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[center]À Aqshiah, un colloque international sur la pédophilie[/center]

[justify]Ils sont venus du monde entier pour assister au très controversé Colloque International quant à la Sociabilisation entre Individus à la Majorité Disparate (CISIMD), un nom alambiqué pour désigner un colloque au sujet de la pédophilie.

Cette rencontre très sérieuse d'enseignants universitaires du monde entier a tout d'abord germé dans l'esprit de David Feisher, professeur de Sociologie à l'Université d'Aqshiah, en janvier 2024. Mais, faute de susciter l'intérêt de ses proches, le professeur abandonna l'idée. « Tel-Érib était en effet, à l'époque, dans une sorte de période post-traumatique qui dura entre six et onze mois (selon les spécialistes) et durant lesquels le malaise fut conséquent dans la société », indique M. Feisher. Et pour cause : du fait du vote prononcé par le Sénat en faveur de la loi extranationale Viviane Kavel sur les rapports sexuels majeur-mineur, c'étaient deux millénaires de traditions qui partaient en fumée. Établissant la majorité sexuelle à 15 ans, faisant suivre les pédophiles par des psychologues et instituant une sensibilisation des enfants dans les écoles, la loi est sans aucun doute la plus retentissante de son temps. Pourtant, le mois précédent, une autre loi pénalisant la pédophilie avait été largement refusée par les sénateurs tel-éribains malgré le soutien presque uniforme des nations étrangères ayant voix au chapitre. Cette loi Dimtry Avdonine était bien moins consensuelle : interdisant même les représentations de scènes de sexe pédophile (bande dessinée, images originales, dessins animés, etc.), la loi allait jusqu'à exiger « l'ablation des organes génitaux de tout individu dérogeant aux règles ci-avant énoncées ». En plus de démontrer que l'intervention de votants étrangers est une erreur pure et simple, ce processus d'interdiction de la péédophilie à Tel-Érib fut un fiasco en termes de résultats : auparavant, seules les relations consenties étaient acceptées, et la situation semblait, bien qu'éthiquement affreuse, relativement stable.

En ce début d'année 2028, David Feisher a donc pu organiser le premier CISIMD. Cette rencontre, qu'il veut annualiser et faire croître, a été largement controversée. En effet, si au Sud les populations, par amour des traditions, n'ont pas vu de problème à un tel événement, la situation fut tout à fait différente Outre-Cær. Dans plusieurs États comme l'Estland ou Basterra, des manifestations ont réuni plusieurs milliers de personnes pour protester contre les autorités qui ont préféré fermer les yeux sur ce qu'ils considèrent comme une « incitation à la pédophilie à peine dissimulée », précise Ian Shever, Président de l'Association « Protégeons nos enfants ! », une organisation fondée dès 1975 et ayant connu un succès rapide et croissant depuis les années 1980. Pendant cette décennie, les cyrénans, séparés depuis peu des tel-éribains, ont pris conscience des différence entre les deux états. Respectueux d'une certaine éthique partagée par de nombreux autres pays développés du monde et fondamentalement humanistes, les cyrénans ont découvert avec un étonnement teinté de scepticisme ce qui se passait de l'autre côté des Monts Centraux. Si les pratiques pédophiles tel-éribaines ont été mises en place dès leur arrivée sur l'Île du Prince, jamais les cyrénans n'ont réellement eu connaissance de ce qui se passait entre ces juifs qui se plaisaient à rester entre eux. Après le Moyen-Âge (512-1497) et le développement de la monarchie, les cyrénans sont restés très centrés sur eux-mêmes, et ce qui se passait au Sud n'intéressait que quelques humanistes précoces que personne n'écoutait. Puis vint la dictature, sous laquelle les activités d'Iskupitel et ses sujets n'intéressaient personne. Après la dictature, ce fut la Fédération ; mais les tel-éribains, ayant refusé d'intégrer la Fédération et leur indépendance de fait ayant été saluée par les révolutionnaires qui avaient fait tomber le Général Heydar Menem, ont pu sauvegarder leurs traditions. Mais après la consolidation des toutes jeunes institutions fédérales, les cyrénans ont pu se renseigner sur ce qui se passait du côté d'Érib. Et se rendre compte qu'ils auraient dû agir quand ils le pouvaient encore. Côté fédéral, on préférait considérer que leur politique intérieure n'était pas quelque chose que l'on pouvait discuter. En bottant en touche, les responsables fédéraux se sont concentrés sur la valorisation de ce que devait être une toute nouvelle Cyrénanie, un pays enfin libre et résolument moderne. Une réaction qu'à l'époque les masses avaient du mal à comprendre, mais qu'aujourd'hui on admire.

Alors quand en 2027 Daniel Fisher demande aux autorités municipales aqshiahtes le droit d'organiser son projet de CISIMD, il ne reçoit aucun frein du côté des autorités tel-éribaines qui ne voient pas d'un mauvais l'œil l'ouverture d'une réflexion intellectuelle mondiale sur la question de la pédophilie légalisée, l'élite politique éribaine gardant espoir de faire abroger la loi Viviane Kavel qu'ils aiment si peu. Le fait que ce soit une loi extranationale devient un outil de premier ordre, les nationalistes-conservateurs au pouvoir mettant à la poubelle les principes xénocrates alors acceptés par la majorité de la population, et certains membres influents du PNC local. Il ne connaît non plus aucun obstacle des autorités fédérales, qui hésitent à prendre trop de décisions allant contredisant l'avis du gouvernement tel-éribain, et qui préfère considérer que tant qu'ils ne font qu'en parler il n'y a pas de problème. C'est d'ailleurs l'esprit retenu dans la loi Viviane Kavel, qui conserve une certaine pédophilie, celle des images. Tant que ce n'est que dans leur tête et que cela ne traumatise pas d'enfants, finalement, pourquoi leur en vouloir ? C'est ce genre de thèmes que David Fisher et d'autres spécialistes du monde entier discuteront. Du monde entier, car des professeurs universitaires de quelques pays étrangers ont accepté de participer au colloque. Des invités spéciaux, également, dont certains citoyens sébaldes qui ont fait partie du petit groupe à l'origine de [url=http://www.simpolitique.com/post267632.html#p267632]l'initiative populaire nationale[/url] qui demande la dépénalisation des relations entre majeurs et mineurs consentants. Comme l'explique Daniel Fisher, « Cette distinction entre consentant et non consentant a été acceptée par la population tel-éribaine dès la fin du XVIIe siècle, bien avant sa confirmation par la législation, quatre siècles plus tard ». Avant son intervention sur scène, le professeur ménovien Aleksandr Kalinine, qui enseigne l'histoire de la sociologie à l'université de Tehoja nous a confié ce qu'il considère comme étant la meilleure tactique que le législateur doit adopter pour habituer la population à ces pratiques, qu'il ne cautionne pas et qu'il compte combattre en venant à Aqshiah : « Tout réside dans la majorité sexuelle. Même la plupart des tel-éribains considère qu'il doit exister une majorité sexuelle, et dans les autres pays développés c'est une évidence : lorsqu'un homme couche avec une femme qui peut paraître un peu jeune, il commence par lui demander son nom pour éviter des sanctions de la société. Faire accepter ces pratiques est un travail de longue haleine, mais extrêmement efficace. La majorité sexuelle est, chaque décennie, descendue de quelques mois. Au début, si les membres de la sphère politique disposent d'une bonne rhétorique, la majorité des citoyens n'y verra pas de grande objection. Et plus l'âge de la majorité sexuelle baissera, plus le nombre de pédophiles, dans un pays vicié comme Tel-Érib, croîtra, faisant que chaque baisse sera davantage soutenue par les pédophiles et moins par les citoyens lambda – s'il en existe encore de ce côté-ci de la planète. Plusieurs siècles après, et donc grâce à plusieurs générations éduquées avec les prétendus bien-faits de la réduction de l'âge de la majorité sexuelle, ce genre de pratiques barbares ne sera jamais remis en cause par les citoyens. C'est ce qui s'est passé à Tel-Érib au cours de l'histoire : une acculturation progressive des populations locales par Iskupitel et son peuple proche. Il a fallu une intervention ménovo-franconienne pour sauver ces pauvres enfants. Aujourd'hui, je veux profiter de ce colloque pour faire comprendre qu'il est nécessaire de placer des limites juridiques, pour éviter que cela se reproduise. »

Si la qualité du colloque n'est peut-être pas optimale du fait de sa jeunesse et du faible nombre d'intervenants étrangers, il n'a pas manqué de créer l'événement, et le nombre de personnes qui sont venus y assister s'est compté par milliers. La plupart des amphithéâtres se sont trouvés trop maigres pour accueillir le nombre de spectateurs intéressés, et l'on a dû en faire asseoir certains sur les marches – au grand dam du responsable de la sécurité, d'ailleurs. Daniel Fisher pense déjà à l'année prochaine et demandera un financement extérieur pour avoir le droit d'occuper un lieu plus grand, peut-être à Érib ou Beershebat cette fois. Alors qu'au Nord ont eu lieu des manifestations, à Aqshiah la population était peu défavorable à la tenue d'un tel colloque, davantage indifférente à toute cette agitation.

Le plus amusant dans tout cela est que ce grand colloque à Aqshiah a totalement fait oublier la tenue aux exactes mêmes dates du 16ème salon mondial bi-annuel de la pédophilie, qui a accueilli, dans la plus grande discrétion et la campagne tel-hiérosolymitaine, au sein d'un immense centre de congrès, des personnes tel-éribaines et étrangères qui ont pu y admirer un large choix de jouets sexuels adaptés, mais également de systèmes sado-masochistes de taille réduite ou l'objet le plus mis en valeur du salon : une solution à inhaler extrêmement aphrodisiaque, qui rend le principe d'assentiment mutuel pour le moins caduc. Ici, pas de conférence ou de réflexion, pas de forces de l'ordre ou de journalistes. Simplement de la promotion et de la vente d'accessoires du bon pédophile. Un rayon met en valeur différents chloroformes, un autre des manuels pour les débutants. Certaines rumeurs qui n'ont pas pu être confirmées par notre journal affirment même qu'il y a une salle VIP où sont vendus aux enchères des enfants recueillis par des organisations tenant davantage du gang.

Un spectacle qu'Outre-Cær on ne connaît pas ou qu'on prend pour une simple boutade, tellement la situation semble absurde. C'est pourtant bien ce qui se passe dans certains endroits du Sud, un pays où il ne fait pas bon envoyer ses enfants seuls. Selon les dires du Ministère tel-éribain de l'Intérieur, 294 arrestations pour pédophilie ont été opérées (soit moins de 0,0003 % de la population de l'État), et seules 7 arrestations ont conduit à une condamnation du prévenu. Des résultats douteux que le gouvernement Fédéral n'a pas souhaité commenter. Oui, une loi interdit la pédophilie à Tel-Érib. Mais elle est bien peu respectée, et il est peut-être temps que la Fédération accepte une ingérence sur son propre territoire pour régler la question.[/justify]

[right]Bill Foster,
27 janvier 2028.[/right]
Iskupitel

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[center]Un voyage naturel au cœur des quatre saisons[/center]

Le 1er février 2028

[justify]Au centre de la ville de Callerton, dans l'État d'Orient (district de Dovey), une statue montre l'importance de cette femme pour la population locale. Le monument de pierre blanche sculptée avec détail par un artiste local a été financée par la municipalité et le district, qui ont vu dans ce projet une occasion de montrer leur soutien aux personnalités publiques appréciées par la population. En-dessous du buste fier, une plaque dorée indique en tout simplicité : « Alice Penrith (1956-2028) ». Sans précision de son action, les touristes badauds admirent la beauté de cette femme mais s'attardent peu. Les plus curieux demandent des informations supplémentaires aux serveurs du Café de la Gare, un petit établissement à consonnance jazz tout proche. « Tous les jours, certains nous demandent qui est cette femme. Je pense que si la municipalité faisait installer une autre plaque, une qui afficherait qu'elle a fondé le Jardin des Quatre Saisons, on pourrait se concentrer sur notre boulot. Et puis ça aiderait sûrement à ce que son jardin soit plus connu », nous répond Josh Fubb, le patron de l'établissement.

En effet, Alice Penrith a fondé, en 2020, le Jardin des Quatre Saisons. Ce lieu naturel, isolé dans la campagne environnant Callerton, est difficile d'accès. La signalisation semble défectueuse, et rares sont les cartes qui font mention de la position du Jardin, perdu au fond d'une route de campagne qui n'a jamais dû être rénovée depuis son établissement à travers le plan oriental de modernisation des routes datant de 1973. Après quinze minutes de route depuis le centre de Callerton, nous arrivons finalement, après avoir longé pendant un moment d'imposantes haies, notre voiture débouche sur un parking de taille modeste qui n'est pas goudronné mais composé de gazon et délimité par du gravier. Le nombre de voitures est faible : seuls trois véhicules sont stationnés, dont un qui appartient au conservateur du Jardin. Avant de pénétrer dans la vaste cabane servant d'accueil et de lieu d'aisance qui semble posée au milieu du chemin, notre regard est attiré par une sorte de petite dépendance de style colonial anglais envahie par le lierre. Devant la porte, une pancarte affiche « Gardien. Ne pas déranger » en lettres d'or qui contrastent avec la sècheté du message. À l'accueil, ledit gardien, qui est également homme à tout faire lorsque les choses l'exigent, M. Marvin Halfeyn, nous salue mollement avant d'indiquer que l'entrée est gratuite et que le chemin à suivre est indiqué.

