Elections présidentielles alamiennes [RP participatif]

Alwine

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Le parti : Sans étiquette

Candidate : Princesse Sherazade

Le type d'actions : Parrainage d'un festival de musique traditionnelle à but caritatif

Parmi les actions programmée pour la campagne de la Princesse Sherazade, il en était qui étaient prévus de plus longues dates que d'autres. Ainsi, avant même le début officiel de la campagne en question, certains des sympathisants de la future sultane avaient lancé un projet visant à aider les plus pauvres tout en permettant de faire mieux connaître et reconnaître la musique traditionnelle d'Alamut. C'était ainsi qu'ils avaient monté, avec beaucoup d'efforts et peu d'argent, un festival de musique de taille modeste qui mettrait en avant non des inspirations occidentales ou étrangères, mais des musiques classiques et traditionnelles du Barebjal et plus particulièrement du pays même. Des airs tels qu'il avait pu en retentir jadis dans les palais des ancêtres de Sherazade, au temps de leur grandeur, mais aussi des musiques telles que celles qui avaient donné de l'énergie et de l'espoir au peuple depuis les temps les plus anciens.

Quand elle avait été informée de cette initiative, la Princesse avait tout de suite voulu la soutenir, et son entourage avait également très vite vu l'intérêt de cette idée, qui permettait à la fois de défendre les valeurs chers au cœur de Sherazade, et au cœur de sa campagne, et de donner une image positive grâce à l'aide apportée, avec les bénéfices, au plus pauvres, aux plus humbles de ses futurs sujets. C'était donc avec plaisir que la jeune femme avait apporté son soutient, mis en rapport les organisateurs avec d'autres de ses sympathisants, plus riches, qui avaient accepter de financer gracieusement l'événement affin de lui donner plus d'ampleur, mais aussi avec des artistes qu'elle connaissait au quatre coins du pays, et même quelques-uns venus d'autres nations arabes, son goût pour le traditionalisme lui aillant tissé, au fil du temps, une large toile de connaissances dans le milieu des arts, y compris des arts musicaux. L'un dans l'autre, elle s'était beaucoup investie, et particulièrement pendant les derniers jours avant l'ouverture du festival, donnant de son propre temps pour régler de nombreux détails de dernières minutes.

Enfin, il y avait aussi eu un autre gros apport, bien entendu : la publicité naturelle qu'avait causé l'annonce de son nom comme « marraine » de l'événement. Car même si elle ne faisait pas encore l'unanimité chez tous et toutes dans le pays, on ne pouvait pas enlever à la Princesse que cette campagne l'avait largement faite connaître, y compris de ceux qui, jusqu'ici, ne s'étaient jamais intéressés à ce qu'il avait pu advenir des éventuels survivants de la famille qui avait jadis régné sur l'Alamut. Bien que certains de ses adversaires raillent ses méthodes de communications, les médias, eux, semblaient plutôt l'apprécier, et cette fois encore le staff de la jeune femme n'avait pas eu à déployer beaucoup d'efforts pour assurer une large couverture à l'événement, qui avait de bonnes chances de faire vendre. Ce qui avait eut pour effet de faire largement connaître l'événement, organisé non loin de Samara, et de faire afflué les curieux, venus aussi bien pour découvrir la musique que pour avoir l'occasion de voir « en vrai » la « Sultane » dont on parlait tant.

De fait, l'événement, prévu pour durer trois jours, fut largement une réussite. Les airs variés des musiques traditionnelles, typiquement arabes, conquirent une bonne partie du publique, qui redécouvrait parfois, pour certains, des airs à demi oubliés, ou alors originaires d'autres parties du pays. Sur les airs qui s'y prêtaient, danseurs et danseuses en tenue de danse traditionnelles venaient charmer également les yeux du public, doublant ainsi l'intérêt du spectacle et le plaisir des spectateurs. La Princesse elle-même fit plusieurs apparitions, notamment en début et en fin de chaque journée, armée de son sourire et de mots agréables, mais, généralement, laissa la plus grandes places aux divers artistes, promettant néanmoins de prendre le temps de s'adresser à ceux qui étaient si impatients de l'entendre parler avant la fin du festival. En attendant, disait-elle, « Laissons-nous charmer par la beauté de cet art qui nous viens de nos ancêtres et que nous rendons à nouveau vivant aujourd'hui, honorant ceux qui ont foulé avant nous cette belle terre d'Alamut et tout ce qu'ils nous ont transmis. », avec un sourire aussi charmant que charmé.

Et finalement elle tint parole le troisième jour, en fin d'après-midi, juste avant le grand « final », en montant sur scène pour se fendre d'un discours. Dans celui-ci, elle développa le point que son parrainage mettait en avant : son grand attachement aux valeurs traditionnelles de l'Alamut, son envie de laisser le peuple retrouver ses racines et construire un Alamut qui, loin de se figer dans le passé, comme certains auraient pu l'accuser de le vouloir, saurait toujours aller de l'avant, mais en une progression qui serait non pas une éternelle fuite en avant, éperdue et vaine, où l'on trouvait toujours de la nouveauté dans tout pour cacher le fait que l'on ne pouvait se reposer sur rien, mais une construction solide, stable et durable, car poser sur les bases indestructibles de la culture, de la tradition et de l'identité de l'Alamut, une construction qui pourrait ainsi aller toujours plus haut sans cesser de s'effondrer, de manière à ce que tout progrès profite à l'ensemble du peuple.

Souriante et déterminée, la Princesse redit sa volonté d'unir sous ces valeurs, sous cette identité, l'ensemble du peuple, de ce peuple dont elle dit « Qu'il a été celui de mes ancêtres, celui de nombreux califes bons et sages qui ont veillé sur lui et l'ont fait grandir, et dont aujourd'hui je voudrais faire à nouveau mon peuple. Oui, mon peuple, je n'ai pas peur de le dire, un peuple que je veux protéger et guider sur la voie de la justice et de la prospérité. », l'ensemble de son peuple, donc, sous une seule bannière, celle du Sultanat qui, plutôt que d'étouffer telle ou telle partie de la population en ne mettant en avant que telle ou telle idéologie politique vue comme absolue et souveraine, saurait profiter à tous, utiliser tous les talents pour bâtir, sous le règne bienveillant de la Sultane qu'elle voulait être, toute la force d'un Alamut toujours plus prospères, d'un Alamut qui saurait prendre soin des plus humbles et des plus faibles mais aussi permettre aux plus doués et aux plus forts de se développer de manière épanouie, sans avoir à écraser leurs voisins.

Elle confia à ses auditeurs qu'elle voyait parfois beaucoup de bonnes choses dans les idées de nombreux autres partis mais que, tout pressé qu'ils étaient généralement de lutter les uns contre les autres, ils ne savaient pas assez les mettre en pratique, que, de toute façon, la nature même d'un système où il fallait toujours élire un nouveau chef, toujours changer de président, toujours ne penser qu'aux prochaines élections, ne permettait pas assez de constance, assez de cohérence, pour que les bonnes idées puisse être exploitée en profondeur. Au contraire, en restaurant l'Alamut comme un Sultanat, elle, Sherazade, donnerait au pays les clés de la stabilité, éliminerait autant le soucis continu de la prochaine élection pour le chef d'état que le besoin de toujours mettre sur pied un programme qui « écraserait » l'autre. Au contraire, en mettant une Sultane à la tête du pays, en donnant plus de voix au peuple, elle permettrait à l'Alamut de ne pas s'enfermer dans un cercle sans fin de lutte idéologique mais plutôt de pouvoir sereinement mettre en avant les bonnes idées, de quelque parti qu'elles viennent, pour le bénéfice du peuple qui devait après tout être le premier concerné, de tous ses futurs sujets qui devaient être, plus qu'une victoire électorale, la véritable préoccupation du chef du pays.

Prolongeant encore un peu son discours, elle fit ensuite passer un micro dans la foule, au hasard, et plutôt que de répondre « Seulement aux journalistes, qui font très bien leurs travail mais qui, en tant qu professionnels, n'ont pas forcément la même façon de se poser des questions qu'un homme ou une femme ordinaire. », entendit les questions de ceux qui étaient venus au festival, pour elle ou pour la musique. Elle commença d'ailleurs par rassurer une jeune femme qui se demandait quand reprendrait le spectacle, riant doucement et lui promettant que, après cette courte séance, la musique reprendrait ses droits. Elle répondit ainsi par un rire clair et musical, qui paraissait tout à fait spontané et sincère, à certaines questions, comme celle d'un jeune homme qui voulu savoir si elle avait déjà « un prince en vue pour porter la couronne », mais se fit plus sérieuse sur des questions plus graves. Elle expliqua, notamment, que si elle était élue, et une fois le Sultanat restauré, elle prendrait des séries de mesures concrètes pour aider directement ses sujets, dans tous les domaines, plutôt que de se contenter de belles paroles.

Évitant de prendre position trop directement sur les sujets les plus sensibles, restant largement ouverte, elle esquiva aussi astucieusement chaque occasion fournie, parfois clairement, de taper sur tel ou tel adversaire et, quand on lui demanda, confirma qu'elle était encore ouverte à toute proposition, proclamant en souriant qu'elle voulait « Unir tous ses futurs sujets, tous les acteurs de la vie publique d'Alamut aussi bien que tous les politiques » dans un effort commun pour cesser la lutte et passer plutôt aux échanges d'idées, aux débats, à la construction d'un pays où tous pourraient vivre, unis par leurs tradition et par leur identité. En souriant à nouveau, elle confirma aussi que les bénéfices de cet événement serviraient à aider les plus pauvres et les plus nécessiteux, et en profita pour souligner que quand elle serait au pouvoir elle ferait tout pour que ceux-ci reçoivent toujours l'aide dont ils auraient besoin à la fois pour survivre et pour, à terme, sortir de la misère dans laquelle ils étaient et retrouvé toute leur fierté de citoyens d'Alamut.

