[justify]La vie au pays des Ardumes : « Hélas Sire, les circonstances m'ont obligé à rendre justice moi-même en Votre nom. »
24 février 2031
Guillaume XV lisait Le Tour du monde en quatre-vingts jours de Jules Verne, depuis sa « prison dorée » du Petit Palais. Même libre, ces murs ne lui seyaient guère et la nostalgie du Château d'En-Haut, sur les collines de Domflour, le gagnait toujours davantage. Son enfermement avait bientôt un mois, mais lui ne savait plus exactement combien de jours cela faisait. Pour la première fois, le roy s'inquiétait du sort de ses enfants : ou sont-ils ? Que font-ils ? Comment se portent-ils ? Étonnamment, sa compassion s'étendait aussi à Blanche, sa matricide de fille, que pourtant il détestait et ne s'était jamais privé de lui suggérer, pauvre petite.
Quelqu'un introduisit les clés dans la serrure. Très probablement un des geôliers avec mon repas, se dit le souverain. En tous cas, les lueurs du dehors témoignaient que l'heure du souper avait plus que sonné ! Néanmoins, et à la grande déception de Guillaume, ce n'était qu'un potentiel traitre, n'apportant aucune victuaille. Le dit individu posa un genoux en terre et courba profondément l'échine.
« Relevez-vous Buvin et donnez moi des nouvelles. Il était plus que temps que vous veniez. Amorça le roi.
- Majesté, vous êtes bel et bien bon. Flatta le Maitre des espions.
- Épargnez-moi, de grâce, vos flagorneries.
- Sire, repris le gros, votre fils le Prince Jean est.... mort. Annonça-t-il affligé. Tué lors d'une répression paysanne près de Cieucroix. »
Le souverain sursauta et se prit la tête entre les mains, son regard vide et perdu. Buvin s'essaya au réconfort mais, à l'inverse, provoqua le courroux du roy qui le plaquait désormais contre le mur et l'étranglait.
« Vous l'avez TUÉ ! Espèce de traitre ! AVOUEZ ! hurla Guillaume.
- Sire, attendez, Sire ! suffoqua l'espion, essayant de dégager les mains du roi.
- Messire Buvin ? Tout va bien ? voulut s'assurer un garde à l'extérieur.
- Oui, Oui. Parfaitement, je maitrise la situation. Répondit le gras, après que son chef n'eu relâché l’étreinte.
- Vraiment Sire, calmez-vous, rien ne sert de s'emporter. Je pleure le Prince autant que vous. Je suis votre allié, autant que celui de Ganelon et de tout vos amis.
- Je veux voir Barthélémy Renégat devant une cour de justice. Cet ours doit payer pour ce crime, ainsi que pour tous les autres.
- Hélas Sire, les circonstances m'ont obligé à rendre justice moi-même en Votre nom. Je suis le nouveau prévôt des Maréchaux. Prévint-il guilleret.
- Comment ?! Mais ?! Où sont mes amis ? Ma fille ?
- En lieu sûr, soyez sans crainte. Vous allez me suivre, Majesté. Feyfeux vous prépare un procès et on vous décollera si vous n'enfilez pas ce froc.
- Un procès ? Grand Dieu. Et que faites-vous de ce garde, devant ?
- Il est avec moi, informa jovialement Buvin. Maintenant venez, je vous emmène auprès de votre douce Blanche. »[/justify]
La vie au pays des Ardumes
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Zaldora
[justify]La vie au pays des Ardumes : Situation générale (2).
12 mars 2031
A la suite de son évasion discrète, grâce à Robert Buvin, le roi se cachait depuis dans le palais épiscopal de Saint-Loup-des-Bois, en compagnie de sa fille Blanche, de son fidèle second Ganelon, du capitaine de sa Garde, Philippe, et de son camarade de lutte aux traits scandinaves, Hartmod. Très vite, l'édifice classique était devenu le quartier général de la révolte contre le pouvoir oligarchique. Tout cela s'était organisée avec la bénédiction de l'évêque Thierry II qui s'occupait, depuis, à rallier l'Église catholique. Étant donné la perte d'influence du christianisme sous le régime bourgeois, les prélats n'étaient pas très difficiles à convaincre.
