[RP 2020 - ...] Syndicat pour la Solidarité Paysanne

Johel3007

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Organisation

Escadres Navales

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En 2023, alors que la nation était en pleine frénésie mobilisatrice contre l'envahisseurs slaves de la Main Noire au Viek Kiong, le Syndicat a eu l'occasion de développer un embryon de force navale dans le but de traquer et éliminer les éventuels sous-marins et navires de la Main Noire opérant dans les eaux au large du Viek Kiong, ceci en vue de sécuriser les plages pour les débarquements militaires de masse prévus par la coalition. Si l'initiative fut bien intentionnée, elle n'eut pas l'occasion d'être médiatisée comme un succès retentissant car, d'une part, la nature discrète de celle-ci était la clé de la réussite... mais surtout car aucun sous-marin de la Main Noire ne fut trouvé par le Syndicat à l'époque.
Cela n'empêcha pas qu'au sein du Syndicat, la discussion quant à l'utilité potentielle d'un élément paramilitaire naval fut lancée. Après tout, une bonne part de l'économie wapongaise dépend du commerce naval et disposer d'un outil pour bloquer ou gêner celui-ci revient à disposer d'un moyen de pression sur le gouvernement ou, au minimum, sur les entreprises et les armateurs. La vision du Syndicat était que, si besoin, un tel élément pourrait permettre d'extorquer des fonds à des entreprises ou à des armateurs, sous menace de couler ou endommager leurs navires s'ils refusaient, causant une perte financière bien plus lourde que ne l'aurait été le paiement régulier de "l'impôt révolutionnaire". De même, lors de négociations sociales avec ces entreprises, la menace d'un sabordage des cargaisons pourrait être un argument de poids. Bien entendu, dans le contexte wapongais, cela supposerait une escalade d'abord avec des firmes de sécurité privées puis avec le gouvernement lui-même si cela dégénérait.
C'est précisément l’existence de la Force Navale et le caractère apolitique de sa Commandante qui ont poussé le Syndicat à ne pas mettre à exécution son plan, incertain de son succès matériel à cause de l'excellence des patrouilles navales de la République mais aussi incertain de son succès politique, vu que cela pourrait être mal vu qu'un parti présent dans la majorité gouvernementale s'adonne à des activités ouvertement criminelles. Il y a une marge entre intimider des nantis et couler un supertanker...
Néanmoins, les escadres ont quand même vu le jour, bien que dans un but d'avantage politique que paramilitaire, offrant la possibilité de mobiliser les familles de petits pêcheurs et autres gens vivant des métiers de la mer en valorisant leur activité comme bénéfique pour la révolution au-delà de son simple aspect économique. Désormais, chaque barque ou chalutier dont un membre du syndicat serait à la barre était un navire de guerre potentiel dans une gigantesque flotte de petits vaisseaux qui, tel un essaim fantôme, pouvait se déployer dans le Détroit en quelques heures et frapper avant de disparaître dans le trafic naval. En temps de paix, cette mobilisation permit aussi la création des premières collectivités rurales et urbaines de pêcheurs, opérant désormais selon des procédures quasi-militaires pour traquer ensemble les bancs de poissons avant de partager leur prise commune, créant un esprit de corps et camaraderie plus fort qu'auparavant tout en diminuant sérieusement les tensions nées d'une rivalité jadis farouche car question de survie.

La base de ces escadres, ce sont les chalutiers de classe "Cormoran", petits navires de bois et d'acier de seconde qualité, produits en masse par Yamato Shipyard à destination des pays du tiers-monde et depuis lors largement copiés en raison de l'efficacité de leurs design pour la pêche en littoral. Leurs atouts ne sont ni leur vitesse anémique ni leur furtivité inexistante ni leur système radar plus que rudimentaire ni même leur armement. C'est dans un premier temps leur capacité, en tant que navire civil, à naviguer n'importe où sans éveiller de réel soupçon quant à ses intentions. Et ensuite, le fait qu'un navire de pêche est capable d'emporter une lourde charge, qu'il s'agisse de poisson ou d'autres cargaisons.
Un groupe de six chalutiers forme une escadre. Elle a pour équipage un groupe de pêcheurs souvent propriétaires des navires mais aussi une section autonome issue de la milice et spécialisée pour la mission du moment. Dans la plupart des cas, il s’agira de troupes formées à l'utilisation d'explosifs ou de sous-marins de poche.
Une escadre reçoit également des sous-marins de poche destinés à être utilisés pour diverses missions mais dont le principal rôle envisagé à court terme est le transport d'une torpille aussi proche de sa cible que possible et en toute discrétion : un sous-marin électrique naviguant à moins de 10km/h à une faible profondeur dans une zone d'intense trafic naval est pour ainsi dire indétectable par les sonars alors qu'un chalutier serait visible à l’œil nu ou au moins au radar. Les chalutiers ont pour rôle de servir de couverture au sous-marin jusqu'à son déploiement, de système de propulsion améliorer au sous-marin pour lui faire gagner plusieurs heures de voyage et d'autonomie de batterie et enfin de fournir l'extraction pour l'équipage et (parfois) pour le sous-marin une fois la mission achevée.