Finalement, sur un dernier salut, et saluée par de nombreux applaudissements, elle se retira, et laissa le final du festival commencer. Elle-même se retira discrètement un peu à l'écart pour en profiter, estimant avoir bien mérité un peu de détente avec la longue campagne qui l'attendait encore avant une victoire qui n'était pas certaine mais pour laquelle elle se donnerait certainement de tout son être, et jusqu'au bout.
Alwine

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Le parti : Sans étiquette

Candidate : Princesse Sherazade

Le type d'actions : Gala de bienfaisance dans les jardins suspendus d'Ismaïl

Ces derniers temps, la Princesse Sherazade c'était montrée très proche du peuple, très populaire, notamment en parrainant un festival de musique et en y faisant une longue apparition, mais aussi, plus tôt dans le mois, en visitant un orphelinat ou en parrainant une exposition artistique où nombre d'artistes d'origine humble avaient été favorisés. Mais même si être proche de son peuple était quelque chose de très important, et qu'elle avait encore prévues nombres d'actions qui lui permettraient d'être en contact avec les plus pauvres et les plus humbles de ses futurs sujets, l'entourage de la jeune femme lui avait rappelé qu'il ne s'agissait pas non plus de se couper de ses futurs sujets les plus fortunés, ceux qui pouvaient au mieux appuyer sa campagne et notamment lui donner les moyens matériels de la mener à terme. Bien entendu, le but n'était pas de favoriser ceux-ci, mais de leur accorder à eux aussi la place qu'ils méritaient, comme à tous les autres sujets de la future Sultane. Comme elle l'avait répétée, elle serait la monarque de tout l'Alamut, et pas seulement de telle ou telle classe sociale.

Ainsi, son staff avait organisé quelque chose qui plaisait toujours beaucoup aux plus riches : un gala de bienfaisance. C'était quelque chose qui leur permettait de se retrouver entre eux, de se voir les uns les autres mais aussi et surtout d'être vu par les autres. En même temps, c'était aussi l'occasion, en fonction de leur degré de sincérité, d'aider les plus pauvres ou les plus démunis en faveur de qui se tenait la soirée, ou bien simplement de se donner bonne conscience à ce sujet. Pour la Princesse, c'était aussi une façon de cultiver ses sympathisants les plus fortunés en leur montrant qu'elle ne les oubliait pas non plus dans sa campagne tout en ne négligeant pas le peuple, puisque les bénéfices de la soirée et les dons récoltés seraient utilisés pour venir en aide aux plus pauvres et aux plus démunis, qui recevraient une aide en nourriture et en équipement de première nécessité, partout où cela serait possible dans le pays, en fonction de l’ampleur de la somme récoltée, bien entendu. Dans tous les cas néanmoins, Sherazade était certaine de pouvoir aider beaucoup de gens.

Oh oui, il y aurait du monde, plus ou moins sympathisant d'ailleurs car, grâce à ses nombreuses relations, et à des coups de main directs, par financement du projet, ou indirects, de plusieurs de ses sympathisants, la Princesse avait réussi à obtenir l'usage des Jardins Suspendus d'Ismaïl pour une soirée, grâce aussi, sans doute, au but entièrement caritatif de celle-ci. Et quel meilleur endroit pour mettre en avant la prétendante au trône d'Alamut ? Certains de ses détracteurs en profiteraient sans doute pour rappeler « l’excentricité » ou l'envie de grandeur de son ancêtre, Al-Saroumane, et tenteraient ainsi de salir son image en l'associant à une idée « dévoyée » du pouvoir. Mais la jeune femme n'en avait cure ! Elle riposterait tout simplement en mettant en avant que, quelques aient pu être les motifs d'Al-Saroumane ou ses défauts, il avait malgré tout laissé à l'Alamut un monument éternel qui, aujourd'hui encore, attirait des visiteurs venus du monde entier, en faisant un trésor qui participait à l'aura touristique de la nation, et donc à sa prospérité.

Et quand elle-même le contemplait, elle en voyait avant tout la beauté, la splendeur, plutôt que de se poser des questions politiques. Vraiment, elle admirait Al-Saroumane d'avoir sur créé un tel lieu, une telle magnificence à la porte même du grand désert. Une telle œuvre ne pouvait certes pas se réaliser en tous temps, mais l'Alamut, à son avis, devait être fier de son héritage dans son ensemble, et particulièrement des points les plus éclatants de celui-ci, tels que les Jardins Suspendus. Cela semblait, du reste, également le cas des invités qu'elle accueillait, souriante, depuis le début de la soirée, accordant à chacun au moins quelques mots, parfois un peu plus. Les journalistes étaient de la partie aussi, bien entendu. C'était une obligation si pas pour elle au moins pour ses invités, qui entendaient pour la plupart de tous sachent comment ils avaient été invités dans les Jardins Suspendus d'Ismaïl par la Princesse Sherazade en personne. Une anecdote amusante si elle venait à perdre, glorifiante si elle remportait la victoire et restaurait un Sultanat en Alamut.

Finalement, tout le monde fut arrivé, et la Princesse gagna l'intérieur des jardins à son tour. Ici et là, là où la disposition des lieux le permettait, près des fontaines par exemple, de petits buffets avaient été positionnés, présentant là à boire, là à manger, toujours dans des tons très traditionnels, ce qui était un peu la marque de fabrique de la jeune femme, après tout. La soirée apportait une fraîcheur agréable sans pourtant encore devenir froide, et l'ambiance semblait bonne. Il n'y avait pas tout à fait que des riches, des puissants et des journalistes, en effet Sherazade avait veillé à faire invité certaines familles plus modestes, qui mettaient un peu de couleur dans l'ensemble, qui restait majoritairement huppé cependant. Elle aurait volontiers été cherché les mendiants pour les amener ici, mais elle savait que cela risquait de mal passer avec certains invités, et le but était bien de les mettre à l'aise pour récolter des fonds qui, eux, aideraient bien plus les plus démunis que le fait d'avoir pu passer une soirée avec des gens qui risquaient de les regarder de haut.

La Princesse, elle, ne regardait personne de la sorte, au contraire. Elle passait d'un groupe à l'autre avec le sourire, aillant toujours un mot agréable ou un trait d'esprit à la bouche pour répondre aux uns et aux autres. Elle portait sa tiare légère, comme elle comptait continuer à le faire jusqu'au jour de sa victoire, où elle passerait une couronne plus lourde et plus majestueuse pour marquer son changement de statut... mais pour en venir là, bien évidemment, il fallait d'abord parvenir à remporter la victoire, ce qui n'était pas forcément joué d'avance ! Une raison de plus pour faire en sorte que tout se passe bien. Et, de fait, la soirée se passa globalement sans encombre, et Sherazade récolta de nombreux dons, de même que ses collaborateurs. Elle n'hésita pas non plus, quand il le fallait, à se laisser entraîner dans une discussion sérieuse avec un tel ou un tel pour tenter le convaincre du bien-fondé de son action et de sa candidature, et de même elle répondit plusieurs fois à une ou deux questions de l'un ou l'autre des journalistes présents.

Finalement, en fin de soirée, elle se rendit au centre du jardin et, aidée d'un micro, se fendit d'un cours discours. Elle commença par remercier encore une fois tous ses invités d'avoir accepter d’honorer ces jardins de leur présence, et plus encore, dit-elle « D'avoir par leurs dons généreux et sincères prouvé que la solidarité ne serait jamais un vain mot en terre d'Alamut. », puis elle se permit quelques traits d'humour visant gentiment tel ou tel personnage bien connu dans la foule, dont elle savait qu'ils le prendraient bien. Finalement, elle aborda un peu la question de la politique, ou du moins des valeurs, en proclamant ce qu'elle proclamait déjà depuis le début de la campagne, ce qu'elle voulait toujours dire et redire, sans se lasser, car cela serait toujours juste, que l'Alamut devait être fier de ses traditions, de son héritage.

Elle proclama ainsi que « Ce jardin, bâtit jadis par un des mes illustres ancêtres, serait sans doute contesté par certains, mais nul ne peut nier qu'il participe à la gloire de l'Alamut, à son identité, à sa tradition, et même, oui, je le proclame, à sa prospérité ! Combien d'étrangers viennent le visiter, apportant ainsi leur contribution à la mânes économique du tourisme, et gravant en même temps dans leur cœur l'image de l'Alamut glorieuse et puissante, celle du passé, dont les Jardins Suspendus témoignent, mais aussi celle du présent et celle du futur, que je veux bâtir plus glorieuse encore avec votre aide ! », et, en conservant tout son bel enthousiasme, promis que si elle était restaurée sur le trône, si le Sultanat était établit en Alamut, elle réaliserait, main dans la main avec son peuple, des actions qui marqueraient aussi durablement et aussi positivement le pays, dans le respect des traditions qui avaient donné vie à cet endroit magnifique.

Après quelques mots encore, elle souhaita une bonne nuit à ses invités puis, souriante, reposa le micro. Peu à peu, les gens commencèrent à partir, et Sherazade resta elle-même presque jusqu'à la toute fin, disant au-revoir à nombre de ses invités, des plus aisés aux plus modestes, adressant souvent quelques mots à chacun. Finalement, elle s'en fut aussi, et le personnel recruté pour l'occasion débarrassa le jardin des traces de la fête, avant de se retirer également, laissant les Jardins Suspendus d'Al-Saroumane en tête à tête avec les étoiles du ciel.
Alwine

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Le parti : Sans étiquette

Candidate : Princesse Sherazade

Le type d'actions : Visite d'une école pauvre dans un petit village de la côte ouest

Si la dernière action de la Princesse, la grande soirée de gala qu'elle avait donné dans les Jardins Suspendus d'Ismaïl, avait été un succès, tant en terme d'invités que d'argent récolté, il ne s'agissait pas pour autant, aux yeux de la jeune femme, de se couper de ceux qui seuls pourraient, à ses yeux, lui apporter la véritable légitimité, celle du peuple, à savoir les plus humbles de ses sujets, qui constituaient une base solide dudit peuple. Bien sûr, les bénéfices de la soirée serviraient à les aider, mais croire qu'il suffisait d'envoyer de temps en temps de l'argent aux plus pauvres pour avoir bonne conscience était bien une illusion que seuls connaissaient les riches déconnectés de la réalité, et Sherazade ne voulait pas devenir de ceux-là. Elle savait que pour être une bonne Sultane, il fallait qu'elle soit proche de son peuple, qu'elle incarne à ses yeux une autorité certes monarchiques mais également et même surtout bienveillante et protectrice. Il fallait qu'elle puisse voir directement leur problème pour pouvoir les régler, et ne pas s'en remettre à un journal ou un rapport pour connaître les soucis de son peuple.

