La vie au pays des Ardumes

Zaldora

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[center]La vie au pays des Ardumes

[img]http://image.noelshack.com/fichiers/2016/34/1472119910-1775559-7-597d-puy-de-pariou-chaine-des-puys-dep-63-5a76bea97b8c52bff38baf06cd6c2407.jpg[/img]
Les puys d'Ardogne, berceau et symbole du royaume. Puy est un terme issus de la Fiemancisation des mots occitans
pue[ch], pech, puch qui désignent un lieu élevé, une hauteur au sommet arrondi.


Vie courante, vie religieuse, fêtes populaires, politique noble et conciliabules dans de sombres ruelles, la réalité des pays Ardognois.[/center]
Zaldora

Message par Zaldora »

[justify]La vie au pays des Ardumes : le roi dans la tourmente.
15 décembre 2030

[center][img]http://image.noelshack.com/fichiers/2016/34/1472134838-chateau-d-aulteribe-sermentizon-1314222937.jpg[/img]
Le Château d'En-Haut, résidence des rois depuis dix siècles.[/center]

Guillaume XV n'eut d'autre choix que d'accepter l'héritage de son père, il y a 28 ans, en ceignant la couronne des rois Ardognois, en la Cathédrale Notre-Dame des Douleurs. La main-mise bourgeoise sur le royaume n'était pas de son fait, ni celle de Guillaume XIV, mais de son grand-père Jean V qui, lors des États-Généraux de 1950, se laissa berner, dépasser, humilier par les grasses bourses. Depuis, la dynastie, la noblesse d'épée, les clercs et les humbles souffraient, blessés et ignorés par une grande bourgeoisie sûre de son pouvoir et chérisseuse de sa position dominante. En 1960, les nouveaux maîtres avaient déplacé la capitale à Saint-Loup-des-Bois, en plein domaine d’Oïl, au nord. Guillaume XV vivait lui à des centaines de lieux de là, loin du pouvoir, à Domflour, ancienne capitale royale qui perdit de son prestige. Il séjournait au Château d'En-Haut, bâtit sur les hauteurs de la ville haute qui offrait une vue d'ensemble sur les terres d'Ussel, rattachées au domaine royal depuis 688 après Jésus-Christ.

Le monarque se trouvait dans la Grand-Salle éclairée par une simple bougie et réchauffée par un âtre ardent. Sa bannière trônait fièrement sur les murs, en compagnie de plusieurs trophées de chasse et de l'imposante épée royale, Audacieuse, qui gisait sur son support mural. L'homme était entrain d'écrire, cherchant les bons mots, les bonnes stratégies pour revenir en selle. Approchant la cinquantaine, Guillaume XV était fatigué et vieillissant. La situation politique ne lui plaisait guère et le frustrait abondamment. Le premier ministre Guy Feyfeux l'insupportait de ses feintes impérieuses manières et de son caractère plus que fourbe. Il n'avait guère plus de respect pour le maître des espions qui le surveillait constamment, et encore moins pour le reste des ministres, une bande de parvenus méprisables, dépourvus du moindre honneur. Le monarque rêvait du jour où il renversera la table, restaurera son autorité et pendra haut et cour ces traîtres, prenant plaisir à les voir souffrir, suffoquer et crever la gueule ouverte.

Cette rage folle en lui, le souverain ne l'avait pas toujours eu. Au fond, il était un homme triste qui ne s'était jamais remis, n'avait jamais fait le deuil de son épouse Marguerite, morte dix années auparavant en mettant au monde sa fille, Blanche. La reine était son rayon de soleil, l'amour de sa vie, la plus belle fleur de la vallée. Elle le soutenait, le conseillait et l'aidait à s'accomplir. Jamais n'avait-il vu dame si bonne et si dévouée. A son trépas, Guillaume tomba a genoux et éclata en sanglot. Son chagrin inconsolable fit peu à peu place à la colère, qu'il déversa sans retenu sur la sage-femme, la pauvrette, fut chassée à grand fracas. Sa rage se transforma rapidement en haine, et le roi l'a réserva à ce bébé, responsable de la mort de sa mère, en venant au monde, matricide dès le commencement.

