[RP] Activités internes (Utilisable sous autorisation)
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Zaldora
[justify]Perception des pauvres et de la pauvreté.
Temps actuel
[center][img]http://image.noelshack.com/fichiers/2015/27/1435598359-757.jpg[/img][/center]
Au Thorval est perçu comme pauvre toute personne tombée dans un état de faiblesse, de dépendance et d'impuissance qui l'empêche de vivre dignement grâce à son travail. Cela comprend les vieillards, les invalides, les malades, les orphelins, les veuves et les autres hères frappés par les aléas du quotidien. A ce groupe peuvent venir s'ajouter les victimes de crises provoquée par un accident climatique, une guerre ou une épidémie. Et le royaume n'est pas à l'abri de ce type d'évènement très grave, aucune nation ne l'est. Au sein de la société thorvaloise, profondément marquée par le Nouveau Testament, la richesse est sévèrement critiquée tandis que la pauvreté et la charité sont élevées au rang des plus belles vertus chrétiennes. Venant du haut moyen age, la doctrine qui suit a été nouvellement répandue par les Ordres Mendiants, eux-même en pleine expansion : le pauvre représente en quelque sorte une théophanie, une apparition du Christ sur terre. A défaut, l'indigent est un grand intercesseur, car ses prières touchent Dieu irrémédiablement. Ainsi, il possède un statut social spécial, aux portes de la sainteté, qui lui vaut un fort respect des gens mieux lotis. L'abandonner à son sort ou le mépriser relève du crime contre Dieu. Dès lors, les pauvres jouissent de l'aumône et de la charité publique organisée par l'Église, les instituts civils laïcs, les leviers de solidarité communautaire et les initiatives personnelles. La Sécurité Sociale Étatique est un petit acteur en retrait, qui se cantonne à assurer les arrières, comme filet de secours, en cas de faillite des quatre premiers. Aux démunis, on ne demande rien, si ce n'est de prier pour leurs bienfaiteurs moins dignes qu'eux. On ne leur exige pas de trouver un travail, ni on ne cherche à savoir comment sont-ils tombés dans le besoin. Parmi les nécessiteux, il n'y a nul bon ou mauvais pauvre, nul fautif et nul paresseux. Chacun mérite, en soi, d'être secouru sans subir de jugement.[/justify]
Temps actuel
[center][img]http://image.noelshack.com/fichiers/2015/27/1435598359-757.jpg[/img][/center]
Au Thorval est perçu comme pauvre toute personne tombée dans un état de faiblesse, de dépendance et d'impuissance qui l'empêche de vivre dignement grâce à son travail. Cela comprend les vieillards, les invalides, les malades, les orphelins, les veuves et les autres hères frappés par les aléas du quotidien. A ce groupe peuvent venir s'ajouter les victimes de crises provoquée par un accident climatique, une guerre ou une épidémie. Et le royaume n'est pas à l'abri de ce type d'évènement très grave, aucune nation ne l'est. Au sein de la société thorvaloise, profondément marquée par le Nouveau Testament, la richesse est sévèrement critiquée tandis que la pauvreté et la charité sont élevées au rang des plus belles vertus chrétiennes. Venant du haut moyen age, la doctrine qui suit a été nouvellement répandue par les Ordres Mendiants, eux-même en pleine expansion : le pauvre représente en quelque sorte une théophanie, une apparition du Christ sur terre. A défaut, l'indigent est un grand intercesseur, car ses prières touchent Dieu irrémédiablement. Ainsi, il possède un statut social spécial, aux portes de la sainteté, qui lui vaut un fort respect des gens mieux lotis. L'abandonner à son sort ou le mépriser relève du crime contre Dieu. Dès lors, les pauvres jouissent de l'aumône et de la charité publique organisée par l'Église, les instituts civils laïcs, les leviers de solidarité communautaire et les initiatives personnelles. La Sécurité Sociale Étatique est un petit acteur en retrait, qui se cantonne à assurer les arrières, comme filet de secours, en cas de faillite des quatre premiers. Aux démunis, on ne demande rien, si ce n'est de prier pour leurs bienfaiteurs moins dignes qu'eux. On ne leur exige pas de trouver un travail, ni on ne cherche à savoir comment sont-ils tombés dans le besoin. Parmi les nécessiteux, il n'y a nul bon ou mauvais pauvre, nul fautif et nul paresseux. Chacun mérite, en soi, d'être secouru sans subir de jugement.[/justify]
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Zaldora
[justify]Divertissements populaires
Temps actuel
[center][img]http://image.noelshack.com/fichiers/2015/28/1436554276-divertissement-thorval.png[/img][/center]
Quand il ne s'adonne pas au chant des cantiques, le Thorvalois moyen est industrieux à son travail. Cependant, impossible de ne faire que travailler, il doit pouvoir s'échapper de son dur labeur quotidien. Les divertissements populaires sont une plaisante alternative à cela, et existent aussi bien dans les cités que dans la campagne infinie, verte et sauvage du royaume. Les amusements sont de type communautaire et donnés par d'autres personnes.
Les saltimbanques : corporations d'artistes de rue itinérants qui se déplacent d'une seigneurie à l'autre, sur les places publiques urbaines, les carrefours des villes et les localités rurales. Ils égaient les foules par des spectacles de toute sorte. On y retrouve des ventriloques, des acrobates, des cracheurs de feu, des jongleurs, des musiciens (accordéon, vièle, flute...) et des troupes de comédiens. Le métier est plutôt précaire étant donné que la rémunération n'est pas garantie et dépend de la satisfaction des gens. L'artiste a donc intérêt à se montrer bon. Une faste journée, lorsque le talent est à son meilleur, remplit une bourse, tandis que les périodes de vaches maigres, baisse de forme, ne réservent que quelques couronnes, soit tout juste assez pour du pain. La saison des saltimbanques commence au printemps et se termine au mois de novembre, avec un intermède pendant l'hiver.
Les nouveaux scaldes : d'abord païens puis chrétiens, les scaldes ont sillonné le pays du IIIe jusqu'au XXe siècle avant de disparaitre, et ne réapparaitre qu'en 2025 au sein du Thorval chrétien paysan. Les néo-scaldes sont autant chanteurs, poètes que conteurs. A eux seuls, ils symbolisent à la perfection la tradition orale du royaume. Réservant leurs prouesses au peuple des campagnes, les néo-scaldes traversent les villages et réjouissent la population à l'aide d'un conte, d'une chanson ou d'un poème. Leurs répertoires contiennent des œuvres vieilles de plusieurs siècles, ainsi que des primeurs. On dit qu'un scalde doit sortir au moins trois compositions novatrices par printemps sous peine de stagner. Ceux-ci forment une corporation séparée des saltimbanques et profitent de rémunérations moins précaires grâce à une place de choix dans l'imaginaire populaire.
