La nuit tombait à peine sur le manoir de Nobily Home. Perdu dans le Sud du Lito , il était un des nombreux vestiges de l'Ere coloniale. Son propriétaire , Alfonso Da Cravance, membre de la Famille Royale , était un riche homme d'affaire qui profitait pleinement de son influence qu'il détenait de son titre. Il était propriétaire de plusieurs entreprises qui constituaient sa couverture. Cependant, il tirait le gros de sa fortune d'affaires beaucoup moins reluisantes. Il dirigeait plusieurs organismes en lien très étroits avec les différents réseaux nord-zanyanais de trafic, d'arme et de drogue principalement. Ces réseaux agissaient principalement en Elgéria et au Mahaji, pouvant s'étendre aussi en Maloukie et au Nord-Est du Lito. Alfonso n'avait jamais été soupçonné de quoi que se soit, d'ailleurs son rang lui garantissait l'assurance que personne ne viendrait mettre son nez dans ses affaires. Oh bien sûr il y eut quelques curieux, mais la menace qu'ils représentait fut vite neutralisée. Pourtant, il n'avait aucune entrée que se soit au Palais Royal ou au Ministère de la Justice, d'ailleurs le Palais Royal ne se mêler absolument pas des affaires judiciaires, mais c'était un homme puissant qui menait ses affaires dans l'ombre, comme il le faisait à la Couronne. Il dirigeait secrètement le parti non-officiel des "Kaeros", l'un des deux mouvements, non officiels car il n'existait pas de parti à la Couronne, dans l'Assemblée Générale de la Couronne. Cette Assemblée Générale réunissait 150 membres de la Famille Royale des plus proches (généalogiquement parlant) du Roi. Elle devait veiller à la pérennité de la Royauté. Le mouvement Kaeros dirigé officiellement par Enzo Da Cravance était la branche les plus conservatrice de la Couronne, elle se partageait le pouvoir sur la Couronne avec le courant "Fraternel" beaucoup plus modéré , il n'avait cependant pas de vraie organisation. L'Assemblée Générale de la Couronne, constituée en grande majorité de blancs , était une institution nostalgique de l'époque du retour en force de la communauté alméranne au Lito, après la Révolution de 1930 et quand ceux-ci en avaient profité pour reprendre le pouvoir. Aujourd'hui l'institution, qui était le seul vestige de l'apogée de la communauté alméranne, n'avait plus sa place dans un Lito où les almérans ne représentaient plus rien et dont beaucoup d'entre eux étaient résolus de rentrer dans leur contient d'origine. Idriss Ier avait donc décider de supprimer la Couronne , privant ainsi le communauté alméranne de sa dernière emprise sur le pays: ses réseaux d'influences. Cela allait bien au-delà d'une simple fonction.Les membres de la couronne détenait pour certains des biens dont la provenance et le mode d’acquisition pouvaient être suspect. Sans la Couronne, il n’auraient plus la moindre influence et c'était la promesse d'une traque aux "voleurs du Zanyane" . Alfonso l'avait très bien compris et il n'était pas le seul.
