[spoiler="Remarque"]Fait en coopération avec Thunderoad.[/spoiler]
[bask][center]LE CYCLE DE BAS MARKESON
- Chapitre 10 : La Lionne du Mont -[/bask]
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[ve]Sur les murs on pouvait voir des fresques représentant des soldats à la peau cuivrée se battant armés d'épées et de boucliers. Leurs cheveux tressés rappelaient la mode impériale du 17ème siècle, l'époque où l'Empire tarnois était à son apogée. Mais cette époque était désormais révolue. Les puissantes dynasties impériales avaient disparues dans le chaos du 21ème siècle jusqu'à ce que même le souvenir de leurs règnes semblait faire partie du monde des légendes. Toshi Tsuno passa à côté ces fresques, similaire à ceux qu'on trouvait sur les autres murs du Sénat. Il fallait savoir que jadis ce lieu servait de résidence pour les rois sayaken. Certains prétendaient que le palais avait été bâti par Sayak le Grand en personne, mais on ne pouvait pas faire confiance aux guides touristiques qui étaient prêts à raconter tout et n'importe quoi.
Au cœur de l'édifice se trouvait la grande salle où s'assemblait le Sénat. C'était un ancien hall réaménagé pour accomplir sa nouvelle fonction. Alorsque Titanua et Borisk s’enfonçaient il y a deux ans dans le chaos total, seul Sayakon avait permis d'offrir un refuge stable à une forme plus ou moins légitime de gouvernement. Mais la ville n'avait jamais destinée à être la capitale d'un pays composé de trois cent nonante habitants. C'était une ville de campagne avec plus de potagers que d'habitants. Mais quand tout s'écroula, c'était cet aspect qui l'avait rendue propice à accueillir un gouvernement d’urgence. Mais il fallait tout adapter et trouver des lieux pour abriter les institutions dignement. Entrant dans une des cours intérieures du palais, Tsuno pouvait voir des sénateurs et secrétaires faire une partie de rugby improvisée. C'était un sport occidental qui s'était relativement bien implantée dans cette région campagnarde. Il passa alors à côté de couples de politiciens qui discutaient entre eux, documents à la main, dans un coin ou en marchant. La plus part l'ignoraient.
C'est alors que Tsuno arriva dans l'aile nord de l'édifice, là où se trouvaient les bureaux des plus puissants sénateurs. Il frappa à une porte et entra sans hésiter. Le bureau était très spacieux avec une grande table au centre derrière laquelle on avait une fenêtre donnant une vue sur l’amphithéâtre. Sur la table se trouvaient plusieurs tas de documents avec entre eux des livres, bureau auprès lequel était assise personne d'autre que la sénatrice Horak. Âgée d'une bonne cinquantaine d'années, la politicienne avait connue tous les régimes politiques sans jamais participer à un gouvernement. Elle était non seulement la doyenne du Sénat mais aussi la plus influente de ses membres. Ses « clients », ainsi on nommait les sénateurs inféodés à un sénateur plus puissant, se comptaient en grand nombre et dans les deux camps. Les occidentaux l'aurait accusée d'être une centriste. Ceci n'était pas rendre honneur à sa véritable nature. Elle était bien au centre du spectre politique mais sa volonté de fer et son caractère bien trempé n'avaient rien à voir avec le manque de fermeté des modérés des régimes parlementaires almérans. On la surnommait la « Lionne du Mont », en raison de son caractère, mais aussi car elle était assise tout au sommet de l'assemblée. Voyant Toshi entrer dans son bureau, la sénatrice se leva et indiqua avec un geste de main de s’asseoir dans le fauteuil située devant elle. Tsuno s'inclina avant de prendre place. La politicienne se rassit et prit la parole, laissant résonner une voix ferme et autoritaire.
« J'ai reçu votre message. Votre proposition est...je dois reconnaître...intéressante. Je suis surprise que vous osiez venir proposer un tel projet si ouvertement et directement à un membre du Sénat. »
Toshi hocha très légèrement la tête et répondit.
« Votre réputation n'est plus à faire et je pense que l'honnêteté est la manière la plus simple de faire avancer les choses. De toute façon, mon gouvernement n'aura aucune peine de m’accuser d'avoir envoyé ce message sous ma propre initiative si ma mission devrait échouer. »
Ecoutant attentivement, la sénatrice ne répondit pas immédiatement. Elle laissa le temps s'écouler. Souvent ceci mettait mal à l'aise ses interlocuteurs, chose qui la permettait de prendre le dessus dans la conversation. Tsuno se montra fort peu impressionné et attendit avec une patience aguerrie. C'est alors que Horak décida de répliquer.
« Je partages votre méfiance vis-à-vis de notre actuel Président. En ce qui concerne la réforme de la présidence, je peux qu'approuver votre proposition. Mais j'aimerais savoir une chose : quelle est votre motivation ? »
Toshi laissa à son tour attendre la sénatrice quelques secondes avant de révéler.
« L'Hokkaido a des intérêts géopolitiques à défendre. Un entre eux est de s'assurer une alliance forte et durable avec la Fédération...et aussi de l'éloigner le plus que possible de certaines nations. La guerre du Machrek n'est qu'un aspect de la politique de Renyï qui nous dérange. Certains contrats signés sont inquiétants, comme ceux conclus avec le Khalidan. »
Horak fut surprise que le hokkai ait si rapidement mit les cartes sur la table. Néanmoins il faisait confirmer ses propres idées. Elle réagit avec un certain calme à la révélation.
« Beaucoup se méfient du Khalidan, mais ils ne sont pas plus nombreux que ceux qui se méfient du Raksasa ou du Wapong. Certains parlent même des trois - vous me pardonnerez le terme - archiputes à leur sujet, mais ce sont pour la plus part des gens qui font partie des mouvements radicaux de notre institution. Mais je comprends votre méfiance au sujet de l'accord énergétique. Soyez assuré que bien de gens ont cherchés à découvrir quel était le piège dans la générosité du Khalidan. On n'a pas encore trouvé, quelle est l'arrière-pensée du Khalidan dans cette affaire. »
Elle marqua une pause et se leva. Se tournant vers la fenêtre, elle y resta, mains au dos, en profitant de la vue. Après quelques instants de réflexion, elle lâcha.
« Votre proposition est intéressante et je vais l'étudier. Néanmoins je dois vous avertir : vous n'aurez pas forcement les résultats que vous vous attendrez si Markeson revient au pouvoir. Cet homme à un grand défaut : il ne peut pas être corrompu. En politique, ce sont les gens les plus dangereux. »
Horak se retourna, révélant un léger sourire sur son visage. Elle annonça calmement et en conclusion.
« Je pense que vous pouvez vous retirer. Saluez votre sœur de ma part quand vous la verrez. Son action en Tel-Erib ne nous a pas échappée. »
Toshi Tsuno se leva de son siège et s'inclina devant la sénatrice en signe de respect et d’adieu. Celle-ci hocha en réponse et laissa le hokkai quitter le bureau. Une fois que ce dernier fut dehors, elle jeta à nouveau un regard à travers la fenêtre. La ville de Sayakon semblait si paisible depuis ici, pensa-t-elle. Rare étaient ceux qui avaient connaissance de l'agitation politique à venir. Elle espérait simplement ne pas faire le mauvais choix en soutenant le projet du diplomate hokkai.[/ve]
Le Cycle de Bas Markeson [! Déconseillé aux -18 ans ! ]
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Amaski
[bask][center]LE CYCLE DE BAS MARKESON
- Chapitre 11 : Nous devons mettre le feu au monde -[/bask]
[img]http://img4.hostingpics.net/pics/747003jud.png[/img][/center]
[ve]Les ministres et secrétaires d'état s'étaient rassemblés autour de Bas Markeson dans une des salles de travail du palais présidentiel. La plus part d'entre-deux avaient l'habitude de ces réunions. Il fallait souligner qu’on n'avait pas fait de véritable changement dans le cabinet entre le départ de Renyï et l'arrivée de Markeson, ce qui conduisait à la situation que toutes les personnes présentes en cet instant, avaient aussi été membres de la précédente administration. La même chose était arrivée quand Markeson avait été remplacé par Renyï. Personne n’avait trouvé bon de vouloir changer une équipe qui avait montré sa capacité à prendre en charge les problèmes du pays. Les derniers résultats sur l'évolution économique du pays pouvaient que confirmer la justesse de cette stratégie. La croissance avait largement dépassée les dix pour cent, ce qui permettait de dire que le plan de relance avait parfaitement marché. Il avait permis de stopper la récession en 2024 et de relancer la croissance en 2025. En somme, la seule chose qui changeait vraiment dans l’administration fédérale était les présidents et même eux, avaient la coutume d'être en accord sur les grandes lignes politiques. C'était plus une question de style et de priorité en fin de compte. La politique fédérale était décidemment devenue effroyablement ennuyeuse depuis le Grand Chaos.
Le principal sujet de cette réunion était les affaires étrangères. Ce n'était pas un secret que la Fédération d'Aquanox était lentement, mais sûrement arrivée à une croisée des chemins. D'un côté elle ne pouvait plus compter sur le bloc libéral et d'un autre, il fallait prendre définitivement position sur le danger que représentait la Fiémance au Nord du continent et les relations avec l’ex-OTH. D'un certain côté, les derniers jours avaient permis de révéler le jeu de plusieurs pays à l'égard de la Fédération et conduit à formuler la base d’une nouvelle diplomatie, certainement forte peu au goût des pays de l’OTH.