Et, au contraire du chemin menant jusqu'au Jardin, le parcours intérieur est très précis et visible, matérialisé par des pancartes à chaque coin de verdure. C'est un tracé en gravier que le visiteur doit suivre. L'endroit est divisé en quatre secteurs, d'Automne à Été, occupant de manière équitable le territoire de Mme Penrith. Dans chaque secteur, une ambiance est installée. De discrets haut-parleurs diffusent l'œuvre éponyme de Vivaldi en boucle, et de chaque côté du sentier s'étendent des arbres et autres plantes variées, amenées de toute la Cyrénanie mais aussi d'autres endroits du globe. Chaque membre du règne vigital est rigoureusement présenté, tant par son nom scientifique que par son équivalent vernaculaire et ses dérivés non représentés. Étant donnée le refus de la fondatrice de bâtir son Jardin en intérieur en maintenant en place un climat différent pour chaque secteur, Alice Penrith a réalisé ses quatre saisons à sa manière. Ainsi, c'est une ambiance hivernale que l'on découvre dans le second secteur, non des arbres enneigés. Des éléments de décor blancs sont introduits, des arbres naturellement blancs et des lacs d'apparence gelée font de ce secteur un cas d'école pour les apprentis paysagistes. Accompagnés par de vifs coups d'archets, les visiteurs sont incités à flâner autant que souhaiter dans chaque zone, et des bancs ont été installés. C'est d'ailleurs sur un des bancs printaniers, disposé sous un cerisier d'Hokkaido en fleurs, que nous rencontrâmes un couple. Accompagnés dans leur rêverie amoureuse par une version incluant une harpe de l'œuvre de Vivaldi, les deux jeunes gens ont rapidement préféré faire abstraction de notre présence pour conserver leur intimité toute sublimée par l'environnement, qui semble en ces lieux se plier en quatre pour se rendre agréable et apprécié du public.

À la sortie de l'été, nous rencontrâmes le conservateur du Jardin, qui nous conduit dans une petite pièce au sein de la cabane du gardien. M. Ruben Colbury se présenta laconiquement tout en nous servant du thé noir dans un joli service à thé. Assis sur un canapé d'allure coloniale, caressant d'une main l'anse de sa tasse, il nous expliqua son désespoir de devoir occuper son poste. « Je ne suis conservateur que parce que Madame Penrith nous a quittés. Je n'ai pas son génie pour la botanique, je n'ai pas sa main verte, son œil expert. Là où elle était facteur d'innovation, je ne suis qu'un conservateur, je ne parviens qu'à maintenir tant bien que mal l'impressionnante qualité du travail de Madame Penrith. Je fais de mon mieux, mais je ne suis pas suffisamment compétent pour être à la tête de ce Jardin, qui mérite bien davantage. Nous ne sommes plus que quatre pour nous occuper du Jardin : M. Halfney, deux jardiniers et moi-même. Les jardiniers sont très réputés et ont une grande expérience de cette institution ; mais eux aussi aimeraient sans doute avoir de nouvelles choses à faire, et ne pas rester dans un immobilisme. Qui plus est, le nombre de visiteurs n'est pas grand, et nous peinons, en raison d'absence d'aides publiques, à maintenir un salaire pour nos quatre personnes. Les dernières volontés de Madame Penrith étaient que l'entrée reste gratuite et accessible à tous, et aucun de nous ne souhaite revenir dessus ; mais nos successeurs, eux, n'auront peut-être pas le respect que nous avons pour la Fondatrice. Notre Jardin est unique en Cyrénanie : nulle part il n'y a de Jardin des Quatre Saisons, et Madame Penrith est reconnue comme une grande dame par la population locale. Nous avons besoin de dons de particuliers et d'aides de l'État et de la Fédération pour vivre, sans quoi nous devrons tout clore, et je souhaite que ce ne soit jamais le cas. » Achevant sa supplique par un petit soupir de désespoir, il s'excuse pour s'être emporté et nous demande en replaçant ses petites lunettes puis en massant son front dégarni si nous souhaitons plus d'informations sur le parc, si nous avons apprécié la visite, si nous avons de quelconques doléances. Après une discussion assez longue mais fort sympathique que nous ne prendrons pas la peine de transcrire ici, préférant laisser au lecteur le souhaitant le soin de se rendre en personne à Callerton pour rencontrer M. Colbury et visiter cette merveille naturelle qu'est le Jardin des Quatre Saisons d'Alice Penrith, nous reprîmes la route et repartîmes pour Yathorage, la tête emplie de petites images d'idylle naturelle, de souvenirs personnels et de la joie d'avoir, l'espace d'une journée, voyagé à travers le monde et les quatre saisons.[/justify]

[right]Stephen Ainsley,
31 janvier 2028[/right]
Iskupitel

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[center]L'administration de Basterra, une spécificité qui en fait la fierté[/center]

[justify]« Je ne dis pas que notre système est meilleur ; c'est une exception que nous devons cultiver pour préserver notre histoire » déclarait Neil Charr-Hollov, Président du Sénat de l'État de Basterra depuis 2020, lors d'une conférence de presse à Jugentag. Réélu en 2025 pour cinq années supplémentaires à la tête du législatif basterrien, le cinquantenaire aux cheveux grisonnants est devenu le symbole de l'étonnant système administatif de cet État fédéré qui fut fondé à partir de bric et de broc. Au nord-ouest de l'Île du Prince, le territoire a d'abord été une dépendance féodale du Trône de Bandastralan, qui devint par la suite le centre névralgique de la Cyrénanie unifiée par le roi Meneh Ier. La gestion du territoire se faisait alors depuis Meneheran, la capitale (renommée Royalglee après l'intervention adélienne dans les affaires du pays), et les décisions étaient relayées à la lettre par le système féodal, la lignée des Ducs de Basterra ayant toujours été au service du Trône.

Puis vint le XVIIe siècle et, avec lui, l'avènement de la domination tarnoise sur le nord-ouest de l'Île. Ces « immoraux faquins » comme les a surnommés le Roi Jorges Ier, qui fut dépouillé d'un quart de son territoire, dans une lettre envoyée au Prince Iskupitel pour requérir une aide pour faire face aux envahisseurs nordiques, n'ont pas administré le territoire acquis comme partie intégrante de leur métropole, mais comme on traiterait une île lointaine sur laquelle on n'est jamais allé. Pendant les deux siècles qu'elle dura, la domination tarnoise ne fut pas appréciée par la population, et si les structures administratives furent dans les textes modifiées pour mieux convenir aux propriétaires tarnois (qui n'ont pas organisé de colonisation, pourtant), une anarchie générale régnait. Les duchés de Nokkaün, Olom, Elévani, Ouvenin et Værm (qui fut par la suite annexé par le duché de Tritika) n'en étaient plus, les ducs ayant été dépossédés, le système féodal ayant été mis à bas. Quant au duché de Bandastralan, il fut coupé en deux, et la fureur du Roi Jorges n'avait d'égale que son penchant pour la bonne chair, ce qui lui valut un désintérêt pour la chose publique et une mort douloureuse le jour de son vingt-neuvième anniversaire. Au XVIIIe siècle, les tarnois étendirent leur territoire à la suite de nouvelles défaites cyrénanes, et la lignée royale dut se résoudre à se réfugier à Érib. Malgré un intérêt grandissant de la part des tarnois pour leurs possessions sur l'Île du Prince, la situation interne générale leur est toujours aussi peu favorable. Puis, en 1863, ce qu'il restait de la Cyrénanie, aidée par l'Adélie, boute les tarnois hors de l'Île du Prince, et Efhrem XII instaure une Fédération, qui remplace la Monarchie de plus en plus associée aux dérives dictatoriales des tarnois.

L'État de Basterra, qui fut balloté par les événements historiques et qui fut le lieu de refuge des quelques immigrés tarnois qui ne firent pas le choix de retourner vers leur métropole, refusa tout d'abord de rejoindre la Fédération, et c'est donc une Cyrénanie amputée du Duché de Basterra qui entra dans l'ère moderne et accrût sa coopération avec l'Adélie, jusqu'à voir l'adélien supplanter le cyàn en nombre de locuteurs et en utilisation quotidienne. Échappant à la vague de rebaptêmes des noms de ville jugés trop locaux par leurs habitants pour être conservés (seront cités Nokkaün qui devint Noktown et Olom qui devint Middle Earth), l'État de Basterra n'intégra la Fédération qu'en 1908, après avoir connu des difficultés économiques et avoir trouvé dans le gigantesque ensemble voisin une raison suffisamment valable pour abandonner la politique monarchiste poursuivie par le Duc.

Forcé à adapter son système administratif, qui s'inspirait alors encore à bien des égards du système féodal, le Duché adopta une hiérarchie unique, qui tenta de concilier tant la volonté des basterriens de conserver leurs traditions et, donc, de garder une gouvernance locale proche du peuple, que la volonté du gouvernement de Yathorage que de voir le nouvel État membre adopter la démocratie. Ainsi, l'administration comtale (puisque le terme de districts ne fut pas retenu) n'est pas composée de fonctionnaires nommés par le gouvernement étatique mais de citoyens sans aucune affiliation politique élus au suffrage proportionnel. Non renouvelés, les fonctionnaires comtaux sont élus à vie et sont strictement tenus à l'écart du militantisme politique. Les maires, quant à eux, ne sont pas élus et sont de simples haut-fonctionnaires nommés par le gouvernement. Celui-ci, de même, s'il est composé des ministères que l'on peut retrouver dans la grande majorité de la Fédération, n'est pas élu et garni de haut-fonctionnaires choisis par le Sénat. Ce Parlement étatique, imposé par la Constitution de la Fédération, est, une fois n'est pas coutume, empli de candidats disposant d'une étiquette politique et la revendiquant. À l'instar de Neil Charr-Holov, la majorité actuelle appartient ainsi au parti Tradition et Honneur (TH), qui depuis la fin des années 2000 s'est imposé comme la principale force politique, alliant nationalisme et doctrine économique ordolibérale pour un bilan vastement favorable n'ayant pas encore remis en question ses tendances parfois à la limite de l'indépendantisme. Élus au scrutin majoritaire selon des circonscriptions établies par le gouvernement, les sénateurs sont les véritables garants du pouvoir. La volonté démocratique des peuples faisant toujours son chemin malgré une acceptation du système en place, le Sénat d'État est amené à prendre un grand nombre de décisions, faisant de son Président, M. Charr-Holov, l'homme le plus influent de l'État. Si le gouvernement, présidé par Michael Framlingham, garde de larges prérogatives et a notamment pour responsabilité suprême le contrôle sur les administrations comtale et municipale, le Parlement reste le maître de bien des sujets, et la séparation entre les deux pouvoirs est volontairement très nette.

Enfin, les partis politiques représentés au Parlement sont très différents des partis pour lesquels les habitants votent pour composer le Parlement Fédéral. Les partis dits « régionaux » ont, en plus d'un programme résolument local et tourné vers la prospérité de l'État, à cœur d'entretenir la distinction avec les partis fédéraux, que ce soit dans les programmes, dans les noms ou dans l'attitude politique. Cette particularité ne se retrouve qu'à Tel-Érib. Toutefois, l'État juif a abordé ce principe de manière différente. Il y a Outre-Cær trois échelons de partis : locaux, tribaux, nationaux, et un quatrième, l'échelon fédéral, est en cours de constitution. Dans ce système, les partis de chaque échelon ont, comme à Basterra, une vision centrée sur les besoins de l'échelon dont il est représentant. La différence réside dans la stratégie politique. Là où les partis basterriens se refusent à s'acoquiner avec les partis fédéraux, les partis tel-éribains s'imbriquent, et c'est par l'union des partis locaux que se forment les partis régionaux, par l'association des formations politiques régionales que se constituent les partis nationaux. Il y a donc, malgré une façade différente, une influence forte des partis nationaux sur les partis locaux. À Basterra, les deux échelons sont nettement séparés, et le système semble, jusqu'ici, fonctionner.[/justify]

[right]Marvin Sheanney,
27 février 2028.[/right]
Iskupitel

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[center]En Estland, l'opposition à Tel-Érib ne compte pas s'arrêter[/center]

[justify]Cela fait maintenant trois mois que Philip Colestone, le maire de Ville Green, capitale de l'État d'Estland, a été retrouvé mort dans la baignoire de son logement de fonction. Avant lui, c'était le Président estlandais, John Veller, dont le corps inanimé avait été retrouvé dans sa maison de campagne à Yawle, dans le district éponyme. Cette petite ville de campagne, qui avant l'incident ne se doutait nullement qu'elle accueillir les vacances du leader humaniste, reste sous le choc. La police n'a pu définir la mort que de M. Colestone, la noyade, probablement dans la baignoire où ses services de sécurité l'ont retrouvé, alors qu'il avait plusieurs minutes de retard sur l'horaire prévu. Dans le cas de M. Veller, les policiers, malgré les cinq mois d'enquête, n'ont toujours pas émis de possibilité concernant la cause de la mort ou l'agresseur de l'homme politique, qui avait été réélu par les estlandais en 2025 pour un troisième mandat.