Depuis qu'il était arrivé Idriss ier n'avait jamais était intégré dans la Famille Royale. Le petit garçon qui avait été adopté alors qu'il n'avait que 3 ans ,avait toujours été vu comme un intrus au sein de la famille royale. Cela ne dérangeait personne tant que son père Louis Da Cravance restait loin du trône, mais quand il devint l'héritier du trône , à la mort de son frère aîné, tout changea. D'abord Idriss fut considéré comme un moins que rien par les plus proches de la Famille Royale,dans le secret des conversations mondaines. Puis son père lui-même fut très décrié pour s'être marier avec une noire qui plus est n'était pas de lignée noble. A mesure que le Roi vieillissait , le fossé entre le dauphin et la Couronne se creusait. Alors que le Roi se mourait on tenta d'assassiner Louis, sans succès. Quand il devenu Roi, on essaya de retenir ses rêves de "républicanisation" de la royauté. On y arriva un temps, puis, sur la fin, il décida de réformer le pays. Pendant tout son règne, il demanda à ce que son fils bénéfice de la meilleure protection, non sans raison , il fut l'objet de 3 tentatives d'attentat. Alors que les choses semblaient s’apaiser et que la Famille Royale semblait avoir accepté qu'ils auraient Idriss comme Roi, à contrecœur, Idriss s'était révélé beaucoup plus républicain que son père. Il avait engagé les réformes tant redoutées. Il avait toujours vu le mépris dans le regard que lui lançait les membres de la Famille Royale en général. Il éprouvait une véritable haine envers la Couronne. Il avait dû passer Noël avec eux en 2021 la première fois depuis son accession au trône, cette fois là était la pire. Dans un mélange de regards ironiques et de tons hautains, ses convives n'avaient même pas pris la peine de dissimuler leur mépris vis-à-vis du Roi. Les honneurs qui lui étaient rendus étaient effectués de façon ironique , avec dédain. Ce séjour avait renforcé cette haine contre eux et contre tout ce qui se rapportait à la Famille Royale. Il en était décidé, il en finirait au plus vite avec cette ces gens là et acterait définitivement la décolonisation totale du Lito, en supprimant ce dernier vestige de l'époque coloniale, qui malgré les vagues de décolonisation entamées depuis les journées révolutionnaires de 1976, persisté toujours .
Une silouhatte traversa l'allée qui menait du portail au Manoir. Il monta précipitamment les marches de la demeure et frappa à la porte. Un homme d'une cinquantaine d'année vint ouvrir. Il conduisit l'invité jusqu'au deuxième étage, dans une salle éclairée par plusieurs lampes installées sur les murs de la pièce. La salle ne comportait qu'une longue table en son centre. 8 personnes étaient installés. L'invité entra et s'inclina avant de regagner sa placa habituelle à droite du bout de la table où était installé l'Hôte: Alfonso Da Cravance.
Alfonso: Giovanni! Merci de t'être déplacé pour assister à cette réunion.Je sais que ce n'est pas toujours évident.
Giovanni:En effet, le Cabinet Royal surveille beaucoup d'entre nous , pour ma part, je n'ai pas été mis sur écoute, grâce à la protection du Premier Secrétaire.
Alfonso: Ce bon vieux Ama! (il rit) Il ne se doute de rien!
un homme à gauche : Nous devrions tout de même garder l’œil ouvert .
Alfonso: C'est vrai, on ne sait jamais. Bien si nous sommes là ce soir c'est surtout parce-que notre chère amie Alexandra a donné une interview à Lito 1. Vous l'avez tous vue?
Tous les convives hochèrent la tête.
la seule femme: Belle prestation!
un homme: J'ai doré le passage sur Azefah!
homme 2: Ah oui il était bien vu celui-là!
Alfonso: J'appréhendais quelque peu que ce ne soit pas assez incisif, mais tout compte fait c'est très bien elle a bien joué son rôle de tante révoltée.
homme 3: Je doute encore de l'utilité de se servir d'elle pour défendre nos intérêts. Elle pourrait s'avérer être un obstacle à votre ascension.
Alfonso:Ne t'inquiète pas Ignace nous saurons la contrôler. Arrold, as-tu reçu ce que je t'avais demandé?
Arrold: Oui Votre Altesse. Aziz me les a remis ce matin , ils viennent tout droit d'Elgéria! De la très bonne qualité d'après ce que j'ai pu voir!
Alfonso: Bien garde ça chez toi. Giovanni as-tu des informations à nous communiquer?
Giovanni:Oui ! J'ai reçu les agendas royaux pour les semaines prochaines....
La discussion continua pendant une grande partie de la nuit.