L'autonomie d'une escadre est grande : 2000 kilomètres rien que pour les chalutiers, 1000 kilomètres de plus pour le sous-marin de poche, 15 à 30 kilomètres de plus pour la torpille en elle-même, ce qui permet de frapper une cible jusqu'à 1500 kilomètres du port d'attache, voir même d'avantage si l'escadre trouve asile dans un autre port plus proche de la zone d'opération. La principale limite est la vitesse, chalutier comme sous-marin se traînant à 10 km/h en moyenne, en faisant des armes excellentes pour une attaque surprise mais ne garantissant absolument pas leur survie si l'ennemi est en mesure de riposter dans les 24 heures. Ce n'est pas un problème pour les opérations de piraterie destructive prévue contre des intérêts privés dans des zones d'important trafic commercial mais cela revient à lancer une mission suicide lors d'opérations de guérilla en haute mer face à une flotte militaire avec appui aérien. En ajoutant à cela l'absence de capacité radar et sonar autre que celles embarquées sur la torpille elle-même (et donc l'absence de contrôle sur la torpille une fois celle-ci lancée...), le risque de voir l'engin prendre pour cible les sous-marins de poche eux-mêmes est assez important. Mais les risques de pertes ne sont pas exactement un facteur qui décourage le Syndicat tant que les chances de succès sont assez importantes.

Le Syndicat ne dispose pas d'une grande flotte : tout au plus une cinquantaine d'escadres disponibles à temps partiel et guère plus d'une trentaine de sous-marins, la majorité desquels restent en cale sèche à terre la majorité du temps, avec quelques sorties surveillées lors des entraînements des sections autonomes. Mais si l'efficacité d'une telle arme se vérifiait, elle pourrait être étendue. Toutefois, à près de 2 millions $RAK le sous-marin de poche, le Syndicat a d'autres priorités.
Johel3007

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Organisation

Armée Populaire Endoa

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En 2027, Hattori Yumita, despote règnant sur la République d'Endo avec la complicité des élites bourgeoises et de l'Empire du Raksasa, craint la montée en puissance des mouvements civils d'inspiration communiste. Ceux-ci militent pour une plus grande égalité économique, la légalisation d'un code du droit du travail, un revenu minimum et quantité d'autres idées qui sont peu appréciées par les partisans du régime et qui pourraient représenter un sérieux foyer de contestation sociale dans le futur. La République d'Endo prenait à l'époque également des mesures en vue de s'aligner politiquement sur l'Empire du Raksasa, ceci en vue d'une adhésion future au Pacte de Kanton afin de disposer d'un soutien militaire, financier et technologique de Jiyuan.
Une des mesures prise par le régime fut l'interdiction du Parti Pallariste et autres organisations civiles.
Si quantité de ces dernières sont dissoutes ou décident de poursuivre leurs activités de manière clandestine au sein de l'Endo, plusieurs personnalités et membres jugés "dangereux" par le régime sont contraints de s'exiler pour éviter des représailles. Ainsi, ce sont près de 150.000 personnes qui fuieront l'Endo pour se réfugier dans divers pays, notamment le Mayong, le Thyroptis, l'Éone, le Kirep et le Wapong. Concernant ce dernier, de par sa position géographique et l'importance politique des mouvements communistes locaux, ce seront entre 30.000 et 50.000 exilés qui trouveront asile auprès du SSP.

