[Scénario ouvert à tous] Émeute à Sayakon
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Thunderoad
Vapaus Kotakeino peinait à se faire entendre : à grand coup d'aides extérieures , les monarchistes catholiques conservateurs étouffaient le débat public . Personne ne se faisait d'illusion : ce sera une lutte de haut vol . Mais il n'était pas du genre à abandonner !
Voyez , chers habitants de Sayakon , où mènent les sirènes nationalistes et religieuses !
Notre fière métropole est aujourd'hui déchirée et mise à sac par les hordes de sauvages sanguinaires des blackwoodistes tandis que les cathos piétinent joyeusement notre héritage spirituel !
Le Parti Libéral-Démocrate , que je suis fier de représenter, a lui pris ses responsabilités .
Pas de bombes , pas de coups fourrés , pas de " païen ! " à toutes les sauces . Non .
Notre parti prône la paix car nous n'arriverons à rien dans la guerre si ce n'est à ruiner le pays .
Notre parti refuse le catholicisme parce que c'est une religion almérane , qui n'est pas de notre peuple et qui constitue le meilleur moyen de tenir un peuple en esclavage dans l'illusion .
Nous militons pour une société plus juste , démocratique et rétablissant notre culture novuniste .
Les blackwoodistes nous accusent , du fait de notre volonté de supprimer le séquençage racial de la population , de vouloir dissoudre le peuple de la Fédération . Mais c'est faux ! Nous formons tous le peuple tarnois et la question des races est dépassée : nous voulons réunifier le peuple en une seule et unique race , pourvue de tout les attributs de la puissance . La race tarnoise . Car nous sommes d'abord et avant tout des Ilotes . Nous ne sommes pas almérans . Le catholicisme est un intrus sur ce continent qu'est le Vicaskaran . Et voici que les catholiques voudraient nous donner des leçons !
Oh , quelle grandiloquente tragédie à la Hellas !
Aujourd'hui les blackwoodistes et catholiques conservateurs récoltent la tempête . Une tempête de feu envoyée par le Gouvernement Fédéral qui va bientot arriver. Nous verrons alors qui tient vraiment au peuple de notre municipalité ...
Vapaus Kotakeino représente essentiellement la petite-bourgeoisie . Elle a besoin de paix et de libéralisme économique pour exister, et c'est précisément ce que les autres camps menacent . Toutefois , il n'est pas opposé à une alliance avec les oligarques et le gouvernement au nom du maintien d'une économie de marché et des institutions actuelles en une ligue contre les blackwoodistes et les monarchistes catholiques conservateurs .
Dans les quartiers où la petite-bourgeoisie est majoritaire , le Parti Libéral-Démocrate s'est structuré en milice , avec un armement payé par de généreux donataires tarnois . Ces dons servent aussi à financer une caisse de solidarité pour l'approvisionnement en fuel , nourriture et médicaments de ces dits quartiers . On se prépare à jouer le jeu avec l'Armée Fédérale . Conformément aux doctrines du parti l'on se refuse à faire couler le sang , mais l'on collaborera volontiers avec la Police pour aider à rétablir l'ordre républicain novuniste le plus vite possible .
Voyez , chers habitants de Sayakon , où mènent les sirènes nationalistes et religieuses !
Notre fière métropole est aujourd'hui déchirée et mise à sac par les hordes de sauvages sanguinaires des blackwoodistes tandis que les cathos piétinent joyeusement notre héritage spirituel !
Le Parti Libéral-Démocrate , que je suis fier de représenter, a lui pris ses responsabilités .
Pas de bombes , pas de coups fourrés , pas de " païen ! " à toutes les sauces . Non .
Notre parti prône la paix car nous n'arriverons à rien dans la guerre si ce n'est à ruiner le pays .
Notre parti refuse le catholicisme parce que c'est une religion almérane , qui n'est pas de notre peuple et qui constitue le meilleur moyen de tenir un peuple en esclavage dans l'illusion .
Nous militons pour une société plus juste , démocratique et rétablissant notre culture novuniste .
Les blackwoodistes nous accusent , du fait de notre volonté de supprimer le séquençage racial de la population , de vouloir dissoudre le peuple de la Fédération . Mais c'est faux ! Nous formons tous le peuple tarnois et la question des races est dépassée : nous voulons réunifier le peuple en une seule et unique race , pourvue de tout les attributs de la puissance . La race tarnoise . Car nous sommes d'abord et avant tout des Ilotes . Nous ne sommes pas almérans . Le catholicisme est un intrus sur ce continent qu'est le Vicaskaran . Et voici que les catholiques voudraient nous donner des leçons !
Oh , quelle grandiloquente tragédie à la Hellas !
Aujourd'hui les blackwoodistes et catholiques conservateurs récoltent la tempête . Une tempête de feu envoyée par le Gouvernement Fédéral qui va bientot arriver. Nous verrons alors qui tient vraiment au peuple de notre municipalité ...
Vapaus Kotakeino représente essentiellement la petite-bourgeoisie . Elle a besoin de paix et de libéralisme économique pour exister, et c'est précisément ce que les autres camps menacent . Toutefois , il n'est pas opposé à une alliance avec les oligarques et le gouvernement au nom du maintien d'une économie de marché et des institutions actuelles en une ligue contre les blackwoodistes et les monarchistes catholiques conservateurs .
Dans les quartiers où la petite-bourgeoisie est majoritaire , le Parti Libéral-Démocrate s'est structuré en milice , avec un armement payé par de généreux donataires tarnois . Ces dons servent aussi à financer une caisse de solidarité pour l'approvisionnement en fuel , nourriture et médicaments de ces dits quartiers . On se prépare à jouer le jeu avec l'Armée Fédérale . Conformément aux doctrines du parti l'on se refuse à faire couler le sang , mais l'on collaborera volontiers avec la Police pour aider à rétablir l'ordre républicain novuniste le plus vite possible .
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Johel3007
La situation sur la Place du Sénat semblait s'être stabilisée alors qu'en coulisse, le gouvernement commençait à réagir. Les rumeurs étaient nombreuses et démêler le vrai du faux était difficile, surtout au vu de la vitesse à laquelle les événements s’enchaînaient, chaque heure apportant son lot de surprise dans ce qui était une partie d'échec multidimensionnelle avec un nombre de joueurs et de pièces inconnus. C'était du moins le point de vue de Bähr Unterson, qui avait l'avantage d'un accès à des informations privilégiées. Pour le commun des habitants de Sayakon ou de la Fédération, la situation devait semblé des plus opaques et irréelles, évoluant en quelques jours d'une bande d'ouvriers mécontents d'un plan d'urbanisme à une guerre ouverte avec siège du palais présidentiel et mise en branle de l'armée comme si une véritable insurrection se préparait sans même que les exigences des rebelles ne soient connues.
Pour l'heure, les exigences des "rebelles" étaient fort simples : les bonnes gens de Sayakon demandaient de l'ordre.
De dangereux terroristes venaient de les agresser au cœur de la ville jugée la plus sûr de la Fédération. Ils avaient pu frappé trois fois déjà et personne ne semblait avoir l'once d'une piste quant à où ils se trouvaient.
Les magasins étaient pillés par des brigands et autres agitateurs sans que la police ne semble capable d'y faire quoique ce soit.
Des milices privées s'étaient appropriées le contrôle de la principale gare de marchandises et s'arrogeaient le monopole de la distribution de denrées... et ces mêmes milices chassaient les gens de chez eux avant de faire s'effondrer des bâtiments entiers sous prétexte d'ériger des fortifications "urgentes" avant de donner les logements désormais vides à une fraction de la population.
Une église étrangère levait sa propre armée privée et fortifiait un véritable ghetto en y faisant régner sa loi au mépris de celle de l'État.
Et dans tout cela, ni la police, ni les tribunaux, ni le gouverneur, ni l'armée, ni même le Président ne semblaient rien avoir à dire.
Au vu de ces faits, que la demande populaire soit fait via la protestation devant le Sénat semblait assez compréhensible...
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21/01/2028, 23:40
Place du Sénat, Sayakon
Fédération d'Aquanox
L'appel au calme des miliciens de l'Oligarchie passa assez mal. Non qu'il ne fut raisonnable ou bien argumenté mais les rumeurs des destructions d'immeubles circulaient vite. Et d'autant plus vite qu'on entendait tonner les canons et s'effondrer le bêton. Que se passait-il ? S'agissait-il d'autres attentats au coeur même des zones résidentielles ? Ces hommes armés aux uniformes inconnus étaient-ils de l'armée, de la police, de la garde nationale, de la garde présidentielle... ou bien autre chose ? Peut-être était-ce des hommes de la Main Noire qui tenaient à renvoyer chez eux les gens pour mieux les égorger !!! Ou même simplement les attirer vers ce qui était, si on se fiait au bruit, une véritable zone de guerre !!
On murmurait que la garde nationale avait commencé son déploiement dans le Nord de la ville et que les Robes Noires étaient actives à traquer les terroristes, rétablissant l'ordre avec leur brutale efficacité. On parlait même d'une division entière en route pour libérer la ville. La libérer ? Mais alors c'est qu'elle était tombée ? Ou bien seulement assiégée ? Mais par qui ? La Main Noire disposait-elle de d'avantage que de quelques illuminés armés d'explosifs ? Une armée entière de ces fous furieux rôdait-elle dans les quartiers ? Ou bien était-ce ces hommes armés qui étaient l'envahisseur ? Après tout, beaucoup de monde avait vu ces uniformes dans la gare et dans les environs du quartier n°3 ces derniers jours. Et maintenant, sur la Toile, on pouvait les voir expulser des gens de chez eux, armes au poing !! Où allaient ces gens après ? Et voilà que les immeubles s'effondraient !!
Le temps filait vite. Trop vite pour les mots et la raison mais pas assez vite pour les fausses premières impressions. Chaos, désordre, méfiance, incompréhension, confusion, frustration, peur, colère, souffrance, haine, haine, haine !!! Et ce sentiment de sécurité dans le nombre, ici, sur cette place, à la lueur des briquets et des torches improvisées, au son des voix qui chantent et des stéréo lançant tantôt un des derniers morceaux Hokkai à la mode et tantôt une hymne tarnoise au rythme si martial que chaque Sayak sentait la chair de poule lui hérisser l’échine.
Après des heures de confrontation et alors que la nuit s'avançait déjà bien, le face à face entre miliciens oligarques et émeutiers harangués par de fortes têtes au visage masqué d'un foulard passa de l'échange de paroles agitées au lancer de cailloux. Puis, enfin, tel le tonnerre avant l'averse, un tir retentit à l'extrême sud de la Place du Sénat. Alors que les proches de la victime écartaient le corps, la foule cria comme un seul homme son effroi. On ignorait qui avait tiré mais cela n'avait pas d'importance : déjà, les plus jeunes et téméraires des Sayaken présents se jetaient sur les miliciens, les plus chanceux avec bâtons ou tubes en métal mais la plupart à mains nues pour exprimer leur colère autant que pour cacher leur peur.
[img]http://s17.postimg.org/7fgbkwca7/214392_occupy_nigeria_prostests.jpg[/img]
[url=https://www.youtube.com/watch?v=Bqur1Ax6Dps]Et telle une chorégraphie bien orchestrée, la musique accompagna la melée, un chant guerrier traditionnel s'élevant de certaines enceintes montées sur des voitures depuis les abords de la Place. Le rythme puissant des chants de leurs ancêtres, de la même manière que les hymnes martials d'aujourd'hui, réveilla les passions chez les Sayaken, jeunes comme vieux, valides comme infirmes.[/url]
Très vite, les coups de poing de matraques sont rejoints par les détonations d'armes à feu. Nul ne sait qui tira le premier coup cette nuit-là... mais ce furent les émeutiers qui tirèrent le dernier, repoussant la milice des Oligarches avant de se trouver des meneurs pour fortifier la place.
Pendant ce temps-là, de l'autre coté de la place, depuis un toit, dissimulé à la vue de tous par l'obscurité, un homme replie son fusil à lunette...
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22/01/2028, 00:20
Quartier n°19, Sayakon
Fédération d'Aquanox
C'était autour d'un dîner de bienvenue que Jules César Pooda et une série de proches partageant ses idées célébraient le ralliement à leur cause de plusieurs figures du régime, dont notamment plusieurs hauts dignitaires de la Garde Nationale. Au menu, on trouvait des mets délicats venus des quatre coins de la Fédération. Point de plats étrangers même si l'alcool ne connaissait pour sa part aucune frontière. Attablé juste à côté de Pooda, le Général Torik Varpir, commandant en chef d’une des brigades de Gardes Nationaux de Sayakon. Si son titre était ronflant d’importance, l’homme n’en avait pas vraiment, devant son poste avant tout à un certain patronage politique, sans lequel il serait resté un simple Capitaine au sein de l’armée de la Fédération. Aujourd’hui, « sa » brigade était l’une des nombreuses que comptait la ville de Sayakon et, avec ses 93 sœurs jumelles, elle se partageait les quelques 375.000 réservistes qui habitaient au sein de la cité. Le mot « brigade » était lui-même une mauvaise traduction en Fiémançais afin de désigner la force maximum de l’unité, laquelle tournait autour des 4.000 hommes. Mais en temps de paix, le Général Torik Varpir n’était effectivement qu’un capitaine glorifié avec, entre les nouvelles recrues et les volontaires rappelés, un peu moins de 300 hommes. De la même manière, son état-major, composés de « Colonels », de « Majors » et de « Capitaines » aux galons peu mérités, était largement redondant et avait surtout servi à Markeson pour parquer les plus extrémistes et les moins compétents des officiers de l’armée. La Garde Nationale, constituée officiellement pour fournir une vaste réserve de 15.000.000 de recrues en cas de conflit, était devenu un moyen d’écarter des véritables postes de commandement ceux d’entre les officiers dont les idées politiques déplaisaient trop au Président et ceux dont l’incompétence énervait leurs supérieurs au sein des forces armées.
Cela n’empêchait pas Pooda de courtiser le Général Varpir ainsi qu’une bonne trentaine d’autres commandants de brigade de la Garde Nationale stationnés à Sayakon et qui, ce soir, partageaient le vin gris et les salades raffinées qui leur étaient servie à la table du chef des Robes Noires. Et tandis qu’il faisait des ronds de jambes aux gradés, ses partisans moins proéminants s’occupaient de rallier les subalternes. La discussion allait ainsi bon train, le chef des Robes Noires félicitant le choix de ces officiers pour leur clairvoyance mais s'écartant volontiers des problèmes pratiques pour discuter à loisir d'arts, de musiques, de sports, d'Histoire ou de philosophie selon les sujets sur lesquels, après quelques sondes subtiles, ils sentaient à l'aise et réceptifs ses interlocuteurs. L'homme n'était pas connu pour sa sociabilité mais il était plus que capable d'être un hôte charmant si besoin. C'était là le propre des psychopathes que de pouvoir feindre une large palette de sentiments et l'entrainement des Robes Noires encourageait à développer ce talent quand bien même l'agent serait sain d'esprit.
Dans ce décors chaleureux et confortable, retiré des préoccupations sanglantes qu'expérimentaient les rues de Sayakon, l'arrivée d'un Bähr Unterson essoufflé et couvert d'une fine pellicule de plâtre fut aussi fracassante qu'inappropriée. Lorsque la grande porte à double battants du mess des officiers claqua, une quarantaine de têtes se tournèrent vers l’intrus, lequel eut besoin d'un moment avant de s'exprimer.
Bähr Unterson
Lieutenant
"-Lieu... Lieutenant Unterson, 6ème bataillon de la 8ème Brigade de Gardes Nat… Oh !! Mon Général !! Nous... Je... la Place... on s'y bat !! La milice tire sur la foule et la foule riposte !! C'est un carnage !! Il faut qu'on intervienne vite ou ça va s'étendre dans toute la ville !!"