Si les forces de police n'ont émis aucun communiqué officiel à ce sujet, la mort de ces deux officiels estlandais, appréciés par la population et se battant tous deux pour que Tel-Érib quitte la Fédération, ne peut être une coïncidence, et il est hautement probable que ces deux lourdes pertes soient liées. À Ville Green, si un jour de deuil étatique a été observé, les greenois n'ont pas cessé de vivre, et le poste de M. Colestone a été repris par son adjoint, l'administration locale ayant préféré ne pas faire appel au vote des habitants pour élire un nouveau membre du Conseil d'Administration de la cité. Celui-ci a été co-opté après l'accord du gouvernement estlandais. Ce gouvernement, décapité deux mois avant la capitale, n'a pas non plus modifié son organisation ou fait appel aux électeurs. Conformément à la Charte Organisationnelle estlandais, seuls les ministres ont voté, pour choisir parmi eux un président qui terminerait le mandat initié par M. Veller. C'est donc George Annigan, Ministre de l'Intérieur depuis l'élection en 2015 de feu M. Veller, qui a été investi comme chef d'état le 29 octobre dernier.

Les deux hommes politiques étaient de fervents défenseurs de la Cyrénanie humanistes, appartenant tous les deux au parti Union des Humanistes (UH). Ce parti estlandais, qui n'a pas d'ambitions fédérales déclarées pour le moment, est une des seules forces politiques au sein de la Fédération à considérer l'humanisme comme une doctrine politique, ne se reconnaissant dans aucun parti fédéral actuel. Ayant pour habitude de prendre position sur la majorité des sujets de l'actualité, l'Union des Humanistes fait dans son nom, modifié en 2019, référence à l'Union Centriste-Humaniste, organisation internationale fondée en 2018 sous l'impulsion azudéenne et abandonnée deux ans plus tard. Si M. Veller refusait que son parti soit associé à une influence étrangère quelconque, il se complaisait souvent à indiquer que l'Union des Humanistes était une sorte d'UCH à leur niveau, un parti qui avait pour objectif de briser les anciennes logiques de blocs politiques pour laisser paraître un humanisme qu'il considère nécessaire à toute société. Interrogé lors de sa première investiture, John Veller avait indiqué que ni lui ni son parti n'avaient pour but d'avoir le pouvoir. « La seule chose que je recherche est de faire réfléchir les cyrénans sur les sujets que nous mettons en exergue car nous les considérons importants. J'ai été élu pour diriger l'État d'Estland, et d'autres candidats du parti ont été élus ici et là, dans des districts, dans des mairies. J'en suis honoré et ravi ; et comme tout parti l'Union des Humanistes ne refusera pas le pouvoir. Mais nous pouvons être comblés même sans victoire électorale. »

Depuis que Tel-Érib a rejoint la Fédération de Cyrénanie, l'Union des Humanistes se bat bec et ongles pour que la situation de l'État sudiste change. Dans un récent sondage, 23,61 % de la population interrogée se disait insatisfaite de l'intégration de l'État Juif. Le parti de feu M. Veller fait partie de ces indignés, ceux qui considère que le peuple tel-éribain ne fait pas pas partie de la Nation cyrénane, et que son incorporation est donc une monumentale erreur de la part du gouvernement. Au Sud, selon les cadres de l'UH, la culture de l'humanisme est inexistante. « En Cyrénanie, l'humanisme est dans la nature de tous, et c'est pourquoi notre mission se borne à une gestion humaniste ou une réflexion humaniste. Tel-Érib a infecté la Fédération avec ses idées nationalistes et conservatrices, mettant en danger la culture et ce qui a toujours constitué notre pays. Nous n'avons rien contre Tel-Érib en soi, mais ne pouvons risquer d'intégrer un État si puissant sans nous être assurés de sa coordination avec notre culture auparavant », a affirmé le secrétaire général de l'UH, Maxim Peele, en marge d'une manifestation dans Ville Green. En effet, Tel-Érib est clairement un État différent des autres. Bien qu'il soit issu de la Cyrénanie, le Prince Iskupitel a toujours été une figure un peu particulière sur l'Île du Prince. Différents par la langue, la structure, la pensée politique, la culture, la religion, le patrimoine, les deux pays n'ont en commun, pour grossir les traits, que l'histoire et la volonté de vivre ensemble.

Cette volonté, l'on peut en douter lorsque l'on parcourt les rues de Ville Green le dimanche. Toutes les semaines depuis plusieurs mois, un groupe d'irréductibles greenois, militants de l'Union des Humanistes, installe son campement dans un des parcs de la ville, puis défile accompagné de milliers de sympathisants dans les rues de la ville. Si le phénomène était cautionné par M. Colestone qui faisait même de la publicité pour la manifestation hebdomadaire, le nouveau maire est un peu moins ouvert et a tendance à accepter de moins en moins la présence des manifestants. Toutefois, étant donné qu'il est incapable sans transgresser la loi de les empêcher de manifester, le nouveau gestionnaire de Ville Green se fait discret et préfère éviter le sujet ; ainsi, il n'a répondu à aucune de nos demandes d'entrevue. Les leaders des militants de l'Union des Humanistes, un parti étonnant car représenté d'un côté par des hommes de pouvoir qui agissent avec modération et compétence, et de l'autre par une foule indistincte et constamment révoltée qui dans certains cas se refuse à la discussion, n'excluent pas l'idée de faire grève chaque semaine lors de Shabbat afin de paralyser la ville, en réaction à la prétendue volonté des tel-éribains de paralyser toute la Cyrénanie lors de leur jour saint. Une accusation étonnante quand on sait que l'état tel-éribain n'a jamais dans son histoire ne serait-ce qu'envisagé la possibilité de faire de chaque Shabbat un jour férié. En effet, bien que l'État soit ouvertement Juif – et non athée comme en Cyrénanie –, les tel-éribains ont toujours considéré que la religion était l'affaire de chacun et qu'il n'était donc pas possible pour un gouvernement d'imposer à tous les rites d'une seule religion. Si à l'ouest, à Tel-Gaza, ou au centre, à Tel-Mehrat, on ne s'est jamais plaint de cette pensée, certains Juifs orthodoxes ont toujours milité pour « un État Juif, et pas goy », selon la supplique de Menachem Scheer, autoproclamé Messie des Juifs et Ministre des Affaires Religieuses tel-éribain. À Ville Green, où les manifestants semblent ignorer ce détail, on se dit que même si la manifestation devient répétitive et risque de lasser les gens, on ne baissera pas les bras, et que si le gouvernement fédéral n'entend pas, on tapera plus fort. Selon un autre sondage, plus de 31 % de la population au nord du Cær se dit favorable à l'action de l'Union des Humanistes. Peut-être suffisamment pour que M. Fusterhyde cesse de regarder le Vicaskaran et regarde un peu vers ce qu'il est censé gérer.[/justify]

[right]Bill Foster,
6 mars 2028[/right]
Iskupitel

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12 mars 2028

La Cyrénanie s'enferme pour cause de pandémie :

[justify]Le monde s'agite autour de la pandémie de coronavirus, qualifiée de pandémie de niveau 6 (sur 8) par le Haut-Commissariat de l'Organisation Mondiale pour le Développement. En Cyrénanie également, une réaction un brin tardive mais forte s'est mise en place suite aux décisions du gouvernement fédéral, qui devraient être acceptée ou non par le Parlement fédéral dans les jours qui viennent.

Considérant la pandémie comme un danger pour la population cyrénane, et ce malgré le faible nombre de contaminés et de morts dans les pays touchés, le gouvernement fédéral a, dans les premiers jours, laissé les états cyrénans décider de leur propre façon de protéger leur population. Tel-Érib, ainsi, à l'instar de plusieurs autres états, a préféré ne rien mettre en place. Et pour cause : si le virus s'est répandu rapidement en Alméra, et au Jeekim, aucun pays du Vicaskaran n'avait encore identifié comme contaminé. En revanche, lorsque des cas furent déclarés au Danube et au sein de la Fepuvi, les autorités fédérales ont pris les choses en main et ont adopté, au sein d'un récent [url=http://www.simpolitique.com/post268882.html#p268882]communiqué[/url], une « stratgie de fermeture temporaire », qui consiste en une isolation totale de l'Île. En effet, utilisant la « nature insulaire du pays », le gouvernement fédéral a pris la décision de fermer tous les ports et d'accroître les contrôles dans les aéroports, prévoyant ouvertement de les fermer d'ici quelques jours. Le nombre de patrouilleurs dans la mer de Vicasud a été accru, afin d'empêcher tout corps étranger de pénétrer sur l'Île du Prince. Ces mesures, combinées à des contrôles sanitaires plus fréquents et à une distribution préventive de masques dans les grandes villes, permettront selon Rufina Rojo, Ministre de la Santé Publique depuis 2026, de « faire de l'Île du Prince une oasis permanente de tranquillité ». Le mythe d'une île à l'écart de tous les problèmes du monde correspond bien au point de vue national-conservateur, et le gouvernement tel-éribain a rapidement suivi et appuyé les lourdes recommandations des autorités centrales. Comme lors de la pandémie Viekovirus qui avait terrorisé plusieurs états dans le monde, la Cyrénanie décide en ces temps potentiellement durs de se fermer préventivement et d'ainsi se mettre à l'écart des atteintes extérieures.

Pourtant, cela pose plusieurs problèmes. Tout d'abord, la fermeture complète implique un arrêt temporaire des flux commerciaux et humains qui transitaient auparavant par les infrastructures cynaviennes. Cela laisse la Cyrénanie en autarcie avec pour seul soutien celui de ses réserves, que l'on dit établies dans de nombreux domaines, des hydrocarbures aux matières premières. Si le pays ne devrait pas être incapable, au vu de sa superficie, de sa population et de ses diverses productions, de survivre seul pendant très longtemps, cela pose des problèmes internationaux. Ainsi, alors que la Sébaldie bataille pour faire reconnaître le fait que l'individu contaminé présent sur son territoire était en réalité en bonne santé, les liens avec la Cyrénanie sont fermés jusqu'à ce que la pandémie soit achevée. Il en est de même avec tous les états du globe, et la fédération, si prompte à apporter son soutien aux états auxquels elle est alliée, révèle alors qu'elle sait très bien faire cavalier seul, et que si le monde s'écroule elle fera tout son possible pour rester debout, au risque d'abandonner ses alliés à leur sort. De même, les états étrangers ne sont pas les seuls à être laissés de côté, puisque aucun ressortissant cyrénan n'a été rapatrié, et qu'ainsi, à l'avenir, aller vivre à l'étranger en étant cyrénan, même en tant que diplomate, signifie accepter d'être considéré comme un pestiféré par les autorités de sa propre patrie. Cet état de fait a récemment été confirmé lorsque les autorités océaniennes ont arrêté un touriste cyrénan atteint du coronavirus et que la fédération a refusé non seulement de s'exprimer à ce sujet, mais également d'apporter un quelconque soutien tant à la famille qu'à l'Océania ou au malade. Enfin, la Cyrénanie n'est pas seule sur l'Île du Prince, et est donc forcée de composer avec d'autres états : Tel-Mehrat, Tel-Dehat et Tel-Azude. Cela représente une faille dans la sécurité mise en place et réputée optimale. En effet, Tel-Azude ne peut se couper de relations avec les autres territoires de la Culture. Quant à fermer les frontières entre Tel-Azude et le reste de l'Île, cela paraît impossible : bien que le territoire à couvrir ne soit pas grand, il est situé en haute montagne, et donc largement impraticable pour des forces de sécurité. De plus, la Cyrénanie a toujours préféré garder des frontières ouvertes avec ses voisins terrestres, promouvant une certaine unité des états présents sur l'Île du Prince. Il y a donc plusieurs moyens d'infiltrer la Cyrénanie malgré ses mesures de fermeture qui semblent plus négatives que positives, quand on compare le nombre d'états touchés par le virus et le nombre d'états qui commercent avec Yathorage.

Le Parlement devrait bientôt être amené à donner son avis sur les premiers jours de fermeture préventive temporaire, afin de donner son accord et, le cas échéant, annoncer une date de fin de période de crise afin de ne pas trop effrayer les investisseurs et états étrangers. Si peu de sondages sont faits au niveau parlementaire, une tendance à l'accord avec le gouvernement semble s'observer, même si les chances d'un refus de cette politique existent toujours.[/justify]

[right]Tzvi Felhem[/right]
Iskupitel

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[center]Le Parlement fédéral annonce l'ouverture de deux commissions parlementaires exceptionnelles[/center]

[justify]Le Parlement a récemment, par la voix de son Président, Jonathan Lovell, annoncé que, d'ici le mois prochain, deux commissions parlementaires exceptionnelles verraient le jour. Ces deux groupes de travail, réunissant des parlementaires selon leur représentation au sein de l'hémicycle fédéral, ont une importance particulière et ont ravi le Président fédéral, Abraham Fusterhyde. Celui-ci a en effet, dans un communiqué personnel, salué l'initiative et a exprimé son espoir de voir ces deux commissions aboutir rapidement.