C'est pourquoi, alors que certains de ses conseillers lui avaient proposé une action plus politique, elle avait choisi de laisser programmée dans son planning de campagne bien remplis une visite qui pouvait paraître bien humble mais qui lui apparaissait comme essentielle. Il s'agissait de se rendre dans une école pauvre d'un humble village de la côte ouest, non loin de Tipazza, dont elle avait entendu parler par un de ses collaborateurs qui, aillant profité là-bas d'une bonne éducation, avait réussi, essentiellement par chance et par talent il était vrai, à atteindre une bonne situation, jusqu'à intégrer le staff de la Princesse. Néanmoins, plus que ce lien un peu personnel, cette école était pour Sherazade chargée de sens, étant tout à la fois un cas particulier avec son intérêt à part entière et un symbole de toutes les autres écoles qui avaient certes le grand mérite d'exister mais qui étaient encore trop pauvres, avec trop peu de moyens, dans tout le pays. C'était aussi un des établissement que les fonds récoltés quelques jours plutôt viendrait aider, et c'était une bonne occasion de leur annoncer directement la bonne nouvelle.

C'est ainsi que, tôt dans la matinée, la Princesse Sherazade arriva, avec quelques personnes pour l'encadrer, quelques conseillers et gardes du corps, par exemple, mais qui se faisaient discret. Ce fut bien la princesse qui, habillée d'une façon qui restait simple mais avec des vêtements de qualité, fut accueillie par les enfants, qui avaient préparé un charmant petit comité de bienvenue. Comme toujours, la presse était là, mais elle aussi se faisait plus discrète que d'habitude. Il y avait surtout des journalistes régionaux, et quelques reporters discrets envoyés par le niveau national. Assez pour prendre les photos et recueillir les mots nécessaire pour parler de la visite, mais pas assez pour en gêner le bon déroulement. Avec son sourire franc et doux, sa beauté et sa douce voix, la Princesse capta de toute façon très vite l'attention des enfants, d'autant qu'elle accueillit très favorablement leur charmante petite cérémonie d’accueil. Après une petite prise de contact avec eux, et une présentation au près des professeurs venus l’accueillir, elle les incita gentiment à rentrer dans l'école et à poursuivre leur journée « presque comme si elle n'était pas là ».

Bien entendu, c'était plus là un trait d'humour qu'une véritable représentation, car la présence de la belle jeune femme troubla l'ensemble de la vie de l'école. Néanmoins, ce fut plutôt de façon positive, et la Princesse elle-même, à qui on faisait souvent démonstration de la bonne éducation, parfois supposée, des élèves, accueillait toujours avec enthousiastes les démonstrations réussie, félicitant les élèves qui avaient réussi à restituer le savoir prévus, mais en même temps indulgente avec celles qui échouaient, accueillant ces échecs non pas avec mépris on condescendant mais avec bienveillance, leur offrant un sourire et quelques paroles de réconforts, en leur disant souvent que « en travaillant dur et de tout ton cœur, tu finiras par y arriver, tu verras », d'une voix douce. Vers la mi journée, alors que le professeur qui gérait l'école se lamentait doucement des peu de moyens qu'ils avaient pour ne fut-ce que nourrir leurs élèves, ou même pour leur offrir un réfectoire correct, Sherazade en profita pour leur révéler que, bientôt, de l'argent récolté quelques jours au part avant leur arriverai, déclenchant une réaction surprise et ravie des professeurs autant que des élèves.

Dans la foulée, et à portée d'être écoutée et enregistrée par les journalistes, la Princesse en profita pour affirmer que, si elle était amenée sur le trône, elle ferait tout, dans le futur, pour que ce genre de processus exceptionnel ne soit plus nécessaire, tout simplement parce que l'état pourvoirait à fournir à tous non pas une éducation vide et universalisée, mais une éducation traditionnelle, de qualité, qui permettrait à chacun de se former pour trouver sa place dans la société d'Alamut de demain, telle qu'elle voulait la bâtir. Une société avec des écoles de qualités, où chaque enfant plein de promesses, comme tous ceux qu'elle avait vu aujourd'hui, pourrait développer son potentiel et parvenir à trouver la meilleure place à la fois pour lui et pour l'Alamut, et cela où qu'il soit né, du moment qu'il faisait parti du peuple d'Alamut, de son peuple, un peuple unis et fort, qui tirerait aussi cette unité et cette force d'une éducation de qualité pour tous les futurs citoyens. En souriant, elle promis aux enfants qu'elle ferait toujours tout pour assurer aussi bien leur qualité de vie dans le présent que leur réussite dans le futur.

Ne voulant pas assommer son auditoire, la jeune femme s'arrêta là, et mangea avec eux en toute simplicité, avant de poursuivre sa visite jusqu'à la fin de la journée. Elle dit alors aurevoir aux enfants, qui semblèrent assez émus de la voir partir. Elle leur promis que, même sur le trône, elle n'oublierait jamais ni cette visite, ni de tout faire pour assurer leur bonheur et leur bien-être, comme son devoir de Princesse, son devoir de Sultane, le lui commandait, puis quitta le petit village. La rencontre avait été riche, mais il restait encore de nombreuses autres choses à faire avant la fin de cette campagne, pour marquer les esprits et conquérir les cœurs, et ainsi espérer pouvoir restaurer le sultanat et ainsi avoir les moyens d'agir véritablement pour toutes les causes qui lui tenaient tant à cœur, dont l'éducation utile des plus humbles faisait aussi partie.
Alwine

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Le parti : Sans étiquette

Candidate : Princesse Sherazade

Le type d'actions : Discours devant des sympathisants à Sidi-Tolba

L'actualité politique était calme, ces derniers jours, et il n'y avait guère que la Princesse pour animer la scène politique de l'élection. Ce n'était pas plus mal, d'ailleurs, et elle comptait bien en profiter, mais cela la « forçait », si l'on pouvait dire, à se cantonner plus ou moins à son programme de base. L'Union des citoyens libres, qui avait beaucoup fait parler d'elle, semblait un peu se calmer ces derniers jours, ce qui semblait une bonne chose pour acquérir la victoire, car ils avaient été extrêmement énergiques et convainquant au début de la campagne. Ils avaient certes des idées parfois très intéressantes, mais Sherazade aurait, bien entendu, infiniment préféré pouvoir les trier tranquillement une fois bien installée sur le trône, et appliquer celles qui lui sembleraient bonnes... une fois, encore une fois, qu'elle aurait restauré le sultanat qu'avait perdu son grand-père. Quant à celle qui se présentait à l'origine comme sa première rivale, Nastaram Djahad, n'avait pour seule actualité qu'une rencontre avec un pays étranger.

Néanmoins, ce n'était pas pour cela que la jeune femme allait se relâcher, ou baisser les bras. Il ne fallait pas relâcher ses efforts un seul instant si elle voulait mettre toutes les chances de son côté pour accéder au trône de ses ancêtres. Il suffisait d'un retour de l'Union des citoyens libres par exemple, ou encore d'une subite « vague rouge », pour mettre son avance en danger, et le seul moyen de réduire le risque d'un tel scénario, c'était tout simplement de continuer à creuser son avance, en ne cessant jamais de se rappeler au souvenir, toujours positif, des gens. De ne pas devenir irritante, mais plutôt de faire en sorte que tous s'habituent à l'idée de la voir arriver au pouvoir, de la voir arriver comme une figure d'autorité mais aussi de tendresse, voir d'amour, dans leur vie. Il fallait aussi définir encore, autant de fois et sur autant de point qu'il le fallait, ce pourquoi elle se battait, cette unité qui lui était si chère, ce désir de venir au pouvoir non par seul privilège mais parce qu'elle aurait la faveur du peuple, de son peuple, qui la choisirai comme sultane.

Pour cela, après plus d'une semaine passée entre événements et visites, elle avait choisi de puiser dans son programme en confirmant une activité purement politique : le discours. Non pas devant des militants, car elle n'avait pas de parti ni rien de ce genre, et se voulait la représentante non d'une seule faction de la société mais bien de l'ensemble du peuple d'Alamut, mais plutôt devant des sympathisants. Devant des hommes et des femmes qui s'étaient faits les relais de ses discours et de ses idées, mais aussi devant d'autres qui, depuis le début de cette campagne, depuis que, de plus en plus, la belle Princesse se faisait de plus en plus connaître, avaient été séduits par ces mêmes idées, ces mêmes discours, parfois même simplement par son sourire, sa gentillesse, ou par l'idée de revenir à « l'ancien temps », à l'ancien mode de gouvernement. En lieu et place de parti, c'étaient eux qui, par leur vote, mais aussi par l'effet de contagion autour d'eux, allaient construire la possible victoire de Sherazade, et qu'il convenait donc de rencontrer, ne fut-ce que pour les conforter dans leur choix de la soutenir, aviver la flamme de leur zèle.

En l'occurrence, la visite était prévue à Sidi-Tolba, ce qui rajoutait encore de l'intérêt, puisqu'elle ne s'était pas encore rendue dans cette région du pays. Il fallait dire que l'oasis du désert était bien écartée des autres centres urbains de grande importance, mais ce n'était pas pour autant qu'elle devait être négligée, ou que Sherazade aurait eut l'idée d'oublier ceux qui, y vivant, étaient gagnés à ses idées. C'est ainsi qu'elle était arrivé par un chaud matin à Sidi-Tolba... en sachant bien que l'après-midi serait sans nul doute plus chaud encore. Malgré tout, elle ne se découragea pas, et passa une bonne partie de la journée à rencontrer les différents groupes de sympathisants, parfois très actifs, qui existaient dans la ville. Pour chacun, elle consacra du temps, des paroles aimables, de doux sourires, et surtout de véritables discussions, prenant connaissance des histoires de chacun, s'efforçant de rassurer ceux qui avaient des craintes ou des doutes et, globalement, s'efforçant de renforcer la confiance avec chaque groupe et dans la mesure du possible avec chaque sympathisant actif, ce qui était sans doute le meilleur moyen de faire en sorte que leurs actions se poursuivent.