Derrière le masque
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François Miclau
[center][url=http://www.casimages.com/i/150211120221155539.png][img]http://nsa34.casimages.com/img/2015/02/11/150211120221155539.png[/img][/url]
Affaire Beauregard: verdict historique confirmé[/center]
Ce matin, la Haute-Cour a rendu son verdict dans l'affaire Beauregard. Nicolas Beauregard, actionnaire principal du groupe Altus , devra versé 75.6M$ d'indemnisation. En cause l'acquisition par la famille Beauregard de l'entreprise Altus, devenue plus tard le groupe Altus, poids lourd de la boiserie litonienne.La Haute-Cour n'a trouvé" aucun élément pouvant remettre en cause l'intégrité de la procédure". Elle confirme ainsi le jugement rendu par la Cour d'appel civile de Bellaterza qui avait reconnu que "l'acquisition de l'entreprise Altus par la famille Beureagard en 1940 était de nature litigieuse". Ce verdict a fait l'effet d'une bombe. Un tsunami s'est abattu sur la communauté alméranne du Lito. C'est la première fois qu'une affaire de spoliation d'entreprise par la communauté alméranne après la révolution de 1930 aboutit à une indemnisation. D'autant plus qu'elle concerne la famille Beauregard. Les Beauregard représentent la 2eme famille alméranne la plus puissante du Lito derrière les Da Cravance. Le groupe Altus dont ils sont les seuls actionnaire s'arrache avec son principal concurrent, détenu par nul autre qu'Alfonso Da Cravance , la place de première entreprise de production de bois du Lito. Ses bénéfices sont colossaux. Comment l'entreprise est-elle arrivée dans les mains des Beauregard?
C'est toute la question de cette affaire. La famille Bauregard est arrivée au Lito en 1756 à la suite de l'invasion laaglandaise. Elle s'est crée une relative fortune, qui sans être fabuleuse , permettait à la famille de vivre bien au-dessus des conditions de vie moyennes de la population, dans le commerce avec l'Alméra. Après le coup d'Etat du Mayo , la famille est restée au Lito. Quand la nouvelle république a sombré dans une dictature militaire antialméranne, la famille a du stopper ses activités, mais ne s'est pas résolue à quitter le Lito. Dès 1923, Henri Beauregard milite activement au sein du Mouvement de Lutte Contre l'oppression, parti regroupant des almérans refusant l’oppression qu'ils subissent. En 1926, il fonde le Front Armé pour la Liberté avec Giorgio Da Cravance. Ce front armé mènera des actions de résistance et organisera des guérillas . En 1928, le FAL contrôlait la région de Casa. Le FAL n'était pas le principal mouvement révolutionnaire, il y avait surtout l'ALL (Armée du Lito Libre) mouvement ethniquement zanyanais qui voulait plus de liberté et le retour à la démocratie. En 1928 ce mouvement contrôle les régions de Barabara,M'tu, Watu et surtout la ville de Diaoune. C'est ce mouvement qui possède la plus grosse force militaire et qui va réussir à faire renverser le régime. Mais le FAL va s'imposer dans les négociations post-révolutions. Il faut dire que le FAL avait financé la majeure partie de la révolution. Les fortunes almérannes avaient largement contribué à la victoire. C'est ainsi qu'en 1934, le FAL impose la création d'un Conseil provincial regroupant des "Chefs de Province" . Le but était d'attribué à chaque communauté une représentation dans la politique du pays. Ce Conseil des provinces devait nommé le Roi qui représenterait ainsi l'unité nationale. Ainsi, les Beauregard obtinrent une province, les Da Cravance une autre. Ils représentaient la communauté alméranne.
Henri beauregard crée l'entreprise Altus en 1940. C'est en 1986 que tout prend une nouvelle tournure. Le collectif Zanyane pour tous, découvre dans les archives de la police une plainte étrange. Cette plainte datant de 1940 fait référence au vol de masse de matériel de bûcheronnage et l'incendie d'hangars. Cette plainte sera classées sans suite. En y regardant de plus près, le collectif se rend compte qu'une entreprise de bûcheronnage se développe à la même époque dans une zone quasi similaire, c'est Altus. En approfondissant les recherches, le collectif se rend compte qu'à la même époque et dans un périmètre restreint, de multiples plaintes du même type sont répertoriées. Elle décide de mener une investigation plus approfondie en cherchant dans les cadastres. La tâche est difficile, les archives de l'époque ne sont pas toutes très bien conservées. Cependant, ils découvrent que les parcelles forestière d'exploitation de l'entreprise Altus en 1942 englobent les parcelles d'exploitation des plaignants relevés en 1936.
