrent encore et encore, exprimant, affirmant, suggérant et confirmant, jusqu'à l'avènement d'une solution commune…[/ms]
Mesures entreprises
Le Saint-Père envoya clandestinement des messages à tous ceux qui se rebellèrent contre la tyrannie de l'immoralité de Cailloza, les incitant à maintenir la cohésion en créant le ''Haut-Terroir'', nom ambivalent pour désigner un état-major interarmées, mais judicieux afin de contourner ou dévier la surveillance des espions ennemis, cherchant des traces de ''royauté'' ou de ''papauté'' dans les enquêtes officielles. Conscient des besoins de chacun, le pape spécifia que le Haut-Terroir serait chapeauté par des opérateurs de télégraphe, usant d'un code de cryptage demeurant entre les mains de personnes de confiance, relayant les informations entre les généraux de fortune, transcrivant, cryptant et fournissant ainsi un réseau organisationnel, qui fera jonction avec des ''Comités du Champ'', qui seront les bases opérationnelles déplaçables de chaque cellule combattante. En ce sens, une véritable hiérarchie de cellules se mettra au branle bas, classant les soldats, adjudants, capitaines et généraux, et permettant à la fois de bonifier la discipline, le morale et, comme déjà dit, la cohésion de chaque guérilla entre elle.
En outre, les barons se verront délibérément offrir un titre honorifique de chevalier de l'Église, et vite confié un chapelain par chef, qui aura pour mission d'orienter, conseiller, bénir pour l'usage, et dissiper les malentendus qui pourraient distraire les esprits de la Vraie Quête.
Le pontife suggérera aux paysans de vider leurs réserves, rapidement saisir leurs récoltes, de ne plus faire affaire avec la République, de couper les vivres aux citadins (pour faire pression sur les municipaux depuis si silencieux), et de rassembler les victuailles en portions dans des planques pour la résistance. Puis, de maintenir simplement des activités de paille et des subterfuges dans les villages, de déplacer les manœuvres paramilitaires contre l'adversaire en guérilla, ou en raids ciblés. Les chapelles et monastères (masculins, afin d'éviter les malaises femme/homme) méconnus par le gouvernement seront les planques pour les groupements militaires ou les bases opérationnelles déplaçables. Au sein du Haut-Terroir, les officiers chevronnés de pape guideront au mieux de leurs capacités les groupuscules dans leurs démarches, épauleront les chefs de sections, etc.
Des missionnaires provocateurs partiront subtilement et furtivement par le passage secret de Castelnau pour répandre la poudre et allumer la mèche dans la patrie, dont cinq qui auront la mission de s'expatrier vers les colonies pour diffuser le message, reléguer tout ce qui se passe depuis le début, se faisant donc immensément discret à prime abord.
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[center][img]http://img4.hostingpics.net/pics/935610Manprayingwithbread.jpg[/img][/center]
[img]http://img4.hostingpics.net/pics/967582image5.jpg[/img][/center]
[quote][ms]«Preux et pieux résistent aux Publicains, Votre Sainteté! De nombreux bourgs rejettent d'ores et déjà les ordres des sbires de l'Endiablé!», s’exalta le porteur de nouvelles, tandis que le pape, dubitatif, exprima son opinion franchement:«Certes...mais, Cailloza ne s'avouera pas vaincu pour autant. Il réunira et déploiera ses pions et réprimera du revers de la main nos partisans si nous commettons l'erreur de croire que nous avons gagné. J'admets néanmoins que notre succès est significativement rassurant, mais n'exagérons rien, jeune homme» Toujours pensif, le patriarche congédia poliment son messager, puis interpella ses éminents conseillers, pour une autre séance restreinte dans l'objectif de coordonner les efforts et répartir adéquatement les ressources à disposition. Après tout, comme la Bible le raconte sagement dans Proverbes 11, 14 (Quand il n'y a pas de direction, le peuple tombe, mais il y a salut dans le grand nombre des conseillers), la multitude de conseillers est une richesse à ne point négliger pour régner efficacement.
