La vie au Rioda
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Otto
Sommaire :
Tableau général du Rioda
Ensemble descriptif sur les idées riodéennes, leurs histoires et leurs principes.
[url=http://www.simpolitique.com/vie-rioda-t13365.html#p295403]Linguistique riodéenne[/url]
[url=http://www.simpolitique.com/vie-rioda-t13365.html#p295447]Statistiques ethniques du Rioda[/url]
Cycle de la République
Descriptions et récits sur la pratique du pouvoir au sein de la République du Rioda. Le pouvoir, quoique républicain, profite toujours du luxe de la Monarchie. Le Président vit toujours au Palais Royal et le Gouvernement fonctionne encore sur le même modèle que sous l'Ancien Régime.
[url=http://www.simpolitique.com/vie-rioda-t13365.html#p294845]Janvier 2031 - la polysynodie riodéenne[/url]
[url=http://www.simpolitique.com/post295613.html#p295613]Mars 2031 - le sabre contre le goupillon[/url]
Cycle royaliste
Série de texte sur le mouvement monarchiste riodéen.
[url=http://www.simpolitique.com/vie-rioda-t13365.html#p294734]Janvier 2031 - un mariage au Megrada[/url]
[url=http://www.simpolitique.com/vie-rioda-t13365.html#p295592]Mars 2031 - La grande Muette 1. Trois officiers en Ardogne[/url]
Cycle paysan
Résumé des idées et pensées de la paysannerie et plus généralement du monde rural au Rioda continental et plus rarement dans d'autres provinces.
[url=http://www.simpolitique.com/vie-rioda-t13365.html#p295023]Février 2031 - installation du vicaire de San-Juan[/url]
Tableau général du Rioda
Ensemble descriptif sur les idées riodéennes, leurs histoires et leurs principes.
[url=http://www.simpolitique.com/vie-rioda-t13365.html#p295403]Linguistique riodéenne[/url]
[url=http://www.simpolitique.com/vie-rioda-t13365.html#p295447]Statistiques ethniques du Rioda[/url]
Cycle de la République
Descriptions et récits sur la pratique du pouvoir au sein de la République du Rioda. Le pouvoir, quoique républicain, profite toujours du luxe de la Monarchie. Le Président vit toujours au Palais Royal et le Gouvernement fonctionne encore sur le même modèle que sous l'Ancien Régime.
[url=http://www.simpolitique.com/vie-rioda-t13365.html#p294845]Janvier 2031 - la polysynodie riodéenne[/url]
[url=http://www.simpolitique.com/post295613.html#p295613]Mars 2031 - le sabre contre le goupillon[/url]
Cycle royaliste
Série de texte sur le mouvement monarchiste riodéen.
[url=http://www.simpolitique.com/vie-rioda-t13365.html#p294734]Janvier 2031 - un mariage au Megrada[/url]
[url=http://www.simpolitique.com/vie-rioda-t13365.html#p295592]Mars 2031 - La grande Muette 1. Trois officiers en Ardogne[/url]
Cycle paysan
Résumé des idées et pensées de la paysannerie et plus généralement du monde rural au Rioda continental et plus rarement dans d'autres provinces.
[url=http://www.simpolitique.com/vie-rioda-t13365.html#p295023]Février 2031 - installation du vicaire de San-Juan[/url]
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Otto
Vive le Roi quand même !
Janvier 2000 - quelque part dans la campagne près de Santiago du Megrada
La grande maison de planteur de la famille Davilà-Trinidad accueille ce soir une grande réception : c'est le mariage du fils aîné de cette grande famille de l'aristocratie agraire du nouveau-monde. Tout ce que le Megrada compte de bonnes familles aristocratiques sont présentes ici : on retrouve pêle-mêle parmi les invités les plus grands propriétaires terriens, des amiraux, des officiers de l'infanterie coloniale et même des ecclésiastiques. La salle de bal de la maison a été entièrement décorée pour l'occasion : le drapeau de la Vice-Royauté flotte au côté de ceux de la Monarchie, pourtant tombée sous les coups de la Révolution de 1989. Aucuns des invités n'aura manqué d'apercevoir le portrait du prince Juan VI, prétendant au trône exilé au Dondaria depuis la Révolution. C'est dans ce décor que dansent les deux cents invités. En les voyant, il est aisé de se sentir transporté vers des temps passés, lorsque le Rioda était encore une grande puissance. Les officiers ont enfilés des uniformes tout droit venu du XIXème siècle, les religieux des soutanes de soie de Janubie et les aristocrates leurs plus beaux costumes taillés à la mode des années 1920. A n'importe quel visiteur, il pourrait sembler que la Révolution n'a jamais eu lieu et que la Monarchie existe encore. Et ce n'est pas tout à fait faux. En effet, dans le coeur de ces hommes comme dans celui de la plupart des Riodéens du Megrada, la Monarchie n'est jamais tombée. Dans cette province presque exclusivement rurale (la seule ville est Santiago du Megrada, qui abrite seulement 100.000 habitants pour une province de 7 millions de sujets) et fortement catholique, la République est très mal acceptée. D'ailleurs, tous parlent encore du "Royaume" et la seule chose qui les empêchent de restaurer la Monarchie d'eux-même est la présence à Santiago de trois régiments d'infanterie (l'infanterie est réputée pour son légalisme et sa loyauté, contrairement à l'armée coloniale plus royaliste) et de deux régiments de milice bourgeoise. Au milieu de tout ce décorum intervient Felipe Davilà-Trinidad, le père du marié, pour porter un toeast :
"Mes chers amis,
Je vous rassure, je serai court ce soir. C'est une joie pour moi de vous recevoir aujourd'hui pour le mariage de mon fils Juan et de mademoiselle Carmen de Cardon. A vous deux, je vous souhaite sincèrement de vivre le mariage le plus heureux qu'il soit. Vous êtes la nouvelle génération du Megrada et du Rioda. Vous n'avez pas oublié d'où vous venez, et je souhaite que vous ne l'oublierez jamais. Vous êtes fils et fille de Dieu et du Roi, héritiers de 2.000 ans d'histoire. Le foyer chrétien que vous fonderez fera mon orgueil car je sais que vous perpétuerez tout ce en quoi nous croyons ici. Je prie sincèrement la Sainte Famille pour qu'elle vous garde.
Gloire à Dieu, au Rioda, au Roi et vive les mariés !"