Puis, le soir venu, quand un peu de fraîcheur descendit enfin sur l'oasis du désert, vint le moment du discours. Il avait lieu en publique, sur une estrade dressée au milieu d'une place. Les gens étaient venus assez nombreux, leur journée étant finie et la chaleur s'étant retirée. Des sympathisants, bien sûr, quasiment tous étaient là, mais aussi des gens ordinaires qui avaient été attirés par le rassemblement, que ce soit par simple curiosité ou par intérêt. C'était une occasion de conquérir ces gens-là, tout en confortant ceux qui avaient déjà décidé de la soutenir. Bien entendu, comme toujours, son staff avait également fait en sorte que la presse soit présente, prête à enregistrer ce qu'ils jugeraient le plus intéressant, pour le retransmettre à la télévision, en radio, ou par écrit. Car une chose était sûr, la Princesse Sherazade semblait capable de faire regarder, de faire écouter, de faire vendre. Elle tenait pour le moment le haut du pavé sur la scène médiatique, mais aussi, en grande partie, parce que les médias, eux aussi, trouvaient largement leur compte dans l'histoire. Elle gagnait toujours plus en visibilité, marquait toujours plus les esprits, tandis qu'eux captaient l'attention de leurs téléspectateurs, auditeurs et lecteurs avec ses faits et gestes, mais aussi avec sa douce voix et son beau sourire.

Ce fut donc pour les gens rassemblés ici avant tout, mais aussi plus largement pour tous ceux à qui ses mots parviendraient à travers le pays, que la jeune femme arriva sur l'estrade et, souriante, salua la foule, avant de commencer son discours. Elle commença par remercier une fois encore « Tous ceux qui, ici comme ailleurs dans le pays, dans tout l'Alamut, ont fait le choix de me soutenir, de porter mes paroles, de partager les valeurs que je défend de tout mon cœur, tous ceux qui me permettrons peut-être, si le peuple l'approuve, de restaurer le Sultanat d'Alamut et de mener le pays vers un avenir toujours plus radieux ! », par dire sa joie et son contentement de voir que son message et sa cause trouvaient un si large écho dans son peuple. Elle affirma que ce n'était que grâce au soutient de tous ceux qui étaient présents ce soir-là, mais aussi grâce à ceux qui, partout en Alamut, lui faisaient la faveur de croire en elle, de croire en l'idée qu'elle défendait d'un retour du pays dans un modèle juste, conforme à leurs valeurs et leurs traditions ancestrales. Portée par leur soutient, par leur amour, elle se sentait capable de restaurer un Sultanat plu fort, plus unis et plus resplendissant que jamais sur tout le pays.

Comme elle l'avait déjà fait par le passé, elle mit ensuite en avant, a profit de cette assemblée, son attachement au traditionalisme, son amour des valeurs ancestrales de l'Alamut, son envie de bâtir avec son peuple un pays plus fort parce qu'unis derrière une seule figure de proue, en un seul système, qui dépasserait les clivages politiques et idéologiques pour être au service du peuple d'Alamut en lui-même, ne favorisant ni les pauvres ni les riches, ni les puissants ni les humbles, mais offrant au contraire une juste place à l'ensemble de ses sujets. Elle réaffirma avec force les divers points de son programme, souriant à l'assemblée et prenant le temps de les développer en fonction des réactions qu'elle voyait dans le publique. Elle mis ainsi en avant le fait que sous son règne tous recevraient de l'aide en fonction de leurs besoins, et des moyens de l'état, que nul, pas même les régions les plus éloignées, ne seraient oubliés par le nouveau pouvoir monarchique du Sultanat, qui porterait son attention sur l'ensemble du peuple d'Alamut.

Finalement, après avoir glissé sur d'autres sujets plus locaux, elle répondit aux questions des spectateurs et des journalistes avec le sourire, évitant ce qui fâchait le plus sans pourtant parraître éviter directement les questions, glissant plutôt habilement d'une personne à l'autre. Le discours se fini sur quelques notes plus légères, avec les questions d'une jeune femme sur sa façon de garder un visage si rayonnant, ce qui fit rire la Princesse et une bonne partie de l'auditoire, avant que finalement Sherazade – non sans avoir répondu – ne mette fin aux questions. Sur quelques mots encourageants, et la répétition de son slogan : « Un pays, un peuple, une Sultane », la jeune femme mit fin au discours sous les applaudissements. Le gros de la foule se dissipa peu à peu, tandis que la Princesse finissait la soirée par un souper organisé avec plusieurs de ses sympathisants les plus actifs où, en privé, elle pu aborder les sujets les plus délicats. Une très bonne fin pour une journée épuisante par bien des côtés mais qui, avec de la chance, lui aurait permis de marquer un peu plus de points encore, ici et dans tout le pays.
Sébaldie

Message par Sébaldie »

Le parti : Union des Citoyens Libres

Candidat : Hasem Javaneh

Le type d'actions : Visite officieuse et clandestine

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[justify]La Princesse Sherazade avait l’impression d’être la seule en lice. Ce n’était effectivement qu’une impression. La campagne était polie et respectueuse mais n’était pas moins féroce. Hasem Javaneh avait un rendez-vous officieux, non inscrit à son agenda, un endroit certainement inapproprié pour une princesse mais pour lequel Hasem n’avait aucun complexe. La scène avait lieu à Tipazza, sur la côte occidentale d’Alamut. [url=http://www.simpolitique.com/culture-nature-societe-alamienne-t8993-15.html]Tipazza était magnifique ville thermale et portuaire[/url], prisée des touristes, de riches malades voulant s’offrir une cure et d’artisans qui veulent profiter d’une situation exceptionnelle. 60 % de la flotte mondiale transitait vers cette ville, pour aller aux quatre coins du monde. L’or noir y coulait autant que les fontaines du centre-ville, les navires marchands venaient s’y approvisionner en fuel pour reprendre la route ou répondre aux demandes des pays industrialisés.

Ce paysage de carte postale ne devait cependant pas faire oublier la vie quotidienne des habitants, qui n’avaient guère d’autres perspectives d’emplois que travailler pour de vieux riches obèses, dans des complexes hôteliers tenus par l’oligarchie alamienne. Le reste de leur vie n’était constitué que d’interdits : interdiction de s’adonner aux jeux de hasard, interdiction de copuler avec une personne du même sexe, interdiction de boire de l’alcool… Bref, tout ce qui était en réalité amusant est interdit pour les musulmans alamiens. En plus de cela, ils devaient se coltiner la barbante prière du vendredi. Dans leur malheur, les habitants de Tipazza avaient néanmoins leur petit plaisir caché et illégal. Dans cette ville thermale, on ne buvait pas que de l’eau. Hasem avait rendez-vous chez un marchand de tapis d’une petite rue de la ville.


Hasem Javaneh : « As-salam alaykom. Je recherche un tapis de type Kelleghi à bordures à feuilles dentelées. »[/justify]

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[justify]Hasem n’y connaissait rien en tapis. On lui avait demandé de prononcer cette phrase pour obtenir ce qu’il voulait. Le marchand n’était guère chaleureux. Sans un mot, il invita son client à se rendre dans l’arrière-boutique, où un concert de machines à coudre rendait de toute façon toute discussion inaudible et dans laquelle était posé le tapis demandé par Hasem. Il le replia légèrement pour faire apparaître une trappe en bois, qu’il ouvrit tout en surveillant qu’aucun œil étranger curieux ne se dirigeait par ici. Hasem comprit très vite le principe et eut à peine le temps de descendre l’échelle qui menait au sous-sol que le marchand avait refermé la trappe et était retourné à ses affaires, où l’attendait un client.

Hasem avait un rendez-vous avec un certain Wasim El Arrouchi. L’homme travaillait comme commis de cuisine dans un hôtel en semaine et le week-end ainsi que quelques soirs, il travaillait ici. Wasim était marié et avait cinq enfants. Âgé de 34 ans, ce père de famille de cinq enfants avait une couverture assez robuste. C’était un homme aussi pieux que la moyenne des hommes alamiens, qui rêvaient néanmoins d’une vie meilleure à laquelle des prières quotidiennes n’y changeaient pas grand-chose. Plus chaleureux que son propriétaire, Wasim était le locataire de ces lieux. Il salua Hasem et lui fit le tour du propriétaire. Il lui montra notamment la salle de ses nouvelles cuves, sa fierté.
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[center][img]http://nsa37.casimages.com/img/2015/10/25/151025065617774233.jpg[/img][/center]

[justify]Wasim El Arrouchi : « Elles m’ont coûté un bras mais grâce à elles, on se fera du blé, Inch’Allah ! »

Non, pas du blé. Du houblon. Dans aucun autre endroit en Alamut, on ne sentait cette odeur, au moins aussi fortement. Wasim El Arrouchi était donc brasseur. Autour de lui, une vraie fourmilière, les appareils tournaient à plein régime et heureusement, les machines à coudre au-dessus dissimulaient habilement le vacarme. L’un de ses coéquipiers transportait avec un chariot un fut à destination de la Fiémance, qui doit être affrété au plus vite au port de Tipazza, où un cargo l’attendait. Bien entendu, rien de tout cela n’était déclaré. La brasserie se tenait de manière clandestine, en raison d’une législation rigide. Pourtant, la demande était là, au vue de l’activité qui y régnait. Hasem Javaneh était là pour le convaincre du bienfondé de voter pour lui et de la légalisation de la production et de la vente d’alcool.