Markeson qui était assis dans un fauteuil en cuir noir, observait le fond de la salle d'un regard voyageur. Les ministres et secrétaires lisaient pour la plus part des rapports et documents devant eux sur la table ou se tenaient tranquillement sur leur place, attendant le moment fatidique du début de la réunion. C'est alors qu'une des portes de la salle s'ouvrit brutalement et dans un claquement violent. Une femme dans un tailleur bleu foncé entra dans la salle. Quelques têtes se tournèrent en sa direction. La femme en question était personne d'autre qu'Aya Melvel, la ministre des affaires étrangères. Celle-ci, après avoir fait quelques pas, s’assit dans le siège au fond de la table, se trouvant ainsi à l'opposé de Markeson. Le président jeta un regard rapide sur une horloge accrochée dans un coin de la salle et dit dans un ton presque amusé.
« Vous êtes en retard. »
La ministre attendit quelques secondes avant de répondre. Elle lâcha alors avec une assurance presque indécente.
« Je vous prie de m'excuser, mais j’ai reçu un message du Raksasa au sujet des drones de combat. Vous savez, ce pays de barbus qui prient Allah le matin et le Saint Fric le soir. »
Des gloussements se firent entendre dans la salle. Melvel marqua une pause avant de continuer.
« Sans surprise, l'Empire nous dit de nous aller faire foutre. Je ne pense pas nécessaire de vous donner tous les détails. Vous aurez certainement le plaisir de lire leur message, quoiqu'il suffise de lire la dernière phrase pour avoir l'essentiel. Les Raksas ont la manie de se perdre dans des grandes déclarations tonitruantes et gonflées qui concluent très simplement. En vue de leur charmant message, je me suis permis de contacter l'archiviste fédéral à Titanua. Il m’a confirmé de pouvoir nous envoyer les rapports sur le génocide au Tae Wan des demain. Je pense que ceci pourrait être intéressant vu que notre alliance avec le Raksasa est désormais morte et enterrée par l'illustre empire en personne. Si vous voulez, je peux contacter les gens de Truthlink dès ce soir. »
La plus part autour de la table ne comprenaient rien à la deuxième partie de la déclaration de la ministre. De quel génocide parlait-elle? Qu'est-ce que le Tae Wan pouvait bien avoir comme lien avec le Raksasa ? Markeson pour sa part savait à quoi la ministre faisait allusion. Il n'apprécia pas vraiment que celle-ci prenne des initiatives dans ce domaine surtout sur un sujet si délicat que le génocide ayant eu lieu sur l'ile du Tae Wan. Son zèle était agréable en temps normaux, mais on parlait d’une affaire d’état des plus sérieuses. C’est pour ces raisons qu’il prit la parole pour répondre à Aya Melvel. Il n’avait aucunement l’intention de voir le gouvernement fédéral révéler l’affaire. C’était une fiole de poison qu’il pensait sage de garder pour les mauvais jours.
« Je pense que ces documents doivent rester confidentiels…pour le moment. Le gouvernement de l'époque a fait ces recherches non sans raison. Les informations contenues dans ce rapport sont une bombe diplomatique que nous devrons lâcher le moment opportun. En cet instant, ça ne sera pas crédible que l'information vienne de nous et l'Empire a montré un grand talent pour camoufler ce crime. Souvenez-vous de la tentative du Schlessien de révéler l'affaire il y a une plusieurs années. Non, nous devons agir avec beaucoup de tact. Il faut frapper quand une brèche s'ouvre et seulement en dernier recours. »
Markeson se pencha en avant, posant ses mains joints sur la table, fixant du regard Aya et continua.
« Donc le Raksasa ne veut rien savoir de nous. C'est une bonne nouvelle finalement. Ceci nous permet de dire qu'ils ont pris l'initiative à notre encontre et donc nous pourrons jouer sur ceci par rapport aux pays communistes. Plus le Raksasa nous méprise sans raison, plus les pays communistes nous considèrent comme intéressant. Leur arrogance naturelle fera comme d'habitude le reste et nous ouvrira les portes des capitales socialistes. »
Marquant une petite pause, il dit.
« Pour la Fiémance, nous pouvons aussi nous attendre à une réponse négative. D'une certaine façon, nous avons tout intérêt à ce que le partenariat avec leur entreprise militaire n'ait pas lieu. Nous serons hélas avec une grande probabilité en guerre avec ce pays dans au plus tard douze mois. La question est de savoir si elle sera ouverte ou conduite dans l'ombre. Leurs actions au Nord du Vicaskaran ont rendu de toute façon toute coopération impossible sur long terme. »
Un ministre se permit de prendre la parole pour donner son avis, profitant d'une pause du président. Ce n’était pas une sage décision, mais l’homme en question était trop inexpérimenté pour s’en rendre compte.
« Ne devrions-nous pas rediscuter au sujet du rapprochement avec le camp socialiste? Ce sera une démarche sans retour possible. Je suis sûr qu'il est possible de négocier avec le Raksasa et de... »
Markeson reprit la parole, coupant net le ministre trop hardi.
« Le Raksasa n'a pas d'alliés, il a que des vassaux. C'est le problème avec ce pays. Notre contrée a déjà trop perdu de l'énergie à vouloir créer des relations diplomatiques qui ne tiennent pas un printemps. Désormais il faut aller là, où nous sommes les bienvenus et la majeure partie des pays de l'OPS nous tiennent en bon estime. »
« Et l'Esmark » dit un secrétaire. « Nous devrions tenter de calmer le jeu avec ce pays qui est un partenaire stratégique. »
Aya Melvel se lança alors dans la discussion comme le gladiateur dans l’arène.
« Au sujet de l'Esmark, il ne faut rien faire. Laissons le temps agir. Ils ont eu l'occasion de jouer les vierges effarouchés, mais ça ne durera pas éternellement. Envoyons-leur une lettre courtoise pour éviter que l’affaire prenne racine, mais n’agissons pas davantage. Dans quelques mois, ce sera à nouveau le calme plat. Je doute que le gouvernement de l'Esmark soit assez stupide pour se faire rouler dans la farine par la Fiémance et si c'est le cas, ça retombera sur eux et non sur nous. Pour ma part je pense que nous devons agir contre la Fiémance en poursuivons le plan ‘Assèchement’. »
« La plan ‘Assèchement’ ? » demanda une secrétaire, visiblement surprise d'entendre de ce plan.
La ministre des affaires étrangères observa de manière amusée la secrétaire en question et lui révéla avec une certaine douceur amère.
« Le président Markeson et moi avons organisé un programme visant à saboter les ambitions de la Fiémance au Nord du Vicaskaran. Tout le monde a appris que ces très chers Almérans ont comme nouvelle obsession de vouloir annuler trois siècles d'histoire en redonnant ces terres à quelques tribus d'indiens alcooliques et faméliques. Même au Thorval les autorités soutiennent officieusement le projet via des affiches. Comme quoi après avoir renvoyé leurs peuples au moyen-âge, ils veuillent forcer le reste du monde à également s’enfoncer dans la fange. Si on me permet ce petit commentaire, c'est la preuve irréfutable que la reine du Thorval est aussi dégénérée que le roi de Fiémance et.... »
Markeson interrompit Melvel brusquement.
« Je pense que nous avons compris l'esprit du projet. Je vous demande néanmoins de soigner votre langage. Je doute que traiter la reine du Thorval de dégénérée soit une approche diplomatique et productive, surtout en vue du fait que le Thorval est un pays fiable et respectable sur lequel nous pouvons compter. Je préfèrerais épouser la reine Annabelle que de devoir passer cinq minutes en présence du roi de Fiémance. »
Le président décida de retourner la discussion sur le sujet initial.
« Revenons donc au cœur du projet ‘Assèchement’. Comme dit par madame Melvel, la Fiémance veut revenir à la belle époque des indiens et des cowboys ; la radioactivité en plus et les cowboys en moins. Néanmoins, ce magnifique projet à un point faible : il demande d'avoir assez d’indiens sous la main pour coloniser les USP. Madame Melvel et moi avons donc décidé de faire de notre pays la nouvelle patrie des indiens du Vicaskaran en manque de terres. Cette approche est productive sur tous les plans. Nous aidons les indiens du Vicaskaran en leur donnons un nouveau foyer où ils seront libres et respectés et nous évitons que la Fiémance puisse les convaincre d'aller s'installer au Nord du continent entre deux tonneaux de matériel radioactif. Nous asséchons littéralement le bassin démographique nécessaire à la Fiémance. D’où le nom du projet.
La Fédération maintient par ceci sa volonté de servir comme l'Orphelinat des Peuples. Après les Juifs, les Makengais et les Vieks, nous sommes dans l'obligation morale d'aider les indiens persécutés sur ce continent. Au moins c’est ce que nous dirons au public en versant quelques larmes de crocodile. En même temps, nous empêcherons les hommes en perruque et talons aigus d'établir, sous l'excuse de restaurer les nations indiennes, des avant-postes au Nord du Vicaskaran. C'est que du bénéfice pour nous. Ceci sans parler du fait que revitaliser les nations indiennes nous permettra d'apprendre beaucoup de leur culture et leur philosophie. »
Un secrétaire se permit d'intervenir après s'être assuré que Markeson ait fini. Il se montra plus intelligent que le ministre d’avant.
« Mais sommes-nous sûrs que le projet ‘Assèchement’ marchera ? Qui dit que la Fiémance ne fera pas une campagne publicitaire pour attirer les indiens ? Nous risquons d'y laisser des plumes à mon avis sur le plan politique. »
Markeson sourit légèrement. Il approuvait la remarque du secrétaire et lui répondit dans un ton conciliateur.