Il ne fallut donc pas plus d'une trentaine de minutes pour réunir les consultants de la diète...Au moment où les éminentes personnalités entraient et s'asseyaient, le patriarche d'Occident s'épanchait vers Christ, préservant fermement son chapelet entre ses mains, priant afin d'obtenir sincèrement le soutien divin au nom d'une cause vraisemblablement juste, du moins, à l'égard de la Tradition. Toujours pensif, le pape méditait:«Seigneur, vous m'avez auréolé de la tiare, m'avez nommé successeur de l'apôtre Pierre, dépositaire des clefs de votre Église, dont je ne suis que le gardien...Ô Christ, offrez-moi le privilège de vous servir à nouveau en accomplissant cette quête pour que tous ploient devant votre Trône...J'ai conscience que lorsque les soldatesques des Pharisiens vinrent vous prendre, vous affirmiez à Pierre que ceux qui mènent leur vie par la guerre, périssent par elle, mais n'y a-t-il pas également la fureur qui fut la Vôtre lorsque vous renversiez les étalages dans le Temple?» Au même rythme que la dernière fois, le pontife fut interrompu par l'ouverture, sauf que cette fois-ci, Aurélien se leva, descendit le modeste parvis entre son siège et ses pairs, et déclara:«Cardinaux, j'ai convoqué ce consistoire pour entendre vos conseils éclairés dans l'optique des prochains mouvements à adopter contre le gouvernement Cailloza...Je précise pour ceux qui siègent ici et qui ne le savent point encore, apprenez instamment que nos contacts rapportèrent que des communautés villageoises embrassèrent notre cause, et ont jusqu'ici repoussées vaillamment les collecteurs de taxes. Une réjouissante nouvelle, je vous l'accorde, mais aussi une sombre, car les fidèles qui s'opposent à Cailloza s'exposent à la future répression, qui aura tôt ou tard lieu. Aujourd'hui, c'est ce point que nous explorerons...parce que ces humbles gens sont non seulement des dévots, mais aussi nos seuls renforts, qui s'estomperont vite si nous n'agissons pas.» Terminant, le pontife remonta les courts escaliers, se repositionna sur son trône et, d'un geste de la main, invita les membres à parler. Comme d'habitude, les membres commencèrent à chuchoter discrètement, jusqu'à ce qu'un des privilégiés ne se manifeste:«Éminences, Saint-Père, si nous considérons les propos qui viennent d'être exposés, il est clair qu'une simple résistance locale ne suffira plus...Nous devons offrir une coordination aux chefs qui luttent pour l'Église, une qui leur sera vitale pour résister aux infâmes portefaix que nous combattons.» Le cardinal marqua une pause, fouilla dans son ample habit, en sortit un papier froissé et poursuivit:« J'ai cru saisir, pour compléter les renseignements que Sa Sainteté nous confia, que parmi les auteurs du soulèvement, il y a d'anciens barons...Or, pour agir de concert, nous pourrions assigner des chapelains à ces hommes afin d'être certain que nous empruntons la même voie. Quant aux fidèles, humainement, nous ne pouvons pas garantir leur sûreté, mais nous pouvons justement la leur favoriser en conjuguant les efforts de nos curés paroissiaux avec les nobles qui resurgissent...» Un discours achevé, quelques humbles applaudissements approbateurs vinrent, puis un autre orateur obtint la parole:«Évidemment que nous joindrons nos forces! Par contre, méfions-nous...Les barons tissent encore quelques rivalités qui pourraient être nuisibles à notre cause...Je crois que Son Éminence Villeneuve a raison, il faut allier et lier nos ressources, mais pas uniquement pour unir nos stratégies, comme il l'entend...Les orienter serait d'autant plus bénéfique, les détournant ainsi momentanément de leurs intrigues...» Les conseillers continuèrent encore et encore, exprimant, affirmant, suggérant et confirmant, jusqu'à l'avènement d'une solution commune…[/ms]
Mesures entreprises
Le Saint-Père envoya clandestinement des messages à tous ceux qui se rebellèrent contre la tyrannie de l'immoralité de Cailloza, les incitant à maintenir la cohésion en créant le ''Haut-Terroir'', nom ambivalent pour désigner un état-major interarmées, mais judicieux afin de contourner ou dévier la surveillance des espions ennemis, cherchant des traces de ''royauté'' ou de ''papauté'' dans les enquêtes officielles. Conscient des besoins de chacun, le pape spécifia que le Haut-Terroir serait chapeauté par des opérateurs de télégraphe, usant d'un code de cryptage demeurant entre les mains de personnes de confiance, relayant les informations entre les généraux de fortune, transcrivant, cryptant et fournissant ainsi un réseau organisationnel, qui fera jonction avec des ''Comités du Champ'', qui seront les bases opérationnelles déplaçables de chaque cellule combattante. En ce sens, une véritable hiérarchie de cellules se mettra au branle bas, classant les soldats, adjudants, capitaines et généraux, et permettant à la fois de bonifier la discipline, le morale et, comme déjà dit, la cohésion de chaque guérilla entre elle.
En outre, les barons se verront délibérément offrir un titre honorifique de chevalier de l'Église, et vite confié un chapelain par chef, qui aura pour mission d'orienter, conseiller, bénir pour l'usage, et dissiper les malentendus qui pourraient distraire les esprits de la Vraie Quête.
Le pontife suggérera aux paysans de vider leurs réserves, rapidement saisir leurs récoltes, de ne plus faire affaire avec la République, de couper les vivres aux citadins (pour faire pression sur les municipaux depuis si silencieux), et de rassembler les victuailles en portions dans des planques pour la résistance. Puis, de maintenir simplement des activités de paille et des subterfuges dans les villages, de déplacer les manœuvres paramilitaires contre l'adversaire en guérilla, ou en raids ciblés. Les chapelles et monastères (masculins, afin d'éviter les malaises femme/homme) méconnus par le gouvernement seront les planques pour les groupements militaires ou les bases opérationnelles déplaçables. Au sein du Haut-Terroir, les officiers chevronnés de pape guideront au mieux de leurs capacités les groupuscules dans leurs démarches, épauleront les chefs de sections, etc.
Des missionnaires provocateurs partiront subtilement et furtivement par le passage secret de Castelnau pour répandre la poudre et allumer la mèche dans la patrie, dont cinq qui auront la mission de s'expatrier vers les colonies pour diffuser le message, reléguer tout ce qui se passe depuis le début, se faisant donc immensément discret à prime abord.