Wasim El Arrouchi : « J’ai commencé dans ma cuisine, avec un brûleur à gaz et des cuves en plastique. Mais je n’étais pas satisfait du résultat, j’ai donc emménagé ici mais on est victime de notre succès. On est incapable de répondre à la demande intérieure comme étrangère... Franchement, je me demande si je ne ferais pas mieux de partir dans un autre pays. »

Hasem Javaneh : « Inutile d’en arriver jusque-là. Tu as de l’or entre les doigts : les Occidentaux s’arrachent les bières du pays le plus touristique au monde, qui est plus barebjalien. D’où l’utilité de légaliser la production et la vente de ton produit. »

Wasim El Arrouchi : « Je ne sais pas… Si l’activité est légale, je serais en concurrence… et je devrais payer des impôts. »

Hasem Javaneh : « Oui. Mais tu n’as aucune inquiétude à avoir. D’une part, je ne m’y connais certes pas en brassage mais je sais reconnaître une bonne organisation du travail. En plus, tu as déjà le réseau, les clients, tu pourrais très vite t’imposer sur le marché. D’autre part, tes revenus seront tels que l’impôt que tu verseras te paraîtra dérisoire. Aujourd’hui, tu te fais des revenus confortables grâce à ça… mais comment veux-tu justifier la provenance de ton argent quand tu voudras t’acheter une nouvelle maison, une nouvelle voiture ? Avec ton salaire de commis ? Allons… »

Après une petite demi-heure de discussion, Wasim s’est laissé convaincre par la rhétorique bien rodée de Hasem. Heureux des perspectives qui s’offrent à lui, Wasim offra à son nouvel ami une choppe de cette bière qui était d’autant plus délicieuse qu’elle était transgressive. Le candidat libéral à l’élection présidentielle n’avait eu besoin d’aucune caméra, d’aucune visite officielle pour convaincre un petit million d’électeurs. La communauté de consommateurs d’alcool d’Alamut était suffisamment soudée pour que le message transite d’un verre à l’autre. Même en secret, sans que ses adversaires ne le sachent, Javaneh faisait définitivement de la transgression sa marque de c(h)ampagne.[/justify]
Alwine

Message par Alwine »

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Le parti : Sans étiquette

Candidate : Princesse Sherazade

Le type d'actions : Interview en compagnie de ses enfants

La scène politique n'était peut-être pas aussi calme que pouvait le croire la Princesse mais, comme elle n'était guère versée dans ce qui se passait dans les sous-sol de la scène en question, elle n'avait pour l'heure aucun moyen de le savoir. Pour l'heure, son actualité n'avait donc aucun écho extérieur pour se rythmer spécialement, de sorte qu'elle continuait toujours de fonctionner selon son propre calendrier. Ces derniers temps, elle avait parlé aussi bien aux plus riches qu'aux plus pauvres, avait fait des actions très générales mais aussi très directement politiques, bref, avait été un peu sur tous les fronts, et avait également voyagé un peu partout dans le pays pour les différents événements. Même s'il était difficile d'en être vraiment certaine, vu qu'aucun sondage de grande envergure n'avait été réalisé depuis le début de la campagne, et que de nombreuses actions avaient été réalisées depuis pour, elle l'espérait, marquer les esprits, Sherazade pensait que, globalement, elle avait dû faire des progrès auprès de l'ensemble de son peuple.

Néanmoins, il restait encore une chose qu'elle n'avait pas mis en avant depuis le début de la campagne et qui, pourtant, avait tout son intérêt dans son programme : ses enfants. En effet, la restauration définitive du Sultanat d'Alamut n'aurait pas des échos que sur elle, sur sa seule génération, mais aussi sur eux, sur leur génération. Un jour, sa fille serait appelée à régner après elle, si tout se passait bien. Et ses enfants après elle. Ses autres enfants seraient des princes de pleins droits. En bref, ils étaient aussi concerné qu'elle par ces choses, et il était légitime que le peuple découvre aussi le reste de la famille du futur Sultanat, la « famille royale » pour reprendre le terme alméran. De plus, son staff lui avait également conseillé cette opération car la plupart des gens ne pouvaient qu'être séduits par l'image d'une veuve aillant réussi à malgré tout élever une famille unie et heureuse. C'était l'occasion de mettre en vitrine sa jolie petite famille, même si ce n'était pas comme ça qu'on lui avait directement présenter l'idée, et on espérait bien que cela capterait encore un peu plus la sympathie des gens.

Pour ce faire, on avait décidé de commencer doucement. Le plus jeune de la famille n'avait après tout que huit ans, et il n'était peut-être pas tout à fait prêt pour les bains de foule. On y viendrait peut-être plus tard, mais pour la « présentation familiale », en quelque sorte, la Princesse avait décidé d'y aller tout en douceur. Elle avait donc organisé une petite interview privée dans un appartement de Shariz loué pour l'occasion. Ses conseillers avaient dosé les choses en un savant mélange entre le luxe dû à une Sultane et le côté simple qu'elle voulait aussi donner à sa candidature, confortable mais sans luxe ostentatoire. Le journaliste aussi avec été soigneusement choisi, il s'agissait d'un journaliste acquis à la cause de la Princesse et en même temps capable de ne pas le montrer trop fortement par des questions vraiment trop complaisante. Bref, les choses avaient été soigneusement dosées pour donner le meilleur effet possible, particulièrement au niveau des enfants qui, avec de la chance, deviendraient un atout-charme de plus.

Et ainsi, à l'heure dite, le journaliste arriva avec sa petite équipe, trop content de cette occasion. Il disposerait de l'exclusivité pour la sortie, puis le lendemain devrait s'efforcer de répandre l'interview le plus largement possible, mais il avait accepté ces petites conditions avec plaisir. L'équipe journalistique, tout comme le staff de la Princesse, restèrent totalement invisible sur la caméras, et absents des notes prises. On ne voyait que le journaliste, autant qu'il le fallait, Sherazade et bien entendu ses enfants, toute la famille était réunie sur un grand fauteuil blanc, en habits traditionnels, souriants et joyeux, mais en même temps bien disciplinés et écoutant bien leur mère, comme il se devait. La mère, justement ouvrit l'interview par de douces paroles, puis laissa chacun de ses enfants se présenter comme « Prince d'Alamut », ou princesse bien entendu, et se déclarer « prêt à servir le sultanat de tout son cœur ! » avec un bel enthousiasme, même pour les plus jeunes, qui y mettaient peut-être encore plus d'enthousiasme, un enthousiasme certes un peu enfantin mais assez touchante.

Chacun répondit à quelques questions de son mieux, celles-ci se complexifiant légèrement au fur et à mesure que l'âge augmentait. La dernière à être interviewée fut la Princesse Esmeralda, la fille aînée de Sherazade et, si elle triomphait, sa future héritière. Bien qu'elle n'ait que seize ans, la jeune fille su se montrer sérieuse sans pour autant devenir guindée et, comme sa mère, fit un abondant usage de son sourire. Répondant aux questions du journaliste avec beaucoup de sérieux, complétée par sa mère au besoin, elle affirma notamment que « Si ma mère est couronnée Sultane d'Alamut, je ferai de mon mieux pour servir notre pays et notre peuple en tant que Princesse Héritière et, un jour, pour succéder à ma mère au mieux de mes capacités, pour continuer après elle de construire le bonheur et la prospérité de l'Alamut et de ses habitants. », et mettant en avant qu'elle se souciait beaucoup de ses futurs sujets, s'impliquant, à son niveau, dans diverses œuvres de bienfaisance aux côtés de sa mère, notamment toutes celles qui pouvaient avoir une place pour les enfants, qu'elle était alors heureux d'aider.

Finalement, l'attention revint sur Sherazade elle-même, qui expliqua notamment comment se déroulait l'éducation de ses enfants, développant comment elle les préparait au mieux, et notamment Esmeralda, à servir au mieux le peuple d'Alamut un jour, puis glissa sur d'autres sujets les concernant, revenant parfois sur eux pour livrer quelques bouts de leur vie personnelle, sans tomber dans un sensationnalisme à l'occidental, mais assez pour donner l'impression au peuple de les connaître, de se sentir proche d'eux, et donc... de voter pour leur mère. Chacun dit encore quelques mots, puis enfin le mot de la fin revint à la future Sultane, qui expliqua combien elle savait comme cela pouvait être dur d'élever ses enfants seuls quand son mari était mort, qu'elle aussi avait subit des épreuves, mais que, comme tous ses futurs sujets, elle avait trouvé la force dans sa famille, dans ses traditions. Elle dit que, une fois au pouvoir, elle se battrait pour que ce genre de situation ne soit plus un calvaire, même pour les plus pauvres, et redit son attachement au traditionnalisme.

Après quelques mots encore, et une conclusion de la Princesse et de sa fille aînée, l'interview fini par prendre fin, et le journaliste prit congé. Prenant alors le temps de s'occuper de ses enfants dans une atmosphère assez joyeuse, mais moins disciplinée, Sherazade passa un bon moment avec eux, espérant que la publication de tout cela aurait l'impact positif qu'elle souhaitait, en montrant aux citoyens qu'au moins s'ils la choisissaient, ils n'auraient pas à s'inquiéter d'ennuyeux problèmes de savoir qui serait l'héritier de tel ou tel ténor, de savoir s'ils étaient qualifiés. Le Sultanat serait entre de bonnes mains une fois qu'il aurait quitté les siennes, elle en était certaine, et elle espérait avoir pu contribuer à faire voir la chose de son point de vue au peuple... sans compter les voies gagnées aussi par les visages sympathiques et ouverts de ses enfants...
Alwine

Message par Alwine »

[center][img]http://img.xooimage.com/files110/b/4/9/2116_475323-01-06...0k9inwix-4d1f8e3.jpg[/img][/center]


Le parti : Sans étiquette

Candidate : Princesse Sherazade

Le type d'actions : Visite dans un souk traditionnel de Farrhan

La communication de la Princesse Sherazade continuait de se déployer, encore et encore, inlassablement, comme si ni la belle ni ceux qui la conseillaient ne pouvaient admettre de se relâcher, même un peu. Et, en effet, la future Sultane considérait que, si elle voulait concrétiser cette restauration de trône de ses ancêtres, il s'agissait de ne pas ménager ses efforts, de continuer à capter l'attention tout en prenant garde à ne pas lasser ceux qui l'écoutaient et la regardaient, que ce soit directement ou via la diversité des médiats. Pour l'heure, et à ce qu'il semblait, elle était la seule à faire parler directement et ouvertement d'elle, du moins avec des actualités directement en rapport avec sa campagne. Cela lui semblait presque trop beau pour être vrai, et en tous cas certainement trop beau pour durer jusqu'au bout. Elle se doutait bien que, au final, lors des dernières semaines ou des derniers jours de la campagne, elle devrait probablement faire face à une montée d'activité de la part des autres candidats mais, si elle parvenait à prendre suffisamment d'avance, cela ne ferait que lui donner autant de points sur lesquels rebondir pour trouver elle-même un nouveau souffle en fin de campagne – du moins, elle l'espérait.

Pour cela toutefois, l'étape indispensable restait, encore et toujours, de continuer à construire son avance. L'absence de sondages réguliers ne lui laissaient guère la possibilité de pouvoir mesurer l'avance en question de manière totalement fiable, mais elle avait bon espoir que cette avance existe, et même, dans le meilleur des cas, qu'elle commence à se faire réellement sentir... mais, bien entendu, tout n'était pas joué, loin de là. Elle avait eut des échos plutôt positifs de l'interview en compagnie de ses enfants. Esmeralda, surtout, semblait avoir fait très bonne impression . Mais les avis qu'elle recevaient restaient relativement peu nombreux au rgard du nombre total des électeurs d'Alamut, et elle devrait attendre des résultats plus précis pour en être sûre et, surtout, pour pouvoir en mesurer l'impact exact. En tous cas, le fait que tout ce soit bien passé et que ls retours soient plutôt positif confirmait que sa famille pourrait être un levier utile pour la suite de sa campagne, et que l'on pouvait programme un retour sur le devant de la scène pour eux, pas immédiatement, mais peut-être dans la seconde ou la troisième partie de la bataille électoral, tout du moins.