La première commission exceptionnelle, et peut-être la plus suivie par les citoyens de la Fédération, vise à une révision de la Constitution amenant à la création d'une seconde chambre législative. À l'heure actuelle en effet, et ce depuis la restauration de la Fédération en 1975, le système législatif est monocaméral. Ainsi, les décisions du Parlement fédéral sont souveraines et considérées comme parfaites. Elles ne sont donc pas discutées par une quelconque autre institution. Le gouvernement n'a que le pouvoir de proposer et promulguer les lois ; les seuls législateurs sont donc les 985 élus composant le Parlement fédéral, situé à Yathorage. Un certain nombre de ces élus, d'abord issus du Parti Pirate puis soutenus par le Parti Travailliste, ont récemment fait savoir leur volonté de voir le pouvoir législatif être plus divisé, craignant une trop grande main-mise de ces élus, de plus en plus déconnectés de la réalité du terrain, sur les affaires du pays. En ce sens, « diverses possibilités seront prises en compte », a annoncé David Crewster, député de la 1ère circonscription de Luxor (Ecarsia de l'Est) et président de cette commission exceptionnelle qui rassemblera 56 députés. La création d'une seconde chambre sera étudiée, mais au même titre que l'augmentation du nombre de membres composant le Parlement, l'élargissement des prérogatives des États fédérés – déjà grandes – au détriment de l'État fédéral ou encore une refonte du rôle de l'exécutif dans la gestion des affaires internes.

La seconde commission sera sans aucun doute très importante pour les tel-éribains. Donnant suite aux nombreux appels de divers États fédérés qui ont demandé la dislocation de Tel-Érib dans un objectif d'égalité entre les états membres de la Fédération, le Parlement a souhaité étudier la question. Ainsi, la seconde commission, qui sera présidée par Taylor Alfredson (Parti Libéral), aura pour mission de définir les conditions d'une telle dislocation et les règles qu'elle devra respecter. En effet, le Vice-Président fédéral Françisco Bolotte a rappelé qu'il « n'appartient pas au Parlement de définir les frontières des États. Cela doit être le résultat d'un accord entre le Gouvernement fédéral et l'État dont il est question. » Pour que cet accord ait le plus de légimité possible, et bien qu'Abraham Fusterhyde soit d'ores et déjà en communication avec Iskupitel, le Gouvernement fédéral a préféré faire appel à une commission parlementaire, dont la décision devrait faire suffisamment pression sur le gouvernement tel-éribain pour que l'État fédéré revoie sa position. Car Iskupitel, en digne successeur de la lignée princière et Président du Parti Nationaliste-Conservateur, s'est annoncé fermement opposé à un tel changement, du moins tant que l'échelon fédéral n'aura pas montré sa volonté de traiter équitablement les États fédérés qui seraient nouvellement créés. Pour sa part, Taylor Alfredson a indiqué ne pas avoir de préférence. L'élu d'Endaillage (État de Shermanie) s'est dit profondément motivé par l'impartialité, et a souhaité, lors d'une conférence de presse, que les 80 députés qui composeront la commission s'écarteront de leurs préférences politiques pour réfléchir sérieusement et clairement sur le sujet. Il a également annoncé que la composition de la commission comprendrait autant de députés d'origine tel-éribaine que de députés du reste de la Cyrénanie, afin de s'assurer que l'État étudié ne soit pas lésé et ait les possibilités de défendre sa cause équitablement. Si cette décision a été largement critiquée par les partis d'opposition en raison de l'unité des députés tel-éribains, plus grande que l'unité des députés du reste de la Fédération, M. Alfredson a rapidement coupé court au débat, indiquant que ce n'était pas une question d'unité et que la commission qu'il présidera ne sera pas, du moins l'espère-t-il, une opposition amorphe de deux blocs. « Tel-éribain ou non, chaque député a ses propres convictions. Je suis persuadé que les parlementaires ne sont plus des enfants et sauront faire abstraction des doctrines de leur parti pour travailler sérieusement et impartialement sur la question. La répartition équitable entre tel-éribains et non tel-éribains n'est qu'une mesure de précaution, » a-t-il conclu.[/justify]

[right]Taryn Fleming,
3 août 2028[/right]
Iskupitel

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[center]La ruée vers l'or du Ministère de l'Énergie[/center]

[justify]Sa valeur est continuellement en hausse, et c'est ce qui a décidé le Ministère de l'Énergie à travailler avec les ministères fédérés pour que son utilisation soit encouragée à court terme. L'énergie solaire est de plus en plus attrayante, et les initiatives privées devraient bbientôt être rejointes par des mesures gouvernementales annoncées comme fortes. Après l'échec de l'OIE, qui a rapidement rejoint la longue liste de ces organisations internationales qui n'ont jamais dépassé le stade du projet, les mesures environnementales du gouvernement fédéral sont restées peu ambitieuses et partisanes d'un respect de l'environnement initié par la population. Plus intéressé par le profit qu'annonçait la reprise des sites d'exploitation des hydrocarbures par Tel-Érib Petroleum, Efhrem Attinc a délaissé le secteur environnemental et les énergies renouvelables. Outre-Cær, la situation était pire encore : étant donnés les profits faramineux réalisés par l'État à travers l'exploitation et la vente des hydrocarbures, un abandonner des énergies fossiles était impensable ; Pour la forme, le délégué au territoire national Rizla Gray a promu, un temps, l'éolien. Aujourd'hui, 122 éoliennes, réparties en deux champs, surplombent les plaines tel-hiérosolymitaines, pour une production de 570 GWh par an. Un chiffre bien faible comparé aux immenses besoins de la Cyrénanie en constante expansion et à la population de plus en plus technologiquement dotée. Jusqu'ici, les grandes centrales à pétrole ont parfaitement rempli leur rôle ; mais la baisse actuelle du prix des panneaux photovoltaïques semble avoir décidé le gouvernement fédéral de passer le cap et d'entamer une transition énergétique qui verra venir l'ère du tout renouvelable. Pour cela, Mustapha Chustnic, Ministre de l'Environnement et de l'Énergie depuis 2018, a un projet simple : subventionner massivement l'achat de panneaux photovoltaïques par les particuliers, et subventionner également les associations de développement des territoires reculés en leur fournissant des panneaux photovoltaïques. Le Ministère de M. Chustnic, qui prend à cœur son double rôle de gestionnaire de l'énergie et de l'environnement sur le territoire national, a également évoqué la possibilité d'investir dans la recherche sur les énergies renouvelables, afin d'accroître encore la capacité de production des panneaux photovoltaïques et de réduire le coût des autres sources d'énergie renouvelable, tels que l'éolien et l'hydraulique.

Toutefois, ne souhaitant pas concentrer la production renouvelable sur le solaire, M. Chustnic a également indiqué que la filière du bois serait encouragée. La Cyrénanie, avec son immense territoire (près de 7 millions de km², soit la deuxième superficie mondiale, derrière la Rostovie et devant le Raksasa), dispose d'énormes ressources en bois. Les exploitations forestières fleurissent sur le sous-continent, et la production de bois de chauffe est suffisamment grande pour être en partie exportée. Le gouvernement souhaite profiter de cet avantage considérable en termes de capacité de production pour faire baisser, à l'aide de nouvelles subventions, le coût de cette énergie renouvelable, mais peu sûre et peu saine pour l'environnement. Les pontes de l'industrie, notamment M. Herich Messeich, un des treize neveux de Jomi Messeich, ont rapidement exprimé leur joie. « Il est très gratifiant de voir que le gouvernement nous soutient enfin ouvertement et concrètement dans notre activité », a indiqué M. Albert Boghnart, PDG de Cærwood, la plus importante entreprise productrice de bois de chauffe au nord des Monts Centraux. « Au-delà des perspectives économiques évidentes que cela apporte, nous sommes avant tout heureux de l'opportunité que le bois de chauffe – et la biomasse en général – peut prendre dans la production d'électricité du pays », a-t-il ajouté.

Troisième source d'énergie mise en avant dans les projets du Ministre Chustnic, l'énergie hydraulique. Le sous-continent cyrénan, de par sa structure géologique en paliers, dispose de grands bassins versants, de précipitations convenables et de puissants cours d'eau. Une situation géographique très intéressante pour accroître les capacités de production hydroélectrique du pays et, pourquoi pas, alimenter également Tel-Mehrat, Tel-Dehat et Tel-Azude des surplus énergétiques produits. Pour lancer ce plan d'investissement, le Ministère de l'Énergie et de l'Environnement a fait appel à Building Today for Tomorrow, une entreprise basterrienne de BTP qui semble en plein essor économique mais qui peine à s'exporter à l'international et à pérenniser son intervention sur le territoire cyrénan. Le projet, qui devrait selon les estimations officielles coûter 750 millions RAK$, a été presque de manière dithyrambique défendu par M. Chustnic et M. Forstow, le jeune et dynamique Secrétaire d'État en charge de la transition énergétique. Ce dernier a par ailleurs fait remarquer les avantages de l'hydroélectrique à l'occasion d'une interview dans Green Magazine en date du 11 septembre 2028 : « Malgré leurs coûts de construction colossaux, les barrages, une fois en place, présentent très peu de frais de fonctionnement et de maintenance ; cela est non négligeable. »

Mustapha Chustnic, qui n'a jamais occupé d'autre poste ministériel que celui qu'il occupe actuellement, a pour avantage d'avoir passé sa vie professionnelle antérieure à son engagement politique dans le domaine des énergies, et s'est toujours passionné pour les énergies renouvelables et la recherche dans ce secteur. Portrait typique de ce que l'on peut appeler un ministère intègre, M. Chustnic, officiellement adhérent au Parti Nationaliste-Conservateur, n'a que rarement partagé publiquement les décisions du parti depuis 2014 et sa présentation aux élections municipales de son village natal, Linnsbury (État de Thor Island), qu'il remporta sans grande conviction. Par la suite, son expérience et son élection au poste de député ont attiré l'attention du gouvernement fédéral, et il est aujourd'hui arrivé dans une situation où rares sont les hommes aussi techniciens et fonctionnaires que lui au sein d'un gouvernement. Abraham Fusterhyde, leader du Parti Nationaliste-Conservateur, ainsi que de John Fowlled-Merridge, leader du Parti Travailliste, ont tous deux fait savoir leur volonté de conserver M. Chustnic au sein de leur potentiel gouvernement en cas de victoire électorale. Une position alléchante qui commence à attirer sur l'homme certaines critiques, le considérant comme un homme « politiquement volatile », « plus adapté à l'administration qu'à la politique ». Mais pour le moment, le ministre le plus coté de ce gouvernement (57 % d'avis favorables selon CyrPoll en août 2028) a annoncé s'intéresser davantage à son projet de transition énergétique qui lui « tient tout particulièrement à cœur. » Espérons que le même engouement s'observe chez les cyrénans, les premiers touchés par ce changement en faveur des énergies renouvelables : « la transition énergétique se fait dans le cœur des gens, pas dans les arrêtés d'un gouvernement », a admis, sourire aux lèvres, Mustapha Chustnic.[/justify]

[right]Stephan Ainsley,
13 septembre 2028.[/right]
Iskupitel

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[img]http://img15.hostingpics.net/pics/485759MarlboroughHouseGardens1PhotoCreditTimScottatFluidImages.jpg[/img][/center]

[center]L'OIA ouvre ses portes à New Meneheran[/center]

[justify]Après de longs mois de négociations, le sommet au Manoir Saint-James, en périphérie de la New Meneheran, s'est finalement achevé positivement. La table de discussion, qui réunissait l'hôte cyrénan, l'Océania, le Mayong et le Perlian, s'est longuement prolongée mais n'a pas, selon les dires de Grayson Laz, qui était au moment du sommet Secrétaire d'État à l'Adélophonie, rencontré de réels accrocs. Les services cyrénans ont proposé un traité fondateur qui, dans les grandes lignes, correspondait à ce qu'étaient prêts à accepter les autres négociateurs. « Les discussions ont principalement tourné autour de reformulations ponctuelles et précises, indispensables à la fondation d'une organisation qui se veut importante, mais relativement longuettes », a-t-il précisé lors de la conférence de presse clôturant la rencontre. En effet, ces quatre États se sont réunis afin de discuter de la fondation d'une organisation unissant les États adélophones volontaires dans un but de préservation et de développement de la culture adélienne. En tant que Nations issues d'une colonisation ou d'une forte influence provenant d'Adélie à des époques différentes, les quatre membres fondateurs de l'Organisation Internationale de l'Adélophonie (OIA) ont fait part, dès le choix du nom de l'organisation, de leur volonté de mettre en avant la langue adélienne. Quoi de mieux, en effet, qu'un tel symbole, un dialecte si répandu depuis la prédominance des États-Unis du Pelabssa dans les relations internationales ?

« Aujourd'hui, le Pelabssa s'est indubitablement effacé ; les tentatives de reconstruction d'un État sur les bases pelabssiennes ne devraient pas aboutir avant de nombreuses années. Nous, Nations d'origine adélienne, au Mayong, en Océania, au Perlian ou en Cyrénanie, avons fait le choix de ne pas laisser la situation nous dépasser. Nous avons décidé de prendre notre destin en main et de nous unir afin de protéger la culture adélienne, constitutive de ce que sont aujourd'hui nos États », a déclamé M. Laz avant d'ouvrir officiellement et solennellement les négociations. Le sommet, s'il a été long, n'a pas été peu productif. Les quatre délégations négociatrices ont signé, sous l'œil attentif des caméras de toutes provenances, le Traité Fondateur de l'Organisation Internationale de l'Adélophonie. Un texte fourni et mettant en place concrètement l'Adélophonie. Le premier chapitre situe le Siège de l'organisation à New Meneheran, où se sont déroulées les négociations. D'après M. Laz, le faire accepter n'a pas été un problème : « Les Nations adélophones ont su reconnaître en Cyrénanie une réelle motivation et conviction envers la culture adélienne. C'est donc sans surprise que la Cyrénanie a été choisie pour accueillir le Siège de l'OIA ; et nous en remercions les négociateurs », a-t-il expliqué dans les colonnes du magazine Victorian.

