[RPs] En-dessous du tapis présidentiel
-
Steve
[center]Parc présidentiel
«Lisez la page soixante-six»[/center]
Jimmy Decker avait eu suffisamment de temps pour regarder tous les dossiers dont il devait prendre connaissance en tant que président de la Shawiricie. Il y avait, dans la culture populaire, une légende qui prétendait qu'il existait en Shawiricie un «livre des présidents», une sorte de journal intime où tous les présidents shawiricois y écrivaient les plus sombres secrets de leur présidence pour y informer les successeurs à la plus prestigieuse fonction du pays. Bien qu'il s'agisse d'une légende, seulement une poignée d'hommes pouvaient affirmer, yeux comme appuis, que ce livre existait bel et bien. Et cette poignée d'hommes, bien évidemment, était les présidents de la Shawiricie. Le «Livre de la Fédération» était une idée du septième président shawiricois, le socialiste Thomas Chara. Depuis, tous les présidents y consacraient d'une à vingt pages. Des paragraphes, des mots-clés, des adresses... Il y avait de tout. Decker avait parcouru le livre, apprenant bien des choses, notamment comment avait été réélu d'aussi nombreuses fois le président Brett Wilmore. Un grand homme du peuple, disait-ont, hein? En parcourant les pages consacrées à la présidence du président Blackburn, Decker sourcillait. Une page, dont les propos étaient terribles, ne pouvait être laissée sous silence. Il demanda donc un entretien avec le président Blackburn dans le parc présidentiel, un endroit bien éloigné des micros et des oreilles, puisque vérifié six fois par jour. Blackburn accepta la rencontre avec le président Decker, puis des hommes des services secrets amenèrent Brian Blackburn jusqu'au parc, où Decker était assis sur un banc, regardant droit devant lui, une pochette de velours bleue sur ses cuisses.
Brian Blackburn : Monsieur le président. Il y a des années que je n'ai pas vu cette magnifique vue. Je vois que l'aménagement paysager a été refait. Sûrement l’œuvre de Himbab ou Calvin. Il faut au moins leur donner ça, aux démobloquistes, ils savent aménager un parc. C'est probablement la seule chose qu'ils savent faire...
Jimmy Decker : Je vous en pris, asseyez-vous.
Blackburn s'exécuta puis prit place à la gauche du président Decker.
Brian Blackburn : J'imagine que je ne suis pas ici pour admirer les jolies fleurs... J'ai toujours détesté admirer les fleurs. Je me rappelle, lorsque j'étais en fonction : je venais ici une demi-heure par jour pour faire croire à mon chef de cabinet que je réfléchissais sur les grands enjeux... Les plus belles minutes de ma présidence. M'enfin. Qu'est-ce que je peux faire pour vous, Jimmy? Vous apprendre à dompter Barnes? (rires)
Jimmy Decker : Où est-il?
Brian Blackburn : De quoi me parlez-vous?
Jimmy Decker : Où est le vingt-huitième président des Nations-Unies de la Shawiricie, Brian?
Brian Blackburn : Comme tous les autres, Jimmy. Il est à Stepro. Au Winchester National Cemetery. Si ma mémoire est bonne, il est dans la huitième rangée...
Pendant que Blackburn lui indiquait la position du cercueil du vingt-huitième président shawiricois, le président Decker sortit de sa pochette de velours bleue un livre, qu'il tendit à l'ancien président conservateur. Immédiatement, Blackburn prit la pochette de velours, y inséra le livre et redonna la pochette au président Decker.
Brian Blackburn : Vous êtes complètement fou! Ça ne doit pas sortir de la salle noire, il me semble que c'est bel et bien inscrit à la première page! Non, mais putain, avez-vous perdu la tête? Si ce livre tombe entre les mains de quelqu'un, nous pouvons dire adieu à ce beau pays, oui!
Jimmy Decker : Le X7 saura corriger la situation si cela se produit. Où est-il, Brian?
Brian Blackburn : Il est mort. Tenez-vous-en aux versions officielles. Je n'ai pas à commenter quelque contenu de ce livre, comme tous ses auteurs d'ailleurs. Au même titre que vous n'aurez de compte à rendre à personne pour ce que vous y inscrirez.
Jimmy Decker : Votre ascension au pouvoir ne m'intéresse pas. Ni même le comment de la chose. Vous avez été à ma place, Brian : vous connaissez la grandeur du pouvoir que je dispose pour obtenir les informations que je souhaite. Est-il en vie?
Brian Blackburn : Eh merde. Il devrait l'être encore. Je ne suis plus aux nouvelles depuis 2023... Vous devez savoir qu'il s'agit d'une affaire d'État aux conséquences désastreuses si cela s'apprend. Tant pour moi que pour la Shawiricie et son pouvoir. C'est un secret défense plus que national dont seulement deux hommes au monde, excepté nous, sont impliqués. Il est nourri. C'est tout ce qui compte. Il n'est ni torturé ni battu. Il fait son temps. Une condamnation à vie, si vous préférez.
Jimmy Decker : Où est-il?
Brian Blackburn : Nulle part. Oubliez cette histoire. Tournez la page.
Jimmy Decker : Où est-il, Brian? La prochaine fois que je vous pose la question, je laisse les services secrets entendre la réponse.
Brian Blackburn : Eh merde. Vous vous mêlez de quelque chose qui vous surpasse, Jimmy. Riverlake. Il est à Riverlake.
Jimmy Decker : Riverlake? Il n'y a rien qui s'appelle Riverlake en Shawiricie, Brian. J'en ai assez, soit vous...
Brian Blackburn : Retournez dans la salle noire. Et lisez la page soixante-six.
Jimmy Decker : Merci, Brian. Ce sera tout.
Jimmy Decker fit signe à deux hommes, à une trentaine de mètres des deux présidents conservateurs, d'approcher. Les deux hommes arrivèrent puis demandèrent à Blackburn de les suivre jusqu'à la sortie du périmètre sécurisé du Palais présidentiel...
Brian Blackburn : Oh, monsieur le président. J'oubliais de vous mentionner que le dernier oiseau qui s'est approché de la petite maisonnette s'est envolé vers le Sud trois mois plus tard...
«Lisez la page soixante-six»[/center]
Jimmy Decker avait eu suffisamment de temps pour regarder tous les dossiers dont il devait prendre connaissance en tant que président de la Shawiricie. Il y avait, dans la culture populaire, une légende qui prétendait qu'il existait en Shawiricie un «livre des présidents», une sorte de journal intime où tous les présidents shawiricois y écrivaient les plus sombres secrets de leur présidence pour y informer les successeurs à la plus prestigieuse fonction du pays. Bien qu'il s'agisse d'une légende, seulement une poignée d'hommes pouvaient affirmer, yeux comme appuis, que ce livre existait bel et bien. Et cette poignée d'hommes, bien évidemment, était les présidents de la Shawiricie. Le «Livre de la Fédération» était une idée du septième président shawiricois, le socialiste Thomas Chara. Depuis, tous les présidents y consacraient d'une à vingt pages. Des paragraphes, des mots-clés, des adresses... Il y avait de tout. Decker avait parcouru le livre, apprenant bien des choses, notamment comment avait été réélu d'aussi nombreuses fois le président Brett Wilmore. Un grand homme du peuple, disait-ont, hein? En parcourant les pages consacrées à la présidence du président Blackburn, Decker sourcillait. Une page, dont les propos étaient terribles, ne pouvait être laissée sous silence. Il demanda donc un entretien avec le président Blackburn dans le parc présidentiel, un endroit bien éloigné des micros et des oreilles, puisque vérifié six fois par jour. Blackburn accepta la rencontre avec le président Decker, puis des hommes des services secrets amenèrent Brian Blackburn jusqu'au parc, où Decker était assis sur un banc, regardant droit devant lui, une pochette de velours bleue sur ses cuisses.
Brian Blackburn : Monsieur le président. Il y a des années que je n'ai pas vu cette magnifique vue. Je vois que l'aménagement paysager a été refait. Sûrement l’œuvre de Himbab ou Calvin. Il faut au moins leur donner ça, aux démobloquistes, ils savent aménager un parc. C'est probablement la seule chose qu'ils savent faire...
Jimmy Decker : Je vous en pris, asseyez-vous.
Blackburn s'exécuta puis prit place à la gauche du président Decker.
Brian Blackburn : J'imagine que je ne suis pas ici pour admirer les jolies fleurs... J'ai toujours détesté admirer les fleurs. Je me rappelle, lorsque j'étais en fonction : je venais ici une demi-heure par jour pour faire croire à mon chef de cabinet que je réfléchissais sur les grands enjeux... Les plus belles minutes de ma présidence. M'enfin. Qu'est-ce que je peux faire pour vous, Jimmy? Vous apprendre à dompter Barnes? (rires)
Jimmy Decker : Où est-il?
Brian Blackburn : De quoi me parlez-vous?
Jimmy Decker : Où est le vingt-huitième président des Nations-Unies de la Shawiricie, Brian?
Brian Blackburn : Comme tous les autres, Jimmy. Il est à Stepro. Au Winchester National Cemetery. Si ma mémoire est bonne, il est dans la huitième rangée...
Pendant que Blackburn lui indiquait la position du cercueil du vingt-huitième président shawiricois, le président Decker sortit de sa pochette de velours bleue un livre, qu'il tendit à l'ancien président conservateur. Immédiatement, Blackburn prit la pochette de velours, y inséra le livre et redonna la pochette au président Decker.
Brian Blackburn : Vous êtes complètement fou! Ça ne doit pas sortir de la salle noire, il me semble que c'est bel et bien inscrit à la première page! Non, mais putain, avez-vous perdu la tête? Si ce livre tombe entre les mains de quelqu'un, nous pouvons dire adieu à ce beau pays, oui!
Jimmy Decker : Le X7 saura corriger la situation si cela se produit. Où est-il, Brian?
Brian Blackburn : Il est mort. Tenez-vous-en aux versions officielles. Je n'ai pas à commenter quelque contenu de ce livre, comme tous ses auteurs d'ailleurs. Au même titre que vous n'aurez de compte à rendre à personne pour ce que vous y inscrirez.
Jimmy Decker : Votre ascension au pouvoir ne m'intéresse pas. Ni même le comment de la chose. Vous avez été à ma place, Brian : vous connaissez la grandeur du pouvoir que je dispose pour obtenir les informations que je souhaite. Est-il en vie?
Brian Blackburn : Eh merde. Il devrait l'être encore. Je ne suis plus aux nouvelles depuis 2023... Vous devez savoir qu'il s'agit d'une affaire d'État aux conséquences désastreuses si cela s'apprend. Tant pour moi que pour la Shawiricie et son pouvoir. C'est un secret défense plus que national dont seulement deux hommes au monde, excepté nous, sont impliqués. Il est nourri. C'est tout ce qui compte. Il n'est ni torturé ni battu. Il fait son temps. Une condamnation à vie, si vous préférez.
Jimmy Decker : Où est-il?
Brian Blackburn : Nulle part. Oubliez cette histoire. Tournez la page.
Jimmy Decker : Où est-il, Brian? La prochaine fois que je vous pose la question, je laisse les services secrets entendre la réponse.
Brian Blackburn : Eh merde. Vous vous mêlez de quelque chose qui vous surpasse, Jimmy. Riverlake. Il est à Riverlake.
Jimmy Decker : Riverlake? Il n'y a rien qui s'appelle Riverlake en Shawiricie, Brian. J'en ai assez, soit vous...
Brian Blackburn : Retournez dans la salle noire. Et lisez la page soixante-six.
Jimmy Decker : Merci, Brian. Ce sera tout.
Jimmy Decker fit signe à deux hommes, à une trentaine de mètres des deux présidents conservateurs, d'approcher. Les deux hommes arrivèrent puis demandèrent à Blackburn de les suivre jusqu'à la sortie du périmètre sécurisé du Palais présidentiel...
Brian Blackburn : Oh, monsieur le président. J'oubliais de vous mentionner que le dernier oiseau qui s'est approché de la petite maisonnette s'est envolé vers le Sud trois mois plus tard...
-
Steve
[center]Parc présidentiel
«Vous n'en sortirez pas vivant»[/center]
Le président Decker avait été prévenu par Brian Blackburn : s'aventurer dans les couloirs les plus sombres de la présidence shawiricoise n'était pas forcément une bonne idée, et ce, même avec les plus belles intentions qui soit. Après avoir appris qu'un président présumé mort était en fait en vie, caché secrètement à Riverlake, Decker entrepris de trouver l'emplacement de ce drôle d'endroit. Riverlake. Riverlake n'était rien en Shawiricie. Recherches à l'appui. Et la page soixante-six ne donnait guère d'informations concrètes à ce sujet. Alors qu'il était assis à son bureau, cherchant désespérément à déchiffrer le charabia de la page soixante-six, un homme ouvra la porte, puis la referma derrière lui. Instinctivement, Decker cacha le livre dans son tiroir, puis leva la tête. L'homme qui venait de pénétrer dans son bureau n'était pas un habitué des lieux. Jamais Decker ne l'avait vu auparavant.
Agent Schaffer : Monsieur le président, je crois qu'il faut qu'on parle.
Jimmy Decker : Qui êtes-vous? Que faites-vous dans mon bureau? Sécurité! Sécurité!
Agent Schaffer : Ils ne viendront pas, monsieur Decker. Ils ont reçu l'ordre de ne pas s'approcher de cette porte. Ni même de l'autre. Ni même de la porte secrète derrière cette bibliothèque. Laissez-moi me présenter, je n'ai pas l'habitude des mauvaises manières. Je suis l'agent Schaffer. X7.
L'agent Schaffer vint pour serrer la main du président, mais celui-ci ne lui rendit pas la politesse.
Jimmy Decker : Le X7 ne s'ingère pas dans le pouvoir shawiricois. Encore moins se présente dans le bureau présidentielle. Que voulez-vous?
Agent Schaffer : Bien. Vous m'en voyez navré. Au risque de froisser l'individu que vous représentez, laissez-moi vous indiquer une petite précision quant à nos rôles respectifs avant de vous énoncer les raisons de ma présence. Le X7 ne s'ingère jamais dans le pouvoir, vous marquez-là un point. Il s'ingère néanmoins dans tous les scénarios où la sauvegarde de notre pays est menacé. Laissez-moi vous résumer en quelques mots votre rôle : Vous signez des lois, vous serrez des mains, vous créez une société à l'image de vos valeurs et de vos convictions. Votre rôle, je n'en voudrais pas pour tout l'or du monde. Un vulgaire poste, dit prestigieux, qui n'est que la marionnette de chiffres devant un signe de pourcentage. Voilà ce qu'est votre rôle. Le miens, en revanche, permet à la nation shawiricoise de rester debout, de ne pas s'effondrer. On se fiche de l'économie, des valeurs sociales, des enjeux environnementaux. Le X7 veille à ce que la Shawiricie soit et demeure une nation vivante et à l'abri d'une destruction comme les États-Unis de Pelabssa en ont été victime. Nous tuons, sans regret, et nous faisons des choses que vous n'oseriez imaginer dans vos pires cauchemars. Nous savons tout. Je connais vos pires secrets. Vos pires erreurs. Homosexuel, n'est-ce pas? Dans ce pays, je suis Dieu, et vous la brebis. Ma présence ici n'a rien d'une courtoisie : je viens vous prévenir. La présidente Himbab n'a pas été en mesure de respecter ma mise en garde. Voyez où elle est, aujourd'hui. C'est terminé. La partie est terminé, monsieur le président.
Jimmy Decker : Je ne sais toujours pas ce que vous faite ici. J'écoute vos insolences et votre ignoble prétention, mais je ne sais toujours pas pourquoi vos bottes salisse ma carpette...
Agent Schaffer : Vous avez du courage, monsieur le président. C'est indéniable. Vous êtes courageux, motivé, sincère. Ce pays avait besoin d'un président comme vous, après les fiascos de Smith, Himbab et Calvin. Je vous préviens donc : tournez la page de ce bouquin et ne cherchez pas plus loin où se trouve Riverlake. Eh oui. Je suis au courant. Je vous l'ai dit : je suis au courant de tout. Ce bon vieux Blackburn joue au Dieu de ce pays depuis déjà beaucoup trop longtemps. Je n'en ai rien à foutre de ses magouilles pou se sauver la face. Vous pouvez vous entretuer comme vous le voulez, cela m'est égal. Ce qui se situe à Riverlake n'est cependant plus qu'un simple secret entre deux merdes politiques : il s'agit d'une affaire qui relève de beaucoup plus haut que vous. Un secret qui, si découvert, mettra en péril l'existence même de ce pays et en ce sens, le X7 a toute légitimité à agir. Oubliez Riverlake, et surtout, oubliez l'idée de dévoiler l'affaire pour vous faire du capital politique le besoin échéant. Finerpapi est mort. Vous pleurez sa mort tous les ans, et cela doit rester ainsi. Ne faites pas comme Blackburn : ne mettez pas en péril la Shawiricie en visitant Riverlake. En discutant avec Finerpapi. Monsieur le président, il s'agit d'un avertissement : ne vous aventurez pas dans ce sombre couloir, car vous n'en sortirez pas vivant.