Pour l'heure, il s'agissait de jouer d'autres cartes et, heureusement, le staff de la Princesse en avait de nombreuses autres dans la manche. Ainsi, ce jour-là, avaient-ils prévus la visite d'un souk traditionnel dans la ville de Farrhan. L'intérêt en était double : d'une part rencontrer la population directement, et donner l'image de ce qu'elle était, à savoir une femme proche de son peuple, et d'autre part mettre en avant l'aspect traditionnel, qui était un des grands fils rouges de sa campagne.Un bon compromis, en somme qui, avec de la chance, devrait lui permettre de convaincre encore un peu plus de gens que la meilleure voie pour l'Alamut était de la ramener sur le trône de son grand-père, de restaurer la dynastie des Sultan d'Alamut pour qu'elle puisse assurer, comme elle l'avait fait pendant de si longs siècles, la prospérité et le bonheur de leur pays, non pas en étant prisonnière du passé mais bien en se servant de celui-ci pour construire un avenir qui serait cohérent avec l'identité et la façon d'être du peuple de ce si beau pays, entre le désert et la mer.

Et elle avait donc pris la route du souk, vêtue à nouveau d'une tenue à la fois simple, loin des fastes dorés d'une cours détachée de son peuple, et de bonne qualité, car une future monarque ne pouvait pas sérieusement être vêtue comme une mendiante. Elle n'avait pas non plus une suite impériale, mais était juste accompagnée de quelques collaborateurs ainsi que de quelques gardes du corps pour sa sécurité mais qui, plutôt de l'entourer d'une muraille de fer, se contentaient de veiller sur elle à moyenne distance, prêts à agir si d'aventure un fou ou un fanatique, peut-être islamique, tentait de mettre fin brutalement à ses jours par un coup de feu ou de poignard. Il y avait également des journalistes, bien évidemment, son staff était trop bien rôdé à les faire venir sur les lieux de ses déplacements, maintenant, pour qu'il en soit autrement, mais ceux-ci ne paraissaient pas vraiment être venus avec la Princesse, lui gravitant autour et lui donnant l'occasion, lorsqu'ils étaient trop pressant, de leur demander en souriant de « S'écarter pour que mon peuple puisse venir à moi si et comme il le souhaite ».

Ce fut ainsi, jamais autoritariste, mais toujours ferme quand il le fallait, fermeté qu'elle exerçait plus volontiers sur ceux qui l'entouraient, journalistes et collaborateurs, et en faveur des simples gens qu'elle venait visiter, que sur ces gens eux-mêmes. Bien entendu, tous, dans la foule, n'étaient pas de ses partisans, mais ses conseillers avaient sélectionné tout de même un quartier où il était connu qu'elle était assez populaire. De la sorte, même si elle rencontra des gens aux visages et parfois aux mots durs, nul ne se permit d'aller trop loin, fut-ce dans les mots, tant il était visible et sensible que la majorité des gens présents auraient réagit par une réaction probablement violente à l'encontre de celui qui aurait eut la folie d'une telle audace. Et à ceux qui étaient tout de même visiblement hostile, elle présentait un sourire, et elle offrait quelques mesures de son temps pour, quand ils étaient assez ouverts, dialoguer sur telle ou telle question, s'efforçant toujours de démontrer son point de vue avec respect et douceur, sans autorité mal placée, mais toujours avec fermeté, sans pour autant paraître trop fermée. Elle écoutait ce que l'autre disait, puis répondait de façon construite en faisant appel à la raison ou aux sentiments.

Bien sûr, si elle pouvait convaincre ceux à qui elle s'adressait, ce serait une très bonne chose mais, au-delà d'eux, il s'agissait aussi de tenter de toucher tous les potentiels sceptiques aillant les mêmes convictions et qui l'entendraient ou la liraient par le biais de la presse, si toutefois les journalistes voulaient bien reprendre tel ou tel argument bien choisi. Pour autant, elle ne s'arrêtait toutefois pas que sur ceux qui étaient hostiles, au contraire même ! Elle donna largement l'occasion aux journalistes de capter la ferveur qui semblait animer le petit peuple pour sa future souveraine, les sourires, les larmes d'émotions, parfois, qui naissaient sur les visages, les paroles positives, parfois pleines d'espoir, parfois de hargne ou d'énergie, qui lui étaient adressées. Sans doute le façt de se trouver dans une zone favorable biaisait-il cet échantillon, et sans doute toute la population n'était-elle pas unanimement du même avis, mais qu'à cela ne tienne : ici, Sherazade renvoyait une impression de proximité, de faveur populaire, et elle ne considérait pas cela comme tromperie car ces émotions elle voulait véritablement les inspirer à tout son peuple.

Finalement, elle resta longuement dans le souk et y mangea même, ce qui occasionna de légers remous, car le commerçant, qui était visiblement de ses ardents partisans, insista pour lui offrir le repas en gage de respect, tandis qu'elle aurait voulu le payer pour prouver que « Même couronnée par la faveur de mon peuple, je n'abuserai jamais de mes pouvoirs pour exploiter celui-ci ». Au final, ils trouvèrent un compromis, et sans perdre le sourire, la Princesse lui remettant le prix du repas et lui disant d'en faire profiter les pauvres et les nécessiteux de la manière qui lui semblerait la plus juste. Désarmé par son sourire et sa douce persuasion, le commerçant ne pu qu'accepter, et promis qu'il utiliserait cet argent pour aider les plus pauvres de ses voisins, à qui il fournissait parfois de la nourriture gracieusement et qu'il pourrait ainsi mieux aider. Sherazade l'en félicita, et lui dit que c'étaient « Des gens comme lui qui lui donnaient la foi inébranlable en son peuple bien-aimé », avant de reprendre la route en étant certaine, du moins, de pouvir compter sur le vote de cet homme entre tous.

Après bien d'autres rencontres positives comme celles-là, et de petits débats toujours courtois avec ceux qui n'étaient pas d'accord avec elle, la Princesse quitta le souk alors qu'il était déjà tard, sur le crépitements de quelques ultimes flash d'appareils photo. Encore une journée riche en émotion et en rencontre, dont elle espérait qu'elle avait pu la faire progresser un peu plus encore vers la victoire et la restauration du Sultanat dont elle rêvait pour ce peuple extraordinaire qui était le sien.
Alwine

Message par Alwine »

[center][img]http://img15.hostingpics.net/pics/939039Sherazade.png[/img][/center]


Le parti : Sans étiquette

Candidate : Princesse Sherazade

Le type d'actions : Inauguration d'un musée à Ajmane

Si certains éléments du planning de la campagne électorale de Sherazade étaient aisément transposables, modifiables ou déplaçables à souhait, et pouvaient même facilement être annulés, le tout en fonction de l'actualité politique du moment – même s'il était vrai que, jusqu'ici, la Princesse avait rarement eu à faire de telles choses tant elle parvenait à occuper, la majeure partie du temps et jusqu'à nouvel ordre, le devant de la scène médiatique pour ainsi dire toute entière – il en étaient d'autres qui, au contraire, étaient bien plus solidement fixés dans le calendrier, car ils étaient impossibles à déplacer d'une part, et avaient parfois été difficile à placer tout court d'autre part. Ainsi, s'il était facile de bouger comme on le voulait, d'annuler, de programmer ou de déprogrammer certaines activités de la semaine qui venait de s'écouler, telle l'interview avec sa famille, par exemple, ou encore la visite d'un souk, il était en revanche beaucoup plus difficile d'opérer de telles actions sur un événement comme celui prévu ce jour-là, à savoir l'inauguration d'un nouveau musée, chose qui n'arrivait pas tout les jours.

Certes, le musée restait modeste, ce n'était qu'un petit musée en banlieue de la ville d'Ajmane, financé essentiellement par des fonds privés. D'ailleurs, si c'était la Princesse qui avait été choisie pour l'inauguration, alors qu'elle n'avait, pour l'instant, aucune fonction officielle et que, toujours pour l'instant, elle n'occupait aucune fonction publique, ce n'était pas seulement le fait des convictions de ceux qui étaient chargés de diriger le musée, loin de là, c'était aussi, et peut-être même surtout, car les principaux mécènes qui avaient financé cette nouvelle institutions s'étaient, eux, ralliés à la cause du renouveau du Sultanat, et souhaitaient donner l'occasion à celles qu'ils voulaient voir comme leur future souveraine de s'offrir une nouvelle mise en avant positive. Et c'était bien aussi le souhait du staff de la jeune femme, sans compter que cela présentait également un autre avantage, celui de l'associer à ce qui était souvent, dans l'esprit populaire, vu comme le rôle d'un quelconque représentant publique, ce qu'elle n'était pas encore juridiquement, mais qu'elle aspirait à devenir. Et l'écho mineur de l'événement, en temps normal, serait compensé par les médias qui suivaient Sherazade presque comme son ombre, à présent.

Cette publicité, d'ailleurs, serait positive pour le musée, comme elle l'avait été pour tous les événements où, au cours de cette campagne, la Princesse s'était rendue comme marraine ou autre. Le mois qui venait de s'écouler prouvait largement l'efficacité de la méthode consistant à mettre la jeune femme en avant pour « booster » l'attention accordé à un lieu, et sans doute les mécènes du musée comptaient-ils également sur cela en acceptant qu'elle vienne se charger de l'inauguration. Après tout, ni, pour prendre seulement quelques exemples, l'exposition d'art qu'elle avait parrainé, ni le festival de musique traditionnelle pour lequel elle avait fait de même n'avaient eut à se plaindre de la publicité faite, au contraire. Même si Sherazade ne faisait bien entendu pas – ou plutôt pas encore, espérait-elle – l'unanimité autour de sa personne, néanmoins, tous, qu'ils soient pour ou contre la candidature de la jeune femme, avaient l'attention attirée par l'événement ou la chose en question et, même pour ceux qui ne l'appréciaient pas, étaient parfois poussés par la curiosité à voir ce dont il en retournait vraiment.