« Vous avez raison de faire cette remarque. »
Le secrétaire bondit légèrement le torse de satisfaction. Dans les yeux du jeune homme se reflétait la satisfaction enfantine d’avoir reçu l'approbation de son chef. Markeson continua.
« La Fiémance a des idées avec lesquelles nous pouvons être en accord. Restaurer les nations indiennes ? Pourquoi pas. Mais ce pays n’est pas connu pour sa philanthropie. Comme les Schlessois, ce sont des loups se drapant dans des peaux de mouton. Mais notons qu’en termes d'application de leur projet, ils sont…disant décalé d’un ou deux siècles.
On nous critique souvent pour notre côté spartiate, direct et fonceur, mais ceci nous donne l'avantage de pouvoir aller plus loin, une fois que nous avons pris une décision. Donc pour vous répondre, je ne me fais pas de souci à ce sujet. Même si nous attirons qu'une partie des indiens du continent. Philosophiquement, nous aurons déjà remporté une victoire majeure en redonnant corps aux nations indiennes. Aussi, comme nous leur offrons des terres fertiles en nombre conséquent, un cadre légal d'exception et surtout que nous sommes une région loin des guerres sans risque de campagne de reconquête, nous sommes les mieux disposés à accueillir les nations indiennes. Aussi, nous n'avons pas eu de conflit avec les indiens depuis au moins deux mille ans, plus si on part du principe que nos ancêtres ne se sont pas comportés comme des brutes durant leur arrivée sur la péninsule. Nous avons tout en notre faveur alors que la Fiémance offre des terres entourées par la guerre, dans des régions froides, pauvres et en majeure partie empoisonnées par la radioactivité et la pollution. Leurs colonies indiennes ne risquent pas de durer dix ans, tellement les sols sont empoisonnés et les conditions peu propices à un mode de vie non-industrialisé. Je dirais même que nous faisons une action humanitaire en dissuadant les indiens d'aller dans les colonies de la Fiémance. »
Le silence s'installa dans la salle. Markeson conclut alors la discussion au sujet de la Fiémance.
« Bien. Je considère votre silence comme un consentement pour le projet. Je signerais donc dès demain le décret nécessaire à sa réalisation. Passons maintenant au thème prochain. Madame Melvel, je vous laisse faire l'introduction. »
Aya Melvel se leva et s'avança vers un des murs de la salle où apparut alors une carte mondiale projetée depuis un beamer. On pouvait voir les pays du monde marqués dans plusieurs couleurs. Certains étaient rouges, d'autres en vert et une quantité non négligeable en blanc. Avec son aisance habituelle, la ministre commenta la mappemonde.
« Notre pays s'est écroulée le jour où les bombes atomiques sont tombées sur les USP. Depuis, nous avons connu trois phases. Le chaos total qui a vu l'effondrement d'un peu près tous ce que nous avons crus acquis les dix ans auparavant. Ensuite s'est suivie la reconstruction sous la première présidence de Markeson. Nous avons remis en marche ce qui a été sauvé de la tempête en abandonnant ce qui ne pouvait plus être récupéré. Ainsi aujourd'hui Borisk est une cité fantôme, une pâle ombre d'une gloire fanée. Mais d'autres villes ont émergé. L'Est a repris le flambeau à un ouest dévasté. Sayakon, Orkmonkon et Wartown attirent les migrants fuyant les côtes et cherchant les terres fertiles de l'Est. Cette seconde phase a muté ensuite en une troisième phase. Après la reconstruction, la transmutation. La présidence de Renyï a engagé des réformes légales ayant conduit à la construction du premier régime politique non-dictatorial et stable de cette péninsule. Presque une génération après l'abdication du kansteltan Oroskon, notre contrée a adopté un régime moderne, unissant ses traditions avec des institutions à jour. Nous n'avons pas eu d'assaut sur le palais présidentiel, pas de coup d'état, pas d'élections truquées et pas de changement de doctrine économique. La seule chose notable depuis est un petit complot de cabinet au Sénat qui ferait rire les parlementaires de la République du Quantar. Il a probablement fallu que notre société tombe au plus profond et que la Révolution nous soit devenue détestable pour arriver à ce point. Mais aujourd'hui, c'est fait. L'arbre a pris racine et se renforce. Mais il reste une nouvelle étape à franchir. Maintenant que le chaos interne a été transformé en ordre, que les énergies révolutionnaires sont devenues des agitations parlementaires sans lendemain, nous devons mettre fin au chaos externe. En somme, mettre un plat nos relations diplomatiques. Je ne vais pas vous cacher, je défends l'avis que nous devons mettre le feu au monde pour avancer. Comme pour notre politique, il faut brûler sur le bûcher tout le passé pour avancer. Ceci signifie en terme diplomatique, procéder à une amputation sans précèdent. »
Elle marqua une pause. Un secrétaire apporta un verre d'eau que Melvel sirota légèrement, laissant sur le verre la marque de son rouge à lèvre d'un rouge criant. Elle continua alors en dirigeant son regard vers la carte.
« Les dernières interactions diplomatiques ont permis de découvrir qui sont nos ennemis et qui nos alliés. Maintenant, il faut faire le compte. »
La carte du Makara s'afficha.
« Le Raksasa ne nous aime pas, le Sud-est du Makara est un foyer de racisme anti-tarnois et le cœur du continent est sans intérêt. Conclusion : abandon complet de ces régions sur le point diplomatique. On les ignore, on fera que réagir à ce qui viendra à notre encontre. Seulement deux pays méritent notre attention : l'URCM et le Kaiyuan. Si des nouveaux pays émergent dans la région, nous pourrons prendre contact avec eux, mais tous les vieux acteurs diplomatiques en dehors de l'URCM et le Kaiyuan sont sans intérêt et ne méritent aucune action de notre part. La Roumalie sera gardée dans une zone grise. On statuera sur son cas selon leur réponse à notre missive.
On se focalise donc en premier lieu sur l'URCM qui doit devenir notre partenaire principal dans la région. Le Kaiyuan peut aussi devenir un allié, mais en seconde priorité. On verra ce que ce pays peut nous apporter sur longue terme pour revoir son importance. Je pense que le Kaiyuan peut devenir un partenaire majeure si nous agissons avec tact et prudence, mais nous devrons étudier le cas sur le moyen terme. »
La carte du Makara céda à celle du Thyroptis.
« L'Océanie est le seul pays d'intérêt, mais ils nous détestent donc on les ignore. »
On passa immédiatement à la carte du Zanyane.
« Le Bardaran est une zone d'intérêt sur le plan culturel. Le Lito lui peut être un future partenaire stratégique. Nous devons donc nous rapprocher de lui dans le cadre du possible. Le reste du continent n'a pour le moment aucun intérêt. On verra en fonction des acteurs diplomatiques. Je pense que c'est sur ce continent où nous pourrions faire des bons partenariats. Il faudra juste s'habituer à l'odeur de fumier émanant des colonies de Fiémance. Le parfum de Sa Graisseuse Majesté empeste jusqu'au Bardaran. Mais un peu d’eau de Cologne devrait régler l’affaire. »
La carte du Jeekim apparut.
« Le Valaryan est un pays original, dirigé par des gens un peu brutes mais de confiance. Je pense que c'est un partenaire plein de potentiel. Le reste est sans intérêt. »
On passa enfin à la carte de l'Alméra.
« Quatre pays méritent notre attention : l'Azude, le Thorval, le Kirep et la Rostovie. Le reste est sans véritable intérêt. L'Azude est un partenaire stratégique sur le plan de la recherche et le Thorval est un pays fiable avec qui nous pourrions faire des échanges culturels. Faudra juste nous assurer que la conna…euh…la Reine nous refile pas en secret quelques petits missionnaires tout mignons et tout zélés. Le Kirep et la Rostovie sont des partenaires stratégiques de premier plan, des vieux alliés avec qui nous devons renforcer le partenariat.
D'un point de vue général, il ne faut pas se leurrer. Le monde libéral ne nous aime pas et nous offre aucune perspective. Nous devons donc entamer le rapprochement avec le bloc des pays communistes et surtout l'OPS. Notre entrée dans l'organisation doit être une priorité, combinée avec une alliance de premier plan avec la Rostovie, le Kirep et l'URCM. Ne cherchons pas à amadouer ceux qui font qu'exiger sans rien donner. Allions-nous à ceux qui nous respectent et nous ouvrent les portes. En quinze ans, seulement le bloc socialiste nous a été toujours un soutien, même durant les temps les plus difficiles. La Guerre du Vicaskaran aurait tourné au pire sans les missiles de la Rostovie qui nous ont permis d’attaquer les bases de l’OTH au Ranekika. Sans parler que la base secrète de la Rostovie sur notre sol, nous protègera des attaques balistiques de nos ennemis. »
On arriva enfin à la carte du Vicaskaran avec à gauche un carré avec une représentation de l'Hokkaido.
« Ceci est le cœur de notre action diplomatique régionale. Hokkaido, Perlian et le Danube forment un premier cercle des nations amies dans notre région. La FNUS et le Khalidan sont des partenaires régionaux majeurs sur qui nous pouvons plus ou moins compter. Surtout le Khalidan possède un grand potentiel. L'Esmark est notre voisin et je pense que même les meilleurs philosophes ne sauraient pas définir notre relation. Je crois que c'est le vacuum absolu. Il y a rien et étrangement, tout va bien. »
La carte disparut et la ministre conclut.