Depuis, Guillaume se montrait distant, froid, absent et revêche avec sa fillote. Pourtant, aux rares moments où il lui arrivait de rencontrer Blanche dans les couloirs du château, il se prenait à vouloir l'aimer car tout dans ses traits lui rappelait sa Marguerite. Cependant, la haine revenait aussitôt et en bon cœur de pierre, le roi se durcissait et tournait les talons avec mépris, s'en allant sans lui adresser la parole. Dans les faits, Blanche n'avait ni mère, ni père et c'est sa gouvernante, Pierrette d'Arlet, qui l'éduquait et témoignait toute l'affection qu'une fillette en bas age méritait.

En plus de sa frustration politique, Guillaume XV se faisait du mouron pour la suite de sa dynastie. Son fils Jean était un vaurien de quinze ans, souffreteux, qui passait le plus clair de son temps à jouer aux dés, à chasser et à se battre. Quant à sa fille, cette petite sotte matricide… il ne voulait même pas y penser. En somme, l'Adorgne allait mal entre une grande bourgeoise qui l'étouffait depuis des décennies et un roi cérémoniel, actif en sous main, mais profondément tourmenté et perdu. Un malheur que même la religion ne parvenait pas à soulager : Guillaume XV souffrait d'une profonde sécheresse spirituelle, la messe ne lui apportait rien et il n'avait plus prié depuis des années.[/justify]
Zaldora

Message par Zaldora »

[justify]La vie au pays des Ardumes : comment on jacte.
20 décembre 2030

[quote]Lexique :

Auvergnat = Ardonnais
Berrichon = Acerigeon
Languedocien = Terredocien
Bourbonnais = Mareuillais
Orléanais = Floriannais
Francoprovençal, Arpitan = Ardoprovençal, Arguetan
Vivaro-alpin = Arguien
Français parisien = Fiémans, Fiémançais[/quote]

Le cœur du royaume se trouve au sein du domaine occitan, parmi le sous ensemble Ardonnais. Au cours du Moyen-Age, les princes successifs étendirent leurs terres vers l'est pour atteindre des pays de langues Terredocienne, Arguetane et Arguienne, avant de fondre vers le nord et intégré des terroirs de langues d’Oïl (Floriannais, Mareuillais et Acerigeon).

Le Fiemans provient de l'ère d’Oïl et fut introduit au XVIIe siècle en Ardogne, pour servir comme langue véhiculaire. De nos jours, il est l'idiome de l'État, des élites économiques et intellectuelles. Dans son immense majorité, la population parle le vernaculaire de sa province qui possède localement un rang officiel avec le Fiémans. Le nom des lieux, la presse, l'administration sont souvent bilingues localement. Outre ces premières différences linguistiques, chaque langue, de l'Ardonnais au Terredocien, possède sa flopée de dialectes et de sous-dialectes usités à la campagne. En somme, l'Ardogne est davantage unifiée par le roy que par l'État-nation, concept étranger à des gens vivant massivement dans les zones rurales.

Locuteurs du Fiémans : 95% de la population (bonne maîtrise : 60%, maîtrise moyenne : 37%, maîtrise mauvaise ou absente : 3%)

Les Occitans se débrouillent avec les locuteurs catalanophones, castillanophones et italophones. En revanche, les sujets de Guillaume XV ne saisissent rien des langues slaves, barbares (germanique et scandinave), anglo-saxonnes, gaéliques etc. Seule une poignée des élites peut se vanter d'être polyglottes.[/justify]
Montcalm

Message par Montcalm »

[justify]D'une curieuse correspondance : Échange d'un Divin Roy[/justify]
25 décembre 2030


Un messager ardognois revenait de Terre Sainte après un long périple, souhaitant remettre une lettre cachetée de cire rouge au Roy d'Ardogne.


- en Fiémançoys


[center]-


[img]http://nsa37.casimages.com/img/2016/09/04/16090409203455880.png[/img][/center]
      • Cher cousin,
        • C'est avec grande joie que nous avons reçu votre messager en nos Saints Etats, lui offrant tous les honneurs à travers notre légendaire hospitalité.