Jimmy Decker : Je ne crois pas avoir quelque ordre à recevoir de vous, agent Schaffer. Il me semble que le commandant du X7 est nommé par le président, n'est-ce pas? Je vous ai laissé en poste à mon arrivée, parce que je ne croyais pas du tout en l'efficacité de votre programme. Et comme nouveau titulaire de la fonction, je ne connaissais pas très bien le X7. J'ose imaginer que cela restera ainsi jusqu'à la fin de mes jours. Maintenant que vous êtes devant moi, il me semble qu'un changement d'air ferait du bien au X7. Il est temps que le X7 soit dirigé par un homme peut-être moins... divin. Je vais donc...
Agent Schaffer : Monsieur le président, prenez quelques jours pour y réfléchir. Je vous le recommande fortement. Ce programme est la réussite de toute une vie, de tous ses artisans. Le X7 n'est pas un simple ministère, ni même une organisation des services secrets. Ce programme est une bénédiction de la nation shawiricoise qui aspire désormais aux plus grands standards. Les générations de peuples viennent et repartent, monsieur le président, mais les pays, à moins de subir les foudres qu'ont connu le Nord...
Jimmy Decker : Je n'accepterai pas les menaces, agent Schaffer.
«Vous n'en sortirez pas vivant»[/center]
Le président Decker avait été prévenu par Brian Blackburn : s'aventurer dans les couloirs les plus sombres de la présidence shawiricoise n'était pas forcément une bonne idée, et ce, même avec les plus belles intentions qui soit. Après avoir appris qu'un président présumé mort était en fait en vie, caché secrètement à Riverlake, Decker entrepris de trouver l'emplacement de ce drôle d'endroit. Riverlake. Riverlake n'était rien en Shawiricie. Recherches à l'appui. Et la page soixante-six ne donnait guère d'informations concrètes à ce sujet. Alors qu'il était assis à son bureau, cherchant désespérément à déchiffrer le charabia de la page soixante-six, un homme ouvra la porte, puis la referma derrière lui. Instinctivement, Decker cacha le livre dans son tiroir, puis leva la tête. L'homme qui venait de pénétrer dans son bureau n'était pas un habitué des lieux. Jamais Decker ne l'avait vu auparavant.
Agent Schaffer : Monsieur le président, je crois qu'il faut qu'on parle.
Jimmy Decker : Qui êtes-vous? Que faites-vous dans mon bureau? Sécurité! Sécurité!
Agent Schaffer : Ils ne viendront pas, monsieur Decker. Ils ont reçu l'ordre de ne pas s'approcher de cette porte. Ni même de l'autre. Ni même de la porte secrète derrière cette bibliothèque. Laissez-moi me présenter, je n'ai pas l'habitude des mauvaises manières. Je suis l'agent Schaffer. X7.
L'agent Schaffer vint pour serrer la main du président, mais celui-ci ne lui rendit pas la politesse.
Jimmy Decker : Le X7 ne s'ingère pas dans le pouvoir shawiricois. Encore moins se présente dans le bureau présidentielle. Que voulez-vous?
Agent Schaffer : Bien. Vous m'en voyez navré. Au risque de froisser l'individu que vous représentez, laissez-moi vous indiquer une petite précision quant à nos rôles respectifs avant de vous énoncer les raisons de ma présence. Le X7 ne s'ingère jamais dans le pouvoir, vous marquez-là un point. Il s'ingère néanmoins dans tous les scénarios où la sauvegarde de notre pays est menacé. Laissez-moi vous résumer en quelques mots votre rôle : Vous signez des lois, vous serrez des mains, vous créez une société à l'image de vos valeurs et de vos convictions. Votre rôle, je n'en voudrais pas pour tout l'or du monde. Un vulgaire poste, dit prestigieux, qui n'est que la marionnette de chiffres devant un signe de pourcentage. Voilà ce qu'est votre rôle. Le miens, en revanche, permet à la nation shawiricoise de rester debout, de ne pas s'effondrer. On se fiche de l'économie, des valeurs sociales, des enjeux environnementaux. Le X7 veille à ce que la Shawiricie soit et demeure une nation vivante et à l'abri d'une destruction comme les États-Unis de Pelabssa en ont été victime. Nous tuons, sans regret, et nous faisons des choses que vous n'oseriez imaginer dans vos pires cauchemars. Nous savons tout. Je connais vos pires secrets. Vos pires erreurs. Homosexuel, n'est-ce pas? Dans ce pays, je suis Dieu, et vous la brebis. Ma présence ici n'a rien d'une courtoisie : je viens vous prévenir. La présidente Himbab n'a pas été en mesure de respecter ma mise en garde. Voyez où elle est, aujourd'hui. C'est terminé. La partie est terminé, monsieur le président.
Jimmy Decker : Je ne sais toujours pas ce que vous faite ici. J'écoute vos insolences et votre ignoble prétention, mais je ne sais toujours pas pourquoi vos bottes salisse ma carpette...
Agent Schaffer : Vous avez du courage, monsieur le président. C'est indéniable. Vous êtes courageux, motivé, sincère. Ce pays avait besoin d'un président comme vous, après les fiascos de Smith, Himbab et Calvin. Je vous préviens donc : tournez la page de ce bouquin et ne cherchez pas plus loin où se trouve Riverlake. Eh oui. Je suis au courant. Je vous l'ai dit : je suis au courant de tout. Ce bon vieux Blackburn joue au Dieu de ce pays depuis déjà beaucoup trop longtemps. Je n'en ai rien à foutre de ses magouilles pou se sauver la face. Vous pouvez vous entretuer comme vous le voulez, cela m'est égal. Ce qui se situe à Riverlake n'est cependant plus qu'un simple secret entre deux merdes politiques : il s'agit d'une affaire qui relève de beaucoup plus haut que vous. Un secret qui, si découvert, mettra en péril l'existence même de ce pays et en ce sens, le X7 a toute légitimité à agir. Oubliez Riverlake, et surtout, oubliez l'idée de dévoiler l'affaire pour vous faire du capital politique le besoin échéant. Finerpapi est mort. Vous pleurez sa mort tous les ans, et cela doit rester ainsi. Ne faites pas comme Blackburn : ne mettez pas en péril la Shawiricie en visitant Riverlake. En discutant avec Finerpapi. Monsieur le président, il s'agit d'un avertissement : ne vous aventurez pas dans ce sombre couloir, car vous n'en sortirez pas vivant.
Jimmy Decker : Je ne crois pas avoir quelque ordre à recevoir de vous, agent Schaffer. Il me semble que le commandant du X7 est nommé par le président, n'est-ce pas? Je vous ai laissé en poste à mon arrivée, parce que je ne croyais pas du tout en l'efficacité de votre programme. Et comme nouveau titulaire de la fonction, je ne connaissais pas très bien le X7. J'ose imaginer que cela restera ainsi jusqu'à la fin de mes jours. Maintenant que vous êtes devant moi, il me semble qu'un changement d'air ferait du bien au X7. Il est temps que le X7 soit dirigé par un homme peut-être moins... divin. Je vais donc...
Agent Schaffer : Monsieur le président, prenez quelques jours pour y réfléchir. Je vous le recommande fortement. Ce programme est la réussite de toute une vie, de tous ses artisans. Le X7 n'est pas un simple ministère, ni même une organisation des services secrets. Ce programme est une bénédiction de la nation shawiricoise qui aspire désormais aux plus grands standards. Les générations de peuples viennent et repartent, monsieur le président, mais les pays, à moins de subir les foudres qu'ont connu le Nord...
Jimmy Decker : Je n'accepterai pas les menaces, agent Schaffer.
-
Steve
[center]Locaux souterrains du Palais présidentiel
«Vous écrasez ceux qui vous gênent»[/center]
Jimmy Decker avait été prévenu. Le X7 ne tenait pas à rire lorsqu'il s'agissait du sort de Steve Finerpapi. Pourquoi, Decker n'y voyait rien d'extravagant au niveau de la sécurité de la Shawiricie et de sa survie comme entité. Decker y voyait là, tout au plus, qu'un scandale indescriptible sur la présidence de Brian Blackburn et la possible remise en question du pouvoir shawiricois en tant que tel... Et le X7 avait bel et bien affirmé que le sort du pouvoir ne l'intéressait pas, que le pouvoir n'était qu'une simple marionnette de la machine shawiricoise, fort probablement menée secrètement par le X7. Alors, à quoi bon chercher à faire peur au président shawiricois, si ce n'était que le pouvoir présidentiel qui était menacé? Dans le pire des scénarios, les conservateurs perdraient le pouvoir des décennies durant. Et dans le meilleur des scénarios, Decker serait perçu comme un héros. L'homme qui a libéré le président Finerpapi et qui permettra à la Shawiricie de se libérer de Blackburn, forcé très évidemment à un futur exil dans une république bananière lointaine. Decker souhaitait passer à l'histoire. Quoi qu'en dise le X7. Quoi qu'en fasse le X7.
Décidé à faire la lumière sur toute cette histoire, Decker avait demandé aux services secrets shawiricois de lui amener le président Brian Blackburn dans les locaux souterrains. Leur ordre était très clair : Blackburn doit s'amener, qu'il en coûte ce qu'il en coûtera. C'est alors dans sa résidence principale que Blackburn fut, en quelque sorte, kidnappé par les services secrets pour être amené au président Decker qui mourrait d'envie de connaitre la suite. Decker était dans la salle de conférence souterraine Six-Two. C'était dans cette même pièce que Blackburn avait, à l'époque, coordonné les opérations lors du pépin important de la centrale nucléaire de Tepco dans l'État du Valleypoint. Assis au bout de la table, Decker attendait patiemment l'arrivé de son invité.
Agent, services secrets : Votre colis est arrivé, monsieur.
Jimmy Decker : Excellent. Faites-le entrer, puis fermer la porte. Restez sur le bord de la porte, il se pourrait que vos services me soient encore nécessaires dans les minutes qui suivront.
Agent, services secrets : À vos ordres, monsieur le président.
Brian Blackburn, quelque peu dépeigné, entra dans la salle de conférence Six-Two. Son regard déstabilisé, rarement vu chez cet homme imperturbable, laissait voir sa désormais vulnérabilité. Blackburn connaissait l'objet de sa présence dans ces lieux secrets. Blackburn savait aussi que le président Decker s'aventurait dans une quête où la victoire était impossible. Tentant de cacher sa faiblesse actuelle, Blackburn prit l'initiative de s’asseoir à l'autre bout de la table, face à Decker. Il déposa ses mains sur la longue table, puis croisa ses doigts.
Brian Blackburn : Vous brimez mes droits constitutionnels, maintenant? Quelle belle affaire! Je vous préviens, je n'ai pas du tout l'intention de jouer au pantin de service pour monsieur le président. J'ai suffisamment servi mon pays pour prendre une retraite bien méritée et je déteste au plus haut point être utilisé de la sorte. Vous n'avez pas fini d'en entendre parler, Jimmy! Je vous trainerai en justice comme...
Jimmy Decker : Vous ne ferez rien, Brian, parce que vous tenez à vivre. Il me semble que c'est votre façon de jouer, non? Vous écrasez ceux qui vous gênent pour arriver à vos fins. Il se trouve que j'ai justement comme aspiration principale d'arriver à mes fins. Et l'une de celles-ci, c'est de découvrir l'emplacement de Riverlake. Aujourd'hui, votre répondrez à toutes mes questions. Non seulement parce que vous avez envie de vivre, mais parce que vous savez que ces hommes, l'autre côté de la porte, ne vous ferons pas de cadeau si je tourne le regard d'un quart de rond. C'est votre façon de jouer, et j'ai envie d'être de la partie. Sauf que désormais, le meneur, c'est moi.
Brian Blackburn : Je sais ce que vous souhaitez faire, et ce n'est pas une bonne idée. Vos menaces ne fonctionnent pas sur moi. Je suis inviolable. Inviolable, entendez-vous? Et si je meurs, ce ne sera que mon corps. Car voyez-vous, Jimmy, mon âme a été transportée dans un programme bien spécial qui freinera vos ardeurs plus vite que...
Jimmy Decker : Le X7 est un programme extraordinaire. À ce sujet, croyez-vous que Schaffer supporterait la retraite?
Le visage de Blackburn s'allongea. L'existence du X7, une création de Blackburn lui-même alors qu'il était ministre de la défense, en 2005, visant en premier lieu à préparer la prise du pouvoir, puis par la suite, à assurer la survie de l'entité shawiricoise avec des ordres bien précis. Schaffer était un bon ami de Blackburn à l'époque, et celui-ci avait rapidement été nommé Commandant du X7. Le seul chef à bord du navire indépendant, financé de manière très subtile et diversifiée. Le Commandant du X7 était le Gardien de la Shawiricie, l'homme le plus puissant du pays et ayant le droit de tout faire. Absolument tout. Schaffer est cependant mort. Il n'existe pas. Tout comme le X7 n'existe pas. Désormais, seuls les présidents shawiricois, et quelques personnes impliquées, connaissent son existence, mais en parler est passible d'une triste fin. Une triste fin rapide. Si le X7 s'intéressait au dossier de Steve Finerpapi, c'était parce que Blackburn en avait fait la demande à Schaffer. Protéger le secret. Coûte que coûte. Monica Himbab avait été tuée pour protéger le secret. Smith et Calvin n'étaient pas au courant. Et Decker...
Brian Blackburn : Vous... Vous êtes dans une belle merde, Jimmy. Vous risquez gros. Très gros. Il ne s'arrêtera pas, je lui ai demandé. Arrêtez tout, et passez à autre chose pour l'amour de Dieu! Croyez-vous que Schaffer vous donnera une tape sur l'épaule en vous disant de ne plus recommencer? Himbab ne s'est pas arrêté au premier avertissement. Ne faites pas comme elle. Reculez pendant qu'il en est encore temps!
Jimmy Decker : Himbab? Himbab est morte d'une crise cardiaque...
Brian Blackburn : Dans son bureau. Aucun témoin. Himbab a été condamnée au silence. Elle est la victime de sa propre curiosité ; un vice inacceptable dans cette affaire.
Jimmy Decker : Vous devez m'aider.
Brian Blackburn : Et si je refuse?
Jimmy Decker : Vous serez condamné au même sort que Himbab. Sur-le-champs. Vous souhaitez un aperçu, peut-être? Garde!
Deux agents des services secrets entrèrent dans la salle de conférence. Habillés d'uniformes blancs les recouvrant presque de la tête aux pieds, le premier agent tenait dans ses mains un sac de sport bleu marine.
Brian Blackburn : Non. Ce ne sera pas nécessaire.
Decker fit signe aux deux agents de sortir à l'extérieur.
Brian Blackburn : Que voulez-vous?
Jimmy Decker : Premièrement, vous allez passer un coup de fil à Schaffer. Je veux qu'il abandonne son espionnage sur mon intérêt dans cette histoire. Je veux qu'il cesse son intimidation, sans quoi il sera le prochain sur ma liste.
Brian Blackburn : Vous êtes cinglé. Schaffer n'est plus sous mes ordres, c'est un mauvais plan. Je ne peux pas l'appeler comme ça et lui demander tout bonnement de vous lâcher un peu!
Jimmy Decker : Je les rappelle?
Brian Blackburn : D'accord, d'accord...
Blackburn prit le téléphone à ses côtés puis composa un numéro. Il raccrocha, puis composa un nouveau numéro. Sur la boite vocale, il laissa un message codé de chiffres et de lettres. Puis il raccrocha. Il attendit trente secondes, puis composa un troisième numéro. Schaffer répondit. Après les formalités de politesses, Blackburn entama le chaud sujet que lui imposait le président Decker, sans savoir si Schaffer aurait toujours autant de respect à son égard. Blackburn tenta tant bien que mal d'expliquer ses «motifs» à Schaffer, l'interlocuteur ne semblait pas très convaincu. Après quatorze minutes de discussions, Blackburn déposa le combiné sur la table.
Brian Blackburn : Quatre conditions. Schaffer reste en fonction, le X7 bénéficie d'un budget haussé, j'obtiens cinquante millions de dollars et plus jamais vous ne demandez mes services.
Jimmy Decker : Vous voulez rire!
