Quelque part en Schenkennie...
-
Gwenael
Lieu : Rues
Ville : Vanned
Région : Bro Tagnous
Pays : Empire Schenkennien
Date : 12 janvier 2029
Heure : 03:00
[center][img]http://idata.over-blog.com/0/14/91/97/paris/rue-des-barres-paris-17796.jpg[/img][/center]
Les Vannedois sont peu nombreux à traîner dans les rues à cette heure de la nuit. La majorité d'entre eux sont déjà couchés depuis quelques heures et se sont même endormis, tandis que les insomniaques sont encore devant leur ordinateur ou leur télévision, espérant à la fois tuer le temps et trouver le sommeil. Même les groupes d'étudiants que l'on avait l'habitude de croiser, du moins en ville, à la sortie des bars et des boîtes de nuit, étaient absents cette fois-ci, du fait de l'arrivée tardive du froid hivernal, qui avait jusque là épargné la Schenkennie.
Cela inquiétait Erwann, SDF depuis bientôt deux ans, qui s'était fait à l'ambiance qui régnait habituellement dans ce quartier du centre-ville. Les jeunes qui y fréquentaient les bars n'en ressortaient généralement pas complètement sobre, ce qui les rendait plus enclins à donner quelques piécettes au pauvre mendiant. Lui qui avait refusé l'accueil du centre d'hébergement de sans-abris de la ville afin de pouvoir bénéficier de leur générosité, regrettait à présent amèrement son choix. Les trottoirs n'avaient jamais été aussi vides qu'en cette nuit et le froid commençait déjà à lui geler des orteils. Il était recroquevillé sous le porche d'une boutique, tentant de se réchauffer tant bien que mal au creux d'un angle de murs.
Alors qu'il s'assoupissait, un bruit de moteur vint rompre sa tranquillité. Cela n'avait rien à voir avec l'habituel vacarme provoqué par les centaines de véhicules qui empruntaient à toute heure le boulevard périphérique. Une camionnette et un mini-van venaient de se garer sur le bord du trottoir qui longeait le proche sous lequel il s'était installé. Il eut une bouffée d'espoir lorsqu'il vit un groupe de personnes sortir du mini-van : peut-être étaient-ils de ces fêtards nocturnes qui lui fournissent habituellement plus de la moitié de ses maigres revenus ?
"Dépêchons-nous, il faut que cette opération soit menée à bien aussi vite que possible. Vous avez vingt minutes pour accomplir votre mission et revenir. Nous sommes au nombre de huit et il nous faut couvrir l'ensemble du centre-ville, c'est pourquoi nous séparerons en quatre groupes de deux qui se verront chacun attribuer une vingtaine de rues. Il ne faudra pas traîner, les patrouilles de la police impériale sont nombreuses ces temps-ci."
L'homme qui avait donné ces instructions semblait avoir une quarantaine d'années. L'assurance avec laquelle il avait communiqué ses ordres laissait paraître chez lui une certaine expérience. Ses cheveux grisonnant brillaient à la lueur des lampadaires. Avec l'aide de l'une des huit personnes qui était sorties du van, une femme d'une trentaine d'années, celui qui semblait être le leader du groupe ouvrit les portes arrières de la camionnette.
"Mettez vos masques et prenez chacun un carton. Rendez-vous ici dans vingt minutes."
Après que chacun d'entre eux ont reçu l'un des cartons entreposés à l'arrière de la camionnette, les huit personnes se dispersèrent.
Erwann n'avait absolument rien compris à ce qu'il s'était passé. Tout ce qu'il avait retenu, c'est que ces gens semblaient trop occupés pour lui verser une petite pièce, et c'est tout ce qui comptait pour lui. Il retourna se blottir sous son proche et se rendormit presque immédiatement après leur départ.
Un quart d'heure plus tard, deux personnes cagoulées revinrent en courant dans la rue où elles avaient garé leurs véhicules. Seule l'une d'entre elles portait encore un carton, cependant bien plus léger qu'à son départ.
"On dirait que nous sommes les premiers à avoir terminé. Nous sommes-nous vraiment occupés de toutes nos rues ? Je vois qu'il nous reste encore des tracts."
"Il reste encore une rue sur notre liste : celle dans laquelle nous sommes"
Cette voix était celle de l'homme qui avaient donné la marche à suivre aux autres membres du groupe. Celle qui l'accompagnait semblait être la femme qui l'avait aidé à distribuer les cartons parmis les membres.
L'homme saisit un tas de tracts dans le carton et commença à en coller sur chaque mur, tandis que sa coéquipière se chargeait de l'autre moitié du paquet qu'il restait dans le carton en partant dans la direction opposée.
Ils s'arrêtèrent soudainement en entendant des bruits de pas qui venaient dans leur direction. Ne sachant s'il s'agissait de leurs camarades ou de quelqu'un d'autre, l'un d'entre eux partit jeter un coup d’œil dans la rue voisine. Plus il s'approchait, plus il lui semblait que les individus qui approchaient marchaient au pas. Il n'eut pas besoin d'en voir davantage pour savoir qui venait.
"La Police Impériale ! Planque toi !"
La jeune femme paniqua l'espace de quelques secondes. Elle pensa d'abord aller se réfugier dans le mini-van, mais le claquement des portières risquerait d'alerter la patrouille de policiers. Elle préféra aller se dissimuler sous un porche, suivie de près par son coéquipier. Les deux policiers en patrouille pénétrèrent dans la rue et s'arrêtèrent net à la vue des tracts collés partout sur les murs.
"Oh non, qu'est-ce qu'ils nous ont encore fait ? Ils savent pas qu'il y a des panneaux exprès pour afficher les pubs ? Si je trouvais ceux qui ont fait ça je peux te dire que..."
"Regarde, c'est pas des pubs ! Lis moi ça."
"Ma Doueoù ! Tu crois que c'est vrai ce qu'il y a écrit là-dessus ?"
"Bien sûr que non, abruti ! C'est ce qu'ils veulent te faire croire. A mon avis on ferait mieux de fouiller. Si on arrivait à trouver ceux qui ont fait ça ça sentirait bon pour nous, tu saisis ?"
"Ah ouais, on pourrait devenir sergents ! C'est ce qui est arrivé à Gaelle, quand elle a arrêté les petits cons qui avaient foutu le feu au temple, et depuis elle touche quarante mille Linos par mois !"
Les deux policiers sortirent leurs lampes-torche et commencèrent à inspecter la rue. Les deux fuyards restaient immobiles sous le porche, espérant ne pas être repérés. L'homme, qui s'était caché à la va-vite, constata que sa jambe gauche dépassait et serait vue par les policiers s'il passaient devant lui. Il se tassa un peu plus dans le coin du mur mais trébucha sur quelque chose de mou. Il chuta et s'étala de ton son long sur Erwann, qui se réveilla en poussant un cri. L'un des policiers, surpris, décrocha son fusil de son épaule et tira en direction de la boutique, brisant la vitrine, avant d'être rejoint par son coéquipier.
"J'ai entendu un cri qui venait de là !"
Les deux policiers avaient à peine eu le temps d'apercevoir les deux silhouettes cagoulées qui étaient sorties de leur cachette pour traverser et disparaître dans l'obscurité, à l'intérieur de la boutique. Erwann, affolé par les tirs, décida de les suivre.
"Attendez-moi ! J'ai pas envie de me faire trouer la peau !"
Les trois fuyards traversèrent l'épicerie en slalomant à travers les rayons, espérant semer les policiers qui les poursuivaient, et qui appelaient déjà des renforts.
"Ici la patrouille 3, nous demandons des renforts pour poursuivre deux suspects Rue Kerignon"
"Dis-leur de nous les laisser, qu'on touche la prime !"
Lorsqu'ils atteignent l'autre bout de l'épicerie, les fugitifs constatent que celle-ci traverse le bâtiment dans toute sa largeur et qu'une seconde vitrine donne sur la rue opposée. Le chef du groupe saisit une boîte de conserve dans un rayon et la lance afin de briser le verre. Après s'être extirpés de la boutique, ils tombèrent sous le feu d'une seconde patouille qui les attendait dans la rue. Ils furent ainsi contraints de rester dans le bâtiment, attendant que les chargeurs des fusils de leurs assaillants soient vides. Une fois le moment venus, les trois fuyards tentèrent de traverser la rue en courant, dans l'espoir de pouvoir semer leurs poursuivants dans la suivante, mais ils furent rattrapés par la première patrouille qui tira à vue et blessa Erwann à l'épaule. Celui-ci s'effondra au sol, ne comprenant toujours pas ce qu'il faisait là.
"On ne peut pas le laisser ici. Ils vont sûrement l'arrêter et le faire exécuter."
"Si on ne continue pas, c'est nous qu'ils vont exécuter !"
"Retrouve les autres, montez dans la camionnette et préparez-vous à partir. On ne tardera pas à vous rejoindre."
L'homme s'exécute et contourne l'épicerie pour rejoindre la rue dans laquelle sont garés les véhicules. Il y retrouve ses six autres coéquipiers, déjà installées dans la camionnette et le mini-van, prêts à partir. Il les rejoint et se place au volant de la camionnette, attendant le retour de sa coéquipière et du sans-abri qu'elle a voulu sauver. N'entendant aucun coup de feu, il garde l'espoir de les voir se diriger vers la camionnette. Cependant, au bout d'une dizaine de minutes, c'est un groupe de policiers qui surgit dans la rue, inspectant un par un les véhicules garés le long du trottoir. Il n'a d'autre choix que d'abandonner à leur sort les deux traînards et de démarrer en trombe pour quitter le centre-ville, tout en essuyant les coups de feu des forces de police, en priant de parvenir jusqu'au boulevard périphérique afin de s'y fondre parmis les autres véhicules...
[center][img]http://static.ladepeche.fr/content/media/image/large/2015/06/23/201506232167-full.jpg[/img][/center]
Ville : Vanned
Région : Bro Tagnous
Pays : Empire Schenkennien
Date : 12 janvier 2029
Heure : 03:00
[center][img]http://idata.over-blog.com/0/14/91/97/paris/rue-des-barres-paris-17796.jpg[/img][/center]
Les Vannedois sont peu nombreux à traîner dans les rues à cette heure de la nuit. La majorité d'entre eux sont déjà couchés depuis quelques heures et se sont même endormis, tandis que les insomniaques sont encore devant leur ordinateur ou leur télévision, espérant à la fois tuer le temps et trouver le sommeil. Même les groupes d'étudiants que l'on avait l'habitude de croiser, du moins en ville, à la sortie des bars et des boîtes de nuit, étaient absents cette fois-ci, du fait de l'arrivée tardive du froid hivernal, qui avait jusque là épargné la Schenkennie.
Cela inquiétait Erwann, SDF depuis bientôt deux ans, qui s'était fait à l'ambiance qui régnait habituellement dans ce quartier du centre-ville. Les jeunes qui y fréquentaient les bars n'en ressortaient généralement pas complètement sobre, ce qui les rendait plus enclins à donner quelques piécettes au pauvre mendiant. Lui qui avait refusé l'accueil du centre d'hébergement de sans-abris de la ville afin de pouvoir bénéficier de leur générosité, regrettait à présent amèrement son choix. Les trottoirs n'avaient jamais été aussi vides qu'en cette nuit et le froid commençait déjà à lui geler des orteils. Il était recroquevillé sous le porche d'une boutique, tentant de se réchauffer tant bien que mal au creux d'un angle de murs.
Alors qu'il s'assoupissait, un bruit de moteur vint rompre sa tranquillité. Cela n'avait rien à voir avec l'habituel vacarme provoqué par les centaines de véhicules qui empruntaient à toute heure le boulevard périphérique. Une camionnette et un mini-van venaient de se garer sur le bord du trottoir qui longeait le proche sous lequel il s'était installé. Il eut une bouffée d'espoir lorsqu'il vit un groupe de personnes sortir du mini-van : peut-être étaient-ils de ces fêtards nocturnes qui lui fournissent habituellement plus de la moitié de ses maigres revenus ?
"Dépêchons-nous, il faut que cette opération soit menée à bien aussi vite que possible. Vous avez vingt minutes pour accomplir votre mission et revenir. Nous sommes au nombre de huit et il nous faut couvrir l'ensemble du centre-ville, c'est pourquoi nous séparerons en quatre groupes de deux qui se verront chacun attribuer une vingtaine de rues. Il ne faudra pas traîner, les patrouilles de la police impériale sont nombreuses ces temps-ci."
L'homme qui avait donné ces instructions semblait avoir une quarantaine d'années. L'assurance avec laquelle il avait communiqué ses ordres laissait paraître chez lui une certaine expérience. Ses cheveux grisonnant brillaient à la lueur des lampadaires. Avec l'aide de l'une des huit personnes qui était sorties du van, une femme d'une trentaine d'années, celui qui semblait être le leader du groupe ouvrit les portes arrières de la camionnette.
"Mettez vos masques et prenez chacun un carton. Rendez-vous ici dans vingt minutes."
Après que chacun d'entre eux ont reçu l'un des cartons entreposés à l'arrière de la camionnette, les huit personnes se dispersèrent.
Erwann n'avait absolument rien compris à ce qu'il s'était passé. Tout ce qu'il avait retenu, c'est que ces gens semblaient trop occupés pour lui verser une petite pièce, et c'est tout ce qui comptait pour lui. Il retourna se blottir sous son proche et se rendormit presque immédiatement après leur départ.
Un quart d'heure plus tard, deux personnes cagoulées revinrent en courant dans la rue où elles avaient garé leurs véhicules. Seule l'une d'entre elles portait encore un carton, cependant bien plus léger qu'à son départ.
"On dirait que nous sommes les premiers à avoir terminé. Nous sommes-nous vraiment occupés de toutes nos rues ? Je vois qu'il nous reste encore des tracts."