Parmi les officiers de la Garde Nationale, on hésita un moment mais le naturel était difficile à chasser pour un militaire. [url=http://www.simpolitique.com/post253067.html#p253067]Et s'ils n'étaient pas de vrais soldats, ils en avaient néanmoins l'attitude, leur corps ayant été créé spécifiquement pour ces situations de crise.[/url] C'est ce qui poussa le Général Torik Varpir, après un rapide coup d'œil entendu vers Pooda, à prendre la parole, s’adressant d’une voix légèrement trainante aux autres généraux et officiers supérieurs présents
Torik Varpir
Général de la Garde Nationale
« -Messieurs !! En vertu de l'article 5 du décret sur la Garde Nationale, ils nous incombent d'agir afin de lutter contre les agressions étrangères et les tentatives de prise d'influences extérieures. Des armées privées sont levées au sein même de la capitale alors que notre Fédération dispose de plus qu’assez de jeunes patriotes et des institutions adéquates à les encadrer en vue d’assurer la sécurité de la population. Que des membres du gouvernement aient pu soutenir les comploteurs derrière ces milices ne doit pas nous leurrer sur leurs buts : c’est un coups d'état qui se prépare !! J’en veux pour preuve que le meneur des conjurés a déjà été arrêté et que le Président a ordonné à l’armée de marcher sur Sayakon. Mais il faudra encore du temps à nos frères pour arriver et, entre temps, on se bat et on s’entretue dans les rues de la ville. De NOTRE ville !! Gardes !! Avec moi !! »
Bähr ignora la cohue de cris viriles qui monta jusqu’au poutre du mess. Il était attablé au bar, vidant une bouteille d’eau pour parfaire la comédie de l’officier éprouvé par une course éfrenée à travers une ville en plein chaos. Demain, à l’aube, des milliers de gardes nationaux marcheraient dans Sayakon. Et si le gouvernement acceptait leur initiative, leurs rangs gonfleraient vite. Déjà, Pooda et Varpir conversaient autour de la grande table dont la fine vaisselle avait été dégagée à la hâte pour faire place à des cartes d’état-major. Et la conversation plaisait au lieutenant :
Oui, bien entendu, devant un tel péril, les Robes Noires présentes à Sayakon assisteraient la Garde Nationale. Il ne pouvait en être autrement. Mais c’était bien parce que celle-ci insistait pour avoir accès à l’expertise des Robes en matière de renseignements et contre-espionnage. Et cela se ferait uniquement sous le commandement de la Garde, pas de manière indépendante. On ne pouvait risquer de croire que les Robes Noires livrent leur propre croisade et aient d’autres ambitions que de servir leur patrie. Et il faudrait bien sûr, dès que possible, l’aval du Président. Toutefois, les Robes Noires étaient peu nombreuses et si elles pouvaient compléter leurs effectifs en sélectionnant quelques candidats trier sur le volet parmi les gardes nationaux…
Bähr n’avait pas besoin de réfléchir très loin pour savoir qu’il ne ferait PAS partie de ces candidats : il était bien plus utile comme agent officieux au cœur de la Garde que comme agent officiel parmi les Robes Noires...
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Actions concrètes :
Pour l'heure, les exigences des "rebelles" étaient fort simples : les bonnes gens de Sayakon demandaient de l'ordre.
De dangereux terroristes venaient de les agresser au cœur de la ville jugée la plus sûr de la Fédération. Ils avaient pu frappé trois fois déjà et personne ne semblait avoir l'once d'une piste quant à où ils se trouvaient.
Les magasins étaient pillés par des brigands et autres agitateurs sans que la police ne semble capable d'y faire quoique ce soit.
Des milices privées s'étaient appropriées le contrôle de la principale gare de marchandises et s'arrogeaient le monopole de la distribution de denrées... et ces mêmes milices chassaient les gens de chez eux avant de faire s'effondrer des bâtiments entiers sous prétexte d'ériger des fortifications "urgentes" avant de donner les logements désormais vides à une fraction de la population.
Une église étrangère levait sa propre armée privée et fortifiait un véritable ghetto en y faisant régner sa loi au mépris de celle de l'État.
Et dans tout cela, ni la police, ni les tribunaux, ni le gouverneur, ni l'armée, ni même le Président ne semblaient rien avoir à dire.
Au vu de ces faits, que la demande populaire soit fait via la protestation devant le Sénat semblait assez compréhensible...
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21/01/2028, 23:40
Place du Sénat, Sayakon
Fédération d'Aquanox
L'appel au calme des miliciens de l'Oligarchie passa assez mal. Non qu'il ne fut raisonnable ou bien argumenté mais les rumeurs des destructions d'immeubles circulaient vite. Et d'autant plus vite qu'on entendait tonner les canons et s'effondrer le bêton. Que se passait-il ? S'agissait-il d'autres attentats au coeur même des zones résidentielles ? Ces hommes armés aux uniformes inconnus étaient-ils de l'armée, de la police, de la garde nationale, de la garde présidentielle... ou bien autre chose ? Peut-être était-ce des hommes de la Main Noire qui tenaient à renvoyer chez eux les gens pour mieux les égorger !!! Ou même simplement les attirer vers ce qui était, si on se fiait au bruit, une véritable zone de guerre !!
On murmurait que la garde nationale avait commencé son déploiement dans le Nord de la ville et que les Robes Noires étaient actives à traquer les terroristes, rétablissant l'ordre avec leur brutale efficacité. On parlait même d'une division entière en route pour libérer la ville. La libérer ? Mais alors c'est qu'elle était tombée ? Ou bien seulement assiégée ? Mais par qui ? La Main Noire disposait-elle de d'avantage que de quelques illuminés armés d'explosifs ? Une armée entière de ces fous furieux rôdait-elle dans les quartiers ? Ou bien était-ce ces hommes armés qui étaient l'envahisseur ? Après tout, beaucoup de monde avait vu ces uniformes dans la gare et dans les environs du quartier n°3 ces derniers jours. Et maintenant, sur la Toile, on pouvait les voir expulser des gens de chez eux, armes au poing !! Où allaient ces gens après ? Et voilà que les immeubles s'effondraient !!
Le temps filait vite. Trop vite pour les mots et la raison mais pas assez vite pour les fausses premières impressions. Chaos, désordre, méfiance, incompréhension, confusion, frustration, peur, colère, souffrance, haine, haine, haine !!! Et ce sentiment de sécurité dans le nombre, ici, sur cette place, à la lueur des briquets et des torches improvisées, au son des voix qui chantent et des stéréo lançant tantôt un des derniers morceaux Hokkai à la mode et tantôt une hymne tarnoise au rythme si martial que chaque Sayak sentait la chair de poule lui hérisser l’échine.
Après des heures de confrontation et alors que la nuit s'avançait déjà bien, le face à face entre miliciens oligarques et émeutiers harangués par de fortes têtes au visage masqué d'un foulard passa de l'échange de paroles agitées au lancer de cailloux. Puis, enfin, tel le tonnerre avant l'averse, un tir retentit à l'extrême sud de la Place du Sénat. Alors que les proches de la victime écartaient le corps, la foule cria comme un seul homme son effroi. On ignorait qui avait tiré mais cela n'avait pas d'importance : déjà, les plus jeunes et téméraires des Sayaken présents se jetaient sur les miliciens, les plus chanceux avec bâtons ou tubes en métal mais la plupart à mains nues pour exprimer leur colère autant que pour cacher leur peur.
[img]http://s17.postimg.org/7fgbkwca7/214392_occupy_nigeria_prostests.jpg[/img]
[url=https://www.youtube.com/watch?v=Bqur1Ax6Dps]Et telle une chorégraphie bien orchestrée, la musique accompagna la melée, un chant guerrier traditionnel s'élevant de certaines enceintes montées sur des voitures depuis les abords de la Place. Le rythme puissant des chants de leurs ancêtres, de la même manière que les hymnes martials d'aujourd'hui, réveilla les passions chez les Sayaken, jeunes comme vieux, valides comme infirmes.[/url]
Très vite, les coups de poing de matraques sont rejoints par les détonations d'armes à feu. Nul ne sait qui tira le premier coup cette nuit-là... mais ce furent les émeutiers qui tirèrent le dernier, repoussant la milice des Oligarches avant de se trouver des meneurs pour fortifier la place.
Pendant ce temps-là, de l'autre coté de la place, depuis un toit, dissimulé à la vue de tous par l'obscurité, un homme replie son fusil à lunette...
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22/01/2028, 00:20
Quartier n°19, Sayakon
Fédération d'Aquanox
C'était autour d'un dîner de bienvenue que Jules César Pooda et une série de proches partageant ses idées célébraient le ralliement à leur cause de plusieurs figures du régime, dont notamment plusieurs hauts dignitaires de la Garde Nationale. Au menu, on trouvait des mets délicats venus des quatre coins de la Fédération. Point de plats étrangers même si l'alcool ne connaissait pour sa part aucune frontière. Attablé juste à côté de Pooda, le Général Torik Varpir, commandant en chef d’une des brigades de Gardes Nationaux de Sayakon. Si son titre était ronflant d’importance, l’homme n’en avait pas vraiment, devant son poste avant tout à un certain patronage politique, sans lequel il serait resté un simple Capitaine au sein de l’armée de la Fédération. Aujourd’hui, « sa » brigade était l’une des nombreuses que comptait la ville de Sayakon et, avec ses 93 sœurs jumelles, elle se partageait les quelques 375.000 réservistes qui habitaient au sein de la cité. Le mot « brigade » était lui-même une mauvaise traduction en Fiémançais afin de désigner la force maximum de l’unité, laquelle tournait autour des 4.000 hommes. Mais en temps de paix, le Général Torik Varpir n’était effectivement qu’un capitaine glorifié avec, entre les nouvelles recrues et les volontaires rappelés, un peu moins de 300 hommes. De la même manière, son état-major, composés de « Colonels », de « Majors » et de « Capitaines » aux galons peu mérités, était largement redondant et avait surtout servi à Markeson pour parquer les plus extrémistes et les moins compétents des officiers de l’armée. La Garde Nationale, constituée officiellement pour fournir une vaste réserve de 15.000.000 de recrues en cas de conflit, était devenu un moyen d’écarter des véritables postes de commandement ceux d’entre les officiers dont les idées politiques déplaisaient trop au Président et ceux dont l’incompétence énervait leurs supérieurs au sein des forces armées.
Cela n’empêchait pas Pooda de courtiser le Général Varpir ainsi qu’une bonne trentaine d’autres commandants de brigade de la Garde Nationale stationnés à Sayakon et qui, ce soir, partageaient le vin gris et les salades raffinées qui leur étaient servie à la table du chef des Robes Noires. Et tandis qu’il faisait des ronds de jambes aux gradés, ses partisans moins proéminants s’occupaient de rallier les subalternes. La discussion allait ainsi bon train, le chef des Robes Noires félicitant le choix de ces officiers pour leur clairvoyance mais s'écartant volontiers des problèmes pratiques pour discuter à loisir d'arts, de musiques, de sports, d'Histoire ou de philosophie selon les sujets sur lesquels, après quelques sondes subtiles, ils sentaient à l'aise et réceptifs ses interlocuteurs. L'homme n'était pas connu pour sa sociabilité mais il était plus que capable d'être un hôte charmant si besoin. C'était là le propre des psychopathes que de pouvoir feindre une large palette de sentiments et l'entrainement des Robes Noires encourageait à développer ce talent quand bien même l'agent serait sain d'esprit.
Dans ce décors chaleureux et confortable, retiré des préoccupations sanglantes qu'expérimentaient les rues de Sayakon, l'arrivée d'un Bähr Unterson essoufflé et couvert d'une fine pellicule de plâtre fut aussi fracassante qu'inappropriée. Lorsque la grande porte à double battants du mess des officiers claqua, une quarantaine de têtes se tournèrent vers l’intrus, lequel eut besoin d'un moment avant de s'exprimer.
Bähr Unterson
Lieutenant
"-Lieu... Lieutenant Unterson, 6ème bataillon de la 8ème Brigade de Gardes Nat… Oh !! Mon Général !! Nous... Je... la Place... on s'y bat !! La milice tire sur la foule et la foule riposte !! C'est un carnage !! Il faut qu'on intervienne vite ou ça va s'étendre dans toute la ville !!"
Parmi les officiers de la Garde Nationale, on hésita un moment mais le naturel était difficile à chasser pour un militaire. [url=http://www.simpolitique.com/post253067.html#p253067]Et s'ils n'étaient pas de vrais soldats, ils en avaient néanmoins l'attitude, leur corps ayant été créé spécifiquement pour ces situations de crise.[/url] C'est ce qui poussa le Général Torik Varpir, après un rapide coup d'œil entendu vers Pooda, à prendre la parole, s’adressant d’une voix légèrement trainante aux autres généraux et officiers supérieurs présents
Torik Varpir
Général de la Garde Nationale
« -Messieurs !! En vertu de l'article 5 du décret sur la Garde Nationale, ils nous incombent d'agir afin de lutter contre les agressions étrangères et les tentatives de prise d'influences extérieures. Des armées privées sont levées au sein même de la capitale alors que notre Fédération dispose de plus qu’assez de jeunes patriotes et des institutions adéquates à les encadrer en vue d’assurer la sécurité de la population. Que des membres du gouvernement aient pu soutenir les comploteurs derrière ces milices ne doit pas nous leurrer sur leurs buts : c’est un coups d'état qui se prépare !! J’en veux pour preuve que le meneur des conjurés a déjà été arrêté et que le Président a ordonné à l’armée de marcher sur Sayakon. Mais il faudra encore du temps à nos frères pour arriver et, entre temps, on se bat et on s’entretue dans les rues de la ville. De NOTRE ville !! Gardes !! Avec moi !! »
Bähr ignora la cohue de cris viriles qui monta jusqu’au poutre du mess. Il était attablé au bar, vidant une bouteille d’eau pour parfaire la comédie de l’officier éprouvé par une course éfrenée à travers une ville en plein chaos. Demain, à l’aube, des milliers de gardes nationaux marcheraient dans Sayakon. Et si le gouvernement acceptait leur initiative, leurs rangs gonfleraient vite. Déjà, Pooda et Varpir conversaient autour de la grande table dont la fine vaisselle avait été dégagée à la hâte pour faire place à des cartes d’état-major. Et la conversation plaisait au lieutenant :
Oui, bien entendu, devant un tel péril, les Robes Noires présentes à Sayakon assisteraient la Garde Nationale. Il ne pouvait en être autrement. Mais c’était bien parce que celle-ci insistait pour avoir accès à l’expertise des Robes en matière de renseignements et contre-espionnage. Et cela se ferait uniquement sous le commandement de la Garde, pas de manière indépendante. On ne pouvait risquer de croire que les Robes Noires livrent leur propre croisade et aient d’autres ambitions que de servir leur patrie. Et il faudrait bien sûr, dès que possible, l’aval du Président. Toutefois, les Robes Noires étaient peu nombreuses et si elles pouvaient compléter leurs effectifs en sélectionnant quelques candidats trier sur le volet parmi les gardes nationaux…
Bähr n’avait pas besoin de réfléchir très loin pour savoir qu’il ne ferait PAS partie de ces candidats : il était bien plus utile comme agent officieux au cœur de la Garde que comme agent officiel parmi les Robes Noires...
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Actions concrètes :
- Tentative de profiter du chaos et des actions assez contradictoires de la milice oligarchique pour déclencher une confrontation armée entre elle et les émeutiers près de la Place du Sénat. Le but est un beau massacre qui achèvera de peindre cette milice comme des usurpateurs aux yeux de la Garde Nationale, vu que c’est un peu son rôle de gérer ce genre de crise…
- Suite à l’exposition des excès des oligarques, tentative de convaincre un maximum de généraux de la Garde Nationale présents à Sayakon de déployer dans la ville les troupes déjà disponibles (max 27.000 selon mes estimations), ceci en vue de rétablir l’ordre public ou au moins la paix civile. Il y a eu trop de sang versé et ces milices privées hors de contrôle doivent être gardées à l’œil, voir même désarmées.
- Tentative progressive de rallier aux vues Blackwoodistes environ un tiers des officiers de la Garde Nationale présents à Sayakon. Seuls quelques officiers supérieurs sélectionnés avec soin sont mis au courant du vrai plan de Pooda et sa clique.
- Envoi d'un message, par l'intermédiaire du Général Torik Varpir, au Palais Présidentiel en vue de demander des instructions et permissions pour d'abord déployer les brigades de gardes nationaux casernées autour de Sayakon puis pour débuter le rappel des volontaires affiliés aux différentes brigades en vue de renforcer leurs effectifs.
Bien expliquer qu'il s'agit là d'une requête partant d'une bonne intention en vue de protéger le gouvernement mais surtout la population face à l'urgence de la situation. On explique le massacre de civils, les destructions de bâtiments, les expropriations extrajudiciaires, les confiscations de biens, la levée de milices privées, ect... tout cela par de simples citoyens et hors de la juridiction militaire ou judiciaire. La garde craint à un coup d'état, surtout après les rumeurs d'arrestation de conjurés issus des élites économiques de la Fédération. - En cas de refus du gouvernement :
- le Général s'excusera et annoncera que ses troupes ne se mêleront pas de la situation mais il exige des ordres écris car "À défaut de pouvoir laver ma conscience pour avoir laisser couler le sang de mes concitoyens, j'aimerai au moins pouvoir laver mon nom". Il réaffirme sa loyauté et son obéissance au gouvernement.
- Tentative progressive de recruter environ 3.000 gardes nationaux vétérans, tous Sayaken, trentenaires, volontaires et politiquement connus comme sympathisants à Blackwood en son temps. Le recrutement ne se fera qu'avec l'aval de leurs officiers. Ces gars-là seront le bras armé des Robes Noirs, assemblé en compagnie d’une centaine d’individus sous le commandement d’un petit groupe de Robes Noires, officiellement comme escorte armée mais officieusement comme hommes de main.
- En cas d'acceptation du gouvernement :
- Les Généraux ralliés à la clique Blackwoodiste débutent la mise en place de listes de tous les réservistes répondant aux critères suivants : Sayaken, trentenaires, jugés politiquement proches de Blackwood jadis. Seuls ces réservistes-là sont rappelés dès que possible, par envoi de courrier à leur domicile ou appel téléphonique direct à celui-ci s'ils ont le téléphone.
- Vu que la mobilisation prendra un bon moment, les Généraux déploient déjà les troupes disponibles sous la forme des recrues en cours de formation initiale et des rappeler en cours d'entrainement annuel, soit environ 1/15 des forces totales de la garde nationale stationnée à Sayakon (soit max 27.000 hommes selon mes estimations). Ces troupes devront engagés la milice oligarchique de front dans les quartiers résidentiels et la repousser vers le quartier n°3.