Face à l'évasion de Guillaume XV, le Premier Guy Feyfeux était dans la panade, n'osant pas l'annoncer en public, alors que les rumeurs sur la liberté du roi circulaient et allaient bon train dans tout pays. Avec Robert Buvin comme Prévôt des Maréchaux, la brutalité de la répression des soulèvements paysans avait bien diminué. Les jacqueries doublaient en intensité et se succédaient jour après jour. Face à l'ampleur, des sergents d'armes faisaient défection et on avait grand mal à en recruter de nouveaux. En ville, les mercenaires maintenaient la paix, toutefois, ces ensembles urbains renfermaient au maximum 5% de la population d'un royaume essentiellement rural. Autre signe inquiétant : Monsieur Renaud Gué, préfet de la Chantelle, lieu où les paysans étaient le plus remontés, avait démissionné de son poste le 10 mars, ne voulant pas être le complice d'un gouvernement à la dérive. Sachant que les préfets constituaient la colonne vertébrale de la main-mise du régime sur l'Ardogne, cela n'annonçait rien de bon.
Tic tac tic tac... 81 ans de règne autocratique de la haute bourgeoisie bancaire menaçait-il de prendre fin ? A moins d'une aide inattendue...[/justify]
12 mars 2031
A la suite de son évasion discrète, grâce à Robert Buvin, le roi se cachait depuis dans le palais épiscopal de Saint-Loup-des-Bois, en compagnie de sa fille Blanche, de son fidèle second Ganelon, du capitaine de sa Garde, Philippe, et de son camarade de lutte aux traits scandinaves, Hartmod. Très vite, l'édifice classique était devenu le quartier général de la révolte contre le pouvoir oligarchique. Tout cela s'était organisée avec la bénédiction de l'évêque Thierry II qui s'occupait, depuis, à rallier l'Église catholique. Étant donné la perte d'influence du christianisme sous le régime bourgeois, les prélats n'étaient pas très difficiles à convaincre.
Face à l'évasion de Guillaume XV, le Premier Guy Feyfeux était dans la panade, n'osant pas l'annoncer en public, alors que les rumeurs sur la liberté du roi circulaient et allaient bon train dans tout pays. Avec Robert Buvin comme Prévôt des Maréchaux, la brutalité de la répression des soulèvements paysans avait bien diminué. Les jacqueries doublaient en intensité et se succédaient jour après jour. Face à l'ampleur, des sergents d'armes faisaient défection et on avait grand mal à en recruter de nouveaux. En ville, les mercenaires maintenaient la paix, toutefois, ces ensembles urbains renfermaient au maximum 5% de la population d'un royaume essentiellement rural. Autre signe inquiétant : Monsieur Renaud Gué, préfet de la Chantelle, lieu où les paysans étaient le plus remontés, avait démissionné de son poste le 10 mars, ne voulant pas être le complice d'un gouvernement à la dérive. Sachant que les préfets constituaient la colonne vertébrale de la main-mise du régime sur l'Ardogne, cela n'annonçait rien de bon.
Tic tac tic tac... 81 ans de règne autocratique de la haute bourgeoisie bancaire menaçait-il de prendre fin ? A moins d'une aide inattendue...[/justify]
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Zaldora
[justify]La vie au pays des Ardumes : Situation générale (3).