"Il reste encore une rue sur notre liste : celle dans laquelle nous sommes"
Cette voix était celle de l'homme qui avaient donné la marche à suivre aux autres membres du groupe. Celle qui l'accompagnait semblait être la femme qui l'avait aidé à distribuer les cartons parmis les membres.
L'homme saisit un tas de tracts dans le carton et commença à en coller sur chaque mur, tandis que sa coéquipière se chargeait de l'autre moitié du paquet qu'il restait dans le carton en partant dans la direction opposée.
Ils s'arrêtèrent soudainement en entendant des bruits de pas qui venaient dans leur direction. Ne sachant s'il s'agissait de leurs camarades ou de quelqu'un d'autre, l'un d'entre eux partit jeter un coup d’œil dans la rue voisine. Plus il s'approchait, plus il lui semblait que les individus qui approchaient marchaient au pas. Il n'eut pas besoin d'en voir davantage pour savoir qui venait.
"La Police Impériale ! Planque toi !"
La jeune femme paniqua l'espace de quelques secondes. Elle pensa d'abord aller se réfugier dans le mini-van, mais le claquement des portières risquerait d'alerter la patrouille de policiers. Elle préféra aller se dissimuler sous un porche, suivie de près par son coéquipier. Les deux policiers en patrouille pénétrèrent dans la rue et s'arrêtèrent net à la vue des tracts collés partout sur les murs.
"Oh non, qu'est-ce qu'ils nous ont encore fait ? Ils savent pas qu'il y a des panneaux exprès pour afficher les pubs ? Si je trouvais ceux qui ont fait ça je peux te dire que..."
"Regarde, c'est pas des pubs ! Lis moi ça."
"Ma Doueoù ! Tu crois que c'est vrai ce qu'il y a écrit là-dessus ?"
"Bien sûr que non, abruti ! C'est ce qu'ils veulent te faire croire. A mon avis on ferait mieux de fouiller. Si on arrivait à trouver ceux qui ont fait ça ça sentirait bon pour nous, tu saisis ?"
"Ah ouais, on pourrait devenir sergents ! C'est ce qui est arrivé à Gaelle, quand elle a arrêté les petits cons qui avaient foutu le feu au temple, et depuis elle touche quarante mille Linos par mois !"
Les deux policiers sortirent leurs lampes-torche et commencèrent à inspecter la rue. Les deux fuyards restaient immobiles sous le porche, espérant ne pas être repérés. L'homme, qui s'était caché à la va-vite, constata que sa jambe gauche dépassait et serait vue par les policiers s'il passaient devant lui. Il se tassa un peu plus dans le coin du mur mais trébucha sur quelque chose de mou. Il chuta et s'étala de ton son long sur Erwann, qui se réveilla en poussant un cri. L'un des policiers, surpris, décrocha son fusil de son épaule et tira en direction de la boutique, brisant la vitrine, avant d'être rejoint par son coéquipier.
"J'ai entendu un cri qui venait de là !"
Les deux policiers avaient à peine eu le temps d'apercevoir les deux silhouettes cagoulées qui étaient sorties de leur cachette pour traverser et disparaître dans l'obscurité, à l'intérieur de la boutique. Erwann, affolé par les tirs, décida de les suivre.
"Attendez-moi ! J'ai pas envie de me faire trouer la peau !"
Les trois fuyards traversèrent l'épicerie en slalomant à travers les rayons, espérant semer les policiers qui les poursuivaient, et qui appelaient déjà des renforts.
"Ici la patrouille 3, nous demandons des renforts pour poursuivre deux suspects Rue Kerignon"
"Dis-leur de nous les laisser, qu'on touche la prime !"
Lorsqu'ils atteignent l'autre bout de l'épicerie, les fugitifs constatent que celle-ci traverse le bâtiment dans toute sa largeur et qu'une seconde vitrine donne sur la rue opposée. Le chef du groupe saisit une boîte de conserve dans un rayon et la lance afin de briser le verre. Après s'être extirpés de la boutique, ils tombèrent sous le feu d'une seconde patouille qui les attendait dans la rue. Ils furent ainsi contraints de rester dans le bâtiment, attendant que les chargeurs des fusils de leurs assaillants soient vides. Une fois le moment venus, les trois fuyards tentèrent de traverser la rue en courant, dans l'espoir de pouvoir semer leurs poursuivants dans la suivante, mais ils furent rattrapés par la première patrouille qui tira à vue et blessa Erwann à l'épaule. Celui-ci s'effondra au sol, ne comprenant toujours pas ce qu'il faisait là.
"On ne peut pas le laisser ici. Ils vont sûrement l'arrêter et le faire exécuter."
"Si on ne continue pas, c'est nous qu'ils vont exécuter !"
"Retrouve les autres, montez dans la camionnette et préparez-vous à partir. On ne tardera pas à vous rejoindre."
L'homme s'exécute et contourne l'épicerie pour rejoindre la rue dans laquelle sont garés les véhicules. Il y retrouve ses six autres coéquipiers, déjà installées dans la camionnette et le mini-van, prêts à partir. Il les rejoint et se place au volant de la camionnette, attendant le retour de sa coéquipière et du sans-abri qu'elle a voulu sauver. N'entendant aucun coup de feu, il garde l'espoir de les voir se diriger vers la camionnette. Cependant, au bout d'une dizaine de minutes, c'est un groupe de policiers qui surgit dans la rue, inspectant un par un les véhicules garés le long du trottoir. Il n'a d'autre choix que d'abandonner à leur sort les deux traînards et de démarrer en trombe pour quitter le centre-ville, tout en essuyant les coups de feu des forces de police, en priant de parvenir jusqu'au boulevard périphérique afin de s'y fondre parmis les autres véhicules...
[center][img]http://static.ladepeche.fr/content/media/image/large/2015/06/23/201506232167-full.jpg[/img][/center]
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Gwenael
Lieu : Commissariat de la Police Impériale
Ville : Vanned
Région : Bro Tagnous
Pays : Empire Schenkennien
Date : 12 janvier 2029
Heure : 09:00
Il est neuf heures du matin, heure à laquelle le Colonel Floc'h, commandant en chef des forces de la Police Impériale de Vanned, arrive sur son lieu de travail, le Commissariat Central de Vanned. Sur son passage, tous les sous-officiers, assis derrières leurs bureaux, se lèvent pour le saluer. Une fois parvenu à son propre bureau, il a à peine le temps de retirer son manteau que, déjà, le Lieutenant Cariou, chargé du commandement des patrouilles, vient lui faire son rapport sur les événements de la nuit passée.
Lieutenant Cariou : Mon Colonel, comme vous le savez, cette nuit a été quelque peu... agitée. Un groupe d'activistes qui se prétendent révolutionnaires ont placardé des pamphlets diffamatoires à l'égard du gouvernement impérial sur tous les murs du centre-ville. Fort heureusement, l'une de nos patrouilles est parvenue à repérer les présumés auteurs et à en arrêter deux sur les trois qu'elle poursuivait. Le troisième semble avoir fui avec au moins un complice supplémentaire présumé, puisque ce sont deux véhicules qui ont quitté le centre-ville.
Colonel Floc'h : Ou bien peut-être que ce troisième suspect ne se trouvait à bord d'aucun de ces deux véhicules et que les auteurs des faits étaient plus nombreux que nous ne le pensons. Ces deux véhicules n'avaient peut-être même aucun lien avec ce qu'il s'est passé. Vos hommes sont-ils parvenus à intercepter les deux véhicules qui ont pris la fuite ?
Le Lieutenant sentit des gouttes de sueur perler sur son front.
Lieutenant Cariou : Eh bien... c'est-à-dire que... non.
Le Colonel fronça les sourcils, geste qui lui donnait plutôt l'air d'être dubitatif qu'en colère.
Colonel Floc'h : Je vois... et vos hommes sont-ils au moins parvenus à relever la les numéros inscrits sur la plaque minéralogique de l'un des deux véhicules ?
Lieutenant Cariou : Euh... non plus.
Colonel Floc'h : Comment expliquez-vous celà ?
La réponse à cette question, le lieutenant y avait réfléchi presque toute la nuit, et malgré les heures qu'il avait passé à cogiter sur le sujet, les arguments qu'il avait prouvé peinaient à le convaincre lui-même.
Lieutenant Cariou : Eh bien, pour tout vous dire, euh... les deux véhicules suspects ont pris la fuite avant l'arrivée des renforts motorisés, donc il nous a été impossible de lancer une quelconque poursuite, d'autant plus que les deux véhicules se sont fondus dans la masse qui circulait dur le boulevard périphérique, c'est pourquoi nous n'avons pas été en mesure de les retrouver. Et puis, vous savez, les hommes chargés de patrouiller de nuit dans le centre-ville sont loin d'être les plus compétents. L'élite de nos forces est plutôt affectée dans les banlieues, tandis que les deux policiers qui ont arrêté les fuyards de cette nuit sont de vrais abrutis. J'ai quand même été forcé de les promouvoir, mais...
Colonel Floc'h : Moi, des abrutis ici je n'en vois qu'un. Et à la prochaine faute comme celle-là, c'est votre grade qui changera. Et ça ne sera pas vers le haut !
Bon, passons. Montrez-moi donc ces abrut... enfin, ces futurs promus.
Le Lieutenant Cariou quitta la pièce et revint quelques minutes plus tard, accompagné des deux policiers qui avaient repéré et capturé les eux fuyards la nuit précédente. Les deux hommes se mirent au garde-à-vous face au Colonel Floc'h, bien trop fiers de la promotion qu'ils s'attendaient à recevoir pour percevoir son air déconcerté. L'officier n'osait simplement pas croire ce qu'il voyait : les deux hommes se contrastaient sur absolument tous les points, se qui rajoutait au ridicule de la scène, en plus de la posture adoptée par les deux policiers. Celui qui se tenait à sa gauche était petit ("presque un nain", comme l'a pensé le général sur l'instant) et rondouillard, présentait une espèce barbe et semblait atteint d'un léger strabisme. Le portrait que l'on peut dresser de son coéquipier n'était guère plus glorifiant. Sa carrure était telle qu'on pouvait presque le qualifier le gringalet, bien que son manque de musculature était compensé par une taille supérieure à la moyenne. Dieu merci, il ne louchait pas, mais peut-être aurait-ce été préférable pour lui. Son regard était en effet complètement vide, ce qui, ajouté à sa bouche légèrement entrouverte au coin de laquelle coulait un mince filet de salive, donnait à celui qui se trouvait en face de lui l'impression d'avoir affaire à un individu atteint d'une légère déficience mentale.
Colonel Floc'h : Bon, finissons-en vite !
Le Colonel extirpa de l'écrin que lui avait tendu le Lieutenant Cariou deux médailles qu'il s'empressa d'attacher sur le torse de chacun des deux sous-officiers.
Colonel Floc'h : Brigadier Digeneg, Brigadier Trelat, au nom de l'Empereur, j'ai l'honneur de vous remettre vos premières médailles du mérite de la Police Impériale, et de vous élever au rang de Sergent de la Police Impériale.
Il tendit la main pour serrer celles des deux nouveaux sergents. Des mains moites, il n'en attendait pas moins...
[center][img]http://php88.free.fr/bdff/film/1995/0043/05k.jpg[/img][img]http://www.idee-film.com/images2/im/bourvil-la-grande-vadrouille.jpg[/img][/center]
Ville : Vanned
Région : Bro Tagnous
Pays : Empire Schenkennien
Date : 12 janvier 2029
Heure : 09:00
Il est neuf heures du matin, heure à laquelle le Colonel Floc'h, commandant en chef des forces de la Police Impériale de Vanned, arrive sur son lieu de travail, le Commissariat Central de Vanned. Sur son passage, tous les sous-officiers, assis derrières leurs bureaux, se lèvent pour le saluer. Une fois parvenu à son propre bureau, il a à peine le temps de retirer son manteau que, déjà, le Lieutenant Cariou, chargé du commandement des patrouilles, vient lui faire son rapport sur les événements de la nuit passée.
Lieutenant Cariou : Mon Colonel, comme vous le savez, cette nuit a été quelque peu... agitée. Un groupe d'activistes qui se prétendent révolutionnaires ont placardé des pamphlets diffamatoires à l'égard du gouvernement impérial sur tous les murs du centre-ville. Fort heureusement, l'une de nos patrouilles est parvenue à repérer les présumés auteurs et à en arrêter deux sur les trois qu'elle poursuivait. Le troisième semble avoir fui avec au moins un complice supplémentaire présumé, puisque ce sont deux véhicules qui ont quitté le centre-ville.
Colonel Floc'h : Ou bien peut-être que ce troisième suspect ne se trouvait à bord d'aucun de ces deux véhicules et que les auteurs des faits étaient plus nombreux que nous ne le pensons. Ces deux véhicules n'avaient peut-être même aucun lien avec ce qu'il s'est passé. Vos hommes sont-ils parvenus à intercepter les deux véhicules qui ont pris la fuite ?
Le Lieutenant sentit des gouttes de sueur perler sur son front.
Lieutenant Cariou : Eh bien... c'est-à-dire que... non.
Le Colonel fronça les sourcils, geste qui lui donnait plutôt l'air d'être dubitatif qu'en colère.
Colonel Floc'h : Je vois... et vos hommes sont-ils au moins parvenus à relever la les numéros inscrits sur la plaque minéralogique de l'un des deux véhicules ?
Lieutenant Cariou : Euh... non plus.
Colonel Floc'h : Comment expliquez-vous celà ?
La réponse à cette question, le lieutenant y avait réfléchi presque toute la nuit, et malgré les heures qu'il avait passé à cogiter sur le sujet, les arguments qu'il avait prouvé peinaient à le convaincre lui-même.