- Diffusion de messages radio et microphonique à l'attention de la population :
- La loi martiale est en vigueur.
- Elle s'accompagne d'une investiture de pouvoirs judiciaires temporaires entre les mains des forces armées et d'un couvre-feu de 18h00 à 06h00.
- Toute personne prise en flagrant délit de pillage sera abattue sur le champs.
- Toute personne soupçonnée de pillage sera arrêtée et détenue dans les casernes de la garde nationale.
- Toute personne dehors après le couvre-feu sera mis en cellule jusqu'à interrogatoire, avant d'être renvoyée chez elle.
- Le port d'arme à feu sur la voie publique est interdit aux civils pour la durée de la loi martiale. Les contrevenants seront arrêté et détenus dans les casernes de la garde nationale.
- Toute milice privée et autre forme de groupe paramilitaire non-encadré par le gouvernement est déclaré illégal. Les membres de ces groupes ne seront toutefois pas poursuivi pour leur appartenance à ces derniers s'ils déposent les armes et se rendent à la Garde Nationale avant le 01/02/2028. Leur sécurité sera garantie jusqu'à la fin de la loi martiale. Les individus appartenant à un tel groupe après le 01/02/2028 seront considérés comme des combattants ennemis et traités comme tels selon les droits et coutumes de guerre.
- La garde nationale protégera chaque foyer et maintiendra l'ordre jusqu'à l'arrivée de l'armée, laquelle sera plus à même, avec l'aide des services de police et des Robes Noires, de trouver les terroristes, traîtres et criminels responsables des atrocités de ces derniers jours.
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Alwine
Monseigneur Kaelung Ragar était l'évêque de Sayakon depuis cinq ans maintenant, une tâche pas toujours évidente, mais dont il s’acquittait avec un zèle que nourrissait sa profonde conviction religieuse. Né dans la ville même de parents chrétiens qui, en dépit de la relative difficulté de la chose, l'avaient élevée dans la foi catholique et avaient développé en lui une foi solide, plus solide encore que la leur, sans doute, il avait été faire son séminaire à Urba, et y avait été ordonné prêtre. Il avait ensuite voyagé dans plusieurs pays chrétiens d'Alméra, puis était finalement rentré au pays pour y servir la véritable foi, en espérant répandre la Bonne Nouvelle et permettre peu à peu à son peuple de sortir de ses veilles croyances païennes pour entrer dans la Lumière de Jésus-Christ, issue qu'il pensait sincèrement être la même pour les siens, que ce soit pour le peuple ou pour le pays tout entier. De ce fait, il se considérait sans aucune peine à la fois comme patriote et comme chrétien, considérant que les deux choses se devaient d'aller ensemble.
Après une carrière longue et exemplaire, où il n'avait jamais prêché la haine de l'autre ou l'intolérance mais où au contraire il s'était efforcé de toujours résoudre tous les conflits possibles, convaincu qu'il était que, en cohabitant pacifiquement avec des croyances païennes et polythéistes, le christianisme ne pouvait que triompher avec le temps, tout aussi pacifiquement, en faisant peu à peu reculer les ténèbres de l'obscurantisme et de la fausse religion par la Lumière de Jésus-Christ, qui avait donné sa vie pour tous les hommes, après cette carrière très appréciée, donc, il avait été jugé digne de devenir l'évêque de la capitale politique, et il avait bien entendu accepté de grand cœur. Certes, Sayakon n'était pas le cœur religieux de la Fédération d'Aquanox, et il était très logiquement et très légitimement subordonné à l'Archevêque de Nueva Esperanza, mais il n'y voyait aucun problème, convaincu que si la Nueva Esperanza était bel et bien le cœur chrétien et catholique actuel du pays, c'était à Sayakon que se jouait le futur de la religion chrétienne dans ce même pays, un futur qui ne pourrait qu'être rayonnant.
Une fois en place, il n'avait pas changé de voie, mais avait au contraire maintenu sa politique sur le chemin de la conciliation. La communauté qu'il guidait modestement n'était pas très grande, et il le savait, mais il croyait fermement que, dans la paix, les idéaux chrétiens ne pourraient que prospérer. C'était en grande partie pour suivre cette ligne politique qui avait été la sienne depuis cinq ans qu'il ne s'était pas investi plus en avant dans les événements des révoltés, ces derniers jours. Bien que royalistes convaincus, en grande partie de par l'exemple de certaines monarchies chrétiennes, surtout en Alméra occidentale, il avait préféré ne pas faire de vague en impliquant la communauté qu'il était charger de représenter monolithiquement dans un seul camp, de crainte de déclencher des persécutions contre les chrétiens de toute la ville si les choses tournaient mal pour le camps qu'ils avaient choisi, voir même, plus graves encore, des persécutions contre les chrétiens de tous le pays ! Non, même s'il approuvait nombre d'actions, même s'il s'était fait transmettre le contenu de certaines prêches, il était rester sur la réserve.
Néanmoins, après les attentats contre une église chrétienne, revendiqués en plus par la Main Noire, par une vidéo diffusée sur internet tout d'abord, puis via une revendication « officielle », si l'on pouvait le dire ainsi, et devant toutes les violences qui montaient dans les rues, semblant de plus en plus explosives ces dernières heures, devant l'approche annoncée de l'armée, l'évêque sentait qu'il devait prendre position avec fermeté pour éviter un massacre de ses ouailles. Si la crainte d'une persécution méritait toujours de ne pas être écartée, et particulièrement vu les propos diffusés par certains camps, dont ceux qui se prétendaient démocrates et s'affichaient plus par leurs paroles comme les véritables fascistes, il fallait aussi éviter que ceux dont il avait la charge, ceux qu'il était chargé de guider et de protéger, comme ministre du culte, ceux dont il devait garder les âmes immortelles, se fassent massacrer sans raisons par des émeutiers, par les forces de l'ordre locales ou encore par l'armée. Si les martyrs étaient sans doute bon pour la résolution des croyants les plus hésitants, lui ne souhaitait pas voir les chrétiens être décimés pour autant !
Il avait donc préparé une allocution, qu'il avait fait annoncé par des groupes de prêcheurs en relation avec lui et qu'il donnait sur le parvis de la cathédrale de Sayakon, avec la bénédiction de l'Archevêque de Nueva Esperanza. Plusieurs groupes de prêcheurs chrétiens étaient là, prêtres ou non, expérimentés ou novices, certains parcourant la ville depuis longtemps déjà pour diverses tâches, d'autres aillant au contraire décidé d'agir seulement au début des émeutes, et d'autres encore n'aillant embrassé ce rôle que depuis quelques jours, quelques heures parfois, stimulés par les exemples de leurs compagnons, parfois tout nouvellement convertis après les actions des prêcheurs eux-mêmes, mais aussi de la Légion du Sacré-Cœur ou d'autres acteurs chrétiens et royalistes, et qui souhaitaient, eux aussi, mettre leur zèle au service de leur foi nouvelle qui leur semblait encore si brillante et si solide que rien ne pourrait l'entamer, qui souhaitaient eux aussi porter la Bonne Nouvelle et l'espoir de la restauration monarchique. Ce jour-là, ils étaient présents pour porter la bonne parole de leur évêque, qui comptait notamment sur eux, entre autres moyens, pour propager ses paroles le plus largement possible.
Histoire de pouvoir avoir un impact plus grand, et peut-être de faire passer le message largement au-delà des frontières de la ville, on l'enregistrerait aussi, en parole comme en image, pour une diffusion sur internet, bien entendu, qui était le meilleur moyen de donner un écho le plus large possible à ses paroles, mais aussi par tout autre moyen qui pourrait servir à propager son message. Au final, entre les moyens modernes et les autres que l'on aurait pu qualifier de plus « traditionnels », l'évêque de Sayakon espérait pouvoir être assuré d'avoir une large diffusion et un large écho auquel aucun chrétien, du citoyen ordinaire, qui peut-être, particulièrement en cette situation de crise, désiraient ne pas faire étalage de leur foi pour ne pas s'attirer d'ennuis, aux miliciens les plus déterminés de la Légion du Sacré-Cœur, du prêcheur errant en électron libre et ne se souciant que de faire passer son message aux volontaires aillant décidé de consacrer leurs énergies à aider leur prochain autant qu'ils le pourraient pendant cette période difficile, bref, aucun chrétien quel qu'il soit, ne risquerait d'échapper par négligence de sa part.
Tout étant en place, Monseigneur Kaelung Ragar commença son discours. Il bénit tout d'abord ceux qui s'étaient rassemblés pour l'écouter, ainsi que tous ceux à qui on les rapporterait, par voie numérique aussi bien que par écho oral, bénissant en fait tous les citoyens « justes et honnêtes » de la ville, au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit, et des trois, particulièrement, au nom de Jésus-Christ, le Sauveur, qui s'était sacrifié volontairement sur la croix, près de deux milles ans plus tôt, pour leurs racheter tous leurs pêchés. Il fit un bref discours, inspiré mais calme, vibrant d'une passion tranquille plutôt qu'impétueuse, pour rappeler les valeurs positives de la chrétienté, la charité notamment, l'entraide, toutes celles qui méritaient de trouver leur place au sein des événements actuels, qui devaient trouver leur place dans les événements actuels, pour être certain que ceux-ci ne se transformeraient pas en quelque chose de sombre, de sanglant, en un nid de haine et de mauvaises pensées de toutes sortes.
Il enchaîna en proclamant, au nom de ces valeurs, au nom de la chrétienté, mais aussi au nom de l'humanité même de tous ceux et celles qui se trouvaient en ville en cette période si agitée, au nom de « tout ce qui avait de bon et de fraternel dans le cœur des fils et des filles de Sayakon », en proclamant, donc, qu'il fallait cesser les massacres inutiles, les violences sans objets, les émeutes sanglantes qui ne faisaient le jeu d'aucun véritable citoyen mais seulement celui du Prince du Monde, de Satan, l'éternel ennemi, toujours prêt à apporter la mort et la noirceur dans les activités humaines. S'il reconnu que chacun avait le droit de se défendre et de défendre sa famille, quand l'état ne pouvait plus y parvenir momentanément, s'il confirma que ce n'était pas un crime que de se protéger, il appela chacun des participants, chacun des acteurs de cette révolte populaire, à ne pas basculer de la défense, du fait de se protéger, à l'attaque, à la haine de l'autre, à la violence gratuite, injustifiée. Se préparer à se défendre oui, les attentats récents en avaient bien montré la nécessité, mais jamais céder à l'appel de la violence, sans quoi on devenait pire que les menaces que l'on pensait devoir écarter de soi et des siens.
Poursuivant sur le sujet, il appela d'une voix vibrante tous les chrétiens, mais aussi tous les autres, à ne pas entretenir la haine, à ne pas créer des factions antagonistes. Il appela les démocrates à cesser de vouloir diaboliser les enfants de Jésus-Christ, il appela les « casseurs » à déposer les armes, il appela les milices à se cantonner au rôle de protection de ceux qui étaient en danger, plutôt que de venir grossir les rangs de ceux qui voulaient promouvoir l'attaque, la violence. Plus que tout, il répéta encore, plusieurs fois, vigoureusement, qu'ils ne devaient pas laisser le Malin, l'Ennemi, l'Adversaire, le Prince tentateur de ce monde mortel, apporter la discorde entre eux. La haine, répéta-t-il, ne mènerait qu'à la haine, la colère qu'à plus de colère, la discorde qu'à d'avantage de discorde, jusqu'à ce qu'ils risquent de se mettre à s'entre-tuer. Il le rappela encore une fois, il était normal, il était bon de se défendre, mais certainement pas de basculer dans une logique où l'on massacrait l'autre, où on cherchait l'affrontement.
Plus spécifiquement, il s'adressa ensuite à ses ouailles, aux chrétiens et chrétiennes de Sayakon, les appelant à ne pas tomber dans le piège de l'imposition par la force brute, qui était le terreau des tyrans, et non pas des régimes justes. Il félicita ainsi la Légion du Sacré-Cœur pour sa façon admirable de s'être remise des attaques contre elle, pour la façon dont tous prenaient exemple dans les Martyrs du Sacré-Cœur, pour avoir accepté d'assurer la garde de la gare du centre ville pour éviter que d'autres agents du malheur et de la violence ne vienne y organiser d'autres tueries. Pour autant, il les mit en garde, et les enjoignit fermement, en tant que leur évêque, gardien de leurs âmes immortelles, autorité séculière de la ville, à ne pas déclencher de bain de sang en s’acquittant de ces tâches. Plus encore, il les appela, au nom de Jésus-Christ, à ne pas se livrer à quelque affrontement que ce soit avec l'armée régulière. Protéger leurs foyers, oui, mais pas au risque d'y voir pénétrer les chars et tomber les bombes. Protéger une gare, oui, deux fois oui même, mais pas en voulant la disputer à l'armée régulière, bien plus lourdement armée, le cas échéant.
Enfin, abordant un angle plus personnel, et avouant qu'il parlait à présent au moins autant en tant qu'homme qu'en tant qu'évêque, en faisant usage « du libre arbitre dont le Seigneur avait jugé bon de doté tous les hommes mortels pour qu'ils en usent », il déclara qu'il croyait fermement aux idées monarchistes et il appela tous les chrétiens, mais aussi tous les non-chrétiens, à tendre vers cet idéal d'une restauration monarchique qui permettrait la mise en place d'un système juste, aussi bien moralement que socialement, d'un système sain, d'un système qui éviterait de tels événements. Plutôt que de se laisser diviser par les logiques démagogues, il convenait d'appeler de tous leurs vœux la restauration du système monarchique et le retour du souverain légitime sur le trône, un souverain qui saurait être rassembleur, qui, contrairement à ce que certain voulait faire croire, ne serait pas le tyran de telle ou telle religion mais au contraire le père universel de tous ses sujets, le guide bienveillant autour duquel tous pourraient se rassembler enfin au lieu d'être divisés en clans antagonistes. Choisir la royauté, s'était choisir un système solide, qui avait déjà fait ses preuves, et qui ne demandait qu'à le faire à nouveau.
Après ce long discours, qu'il avait pu faire sans s’essouffler grâce aux techniques et à l'habitude développés avec la pratique de la messe et de longues prêches, Monseigneur Kaelung Ragar bénit à nouveau l'assistance et tous les habitants de Sayakon, souhaitant le retour de la paix entre les fils et les filles de la cité, les appelant à ne pas céder à la panique et à la distension qui était le terreau d'agents du mal tels que la Main Noire, et déclarant qu'il allait prier pour le salut des âmes de tous ceux qui étaient morts, et particulièrement des Martyrs du Sacré-Cœur mais aussi de la gare ferroviaire, tout aussi bien que pour le salut des vivants ainsi jetés dans les ténèbres d'une bien noire et bien hostile situation. Après un dernier geste de bénédiction, il salua la foule, et entreprit de rassurer certains paroissiens proches de lui par des discussions plus privées, répétant ses appels, ses arguments, et prenant aussi le temps d'écouter les problèmes et les soucis de chacun, faisant de son mieux pour les aider malgré la situation.
La vidéo de tout cela allait tout de suite être mise sur internet, et les enregistrements seraient si besoin diffusés en lieux et temps utiles. De leur côté, les prêcheurs, eux, avaient pour la plupart déjà tourné les talons, reprenant leurs marches dans les différents quartiers. Ils iraient porter les paroles, le message, sur la forme autant que possible mais surtout sur le fond, à tous les chrétiens, dans les quartiers qu'ils contrôlaient comme en-dehors, et, plus largement, à tous les monarchistes, et même encore à ceux qui ne l'étaient pas. Ils diraient tout ce qu'avait dit l'évêque, tout ce qu'il avait voulu transmettre, aussi bien que possible, selon les capacités de chacun. Beaucoup ajouteraient aussi, en leur nom propre, en prenant bien soin de séparer les deux, ce que l'évêque n'avait pas dit, sans doute, à leur avis, pour ne pas encombrer son message avec des choses aussi mesquines, ou pour ne pas s'abaisser à ce niveau. Cela concernerait surtout « les démocrates, ou bien plutôt ceux qui voudraient se faire passer pour tels en se cachant derrière la parfois noble mais ici totalement usurpée bannière de la démocratie ».
Ils tournèrent ainsi en dérision les propos des démocrates, totalement étouffés dans l'écho populaire des événements, et à raison, proclamaient-ils. Les démocrates accusaient les chrétiens de lancer des « païens » à toutes les sauces, mais jamais les prêcheurs n'avaient fait de différence entre chrétiens et non-chrétiens, jamais les responsables, et l'évêque de Sayakon en personne le démontrait encore, n'avait stigmatisé les populations qui ne croyaient pas en la Bonne Nouvelle de Jésus-Christ, n'avaient essayé de les tourner en dérision, ne les avait attaqué en mot ou moins encore en action. Les soit-disant démocrates, eux, par contre, ne se privaient pas pour mettre le mot « chrétiens » à toutes les mauvaises sauces, et avaient en plus l'hypocrisie de les accuser de leurs propres maux. Qui, sinon eux, revenait toujours sur les différences religieuses et essayent d'en faire des divisions dans la population, qui, sinon eux, mettait sans cesse l'église au milieu du village, ou la cathédrale au milieu de la ville, toujours, à chaque intervention ?