« Nous devons en somme restreindre notre champ d'action diplomatique pour investir là où nous pouvons créer des partenariats durables. Ceci signifie sacrifier une partie du globe, mais c'est un sacrifice qui sera rentable sur long terme. Pour conclure, j’aimerais dire que nous devons nous rapprocher de l'OPS vu que c'est le seul camp politique qui nous a toujours soutenu et abandonner l'idée de toute politique avec le monde libéral issu de l'OTH. Notre économie ne se portera que mieux. Via notre système bancaire et économique, nous donnerons aux pays communistes et socialistes l'atout économique qui leur offrira la supériorité sur les pays ultra-libéraux. La Rostovie est par exemple l'occasion rêvée pour nous de faire des investissements majeurs qui profiteront à ce pays comme à notre contrée. Agriculture biologique, industrie robotique, énergie renouvelable, la Rostovie peut devenir le fer de lance d’un néo-socialisme réussi. En somme, le temps est venu de prendre parti et ceci signifie déclarer la guerre à une partie du monde, un monde qui de toute façon nous a déclaré les hostilités il y a bien longtemps. »
Aya Melvel termina sa présentation. C'est alors que le président Markeson reprit la parole pour lancer les discussions sur les détails de la nouvelle politique diplomatique.[/ve]
- Chapitre 11 : Nous devons mettre le feu au monde -[/bask]
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[ve]Les ministres et secrétaires d'état s'étaient rassemblés autour de Bas Markeson dans une des salles de travail du palais présidentiel. La plus part d'entre-deux avaient l'habitude de ces réunions. Il fallait souligner qu’on n'avait pas fait de véritable changement dans le cabinet entre le départ de Renyï et l'arrivée de Markeson, ce qui conduisait à la situation que toutes les personnes présentes en cet instant, avaient aussi été membres de la précédente administration. La même chose était arrivée quand Markeson avait été remplacé par Renyï. Personne n’avait trouvé bon de vouloir changer une équipe qui avait montré sa capacité à prendre en charge les problèmes du pays. Les derniers résultats sur l'évolution économique du pays pouvaient que confirmer la justesse de cette stratégie. La croissance avait largement dépassée les dix pour cent, ce qui permettait de dire que le plan de relance avait parfaitement marché. Il avait permis de stopper la récession en 2024 et de relancer la croissance en 2025. En somme, la seule chose qui changeait vraiment dans l’administration fédérale était les présidents et même eux, avaient la coutume d'être en accord sur les grandes lignes politiques. C'était plus une question de style et de priorité en fin de compte. La politique fédérale était décidemment devenue effroyablement ennuyeuse depuis le Grand Chaos.
Le principal sujet de cette réunion était les affaires étrangères. Ce n'était pas un secret que la Fédération d'Aquanox était lentement, mais sûrement arrivée à une croisée des chemins. D'un côté elle ne pouvait plus compter sur le bloc libéral et d'un autre, il fallait prendre définitivement position sur le danger que représentait la Fiémance au Nord du continent et les relations avec l’ex-OTH. D'un certain côté, les derniers jours avaient permis de révéler le jeu de plusieurs pays à l'égard de la Fédération et conduit à formuler la base d’une nouvelle diplomatie, certainement forte peu au goût des pays de l’OTH.
Markeson qui était assis dans un fauteuil en cuir noir, observait le fond de la salle d'un regard voyageur. Les ministres et secrétaires lisaient pour la plus part des rapports et documents devant eux sur la table ou se tenaient tranquillement sur leur place, attendant le moment fatidique du début de la réunion. C'est alors qu'une des portes de la salle s'ouvrit brutalement et dans un claquement violent. Une femme dans un tailleur bleu foncé entra dans la salle. Quelques têtes se tournèrent en sa direction. La femme en question était personne d'autre qu'Aya Melvel, la ministre des affaires étrangères. Celle-ci, après avoir fait quelques pas, s’assit dans le siège au fond de la table, se trouvant ainsi à l'opposé de Markeson. Le président jeta un regard rapide sur une horloge accrochée dans un coin de la salle et dit dans un ton presque amusé.
« Vous êtes en retard. »
La ministre attendit quelques secondes avant de répondre. Elle lâcha alors avec une assurance presque indécente.
« Je vous prie de m'excuser, mais j’ai reçu un message du Raksasa au sujet des drones de combat. Vous savez, ce pays de barbus qui prient Allah le matin et le Saint Fric le soir. »
Des gloussements se firent entendre dans la salle. Melvel marqua une pause avant de continuer.
« Sans surprise, l'Empire nous dit de nous aller faire foutre. Je ne pense pas nécessaire de vous donner tous les détails. Vous aurez certainement le plaisir de lire leur message, quoiqu'il suffise de lire la dernière phrase pour avoir l'essentiel. Les Raksas ont la manie de se perdre dans des grandes déclarations tonitruantes et gonflées qui concluent très simplement. En vue de leur charmant message, je me suis permis de contacter l'archiviste fédéral à Titanua. Il m’a confirmé de pouvoir nous envoyer les rapports sur le génocide au Tae Wan des demain. Je pense que ceci pourrait être intéressant vu que notre alliance avec le Raksasa est désormais morte et enterrée par l'illustre empire en personne. Si vous voulez, je peux contacter les gens de Truthlink dès ce soir. »
La plus part autour de la table ne comprenaient rien à la deuxième partie de la déclaration de la ministre. De quel génocide parlait-elle? Qu'est-ce que le Tae Wan pouvait bien avoir comme lien avec le Raksasa ? Markeson pour sa part savait à quoi la ministre faisait allusion. Il n'apprécia pas vraiment que celle-ci prenne des initiatives dans ce domaine surtout sur un sujet si délicat que le génocide ayant eu lieu sur l'ile du Tae Wan. Son zèle était agréable en temps normaux, mais on parlait d’une affaire d’état des plus sérieuses. C’est pour ces raisons qu’il prit la parole pour répondre à Aya Melvel. Il n’avait aucunement l’intention de voir le gouvernement fédéral révéler l’affaire. C’était une fiole de poison qu’il pensait sage de garder pour les mauvais jours.
« Je pense que ces documents doivent rester confidentiels…pour le moment. Le gouvernement de l'époque a fait ces recherches non sans raison. Les informations contenues dans ce rapport sont une bombe diplomatique que nous devrons lâcher le moment opportun. En cet instant, ça ne sera pas crédible que l'information vienne de nous et l'Empire a montré un grand talent pour camoufler ce crime. Souvenez-vous de la tentative du Schlessien de révéler l'affaire il y a une plusieurs années. Non, nous devons agir avec beaucoup de tact. Il faut frapper quand une brèche s'ouvre et seulement en dernier recours. »
Markeson se pencha en avant, posant ses mains joints sur la table, fixant du regard Aya et continua.
« Donc le Raksasa ne veut rien savoir de nous. C'est une bonne nouvelle finalement. Ceci nous permet de dire qu'ils ont pris l'initiative à notre encontre et donc nous pourrons jouer sur ceci par rapport aux pays communistes. Plus le Raksasa nous méprise sans raison, plus les pays communistes nous considèrent comme intéressant. Leur arrogance naturelle fera comme d'habitude le reste et nous ouvrira les portes des capitales socialistes. »
Marquant une petite pause, il dit.
« Pour la Fiémance, nous pouvons aussi nous attendre à une réponse négative. D'une certaine façon, nous avons tout intérêt à ce que le partenariat avec leur entreprise militaire n'ait pas lieu. Nous serons hélas avec une grande probabilité en guerre avec ce pays dans au plus tard douze mois. La question est de savoir si elle sera ouverte ou conduite dans l'ombre. Leurs actions au Nord du Vicaskaran ont rendu de toute façon toute coopération impossible sur long terme. »
Un ministre se permit de prendre la parole pour donner son avis, profitant d'une pause du président. Ce n’était pas une sage décision, mais l’homme en question était trop inexpérimenté pour s’en rendre compte.
« Ne devrions-nous pas rediscuter au sujet du rapprochement avec le camp socialiste? Ce sera une démarche sans retour possible. Je suis sûr qu'il est possible de négocier avec le Raksasa et de... »
Markeson reprit la parole, coupant net le ministre trop hardi.
« Le Raksasa n'a pas d'alliés, il a que des vassaux. C'est le problème avec ce pays. Notre contrée a déjà trop perdu de l'énergie à vouloir créer des relations diplomatiques qui ne tiennent pas un printemps. Désormais il faut aller là, où nous sommes les bienvenus et la majeure partie des pays de l'OPS nous tiennent en bon estime. »
« Et l'Esmark » dit un secrétaire. « Nous devrions tenter de calmer le jeu avec ce pays qui est un partenaire stratégique. »
Aya Melvel se lança alors dans la discussion comme le gladiateur dans l’arène.
« Au sujet de l'Esmark, il ne faut rien faire. Laissons le temps agir. Ils ont eu l'occasion de jouer les vierges effarouchés, mais ça ne durera pas éternellement. Envoyons-leur une lettre courtoise pour éviter que l’affaire prenne racine, mais n’agissons pas davantage. Dans quelques mois, ce sera à nouveau le calme plat. Je doute que le gouvernement de l'Esmark soit assez stupide pour se faire rouler dans la farine par la Fiémance et si c'est le cas, ça retombera sur eux et non sur nous. Pour ma part je pense que nous devons agir contre la Fiémance en poursuivons le plan ‘Assèchement’. »
« La plan ‘Assèchement’ ? » demanda une secrétaire, visiblement surprise d'entendre de ce plan.
La ministre des affaires étrangères observa de manière amusée la secrétaire en question et lui révéla avec une certaine douceur amère.