La cérémonie d'inauguration du Siège, qui a été installé au cœur du vieux centre de New Meneheran, à Linnsbury Mansion, une ancienne demeure appartenant à une riche famille adélienne qui, pour l'occasion, a été rachetée par l'État cyrénan. Cette grande maison disposant d'un terrain considérable est, dans son architecture, typiquement adélienne de l'ère victorienne, une ère de prestige et d'apogée pour la monarchie adélienne ; un véritable symbole pour une organisation qui souhaite revivre cet âge d'or. Avec force dépenses, l'État de Victoria et l'État fédéral ont voulu marquer le coup et faire de l'installation de l'OIA à New Meneheran un événement grandiose. La journée s'est achevée en apothéose avec, de la mairie de la cité au Siège de l'organisation, la tenue d'une parade mettant en valeur les différents visages issus des métissages de la culture adélienne de par le monde.

Du point de vue de l'opinion publique, la participation de la Cyrénanie à l'Adélophonie ne fait guère débat, quelle que soit la formation politique interrogée. Lors du vote au Parlement Fédéral pour la ratification du Traité Fondateur de l'OIA, seuls les socialistes et quelques parlementaires isolés s'y sont opposés. Même le Parti Fasciste, pourtant souvent réticent à accepter l'intégration de la Fédération dans des organisations internationales pouvant possiblement faire perdre de sa souveraineté à la Cyrénanie, a soutenu la ratification ; et ce en faisant abstraction de l'article 10, chapitre III « Actions communes », qui fixe à 5 % les taux de douane pour les produits typiques adéliens. Un taux « convenable » pour le député conservateur Derek Mayesfork, « élevé » pour le libéral Ern Layton, et « bien trop frivole » pour An Bai, la Présidente du Parti Fasciste. De leur côté, les partis de gauche ont tous exprimé leur contentement devant les mesures « réalistes » et « raisonnables » inscrites dans le Traité Fondateur, à l'exception du Parti d'Extrême-Gauche qui, non content de s'opposer à la ratification du Traité, s'est opposé à tout rapprochement basé sur la culture adélienne, qualifiée de « archaïque et dangereuse pour le prolétariat » par Ottavio Biancardi, qui a récemment été nommé Secrétaire Général de son parti.

Concernant l'organisation en elle-même, si elle a pour objectif de préserver la culture adélienne, elle a également une fonction de tissage de liens étroits entre les États membres. « Les adélophones doivent former un bloc fort, uni et solidaire. Dans le monde de plus en plus multipolaire qui est le nôtre, il est essentiel – que dis-je, il est vital – de disposer d'un réseau d'alliés fidèles en cas de difficulté ; et Dieu sait que les difficultés apparaissent toujours sans crier gare. Pour cela, les adélophones nous apportent soutien et force au cœur de la tourmente. » a déclaré Abraham Fusterhyde, le Président Fédéral, dans un communiqué présidentiel. Très préoccupé par l'OIA, et d'autant plus depuis l'échec des négociations en faveur d'une Union du Vicaskaran, le Président Fusterhyde s'est à plusieurs reprises réjoui de la fin positive des négociations de New Meneheran, notamment dans le discours qu'il donna pour officialiser la nomination du Secrétaire d'État à l'Adélophone, M. Grayson Laz, au poste de Secrétaire Général, la Cyrénanie assurant la présidence de l'Organisation pendant la première année. Pourtant, les réactions internationales divergent. Dans un article, le quotidien des Nouvelles-Véliades The Independent explique les raisons pour lesquelles l'OIA ne peut être une solution pour son pays et pour les adélophones en général. Les autres réactions ont été rares. Mais cela ne dérange pas les quatre nations fondatrices, qui ont récemment accueilli, avant même que le Siège soit inauguré, le premier État-membre non-fondateur. La Shawiricie, ce puissant pays du Nord du Vicaskaran, s'est en effet rapprochée du nouveau Secrétaire Général et a unanimement été acceptée par les États fondateurs. Une victoire pour les Adélophones, lorsque l'on considère que la Shawiricie dispose de rien de moins que le deuxième PIB mondial, derrière le Raksasa, et du deuxième PIB/habitant mondial, derrière la Culture. M. Grayson Laz a fait part de son souhait, tout à fait partagé par les autres États-membres, de voir l'OIA s'étendre au plus et au plus vite. « Il ne faut cependant pas oublier de solidifier les bases de notre Organisation. Nos experts juridiques y travaillent actuellement », a-t-il tenu à souligner. L'objectif est que l'OIA ne rejoigne pas la longue liste de ces organisations internationales ayant tenu entre deux mois et un an et n'ayant rien accompli de concret, les poussant à disparaître. L'AdE est à la tête de cette liste, malgré sa longévité plutôt élevée. Anecdote amusante : Tel-Érib était un membre important de chacune de ces organisations : le dernier secrétaire général de l'AdE était tel-éribain, Tel-Érib était fondateur de la Ligue Souverainiste et de l'OIE, il tenta d'avoir une place importante au sein de l'UCH, etc. Espérons que la muselière que la Fédération a installé sur les territoires d'Outre-Cær fonctionnera, et que l'Adélophonie ne s'effondrera pas par la faute d'un quelconque Hohoth Krk ou assimilé, ce qui serait un coup très dur, tant pour les Adélophones que pour la diplomatie cyrénane, qui perdrait toute crédibilité et, peut-être irait jusqu'à se séparer de Tel-Érib. Ce qui à coup sûr apaiserait les relations avec la Sébaldie. L'OIA a pris une place centrale dans la relation au monde de la Cyrénanie, et M. Laz semble être capable de mener à bien les projets du gouvernement fédéral.

L'OIA a un objectif central de rapprochement des peuples de culture adélienne, suivant le peut-être trop connu adage : « l'union fait la force ». Pour cela, hors des taxes et autres mesures économico-politiciennes, les négociateurs ont mis l'accent sur un pan essentiel de la vie de tout État : le sport. En conséquence, tous les ans, sur le territoire de l'État qui dispose de la présidence de l'Organisation, se dérouleront les OUA, les Olympiades Universitaires de l'Adélophonie. Une compétition réservée aux universitaires, à cette jeunesse qui assurera le renouveau et le futur des États membres, qui sera centrée, selon le Traité Fondateur, sur « les sports adéliens, tels que le football et le rugby, mais aussi le tennis, la boxe, le cricket ou encore l'aviron. » L'enjeu sera bien entendu systématiquement amical : l'objectif est de montrer que le monde, ce n'est pas que de la géopolitique et des litiges, mais aussi du jeu. Toutefois, les OUA ont également un autre objectif : selon l'article 6 du chapitre III du Traité Fondateur, les Olympiades devront être retransmises publiquement sur les réseaux télévisés de tous les États membres de l'OIA. Si l'article 6 justifie cette mesure par une volonté que « le plus grand nombre puisse avoir accès au sport adélophone », il est certain que le véritable avantage de cette décision est de produire de l'argent par la redevance télévisuelle. L'OIA vient de fonder un événement qu'un nombre croissant de pays (dont certains très peuplés, comme la Cyrénanie et ses 250 millions de citoyens, et d'autres très équipés, comme la Shawiricie ou l'Océania, où les télévisions sont présentes partout), aura obligation de retransmettre au maximum de personnes au sein de son territoire. Ce qui devrait ravir les chaînes de télévision, qui se battront pour pouvoir le retransmettre en exclusivité. La première édition des Olympiades aura lieu dans un peu plus de deux ans, en 2031. Et, malgré l'ordre officiel de présidence des États membres, difficile pour le moment de savoir chez qui la compétition aura lieu.

En effet, selon le calendrier, et en considérant que le changement de présidence se fait au 1er septembre, la majeure partie de l'année 2031 devrait se passer sous la présidence de l'Océania, qui aura fait suite à la présidence perliane. Pourtant, certains bruits de couloir feraient état d'une impossibilité du pouvoir perlian à assurer la présidence de l'Organisation. Le Traité, qui ne possède pas de clause à ce sujet, devrait, par précaution, voir bientôt un amendement instituant une procédure à suivre dans ce cas. À ce jour, plusieurs possibilités seraient envisagées (intérim de l'État précédent, passage au prochain État membre capable d'assurer la Présidence... les possibilités sont diverses). Ainsi, l'ordre pourrait être changé comme il pourrait rester le même. Un problème pour les organisateurs de la compétition, qui ne peuvent être informés au dernier moment, ou même six mois avant, qu'ils doivent finalement être capables d'accueillir une compétition et des milliers de spectateurs. C'est pourquoi M. Laz a annoncé souhaiter trouver une solution à ce problème au plus vite, et a annoncé qu'en cas de période de discussion allongée nécessaire, il serait en mesure de décréter qui serait la Nation accueillant la compétition.

Le dernier article du Traité Fondateur est discret, mais il est pourtant présent, faisant écho à la tentative d'Union des Démocraties, que la Cyrénanie appelait Union des Libéraux. Selon cet article 11, chapitre III, les États membres de l'OIA « acceptent de participer à des recherches scientifiques universitaires communes. » Une mesure intéressante, qui devrait permettre aux États membres de voir leurs universités progresser ensemble, voir des liens professionnels et innovants se créer entre les frontières, symboles de l'universalité de la langue et de la culture adéliennes. Toutefois, aucun État n'en a parlé et, selon les rumeurs collectées par notre journal dans les coulisses du Sommet de New Meneheran, aucun État fondateur ne l'a évoqué au cours des négociations. Serait-ce une de ces mesures qui sont présentes mais dans tout le monde se contrefiche, et qui ne seront jamais appliquées ? La possibilité de non-application est d'ailleurs prévue dans l'article, où les États |« acceptent de participer », et non « participent » ou « participeront », comme dans les autres articles. Le Secrétaire Général doit-il être à l'initiative de cette coopération scientifique ? Cela paraîtrait étrange, étant donné que cela relève davantage des universités présentes sur le territoire des États membres. Il faudrait alors qu'un État membre se dégage des autres et fasse des appels à participation au nom de ses universités. Le Mayong, par exemple, est réputé au sein de certains cercles comme un État mettant réellement l'accent sur des innovations concrètes et internationales. Son cycle de recherches universitaires le plus connu, et sûrement le plus soutenu au niveau international, est énigmatiquement nommé « [url=http://www.simpolitique.com/post258047.html#p258047]Hyperloop[/url] ». Moyen de transport futuriste où les utilisateurs s'installent dans des « capsules se déplaçant sur un coussin d'air couplé à de multiples champs magnétiques dans un tube sous basse pression » (Watermelon Inc.), le projet est en pleine effusion depuis quelques demi-douzaines de mois. En partenariat avec 6 universités cyrénanes (dont celles de Yathorage, d'Érib, d'Aqshiah ou encore de New Meneheran) ainsi que l'État cyrénan et quelques investisseurs privés (principalement le Messeich Group et la société ferroviaire de Cyrénanie), le projet se fait également en coopération avec des universités kaiyuanaises et raksasanes, et avec le Réseau Universitaire Fédéral. Le Mayong a été capable, sur certains projets très innovants pour son avancement technologique, de rassembler certaines des plus grandes universités du monde. L'État makaran semble tout trouvé pour être le fer de lance de la recherche universitaire adélophone.

