Vieille fille filante
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- [justify]Profitant de la déstabilisation du Che par l’Empire d’Hokkaido, Maheli Rozael avait le choix de venir se réfugier, elle et ses bijoux, sur l’île d’Unawi. Ces joailleries étaient les bébés qu’elle n’avait jamais eus et elle ne donnerait rien au monde pour s’en séparer, pas même le plus beau des maris. Pourtant, c’était bien un mari qu’elle recherchait sur cette île. Elle craignait moins la réplique des autorités chenéennes que la peste levantine.
À 61 ans, Maheli Rozael avait déjà roulé sa bosse et avant ça, elle roulait sa bille sur la roulette de luxe d’un des casinos les plus prisés du Pays de Che, le Casino Mabi. Simple croupière en 1988, à l’âge de 20 ans, et dotée d’une éthique en apparence irréprochable, elle a toujours refusé les avances de clients – masculins pour la quasi-totalité d’entre eux – qui la désiraient moins pour sa personne que pour son statut et son pouvoir de truquer les jeux. « Les jeux sont faits, rien ne va plus » répétait-elle à l’envi après avoir empoché un billet de 20 Pojnoti sous la table. À défaut d’être la reine du casino dans cette tenue de travail ringarde, elle était la faiseuse de rois et comblait de joie les hommes qui, grâce à elle, remportaient jusqu’à deux cent fois leur mise de départ. Se consolidant une maigre fortune pour financer ses études, elle était celle qui comblait tous les hommes en passant la majeure partie de ses soirées avec eux et ce sans jamais passer par leur lit. Aucune autre femme n’avait une telle force de séduction et mieux, elle incarnait une singularité du point de vue de ces clients espiègles, elle était la seule femme qu’ils avaient rencontré qui leur faisait gagner plus d’argent qu’elle ne leur en faisait perdre. Hélas, en 1991, la dictature sonne le glas de cette romance, en prenant le contrôle des casinos. Maheli perd son travail mais pas la main.
Elle s’était cultivée une image de vieille fille et personne n’avait jamais pris la peine de vérifier cette réputation. Cela la rendait même respectable auprès d’une clientèle masculine aisée qui continuait à jouir des plaisirs d’avant la dictature, dans des salles de jeux clandestines qui empestaient la fumée de cigares. Maheli incarnait la virginité perpétuelle, la sainte vertu, une qualité extrêmement appréciée dans le milieu de la pègre. On lui confiait tout, elle n’en pipait pas un mot. Mais elle pipait les dés. Douze ans plus tard, à la chute de la dictature, les casinos ouvrirent de nouveau leurs portes au grand public. Maheli, qui avait abandonné ses études de comptabilité pour se concentrer aux jeux de casino, en connaissait tous les rouages. Poker, baccara, black jack… La dame misait sur ses atouts. Atout Pique, elle te pique le pognon. Atout Cœur, elle te fend le cœur. La machine à sous était tellement bien rodée qu’elle avait réussi à cumuler plusieurs centaines de milliers de Pojnoti. Dans le même temps, elle investissait à un autre jeu, celui de l’offre et de la demande. La bourse était comme le casino qu’elle connaissait, une histoire de confiance, de ruse et de chance.
La bourse lui avait appris à diversifier ses sources de revenus. Rare femme célibataire à détenir un tel capital, elle s’en alla à la conquête de la parfumerie et de la joaillerie, où les hommes gardaient la mainmise. Qui mieux qu’une femme pouvait décrire le parfum idéal, le bijou idéal à offrir à une femme ? Maheli s’était souvent demandé quel cadeau elle aurait aimé recevoir si elle avait trouvé un mari. Mais la Chenéenne avait déjà 45 ans, elle avait « passé son tour ». Au poker, on aurait dit qu’elle se serait couchée. Mais Maheli ne s’était jamais couchée devant un homme, au sens propre comme figuré. Régulièrement, elle dévalisait les boutiques de luxe pour s’offrir les plus bijoux qu’aucun homme ne pouvait lui offrir car peu d’homme étaient aussi fortunés qu’elle. À 61 ans, elle détenait un patrimoine estimé entre 42 et 78 millions de $RAK, la plupart étant des valeurs immobilières – comme les casinos de la côte Est du golfe de Pattayat qu’elle détenait, ce qui rendait son patrimoine aussi volatil. Mais le Pays de Che n’y allait pas de main morte sur les impôts, prélevant 18 % de ses revenus dûment gagnés. Pire, l’invasion de l’Empire d’Hokkaido l’inquiétait au plus haut point, elle qui voyait cet Etat insulaire officiellement social-démocrate comme un Etat socialiste. Les deux allaient de pair pour Maheli Rozael.