Si la majorité n'aspire qu'à refaire sa vie dans une région où leurs idées seront acceptées et non une source persécution, beaucoup demeurent quand même convaincus d'un futur retour en Endo en vue de libérer leurs camarades du joug de Yumita et sa clique. Ces individus, pour la plupart d'anciens membres du bras armé du Parti Pallariste, ont formé l'Armée Populaire Endoa, une force paramilitaire autonome au sein même du Syndicat pour la Solidarité Paysanne ayant pour objectif à court terme la conquête du pouvoir par le Syndicat dans la vallée de Wa puis au Choson et au Mayong en vue de transformer ces deux pays en base arrière pour mener une guerre révolutionnaire asymétrique contre le régime de Yumita et, à terme, libérer l'Endo.
Forte d'environ 2.000 volontaires à temps partiel encadrés par un noyau de quelques 300 officiers et assimilés, l'Armée Populaire Endoa est considérée comme une somme de plusieurs compagnies autonomes dans la hiérarchie de la milice syndicale. Elle dispose de son propre état-major et a été stationnée dans le Nord du pays, avec deux bases dans le district n°60 et 72, où la majorité des familles des réfugiés Endoa ayant signés pour cette armée ont été canalisés.
Johel3007

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Idéologie et doctrine politique

Communisme, kirovisme et monasticisme (1)

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À plus d’un niveau, l’idéal sociétaire prôné par le communisme se rapproche de la vision d’une colonie d’organismes eusociaux, où chacun travaille et œuvre à la prospérité de la communauté plutôt qu’à son propre bien-être, conscient que cette communauté lui survivra et sera son héritage, bien d’avantage que ne le seraient ses seuls gènes. Mais cela est-il viable pour des humains ?

Eusocialisme dans le monde animal

Chez les insectes eusociaux, l’idée de lignée, fruit de compétition sexuelle entre individus parmi d’autres espèces, est sublimée par la concentration de la fonction reproductrice au sein de la seule reine et de ses filles, elles-mêmes futures reines qui prendront leur envol pour essaimer bien loin de la colonie d’origine. L’écrasante majorité des femelles de la colonie sont stérile ou à tout le moins empêchées temporairement d’enfanter via des phéromones.
Le peu de compétition sexuelle qui subsiste se retrouve chez les mâles, lesquels ont une existence brève qui se résume essentiellement à féconder les futures reines lors de leur départ. Cette existence est une lutte, ou plutôt une course, contre les autres mâles, afin de profiter des brèves heures de vie restantes pour passer son patrimoine génétique à une des reines, dans l’espoir que la colonie de celle-ci survive.
Mais même entre mâles, la compétition n’est pas si acharnée que cela : lors de son envol, une reine fait sa provision de spermatozoïdes pour toute une vie, accomplissant en essence ce que les humains compareraient à une orgie aérienne durant laquelle des dizaines de mâles se vident en elle avant de mourir d’épuisement, laissant la femelle perpétuer la lignée de la colonie avec le patrimoine génétique mélangé de ses membres les plus chanceux. Tant que le ratio mâles/femelles n’est pas trop déséquilibré, chaque mâle a une chance décente de passer son patrimoine génétique… et donc il tolère avec une résignation instinctive de se soumettre à la colonie (non qu’il ait le choix de faire autrement mais c’est un débat différent…).
De la naissance à la mort, chaque individu au sein de la colonie a un rôle clair, une carrière toute tracée et une absence totale d’incertitude sociale : il n’y aura ni promotion ni punition en soit, chacun contribuant à aider les autres pour renforcer l’ensemble d’une « chaine industrielle biologique » dont la production finale est, chaque année, un essaim de jeunes reines partant coloniser de nouveaux territoires.

L’ensemble de cette structure fonctionne en grande partie car les capacités cérébrales des individus sont atrophiées, garantissant l’obéissance à leurs seuls instincts eux-mêmes pilotés par les phéromones émissent par leurs semblables. Il n’y a pas de progrès dans la colonie ni de volonté de progrès, lequel sous-entendrait d’une part un changement, ce qui serait indésirable car potentiel vecteur de chaos social, mais surtout nécessiterait justement des capacités cérébrales accrues chez les individus, lesquels pourraient alors en venir à développer une conscience propre et, avec elle, la volonté d’agir par pure intérêt égoïste, chose potentielle ruineuse si l’individu en question est stérile et donc sans autre perspective d’avenir qu’une jouissance hédoniste.
La colonie ne cherche pas le progrès car il est dangereux pour l’édifice social. Elle n’a pas non plus la volonté d’améliorer qualitativement l’existence de ses membres. Elle ne cherche qu’une croissance horizontale, augmentant le nombre de ses membres, la couverture de son territoire et l’étendue sur laquelle sa lignée, son espèce en fait, est dispersée. Chaque génération n’existe que pour produire la suivante qui, plus nombreuse que la précédente, accroitra d’autant la capacité de production de la colonie mais nécessitera de nouvelles ressources naturelles et donc de nouveaux territoires pour matérialiser cette capacité de production accrue.