Janvier 2000 - quelque part dans la campagne près de Santiago du Megrada
La grande maison de planteur de la famille Davilà-Trinidad accueille ce soir une grande réception : c'est le mariage du fils aîné de cette grande famille de l'aristocratie agraire du nouveau-monde. Tout ce que le Megrada compte de bonnes familles aristocratiques sont présentes ici : on retrouve pêle-mêle parmi les invités les plus grands propriétaires terriens, des amiraux, des officiers de l'infanterie coloniale et même des ecclésiastiques. La salle de bal de la maison a été entièrement décorée pour l'occasion : le drapeau de la Vice-Royauté flotte au côté de ceux de la Monarchie, pourtant tombée sous les coups de la Révolution de 1989. Aucuns des invités n'aura manqué d'apercevoir le portrait du prince Juan VI, prétendant au trône exilé au Dondaria depuis la Révolution. C'est dans ce décor que dansent les deux cents invités. En les voyant, il est aisé de se sentir transporté vers des temps passés, lorsque le Rioda était encore une grande puissance. Les officiers ont enfilés des uniformes tout droit venu du XIXème siècle, les religieux des soutanes de soie de Janubie et les aristocrates leurs plus beaux costumes taillés à la mode des années 1920. A n'importe quel visiteur, il pourrait sembler que la Révolution n'a jamais eu lieu et que la Monarchie existe encore. Et ce n'est pas tout à fait faux. En effet, dans le coeur de ces hommes comme dans celui de la plupart des Riodéens du Megrada, la Monarchie n'est jamais tombée. Dans cette province presque exclusivement rurale (la seule ville est Santiago du Megrada, qui abrite seulement 100.000 habitants pour une province de 7 millions de sujets) et fortement catholique, la République est très mal acceptée. D'ailleurs, tous parlent encore du "Royaume" et la seule chose qui les empêchent de restaurer la Monarchie d'eux-même est la présence à Santiago de trois régiments d'infanterie (l'infanterie est réputée pour son légalisme et sa loyauté, contrairement à l'armée coloniale plus royaliste) et de deux régiments de milice bourgeoise. Au milieu de tout ce décorum intervient Felipe Davilà-Trinidad, le père du marié, pour porter un toeast :
"Mes chers amis,
Je vous rassure, je serai court ce soir. C'est une joie pour moi de vous recevoir aujourd'hui pour le mariage de mon fils Juan et de mademoiselle Carmen de Cardon. A vous deux, je vous souhaite sincèrement de vivre le mariage le plus heureux qu'il soit. Vous êtes la nouvelle génération du Megrada et du Rioda. Vous n'avez pas oublié d'où vous venez, et je souhaite que vous ne l'oublierez jamais. Vous êtes fils et fille de Dieu et du Roi, héritiers de 2.000 ans d'histoire. Le foyer chrétien que vous fonderez fera mon orgueil car je sais que vous perpétuerez tout ce en quoi nous croyons ici. Je prie sincèrement la Sainte Famille pour qu'elle vous garde.
Gloire à Dieu, au Rioda, au Roi et vive les mariés !"
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Otto
Les couloirs du pouvoir
Janvier 2000 - Mattrita
Malgré la forme républicaine du régime riodéen, l'esprit monarchique est encore très présent. En effet, si le Président dirige le pays avec le Gouvernement, celui-ci a conservé son mode de fonctionnement polysynodal hérité de l'Ancien Régime. Le Président de la République est à la tête de l'exécutif et est le principal décideur. Il peut présenter à la Chambre des projets de loi, apposer son véto sur les lois votées par cette même Chambre et même gouverner par décret. Les nombreux conseils sont là pour l'aider dans la rédaction des projets de loi ainsi que pour le conseiller dans la rédaction des décrets et dans la nomination aux fonctions publiques.
Il existe deux types de conseils : les Conseils Territoriaux, chargés de conseiller le Président sur la politique à suivre quant à un territoire précis et les Conseils Généraux aux attributions plus larges, capables de donner leurs avis sur des affaires concernant tout le Rioda.
Il existe quatre Conseils Territoriaux :
Janvier 2000 - Mattrita
Malgré la forme républicaine du régime riodéen, l'esprit monarchique est encore très présent. En effet, si le Président dirige le pays avec le Gouvernement, celui-ci a conservé son mode de fonctionnement polysynodal hérité de l'Ancien Régime. Le Président de la République est à la tête de l'exécutif et est le principal décideur. Il peut présenter à la Chambre des projets de loi, apposer son véto sur les lois votées par cette même Chambre et même gouverner par décret. Les nombreux conseils sont là pour l'aider dans la rédaction des projets de loi ainsi que pour le conseiller dans la rédaction des décrets et dans la nomination aux fonctions publiques.
Il existe deux types de conseils : les Conseils Territoriaux, chargés de conseiller le Président sur la politique à suivre quant à un territoire précis et les Conseils Généraux aux attributions plus larges, capables de donner leurs avis sur des affaires concernant tout le Rioda.
Il existe quatre Conseils Territoriaux :
- Le Conseil de la Chambre, premier des conseils selon l'ordre protocolaire. Il est chargé de la gouvernance de la Métropole. Il se réunit trois fois par semaine, et le président Cailloza ne manque jamais ces réunions qu'il estime précieuses pour le pays. Il est généralement admis que ce Conseil est le véritable centre du pouvoir riodéen.
- Le Conseil de Janubie Occidentale est le conseil territorial gouvernant théoriquement le plus grand territoire ultramarin puisque le Megrada et San Cristobal relèvent tout deux du Conseil. Cependant, le Megrada étant dans une situation de quasi-sécession face à la Métropole, ce Conseil n'a aujourd'hui qu'une influence réduite sur la conduite du pays. Il ne se réunit presque plus aujourd'hui, ses décisions n'ayant plus aucune influence sur ses territoires. Il reste cependant un moyen de récompenser les fidèles au régime.
- Le Conseil de Janubie Orientale est un conseil particulier puisque dominé par la Compagnie Générale de Janubie Orientale et non pas par les bureaucrates. Généralement, il se réunit en l'absence du Président et se gère seul, Cailloza gardant un regard lointain sur tout ce qu'il se dit dans ce Conseil.
- Le Conseil du Morraco est le dernier des conseils territoriaux et est le seul Conseil ultramarin a réellement fonctionner normalement. En effet, ses décisions sont suivies à la lettre par l'administration coloniale.
- Le Conseil d'Etat est sans aucun doute le principal Conseil Général du Rioda. Il fait office de gouvernement et regroupe les Grands Offices de l'Etat que sont la Chancellerie, chargée des Affaires Etrangères, les Sceaux, chargés de la Justice, mais aussi les Ministères d'Etats que sont l'Instruction Publique, la Police ou encore la Famille. Ce Conseil est convoqué tout les lundi, les mercredi et les vendredi au Palais Royal où vit désormais le Président.