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[center][img]http://img4.hostingpics.net/pics/935610Manprayingwithbread.jpg[/img][/center]
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Hobbes
[center][bmt]YHWH, dieu de la guerre[/bmt]
[img]http://img4.hostingpics.net/pics/633944800pxLeChristquittantleprtoireGustaveDor3.jpg[/img]
Rabbi à Mashia'h, Jésus le Nazaréen éclaira l'Humanité[/center]
[quote][ms]Il y a deux semaines, les forces vives du ''berger d'Occident'' et celles du prétendant riodéen s'associèrent pour combattre côte à côte les serviteurs de Cailloza, enclenchant ainsi un vaste réseau de résistance subtilement chapeauté par l'administration papale. Difficile, toutefois, de dire avec certitude si les résultats furent concluants, mais les estimations les plus optimistes suggérèrent que les ''chevaliers de la Croix'' parvinrent bravement à tenir en respect les infidèles. Hors de tout doute, il y avait réellement des ouailles qui se battaient, et qui servaient le Sainte Église. Ceci dit, le contraire était également le cas. La liberté qu'offrait la République permettait aux personnes de bénéficier de droits, comme la libre pensée. Or, les opposants au Saint-Siège utilisaient sans vergogne cet outil. De nombreuses caricatures haineuses ou dévalorisantes parsemaient donc dorénavant les rues. Les campagnards et quelques citadins livraient, quant à eux, un combat pour le Saint-Père, mais d'autres citoyens encourageaient délibérément les éléments républicains encore loyaux, défigurant la face de l'Église et de la Couronne via des pamphlets, exhibant une image d'infamie pour représenter les ''brebis'' qui œuvraient pour l'Église, une image de malicieux combinards…Bien entendu, ce n'était pas le président qui contraindrait les audacieux ''patriotes'', comme il les appellerait…
Dans l'absence de succès ou d'échec, Aurélien consacra son temps à évangéliser, poursuivit ses devoirs épiscopaux et continua assidûment à offrir des prestations oratoires à ses ouailles, les dissuadant de ceci et les galvanisant dans cela, sans porter atteinte à outrance à la République, mais veillant à prendre connaissance des moindres nouveautés sur la Croisade. Hélas pour lui, une guerre ne se terminait pas aussi vite qu'elle ne se déclenchait, exactement comme il était nettement plus aisé de dire une bêtise que d'en réparer les dégâts...Selon toute vraisemblance, le pontife, même soucieux, n'avait pourtant pas à s’embarrasser, car il avait mainte fois préparé le terrain, l'organisation paramilitaire et les plans de remplacement en cas de besoin. Il envisagea tout ce qui était entre son pouvoir. Maintenant, il priait, car il ne restait que cela à faire, et espérait. Il méditait sur tous les sens de Saint-Matthieu 6, 34 (Ne vous inquiétez donc pas du lendemain, car le lendemain aura soin de lui-même. À chaque jour suffit sa peine...) et Philippien 4, 6 (Ne vous inquiétez de rien, mais en toute chose faites connaître vos besoins à Dieu par des prières et des supplications, avec des actions de grâce…) Ainsi, le Saint-Père s’épanchait à nouveau vers le seul paternel qui surpassait de loin sa sainteté; Dieu. Quant aux affiches moqueuses et dégradantes, le pape n'en fit qu'un exemple, jouant le jeu en illustrant Cailloza et ses serviteurs comme des diablotins aux bottes de Lucifer, de vils bêtes condamnées, non pas dénuées de chance d'expiation, mais trop orgueilleuses et suffisantes pour reconnaître les Commandements...[/ms]
[/quote]
[center][img]http://img4.hostingpics.net/pics/290774Caricature.jpg[/img]
Exemplaire d'un pamphlet en provenance des anti-cléricaux de la République, dénigrant roi comme pape, geôliers du peuple. [/center]
P.-S. La caricature est de mon épouse...