          C'est cependant avec une profonde tristesse que nous apprenons votre situation de captif en votre Royaume d'Ardogne, prisonnier de cette vile bourgeoisie, et vous portons dans nos plus sincères prières afin que Le Divin Créateur rende à Guillaume ce qui appartient à Guillaume.
          Nous partageons avec vous cette volonté d'unir le monde chrétien dans la lutte contre le Sans-Nom pour le salut du monde. L'Ordre de Saint-Pierre a été chargé, depuis sa création, par le Souverain Pontife et nous-meme de cette lourde tâche qu'est l'unification de la Chrétienté. Nous sommes ainsi disposé à envoyer en vos terres quelques clercs intrigants de cette divine et noble institution afin de vous apporter un sage conseil extérieur visant à renforcer votre assise et celle du Christ dans votre appareil d'Etat.

          S'il plaît à Dieu que le Royaume d'Ardogne reprenne la lutte pour Son triomphe, nos Divins Etats rejoindront bien évidemment le conflit aux côtés du Père ainsi que de nos frères chretiens et ardognois.
          Nous apprécions l'aide que vous souhaiteriez nous apporter, nos Etats connaissant une crise séculière du fait de la présence de mahométans revanchards dans une province désertique où l'autorité de nos vassaux et par là-meme notre propre autorité est remise en cause. Nous avons également un grand besoin d'eau dans les régions les plus reculées de nos Divins Etats.
          Sachez toutefois que nos côtes occidentales ne craignent rien, dominées par des forteresses réputées imprenables depuis plus de sept-cent ans.

          Si la tyrannie bourgeoise vous permet de rejoindre la Terre Sainte le temps d'un pèlerinage, nous serions heureux de vous accueillir en notre palais où vous serez reçu avec tous les honneurs dus au monarque que vous êtes.
        Que le Bon Dieu vous garde et bonne fête de la Nativité de Notre-Seigneur,
      Scellons de rouge en le monastère de Saint-Pierre-sur-mer, le vingt-cinquième jour du dernier mois A.D. MMXXX
      Octave II, rex Divinum
Yul

Message par Yul »

Le vagabond du Nord : la main tendue de Valdemar

31 décembre 2030

[center][img]http://nsm08.casimages.com/img/2016/08/31//16083107295321391214463113.png[/img][/center]

[justify]Un vieil homme barbu aux cheveux longs, vêtu d'un pantalon miteux et d'un grand manteau gris pu avoir audience auprès du roi. Entrant dans la salle du trône, il s'agenouilla devant le souverain du Royaume d'Ardogne, et pris la parole lorsqu'on l'y convia. Il parlait avec un fort accent du nord, dans un Ponançais imparfait.[/justify]
Hartmod af Veiðiættin : Mes respects, Ô roy d'Ardogne. Je vous remercie d'avoir accepter ma requête et de me prendre en audience, ce que j'ai vous dire est important. Je me nomme Hartmod, frère du chef de clan Veiðiættin, j'ai été discrètement envoyé par l'Empereur Valdemar VII du Skogurjördin pour te porter un message, j'ai du traverser les archipels du Dalriada et nombre de terres de Dytolie pour pouvoir te trouver. Ce que j'ai à te dire ne peut-être entendu que par des personnes en qui tu as confiance, puis-je parler?

[justify]Hartmod sortit de sa poche un sceau finement décoré représentant un martin-pêcheur, symbole de son clan et le tendit vers le Roy afin de lui prouver sa bonne foi. Le Roy acquièça et le laissa continuer.[/justify]
Hartmod af Veiðiættin : Valdemar cherche des alliés en Dytolie afin d'établir des liens commerciaux, mais aussi asseoir son pouvoir sur l'Empire du Skogurjördin dans sa totalité; il a été informé de l'inconfort de ta situation en Ardogne et se propose de vous aider. Il se dit prêt à vous prêter des hommes entraînés si vous en ressentiez le besoin, et ne demanderait en échange rien d'autre que votre amitié. J'ai pour mission de lui donner votre réponse, et si vous y êtes favorables, d'escorter discrètement un homme de votre confiance pour préparer depuis le Skogurjördin l'arrivée et la missions que vous souhaiteriez confier à ces guerriers.
Je vous laisse le soin d'y réfléchir, et lorsque vous aurez votre réponse, vous n'aurez qu'à me faire mander. Je réside dans une auberge, dont voici le nom sur ce papier. Lorsque vous le demanderez, je viendrai écouter votre réponse.