- Le Conseil de la Guerre est le Conseil regroupant le Maréchal, le Grand Amiral et le Ministre de l'Air. Peuvent également être convoqués les différents généraux et amiraux de l'Armée du Rioda.
- Enfin le Conseil des Finances rassemble le Surintendant aux Finances, chargé du Budget, le Maître des Monnaies, qui est le gouverneur de la banque centrale, ainsi que différents secrétaires d'Etats chargés de l'économie.
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Otto
Le bon sens paysan (1.)
février 2031 - Saint-Jean de la Montagne, 200 habitants, Rioda continental
Le mois de février était plutôt doux dans ce village montagneux du Rioda. L'autobus de 7 heure du matin, le seul passant ici avant celui de 21 heure, s'arrêta et déposa un jeune homme tout ensoutané. Cet homme était le nouveau vicaire de la paroisse. Personne n'était là pour l'accueillir hormis le curé lui-même, un homme de soixante ans passé. Le jeune prêtre salua son nouveau supérieur avec toute la déférence que l'on doit à la hiérarchie : il le vouvoya sans aucune hésitation et garda avec lui un langage soutenu. Le curé lui répondit sur le même ton. Après les présentations de rigueur, le jeune vicaire demanda à son curé des détails sur la vie de la paroisse. Après lui avoir brosser un rapide portrait des familles locales autour d'une tasse de thé venue des Comptoirs de Janubie, le curé commença à parler de ses relations avec la mairie locale, proche du pouvoir libérale et laïcard de Mattrita :
« Voyez-vous jeune homme, le maire est un de ces bourgeois convaincu que son savoir illumine notre village et qu'il nous aidera à sortir de "l'âge sombre". Il préside le conseil municipal avec le pharmacien, qui ne vaut guère mieux, le médecin, un intellectuel ayant fait ses études en ville et ayant eu les plus mauvaises fréquentations que l'on puisse avoir là-bas, et quelques autres bourgeois échoués chez nous. Le capitaine de gendarmerie est quant à lui un paillard invétéré, et un anticlérical local. Grâce à Dieu ses hommes ne sont pas tous de ce penchant là. Tout ce beau monde a essayé d'imposer notre paroisse, comme l'autorise la loi depuis l'instauration de la République en 2019. La gendarmerie est entrée dans l'église paroissiale pour établir un inventaire pour prélever "un impôt sur la fortune". Par chance, j'étais dans l'église avec quelques paroissiens pour réciter le chapelet. Nos prières ont repoussés les gendarmes, plus pieux que leurs officiers. Mais il n'empêche que la mairie veut nous faire taire. Ils m'ont interdit d'entrer dans l'école municipale où je donnais des cours de catéchisme depuis 20 ans. Ils ont même chassés les dernières religieuses enseignantes...
- Mais vos paroissiens ne se révoltent pas contre tout ça ?
- Oh vous êtes bien naïf... Nos fidèles croient sincèrement en Dieu et aux sacrements, cela ne fait aucun doute. Mais les choses de la politique les dépassent éminemment. Depuis la Révolution, ils ne veulent plus de problème avec la République. Tant qu'on les laisse en paix, et qu'ils peuvent communier une fois par semaine, alors ils sont prêt à accepter n'importe quoi. C'est bien triste à dire, mais je les comprend. La République est toute puissante par ici. En Ardogne, les paysans peuvent bien se révolter, ils ont encore des armes, mais ici les milices paroissiales ont été désarmées par la Révolution. Nous ne pouvons que prier pour que les choses changent. Elles changeront de toute façon : après tout, si Dieu est avec nous, qui pourra être contre nous ? »
février 2031 - Saint-Jean de la Montagne, 200 habitants, Rioda continental
Le mois de février était plutôt doux dans ce village montagneux du Rioda. L'autobus de 7 heure du matin, le seul passant ici avant celui de 21 heure, s'arrêta et déposa un jeune homme tout ensoutané. Cet homme était le nouveau vicaire de la paroisse. Personne n'était là pour l'accueillir hormis le curé lui-même, un homme de soixante ans passé. Le jeune prêtre salua son nouveau supérieur avec toute la déférence que l'on doit à la hiérarchie : il le vouvoya sans aucune hésitation et garda avec lui un langage soutenu. Le curé lui répondit sur le même ton. Après les présentations de rigueur, le jeune vicaire demanda à son curé des détails sur la vie de la paroisse. Après lui avoir brosser un rapide portrait des familles locales autour d'une tasse de thé venue des Comptoirs de Janubie, le curé commença à parler de ses relations avec la mairie locale, proche du pouvoir libérale et laïcard de Mattrita :
« Voyez-vous jeune homme, le maire est un de ces bourgeois convaincu que son savoir illumine notre village et qu'il nous aidera à sortir de "l'âge sombre". Il préside le conseil municipal avec le pharmacien, qui ne vaut guère mieux, le médecin, un intellectuel ayant fait ses études en ville et ayant eu les plus mauvaises fréquentations que l'on puisse avoir là-bas, et quelques autres bourgeois échoués chez nous. Le capitaine de gendarmerie est quant à lui un paillard invétéré, et un anticlérical local. Grâce à Dieu ses hommes ne sont pas tous de ce penchant là. Tout ce beau monde a essayé d'imposer notre paroisse, comme l'autorise la loi depuis l'instauration de la République en 2019. La gendarmerie est entrée dans l'église paroissiale pour établir un inventaire pour prélever "un impôt sur la fortune". Par chance, j'étais dans l'église avec quelques paroissiens pour réciter le chapelet. Nos prières ont repoussés les gendarmes, plus pieux que leurs officiers. Mais il n'empêche que la mairie veut nous faire taire. Ils m'ont interdit d'entrer dans l'école municipale où je donnais des cours de catéchisme depuis 20 ans. Ils ont même chassés les dernières religieuses enseignantes...
- Mais vos paroissiens ne se révoltent pas contre tout ça ?
- Oh vous êtes bien naïf... Nos fidèles croient sincèrement en Dieu et aux sacrements, cela ne fait aucun doute. Mais les choses de la politique les dépassent éminemment. Depuis la Révolution, ils ne veulent plus de problème avec la République. Tant qu'on les laisse en paix, et qu'ils peuvent communier une fois par semaine, alors ils sont prêt à accepter n'importe quoi. C'est bien triste à dire, mais je les comprend. La République est toute puissante par ici. En Ardogne, les paysans peuvent bien se révolter, ils ont encore des armes, mais ici les milices paroissiales ont été désarmées par la Révolution. Nous ne pouvons que prier pour que les choses changent. Elles changeront de toute façon : après tout, si Dieu est avec nous, qui pourra être contre nous ? »
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Otto
Le Rioda : un peuple, un pays, aucune langue ?