[img]http://img4.hostingpics.net/pics/633944800pxLeChristquittantleprtoireGustaveDor3.jpg[/img]
Rabbi à Mashia'h, Jésus le Nazaréen éclaira l'Humanité[/center]
[quote][ms]Il y a deux semaines, les forces vives du ''berger d'Occident'' et celles du prétendant riodéen s'associèrent pour combattre côte à côte les serviteurs de Cailloza, enclenchant ainsi un vaste réseau de résistance subtilement chapeauté par l'administration papale. Difficile, toutefois, de dire avec certitude si les résultats furent concluants, mais les estimations les plus optimistes suggérèrent que les ''chevaliers de la Croix'' parvinrent bravement à tenir en respect les infidèles. Hors de tout doute, il y avait réellement des ouailles qui se battaient, et qui servaient le Sainte Église. Ceci dit, le contraire était également le cas. La liberté qu'offrait la République permettait aux personnes de bénéficier de droits, comme la libre pensée. Or, les opposants au Saint-Siège utilisaient sans vergogne cet outil. De nombreuses caricatures haineuses ou dévalorisantes parsemaient donc dorénavant les rues. Les campagnards et quelques citadins livraient, quant à eux, un combat pour le Saint-Père, mais d'autres citoyens encourageaient délibérément les éléments républicains encore loyaux, défigurant la face de l'Église et de la Couronne via des pamphlets, exhibant une image d'infamie pour représenter les ''brebis'' qui œuvraient pour l'Église, une image de malicieux combinards…Bien entendu, ce n'était pas le président qui contraindrait les audacieux ''patriotes'', comme il les appellerait…
Dans l'absence de succès ou d'échec, Aurélien consacra son temps à évangéliser, poursuivit ses devoirs épiscopaux et continua assidûment à offrir des prestations oratoires à ses ouailles, les dissuadant de ceci et les galvanisant dans cela, sans porter atteinte à outrance à la République, mais veillant à prendre connaissance des moindres nouveautés sur la Croisade. Hélas pour lui, une guerre ne se terminait pas aussi vite qu'elle ne se déclenchait, exactement comme il était nettement plus aisé de dire une bêtise que d'en réparer les dégâts...Selon toute vraisemblance, le pontife, même soucieux, n'avait pourtant pas à s’embarrasser, car il avait mainte fois préparé le terrain, l'organisation paramilitaire et les plans de remplacement en cas de besoin. Il envisagea tout ce qui était entre son pouvoir. Maintenant, il priait, car il ne restait que cela à faire, et espérait. Il méditait sur tous les sens de Saint-Matthieu 6, 34 (Ne vous inquiétez donc pas du lendemain, car le lendemain aura soin de lui-même. À chaque jour suffit sa peine...) et Philippien 4, 6 (Ne vous inquiétez de rien, mais en toute chose faites connaître vos besoins à Dieu par des prières et des supplications, avec des actions de grâce…) Ainsi, le Saint-Père s’épanchait à nouveau vers le seul paternel qui surpassait de loin sa sainteté; Dieu. Quant aux affiches moqueuses et dégradantes, le pape n'en fit qu'un exemple, jouant le jeu en illustrant Cailloza et ses serviteurs comme des diablotins aux bottes de Lucifer, de vils bêtes condamnées, non pas dénuées de chance d'expiation, mais trop orgueilleuses et suffisantes pour reconnaître les Commandements...[/ms]
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[center][img]http://img4.hostingpics.net/pics/290774Caricature.jpg[/img]
Exemplaire d'un pamphlet en provenance des anti-cléricaux de la République, dénigrant roi comme pape, geôliers du peuple. [/center]
P.-S. La caricature est de mon épouse...
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Hobbes
[center][bmt]Propagande du Saint-Lieu[/bmt]
[img]http://img15.hostingpics.net/pics/175151Caillozaiswatchingyou.jpg[/img]
Cailloza, chef de la présidence au Rioda, réduit à la simple expression d'un ogre prospère par la grâce sa Garda[/center]
[quote][ms]Pierre angulaire de la IIIe République du Rioda, Juan Cailloza représentait les intérêts de plus d'un millier de privilégiés sur l'ensemble du territoire, incarnant à priori le porte-étendard de son règne, ceint et oint par ses seuls pairs au prestigieux rang d'Ahura Mazda...Une dignité certes remarquable, mais qui ne faisait point l’unanimité hors des gradins du sénat. Même si M. Cailloza jouissait d'un certain contrôle sur le pays, cette obéissance déclinait depuis que le pape Aurélien protestait, et que la plèbe se plaignait, contestait et, aux dernières nouvelles, se soulevaient contre lui et son gouvernement. Pourquoi ? Difficile à dire...Les circonstances, dirons quelques-uns, coïncidence suggéreront d'autres, destin exprimeront encore certains, mais la cause réelle était moins importante que ce qui se voyait et s'entendait. Dans ce contexte extraordinaire, il s'agissait simplement d'un combat. Un pape contre un président, des dévots contre des stoïciens, comme si paradoxalement, l'Éthique menait un duel contre la Morale, vice-versa. En somme, tous souhaitaient la fin des affrontements, à leur avantage, mais tous étaient incertains du résultat...Pendant que les gens essayaient tant bien que mal d'accentuer la victoire de leur vérité, les deux camps s'envoyaient des ouvrages propagandistes, tantôt diabolisant les sbires de Cailloza, tantôt déformant les fanatiques d'Aurélien...[/ms]
[/quote]
[center][img]http://img15.hostingpics.net/pics/475806lTerre.jpg[/img]
Cailloza et Aurélien se battaient sur le même vaisseau, sous les turbulences de la houle [/center]
P.-S.Encore une caricature de ma chère épouse...Merci à elle.