Les autres divertissements comprennent les danses traditionnelles en groupe, les diverses fêtes de village ou encore les jeux sportifs inter-villages au Printemps. Une partie des paysans de chaque hameau s'oppose en effet au sein de compétitions amateurs d'aviron, de nage, d'apnée mais aussi de lutte (Glima) et de soule Fiémançaise. Enfin, les enfants ont leurs propres jeux et mettent à profit l'immense milieu naturel : le célèbre cache-cache dans la forêt, le jeu du loup ou la mère garuche.[/justify]
Temps actuel
[center][img]http://image.noelshack.com/fichiers/2015/28/1436554276-divertissement-thorval.png[/img][/center]
Quand il ne s'adonne pas au chant des cantiques, le Thorvalois moyen est industrieux à son travail. Cependant, impossible de ne faire que travailler, il doit pouvoir s'échapper de son dur labeur quotidien. Les divertissements populaires sont une plaisante alternative à cela, et existent aussi bien dans les cités que dans la campagne infinie, verte et sauvage du royaume. Les amusements sont de type communautaire et donnés par d'autres personnes.
Les saltimbanques : corporations d'artistes de rue itinérants qui se déplacent d'une seigneurie à l'autre, sur les places publiques urbaines, les carrefours des villes et les localités rurales. Ils égaient les foules par des spectacles de toute sorte. On y retrouve des ventriloques, des acrobates, des cracheurs de feu, des jongleurs, des musiciens (accordéon, vièle, flute...) et des troupes de comédiens. Le métier est plutôt précaire étant donné que la rémunération n'est pas garantie et dépend de la satisfaction des gens. L'artiste a donc intérêt à se montrer bon. Une faste journée, lorsque le talent est à son meilleur, remplit une bourse, tandis que les périodes de vaches maigres, baisse de forme, ne réservent que quelques couronnes, soit tout juste assez pour du pain. La saison des saltimbanques commence au printemps et se termine au mois de novembre, avec un intermède pendant l'hiver.
Les nouveaux scaldes : d'abord païens puis chrétiens, les scaldes ont sillonné le pays du IIIe jusqu'au XXe siècle avant de disparaitre, et ne réapparaitre qu'en 2025 au sein du Thorval chrétien paysan. Les néo-scaldes sont autant chanteurs, poètes que conteurs. A eux seuls, ils symbolisent à la perfection la tradition orale du royaume. Réservant leurs prouesses au peuple des campagnes, les néo-scaldes traversent les villages et réjouissent la population à l'aide d'un conte, d'une chanson ou d'un poème. Leurs répertoires contiennent des œuvres vieilles de plusieurs siècles, ainsi que des primeurs. On dit qu'un scalde doit sortir au moins trois compositions novatrices par printemps sous peine de stagner. Ceux-ci forment une corporation séparée des saltimbanques et profitent de rémunérations moins précaires grâce à une place de choix dans l'imaginaire populaire.
Les autres divertissements comprennent les danses traditionnelles en groupe, les diverses fêtes de village ou encore les jeux sportifs inter-villages au Printemps. Une partie des paysans de chaque hameau s'oppose en effet au sein de compétitions amateurs d'aviron, de nage, d'apnée mais aussi de lutte (Glima) et de soule Fiémançaise. Enfin, les enfants ont leurs propres jeux et mettent à profit l'immense milieu naturel : le célèbre cache-cache dans la forêt, le jeu du loup ou la mère garuche.[/justify]
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Zaldora
[justify]Histoire de langue.
Temps actuel
[center][img]http://image.noelshack.com/fichiers/2015/29/1436805105-dictionnaire-de-la-langue.png[/img][/center]
Les dialectes s'épanouissent dans les villages et les hameaux ; les villes sont elles-aussi gagnées par la vague qui submerge tout sur son passage. Le Thorvalien standard est stable à Adursted et son voisinage mais recule partout ailleurs. Le phénomène est constaté aussi bien dans la vie de tous les jours, que dans les gouvernements locaux, les archives, la presse, la radio ou la justice. La suprématie est au patois particulier tandis que le standard est usité comme langue véhiculaire d'intercompréhension à l'intérieur du royaume. Il n'est même plus considéré comme la « langue royale » étant donné que les terres d'Østlandet (domaine royal) figurent parmi les plus patoisantes qui soit. Néanmoins, le Thorvalien reste l'idiome des universités, de la science et du milieu intellectuel en général (même s'il peut y avoir sérieuse concurrence du latin dans certaines branches). Le retour en grâce des dialectes, loin de les assombrir, passionnent les linguistes et les galvanisent à l'étude, l'observation et l'inventairisation de ces grouillements linguistiques qui ont pour acteur, non pas une autorité centrale, mais le peuple lui-même. Jusqu'à ce jour, plus de deux cents dialectes différents ont été répertoriés. L'académie royale de la langue est un institut aux pouvoirs désormais entravés. Son autorité morale sur la fixation de la langue s'arrête à la capitale et ne fait que des travaux d'inventaire sur les autres territoires. Les patois ébranlent toute la société, sauf le culte catholique pour lequel le latin, en tant que langue liturgique par excellence, tient le haut du pavé. Il n'y a pas une messe ou une cérémonie qui ne soit pas en latin. Mais l'Église a tout de même su s'adapter en faisant imprimer de nouveaux missels, patois-latin, à la place du Thorvalien.
A propos de la langue au Château de Tolne, c'est-à-dire de la Cour. Aucune étiquette officielle n'existe, elle est à la discrétion du roi selon son caractère, sa mentalité et ses envies. Sur la langue, la reine fait preuve d'une tolérance infinie avec ses sujets. Ainsi, l'un d'eux peut venir munit de son dialecte et cela ne posera guère problème. Par contre, davantage de restrictions régulent les audiences accordées aux émissaires et ambassadeurs étrangers. Ces derniers doivent s'exprimer à Sa Majesté soit en Thorvalien, soit en Latin, soit en Fiémançais. Et ne sont pas exemptés les peuples germaniques, qui doivent respecter les usages sous peine de n'être pas entendus. C'est la soit-disant théorie du « peuple commun » qui est jetée aux orties, au même titre que la « solidarité culturelle. » La philosophie du pangermaniste Bartolomeaus von Eckartshausen soutenue par les autorités Schlessoises sans l'avouer a fait d'immenses dégâts. En dépit de cela, le personnage a pu tenir diverses conférences au Thorval, son ouvrage Rede an das Volk a été traduit et vendu en librairie. Cela dit, rien n'y fait, la mayonnaise ne prend pas.[/justify]
Temps actuel
[center][img]http://image.noelshack.com/fichiers/2015/29/1436805105-dictionnaire-de-la-langue.png[/img][/center]
Les dialectes s'épanouissent dans les villages et les hameaux ; les villes sont elles-aussi gagnées par la vague qui submerge tout sur son passage. Le Thorvalien standard est stable à Adursted et son voisinage mais recule partout ailleurs. Le phénomène est constaté aussi bien dans la vie de tous les jours, que dans les gouvernements locaux, les archives, la presse, la radio ou la justice. La suprématie est au patois particulier tandis que le standard est usité comme langue véhiculaire d'intercompréhension à l'intérieur du royaume. Il n'est même plus considéré comme la « langue royale » étant donné que les terres d'Østlandet (domaine royal) figurent parmi les plus patoisantes qui soit. Néanmoins, le Thorvalien reste l'idiome des universités, de la science et du milieu intellectuel en général (même s'il peut y avoir sérieuse concurrence du latin dans certaines branches). Le retour en grâce des dialectes, loin de les assombrir, passionnent les linguistes et les galvanisent à l'étude, l'observation et l'inventairisation de ces grouillements linguistiques qui ont pour acteur, non pas une autorité centrale, mais le peuple lui-même. Jusqu'à ce jour, plus de deux cents dialectes différents ont été répertoriés. L'académie royale de la langue est un institut aux pouvoirs désormais entravés. Son autorité morale sur la fixation de la langue s'arrête à la capitale et ne fait que des travaux d'inventaire sur les autres territoires. Les patois ébranlent toute la société, sauf le culte catholique pour lequel le latin, en tant que langue liturgique par excellence, tient le haut du pavé. Il n'y a pas une messe ou une cérémonie qui ne soit pas en latin. Mais l'Église a tout de même su s'adapter en faisant imprimer de nouveaux missels, patois-latin, à la place du Thorvalien.