Si vous demandez à un étranger la langue que parle les Riodéens, il sera bien incapable de vous répondre. En effet, la langue n'a jamais été uniformisée au Rioda où le pouvoir n'a jamais été très centralisée comme en Ponance ou même au Montalvo. Des dizaines de dialectes cohabitent dans un fouillis le plus total. Dans ce bouillon de langue, aucune n'émerge réellement car la langue écrite au Rioda n'est pas la même que la langue parlée. Encore aujourd'hui, les jeunes n'apprennent à écrire qu'en latin puisque cette langue est l'unique langue de l'administration. Les journaux et les livres de cuisines sont sans aucun doute la seule littérature réellement riodéeophone. Mais le Riodéen ne peux pas se normalisé en l'absence d'une orthographe fixe. Les journaux eux-mêmes écrivent avec une orthographe hésitante. La littérature quant à elle est encore et toujours latine, empêchant ainsi la langue Riodéenne de gagner ses lettres de noblesses et de devenir une véritable langue.
Mais le latin pratiquée au Rioda n'a plus grand chose avec celui de Cicéron. D'abord, la prononciation du latin est proche de celle utilisé au sein de l'Eglise. Parfois même, la prononciation s'est acclimatée au Rioda, le "i/j" se prononçant parfois à la "jota" ibérique. De même, la grammaire a bien changé depuis l'époque classique. Elle s'est rapproché de la langue parlée au Rioda. Ainsi, lorsque de brillants latinistes étrangers doivent lire un texte écrit par un Riodéen moyen, il peut avoir une incompréhension alors que les deux parlent bien latin. La langue du Rioda s'est rapproché de ce qu'on appelle généralement le latinum cuisinum ou latin de cuisine, un latin où l'on calque le latin sur la langue oral.
Si vous demandez à un étranger la langue que parle les Riodéens, il sera bien incapable de vous répondre. En effet, la langue n'a jamais été uniformisée au Rioda où le pouvoir n'a jamais été très centralisée comme en Ponance ou même au Montalvo. Des dizaines de dialectes cohabitent dans un fouillis le plus total. Dans ce bouillon de langue, aucune n'émerge réellement car la langue écrite au Rioda n'est pas la même que la langue parlée. Encore aujourd'hui, les jeunes n'apprennent à écrire qu'en latin puisque cette langue est l'unique langue de l'administration. Les journaux et les livres de cuisines sont sans aucun doute la seule littérature réellement riodéeophone. Mais le Riodéen ne peux pas se normalisé en l'absence d'une orthographe fixe. Les journaux eux-mêmes écrivent avec une orthographe hésitante. La littérature quant à elle est encore et toujours latine, empêchant ainsi la langue Riodéenne de gagner ses lettres de noblesses et de devenir une véritable langue.
Mais le latin pratiquée au Rioda n'a plus grand chose avec celui de Cicéron. D'abord, la prononciation du latin est proche de celle utilisé au sein de l'Eglise. Parfois même, la prononciation s'est acclimatée au Rioda, le "i/j" se prononçant parfois à la "jota" ibérique. De même, la grammaire a bien changé depuis l'époque classique. Elle s'est rapproché de la langue parlée au Rioda. Ainsi, lorsque de brillants latinistes étrangers doivent lire un texte écrit par un Riodéen moyen, il peut avoir une incompréhension alors que les deux parlent bien latin. La langue du Rioda s'est rapproché de ce qu'on appelle généralement le latinum cuisinum ou latin de cuisine, un latin où l'on calque le latin sur la langue oral.
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Otto
Tableau statistique du Rioda (1.)
mars 2031
Rioda Continental :
Langues parlées :
Langues parlées :
Langues parlées :
Langues parlées :
2. les statistiques religieux au Megrada et San Cristobal dépassent les 100 car une partie importante de la population se reconnaît dans le catholicisme et dans les croyances vaudoues.
mars 2031
Rioda Continental :
Langues parlées :
- Galicien 61%
- Riodéen Standard dit "Mattritain" 24%
- Aragonais 18%
- Asturien 14%
- Créoles riodéens 9%
- Algrabo-Riodéen 8%
- Môn-Khmer 7%
- Judéo-Riodéen 4%
- Autres 6%
- Catholique Latin 85%
- Protestant (toutes dénomination inclue) 4%
- Juif 4%
- Musulman 6%
- Boudhisme 1%
- Dytoliens 76%
- Créoles 9%
- Algrabes 8%
- Janubiens 7%
Langues parlées :
- Langues amérindiennes 49%
- Créoles riodéens 41%
- Galicien 32%
- Asturien 14%
- Riodéen Standard dit "Mattritain" 12%
- Autres 9%
- Catholique Latin 91%
- Vaudou 14%
- Musulman 4%
- Métis 89%
- Créoles 8%
- Dytoliens 2%
Langues parlées :
- Algrabo-Riodéen 33%
- Galicien 31%
- Berbère 30%
- Riodéen Standard dit "Mattritain" 16%
- Aragonais 15%
- Asturien 9%
- Judéo-Riodéen 8%
- Autres 12%
- Catholique Latin 64%
- Musulman 31%
- Judaïsme 5%
- Berbères 37%
- Algrabes 31%
- Dytoliens 22%
Langues parlées :
- Môn-Khmer 86%
- Riodéen Standard dit "Mattritain" 23%
- Galicien 11%
- Autres 5%
- Boudhisme 53%
- Catholicisme d'Orient 33%
- Catholicisme Latin 14%
- Khmers 73%
- Métis 16%
- Dytoliens 11%
2. les statistiques religieux au Megrada et San Cristobal dépassent les 100 car une partie importante de la population se reconnaît dans le catholicisme et dans les croyances vaudoues.
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Otto
La Grande Muette (1.)
Avril 2031 - quelque part en Ardogne
Juan de la Sanctissima Trinidad, Pedro de Salasco y Bordozar et Miguel Commenza étaient trois officiers du 14ème Régiment d'Infanterie Continentale déployé en Ardogne pour mettre fin aux troubles réactionnaires qui touchent ce pays. Ils ne sont pas venu pour casser du réac', mais par pure obéissance. Depuis leur enfance, ces trois jeunes officiers issu de familles aristocratiques ont appris à servir l'Etat, fusse-t-il républicain et libéral. Eux-même sont plus proches politiquement des rebelles qu'ils matent que du gouvernement, mais ils ne sont pas là pour faire de la politique.