[img]http://img15.hostingpics.net/pics/175151Caillozaiswatchingyou.jpg[/img]
Cailloza, chef de la présidence au Rioda, réduit à la simple expression d'un ogre prospère par la grâce sa Garda[/center]
[quote][ms]Pierre angulaire de la IIIe République du Rioda, Juan Cailloza représentait les intérêts de plus d'un millier de privilégiés sur l'ensemble du territoire, incarnant à priori le porte-étendard de son règne, ceint et oint par ses seuls pairs au prestigieux rang d'Ahura Mazda...Une dignité certes remarquable, mais qui ne faisait point l’unanimité hors des gradins du sénat. Même si M. Cailloza jouissait d'un certain contrôle sur le pays, cette obéissance déclinait depuis que le pape Aurélien protestait, et que la plèbe se plaignait, contestait et, aux dernières nouvelles, se soulevaient contre lui et son gouvernement. Pourquoi ? Difficile à dire...Les circonstances, dirons quelques-uns, coïncidence suggéreront d'autres, destin exprimeront encore certains, mais la cause réelle était moins importante que ce qui se voyait et s'entendait. Dans ce contexte extraordinaire, il s'agissait simplement d'un combat. Un pape contre un président, des dévots contre des stoïciens, comme si paradoxalement, l'Éthique menait un duel contre la Morale, vice-versa. En somme, tous souhaitaient la fin des affrontements, à leur avantage, mais tous étaient incertains du résultat...Pendant que les gens essayaient tant bien que mal d'accentuer la victoire de leur vérité, les deux camps s'envoyaient des ouvrages propagandistes, tantôt diabolisant les sbires de Cailloza, tantôt déformant les fanatiques d'Aurélien...[/ms]
[/quote]
[center][img]http://img15.hostingpics.net/pics/475806lTerre.jpg[/img]
Cailloza et Aurélien se battaient sur le même vaisseau, sous les turbulences de la houle [/center]
P.-S.Encore une caricature de ma chère épouse...Merci à elle.
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Hobbes
[center][bmt]La Résurrection de Laz...d'Aurélien [/bmt]
[img]http://img15.hostingpics.net/pics/597367Lthargie.jpg[/img]
Aurélien Ier s'éveilla de sa déprimante léthargie qui le rongeait depuis le « Grand Dam »[/center]
[quote][ms]Le « Grand Dam » - bannissement des autorités pontificales de ses terres - projeta le patriarche d'Occident dans une profonde mélancolie qui dura pas moins de six longs mois. Une absence notable quand l'on considère que ses fidèles à travers le monde s'étaient accoutumés à l'entendre régulièrement avant qu'il ne soit désarçonné en Aveloy. Pourtant, en dépit des espoirs des moins empathiques vis-à-vis le devenir de l'Église et plus particulièrement pour celui du pontife Aurélien, le pape vivait encore, était de robuste constitution malgré son vénérable âge et s'éveillait enfin de son sommeil contemplatif. Ceux qui médisaient son nom et craignaient son zèle auparavant, ceux-là qui se réjouirent de son absentéisme et de la future nouvelle qu'ils espéraient voir annoncer son caractère moribond allaient être amèrement déçus. Le Saint-Père dans toute sa fougue, bien que maintenant un tantinet plus prudent, se relevait et se ressaisissait de son bâton de berger.
Depuis l'exil, Aurélien s'était démontré discret, prompt à s'enfermer tel un ermite pour se consacrer pleinement à ses prières. Il avait certes officié le « Sacre Impérial », mais il l'avait mené telle une procédure à accomplir ou un rite à organiser. Enfin...si intérieurement, Aurélien déprimait pendant le sacre, il offrait l'apparat d'un individu sûr et droit. Toutefois, après les pompeuses cérémonies, Aurélien réfléchit avant de retourner dans son isoloir. Il pria, jeûna et médita tant déjà, et Dieu lui démontra qu'il sillonnait le bon chemin, alors pourquoi se morfondre encore ? Il se réinstalla donc paisiblement à Saint-Régis, une ravissante ville en Olgarie, où nombreuses étaient les nobles âmes fidèles à l'Évangile. Il profita d'un autre mois pour respirer l'air du Nord et les arômes de l'océan, se faufilant dans les rues avec discrétion, revêtant un pardessus, des gants et un chapeau noirs, presque incognito. Il en profita pour se promener sur la terrasse non loin du Vieux-Quartier, pour nourrir les pigeons et parler librement aux piétons qui venaient s'asseoir sur les bancs de parc et d'avenue. Il osa même, un dimanche, s'immiscer dans une église pour assister à une messe avec ses ouailles complètement inconscientes d'avoir à portée le vicaire du Christ. Un mois à vivre ainsi où Aurélien n'exigeait pas moins que la secret absolu de son camerlingue, qui régentait son règne pendant qu'il reprenait ses esprits et se recentrait sur le Seigneur et ses protégés.