Fort de ses découvertes troublantes, le collectif se lance dans un immense travail de recherche et réussit ainsi a retrouvé la trace des familles des plaignants. Beaucoup ne peuvent rien lui apprendre de ce qu'il s'est passé , mais 2 familles l'intéressent particulièrement. Les descendants de ces familles racontent qu'en effet leurs grand-pères travaillaient dans le bûcheronnage. L'une d'elle explique même que son grand-père s'était fait chassé de ses terres.
En 2000, le collectif dépose plainte. Le juge Mohamed Nazo va enquêter durant 6 ans sur l'affaire. En 2004, il découvre dans les archives du Préfet de Diaoune une lettre d'Henri Beauregard, ce dernier demande explicitement que le préfet étouffe une affaire concernant le vol de matériel d'exploitation forestière et demande à son ami d'expulser les familles des terres revendiquées par l’entreprise Altus. Le 14 août 2005, le juge est assassiné à son domicile. Ce meurtre ne sera jamais élucidé.
En 2012, le juge Bagnu reprend le dossier. Il se base sur de nouveaux éléments dont de nouvelles lettres compromettantes pour les Beauregard. En 2018 il renvoie l'affaire devant le tribunal civil de Bellaterza en contestation de propriété. C'est à ce moment là que sort le document central de l'affaire: les mémoires du majordome d'Henri Beauregard qui confirment la thèse de l'expropriation forcée d'habitants,du vol de matériels et de dégradations. Le jugement est rendu le 8 octobre 2019. Le tribunal civil reconnaît "l'aspect litigieux de l'acquisition du capital et des parcelles d’exploitations de l'entreprise et à ce titre la condamne à verser aux titres d’indemnisation la somme d'1.5M$ aux parties civiles".C'est un jugement historique, pourtant les grandes têtes de la communauté alméranne ne monteront que très peu au créneau, notamment à cause de la rivalité entre les Beauregard et les Da Cravance. Bien entendu les beauregard font appel.
En 2023, la Cour d'appel de Bellaterza confirme le jugement mais modifie l'indemnisation. Ainsi elle condamne la famille Beauregard actionnaire d'Altus à verser 75.6M$ d'indemnisation aux plaignants, c'est-à-dire au collectif et aux familles constituées parties civiles. Cette différence d'indemnisation réside dans le fait que a Cour a estimé qu'il fallait gradué l'indemnisation en fonction des revenus actuels de la firme et non des bénéfices retirés par les terres volées.
C'est ainsi que la Haute-Cour vient de statuer définitivement sur la condamnation. Cette fois-ci les Da Cravance se sont réveillés et sont montés aux créneaux, dans un contexte difficile pour la famille qui a du faire face à la suppression de la Couronne et des privilèges qui en découlaient. Plusieurs entreprises menacent ainsi d'organiser une grève massive pour protester contre une "chasse aux sorcières envers la communauté alméranne", alors que 12 autres procédures du même type sont ouvertes.
Affaire Beauregard: verdict historique confirmé[/center]
Ce matin, la Haute-Cour a rendu son verdict dans l'affaire Beauregard. Nicolas Beauregard, actionnaire principal du groupe Altus , devra versé 75.6M$ d'indemnisation. En cause l'acquisition par la famille Beauregard de l'entreprise Altus, devenue plus tard le groupe Altus, poids lourd de la boiserie litonienne.La Haute-Cour n'a trouvé" aucun élément pouvant remettre en cause l'intégrité de la procédure". Elle confirme ainsi le jugement rendu par la Cour d'appel civile de Bellaterza qui avait reconnu que "l'acquisition de l'entreprise Altus par la famille Beureagard en 1940 était de nature litigieuse". Ce verdict a fait l'effet d'une bombe. Un tsunami s'est abattu sur la communauté alméranne du Lito. C'est la première fois qu'une affaire de spoliation d'entreprise par la communauté alméranne après la révolution de 1930 aboutit à une indemnisation. D'autant plus qu'elle concerne la famille Beauregard. Les Beauregard représentent la 2eme famille alméranne la plus puissante du Lito derrière les Da Cravance. Le groupe Altus dont ils sont les seuls actionnaire s'arrache avec son principal concurrent, détenu par nul autre qu'Alfonso Da Cravance , la place de première entreprise de production de bois du Lito. Ses bénéfices sont colossaux. Comment l'entreprise est-elle arrivée dans les mains des Beauregard?