Les premiers jours de leurs missions s'étaient limités à désarmer quelques paysans à la campagne. Lorsque ceux-ci s'excitaient un peu, quelques tirs en l'air suffisaient à les calmer. Parfois ils avaient dus tirer et tuer, mais ils sont militaires après tout. Pourtant ce soir-là, les trois officiers éprouvaient des remords. Autour d'une cigarette fumée à l'écart de la troupe, les trois jeunes gens discutent :
Juan de la Sanctissima Trinidad
Lieutenant au 14ème d'Infanterie Continentale
- Salut les gars, vous pouvez me passer du feu ?
Pedro de Salasco y Bordozar
Capitaine au 14ème d'Infanterie Continentale
- Bien sûr, tenez Trinidad*. On était entrain de parler de la journée d'aujourd'hui avec Commenza.
Miguel Commenza
Sous-Lieutenant au 14ème d'Infanterie Continentale
- Dure journée n'est-ce pas Trinidad ? Vous avez fait partie du détachement chargé d'attaquer la chapelle je crois ?
Juan de la Sanctissima Trinidad
Lieutenant au 14ème d'Infanterie Continentale
- Oui, le Colonel en a donné l'ordre. "Les gendarmes Ardonais veulent qu'on aille dans une chapelle en forêt, paraît qu'c'est une planque d'arme" qu'il disait. J'ai dus lever partir avec une patrouille de 30 hommes, accompagnés de 12 gens d'armes ardonais. On est arrivé à la chapelle pendant qu'un prêtre local célébrait la Sainte Messe. J'ai demandé à ce que la fouille de la chapelle soit reporté, mais les officiers ardonais ont insisté pour qu'on monte à l'assaut. "Si ils sont là, c'est que ce sont des rebelles" comme le disait le lieutenant-colonel.
Miguel Commenza
Sous-Lieutenant au 14ème d'Infanterie Continentale
- J'ai discuté un peu avec les gars, ils m'ont dit que vous avez finalement dus attaquer avant la fin de la Messe.
Juan de la Sanctissima Trinidad
Lieutenant au 14ème d'Infanterie Continentale
- Ca ne dépendait pas de moi, Dieu m'en est témoin. Le lieutenant-colonel est entré dans la petite chapelle où étaient réunis une dizaine de fidèles. Il a ordonné l'arrestation de tout ces pauvres gens. J'ai d'abord ordonné à nos hommes de ne pas agir, mais c'était trop tard : les Ardonais avaient déjà commencé à arrêter les fidèles. Deo Gratias le prêtre n'avait pas encore consacré l'Hostie. Les gens d'armes ont commencés à fouiller la chapelle et ont ouvert le Tabernacle et renversés les Hosties consacrées. Avec plusieurs gars, dont Ignatio (je crois que vous le connaissez Salasco, il est séminariste par chez vous), on a décidé de les récupérer et de les remettre dans un bol le temps que la fouille se termine. Puis nous nous sommes retrouvés avec quelques autres hommes dont je suis sûr, des bons catholiques dans la chapelle. Ignatio a enfilé une soutane et un de mes sergents, qui avait été servant d'autel, a pris le plateau, et on a communié afin de ne pas laisser le Corps du Christ se corrompre.
Pedro de Salasco y Bordozar
Capitaine au 14ème d'Infanterie Continentale
- Les Ardonais ne respectent donc rien... et nos gars, qu'est-ce qu'ils en pensent ?
Juan de la Sanctissima Trinidad
Lieutenant au 14ème d'Infanterie Continentale
- Ils en pensent la même chose qu'au pays : peut-être bien que ça les choquent, mais les conscrits n'osent pas l'ouvrir. Et puis faut pas oublier que parmi eux on a pas mal d'enfants de la révolution, ou au moins des citadins déchristianisés...
Miguel Commenza
Sous-Lieutenant au 14ème d'Infanterie Continentale
- Tout cela devient vraiment inacceptable ne trouvez-vous pas ? Nous ne pouvons pas soutenir plus longtemps un régime qui combat Notre Seigneur ne pensez-vous pas ?
Pedro de Salasco y Bordozar
Capitaine au 14ème d'Infanterie Continentale
- Faites attentions à vos paroles Commenza. Vous êtes à la limite de la sédition. Ceci dit je suis d'accord, peut-être qu'au fond les rebelles ont raisons de lutter contre un tel gouvernement. Mais que pouvons-nous faire ?
Sur cette dernière phrase, les trois officiers se turent. Ils éteignirent leurs cigarettes et repartirent vers leurs baraquements, réfléchissant à divers plans. Même si tous paraissaient plus farfelues les uns que les autres, ce qui était sûr, c'était que leurs consciences avaient été retournées par ces événements.
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*Dans le milieu aristocratique d'où viennent les trois jeunes gens, il est de coutume de se vouvoyer et de s'appeler par son nom de famille.
Avril 2031 - quelque part en Ardogne
Juan de la Sanctissima Trinidad, Pedro de Salasco y Bordozar et Miguel Commenza étaient trois officiers du 14ème Régiment d'Infanterie Continentale déployé en Ardogne pour mettre fin aux troubles réactionnaires qui touchent ce pays. Ils ne sont pas venu pour casser du réac', mais par pure obéissance. Depuis leur enfance, ces trois jeunes officiers issu de familles aristocratiques ont appris à servir l'Etat, fusse-t-il républicain et libéral. Eux-même sont plus proches politiquement des rebelles qu'ils matent que du gouvernement, mais ils ne sont pas là pour faire de la politique.
Les premiers jours de leurs missions s'étaient limités à désarmer quelques paysans à la campagne. Lorsque ceux-ci s'excitaient un peu, quelques tirs en l'air suffisaient à les calmer. Parfois ils avaient dus tirer et tuer, mais ils sont militaires après tout. Pourtant ce soir-là, les trois officiers éprouvaient des remords. Autour d'une cigarette fumée à l'écart de la troupe, les trois jeunes gens discutent :
Juan de la Sanctissima Trinidad
Lieutenant au 14ème d'Infanterie Continentale
- Salut les gars, vous pouvez me passer du feu ?
Pedro de Salasco y Bordozar
Capitaine au 14ème d'Infanterie Continentale
- Bien sûr, tenez Trinidad*. On était entrain de parler de la journée d'aujourd'hui avec Commenza.
Miguel Commenza
Sous-Lieutenant au 14ème d'Infanterie Continentale
- Dure journée n'est-ce pas Trinidad ? Vous avez fait partie du détachement chargé d'attaquer la chapelle je crois ?