[justify]Hartmod tendit au roy un morceau de papier, sur lequel était noté le nom de l'auberge où il s'était installé. Il demanda la permission de se retirer, puis quitta la salle d'audience en saluant le roi et les autres membres de l'assemblée.[/justify]
Zaldora

Message par Zaldora »

[justify]La vie au pays des Ardumes : une audience imprévue.
31 décembre 2030

Le roy resta quelques instants immobile sur son trône, trouvant le siège de la reine désespérément vide, attristé soudainement par sa solitude. Ce nouvel allié, cette aide que lui offrait le grand chef nordique, était plus qu'inattendu. Jusqu'au moment d'apercevoir le sceau au martin-pêcheur, il cru à une mauvaise plaisanterie d'un apprenti-bouffon, mais la main tendue semblait plus que jamais sérieuse. Le souverain reprit vite ses esprits et intima à son fidèle second, Ganelon de Naucelles, dit Ganelon Gueule-en-deux pour la profonde cicatrice qui divisait son visage du front à la mâchoire, d'approcher, avant d'y joindre également le capitaine de la Garde, Philippe de Vieillechaise, à la barbe finement taillée et doté de bras musculeux.

« Vous l'avez aussi bien entendu que moi. Que me conseillez-vous ? Lança Guillaume XV.
- Méfiance Majesté, proposa Ganelon, c'est sûrement un piège. Les bourgeois n'ont besoin que d'un faux pas, d'un prétexte, pour abolir la monarchie.
- Ganelon n'a pas tord, continua Philippe, ces bandits peuvent avoir tout organisé. Néanmoins, passer à coté de guerriers aguerris serait un acte de pure folie. Je rappelle à Votre Majesté que la garde est vaillante mais trop peu nombreuse, la noblesse déshéritée et rien ne reste, ou si peu, de l'armée royale. Quant à vos soutiens populaires, ils y mettent du cœur mais ce ne sont que des paysans, des artisans et des humbles de toute sorte. Face aux mercenaires de Saint-Loup-des-Bois, ils ne feront pas long feu, du moins pas s'ils combattent seuls.
- C'est vrai, opina le monarque, quel est le pire au fond ? Mourir dignement en roi ou laisser passer l'opportunité que la Providence nous offre ? Nous répondrons positivement à cet Harnold et nous verrons ce qu'il en est. Si Feyfeux se cache derrière, ma foi, nous emporterons le plus possible de ses semblables, au cours d'un dernier baroud d'honneur, avant de crever.
- Majesté, pensez à la suite de votre dynastie. Si vous veniez à mourir prochainement,...
- Ma décision est prise et irrévocable, Ganelon » coupa le roi.

Il les renvoya. Ganelon alla aussitôt vers le plus proche village afin de prévenir l'ami nordique, tandis que Philippe prit le chemin de la Forêt au Puy, à trois lieux d'ici, dont la clairière servait de terrain d’entraînement aux « camelots du roi »[/justify]
Yul

Message par Yul »

Le vagabond du Nord : Départ de Ganelon pour le Skogurjördin

31 décembre 2030

[center][img]http://nsm08.casimages.com/img/2016/08/31//16083107295321391214463113.png[/img][/center]

[justify]Hartmod se rafraichissait dans sa chambre, lorsqu'il entendit frapper à la porte. Méfiant, il pris soin de cacher sa dague dans la manche de sa chemise avant d'entrouvrir la porte. De l'autre côté, il reconnu un homme qu'il avait vu près du roi lors de son audience. Il ouvrit la porte et laissa l'homme entrer.[/justify]

Hartmod af Veiðiættin : Sois le bienvenu. Je te reconnais, tu étais dans l'assemblée tout à l'heure au château du roi? Viens-tu m'apporter sa réponse?

[justify]Ganelon se présenta. Il indiqua à Hartmod que le roi acceptait l'offre de Valdemar, et qu'il avait été désigné pour se rendre au Skogurjördin, afin de préparer la venue des soldats de l'Empire.[/justify]

Hartmod af Veiðiættin : Parfait. Je propose que nous partions tout de suite, nous irons d'abord chez toi pour que tu puisses prendre des affaires pour le voyage, puis nous prendrons la route vers l'ouest. Notre premier objectif est Amaranthe; un bateau nous y attend, de là, nous pourrons effectuer la traversée jusqu'au Skogurjördin. Il nous faudra voyager jusque là discrètement, il ne faut pas que des espions n'aient vent de nos plans. J'ignore de quels côtés sont les Républicains de Ponance, aussi, il faudra nous méfier une fois là bas. Il n'y a qu'une fois en mer que nous pourrons parler librement. Je te remercie de me faire confiance. Tu n'as rien à craindre de moi, par Thor, je t'en donne ma parole!