Une frontière sociale entre "l'outil vivant" et "l'individu véritable"

Lorsque nous parlons de génération au sein d’une colonie d’insectes eusociaux, il convient de bien comprendre que l’on ne parle pas de l’ensemble des insectes de la colonie. En effet, dans la mesure où certains individus ne contribueront jamais génétiquement à la génération suivante, ils ne sont pas même à inclure dans la génération présente, de la même manière que le bœuf d’une famille paysanne ne sera pas vu comme un membre de la famille par celle-ci. Ils sont des outils, du bétail décérébré ne servant qu’à nourrir et protéger les « vrais » individus : ceux qui vont procréer, ceux dont le patrimoine génétique, largement similaire à celui de la reine et ses défunts compagnons mais néanmoins sujet à de subtiles mutations, va se multiplier.
Ce sont ces « vrais » individus, à savoir les futures reines, qui partiront à la conquête de nouveaux territoires, produiront une armée d’insectes « non-individus » pour leur servir de bétail et coloniser ces territoires et leurs ressources, au seul profit des reines et de leurs engeances fertiles, le reste de leur descendance n’étant guère mieux servit que des esclaves.

Et là se trouve la différence première entre la réalité des insectes eusociaux et l’idéal communiste humain : le communisme ne souhaite pas instrumentaliser les humains au service de la société et donc d’une poignée d’élites dirigeant cette société. Le communisme souhaite ériger une société au service de tous les humains. C’est le modèle vers lequel tend le Socialisme Volontaire : des collectivités organisées comme une confédération d’humains coopérant par nécessité de survie d’abord puis par ambition d’améliorer le quotidien de chacun, avec un accent particulier sur le bien-être des enfants de tous. Il n’est pas de place dans ce modèle pour du « bétail humain » travaillant au profit d’une autre caste de « vrais humains ».

Le néokirovisme, en revanche, reste divisé sur cette question. Son objectif final affirmé est et reste la libération de l’humain par le dépassement de ses instincts actuels et l’érection d’un « homme nouveau », l’Être Suprême, dont la nature ne sera pas forcément biologique mais dont la conscience sera, elle, belle et bien humaine par essence mais peut-être artificielle par nature. Pour cela, dans la mesure où l’origine de l’Être Suprême tiendra moins de la génétique que de l’innovation intellectuelle, la seule hérédité ne suffit pas pour conférer à un homme le caractère d’humain et donc de citoyen. Chaque humain est en effet une tête de bétail au service d’un idéal plus grand, d’une création future qui représentera l’étape suivante de l’évolution humaine, détachée de la génétique et purement spirituelle. Que la soumission à cet idéal soit volontaire ou pas n’a aucune importance en soit. Le recours au communisme, aux valeurs dites traditionnelles ou à tout autre structure sociale n’est rien d’autre qu’un outil, une méthode vers un but mais n’est pas en soi une doctrine ou un idéal en lui-même.

Il en résulte une contradiction potentielle mais pas forcément impossible à résoudre. S’ils doivent travailler ensemble, les communistes doivent donc s’accorder sur la place réelle de l’humain dans leur doctrine, sur son utilité, sur l’objectif de son existence du point de vue de la société et du point de vue de l’individu en lui-même, sur comment réconcilier les différences entre ces points de vue… Mais l’opposition entre idéaux communistes n’est pas le seul obstacle à la mise en place d’une société idéale (bien que les néokirovistes répondraient parfois que c’est bien le seul obstacle à leur idéal…).
Comme expliqué, les colonies d’insectes eusociaux maintiennent une structure sociale collective car aucun de leurs membres n’a les capacités intellectuelles de remettre en cause cette structure sociale. L’inconvénient d’une telle absence de capacité est l’absence d’innovation et donc une société largement statique et vulnérable aux changements de son environnement.
Les termites, par exemple, sont un modèle remarquable d’adaptation de l’environnement plutôt que d’adaptation à l’environnement. Ils construisent des nids où la température et l’humidité est parfaitement adaptée à leurs besoins physiologiques… mais ce faisant, ils ont aussi évolué de telle manière que leur espèce entière est devenue génétiquement prisonnière de cet environnement artificiel parfait et ne pourrait pas s’en passer sans une série de mutations. De même, parce que leur espèce est incapable d’innover à un rythme similaire à celui d’espèces animales cérébralement plus complexes, un changement climatique qui les empêcherait de construire ou entretenir leurs nids selon le modèle qu’ils suivent depuis des millions d’années signerait l’arrêt de mort de l’espèce entière, sans possibilité pour même une petite portion de la population d’y échapper.
Le communisme, s’il doit survivre, ne peut pas simplement s’ériger en société figée où l’innovation technique ne serait ni désirable ni possible. Pour cela, les individus qui formeront les sociétés communistes de demain, même après la victoire finale sur le capitalisme, devront être intellectuellement brillants. Mais en raison même de cette excellence intellectuelle, ils seront susceptibles de développer des égos et ambitions allant à l’opposer des intérêts de la société. Comment concilier ces deux aspects ? La réponse ne se trouve pas chez les insectes eusociaux…
Johel3007