A propos de la langue au Château de Tolne, c'est-à-dire de la Cour. Aucune étiquette officielle n'existe, elle est à la discrétion du roi selon son caractère, sa mentalité et ses envies. Sur la langue, la reine fait preuve d'une tolérance infinie avec ses sujets. Ainsi, l'un d'eux peut venir munit de son dialecte et cela ne posera guère problème. Par contre, davantage de restrictions régulent les audiences accordées aux émissaires et ambassadeurs étrangers. Ces derniers doivent s'exprimer à Sa Majesté soit en Thorvalien, soit en Latin, soit en Fiémançais. Et ne sont pas exemptés les peuples germaniques, qui doivent respecter les usages sous peine de n'être pas entendus. C'est la soit-disant théorie du « peuple commun » qui est jetée aux orties, au même titre que la « solidarité culturelle. » La philosophie du pangermaniste Bartolomeaus von Eckartshausen soutenue par les autorités Schlessoises sans l'avouer a fait d'immenses dégâts. En dépit de cela, le personnage a pu tenir diverses conférences au Thorval, son ouvrage Rede an das Volk a été traduit et vendu en librairie. Cela dit, rien n'y fait, la mayonnaise ne prend pas.[/justify]
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Zaldora
[justify]Déchéance nobiliaire.
du 8 au 11 septembre
Pris pour une affaire de corruption, le Général Asbjorn XVII avait l'espace de quelques jours tous perdu : son fief, son grade militaire, ses biens et son honneur. Tombé en disgrâce et félon, il avait avec dignité posé la tête sur le billot et fait face à l'instrument de décollation, une longue épée maniée à deux mains. On lui posa la question fatidique : « Un dernier mot, seigneur ? » à quoi il répondit « Non. Allez, fais ton devoir. » La seconde d'après, le Bailli royal débarqua sur la place et annonça en dernière minute : « Qu'on interrompt l’exécution. Posez ce tranche-tête ! Sa Majesté a choisit la miséricorde et commande d'épargner la vie du condamné. La peine de celui-ci est transformée en exil qui ne prendra fin qu'avec le pardon royal. » La foule fut surprise, stupéfaite, avant d'approuver la bonté du geste par de vives acclamations.
---
A l'étranger,
Voici deux heures que le Duc se trouvait dans une petite ferme sans confort sur l'île Sankt-Marinus von Wittelsbohen, au Viertenstein. Un garde alémanique entra avec le repas. Accoutré de guenilles crasseuses, le noble déchu méditait depuis sa couche, dure. Le souper comprenait une soupe sans viande, de l'eau et du pain. Son surveillant déposa le plateau sur la table et se montra respectueux mais distant, à l'image de la demi-douzaine d'autres. Le félon compris qu'il n'obtiendra jamais beaucoup plus que cela, si ce n'est une tranche de poisson le vendredi. La fermette comptait une cheminée pour laquelle on lui apportera du bois. L'objectif n'était pas la mort ou l'oubli mais la pénitence, la repentance et l'expiation du condamné. A ce titre, un prêtre viendra le voir une fois par semaine. Personne ne connaissait la durée de l'exil, celui-ci pouvait s'étaler sur un an, comme trente. Le seigneur avait approuvé sa décollation, toutefois, l'exil auquel il était désormais obligé couplait sévérité et miséricorde. Une décision plus juste encore que la première. L'individu se réconfortait de savoir qu'on lui laissait une chance de s'en sortir, aussi infime soit-elle. Un jour peut-être, Sa Majesté lui pardonnera et l'autorisera à revenir au Thorval pour y vivre sans prétention, sans vague. Sa femme et son fils ne manqueront de rien malgré sa déchéance car une partie des biens saisis leur sera reversé à titre de pension. De quoi rassurer le chef de famille qui pouvait purger sa peine l'esprit tranquille. Le très escarpé ilot s'étendait sur 800 hectares et jouissait d'un climat océanique soumis au vent, à la pluie et à la brume. Guère abondante, la végétation se limitait à de l'herbe et à quelques buissons.[/justify]
du 8 au 11 septembre
Pris pour une affaire de corruption, le Général Asbjorn XVII avait l'espace de quelques jours tous perdu : son fief, son grade militaire, ses biens et son honneur. Tombé en disgrâce et félon, il avait avec dignité posé la tête sur le billot et fait face à l'instrument de décollation, une longue épée maniée à deux mains. On lui posa la question fatidique : « Un dernier mot, seigneur ? » à quoi il répondit « Non. Allez, fais ton devoir. » La seconde d'après, le Bailli royal débarqua sur la place et annonça en dernière minute : « Qu'on interrompt l’exécution. Posez ce tranche-tête ! Sa Majesté a choisit la miséricorde et commande d'épargner la vie du condamné. La peine de celui-ci est transformée en exil qui ne prendra fin qu'avec le pardon royal. » La foule fut surprise, stupéfaite, avant d'approuver la bonté du geste par de vives acclamations.
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A l'étranger,
Voici deux heures que le Duc se trouvait dans une petite ferme sans confort sur l'île Sankt-Marinus von Wittelsbohen, au Viertenstein. Un garde alémanique entra avec le repas. Accoutré de guenilles crasseuses, le noble déchu méditait depuis sa couche, dure. Le souper comprenait une soupe sans viande, de l'eau et du pain. Son surveillant déposa le plateau sur la table et se montra respectueux mais distant, à l'image de la demi-douzaine d'autres. Le félon compris qu'il n'obtiendra jamais beaucoup plus que cela, si ce n'est une tranche de poisson le vendredi. La fermette comptait une cheminée pour laquelle on lui apportera du bois. L'objectif n'était pas la mort ou l'oubli mais la pénitence, la repentance et l'expiation du condamné. A ce titre, un prêtre viendra le voir une fois par semaine. Personne ne connaissait la durée de l'exil, celui-ci pouvait s'étaler sur un an, comme trente. Le seigneur avait approuvé sa décollation, toutefois, l'exil auquel il était désormais obligé couplait sévérité et miséricorde. Une décision plus juste encore que la première. L'individu se réconfortait de savoir qu'on lui laissait une chance de s'en sortir, aussi infime soit-elle. Un jour peut-être, Sa Majesté lui pardonnera et l'autorisera à revenir au Thorval pour y vivre sans prétention, sans vague. Sa femme et son fils ne manqueront de rien malgré sa déchéance car une partie des biens saisis leur sera reversé à titre de pension. De quoi rassurer le chef de famille qui pouvait purger sa peine l'esprit tranquille. Le très escarpé ilot s'étendait sur 800 hectares et jouissait d'un climat océanique soumis au vent, à la pluie et à la brume. Guère abondante, la végétation se limitait à de l'herbe et à quelques buissons.[/justify]
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Zaldora
[justify]Schlessien, un autre visage.