Juan de la Sanctissima Trinidad
Lieutenant au 14ème d'Infanterie Continentale
- Oui, le Colonel en a donné l'ordre. "Les gendarmes Ardonais veulent qu'on aille dans une chapelle en forêt, paraît qu'c'est une planque d'arme" qu'il disait. J'ai dus lever partir avec une patrouille de 30 hommes, accompagnés de 12 gens d'armes ardonais. On est arrivé à la chapelle pendant qu'un prêtre local célébrait la Sainte Messe. J'ai demandé à ce que la fouille de la chapelle soit reporté, mais les officiers ardonais ont insisté pour qu'on monte à l'assaut. "Si ils sont là, c'est que ce sont des rebelles" comme le disait le lieutenant-colonel.
Miguel Commenza
Sous-Lieutenant au 14ème d'Infanterie Continentale
- J'ai discuté un peu avec les gars, ils m'ont dit que vous avez finalement dus attaquer avant la fin de la Messe.
Juan de la Sanctissima Trinidad
Lieutenant au 14ème d'Infanterie Continentale
- Ca ne dépendait pas de moi, Dieu m'en est témoin. Le lieutenant-colonel est entré dans la petite chapelle où étaient réunis une dizaine de fidèles. Il a ordonné l'arrestation de tout ces pauvres gens. J'ai d'abord ordonné à nos hommes de ne pas agir, mais c'était trop tard : les Ardonais avaient déjà commencé à arrêter les fidèles. Deo Gratias le prêtre n'avait pas encore consacré l'Hostie. Les gens d'armes ont commencés à fouiller la chapelle et ont ouvert le Tabernacle et renversés les Hosties consacrées. Avec plusieurs gars, dont Ignatio (je crois que vous le connaissez Salasco, il est séminariste par chez vous), on a décidé de les récupérer et de les remettre dans un bol le temps que la fouille se termine. Puis nous nous sommes retrouvés avec quelques autres hommes dont je suis sûr, des bons catholiques dans la chapelle. Ignatio a enfilé une soutane et un de mes sergents, qui avait été servant d'autel, a pris le plateau, et on a communié afin de ne pas laisser le Corps du Christ se corrompre.
Pedro de Salasco y Bordozar
Capitaine au 14ème d'Infanterie Continentale
- Les Ardonais ne respectent donc rien... et nos gars, qu'est-ce qu'ils en pensent ?
Juan de la Sanctissima Trinidad
Lieutenant au 14ème d'Infanterie Continentale
- Ils en pensent la même chose qu'au pays : peut-être bien que ça les choquent, mais les conscrits n'osent pas l'ouvrir. Et puis faut pas oublier que parmi eux on a pas mal d'enfants de la révolution, ou au moins des citadins déchristianisés...
Miguel Commenza
Sous-Lieutenant au 14ème d'Infanterie Continentale
- Tout cela devient vraiment inacceptable ne trouvez-vous pas ? Nous ne pouvons pas soutenir plus longtemps un régime qui combat Notre Seigneur ne pensez-vous pas ?
Pedro de Salasco y Bordozar
Capitaine au 14ème d'Infanterie Continentale
- Faites attentions à vos paroles Commenza. Vous êtes à la limite de la sédition. Ceci dit je suis d'accord, peut-être qu'au fond les rebelles ont raisons de lutter contre un tel gouvernement. Mais que pouvons-nous faire ?
Sur cette dernière phrase, les trois officiers se turent. Ils éteignirent leurs cigarettes et repartirent vers leurs baraquements, réfléchissant à divers plans. Même si tous paraissaient plus farfelues les uns que les autres, ce qui était sûr, c'était que leurs consciences avaient été retournées par ces événements.
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*Dans le milieu aristocratique d'où viennent les trois jeunes gens, il est de coutume de se vouvoyer et de s'appeler par son nom de famille.
-
Otto
Le Sabre contre le Goupillon
Avril 2031 - Mattrita
"Mais il recherche la guerre !" s'écria le Président Cailloza en découvrant l'Encyclique Honorem Dei. "Si il recherche la guerre, il va l'avoir. Général, envoyez devant Castelnau des régiments dont vous êtes sûr : on verra si ce roitelet en robe fait encore le malin face à nos canons." Malgré son énervement, le Président savait qu'il était trop tard pour faire taire le Pape : le texte de l'Encyclique était diffusé en boucle sur la radio pontificale, disponible sur l'essentiel du territoire métropolitain. Néanmoins, il ne fallait pas que les populations ultramarine n'entendent ce message, elles risqueraient de prendre les armes. Il fallait agir, et vite pour éviter toute sédition. Immédiatement, le Président rédigea le décret suivant :
[quote]Au nom de la République,
Nous, Juan Cailloza, ordonnons que les sermons des prêtres soient désormais soumis à l'approbation d'un Conseil Diocésain pour les Sermons. Ces conseils seront composés de trois prêtres et de trois laïcs choisis par les évêques et approuvés par les autorités civiles.
Signé par Son Excellence le Président de la République
Approuvé par Leurs Excellences le Capitaine-Général des Forces Armées et le Ministre de la Police
Note du Président : à envoyer au secrétariat de la Présidence pour le faire traduire en latin et à envoyer à toutes nos préfectures civiles et militaires d'Outre-Mer.[/quote]
Sous le prétexte de surveiller la validité doctrinale des sermons, l'Etat pourra censuré les propos des prêtres. Reste désormais à savoir si un tel mensonge passera. En tout les cas, il faut faire passer au Pape l'envie d'écrire une nouvelle fois de telle chose. Le Président de la République donne ces instructions au Capitaine-Général, présent dans la pièce :
"Prenez des régiments, infanterie, cavalerie, artillerie, prenez tout ce qu'il vous faut, et assiégez-moi Castelnau. Puisqu'il veut secouer notre régime, nous agiterons également le sien. Nous verrons si le seigneur de Castelnau, qui se dit être le chef spirituel de notre nation, fait toujours son fier.
- Mais Président, n'avez-vous pas peur de la réaction des catholiques ?
- Mattrita est une ville sûre, la Milice Bourgeoise permettra de garder le calme. Pour le reste du pays, votre armée devrait nous suffire. Nous avons bien réussi à mater les paysans ardonnais, alors pourquoi avoir peur des nôtres."