C'est toute la question de cette affaire. La famille Bauregard est arrivée au Lito en 1756 à la suite de l'invasion laaglandaise. Elle s'est crée une relative fortune, qui sans être fabuleuse , permettait à la famille de vivre bien au-dessus des conditions de vie moyennes de la population, dans le commerce avec l'Alméra. Après le coup d'Etat du Mayo , la famille est restée au Lito. Quand la nouvelle république a sombré dans une dictature militaire antialméranne, la famille a du stopper ses activités, mais ne s'est pas résolue à quitter le Lito. Dès 1923, Henri Beauregard milite activement au sein du Mouvement de Lutte Contre l'oppression, parti regroupant des almérans refusant l’oppression qu'ils subissent. En 1926, il fonde le Front Armé pour la Liberté avec Giorgio Da Cravance. Ce front armé mènera des actions de résistance et organisera des guérillas . En 1928, le FAL contrôlait la région de Casa. Le FAL n'était pas le principal mouvement révolutionnaire, il y avait surtout l'ALL (Armée du Lito Libre) mouvement ethniquement zanyanais qui voulait plus de liberté et le retour à la démocratie. En 1928 ce mouvement contrôle les régions de Barabara,M'tu, Watu et surtout la ville de Diaoune. C'est ce mouvement qui possède la plus grosse force militaire et qui va réussir à faire renverser le régime. Mais le FAL va s'imposer dans les négociations post-révolutions. Il faut dire que le FAL avait financé la majeure partie de la révolution. Les fortunes almérannes avaient largement contribué à la victoire. C'est ainsi qu'en 1934, le FAL impose la création d'un Conseil provincial regroupant des "Chefs de Province" . Le but était d'attribué à chaque communauté une représentation dans la politique du pays. Ce Conseil des provinces devait nommé le Roi qui représenterait ainsi l'unité nationale. Ainsi, les Beauregard obtinrent une province, les Da Cravance une autre. Ils représentaient la communauté alméranne.
Henri beauregard crée l'entreprise Altus en 1940. C'est en 1986 que tout prend une nouvelle tournure. Le collectif Zanyane pour tous, découvre dans les archives de la police une plainte étrange. Cette plainte datant de 1940 fait référence au vol de masse de matériel de bûcheronnage et l'incendie d'hangars. Cette plainte sera classées sans suite. En y regardant de plus près, le collectif se rend compte qu'une entreprise de bûcheronnage se développe à la même époque dans une zone quasi similaire, c'est Altus. En approfondissant les recherches, le collectif se rend compte qu'à la même époque et dans un périmètre restreint, de multiples plaintes du même type sont répertoriées. Elle décide de mener une investigation plus approfondie en cherchant dans les cadastres. La tâche est difficile, les archives de l'époque ne sont pas toutes très bien conservées. Cependant, ils découvrent que les parcelles forestière d'exploitation de l'entreprise Altus en 1942 englobent les parcelles d'exploitation des plaignants relevés en 1936.
Fort de ses découvertes troublantes, le collectif se lance dans un immense travail de recherche et réussit ainsi a retrouvé la trace des familles des plaignants. Beaucoup ne peuvent rien lui apprendre de ce qu'il s'est passé , mais 2 familles l'intéressent particulièrement. Les descendants de ces familles racontent qu'en effet leurs grand-pères travaillaient dans le bûcheronnage. L'une d'elle explique même que son grand-père s'était fait chassé de ses terres.
En 2000, le collectif dépose plainte. Le juge Mohamed Nazo va enquêter durant 6 ans sur l'affaire. En 2004, il découvre dans les archives du Préfet de Diaoune une lettre d'Henri Beauregard, ce dernier demande explicitement que le préfet étouffe une affaire concernant le vol de matériel d'exploitation forestière et demande à son ami d'expulser les familles des terres revendiquées par l’entreprise Altus. Le 14 août 2005, le juge est assassiné à son domicile. Ce meurtre ne sera jamais élucidé.