Le jour vint finalement où, requinqué, le Saint-Père cessa de jouer au visiteur en pleine villégiature et renfila sa soutane et autres attributs pour procéder à la messe pontificale. C'en fut assez de la rémission... Les rites tridentins à l'honneur, l'orgue entonnait ses notes et les oreilles des croyants jouissaient de celles-ci pendant la célébration, les chants à l'unisson glorifiaient Dieu dans toute leur splendeur et au moment de prononcer quelques mots, le pape partagea: « Mes Enfants, je suis dorénavant de retour après un instant de silence. Par ailleurs, j'aimerais chaleureusement remercier monseigneur Marcel Exbraye, archevêque en Saint-Régis, de m'avoir dignement remplacé pendant mon...rétablissement. J'eus beaucoup à partager au Seigneur, et Il eut de nombreux messages à me délivrer avant que je ne puisse revenir ici vous bénir en Son Saint Nom... » Suite à ces quelques phrases, il reprit: « Mes Filles, mes Fils, je vous invite à vous lever pour orchestrer un Te Deum pour remercier Christ-Rédempteur car en Lui, tous les cœurs se confessent, tous les esprits se repentent, tous doivent ployer pour recevoir le Don salutaire qu'Il nous consentit par le Calvaire... » Sur ceci, la messe se poursuivit et se termina naturellement par la Communion...[/ms]
[/quote]
[center][img]http://img15.hostingpics.net/pics/729947SSAurlienIer.jpg[/img]
Sa Sainteté Aurélien Ier, de retour à son poste
«Il s'agit là d'une image représentative exacte du Saint-Père»[/center]
[img]http://img15.hostingpics.net/pics/597367Lthargie.jpg[/img]
Aurélien Ier s'éveilla de sa déprimante léthargie qui le rongeait depuis le « Grand Dam »[/center]
[quote][ms]Le « Grand Dam » - bannissement des autorités pontificales de ses terres - projeta le patriarche d'Occident dans une profonde mélancolie qui dura pas moins de six longs mois. Une absence notable quand l'on considère que ses fidèles à travers le monde s'étaient accoutumés à l'entendre régulièrement avant qu'il ne soit désarçonné en Aveloy. Pourtant, en dépit des espoirs des moins empathiques vis-à-vis le devenir de l'Église et plus particulièrement pour celui du pontife Aurélien, le pape vivait encore, était de robuste constitution malgré son vénérable âge et s'éveillait enfin de son sommeil contemplatif. Ceux qui médisaient son nom et craignaient son zèle auparavant, ceux-là qui se réjouirent de son absentéisme et de la future nouvelle qu'ils espéraient voir annoncer son caractère moribond allaient être amèrement déçus. Le Saint-Père dans toute sa fougue, bien que maintenant un tantinet plus prudent, se relevait et se ressaisissait de son bâton de berger.
Depuis l'exil, Aurélien s'était démontré discret, prompt à s'enfermer tel un ermite pour se consacrer pleinement à ses prières. Il avait certes officié le « Sacre Impérial », mais il l'avait mené telle une procédure à accomplir ou un rite à organiser. Enfin...si intérieurement, Aurélien déprimait pendant le sacre, il offrait l'apparat d'un individu sûr et droit. Toutefois, après les pompeuses cérémonies, Aurélien réfléchit avant de retourner dans son isoloir. Il pria, jeûna et médita tant déjà, et Dieu lui démontra qu'il sillonnait le bon chemin, alors pourquoi se morfondre encore ? Il se réinstalla donc paisiblement à Saint-Régis, une ravissante ville en Olgarie, où nombreuses étaient les nobles âmes fidèles à l'Évangile. Il profita d'un autre mois pour respirer l'air du Nord et les arômes de l'océan, se faufilant dans les rues avec discrétion, revêtant un pardessus, des gants et un chapeau noirs, presque incognito. Il en profita pour se promener sur la terrasse non loin du Vieux-Quartier, pour nourrir les pigeons et parler librement aux piétons qui venaient s'asseoir sur les bancs de parc et d'avenue. Il osa même, un dimanche, s'immiscer dans une église pour assister à une messe avec ses ouailles complètement inconscientes d'avoir à portée le vicaire du Christ. Un mois à vivre ainsi où Aurélien n'exigeait pas moins que la secret absolu de son camerlingue, qui régentait son règne pendant qu'il reprenait ses esprits et se recentrait sur le Seigneur et ses protégés.
Le jour vint finalement où, requinqué, le Saint-Père cessa de jouer au visiteur en pleine villégiature et renfila sa soutane et autres attributs pour procéder à la messe pontificale. C'en fut assez de la rémission... Les rites tridentins à l'honneur, l'orgue entonnait ses notes et les oreilles des croyants jouissaient de celles-ci pendant la célébration, les chants à l'unisson glorifiaient Dieu dans toute leur splendeur et au moment de prononcer quelques mots, le pape partagea: « Mes Enfants, je suis dorénavant de retour après un instant de silence. Par ailleurs, j'aimerais chaleureusement remercier monseigneur Marcel Exbraye, archevêque en Saint-Régis, de m'avoir dignement remplacé pendant mon...rétablissement. J'eus beaucoup à partager au Seigneur, et Il eut de nombreux messages à me délivrer avant que je ne puisse revenir ici vous bénir en Son Saint Nom... » Suite à ces quelques phrases, il reprit: « Mes Filles, mes Fils, je vous invite à vous lever pour orchestrer un Te Deum pour remercier Christ-Rédempteur car en Lui, tous les cœurs se confessent, tous les esprits se repentent, tous doivent ployer pour recevoir le Don salutaire qu'Il nous consentit par le Calvaire... » Sur ceci, la messe se poursuivit et se termina naturellement par la Communion...[/ms]
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[center][img]http://img15.hostingpics.net/pics/729947SSAurlienIer.jpg[/img]
Sa Sainteté Aurélien Ier, de retour à son poste
«Il s'agit là d'une image représentative exacte du Saint-Père»[/center]
-
Hobbes
[center]Quand le Seigneur dit, le Seigneur fait
[img]http://img11.hostingpics.net/pics/200882moshmoisemerjoncrougetraverseetorahdieuhashem.jpg[/img]
« [ms]Par-là est le Chemin, par-delà j’irai[/ms] »[/center]
[quote][justify]
Aurélien feuilletait tranquillement sa bible, quand son camerlingue entra dans le bureau pour faire son rapport. Le pape porta brièvement son regard par-dessus ses lunettes, proposa à son invité de coutume de s’installer sur un siège, puis le porteur de la barrette rouge parla:
Camerlingue Simeon Volpino:
-Votre Sainteté, depuis que vous vous êtes retiré de votre…pénitence, plusieurs choses demeurèrent en suspens et exigeraient dorénavant d’être considérées par vos soins. Tout d’abord, Sa Majesté Marie du Thorval, laquelle vous aviez suggéré de bénir son règne personnellement, n’a toujours pas eue ouï-dire de votre présence. Il serait de bon ton de lui faire parvenir une lettre de votre main afin de la renseigner sur vos intentions vis-à-vis d’elle.