« Le président Markeson et moi avons organisé un programme visant à saboter les ambitions de la Fiémance au Nord du Vicaskaran. Tout le monde a appris que ces très chers Almérans ont comme nouvelle obsession de vouloir annuler trois siècles d'histoire en redonnant ces terres à quelques tribus d'indiens alcooliques et faméliques. Même au Thorval les autorités soutiennent officieusement le projet via des affiches. Comme quoi après avoir renvoyé leurs peuples au moyen-âge, ils veuillent forcer le reste du monde à également s’enfoncer dans la fange. Si on me permet ce petit commentaire, c'est la preuve irréfutable que la reine du Thorval est aussi dégénérée que le roi de Fiémance et.... »
Markeson interrompit Melvel brusquement.
« Je pense que nous avons compris l'esprit du projet. Je vous demande néanmoins de soigner votre langage. Je doute que traiter la reine du Thorval de dégénérée soit une approche diplomatique et productive, surtout en vue du fait que le Thorval est un pays fiable et respectable sur lequel nous pouvons compter. Je préfèrerais épouser la reine Annabelle que de devoir passer cinq minutes en présence du roi de Fiémance. »
Le président décida de retourner la discussion sur le sujet initial.
« Revenons donc au cœur du projet ‘Assèchement’. Comme dit par madame Melvel, la Fiémance veut revenir à la belle époque des indiens et des cowboys ; la radioactivité en plus et les cowboys en moins. Néanmoins, ce magnifique projet à un point faible : il demande d'avoir assez d’indiens sous la main pour coloniser les USP. Madame Melvel et moi avons donc décidé de faire de notre pays la nouvelle patrie des indiens du Vicaskaran en manque de terres. Cette approche est productive sur tous les plans. Nous aidons les indiens du Vicaskaran en leur donnons un nouveau foyer où ils seront libres et respectés et nous évitons que la Fiémance puisse les convaincre d'aller s'installer au Nord du continent entre deux tonneaux de matériel radioactif. Nous asséchons littéralement le bassin démographique nécessaire à la Fiémance. D’où le nom du projet.
La Fédération maintient par ceci sa volonté de servir comme l'Orphelinat des Peuples. Après les Juifs, les Makengais et les Vieks, nous sommes dans l'obligation morale d'aider les indiens persécutés sur ce continent. Au moins c’est ce que nous dirons au public en versant quelques larmes de crocodile. En même temps, nous empêcherons les hommes en perruque et talons aigus d'établir, sous l'excuse de restaurer les nations indiennes, des avant-postes au Nord du Vicaskaran. C'est que du bénéfice pour nous. Ceci sans parler du fait que revitaliser les nations indiennes nous permettra d'apprendre beaucoup de leur culture et leur philosophie. »
Un secrétaire se permit d'intervenir après s'être assuré que Markeson ait fini. Il se montra plus intelligent que le ministre d’avant.
« Mais sommes-nous sûrs que le projet ‘Assèchement’ marchera ? Qui dit que la Fiémance ne fera pas une campagne publicitaire pour attirer les indiens ? Nous risquons d'y laisser des plumes à mon avis sur le plan politique. »
Markeson sourit légèrement. Il approuvait la remarque du secrétaire et lui répondit dans un ton conciliateur.
« Vous avez raison de faire cette remarque. »
Le secrétaire bondit légèrement le torse de satisfaction. Dans les yeux du jeune homme se reflétait la satisfaction enfantine d’avoir reçu l'approbation de son chef. Markeson continua.
« La Fiémance a des idées avec lesquelles nous pouvons être en accord. Restaurer les nations indiennes ? Pourquoi pas. Mais ce pays n’est pas connu pour sa philanthropie. Comme les Schlessois, ce sont des loups se drapant dans des peaux de mouton. Mais notons qu’en termes d'application de leur projet, ils sont…disant décalé d’un ou deux siècles.
On nous critique souvent pour notre côté spartiate, direct et fonceur, mais ceci nous donne l'avantage de pouvoir aller plus loin, une fois que nous avons pris une décision. Donc pour vous répondre, je ne me fais pas de souci à ce sujet. Même si nous attirons qu'une partie des indiens du continent. Philosophiquement, nous aurons déjà remporté une victoire majeure en redonnant corps aux nations indiennes. Aussi, comme nous leur offrons des terres fertiles en nombre conséquent, un cadre légal d'exception et surtout que nous sommes une région loin des guerres sans risque de campagne de reconquête, nous sommes les mieux disposés à accueillir les nations indiennes. Aussi, nous n'avons pas eu de conflit avec les indiens depuis au moins deux mille ans, plus si on part du principe que nos ancêtres ne se sont pas comportés comme des brutes durant leur arrivée sur la péninsule. Nous avons tout en notre faveur alors que la Fiémance offre des terres entourées par la guerre, dans des régions froides, pauvres et en majeure partie empoisonnées par la radioactivité et la pollution. Leurs colonies indiennes ne risquent pas de durer dix ans, tellement les sols sont empoisonnés et les conditions peu propices à un mode de vie non-industrialisé. Je dirais même que nous faisons une action humanitaire en dissuadant les indiens d'aller dans les colonies de la Fiémance. »
Le silence s'installa dans la salle. Markeson conclut alors la discussion au sujet de la Fiémance.
« Bien. Je considère votre silence comme un consentement pour le projet. Je signerais donc dès demain le décret nécessaire à sa réalisation. Passons maintenant au thème prochain. Madame Melvel, je vous laisse faire l'introduction. »
Aya Melvel se leva et s'avança vers un des murs de la salle où apparut alors une carte mondiale projetée depuis un beamer. On pouvait voir les pays du monde marqués dans plusieurs couleurs. Certains étaient rouges, d'autres en vert et une quantité non négligeable en blanc. Avec son aisance habituelle, la ministre commenta la mappemonde.
« Notre pays s'est écroulée le jour où les bombes atomiques sont tombées sur les USP. Depuis, nous avons connu trois phases. Le chaos total qui a vu l'effondrement d'un peu près tous ce que nous avons crus acquis les dix ans auparavant. Ensuite s'est suivie la reconstruction sous la première présidence de Markeson. Nous avons remis en marche ce qui a été sauvé de la tempête en abandonnant ce qui ne pouvait plus être récupéré. Ainsi aujourd'hui Borisk est une cité fantôme, une pâle ombre d'une gloire fanée. Mais d'autres villes ont émergé. L'Est a repris le flambeau à un ouest dévasté. Sayakon, Orkmonkon et Wartown attirent les migrants fuyant les côtes et cherchant les terres fertiles de l'Est. Cette seconde phase a muté ensuite en une troisième phase. Après la reconstruction, la transmutation. La présidence de Renyï a engagé des réformes légales ayant conduit à la construction du premier régime politique non-dictatorial et stable de cette péninsule. Presque une génération après l'abdication du kansteltan Oroskon, notre contrée a adopté un régime moderne, unissant ses traditions avec des institutions à jour. Nous n'avons pas eu d'assaut sur le palais présidentiel, pas de coup d'état, pas d'élections truquées et pas de changement de doctrine économique. La seule chose notable depuis est un petit complot de cabinet au Sénat qui ferait rire les parlementaires de la République du Quantar. Il a probablement fallu que notre société tombe au plus profond et que la Révolution nous soit devenue détestable pour arriver à ce point. Mais aujourd'hui, c'est fait. L'arbre a pris racine et se renforce. Mais il reste une nouvelle étape à franchir. Maintenant que le chaos interne a été transformé en ordre, que les énergies révolutionnaires sont devenues des agitations parlementaires sans lendemain, nous devons mettre fin au chaos externe. En somme, mettre un plat nos relations diplomatiques. Je ne vais pas vous cacher, je défends l'avis que nous devons mettre le feu au monde pour avancer. Comme pour notre politique, il faut brûler sur le bûcher tout le passé pour avancer. Ceci signifie en terme diplomatique, procéder à une amputation sans précèdent. »
Elle marqua une pause. Un secrétaire apporta un verre d'eau que Melvel sirota légèrement, laissant sur le verre la marque de son rouge à lèvre d'un rouge criant. Elle continua alors en dirigeant son regard vers la carte.
« Les dernières interactions diplomatiques ont permis de découvrir qui sont nos ennemis et qui nos alliés. Maintenant, il faut faire le compte. »
La carte du Makara s'afficha.
« Le Raksasa ne nous aime pas, le Sud-est du Makara est un foyer de racisme anti-tarnois et le cœur du continent est sans intérêt. Conclusion : abandon complet de ces régions sur le point diplomatique. On les ignore, on fera que réagir à ce qui viendra à notre encontre. Seulement deux pays méritent notre attention : l'URCM et le Kaiyuan. Si des nouveaux pays émergent dans la région, nous pourrons prendre contact avec eux, mais tous les vieux acteurs diplomatiques en dehors de l'URCM et le Kaiyuan sont sans intérêt et ne méritent aucune action de notre part. La Roumalie sera gardée dans une zone grise. On statuera sur son cas selon leur réponse à notre missive.
On se focalise donc en premier lieu sur l'URCM qui doit devenir notre partenaire principal dans la région. Le Kaiyuan peut aussi devenir un allié, mais en seconde priorité. On verra ce que ce pays peut nous apporter sur longue terme pour revoir son importance. Je pense que le Kaiyuan peut devenir un partenaire majeure si nous agissons avec tact et prudence, mais nous devrons étudier le cas sur le moyen terme. »
La carte du Makara céda à celle du Thyroptis.
« L'Océanie est le seul pays d'intérêt, mais ils nous détestent donc on les ignore. »
On passa immédiatement à la carte du Zanyane.