[justify]C'est ainsi que Ganelon de Naucelles et Hartmod af Veiðiættin commencèrent leur voyage vers l'Empire du Skogurjördin.[/justify]
Zaldora

Message par Zaldora »

[justify]La vie au pays des Ardumes : Du coté de Saint-Loup-des-Bois...
8 janvier 2031

[center][img]http://image.noelshack.com/fichiers/2016/34/1472156397-accueil-ta-orleans.jpg[/img][/center]

La pénombre et le froid de janvier enveloppaient la capitale qui à cette heure (20h00) était quasi-déserte. Personne n'osait s'aventurer dehors sans nécessité. Pendant ce temps, au Petit Palais, le Premier Guy Feyfeux dînait en compagnie de ses collègues du gouvernement. Ils dégustaient un savoureux Coq au vin de Chanturge, accompagné d'un verre de vin, pour ne pas dire, d'une orgie de gouleyante vinasse. Étaient présents le Chancelier Philippe Asselin, le Maître des Monnaies Étienne Bronstein, le Grand Prévôt François Beaujour, le Connétable Jean Marie Saint-Just, le Prévôt des maréchaux Barthelemy Renégat et le Haut Préfet Marcel Lagueulle. Alors que l’atmosphère se faisait toujours plus bon vivante et que l'ébriété gagnait une à une les personnes de l'assemblée, le Maître des Espions débarqua sans crier gare et gâcha l'ambiance. Il était un homme d'une bonne quarantaine d'année, joufflue, assez gras, énigmatique et volontiers flagornier face à l'autorité.

Il chuchota à l'oreille du Premier, qui se liquéfia. « - Comment ? LE MAUDIT, pesta le Premier, ce Ganelon est un reitre odieux et dangereux. Il reviendra... vous l'interrogerez et ensuite... ferez le nécessaire. Le temps est sans doute venu de nous débarrasser également du roy. Je vous en reparlerais.»

L'espion s'inclina et quitta la pièce. L'ambiance était retombée, pendant quelques minutes au moins. L'insouciance revint bien assez tôt.[/justify]
Zaldora

Message par Zaldora »

[justify]La vie au pays des Ardumes : « Nous y sommes... »
16 janvier 2031

Ganelon et Hartmod se pressaient à travers le bois de l'Ermite. A l'horizon, recouvert d'une fine couche de neige, se dressait la partie basse de Domflour, surplombée par la ville haute. Le château d'En-Haut gisait près du bord de l'autre versant. Une fois à l'intérieur des murs, ils seraient en sécurité. Presque, encore un effort.

[img]http://image.noelshack.com/fichiers/2016/35/1473004058-saint-flour.jpg[/img]

Ganelon et Hartmod levaient les mains en l'air. Trois butors sortit des buissons les menaçaient de leurs fusils-mitrailleurs. D'autres hommes les agrippèrent par les épaules. « Mes chers amis ! S'exclama une voix doucereuse. Vous voilà enfin ! »
Cette voix, ces manières, c'était....