Pape Aurélien Ier :
-J’y veillerai. Marie perdit son père, récemment…Niel. Une visite de ma part la rassura, comme ses sujets. » le pontife fouilla sur son bureau, extirpa un document froissé et le porta jusqu’à son interlocuteur « C’est peu, mais un quotidien thorvalois insinue que ma présence est manquante. J’en profiterai donc pour faire taire ces inquiétudes.
Camerlingue Simeon Volpino :
-Un voyage ? Sa Sainteté regagne des forces à ce que je constate ! » le vieil homme sourit momentanément, puis poursuivit « Sur un autre point, une courtoisie en direction de M. Alfonso Cuahtlitli du Tlaloctlitlal, afin de le remercier pour son prompt soutien serait pertinente. Il travaille pour O CARTA ABERTA. Je suis persuadé qu’une simple attention pourra contribuer à galvaniser l’engouement pour vous et l’Église. Bien sûr, j’ai conscience que cela est secondaire. En cela, je puis m’en occuper en votre nom, et ça suffira.
Pape Aurélien Ier :
-En ce cas-là, je vous confie l’affaire. » Le Saint-Père déposa ses lunettes sur son meuble de travail, porta son attention à peine une fraction de seconde sur un tableau représentant une fresque de la Bataille de la Baie de Siracuzzia, puis redirigea sans attendre ses cogitations vers son coadjuteur « Avant que nous poursuivions, je tiens à vous informer que je prévoie faire un pèlerinage à la cathédral San Marco pour honorer la relique de Saint-Marc. Par la même occasion, une simple visite de bienséance chez le patriarche de la Sérénissime serait de circonstance…C’est maintenant Mgr. Francesco Moraglia, je crois.
Camerlingue Simeon Volpino :
-Il en sera fait tel que vous le souhaitez. » Une réflexion fit grimacer un court instant l’homme de Dieu devant le parcours d’idées qui se bousculait en lui « Très Saint-Père, prévoyez-vous par cette…opportunité, promouvoir monseigneur Moraglia au rang cardinalice ?
Pape Aurélien Ier :
-Fidèle à votre perspicacité, mon ami. Oui, c’est bel et bien le cas. Depuis des années, la direction des affaires tend à faiblir chez les clercs. Or, un passage de ma part affermira les dévots et donnera un coup de fouet…figurativement, bien sûr, à l’Ordre de Saint-Marc. Comprenez bien que je n’ai pas le vœu de ranimer les tensions des Croisades et l’exacerbation qui en résultat, mais bel et bien aller en le sens de Saint-Pierre lui-même pour remuer cette vieille fourmilière.
Camerlingue Simeon Volpino :
-Je vois. Alors, pendant que vous voyagerez chez la reine Marie, j’écrirai à Saint-Marc pour les informer de votre arrivée. Ceci dit, si vous le voulez, puis-je finir l’ordre du jour ? » le pape acquiesça « Le dernier point d’importance est celui qui concerne notre habitation… » Aurélien sourcilla, intrigué « …Par le biais de diacres travaillant au service de Mrg. Jérôme de Gisserot, il est dit que certains prépareraient votre transfert un peu plus en retrait de Saint-Régis, plus près d’un monastère, mais la chose ne serait toujours pas entendue.
Pape Aurélien Ier :
Le vicaire ricana un peu avant de se lever calmement, de se diriger vers la fenêtre de son bureau de fortune afin de contempler la vue:
-Rien de contraignant. La ville n’est pas l’endroit le plus propice pour mener mes devoirs à leur terme. Un espace plus…bucolique, le permettra et l’éloignement ne me fera pas de mal. Par contre, quand vous croiserez ceux qui ficellent ce plan, dites-leur que je n’accepterai d’être qu’à mi-chemin, au mieux un village ou une ville mineure me suffira pour à la fois couvrir mes activités et mes recueillements. En cela, affrétez décemment ma berline et…une garde légère pour la route vers le Thorval. Téléphonez les services ministériels de la jeune souveraine pour les prévenir de mon départ…Oh ! Et contactez l’Office du gouverneur pour qu’il ne s’alerte pas de mes pérégrinations. Faites-lui savoir nos plans de vol et les façons de communiquer avec nous. »
Le camerlingue se leva, s’inclina et souscrit silencieusement aux déclarations de son guide.