Brian Blackburn : Vous acceptez ou vous refusez. Allez-y, je suis prêt à mourir, mais attendez-vous au même sort...
Jimmy Decker : D'accord. J'accepte.
Blackburn informa Schaffer de la décision de Decker, puis raccrocha.
Brian Blackburn : J'ai rempli ma part du marché. À vous de remplir la vôtre désormais.
Jimmy Decker : Ça viendra. Où se trouve Riverlake?
Brian Blackburn : Vous n'êtes pas sérieux! Bordel, Jimmy! Vous êtes incroyable. Je ne peux pas à la fois vous donner le beurre et l'argent du beurre! Vous avez la paix concernant le X7, ce n'est pas suffisant, bordel?!?
Jimmy Decker : J'ai besoin de savoir, Brian. Comprenez qu'il ne vous arrivera rien. Donnez-moi ce que je veux, et vous obtiendrez ce que vous voulez.
Brian Blackburn : Eh merde! Vous n'êtes pas croyable. Je veux des garanties. Finerpapi y restera et jamais cette histoire ne sortira.
Jimmy Decker : Ce sont des garanties que je peux vous donner. Nous sommes du même camp, Brian.
Brian Blackburn : Allez vous faire foutre!
Jimmy Decker : Riverlake, Brian. Où se trouve Riverlake?
Blackburn lui indiqua, non sans maugréer, l'emplacement exact de Riverlake. Decker lui exprima rapidement sa stupéfaction.
Jimmy Decker : Dernier détail... Finerpapi était condamné à mourir d'une tumeur du cerveau incurable. Comment se fait-il qu'il soit encore en vie?
Brian Blackburn : Si vous êtes assez courageux pour vous y rendre, vous serez aussi courageux pour lui demander.
«Vous écrasez ceux qui vous gênent»[/center]
Jimmy Decker avait été prévenu. Le X7 ne tenait pas à rire lorsqu'il s'agissait du sort de Steve Finerpapi. Pourquoi, Decker n'y voyait rien d'extravagant au niveau de la sécurité de la Shawiricie et de sa survie comme entité. Decker y voyait là, tout au plus, qu'un scandale indescriptible sur la présidence de Brian Blackburn et la possible remise en question du pouvoir shawiricois en tant que tel... Et le X7 avait bel et bien affirmé que le sort du pouvoir ne l'intéressait pas, que le pouvoir n'était qu'une simple marionnette de la machine shawiricoise, fort probablement menée secrètement par le X7. Alors, à quoi bon chercher à faire peur au président shawiricois, si ce n'était que le pouvoir présidentiel qui était menacé? Dans le pire des scénarios, les conservateurs perdraient le pouvoir des décennies durant. Et dans le meilleur des scénarios, Decker serait perçu comme un héros. L'homme qui a libéré le président Finerpapi et qui permettra à la Shawiricie de se libérer de Blackburn, forcé très évidemment à un futur exil dans une république bananière lointaine. Decker souhaitait passer à l'histoire. Quoi qu'en dise le X7. Quoi qu'en fasse le X7.
Décidé à faire la lumière sur toute cette histoire, Decker avait demandé aux services secrets shawiricois de lui amener le président Brian Blackburn dans les locaux souterrains. Leur ordre était très clair : Blackburn doit s'amener, qu'il en coûte ce qu'il en coûtera. C'est alors dans sa résidence principale que Blackburn fut, en quelque sorte, kidnappé par les services secrets pour être amené au président Decker qui mourrait d'envie de connaitre la suite. Decker était dans la salle de conférence souterraine Six-Two. C'était dans cette même pièce que Blackburn avait, à l'époque, coordonné les opérations lors du pépin important de la centrale nucléaire de Tepco dans l'État du Valleypoint. Assis au bout de la table, Decker attendait patiemment l'arrivé de son invité.
Agent, services secrets : Votre colis est arrivé, monsieur.
Jimmy Decker : Excellent. Faites-le entrer, puis fermer la porte. Restez sur le bord de la porte, il se pourrait que vos services me soient encore nécessaires dans les minutes qui suivront.
Agent, services secrets : À vos ordres, monsieur le président.
Brian Blackburn, quelque peu dépeigné, entra dans la salle de conférence Six-Two. Son regard déstabilisé, rarement vu chez cet homme imperturbable, laissait voir sa désormais vulnérabilité. Blackburn connaissait l'objet de sa présence dans ces lieux secrets. Blackburn savait aussi que le président Decker s'aventurait dans une quête où la victoire était impossible. Tentant de cacher sa faiblesse actuelle, Blackburn prit l'initiative de s’asseoir à l'autre bout de la table, face à Decker. Il déposa ses mains sur la longue table, puis croisa ses doigts.
Brian Blackburn : Vous brimez mes droits constitutionnels, maintenant? Quelle belle affaire! Je vous préviens, je n'ai pas du tout l'intention de jouer au pantin de service pour monsieur le président. J'ai suffisamment servi mon pays pour prendre une retraite bien méritée et je déteste au plus haut point être utilisé de la sorte. Vous n'avez pas fini d'en entendre parler, Jimmy! Je vous trainerai en justice comme...
Jimmy Decker : Vous ne ferez rien, Brian, parce que vous tenez à vivre. Il me semble que c'est votre façon de jouer, non? Vous écrasez ceux qui vous gênent pour arriver à vos fins. Il se trouve que j'ai justement comme aspiration principale d'arriver à mes fins. Et l'une de celles-ci, c'est de découvrir l'emplacement de Riverlake. Aujourd'hui, votre répondrez à toutes mes questions. Non seulement parce que vous avez envie de vivre, mais parce que vous savez que ces hommes, l'autre côté de la porte, ne vous ferons pas de cadeau si je tourne le regard d'un quart de rond. C'est votre façon de jouer, et j'ai envie d'être de la partie. Sauf que désormais, le meneur, c'est moi.
Brian Blackburn : Je sais ce que vous souhaitez faire, et ce n'est pas une bonne idée. Vos menaces ne fonctionnent pas sur moi. Je suis inviolable. Inviolable, entendez-vous? Et si je meurs, ce ne sera que mon corps. Car voyez-vous, Jimmy, mon âme a été transportée dans un programme bien spécial qui freinera vos ardeurs plus vite que...
Jimmy Decker : Le X7 est un programme extraordinaire. À ce sujet, croyez-vous que Schaffer supporterait la retraite?
Le visage de Blackburn s'allongea. L'existence du X7, une création de Blackburn lui-même alors qu'il était ministre de la défense, en 2005, visant en premier lieu à préparer la prise du pouvoir, puis par la suite, à assurer la survie de l'entité shawiricoise avec des ordres bien précis. Schaffer était un bon ami de Blackburn à l'époque, et celui-ci avait rapidement été nommé Commandant du X7. Le seul chef à bord du navire indépendant, financé de manière très subtile et diversifiée. Le Commandant du X7 était le Gardien de la Shawiricie, l'homme le plus puissant du pays et ayant le droit de tout faire. Absolument tout. Schaffer est cependant mort. Il n'existe pas. Tout comme le X7 n'existe pas. Désormais, seuls les présidents shawiricois, et quelques personnes impliquées, connaissent son existence, mais en parler est passible d'une triste fin. Une triste fin rapide. Si le X7 s'intéressait au dossier de Steve Finerpapi, c'était parce que Blackburn en avait fait la demande à Schaffer. Protéger le secret. Coûte que coûte. Monica Himbab avait été tuée pour protéger le secret. Smith et Calvin n'étaient pas au courant. Et Decker...
Brian Blackburn : Vous... Vous êtes dans une belle merde, Jimmy. Vous risquez gros. Très gros. Il ne s'arrêtera pas, je lui ai demandé. Arrêtez tout, et passez à autre chose pour l'amour de Dieu! Croyez-vous que Schaffer vous donnera une tape sur l'épaule en vous disant de ne plus recommencer? Himbab ne s'est pas arrêté au premier avertissement. Ne faites pas comme elle. Reculez pendant qu'il en est encore temps!
Jimmy Decker : Himbab? Himbab est morte d'une crise cardiaque...
Brian Blackburn : Dans son bureau. Aucun témoin. Himbab a été condamnée au silence. Elle est la victime de sa propre curiosité ; un vice inacceptable dans cette affaire.
Jimmy Decker : Vous devez m'aider.
Brian Blackburn : Et si je refuse?
Jimmy Decker : Vous serez condamné au même sort que Himbab. Sur-le-champs. Vous souhaitez un aperçu, peut-être? Garde!
Deux agents des services secrets entrèrent dans la salle de conférence. Habillés d'uniformes blancs les recouvrant presque de la tête aux pieds, le premier agent tenait dans ses mains un sac de sport bleu marine.
Brian Blackburn : Non. Ce ne sera pas nécessaire.
Decker fit signe aux deux agents de sortir à l'extérieur.
Brian Blackburn : Que voulez-vous?
Jimmy Decker : Premièrement, vous allez passer un coup de fil à Schaffer. Je veux qu'il abandonne son espionnage sur mon intérêt dans cette histoire. Je veux qu'il cesse son intimidation, sans quoi il sera le prochain sur ma liste.
Brian Blackburn : Vous êtes cinglé. Schaffer n'est plus sous mes ordres, c'est un mauvais plan. Je ne peux pas l'appeler comme ça et lui demander tout bonnement de vous lâcher un peu!
Jimmy Decker : Je les rappelle?
Brian Blackburn : D'accord, d'accord...
Blackburn prit le téléphone à ses côtés puis composa un numéro. Il raccrocha, puis composa un nouveau numéro. Sur la boite vocale, il laissa un message codé de chiffres et de lettres. Puis il raccrocha. Il attendit trente secondes, puis composa un troisième numéro. Schaffer répondit. Après les formalités de politesses, Blackburn entama le chaud sujet que lui imposait le président Decker, sans savoir si Schaffer aurait toujours autant de respect à son égard. Blackburn tenta tant bien que mal d'expliquer ses «motifs» à Schaffer, l'interlocuteur ne semblait pas très convaincu. Après quatorze minutes de discussions, Blackburn déposa le combiné sur la table.
Brian Blackburn : Quatre conditions. Schaffer reste en fonction, le X7 bénéficie d'un budget haussé, j'obtiens cinquante millions de dollars et plus jamais vous ne demandez mes services.
Jimmy Decker : Vous voulez rire!
Brian Blackburn : Vous acceptez ou vous refusez. Allez-y, je suis prêt à mourir, mais attendez-vous au même sort...
Jimmy Decker : D'accord. J'accepte.
Blackburn informa Schaffer de la décision de Decker, puis raccrocha.
Brian Blackburn : J'ai rempli ma part du marché. À vous de remplir la vôtre désormais.
Jimmy Decker : Ça viendra. Où se trouve Riverlake?
Brian Blackburn : Vous n'êtes pas sérieux! Bordel, Jimmy! Vous êtes incroyable. Je ne peux pas à la fois vous donner le beurre et l'argent du beurre! Vous avez la paix concernant le X7, ce n'est pas suffisant, bordel?!?
Jimmy Decker : J'ai besoin de savoir, Brian. Comprenez qu'il ne vous arrivera rien. Donnez-moi ce que je veux, et vous obtiendrez ce que vous voulez.
Brian Blackburn : Eh merde! Vous n'êtes pas croyable. Je veux des garanties. Finerpapi y restera et jamais cette histoire ne sortira.
Jimmy Decker : Ce sont des garanties que je peux vous donner. Nous sommes du même camp, Brian.
Brian Blackburn : Allez vous faire foutre!
Jimmy Decker : Riverlake, Brian. Où se trouve Riverlake?
Blackburn lui indiqua, non sans maugréer, l'emplacement exact de Riverlake. Decker lui exprima rapidement sa stupéfaction.
Jimmy Decker : Dernier détail... Finerpapi était condamné à mourir d'une tumeur du cerveau incurable. Comment se fait-il qu'il soit encore en vie?
Brian Blackburn : Si vous êtes assez courageux pour vous y rendre, vous serez aussi courageux pour lui demander.
-
Steve
[center]Cuisines du Palais présidentiel
«Tout a un prix»
Saga Finerpapi, #4[/center]
Lorsque le président conservateur n'était pas à son bureau en train de travailler à régler des dossiers pour la plupart ennuyants, il était fort probablement dans les cuisines du Palais présidentiel. Seul, à grignoter des croustilles à la saveur de barbecue -ses préférées, et à réfléchir sur diverses positions qu'il aurait à prendre en tant que président d'un pays qui rarement se laissait faire. La Main noire n'était pas une priorité pour Decker, mais après le fiasco du président Blackburn -d'ouvrir les frontières à des millions de Pelabssiens suite à une pression internationale, un mouvement de solidarité était né face au sort de ceux toujours prisonniers au Nord. Decker avait la possibilité de changer les choses. De grandes paroles, certes, mais Decker avait ce don de transformer ses paroles en actions bien concrètes. Et souvent, cela se déroulait que très bizarrement. Il n'y a qu'à ouvrir les yeux sur l'Union du Vicaskaran et l'apport indescriptible qu'a eu le président shawiricois sur le regain de motivation des nations membres. Bien entendu, une organisation qui décide de fermer ses portes sans même en discuter, sans même se battre, ce n'était rarement vouée à un avenir merveilleux, mais Decker en récoltait de toute manière les gloires au sein de ses électeurs. C'était probablement la plus grande faille des démocraties : un mélange d'actions pour la bonne cause et d'actions pour plaire aux électeurs. Un jeu de pouvoir que certains avaient très bien compris, comme le président Brett Wilmore. Le Livre de la fédération révélait beaucoup de secrets, dont la grande majorité ruinerait l'image du président cité. Il n'y avait que très peu de présidents qui n'avaient rien de gros à se reprocher. Et Monica Himbab. Décédée par le X7 avant même d'écrire sa seconde page. Il fallait se l'admettre : les présidents shawiricois exercent un métier potentiellement dangereux. Depuis le début du millénaire, presque tous les présidents avaient été écartés du pouvoir par des scénarios dignes de films. Le président Finerpapi avait été enfermé par le président Blackburn, qui lui, a été remercié deux fois par le peuple. La présidente Smith, une invertébrée câlinours, n'a jamais fait le poids contre le retour du président Blackburn qui s'est fait voler la présidence par son amie et alliée Monica Himbab. La présidente Himbab, beaucoup trop curieuse -comme Decker, a été assassinée par le X7 dans le même combat que menait actuellement le président Decker. Calvin, lui, avait été assassiné par un extrémiste. Puis Decker... Decker en était là. Il avait été plus loin que la présidente Himbab, et il était en vie. Il s'était débarrassé du X7 comme un sirop se débarrasse d'une toux. Fier de son coup, Decker pouvait désormais se positionner comme grand maître suprême de la Shawiricie. Jimmy Decker 1, le X7 0.
Assis à la table du cuisinier, seul dans les cuisines, Decker grignotait ses croustilles en réfléchissant à Riverlake. Decker ne pouvait demander aux services secrets de faire des recherches : il devait être le seul impliqué dans sa quête. Le jeu était dangereux, et même si le X7 était écarté, beaucoup de danger pouvait s'y trouver encore. Qui sait jusqu'où irait la folie de Blackburn. Soudain, la porte des cuisines s'ouvrit, et Decker sursauta. La cuisine devait être complètement vidée lorsque le président s'y trouvait. On ne lésinait plus sur la sécurité depuis les évènements concernant le président Calvin. Decker leva la tête, puis devant lui se trouvait l'agent Schaffer, arme à la main, munie d'un silencieux. Decker se leva, la peur bien visible sur son visage.
Agent Schaffer : Asseyez-vous. Cela sera beaucoup plus facile tant pour vous que pour moi.
Jimmy Decker : Fa... facile? Que faites-vous ici?
Decker vint se rasseoir, et Schaffer pris le siège tout juste en face du président shawiricois.
Agent Schaffer : J'ai longtemps réfléchi au nom à donner à votre mort. Pour Himbab, c'était «La négresse fouineuse». J'aimais bien ce titre, et je l'aime encore, d'ailleurs.
Jimmy Decker : Si vous faites cela, vous ne sortirez pas d'ici.