Avril 2031 - Mattrita
"Mais il recherche la guerre !" s'écria le Président Cailloza en découvrant l'Encyclique Honorem Dei. "Si il recherche la guerre, il va l'avoir. Général, envoyez devant Castelnau des régiments dont vous êtes sûr : on verra si ce roitelet en robe fait encore le malin face à nos canons." Malgré son énervement, le Président savait qu'il était trop tard pour faire taire le Pape : le texte de l'Encyclique était diffusé en boucle sur la radio pontificale, disponible sur l'essentiel du territoire métropolitain. Néanmoins, il ne fallait pas que les populations ultramarine n'entendent ce message, elles risqueraient de prendre les armes. Il fallait agir, et vite pour éviter toute sédition. Immédiatement, le Président rédigea le décret suivant :
[quote]Au nom de la République,
Nous, Juan Cailloza, ordonnons que les sermons des prêtres soient désormais soumis à l'approbation d'un Conseil Diocésain pour les Sermons. Ces conseils seront composés de trois prêtres et de trois laïcs choisis par les évêques et approuvés par les autorités civiles.
Signé par Son Excellence le Président de la République
Approuvé par Leurs Excellences le Capitaine-Général des Forces Armées et le Ministre de la Police
Note du Président : à envoyer au secrétariat de la Présidence pour le faire traduire en latin et à envoyer à toutes nos préfectures civiles et militaires d'Outre-Mer.[/quote]
Sous le prétexte de surveiller la validité doctrinale des sermons, l'Etat pourra censuré les propos des prêtres. Reste désormais à savoir si un tel mensonge passera. En tout les cas, il faut faire passer au Pape l'envie d'écrire une nouvelle fois de telle chose. Le Président de la République donne ces instructions au Capitaine-Général, présent dans la pièce :
"Prenez des régiments, infanterie, cavalerie, artillerie, prenez tout ce qu'il vous faut, et assiégez-moi Castelnau. Puisqu'il veut secouer notre régime, nous agiterons également le sien. Nous verrons si le seigneur de Castelnau, qui se dit être le chef spirituel de notre nation, fait toujours son fier.
- Mais Président, n'avez-vous pas peur de la réaction des catholiques ?
- Mattrita est une ville sûre, la Milice Bourgeoise permettra de garder le calme. Pour le reste du pays, votre armée devrait nous suffire. Nous avons bien réussi à mater les paysans ardonnais, alors pourquoi avoir peur des nôtres."
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Otto
Situation de l'armée riodéenne en Ardogne
21 Avril 2031 - Ardogne
Après la déclaration de Guillaume XV, chacun des régiments riodéens dut prendre position quant à l'avenir. Pour certains régiments, la décision fut rapide à prendre. Ainsi, le 6ème de Cavalerie, régiment d'aristocrate, se rallia immédiatement à la Couronne par honneur personnel. Les campagnes placés sous le contrôle de la cavalerie retournèrent ainsi sous l'autorité royale sans trop de heurt : ils accueillirent les officiers royaux bras ouvert.
Cependant la situation était plus compliqué pour les autres régiments.
Les régiments continentaux avaient été envoyés à la campagne pour réprimer les jacqueries. Composés de conscrits peu impliqués dans les questions politiques placés sous la direction d'officiers républicains, les Continentaux étaient bloqués. Les régions où ils étaient déployés étaient farouchement royalistes et suivaient désormais le roi. Quelques officiers, fiers royalistes, quittèrent leurs garnisons avec une partie de leurs hommes et se joignirent aux forces royales. D'autres, ne sachant que faire, firent leurs paquetages et partirent sous les ordres de quelques officiers vers le Rioda. Mais la plupart des soldats continentaux ne bougea pas : ils étaient bien mieux dans les casernes à jouer au tarot et à boire du vin cuit plutôt qu'à prendre des positions politiques.
Mais la situation la plus difficile était sans aucun doute cette des Coloniaux. Ils avaient été déployés à Saint-Loup, capitale des libéraux. Ces régiments étaient fondamentalement catholiques et farouchement anti-libéraux. Ils n'avaient jamais voulus être déployés ici : ils avaient conscience depuis le début que défendre le gouvernement de Saint-Loup revenait à défendre les valeurs qui n'ont rien à voir avec celles que défend l’Église, comme l'a confirmé la récente encyclique Honorem Dei. Les soldats s'enfermèrent dans leurs casernes dans l'attente de pouvoir agir pour la Monarchie.
La situation était donc devenue tendue pour les armées riodéens en Ardogne. Le retour de monarchie ne fait cependant plus aucun doute et de moins en moins de soldats croient en la victoier des libéraux.
21 Avril 2031 - Ardogne
Après la déclaration de Guillaume XV, chacun des régiments riodéens dut prendre position quant à l'avenir. Pour certains régiments, la décision fut rapide à prendre. Ainsi, le 6ème de Cavalerie, régiment d'aristocrate, se rallia immédiatement à la Couronne par honneur personnel. Les campagnes placés sous le contrôle de la cavalerie retournèrent ainsi sous l'autorité royale sans trop de heurt : ils accueillirent les officiers royaux bras ouvert.
Cependant la situation était plus compliqué pour les autres régiments.
Les régiments continentaux avaient été envoyés à la campagne pour réprimer les jacqueries. Composés de conscrits peu impliqués dans les questions politiques placés sous la direction d'officiers républicains, les Continentaux étaient bloqués. Les régions où ils étaient déployés étaient farouchement royalistes et suivaient désormais le roi. Quelques officiers, fiers royalistes, quittèrent leurs garnisons avec une partie de leurs hommes et se joignirent aux forces royales. D'autres, ne sachant que faire, firent leurs paquetages et partirent sous les ordres de quelques officiers vers le Rioda. Mais la plupart des soldats continentaux ne bougea pas : ils étaient bien mieux dans les casernes à jouer au tarot et à boire du vin cuit plutôt qu'à prendre des positions politiques.
Mais la situation la plus difficile était sans aucun doute cette des Coloniaux. Ils avaient été déployés à Saint-Loup, capitale des libéraux. Ces régiments étaient fondamentalement catholiques et farouchement anti-libéraux. Ils n'avaient jamais voulus être déployés ici : ils avaient conscience depuis le début que défendre le gouvernement de Saint-Loup revenait à défendre les valeurs qui n'ont rien à voir avec celles que défend l’Église, comme l'a confirmé la récente encyclique Honorem Dei. Les soldats s'enfermèrent dans leurs casernes dans l'attente de pouvoir agir pour la Monarchie.
La situation était donc devenue tendue pour les armées riodéens en Ardogne. Le retour de monarchie ne fait cependant plus aucun doute et de moins en moins de soldats croient en la victoier des libéraux.
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Otto
Le Sabre contre le Goupillon 2.