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Idéologie et doctrine politique

Communisme, kirovisme et monasticisme (2)

[img]https://s31.postimg.org/ehxxvmvjf/Small_Ants.jpg[/img]

Il y a eu et existe toujours parmi la vaste diversité de communautés humaines des exemples de collectivisme volontariste. Les idéaux et cultures de ces communautés varient et la majorité sont éphémères, avec un solde migratoire négatif représenté par d’une part une faible natalité mais surtout un nombre de départs supérieur au nombre de nouveaux venus, de sorte que ces communautés, au bout d’une génération ou deux maximum, disparaissent.
Exception à la règle : les communautés monastiques. Qu’elles soient chrétiennes, bouddhistes ou autres, ces communautés rassemblent des adultes de tout âge, unis uniquement par des idéaux similaires et une volonté de prise de distance avec le monde dans un but de perfectionnement spirituel ou simplement de paix intérieure. Il s’agit le plus souvent de groupes unisexes où le célibat est donc de rigueur. Mais il est des cas de monastères mixtes qui, bien que rares et aujourd’hui largement disparus, ont prospéré.


Célibat : mal nécessaire ou obstacle à surmonter ?

Dans ces communautés mixtes, le célibat demeure toutefois un aspect clé de la stabilité sociale : les membres se dédient essentiellement à leur devoir envers le monastère et donc envers la communauté. Ils n’en dévient pas, partageant leur temps entre travail et méditation spirituelle, de sorte que peu de temps demeure pour les réelles interactions sociales et donc pour une éventuelle romance.
Il en résulte l’absence de lignées de moines et nonnes, avec comme finalité l’absence de toute possibilité d’obtenir biens économiques, positions sociales ou responsabilités politiques par droit d’hérédité. Le moine commence à la base. Il n’est rien, n’a pas de passé et ne devra sa position, honneurs et privilèges qu’à son seul travail et talent. En ce qui concerne les privilèges, ils sont maigres et insuffisants à la création d’une réelle division de classes au sein des moines : tous se partagent les tâches et le fruit de leur labeur collectif, les récompenses individuelles étant avant tout symboliques ou destinées à faciliter le travail d’un frère dans un domaine où il excelle. Ainsi, dans cette société asexuée et entièrement vouée à la continuité spirituelle de la collectivité plutôt qu’à la continuité génétique de ses membres, un collectivisme parfait existe.

Mais si les relations amoureuses sont considérées comme des distractions pour l’esprit des moines dans leur quête du perfectionnement spirituel, sont-elles un réel obstacle à la société collectiviste ?
L’expérience des communes de tout crédo tend à prouver que oui, la plupart des jeunes volontaires enthousiastes prenant leur distance avec la collectivité sitôt que les premiers enfants arrivent et que la compétition sociale s’intensifie en résultat. Il est toutefois à noter que ce n’est pas l’absence de célibat mais bien la présence d’enfants et donc de familles nucléaires qui fut souvent responsable de la fin de ces communes : l’apparition de petits « états au sein de l’état » qui firent que le « nous » collectif ne fut plus compris par les résidents comme faisant allusion à leur unité communautaire mais bien à leurs familles respectives, dont les priorités étaient souvent différentes de celles de la collectivité.

Pour qu’une communauté collectiviste survive, il est donc nécessaire qu’il existe soit un pouvoir politique autoritaire empêchant les désertions et forçant l’obéissance des membres, soit une absence d’enjeux héréditaires individuels à même de semer la discorde entre les membres. Ainsi, comme des fourmis ou des termites, aucun membre de la collectivité ne travaillera contre les intérêts de la collectivité car il n’aura pas d’autres priorités que celles de la collectivité.