Lieutenant Cariou : Eh bien, pour tout vous dire, euh... les deux véhicules suspects ont pris la fuite avant l'arrivée des renforts motorisés, donc il nous a été impossible de lancer une quelconque poursuite, d'autant plus que les deux véhicules se sont fondus dans la masse qui circulait dur le boulevard périphérique, c'est pourquoi nous n'avons pas été en mesure de les retrouver. Et puis, vous savez, les hommes chargés de patrouiller de nuit dans le centre-ville sont loin d'être les plus compétents. L'élite de nos forces est plutôt affectée dans les banlieues, tandis que les deux policiers qui ont arrêté les fuyards de cette nuit sont de vrais abrutis. J'ai quand même été forcé de les promouvoir, mais...
Colonel Floc'h : Moi, des abrutis ici je n'en vois qu'un. Et à la prochaine faute comme celle-là, c'est votre grade qui changera. Et ça ne sera pas vers le haut !
Bon, passons. Montrez-moi donc ces abrut... enfin, ces futurs promus.
Le Lieutenant Cariou quitta la pièce et revint quelques minutes plus tard, accompagné des deux policiers qui avaient repéré et capturé les eux fuyards la nuit précédente. Les deux hommes se mirent au garde-à-vous face au Colonel Floc'h, bien trop fiers de la promotion qu'ils s'attendaient à recevoir pour percevoir son air déconcerté. L'officier n'osait simplement pas croire ce qu'il voyait : les deux hommes se contrastaient sur absolument tous les points, se qui rajoutait au ridicule de la scène, en plus de la posture adoptée par les deux policiers. Celui qui se tenait à sa gauche était petit ("presque un nain", comme l'a pensé le général sur l'instant) et rondouillard, présentait une espèce barbe et semblait atteint d'un léger strabisme. Le portrait que l'on peut dresser de son coéquipier n'était guère plus glorifiant. Sa carrure était telle qu'on pouvait presque le qualifier le gringalet, bien que son manque de musculature était compensé par une taille supérieure à la moyenne. Dieu merci, il ne louchait pas, mais peut-être aurait-ce été préférable pour lui. Son regard était en effet complètement vide, ce qui, ajouté à sa bouche légèrement entrouverte au coin de laquelle coulait un mince filet de salive, donnait à celui qui se trouvait en face de lui l'impression d'avoir affaire à un individu atteint d'une légère déficience mentale.
Colonel Floc'h : Bon, finissons-en vite !
Le Colonel extirpa de l'écrin que lui avait tendu le Lieutenant Cariou deux médailles qu'il s'empressa d'attacher sur le torse de chacun des deux sous-officiers.
Colonel Floc'h : Brigadier Digeneg, Brigadier Trelat, au nom de l'Empereur, j'ai l'honneur de vous remettre vos premières médailles du mérite de la Police Impériale, et de vous élever au rang de Sergent de la Police Impériale.
Il tendit la main pour serrer celles des deux nouveaux sergents. Des mains moites, il n'en attendait pas moins...
[center][img]http://php88.free.fr/bdff/film/1995/0043/05k.jpg[/img][img]http://www.idee-film.com/images2/im/bourvil-la-grande-vadrouille.jpg[/img][/center]
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Gwenael
Lieu : Commissariat de la Police Impériale
Ville : Vanned
Région : Bro Tagnous
Pays : Empire Schenkennien
Date : 12 janvier 2029
Heure : 14:00
Le Colonel Floc'h avait personnellement veillé à ce que tout soit prêt pour l'accueil du Maréchal Tanig Soc'hial. Rien ne devait être laissé au hasard. Il s'agissait pour lui d'une occasion unique dans sa carrière militaire. Il allait avoir la possibilité de prouver ses compétences à celui qui occupait le second rang dans la chaîne de commandement de la Police Impériale : le Ministre de la Guerre, Maréchal d'Empire, cinq fois médaillé pour son mérite lors de la Guerre de Libération, venait dans son commissariat afin de superviser les opérations de la Police Impériale suite aux événements de la nuit passée. S'il prenait la peine de se donner tant de mal, c'est que la situation devait sûrement être très préoccupante pour l'Empereur et le gouvernement. C'est aussi ce pourquoi il fera tout sont son possible pour ne pas décevoir ses supérieurs.
Le commissariat avait été complètement vidé de son personnel pour l'occasion, tous les policiers s'étant placés devant celui-ci pour être inspectés par le Maréchal à son arrivée. Tous se mirent au garde à vous lorsque ce dernier sortit de sa voiture.
Colonel Floc'h : Maréchal, je ne puis exprimer l'honneur qu'est pour moi le fait de pouvoir vous accueillir ici. J'espère que...
Maréchal Tanig Soc'hial : Que fait tout ce monde dehors, Colonel ? C'est comme ça que vous comptez avancer ? Je vous rappelle que nous avons des délais très courts, et que si d'ici dix-huit heures, nous n'avons rien de nouveau à apporter à l'Empereur, c'est la Lu an Impalaer qui sera chargée de cette affaire. Vous avez tout intérêt à m'aider à montrer à l'Empereur l'efficacité des services dont il m'a confié la gestion, sinon vous aurez encore plus de problèmes que moi.
Colonel Floc'h : À vos ordres, Maréchal.
Retournez vite à vos postes, et dépêchez-vous !
Avez-vous besoin de mon rapport sur la situation ?
Maréchal Tanig Soc'hial : Inutile, je sais déjà tout, à savoir que nous n'avez toujours pas progressé depuis cette nuit. Je suppose que vous ne connaissez toujours pas l'identité des deux suspects ?
Colonel Floc'h : C'est-à-dire que... nous attendions vos ordres, Maréchal.
Maréchal Tanig Soc'hial : Ma présence ne justifie en rien que vous agissiez différemment. Tâchez donc de tirer toutes les informations que vous pourrez des deux suspects, et explorez toutes les pistes que vous pourrez en tirer.
Colonel Floc'h : À vos ordres, Maréchal.
[hr]hr[/hr]
Une fois que tout le personnel du commissariat était à nouveau attelé à ses tâches habituelles, le Colonel Floc'h apostropha deux policiers appuyés contre un mur, et qui semblaient ne pas savoir quoi faire.
Colonel Floc'h : Digeneg, Trelat, allez chercher les deux suspects que vous avez arrêté cette nuit, et conduisez-les en salle d'interrogatoire.
Les deux anciens brigadiers, nouvellement promus sergents, prirent le chemin de la zone de détention. Ils attendirent d'être hors de vue du Colonel Floc'h pour commencer à discuter.
Sergent Trelat :Tu as vu, je t'avais dit que ça marcherait. Maintenant, on est Sergent et c'est nous que le Colonel envoie chercher les prisonniers. Et puis fini les patrouilles de nuit avec le Lieutenant Cariou qui nous gueule dessus tous les matins !
Sergent Digeneg : Sans parler des quarante mille Linos qui tombent tous les mois !
Sergent Trelat :C'est vrai. Quand j'annoncerai ça à ma femme ce soir, elle va être contente, hein.
Sergent Digeneg : Oh oui, et moi avec ma mère alors...
Ils trouvèrent les deux prisonniers en pleine conversation l'un avec l'autre, ce qui ravit le sergent Trelat. Il allait enfin pouvoir donner l'ordre à quelqu'un de se taire, lui qui avait tant l'habitude qu'on le lui intime. Il sentait qu'il était devenu quelqu'un d'important et de respecté, et comptait bien le faire savoir. Il prit soin de prendre un air qui lui semblait être le plus intimidant possible, bien décidé à montrer aux deux détenus que c'était lui qui était en position de force, chose qui ne lui arrivait pour ainsi dire jamais. Il fronça légèrement les sourcils, releva quelque peu le menton et tourna la tête sur le côté, de manière à pouvoir regarder les prisonniers de haut et de travers à la fois.
Sergent Trelat : Sileeennnce ! Vous venez avec moi tous les deux !
Il se plaça au fond de la cellule afin de rester derrière les deux détenus, tout en conservant le même regard, que son imagination qualifiait de mystérieux. Alors que les deux prisonniers suivaient le soldat Digeneg en direction de la salle d'interrogatoire, le sergent Trelat ferma la marche, sans changer son expression faciale. Néanmoins, celle-ci le trahit car, l'empêchant de voir le sol, elle le fit glisser sur l'une des assiettes que les deux captifs s'étaient vus servir au déjeuner. Déçu d'avoir perdu son effet, Trelat décida de reprendre son habituel regard vide, qui lui au moins ne lui faisait pas mal aux yeux.
Ville : Vanned
Région : Bro Tagnous
Pays : Empire Schenkennien
Date : 12 janvier 2029
Heure : 14:00
Le Colonel Floc'h avait personnellement veillé à ce que tout soit prêt pour l'accueil du Maréchal Tanig Soc'hial. Rien ne devait être laissé au hasard. Il s'agissait pour lui d'une occasion unique dans sa carrière militaire. Il allait avoir la possibilité de prouver ses compétences à celui qui occupait le second rang dans la chaîne de commandement de la Police Impériale : le Ministre de la Guerre, Maréchal d'Empire, cinq fois médaillé pour son mérite lors de la Guerre de Libération, venait dans son commissariat afin de superviser les opérations de la Police Impériale suite aux événements de la nuit passée. S'il prenait la peine de se donner tant de mal, c'est que la situation devait sûrement être très préoccupante pour l'Empereur et le gouvernement. C'est aussi ce pourquoi il fera tout sont son possible pour ne pas décevoir ses supérieurs.
Le commissariat avait été complètement vidé de son personnel pour l'occasion, tous les policiers s'étant placés devant celui-ci pour être inspectés par le Maréchal à son arrivée. Tous se mirent au garde à vous lorsque ce dernier sortit de sa voiture.
Colonel Floc'h : Maréchal, je ne puis exprimer l'honneur qu'est pour moi le fait de pouvoir vous accueillir ici. J'espère que...
Maréchal Tanig Soc'hial : Que fait tout ce monde dehors, Colonel ? C'est comme ça que vous comptez avancer ? Je vous rappelle que nous avons des délais très courts, et que si d'ici dix-huit heures, nous n'avons rien de nouveau à apporter à l'Empereur, c'est la Lu an Impalaer qui sera chargée de cette affaire. Vous avez tout intérêt à m'aider à montrer à l'Empereur l'efficacité des services dont il m'a confié la gestion, sinon vous aurez encore plus de problèmes que moi.
Colonel Floc'h : À vos ordres, Maréchal.
Retournez vite à vos postes, et dépêchez-vous !
Avez-vous besoin de mon rapport sur la situation ?
Maréchal Tanig Soc'hial : Inutile, je sais déjà tout, à savoir que nous n'avez toujours pas progressé depuis cette nuit. Je suppose que vous ne connaissez toujours pas l'identité des deux suspects ?
Colonel Floc'h : C'est-à-dire que... nous attendions vos ordres, Maréchal.
Maréchal Tanig Soc'hial : Ma présence ne justifie en rien que vous agissiez différemment. Tâchez donc de tirer toutes les informations que vous pourrez des deux suspects, et explorez toutes les pistes que vous pourrez en tirer.
Colonel Floc'h : À vos ordres, Maréchal.
[hr]hr[/hr]
Une fois que tout le personnel du commissariat était à nouveau attelé à ses tâches habituelles, le Colonel Floc'h apostropha deux policiers appuyés contre un mur, et qui semblaient ne pas savoir quoi faire.
Colonel Floc'h : Digeneg, Trelat, allez chercher les deux suspects que vous avez arrêté cette nuit, et conduisez-les en salle d'interrogatoire.
Les deux anciens brigadiers, nouvellement promus sergents, prirent le chemin de la zone de détention. Ils attendirent d'être hors de vue du Colonel Floc'h pour commencer à discuter.
Sergent Trelat :Tu as vu, je t'avais dit que ça marcherait. Maintenant, on est Sergent et c'est nous que le Colonel envoie chercher les prisonniers. Et puis fini les patrouilles de nuit avec le Lieutenant Cariou qui nous gueule dessus tous les matins !
Sergent Digeneg : Sans parler des quarante mille Linos qui tombent tous les mois !
Sergent Trelat :C'est vrai. Quand j'annoncerai ça à ma femme ce soir, elle va être contente, hein.
Sergent Digeneg : Oh oui, et moi avec ma mère alors...
Ils trouvèrent les deux prisonniers en pleine conversation l'un avec l'autre, ce qui ravit le sergent Trelat. Il allait enfin pouvoir donner l'ordre à quelqu'un de se taire, lui qui avait tant l'habitude qu'on le lui intime. Il sentait qu'il était devenu quelqu'un d'important et de respecté, et comptait bien le faire savoir. Il prit soin de prendre un air qui lui semblait être le plus intimidant possible, bien décidé à montrer aux deux détenus que c'était lui qui était en position de force, chose qui ne lui arrivait pour ainsi dire jamais. Il fronça légèrement les sourcils, releva quelque peu le menton et tourna la tête sur le côté, de manière à pouvoir regarder les prisonniers de haut et de travers à la fois.
Sergent Trelat : Sileeennnce ! Vous venez avec moi tous les deux !
Il se plaça au fond de la cellule afin de rester derrière les deux détenus, tout en conservant le même regard, que son imagination qualifiait de mystérieux. Alors que les deux prisonniers suivaient le soldat Digeneg en direction de la salle d'interrogatoire, le sergent Trelat ferma la marche, sans changer son expression faciale. Néanmoins, celle-ci le trahit car, l'empêchant de voir le sol, elle le fit glisser sur l'une des assiettes que les deux captifs s'étaient vus servir au déjeuner. Déçu d'avoir perdu son effet, Trelat décida de reprendre son habituel regard vide, qui lui au moins ne lui faisait pas mal aux yeux.