En 2012, le juge Bagnu reprend le dossier. Il se base sur de nouveaux éléments dont de nouvelles lettres compromettantes pour les Beauregard. En 2018 il renvoie l'affaire devant le tribunal civil de Bellaterza en contestation de propriété. C'est à ce moment là que sort le document central de l'affaire: les mémoires du majordome d'Henri Beauregard qui confirment la thèse de l'expropriation forcée d'habitants,du vol de matériels et de dégradations. Le jugement est rendu le 8 octobre 2019. Le tribunal civil reconnaît "l'aspect litigieux de l'acquisition du capital et des parcelles d’exploitations de l'entreprise et à ce titre la condamne à verser aux titres d’indemnisation la somme d'1.5M$ aux parties civiles".C'est un jugement historique, pourtant les grandes têtes de la communauté alméranne ne monteront que très peu au créneau, notamment à cause de la rivalité entre les Beauregard et les Da Cravance. Bien entendu les beauregard font appel.
En 2023, la Cour d'appel de Bellaterza confirme le jugement mais modifie l'indemnisation. Ainsi elle condamne la famille Beauregard actionnaire d'Altus à verser 75.6M$ d'indemnisation aux plaignants, c'est-à-dire au collectif et aux familles constituées parties civiles. Cette différence d'indemnisation réside dans le fait que a Cour a estimé qu'il fallait gradué l'indemnisation en fonction des revenus actuels de la firme et non des bénéfices retirés par les terres volées.
C'est ainsi que la Haute-Cour vient de statuer définitivement sur la condamnation. Cette fois-ci les Da Cravance se sont réveillés et sont montés aux créneaux, dans un contexte difficile pour la famille qui a du faire face à la suppression de la Couronne et des privilèges qui en découlaient. Plusieurs entreprises menacent ainsi d'organiser une grève massive pour protester contre une "chasse aux sorcières envers la communauté alméranne", alors que 12 autres procédures du même type sont ouvertes.
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François Miclau
Depuis quelques jours, le temps semblait s'être arrêté au Palais Royal. Depuis son abdication, le Roi était plus serein. Comme si un fardeau se dégageait peu à peu de ses épaules. Non pas qu'il considère sa fonction comme une corvée, mais 8 années au service du pays l'avait éreinté, il était temps qu'il parte. Pourtant, de lourdes questions restaient encore en suspend, en attente d'une décision de sa part.Il contemplait le jardin du palais depuis la fenêtre de son bureau, en attendant l'arrivée de son rendez-vous. Il recevait un cousin en cette fin d'après-midi ensoleillée. Fils du frère de son grand-père paternel, Alfonso Da Cravance avait demandé une entrevue urgente auprès du Roi. Bien que le Roi savait exactement de quoi son cousin voulait s’entretenir avec lui, sujet qu'il ne considérait pas exactement comme urgent, il devait lui accorder ce rendez-vous. C'est que depuis longtemps Idriss savait qu'il devrait affronter un vieux briscard de la famille royale, venant encore une fois défendre les mêmes rengaines et agiter quelques fanions d'en l'espoir de sauver leur rang. Pourtant il ne s'attendait pas à la venue d'Alfonso. Un homme intelligent, maniât des affaires plutôt discret. Mais , il savait aussi qu'il était très influent au sein de l'ancienne Couronne , institution de gestion des fonctions royales composées exclusivement de membres de la famille royale dissoute il y a quelques années. Lors des événements qui eurent lieux dans le contexte de la suppression de la Couronne, il en appris d'avantage sur cet homme qui était toujours discret, grâce à des informations délivrées par le Cabinet Royal, service spécial du Roi dédia à sa sécurité. Il comprit que l'homme était très influent. Il ne se rendait toutefois certainement pas compte de l'étendue de son influence et qu'il tirait les ficelles de tout le mouvement royaliste et anti-républicain. Ce qui l'étonnait le plus, c'était de la voir lui, sortir de sa réserver, alors qu'il était certainement l'un des membres de la famille royale les moins à plaindre du fait de son patrimoine immobilier et financier.