Et, à voir les gens qui étaient venus assister à l'inauguration, mis en rapport avec l'importance assez modeste du musée, la recette semblait bien avoir fonctionné une fois encore, car la foule était au rendez-vous. Bien entendu, les journalistes étaient aussi de la partie, et donneraient à l'événement un écho qu'il n'aurait certainement pas eu sans cela. Une belle cordelette dorée avait été tendue devant l'entrée du musée, et un un pupitre avait été élevée devant celle-ci, avec micros, car, bien entendu, on attendait de l'inauguratrice en pleine campagne électorale qu'elle prononce un petit discours tout de même, pour bien marquer le coup. Des enceintes judicieusement placées permettraient à tous d'entendre ce qu'elle dirait facilement, et créeraient encore un peu plus de « bruit », au sens propre pour le coup, autour de l'ouverture du musée. Ne restait plus qu'à amener la Princesse elle-même, qui ne tarda d'ailleurs pas à faire son apparition, franchissant les portes du musée en compagnie du conservateur et du responsable de communication de la toute nouvelle structure, portant sa couronne « princière » et son sourire charmeur.

Après quelques applaudissements, elle prit place au pupitre, vérifia rapidement les micros, puis débuta son discours. Elle commença par remercier tous ceux qui étaient venus ce jour là, en si grand nombre, pour « Découvrir et honorer notre belle culture, celle de l'Alamut dans toute sa beauté et sa splendeur », se déclarant ravie de voir que cela intéressait autant de gens, même quand l'échelle du musée était si modeste, mais non pas moins estimable pour autant. Avec un nouveau sourire, elle redit tout son attachement à la culture de son pays, et déclara que les musées, les expositions, qu'ils soient petits ou grands, nationaux ou privés, glorieux ou modestes, participaient tous, à leur mesure, à conserver et à prolonger la culture de l'Alamut, son héritage si riche et si profond, ses traditions si nombreuses et vivaces, tout comme, dans le peuple, les riches et les pauvres, les grands et les petits, participaient tous à ce qui faisait la grandeur et la force de la nation toute entière.

Désignant le bâtiment derrière elle, elle les assura qu'ils y trouveraient, outre une exposition d'objets anciens et modernes tous remarquables, le produit de fouilles très intéressantes et quantité d'explications et de mises en évidence qui leur permettrait à tous de comprendre toute la densité et la complexité de cet héritage si riche et si vivant. Un héritage, insista-t-elle, qu'il leur faudrait toujours faire vivre, toujours honorer, quelques soient les progrès ou les épreuves des temps à venir, car c'était sur lu, sur ce socle puissant et solide que « L'Alamut nouveau, le mien, le vôtre, le nôtre, doit se construire toujours plus haut, tel un arbre qui jamais, quelque soit sa majesté, ne doit oublier ses racines ». Elle proclama également sa confiance dans l'équipe du musée, qu'elle cita les uns après les autres dans une belle envolée, pour conserver et mettre en valeur ce formidable patrimoine qui leur était confié, et promis que, si le peuple lui accordait de restaurer le trône de ses ancêtres et d'y monter, elle s'assurerait que, plus encore qu'aujourd'hui, la culture, fondement des traditions et de l'identité nationale d'Alamut, serait aidée, financée et protégée.

Finalement, après avoir livrés encore quelques paroles de louanges sur le musée, elle invita chacun à découvrir les choses par lui-même et, se saisissant des ciseaux prévus à cet effet, trancha rapidement le ruban sous les flash des photographes. La foule pu alors commencer à avancer, et Sherazade elle-même gagna le musée avec l'équipe d'encadrement de celui-ci, renforcé de plusieurs personnes amenées par la Princesse pour aider en ce jour particulier et si important. La future Sultane elle-même resta encore un moment dans la foule, n'hésitant pas à aider tel ou tel groupe qui semblait un peu perdu, recentrant la plupart des questions sur le musée ou la question de la culture, mais acceptant parfois de répondre à une ou l'autre question sur un autre sujet. Elle parla également à plusieurs journalistes, qui l'interrogèrent sur sa présence et sur le musée, et se fit un plaisir à chaque fois de démontrer sa connaissance du sujet en commandant l’œuvre ou le vestige près duquel ils se trouvaient alors, aidée bien entendu autant par sa culture que par le fait qu'elle ait eut l'occasion d'une longue visite privée au part avant.

Alors que la journée avançait bien, et que l'affluence commençait à devenir gérable, Sherazade fini par s'éclipser, après avoir dit aurevoir au conservateur sur un sourire éclatant et une douce poignée de main. Elle laissa ses aides sur place pour continuer à canaliser les visiteurs qui restaient tout de même nombreux, et reparti avec une petite équipe de ses conseillers. Elle était contente de cette journée, et espérait autant avoir contribuer à promotionner la culture de ce pays qu'elle considérait plus que jamais comme sien, peut-être bientôt dans tous les sens du terme, qu'avoir pu marquer quelques points supplémentaires pour cette campagne...
Alwine

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Le parti : Sans étiquette

Candidate : Princesse Sherazade

Le type d'actions : Visite d'un marché aux poissons à Ahmerrad

L'inauguration du musée, quelques jours plus tôt, avait été un véritable succès, au moins pour le musée lui-même, qui avait fait le plein d'entrée. Pour connaître l'impact politique exact, il faudrait, une fois de plus, attendre un nouveau sondage, et le staff qui encadrait la Princesse bouillonnait parfois de ne pas avoir les moyens de pouvoir organiser ses propres sondages. Mais de toute façon, cela aurait été sans objet : seul un sondage indépendant pouvait réellement avoir de la valeur, quand on demandait une telle précision. En attendant, on pouvait juste dire que la popularité de Sherazade augmentait de jour en jour... et aussi compter les autres atouts que rapportaient ses actions. Ainsi, la réussite du musée, si la future Sultane s'en réjouissait d'abord pour elle-même, avait également un autre grand mérite, celui d’associer un peu plus l'idée de la venue de la Princesse avec le succès d'un événement, et donc de rendre plus facile la recherche éventuelle de nouveaux événements auxquels l'associer en cours de route.

Pour autant, si elle était plus que consciente de leur utilité, à la fois pour elle-même, donc, et pour des causes et des institutions qu'elle était heureuse d'aider, comme toutes celles qui participaient à établir toujours un peu plus, partout dans le pays, la présence et la pérennité de la culture et des traditions d'Alamut, Sherazade ne souhaitait pas ne verser que dans ce genre-là. Pour toucher l'ensemble de son peuple, il fallait viser toutes les couches de la population, et se rendre dans toutes les régions du pays. Tous, qu'ils soient riches ou pauvres, qu'ils habitent l'est ou l'ouest, le sud ou le nord, le long de la mer ou dans une oasis du désert, devaient pouvoir l'identifier en tant que leur Sultane, en tant que celle qui leur assurait justice et protection sans aucune discrimination, quelle qu'elle soit. C'était le but à terme, quand elle serait arrivée sur le trône, mais il devait déjà avancer autant que possible maintenant, à la fois pour prendre de l'avance sur le but final et pour permettre à chacun, dans toutes les zones du pays, de la connaître et donc de pouvoir avoir l'occasion de choisir de voter pour elle, la portant sur le trône d'où elle pourrait au mieux servir son pays.

Et cela tombait bien puisque sa nouvelle activité, tout en la mettant une nouvelle fois directement au contact de son peuple, allait l'amener dans une ville qu'elle n'avait pas encore visiter au cours de la campagne, Ahmerrad, pour rencontrer une catégorie de la population qu'elle n'avait pas encore vu jusqu'ici pendant ladite campagne : les pêcheurs. Traditionnellement, et encore aujourd'hui, ils étaient après tout une composante essentielle du pays, de par les richesses qu'ils tiraient de la mer et qui pouvaient palier à certains problèmes d'alimentation du pays lui-même, liés à des problèmes de fertilité par exemple. De ce fait, dans l'esprit de Sherazade, les marchés au poisson de taille modeste, d'échelle humaine, comme il en existait encore dans les ports, étaient, tout autant que les tapisseries antiques, le produit des vielles fouilles ou les peintures actuelles, une incarnation vivante, réellement vivante dans ce cas, composée d'hommes et de femmes de son peuple, une incarnation, donc, de la tradition de l'Alamut, de son caractère particulier, national, de son identité arabe et barebjalienne.

C'était donc sans honte, au contraire, que la future Sultane de tout l'Alamut, et donc aussi des pêcheurs qui allaient, chaque jour, tirer de la mer de quoi nourrir de nombreux sujets de son futur trône, avait programmée cette visite, à laquelle elle arriva très tôt, le matin du jour dit, alors que l'activité commençait sur place. Comme lors de la visite du souk, quelques jours plus tôt, son équipe avait bien entendu soigneusement tâté le terrain, et choisi, entre les villes côtières et les différents marchés aux poissons traditionnels ou de taille modeste qu'elles pouvaient abriter, un de ceux où on était le plus favorable autant à la personne qu'aux idées de la belle Princesse Sherazade. Et, comme de bien entendu, les journalistes étaient une fois de plus au rendez-vous. Mais, reprenant le système qui avait bien fonctionné lors de la visite du souk, la future souveraine elle-même n'était entourée que de quelques membres de son staff, les journalistes aussi bien que les gardes du corps gravitant en règle générale à plus grande distance, de façon à pouvoir couvrir l'événement aussi bien que les arrières de la Princesse, en fonction de leur métier, sans l'empêcher de rencontrer les gens.

Et des gens, une fois encore, elle en rencontra ! Elle passa une bonne partie de la journée dans le marché, répétant, une fois encore, le schéma qui avait si bien fonctionné lors de sa visite du souk. Elle parlait aux gens des sujets qu'ils amenaient sur la table, qu'ils soient politiques ou parfois autres, évitant habillement ceux qui étaient le plus gênant dans une catégorie ou l'autre, au besoin en écourtant la conversation avec un sourire charmeur. Elle s'attarda aussi bien sur ses détracteurs que sur ses partisans, profitant de ses discussions avec les uns pour répondre aux critiques que l'on pouvait lui formuler, tandis que pour les autres elle les laissait faire le gros de la conversation, les arguments positifs étant ainsi avancés, et parfois captés par les journalistes, venant non pas de sa propre bouche mais directement de celle du peuple, de quoi donner l'image que ses idées, ses thèses, n'étaient pas de son seul fait mais bien issus d'une sorte de sagesse populaire.