Agent Schaffer : Personne n'a dit que ma mission était de sortir d'ici. Pour vous, c'était plus laborieux. Plusieurs titres me sont venus en tête instantanément, mais il fallait bien faire un choix. J'ai pensé à «L'homo des quatre conditions», qu'en pensez-vous? Un titre qui vous représente bien. Un titre aussi mensonger que les intentions que vous y porter. Croyez-vous, très sincèrement, que le X7 cessera de protéger l'existence de ce pays pour un poste, de l'argent et l'honneur d'un pion comme Blackburn? Bien sûr, Blackburn a créé le X7 et c'est une chose qu'on lui devra éternellement, mais la réalité, c'est que cette machine est plus forte que tout. Combien de pères ont été tués pour permettre à leur fils de régner? Blackburn n'est pas au-dessus de tout ça. Ruinez sa carrière, ruinez sa vie, ruinez sa participation à l'Histoire : tout cela m'est bien égal. Ce qui m'importe, c'est la survie de notre pays. Avec ou sans vous. Avec ou sans la démocratie. Tout ceci vous dépasse de cent mille lieues, et vous n'êtes pas foutu de faire les bons choix. Vos erreurs vous coûteront la vie, monsieur le président. Je ne travaille pas pour vous. Je ne travaille pas pour Blackburn. Le X7 travaille pour la nation shawiricoise, et je crois qu'il serait prétentieux de votre part de vous considérer comme une partie importante de notre nation. Nous n'êtes qu'un pion dans ce monde où Dieu règne sur tout. Où je règne sur tout. Riverlake n'est pas à vendre. Riverlake n'a pas de prix.
Jimmy Decker : Tout a un prix. Blackburn, c'était l'argent. D'autres, la guerre. J'ai aussi un prix. Celui de passer à l'histoire comme le plus grand président de ce pays. On a tous nos rêves, on a tous nos ambitions. Certains sont inoffensifs, et d'autres se doivent de concéder des dommages collatéraux. C'est ainsi que ça fonctionne. Finerpapi est la clé de ma réussite et celle de la destruction de Blackburn et de tous ceux que je pourrai impliquer en claquant des doigts. Vous dites être Dieu, mais Dieu n'a pas d'arme à feu. Dieu n'a pas besoin de balles pour vaincre sur l'Homme. Là est la différence entre vous et Dieu. Si je dois mourir ce matin, alors vous me permettrez de vous enfourcher avec bien de rudesse! Si vous croyez sortir d'ici vivant, vous êtes dans l'erreur. Et si vous croyez que le X7 survivra, vous faites également erreur! Le X7 sera exterminé dès ma mort confirmée. C'est terminé, espèce de merde!
Agent Schaffer : Oh non! OH NOOOON! S'il vous plaît, s'il vous plaît! Ne détruisez pas le X7, je ferai tout ce que vous voudrez! Ahah! Vous faites exprès d'être con à ce point? Vous croyez que le X7 se détruit en appuyant sur un simple bouton? Vous croyez que le X7 est à la solde d'une quelconque vulnérabilité provenant de votre bureau? Vous ignorez tout du X7. Le X7 est indestructible. Si je meurs, un autre prendra la relève au sein de notre organisation. Le X7 est si indépendant que je ne pourrais moi-même le détruire. Vous me faites pitié.
Jimmy Decker : Qu'est-ce que vous voulez?
Agent Schaffer : La même chose que vous. Je veux que Blackburn disparaisse, je veux que Finerpapi soit libéré et je veux que le Vicaskaran entier s'annexe à la Shawiricie. Et pourquoi pas le monde entier? Nous avons tous nos souhaits, nos volontés, mais rares sont ceux qui s'exaucent réellement.
Jimmy Decker : Finerpapi ne relève pas du X7. Aucune action à son sujet ne détruirait la nation shawiricoise. Vous êtes ce que vous détestez. Vous êtes encore à la solde de Blackburn et de ses petites demandes spéciales. Vous criez comme un con que vous êtes indépendant et que personne ne peut dicter votre divin champ d'action de votre pouvoir, mais vous continuez d'obéir à un simple mortel comme Blackburn en protégeant ses arrières. Finalement, Dieu, ce n'est pas vous. C'est lui.
Agent Schaffer : Il y a des choses que vous ne pouvez pas comprendre, qui vous dépassent comme vous ne pouvez l'imaginer.
L'Agent Schaffer se leva, puis prit son arme dans ses mains.
Jimmy Decker : Ne... ne faites pas ça. J'abandonne! Je vous le jure! S'il vous plaît!
Agent Schaffer : Fermez-là! Si j'avais voulu vous tuer, vous seriez mort depuis déjà longtemps.
Jimmy Decker : Je... je ne comprends pas...
Agent Schaffer : Quelle surprise. Je crois que... Je crois que je vais jouer avec vous, Decker. Vous semblez être un homme très amusant.
Jimmy Decker : Que voulez-vous dire?
Agent Schaffer : Vous cherchez beaucoup trop loin. Riverlake existe bel et bien. Là où les rivières sèment les lacs, vous trouverez Riverlake.
Jimmy Decker : Pourquoi vous faites ça?
Agent Schaffer : J'ai envie de jouer. Je crois qu'ensemble, nous formerons une belle équipe. Imaginez ça : Decker et le X7 s'entraidant pour atteindre leurs objectifs. Vous avez ce que vous souhaitez, et j'obtiens ce que je veux.
Jimmy Decker : Et que voulez-vous?
Schaffer pointa son arme sur le président Decker.
Agent Schaffer : Bang.
«Tout a un prix»
Saga Finerpapi, #4[/center]
Lorsque le président conservateur n'était pas à son bureau en train de travailler à régler des dossiers pour la plupart ennuyants, il était fort probablement dans les cuisines du Palais présidentiel. Seul, à grignoter des croustilles à la saveur de barbecue -ses préférées, et à réfléchir sur diverses positions qu'il aurait à prendre en tant que président d'un pays qui rarement se laissait faire. La Main noire n'était pas une priorité pour Decker, mais après le fiasco du président Blackburn -d'ouvrir les frontières à des millions de Pelabssiens suite à une pression internationale, un mouvement de solidarité était né face au sort de ceux toujours prisonniers au Nord. Decker avait la possibilité de changer les choses. De grandes paroles, certes, mais Decker avait ce don de transformer ses paroles en actions bien concrètes. Et souvent, cela se déroulait que très bizarrement. Il n'y a qu'à ouvrir les yeux sur l'Union du Vicaskaran et l'apport indescriptible qu'a eu le président shawiricois sur le regain de motivation des nations membres. Bien entendu, une organisation qui décide de fermer ses portes sans même en discuter, sans même se battre, ce n'était rarement vouée à un avenir merveilleux, mais Decker en récoltait de toute manière les gloires au sein de ses électeurs. C'était probablement la plus grande faille des démocraties : un mélange d'actions pour la bonne cause et d'actions pour plaire aux électeurs. Un jeu de pouvoir que certains avaient très bien compris, comme le président Brett Wilmore. Le Livre de la fédération révélait beaucoup de secrets, dont la grande majorité ruinerait l'image du président cité. Il n'y avait que très peu de présidents qui n'avaient rien de gros à se reprocher. Et Monica Himbab. Décédée par le X7 avant même d'écrire sa seconde page. Il fallait se l'admettre : les présidents shawiricois exercent un métier potentiellement dangereux. Depuis le début du millénaire, presque tous les présidents avaient été écartés du pouvoir par des scénarios dignes de films. Le président Finerpapi avait été enfermé par le président Blackburn, qui lui, a été remercié deux fois par le peuple. La présidente Smith, une invertébrée câlinours, n'a jamais fait le poids contre le retour du président Blackburn qui s'est fait voler la présidence par son amie et alliée Monica Himbab. La présidente Himbab, beaucoup trop curieuse -comme Decker, a été assassinée par le X7 dans le même combat que menait actuellement le président Decker. Calvin, lui, avait été assassiné par un extrémiste. Puis Decker... Decker en était là. Il avait été plus loin que la présidente Himbab, et il était en vie. Il s'était débarrassé du X7 comme un sirop se débarrasse d'une toux. Fier de son coup, Decker pouvait désormais se positionner comme grand maître suprême de la Shawiricie. Jimmy Decker 1, le X7 0.
Assis à la table du cuisinier, seul dans les cuisines, Decker grignotait ses croustilles en réfléchissant à Riverlake. Decker ne pouvait demander aux services secrets de faire des recherches : il devait être le seul impliqué dans sa quête. Le jeu était dangereux, et même si le X7 était écarté, beaucoup de danger pouvait s'y trouver encore. Qui sait jusqu'où irait la folie de Blackburn. Soudain, la porte des cuisines s'ouvrit, et Decker sursauta. La cuisine devait être complètement vidée lorsque le président s'y trouvait. On ne lésinait plus sur la sécurité depuis les évènements concernant le président Calvin. Decker leva la tête, puis devant lui se trouvait l'agent Schaffer, arme à la main, munie d'un silencieux. Decker se leva, la peur bien visible sur son visage.
Agent Schaffer : Asseyez-vous. Cela sera beaucoup plus facile tant pour vous que pour moi.
Jimmy Decker : Fa... facile? Que faites-vous ici?
Decker vint se rasseoir, et Schaffer pris le siège tout juste en face du président shawiricois.
Agent Schaffer : J'ai longtemps réfléchi au nom à donner à votre mort. Pour Himbab, c'était «La négresse fouineuse». J'aimais bien ce titre, et je l'aime encore, d'ailleurs.
Jimmy Decker : Si vous faites cela, vous ne sortirez pas d'ici.
Agent Schaffer : Personne n'a dit que ma mission était de sortir d'ici. Pour vous, c'était plus laborieux. Plusieurs titres me sont venus en tête instantanément, mais il fallait bien faire un choix. J'ai pensé à «L'homo des quatre conditions», qu'en pensez-vous? Un titre qui vous représente bien. Un titre aussi mensonger que les intentions que vous y porter. Croyez-vous, très sincèrement, que le X7 cessera de protéger l'existence de ce pays pour un poste, de l'argent et l'honneur d'un pion comme Blackburn? Bien sûr, Blackburn a créé le X7 et c'est une chose qu'on lui devra éternellement, mais la réalité, c'est que cette machine est plus forte que tout. Combien de pères ont été tués pour permettre à leur fils de régner? Blackburn n'est pas au-dessus de tout ça. Ruinez sa carrière, ruinez sa vie, ruinez sa participation à l'Histoire : tout cela m'est bien égal. Ce qui m'importe, c'est la survie de notre pays. Avec ou sans vous. Avec ou sans la démocratie. Tout ceci vous dépasse de cent mille lieues, et vous n'êtes pas foutu de faire les bons choix. Vos erreurs vous coûteront la vie, monsieur le président. Je ne travaille pas pour vous. Je ne travaille pas pour Blackburn. Le X7 travaille pour la nation shawiricoise, et je crois qu'il serait prétentieux de votre part de vous considérer comme une partie importante de notre nation. Nous n'êtes qu'un pion dans ce monde où Dieu règne sur tout. Où je règne sur tout. Riverlake n'est pas à vendre. Riverlake n'a pas de prix.
Jimmy Decker : Tout a un prix. Blackburn, c'était l'argent. D'autres, la guerre. J'ai aussi un prix. Celui de passer à l'histoire comme le plus grand président de ce pays. On a tous nos rêves, on a tous nos ambitions. Certains sont inoffensifs, et d'autres se doivent de concéder des dommages collatéraux. C'est ainsi que ça fonctionne. Finerpapi est la clé de ma réussite et celle de la destruction de Blackburn et de tous ceux que je pourrai impliquer en claquant des doigts. Vous dites être Dieu, mais Dieu n'a pas d'arme à feu. Dieu n'a pas besoin de balles pour vaincre sur l'Homme. Là est la différence entre vous et Dieu. Si je dois mourir ce matin, alors vous me permettrez de vous enfourcher avec bien de rudesse! Si vous croyez sortir d'ici vivant, vous êtes dans l'erreur. Et si vous croyez que le X7 survivra, vous faites également erreur! Le X7 sera exterminé dès ma mort confirmée. C'est terminé, espèce de merde!
Agent Schaffer : Oh non! OH NOOOON! S'il vous plaît, s'il vous plaît! Ne détruisez pas le X7, je ferai tout ce que vous voudrez! Ahah! Vous faites exprès d'être con à ce point? Vous croyez que le X7 se détruit en appuyant sur un simple bouton? Vous croyez que le X7 est à la solde d'une quelconque vulnérabilité provenant de votre bureau? Vous ignorez tout du X7. Le X7 est indestructible. Si je meurs, un autre prendra la relève au sein de notre organisation. Le X7 est si indépendant que je ne pourrais moi-même le détruire. Vous me faites pitié.
Jimmy Decker : Qu'est-ce que vous voulez?
Agent Schaffer : La même chose que vous. Je veux que Blackburn disparaisse, je veux que Finerpapi soit libéré et je veux que le Vicaskaran entier s'annexe à la Shawiricie. Et pourquoi pas le monde entier? Nous avons tous nos souhaits, nos volontés, mais rares sont ceux qui s'exaucent réellement.
Jimmy Decker : Finerpapi ne relève pas du X7. Aucune action à son sujet ne détruirait la nation shawiricoise. Vous êtes ce que vous détestez. Vous êtes encore à la solde de Blackburn et de ses petites demandes spéciales. Vous criez comme un con que vous êtes indépendant et que personne ne peut dicter votre divin champ d'action de votre pouvoir, mais vous continuez d'obéir à un simple mortel comme Blackburn en protégeant ses arrières. Finalement, Dieu, ce n'est pas vous. C'est lui.
Agent Schaffer : Il y a des choses que vous ne pouvez pas comprendre, qui vous dépassent comme vous ne pouvez l'imaginer.
L'Agent Schaffer se leva, puis prit son arme dans ses mains.
Jimmy Decker : Ne... ne faites pas ça. J'abandonne! Je vous le jure! S'il vous plaît!
Agent Schaffer : Fermez-là! Si j'avais voulu vous tuer, vous seriez mort depuis déjà longtemps.
Jimmy Decker : Je... je ne comprends pas...
Agent Schaffer : Quelle surprise. Je crois que... Je crois que je vais jouer avec vous, Decker. Vous semblez être un homme très amusant.
Jimmy Decker : Que voulez-vous dire?
Agent Schaffer : Vous cherchez beaucoup trop loin. Riverlake existe bel et bien. Là où les rivières sèment les lacs, vous trouverez Riverlake.
Jimmy Decker : Pourquoi vous faites ça?
Agent Schaffer : J'ai envie de jouer. Je crois qu'ensemble, nous formerons une belle équipe. Imaginez ça : Decker et le X7 s'entraidant pour atteindre leurs objectifs. Vous avez ce que vous souhaitez, et j'obtiens ce que je veux.
Jimmy Decker : Et que voulez-vous?
Schaffer pointa son arme sur le président Decker.
Agent Schaffer : Bang.
-
Steve
[center]18956 Sycamore Street
«Vous me prenez pour un imbécile»
Saga Finerpapi, #5[/center]
Cela faisait déjà près de cinq mois que Jimmy Decker n'avait pas revu l'agent Schaffer. Bien que cette statistique ne déplaisait pas au président shawiricois, un petit quelque chose faisait en sorte de Decker aurait bien aimé le revoir. Depuis leur dernière discussion, dans les cuisines du Palais présidentiel -d'ailleurs, Decker avait toujours trouvé ce nom ridicule, et si Kephylth était encore en vie, il le lui ferait bien savoir-, le président conservateur ne cessait d'y repenser. Schaffer, qui avait le sens du spectacle, ne lui avait non seulement fait la peur de sa vie, mais il lui avait également donné un indice possiblement capital dans sa quête de trouver l'emplacement du président Steve Finerpapi, toujours en vie selon le Livre des présidents et Blackburn lui-même. Digne d'un scénario de film, Decker ne savait plus quoi croire. Durant cinq mois, il jonglait avec la possibilité que tout ceci ne soit qu'une vulgaire plaisanterie, mais le petit quelque chose qu'avait en lui Decker... Ce petit quelque chose qui l'incitait à poursuivre sa quête... Il avait beau remuer tous ses souvenirs, en parler avec ses connaissances les plus proches, faire des millions de recherches sur le moteur de recherche populaire EyesNet, rien ne faisait référence à Riverlake. Rien du tout. Et la pseudo charade de Schaffer, «Là où les rivières sèment les lacs, vous trouverez Riverlake», ne donnait rien non plus. Là où les rivières sèment les lacs?
Jamais Decker n'avait voulu impliquer les services secrets shawiricois, parce que la probabilité que cette histoire soit une plaisanterie était trop forte et une telle naïveté de Decker pourrait le mener droit à la retraite forcée. D'un autre côté, si Finerpapi était réellement en vie, Decker ne savait pas encore s'il allait le libérer ou révéler au grand jour cette histoire. Tout étant, bien entendu, une question de capital politique. N'ayant plus d'option, et surtout plus de piste depuis la dernière rencontre avec ce fou du X7, Decker prit le pari risqué de contacter un agent des services secrets, une connaissance d'il y a plus de quinze ans. Dans sa requête farfelue, le président Decker demanda à son contact une discrétion totale : aucun rapport officiel, aucune mention dans quelconque discussion et une réponse directement sur la ligne privée et protégée du président. Bien que sceptique, l'agent obéit avec droiture aux commandements de Jimmy Decker et, quelques jours plus tard, Decker reçut un appel directement à son bureau.