Plus encore, ils tournèrent en dérision, ils en rirent, parfois, pour les plus jovials, les propos des démocrates qui prétendaient vouloir la paix, qui prétendaient sans perdre le souffle « prôner la paix », mais qui pourtant n'avaient de cesse de dénigrer leurs adversaires, d'attiser la haine, la rancœur, de vouloir transformer Sayakon en un bourbier idéologique où les chrétiens et les non-chrétiens auraient dû, selon eux, se heurter. Et que dire qui n'avait pas déjà été dit dix, vingt fois, de leur volonté sans cesse répétée de présenter la religion chrétienne comme extérieure, comme un pur produit de l'Alméra. On leur avait dit, pourtant, que le Christ était né sur la terre du Zanyane, que les chrétiens vivaient sur tous les continents, que jamais la religion chrétienne n'avait uniformisé les peuples et ne leur avait fait perdre leur identité. On leur avait rappelé aussi, et plus d'une fois, que la Nueva Esperanza n'était pas lointaine, n'était pas en Alméra, mais était dans la Fédération, et que, plus encore, il y avait des chrétiens ici même, dans la cité.
Et pour finir, ils rappelaient que malgré leur haine idéologique, eux qui se flattaient d'être démocrates et de rassembler le peuple, ils n'avaient toujours pas donner de réponses aux questions sur ce qu'ils comptaient faire des chrétiens de la capitale, sur ce qu'ils proposait pour la Nueva Esperanza, sinon l'arracher à la mer en aillant collé tous les catholiques dessus pour les renvoyer tous dériver sur l'océan jusqu'en Alméra. Et quand ils avaient fait tout ça, ils revenaient une nouvelle fois sur les paroles de l'évêque, sur les valeurs de rassemblement, sur l'appel à ne pas tomber dans les engrenages de la haine et de la violence, sur l’exhortation à cesser les violences et à retrouver la paix, pour les chrétiens comme les non-chrétiens, sur les valeurs que portaient les partisans royalistes, contrairement aux auto proclamés défenseurs de la démocraties. Et enfin, ils laissaient les assemblées « se faire leur propre idée sur qui défend la haine et l'intolérance et qui défend la justice et la véritable volonté du peuple », avant de passer au groupe suivant...
Après une carrière longue et exemplaire, où il n'avait jamais prêché la haine de l'autre ou l'intolérance mais où au contraire il s'était efforcé de toujours résoudre tous les conflits possibles, convaincu qu'il était que, en cohabitant pacifiquement avec des croyances païennes et polythéistes, le christianisme ne pouvait que triompher avec le temps, tout aussi pacifiquement, en faisant peu à peu reculer les ténèbres de l'obscurantisme et de la fausse religion par la Lumière de Jésus-Christ, qui avait donné sa vie pour tous les hommes, après cette carrière très appréciée, donc, il avait été jugé digne de devenir l'évêque de la capitale politique, et il avait bien entendu accepté de grand cœur. Certes, Sayakon n'était pas le cœur religieux de la Fédération d'Aquanox, et il était très logiquement et très légitimement subordonné à l'Archevêque de Nueva Esperanza, mais il n'y voyait aucun problème, convaincu que si la Nueva Esperanza était bel et bien le cœur chrétien et catholique actuel du pays, c'était à Sayakon que se jouait le futur de la religion chrétienne dans ce même pays, un futur qui ne pourrait qu'être rayonnant.
Une fois en place, il n'avait pas changé de voie, mais avait au contraire maintenu sa politique sur le chemin de la conciliation. La communauté qu'il guidait modestement n'était pas très grande, et il le savait, mais il croyait fermement que, dans la paix, les idéaux chrétiens ne pourraient que prospérer. C'était en grande partie pour suivre cette ligne politique qui avait été la sienne depuis cinq ans qu'il ne s'était pas investi plus en avant dans les événements des révoltés, ces derniers jours. Bien que royalistes convaincus, en grande partie de par l'exemple de certaines monarchies chrétiennes, surtout en Alméra occidentale, il avait préféré ne pas faire de vague en impliquant la communauté qu'il était charger de représenter monolithiquement dans un seul camp, de crainte de déclencher des persécutions contre les chrétiens de toute la ville si les choses tournaient mal pour le camps qu'ils avaient choisi, voir même, plus graves encore, des persécutions contre les chrétiens de tous le pays ! Non, même s'il approuvait nombre d'actions, même s'il s'était fait transmettre le contenu de certaines prêches, il était rester sur la réserve.
Néanmoins, après les attentats contre une église chrétienne, revendiqués en plus par la Main Noire, par une vidéo diffusée sur internet tout d'abord, puis via une revendication « officielle », si l'on pouvait le dire ainsi, et devant toutes les violences qui montaient dans les rues, semblant de plus en plus explosives ces dernières heures, devant l'approche annoncée de l'armée, l'évêque sentait qu'il devait prendre position avec fermeté pour éviter un massacre de ses ouailles. Si la crainte d'une persécution méritait toujours de ne pas être écartée, et particulièrement vu les propos diffusés par certains camps, dont ceux qui se prétendaient démocrates et s'affichaient plus par leurs paroles comme les véritables fascistes, il fallait aussi éviter que ceux dont il avait la charge, ceux qu'il était chargé de guider et de protéger, comme ministre du culte, ceux dont il devait garder les âmes immortelles, se fassent massacrer sans raisons par des émeutiers, par les forces de l'ordre locales ou encore par l'armée. Si les martyrs étaient sans doute bon pour la résolution des croyants les plus hésitants, lui ne souhaitait pas voir les chrétiens être décimés pour autant !
Il avait donc préparé une allocution, qu'il avait fait annoncé par des groupes de prêcheurs en relation avec lui et qu'il donnait sur le parvis de la cathédrale de Sayakon, avec la bénédiction de l'Archevêque de Nueva Esperanza. Plusieurs groupes de prêcheurs chrétiens étaient là, prêtres ou non, expérimentés ou novices, certains parcourant la ville depuis longtemps déjà pour diverses tâches, d'autres aillant au contraire décidé d'agir seulement au début des émeutes, et d'autres encore n'aillant embrassé ce rôle que depuis quelques jours, quelques heures parfois, stimulés par les exemples de leurs compagnons, parfois tout nouvellement convertis après les actions des prêcheurs eux-mêmes, mais aussi de la Légion du Sacré-Cœur ou d'autres acteurs chrétiens et royalistes, et qui souhaitaient, eux aussi, mettre leur zèle au service de leur foi nouvelle qui leur semblait encore si brillante et si solide que rien ne pourrait l'entamer, qui souhaitaient eux aussi porter la Bonne Nouvelle et l'espoir de la restauration monarchique. Ce jour-là, ils étaient présents pour porter la bonne parole de leur évêque, qui comptait notamment sur eux, entre autres moyens, pour propager ses paroles le plus largement possible.
Histoire de pouvoir avoir un impact plus grand, et peut-être de faire passer le message largement au-delà des frontières de la ville, on l'enregistrerait aussi, en parole comme en image, pour une diffusion sur internet, bien entendu, qui était le meilleur moyen de donner un écho le plus large possible à ses paroles, mais aussi par tout autre moyen qui pourrait servir à propager son message. Au final, entre les moyens modernes et les autres que l'on aurait pu qualifier de plus « traditionnels », l'évêque de Sayakon espérait pouvoir être assuré d'avoir une large diffusion et un large écho auquel aucun chrétien, du citoyen ordinaire, qui peut-être, particulièrement en cette situation de crise, désiraient ne pas faire étalage de leur foi pour ne pas s'attirer d'ennuis, aux miliciens les plus déterminés de la Légion du Sacré-Cœur, du prêcheur errant en électron libre et ne se souciant que de faire passer son message aux volontaires aillant décidé de consacrer leurs énergies à aider leur prochain autant qu'ils le pourraient pendant cette période difficile, bref, aucun chrétien quel qu'il soit, ne risquerait d'échapper par négligence de sa part.
Tout étant en place, Monseigneur Kaelung Ragar commença son discours. Il bénit tout d'abord ceux qui s'étaient rassemblés pour l'écouter, ainsi que tous ceux à qui on les rapporterait, par voie numérique aussi bien que par écho oral, bénissant en fait tous les citoyens « justes et honnêtes » de la ville, au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit, et des trois, particulièrement, au nom de Jésus-Christ, le Sauveur, qui s'était sacrifié volontairement sur la croix, près de deux milles ans plus tôt, pour leurs racheter tous leurs pêchés. Il fit un bref discours, inspiré mais calme, vibrant d'une passion tranquille plutôt qu'impétueuse, pour rappeler les valeurs positives de la chrétienté, la charité notamment, l'entraide, toutes celles qui méritaient de trouver leur place au sein des événements actuels, qui devaient trouver leur place dans les événements actuels, pour être certain que ceux-ci ne se transformeraient pas en quelque chose de sombre, de sanglant, en un nid de haine et de mauvaises pensées de toutes sortes.
Il enchaîna en proclamant, au nom de ces valeurs, au nom de la chrétienté, mais aussi au nom de l'humanité même de tous ceux et celles qui se trouvaient en ville en cette période si agitée, au nom de « tout ce qui avait de bon et de fraternel dans le cœur des fils et des filles de Sayakon », en proclamant, donc, qu'il fallait cesser les massacres inutiles, les violences sans objets, les émeutes sanglantes qui ne faisaient le jeu d'aucun véritable citoyen mais seulement celui du Prince du Monde, de Satan, l'éternel ennemi, toujours prêt à apporter la mort et la noirceur dans les activités humaines. S'il reconnu que chacun avait le droit de se défendre et de défendre sa famille, quand l'état ne pouvait plus y parvenir momentanément, s'il confirma que ce n'était pas un crime que de se protéger, il appela chacun des participants, chacun des acteurs de cette révolte populaire, à ne pas basculer de la défense, du fait de se protéger, à l'attaque, à la haine de l'autre, à la violence gratuite, injustifiée. Se préparer à se défendre oui, les attentats récents en avaient bien montré la nécessité, mais jamais céder à l'appel de la violence, sans quoi on devenait pire que les menaces que l'on pensait devoir écarter de soi et des siens.
Poursuivant sur le sujet, il appela d'une voix vibrante tous les chrétiens, mais aussi tous les autres, à ne pas entretenir la haine, à ne pas créer des factions antagonistes. Il appela les démocrates à cesser de vouloir diaboliser les enfants de Jésus-Christ, il appela les « casseurs » à déposer les armes, il appela les milices à se cantonner au rôle de protection de ceux qui étaient en danger, plutôt que de venir grossir les rangs de ceux qui voulaient promouvoir l'attaque, la violence. Plus que tout, il répéta encore, plusieurs fois, vigoureusement, qu'ils ne devaient pas laisser le Malin, l'Ennemi, l'Adversaire, le Prince tentateur de ce monde mortel, apporter la discorde entre eux. La haine, répéta-t-il, ne mènerait qu'à la haine, la colère qu'à plus de colère, la discorde qu'à d'avantage de discorde, jusqu'à ce qu'ils risquent de se mettre à s'entre-tuer. Il le rappela encore une fois, il était normal, il était bon de se défendre, mais certainement pas de basculer dans une logique où l'on massacrait l'autre, où on cherchait l'affrontement.
Plus spécifiquement, il s'adressa ensuite à ses ouailles, aux chrétiens et chrétiennes de Sayakon, les appelant à ne pas tomber dans le piège de l'imposition par la force brute, qui était le terreau des tyrans, et non pas des régimes justes. Il félicita ainsi la Légion du Sacré-Cœur pour sa façon admirable de s'être remise des attaques contre elle, pour la façon dont tous prenaient exemple dans les Martyrs du Sacré-Cœur, pour avoir accepté d'assurer la garde de la gare du centre ville pour éviter que d'autres agents du malheur et de la violence ne vienne y organiser d'autres tueries. Pour autant, il les mit en garde, et les enjoignit fermement, en tant que leur évêque, gardien de leurs âmes immortelles, autorité séculière de la ville, à ne pas déclencher de bain de sang en s’acquittant de ces tâches. Plus encore, il les appela, au nom de Jésus-Christ, à ne pas se livrer à quelque affrontement que ce soit avec l'armée régulière. Protéger leurs foyers, oui, mais pas au risque d'y voir pénétrer les chars et tomber les bombes. Protéger une gare, oui, deux fois oui même, mais pas en voulant la disputer à l'armée régulière, bien plus lourdement armée, le cas échéant.
Enfin, abordant un angle plus personnel, et avouant qu'il parlait à présent au moins autant en tant qu'homme qu'en tant qu'évêque, en faisant usage « du libre arbitre dont le Seigneur avait jugé bon de doté tous les hommes mortels pour qu'ils en usent », il déclara qu'il croyait fermement aux idées monarchistes et il appela tous les chrétiens, mais aussi tous les non-chrétiens, à tendre vers cet idéal d'une restauration monarchique qui permettrait la mise en place d'un système juste, aussi bien moralement que socialement, d'un système sain, d'un système qui éviterait de tels événements. Plutôt que de se laisser diviser par les logiques démagogues, il convenait d'appeler de tous leurs vœux la restauration du système monarchique et le retour du souverain légitime sur le trône, un souverain qui saurait être rassembleur, qui, contrairement à ce que certain voulait faire croire, ne serait pas le tyran de telle ou telle religion mais au contraire le père universel de tous ses sujets, le guide bienveillant autour duquel tous pourraient se rassembler enfin au lieu d'être divisés en clans antagonistes. Choisir la royauté, s'était choisir un système solide, qui avait déjà fait ses preuves, et qui ne demandait qu'à le faire à nouveau.
Après ce long discours, qu'il avait pu faire sans s’essouffler grâce aux techniques et à l'habitude développés avec la pratique de la messe et de longues prêches, Monseigneur Kaelung Ragar bénit à nouveau l'assistance et tous les habitants de Sayakon, souhaitant le retour de la paix entre les fils et les filles de la cité, les appelant à ne pas céder à la panique et à la distension qui était le terreau d'agents du mal tels que la Main Noire, et déclarant qu'il allait prier pour le salut des âmes de tous ceux qui étaient morts, et particulièrement des Martyrs du Sacré-Cœur mais aussi de la gare ferroviaire, tout aussi bien que pour le salut des vivants ainsi jetés dans les ténèbres d'une bien noire et bien hostile situation. Après un dernier geste de bénédiction, il salua la foule, et entreprit de rassurer certains paroissiens proches de lui par des discussions plus privées, répétant ses appels, ses arguments, et prenant aussi le temps d'écouter les problèmes et les soucis de chacun, faisant de son mieux pour les aider malgré la situation.
La vidéo de tout cela allait tout de suite être mise sur internet, et les enregistrements seraient si besoin diffusés en lieux et temps utiles. De leur côté, les prêcheurs, eux, avaient pour la plupart déjà tourné les talons, reprenant leurs marches dans les différents quartiers. Ils iraient porter les paroles, le message, sur la forme autant que possible mais surtout sur le fond, à tous les chrétiens, dans les quartiers qu'ils contrôlaient comme en-dehors, et, plus largement, à tous les monarchistes, et même encore à ceux qui ne l'étaient pas. Ils diraient tout ce qu'avait dit l'évêque, tout ce qu'il avait voulu transmettre, aussi bien que possible, selon les capacités de chacun. Beaucoup ajouteraient aussi, en leur nom propre, en prenant bien soin de séparer les deux, ce que l'évêque n'avait pas dit, sans doute, à leur avis, pour ne pas encombrer son message avec des choses aussi mesquines, ou pour ne pas s'abaisser à ce niveau. Cela concernerait surtout « les démocrates, ou bien plutôt ceux qui voudraient se faire passer pour tels en se cachant derrière la parfois noble mais ici totalement usurpée bannière de la démocratie ».
Ils tournèrent ainsi en dérision les propos des démocrates, totalement étouffés dans l'écho populaire des événements, et à raison, proclamaient-ils. Les démocrates accusaient les chrétiens de lancer des « païens » à toutes les sauces, mais jamais les prêcheurs n'avaient fait de différence entre chrétiens et non-chrétiens, jamais les responsables, et l'évêque de Sayakon en personne le démontrait encore, n'avait stigmatisé les populations qui ne croyaient pas en la Bonne Nouvelle de Jésus-Christ, n'avaient essayé de les tourner en dérision, ne les avait attaqué en mot ou moins encore en action. Les soit-disant démocrates, eux, par contre, ne se privaient pas pour mettre le mot « chrétiens » à toutes les mauvaises sauces, et avaient en plus l'hypocrisie de les accuser de leurs propres maux. Qui, sinon eux, revenait toujours sur les différences religieuses et essayent d'en faire des divisions dans la population, qui, sinon eux, mettait sans cesse l'église au milieu du village, ou la cathédrale au milieu de la ville, toujours, à chaque intervention ?