-
Gwenael
Lieu : Commissariat de la Police Impériale
Ville : Vanned
Région : Bro Tagnous
Pays : Empire Schenkennien
Date : 12 janvier 2029
Heure : 14:00
Ces événements débutent au même instant que ceux du message précédent
Erwann commence à ouvrir à les paupières. Ignorant où il se trouve, il se redresse afin de regarder autour lui il a devant lui un mur gris, et à sa gauche des barreaux de fer. À celà s'ajoutant les souvenirs qu'il de remémore de la nuit passée, il ne tarde pas à comprendre qu'il se trouve dans la geôle de l'un des commissariats de police de la ville.
Il sent alors une main lui tapoter l'épaule et se retourne en sursaut. Le visage qu'il a devant lui est celui d'une femme et la voix qu'il entend ne tarde pas à lui être familière.
"Excusez-moi, je n'ai pas voulu vous effrayer."
Cette voix était celle de la personne qui était restée pour l'aider à s'échapper la nuit passée. Enfin essayé, puisqu'ils étaient à présent tous deux enfermés. Ils n'avaient pu parcourir que quelques mètres avant que deux policiers ne surgissent pour les assommer avec la crosse de leurs fusils.
Erwann tenta de se relever, mais fut forcé de ce rassoir par une terrible douleur qui le prit à la jambe. Il souleva la patte gauche de son pantalon afin de voir à quoi ressemblait la blessure.
"Ne vous inquiétez pas, la balle vous a juste effleuré. Ils ont désinfecté la plaie et vous ont mis ce pansement. Vous devriez pouvoir remarcher assez vite."
La jeune femme ramassa une assiette sur laquelle était posée une crêpe
"Tenez, ils nous ont apporté ça peu avant votre réveil. Vous devriez manger, au vu de ce qui nous attend."
Toujours silencieux, Erwann suivit tout de même ce conseil.
"Moi c'est Enora. Et vous ?"
Erwann : Erwann.
Enora : Je suis désolée pour hier soir. C'est en parti de ma faute si vous vous êtes retrouvé là.
Erwann : C'est pas très grave. À vrai dire, c'est pas la première fois que je me fais tirer dessus, ni que je me fais enfermé. Mais qu'est-ce que tu as fait hier soir pour que la police te tire dessus ?
Enora : Ce n'est pas vraiment le meilleur endroit pour en parler, si tu vois ce que je veux dire.
Erwann : D'accord, je vois.
Deux policiers vinrent ouvrirent la porte de la cellule. L'un resta à l'entrée tandis que l'autre entra et les regardant d'une façon étrange. Erwann se dit que le type devait se foutre de lui, ou avoir une case en moins.
"Sileeennnce ! Vous venez avec moi tous les deux !"
Enora et Erwann s'exécutèrent et marchèrent vers la sortie de la geôle, mais avant de passer la porte, un bruit fracassant les fit sursauter. Ils se retournèrent pour constater que le policier qui leur avait emboîté le pas avait glissé sur l'assiette d'Erwann. Ce dernier le regarda plus en détail et reconnut l'homme qui l'avait assommé la nuit passée.
"Qu'est-ce que vous regardez ? Avancez !"
Malgré sa douleur au genou, Erwann pouvait toujours marcher en boitillant. Il se contenta de souffrir en silence, craignant ce qui lui arriverait s'il refusait de poursuivre sa marche.
Lui et Maïwenn furent conduits dans le bureau du Colonel Floc'h, dans lequel se trouvait également le Lieutenant Cariou. Ce dernier tendit une tablette à chacun d'entre eux.
Lieutenant Cariou : Posez vos doigts là-dessus.
Lorsqu'ils touchèrent les écrans, les deux prisonniers virent leurs empreintes digitales s'y dessiner. Le Lieutenant Cariou leur reprit les deux machines et les tendit au Colonel Floc'h, qui les posé devant lui pour les garder sous les yeux.
Colonel Floc'h : Madame Enora Arzour, trente-et-un ans, domiciliée 12 Rue d'Aingeal à Vanned, médecin généraliste depuis 2022.
Et Monsieur Erwann Pinvidik, ancien officier de l'armée schenkennienne...
Le Colonel releva la tête et fixa Erwann en fronçant les sourcils.
Colonel Floc'h : ...et au sujet duquel je n'ai aucune information antérieure à 2024. Comment expliquez-vous celà ?
Erwann : Eh bien vous ne savez rien parce qu'il n'y a rien à savoir. Je dors dans la rue depuis plus de cinq ans et tout le monde s'en fout !
Colonel Floc'h : Vraiment ? Ignoriez-vous que les SDF n'existent plus depuis la Restauration ? Les chômeurs ont obligation de s'inscrire sur au Bureau des demandeurs d'emploi, de travailler pour l’État en attendant d'être embauché ailleurs et sont rémunérés en conséquence.
Erwann : Pas quand on a servi dans l'armée de la République pendant la dernière guerre.
Colonel Floc'h : Je vois. Un Républicain qui s'affirme comme tel. Si vous commencez déjà à avouer, cet interrogatoire ne va pas durer longtemps.
Erwann : J'ai jamais dit que j'étais républicain. J'ai juste dit que j'avais été dans l'armée, et que j'avais obéi aux ordres.
Colonel Floc'h : Bien sûr, ordres qui consistaient à massacrer un peuple qui reconquérait sa liberté. Bref, ça n'est pas le sujet. Je suppose que vous reconnaissez ceci.
Le Colonel Floc'h déposa devant chacun des deux suspects un exemplaire du tract qui avait été placardé dans les rues de la ville.
[spoiler="Tract"][quote][center]SCHENKENNIENS, SCHENKENNIENNES
Il est temps pour nous de nous libérer de l'oppression de l'Empereur, maître d'un gouvernement corrompu, meurtrier de la liberté et bourreau du peuple schenkennien.
En plus de fasciser la Schenkennie et de mener une politique d'oppression des citoyens, peu à peu privés de leur droit civique, le gouvernement impérial, par son incompétence, met en danger notre nation. Cela fait déjà deux ans que les bilans économiques catastrophiques ne sont plus publiés et que les autorités mentent au peuple qu'elles sont censées protéger.
La corruption s'étend jusque dans l'opposition, représentée par la presse républicaine, dément ses accusations pourtant justifiées immédiatement après les avoir publiées.
Nous ne pouvons plus faire confiance aux institutions politiques, c'est pourquoi il relève du devoir de chaque citoyen schenkennien de rejoindre la Résistance, afin de renverser l'Empire et bâtir en Schenkennie une société juste.
Vive la Liberté, vive la Schenkennie ![/center][/quote][/spoiler]
Erwann le lut attentivement avant de relever la tête vers le Colonel.
Erwann : C'est vrai ce qu'il y a écrit là-dessus ?
Colonel Floc'h : Vous vous foutez de moi ? Et vous qu'est-ce que vous en pensez ?
Enora : Oui, il doit se foutre de vous.
Colonel Floc'h : Je parle du tract !
Enora : Jamais vu.
Le Colonel Floc'h avait déjà perdu patience. Il fit renvoyer les deux prisonniers dans leur cellule, ne souhaitant pas continuer davantage, et espérant que les perquisitions donnent davantage de résultats.
Ville : Vanned
Région : Bro Tagnous
Pays : Empire Schenkennien
Date : 12 janvier 2029
Heure : 14:00
Ces événements débutent au même instant que ceux du message précédent
Erwann commence à ouvrir à les paupières. Ignorant où il se trouve, il se redresse afin de regarder autour lui il a devant lui un mur gris, et à sa gauche des barreaux de fer. À celà s'ajoutant les souvenirs qu'il de remémore de la nuit passée, il ne tarde pas à comprendre qu'il se trouve dans la geôle de l'un des commissariats de police de la ville.
Il sent alors une main lui tapoter l'épaule et se retourne en sursaut. Le visage qu'il a devant lui est celui d'une femme et la voix qu'il entend ne tarde pas à lui être familière.
"Excusez-moi, je n'ai pas voulu vous effrayer."
Cette voix était celle de la personne qui était restée pour l'aider à s'échapper la nuit passée. Enfin essayé, puisqu'ils étaient à présent tous deux enfermés. Ils n'avaient pu parcourir que quelques mètres avant que deux policiers ne surgissent pour les assommer avec la crosse de leurs fusils.
Erwann tenta de se relever, mais fut forcé de ce rassoir par une terrible douleur qui le prit à la jambe. Il souleva la patte gauche de son pantalon afin de voir à quoi ressemblait la blessure.
"Ne vous inquiétez pas, la balle vous a juste effleuré. Ils ont désinfecté la plaie et vous ont mis ce pansement. Vous devriez pouvoir remarcher assez vite."
La jeune femme ramassa une assiette sur laquelle était posée une crêpe
"Tenez, ils nous ont apporté ça peu avant votre réveil. Vous devriez manger, au vu de ce qui nous attend."
Toujours silencieux, Erwann suivit tout de même ce conseil.
"Moi c'est Enora. Et vous ?"
Erwann : Erwann.
Enora : Je suis désolée pour hier soir. C'est en parti de ma faute si vous vous êtes retrouvé là.
Erwann : C'est pas très grave. À vrai dire, c'est pas la première fois que je me fais tirer dessus, ni que je me fais enfermé. Mais qu'est-ce que tu as fait hier soir pour que la police te tire dessus ?
Enora : Ce n'est pas vraiment le meilleur endroit pour en parler, si tu vois ce que je veux dire.
Erwann : D'accord, je vois.
Deux policiers vinrent ouvrirent la porte de la cellule. L'un resta à l'entrée tandis que l'autre entra et les regardant d'une façon étrange. Erwann se dit que le type devait se foutre de lui, ou avoir une case en moins.
"Sileeennnce ! Vous venez avec moi tous les deux !"
Enora et Erwann s'exécutèrent et marchèrent vers la sortie de la geôle, mais avant de passer la porte, un bruit fracassant les fit sursauter. Ils se retournèrent pour constater que le policier qui leur avait emboîté le pas avait glissé sur l'assiette d'Erwann. Ce dernier le regarda plus en détail et reconnut l'homme qui l'avait assommé la nuit passée.
"Qu'est-ce que vous regardez ? Avancez !"
Malgré sa douleur au genou, Erwann pouvait toujours marcher en boitillant. Il se contenta de souffrir en silence, craignant ce qui lui arriverait s'il refusait de poursuivre sa marche.
Lui et Maïwenn furent conduits dans le bureau du Colonel Floc'h, dans lequel se trouvait également le Lieutenant Cariou. Ce dernier tendit une tablette à chacun d'entre eux.
Lieutenant Cariou : Posez vos doigts là-dessus.
Lorsqu'ils touchèrent les écrans, les deux prisonniers virent leurs empreintes digitales s'y dessiner. Le Lieutenant Cariou leur reprit les deux machines et les tendit au Colonel Floc'h, qui les posé devant lui pour les garder sous les yeux.
Colonel Floc'h : Madame Enora Arzour, trente-et-un ans, domiciliée 12 Rue d'Aingeal à Vanned, médecin généraliste depuis 2022.
Et Monsieur Erwann Pinvidik, ancien officier de l'armée schenkennienne...
Le Colonel releva la tête et fixa Erwann en fronçant les sourcils.
Colonel Floc'h : ...et au sujet duquel je n'ai aucune information antérieure à 2024. Comment expliquez-vous celà ?
Erwann : Eh bien vous ne savez rien parce qu'il n'y a rien à savoir. Je dors dans la rue depuis plus de cinq ans et tout le monde s'en fout !
Colonel Floc'h : Vraiment ? Ignoriez-vous que les SDF n'existent plus depuis la Restauration ? Les chômeurs ont obligation de s'inscrire sur au Bureau des demandeurs d'emploi, de travailler pour l’État en attendant d'être embauché ailleurs et sont rémunérés en conséquence.
Erwann : Pas quand on a servi dans l'armée de la République pendant la dernière guerre.
Colonel Floc'h : Je vois. Un Républicain qui s'affirme comme tel. Si vous commencez déjà à avouer, cet interrogatoire ne va pas durer longtemps.
Erwann : J'ai jamais dit que j'étais républicain. J'ai juste dit que j'avais été dans l'armée, et que j'avais obéi aux ordres.
Colonel Floc'h : Bien sûr, ordres qui consistaient à massacrer un peuple qui reconquérait sa liberté. Bref, ça n'est pas le sujet. Je suppose que vous reconnaissez ceci.
Le Colonel Floc'h déposa devant chacun des deux suspects un exemplaire du tract qui avait été placardé dans les rues de la ville.
[spoiler="Tract"][quote][center]SCHENKENNIENS, SCHENKENNIENNES
Il est temps pour nous de nous libérer de l'oppression de l'Empereur, maître d'un gouvernement corrompu, meurtrier de la liberté et bourreau du peuple schenkennien.
En plus de fasciser la Schenkennie et de mener une politique d'oppression des citoyens, peu à peu privés de leur droit civique, le gouvernement impérial, par son incompétence, met en danger notre nation. Cela fait déjà deux ans que les bilans économiques catastrophiques ne sont plus publiés et que les autorités mentent au peuple qu'elles sont censées protéger.
La corruption s'étend jusque dans l'opposition, représentée par la presse républicaine, dément ses accusations pourtant justifiées immédiatement après les avoir publiées.
Nous ne pouvons plus faire confiance aux institutions politiques, c'est pourquoi il relève du devoir de chaque citoyen schenkennien de rejoindre la Résistance, afin de renverser l'Empire et bâtir en Schenkennie une société juste.
Vive la Liberté, vive la Schenkennie ![/center][/quote][/spoiler]
Erwann le lut attentivement avant de relever la tête vers le Colonel.
Erwann : C'est vrai ce qu'il y a écrit là-dessus ?
Colonel Floc'h : Vous vous foutez de moi ? Et vous qu'est-ce que vous en pensez ?
Enora : Oui, il doit se foutre de vous.
Colonel Floc'h : Je parle du tract !
Enora : Jamais vu.