« Le Bardaran est une zone d'intérêt sur le plan culturel. Le Lito lui peut être un future partenaire stratégique. Nous devons donc nous rapprocher de lui dans le cadre du possible. Le reste du continent n'a pour le moment aucun intérêt. On verra en fonction des acteurs diplomatiques. Je pense que c'est sur ce continent où nous pourrions faire des bons partenariats. Il faudra juste s'habituer à l'odeur de fumier émanant des colonies de Fiémance. Le parfum de Sa Graisseuse Majesté empeste jusqu'au Bardaran. Mais un peu d’eau de Cologne devrait régler l’affaire. »
La carte du Jeekim apparut.
« Le Valaryan est un pays original, dirigé par des gens un peu brutes mais de confiance. Je pense que c'est un partenaire plein de potentiel. Le reste est sans intérêt. »
On passa enfin à la carte de l'Alméra.
« Quatre pays méritent notre attention : l'Azude, le Thorval, le Kirep et la Rostovie. Le reste est sans véritable intérêt. L'Azude est un partenaire stratégique sur le plan de la recherche et le Thorval est un pays fiable avec qui nous pourrions faire des échanges culturels. Faudra juste nous assurer que la conna…euh…la Reine nous refile pas en secret quelques petits missionnaires tout mignons et tout zélés. Le Kirep et la Rostovie sont des partenaires stratégiques de premier plan, des vieux alliés avec qui nous devons renforcer le partenariat.
D'un point de vue général, il ne faut pas se leurrer. Le monde libéral ne nous aime pas et nous offre aucune perspective. Nous devons donc entamer le rapprochement avec le bloc des pays communistes et surtout l'OPS. Notre entrée dans l'organisation doit être une priorité, combinée avec une alliance de premier plan avec la Rostovie, le Kirep et l'URCM. Ne cherchons pas à amadouer ceux qui font qu'exiger sans rien donner. Allions-nous à ceux qui nous respectent et nous ouvrent les portes. En quinze ans, seulement le bloc socialiste nous a été toujours un soutien, même durant les temps les plus difficiles. La Guerre du Vicaskaran aurait tourné au pire sans les missiles de la Rostovie qui nous ont permis d’attaquer les bases de l’OTH au Ranekika. Sans parler que la base secrète de la Rostovie sur notre sol, nous protègera des attaques balistiques de nos ennemis. »
On arriva enfin à la carte du Vicaskaran avec à gauche un carré avec une représentation de l'Hokkaido.
« Ceci est le cœur de notre action diplomatique régionale. Hokkaido, Perlian et le Danube forment un premier cercle des nations amies dans notre région. La FNUS et le Khalidan sont des partenaires régionaux majeurs sur qui nous pouvons plus ou moins compter. Surtout le Khalidan possède un grand potentiel. L'Esmark est notre voisin et je pense que même les meilleurs philosophes ne sauraient pas définir notre relation. Je crois que c'est le vacuum absolu. Il y a rien et étrangement, tout va bien. »
La carte disparut et la ministre conclut.
« Nous devons en somme restreindre notre champ d'action diplomatique pour investir là où nous pouvons créer des partenariats durables. Ceci signifie sacrifier une partie du globe, mais c'est un sacrifice qui sera rentable sur long terme. Pour conclure, j’aimerais dire que nous devons nous rapprocher de l'OPS vu que c'est le seul camp politique qui nous a toujours soutenu et abandonner l'idée de toute politique avec le monde libéral issu de l'OTH. Notre économie ne se portera que mieux. Via notre système bancaire et économique, nous donnerons aux pays communistes et socialistes l'atout économique qui leur offrira la supériorité sur les pays ultra-libéraux. La Rostovie est par exemple l'occasion rêvée pour nous de faire des investissements majeurs qui profiteront à ce pays comme à notre contrée. Agriculture biologique, industrie robotique, énergie renouvelable, la Rostovie peut devenir le fer de lance d’un néo-socialisme réussi. En somme, le temps est venu de prendre parti et ceci signifie déclarer la guerre à une partie du monde, un monde qui de toute façon nous a déclaré les hostilités il y a bien longtemps. »
Aya Melvel termina sa présentation. C'est alors que le président Markeson reprit la parole pour lancer les discussions sur les détails de la nouvelle politique diplomatique.[/ve]
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Amaski
[bask][center]LE CYCLE DE BAS MARKESON
- Chapitre 12 : La liberté de ce continent... -[/bask]
[img]http://img15.hostingpics.net/pics/819513thecontinent142472480255736.png[/img][/center]
[ve]Les nouvelles depuis les USP étaient confuses et étranges. On recevait des bouts d'informations qui permettaient de sérieusement questionner la qualité des rapporteurs, mais ceci n'était qu'un détail. L'essentiel était connu : la Fiémance avait débarqué sur le continent du Vicaskaran. Cette puissance qu'on avait crue satisfaite avec le Zanyane et le Makara, était donc désormais aux portes de la FNUS. Bas se tenait à l’heure actuelle dans son bureau, regardant à travers la fenêtre donnant sur les jardins du palais présidentiel. Ce qu'on nommait usuellement le jardin était en vérité davantage un petit bosquet parsemé d'étangs et d'herbe. Mirk Valahr était également dans le bureau, assis dans le fauteuil face au bureau présidentiel. Le jeune homme lisait le dernier rapport envoyé depuis les USP. Comme dit, tout était confus. On ne savait pas où on était au niveau des débarquements et quelles étaient les pertes dues à l'intervention de la Fiémance. C'est alors que Bas lâcha une remarque fatidique.
« Je crains que nous avons tourné notre regard en direction du mauvais adversaire. »
Mirk Valahr n'avait pas besoin de longtemps pour comprendre ce que voulait dire Markeson. Une idée similaire avait traversé son esprit en lisant le rapport, mais il n'avait pas osé la formuler en vue de la conséquence terrible qu'elle contenait.
« Il se pourrait que tu aies raison. Nous voilà donc devant un sacré dilemme. Soit nous continuons à soutenir l'effort contre la Main noire, ce qui facilitera l'installation de la Fiémance au Nord du Vicaskran soit nous trouvons une autre solution. »
Mirk marqua une petite pause avant de continuer.
« La situation est relativement simple. La Main noire est à l'agonie. Nos services secrets nous rapportent que le Clown cherche désespérément à affaiblir la pression militaire exercée sur lui. Le Clown n'est donc plus une véritable menace. De l'autre côté, nous avons un empire alméran au sommet de sa puissance et bien décidé de rétablir le système colonial comme a montré le Protocole d’Alma. Zanyane, Juvna et Makara, les exemples n’en manquent pas. A l'idée de la nation s’est donc imposée celle de l'empire. »
Le vice-président arriva à la conclusion suivante.
« En somme, combattre la Main noire revient à renforcer la Fiémance et ne pas le faire, pourrait permettre de ralentir la progression de celle-ci voir même dans le cas idéal, de les repousser à la mer. Mais pour que la deuxième option se réalise, il faudra armer la Main noire ce qui sera à mon avis trop risqué, mais ceci peut être une arme de dernier recours. La question est maintenant : quel est notre objectif ? Sauvegarder la liberté du Vicaskaran ou détruire la Main noire ? Et est-ce que nous sommes sûrs de la menace que représente la Fiémance ? »
Markeson se retourna et s'assit dans le fauteuil en cuir noir au bureau. Un silence s'installa pendant quelques secondes dans la salle avant que Bas réponde avec une certaine gravité dans la voix.
« A partir du moment où la Fiémance met un pied sur le continent, elle devient une source d’inquiétude. La Fiémance viole les nations, brise les peuples et ravage les contrées pour satisfaire sa démence idéologique. On renvoi les gens au Moyen-âge car une petite élite pense que c'est joli de voir des paysans travailler des champs sans tracteurs. Après la démence technologique de la Main noire, nous sommes maintenant confrontés à une bande de réactionnaires voulant restaurer le Moyen-âge. Si seulement la Fiémance pourrait rester chez elle, nous n'aurions rien à redire et pourrions même nous inspirer de ses idées pour en prendre ce qui est raisonnable. Mais ses frontières ne lui suffisent pas. Le monde doit être à ses pieds et trois siècles de progrès refoulés. Le Protocole d'Alma à révéler que leurs ambitions ne se contentent pas à leur continent. »
Le président marqua une pause avant de continuer.
« Nous n'avons pas de choix, il faut empêcher la Fiémance de s'installer aux USP. Nous pourrons toujours faire la peau à la Main noire dans un deuxième temps car soyons francs, le Clown est mourant. La Main noire peine à se soutenir aux USP même sans la pression militaire. »
Mirk déposa le dossier sur la table et demanda avec un air interrogatif.
« Hmmm, la Fiémance a beaucoup d'alliés et le Khaldidan a des relations avec ce pays. Elle risque de vouloir mobiliser l'Empire oriental contre nous. Sommes-nous prêts à cette éventualité ? »
Bas réfléchit quelques secondes. Il était vrai que le Khaldidan était un partenaire ambigu. On ne pouvait pas être entièrement certain avec eux, mais les autorités du Khaldidan s'étaient toujours montrées responsables et jusqu'à là, Markeson avait toujours considéré le Khaldidan comme un partenaire régional de choix. Mais il savait que les liens entre la Fédération d'Aquanox et le Khaldidan n'étaient pas aussi forts que ceux entre l'Empire et la Fiémance. Néanmoins il croyait en la force du travail engagé depuis des mois pour assurer la paix dans le continent. Sa réponse fut donc sans ambigüité.