Jimmy Decker : Jimmy Decker.
Agent des SS : Monsieur le président, ici l'agent Jason Vohn de la section des renseignements intérieurs. Concernant votre requête, je suis dans le regret de vous annoncer qu'il n'y a aucune information exploitable concernant tant l'appellation que la description. Soyez assuré que j'ai...
Jimmy Decker : ... Que voulez-vous dire par «aucune information exploitable»?
Agent Vohn : Il n'y a aucune information concernant «Riverlake», aussi bizarre cela puisse paraître. Concernant la courte description, soit «Là où les rivières sèment les lacs», je n'ai que trois entrées classées comme piste inutile. Deux proviennent du Makiran, alors que la troisième est le titre d'un blog d'une certaine Esmeralda Fugg, au Richmond. Un blog, monsieur, c'est en quelque sorte un site Internet permettant à des...
Jimmy Decker : ... Je sais ce qu'est un blog, merci.
Agent Vohn : Pardon, monsieur le président.
Jimmy Decker : Bien. Trouvez-moi l'adresse de cette madame Fugg, voulez-vous?
Agent Vohn : Un inst... 18956 Sycamore Street à Camden, au Richmond.
Jimmy Decker n'avait aucune idée de la raison qui l'avait poussé à prendre en note l'adresse d'une blogueuse. Esmeralda Fugg. Un vulgaire pseudonyme d'une adolescente en mal de vivre publiant probablement des poèmes si noirs que l'unité d'intervention contre le suicide devait intervenir chez elle trente fois par semaine. Après quelques jours, la curiosité était si grande que le président Decker ne pouvait plus tenir debout. Pourquoi la seule référence indirecte à Riverlake se trouvait dans le titre du blog d'une boutonneuse de quinze ou seize ans? 18956 Sycamore Street. Décidé, Decker n'allait pas exclure cette piste. Quitte à se retrouver devant un immense mur de béton. Decker demanda à sa garde rapprochée de préparer l'avion privé présidentiel, l'appareil que rare sont les Shawiricois qui en connaissent l'existence. Direction Richmond.
Le vol se passe plutôt bien, malgré la répétition maladive à laquelle Decker s'adonnait concernant la charade de Schaffer. Et s'il était de mèche dans toute cette histoire grotesque? Et si Schaffer avait lui-même inventé toute cette histoire pour se débarrasser théâtralement du président conservateur? Extrémiste comme idée? Pourtant, Schaffer a démontré plus d'une fois qu'il, malgré le fait qu'il travaille dans l'ombre, avait un goût prononcé pour l'exagération. En voiture nolisée, parcourant les rues de la petite localité de Camden, Decker avait les yeux rivés sur la gauche, là où se trouvaient les maisons au numéro de porte pair, quand soudain, il s'écria : «C'est ici!». Il y était. 18956 Sycamore Street. La maison, à environ une cinquantaine de mètres du bord de la rue, était toute banale. Blanche, avec quelques touches de rose, c'était assurément la maison d'une femme -ou d'un homme qui assume son homosexualité-. Faisant signe à ses hommes de l'attendre au véhicule, Decker s'avança en direction de la maison, regardant tout autour de lui. Le voisin le plus près de la petite maison de Sycamore Street devait se trouver sur sa droite, à environ trois ou quatre cent mètres. De quoi vivre dans la tranquillité. C'était d'ailleurs l'une des principales raisons pourquoi plusieurs Shawiricois adoraient les petites localités du Richmond, du Deseret et du Columbia. Decker s'avança vers le seuil de la porte, puis leva le poing pour frapper à la porte. Mais la porte s'ouvrit tout juste avant. Devant Decker se trouvait une vieille dame qui devait avoir, sans exagération, au moins cent ans.
Vieille femme : Ah! Decker! Vous en avez mis du temps. Allez, entrez, vous allez attirer les Méthas.
Jimmy Decker : Les quoi?
Vieille femme : Entrez et fermer la porte.
Le président s'exécuta, non sans être surpris que la vieille femme l'attendait.
Jimmy Decker : Pourquoi m'attendiez-vous? C'est Schaffer qui vous a prévenu?
Vieille femme : Scha-qui? Cessez ces idioties, mon jeune homme, je suis beaucoup trop vieille pour ces histoires.
Jimmy Decker : Je cherche mademoiselle Fugg, Esmeralda Fugg.
Vieille femme : Mademoiselle? Cela doit bien faire soixante ans qu'on ne m'a pas appelé ainsi!
Jimmy Decker : C'est vous qui tenez un blog?
Vieille femme : Parce que je suis vieille, je ne peux pas jouer sur Internet moi aussi? Je vous trouve bien vulgaire, mon garçon.
Jimmy Decker : Je suis le présid...
Vieille femme : Vous êtes, surtout, à la quête d'une chose que vous ne trouvez pas.
Jimmy Decker : Comment savez-vous tout cela, et qui êtes-vous?
Vieille femme : Ah, vous n'avez pas été prévenu. Dites-moi, mon garçon, cherchez-vous au point de croire en tout? Cherchez-vous au point d'accepter de voir tout?
Jimmy Decker : De croire quoi? De voir quoi?
Vieille femme : La sorcellerie, jeune homme, la sorcellerie! Quelle question!
Jimmy Decker : Vous me prenez pour un imbécile, c'est ça?
Vieille femme : Je vous regarde à la télévision, mon garçon. Je crois que vous vous débrouillez très bien tout seul...
Jimmy Decker : Très bien. Pardon de vous avoir dérangée, madame.
Le président conservateur tourna les talons, ouvrit la porte d'entrée puis la referma derrière lui.
«Vous me prenez pour un imbécile»
Saga Finerpapi, #5[/center]
Cela faisait déjà près de cinq mois que Jimmy Decker n'avait pas revu l'agent Schaffer. Bien que cette statistique ne déplaisait pas au président shawiricois, un petit quelque chose faisait en sorte de Decker aurait bien aimé le revoir. Depuis leur dernière discussion, dans les cuisines du Palais présidentiel -d'ailleurs, Decker avait toujours trouvé ce nom ridicule, et si Kephylth était encore en vie, il le lui ferait bien savoir-, le président conservateur ne cessait d'y repenser. Schaffer, qui avait le sens du spectacle, ne lui avait non seulement fait la peur de sa vie, mais il lui avait également donné un indice possiblement capital dans sa quête de trouver l'emplacement du président Steve Finerpapi, toujours en vie selon le Livre des présidents et Blackburn lui-même. Digne d'un scénario de film, Decker ne savait plus quoi croire. Durant cinq mois, il jonglait avec la possibilité que tout ceci ne soit qu'une vulgaire plaisanterie, mais le petit quelque chose qu'avait en lui Decker... Ce petit quelque chose qui l'incitait à poursuivre sa quête... Il avait beau remuer tous ses souvenirs, en parler avec ses connaissances les plus proches, faire des millions de recherches sur le moteur de recherche populaire EyesNet, rien ne faisait référence à Riverlake. Rien du tout. Et la pseudo charade de Schaffer, «Là où les rivières sèment les lacs, vous trouverez Riverlake», ne donnait rien non plus. Là où les rivières sèment les lacs?
Jamais Decker n'avait voulu impliquer les services secrets shawiricois, parce que la probabilité que cette histoire soit une plaisanterie était trop forte et une telle naïveté de Decker pourrait le mener droit à la retraite forcée. D'un autre côté, si Finerpapi était réellement en vie, Decker ne savait pas encore s'il allait le libérer ou révéler au grand jour cette histoire. Tout étant, bien entendu, une question de capital politique. N'ayant plus d'option, et surtout plus de piste depuis la dernière rencontre avec ce fou du X7, Decker prit le pari risqué de contacter un agent des services secrets, une connaissance d'il y a plus de quinze ans. Dans sa requête farfelue, le président Decker demanda à son contact une discrétion totale : aucun rapport officiel, aucune mention dans quelconque discussion et une réponse directement sur la ligne privée et protégée du président. Bien que sceptique, l'agent obéit avec droiture aux commandements de Jimmy Decker et, quelques jours plus tard, Decker reçut un appel directement à son bureau.
Jimmy Decker : Jimmy Decker.
Agent des SS : Monsieur le président, ici l'agent Jason Vohn de la section des renseignements intérieurs. Concernant votre requête, je suis dans le regret de vous annoncer qu'il n'y a aucune information exploitable concernant tant l'appellation que la description. Soyez assuré que j'ai...
Jimmy Decker : ... Que voulez-vous dire par «aucune information exploitable»?
Agent Vohn : Il n'y a aucune information concernant «Riverlake», aussi bizarre cela puisse paraître. Concernant la courte description, soit «Là où les rivières sèment les lacs», je n'ai que trois entrées classées comme piste inutile. Deux proviennent du Makiran, alors que la troisième est le titre d'un blog d'une certaine Esmeralda Fugg, au Richmond. Un blog, monsieur, c'est en quelque sorte un site Internet permettant à des...
Jimmy Decker : ... Je sais ce qu'est un blog, merci.
Agent Vohn : Pardon, monsieur le président.
Jimmy Decker : Bien. Trouvez-moi l'adresse de cette madame Fugg, voulez-vous?
Agent Vohn : Un inst... 18956 Sycamore Street à Camden, au Richmond.
Jimmy Decker n'avait aucune idée de la raison qui l'avait poussé à prendre en note l'adresse d'une blogueuse. Esmeralda Fugg. Un vulgaire pseudonyme d'une adolescente en mal de vivre publiant probablement des poèmes si noirs que l'unité d'intervention contre le suicide devait intervenir chez elle trente fois par semaine. Après quelques jours, la curiosité était si grande que le président Decker ne pouvait plus tenir debout. Pourquoi la seule référence indirecte à Riverlake se trouvait dans le titre du blog d'une boutonneuse de quinze ou seize ans? 18956 Sycamore Street. Décidé, Decker n'allait pas exclure cette piste. Quitte à se retrouver devant un immense mur de béton. Decker demanda à sa garde rapprochée de préparer l'avion privé présidentiel, l'appareil que rare sont les Shawiricois qui en connaissent l'existence. Direction Richmond.
Le vol se passe plutôt bien, malgré la répétition maladive à laquelle Decker s'adonnait concernant la charade de Schaffer. Et s'il était de mèche dans toute cette histoire grotesque? Et si Schaffer avait lui-même inventé toute cette histoire pour se débarrasser théâtralement du président conservateur? Extrémiste comme idée? Pourtant, Schaffer a démontré plus d'une fois qu'il, malgré le fait qu'il travaille dans l'ombre, avait un goût prononcé pour l'exagération. En voiture nolisée, parcourant les rues de la petite localité de Camden, Decker avait les yeux rivés sur la gauche, là où se trouvaient les maisons au numéro de porte pair, quand soudain, il s'écria : «C'est ici!». Il y était. 18956 Sycamore Street. La maison, à environ une cinquantaine de mètres du bord de la rue, était toute banale. Blanche, avec quelques touches de rose, c'était assurément la maison d'une femme -ou d'un homme qui assume son homosexualité-. Faisant signe à ses hommes de l'attendre au véhicule, Decker s'avança en direction de la maison, regardant tout autour de lui. Le voisin le plus près de la petite maison de Sycamore Street devait se trouver sur sa droite, à environ trois ou quatre cent mètres. De quoi vivre dans la tranquillité. C'était d'ailleurs l'une des principales raisons pourquoi plusieurs Shawiricois adoraient les petites localités du Richmond, du Deseret et du Columbia. Decker s'avança vers le seuil de la porte, puis leva le poing pour frapper à la porte. Mais la porte s'ouvrit tout juste avant. Devant Decker se trouvait une vieille dame qui devait avoir, sans exagération, au moins cent ans.
Vieille femme : Ah! Decker! Vous en avez mis du temps. Allez, entrez, vous allez attirer les Méthas.
Jimmy Decker : Les quoi?
Vieille femme : Entrez et fermer la porte.
Le président s'exécuta, non sans être surpris que la vieille femme l'attendait.
Jimmy Decker : Pourquoi m'attendiez-vous? C'est Schaffer qui vous a prévenu?
Vieille femme : Scha-qui? Cessez ces idioties, mon jeune homme, je suis beaucoup trop vieille pour ces histoires.
Jimmy Decker : Je cherche mademoiselle Fugg, Esmeralda Fugg.
Vieille femme : Mademoiselle? Cela doit bien faire soixante ans qu'on ne m'a pas appelé ainsi!
Jimmy Decker : C'est vous qui tenez un blog?
Vieille femme : Parce que je suis vieille, je ne peux pas jouer sur Internet moi aussi? Je vous trouve bien vulgaire, mon garçon.
Jimmy Decker : Je suis le présid...
Vieille femme : Vous êtes, surtout, à la quête d'une chose que vous ne trouvez pas.
Jimmy Decker : Comment savez-vous tout cela, et qui êtes-vous?
Vieille femme : Ah, vous n'avez pas été prévenu. Dites-moi, mon garçon, cherchez-vous au point de croire en tout? Cherchez-vous au point d'accepter de voir tout?
Jimmy Decker : De croire quoi? De voir quoi?
Vieille femme : La sorcellerie, jeune homme, la sorcellerie! Quelle question!
Jimmy Decker : Vous me prenez pour un imbécile, c'est ça?
Vieille femme : Je vous regarde à la télévision, mon garçon. Je crois que vous vous débrouillez très bien tout seul...
Jimmy Decker : Très bien. Pardon de vous avoir dérangée, madame.
Le président conservateur tourna les talons, ouvrit la porte d'entrée puis la referma derrière lui.
-
Steve
[center]18956 Sycamore Street
«La sorcellerie, oui. J'ai compris cette partie de l'histoire»
Saga Finerpapi, #6[/center]
Decker venait de sortir de la petite maison de la vieille Fugg. Une femme très étrange habillée de vêtements ressemblant à de vulgaires draps aux couleurs mauves, roses, jaunes et toutes ces autres couleurs horribles à la vue, le tout évidemment décoré de fleurs et autres pacotilles de petites vieilles. Esmeralda Fugg était la vieille dame schizophrène typique, et qui pour ajouter à ce scénario rocambolesque, affirmait croire en la sorcellerie. Decker se trouva pour une fois bien stupide d'avoir été aussi naïf de penser que cette piste pourrait le mener vers Steve Finerpapi. Après tout, les seules personnes au courant de cette histoire étaient Brian Blackburn, l'agent Schaffer, les présidents ayant lu le livre et lui-même. Il doutait que le président Blackburn ait été assez idiot pour confier un noir secret comme celui-ci à une vieille folle qui s'habillait dans une friperie radioactive en récitant des enchantements voodoos. Decker dépassa le seuil de la porte, puis descendit du petit balcon qui, sûrement, faisait le tour de la maison. Il se gratta la tête, puis sans vraiment avoir l'envie ni la force de se retenir, se mit à rire. Il se mit à rire si fort que quelques oiseaux, perchés dans les arbres près de la maison, s'envolèrent vers des cieux plus tranquilles, plus silencieux. Il marcha d'un pas lent, mais non moins décidé, vers le bord de la route lorsqu'il entendit la porte de la maison de la vieille Fugg s'ouvrir. Il fit mine de ne rien entendre, puis poursuivit son chemin.
Esmeralda Fugg : Ne voulez-vous pas trouver Riverlake?
Decker s'arrêta net. Comment pouvait-elle savoir à propos de Riverlake? Comment pouvait-elle savoir la raison de sa venue? C'était Schaffer. Schaffer avait prévenu la vieille Fugg que le président Decker viendrait la voir à propos de Riverlake. Elle avait sûrement comme mission de le mener en bateau et, lorsqu'il ne s'en attendra pas, de le tuer dans un rituel satanique. Mais, voyons! Qu'est-ce que c'est que ces idioties-là! Comme si la sorcellerie existait! Comme si cette vieille folle qui puait la sueur de la passion avait une baguette magique. Et puis quoi, encore? Elle est professeure à Poudlard? C'est la cousine de Gandalf? Decker se retourna, tentant de cacher sa curiosité désormais inarrêtable.
Jimmy Decker : Riverlake? Qu'est-ce que c'est?
Esmeralda Fugg : J'ai toujours dit à ma mère que je vous trouvais rigolo, mon garçon. Un peu con, cela va de soit, mais rigolo. Alors, vous voulez trouver cette chose ou non?
Jimmy Decker : Comment savez-vous cela?