Le Colonel Floc'h avait déjà perdu patience. Il fit renvoyer les deux prisonniers dans leur cellule, ne souhaitant pas continuer davantage, et espérant que les perquisitions donnent davantage de résultats.
-
Gwenael
Lieu : Commissariat de la Police Impériale
Ville : Vanned
Région : Bro Tagnous
Pays : Empire Schenkennien
Date : 18 janvier 2029
Heure : 18:29
Erwann commençait à s'inquiéter. Cela faisait déjà plus de trois heures que la Police Impériale avait emmené Enora hors de la prison pour l'interroger, et ils ne l'y avaient toujours pas reconduite.
De nombreuses questions lui trottaient dans la tête. Pourquoi étaient-ils cette fois interrogés séparément ? Pourquoi presque une semaine après le précédent interrogatoire ? Et surtout, pourquoi cela était-il si long cette fois ?
Peut-être Enora avait-elle parlé. Lui-même ignorait les réponses aux questions posées par les policiers, et ce dans quoi Enora était impliquée. Mais, subissant, à tort, le même traitement qu'elle, il ne pouvait s'empêcher d'éprouver une certaine sympathie à l'égard de sa cause qui, il en était certain, était très importante. Cette affaire semblait concerner les milieux activistes républicains, cause qu'il ne pouvait ignorer, ayant lui-même combattu dans l'armée républicaine pendant la guerre civile, raison pour laquelle il était depuis réduit à l'état de pauvre vagabond. Il ne portait donc pas l'Empire dans son cœur.
Il ressentit un certain soulagement en entendant les pas qui s'approchaient de la prison. L'interrogatoire d'Enora était enfin terminé.
Ce sentiment fut néanmoins de courte durée : les deux policiers la ramenaient couverte de plaies et de bleus, la tirant par les bras et laissant ses pieds trainer sur le sol. Elle semblait avoir perdu connaissance.
Ils ouvrirent la porte de la prison et la lachèrent, laissant sa tête heurter violemment le béton, avant d’agripper fermement les bras d'Erwann pour le conduire hors de la prison.
"C'est ton tour !"
Les trente secondes qui séparèrent le moment où il avait quitté la cellule et celui où il arriva dans la salle d'interrogatoire lui parurent interminables. Il sentait ses jambes trembler et son cœur battre plus fort que jamais, terrifié en imaginant ce qui l'attendait.
Les murs de la pièce dans laquelle on l'emmena étaient entièrement gris, laissant penser que rien ne recouvrait le béton. Lorsqu'il entra, un homme se tenait debout, dos à lui, contemplant le mur complètement vide en face de lui.
"Posez-le là, et laissez-nous."
Les deux policiers forcèrent Erwann à s'asseoir sur une chaise, avant de sortir en refermant la porte. C'est alors que l'homme se retourna.
Erwann reconnut son uniforme. Il ne s'agissait pas d'un simple policier, mais d'un officier de la Lu an Impalaer, reconnaissable à son brassard bleu-vert sur lequel était dessiné un triskell rouge et noir. Celui-ci le toisait avec une telle insistance qu'Erwann ne put s'empêcher de baisser les yeux, ce qu'il regretta aussitôt, voyant les tâches de sang encore fraîches qui recouvraient le sol. Il se résolut donc à relever la tête, quitte à devoir de nouveau affronter le regard de l'officier. En le regardant plus longuement, il eut une impression étrange. Il lui semblait avoir déjà croisé ce visage.
[center][img]https://egregores.files.wordpress.com/2010/03/hans-landa.jpg[/img][/center]
"Ainsi, vous voilà enfin devant moi, Aotroù Pinvidik. Je me présente : Colonel Ewenn Bourhis. Vous verrez très vite qu'avec moi, les choses ne se passeront pas aussi bien qu'avec le Colonel Floc'h. Je sais comment obtenir ce que je veux, quand je le veux."
"Sauf que moi, je n'ai rien à vous dire."
"C'est ce que Mademoiselle Arzour croyait aussi, mais je lui ai vite fait comprendre qu'elle se trompait. D'ailleurs, il vaut mieux que je vous prévienne tout de suite. À chaque réponse que vous me donnerez, si celle-ci ne me plaît pas, je serai forcé de faire quelque chose comme ÇA."
En prononçant cette dernière syllabe, le Colonel Bourhis avait décroché un violent coup de poing dans la joue d'Erwann, lui laissant une large estafilade dont coulait un filet de sang ruisselant jusqu'à son menton. Il attendit que le prisonnier ne paraisse plus trop sonné avant de poursuivre.
"Rassurez-vous, Erwann, ce n'est que le début. Je peux faire beaucoup plus, et il ne tient qu'à vous de faire en sorte que je n'aie pas à aller plus loin. Même si j'avoue que je serais un peu déçu d'en rester là."
Il avait esquissé un léger sourire en finissant sa phrase.
"Bon, maintenant que nous avons posé les bases et que les présentations sont faites, je suggère que nous passions aux choses sérieuses."
L'officier s'assit sur la chaise située en face d'Erwann, et séparée de lui par une table. Il saisit la cravache posée sur cette dernière de sa main droite et tapota sa main gauche à rythme régulier, tout en se tenant en équilibre sur les deux pieds arrières de sa chaise.
"On va commencer par La Chienne qui Nie. Par où vous le procurez-vous ?"
Erwann ignorait bien entendu de quoi le Colonel Bourhis était en train de parler, et il s'en fichait. Sa seule idée était de trouver quelque chose à lui répondre afin de ne pas subir de représailles, mais rien ne lui venait. Le coup de cravache qui explosa son arcade sourcilière droite mit court à sa réflexion.
"Mais je ne sais même pas de quoi vous parlez !"
"Du torchon hokkai dont on a trouvé vingt exemplaires chez ta copine ! Le bilan économique, l'affaire Pijig, ça ne te dit rien ?"
Erwann n'avait quasiment rien compris de ce que lui avait crié le Colonel, excepté un nom qui lui rappelait quelques vagues souvenirs. Pijig...
[hr][/hr][hr][/hr]
Pendant ce temps, à quelques pas de là, le Sergent Digeneg et le Sergent Trelat s'étaient discrètement réunis dans une petite pièce du commissariat qui servait habituellement à ranger les stocks de papier.
[center][img]http://php88.free.fr/bdff/film/1995/0043/05k.jpg[/img][img]http://www.idee-film.com/images2/im/bourvil-la-grande-vadrouille.jpg[/img]
Digeneg - - - Trelat[/center]
"Regarde ce que j'ai ramené pour fêter notre nouvelle promotion ! C'est ma femme qui a eu l'idée."
Le Sergent Trelat avait sorti de la veste de son uniforme une bouteille de champagne pour l’arborer devant Digeneg, qui lui non plus n'était pas venu les mains vides. Il sortit de sa poche un paquet de cigarettes.
"Et moi, regarde ce que j'ai trouvé."
"Oh, mais tu as eu ça où ?"
"C'est ma mère qui me les a données. Elle a commencé à fumer avant la guerre et, depuis, elle n'a pas pu s’arrêter."
"Attends, on va boire ma bouteille d'abord. Par contre, il ne faut pas faire trop de bruit. Si le Colonel Floc'h apprend ça, on est bons pour la mise à pied."
Tentant maladroitement de déboucher sa bouteille, le Sergent Trelat laissa le bouchon de liège lui échapper. Celui-ci alla frapper l'ampoule qui éclairait le local et la brisa. Les deux policiers furent plongés dans l'obscurité.
"Oh Gast, comment on va faire ? J'ai de la mousse qui coule dans ma manche."
"Attends, je vais allumer une cigarette, comme ça on aura un peu de lumière."
Le Sergent Digeneg sort une cigarette de son paquet et bat plusieurs fois son briquet avant d'obtenir une petite flamme. Il prend une bouffée de fumée, avant de tousser violemment. Les deux hommes n'y voient toujours pas plus clair, la cigarette ne laissant apparaitre qu'un petit point rouge dans l'obscurité.
"On ne peut pas dire que ce soit beaucoup mieux. En plus, la bouteille commence à gliss..."
Avant qu'il n'ait le temps de terminer sa phrase, la bouteille de champagne avait déjà glissé de sa main couverte de mousse, avant d'aller s'écraser contre le sol, y répandant tout son contenu.
"Oh non, j'espère que personne n'a entendu. Qu'est-ce qu'on fait maintenant ?"
"Il vaut mieux qu'on s'en aille avant que quelqu'un ne vienne voir ce qu'il se passe."
Le Sergent Trelat ouvrit la porte du local avant de se faufiler à l'extérieur. Le Sergent Digeneg, déçu que leur petite fête se soit si mal passée, jeta sa cigarette et le suivit, oubliant qu'il se trouvait dans un local à papier, au sol recouvert de champagne...
[hr][/hr][hr][/hr]
Il se rappelait de l'endroit où il avait entendu ce nom. Plus que toutes les autres affaires à propos desquelles il avait des articles dans les journaux qu'il avait pu trouver, Erwann se rappelait bien de l'[url=http://www.simpolitique.com/informations-imperiales-t10843-15.html#p259657]affaire Pijig[/url]. Et pour cause, il en avait été le témoin direct.
Pendant [url=http://www.simpolitique.com/quelque-part-schenkennie-t11847.html#p259649]une nuit qui l'avait profondément marqué[/url], il avait dormi sur un banc public dans l'un des quartiers de la banlieue pavillonnaire de Vanned. Il se souvenait avoir été réveillé par une voiture noire qui s'était garée juste devant son nez, et dont était sorti un homme qui s'était précipité vers l'une des maisons du quartier. Il avait juste entendu un chien hurler et se taire aussitôt, avant de le voir regagner son véhicule et redémarrer pour quitter la vue. C'est seulement quelques jours plus tard qu'il avait lu dans le journal que cet homme s'appelait Erik Pijig, et qu'il avait assassiné cette nuit-là tous les membres de la famille qui habitaient la maison. Cela lui avait semblé étrange sur le coup, car le portrait d'Erik Pijig qu'il avait vu dans le journal ne ressemblait pas vraiment au visage qu'il avait aperçu la nuit du meurtre.
C'est seulement maintenant qu'il comprit pourquoi. Le visage qu'il avait vu cette nuit-là n'était en fait pas celui d'Erik Pijig... mais celui du Colonel Bourhis.
Bouleversé par ce qu'il venait de deviner, il ne put s'empêcher de s'exclamer à voix haute.
"L'affaire Pijig, c'était vous !"
"Pardon ?"
"C'est vous qui avez assassiné la famille Penneg !"
En un instant, le visage du Colonel Bourhis avait radicalement changé. Son expression était loin du sourire sadique qu'il avait affiché jusqu'alors. Ses joues étaient devenues rouges écarlates et la haine transpirait à travers son regard. Fou de rage, il souleva la table qui le séparait d'Erwann pour qu'elle se retourne sur lui. Celui-ci tomba de sa chaise, à bout de force et écrasé sous le poids du meuble. Le Colonel Bourhis se leva pour aller le dégager, avant de s'accroupir devant lui, le saisir par le col et, alors qu'il était toujours allongé sur le sol, lui marteler le visage avec son poing. Il hurlait et lui postillonnait au visage tout en continuant de le frapper à une cadence effrénée.
"COMMENT EST-CE QUE TU SAIS ÇA ? RÉPONDS ! COMMENT TU LE SAIS ?"
Alors qu'Erwann était sur le point de perdre connaissance, un son strident arrêta le Colonel Bourhis dans son élan. Un policier entra en trombe dans la pièce et resta un moment immobile, étonné de ce qu'il avait sous les yeux, avant de s'adresser au Colonel.
"Excusez-moi... c'est l'alarme incendie, il faut évacuer le commissariat."
Le Colonel Bourhis souleva Erwann et le fit sortir de la pièce en le tenant par le bras.
"Maintenant je ne vais plus te lâcher."
Le bâtiment étant de conception assez vétuste, toute la charpente était encore en bois, et l'incendie qui était parti du local à papier avait eu vite fait de se propager. Le plafond s'écroulait à plusieurs endroits, tandis que les policiers affolés couraient dans tous les sens, cherchant à évacuer les lieux ou un moyen d'éteindre l'incendie. Une énorme poutre de bois transperça le faux plafond et manqua d'écraser Erwann et le Colonel Bourhis, forçant ce dernier à lâcher son prisonnier pour échapper au trépas.
Il n'eut pas le temps de se relever que, déjà, il voyait Erwann s'enfuir dans les couloirs du commissariat pour lui échapper.
"Tu vas où ? Reste là !"
Il se releva à son tour pour partir à la poursuite du prisonnier. Il put le suivre dans plusieurs couloirs, mais perdit sa trace lorsque le Sergent Digeneg arriva en courant face à lui en hurlant.
"Au feu ! Au secours !"
Celui-ci le percuta et ils s'écrasèrent tous les deux au sol, avant qu'un morceau de plafond ne s'écroule et vienne obstruer le couloir dans lequel ils se trouvaient.
"Kaoc'h !"
[center][img]http://www.ads-securite.fr/images/imageGrand.jpg[/img][/center]
Ville : Vanned
Région : Bro Tagnous
Pays : Empire Schenkennien
Date : 18 janvier 2029
Heure : 18:29
Erwann commençait à s'inquiéter. Cela faisait déjà plus de trois heures que la Police Impériale avait emmené Enora hors de la prison pour l'interroger, et ils ne l'y avaient toujours pas reconduite.
De nombreuses questions lui trottaient dans la tête. Pourquoi étaient-ils cette fois interrogés séparément ? Pourquoi presque une semaine après le précédent interrogatoire ? Et surtout, pourquoi cela était-il si long cette fois ?