« Eh oui, Robert Buvin, maître des espions pour vous servir, messires. Annonça gaiement le gros.
- Porc puant, je vais t’étriper !!! se débattit Ganelon.
- Allons, allons messire Ganelon, est-ce une manière de traiter un ami ? Demanda tendrement celui-ci.
- Vous n'êtes pas notre ami, ni notre allié, juste un sale fripon. Assena Hartmod.
- Hartmod, je présume ? Enchanté. Ah. Quelle belle journée d'hiver, non ?
- Qu'est-ce que tu veux, bouboule ? Rétorqua Ganelon, crachant l'une de ses dents.
- Oh bouboule, se lamenta le maître des espions, cela m'attriste que vous ayez si peu de considérations pour un ami, un vrai. Je connais exactement vos plans. Si je ne l'avais pas voulu, Hartmod n'aurait jamais remis ce courrier au Roy. Si je n'avais pas fermé les yeux, vous n'auriez jamais posé les pieds au Skogurjördin, Ganelon. Et si j'avais voulu, aujourd'hui, suivre les ordres, vous seriez déjà morts, mes amis ! Vous ne restaurerez pas Sa Majesté dans sa puissance, sans mon aide. »
Les deux compagnons de route se regardèrent, confus. Buvin s’esclaffa.
« Oui, j'aurais été perdu moi aussi. Dit-il affable.
- Mais pour qui travaillez-vous ? Qui servez-vous ? Interrogea le scandinave, y comprenant de moins en moins.
- Dieu et le Royaume. Personne d'autres.
- Alors pourquoi n'as-tu rien entrepris depuis tout ce temps ?
- Je ne suis en place que depuis cinq ans messire, rappela Buvin, entre le volontarisme et la réalité, il y a parfois un écart que l'on ne peut effacer si facilement. Feyfeux et sa clique ne travaillèrent jamais que pour eux-mêmes et par leurs mégalomanies, sont sur le point de plonger l'Ardogne dans la guerre civile, l'émeute et la cohue ! Les peuples de Sa Majesté grondent, messires. Le fruit de la Restauration est mûre.
Les hommes de main ne les retenaient plus. La confiance semblait s'être instaurée.
- Que voulez-vous, en échange ? Plaça Ganelon.
- Peu de choses, fit mièvrement le gros, je désire une place au Conseil et être maintenu dans mon office.
- J'en parlerais au roy, mais ne t'avise pas de nous trahir sinon... Prévint Ganelon.
- Voyons, voyons messire, votre serviteur n'a qu'une parole. Maintenant, allez rejoindre Sa Majesté qui doit s'inquiéter. Suivez vos plans. En attendant, je m'occupe des petits à cotés. Et saluez la princesse Blanche de ma part. Pauvre petite, elle ne mérite pas son sort. »[/justify]
Zaldora

Message par Zaldora »

[justify]La vie au pays des Ardumes : Situation générale.
8 février 2031

Le roi est faiblement nourrit et à l'isolement le plus complet au sein du Petit Palais depuis le 27 janvier 2031 au soir. Guillaume XV ne sait absolument rien des évènements extérieurs et est entrain de perdre peu à peu la notion du temps. La pire de toutes les tortures.

Les villes sont relativement calmes, grâce à la présence de l'Armée [de mercenaires], qui a été récompensée d'une généreuse prime pour son travail récent, par le gouvernement Feyfeux.

A la campagne, la Maréchaussée se confronte à diverses jacqueries touchant l'ensemble des domaines linguistiques. Les soulèvements paysans ne sont pas d'une ampleur phénoménale, mais réguliers et nombreux. Il y en a plusieurs par jour, ce qui a tendance à user les sergents d'arme (unité de base). A ce jour, la Maréchaussée fut touchée par des défections, dont la plus importante a été celle du Maréchal Henri Bellevigne, dans le Duché de Chantelle, le 1er février. Sa face apparait sur les avis de recherche pour trahison.

Sont aussi activement recherchés pour complot, Ganelon de Naucelles, second du roi, Philippe de Vieillechaise, capitaine de la Garde du roi, et Hartmod de Veiðiættin, dont on sait encore peu de choses en Ardogne. Tous n'ont plus donné signe de vie depuis le discours radiophonique, et les autorités pensent qu'ils ont pris le maquis. Le prince Jean et la princesse Blanche ont également disparu mais rien n'indique pour l'heure qu'ils se trouvent avec les trois autres. Ils peuvent parfaitement figurer parmi les pertes collatérales des répressions liées aux jacqueries. La Maréchaussée n'est pas réputée pour sa compassion et il suffit de se retrouver au mauvais endroit au mauvais moment pour finir lourdement blessé ou crevé.

Plusieurs presses clandestines, servant à l'impression du Calvaire, ont subit des raides de la Maréchaussée, saisissant tout le matériel. Le journal dissident est dans l'impossibilité de publier depuis le 30 janvier. Une semaine plus tard, un cocktail Molotov a brûlé une partie des locaux de l'Ardogne éclairé, mais le canard peut malgré tout continuer ses publications.

Ce matin, le Prévôt des maréchaux Barthelemy Renégat a été retrouvé mort, visiblement poignardé, dans son hôtel particulier de Saint-Loups-des-Bois. Pour ses bons et loyaux services, également pour le récompenser d'avoir prévenu le complot des gens du roi, Robert Buvin a été nommé Prévôt des maréchaux et cumule désormais deux offices, avec celui de Maitre des Espions.[/justify]
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