« Nous avons passé cette dernière année à établir un système de sécurité dans notre voisinage. C'est un système qui garantit la pleine souveraineté de nos voisins en garantissant la stabilité régionale, la seule chose qui nous intéresse véritablement. Je doute que le Khaldidan voudra faire exploser un système qui évite que le cœur du Vicaskaran redevient un champ de bataille, mais s'ils le font, je pense qu'ils en seront les premières victimes du chaos que ceci engendra. Le réveil des nations n’a jamais été salutaire aux empires. »
Mirk intervint après cette analyse.
« Bien. Mais dans ce cas, je pense qu'il est nécessaire de faire une dernière tentative de dialogue avec la Fiémance. Aya défend cet avis et je peux que la soutenir dans cette démarche. Si on conclut un accord avec ces barbares, nous n'aurons pas la garantie qu'il sera respecté, mais nous aurons une base pour justifier le soutien d'une résistance aux USP contre la Fiémance si les choses tournent mal. Je ne leur fais pas confiance pour cinq sous, mais peut-être que ces Almérans sont capables de respecter des traités. Après, rien nous empêche de prendre des précautions entre temps donc agir dans l'autre sens pour nous préparer à une trahison. »
Markeson écouta avec attention son vice-président. Il ne portait aucun espoir pas dans un tel accord, mais si ceci pouvait satisfaire les désirs de paix d'Aya, ainsi soit-il. Avec une certaine lourdeur dans le cœur, Bas ordonna.
« Je te demande donc d'envoyer un émissaire à la Fiémance. Sa mission sera simple : découvrir les vraies ambitions de la Fiémance et tenter de désamorcer la crise. Nous allons tenter une dernière action en faveur de la paix. Si la Fiémance accepte de signer un accord de garantie concernant les USP, alors nous aurons quoi éviter la confrontation, mais ce sont des Almérans et donc nous ne devons pas perdre du temps. Il faut préparer une alternative. Rien n’empêchera de revenir sur celle-ci si la Fiémance respecte l'accord. »
Il ajouta alors pas heureux de devoir prononcer ces mots.
« Je vais parler avec le Clown. Nous allons mettre un terme à notre intervention aux USP. Ceci compliquera la tâche à la Fiémance le temps de savoir où nous en sommes. Pour la Coalition, si nous avons la certitude de leur honnêteté, nous les ravitaillerons en armes, munition et mercenaires pour soutenir l'effort contre la Main noire. Ce sera un double jeu, mais c'est le seul choix pour soutenir l'indépendance du Vicaskaran. Je n'en suis pas fier de devoir arriver à cette extrémité. »
Le vice-président ne dit rien, se leva et sortit alors du bureau pour aller organiser l'envoi de l'émissaire. Il laissa Bas pensif derrière le bureau présidentiel. Markeson se pencha alors en arrière dans le fauteuil, regarda un tableau au mur représentant un paysage et dit à soi-même en bass-tarnois.
« Vittu, kun ei suju mikään. »
Deux heures plus tard, Bas Markeson entra dans une salle de conférence située dans les sous-sols du palais présidentiel. Il était seul avec un écran de télévision au mur donnant la vision sur un bureau situé de toute évidence dans un bunker. Le président s'assit dans un siège faisant face à l'écran. Une minute plus tard un homme apparut sur l'écran au visage blanchi et au sourire narquois. C'était le Clown de Sanrow. Celui-ci demanda alors au président.
« Monsieur Markeson, quel plaisir de vous voir. Qu'est-ce qui vous amène à vouloir me parler ? » dit-il sur un ton sarcastique.
Le président de la Fédération répliqua.
« La liberté de ce continent...mais ne perdons pas de temps, j'ai une proposition à vous faire. »
Et ainsi commença une conversation que les livres d'histoire ne retiendront pas. Après une demi-heure de pourparlers, Bas Markeson sortit de la salle et fut accueilli par Mirk Valahr qui demanda.
« Est-ce que tu as conclu un accord avec le Diable ? »
Bas répondit ironiquement.
« Le Clown ne peut pas t'entendre. »
Mirk commenta, visiblement inquiet.
« Il nous trahira... »
Bas sourit et rassura Mirk.
« C'est le but. »
Valahr n'était pas sûr de comprendre et demanda.
« Comment ça ? C'est plus fort que lui, il tentera de nous trahir et de nous rouler dans la farine. »
Le sourire ne cessa pas sur les lèvres de Markeson.
« C'est vrai que c'est congénital chez lui...sauf qu'il y a un seul pays avec qui, il pourra nous trahir. Donc s'il tient sa parole, il combattra la Fiémance, s'il rompt sa parole, ce sera la Fiémance qui perdra la guerre sur le plan moral. Le Clown ne sait pas qu'il s'est soi-même condamné dans cette affaire. Il doit vraiment être désespéré pour avoir accepté les termes de l'accord. »
Mirk s'apprêta à partir pour aller contacter l'Etat-major quand il intercepta le regard de Bas qui le demanda de rester. Le président ajouta.
« Contactez l'ambassadeur du Perlian. »
« Pourquoi ? » demanda Mirk intrigué.
« Nous avons un sacre à organiser. » répliqua Bas Markeson de manière énigmatique.[/ve]
- Chapitre 12 : La liberté de ce continent... -[/bask]
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[ve]Les nouvelles depuis les USP étaient confuses et étranges. On recevait des bouts d'informations qui permettaient de sérieusement questionner la qualité des rapporteurs, mais ceci n'était qu'un détail. L'essentiel était connu : la Fiémance avait débarqué sur le continent du Vicaskaran. Cette puissance qu'on avait crue satisfaite avec le Zanyane et le Makara, était donc désormais aux portes de la FNUS. Bas se tenait à l’heure actuelle dans son bureau, regardant à travers la fenêtre donnant sur les jardins du palais présidentiel. Ce qu'on nommait usuellement le jardin était en vérité davantage un petit bosquet parsemé d'étangs et d'herbe. Mirk Valahr était également dans le bureau, assis dans le fauteuil face au bureau présidentiel. Le jeune homme lisait le dernier rapport envoyé depuis les USP. Comme dit, tout était confus. On ne savait pas où on était au niveau des débarquements et quelles étaient les pertes dues à l'intervention de la Fiémance. C'est alors que Bas lâcha une remarque fatidique.
« Je crains que nous avons tourné notre regard en direction du mauvais adversaire. »
Mirk Valahr n'avait pas besoin de longtemps pour comprendre ce que voulait dire Markeson. Une idée similaire avait traversé son esprit en lisant le rapport, mais il n'avait pas osé la formuler en vue de la conséquence terrible qu'elle contenait.
« Il se pourrait que tu aies raison. Nous voilà donc devant un sacré dilemme. Soit nous continuons à soutenir l'effort contre la Main noire, ce qui facilitera l'installation de la Fiémance au Nord du Vicaskran soit nous trouvons une autre solution. »
Mirk marqua une petite pause avant de continuer.
« La situation est relativement simple. La Main noire est à l'agonie. Nos services secrets nous rapportent que le Clown cherche désespérément à affaiblir la pression militaire exercée sur lui. Le Clown n'est donc plus une véritable menace. De l'autre côté, nous avons un empire alméran au sommet de sa puissance et bien décidé de rétablir le système colonial comme a montré le Protocole d’Alma. Zanyane, Juvna et Makara, les exemples n’en manquent pas. A l'idée de la nation s’est donc imposée celle de l'empire. »
Le vice-président arriva à la conclusion suivante.
« En somme, combattre la Main noire revient à renforcer la Fiémance et ne pas le faire, pourrait permettre de ralentir la progression de celle-ci voir même dans le cas idéal, de les repousser à la mer. Mais pour que la deuxième option se réalise, il faudra armer la Main noire ce qui sera à mon avis trop risqué, mais ceci peut être une arme de dernier recours. La question est maintenant : quel est notre objectif ? Sauvegarder la liberté du Vicaskaran ou détruire la Main noire ? Et est-ce que nous sommes sûrs de la menace que représente la Fiémance ? »
Markeson se retourna et s'assit dans le fauteuil en cuir noir au bureau. Un silence s'installa pendant quelques secondes dans la salle avant que Bas réponde avec une certaine gravité dans la voix.
« A partir du moment où la Fiémance met un pied sur le continent, elle devient une source d’inquiétude. La Fiémance viole les nations, brise les peuples et ravage les contrées pour satisfaire sa démence idéologique. On renvoi les gens au Moyen-âge car une petite élite pense que c'est joli de voir des paysans travailler des champs sans tracteurs. Après la démence technologique de la Main noire, nous sommes maintenant confrontés à une bande de réactionnaires voulant restaurer le Moyen-âge. Si seulement la Fiémance pourrait rester chez elle, nous n'aurions rien à redire et pourrions même nous inspirer de ses idées pour en prendre ce qui est raisonnable. Mais ses frontières ne lui suffisent pas. Le monde doit être à ses pieds et trois siècles de progrès refoulés. Le Protocole d'Alma à révéler que leurs ambitions ne se contentent pas à leur continent. »
Le président marqua une pause avant de continuer.
« Nous n'avons pas de choix, il faut empêcher la Fiémance de s'installer aux USP. Nous pourrons toujours faire la peau à la Main noire dans un deuxième temps car soyons francs, le Clown est mourant. La Main noire peine à se soutenir aux USP même sans la pression militaire. »
Mirk déposa le dossier sur la table et demanda avec un air interrogatif.