Peut-être Enora avait-elle parlé. Lui-même ignorait les réponses aux questions posées par les policiers, et ce dans quoi Enora était impliquée. Mais, subissant, à tort, le même traitement qu'elle, il ne pouvait s'empêcher d'éprouver une certaine sympathie à l'égard de sa cause qui, il en était certain, était très importante. Cette affaire semblait concerner les milieux activistes républicains, cause qu'il ne pouvait ignorer, ayant lui-même combattu dans l'armée républicaine pendant la guerre civile, raison pour laquelle il était depuis réduit à l'état de pauvre vagabond. Il ne portait donc pas l'Empire dans son cœur.
Il ressentit un certain soulagement en entendant les pas qui s'approchaient de la prison. L'interrogatoire d'Enora était enfin terminé.
Ce sentiment fut néanmoins de courte durée : les deux policiers la ramenaient couverte de plaies et de bleus, la tirant par les bras et laissant ses pieds trainer sur le sol. Elle semblait avoir perdu connaissance.
Ils ouvrirent la porte de la prison et la lachèrent, laissant sa tête heurter violemment le béton, avant d’agripper fermement les bras d'Erwann pour le conduire hors de la prison.
"C'est ton tour !"
Les trente secondes qui séparèrent le moment où il avait quitté la cellule et celui où il arriva dans la salle d'interrogatoire lui parurent interminables. Il sentait ses jambes trembler et son cœur battre plus fort que jamais, terrifié en imaginant ce qui l'attendait.
Les murs de la pièce dans laquelle on l'emmena étaient entièrement gris, laissant penser que rien ne recouvrait le béton. Lorsqu'il entra, un homme se tenait debout, dos à lui, contemplant le mur complètement vide en face de lui.
"Posez-le là, et laissez-nous."
Les deux policiers forcèrent Erwann à s'asseoir sur une chaise, avant de sortir en refermant la porte. C'est alors que l'homme se retourna.
Erwann reconnut son uniforme. Il ne s'agissait pas d'un simple policier, mais d'un officier de la Lu an Impalaer, reconnaissable à son brassard bleu-vert sur lequel était dessiné un triskell rouge et noir. Celui-ci le toisait avec une telle insistance qu'Erwann ne put s'empêcher de baisser les yeux, ce qu'il regretta aussitôt, voyant les tâches de sang encore fraîches qui recouvraient le sol. Il se résolut donc à relever la tête, quitte à devoir de nouveau affronter le regard de l'officier. En le regardant plus longuement, il eut une impression étrange. Il lui semblait avoir déjà croisé ce visage.
[center][img]https://egregores.files.wordpress.com/2010/03/hans-landa.jpg[/img][/center]
"Ainsi, vous voilà enfin devant moi, Aotroù Pinvidik. Je me présente : Colonel Ewenn Bourhis. Vous verrez très vite qu'avec moi, les choses ne se passeront pas aussi bien qu'avec le Colonel Floc'h. Je sais comment obtenir ce que je veux, quand je le veux."
"Sauf que moi, je n'ai rien à vous dire."
"C'est ce que Mademoiselle Arzour croyait aussi, mais je lui ai vite fait comprendre qu'elle se trompait. D'ailleurs, il vaut mieux que je vous prévienne tout de suite. À chaque réponse que vous me donnerez, si celle-ci ne me plaît pas, je serai forcé de faire quelque chose comme ÇA."
En prononçant cette dernière syllabe, le Colonel Bourhis avait décroché un violent coup de poing dans la joue d'Erwann, lui laissant une large estafilade dont coulait un filet de sang ruisselant jusqu'à son menton. Il attendit que le prisonnier ne paraisse plus trop sonné avant de poursuivre.
"Rassurez-vous, Erwann, ce n'est que le début. Je peux faire beaucoup plus, et il ne tient qu'à vous de faire en sorte que je n'aie pas à aller plus loin. Même si j'avoue que je serais un peu déçu d'en rester là."
Il avait esquissé un léger sourire en finissant sa phrase.
"Bon, maintenant que nous avons posé les bases et que les présentations sont faites, je suggère que nous passions aux choses sérieuses."
L'officier s'assit sur la chaise située en face d'Erwann, et séparée de lui par une table. Il saisit la cravache posée sur cette dernière de sa main droite et tapota sa main gauche à rythme régulier, tout en se tenant en équilibre sur les deux pieds arrières de sa chaise.
"On va commencer par La Chienne qui Nie. Par où vous le procurez-vous ?"
Erwann ignorait bien entendu de quoi le Colonel Bourhis était en train de parler, et il s'en fichait. Sa seule idée était de trouver quelque chose à lui répondre afin de ne pas subir de représailles, mais rien ne lui venait. Le coup de cravache qui explosa son arcade sourcilière droite mit court à sa réflexion.
"Mais je ne sais même pas de quoi vous parlez !"
"Du torchon hokkai dont on a trouvé vingt exemplaires chez ta copine ! Le bilan économique, l'affaire Pijig, ça ne te dit rien ?"
Erwann n'avait quasiment rien compris de ce que lui avait crié le Colonel, excepté un nom qui lui rappelait quelques vagues souvenirs. Pijig...
[hr][/hr][hr][/hr]
Pendant ce temps, à quelques pas de là, le Sergent Digeneg et le Sergent Trelat s'étaient discrètement réunis dans une petite pièce du commissariat qui servait habituellement à ranger les stocks de papier.
[center][img]http://php88.free.fr/bdff/film/1995/0043/05k.jpg[/img][img]http://www.idee-film.com/images2/im/bourvil-la-grande-vadrouille.jpg[/img]
Digeneg - - - Trelat[/center]
"Regarde ce que j'ai ramené pour fêter notre nouvelle promotion ! C'est ma femme qui a eu l'idée."
Le Sergent Trelat avait sorti de la veste de son uniforme une bouteille de champagne pour l’arborer devant Digeneg, qui lui non plus n'était pas venu les mains vides. Il sortit de sa poche un paquet de cigarettes.
"Et moi, regarde ce que j'ai trouvé."
"Oh, mais tu as eu ça où ?"
"C'est ma mère qui me les a données. Elle a commencé à fumer avant la guerre et, depuis, elle n'a pas pu s’arrêter."
"Attends, on va boire ma bouteille d'abord. Par contre, il ne faut pas faire trop de bruit. Si le Colonel Floc'h apprend ça, on est bons pour la mise à pied."
Tentant maladroitement de déboucher sa bouteille, le Sergent Trelat laissa le bouchon de liège lui échapper. Celui-ci alla frapper l'ampoule qui éclairait le local et la brisa. Les deux policiers furent plongés dans l'obscurité.
"Oh Gast, comment on va faire ? J'ai de la mousse qui coule dans ma manche."
"Attends, je vais allumer une cigarette, comme ça on aura un peu de lumière."
Le Sergent Digeneg sort une cigarette de son paquet et bat plusieurs fois son briquet avant d'obtenir une petite flamme. Il prend une bouffée de fumée, avant de tousser violemment. Les deux hommes n'y voient toujours pas plus clair, la cigarette ne laissant apparaitre qu'un petit point rouge dans l'obscurité.
"On ne peut pas dire que ce soit beaucoup mieux. En plus, la bouteille commence à gliss..."
Avant qu'il n'ait le temps de terminer sa phrase, la bouteille de champagne avait déjà glissé de sa main couverte de mousse, avant d'aller s'écraser contre le sol, y répandant tout son contenu.
"Oh non, j'espère que personne n'a entendu. Qu'est-ce qu'on fait maintenant ?"
"Il vaut mieux qu'on s'en aille avant que quelqu'un ne vienne voir ce qu'il se passe."
Le Sergent Trelat ouvrit la porte du local avant de se faufiler à l'extérieur. Le Sergent Digeneg, déçu que leur petite fête se soit si mal passée, jeta sa cigarette et le suivit, oubliant qu'il se trouvait dans un local à papier, au sol recouvert de champagne...
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Il se rappelait de l'endroit où il avait entendu ce nom. Plus que toutes les autres affaires à propos desquelles il avait des articles dans les journaux qu'il avait pu trouver, Erwann se rappelait bien de l'[url=http://www.simpolitique.com/informations-imperiales-t10843-15.html#p259657]affaire Pijig[/url]. Et pour cause, il en avait été le témoin direct.
Pendant [url=http://www.simpolitique.com/quelque-part-schenkennie-t11847.html#p259649]une nuit qui l'avait profondément marqué[/url], il avait dormi sur un banc public dans l'un des quartiers de la banlieue pavillonnaire de Vanned. Il se souvenait avoir été réveillé par une voiture noire qui s'était garée juste devant son nez, et dont était sorti un homme qui s'était précipité vers l'une des maisons du quartier. Il avait juste entendu un chien hurler et se taire aussitôt, avant de le voir regagner son véhicule et redémarrer pour quitter la vue. C'est seulement quelques jours plus tard qu'il avait lu dans le journal que cet homme s'appelait Erik Pijig, et qu'il avait assassiné cette nuit-là tous les membres de la famille qui habitaient la maison. Cela lui avait semblé étrange sur le coup, car le portrait d'Erik Pijig qu'il avait vu dans le journal ne ressemblait pas vraiment au visage qu'il avait aperçu la nuit du meurtre.
C'est seulement maintenant qu'il comprit pourquoi. Le visage qu'il avait vu cette nuit-là n'était en fait pas celui d'Erik Pijig... mais celui du Colonel Bourhis.
Bouleversé par ce qu'il venait de deviner, il ne put s'empêcher de s'exclamer à voix haute.
"L'affaire Pijig, c'était vous !"
"Pardon ?"
"C'est vous qui avez assassiné la famille Penneg !"
En un instant, le visage du Colonel Bourhis avait radicalement changé. Son expression était loin du sourire sadique qu'il avait affiché jusqu'alors. Ses joues étaient devenues rouges écarlates et la haine transpirait à travers son regard. Fou de rage, il souleva la table qui le séparait d'Erwann pour qu'elle se retourne sur lui. Celui-ci tomba de sa chaise, à bout de force et écrasé sous le poids du meuble. Le Colonel Bourhis se leva pour aller le dégager, avant de s'accroupir devant lui, le saisir par le col et, alors qu'il était toujours allongé sur le sol, lui marteler le visage avec son poing. Il hurlait et lui postillonnait au visage tout en continuant de le frapper à une cadence effrénée.
"COMMENT EST-CE QUE TU SAIS ÇA ? RÉPONDS ! COMMENT TU LE SAIS ?"
Alors qu'Erwann était sur le point de perdre connaissance, un son strident arrêta le Colonel Bourhis dans son élan. Un policier entra en trombe dans la pièce et resta un moment immobile, étonné de ce qu'il avait sous les yeux, avant de s'adresser au Colonel.
"Excusez-moi... c'est l'alarme incendie, il faut évacuer le commissariat."
Le Colonel Bourhis souleva Erwann et le fit sortir de la pièce en le tenant par le bras.
"Maintenant je ne vais plus te lâcher."
Le bâtiment étant de conception assez vétuste, toute la charpente était encore en bois, et l'incendie qui était parti du local à papier avait eu vite fait de se propager. Le plafond s'écroulait à plusieurs endroits, tandis que les policiers affolés couraient dans tous les sens, cherchant à évacuer les lieux ou un moyen d'éteindre l'incendie. Une énorme poutre de bois transperça le faux plafond et manqua d'écraser Erwann et le Colonel Bourhis, forçant ce dernier à lâcher son prisonnier pour échapper au trépas.
Il n'eut pas le temps de se relever que, déjà, il voyait Erwann s'enfuir dans les couloirs du commissariat pour lui échapper.
"Tu vas où ? Reste là !"
Il se releva à son tour pour partir à la poursuite du prisonnier. Il put le suivre dans plusieurs couloirs, mais perdit sa trace lorsque le Sergent Digeneg arriva en courant face à lui en hurlant.
"Au feu ! Au secours !"
Celui-ci le percuta et ils s'écrasèrent tous les deux au sol, avant qu'un morceau de plafond ne s'écroule et vienne obstruer le couloir dans lequel ils se trouvaient.
"Kaoc'h !"
[center][img]http://www.ads-securite.fr/images/imageGrand.jpg[/img][/center]
-
Gwenael
Lieu : Anciennes zones industrielles désaffectées
Ville : Vanned
Région : Bro Tagnous
Pays : Empire Schenkennien
Date : 21 janvier 2029
Heure : 06:16
[center][img]http://www.usinenouvelle.com/mediatheque/6/5/3/000143356_5.jpg[/img][/center]
Le Sergent Digeneg se réveilla lorsque le camion passa sur un nid de poule. Les vibrations du véhicule l'avaient fait se cogner la tête. Il se rendit compte qu'il s'était assoupi sur l'épaule du Sergent Trelat qui, lui même endormi, ne s'en était pas rendu compte.
Lieutenant Cariou : Réveillez-vous là-dedans, on est presque arrivés.
Digeneg et Trelat se forcèrent à ouvrir les yeux afin de faire mine de ne les avoir jamais fermés.
Lieutenant Cariou : Une dernière récapitulation avant de commencer la mission. Vous, vous êtes l'équipe 2. Douze hommes chargés, en plus des douze autres de l'équipe 1, de sécuriser le bâtiment cible et d'arrêter tous ceux qui s'y trouveront pendant que l'équipe 3 s'attèlera à la recherche et la récolte du plus grand nombre de preuves possibles.
Les trois camions s'arrêteront devant le bâtiment et c'est l'équipe 1 qui ouvrira la marche. Elle sera couverte par l'équipe 2 qui entrera la seconde, puis l'équipe 3 passera à l'action.
Enfin, tout devrait se passer assez vite et sans encombre. Si on trouve quelqu'un, ça devrait juste être un groupe d'activistes républicains inoffensifs...
Peu de temps après, le convoi de véhicules de la Police Impériale s'arrête devant une vieille usine, non utilisée depuis la Grande Guerre. Elle était l'un des nombreux vestiges de la puissance industrielle de l'Empire avant la guerre, dont pouvaient témoigner toutes les périphéries des grandes villes schenkenniennes remplies d'immeubles délabrés.