Temps actuel
[center][img]http://image.noelshack.com/fichiers/2015/32/1438868823-schlessien-autre-visage.png[/img][/center]
Alors que le Saint-Empire réduit à ses possessions schlessoises se désole de sa gloire perdue et s'enfonce dans une acédie et un marasme sans fin, certains de ses pays relèvent le chef et appréhendent l'avenir avec confiance et courage. Éloignés de la capitale Wilhelmstadt, longtemps considérés comme l'arrière-garde impériale, à l'écart des littoraux en ébullition, les peuples des plateaux, basses et moyennes montagnes vivent libres au sein de seigneuries qui ont appris depuis de nombreuses années à se débrouiller sans la tutelle du pouvoir central. Bien que juridiquement toujours sous la coupe de l'Impératrice Viktoria, le Schiefengebirge et le Zittau Gebirge profitent dans les faits d'une indépendance quasi-totale. Ruraux, les peuples des montagnes consacrent leurs temps à entretenir les potagers en terrasse, à cultiver le seigle et à faire paitre moutons et vaches sur des pâturages qui, sans attendre une loi parlementaire, étaient passés sous le régime communal ressuscité. Un artisanat simple organisé au sein de petits ateliers voit naitre de beaux ouvrages confectionnés par des mains aussi habiles que passionnées. Tandis que des années durant l'usage des dialectes montagneux du Schlassche n'existait qu'à l'intérieur des foyers, monopole de la langue standard oblige, nombreux sont désormais les paysans à l'exporter sur la place publique et à en faire un parler du quotidien. Peu riches, ils n'en sont pas moins heureux dans leurs hameaux d'altitude. Le hobereau est vu comme le premier du village et assimilé à un protecteur mais aussi un guide prenant soin de sa communauté, animé d'un esprit collectif et d'un certain sens du bonheur commun. Le curé et l'église paroissiale sont en outre incontournables pour des communautés portées par une foi simple, sincère et sans concession, guère troublée par le doute.
D'humbles relations sous la forme d'échanges se forment avec les fiefs du Thorval. Ainsi, la Seigneurie de de Klettgau (Schlessien) profitent d'une aide afin de constituer une réserve de semences durable pour à l'avenir réduire à peau de chagrin sa dépendance vis-à-vis des semenciers commerciaux. On espère avec le temps étendre l'initiative à d'autres communautés villageoises schlessoises. Par ailleurs, le village de Wildschönau, perché dans le comté du Tyrol, verra sa chapelle des Saints Innocents rénovée et agrandit grâce à un don sorti tout droit de la bourse de Sa Majesté. La majorité des âmes qui peuplent les versants regrettent au moins une chose : que tout cela n'eut été possible qu'avec la crise du Saint Empereur.[/justify]
(Proposition de situation, en attente de validation du C-MJA)
Temps actuel
[center][img]http://image.noelshack.com/fichiers/2015/32/1438868823-schlessien-autre-visage.png[/img][/center]
Alors que le Saint-Empire réduit à ses possessions schlessoises se désole de sa gloire perdue et s'enfonce dans une acédie et un marasme sans fin, certains de ses pays relèvent le chef et appréhendent l'avenir avec confiance et courage. Éloignés de la capitale Wilhelmstadt, longtemps considérés comme l'arrière-garde impériale, à l'écart des littoraux en ébullition, les peuples des plateaux, basses et moyennes montagnes vivent libres au sein de seigneuries qui ont appris depuis de nombreuses années à se débrouiller sans la tutelle du pouvoir central. Bien que juridiquement toujours sous la coupe de l'Impératrice Viktoria, le Schiefengebirge et le Zittau Gebirge profitent dans les faits d'une indépendance quasi-totale. Ruraux, les peuples des montagnes consacrent leurs temps à entretenir les potagers en terrasse, à cultiver le seigle et à faire paitre moutons et vaches sur des pâturages qui, sans attendre une loi parlementaire, étaient passés sous le régime communal ressuscité. Un artisanat simple organisé au sein de petits ateliers voit naitre de beaux ouvrages confectionnés par des mains aussi habiles que passionnées. Tandis que des années durant l'usage des dialectes montagneux du Schlassche n'existait qu'à l'intérieur des foyers, monopole de la langue standard oblige, nombreux sont désormais les paysans à l'exporter sur la place publique et à en faire un parler du quotidien. Peu riches, ils n'en sont pas moins heureux dans leurs hameaux d'altitude. Le hobereau est vu comme le premier du village et assimilé à un protecteur mais aussi un guide prenant soin de sa communauté, animé d'un esprit collectif et d'un certain sens du bonheur commun. Le curé et l'église paroissiale sont en outre incontournables pour des communautés portées par une foi simple, sincère et sans concession, guère troublée par le doute.
D'humbles relations sous la forme d'échanges se forment avec les fiefs du Thorval. Ainsi, la Seigneurie de de Klettgau (Schlessien) profitent d'une aide afin de constituer une réserve de semences durable pour à l'avenir réduire à peau de chagrin sa dépendance vis-à-vis des semenciers commerciaux. On espère avec le temps étendre l'initiative à d'autres communautés villageoises schlessoises. Par ailleurs, le village de Wildschönau, perché dans le comté du Tyrol, verra sa chapelle des Saints Innocents rénovée et agrandit grâce à un don sorti tout droit de la bourse de Sa Majesté. La majorité des âmes qui peuplent les versants regrettent au moins une chose : que tout cela n'eut été possible qu'avec la crise du Saint Empereur.[/justify]
(Proposition de situation, en attente de validation du C-MJA)
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Zaldora
[justify]Sentiment national ?