Dernière mesure d'importance pour la préservation de la culture adélienne indiquée dans le Traité Fondateur : l'« obligation de financer l'apprentissage oral et écrit de l'adélien à l'entièreté de leur [ndlr : les États-membres] population » (article 2, chapitre III) Ce qui devrait être plutôt simple en Shawiricie ou la seule langue parlée est l'adélien, devrait se révéler plus ardu en Cyrénanie ou au Mayong. En Cyrénanie, tout d'abord, car un quart de la population, soit la moitié des tel-éribains, ne fait que baragouiner vaguement l'adélien. Au Mayong, ensuite, car l'alphabétisation du pays est faible, et ainsi, pour cet État-ci, financer l'apprentissage de l'adélien revient à dire alphabétiser la population. Une tâche complexe et longue à accomplir, d'autant plus pour un état tel que le Mayong, qui est encore relativement pauvre et peu développé, pour qui une telle dépense est inimaginable. C'est pourquoi intervient la deuxième partie de l'article 2 : « En cas de problèmes techniques, les États membres de l'OIA sauront s'entraider ». Écho plus collégial à l'article 1 qui institue un système de subvention adélophone accordée par le Secrétariat Général aux initiatives locales ou régionales promouvant la culture et la langue adéliennes, ce deuxième alinéa oblige, discrètement et gentiment, les États membres les plus riches à aider les États membres les plus en difficulté. Une mesure applaudie par les partis de gauche, bien entendu, mais également par la majorité des partis, qui y ont vu la résurgence de l'esprit humaniste qui s'est en partie perdu ces dernières années, depuis la fin de l'UCH et plus encore depuis 2026. Et cet humanisme, il est présent dans l'ensemble du texte : c'est un Traité Fondateur humain et compréhensif, qui s'adapte au mieux aux différentes aspirations et problématiques des États-membres en assurant toujours la présence d'une possibilité d'accord à l'amiable et d'une entraide un peu sous l'égide du Secrétariat Général. L'objectif de l'OIA est de permettre aux États-membres de grandir ensemble, en se basant sur la culture adélienne, ce quelque chose de si constitutif de la « personnalité » de chaque État. Nous ne pouvons qu'espérer que l'OIA perdurera et pourra agir concrètement et à long terme pour atteindre ses objectifs de protection de la culture et d'union autour de celle-ci.[/justify]

[right]Barry Sowards,
08 octobre 2028.[/right]
Iskupitel

Message par Iskupitel »

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Yathorage – 02 février 2029

Non pas une mais deux pestes levantines
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[justify]La prolifération récente de la bactérie Bh321 est nommée par plusieurs journaux internationaux la « peste levantine ». Il y a en réalité deux « pestes » levantines : la bactérie Bh321, tout d'abord, mais aussi l'impérialisme hokkaï. L'une, évidemment, est plus dangereuse et urgente que l'autre. En effet, les appétits voraces du soi-disant empire hokkaï sont de plus en plus préoccupants pour la communauté internationale et pour tous ceux qui défendent la liberté. Si la bactérie peut potentiellement, selon les estimations, tuer quelques centaines de personnes, la grenouille d'Hokkaïdo en tue assurément bien davantage, que ce soit directement ou non, aujourd'hui ou demain. Car le nombre de territoires contrôlés par l'Hokkaïdo, qui a été forcé de trouver une nouvelle forme constitutionnelle pour justifier le rassemblement d'autant de terres et de peuples sous les ordres du gouvernement central, installé à Nakano. Si les makarans insistent sur la diversité et annoncent haut et fort la défendre et l'encourager, comme ils le font petit à petit en donnant plus d'indépendance aux îles Ryukyo, la vérité est toute autre. La diversité encouragée est une façade qui trompe de moins en moins de gens et de moins en moins d'états. D'après une source sûre du Ministère fédéral des Affaires Étrangères, la délégation cyrénane au Talequah aurait été forcée à discuter en présence d'un officiel hokkaï, signe de la présence grandissante et effrayante de l'Hokkaïdo dans différents territoires qu'il annonce pourtant vouloir libérer. Mais, en hokkaï, libérer semble vouloir également signifier contrôler, car c'est ce qui se passe, tranquillement, discrètement, sur le continent makaran, au Che ou au Nihongo. Nakano a pris l'habitude, depuis l'institution d'un empire ex machina, d'intervenir partout, réagissant à absolument tous les papiers qui parlent de l'île sous-développée, et s'inventant des prétextes pour montrer des gros bras qu'elle n'a pas, comme lors du mini-incident suite à une tentative d'ingérence hokkaï auprès de la politique intérieure shawiricoise.

Aujourd'hui, l'Hokkaïdo c'est une île principale à laquelle s'ajoutent les îles Ryukyo, le Talequah, rien de moins que huit îlots, et… le Nihongo. En effet, si le Nihongo garde officiellement un gouvernement propre et ne fait pas partie de la « confédération » hokkaï, il est clair que les décisions prises par le gouvernement nihongais sont commandées par le gouvernement de Nakano, qui entretient un gouvernement fantoche pour tromper la communauté internationale. De plus, les huit îlots, même si certains sont peuplés de peuples indigènes, sont systématiquement colonisés et exploités par les hokkaïs au nom de la gloire du peuple levantin. Il est d'ailleurs amusant de remarquer que c'est cette exploitation des ressources d'un des îlots, Naawi, qui a déclenché la propagation de l'autre peste levantine. Par ailleurs, il serait peut-être utile de donner quelques cours supplémentaires aux traducteurs hokkaïs. Car le terme de confédération est totalement absurde en l'occurrence. En effet, dans une confédération, les États ne sont liés que par des traités multilatéraux dont ils peuvent se retirer à tout moment. Ils mettent en commun certains domaines, mais gardent une grande partie de leur souveraineté et sont gouvernés totalement indépendamment. Il n'y a pas d'état central, d'état supérieur ou de structure centralisant les échanges ou les prises de décision. Dans une confédération, pas de supranational. Pourtant, dans les faits, la confédération hokkaï ne ressemble pas du tout à ce qu'est une confédération. Soit le terme est mal traduit par les interprètes hokkaïs, soit le gouvernement de Nakano se fiche ouvertement du monde extérieur. Enfin, l'Hokkaïdo, afin de justifier l'application d'une doctrine impérialiste très agressive, ne cesse de parler de « peuples levantins », de « nation levantine », de « levant ». Ce qui est tout à fait incongru et n'est qu'une façon détournée pour parler de l'Hokkaïdo et de l'Hokkaïdo seul. Le parti au pouvoir, celui d'Inès Nakajima, un parti nationaliste impérialiste, n'est dans les faits pas compatible avec l'idée de levantisme. C'est là un des paradoxes hokkaïs les plus frappants. Mme Nakajima ne cesse de clamer l'idée de nation levantine, affirmant que tous les peuples qui sont sous la domination de Nakano sont levantins (la belle affaire…). Et malgré tout, dans le même temps, les autorités publiques s'affairent à montrer au monde une image d'un Hokkaïdo uni malgré sa diversité, un pays qui accorde de l'autonomie aux îles Ryuokyo en réponse aux suppliques des citoyens, un état suffisamment magnanime pour négocier des conditions favorables d'entrée dans l'empire hokkaï avec les indigènes des îlots qu'il occupe contre le gré de ses habitants. En réalité, Nakano ne manque jamais de faire voter les locaux lorsqu'il annexe un territoire, mais il colonise en premier lieu, ce qui rend le référendum totalement biaisé.

L'Hokkaïdo est une menace croissante pour le Makara et tous ses peuples, mais également, de plus en plus, pour les états et peuples du monde entier. Il est nécessaire que des états divers se réveillent et montrent à l'Hokkaïdo qu'il n'est pas tout permis et que l'oppression n'est pas tolérée par les peuples véritablement civilisés. Car l'Hokkaïdo, s'il veut se faire plus fort que le bœuf, ne tient sa force que de la manipulation de ses dirigeants par le Tarnosia, peut-être par de sombres conglomérats ou par du tirage de ficelles depuis la péninsule vicaskarane. C'est le Tarnosia qui a offert le Talequah à l'Hokkaïdo, le même Tarnosia qui adopte systématiquement la même technique de colonisation des territoires un tant soit peu sous son contrôle que l'Hokkaïdo, comme en Nord-Cabalie. L'inaction des gouvernement du monde qui se prétend libre, ou de cette Organisation des Peuples Souverains qui ne montre que trop son inaction et sa complaisance envers les états membres de l'OPS qui bafouent les principes de l'organisation et s'étendent librement, couverts même, comme au temps du Pacte de Novgorod, est un problème qui n'a que trop duré. Il est temps pour le gouvernement fédéral cyrénan comme pour les gouvernements des pays qui se respectent comme tel de taper du poing sur la table et de faire entendre leur voix pour éviter que l'Hokkaïdo ne se mette en tête qu'il peut, durablement, faire ce qu'il lui chante avec les peuples qui se trouvent, par malheur, dans la ligne de mire de la cupidité et de l'avidité de Nakano.[/justify]

[right]Frederic Richardson,
Journaliste.[/right]
Iskupitel

Message par Iskupitel »

[center]Le Xénocrate

MÉMOIRES
ÊTRE À LA TÊTE DE L'ASSEMBLÉE DES ÉTATS
(extraits)

PAR M. WADDAULAH IBNAÏD KHAIRI,
ANCIEN SECRÉTAIRE GÉNÉRAL DE L'ASSEMBLÉE DES ÉTATS

Introduction de M. Iskupitel,
Président de l'État de Tel-Érib

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[justify]Après avoir vécu quelques belles années, l'Assemblée des États (AdE) s'est officiellement éteinte le 1er janvier 2026, lorsque son dernier Secrétaire Général, qui était la tête de cette Assemblée aux objectifs nobles, décida de ne pas se représenter, résigné par la mort lente de son organisation. En tant que Prince de Tel-Érib, j'avais participé au Congrès de Santilloz, en novembre 2016, en Fiémance ; une conférence qui souhaitait insister sur « la nécessité de la création d'une organisation mondiale d'État afin de limiter les dégâts de la guerre et les ravages causés par les idéologies expansionnistes ». Marqué par la Grande Guerre, meurtri par la Guerre d'Albion et les dérives génocidaires de l'Organisation du Traité d'Hellington (OTH), j'avais à cœur de trouver une solution pour favoriser la paix entre les peuples ; un objectif qui a toujours motivé les dirigeants tel-éribains et, aujourd'hui, les dirigeants cyrénans.

Certes, l'Assemblée des États n'aura pas brillé par des actions retentissantes qui auront marqué l'histoire comme ont su le faire l'OTH et le Pacte de Novgorod en leur temps ; cela s'explique, je pense, par une volonté marquée d'être une union d'États qui ne sont pas majoritaires, d'États qui ne se font pas respecter par des actions militaires mais par la discussion et la négociation, des actions bien moins marquantes qu'une guerre, qu'une destruction, qu'un génocide, comme l'a bien montré la Main Noire dans son ascension dans l'horreur.

Waddaulah Khairi, deuxième Président tel-éribain de l'histoire, ayant succédé à Fakh Begawar afin d'assurer l'intérim du pouvoir après sa mort, a auparavant été mon Secrétaire d'État. Avant d'être un homme politique, c'est un administrateur, un homme fait pour que la machine fonctionne. Mais cela ne l'a jamais empêché d'avoir ses propres opinions, ses propres engagement, et son rôle à l'Assemblée des États a été la preuve de sa volonté de voir plus loin, d'agir davantage, pour faire régner la paix entre les peuples. S'il a sans doute bénéficié, lors du vote, du bilan très mitigé de son prédécesseur à la tête de l'AdE, M. Jean Théodore (qui se fera d'ailleurs seppuku après la nomination de son successeur), et des lacunes de son seul adversaire, qui n'a pas même daigné annoncer son nom au sein de sa candidature. Si 87,5 % des votants ont préféré M. Khairi, c'est donc plus en contestation de son prédécesseur, dans une volonté de changement, que pour son programme, résolument axé sur la discussion et la négociation et moins, comme certains le demandaient alors, notamment l'Hanguk, sur une capacité d'intervention et d'action concrète. Le principal problème de l'AdE a toujours été son incapacité à agir rapidement, ses délais de discussion interne étant trop longs par rapport à ce que nécessite la géopolitique moderne, où tout se fait en une fraction de seconde.

Mais dans la déchéance progressive de l'Assemblée, le dernier Secrétaire Général est resté stoïque et a continué de tenir son poste alors que les rangs de la salle de conférence se vidaient petit à petit ou se transformaient, comme aimaient à le dire les tel-azudéens, en « salon de thé », ou alors qu'une deuxième AdE se formait en réaction à la fuite de la première. Cette image de représentants volontairement inefficaces, divisés, mécontents et fantoches, M. Khairi l'a décrite dans ses mémoires, qui sont un trésor d'histoire pour les futures organisations internationales, qui sans aucun doute continueront de vivre dans l'esprit des dirigeants du monde, et qui devront apprendre des erreurs de celle-ci si elles souhaitent perdurer et s'inscrire durablement dans la diplomatie internationale. Sa fin tragique le 17 mars 2029, peu relayée par les médias, est foncièrement liée au sort de l'AdE : son dernier Secrétaire Général s'éteint trois ans après l'Organisation, mais il me laisse l'image d'un homme engagé, qui n'a pas hésité à intégrer dans ses mémoires, publiées selon ses dernières volontés testamentaires, le temps passé à la tête de l'organisation, mettant fin à un silence tacite et convenu sur les dernières années de l'Assemblée.

[center]* * *[/center]

Je ne sais vraiment si ma candidature a été motivée plus par l'envie de remettre de l'ordre dans une Assemblée divisée et décadente ou par la véritable volonté de faire avancer le monde vers la paix et la fraternité, loin des clivages partisans subsistant sur les ruines de blocs du Pacte et de l'OTH. Les différences idéologiques sont inévitables, mais elles ne sont pas à mon avis un facteur essentiel pouvant diviser les peuples. Je pensais l'avoir prouvé durant mon mandat présidentiel, en rapprochant plus qu'ils ne l'étaient auparavant Tel-Érib et Thalíboz. Un des principes fondamentaux de l'Assemblée, et c'est ce qu'a bien dit le représentant Liethuviskien, Veiklas Pateikti, lorsque le Kirep avait commencé à inquiéter les États-Unis du Pesak après leur énième révolution communiste, c'est que chacun y a sa place, communistes, capitalistes ou neutres. L'objectif de l'Organisation a toujours été de rassembler les États afin qu'ils mettent en place, d'un commun accord, des règles et des recours pour que les guerres, inévitables, puissent se faire le plus respectueusement possible pour tous, y compris les populations civiles. L'important a toujours été, de mon point de vue, une prise en compte des différentes idéologies qui ne ferait pas disparaître le respect et l'égalité entre elles. Le clivage est un mal à combattre ; il l'était hier, il l'est aujourd'hui, mais j'espère qu'il le sera de moins en moins dans l'avenir. [...]