L'homme qui venait d'arriver au Palais Royal n'avait plus rien à prouver et pas grand chose de menacé dans cette histoire, à première vue tout du moins. Il entrait dans le sanctuaire des plus hautes fonctions de l'Etat en habitué bien qu'il n'y ait pas mis les pieds depuis longtemps. Il savait exactement ce qu'il voulait de cet entretien, et connaissait aussi d'avance la réaction du Roi . Mais il était temps , il fallait se montrer enfin pour pouvoir prévoir la suite. La seule chose qu'il regrettait était de ne pas avoir pu régler ce problème bien avant , une fois pour toute. Mais les risques étaient trop grands pour un bénéfice incertain. Pourtant, une chose était en sa faveur aujourd'hui: les "derniers" événements dans la politique internationale du Lito. Il pariait sur une dégradation du climat de l'opinion publique au Lito. Un long chemin serait maintenant nécessaire pour arriver à ses fins, il commençait maintenant.
Premier Secrétaire du Roi:Idriss, M. Da Cravance est ici.
Idriss Ier, Roi du Lito:Merci Ama, faîtes-le enter je vous prie.
Alfonso Da Cravance:Monsieur le Roi comment allez-vous?
Bien je vous remercie et vous?
Moi de même.
Qu'avez-vous de si urgent à me dire ?
J'ai appris avec beaucoup de tristesse votre abdication Idriss. J'ai déploré que vous quittiez le navire ainsi...
Je ne quitte pas le navire je cède simplement la place de capitaine après avoir vogué sur les mers le temps qu'il a fallu.
Certes, cela pose tout de même la Royauté dans une posture compliquée et incertaine.
Où voulez-vous en venir?
En venant ici j'espère repartir avec la certitude que notre Royauté sera sauvée.Je vous demande de faire les bons choix dans les lourdes décisions que vous allez devoir prendre.
Quel choix?
Vous savez très bien , Idriss. Quand l'Igbimo sollicitera votre avis sur votre succession. Vous avez 3 membres du Conseil avec vous, trouver un quatrième sera chose facile. Vous avez de quoi peser dans les choix qu s'annoncent.
Je n'ai pas à peser dans ces décisions, du moins pas directement. Si l'Igbimo me sollicite je répondrai à leur demande et si je dois fournir un nom, je ferais du mieux que je le peux, pour présenter un nom, dicté par ma raison et par ce que je pense être les besoins de la nation. En aucun cas je n'irais faire des tractations pour tel ou tel nom, et certainement pas pour sauver votre titre.
Il ne s'agit pas de sauver nos titres, nos rangs. Il s'agit de l'avenir de la Nation. La République n'est pas une option possible au lito. Vous avez enclenché un travail de républicanisme malheureux pour notre pays, il est encore temps de faire machine arrière.
Si l'Igbimo décide de nommer un républicain , je ne pourrais que l'approuver et entre nos j'en saurais plutôt satisfait.
Vous êtes le Roi du Lito! Vous ne pouvez pas vendre le Lito à des politiciens! La politique n'a pas vocation à régner au Lito. Vous connaissez les politiques! Des gens fourbes qui n'ont aucun sens de l'intérêt national et qui se délectent dans la quête du pouvoir personnel. Si je vies vous voir aujourd'hui, ce n'est pas pour garder mes titres, je suis certainement celui dont la fin de la Royauté n'atteindrait le moins mes affaires. C'est pour sauver le Lito de la République. La seule tentative de République qu'a connu notre pays fut un désastre! La République est la pire catastrophe que le Lito ait jamais connu! Aucune république n'a jamais été bonne pour notre continent et aucune n'a tenu ses engagements démocratiques. La république n'est pas dans la culture zanyanaise, voilà tout.
Notre pays a beaucoup évolué, il s'est libéré des chaînes de la corruption et de la manipulation . Il reste du travail, mais aujourd'hui il est près à devenir une République à part entière. La République peut très bien fonctionner au Zanyane, ce n'est pas un problème de régime politique, c'est un problème d'Hommes. Ce sont les Hommes qui ont de tout temps mis en échec la République, par leur cupidité et leur impunité. Mais aujourd'hui la démocratie est en place, la corruption a très largement reculé, les Hommes ne pourront pas mettre en échec la République.