Plus encore, ils tournèrent en dérision, ils en rirent, parfois, pour les plus jovials, les propos des démocrates qui prétendaient vouloir la paix, qui prétendaient sans perdre le souffle « prôner la paix », mais qui pourtant n'avaient de cesse de dénigrer leurs adversaires, d'attiser la haine, la rancœur, de vouloir transformer Sayakon en un bourbier idéologique où les chrétiens et les non-chrétiens auraient dû, selon eux, se heurter. Et que dire qui n'avait pas déjà été dit dix, vingt fois, de leur volonté sans cesse répétée de présenter la religion chrétienne comme extérieure, comme un pur produit de l'Alméra. On leur avait dit, pourtant, que le Christ était né sur la terre du Zanyane, que les chrétiens vivaient sur tous les continents, que jamais la religion chrétienne n'avait uniformisé les peuples et ne leur avait fait perdre leur identité. On leur avait rappelé aussi, et plus d'une fois, que la Nueva Esperanza n'était pas lointaine, n'était pas en Alméra, mais était dans la Fédération, et que, plus encore, il y avait des chrétiens ici même, dans la cité.
Et pour finir, ils rappelaient que malgré leur haine idéologique, eux qui se flattaient d'être démocrates et de rassembler le peuple, ils n'avaient toujours pas donner de réponses aux questions sur ce qu'ils comptaient faire des chrétiens de la capitale, sur ce qu'ils proposait pour la Nueva Esperanza, sinon l'arracher à la mer en aillant collé tous les catholiques dessus pour les renvoyer tous dériver sur l'océan jusqu'en Alméra. Et quand ils avaient fait tout ça, ils revenaient une nouvelle fois sur les paroles de l'évêque, sur les valeurs de rassemblement, sur l'appel à ne pas tomber dans les engrenages de la haine et de la violence, sur l’exhortation à cesser les violences et à retrouver la paix, pour les chrétiens comme les non-chrétiens, sur les valeurs que portaient les partisans royalistes, contrairement aux auto proclamés défenseurs de la démocraties. Et enfin, ils laissaient les assemblées « se faire leur propre idée sur qui défend la haine et l'intolérance et qui défend la justice et la véritable volonté du peuple », avant de passer au groupe suivant...
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Otto
[justify]Le message de l'évêque avait très bien accueilli dans les quartiers de la Légion : il redonnait au Chapitre espoir en la lutte pour la Couronne et la Croix et aux légionnaires la foi en la rectitude de leur idéal. Certes, Monseigneur condamnait les violences, ce qui est bien normal pour un homme prêchant qu'il ne faut point tuer, mais il défendait fièrement la monarchie. De plus, son allocution avait été prononcé avec la bénédiction de l'archevêque de Nueva-Esperenza, ce qui veut dire que les Chrétiens du monde n'abandonne pas leurs frères ici !
Le Conseil de Régence félicite l'évêque pour sa déclaration tandis que le Chapitre donne ordre à ses hommes de ne se battre qu'en dernier recours. Les Chrétiens ne doivent sous aucun prétexte entamer les violences. Dans le quartier chrétiens, quelques barricades sont entr'ouvertes afin de permettre aux blessés et aux nécessiteux de venir profiter des soins prodigués par la Régence, que l'on soit chrétiens ou non. Trois ouvertes sont faites et sont protégés en permanence par la Légion. On vérifie que les personnes entrantes n'ont pas d'armes. Dans les églises, les messes sont quotidiennes et attirent énormément de personnes. Dans le cadre du rite tridentin, l'abbé Georg et ses prêtres ont pris l'initiative de prononcer à chaque messe l'oraison contre les tempêtes. Dans les ruines de l'église du Sacré-Coeur de Jésus, église paroissiale de l'abbé Georg, le nouveau prêtre célébrant (on n'y envoi plus l'abbé Georg de peur qu'il soit tué) célèbre chaque messe sous l'oraison des réparations aux injures faîtes au Saint-Sacrement. Les prêtres revêtent tous des tenues liturgiques violettes pendant ces Saintes Messes, afin de symboliser la pénitence et le pardon. Quelques prêtres, soucieux de faire taire les rumeurs qui disent que les chrétiens ne sont que des étrangers ont commencé la rédaction d'un missel local, traduisant strictement le rite tridentin en langue vernaculaire et sans rien changer au rite. L'évêque est averti et n'a pour l'instant donné ni son consentement ni sa condamnation à une œuvre.
A la gare, les Légionnaires ont reçu les instructions pacificatrices du Chapitre. Néanmoins, la situation est bien compliqué ici et les soldats décident malgré tout de se tenir prêt face aux attaques : ils tireront sur tout ce qui est suspect à leurs yeux. Pour l'instant, ils fraternisent avec les miliciens des Oligarques. Les mouvements à la place du Sénat les inquiètent néanmoins. Ils demandent à la Légion comme aux miliciens des renforts : 50 légionnaires sont déjà en marche tandis que l'on demande aux miliciens de faire venir au moins 30 hommes.
Dans les quartiers tenus par la Légions, les entraînements militaires continuent. Après quelques jours, les légionnaires savent à peu près tirer correctement et sont capable de protéger le quartier chrétien. Celui-ci commence à voir de plus en plus de réfugiés, chrétiens ou non, venir s'abriter ici et profiter des soins dispensés dans les hôpitaux de campagnes établies dans les immeubles du quartier. Les enfants sont toujours scolarisés, cependant on a peur pour eux : les écoles sont déportés dans les sous-sols des résidences tandis que les écoles se transforment en dispensaires ou en refuge.
Une campagne d'affichage a lieu en ville :
Sayak !
La Légion t'offre protection, éducation et soin dans ces temps troublés.
Rejoins les quartiers tenus par la Légion du Sacré-Cœur, et bénéficie de notre aide, que tu sois chrétiens ou non.
Les hommes arborant le Sacré-Cœur sur le torse sont tes amis ![/justify]
Le Conseil de Régence félicite l'évêque pour sa déclaration tandis que le Chapitre donne ordre à ses hommes de ne se battre qu'en dernier recours. Les Chrétiens ne doivent sous aucun prétexte entamer les violences. Dans le quartier chrétiens, quelques barricades sont entr'ouvertes afin de permettre aux blessés et aux nécessiteux de venir profiter des soins prodigués par la Régence, que l'on soit chrétiens ou non. Trois ouvertes sont faites et sont protégés en permanence par la Légion. On vérifie que les personnes entrantes n'ont pas d'armes. Dans les églises, les messes sont quotidiennes et attirent énormément de personnes. Dans le cadre du rite tridentin, l'abbé Georg et ses prêtres ont pris l'initiative de prononcer à chaque messe l'oraison contre les tempêtes. Dans les ruines de l'église du Sacré-Coeur de Jésus, église paroissiale de l'abbé Georg, le nouveau prêtre célébrant (on n'y envoi plus l'abbé Georg de peur qu'il soit tué) célèbre chaque messe sous l'oraison des réparations aux injures faîtes au Saint-Sacrement. Les prêtres revêtent tous des tenues liturgiques violettes pendant ces Saintes Messes, afin de symboliser la pénitence et le pardon. Quelques prêtres, soucieux de faire taire les rumeurs qui disent que les chrétiens ne sont que des étrangers ont commencé la rédaction d'un missel local, traduisant strictement le rite tridentin en langue vernaculaire et sans rien changer au rite. L'évêque est averti et n'a pour l'instant donné ni son consentement ni sa condamnation à une œuvre.
A la gare, les Légionnaires ont reçu les instructions pacificatrices du Chapitre. Néanmoins, la situation est bien compliqué ici et les soldats décident malgré tout de se tenir prêt face aux attaques : ils tireront sur tout ce qui est suspect à leurs yeux. Pour l'instant, ils fraternisent avec les miliciens des Oligarques. Les mouvements à la place du Sénat les inquiètent néanmoins. Ils demandent à la Légion comme aux miliciens des renforts : 50 légionnaires sont déjà en marche tandis que l'on demande aux miliciens de faire venir au moins 30 hommes.
Dans les quartiers tenus par la Légions, les entraînements militaires continuent. Après quelques jours, les légionnaires savent à peu près tirer correctement et sont capable de protéger le quartier chrétien. Celui-ci commence à voir de plus en plus de réfugiés, chrétiens ou non, venir s'abriter ici et profiter des soins dispensés dans les hôpitaux de campagnes établies dans les immeubles du quartier. Les enfants sont toujours scolarisés, cependant on a peur pour eux : les écoles sont déportés dans les sous-sols des résidences tandis que les écoles se transforment en dispensaires ou en refuge.
Une campagne d'affichage a lieu en ville :
Sayak !
La Légion t'offre protection, éducation et soin dans ces temps troublés.
Rejoins les quartiers tenus par la Légion du Sacré-Cœur, et bénéficie de notre aide, que tu sois chrétiens ou non.
Les hommes arborant le Sacré-Cœur sur le torse sont tes amis ![/justify]
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Thunderoad
Puisque les blackwoodistes et les cacons cherchent à qui pisse le plus loin , on va y jouer !
L'étouffement de la ville atteignait son paroxysme et la petite-bourgeoisie , représentée par Kotakeino et son parti , commençait à perdre de plus en plus d'argent , vu que leurs commerces est basé sur la paix et le libéralisme , et perdre patience . Que fait l'Armée Fédérale ? Puisque visiblement rien ne bouge et les pontes ne sont pas pressés pour rétablir l'ordre , les libéraux-démocrates vont le faire !
Dans les quartiers où ils sont majoritaires , la Milice Métropolitaine était devenue une véritable police autonome , armée et patrouillant en ville . Au sein du PLD , une idée encore plus radicale émerge :
Prendre d'assaut le Sénat ! Une fois sous contrôle , il sera alors facile d'obtenir la nomination d'une nouvelle présidence et les leviers du retour à l'ordre . Un émissaire est envoyé rencontrer les oligarques afin de former une association entre les deux alliés objectifs : ils ont tous besoin d'ordre et du capitalisme pour rentabiliser leurs commerces . Les blackwoodistes veulent détruire le premier et les monarchistes catholiques conservateurs veulent supprimer le second !
En attendant , quoi qu'il en soit , les libéraux-démocrates continuent d'essayer de ne surtout pas faire de vagues et de se fortifier dans leurs quartiers :
[center][img]http://static.bbc.co.uk/history/img/ic/640/images/resources/topics/troubles_security_forces.jpg[/img][/center]
Pendant qu'un nouveau personnage fait son apparition , Kaito Kyminen , le chef de la Milice du PLD :
[center][img]http://image.noelshack.com/fichiers/2015/37/1441702715-n-ireland-news-10-1.jpg[/img][/center]
Il a étudié aux cotés de Kotakeino en Hokkaido et est revenu avec lui en Fédération d'Aquanox .
Lui est beaucoup plus discret et tranquille que Kotakeino , mais en réalité c'est un stratège et tacticien de génie qui n'a pas peur de se salir les mains . Né et élevé dans la bourgeoisie locale de Sayakon il est prêt à mourir pour défendre sa métropole contre tout les ennemis du capitalisme .
C'est Kaito qui aura donc la charge de mener à bien la prise du Sénat , si les oligarques daignent répondre aux appels du Parti Libéral-Démocrate ...
L'étouffement de la ville atteignait son paroxysme et la petite-bourgeoisie , représentée par Kotakeino et son parti , commençait à perdre de plus en plus d'argent , vu que leurs commerces est basé sur la paix et le libéralisme , et perdre patience . Que fait l'Armée Fédérale ? Puisque visiblement rien ne bouge et les pontes ne sont pas pressés pour rétablir l'ordre , les libéraux-démocrates vont le faire !
Dans les quartiers où ils sont majoritaires , la Milice Métropolitaine était devenue une véritable police autonome , armée et patrouillant en ville . Au sein du PLD , une idée encore plus radicale émerge :
Prendre d'assaut le Sénat ! Une fois sous contrôle , il sera alors facile d'obtenir la nomination d'une nouvelle présidence et les leviers du retour à l'ordre . Un émissaire est envoyé rencontrer les oligarques afin de former une association entre les deux alliés objectifs : ils ont tous besoin d'ordre et du capitalisme pour rentabiliser leurs commerces . Les blackwoodistes veulent détruire le premier et les monarchistes catholiques conservateurs veulent supprimer le second !
En attendant , quoi qu'il en soit , les libéraux-démocrates continuent d'essayer de ne surtout pas faire de vagues et de se fortifier dans leurs quartiers :
[center][img]http://static.bbc.co.uk/history/img/ic/640/images/resources/topics/troubles_security_forces.jpg[/img][/center]
Pendant qu'un nouveau personnage fait son apparition , Kaito Kyminen , le chef de la Milice du PLD :
[center][img]http://image.noelshack.com/fichiers/2015/37/1441702715-n-ireland-news-10-1.jpg[/img][/center]
Il a étudié aux cotés de Kotakeino en Hokkaido et est revenu avec lui en Fédération d'Aquanox .
Lui est beaucoup plus discret et tranquille que Kotakeino , mais en réalité c'est un stratège et tacticien de génie qui n'a pas peur de se salir les mains . Né et élevé dans la bourgeoisie locale de Sayakon il est prêt à mourir pour défendre sa métropole contre tout les ennemis du capitalisme .
C'est Kaito qui aura donc la charge de mener à bien la prise du Sénat , si les oligarques daignent répondre aux appels du Parti Libéral-Démocrate ...
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Johel3007
23/01/2028, 15:00
Quartier n°5, Sayakon
Fédération d'Aquanox
[quote]Sayak !
La Légion t'offre protection, éducation et soin dans ces temps troublés.
Rejoins les quartiers tenus par la Légion du Sacré-Cœur, et bénéficie de notre aide, que tu sois chrétiens ou non.
Les hommes arborant le Sacré-Cœur sur le torse sont tes amis ![/quote]
Serrant cette affiche chiffonnée contre son cœur, Naru avançait à pas feutré, alerte au moindre bruit dans ces rues désormais désertes malgré l’heure avancée. Entre les milices oligarchiques qui évacuaient de force des quartiers entiers, les pillards et autres brigands aux intentions peu honorables et les risques d’attentat, nul ne s’aventurait dehors plus que nécessaire. Il en résultait que Sayakon, en dehors des rares échos de rafales ou d’explosion ainsi que la rumeur de la foule occupant encore la Place du Sénat, était devenue une ville morte.
Naru était l’une des nombreuses habitantes de Sayakon qui ne voulaient rien avoir avec les émeutes, les manifestations de grogne populaire, les combats de milice, les pillages et autres faits de violence. Elle voulait juste pouvoir travailler et vivre en paix avec ses deux enfants, lesquels la suivait en ce moment, visiblement apeurés. Elle avait pris grand soin de justement les terroriser quant à ce qui pourrait leur arriver s’ils s’éloignaient ou faisaient du bruit, évitant ainsi l’un ou l’autre caprice durant leur expédition.
D’ethnie Nameken, Naru travaillait d’ordinaire comme ingénieur au sein d’un des complexes de l’industrie électronique situé dans la banlieue de Sayakon. Son appartement dans le centre-ville était un coquet petit nid où elle et Tihjin, son époux avaient jusqu’ici mené une vie paisible. L’époux en question, un Nameken aussi mais converti à la foi chrétienne, était un homme aimant à l’âme généreuse et si les différences théologiques les opposaient fréquemment au début de leur relation, ils avaient appris à passer outre : la religion, sans être un tabou, était devenu quelque chose que chacun vivait en privé. Les valeurs chrétiennes, si elles pouvaient parfois surprendre Naru, restaient fondamentalement bonnes et bienveillantes, en accord avec celles encouragées par le Rock, de sorte que l’éducation des enfants n’en souffrait pas. La vie était douce…
Tihjin avait été tué lors de l’attentat au mortier contre l’église qu’il fréquentait. Elle, ce jour-là, était au travail et les enfants à l’école. On avait refusé de lui montrer le corps, ou du moins ce qu’il en restait. Avec un fatalisme propre au Tarnois, Naru avait rapidement fait son deuil pour aller de l’avant, espérant que le malheur s’écarte de sa famille meurtrie. C’était donc avec une pointe d’amertume qu’elle marchait aujourd’hui vers les ruines de l’église de Sayakon, dont les flèches pointaient à peine par-dessus les toits encadrant les ruelles étroites. Avançant à pas de chatte dans ce dédalle sombre, elle serra un peu plus fort l’affiche : sous peu, elle et ses enfants auraient un sanctuaire.
Deux blocs d’habitations supplémentaires et un sourire illumina son visage à leur vue. Ils étaient grands comme seuls les Sayaken pouvaient l’être, un épais gilet pare-balle serrant leur poitrine de géants, leur crâne chauve luisant au soleil qui brillait derrière eux mais moins que le symbole en argent pendu à leur cou. Tihjin avait tenté de lui expliquer quelques fois qu’il s’agissait du poteau sacrificiel où leur dieu avait été torturé par ses anciens fils avant de s’échapper dans les cieux ou quelque chose comme ça. Le fait était qu’en cet instant, ce poteau sacrificiel rayonnait d’espoirs aux yeux de Nahu.
Elle accéléra le pas vers l’escouade de miliciens chrétiens qui, alertés de sa présence et surpris, pointèrent leurs armes dans sa direction. Leurs armes se baissèrent en même temps que leur mine se fit plus douce à la vue des enfants qui suivaient celle qui, pour ce qu’ils en savaient, pouvaient très bien être une kamikaze de la Main Noire. Mais aucune mère n’aurait sacrifié ses enfants avec elle. Si l’air des soldats étaient plus détendus et visiblement pacifiques, leur ton restait dur et martial :
« -Qui va là ? N’avancez plus et identifiez-vous !! »
Nahu obtempéra, donnant son nom et levant même les bras en signe d’apaisement, ses enfants pendus à ses jambes tremblantes. Du regard, elle désigna l’affiche chiffonnée restée dans sa main droite tout ce temps.