Le 10 novembre 2022, à 07:51, soit juste avant la séance quotidienne à Santilloz, après une période de votes assez longue, j'ai été élu 9ème Secrétaire Général de l'Assemblée des États. Une fonction pour le moins prestigieuse, ou tout du moins l'était-elle à l'époque, mais emplie de devoirs et de responsabilités. L'ambition de l'AdE était d'être non pas le gendarme mais le médiateur d'un monde en constant et vif changement, d'un monde empli de nouveauté à chaque seconde. C'est une responsabilité complexe, car les yeux du monde entier sont tournés vers le Secrétaire Général. Lorsque j'étais Président de Tel-Érib, il me semblait être au centre de l'attention du monde entier, ou tout du moins de pouvoir y être. J'ai réalisé, au cours de mes trois années de mandat, que ce n'était rien à côté de la Présidence de l'AdE. Peut-être cette impression fut-elle amplifiée par les remous causés par mon élection. Deux jours après mon élection, Jean Théodore, mon prédécesseur azudéen, qui avait fait pâle figure après Padermchal Srikaew, l'honorable kaiyuanais, s'est suicidé de manière rituelle, afin de laver son honneur. Le 15 novembre, l'information fut rendue publique par un communiqué de presse azudéen. Il était alors 20:42 à Santilloz, la séance était suspendue. Je regrette qu'il ait ainsi mis fin à ses jours. S'il avait été moins compétent que son prédécesseur, au moins avait-il tenté de faire bouger les choses à sa manière, c'est-à-dire par le vote et l'administration, à l'azudéenne. Si j'avais été de la même culture, sûrement cela aurait-il été insuffisant pour me faire pardonner auprès de Dieu pour mon mandat, le dernier, qui acheva une Assemblée au but juste.

Je me souviens en avoir discuté avec Ath Jöth le soir même. Je ne comprenais pas cet acte de sacrifice. Le tel-azudéen, de son ton condescendant et las habituel, m'expliqua la culture qu'avait Jean Théodore. Je lui avouai regretter de n'avoir point de mentor direct. « Ce n'est pas un problème », m'assura-t-il. « Dirigez l'Assemblée comme bon vous semble, plus personne ne semble prêt à regarder ce qui s'y passe, de toute façon. » Sans être rassuré par ses paroles, je dois avouer, avec le recul, qu'il n'avait pas forcément tort. Je l'ai choisi, lors de la séance du lendemain, comme mon suppléant. Je ne m'attendais pas, alors, à ce que le cours des choses fasse que son intervention soit nécessaire. Si je l'appréciais et appréciais son travail sérieux et réfléchi, je ne pouvais m'enlever de la tête qu'il serait dangereux pour l'avenir de l'organisation d'avoir de nouveau un membre de la Fédération Technocratique à la tête de l'AdE. Hélas, le monde était loin d'être en paix à cette époque. […]

Le 17 novembre à 08:24, soit peu après le début de la séance quotidienne, et alors que la clôture des votes sur la réforme de la Charte de l'AdE était à l'ordre du jour, des soldats fiémançais ont envahi l'Assemblée. Encadrant les accès, ils ont annoncé que les représentants des différents États membres étaient priés d'évacuer le bâtiment et de rentrer dans leur pays. Leur prétexte était la proximité des combats opposant la Main Noire qui mettait en danger notre sécurité. Les représentants, presque unanimes, ont rapidement manifesté leur mécontentement. De multiples dénonciations immédiates ont fusé à travers l'hémicycle, mais que sont des mots face à des armes ? Certains ont considéré que c'était la fin de l'AdE ; d'autres, plus raisonnables, ont de suite envisagé la délocalisation de l'Assemblée vers des contrées plus sages. Je ne pourrai jamais remercier suffisamment, bien que je l'aie déjà fait à de multiples reprises, le Prince Ti-Khuan Huan, le représentant du Kaiyuan. Pour « insultes envers le Roi », Kim Jung Sung, le représentant de l'Hanguk, et moi-même avons, été arrêtés par les forces fiémançaises, pendant que les autres diplomates ont été raccompagnés à leur hôtel sous surveillance rapprochée. […]

Je ne pense pas avoir fait un bon discours, ce jour-là. J'étais envahi par la colère, mais aussi par l'impuissance. La proposition du Kaiyuan était bonne, et nombreux étaient ceux qui avaient trop peur de la mort pour opposer aux soldats une véritable résistance. Ce n'était pas un coup d'État, puisque l'AdE n'en était pas un, mais c'était un coup dur pour nous tous, une démonstration de la faiblesse de notre organisation. Dans mon discours précipité, j'ai fait l'apologie de la xénocratie tel-éribaine, à une heure où ce n'était pas le propos. Mais j'ai appuyé, malgré ma faible légitimité – au vu de ma nomination toute récente – la proposition du Kaiyuan, et ai protesté comme je le pouvais. Moi aussi, j'avais peur de la mort. Peut-être aurais-je du mourir en martyr et montrer aux yeux du monde l'absurdité de l'intervention fiémançaise et, surtout, ses véritables ambitions. La Fiémance perdait peu à peu le contrôle sur l'Assemblée dont elle avait été instigatrice, et l'échec de l'élection de son candidat, qui n'a reçu qu'une seule voix favorable, a du être la goutte d'eau qui a fait déborder le vase. J'ai été placé en garde à vue pour avoir qualifié le Roi Charles-Philippe de « dément », et ai reçu quelques coups de crosse de la part des envahisseurs pour avoir refusé de les suivre docilement. Menotté, ayant perdu mes lunettes, j'ai accompagné Kim Jung Sung au poste de police de Santilloz, où nous avons été traités comme de la racaille locale. C'est ce manque d'égard à notre fonction qui m'a fait comprendre que nous, et j'entends par là l'Assemblée des États, n'étions plus le bienvenu en Fiémance, qui n'avait plus rien à faire de notre situation de diplomates étrangers. J'ai été interdit de séjour sur le territoire fiémançais, insulté, frappé, et ai passé 48 heures en garde à vue. Avant mon discours, je m'étais assuré qu'Ath Jöth assurerait l'intérim s'il m'arrivait quelque chose. Je pense qu'il a dépassé mes attentes et s'est très bien occupé de la suite de l'Assemblée, bien qu'il ait au début été un peu réticent à l'idée de faire subsister ce qu'il appelait un zombie. Ath Jöth a de nombreux surnoms pour l'Assemblée, qu'il n'appelait jamais comme telle. Peut-être est-ce une marque de dédain envers l'organisation, ou davantage un réflexe que l'on doit au mode de pensée tel-azudéen, empreint d'anarchie et d'absence d'institutions sérieuses.

À ma sortie de garde à vue, je suis rentré à Tel-Érib pour rencontrer Rizla Gray, le Délégué au Territoire National. L'ASX [ndlr : Assemblée Supranationale Xénocrate] était jeune et inexpérimentée, et bien souvent c'était à Rizla de prendre les décisions. À ce sujet, je ne pense pas que l'ASX soit vraiment différente de l'AdE. Les deux Assemblées avaient un but noble et respectable, mais se sont vite perdues dans de trop grands délais accordés et des procédures trop complexes pour être vraiment efficaces. Il est préférable, dans des situations critiques, d'avoir une seule tête qui puisse décider vite et sans détour, qui puisse suivre une ligne qu'il se fixe, même si elle n'est pas parfaite. Rizla n'a jamais partagé mon avis ; peut-être est-ce parce que nous avons des visions politiques différentes, peut-être parce que je ne sais pas s'il m'a jamais réellement apprécié. Il avait soutenu ma candidature et avait convaincu Loch Messer de voter pour moi, mais on m'a rapporté qu'il avait longuement pensé à soutenir le candidat fiémançais. Loch, comme Rizla, ont des tempéraments particuliers ; ils aiment n'en faire qu'à leur tête, même dans les pires moments. Loch avait rapidement quitté la salle des discussions lorsque les soldats sont entrés, trop lâche pour résister comme ceux qui sont restés jusqu'à la fin du vote et la clôture anticipée de la séance quotidienne.[...]

Lorsque j'ai rencontré Rizla, dans la Salle du Trône du Palais Présidentiel d'Érib qu'il affectionnait tant pour ses dorures et son gigantisme, il a tenté de me convaincre que ce ne serait pas si grave si l'AdE collapsait avant que je tente de lui redonner vie ailleurs qu'à Santilloz. « Parfois, Waddaulah, il y a des choses et des institutions qui ont une espérance de vie limitée », m'a-t-il assuré de sa voix un peu nasillarde et monocorde. « L'AdE fait peut-être partie de celles-ci. Les choses que vous m'avez racontées sur l'interruption des fiémançais et votre garde à vue sont peut-être des signes qu'il est temps d'arrêter de tenter de créer une organisation internationale pacifiste. La paix se fait en chacun de nous avant d'être faite avec les autres. Peut-être est-il préférable que Tel-Érib suive seul la route de la paix, avec son propre réseau diplomatique performant et ses propres institutions de paix. Peut-être est-ce la voie que nous devons suivre si nous voulons que notre Peuple soit heureux et pour toujours en paix. Qu'est-ce qui peut donc vous faire penser que recommencer l'aventure démente – pardonnez-moi le terme – dans un autre pays portera un vent nouveau sur une organisation déjà nécrosée ? Je ne doute pas de vos qualités, mais ressusciter les morts est une tâche complexe. » Il a déblatéré des paroles similaires pendant encore quelques minutes avant qu'il m'autorise à prendre la parole et à le contredire. « Monsieur le Délégué au Territoire National de Tel-Érib et Président de la République Démocratique Xénocratique Confédérée, Souveraine et Immarcescible de Tel-Érib, il est parfois des choses en ce monde qui, comme vous l'avez bien dit, ne sont pas de notre apanage. Je suis d'accord en ce sens que confier notre pays à la réflexion bienveillante d'un concert de Nations étrangères peut avoir des avantages. C'est ce même objectif que l'Assemblée tente d'atteindre, mais avec seulement la paix comme domaine. Tel-Érib seul ne parviendra jamais à instaurer la paix universelle ; mais nous pouvons apporter notre soutien à la reconstruction d'une Assemblée à l'objectif juste et honorable afin que nous fassions partie des défenseurs plutôt que des agresseurs. La paix n'est pas de l'apanage de Tel-Érib. La paix est l'apanage de tous, de toutes les Nations, de tous les États, de tous les Peuples. Une intervention de fiémançais ne me fera pas dévier de mon but en tant que Secrétaire Général de l'Assemblée des États : la fin des guerres et la lutte contre la domination d'un Peuple par un autre. C'est pourquoi je me rendrai dans la nouvelle Assemblée et assurerai la poursuite de mon mandat jusqu'à la dernière seconde. » Hors de moi, je suis sorti de la salle après des salutations formelles sommaires. Je ne pouvais pas imaginer ne pas être soutenu par Rizla en ces temps troublés. La clôture de séance et le départ précipité en trêve hivernale des représentants était le symbole que nous avions encore beaucoup à faire pour l'AdE et pour le monde.

J'ai passé les fêtes de fin d'année avec ma famille, à Érib, mais n'ai pas cessé de penser à ce que deviendrait l'AdE. Un vote avait été organisé par Ath Jöth, qui avait promptement contacté les différentes ambassades pour obtenir la candidature de tous les pays se considérant prêts à accueillir l'Assemblée délocalisée. Un soir de décembre 2022, un ou deux jours avant le début de Hanoucca, j'ai reçu un appel de Loch Messer. En tant que représentant de Tel-Érib, il avait été appelé à voter, et cherchait à recueillir mon conseil, afin que son vote soit le plus éclairé possible. D'abord perplexe, car je ne savais pas qu'il me considérait comme digne de lui apporter conseil, j'ai mieux compris lorsqu'il m'a expliqué que son oncle, qu'il estime énormément et qui se trouve être ambassadeur en Océania, et Rizla, qui est à la fois son mentor et son supérieur hiérarchique direct, avaient des opinions très opposées au sujet du vote à produire. Son oncle estimait que la candidature tel-éribaine était une hérésie et d'un appétit trop grand pour le pays, qui n'avait pas de renommée internationale ni de quoi réellement protéger le bâtiment. Rizla, lui, en bon patriote xénocrate, défendait comme je les avais défendues dans mon dernier discours à Santilloz les qualités de l'administration xénocrate du pays. S'il avait pensé à rester dans l'Assemblée le temps d'écouter mon discours, peut-être n'aurait-il pas eu à me téléphoner. Toujours est-il que j'ai soutenu la candidature tel-éribaine, mais n'ai pas exclu la candidature stalagmantine, qui dispose peu ou prou des mêmes qualités que celle de Tel-Érib. Au sein de la Sérénissime, les choses administratives sont si complexes que tout mouvement de soldats, toute intrusion dans un domicile privé, sont affaire de semaines entières de délibération et de procédures. C'est cette même complication qui m'a au premier abord plu dans la candidature tel-éribaine, et c'est pourquoi avant même qu'elle soit officialisée je défendais l'idée d'installer l'AdE à Tel-Érib. Mais Rizla, par l'intermédiaire de Loch Messer, avait déjà abattu cette carte auparavant, lorsque le départ du Valacida avait nécessité un dépassement de la Cour Pénale Internationale (CPI). Avec cet organe à Aqshiah, Tel-Érib est apparu comme voulant s'approprier l'AdE en la subtilisant aux fiémançais. C'est un des bruits de couloir que j'ai entendu après que nous ayons repris nos quartiers à Stalagmanque, et je peux le comprendre. Le déplacement de la CPI avait été fait sans considération de la faible utilisation de l'organe – puisque les criminels de guerre n'étant à la solde, ou défendus, par aucun pays sont rares –, et se révélait donc être une erreur stratégique pour un gouvernement tel-éribain qui souhaitait se faire connaître comme soutenant l'AdE, au moins en façade.