Vous vous m’éprenez Idriss. Vous êtes aveuglé par vos sentiments . Vos échecs ne justifient pas que vous bradiez notre pays et ses valeurs à l'infâme politique. Votre bilan catastrophique devrait vous faire réfléchir à savoir si vous êtes en mesure de comprendre les volontés de la Nation.
Que vous considériez que mon règne a été un échec est navrant. Je respecte votre opinion. Cependant, je ne regrette aucune de mes actions. J'ai fait tout ce que je pouvais pour satisfaire aux besoins de la Nation dans les prérogatives qui étaient miennes. j'ai fait tout ce qu'il me semblait juste et nécessaire.J'ai agit comme je pense que j'aurais dû le faire. J'ai toujours respecté mes valeurs, celles pour lesquelles la Nation m'a fait confiance.
La Royauté a toujours été notre rempart. Notre famille le sait mieux que quiconque. La Royauté a toujours assuré à tous ses sujets la protection qu'ils méritaient les protégeant en cas de folie des gouvernements. Quand nous étions, nous la minorité, cible des terribles attaques de la dictature ,fruit de la République, un Roi aurait put nous protéger. La Royauté a été instauré pour protéger tous les litoniens quel-qu’ils soient et quelques soient les folles intentions des gouvernants. Notre famille est arrivée aux fonctions royales pour assurer un équilibre et garantir la protection de tous. A l'heure où jamais les mouvements contre nous n'ont été aussi fort, nous courons le risque de voir la Royauté s'effondrer notre seul rempart contre la folie humaine. Je vous conjure d'entendre raison et de proposer votre tante à votre succession.
La Royauté est désuète, ses traditions et ses coutumes n'ont plus aucun intérêt pour la majorité des litoniens . La place de note famille aux fonctions royales , n'a plus de sens et n'a aucune légitimité.
Je suis d'accord avec vous, notre Royauté est désuète. C'est pourquoi nous devons évoluer vers un régime de royauté fédérale.La ré-instauration des provinces doit avoir lieu autour de la Royauté.
La Royauté n'est peut-être pas enterrée, mais la monarchie oui et la République est bien en place.
Je vous conseille de réfléchir aux conséquences de la poursuite de ce chemin. Nous ne sommes peut-être qu'une minorité à craindre la Royauté, nous n'en avons pas pour autant tort et pas moins puissant. Vous savez ce que nous représentons et notre influence. Si la Royauté tombe, nous ne nous laisserons pas faire. Nous ferons tout pour sauver notre Royauté et sachez que nous avons les moyens d'y parvenir. Si vous refusez d'entendre raison et que nous devons nous en remettre à combattre la République,nous le ferons quoiqu'ils nous en coûtent.Nous avons été plutôt bienveillant envers vous Idriss, malgré toutes les offenses que vous nous avez infligé...
Bienveillants? Une famille qui m'a toujours renié car je n'étais pas de son sang et qui a toujours renié mon père pour ses sentiments envers ma mère? Vous m'avez haïs depuis que vous avez su que je saurais un jour votre Roi. J'ai vécu avec et j'y ai tiré des enseignements.Aujourd'hui cette famille m’envoie vous pour assurer leurs titres et leurs places. Je dois dire que je suis plutôt soulage d'avoir parler avec vous plutôt qu'un autre, car vous n'usez pas d'artifices et de faux-semblants pour me faire croire que vous m'appréciez.Néanmoins je ne changerai pas de positions , l'Igbimo choisira comme il le conviendra et si la République doit triompher j'en serai très heureux.
Je ne pensais pas réellement vous convaincre aujourd'hui Idriss. mais je vous aurais prévenu, et je ne peux prédire ce qui adviendra ensuite. les enfants de la Royauté se défendront jusqu'au bout.
Sans autre forme, Alfonso Da Cravance quitta la pièce. Cet échange devait se passer ainsi. En quittant la salle, il voyait déjà les suites à donner à cet échange. Le Roi savait que son interlocuteur n'allait pas lâcher la question si facilement, il faudrait se tenir prêt à faire face à l'agonie de la Famille Royale, tentant de sauver sa spécificité.