« -Je… je viens chercher asile pour moi et mes enfants !! Mon mari était Tihjin, un homme de bien et un bon chrétien !! »
« -Je ne connais pas ce Tihjin mais toutes les bonnes âmes sont les bienvenues auprès de la Légion du Sacré-Cœur. Mais ne bouger pas, madame. Par sécurité, nous devons vous fouiller. Simple formalité. »
« -Je… je comprends. »
« -Parfait. Cela ne durera qu’un instant. Êtes-vous blessée ? »
Sitôt assurés qu’elle n’avait ni arme ni explosif, les miliciens laissèrent Nahu passer, la guidant vers un pick-up. Elle y fit grimper ses enfants tout en remerciant l’aide d’un des Sayaken quand vint son tour de monter. Enfin, elle et ses enfants étaient en sécurité…
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L’homme se releva et reboutonna son pantalon, ignorant les sanglots étouffés de Nahu. Recroquevillée sur elle-même, la Nameken pleurait sans larmes, les dernières étant tombées quelques heures avant quand on lui avait enlevé ses enfants.
Leur sort restait inconnu mais la Fédération était vaste et le monde chrétien plus vaste encore. Elle avait entendu l’un des Sayaken rigoler, parlant de « chair fraiche pour m’sieur l’abbé », laissant supposé le pire. Elle se souvenait des paroles d’un sermon chrétien entendu jadis, lorsqu’elle avait accompagné Tihjin à l’église pour lui faire plaisir. « Manger car ceci est mon corps ». Si le cannibalisme n’était pas inconnu au Tarnosia, les Sayaken en pratiquant encore une forme rituelle, elle espérait sincèrement que ses enfants ne seraient que dévorés car d’autres rumeurs circulaient sur une autre forme d’appétit des émissaires du Christ…
Tout c’était passé si vite. Le pick-up s’était écarté de la route principale, bloquée par un immeuble effondré si on en croyait les miliciens du Sacré-Cœur. Le détour n’avait pas inquiété Nahu avant que les flèches de l’église n’aient complétement disparues. Puis ils étaient arrivés en banlieue et le véhicule s’était arrêté. Un des Sayaken l’avait appelé et elle était descendue du véhicule. Il lui avait dit qu’ils avaient un petit souci mécanique. Pendant que deux des miliciens vérifiaient le moteur, le troisième irait chercher de l’essence et de l’huile dans un magasin, dans une des rues voisines. Mais ces rues n’étant pas sûr, il lui fallait de l’aide car il ne pourrait pas porter son fusil et les jerricans en même temps. Nahu, bien qu’un rien inquiète, trouva la proposition raisonnable, d’autant qu’on lui fit comprendre qu’il ne fallait pas trop trainé par ici. Le trajet fut rapide et sans encombre et à son retour, le pick-up était visiblement réparé. Mais ses enfants avaient disparu. Les miliciens, devant sa détresse, ne répondirent que par des rires moqueurs avant de la jeter à l’arrière du pick-up et de faire leur besogne.
À présent que le dernier se sentait soulagé, ils la poussèrent hors du véhicule avant de démarrer en trombe, laissant la jeune femme meurtrie et seule au milieu d’un quartier hostile. Elle s’en sortirait sans doute. Ou pas. Ce n’était plus leur problème.
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Bähr Unterson
Lieutenant
« -Un vrai plaisir de faire des affaires avec vous. »
« -Le plaisir était pour nous. Mais c’est vrai que les dollars sont les bienvenus. »
Bähr Unterson tendit une liasse de dollars Raksasans au chef du trio de Sayaken qui se tenait devant lui. Sans leur gilet pare-balle orné d’un Sacré-Cœur et autres artifices les identifiant comme des miliciens chrétiens, ils avaient l’air de simples brutes épaisses, les fatigues militaires complétant cette impression.
« -Concernant les trois gamins de cette après-midi, vous voulez qu’on en fasse quoi, au juste ? »
Bähr Unterson
Lieutenant
« -Si vous avez laissé la mère en vie, il vaut mieux qu’ils ne refassent pas surface. Laissons-la imaginer le pire et faire notre propagande toute seule. Même chose pour les gamins : balancer les corps à la décharge et laissez une des petites croix dans le poing d’un d’entre eux. »
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La rumeur des exactions de miliciens chrétiens contre les malheureux venu chercher leur protection se rependit vite dans la cité, décrédibilisant un peu les promesses de sanctuaire de l’église et aliénant d’avantage cette minorité religieuse déjà sur la sellette en cette période où chacun cherchaient des boucs émissaires et où l’intolérance se transformait aisément en violence.
Quartier n°5, Sayakon
Fédération d'Aquanox
[quote]Sayak !
La Légion t'offre protection, éducation et soin dans ces temps troublés.
Rejoins les quartiers tenus par la Légion du Sacré-Cœur, et bénéficie de notre aide, que tu sois chrétiens ou non.
Les hommes arborant le Sacré-Cœur sur le torse sont tes amis ![/quote]
Serrant cette affiche chiffonnée contre son cœur, Naru avançait à pas feutré, alerte au moindre bruit dans ces rues désormais désertes malgré l’heure avancée. Entre les milices oligarchiques qui évacuaient de force des quartiers entiers, les pillards et autres brigands aux intentions peu honorables et les risques d’attentat, nul ne s’aventurait dehors plus que nécessaire. Il en résultait que Sayakon, en dehors des rares échos de rafales ou d’explosion ainsi que la rumeur de la foule occupant encore la Place du Sénat, était devenue une ville morte.
Naru était l’une des nombreuses habitantes de Sayakon qui ne voulaient rien avoir avec les émeutes, les manifestations de grogne populaire, les combats de milice, les pillages et autres faits de violence. Elle voulait juste pouvoir travailler et vivre en paix avec ses deux enfants, lesquels la suivait en ce moment, visiblement apeurés. Elle avait pris grand soin de justement les terroriser quant à ce qui pourrait leur arriver s’ils s’éloignaient ou faisaient du bruit, évitant ainsi l’un ou l’autre caprice durant leur expédition.
D’ethnie Nameken, Naru travaillait d’ordinaire comme ingénieur au sein d’un des complexes de l’industrie électronique situé dans la banlieue de Sayakon. Son appartement dans le centre-ville était un coquet petit nid où elle et Tihjin, son époux avaient jusqu’ici mené une vie paisible. L’époux en question, un Nameken aussi mais converti à la foi chrétienne, était un homme aimant à l’âme généreuse et si les différences théologiques les opposaient fréquemment au début de leur relation, ils avaient appris à passer outre : la religion, sans être un tabou, était devenu quelque chose que chacun vivait en privé. Les valeurs chrétiennes, si elles pouvaient parfois surprendre Naru, restaient fondamentalement bonnes et bienveillantes, en accord avec celles encouragées par le Rock, de sorte que l’éducation des enfants n’en souffrait pas. La vie était douce…
Tihjin avait été tué lors de l’attentat au mortier contre l’église qu’il fréquentait. Elle, ce jour-là, était au travail et les enfants à l’école. On avait refusé de lui montrer le corps, ou du moins ce qu’il en restait. Avec un fatalisme propre au Tarnois, Naru avait rapidement fait son deuil pour aller de l’avant, espérant que le malheur s’écarte de sa famille meurtrie. C’était donc avec une pointe d’amertume qu’elle marchait aujourd’hui vers les ruines de l’église de Sayakon, dont les flèches pointaient à peine par-dessus les toits encadrant les ruelles étroites. Avançant à pas de chatte dans ce dédalle sombre, elle serra un peu plus fort l’affiche : sous peu, elle et ses enfants auraient un sanctuaire.
Deux blocs d’habitations supplémentaires et un sourire illumina son visage à leur vue. Ils étaient grands comme seuls les Sayaken pouvaient l’être, un épais gilet pare-balle serrant leur poitrine de géants, leur crâne chauve luisant au soleil qui brillait derrière eux mais moins que le symbole en argent pendu à leur cou. Tihjin avait tenté de lui expliquer quelques fois qu’il s’agissait du poteau sacrificiel où leur dieu avait été torturé par ses anciens fils avant de s’échapper dans les cieux ou quelque chose comme ça. Le fait était qu’en cet instant, ce poteau sacrificiel rayonnait d’espoirs aux yeux de Nahu.
Elle accéléra le pas vers l’escouade de miliciens chrétiens qui, alertés de sa présence et surpris, pointèrent leurs armes dans sa direction. Leurs armes se baissèrent en même temps que leur mine se fit plus douce à la vue des enfants qui suivaient celle qui, pour ce qu’ils en savaient, pouvaient très bien être une kamikaze de la Main Noire. Mais aucune mère n’aurait sacrifié ses enfants avec elle. Si l’air des soldats étaient plus détendus et visiblement pacifiques, leur ton restait dur et martial :
« -Qui va là ? N’avancez plus et identifiez-vous !! »
Nahu obtempéra, donnant son nom et levant même les bras en signe d’apaisement, ses enfants pendus à ses jambes tremblantes. Du regard, elle désigna l’affiche chiffonnée restée dans sa main droite tout ce temps.
« -Je… je viens chercher asile pour moi et mes enfants !! Mon mari était Tihjin, un homme de bien et un bon chrétien !! »
« -Je ne connais pas ce Tihjin mais toutes les bonnes âmes sont les bienvenues auprès de la Légion du Sacré-Cœur. Mais ne bouger pas, madame. Par sécurité, nous devons vous fouiller. Simple formalité. »
« -Je… je comprends. »
« -Parfait. Cela ne durera qu’un instant. Êtes-vous blessée ? »
Sitôt assurés qu’elle n’avait ni arme ni explosif, les miliciens laissèrent Nahu passer, la guidant vers un pick-up. Elle y fit grimper ses enfants tout en remerciant l’aide d’un des Sayaken quand vint son tour de monter. Enfin, elle et ses enfants étaient en sécurité…
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L’homme se releva et reboutonna son pantalon, ignorant les sanglots étouffés de Nahu. Recroquevillée sur elle-même, la Nameken pleurait sans larmes, les dernières étant tombées quelques heures avant quand on lui avait enlevé ses enfants.
Leur sort restait inconnu mais la Fédération était vaste et le monde chrétien plus vaste encore. Elle avait entendu l’un des Sayaken rigoler, parlant de « chair fraiche pour m’sieur l’abbé », laissant supposé le pire. Elle se souvenait des paroles d’un sermon chrétien entendu jadis, lorsqu’elle avait accompagné Tihjin à l’église pour lui faire plaisir. « Manger car ceci est mon corps ». Si le cannibalisme n’était pas inconnu au Tarnosia, les Sayaken en pratiquant encore une forme rituelle, elle espérait sincèrement que ses enfants ne seraient que dévorés car d’autres rumeurs circulaient sur une autre forme d’appétit des émissaires du Christ…
Tout c’était passé si vite. Le pick-up s’était écarté de la route principale, bloquée par un immeuble effondré si on en croyait les miliciens du Sacré-Cœur. Le détour n’avait pas inquiété Nahu avant que les flèches de l’église n’aient complétement disparues. Puis ils étaient arrivés en banlieue et le véhicule s’était arrêté. Un des Sayaken l’avait appelé et elle était descendue du véhicule. Il lui avait dit qu’ils avaient un petit souci mécanique. Pendant que deux des miliciens vérifiaient le moteur, le troisième irait chercher de l’essence et de l’huile dans un magasin, dans une des rues voisines. Mais ces rues n’étant pas sûr, il lui fallait de l’aide car il ne pourrait pas porter son fusil et les jerricans en même temps. Nahu, bien qu’un rien inquiète, trouva la proposition raisonnable, d’autant qu’on lui fit comprendre qu’il ne fallait pas trop trainé par ici. Le trajet fut rapide et sans encombre et à son retour, le pick-up était visiblement réparé. Mais ses enfants avaient disparu. Les miliciens, devant sa détresse, ne répondirent que par des rires moqueurs avant de la jeter à l’arrière du pick-up et de faire leur besogne.
À présent que le dernier se sentait soulagé, ils la poussèrent hors du véhicule avant de démarrer en trombe, laissant la jeune femme meurtrie et seule au milieu d’un quartier hostile. Elle s’en sortirait sans doute. Ou pas. Ce n’était plus leur problème.
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Bähr Unterson
Lieutenant
« -Un vrai plaisir de faire des affaires avec vous. »
« -Le plaisir était pour nous. Mais c’est vrai que les dollars sont les bienvenus. »
Bähr Unterson tendit une liasse de dollars Raksasans au chef du trio de Sayaken qui se tenait devant lui. Sans leur gilet pare-balle orné d’un Sacré-Cœur et autres artifices les identifiant comme des miliciens chrétiens, ils avaient l’air de simples brutes épaisses, les fatigues militaires complétant cette impression.
« -Concernant les trois gamins de cette après-midi, vous voulez qu’on en fasse quoi, au juste ? »
Bähr Unterson
Lieutenant
« -Si vous avez laissé la mère en vie, il vaut mieux qu’ils ne refassent pas surface. Laissons-la imaginer le pire et faire notre propagande toute seule. Même chose pour les gamins : balancer les corps à la décharge et laissez une des petites croix dans le poing d’un d’entre eux. »
---------------------------------------------------------------------------------------
La rumeur des exactions de miliciens chrétiens contre les malheureux venu chercher leur protection se rependit vite dans la cité, décrédibilisant un peu les promesses de sanctuaire de l’église et aliénant d’avantage cette minorité religieuse déjà sur la sellette en cette période où chacun cherchaient des boucs émissaires et où l’intolérance se transformait aisément en violence.
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Margaery
[center]Les Oligarques : Sybil Mazek (Partie 1) [/center]
[center][img]http://image.noelshack.com/fichiers/2015/37/1441704357-bloggif-55eea98d69c01.png[/img][/center]
L’inaction et l'entêtement du Gouvernement en place était véritablement inquiétante. A ce rythme on allait vers le bain de sang avant même que la division fédérale daigne pointer le bout de son nez. Dans le même temps, la revendication des attentas par la Main Noire mettait les Oligarques en état d’ébullition. Ils étaient à présent certains que derrière les blackwoodistes se cachait cette sinistre organisation. Dans toute la ville, des heurts entre la milice oligarchique et les fascistes avaient eu lieu. Mais la milice avait des ordres, tirer le moins possible et refuser au plus possible le combat pour se retrancher dans les positions sûres des quartiers oligarques.
L'oligarque Sybil Mazek reçoit en personne l’émissaire du Parti Libéral-Démocrate. Une alliance avec Kotakeino pouvait être assez tentante mais les oligarques peinaient encore à lui faire confiance.
C'était sans compter sans un nouveau message, venant d'un espion oligarque au sein du Palais Présidentiel. Cela faisait longtemps que les grands industriels avaient corrompu les fonctionnaires du Palais qui donnaient parfois des informations intéressantes. La Garde Nationale demandait la possibilité d'intervenir librement en ville. Les Oligarques se méfiaient de la Garde Nationale qui pourrait se sentir proche des militaristes blackwoodistes. Ils n'avaient aucune certitude mais se doutaient donc qu'il y avait anguille sous roche.
Le temps était compté, d'autant plus que le Gouvernement ne donnait toujours aucun signe en faveur des Oligarques.
Actions des Oligarques sur le terrain :
-Les Oligarques acceptent la proposition du Parti Libéral-Démocrate sous plusieurs conditions. La milice oligarchique aidera en douce à prendre le Sénat mais sous les couleurs du Parti Libéral-Démocrate, les miliciens qui opéreront sur la mission revêtent l'uniforme de la milice du PLD mais restent sous contrôle oligarque. Le bâtiment devra être pris rapidement et avec le moins de violence possible. La vie des sénateurs devra être préservée et aucun mal leur être fait. Un vote de censure devra être accompli immédiatement pour destituer l'ancien président et en élire un autre dans la foulée.
[center]__________________________________________[/center]
Si les conditions sont acceptées :
-Les Oligarques pèseront discrètement de tout leur poids sur les sénateurs pour faire élire le leader démocrate.
-Une fois le nouveau président élu, celui ci devra s'engager à la libération de l'oligarque Dael Valeriak.
-Dans le cadre de leur alliance avec les Royalistes, les Oligarques exigent du PLD que des royalistes ainsi que des oligarques devront faire parti du Gouvernement qui se voudra un gouvernement d'Union Nationale pour gérer la crise. Les chrétiens devront être mieux perçus. (En fait les Oligarques se fichent pas mal des religions et des croyances, ils sont justes opportunistes et vénèrent l'argent mais ça ils ne le disent pas...)
-Les Oligarques envoient un émissaire aux royalistes pour relancer l'idée d'un Gouvernement d'union nationale. Ils leur rappellent à leur bon souvenir l'attentat du Sacré-Cœur et les exhortent à soutenir l'initiative des oligarques et du PLD. Sinon nous risquons purement et simplement la prise de pouvoir des blackwoodistes.