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[img]http://img11.hostingpics.net/pics/200882moshmoisemerjoncrougetraverseetorahdieuhashem.jpg[/img]
« [ms]Par-là est le Chemin, par-delà j’irai[/ms] »[/center]
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Aurélien feuilletait tranquillement sa bible, quand son camerlingue entra dans le bureau pour faire son rapport. Le pape porta brièvement son regard par-dessus ses lunettes, proposa à son invité de coutume de s’installer sur un siège, puis le porteur de la barrette rouge parla:
Camerlingue Simeon Volpino:
-Votre Sainteté, depuis que vous vous êtes retiré de votre…pénitence, plusieurs choses demeurèrent en suspens et exigeraient dorénavant d’être considérées par vos soins. Tout d’abord, Sa Majesté Marie du Thorval, laquelle vous aviez suggéré de bénir son règne personnellement, n’a toujours pas eue ouï-dire de votre présence. Il serait de bon ton de lui faire parvenir une lettre de votre main afin de la renseigner sur vos intentions vis-à-vis d’elle.
Pape Aurélien Ier :
-J’y veillerai. Marie perdit son père, récemment…Niel. Une visite de ma part la rassura, comme ses sujets. » le pontife fouilla sur son bureau, extirpa un document froissé et le porta jusqu’à son interlocuteur « C’est peu, mais un quotidien thorvalois insinue que ma présence est manquante. J’en profiterai donc pour faire taire ces inquiétudes.
Camerlingue Simeon Volpino :
-Un voyage ? Sa Sainteté regagne des forces à ce que je constate ! » le vieil homme sourit momentanément, puis poursuivit « Sur un autre point, une courtoisie en direction de M. Alfonso Cuahtlitli du Tlaloctlitlal, afin de le remercier pour son prompt soutien serait pertinente. Il travaille pour O CARTA ABERTA. Je suis persuadé qu’une simple attention pourra contribuer à galvaniser l’engouement pour vous et l’Église. Bien sûr, j’ai conscience que cela est secondaire. En cela, je puis m’en occuper en votre nom, et ça suffira.
Pape Aurélien Ier :
-En ce cas-là, je vous confie l’affaire. » Le Saint-Père déposa ses lunettes sur son meuble de travail, porta son attention à peine une fraction de seconde sur un tableau représentant une fresque de la Bataille de la Baie de Siracuzzia, puis redirigea sans attendre ses cogitations vers son coadjuteur « Avant que nous poursuivions, je tiens à vous informer que je prévoie faire un pèlerinage à la cathédral San Marco pour honorer la relique de Saint-Marc. Par la même occasion, une simple visite de bienséance chez le patriarche de la Sérénissime serait de circonstance…C’est maintenant Mgr. Francesco Moraglia, je crois.
Camerlingue Simeon Volpino :
-Il en sera fait tel que vous le souhaitez. » Une réflexion fit grimacer un court instant l’homme de Dieu devant le parcours d’idées qui se bousculait en lui « Très Saint-Père, prévoyez-vous par cette…opportunité, promouvoir monseigneur Moraglia au rang cardinalice ?
Pape Aurélien Ier :
-Fidèle à votre perspicacité, mon ami. Oui, c’est bel et bien le cas. Depuis des années, la direction des affaires tend à faiblir chez les clercs. Or, un passage de ma part affermira les dévots et donnera un coup de fouet…figurativement, bien sûr, à l’Ordre de Saint-Marc. Comprenez bien que je n’ai pas le vœu de ranimer les tensions des Croisades et l’exacerbation qui en résultat, mais bel et bien aller en le sens de Saint-Pierre lui-même pour remuer cette vieille fourmilière.
Camerlingue Simeon Volpino :
-Je vois. Alors, pendant que vous voyagerez chez la reine Marie, j’écrirai à Saint-Marc pour les informer de votre arrivée. Ceci dit, si vous le voulez, puis-je finir l’ordre du jour ? » le pape acquiesça « Le dernier point d’importance est celui qui concerne notre habitation… » Aurélien sourcilla, intrigué « …Par le biais de diacres travaillant au service de Mrg. Jérôme de Gisserot, il est dit que certains prépareraient votre transfert un peu plus en retrait de Saint-Régis, plus près d’un monastère, mais la chose ne serait toujours pas entendue.
Pape Aurélien Ier :
Le vicaire ricana un peu avant de se lever calmement, de se diriger vers la fenêtre de son bureau de fortune afin de contempler la vue:
-Rien de contraignant. La ville n’est pas l’endroit le plus propice pour mener mes devoirs à leur terme. Un espace plus…bucolique, le permettra et l’éloignement ne me fera pas de mal. Par contre, quand vous croiserez ceux qui ficellent ce plan, dites-leur que je n’accepterai d’être qu’à mi-chemin, au mieux un village ou une ville mineure me suffira pour à la fois couvrir mes activités et mes recueillements. En cela, affrétez décemment ma berline et…une garde légère pour la route vers le Thorval. Téléphonez les services ministériels de la jeune souveraine pour les prévenir de mon départ…Oh ! Et contactez l’Office du gouverneur pour qu’il ne s’alerte pas de mes pérégrinations. Faites-lui savoir nos plans de vol et les façons de communiquer avec nous. »
Le camerlingue se leva, s’inclina et souscrit silencieusement aux déclarations de son guide.
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