2 avril 2031
« Pourquoi m'écrit-il dans une langue morte cet imbécile ?! » a été la réaction première de Guy Feyfeux en prenant connaissance de la lettre de soutien du président Cailloza de Rioda. Malgré ce désagrément, il accepta de bonne grâce l'aide militaire, providentielle face à la position désastreuse dans laquelle lui et son gouvernement se trouvait alors : défections importantes de maréchaux et de sergents d'arme (maréchaussée), démission de préfêts (colonne vertébrale de la centralisation étatique), jacqueries quotidiennes, refus de l'Église catholique de soutenir la permanence du régime... En mai, il fallait également assurer un nouveau paiement aux mercenaires dont l'action pacifiait les villes. Et de belles manières.
Dû à l'incertitude quant à leur loyauté, les régiments coloniaux furent placés en ville aux cotés des mercenaires. Les autres troupes allèrent à la campagne, en soutien d'une maréchaussée épuisée aux rangs clairsemés. Les opérations musclées des soldats du Rioda permirent de stopper nette les soulèvements paysans, au prix de trois cent morts en deux semaines.
Au 2 avril, le calme est revenu un peu partout en Ardogne. Cependant, la présence de soldats étrangers est perçue comme une occupation par les populations rurales et urbaines, qui n'arrivent pas à s'y faire. Néanmoins, c'est uniquement grâce aux renforts de « reitres castillans » que Guy Feyfeux et son gouvernement tiennent encore débout.
Ce matin, des hommes d'arme du 15ème Régiment d'Infanterie Continentale ont dû se défendre contre plusieurs accrochages avec des villageois, provenant de paroisses situées au sein de l'Ardogne historique...
Stationné dans les pays Arguetans, le 14ème Régiment d'Infanterie Continentale a subit des tirs de carabines, sans retrouver les auteurs...[/justify]
2 avril 2031
« Pourquoi m'écrit-il dans une langue morte cet imbécile ?! » a été la réaction première de Guy Feyfeux en prenant connaissance de la lettre de soutien du président Cailloza de Rioda. Malgré ce désagrément, il accepta de bonne grâce l'aide militaire, providentielle face à la position désastreuse dans laquelle lui et son gouvernement se trouvait alors : défections importantes de maréchaux et de sergents d'arme (maréchaussée), démission de préfêts (colonne vertébrale de la centralisation étatique), jacqueries quotidiennes, refus de l'Église catholique de soutenir la permanence du régime... En mai, il fallait également assurer un nouveau paiement aux mercenaires dont l'action pacifiait les villes. Et de belles manières.
Dû à l'incertitude quant à leur loyauté, les régiments coloniaux furent placés en ville aux cotés des mercenaires. Les autres troupes allèrent à la campagne, en soutien d'une maréchaussée épuisée aux rangs clairsemés. Les opérations musclées des soldats du Rioda permirent de stopper nette les soulèvements paysans, au prix de trois cent morts en deux semaines.
Au 2 avril, le calme est revenu un peu partout en Ardogne. Cependant, la présence de soldats étrangers est perçue comme une occupation par les populations rurales et urbaines, qui n'arrivent pas à s'y faire. Néanmoins, c'est uniquement grâce aux renforts de « reitres castillans » que Guy Feyfeux et son gouvernement tiennent encore débout.
Ce matin, des hommes d'arme du 15ème Régiment d'Infanterie Continentale ont dû se défendre contre plusieurs accrochages avec des villageois, provenant de paroisses situées au sein de l'Ardogne historique...
Stationné dans les pays Arguetans, le 14ème Régiment d'Infanterie Continentale a subit des tirs de carabines, sans retrouver les auteurs...[/justify]
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Zaldora
[justify]La vie au pays des Ardumes : Une encyclique...
14 avril 2031
LUNDI DE PÂQUES
L'[url=http://www.simpolitique.com/post295599.html#p295599]encyclique Honorem Dei[/url] rendit fou de rage le Premier Guy Feyfeux qui ordonna sa censure immédiate partout dans les bons pays d'Ardogne. Le Maitre des Espions (et Prévôt des Maréchaux) Robert Buvin s’exécuta sur le champs : la lettre du Pape ne sera lu sur aucune radio. Néanmoins... il laissa malicieusement fuiter celle-ci en version papier vers les évêques ardognois acquis à la cause, ainsi que vers les curés de campagne. Les prochains sermons promettent d'être électriques...