Esmeralda Fugg : La sorcellerie, jeune homme, la sorcellerie! Quelle question!
Jimmy Decker : Je ne suis pas le genre d'homme de qui on se moque, madame.
Esmeralda Fugg : Vous m'en direz tant, petit garnement! Allez!, dépêchez-vous, entrez! vous allez attirer les Méthas.
Jimmy Decker : Qu'est-ce que c'est que les Méthas?
Esmeralda Fugg : Entrez, que je vous ai dit!
Decker n'aimait pas du tout la tournure des évènements. Peut-être que cette vieille femme ne voulait, après tout, que le tuer. En faire de la chair à pâté pour ses chats, ou quelque chose comme cela. Decker se retourna vers ses gardes du corps, qui voyant leur patron arriver, étaient sur la sellette, puis il leur fit signe que tout allait bien. Il se retourna donc vers la maison, la porte ouverte, sans Fugg. Il marcha donc vers le seuil de la porte, le pas pressé, afin de ne pas attirer les Mé... Mais, c'est quoi, des Méthas? Decker entra dans la maison, puis il referma la porte derrière lui.
Jimmy Decker : Je viens de vous sauvez la vie, madame Fugg. Il y avait trois ou quatre Méthas qui courraient vers la porte, mais ouff!, j'ai réussi à la fermer tout juste à temps.
Esmeralda Fugg : Ne plaisantez jamais à ce sujet, mon garçon. Jamais. Vous êtes peut-être un homme important dans la télévision et dans votre château, mais ici, vous représentez un danger. Et les Méthas en sont attirés. Si vous êtes entre leurs griffes, vous pouvez dire adieu à tout ce que vous connaissez.
La vieille Fugg se tourna vers le foyer, derrière elle, puis dit :
Esmeralda Fugg : Hein, môman! C'est vrai qu'il joue avec le feu, le garçon? Eh voilà, même ma mère vous le dit.
Jimmy Decker : Votre mère? Où est votre mère?
Esmeralda Fugg : Là! Vous êtes aveugle, en plus?
Puis la vieille Fugg pointa une botte brune, toute sale et toute déchirée, sur le manteau du foyer. À cet instant, le président Decker savait que cette femme était folle.
Jimmy Decker : Je... C'est une...
Esmeralda Fugg : Une quoi? Une quoi, hein?!?
Jimmy Decker : Rien, madame, pardonnez-moi mon impolitesse. Je suis quelque peu pressé, voyez-vous, et j'aimerais en terminer rapidement avec cette histoire.
Esmeralda Fugg : Vous devez croire en la sorcellerie, mon garçon. C'est l'unique façon de la voir. Tant que vous n'y croirez pas, vous ne la verrez pas.
Jimmy Decker : Quel est le rapport avec Riverlake?
Esmeralda Fugg : Vous croyez qu'on aurait caché Steve Finerpapi dans une usine désaffectée? Oh! Vous croyiez que je ne savais pas? Allons, mon garçon, vous allez devoir apprendre que je sais tout grâce à...
Jimmy Decker : ... À la sorcellerie, oui. J'ai compris cette partie de l'histoire.
Esmeralda Fugg : Ah! C'est bien! Je vous sens réceptif, Jimmy. Vous permettez que je vous appelle Jimmy, mon garçon? C'est que vous êtes si beau et si jeune, vous me faites penser à mon frère Jimmy.
Jimmy Decker : Croit-il en la sorcellerie?
Esmeralda Fugg : Qui ça?
Jimmy Decker : Votre frère, Jimmy...
Esmeralda Fugg : Je n'ai pas de frère, mon garçon, d'où pêchez-vous cela?
Jimmy Decker : Mais, vous venez de me dire que... ?
Esmeralda Fugg : Vous souffrez de grands troubles, jeune homme, il n'y a pas de doute là-dessus.
Jimmy Decker : Je... Bref, allons droit au but. Comment faire pour croire?
Esmeralda Fugg : Croire en quoi?
Jimmy Decker : En la sorcellerie!
Esmeralda Fugg : Ah, ça. Êtes-vous prêt, mon garçon? Parce que lorsque vous aurez mis un pied dans l'aventure, vous ne pourrez plus faire marche arrière. Croire ne demande pas beaucoup de temps, à peine quelques minutes, mais dès que vous décidez de croire, vous ne pouvez plus le nier. Vous le verrez. Partout. D'ici quelques minutes, vous connaitrez l'endroit où se cache le jeune homme, mais attention. La connaissance de ce secret vient avec de grandes responsabilités. Envers vous, envers lui et également envers tout ce que cela impliquera. Êtes-vous prêt à prendre ce risque?
Jimmy Decker : Je risque quoi? De mourir déchiqueté par les Méthas?
Esmeralda Fugg : Ahah! Qu'il est drôle. Hein, môman, qu'il est drôle! Ah! Elle dit aussi que vous êtes drôle. Ah! que vous êtes drôle!
Jimmy Decker : Ma question est sérieuse.
Esmeralda Fugg : Bien sûr que non. La sorcellerie telle qu'elle existe n'est pas comme dans les films, mon garçon. Elle ne permet pas de tuer, de faire parler les arbres ou même de changer les hommes en poissons. La sorcellerie telle qu'elle existe est plus subtile, plus atténuée. Elle ne permet que de créer de petits tours, des feintes-l'oeil. Elle est puissante, cela dit, mais pas nécessairement en force de frappe.
Jimmy Decker : Alors montrez-moi.
Esmeralda Fugg : Oh, non! Il faut croire avant...
Jimmy Decker : Montrez-moi à croire, alors...
Esmeralda Fugg : Bien, suivez-moi.
«La sorcellerie, oui. J'ai compris cette partie de l'histoire»
Saga Finerpapi, #6[/center]
Decker venait de sortir de la petite maison de la vieille Fugg. Une femme très étrange habillée de vêtements ressemblant à de vulgaires draps aux couleurs mauves, roses, jaunes et toutes ces autres couleurs horribles à la vue, le tout évidemment décoré de fleurs et autres pacotilles de petites vieilles. Esmeralda Fugg était la vieille dame schizophrène typique, et qui pour ajouter à ce scénario rocambolesque, affirmait croire en la sorcellerie. Decker se trouva pour une fois bien stupide d'avoir été aussi naïf de penser que cette piste pourrait le mener vers Steve Finerpapi. Après tout, les seules personnes au courant de cette histoire étaient Brian Blackburn, l'agent Schaffer, les présidents ayant lu le livre et lui-même. Il doutait que le président Blackburn ait été assez idiot pour confier un noir secret comme celui-ci à une vieille folle qui s'habillait dans une friperie radioactive en récitant des enchantements voodoos. Decker dépassa le seuil de la porte, puis descendit du petit balcon qui, sûrement, faisait le tour de la maison. Il se gratta la tête, puis sans vraiment avoir l'envie ni la force de se retenir, se mit à rire. Il se mit à rire si fort que quelques oiseaux, perchés dans les arbres près de la maison, s'envolèrent vers des cieux plus tranquilles, plus silencieux. Il marcha d'un pas lent, mais non moins décidé, vers le bord de la route lorsqu'il entendit la porte de la maison de la vieille Fugg s'ouvrir. Il fit mine de ne rien entendre, puis poursuivit son chemin.
Esmeralda Fugg : Ne voulez-vous pas trouver Riverlake?
Decker s'arrêta net. Comment pouvait-elle savoir à propos de Riverlake? Comment pouvait-elle savoir la raison de sa venue? C'était Schaffer. Schaffer avait prévenu la vieille Fugg que le président Decker viendrait la voir à propos de Riverlake. Elle avait sûrement comme mission de le mener en bateau et, lorsqu'il ne s'en attendra pas, de le tuer dans un rituel satanique. Mais, voyons! Qu'est-ce que c'est que ces idioties-là! Comme si la sorcellerie existait! Comme si cette vieille folle qui puait la sueur de la passion avait une baguette magique. Et puis quoi, encore? Elle est professeure à Poudlard? C'est la cousine de Gandalf? Decker se retourna, tentant de cacher sa curiosité désormais inarrêtable.
Jimmy Decker : Riverlake? Qu'est-ce que c'est?
Esmeralda Fugg : J'ai toujours dit à ma mère que je vous trouvais rigolo, mon garçon. Un peu con, cela va de soit, mais rigolo. Alors, vous voulez trouver cette chose ou non?
Jimmy Decker : Comment savez-vous cela?
Esmeralda Fugg : La sorcellerie, jeune homme, la sorcellerie! Quelle question!
Jimmy Decker : Je ne suis pas le genre d'homme de qui on se moque, madame.
Esmeralda Fugg : Vous m'en direz tant, petit garnement! Allez!, dépêchez-vous, entrez! vous allez attirer les Méthas.
Jimmy Decker : Qu'est-ce que c'est que les Méthas?
Esmeralda Fugg : Entrez, que je vous ai dit!
Decker n'aimait pas du tout la tournure des évènements. Peut-être que cette vieille femme ne voulait, après tout, que le tuer. En faire de la chair à pâté pour ses chats, ou quelque chose comme cela. Decker se retourna vers ses gardes du corps, qui voyant leur patron arriver, étaient sur la sellette, puis il leur fit signe que tout allait bien. Il se retourna donc vers la maison, la porte ouverte, sans Fugg. Il marcha donc vers le seuil de la porte, le pas pressé, afin de ne pas attirer les Mé... Mais, c'est quoi, des Méthas? Decker entra dans la maison, puis il referma la porte derrière lui.
Jimmy Decker : Je viens de vous sauvez la vie, madame Fugg. Il y avait trois ou quatre Méthas qui courraient vers la porte, mais ouff!, j'ai réussi à la fermer tout juste à temps.
Esmeralda Fugg : Ne plaisantez jamais à ce sujet, mon garçon. Jamais. Vous êtes peut-être un homme important dans la télévision et dans votre château, mais ici, vous représentez un danger. Et les Méthas en sont attirés. Si vous êtes entre leurs griffes, vous pouvez dire adieu à tout ce que vous connaissez.
La vieille Fugg se tourna vers le foyer, derrière elle, puis dit :
Esmeralda Fugg : Hein, môman! C'est vrai qu'il joue avec le feu, le garçon? Eh voilà, même ma mère vous le dit.
Jimmy Decker : Votre mère? Où est votre mère?
Esmeralda Fugg : Là! Vous êtes aveugle, en plus?
Puis la vieille Fugg pointa une botte brune, toute sale et toute déchirée, sur le manteau du foyer. À cet instant, le président Decker savait que cette femme était folle.
Jimmy Decker : Je... C'est une...
Esmeralda Fugg : Une quoi? Une quoi, hein?!?
Jimmy Decker : Rien, madame, pardonnez-moi mon impolitesse. Je suis quelque peu pressé, voyez-vous, et j'aimerais en terminer rapidement avec cette histoire.
Esmeralda Fugg : Vous devez croire en la sorcellerie, mon garçon. C'est l'unique façon de la voir. Tant que vous n'y croirez pas, vous ne la verrez pas.
Jimmy Decker : Quel est le rapport avec Riverlake?
Esmeralda Fugg : Vous croyez qu'on aurait caché Steve Finerpapi dans une usine désaffectée? Oh! Vous croyiez que je ne savais pas? Allons, mon garçon, vous allez devoir apprendre que je sais tout grâce à...
Jimmy Decker : ... À la sorcellerie, oui. J'ai compris cette partie de l'histoire.
Esmeralda Fugg : Ah! C'est bien! Je vous sens réceptif, Jimmy. Vous permettez que je vous appelle Jimmy, mon garçon? C'est que vous êtes si beau et si jeune, vous me faites penser à mon frère Jimmy.
Jimmy Decker : Croit-il en la sorcellerie?
Esmeralda Fugg : Qui ça?
Jimmy Decker : Votre frère, Jimmy...
Esmeralda Fugg : Je n'ai pas de frère, mon garçon, d'où pêchez-vous cela?
Jimmy Decker : Mais, vous venez de me dire que... ?
Esmeralda Fugg : Vous souffrez de grands troubles, jeune homme, il n'y a pas de doute là-dessus.
Jimmy Decker : Je... Bref, allons droit au but. Comment faire pour croire?
Esmeralda Fugg : Croire en quoi?
Jimmy Decker : En la sorcellerie!
Esmeralda Fugg : Ah, ça. Êtes-vous prêt, mon garçon? Parce que lorsque vous aurez mis un pied dans l'aventure, vous ne pourrez plus faire marche arrière. Croire ne demande pas beaucoup de temps, à peine quelques minutes, mais dès que vous décidez de croire, vous ne pouvez plus le nier. Vous le verrez. Partout. D'ici quelques minutes, vous connaitrez l'endroit où se cache le jeune homme, mais attention. La connaissance de ce secret vient avec de grandes responsabilités. Envers vous, envers lui et également envers tout ce que cela impliquera. Êtes-vous prêt à prendre ce risque?
Jimmy Decker : Je risque quoi? De mourir déchiqueté par les Méthas?
Esmeralda Fugg : Ahah! Qu'il est drôle. Hein, môman, qu'il est drôle! Ah! Elle dit aussi que vous êtes drôle. Ah! que vous êtes drôle!
Jimmy Decker : Ma question est sérieuse.
Esmeralda Fugg : Bien sûr que non. La sorcellerie telle qu'elle existe n'est pas comme dans les films, mon garçon. Elle ne permet pas de tuer, de faire parler les arbres ou même de changer les hommes en poissons. La sorcellerie telle qu'elle existe est plus subtile, plus atténuée. Elle ne permet que de créer de petits tours, des feintes-l'oeil. Elle est puissante, cela dit, mais pas nécessairement en force de frappe.
Jimmy Decker : Alors montrez-moi.
Esmeralda Fugg : Oh, non! Il faut croire avant...
Jimmy Decker : Montrez-moi à croire, alors...
Esmeralda Fugg : Bien, suivez-moi.
-
Steve
[center]18956 Sycamore Street
«Vous méritez la fessée, mon enfant»
Saga Finerpapi, #7[/center]
Decker voulant croire à la sorcellerie pour la voir, sans réellement croire à toute cette histoire ridicule, suivit Esmeralda jusqu'au deuxième étage. La vieille dame s'arrêta devant une porte. Une vieille porte brune et verte, sûrement de la moisissure, qui ne s'agençait pas aux murs roses tout autour du passage du second étage. Sur la porte, il y avait quelques mécanismes de verrouillage à cadenas. Par quelques, on parle de huit. La vieille Fugg enleva de sous ses centaines de draps qui lui servaient de vêtements un trousseau de clés, puis commença à déverrouiller les huit cadenas.
Jimmy Decker : Qu'est-ce qu'il y a derrière cette porte?
Esmeralda Fugg : C'est ici que je cache les corps de mes victimes, jusqu'à ce qu'un invité, comme vous mon vilain, sonne à ma porte pour les enterrer. Vous comprendrez qu'à mon âge, enterrer des cadavres, c'est ardu.
Des cadavres. DES CADAVRES? Soudain, la tête de Decker se mit à tourner quelques trois cent tours à la seconde. Appeuré, et surtout convaincu qu'il y laisserait sa peau, il abandonna tant son courage que son orgueil et tourna les talons aussi vite qu'il avait changé d'idée concernant son intention de ne pas lancer de plan de réarmement. il descendit les escaliers à la course, trébucha, mais se releva aussi vite, pour se diriger vers la porte de sortie. Il devait à tout prix rejoindre ses gardes du corps pour leur ordonner de faire feu cent fois plutôt qu'une sur cette vieille folle. Et elle tenait un blog, hein? Decker avait bien envie de voir quel genre de blog elle tenait. Des poèmes suicidaires ou des recettes à la sauce humaine? Decker continua sa course jusqu'à la porte, mais freina aussi vite qu'on décharge une mitraillette automatique. Devant la porte se tenait Esmeralda Fugg. Une arme de chasse à la main.
Jimmy Decker : Co... Comment vous... Je... Vous... Vous... Comment?
Esmeralda Fugg : Ça suffit. Vous méritez la fessée, mon enfant. Prenez ces clés et retournez à la porte. Et je ne le dirai pas deux fois.
Decker prit le trousseau que lui tendait la vieille dame avec sa main de libre (l'arme dans l'autre), puis tourna très lentement sur ses talons en direction des escaliers. Pendant qu'il montait les marches, il demanda :
Jimmy Decker : Comment vous êtes-vous rendu jusqu'à la porte?
Esmeralda Fugg : Grâce à ma soucoupe volante.
Fugg se mit à rire comme le ferait une vieille sorcière, puis trouvant que Decker n'avançait pas assez vite, lui donna quelques coups de canon dans le dos. Arrivé devant la porte, Decker cherchait tant bien que mal quelle clé allait avec quel cadenas. Au bout de trois minutes, tous les cadenas étaient déverrouillés.