Temps actuel
L'unité linguistique a disparu sous le flot des patois et son souvenir -lointain- n'est maintenu que lorsqu'un paysan, pour se faire comprendre du pêcheur en face de lui, s'exprime en Thorvalien standard. Chose qui est davantage une nécessité pratique qu'une réelle volonté de parler la dite langue. Un phénomène sans doute renforcé par les administrations locales, patoisantes elle aussi, jusqu'à dans leurs textes officiels. Enfin, la position de Sa Majesté, qui ne s'interpose nullement à la floraison des dialectes dans son domaine royal et leur permet même de pénétrer la Cour. Une pareille situation linguistique constitue une première (grosse) brèche à l'idée de « culture nationale. » La promotion du fait local a renforcé l'agonie, chaque ville, village ou hameau ayant désormais ses traditions, ses coutumes, ses habitudes particulières, rarement identiques, y compris trente kilomètres plus loin. Et comme le dernier clou d'un cercueil, la disparition de l'école nationale, au profit d'un enseignement porté par la paroisse avec ses propres programmes. Influencé par le phénomène de perte du sentiment national, les corporations le sont aussi, avec pour preuve leurs grand nombre. Un charpentier d'Adursted et un autre de Sankt Knud ont beau pratiquer une identique profession, ils appartiennent à deux communautés professionnelles distinctes. Chez l'une l’apprentissage s'étendra sur dix mois, chez l'autre trente cinq semaines, etc. Par ailleurs, de plus en plus de travailleurs affirment volontiers que la corporation est leur patrie. Dans ce contexte, il ne serait guère simple de prévoir la réaction si un gouvernement mal conseillé se prenait l'envie d'abolir les métiers.
A coté, on ne fait proprement rien pour maintenir l'idée nationale : l'hymne n'a plus été entonné ni chanté depuis des années, on ne fait plus référence au drapeau national, si bien que les populations s'identifient davantage aux armoiries de leurs seigneurs, avec celles de Sa Majesté supérieures et dominant celle de ses vassaux, directs ou indirects. La façon de gouverner de la monarchie a changé, elle doit avant tout texte législatif composer et discuter avec les pouvoirs locaux, qui sont bien davantage que de vulgaires relais de l'État central, afin de ne pas commettre l'impair de violer les traditions, us et coutumes. Au fond, la Couronne n'a plus que deux devoirs : la protection et le Bien Commun selon la vision chrétienne de St Thomas d'Aquin, vu comme fin intermédiaire à l'accession, d'un plus grand Bien encore, le Ciel. Les gens du Thorval ont perdu la sensation d'appartenir à un État-Nation, si bien que le sentiment d'appartenance collectif est d'une autre nature, et se réalise par la religion mais aussi, et surtout, par la personne royale : quelque soit le dialecte, quelque soit le lieu de naissance, on acclame Sa Majesté. Ainsi, si le Thorval était en danger et que le peuple se lèverait, il le ferait pour défendre la reine (le roi), plutôt que la « Nation. »
Cette évolution -disparition du sentiment national, davantage de roi et moins de nation- arrange le clergé qui y trouve son compte. « La seule vraie patrie du Chrétien est le Ciel » est une expression devenue naturelle et plus guère dérangée par d'autres penseurs qui martelaient la Nation sur tous les toits sans savoir la définir en des termes précis.[/justify]
Temps actuel
L'unité linguistique a disparu sous le flot des patois et son souvenir -lointain- n'est maintenu que lorsqu'un paysan, pour se faire comprendre du pêcheur en face de lui, s'exprime en Thorvalien standard. Chose qui est davantage une nécessité pratique qu'une réelle volonté de parler la dite langue. Un phénomène sans doute renforcé par les administrations locales, patoisantes elle aussi, jusqu'à dans leurs textes officiels. Enfin, la position de Sa Majesté, qui ne s'interpose nullement à la floraison des dialectes dans son domaine royal et leur permet même de pénétrer la Cour. Une pareille situation linguistique constitue une première (grosse) brèche à l'idée de « culture nationale. » La promotion du fait local a renforcé l'agonie, chaque ville, village ou hameau ayant désormais ses traditions, ses coutumes, ses habitudes particulières, rarement identiques, y compris trente kilomètres plus loin. Et comme le dernier clou d'un cercueil, la disparition de l'école nationale, au profit d'un enseignement porté par la paroisse avec ses propres programmes. Influencé par le phénomène de perte du sentiment national, les corporations le sont aussi, avec pour preuve leurs grand nombre. Un charpentier d'Adursted et un autre de Sankt Knud ont beau pratiquer une identique profession, ils appartiennent à deux communautés professionnelles distinctes. Chez l'une l’apprentissage s'étendra sur dix mois, chez l'autre trente cinq semaines, etc. Par ailleurs, de plus en plus de travailleurs affirment volontiers que la corporation est leur patrie. Dans ce contexte, il ne serait guère simple de prévoir la réaction si un gouvernement mal conseillé se prenait l'envie d'abolir les métiers.
A coté, on ne fait proprement rien pour maintenir l'idée nationale : l'hymne n'a plus été entonné ni chanté depuis des années, on ne fait plus référence au drapeau national, si bien que les populations s'identifient davantage aux armoiries de leurs seigneurs, avec celles de Sa Majesté supérieures et dominant celle de ses vassaux, directs ou indirects. La façon de gouverner de la monarchie a changé, elle doit avant tout texte législatif composer et discuter avec les pouvoirs locaux, qui sont bien davantage que de vulgaires relais de l'État central, afin de ne pas commettre l'impair de violer les traditions, us et coutumes. Au fond, la Couronne n'a plus que deux devoirs : la protection et le Bien Commun selon la vision chrétienne de St Thomas d'Aquin, vu comme fin intermédiaire à l'accession, d'un plus grand Bien encore, le Ciel. Les gens du Thorval ont perdu la sensation d'appartenir à un État-Nation, si bien que le sentiment d'appartenance collectif est d'une autre nature, et se réalise par la religion mais aussi, et surtout, par la personne royale : quelque soit le dialecte, quelque soit le lieu de naissance, on acclame Sa Majesté. Ainsi, si le Thorval était en danger et que le peuple se lèverait, il le ferait pour défendre la reine (le roi), plutôt que la « Nation. »
Cette évolution -disparition du sentiment national, davantage de roi et moins de nation- arrange le clergé qui y trouve son compte. « La seule vraie patrie du Chrétien est le Ciel » est une expression devenue naturelle et plus guère dérangée par d'autres penseurs qui martelaient la Nation sur tous les toits sans savoir la définir en des termes précis.[/justify]
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Zaldora
[justify]Évènement du siècle.
12 novembre 2027
[center][img]http://static.flickr.com/66/178624516_4d13c543b1_o.jpg[/img]
Une exposition de la Couronne d'épines,
à l'intérieur de son reliquaire,
à Opemont lors du dernier Vendredi Saint.[/center]
Les quelques 17 000 crieurs publics tintaient de leurs cloches sur le parvis des églises paroissiales et criaient en patois local l'information retentissante : « Oyez braves gens ! La Sainte Couronne d'Épines sortira de Fiémance et passera par le Thorval ! Elle sera là aux alentours de décembre !!! » Les foules restaient ébahies devant une si incroyable nouvelle et la chance non moins inexprimable de contempler et vénérer la très sainte relique. Quelques uns, trop loin derrière pour ouïr la criée, crurent que l'on annonçait le retour du Christ et tombèrent à genoux. Bientôt se leva une indescriptible effervescence à travers la campagne et la ville. La radio et la presse se saisirent rapidement de l'affaire, pourtant plus de la moitié des paroisses du royaume savaient déjà.