95,5% des sujets du Roi Guillaume sont très catholiques.[/justify]
14 avril 2031
LUNDI DE PÂQUES
L'[url=http://www.simpolitique.com/post295599.html#p295599]encyclique Honorem Dei[/url] rendit fou de rage le Premier Guy Feyfeux qui ordonna sa censure immédiate partout dans les bons pays d'Ardogne. Le Maitre des Espions (et Prévôt des Maréchaux) Robert Buvin s’exécuta sur le champs : la lettre du Pape ne sera lu sur aucune radio. Néanmoins... il laissa malicieusement fuiter celle-ci en version papier vers les évêques ardognois acquis à la cause, ainsi que vers les curés de campagne. Les prochains sermons promettent d'être électriques...
95,5% des sujets du Roi Guillaume sont très catholiques.[/justify]
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Zaldora
[justify]La vie au pays des Ardumes : Bientôt les moissons...
6 mai 2031
[center][img]http://image.noelshack.com/fichiers/2016/41/1476304961-ble-couche.png[/img]
Triste spectacle dans la campagne environnante de Saint-Loup-des-Bois, dans le Floriannais :
Quand ce n'est pas la guerre civile, c'est le climat qui s'y met...[/center]
Situation dans l'ensemble Occitan : les combats et la répression de la révolte paysanne ont détruit ou endommagé de nombreuses parcelles de blé. Dans l'ensemble, les campagnards ne purent semer activement au printemps à cause de l'insécurité. La moisson s'annonce mauvaise.
Situation dans l'ensemble Oïl : Partie du pays la plus calme du royaume pendant les jacqueries, elle ne connut pas de dommages ou presque. Les semis purent se faire en mars comme à chaque printemps. Toutefois, le climat de la fin avril est venu quelque peu ternir l'optimisme paysan. De fortes pluies ont « inondé » le Floriannais, tandis que des vents inhabituellement violents ont balayé le Mareuillais. De pareils intempéries ont couché au sol (verse) jusqu'à le tiers de certaines parcelles. On redoute des germinations sur pied qui rendraient la farine impropre à la panification. La moisson s'annonce assez bonne ou moyenne.
Au vu de la situation, il parait nécessaire à la Couronne d'importer du blé afin d'éviter la soudure, qui pourrait se montrer dès la mi-mars ![/justify]
6 mai 2031
[center][img]http://image.noelshack.com/fichiers/2016/41/1476304961-ble-couche.png[/img]
Triste spectacle dans la campagne environnante de Saint-Loup-des-Bois, dans le Floriannais :
Quand ce n'est pas la guerre civile, c'est le climat qui s'y met...[/center]
Situation dans l'ensemble Occitan : les combats et la répression de la révolte paysanne ont détruit ou endommagé de nombreuses parcelles de blé. Dans l'ensemble, les campagnards ne purent semer activement au printemps à cause de l'insécurité. La moisson s'annonce mauvaise.
Situation dans l'ensemble Oïl : Partie du pays la plus calme du royaume pendant les jacqueries, elle ne connut pas de dommages ou presque. Les semis purent se faire en mars comme à chaque printemps. Toutefois, le climat de la fin avril est venu quelque peu ternir l'optimisme paysan. De fortes pluies ont « inondé » le Floriannais, tandis que des vents inhabituellement violents ont balayé le Mareuillais. De pareils intempéries ont couché au sol (verse) jusqu'à le tiers de certaines parcelles. On redoute des germinations sur pied qui rendraient la farine impropre à la panification. La moisson s'annonce assez bonne ou moyenne.
Au vu de la situation, il parait nécessaire à la Couronne d'importer du blé afin d'éviter la soudure, qui pourrait se montrer dès la mi-mars ![/justify]