Profitant de l’instabilité administrative de son pays, elle confia ses bébés à la Banque d’Unawi mais le régime fiscal lui exigeait d’avoir un lien avec l’un des autochtones. Ménopausée, elle n’était plus en mesure d’avoir des enfants, si tant est qu’elle ait pu un jour en avoir - personne n’avait pris non plus la peine de vérifier cette réputation. Elle était dans une position inconfortable : elle qui était habituée à recevoir des avances des clients, elle était maintenant dans la situation inverse, celle d’en faire à des hommes. Une dame de son âge réduite à faire des avances à de jeunes hommes à moitié nus sur une île moins vierge qu’elle. Mais elle ne recherchait qu’un amour platonique, un échange de bons procédés, elle ne connaissait de toute évidence que cela. À peine eut-elle le temps de s’approcher d’un village que de violentes crampes intestinales la plièrent en deux. Perte de connaissance. Elle se réveilla dans un lit, visiblement dans la petite clinique de l’île.
- - « Madame Rozael, m’entendez-vous ? Hochez la tête si vous m’entendez. ».
Elle hocha la tête.- - « Je suis votre médecin. Vous avez eu un malaise vagal. Rien de très inquiétant pour le moment mais nous disposons de peu d’informations. Nous avons besoin de vous [url=http://www.simpolitique.com/post275682.html#p275682]transférer à Stranaberg pour des examens complémentaires[/url] ».
Elle écouta à moitié le médecin, son regard s’était tourné vers un très jeune autochtone aide-soignant qui nettoyait une flaque de vomi à terre.- - « Madame Rozael ? »
- « Oui, pardon. Avant de partir à Stranaberg, appelez-moi un prêtre ».
- « Votre état n’est pas aussi préoccupant que cela, Madame. »
- « J’insiste. »
- « Soit. »
- - « Madame Rozael ? »
Madame Rozael n’était guère pratiquante et encore moins de culture chrétienne, mais comme le rappelle la devise nationale de son pays natal, « une fin juste justifiera tous les moyens ». Aussi, le médecin s’exécuta-t-il. Seul l’aide-soignant était resté. Elle tourna sa tête vers lui et lui demanda de s’approcher.- - « J’ai le moyen de te sortir de cette situation. Tu n’auras plus aucune raison de travailler. Mais tu dois m’obéir au doigt et à l’œil, tu me comprends ? »
Un peu interpellé, l’autochtone hocha la tête en signe d’approbation.- - « Bien. Va me chercher mes affaires. »
L’autochtone obéit, comme promis et amena la veste en tweed de la millionnaire. D’une poche secrète, dans une double couture, elle sortit une minuscule boîte contenant une alliance d'une des maisons de luxe qu'elle possédait et y enfonça le doigt du jeune homme. Peu après, le médecin revint avec le prêtre.- - « Madame Rozael, j’ai eu les derniers résultats de votre analyse de sang, nous devons à tout prix vous transférer à Stranaberg, un petit avion vous y attend sur le toit de l’hôpital. » s’inquiéta le médecin.
- « Avant, docteur, je voudrais demander une faveur au prêtre… » demanda la vieille fille, craignant de ne plus avoir l’occasion de rencontrer un autochtone d’ici là.
- « Je vous écoute… » répondit le prêtre très calmement.
- « Mon père… Mariez-nous. »
- - « Madame Rozael, j’ai eu les derniers résultats de votre analyse de sang, nous devons à tout prix vous transférer à Stranaberg, un petit avion vous y attend sur le toit de l’hôpital. » s’inquiéta le médecin.
Maheli tourna sa tête vers celle du jeune homme, lui adressa un sourire et… pour la première fois de sa vie, prit la main d’un homme tandis que le prêtre et le médecin se regardaient, interloqués. Elle n’oubliera jamais sa première fois. Mon dieu, que c'est bon !
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HRP : Vous pouvez aussi envoyer vos profils d'évadés fiscaux en remplissant le formulaire [url=http://www.simpolitique.com/unawi-paradis-fiscal-pour-vos-fortunes-t11981.html]à cette adresse[/url].[/justify]
- [justify]Profitant de la déstabilisation du Che par l’Empire d’Hokkaido, Maheli Rozael avait le choix de venir se réfugier, elle et ses bijoux, sur l’île d’Unawi. Ces joailleries étaient les bébés qu’elle n’avait jamais eus et elle ne donnerait rien au monde pour s’en séparer, pas même le plus beau des maris. Pourtant, c’était bien un mari qu’elle recherchait sur cette île. Elle craignait moins la réplique des autorités chenéennes que la peste levantine.