Avril 2031 - Mattrita
"Entrailles du Pape* ! s'écria le Président Cailloza. Ce crétin continu de s'immiscer dans nos affaires malgré les canons."
Le Président était désormais face à un dilemme insoluble. Agir contre le Pape aliénerait à la République le soutient du petit peuple, qui s'était jusque là montré bien docile à la dictature libérale. Mais ne rien faire serait encore pire : cela permettrait à l'Eglise de militer encore plus ouvertement pour le rétablissement de cette dynastie dégénérée que la Révolution de 2020 a fait tomber. Et par dessus tout cela vient s'ajouter la victoire des monarchistes en Ardogne. Le gouvernement de Saint-Loup ne contrôle désormais qu'un tout petit fragment de pays tandis que la Royauté a été restauré dans tout sa dignité.
Que faire donc ?
D'abord, il va falloir faire comprendre au Pape qu'il n'a pas à venir discuter politique. Qu'il reste dans ses bondieuseries et les électeurs/fidèles seront bien gardés. Pour ce faire, le Président prit un nouveau papier et rédigea un nouveau décret :
[quote]Au nom de la République,
Nous, Juan Cailloza, conscient que l'Ordre Public et la Propriété sont désormais menacé dans nos propres frontières, ordonnons que soit appliqués les mesures suivantes :
Article Premier - Les clercs étrangers sont invités à regagner les frontières du Rioda sous quinzaine
Article Deuxième - Les congrégations ne pourront exister que sous autorisation de la République auprès des autorités préfectorales avant le 31 décembre 2031
Article Troisième - Tout clercs mettant en danger l'ordre public se verra retirer sa pension. Tout récidiviste sera condamné à 6 mois de prison
Signé par Son Excellence le Président de la République
Approuvé par Leurs Excellences le Ministre de la Police et le Premier Conseiller du Megrada[/quote]
Mais il ne servait à rien de frapper toujours plus fort sur les prêtres : ceux-ci seront bienheureux de finir martyrs. Non, le vrai intérêt de cette loi était de permettre de négociation avec le Saint-Siège. Une missive partait vers Castelnau pour demander le Pape de négocier un nouveau Concordat.
Enfin, pour être sûr que la paix publique soit conservée, l'armée était déployé dans toutes les villes. Les milices, acquises à la cause monarchiste, ne seraient pas appelés pour défendre l'Ordre, afin de ne pas donner des armes aux ennemis de la République. On ordonna aussi la surveillance des officiers catholiques des Régiments Continentaux. Quant aux Régiments Coloniaux, acquis au catholicisme, il était exclu qu'ils soient déployés en Métropole pour défendre l'Ordre. Au Moracco, ils étaient trop occupés à se battre contre les nationalistes arabes pour renforcer le pouvoir. Au Megrada, ils n'avaient jamais acceptés la République et l'Ordre n'était garanti que grâce à quelques miliciens loyalistes. A San Cristobal, la garnison et la population sont trop faible pour représenter un quelconque intérêt et au fond, eux-mêmes se désintéressent complètement de la politique. Finalement, seule les Cipayes de Janubie semblent encore être loyalistes, conscient que la République anticléricale est le seul moyen pour eux de ne pas vivre sous la coupe des prêtres.
===
*Entrailles du Pape : juron courant dans les milieux anticlériaux du Rioda
Avril 2031 - Mattrita
"Entrailles du Pape* ! s'écria le Président Cailloza. Ce crétin continu de s'immiscer dans nos affaires malgré les canons."
Le Président était désormais face à un dilemme insoluble. Agir contre le Pape aliénerait à la République le soutient du petit peuple, qui s'était jusque là montré bien docile à la dictature libérale. Mais ne rien faire serait encore pire : cela permettrait à l'Eglise de militer encore plus ouvertement pour le rétablissement de cette dynastie dégénérée que la Révolution de 2020 a fait tomber. Et par dessus tout cela vient s'ajouter la victoire des monarchistes en Ardogne. Le gouvernement de Saint-Loup ne contrôle désormais qu'un tout petit fragment de pays tandis que la Royauté a été restauré dans tout sa dignité.
Que faire donc ?
D'abord, il va falloir faire comprendre au Pape qu'il n'a pas à venir discuter politique. Qu'il reste dans ses bondieuseries et les électeurs/fidèles seront bien gardés. Pour ce faire, le Président prit un nouveau papier et rédigea un nouveau décret :
[quote]Au nom de la République,
Nous, Juan Cailloza, conscient que l'Ordre Public et la Propriété sont désormais menacé dans nos propres frontières, ordonnons que soit appliqués les mesures suivantes :
Article Premier - Les clercs étrangers sont invités à regagner les frontières du Rioda sous quinzaine
Article Deuxième - Les congrégations ne pourront exister que sous autorisation de la République auprès des autorités préfectorales avant le 31 décembre 2031
Article Troisième - Tout clercs mettant en danger l'ordre public se verra retirer sa pension. Tout récidiviste sera condamné à 6 mois de prison
Signé par Son Excellence le Président de la République
Approuvé par Leurs Excellences le Ministre de la Police et le Premier Conseiller du Megrada[/quote]
Mais il ne servait à rien de frapper toujours plus fort sur les prêtres : ceux-ci seront bienheureux de finir martyrs. Non, le vrai intérêt de cette loi était de permettre de négociation avec le Saint-Siège. Une missive partait vers Castelnau pour demander le Pape de négocier un nouveau Concordat.
Enfin, pour être sûr que la paix publique soit conservée, l'armée était déployé dans toutes les villes. Les milices, acquises à la cause monarchiste, ne seraient pas appelés pour défendre l'Ordre, afin de ne pas donner des armes aux ennemis de la République. On ordonna aussi la surveillance des officiers catholiques des Régiments Continentaux. Quant aux Régiments Coloniaux, acquis au catholicisme, il était exclu qu'ils soient déployés en Métropole pour défendre l'Ordre. Au Moracco, ils étaient trop occupés à se battre contre les nationalistes arabes pour renforcer le pouvoir. Au Megrada, ils n'avaient jamais acceptés la République et l'Ordre n'était garanti que grâce à quelques miliciens loyalistes. A San Cristobal, la garnison et la population sont trop faible pour représenter un quelconque intérêt et au fond, eux-mêmes se désintéressent complètement de la politique. Finalement, seule les Cipayes de Janubie semblent encore être loyalistes, conscient que la République anticléricale est le seul moyen pour eux de ne pas vivre sous la coupe des prêtres.
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*Entrailles du Pape : juron courant dans les milieux anticlériaux du Rioda