Esmeralda Fugg : Ouvrez cette porte.
Le président de la Shawiricie s'exécuta, malgré sa petite voix intérieure qui lui conseillait de la frapper à mort, quitte à recevoir deux ou trois balles, puis constata une pièce vide. Au plancher de bois franc, crasseux à souhait, se trouvait un pentacle. Decker s'étonna que la pièce soit vide et qu'elle ne contienne, en fait, aucun cadavre.
Jimmy Decker : Il n'y a aucun cadavre ici...
Esmeralda Fugg : Vous êtes trop tendu, mon beau brun, vous ne prenez même plus les plaisanteries!
Jimmy Decker : J'aimerais bien vous voir dans ma situation, le canon d'une arme à feu dans le dos!
Esmeralda Fugg : Quelle arme à feu?
Jimmy Decker : Celle dans votre main?
Esmeralda Fugg : Ah? Ah! Ah. Oui, celle-là. Oh, vous savez...
Jimmy Decker : Je sais quoi?
Esmeralda Fugg : Si vous voulez croire en la sorcellerie, mon garçon, vous allez devoir cesser de faire la vierge effarouchée et me faire un peu confiance. Voulez-vous bien me dire pour de quelle raison ce pays vous a donné les commandes d'une puissante armée? Sainte maman! Entrez dans la pièce, et placez-vous au centre du pentacle.
Jimmy Decker : Pourquoi?
Esmeralda Fugg : Parce que si vous ne le faites pas, je vous envoie rejoindre ma mère!
Jimmy Decker : Sur le foyer...
Esmeralda Fugg : De quoi parlez-vous, sur le foyer? Vous faites une de ces fixations sur mon foyer! Allez, entrez!
Decker s'exécuta.
«Vous méritez la fessée, mon enfant»
Saga Finerpapi, #7[/center]
Decker voulant croire à la sorcellerie pour la voir, sans réellement croire à toute cette histoire ridicule, suivit Esmeralda jusqu'au deuxième étage. La vieille dame s'arrêta devant une porte. Une vieille porte brune et verte, sûrement de la moisissure, qui ne s'agençait pas aux murs roses tout autour du passage du second étage. Sur la porte, il y avait quelques mécanismes de verrouillage à cadenas. Par quelques, on parle de huit. La vieille Fugg enleva de sous ses centaines de draps qui lui servaient de vêtements un trousseau de clés, puis commença à déverrouiller les huit cadenas.
Jimmy Decker : Qu'est-ce qu'il y a derrière cette porte?
Esmeralda Fugg : C'est ici que je cache les corps de mes victimes, jusqu'à ce qu'un invité, comme vous mon vilain, sonne à ma porte pour les enterrer. Vous comprendrez qu'à mon âge, enterrer des cadavres, c'est ardu.
Des cadavres. DES CADAVRES? Soudain, la tête de Decker se mit à tourner quelques trois cent tours à la seconde. Appeuré, et surtout convaincu qu'il y laisserait sa peau, il abandonna tant son courage que son orgueil et tourna les talons aussi vite qu'il avait changé d'idée concernant son intention de ne pas lancer de plan de réarmement. il descendit les escaliers à la course, trébucha, mais se releva aussi vite, pour se diriger vers la porte de sortie. Il devait à tout prix rejoindre ses gardes du corps pour leur ordonner de faire feu cent fois plutôt qu'une sur cette vieille folle. Et elle tenait un blog, hein? Decker avait bien envie de voir quel genre de blog elle tenait. Des poèmes suicidaires ou des recettes à la sauce humaine? Decker continua sa course jusqu'à la porte, mais freina aussi vite qu'on décharge une mitraillette automatique. Devant la porte se tenait Esmeralda Fugg. Une arme de chasse à la main.
Jimmy Decker : Co... Comment vous... Je... Vous... Vous... Comment?
Esmeralda Fugg : Ça suffit. Vous méritez la fessée, mon enfant. Prenez ces clés et retournez à la porte. Et je ne le dirai pas deux fois.
Decker prit le trousseau que lui tendait la vieille dame avec sa main de libre (l'arme dans l'autre), puis tourna très lentement sur ses talons en direction des escaliers. Pendant qu'il montait les marches, il demanda :
Jimmy Decker : Comment vous êtes-vous rendu jusqu'à la porte?
Esmeralda Fugg : Grâce à ma soucoupe volante.
Fugg se mit à rire comme le ferait une vieille sorcière, puis trouvant que Decker n'avançait pas assez vite, lui donna quelques coups de canon dans le dos. Arrivé devant la porte, Decker cherchait tant bien que mal quelle clé allait avec quel cadenas. Au bout de trois minutes, tous les cadenas étaient déverrouillés.
Esmeralda Fugg : Ouvrez cette porte.
Le président de la Shawiricie s'exécuta, malgré sa petite voix intérieure qui lui conseillait de la frapper à mort, quitte à recevoir deux ou trois balles, puis constata une pièce vide. Au plancher de bois franc, crasseux à souhait, se trouvait un pentacle. Decker s'étonna que la pièce soit vide et qu'elle ne contienne, en fait, aucun cadavre.
Jimmy Decker : Il n'y a aucun cadavre ici...
Esmeralda Fugg : Vous êtes trop tendu, mon beau brun, vous ne prenez même plus les plaisanteries!
Jimmy Decker : J'aimerais bien vous voir dans ma situation, le canon d'une arme à feu dans le dos!
Esmeralda Fugg : Quelle arme à feu?
Jimmy Decker : Celle dans votre main?
Esmeralda Fugg : Ah? Ah! Ah. Oui, celle-là. Oh, vous savez...
Jimmy Decker : Je sais quoi?
Esmeralda Fugg : Si vous voulez croire en la sorcellerie, mon garçon, vous allez devoir cesser de faire la vierge effarouchée et me faire un peu confiance. Voulez-vous bien me dire pour de quelle raison ce pays vous a donné les commandes d'une puissante armée? Sainte maman! Entrez dans la pièce, et placez-vous au centre du pentacle.
Jimmy Decker : Pourquoi?
Esmeralda Fugg : Parce que si vous ne le faites pas, je vous envoie rejoindre ma mère!
Jimmy Decker : Sur le foyer...
Esmeralda Fugg : De quoi parlez-vous, sur le foyer? Vous faites une de ces fixations sur mon foyer! Allez, entrez!
Decker s'exécuta.
-
Steve
[center]18956 Sycamore Street
«Il faudrait être con pour croire autrement»
Saga Finerpapi, #8[/center]
Le président de la Shawiricie entra dans la pièce après que la vieille Fugg le lui avait ordonné. La pièce, vide, ne contenait qu'un pentacle vulgairement peinturé sur le sol avec de la peinture de couleur blanche. Au bout des cinq pointes du dessin se trouvaient des chandelles allumées dont l'allure laissaient croire qu'elles venaient à peine d'être utilisées pour la première fois. À ce moment précis, Decker ne pu s'empêcher de penser à tout le pouvoir qu'il détenait en tant que président des Nations-Unies de la Shawiricie. L'homme le plus puissant du pays à la solde, littéralement, d'une vieille dame qui pratiquait de la sorcellerie dans une pièce cadenassée huit fois plutôt qu'une du deuxième étage de sa maison. Decker écrirait sa périphérie dans le livre des présidents qu'aucun de ses successeur ne le prendrait au sérieux. L'histoire pathétique d'un président qui, à l'extérieur de Stepro, n'était plus rien. Rien du tout.
La vieille Fugg ordonna à Decker de se placer au centre du pentacle, à genoux. Après quelques secondes d'hésitation, il obtempéra. Après tout : cette folle était armée. Esmeralda Fugg lui donna une feuille, souillée par de nombreuses tâches douteuses, puis lui demanda calmement de réciter à voix haute ce qu'il y avait d'inscrit sur celle-ci.
Jimmy Decker : Vous allez me faire égorger des poulets, aussi?
La vieille dame, quelque peu amusée par la réplique du président, fit aller le bout du canon de son arme à feu.
Esmeralda Fugg : Vous réussissez mieux l'humour que la politique, à ce que je vois. Allez, n'attendez pas que les Méthas arrivent! Récitez.
Ce n'était pas la première fois que Fugg faisait référence aux Méthas. Sans doute encore le fruit de sa maladie mentale. Decker regarda brièvement la feuille qu'il tenait dans ses mains, puis réalisa que c'était quelque chose comme une sorte d'incantation...
Jimmy Decker : Snif sem a revirra ruop eitoidi elleuq etropmin a tiareterppas iuq epyt elas nuuq sius en ej. Bon... ça y est, j'ai réincarné votre mère?
Esmeralda Fugg : Vous n'êtes un vaurien, Jimmy Decker, mais je dois bien admettre que vous êtes un rigolo.
Esmeralda se mit à rire puis déposa son arme sur le sol. De toute manière, l'arme n'avait jamais été chargée. Elle regarda Jimmy dans les yeux, puis se mit à rire encore de plus belles.
Esmeralda Fugg : Lisez donc à l'envers, andouille.
La vieille Fugg quitta la pièce puis descendit les marches. Decker regarda attentivement ce qu'il venait de lire, puis commença à lire de droite à gauche, non sans une mince difficulté. «Je ne suis qu'un sale type qui s'apprêterait à n'importe quelle idiotie pour arriver à mes fins.» Décidémment, cette vieille chipie s'était bien moquée du président shawiricois. Il se leva d'un bond, puis descendit les marches. Cette fois-ci, moins vite que la première, histoire de ne pas perdre le pied. Il avait déjà perdu la face... Il trouva sa vieille sorcière assise sur son fauteuil, dans la salle de séjour. Elle riait encore à grands éclats, laissant même échapper quelques larmes au passage. Decker prit place sur le sofa en face du fauteuil, muet comme son plan concernant la survie des programmes sociaux shawiricois.
Esmeralda Fugg : Oh! Mon pauvre garçon! Si vous aviez vu votre expression, cela vaut bien une réélection! Vous avez été parfait. Un grand parmi les grands, je vous l'assure!
Jimmy Decker : J'imagine donc que pour croire en la sorcellerie, ce ne sera pas aussi simple?
Esmeralda Fugg : Croire en la sorcellerie (rire) J'avais prévenu Karl que ça ne fonctionnerait pas, mais je vais devoir lui présenter mes excuses, c'était beaucoup plus simple que je ne le croyais!
Jimmy Decker : Karl?
Esmeralda Fugg : Karl Schaffer, bien sûr! Je n'aurais pas été capable de tenir si vous aviez insisté, tout à l'heure, mais vous avez été plutôt passif sur ce coup. J'imagine qu'en ce moment, il y a des millions de questions qui vous traversent l'esprit. La sorcellerie, les Méthas, Finerpapi...
Jimmy Decker : On se joue assez de moi au quotidien pour que ça me lasse lorsque je ne suis pas en fonction, madame Fugg. J'ai suffisamment été patient pour mériter, en retour, un peu de respect et d'honnêteté.
Esmeralda Fugg : Vous avez raison. Ça changera de vos politiques. Est-ce que la sorcellerie existe? Bien sûr que non. Il faudrait être con pour croire autrement.
La vieille dame décocha un petit clin d'oeil au président Shawiricois. La vieille dame était alors plus posée, et sa voix semblait moins vieille, moins tremblante. Elle s'était bien foutu de sa gueule, mais désormais, elle devait obéir aux ordres de son propre chef, l'agent Schaffer.
Jimmy Decker : Qui êtes-vous?
Esmeralda Fugg : Je suis un agent dormant pour le X7. Nous savions qu'un jour, ma mission devrait être activée, mais après tout ce temps, j'admets que je n'y croyais plus. Surtout que ma mission principale était de tuer le sujet qui réveillerait ma mission. Ce n'est qu'il y a quelques mois que Schaffer m'a appelé pour changer mon objectif. Je ne sais pas ce que vous lui avez fait, ou ce que vous lui avez promis, mais pour que cette opération tourne en votre sens, dites-vous qu'en vous rendant ce service, Schaffer se paiera autrement. Je dois vous donner tout le crédit, cependant, pour m'avoir trouvé en si peu de temps. Ce blog était une bonne idée, tout compte fait.
Jimmy Decker : Vous savez où est Steve Finerpapi?
Esmeralda Fugg : Oui... et non... Ce n'est pas si simple. C'est un puzzle, en fait. Une pièce vous a amené à moi. Une autre vous amènera à quelque part d'autre jusqu'à... jusqu'à ce que vous arriviez à destination.
Jimmy Decker : Qu'est-ce que c'est, les Méthas?
Esmeralda Fugg : Nous sommes une petite ville, ici. Votre présence n'est qu'une question de temps avant qu'elle se sache partout dans les environs. Et dès que votre présence sera publique, le X7 n'aura pas d'autre choix que de prévenir ses chiens de garde -qu'on appelle Méthas. Le X7 vous donne ces pièces de puzzle, mais évidemment, il ne vous laissera pas libre de vos actions. Vous n'avez que très peu de temps à chaque checkpoint, dépêchez-vous.
Jimmy Decker : Quel est l'indice, alors?
Esmeralda Fugg : Sous le bureau de travail du gouverneur Bradley, il y a peut-être ce que vous cherchez.
Jimmy Decker : C'est aussi simple que ça?
Esmeralda Fugg : Chez lui, monsieur, chez lui. Pas à ses bureaux professionnels.
Decker soupira. Il devait désormais se faire inviter dans la demeure de son ennemi politique juré. Un jeu d'enfant. Decker se leva, et sans remercier son hôte, se dirigea vers la porte. La vieille Fugg riait encore. Elle n'arrivait pas à y croire : elle l'avait bel et bien piégé. Ah! Quand Schaffer saurait ça! Decker ouvrit la porte, puis la referma aussitôt.
«Il faudrait être con pour croire autrement»
Saga Finerpapi, #8[/center]
Le président de la Shawiricie entra dans la pièce après que la vieille Fugg le lui avait ordonné. La pièce, vide, ne contenait qu'un pentacle vulgairement peinturé sur le sol avec de la peinture de couleur blanche. Au bout des cinq pointes du dessin se trouvaient des chandelles allumées dont l'allure laissaient croire qu'elles venaient à peine d'être utilisées pour la première fois. À ce moment précis, Decker ne pu s'empêcher de penser à tout le pouvoir qu'il détenait en tant que président des Nations-Unies de la Shawiricie. L'homme le plus puissant du pays à la solde, littéralement, d'une vieille dame qui pratiquait de la sorcellerie dans une pièce cadenassée huit fois plutôt qu'une du deuxième étage de sa maison. Decker écrirait sa périphérie dans le livre des présidents qu'aucun de ses successeur ne le prendrait au sérieux. L'histoire pathétique d'un président qui, à l'extérieur de Stepro, n'était plus rien. Rien du tout.
La vieille Fugg ordonna à Decker de se placer au centre du pentacle, à genoux. Après quelques secondes d'hésitation, il obtempéra. Après tout : cette folle était armée. Esmeralda Fugg lui donna une feuille, souillée par de nombreuses tâches douteuses, puis lui demanda calmement de réciter à voix haute ce qu'il y avait d'inscrit sur celle-ci.
Jimmy Decker : Vous allez me faire égorger des poulets, aussi?
La vieille dame, quelque peu amusée par la réplique du président, fit aller le bout du canon de son arme à feu.
Esmeralda Fugg : Vous réussissez mieux l'humour que la politique, à ce que je vois. Allez, n'attendez pas que les Méthas arrivent! Récitez.
Ce n'était pas la première fois que Fugg faisait référence aux Méthas. Sans doute encore le fruit de sa maladie mentale. Decker regarda brièvement la feuille qu'il tenait dans ses mains, puis réalisa que c'était quelque chose comme une sorte d'incantation...
Jimmy Decker : Snif sem a revirra ruop eitoidi elleuq etropmin a tiareterppas iuq epyt elas nuuq sius en ej. Bon... ça y est, j'ai réincarné votre mère?
Esmeralda Fugg : Vous n'êtes un vaurien, Jimmy Decker, mais je dois bien admettre que vous êtes un rigolo.
Esmeralda se mit à rire puis déposa son arme sur le sol. De toute manière, l'arme n'avait jamais été chargée. Elle regarda Jimmy dans les yeux, puis se mit à rire encore de plus belles.
Esmeralda Fugg : Lisez donc à l'envers, andouille.