-Les Oligarques envoient un émissaire au Commandant de la division fédérale en route avec un message très grave. L'ancien Gouvernement allait pactiser avec des militaires vendus au Blackwoodistes soutenus par la Main Noire. Les politiques ont laissé grandir la menace et maintenant on risquait la prise du pouvoir sur Sayakon d'envoyés de ce fléau !! L’émissaire rappelle au commandant le nombre de soldats tarnois tués sous les balles des ignobles combattants de la Main Noire au Pelabssa. L'attentat de la Place du Sénat est raconté avec moult détail. Les Oligarques assurent qu'ils ont agi en citoyens dévoués, devant puiser dans leurs ressources pour recruter des combattants et ainsi tenter de protéger la population. S'ensuit un discours larmoyant sur les pauvres citoyens du PLD, de la Légion (si celle ci soutient l'initiative) et oligarques, obligés la mort dans l'âme de renverser un gouvernement qui a vendu son âme au diable. Les Oligarques demandent à la division de se rallier au nouveau président, qui aura à cœur de protéger la paix civile avec un gouvernement d'union nationale.
[center]______________________________________[/center]
Si les conditions ne sont pas acceptées par le PLD :
-Si une entente n'est pas trouvée avec le PLD, les Oligarques continuent de jouer la montre et demandent toujours la protection du Gouvernement.
-Dans les deux cas : Propagande partout dans la ville " Blackwoodiste = Main Noire" . Nulle doute que cela aura de l'effet auprès d'une population qui est très patriote...
(HRP : Attention j'ai édité mon message depuis sa parution ! )
[center][img]http://image.noelshack.com/fichiers/2015/37/1441704357-bloggif-55eea98d69c01.png[/img][/center]
L’inaction et l'entêtement du Gouvernement en place était véritablement inquiétante. A ce rythme on allait vers le bain de sang avant même que la division fédérale daigne pointer le bout de son nez. Dans le même temps, la revendication des attentas par la Main Noire mettait les Oligarques en état d’ébullition. Ils étaient à présent certains que derrière les blackwoodistes se cachait cette sinistre organisation. Dans toute la ville, des heurts entre la milice oligarchique et les fascistes avaient eu lieu. Mais la milice avait des ordres, tirer le moins possible et refuser au plus possible le combat pour se retrancher dans les positions sûres des quartiers oligarques.
L'oligarque Sybil Mazek reçoit en personne l’émissaire du Parti Libéral-Démocrate. Une alliance avec Kotakeino pouvait être assez tentante mais les oligarques peinaient encore à lui faire confiance.
C'était sans compter sans un nouveau message, venant d'un espion oligarque au sein du Palais Présidentiel. Cela faisait longtemps que les grands industriels avaient corrompu les fonctionnaires du Palais qui donnaient parfois des informations intéressantes. La Garde Nationale demandait la possibilité d'intervenir librement en ville. Les Oligarques se méfiaient de la Garde Nationale qui pourrait se sentir proche des militaristes blackwoodistes. Ils n'avaient aucune certitude mais se doutaient donc qu'il y avait anguille sous roche.
Le temps était compté, d'autant plus que le Gouvernement ne donnait toujours aucun signe en faveur des Oligarques.
Actions des Oligarques sur le terrain :
-Les Oligarques acceptent la proposition du Parti Libéral-Démocrate sous plusieurs conditions. La milice oligarchique aidera en douce à prendre le Sénat mais sous les couleurs du Parti Libéral-Démocrate, les miliciens qui opéreront sur la mission revêtent l'uniforme de la milice du PLD mais restent sous contrôle oligarque. Le bâtiment devra être pris rapidement et avec le moins de violence possible. La vie des sénateurs devra être préservée et aucun mal leur être fait. Un vote de censure devra être accompli immédiatement pour destituer l'ancien président et en élire un autre dans la foulée.
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Si les conditions sont acceptées :
-Les Oligarques pèseront discrètement de tout leur poids sur les sénateurs pour faire élire le leader démocrate.
-Une fois le nouveau président élu, celui ci devra s'engager à la libération de l'oligarque Dael Valeriak.
-Dans le cadre de leur alliance avec les Royalistes, les Oligarques exigent du PLD que des royalistes ainsi que des oligarques devront faire parti du Gouvernement qui se voudra un gouvernement d'Union Nationale pour gérer la crise. Les chrétiens devront être mieux perçus. (En fait les Oligarques se fichent pas mal des religions et des croyances, ils sont justes opportunistes et vénèrent l'argent mais ça ils ne le disent pas...)
-Les Oligarques envoient un émissaire aux royalistes pour relancer l'idée d'un Gouvernement d'union nationale. Ils leur rappellent à leur bon souvenir l'attentat du Sacré-Cœur et les exhortent à soutenir l'initiative des oligarques et du PLD. Sinon nous risquons purement et simplement la prise de pouvoir des blackwoodistes.
-Les Oligarques envoient un émissaire au Commandant de la division fédérale en route avec un message très grave. L'ancien Gouvernement allait pactiser avec des militaires vendus au Blackwoodistes soutenus par la Main Noire. Les politiques ont laissé grandir la menace et maintenant on risquait la prise du pouvoir sur Sayakon d'envoyés de ce fléau !! L’émissaire rappelle au commandant le nombre de soldats tarnois tués sous les balles des ignobles combattants de la Main Noire au Pelabssa. L'attentat de la Place du Sénat est raconté avec moult détail. Les Oligarques assurent qu'ils ont agi en citoyens dévoués, devant puiser dans leurs ressources pour recruter des combattants et ainsi tenter de protéger la population. S'ensuit un discours larmoyant sur les pauvres citoyens du PLD, de la Légion (si celle ci soutient l'initiative) et oligarques, obligés la mort dans l'âme de renverser un gouvernement qui a vendu son âme au diable. Les Oligarques demandent à la division de se rallier au nouveau président, qui aura à cœur de protéger la paix civile avec un gouvernement d'union nationale.
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Si les conditions ne sont pas acceptées par le PLD :
-Si une entente n'est pas trouvée avec le PLD, les Oligarques continuent de jouer la montre et demandent toujours la protection du Gouvernement.
-Dans les deux cas : Propagande partout dans la ville " Blackwoodiste = Main Noire" . Nulle doute que cela aura de l'effet auprès d'une population qui est très patriote...
(HRP : Attention j'ai édité mon message depuis sa parution ! )
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Thunderoad
Le Parti Libéral-Démocrate se préparait de plus en plus vite d'heure en heure . Il comptait désormais environ un millier de miliciens armés et les plans d'attaque se précisaient .
Missive aux oligarques de Kaito Kyminen
Je suis Kaito Kyminen , c'est moi qui vais gérer l'opération pour le Parti Libéral-Démocrate .
Je suis totalement apolitique et je ne défends que le capitalisme : tout ceux qui s'accordent à refuser le collectivisme sont les bienvenus avec moi .
Le Parti Libéral-Démocrate milite pour la paix et l'équité , il était de toutes façons dans nos plans initiaux de s'y prendre avec le moins de violence possible . Notre objectif est de cercler la bâtisse et de l'envahir au plus vite pour forcer la procédure de destitution et de rétablissement de l'ordre .
D'après mes calculs , nous pouvons ensemble former une force d'environ 2 000 miliciens armés .
Déclaration de principe de Vapaus Kotakeino
J'accepte d'entrer en un gouvernement d'union nationale avec les monarchistes .
Mes différends avec eux ne sont valables qu'en temps de paix et de démocratie mais nous savons tous très bien que pour l'heure la menace c'est la prise du pouvoir par les fascistes aussi nous sommes volontiers ouverts à œuvrer avec les monarchistes pour bloquer les fascistes . La priorité du futur gouvernement sera le rétablissement de l'ordre , la sureté de la propriété privée , l'élimination totale et définitive des blackwoodistes et le maintien des institutions actuelles tant que l'avant-dernier point n'est pas pleinement réglé . Si cela plait à tous et en preuve de bonne foi envers les monarchistes je peux ne pas me présenter et laisser Kaito Kyminen ou un autre membre influent du PLD se présenter au poste présidentiel .
Missive aux oligarques de Kaito Kyminen
Je suis Kaito Kyminen , c'est moi qui vais gérer l'opération pour le Parti Libéral-Démocrate .
Je suis totalement apolitique et je ne défends que le capitalisme : tout ceux qui s'accordent à refuser le collectivisme sont les bienvenus avec moi .
Le Parti Libéral-Démocrate milite pour la paix et l'équité , il était de toutes façons dans nos plans initiaux de s'y prendre avec le moins de violence possible . Notre objectif est de cercler la bâtisse et de l'envahir au plus vite pour forcer la procédure de destitution et de rétablissement de l'ordre .
D'après mes calculs , nous pouvons ensemble former une force d'environ 2 000 miliciens armés .
Déclaration de principe de Vapaus Kotakeino
J'accepte d'entrer en un gouvernement d'union nationale avec les monarchistes .
Mes différends avec eux ne sont valables qu'en temps de paix et de démocratie mais nous savons tous très bien que pour l'heure la menace c'est la prise du pouvoir par les fascistes aussi nous sommes volontiers ouverts à œuvrer avec les monarchistes pour bloquer les fascistes . La priorité du futur gouvernement sera le rétablissement de l'ordre , la sureté de la propriété privée , l'élimination totale et définitive des blackwoodistes et le maintien des institutions actuelles tant que l'avant-dernier point n'est pas pleinement réglé . Si cela plait à tous et en preuve de bonne foi envers les monarchistes je peux ne pas me présenter et laisser Kaito Kyminen ou un autre membre influent du PLD se présenter au poste présidentiel .
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Otto
[justify]Du côté des monarchistes de la Légion, on n'accepte pas le principe du gouvernement d'Union Nationale proposée par les oligarques et les démocrates, pour l'instant du moins. La Légion demande aux Démocrates de reconnaître la communauté catholique comme l'une des communauté de la Fédération et de promettre à celle-ci de vivre en paix sur les territoires fédéraux, sans quoi la Légion préfèrera lutter seule, d'autant plus qu'elle semble être en bonne position dans cette ville.
La Légion, ayant désormais un nombre important de soldats et un équipement assez correct grâce aux Oligarques, décide de franchir un niveau supérieur. Jusqu'à maintenant barricadé dans le quartier 21, le Chapitre ordonne à 300 légionnaires d'aller prendre le contrôle du quartier 20, plutôt populaire ainsi qu'à 100 autres d'installer des avant-postes dans le quartier 22. Le but est d'asseoir une assise territoriale forte dans le sud populeux de la ville, loin des centres de pouvoir et des poumons économiques. Dans le quartier 21 un hôpital de campagne est installé et est occupé par des prêtres, lesquels ne sont pas armés. Il est faiblement protégé car la Légion ne peut imaginer que d'autres belligérants puissent prendre d'assaut un lieu où l'on soigne les blessés de toutes les confessions et de tout les camps. Dans le quartier 22, trois avants-postes s'installent dans trois tours d'immeubles. Ce sont des sortes de bunkers chargés de prévenir toute avancé fasciste... Pour l'instant, aucun ordre n'a été donné quant à l'arrivé des démocrates puisque les rapports entre la Légion et ceux-ci ne se sont pas clarifiés. Les soldats appliquent la politique du "Dans le doute, tirons", mais sans que les officiers supérieurs ne soient réellement au courant. Dans les tours, les soldats ont aussi un peu de matériel médical pour soigner les civils et on pour ordre d'indiquer aux civils les quartier protégés par la Légion. Un dispensaire est installé dans le quartier, assez près d'un des avant-poste (le Bastion Saint-Luc comme l'ont baptisé ses occupants). Celui-ci est dirigé par le diacre Hannes, soutenu par deux médecins généralistes, deux anciens étudiants en médecine et une infirmière. Douze Légionnaires défendent le dispensaire.
Dans le quartier 21, la Légion continue de défendre une vie calme, permettant aux réfugiés de faire comme si les émeutes n'existaient pas. Une force de police s'est montée afin de faire respecter l'ordre dans le quartier : la Milice Chrétienne de Saint Jacques. Pour l'instant, son rôle se limite à condamner les voleurs qui sévissent. Ils sont armés légèrement mais peuvent servir de forces d'appoints en cas d'attaque.
Parmi les Légionnaires, certains commencent sérieusement à s'opposer à la politique d'alliance du Chapitre et du Conseil de Régence. L'abbé Mauno, prêtre membre du Chapitre, voit se fédérer autour de lui un groupe de monarchistes convaincu, qui plus que la paix, veulent la victoire du roi. Pour l'instant, ce groupe ne tente rien et reste minoritaire, mais il essaye de se faire entendre parmi les membres de la Légion.[/justify]
La Légion, ayant désormais un nombre important de soldats et un équipement assez correct grâce aux Oligarques, décide de franchir un niveau supérieur. Jusqu'à maintenant barricadé dans le quartier 21, le Chapitre ordonne à 300 légionnaires d'aller prendre le contrôle du quartier 20, plutôt populaire ainsi qu'à 100 autres d'installer des avant-postes dans le quartier 22. Le but est d'asseoir une assise territoriale forte dans le sud populeux de la ville, loin des centres de pouvoir et des poumons économiques. Dans le quartier 21 un hôpital de campagne est installé et est occupé par des prêtres, lesquels ne sont pas armés. Il est faiblement protégé car la Légion ne peut imaginer que d'autres belligérants puissent prendre d'assaut un lieu où l'on soigne les blessés de toutes les confessions et de tout les camps. Dans le quartier 22, trois avants-postes s'installent dans trois tours d'immeubles. Ce sont des sortes de bunkers chargés de prévenir toute avancé fasciste... Pour l'instant, aucun ordre n'a été donné quant à l'arrivé des démocrates puisque les rapports entre la Légion et ceux-ci ne se sont pas clarifiés. Les soldats appliquent la politique du "Dans le doute, tirons", mais sans que les officiers supérieurs ne soient réellement au courant. Dans les tours, les soldats ont aussi un peu de matériel médical pour soigner les civils et on pour ordre d'indiquer aux civils les quartier protégés par la Légion. Un dispensaire est installé dans le quartier, assez près d'un des avant-poste (le Bastion Saint-Luc comme l'ont baptisé ses occupants). Celui-ci est dirigé par le diacre Hannes, soutenu par deux médecins généralistes, deux anciens étudiants en médecine et une infirmière. Douze Légionnaires défendent le dispensaire.
Dans le quartier 21, la Légion continue de défendre une vie calme, permettant aux réfugiés de faire comme si les émeutes n'existaient pas. Une force de police s'est montée afin de faire respecter l'ordre dans le quartier : la Milice Chrétienne de Saint Jacques. Pour l'instant, son rôle se limite à condamner les voleurs qui sévissent. Ils sont armés légèrement mais peuvent servir de forces d'appoints en cas d'attaque.
Parmi les Légionnaires, certains commencent sérieusement à s'opposer à la politique d'alliance du Chapitre et du Conseil de Régence. L'abbé Mauno, prêtre membre du Chapitre, voit se fédérer autour de lui un groupe de monarchistes convaincu, qui plus que la paix, veulent la victoire du roi. Pour l'instant, ce groupe ne tente rien et reste minoritaire, mais il essaye de se faire entendre parmi les membres de la Légion.[/justify]
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Alwine
Maintenant qu'il avait officiellement fait connaître sa position, Monseigneur Kaelung Ragar, l'évêque de Sayakon, recevait nombre d'échos de ce qui se passait dans la cité, plus encore qu'avant, comme si les chrétiens ressentaient le besoin de faire savoir à leur berger ce qui se passait avec plus de célérité et de précision qu'au part avant, maintenant qu'il avait ouvertement montré qu'il était prêt à prendre position de manière ouverte et pacifique, chrétienne et tout à la fois tolérante avec les non-chrétiens, ouvrant même, selon certains, la porte à une entente avec ceux qui voulaient se faire les ennemis de la variable foi, laquelle n'avait comme véritable ennemi que le Malin et ceux qui décidaient de se vouer corps et âme à lui, et non pas les brebis perdues qui, un jour, l'évêque et de nombreux chrétiens dans la ville et bien au-delà en étaient convaincus, reviendraient naturellement dans le troupeau, sou le bâton et la houlette de Jésus-Christ, sous son regard à la fois bienveillant, aimant et protecteur.
Après avoir un moment hésité sur la conduite à tenir devant cet afflux d'information, il avait finalement décidé, après une longue heure passée en prière pour demander au Seigneur de lui donner la force et surtout la sagesse de faire face à cette situation du mieux possible et pour le plus grand intérêt de ses fidèles ouailles à travers toute la ville de Sayakon, mais aussi pour le plus grand bien de la Chrétienté toute entière, de ne plus rester dans l'ombre, et d'adresser un certain nombre de messages et de réponses, en espérant que tout cela pourrait servir à apaiser les tensions dans la ville et à faire avancer la cause des chrétiens et des royalistes sans pour autant mettre le feu aux poudres. Chaque réponse devrait donc être soigneusement pensée, qu'elle soit donnée en son nom propre ou au nom de la charge ecclésiastique qu'il occupait, pour éviter de se laisser entraîner dans une logique de violence ou de conflit. Le but de l'évêque était avant tout de protéger tout à la fois ses ouailles et sa foi, et de faire avancer les causes auxquels il croyait ensuite.