Les néokirovismes argumenteront que la méthode autoritaire est la plus sûre. Les socialistes volontaires argumenteront pour leur part que c’est aussi la méthode la plus susceptible au dérive autocratique et donc à l’éloignement des idéaux communistes.
Sous Kirov, à partir de 1950, la Rostovie fit l’expérience très brève d’une restructuration de l’idée de famille, précisément en vue d’éradiquer l’idée de clans et dynasties qui étaient vu déjà alors comme sources de divisions et d’inégalités sociales. L’amour libre, le divorce, l’avortement, la contraception, l’égalité entre sexes, l’abolition de l’héritage et de la propriété privée… furent mises en place, avec pour objectif affiché de briser les schémas traditionnels issus des systèmes politiques capitalistes, ceci en vue de les reconstruire selon le système politique socialiste.
Les impératifs socioéconomiques mirent rapidement fin à l’expérience : si l’URSR voulait survivre, il devait avoir une population nombreuse pour exploiter ses vastes territoires et une jeunesse bien encadrée et productive. Hors, avec ses millions d’orphelins nés de la Grande Guerre, le pays ne pouvait pas se permettre d’assumer la baisse de natalité et l’abandon parental qui semblaient accompagner les réformes sociales.
Sous Ovskorine, la morale familiale traditionnelle revint ainsi au galop, même si l’État poursuivit quelques expériences clandestines pour l’éducation d’orphelins. L’idée de réformer la famille fut complétement abandonnée car elle fut vue comme un fantastique outil de contrôle social. De même, si la propriété privée et l’héritage de celle-ci restaient abolis, le droit de possession fut reconnu et l’héritage de celui-ci par les descendants directs rentra dans les mœurs. Cette entorse hypocrite permit de maintenir l’ordre social et rester fidèle à la lettre du communisme en en trahissant l’esprit.


La technologie à la rescousse du collectivisme

La loterie génétique est un terme utilisé pour vulgariser le fait qu’un individu hérite de manière aléatoire des gènes de ces ancêtres et que la manifestation de ces gènes est encore moins prévisible, ceci parfois à deux ou trois générations de délai.
Il a été défendu précédemment que la volonté de maintenir et accroitre le niveau de privilèges sociaux de soi-même et de sa descendance, au détriment du reste de la société, est un des facteurs qui a conduit à l’écroulement de la plupart des sociétés collectivistes non-autoritaires.
S’arranger pour briser le lien entre individu et descendance serait donc la clé pour limiter les comportements égoïstes. Mais en même temps, les individus sans descendance tendent à concentrer leurs énergies sur leurs passions et à faire preuve d’égoïsme à l’égard du reste.
Le maintien d’un espoir de passer ses gènes est donc au cœur de la motivation à l’altruisme social conscient. Mais cet altruisme ne se manifestera qu’à l’égard de la descendance, récipient des gènes en question. Il en résulte que, pour garantir un altruisme à l’égard de toute la société, chacun doit avoir de bonnes raisons de considérer que ses gènes survivent à travers l’ensemble de la nouvelle génération.
Plusieurs auteurs de science-fiction et quelques penseurs politiques ont ainsi émis l’idée de pousser la loterie génétique à un tout nouveau niveau : via l’insémination artificielle, il est possible de rendre complétement aléatoire l’identité du père d’un enfant et même de la mère via les dernières techniques de fécondation in-vitro. En cela, chaque citoyen peut potentiellement être le parent génétique de plusieurs enfants (ou au moins avoir l’illusion de l’être) tandis que l’éducation de ces enfants serait confié de manière collective à l’ensemble de la population.
La destruction de la famille en tant que foyer nucléaire où des liens forts et prioritaires s’établiraient entre ses membres semble donc un option viable sur le plan technique et désirable sur le plan idéologique en vue de réaliser le socialisme volontaire et, à terme, poser les bases stables aux objectifs du néokirovisme.

Ainsi, privés de leurs liens familiaux traditionnels, les hommes et femmes seraient tous frères et sœurs, grandissant dans un esprit de camaraderie et œuvrant ensemble au triomphe de la révolution et à la libération du genre humain. Le célibat ne serait plus ni une nécessité à l’ordre sociale ni un obstacle au futur de la société, dans la mesure où le taux de natalité pourrait être ajusté à souhait selon les besoins et où les relations sentimentales, si elles seront encore source de jalousies et disputes, n’aboutiront plus à la création d’une unité familiale stable et donc d’une « organisation concurrente » à celle de la collectivité dans la compétition pour les ressources.
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