La vieille Fugg quitta la pièce puis descendit les marches. Decker regarda attentivement ce qu'il venait de lire, puis commença à lire de droite à gauche, non sans une mince difficulté. «Je ne suis qu'un sale type qui s'apprêterait à n'importe quelle idiotie pour arriver à mes fins.» Décidémment, cette vieille chipie s'était bien moquée du président shawiricois. Il se leva d'un bond, puis descendit les marches. Cette fois-ci, moins vite que la première, histoire de ne pas perdre le pied. Il avait déjà perdu la face... Il trouva sa vieille sorcière assise sur son fauteuil, dans la salle de séjour. Elle riait encore à grands éclats, laissant même échapper quelques larmes au passage. Decker prit place sur le sofa en face du fauteuil, muet comme son plan concernant la survie des programmes sociaux shawiricois.
Esmeralda Fugg : Oh! Mon pauvre garçon! Si vous aviez vu votre expression, cela vaut bien une réélection! Vous avez été parfait. Un grand parmi les grands, je vous l'assure!
Jimmy Decker : J'imagine donc que pour croire en la sorcellerie, ce ne sera pas aussi simple?
Esmeralda Fugg : Croire en la sorcellerie (rire) J'avais prévenu Karl que ça ne fonctionnerait pas, mais je vais devoir lui présenter mes excuses, c'était beaucoup plus simple que je ne le croyais!
Jimmy Decker : Karl?
Esmeralda Fugg : Karl Schaffer, bien sûr! Je n'aurais pas été capable de tenir si vous aviez insisté, tout à l'heure, mais vous avez été plutôt passif sur ce coup. J'imagine qu'en ce moment, il y a des millions de questions qui vous traversent l'esprit. La sorcellerie, les Méthas, Finerpapi...
Jimmy Decker : On se joue assez de moi au quotidien pour que ça me lasse lorsque je ne suis pas en fonction, madame Fugg. J'ai suffisamment été patient pour mériter, en retour, un peu de respect et d'honnêteté.
Esmeralda Fugg : Vous avez raison. Ça changera de vos politiques. Est-ce que la sorcellerie existe? Bien sûr que non. Il faudrait être con pour croire autrement.
La vieille dame décocha un petit clin d'oeil au président Shawiricois. La vieille dame était alors plus posée, et sa voix semblait moins vieille, moins tremblante. Elle s'était bien foutu de sa gueule, mais désormais, elle devait obéir aux ordres de son propre chef, l'agent Schaffer.
Jimmy Decker : Qui êtes-vous?
Esmeralda Fugg : Je suis un agent dormant pour le X7. Nous savions qu'un jour, ma mission devrait être activée, mais après tout ce temps, j'admets que je n'y croyais plus. Surtout que ma mission principale était de tuer le sujet qui réveillerait ma mission. Ce n'est qu'il y a quelques mois que Schaffer m'a appelé pour changer mon objectif. Je ne sais pas ce que vous lui avez fait, ou ce que vous lui avez promis, mais pour que cette opération tourne en votre sens, dites-vous qu'en vous rendant ce service, Schaffer se paiera autrement. Je dois vous donner tout le crédit, cependant, pour m'avoir trouvé en si peu de temps. Ce blog était une bonne idée, tout compte fait.
Jimmy Decker : Vous savez où est Steve Finerpapi?
Esmeralda Fugg : Oui... et non... Ce n'est pas si simple. C'est un puzzle, en fait. Une pièce vous a amené à moi. Une autre vous amènera à quelque part d'autre jusqu'à... jusqu'à ce que vous arriviez à destination.
Jimmy Decker : Qu'est-ce que c'est, les Méthas?
Esmeralda Fugg : Nous sommes une petite ville, ici. Votre présence n'est qu'une question de temps avant qu'elle se sache partout dans les environs. Et dès que votre présence sera publique, le X7 n'aura pas d'autre choix que de prévenir ses chiens de garde -qu'on appelle Méthas. Le X7 vous donne ces pièces de puzzle, mais évidemment, il ne vous laissera pas libre de vos actions. Vous n'avez que très peu de temps à chaque checkpoint, dépêchez-vous.
Jimmy Decker : Quel est l'indice, alors?
Esmeralda Fugg : Sous le bureau de travail du gouverneur Bradley, il y a peut-être ce que vous cherchez.
Jimmy Decker : C'est aussi simple que ça?
Esmeralda Fugg : Chez lui, monsieur, chez lui. Pas à ses bureaux professionnels.
Decker soupira. Il devait désormais se faire inviter dans la demeure de son ennemi politique juré. Un jeu d'enfant. Decker se leva, et sans remercier son hôte, se dirigea vers la porte. La vieille Fugg riait encore. Elle n'arrivait pas à y croire : elle l'avait bel et bien piégé. Ah! Quand Schaffer saurait ça! Decker ouvrit la porte, puis la referma aussitôt.
-
Steve
[center]Parc présidentiel
«Pourquoi pas aider mon bon ami»
Saga Finerpapi, #9[/center]
Jimmy Decker était assis sur un banc dans le parc présidentiel, endroit entouré de verdure, de fleurs et d'air frais. Avec tout ce qui se passait en Shawiricie, Decker n'avait pas eu le temps de bien réfléchir à comment il se rendrait sous le bureau du domicile du gouverneur Bradley. D'autant plus que désormais, il ne pouvait plus tout simplement se faire inviter chez lui. Decker avait longtemps songé à déployer une équipe tactique des services secrets chez Bradley, mais la possibilité que cela vire mal et les répercussions politiques faisaient en sorte que Decker n'avait pas tant confiance en son idée. Après tout, il fallait savoir mesurer la force des choses. Il tenait absolument à retrouver le président Finerpapi pour s'attirer les bienfaits politiques, mais à quel prix? Il devrait se rendre chez Rob Bradley pour lui annoncer qu'il souhaite être copain et lui autoriser à faire sécession? Absolument pas! Il n'en était pas du tout question. Alors quoi? Comment parvenir à ses fins? Au moment où Deckey était au sommet de la réflexion, un garde s'approcha du président, lui demandant de bien vouloir le suivre.
Jimmy Decker : Que ce passe-t-il?
Garde : Un homme est à l'entrée de la zone sécurisée, monsieur le président, et il se fait insistant pour vous rencontrer. Le protocole de sécurité a été déployé. Suivez-moi, s'il-vous-plaît.
Jimmy Decker : Qui est cet homme? Les caméras l'ont reconnu?
Garde : Non, monsieur. Il dit s'appeler Schaffer. Allez, suivez-moi maintenant.
Jimmy Decker : Schaffer dites-v... Lâchez-moi, merde! Schaffer, avez-vous dit?
Garde : Oui, monsieur.
Jimmy Decker : Mettez fin au protocole, et faites-le venir jusqu'à moi.
Garde : Pardon, monsieur?
Jimmy Decker : Je ne me répèterai pas.
Quelque peu suspicieux, le garde obtempéra immédiatement et s'éloigna du président shawiricois en parlant dans un micro attaché à la manche gauche de son veston. Decker replaça ses vêtements, quelques peu déplacés par l'agent visiblement trop enjoué à sauver sa vie, puis passa sa main dans ses cheveux. Que diable faisait Schaffer à l'entrée de la zone sécurisée? Et pourquoi avait-il créé toute une scène, lui qui pouvait entrer incognito -sans qu'on sache comment- dans la Shawirician House?
Agent Schaffer : Vous abandonnez déjà notre petit jeu? Je commençais à peine à m'amuser...
Jimmy Decker : Pourriez-vous me dire ce que vous faites ici? Qu'est-ce que c'est que tout ce tapage? Vous croyez vraiment que je vais débloquer des fonds pour appuyer les opérations du X7? Laissez-moi vo...
Agent Schaffer : Vous croyez que j'ai besoin de cet argent, monsieur le président? Avez-vous seulement une idée de qui je suis et du pouvoir que je possède? Votre argent est le dernier de mes soucis. Vous, les hommes politiques, vous croyez que le pouvoir vient de l'argent... alors vous criez sur tous les toits votre fortune dans l'espoir d'être plus riche que vos voisins, et dont plus forts, mais vous avez tort. Le X7 se finance ici et là, et jamais le X7 ne sera financé par quelque gouvernement qui soit. Pourquoi? Parce que le X7 se fiche du gouvernement. Le gouvernement n'est qu'un ensemble de cravates qui accumulent des fonds pour se croire supérieur. Hors, il n'en est rien, monsieur le président. Cessez cette condescendance, car elle mènera à votre perte.
Jimmy Decker : Pourquoi avoir déclenché le protocole?
Agent Schaffer : J'ai l'impression qu'à ce jeu, je suis le seul qui s'amuse. Et nous sommes amis, Decker. J'ai envie de vous voir vous amuser un peu. Ne croyez-vous pas que les prochains jours seront intéressants?
Jimmy Decker : Que voulez-vous dire?
Agent Schaffer : Le service de sécurité du président et de sa luxueuse demeure qui active le protocole de sécurité après qu'une menace directe, moi, se présente à l'entrée en criant qu'il souhaite vous voir... Moi, un simple citoyen bien ordinaire... Et au lieu de courir vous protéger dans votre bunker, vous faites lever l'alerte et vous me permettez d'entrer à même votre petit jardin vert? Je suis déjà excité du moment où vous devrez expliquer cela à votre chef de la sécurité. Quel manque de jugement, monsieur le président. Quel manque d'anticipation. Vous risquez gros.
Jimmy Decker : Arrêtez de jouer à ce jeu avec moi. Qu'est-ce que vous voulez?
Agent Schaffer : Oh!, vous savez, je ne veux que m'amuser. Et lorsque vous abandonnez en cours de route, je me dis que j'ai créé tout cela pour rien. Et vous ne voulez vraiment pas que tous mes efforts n'aient servis à rien. Alooooors... Parce que j'ai bon cœur, et surtout parce que votre liste de redevances envers moi allonge, je me suis dit : pourquoi pas aider mon bon ami. J'avais surtout peur que vous ne soyez qu'un trouillard, mais bon... Alors je suis allé chez ce bon vieux Rob Bradley, et j'ai trouvé ceci.
Schaffer donna au président Decker une clé USB noire.
Jimmy Decker : Ça ressemble de plus en plus à un horrible scénario de film, votre jeu...
Agent Schaffer : Même le plus extraordinaire des films n'aurait pas été capable de dénicher Fugg, arrêtez vos conneries!
Jimmy Decker : Fugg...
Agent Schaffer : (Rires) Ah! Vous avez été terrible, je vous le jure. La sorcellerie, hein?
Jimmy Decker : Ça va, ça va. C'est tout?
Agent Schaffer : Tout? Bien sûr que non. Ça ne fait que débuter, mon ami...
Jimmy Decker : Vous m'en voyez ravie. Saluez votre vieille folle pour moi. Easton, raccompagnez ce monsieur à la sortie.
Agent Schaffer : À plus tard, di-gli-dou.
«Pourquoi pas aider mon bon ami»
Saga Finerpapi, #9[/center]
Jimmy Decker était assis sur un banc dans le parc présidentiel, endroit entouré de verdure, de fleurs et d'air frais. Avec tout ce qui se passait en Shawiricie, Decker n'avait pas eu le temps de bien réfléchir à comment il se rendrait sous le bureau du domicile du gouverneur Bradley. D'autant plus que désormais, il ne pouvait plus tout simplement se faire inviter chez lui. Decker avait longtemps songé à déployer une équipe tactique des services secrets chez Bradley, mais la possibilité que cela vire mal et les répercussions politiques faisaient en sorte que Decker n'avait pas tant confiance en son idée. Après tout, il fallait savoir mesurer la force des choses. Il tenait absolument à retrouver le président Finerpapi pour s'attirer les bienfaits politiques, mais à quel prix? Il devrait se rendre chez Rob Bradley pour lui annoncer qu'il souhaite être copain et lui autoriser à faire sécession? Absolument pas! Il n'en était pas du tout question. Alors quoi? Comment parvenir à ses fins? Au moment où Deckey était au sommet de la réflexion, un garde s'approcha du président, lui demandant de bien vouloir le suivre.
Jimmy Decker : Que ce passe-t-il?
Garde : Un homme est à l'entrée de la zone sécurisée, monsieur le président, et il se fait insistant pour vous rencontrer. Le protocole de sécurité a été déployé. Suivez-moi, s'il-vous-plaît.
Jimmy Decker : Qui est cet homme? Les caméras l'ont reconnu?
Garde : Non, monsieur. Il dit s'appeler Schaffer. Allez, suivez-moi maintenant.
Jimmy Decker : Schaffer dites-v... Lâchez-moi, merde! Schaffer, avez-vous dit?
Garde : Oui, monsieur.
Jimmy Decker : Mettez fin au protocole, et faites-le venir jusqu'à moi.
Garde : Pardon, monsieur?
Jimmy Decker : Je ne me répèterai pas.
Quelque peu suspicieux, le garde obtempéra immédiatement et s'éloigna du président shawiricois en parlant dans un micro attaché à la manche gauche de son veston. Decker replaça ses vêtements, quelques peu déplacés par l'agent visiblement trop enjoué à sauver sa vie, puis passa sa main dans ses cheveux. Que diable faisait Schaffer à l'entrée de la zone sécurisée? Et pourquoi avait-il créé toute une scène, lui qui pouvait entrer incognito -sans qu'on sache comment- dans la Shawirician House?
Agent Schaffer : Vous abandonnez déjà notre petit jeu? Je commençais à peine à m'amuser...
Jimmy Decker : Pourriez-vous me dire ce que vous faites ici? Qu'est-ce que c'est que tout ce tapage? Vous croyez vraiment que je vais débloquer des fonds pour appuyer les opérations du X7? Laissez-moi vo...
Agent Schaffer : Vous croyez que j'ai besoin de cet argent, monsieur le président? Avez-vous seulement une idée de qui je suis et du pouvoir que je possède? Votre argent est le dernier de mes soucis. Vous, les hommes politiques, vous croyez que le pouvoir vient de l'argent... alors vous criez sur tous les toits votre fortune dans l'espoir d'être plus riche que vos voisins, et dont plus forts, mais vous avez tort. Le X7 se finance ici et là, et jamais le X7 ne sera financé par quelque gouvernement qui soit. Pourquoi? Parce que le X7 se fiche du gouvernement. Le gouvernement n'est qu'un ensemble de cravates qui accumulent des fonds pour se croire supérieur. Hors, il n'en est rien, monsieur le président. Cessez cette condescendance, car elle mènera à votre perte.
Jimmy Decker : Pourquoi avoir déclenché le protocole?
Agent Schaffer : J'ai l'impression qu'à ce jeu, je suis le seul qui s'amuse. Et nous sommes amis, Decker. J'ai envie de vous voir vous amuser un peu. Ne croyez-vous pas que les prochains jours seront intéressants?
Jimmy Decker : Que voulez-vous dire?
Agent Schaffer : Le service de sécurité du président et de sa luxueuse demeure qui active le protocole de sécurité après qu'une menace directe, moi, se présente à l'entrée en criant qu'il souhaite vous voir... Moi, un simple citoyen bien ordinaire... Et au lieu de courir vous protéger dans votre bunker, vous faites lever l'alerte et vous me permettez d'entrer à même votre petit jardin vert? Je suis déjà excité du moment où vous devrez expliquer cela à votre chef de la sécurité. Quel manque de jugement, monsieur le président. Quel manque d'anticipation. Vous risquez gros.
Jimmy Decker : Arrêtez de jouer à ce jeu avec moi. Qu'est-ce que vous voulez?
Agent Schaffer : Oh!, vous savez, je ne veux que m'amuser. Et lorsque vous abandonnez en cours de route, je me dis que j'ai créé tout cela pour rien. Et vous ne voulez vraiment pas que tous mes efforts n'aient servis à rien. Alooooors... Parce que j'ai bon cœur, et surtout parce que votre liste de redevances envers moi allonge, je me suis dit : pourquoi pas aider mon bon ami. J'avais surtout peur que vous ne soyez qu'un trouillard, mais bon... Alors je suis allé chez ce bon vieux Rob Bradley, et j'ai trouvé ceci.
Schaffer donna au président Decker une clé USB noire.
Jimmy Decker : Ça ressemble de plus en plus à un horrible scénario de film, votre jeu...
Agent Schaffer : Même le plus extraordinaire des films n'aurait pas été capable de dénicher Fugg, arrêtez vos conneries!
Jimmy Decker : Fugg...
Agent Schaffer : (Rires) Ah! Vous avez été terrible, je vous le jure. La sorcellerie, hein?
Jimmy Decker : Ça va, ça va. C'est tout?
Agent Schaffer : Tout? Bien sûr que non. Ça ne fait que débuter, mon ami...
Jimmy Decker : Vous m'en voyez ravie. Saluez votre vieille folle pour moi. Easton, raccompagnez ce monsieur à la sortie.
Agent Schaffer : À plus tard, di-gli-dou.
-
Steve