Aucun parcours officiel ne sortira dans les médias. Les paroissiens seront prévenus du passage quelques jours avant, à la messe, lors du sermon. On savait néanmoins que la Sainte Relique traversera la région frontalière Utalienne, avant de visiter les paroisses tant urbaines que rurales du Thorval. Le périple durera entre cinq et sept mois, à moins que le Lochlann et/ou le Viertenstein ne décident de se rattacher à la fête.[/justify]
12 novembre 2027
[center][img]http://static.flickr.com/66/178624516_4d13c543b1_o.jpg[/img]
Une exposition de la Couronne d'épines,
à l'intérieur de son reliquaire,
à Opemont lors du dernier Vendredi Saint.[/center]
Les quelques 17 000 crieurs publics tintaient de leurs cloches sur le parvis des églises paroissiales et criaient en patois local l'information retentissante : « Oyez braves gens ! La Sainte Couronne d'Épines sortira de Fiémance et passera par le Thorval ! Elle sera là aux alentours de décembre !!! » Les foules restaient ébahies devant une si incroyable nouvelle et la chance non moins inexprimable de contempler et vénérer la très sainte relique. Quelques uns, trop loin derrière pour ouïr la criée, crurent que l'on annonçait le retour du Christ et tombèrent à genoux. Bientôt se leva une indescriptible effervescence à travers la campagne et la ville. La radio et la presse se saisirent rapidement de l'affaire, pourtant plus de la moitié des paroisses du royaume savaient déjà.
Aucun parcours officiel ne sortira dans les médias. Les paroissiens seront prévenus du passage quelques jours avant, à la messe, lors du sermon. On savait néanmoins que la Sainte Relique traversera la région frontalière Utalienne, avant de visiter les paroisses tant urbaines que rurales du Thorval. Le périple durera entre cinq et sept mois, à moins que le Lochlann et/ou le Viertenstein ne décident de se rattacher à la fête.[/justify]
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Zaldora
[justify]Cérémonie d'hommage.
17 novembre 2027
[center][img]http://image.noelshack.com/fichiers/2015/33/1439720769-hommage.png[/img][/center]
Deux mois après la déchéance d'Asbjorn XVII, Vimmerland allait être concédé à un nouveau vassal. A cet effet, divers candidats de tout horizon s'étaient présentés et parmi eux on trouvait des nobliaux, des hauts-bourgeois citadins déclassés mais aussi, et pas des moindres pour l'originalité, les paysans d'Hjørring. A la surprise des prétendants, ce fut bien la communauté villageoise sise au cœur de Vimmerland qui gagna les grâces de sa Majesté. Le moyen-village se verra concéder les terres sous la forme du Franc-fief, type de fief spécial ouvert aux roturiers et qui dispense le tenant d'un nombre important de devoirs, d'obligations et de services, notamment ceux rendus par la noblesse (militaire, conseil, soutien financier en situation d'urgence…). La haute noblesse regardait d'un mauvais œil l'érection d'un Franc-fief mais tenait encore davantage à son honneur et donc à obéir au suzerain.
–------------------------------------------
La cérémonie allait se dérouler derrière le château de Tolne, sur une prairie naturelle, dans une atmosphère d'hiver. Au moins trois cent personnes se trouvaient là. On distinguait des paysans locaux, des pêcheurs, des artisans, des barons, des frères mendiants, des crosses et des gardes. Du Conseil, l'Archichancelier suffisait.
La communauté d'Hjørring envoya Bård le berger communal pour la représenter et participer à la cérémonie en son nom. Après avoir dévêtit son manteau, retiré sa casquette et déposé ses armes (un couteau), il s'approcha de Sa Majesté et mit un genou en terre pour l'Hommage. Timide et sans doute impressionné, il fixa l'herbe au sol. La tête baissée, le paysan la releva doucement et avec prudence, hésitation après hésitation, jusqu'à inévitablement croiser le regard de celle qui se tenait debout devant lui.
- Voulez-vous être notre homme ? demanda la reine en Thorvalien, à la place du latin.
- Oui, vot' Majesté, je l'veux.
- Nous vous recevons et vous prenons comme notre homme.
Sur ce, Bård tendit ses mains jointes vers la souveraine qui les recouvrit des siennes. Elle le releva et échangea avec lui le Baiser de paix, ultime symbole de fraternité. L'hommage était terminé, place désormais à la foi. Sous la surveillance d'un homme d'Église, on fit venir un reliquaire qui comportait les restes de saint Erland, premier évêque d'Adursted mort en 850 après J-C. Le paysan posa la main sur l'objet sacré, puis jura fidélité et prêta serment. La formule du serment se différenciait de la coutumière, en ce sens qu'elle avait été expurgée des traits purement nobiliaires, comme la chevalerie, l'épée, les devoirs, services et obligations associés, etc. Le geste ne fut pas aisé pour l'humble homme, assaillit soudainement par le poids de l'engagement sacré et n'eut pas honte d'admettre avoir la trouille. Malgré tout, il se débrouilla bien et resta digne. La foi prit fin et vint alors le clou de la cérémonie : l'Investiture. On fit venir le sceptre royal (ou sceptre de Sankt-Niels) jusqu'à Sa Majesté. Celle-ci s'en saisit et le remis à Bård pendant quelques secondes avant de le reprendre. Le paysan fut de nouveau impressionné par la scène et n'en revint pas de tenir entre ses mains un objet revêtant un si puissant symbole. Cet échange signifiait deux choses : la remise d'une autorité au possesseur du fief, différente toutefois de la souveraineté détenue par Sa Majesté; illustrait par ailleurs le coté précaire de l'autorité accordée qui n'était pas éternelle et pouvait être confisquée en cas de faute. Ensuite, la reine prit une motte de terre prélevée la veille à Vimmerland et la déposa dans la main droite du campagnard. Ainsi, l'investiture du fief fut définitivement complétée. La foule acclama et le berger donna l'aveu à la reine, document qui contenait les droits, devoirs et obligations réciproques suzerain-vassal. Avant de le laisser repartir, Annabelle confia un dernier devoir à la communauté villageoise : construire des armoiries selon les règles de l'héraldique. La Seigneurie de Vimmerland (ex-Duché) était née.[/justify]
17 novembre 2027
[center][img]http://image.noelshack.com/fichiers/2015/33/1439720769-hommage.png[/img][/center]
Deux mois après la déchéance d'Asbjorn XVII, Vimmerland allait être concédé à un nouveau vassal. A cet effet, divers candidats de tout horizon s'étaient présentés et parmi eux on trouvait des nobliaux, des hauts-bourgeois citadins déclassés mais aussi, et pas des moindres pour l'originalité, les paysans d'Hjørring. A la surprise des prétendants, ce fut bien la communauté villageoise sise au cœur de Vimmerland qui gagna les grâces de sa Majesté. Le moyen-village se verra concéder les terres sous la forme du Franc-fief, type de fief spécial ouvert aux roturiers et qui dispense le tenant d'un nombre important de devoirs, d'obligations et de services, notamment ceux rendus par la noblesse (militaire, conseil, soutien financier en situation d'urgence…). La haute noblesse regardait d'un mauvais œil l'érection d'un Franc-fief mais tenait encore davantage à son honneur et donc à obéir au suzerain.