Lieutenant Cariou : Attendez que le premier groupe soit sorti pour y aller.
Les Sergents Digeneg et Trelat étaient tous excités. C'était la toute première fois de leur carrière qu'ils faisaient autre chose que des patrouilles de nuit dans les rues du centre-ville. Leur nouvelle affectation semblait être de tout repos : ils n'avaient qu'à rentrer dans un bâtiment et arrêter tous ceux qui s'y trouvaient, sans qu'ils n'aient de moyen de s'échapper. Et en plus, ils faisaient ça de jour.
Lieutenant Cariou : C'est bon, allez-y.
Les douze hommes sautèrent hors du camion et se mirent en position derrière la première équipe, dont les membres s'affairaient à faire glisser l'imposante porte de taule qui fermait l'entrée de l'atelier de l'usine. Le Sergent Trelat regarda son fusil d'assaut, à la fois rassuré et déçu en sachant qu'il n'aurait pas à s'en servir lors de cette mission, n'ayant eu jusque là que l'occasion d'utiliser un vieux fusil à verrou...
Une fois la grande porte ouverte, les hommes de l'équipe 1 s’engouffrèrent dans l'usine. Ils débouchèrent dans une vaste salle remplie de vieilles machines de production.
L'équipe de Digeneg et Trelat stationnait à l'entrée, attendant l'ordre du Lieutenant Cariou pour pénétrer à son tour dans le bâtiment.
Lieutenant Cariou : Allez, on entre.
Les membres de l'équipe 1 s'avancèrent vers l'entrée, mais stoppèrent net lorsqu'ils entendirent une rafale de tirs provenant de l'intérieur du bâtiment, suivie du cri de l'un des policiers déjà entré.
"Gigakovs !"
La voix fut vite cachée par plusieurs autres séries de coups de feu. C'est une véritable bataille qui semblait se dérouler à l'intérieur, et les hommes de l'équipe 2 hésitaient de plus en plus à s'engager, avant qu'un coup de feu tiré en l'air par le Lieutenant Cariou ne les rappelle à l'ordre.
Lieutenant Cariou : Rentrez là-dedans, dépêchez-vous !
Les douze hommes coururent et passèrent l'entrée. Au bout de dix secondes, le Sergent Trelat s'arrêta. Ce qu'il voyait dépassait tout ce qu'il avait pu imaginer. Trois cadavres ensanglantés de policiers couvraient déjà le sol, et deux de ses coéquipiers étaient déjà tombés, juste à ses pieds. Les balles sifflaient autour de lui, mais il ne parvenait pas à déterminer d'où elles provenaient. Tétanisé par la peur, il ne pouvait plus faire un mètre. C'est alors que le Lieutenant Cariou le prit par le col et le plaqua contre une vieille machine rouillée, à l'abri des tirs.
Lieutenant Cariou : Vous êtes fous, ne restez pas planté là !
Il sortit une radio de sa poche et déploya l'antenne avant de parler.
Lieutenant Cariou : Équipe 3, on essuie des tirs nourris ! On a besoin de renforts !
Il rangea l'appareil avant de dégainer son fusil et de se relever pour tirer.
Le Sergent Trelat, encore quelques peu sonné, regarda autour de lui, tentant de comprendre ce qu'il se passait. Il se rendit compte qu'il était assis à côté du Sergent Digeneg, lui-même blotti dans un coin. Il passa la tête par-dessus la machine derrière laquelle lui, Digeneg et Cariou étaient abrités, afin de repérer l'endroit d'où provenaient les tirs. Leurs assaillants semblaient être partout : il voyait des étincelles jaillissant depuis d'autres machines, depuis des encadrements de porte, ou encore depuis les passerelles de fer qui surplombaient la salle.
Il se retourna lorsqu'il entendit des hommes arrivant en courant derrière lui. Il s'agissait de l'équipe 3, commandée par le Colonel Bourhis de la Lu an Impalaer. Lorsqu'ils commencèrent à pénétrer dans le bâtiment, le Lieutenant Cariou se leva et leur fit signe de s'arrêter.
Lieutenant Cariou : Attention !
Mais il était trop tard. Une mitrailleuse lourde cachée derrière des sacs de sables avait déjà fauché plus de la moitié des hommes qui arrivaient en renforts, et le lieutenant Cariou était tombé après avoir reçu trois balles dans le dos. Le Colonel Bourhis vint se mettre à couvert derrière la machine qui servait déjà de protection aux Sergents Digeneg et Trelat. Il tira quelques rafales avant de prendre le Sergent Trelat par le col.
Colonel Bourhis : Ils savaient qu'on arrivait. Ces saloperies de prisonniers ont dû les prévenir.
Il se tourna vers les Sergents Digeneg et Trelat.
Colonel Bourhis : Vous avez une radio ?
Trelat se pencha sur le corps du Lieutenant Cariou et ouvrit la poche de son uniforme pour en sortir la radio qu'il l'avait vu utiliser, et la donner au Colonel Bourhis.
Sergent Trelat :Euh... Je crois qu'on a un petit problème.
Le Colonel Bourhis se retourna et comprit de quoi il parlait lorsqu'il vit le Sergent Trelat à travers le gros trou qu'une balle avait percé en plein milieu de la radio qu'il lui tendait. Il regarda un instant autour de lui et fut stupéfait en voyant que presque tous les autres policiers étaient déjà morts. Seul un petit groupe de trois hommes tenait encore, un peu plus en avant par rapport à l'entrée.
Il aperçut à sa gauche le corps du Lieutenant Stivell, qui commandait l'équipe 1.
Colonel Bourhis : Allez chercher la radio du Lieutnant Stivell et ramenez-là moi, je vous couvre.
Le Colonel Bourhis se leva et tira à l'aveugle afin d'inciter ses adversaires à cesser le feu.
Cependant, le Sergent Trelat ne bougea pas. Se déplacer jusqu'au corps du Lieutnant Stivell impliquait pour lui de se mettre à découvert, et il craignait bien trop de se prendre une balle perdue.
Il ne se décida à quitter sa position que lorsqu'il vit qu'un groupe de Rebelles les prenait à revers par la droite, davantage désireux de leur échapper que d'accomplir la mission que lui avait confiée le Colonel Bourhis. Il s'élança en courant, sentant les balles frôler son visage, avant de se jeter à terre pour se laisser glisser derrière le poteau qui masquait le corps du Lieutenant Stivell. Il se retourna alors et n'en crut pas ses yeux. Il vit le Sergent Digeneg abattre, les yeux fermés et en appelant sa mère, le groupe de Rebelles qui avait surgi sur leur flanc droit.
Après cela, il fouilla le cadavre du commandant de l'équipe 2 et trouva sa radio qui, elle, était toujours intacte, avant de la lancer au Colonel Bourhis.
Il eut alors une sensation qu'il n'avait jamais éprouvé jusqu'alors. Était-ce donc à cela que ressemblait la fierté ? Lui, qui n'avait encore jamais rien accompli jusqu'alors, se sentit prit d'un élan de témérité inédit. Il arma son fusil et se releva pour faire feu sur les Rebelles qui se trouvaient de l'autre côté de la pièce. Il repéra la position de la mitrailleuse lourde qui avait abattu le Lieutenant Cariou et, se remémorant les exercices de tir qu'il avait reçu lors de ses entraînements, parvint à toucher celui qui l'actionnait.
Les échanges de tir se poursuivirent pendant une dizaine de minutes, temps au bout desquelles il crut apercevoir une pierre que les Rebelles avaient lancé sur le groupe des trois policiers survivants plus en avant. Ce n'est que lorsque celle-ci explosa, tuant du même coup les trois hommes, que Trelat comprit qu'il s'agissait d'une grenade.
Il réalisa alors que c'était la fin. Il venait de vider son dernier chargeur, et ils n'étaient plus que trois, avec le Sergent Digeneg et le Colonel Bourhis, à faire face aux Rebelles qui étaient probablement plus nombreux et mieux armés qu'eux.
Voyant deux groupes d'ennemis se déplacer sur la droite et sur la gauche pour les contourner, et n'étant pas en mesure de répliquer, il ferma les yeux, attendant que la mort ne vienne le prendre.
[center][img]http://www.armyrecognition.com/images/stories/news/2012/february/Syrian_army_T-72_main_battle_tank_Rastan_area_Homs_Province_Syria_30_January_2012_001.jpg[/img][/center]
Il les rouvrit néanmoins lorsqu'un une puissante vibration fit trembler le bâtiment tout entier. Le mur à côté de lui s'effondra sur les Rebelles qui approchaient.
Un char de combat venait de traverser le mur et sa mitrailleuse commença à tirer sur les rebelles. Après avoir pointé son canon principal sur la mitrailleuse lourde ennemie, il ouvrit le feu, ne laissant à cet emplacement qu'un tas de cendre. Le bruit strident de la sirène de police fixée sur le tank résonnait dans tout le bâtiment.
[hr][/hr][hr][/hr]
De l'autre côté du bâtiment, Erwann et Enora s'entretenaient avec un Rebelle avant de partir. Il s'agissait de l'homme qui avait collé les tracts avec elle [url=http://www.simpolitique.com/topic11847.html#p275342]la nuit du 12 janvier.[/url]
Enora : Je suis désolée, c'est à cause de moi s'ils ont su que vous étiez là.
"Et c'est aussi grâce à toit que l'on a su qu'ils allaient venir. On a joué, et on a perdu. Maintenant, il faut que vous partiez en Sébaldie prévenir les autres qu'ils n'y sont plus en sécurité."
Enora : Viens avec nous, tu seras tué si tu restes ici.
"Je ne peux pas abandonner les autres, tu devrais me comprendre. Allez-y, partez tant qu'il en est encore temps."
Il leur tendit une enveloppe avant de retourner dans l'atelier, où se déroulaient les combats.
Ville : Vanned
Région : Bro Tagnous
Pays : Empire Schenkennien
Date : 21 janvier 2029
Heure : 06:16
[center][img]http://www.usinenouvelle.com/mediatheque/6/5/3/000143356_5.jpg[/img][/center]
Le Sergent Digeneg se réveilla lorsque le camion passa sur un nid de poule. Les vibrations du véhicule l'avaient fait se cogner la tête. Il se rendit compte qu'il s'était assoupi sur l'épaule du Sergent Trelat qui, lui même endormi, ne s'en était pas rendu compte.
Lieutenant Cariou : Réveillez-vous là-dedans, on est presque arrivés.
Digeneg et Trelat se forcèrent à ouvrir les yeux afin de faire mine de ne les avoir jamais fermés.
Lieutenant Cariou : Une dernière récapitulation avant de commencer la mission. Vous, vous êtes l'équipe 2. Douze hommes chargés, en plus des douze autres de l'équipe 1, de sécuriser le bâtiment cible et d'arrêter tous ceux qui s'y trouveront pendant que l'équipe 3 s'attèlera à la recherche et la récolte du plus grand nombre de preuves possibles.
Les trois camions s'arrêteront devant le bâtiment et c'est l'équipe 1 qui ouvrira la marche. Elle sera couverte par l'équipe 2 qui entrera la seconde, puis l'équipe 3 passera à l'action.
Enfin, tout devrait se passer assez vite et sans encombre. Si on trouve quelqu'un, ça devrait juste être un groupe d'activistes républicains inoffensifs...
Peu de temps après, le convoi de véhicules de la Police Impériale s'arrête devant une vieille usine, non utilisée depuis la Grande Guerre. Elle était l'un des nombreux vestiges de la puissance industrielle de l'Empire avant la guerre, dont pouvaient témoigner toutes les périphéries des grandes villes schenkenniennes remplies d'immeubles délabrés.
Lieutenant Cariou : Attendez que le premier groupe soit sorti pour y aller.
Les Sergents Digeneg et Trelat étaient tous excités. C'était la toute première fois de leur carrière qu'ils faisaient autre chose que des patrouilles de nuit dans les rues du centre-ville. Leur nouvelle affectation semblait être de tout repos : ils n'avaient qu'à rentrer dans un bâtiment et arrêter tous ceux qui s'y trouvaient, sans qu'ils n'aient de moyen de s'échapper. Et en plus, ils faisaient ça de jour.
Lieutenant Cariou : C'est bon, allez-y.
Les douze hommes sautèrent hors du camion et se mirent en position derrière la première équipe, dont les membres s'affairaient à faire glisser l'imposante porte de taule qui fermait l'entrée de l'atelier de l'usine. Le Sergent Trelat regarda son fusil d'assaut, à la fois rassuré et déçu en sachant qu'il n'aurait pas à s'en servir lors de cette mission, n'ayant eu jusque là que l'occasion d'utiliser un vieux fusil à verrou...
Une fois la grande porte ouverte, les hommes de l'équipe 1 s’engouffrèrent dans l'usine. Ils débouchèrent dans une vaste salle remplie de vieilles machines de production.
L'équipe de Digeneg et Trelat stationnait à l'entrée, attendant l'ordre du Lieutenant Cariou pour pénétrer à son tour dans le bâtiment.
Lieutenant Cariou : Allez, on entre.
Les membres de l'équipe 1 s'avancèrent vers l'entrée, mais stoppèrent net lorsqu'ils entendirent une rafale de tirs provenant de l'intérieur du bâtiment, suivie du cri de l'un des policiers déjà entré.
"Gigakovs !"
La voix fut vite cachée par plusieurs autres séries de coups de feu. C'est une véritable bataille qui semblait se dérouler à l'intérieur, et les hommes de l'équipe 2 hésitaient de plus en plus à s'engager, avant qu'un coup de feu tiré en l'air par le Lieutenant Cariou ne les rappelle à l'ordre.
Lieutenant Cariou : Rentrez là-dedans, dépêchez-vous !