Si la candidature avait été soutenue par l'ASX, elle ne l'a pas vraiment été par les autres membres de l'AdE. Selon le compte-rendu de vote transmis par Ath Jöth, seuls Loch et M. Hartmann, le représentant albionnais, avaient voté pour Tel-Érib. Sans surprise, la présentation des résultats faite par le chef d'état – si tant est que Tel-Azude ait ce genre de titres à donner à quiconque –, qui venait aux séances pour s'amuser et boire le thé, insista plus que de raison sur le fait que le représentant tel-éribain avait voté pour la candidature de son propre pays et présenta la candidature stalagmantine comme le grand vainqueur d'un show télévisé à la sauce pelabssienne, ridiculisant les moments les plus durs de l'Assemblée et, par la même occasion, certains des États qui y étaient représentés. Lorsque le compte-rendu fut rendu public par un communiqué de presse azudéen, le 16 février 2023 à 08:00 NMT-4, nous venions de clore la séance, puisqu'il était 19:00 à Stalagmanque. Sans tarder, je suis allé discuter avec Ath, qui de sa voix blasée m'assura qu'il ne savait pas comment le document était arrivé entre les mains des agences de presse azudéennes. Le lendemain, il m'expliqua, laconiquement, que l'administration de Tel-Azude avait pu récupérer le papier pour le mettre dans ses archives, qui avaient ensuite été transmises à Azude dans le cadre de la Fédération Technocratique, et qu'il était possible qu'il ait ainsi été déniché par un journaliste curieux et méticuleux, ce qui acheva de me convaincre de la faible capacité des technocrates à diriger l'organisation. La publication du compte-rendu de vote, qui en soi n'était pas quelque chose de très important, était accompagnée dans le communiqué azudéen des commentaires du tel-azudéen qui faisaient passer les dirigeants tel-éribains pour plus égoïstes et hautains qu'ils ne le sont réellement, comme ils faisaient passer les représentants à l'AdE pour des bouffons. Aujourd'hui, je sais qu'Ath a fait de son mieux et ne peut être désavoué pour cela ; car sans lui l'Assemblée serait morte bien avant. Mais tout de même !

Le 1er janvier 2023, j'étais donc à 08:00 à la tribune de la nouvelle Assemblée des États, l'Assemblée de Stalagmanque, prêt à commencer la séance. Dans les couloirs menant à la grande salle de discussion, je croisai Christina Byrson, la représentante de l'Océania, qui ne cessa de me répéter, en adélien bien entendu, à quel point elle ne pouvait supporter que les fiémançais aient ainsi agi et qu'ils m'aient placé en garde à vue. « Je n'en peux plus de ces fiémançais ! Hier Port-Louis, aujourd'hui ça… vivement que les pays adélophones trouvent un moyen de s'unir, parce qu'on ne peut vraiment pas faire confiance à ces fiémançophones. Il est hors de question que je parle fiémançais dans cette Assemblée, même si c'est la langue officielle de l'organisation. J'espère que vous avez des traducteurs adéliens », s'écria-t-elle en pointant le ciel du doigt. Après un rire gêné pour cacher le fait que la fiémançais était ma langue maternelle, je lui assurai que cela ne poserait pas de problèmes, et que sa protestation était tout à fait entendue. Je m'étais, à l'époque, dit qu'une union des adélophones de ce monde était impossible et ne se réaliserait jamais. À l'heure où j'écris ces lignes, la Cyrénanie accueille des négociations en vue de fonder cette organisation des pays adélophones. Je suis heureux de m'être trompé et de voir que les pays sont capables de fonctionner en petits blocs motivés par autre chose que l'idéologie ou le pragmatisme le plus basique. Juste avant de rentrer dans l'hémicycle, je fus appelé par Johan Spitznogle, le représentant sébalde. Un homme vif mentalement mais assez lent physiquement, qui aime prendre le temps. De sa voix grave, il m'exprima toute sa peine de voir des jeekimois se battre au Finnherland sans soutien de la part de l'AdE. Je refusai que le sujet soit débattu sans appel des états envahis par la Main Noire et avant la fin des votes qui étaient en cours avant le déménagement de l'organisation. « Allons, M. le Secrétaire, je suis sûr que les votes peuvent attendre. C'est une nouvelle année, pourquoi ne l'entamerions-nous pas avec une motion décidant d'une aide à la lutte contre la Main Noire au Nord-Jeekim ? L'AdE ne devrait pas fonctionner à deux vitesses, c'est mauvais comme nouvelles résolutions pour 2023, si vous voulez mon avis. » dit-il en substance, sa main gauche posée sur ma main droite, qui était occupée à lui serrer l'autre main. Je me répétai, et finis par couper court à la discussion, la séance devant commencer. [...]

Johan, comme Marija [ndlr : Marija Baribelius, représentante du Liethuviska], ne cessaient de tenter de me faire présenter une motion au sujet de la guerre au Finnherland, que je refusais systématiquement sous le prétexte de l'absence d'appel passé par la Falège, principal état concerné par la guerre. Je préférais organiser tout d'abord le vote de la motion du représentant hangukien, qui demandait la formation d'une force armée de l'AdE, ce qui aurait permis un regain d'efficacité pour l'organisation, qui se serait ainsi dotée d'une force d'intervention respectable pouvant être déployée selon la décision de l'Assemblée ou, dans les cas les plus extrêmes, selon la décision du Secrétaire Général. Une force que n'avait pas le fonctionnement précédent de l'organisation en termes de guerre : auparavant, on demandait aux états volontaires d'envoyer leurs troupes, qui étaient alors placées sous le commandement de l'AdE transmis à l'état-major d'une des nations participantes. Ces troupes étaient disparates, et chaque gouvernement ou état-major n'en faisait généralement qu'à sa tête, trouvant toujours quelque chose à redire quant à la façon de mener la guerre de l'état-major chargé de la coordination des différentes armées. Si en Elgéria, en 2020, les choses se sont relativement bien terminées, la présence de 100 000 soldats tel-éribains mal entraînés et équipés n'avait pas réellement fait pencher la balance en faveur de la coalition de l'AdE et avait coûté très cher au gouvernement ; c'était là un argument très souvent utilisé par Rizla Gray lorsqu'il évoquait à quel point l'envoi de forces armées dans une coalition de l'AdE était inutile. Si je ne partageais pas toujours l'avis de Kim Jung Sung, je dois reconnaître que sa proposition de motion était une très bonne idée, et qu'elle aurait pu aboutir à quelque chose de formidable pouvant remettre l'AdE d'aplomb, si la commission devant décider de sa mise en place n'avait pas cessé de se réunir après quelques semaines de débats interminables et infructueux entre divers représentants sur la question du financement de la force armée présentée par le Wapong et le Hanguk. Le président de la commission, le capitaine wapongais Kwan Choi m'a à plusieurs reprises, voyant que les débats n'allaient nulle part, demandé de couper court aux délibérations pour que sa force armée soit acceptée, mais je ne pouvais me résoudre, quand bien même une force armée me semblait nécessaire à l'AdE, à précipiter les choses. Puis il était trop tard pour faire quoi que ce soit. […]

Les premières journées de la nouvelle AdE ne se sont pas mal passées du tout, bien au contraire. Après le choc provoqué par les fiémançais, les États membres voulaient que les choses avancent, bougent. Mais très vite, l'ambiance est retombée, et l'Assemblée est retournée à son mode de fonctionnement habituel, celui qui en faisait, selon Ath Jöth, le « ventre mou de la géopolitique mondiale ». Heureusement, les provisions en thé et en biscuits étaient suffisantes, sinon une mutinerie aurait sûrement eu lieu. Peu de représentants étaient présents à toutes les séances quotidiennes, et encore moins participaient aux débats qui, eux, étaient interminables. Mais pas autant que les votes, qui étaient lents bien qu'améliorés par rapport à la situation à Santilloz. Si j'en étais attristé, je ne savais pas trop quoi faire pour améliorer les choses sinon remotiver les représentants et leur donner une raison de venir régulièrement et de participer. Ce que je pensais que serait l'effet de la motion présentée par la Fédération Technocratique le 1er février 2023, la fameuse « Motion relative aux chaises vides, à la stabilité et à l'efficacité ». Partant d'un bon sentiment, celui d'avoir une Assemblée dynamique et prête à régir à tout moment, elle se basait sur l'inefficacité de certains votes. Les représentants absents étaient considérés comme s'abstenant lors des votes, ce qui rendait impossible la clôture de certaines motions, étant donné que la majorité des voix à atteindre pour qu'une motion soit acceptée ou refusée était calculée sur l'ensemble des États membres, pas seulement sur les États votants. Exclure les États ne participant pas à un vote sur deux empêchait la politique de la « chaise vide » et avait pour objectif de motiver les représentants pour qu'ils votent dans les temps et ne ralentissent pas les choses, sous peine de se voir expulsés de l'organisation. Hélas, le fait est que cela n'a pas marché et a sûrement mis fin à la flamme qui animait l'AdE, tant et si bien que peu à peu l'Assemblée s'est vidée, ne laissant à la fin que 10 États membres en janvier 2024, et moins de cinq aux dernières heures de l'organisation. […]

La motion relative aux chaises vides a également allongé le mandat du Secrétaire Général à trois ans, au lieu d'un seul auparavant. « L'objectif est d'éviter de perdre du temps en élections inutiles et en changements intempestifs de Secrétaire Général », précisait Ath Jöth, qui présentait la motion. Le danger d'avoir un Secrétaire Général inactif ou inefficace pendant trois ans était contrebalancé par la possibilité de le désavouer par un vote de l'Assemblée après que le Secrétaire Général en poste ait accompli un an de mandat. Peut-être aurais-je du demander à me faire désavouer. Peut-être que cela aurait réanimé l'organisation et vu émerger un Secrétaire Général plus efficace que moi ; car je dois reconnaître que je n'ai pas eu la même influence qu'Éléonore Brontë ou la même efficacité que Padermchai Srikaew. Mais peu de représentants semblaient s'en soucier, puisque personne ne m'a jamais demandé, que ce soit lors des repas communs ou dans les couloirs de l'organisation, si je pensais à demander une telle motion ou comment je réagirais en ce cas. […]

Cette motion m'a enfin permis de nommer des assistants selon mon bon vouloir, afin de pouvoir déléguer nombre de formalités et de charges complexes et chronophages que je ne pouvais assurer efficacement. Une meilleure répartition du travail du Secrétaire Général, une efficacité dans la prise de décision et une stabilité de la tête de l'organisation. La motion était vouée à un bel avenir, celui d'une réforme fondamentale et incontournable dans l'histoire de l'organisation.

Hélas, il est évident qu'elle s'est retournée contre ses instigateurs, et qu'elle a finalement été un moteur de la fin de l'AdE, ce qui n'a été qu'amplifié par l'actualité internationale dont nous avons de plus en plus été déconnectés, tandis que d'autres tentaient de profiter des ruines de l'organisation en Fiémance pour former une organisation dissidente se revendiquant comme la seule et unique. C'est ainsi qu'après avoir annoncé, le 15 février 2023, qu'il était envisageable que l'Assemblée rouvre à Santilloz, les fiémançais ont ouvert leur propre Assemblée des États le 20 décembre 2023, avec à sa tête un Secrétaire Général issu des Adélaïdes. Il fut cependant bien vite remplacé par un autre Secrétaire fantoche, Bill Dubois, se revendiquant représentant des États-Unis du Pelabssa mais n'étant en réalité, selon les informations dont nous disposions à plusieurs dizaines de milliers de kilomètres de là, qu'un pantin aux ordres d'une Fiémance tendant de redorer son blason, mais en vain. Après 37 jours d'activité, l'Assemblée dissidente de Santilloz ferma définitivement ses portes, n'ayant pas réussi à désavouer l'Assemblée de Stalagmanque et à rassembler suffisamment d'États intéressés par la Fiémance pour prendre du poids par rapport à la véritable AdE. Comme le disait Ath Jöth, c'était « la clique de “la Fiémance et ses amis” ». Une vision bien étrange de l'objectif de l'AdE, à mon avis. Mais ce fut un des obstacles que j'ai du surmonter lorsque j'étais à la tête de la vénérable organisation, un mandat long et complexe qui devrait apprendre beaucoup de choses aux futures organisations. Ainsi m'adressé-je à eux : ne vous perdez pas en délibérations inutiles ; agissez. [...][/justify]
  • W. I. K.
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