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La cérémonie allait se dérouler derrière le château de Tolne, sur une prairie naturelle, dans une atmosphère d'hiver. Au moins trois cent personnes se trouvaient là. On distinguait des paysans locaux, des pêcheurs, des artisans, des barons, des frères mendiants, des crosses et des gardes. Du Conseil, l'Archichancelier suffisait.
La communauté d'Hjørring envoya Bård le berger communal pour la représenter et participer à la cérémonie en son nom. Après avoir dévêtit son manteau, retiré sa casquette et déposé ses armes (un couteau), il s'approcha de Sa Majesté et mit un genou en terre pour l'Hommage. Timide et sans doute impressionné, il fixa l'herbe au sol. La tête baissée, le paysan la releva doucement et avec prudence, hésitation après hésitation, jusqu'à inévitablement croiser le regard de celle qui se tenait debout devant lui.
- Voulez-vous être notre homme ? demanda la reine en Thorvalien, à la place du latin.
- Oui, vot' Majesté, je l'veux.
- Nous vous recevons et vous prenons comme notre homme.
Sur ce, Bård tendit ses mains jointes vers la souveraine qui les recouvrit des siennes. Elle le releva et échangea avec lui le Baiser de paix, ultime symbole de fraternité. L'hommage était terminé, place désormais à la foi. Sous la surveillance d'un homme d'Église, on fit venir un reliquaire qui comportait les restes de saint Erland, premier évêque d'Adursted mort en 850 après J-C. Le paysan posa la main sur l'objet sacré, puis jura fidélité et prêta serment. La formule du serment se différenciait de la coutumière, en ce sens qu'elle avait été expurgée des traits purement nobiliaires, comme la chevalerie, l'épée, les devoirs, services et obligations associés, etc. Le geste ne fut pas aisé pour l'humble homme, assaillit soudainement par le poids de l'engagement sacré et n'eut pas honte d'admettre avoir la trouille. Malgré tout, il se débrouilla bien et resta digne. La foi prit fin et vint alors le clou de la cérémonie : l'Investiture. On fit venir le sceptre royal (ou sceptre de Sankt-Niels) jusqu'à Sa Majesté. Celle-ci s'en saisit et le remis à Bård pendant quelques secondes avant de le reprendre. Le paysan fut de nouveau impressionné par la scène et n'en revint pas de tenir entre ses mains un objet revêtant un si puissant symbole. Cet échange signifiait deux choses : la remise d'une autorité au possesseur du fief, différente toutefois de la souveraineté détenue par Sa Majesté; illustrait par ailleurs le coté précaire de l'autorité accordée qui n'était pas éternelle et pouvait être confisquée en cas de faute. Ensuite, la reine prit une motte de terre prélevée la veille à Vimmerland et la déposa dans la main droite du campagnard. Ainsi, l'investiture du fief fut définitivement complétée. La foule acclama et le berger donna l'aveu à la reine, document qui contenait les droits, devoirs et obligations réciproques suzerain-vassal. Avant de le laisser repartir, Annabelle confia un dernier devoir à la communauté villageoise : construire des armoiries selon les règles de l'héraldique. La Seigneurie de Vimmerland (ex-Duché) était née.[/justify]
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Zaldora
[justify]Vie de l'Église (locale).
29 novembre 2027
[center][img]http://image.noelshack.com/fichiers/2014/41/1412707988-cathedrale-d-adursted-entree.png[/img]
(Entrée principale de la Cathédrale Sankt Johannes, siège de l’archevêché d'Adursted,
édifice majeur de la Foi catholique au Thorval, lieu de sacre des rois depuis 716 ans,
merveille de l'architecture gothique flamboyant)[/center]
[quote][center]Lettre Archiépiscopale
à destination des évêques et prêtres de l'Église catholique au Thorval
SUR L'USURE ET LES USURIERS,[/center]
Au moment ou les vertueuses corporations de métier revinrent, à la fin de l'an 2020, les banquiers rédigèrent des chartes au sein desquelles était condamné le prêt à intérêt, et l'abandon de cette méthode odieuse inscrite dans le marbre. Les dits-documents furent présentés à la connaissance de la Couronne en avril 2021 qui les homologua sans coup férir. Cet épisode marqua un gigantesque pas en avant vers le Bien et la Justice. Nous récoltions le fruit de nos sermons depuis 60 ans lorsque nous décidâmes de garder et de nous réapproprier les textes de la Tradition après le funeste Concile Vatican II. Dans la Chrétienté, en effet, le prêt à intérêt a fait l'objet d'un interdit moral très fort, de l'Empire Urbain jusqu'au XVIe siècle. Il est heureux que plusieurs siècles après, la dite règle morale fasse de nouveau des émules à l'intérieur de la société. Au XXIe siècle ! Hélas, notre cas n'est pas universel. Beaucoup de catholiques modernistes, essentiellement hors-Alméra traditionnelle, vous diront que la condamnation du prêt à intérêt est une idée vieillotte, digne de l'age des ténèbres et de l'époque des ploucs. Ne croyez pas leurs dires, ce ne sont que des sophismes. La société du Bien Commun, compatible à Dieu, centrée sur Dieu et aspirant au Ciel tourne autour de trois types d'homme : les paysans et les autres travailleurs qui apportent la subsistance à tous, les prélats qui veillent au salut de tous et les combattants qui assurent la sécurité de tous. A cette triarticulation, le Diable a ordonné un quatrième type d'homme : l'usurier. Celui-là ne participe pas aux labeurs des hommes, il fait sa pitance sur le dos des autres et ne coopère pas au Bien Commun. La formule latine dit : Pecunia Pecuniam non parit – l'argent ne fait pas d'argent. Ainsi, jamais ne pourra être considéré comme respectable un individu qui pratique l'intérêt, quel qu’il soit. En soit un taux de 0,1 % est déjà de trop et pas moins scandaleux que 5 ou 10 %. Puisque nous portons l'avis plein de bon sens qu'avait l'Église fusse un temps, nous ne devons pas hésiter à faire nôtres certaines de ses mesures. Celle qui nous intéresse nous vient du Concile de Revize* convoqué par le Pape Grégoire X en 1274. Elle consiste à priver de sépulture chrétienne tout individu ayant violer l'interdit sur l'usure et qui ne s'en soit pas repentis, ni appliqué, avant sa mort, à réparer les torts qu'il a causé (pénitence). Par réparation, nous entendons rendre l'argent extorquée aux personnes et faire des dons aux bonnes œuvres. Cette sanction est remise au goût du jour et il appartiendra à tout prêtre et évêque d'être attentif.
Dans la paix du Christ,
Fait et daté en la Cathédrale Sankt Johannes à Adursted, le 29 novembre de l'an deux mille vingt sept.