Sa première réponse officielle fut aussi la plus facile, celle faites aux prêtres du Sacré-Cœur qui souhaitaient commencer à travailler sur un missel local, qui visait à traduire le rite tridentin en langue vernaculaire pour que tous et toutes puissent suivre la messe, mais également pour faire taire les rumeurs présentant la religion chrétienne comme une religion étrangère, tenant exclusivement du domaine de l'Alméra, et les chrétiens eux-mêmes comme des étrangers, si étrange que soit cette position étant donné que la majorité d'entre-eux étaient nés ici, comme leurs ancêtre avant eux dans la plupart des cas. L'évêque approuve totalement cette initiative, dans la mesure où, comme annoncé, elle ne modifie rien du rite établit et approuvé par l'évêché, mais se contente simplement de le mettre à la portée des croyants. Il salue ce projet et appel les prêtres à le poursuivre quelque soit la tournure des événements politiques, et à voir cette tâche avant tout pour son côté le plus noble, qui est de permettre à tous ceux qui le désireront de mieux suivre et comprendre la messe, plutôt que de se concentrer sur les mauvaises paroles de certains hommes.
Toujours à l'adresse de la Légion du Sacré-Cœur, il rappel, en apprenant que des renforts sont envoyés à la gare et que des combattants se déplacent vers divers quartiers, son exhortation à ne pas tomber dans le cercle de la violence gratuite et de la haine, mais au contraire à toujours se rappeler le message de leur Seigneur Jésus-Christ, invitant à aimer son prochain comme soit-même, à aimer son ami mais également son ennemi. S'il réaffirma encore une fois que la Légion du Sacré-Cœur avait le droit de se défendre, et qu'il était noble et juste d'étendre cette défense à des lieux qui, comme la gare, avaient été la cible des mêmes attentas que ceux qui avaient frappés les Martyrs du Sacré-Cœur, s'il se déclara absolument et totalement convaincu que la Légion n'envoyait des forces dans d'autres secteurs que ceux qu'elle protégeait déjà que pour étendre la paix du Christ sur ces zones trop peu protégées, pour apporter la charité chrétienne aux habitants de ces zones et garantir leur sécurité, il leur demanda une fois encore, tous, qu'ils gardent la gare, protège les quartiers à forte présence chrétienne ou étende cette protection à d'autres lieux, à uniquement se défendre et surtout à ne pas chercher à affronter l'armée régulière par les armes au détriment des vies des civils qu'ils devaient garder et non mettre en danger.
Rappelant aux chrétiens de la ville que toutes ces déclarations se faisaient en son nom, mais aussi au nom de l'évêché, qu'il parlait, avec la bénédiction du Chef de l'Église dans leur pays, l'Archevêque de Nueva Esperanza, en tant que leur évêque, leur guide, la voix de la Sainte Église Catholique et Urbaine dans la ville et donc, par extension, la du premier prote-parole de leur Seigneur Jésus-Christ à Sayakon, il les exhorta une nouvelle fois à se conduire chrétiennement, non comme des agneaux bien entendu mais pas non plus comme des tyrans ou des agents de la tyrannie, rappelant que la violence facile était une tentation du Malin, du Prince de ce Monde, à laquelle il ne fallait en aucun cas céder, faute de quoi on cédait non seulement à un comportement destructeur et violent mais aussi à celui qui en était à l'origine, le Maître des Mensonges, l'Ennemi, autrement dit à Satan lui-même. Investit de toute son autorité spirituelle et morale, il confirma aux catholiques, qu'ils soient ou non de la Légion du Sacré-Cœur, qu'ils devaient toujours prendre garde à leurs âmes dans leurs actions. Défendre les opprimés élevait l'âme, la violence gratuite la noircissait.
Toujours avec cette autorité épiscopale, il fit par des rumeurs qu'on lui avait rapporté, voulant que certains parmi les membres de la Légion du Sacré-Cœur se livrent à divers exactions au nom des chrétiens, et particulièrement à des viols et à des enlèvements d'enfants. Il condamna fermement la part de ces rumeurs qui voulait que de tels actes soient autorisés ou même commandés par la hiérarchie catholique, et exprima fermement, en tant que chef de l'Église de Sayakon, que cela n'était que mensonge ou méconnaissance, tromperie ou erreur. Néanmoins, il affirma que, si elles étaient sincères, il transmettait tout son soutient aux victimes et les assurait que cela n'était la volonté ni de l'Église ni de Jésus-Christ, et leur dit qu'ils pouvaient passer par des hommes de confiance pour se placer sous la protection des véritables et dignes légionnaires, sous le regard bienveillant du Christ. Il promit l'aide des prêtres pour soigner les blessures aussi bien du cœur que du corps, dans toute la mesure de ce qui était humainement possible.
Il demanda à toutes les organisations ou groupement chrétiens, et d'abord à la Légion du Sacré-Cœur qui, au nom des martyrs faits en son sein, devait se montrer exemplaire, de mener une enquête interne pour disculper ses forces ou, si les choses s'avéraient fondées, s'il s'agissait vraiment des actes de véritables légionnaires, pour condamner ceux qui s'étaient rendus coupables de tels actes, avec la plus grande et la plus totale des sévérités. Il affirma que de telles choses n'étaient pas et ne pouvaient pas être tolérées par l'évêque qu'il était, que l'autorité épiscopale condamnait pleinement de telles choses. Tous les éventuels coupables étaient invités à se dénoncer et à se rendre, non pour atténuer le châtiment terrestre, qui resterait tout aussi sévère, mais pour le salut de leur âme immortelle. Il jeta sa condamnation sur tous ceux qui s'étaient rendus coupables de tels actes, légionnaires ou non, et affirma qu'ils seraient jugés par le Dieu le Père pour leurs actes, qu'ils brûleraient dans les flammes de l'enfer, et les exhorta à se repentir au plus vite pour espérer avoir la moindre chance de rachat de leur âme éternelle.
N'aillant pas été mis au courant de toutes les évolutions précises des alliances avec les uns et les autres, les négociations se faisant jusqu'ici principalement avec la Légion du Sacré-Cœur elle-même, Monseigneur Kaelung Ragar ne pu réagir précisément dessus, mais réafirma une fois encore qu'il croyait profondément aux valeurs chrétiennes et monarchiques, et proclama qu'il s'agissait là des meilleures voies que, personnellement, il pouvait conseiller à chaque homme et chaque femme vivant à Sayakon, ainsi que dans tout le pays et dans le monde entier. Il dit encore une fois que, personnellement, il considérait le retour de la monarchie comme la voie qui permettrait de restaurer la paix et de rassembler le peuple, évitant des événements aussi agités que ceux de ces derniers jours. Il salua le fait que le discours des démocrates ait connu un certain apaisement, et les appela publiquement, s'ils voulaient vraiment construire la paix comme ils le proclamaient tant, s'ils voulaient vraiment la liberté des peuples, s'ils voulaient vraiment parler aux noms des hommes et des femmes qu'ils disaient représenter, à reconnaître la religion chrétienne comme une religion de plein droit, dans la ville comme dans tout le pays, non pas étrangère mais pleinement légitime, autant locale qu'elle était universelle. Bref, il leur demandait de cesser leurs attaques et au contraire d'avancer main dans la main avec leurs frères et sœurs chrétiens pour construire un pays plus juste.
Tout cela ne fut pas l'objet d'un discours, mais envoyé aux divers responsables religieux sous la forme d'un communiqué précis et écris, en même temps qu'il était à nouveau répandu dans toute la ville par des prêcheurs, qui transmettaient ainsi la bonne parole à tous les chrétiens de la capitale, et aussi aux autres. Plusieurs paroissiens plus jeunes mais tout aussi dévoués se chargèrent de faire circuler le texte du communiqué sur internet, pour toucher aussi bien les gens dans la rue que ceux qui préféraient s'informer sur la toile. La communication de l'évêque était lancée, mais il s'efforçait de garder une certaine distance, une autorité d'arbitre autant que possible. La Légion du Sacré-Cœur était déjà en première ligne pour les questions de terrain proprement dites, lui se voulait une autorité morale, capable de surveiller la situation avec la distance nécessaire pour, aidé de la lumière du Christ, priant pour être habité par la sagesse de l'Esprit Saint, l'évaluer au mieux.
Après avoir un moment hésité sur la conduite à tenir devant cet afflux d'information, il avait finalement décidé, après une longue heure passée en prière pour demander au Seigneur de lui donner la force et surtout la sagesse de faire face à cette situation du mieux possible et pour le plus grand intérêt de ses fidèles ouailles à travers toute la ville de Sayakon, mais aussi pour le plus grand bien de la Chrétienté toute entière, de ne plus rester dans l'ombre, et d'adresser un certain nombre de messages et de réponses, en espérant que tout cela pourrait servir à apaiser les tensions dans la ville et à faire avancer la cause des chrétiens et des royalistes sans pour autant mettre le feu aux poudres. Chaque réponse devrait donc être soigneusement pensée, qu'elle soit donnée en son nom propre ou au nom de la charge ecclésiastique qu'il occupait, pour éviter de se laisser entraîner dans une logique de violence ou de conflit. Le but de l'évêque était avant tout de protéger tout à la fois ses ouailles et sa foi, et de faire avancer les causes auxquels il croyait ensuite.
Sa première réponse officielle fut aussi la plus facile, celle faites aux prêtres du Sacré-Cœur qui souhaitaient commencer à travailler sur un missel local, qui visait à traduire le rite tridentin en langue vernaculaire pour que tous et toutes puissent suivre la messe, mais également pour faire taire les rumeurs présentant la religion chrétienne comme une religion étrangère, tenant exclusivement du domaine de l'Alméra, et les chrétiens eux-mêmes comme des étrangers, si étrange que soit cette position étant donné que la majorité d'entre-eux étaient nés ici, comme leurs ancêtre avant eux dans la plupart des cas. L'évêque approuve totalement cette initiative, dans la mesure où, comme annoncé, elle ne modifie rien du rite établit et approuvé par l'évêché, mais se contente simplement de le mettre à la portée des croyants. Il salue ce projet et appel les prêtres à le poursuivre quelque soit la tournure des événements politiques, et à voir cette tâche avant tout pour son côté le plus noble, qui est de permettre à tous ceux qui le désireront de mieux suivre et comprendre la messe, plutôt que de se concentrer sur les mauvaises paroles de certains hommes.
Toujours à l'adresse de la Légion du Sacré-Cœur, il rappel, en apprenant que des renforts sont envoyés à la gare et que des combattants se déplacent vers divers quartiers, son exhortation à ne pas tomber dans le cercle de la violence gratuite et de la haine, mais au contraire à toujours se rappeler le message de leur Seigneur Jésus-Christ, invitant à aimer son prochain comme soit-même, à aimer son ami mais également son ennemi. S'il réaffirma encore une fois que la Légion du Sacré-Cœur avait le droit de se défendre, et qu'il était noble et juste d'étendre cette défense à des lieux qui, comme la gare, avaient été la cible des mêmes attentas que ceux qui avaient frappés les Martyrs du Sacré-Cœur, s'il se déclara absolument et totalement convaincu que la Légion n'envoyait des forces dans d'autres secteurs que ceux qu'elle protégeait déjà que pour étendre la paix du Christ sur ces zones trop peu protégées, pour apporter la charité chrétienne aux habitants de ces zones et garantir leur sécurité, il leur demanda une fois encore, tous, qu'ils gardent la gare, protège les quartiers à forte présence chrétienne ou étende cette protection à d'autres lieux, à uniquement se défendre et surtout à ne pas chercher à affronter l'armée régulière par les armes au détriment des vies des civils qu'ils devaient garder et non mettre en danger.
Rappelant aux chrétiens de la ville que toutes ces déclarations se faisaient en son nom, mais aussi au nom de l'évêché, qu'il parlait, avec la bénédiction du Chef de l'Église dans leur pays, l'Archevêque de Nueva Esperanza, en tant que leur évêque, leur guide, la voix de la Sainte Église Catholique et Urbaine dans la ville et donc, par extension, la du premier prote-parole de leur Seigneur Jésus-Christ à Sayakon, il les exhorta une nouvelle fois à se conduire chrétiennement, non comme des agneaux bien entendu mais pas non plus comme des tyrans ou des agents de la tyrannie, rappelant que la violence facile était une tentation du Malin, du Prince de ce Monde, à laquelle il ne fallait en aucun cas céder, faute de quoi on cédait non seulement à un comportement destructeur et violent mais aussi à celui qui en était à l'origine, le Maître des Mensonges, l'Ennemi, autrement dit à Satan lui-même. Investit de toute son autorité spirituelle et morale, il confirma aux catholiques, qu'ils soient ou non de la Légion du Sacré-Cœur, qu'ils devaient toujours prendre garde à leurs âmes dans leurs actions. Défendre les opprimés élevait l'âme, la violence gratuite la noircissait.
Toujours avec cette autorité épiscopale, il fit par des rumeurs qu'on lui avait rapporté, voulant que certains parmi les membres de la Légion du Sacré-Cœur se livrent à divers exactions au nom des chrétiens, et particulièrement à des viols et à des enlèvements d'enfants. Il condamna fermement la part de ces rumeurs qui voulait que de tels actes soient autorisés ou même commandés par la hiérarchie catholique, et exprima fermement, en tant que chef de l'Église de Sayakon, que cela n'était que mensonge ou méconnaissance, tromperie ou erreur. Néanmoins, il affirma que, si elles étaient sincères, il transmettait tout son soutient aux victimes et les assurait que cela n'était la volonté ni de l'Église ni de Jésus-Christ, et leur dit qu'ils pouvaient passer par des hommes de confiance pour se placer sous la protection des véritables et dignes légionnaires, sous le regard bienveillant du Christ. Il promit l'aide des prêtres pour soigner les blessures aussi bien du cœur que du corps, dans toute la mesure de ce qui était humainement possible.
Il demanda à toutes les organisations ou groupement chrétiens, et d'abord à la Légion du Sacré-Cœur qui, au nom des martyrs faits en son sein, devait se montrer exemplaire, de mener une enquête interne pour disculper ses forces ou, si les choses s'avéraient fondées, s'il s'agissait vraiment des actes de véritables légionnaires, pour condamner ceux qui s'étaient rendus coupables de tels actes, avec la plus grande et la plus totale des sévérités. Il affirma que de telles choses n'étaient pas et ne pouvaient pas être tolérées par l'évêque qu'il était, que l'autorité épiscopale condamnait pleinement de telles choses. Tous les éventuels coupables étaient invités à se dénoncer et à se rendre, non pour atténuer le châtiment terrestre, qui resterait tout aussi sévère, mais pour le salut de leur âme immortelle. Il jeta sa condamnation sur tous ceux qui s'étaient rendus coupables de tels actes, légionnaires ou non, et affirma qu'ils seraient jugés par le Dieu le Père pour leurs actes, qu'ils brûleraient dans les flammes de l'enfer, et les exhorta à se repentir au plus vite pour espérer avoir la moindre chance de rachat de leur âme éternelle.
N'aillant pas été mis au courant de toutes les évolutions précises des alliances avec les uns et les autres, les négociations se faisant jusqu'ici principalement avec la Légion du Sacré-Cœur elle-même, Monseigneur Kaelung Ragar ne pu réagir précisément dessus, mais réafirma une fois encore qu'il croyait profondément aux valeurs chrétiennes et monarchiques, et proclama qu'il s'agissait là des meilleures voies que, personnellement, il pouvait conseiller à chaque homme et chaque femme vivant à Sayakon, ainsi que dans tout le pays et dans le monde entier. Il dit encore une fois que, personnellement, il considérait le retour de la monarchie comme la voie qui permettrait de restaurer la paix et de rassembler le peuple, évitant des événements aussi agités que ceux de ces derniers jours. Il salua le fait que le discours des démocrates ait connu un certain apaisement, et les appela publiquement, s'ils voulaient vraiment construire la paix comme ils le proclamaient tant, s'ils voulaient vraiment la liberté des peuples, s'ils voulaient vraiment parler aux noms des hommes et des femmes qu'ils disaient représenter, à reconnaître la religion chrétienne comme une religion de plein droit, dans la ville comme dans tout le pays, non pas étrangère mais pleinement légitime, autant locale qu'elle était universelle. Bref, il leur demandait de cesser leurs attaques et au contraire d'avancer main dans la main avec leurs frères et sœurs chrétiens pour construire un pays plus juste.
Tout cela ne fut pas l'objet d'un discours, mais envoyé aux divers responsables religieux sous la forme d'un communiqué précis et écris, en même temps qu'il était à nouveau répandu dans toute la ville par des prêcheurs, qui transmettaient ainsi la bonne parole à tous les chrétiens de la capitale, et aussi aux autres. Plusieurs paroissiens plus jeunes mais tout aussi dévoués se chargèrent de faire circuler le texte du communiqué sur internet, pour toucher aussi bien les gens dans la rue que ceux qui préféraient s'informer sur la toile. La communication de l'évêque était lancée, mais il s'efforçait de garder une certaine distance, une autorité d'arbitre autant que possible. La Légion du Sacré-Cœur était déjà en première ligne pour les questions de terrain proprement dites, lui se voulait une autorité morale, capable de surveiller la situation avec la distance nécessaire pour, aidé de la lumière du Christ, priant pour être habité par la sagesse de l'Esprit Saint, l'évaluer au mieux.