Bien entendu, elle prit aussi, et largement, le temps de discuter avec les pêcheurs et les restaurateurs, admirant les prises, parlant de la conjoncture. Elle promis que sous son règne, les dernières traces de pirateries et de problèmes d'exploitation des ressources de la mer seraient éradiquées partout, y compris ici, à Ahmerrad, que la justice du Sultanat s'étendrait sur les mers aussi bien que sur la terre, et ce que l'on soit ici, sur la côte ouest, ou dans le Golfe de Narra. Elle promis de sauvegarder les modes de pêches traditionnels, et de s'assurer que tous, même les petits pêcheurs, seraient toujours en mesure d'exploiter la mer de façon juste et équitable, sans avoir à renoncer à un métier qui était parfois exercé par leurs ancêtres depuis de très nombreuses générations, et était une véritable tradition familiale, que, dit-elle, « Il faut absolument préserver et encourager, de façon à ne pas créer de pauvres citadins arrachés à la mer qu'ils ont connu depuis tant de générations, privés de leurs racines et de tout ce qui fait leur identité. »

Finalement, au terme d'une journée qui, une fois de plus, avait été riche en rencontre, tout en permettant, elle l'espérait, de conforter ses soutiens et de convaincre les sceptiques, que ce soit sur place ou, via les médias, dans tous le pays, la Princesse s'en retourna, en aillant acheté, avec le sourire, de belles quantités de poissons pour les repas familiaux et la distribution au plus pauvres. Une nouvelle journée de terminée, mais la campagne approchait à peine de sa moitié, et était donc encore bien loin d'être finie...
Alwine

Message par Alwine »

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Le parti : Sans étiquette

Candidate : Princesse Sherazade

Le type d'actions : Parrainage d'une exposition sur la littérature ancienne à Narra

L'Art. Sherazade en revenait souvent à cela, et sans doute ses opposants le lui reprocheraient-ils à un moment ou à un autre, mais pourtant, pour elle, c'était bel et bien une chose essentielle. En effet, c'était l'art qui, sous toutes ses formes, de la peinture à l'écriture, des sculptures aux tapisseries, était le meilleur vecteur extérieur pour rappeler aux hommes et aux femmes d'Alamut quelle était leur histoire, quelles étaient leurs traditions et quelle était, au fond, leur identité. Bien sûr, l'idéal était la transmission directe, d'homme à homme, de femme à femme, de la culture, de l'identité, des traditions, et elle voulait également mettre cela en avant, comme elle l'avait fait quelques jours plus tôt en visitant un marché aux poissons traditionnel sur la côté ouest, et en y mettant en lumière la continuité des siècles qui, en dépit des moyens qui avaient évolués au fil du temps, et pas seulement à l'époque moderne, reliait, parfois avec un lien du sang direct, les pêcheurs d'aujourd'hui avec ceux qui, depuis de si nombreux siècles, avaient avant eux pris le chemin de la mer pour rapporter le poisson nécessaire à l'alimentation du pays.

Néanmoins, cette transmission ne pouvait toujours se faire parfaitement, ou alors ne pouvait se faire sans support. Et quand un tel cas se présentait, quand un fragment d'identité se perdait, ou qu'une transmission ne pouvait se faire sans l'aide de quelque chose d'autre, c'était là qu'intervenait l'art, soit un art tangible, physique, soit un art immatériel, musical par exemple. Les uns comme les autres étaient important, et Sherazade avait aussi, d'ailleurs, apporté son soutient à des musiciens, et elle le ferait encore à l'avenir. Elle était convaincu que c'était tout cela, la transmission directe, d'abord, puis celle, plus indirecte, de l'art physique et de l'art immatériel, qui, une fois tous ces éléments pris ensemble, permettait au peuple d'Alamut d'être relié au plus près avec ses ancêtres, avec tous ceux qui avaient bâtit la gloire et le quotidien du pays depuis les temps anciens, avec tout ce qu'ils avaient transmis aux générations présentes, toutes ces choses qui construisaient l'identité du pays du Barebjal occidental.

Cette fois-ci, elle avait décidé de s'intéresser, et du coup, vu la période électorale et la couverture médiatique dont elle disposait dans celle-ci, d'intéresser le pays à travers elle, à ce qu'on oubliait parfois aussi être un art : l'écriture, la littérature. Plus particulièrement, en l'occurrence, les écrits des temps anciens. Une exposition allait justement ouvrir sur le sujet dans un musée de taille moyenne, à Narra, mais, au milieu de toutes les activités du grand poumon économique d'Alamut, il y avait peu de publicité autour de celle-ci. L'équipe de la Princesse avait donc prit contact avec ses organisateurs de l'exposition, et, rapidement, ceux-ci avaient acceptés. Il se trouvait que la plupart, amoureux des temps anciens, voyaient plutôt d'un bon œil l'idée d'une restauration monarchique et d'un retour au Sultanat, dont ils connaissaient pour la plupart les grandes gloires passés, mais plus encore, la réputation de Sherazade depuis le début de la campagne, qui était d'attirer l'attention et le succès sur les événements qu'elle parrainait, avait également beaucoup joué, bien entendu.

Et voilà comment les dispositions avaient été prises et, comme d'ordinaire, la population et la presse averties. Une fois encore, l'une et l'autre avaient volontiers répondu présent à l'appel, si bien que, le jour de l'ouverture de l'exposition, une foule relativement nombreuses se trouvait réunie, d'autant plus facilement qu'ici, à Narra, il était assez facile de réunir beaucoup de monde pour un événement culture, pour peu qu'on ait su faire naître un intérêt autour de l'événement, comme cela avait été le cas ce jour-là grâce à la venue de la Princesse. Celle-ci fit son entrée alors que l'exposition venait tout juste d'ouvrir et que les premiers visiteurs y étaient entrés, arrivant dans le musée presque comme une visiteuse ordinaire, si ce n'était, bien entendu, les gardes du corps qui, à bonne distance bien entendu, veillaient sur elle, histoire de s'assurer, comme de coutume, que nul ne pourrait atenter à la vie de la future Sultane... et, tout aussi évidemment, l'attention des journalistes et bien vite de la plupart des visiteurs qu'elle commença très rapidement à capter.

Pourtant, elle découragea gentiment l'effet de foule, et encouragea tout un chacun à se concentrer non pas sur elle mais « Sur la magnifique exposition que nous sommes tous venus voir en ce jour dans ce beau musée, venant parfois de loin pour le seul plaisir de la découvrir enfin maintenant qu'elle s'offre à nos regards curieux et émerveillés », le tout avec un sourire charmeur qui rendait difficilement imaginable l'idée qu'elle pu ne pas dire la vérité, quoique, bien entendu, nombre de gens étaient également venu pour elle, ou du moins « à cause » d'elle. Ces quelques mots à l'entrée suffirent à dissiper l'idée d'un attroupement, toutefois, et il devint clair que la Princesse ne comptait pas se livrer à un discours, mais bien, avant tout, mettre en avant l'exposition qu'elle était venue parrainée ce jour-là. Ce n'était pas pour autant qu'elle refusait toutes les questions mais, un peu comme lors de ses visites « populaires », dans un marché ou dans un souk, elle préférait que celles-ci soient posées « en petit comité », et, autant que possible, faisait en sorte de recentrer le gros de la conversation sur l'exposition et les œuvres exposées, ou du moins sur la culture en général, ce sur quoi, bien entendu, elle avait de nombreuses choses à dire.

Elle se montrait plus extensive, toutefois, lorsqu'il s'agissait de cette exposition-ci en particuliers, de ces écrits, de ces œuvres littéraires, qui étaient livrées à l'attention de tous. De nombreux manuscrits et fragments étaient exposés, tantôt sous la forme de parchemins, tantôt sous la forme de livres, et même pour quelques-uns sous la forme de papyrus. Chacun était bien entendu exposé dans une vitrine, ouvert, quand il y avait lieu, sur une page remarquable ou l'autre, et était également accompagné d'une notice, moderne celle-ci, sur le contenu ou parfois sur le contenant, que ce soit sur le support proprement dit, sur le style d'écriture, sur l'encre ou sur les conditions dans lesquelles l'objet était parvenu jusqu'à eux. Sherazade, enthousiaste et le sourire aux lèvres, s'arrêtait souvent devant l'une ou l'autre œuvre, et la commentait, qualifiant souvent les vieux manuscrits de « Fenêtres ouvertes directement sur notre passé, qui nous permettent, au lieu de simplement conjecturer sur les temps anciens, d'en avoir un extrait direct, pris au vif, ce qui constitue pour nous tous une formidable chance de connaître la pensée et la vie de nos ancêtres », avec une joie visible de pouvoir découvrir tous ces trésors.

Bien entendu, elle répondit aussi à d'autres questions, parfois plus générales, évitant juste de s'y attarder, et donna largement matière, au niveau des photos aussi bien que des déclarations orales, pour que les journalistes puissent une nouvelle fois faire un papier très riche sur elle et sur son action ce jour-là. Plus encore, elle eut l'occasion de faire passer, grâce à eux, son message sur les textes anciens à l'ensemble de ses futurs sujets, mais aussi, hors de toute action journalistique, de pouvoir rencontrer, lors de l'exposition, d'autres passionnés. Elle avait promis une fois encore que si elle montait sur le trône du Sultanat, elle ferait tout pour soutenir plus encore la culture et la promouvoir au près de tous, même des plus humbles de ses sujets, de façon à ce que chacun puisse profiter de ces fameuses « fenêtres » ouvertes sur le passé de leur peuple, un peuple qui n'était pas, hier comme aujourd'hui et comme demain, composé seulement de pauvres ou seulement de riches, seulement d'incultes ou seulement de savants, mais qui était plus encore que tout cela, qui était la trame vivante et authentique de l'Alamut.

Finalement, après bien des questions et bien des sourires, et après avoir découvert la collection sous tous ses angles, la Princesse se retira alors que la journée était déjà bien avancée, et que le succès de l'exposition semblait décidément se confirmer. Elle ne pouvait qu'espérer que cela continuerait et, en attendant, se préparer, déjà, pour la prochaine action de cette campagne qui était loin d'être finie et que, au nom de son peuple, elle ne comptait pas abandonner, même quand ses concurrents semblaient se faire rares sur le devant de la scène...
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