† Henrik, Archevêque d'Adursted [/quote][/justify]
* IRL Concile de Lyon
29 novembre 2027
[center][img]http://image.noelshack.com/fichiers/2014/41/1412707988-cathedrale-d-adursted-entree.png[/img]
(Entrée principale de la Cathédrale Sankt Johannes, siège de l’archevêché d'Adursted,
édifice majeur de la Foi catholique au Thorval, lieu de sacre des rois depuis 716 ans,
merveille de l'architecture gothique flamboyant)[/center]
[quote][center]Lettre Archiépiscopale
à destination des évêques et prêtres de l'Église catholique au Thorval
SUR L'USURE ET LES USURIERS,[/center]
Au moment ou les vertueuses corporations de métier revinrent, à la fin de l'an 2020, les banquiers rédigèrent des chartes au sein desquelles était condamné le prêt à intérêt, et l'abandon de cette méthode odieuse inscrite dans le marbre. Les dits-documents furent présentés à la connaissance de la Couronne en avril 2021 qui les homologua sans coup férir. Cet épisode marqua un gigantesque pas en avant vers le Bien et la Justice. Nous récoltions le fruit de nos sermons depuis 60 ans lorsque nous décidâmes de garder et de nous réapproprier les textes de la Tradition après le funeste Concile Vatican II. Dans la Chrétienté, en effet, le prêt à intérêt a fait l'objet d'un interdit moral très fort, de l'Empire Urbain jusqu'au XVIe siècle. Il est heureux que plusieurs siècles après, la dite règle morale fasse de nouveau des émules à l'intérieur de la société. Au XXIe siècle ! Hélas, notre cas n'est pas universel. Beaucoup de catholiques modernistes, essentiellement hors-Alméra traditionnelle, vous diront que la condamnation du prêt à intérêt est une idée vieillotte, digne de l'age des ténèbres et de l'époque des ploucs. Ne croyez pas leurs dires, ce ne sont que des sophismes. La société du Bien Commun, compatible à Dieu, centrée sur Dieu et aspirant au Ciel tourne autour de trois types d'homme : les paysans et les autres travailleurs qui apportent la subsistance à tous, les prélats qui veillent au salut de tous et les combattants qui assurent la sécurité de tous. A cette triarticulation, le Diable a ordonné un quatrième type d'homme : l'usurier. Celui-là ne participe pas aux labeurs des hommes, il fait sa pitance sur le dos des autres et ne coopère pas au Bien Commun. La formule latine dit : Pecunia Pecuniam non parit – l'argent ne fait pas d'argent. Ainsi, jamais ne pourra être considéré comme respectable un individu qui pratique l'intérêt, quel qu’il soit. En soit un taux de 0,1 % est déjà de trop et pas moins scandaleux que 5 ou 10 %. Puisque nous portons l'avis plein de bon sens qu'avait l'Église fusse un temps, nous ne devons pas hésiter à faire nôtres certaines de ses mesures. Celle qui nous intéresse nous vient du Concile de Revize* convoqué par le Pape Grégoire X en 1274. Elle consiste à priver de sépulture chrétienne tout individu ayant violer l'interdit sur l'usure et qui ne s'en soit pas repentis, ni appliqué, avant sa mort, à réparer les torts qu'il a causé (pénitence). Par réparation, nous entendons rendre l'argent extorquée aux personnes et faire des dons aux bonnes œuvres. Cette sanction est remise au goût du jour et il appartiendra à tout prêtre et évêque d'être attentif.
Dans la paix du Christ,
Fait et daté en la Cathédrale Sankt Johannes à Adursted, le 29 novembre de l'an deux mille vingt sept.
† Henrik, Archevêque d'Adursted [/quote][/justify]
* IRL Concile de Lyon
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Zaldora
[justify]La flamme empiriste...
11 décembre 2027
- Votre Majesté est-elle encline à considérer une dernière fois mon argumentation ?
- Vos arguments ont été entendu, mais ma décision est prise.
- Ce choix est-il définitif ?
- Oui.
Le rêve prit fin ici. Un peu plus tard, le Grand Chambellan en avisa les empiristes qui se résignèrent après des mois de pétitions royales, assortis de farouches controverses contre les égalitaristes à l'université. Le royaume du Thorval ne s'associera pas à la Couronne impériale et ne rejoindra pas la coupole du Saint Empire. Rallier Sa Majesté à la noble cause avait paru essentiel car non content de seule détenir l'autorité pour contraindre des seigneurs plus que récalcitrants à l'idée d'empire, c'était aussi à elle d'accorder foi et hommage au Saint Empereur. La nécessaire soumission à une couronne hiérarchiquement supérieure avait tout le long été la principale pierre d'achoppement. Le fait que Wilhelmstadt n'inspirait que peu de choses positives dans les cœurs amplifia les difficultés. Faute d'acteurs intérieurs dynamiques afin d'enclencher des réformes salutaires, et alors qu'il ne substituait plus rien de l'espoir Viertensteinois, la vénérable Couronne impériale était vouée à dépérir à feu doux.
Il serait malaisé de voir en les empiristes des défenseurs de la dynastie Braunschweig, du nationalisme schlessois ou d'une domination impériale sur l'Occident chrétien. Non, leur souhait était d'unir dans la paix et le bien cette vieille civilisation chrétienne millénaire et le Saint Empire représentait le meilleur atout. Enorgueillit par la présence du Grand Chambellan dans leur rang, les ex-empiristes ne renoncèrent pas et planchaient désormais sur une nouvelle vision. Ils se reprirent à rêver et parurent convaincus qu'une fraternité d'États à égalité formelle ferait mouche auprès de la reine.[/justify]
11 décembre 2027
- Votre Majesté est-elle encline à considérer une dernière fois mon argumentation ?
- Vos arguments ont été entendu, mais ma décision est prise.
- Ce choix est-il définitif ?
- Oui.
Le rêve prit fin ici. Un peu plus tard, le Grand Chambellan en avisa les empiristes qui se résignèrent après des mois de pétitions royales, assortis de farouches controverses contre les égalitaristes à l'université. Le royaume du Thorval ne s'associera pas à la Couronne impériale et ne rejoindra pas la coupole du Saint Empire. Rallier Sa Majesté à la noble cause avait paru essentiel car non content de seule détenir l'autorité pour contraindre des seigneurs plus que récalcitrants à l'idée d'empire, c'était aussi à elle d'accorder foi et hommage au Saint Empereur. La nécessaire soumission à une couronne hiérarchiquement supérieure avait tout le long été la principale pierre d'achoppement. Le fait que Wilhelmstadt n'inspirait que peu de choses positives dans les cœurs amplifia les difficultés. Faute d'acteurs intérieurs dynamiques afin d'enclencher des réformes salutaires, et alors qu'il ne substituait plus rien de l'espoir Viertensteinois, la vénérable Couronne impériale était vouée à dépérir à feu doux.
Il serait malaisé de voir en les empiristes des défenseurs de la dynastie Braunschweig, du nationalisme schlessois ou d'une domination impériale sur l'Occident chrétien. Non, leur souhait était d'unir dans la paix et le bien cette vieille civilisation chrétienne millénaire et le Saint Empire représentait le meilleur atout. Enorgueillit par la présence du Grand Chambellan dans leur rang, les ex-empiristes ne renoncèrent pas et planchaient désormais sur une nouvelle vision. Ils se reprirent à rêver et parurent convaincus qu'une fraternité d'États à égalité formelle ferait mouche auprès de la reine.[/justify]