Les douze hommes coururent et passèrent l'entrée. Au bout de dix secondes, le Sergent Trelat s'arrêta. Ce qu'il voyait dépassait tout ce qu'il avait pu imaginer. Trois cadavres ensanglantés de policiers couvraient déjà le sol, et deux de ses coéquipiers étaient déjà tombés, juste à ses pieds. Les balles sifflaient autour de lui, mais il ne parvenait pas à déterminer d'où elles provenaient. Tétanisé par la peur, il ne pouvait plus faire un mètre. C'est alors que le Lieutenant Cariou le prit par le col et le plaqua contre une vieille machine rouillée, à l'abri des tirs.
Lieutenant Cariou : Vous êtes fous, ne restez pas planté là !
Il sortit une radio de sa poche et déploya l'antenne avant de parler.
Lieutenant Cariou : Équipe 3, on essuie des tirs nourris ! On a besoin de renforts !
Il rangea l'appareil avant de dégainer son fusil et de se relever pour tirer.
Le Sergent Trelat, encore quelques peu sonné, regarda autour de lui, tentant de comprendre ce qu'il se passait. Il se rendit compte qu'il était assis à côté du Sergent Digeneg, lui-même blotti dans un coin. Il passa la tête par-dessus la machine derrière laquelle lui, Digeneg et Cariou étaient abrités, afin de repérer l'endroit d'où provenaient les tirs. Leurs assaillants semblaient être partout : il voyait des étincelles jaillissant depuis d'autres machines, depuis des encadrements de porte, ou encore depuis les passerelles de fer qui surplombaient la salle.
Il se retourna lorsqu'il entendit des hommes arrivant en courant derrière lui. Il s'agissait de l'équipe 3, commandée par le Colonel Bourhis de la Lu an Impalaer. Lorsqu'ils commencèrent à pénétrer dans le bâtiment, le Lieutenant Cariou se leva et leur fit signe de s'arrêter.
Lieutenant Cariou : Attention !
Mais il était trop tard. Une mitrailleuse lourde cachée derrière des sacs de sables avait déjà fauché plus de la moitié des hommes qui arrivaient en renforts, et le lieutenant Cariou était tombé après avoir reçu trois balles dans le dos. Le Colonel Bourhis vint se mettre à couvert derrière la machine qui servait déjà de protection aux Sergents Digeneg et Trelat. Il tira quelques rafales avant de prendre le Sergent Trelat par le col.
Colonel Bourhis : Ils savaient qu'on arrivait. Ces saloperies de prisonniers ont dû les prévenir.
Il se tourna vers les Sergents Digeneg et Trelat.
Colonel Bourhis : Vous avez une radio ?
Trelat se pencha sur le corps du Lieutenant Cariou et ouvrit la poche de son uniforme pour en sortir la radio qu'il l'avait vu utiliser, et la donner au Colonel Bourhis.
Sergent Trelat :Euh... Je crois qu'on a un petit problème.
Le Colonel Bourhis se retourna et comprit de quoi il parlait lorsqu'il vit le Sergent Trelat à travers le gros trou qu'une balle avait percé en plein milieu de la radio qu'il lui tendait. Il regarda un instant autour de lui et fut stupéfait en voyant que presque tous les autres policiers étaient déjà morts. Seul un petit groupe de trois hommes tenait encore, un peu plus en avant par rapport à l'entrée.
Il aperçut à sa gauche le corps du Lieutenant Stivell, qui commandait l'équipe 1.
Colonel Bourhis : Allez chercher la radio du Lieutnant Stivell et ramenez-là moi, je vous couvre.
Le Colonel Bourhis se leva et tira à l'aveugle afin d'inciter ses adversaires à cesser le feu.
Cependant, le Sergent Trelat ne bougea pas. Se déplacer jusqu'au corps du Lieutnant Stivell impliquait pour lui de se mettre à découvert, et il craignait bien trop de se prendre une balle perdue.
Il ne se décida à quitter sa position que lorsqu'il vit qu'un groupe de Rebelles les prenait à revers par la droite, davantage désireux de leur échapper que d'accomplir la mission que lui avait confiée le Colonel Bourhis. Il s'élança en courant, sentant les balles frôler son visage, avant de se jeter à terre pour se laisser glisser derrière le poteau qui masquait le corps du Lieutenant Stivell. Il se retourna alors et n'en crut pas ses yeux. Il vit le Sergent Digeneg abattre, les yeux fermés et en appelant sa mère, le groupe de Rebelles qui avait surgi sur leur flanc droit.
Après cela, il fouilla le cadavre du commandant de l'équipe 2 et trouva sa radio qui, elle, était toujours intacte, avant de la lancer au Colonel Bourhis.
Il eut alors une sensation qu'il n'avait jamais éprouvé jusqu'alors. Était-ce donc à cela que ressemblait la fierté ? Lui, qui n'avait encore jamais rien accompli jusqu'alors, se sentit prit d'un élan de témérité inédit. Il arma son fusil et se releva pour faire feu sur les Rebelles qui se trouvaient de l'autre côté de la pièce. Il repéra la position de la mitrailleuse lourde qui avait abattu le Lieutenant Cariou et, se remémorant les exercices de tir qu'il avait reçu lors de ses entraînements, parvint à toucher celui qui l'actionnait.
Les échanges de tir se poursuivirent pendant une dizaine de minutes, temps au bout desquelles il crut apercevoir une pierre que les Rebelles avaient lancé sur le groupe des trois policiers survivants plus en avant. Ce n'est que lorsque celle-ci explosa, tuant du même coup les trois hommes, que Trelat comprit qu'il s'agissait d'une grenade.
Il réalisa alors que c'était la fin. Il venait de vider son dernier chargeur, et ils n'étaient plus que trois, avec le Sergent Digeneg et le Colonel Bourhis, à faire face aux Rebelles qui étaient probablement plus nombreux et mieux armés qu'eux.
Voyant deux groupes d'ennemis se déplacer sur la droite et sur la gauche pour les contourner, et n'étant pas en mesure de répliquer, il ferma les yeux, attendant que la mort ne vienne le prendre.
[center][img]http://www.armyrecognition.com/images/stories/news/2012/february/Syrian_army_T-72_main_battle_tank_Rastan_area_Homs_Province_Syria_30_January_2012_001.jpg[/img][/center]
Il les rouvrit néanmoins lorsqu'un une puissante vibration fit trembler le bâtiment tout entier. Le mur à côté de lui s'effondra sur les Rebelles qui approchaient.
Un char de combat venait de traverser le mur et sa mitrailleuse commença à tirer sur les rebelles. Après avoir pointé son canon principal sur la mitrailleuse lourde ennemie, il ouvrit le feu, ne laissant à cet emplacement qu'un tas de cendre. Le bruit strident de la sirène de police fixée sur le tank résonnait dans tout le bâtiment.
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De l'autre côté du bâtiment, Erwann et Enora s'entretenaient avec un Rebelle avant de partir. Il s'agissait de l'homme qui avait collé les tracts avec elle [url=http://www.simpolitique.com/topic11847.html#p275342]la nuit du 12 janvier.[/url]
Enora : Je suis désolée, c'est à cause de moi s'ils ont su que vous étiez là.
"Et c'est aussi grâce à toit que l'on a su qu'ils allaient venir. On a joué, et on a perdu. Maintenant, il faut que vous partiez en Sébaldie prévenir les autres qu'ils n'y sont plus en sécurité."
Enora : Viens avec nous, tu seras tué si tu restes ici.
"Je ne peux pas abandonner les autres, tu devrais me comprendre. Allez-y, partez tant qu'il en est encore temps."
Il leur tendit une enveloppe avant de retourner dans l'atelier, où se déroulaient les combats.
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Gwenael
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Gwenael
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Gwenael
Lieu : Caserne de l'Armée Impériale, à 50 km de Sebrennusca
Région : Bro Tagnous
Pays : Empire Schenkennien
Date : 24 octobre 2029
Heure : 14:06
[center][img]https://egregores.files.wordpress.com/2010/03/hans-landa.jpg[/img][/center]
Le Colonel Ewenn Bourhis, qui s'était vu octroyé quelques semaines de congés après avoir mené l'offensive de la Lu an Impalaer contre les Rebelles de Stranaberg, s'était vu confiée par l'Empereur une mission correspondant à ce qu'il savait faire de mieux. Cela faisait déjà quelques mois qu'il ne commandait plus que des assauts directs contre les bases rebelles, et il ne rêvait que de revenir à ses premières amours : les interrogatoires.
Il était néanmoins un peu déçu que la personne qu'il lui avait été demandé d'interroger soit un réfugié varlovien, et non pas un Rebelle. Depuis quelques temps, il n'avait de cesse de traquer ces derniers, à un point que c'était devenu une obsession.
"Vous avez probablement besoin de repos" lui avait dit l'Empereur. Mais il n'en était rien. Pendant ces dernières semaines, il n'avait cessé de fabuler, croyant apercevoir Erwann Pinvidik à chaque coin de rue.
Pendant cet interrogatoire, le Colonel Ewenn Bourhis était bien décidé à se changer les idées. Il avait pour cela prévu d'expérimenter de nouvelles techniques d'extraction d’informations.
Colonel Bourhis : Vous avez bien suivi mes instructions pendant mon absence ?
Soldat schenkennien : On a fait du mieux qu'on a pu. Ça va bientôt faire trois jours que notre gars est privé de sommeil, et on ne lui a rien donné à grailler depuis avant-hier.
Colonel Bourhis : Je pense que ça devrait aller. Ouvrez la porte.
Lorsqu'il pénétra dans la cellule dans laquelle était retenu le prisonnier varlovien, Bourhis trouva un homme recroquevillé sur le sol, tremblant de tous ses membres. Il brandit un bâton électrique avant de tourner la tête vers le soldat qui l'accompagnait, toujours posté dans l'encadrement de la porte.
Colonel Bourhis : Laissez-nous seuls.
Soldat schenkennien : À vos ordres.
Le soldat sortit de la pièce, referma la porte et s'en alla, abandonnant le prisonnier varlovien au Colonel Bourhis, depuis peu surnommé le "tortionnaire de Vanned" par les Rebelles.
Région : Bro Tagnous
Pays : Empire Schenkennien
Date : 24 octobre 2029
Heure : 14:06
[center][img]https://egregores.files.wordpress.com/2010/03/hans-landa.jpg[/img][/center]
Le Colonel Ewenn Bourhis, qui s'était vu octroyé quelques semaines de congés après avoir mené l'offensive de la Lu an Impalaer contre les Rebelles de Stranaberg, s'était vu confiée par l'Empereur une mission correspondant à ce qu'il savait faire de mieux. Cela faisait déjà quelques mois qu'il ne commandait plus que des assauts directs contre les bases rebelles, et il ne rêvait que de revenir à ses premières amours : les interrogatoires.
Il était néanmoins un peu déçu que la personne qu'il lui avait été demandé d'interroger soit un réfugié varlovien, et non pas un Rebelle. Depuis quelques temps, il n'avait de cesse de traquer ces derniers, à un point que c'était devenu une obsession.
"Vous avez probablement besoin de repos" lui avait dit l'Empereur. Mais il n'en était rien. Pendant ces dernières semaines, il n'avait cessé de fabuler, croyant apercevoir Erwann Pinvidik à chaque coin de rue.
Pendant cet interrogatoire, le Colonel Ewenn Bourhis était bien décidé à se changer les idées. Il avait pour cela prévu d'expérimenter de nouvelles techniques d'extraction d’informations.
Colonel Bourhis : Vous avez bien suivi mes instructions pendant mon absence ?
Soldat schenkennien : On a fait du mieux qu'on a pu. Ça va bientôt faire trois jours que notre gars est privé de sommeil, et on ne lui a rien donné à grailler depuis avant-hier.
Colonel Bourhis : Je pense que ça devrait aller. Ouvrez la porte.
Lorsqu'il pénétra dans la cellule dans laquelle était retenu le prisonnier varlovien, Bourhis trouva un homme recroquevillé sur le sol, tremblant de tous ses membres. Il brandit un bâton électrique avant de tourner la tête vers le soldat qui l'accompagnait, toujours posté dans l'encadrement de la porte.
Colonel Bourhis : Laissez-nous seuls.
Soldat schenkennien : À vos ordres.
Le soldat sortit de la pièce, referma la porte et s'en alla, abandonnant le prisonnier varlovien au Colonel Bourhis, depuis peu surnommé le "tortionnaire de Vanned" par les Rebelles.
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Gwenael
Tracts diffusés dans les camps de réfugiés varloviens de Schenkennie
[quote][center]LA SCHENKENNIE, LE LÉNOVIN, LA CARNUTIE
TOUS SE SONT UNIS AFIN DE LIBÉRER TON PAYS
SI TOI AUSSI TU VEUX CONTRIBUER À LA LIBÉRATION DE TON PEUPLE DU RÉGIME FASCISTE QUI L'OPPRIME,
REJOINS LE CORPS VARLOVIEN DE L'ARMÉE IMPÉRIALE ET BATS TOI AU CÔTÉ DES PEUPLES LIBRES
ENSEMBLES, NOUS FERONS TRIOMPHER LA LIBERTÉ ![/center][/quote]
[quote][center]LA SCHENKENNIE, LE LÉNOVIN, LA CARNUTIE
TOUS SE SONT UNIS AFIN DE LIBÉRER TON PAYS
SI TOI AUSSI TU VEUX CONTRIBUER À LA LIBÉRATION DE TON PEUPLE DU RÉGIME FASCISTE QUI L'OPPRIME,
REJOINS LE CORPS VARLOVIEN DE L'ARMÉE IMPÉRIALE ET BATS TOI AU CÔTÉ DES PEUPLES LIBRES
ENSEMBLES, NOUS FERONS TRIOMPHER LA LIBERTÉ ![/center][/quote]