« Hmmm, la Fiémance a beaucoup d'alliés et le Khaldidan a des relations avec ce pays. Elle risque de vouloir mobiliser l'Empire oriental contre nous. Sommes-nous prêts à cette éventualité ? »
Bas réfléchit quelques secondes. Il était vrai que le Khaldidan était un partenaire ambigu. On ne pouvait pas être entièrement certain avec eux, mais les autorités du Khaldidan s'étaient toujours montrées responsables et jusqu'à là, Markeson avait toujours considéré le Khaldidan comme un partenaire régional de choix. Mais il savait que les liens entre la Fédération d'Aquanox et le Khaldidan n'étaient pas aussi forts que ceux entre l'Empire et la Fiémance. Néanmoins il croyait en la force du travail engagé depuis des mois pour assurer la paix dans le continent. Sa réponse fut donc sans ambigüité.
« Nous avons passé cette dernière année à établir un système de sécurité dans notre voisinage. C'est un système qui garantit la pleine souveraineté de nos voisins en garantissant la stabilité régionale, la seule chose qui nous intéresse véritablement. Je doute que le Khaldidan voudra faire exploser un système qui évite que le cœur du Vicaskaran redevient un champ de bataille, mais s'ils le font, je pense qu'ils en seront les premières victimes du chaos que ceci engendra. Le réveil des nations n’a jamais été salutaire aux empires. »
Mirk intervint après cette analyse.
« Bien. Mais dans ce cas, je pense qu'il est nécessaire de faire une dernière tentative de dialogue avec la Fiémance. Aya défend cet avis et je peux que la soutenir dans cette démarche. Si on conclut un accord avec ces barbares, nous n'aurons pas la garantie qu'il sera respecté, mais nous aurons une base pour justifier le soutien d'une résistance aux USP contre la Fiémance si les choses tournent mal. Je ne leur fais pas confiance pour cinq sous, mais peut-être que ces Almérans sont capables de respecter des traités. Après, rien nous empêche de prendre des précautions entre temps donc agir dans l'autre sens pour nous préparer à une trahison. »
Markeson écouta avec attention son vice-président. Il ne portait aucun espoir pas dans un tel accord, mais si ceci pouvait satisfaire les désirs de paix d'Aya, ainsi soit-il. Avec une certaine lourdeur dans le cœur, Bas ordonna.
« Je te demande donc d'envoyer un émissaire à la Fiémance. Sa mission sera simple : découvrir les vraies ambitions de la Fiémance et tenter de désamorcer la crise. Nous allons tenter une dernière action en faveur de la paix. Si la Fiémance accepte de signer un accord de garantie concernant les USP, alors nous aurons quoi éviter la confrontation, mais ce sont des Almérans et donc nous ne devons pas perdre du temps. Il faut préparer une alternative. Rien n’empêchera de revenir sur celle-ci si la Fiémance respecte l'accord. »
Il ajouta alors pas heureux de devoir prononcer ces mots.
« Je vais parler avec le Clown. Nous allons mettre un terme à notre intervention aux USP. Ceci compliquera la tâche à la Fiémance le temps de savoir où nous en sommes. Pour la Coalition, si nous avons la certitude de leur honnêteté, nous les ravitaillerons en armes, munition et mercenaires pour soutenir l'effort contre la Main noire. Ce sera un double jeu, mais c'est le seul choix pour soutenir l'indépendance du Vicaskaran. Je n'en suis pas fier de devoir arriver à cette extrémité. »
Le vice-président ne dit rien, se leva et sortit alors du bureau pour aller organiser l'envoi de l'émissaire. Il laissa Bas pensif derrière le bureau présidentiel. Markeson se pencha alors en arrière dans le fauteuil, regarda un tableau au mur représentant un paysage et dit à soi-même en bass-tarnois.
« Vittu, kun ei suju mikään. »
Deux heures plus tard, Bas Markeson entra dans une salle de conférence située dans les sous-sols du palais présidentiel. Il était seul avec un écran de télévision au mur donnant la vision sur un bureau situé de toute évidence dans un bunker. Le président s'assit dans un siège faisant face à l'écran. Une minute plus tard un homme apparut sur l'écran au visage blanchi et au sourire narquois. C'était le Clown de Sanrow. Celui-ci demanda alors au président.
« Monsieur Markeson, quel plaisir de vous voir. Qu'est-ce qui vous amène à vouloir me parler ? » dit-il sur un ton sarcastique.
Le président de la Fédération répliqua.
« La liberté de ce continent...mais ne perdons pas de temps, j'ai une proposition à vous faire. »
Et ainsi commença une conversation que les livres d'histoire ne retiendront pas. Après une demi-heure de pourparlers, Bas Markeson sortit de la salle et fut accueilli par Mirk Valahr qui demanda.
« Est-ce que tu as conclu un accord avec le Diable ? »
Bas répondit ironiquement.
« Le Clown ne peut pas t'entendre. »
Mirk commenta, visiblement inquiet.
« Il nous trahira... »
Bas sourit et rassura Mirk.
« C'est le but. »
Valahr n'était pas sûr de comprendre et demanda.
« Comment ça ? C'est plus fort que lui, il tentera de nous trahir et de nous rouler dans la farine. »
Le sourire ne cessa pas sur les lèvres de Markeson.
« C'est vrai que c'est congénital chez lui...sauf qu'il y a un seul pays avec qui, il pourra nous trahir. Donc s'il tient sa parole, il combattra la Fiémance, s'il rompt sa parole, ce sera la Fiémance qui perdra la guerre sur le plan moral. Le Clown ne sait pas qu'il s'est soi-même condamné dans cette affaire. Il doit vraiment être désespéré pour avoir accepté les termes de l'accord. »
Mirk s'apprêta à partir pour aller contacter l'Etat-major quand il intercepta le regard de Bas qui le demanda de rester. Le président ajouta.
« Contactez l'ambassadeur du Perlian. »
« Pourquoi ? » demanda Mirk intrigué.
« Nous avons un sacre à organiser. » répliqua Bas Markeson de manière énigmatique.[/ve]
-
Amaski
[spoiler="Notes"]- La « fausse » conquête de Yellowknive est le produit d'une intrigue entre Vlad et moi, organisée par Skype. Les informations sont volontairement révélées au fur à mesure pour renforcer son caractère secret. Tous ce qui est dit dans ce rp est vrai, néanmoins les articles de journaux à ce sujet, surtout ceux faits par le journal « Le Patriote », sont manipulées et faussées.
- Le rp autour du livre « Notre Origine » est basé sur la mise en accord des backgrounds entre Margaery et moi. On a décidé de donner à nos peuples la même origine vu que je fus séduit par le rpg atlante de Margaery. Ce fut déjà insinué dans un rp précédant et sera maintenant souligné plus clairement.[/spoiler]
[bask][center]LE CYCLE DE BAS MARKESON
- Chapitre 13 : Le Vicaskaran doit être dirigé par les Vicaskarans -[/bask]
[img]http://img11.hostingpics.net/pics/197430cheguevaraportraitbloodfreedom142490770098021.jpg[/img][/center]
[ve]La poussière fut soulevée par les bottes militaires des soldats fédéraux marchant sur le sol aride de Yellowknive. Sur la place centrale de la cité homonyme, le drapeau de la Main noire était entra d’être descendu du mât pour laisser la place au drapeau de l'AdE. On n'avait pas voulu hisser celui de la Fédération, préférant enrober la chose faite d'un air de doute sur le plan diplomatique. C'est parmi une foule de soldats, mais aussi de cameraman et de journalistes corrompus que Mirk Valahr - en uniforme militaire et béret noir sur la tête - fut assis en fumant un cigare sur une des dernières chaises de la terrasse d'un restaurant en ruines. Il observait cette cité pelabssienne dévastée et le vacarme provoqué par la présence des soldats fédéraux. C'est alors qu'un des secrétaires du gouvernement s'approcha de lui, visiblement intimidé par ce lieu qu'il y a encore quelques heures était sous contrôle de la Main noire.
« Monsieur le vice-président ? » demanda l'homme dans la soixantaine et aux cheveux excessivement teints.
« Qu'est-ce qu'il y a ? » répliqua Mirk, visiblement peu amusé qu'on lui dérange dans ce moment de contemplation des ruines de la civilisation pelabssienne.
« Plusieurs journalistes ont demandés des permis pour venir sur l'ile. Ils veuillent venir faire un reportage sur la situation au front. »
Valahr attendit quelques secondes, observa le fonctionnaire et dit avec un sourire.
« Dit-leur que le permis leur est accordé. » Il se leva doucement de la chaise et ajouta. « Nous avons tout fait ce qui était nécessaire. Les techniciens ont filmés les scènes de combat et nous avons pu trouver quelques cadavres pour les déguiser en soldats de la Main noire morts. Ce lieu est prêt à accueillir ceux qui devront nous aider à faire vivre ce grand mensonge. »
Soucieux, le secrétaire demanda avec une voix anxieuse.
« Vous pensez que ça marchera ? »
« Pourquoi pas ? Plus grand est le mensonge, plus facilement il sera cru. Nous avons falsifiés des rapports de bataille et fait les mises en scènes nécessaires. Personne ne pourra s'imaginer que nous avons inventé une bataille de toute pièce. Comment pourrait-on ? Qui croirait que la Main noire lâcherait un territoire volontairement ? Personne et c'est bien ainsi. »
Mirk écrasa le bout de son cigare sur une petite table située à côté de lui avant de reprendre son explication.
« La bataille des USP n'est pas uniquement une bataille militaire. La Main noire n'a plus qu'un rôle secondaire dans les événements à venir tellement elle est affaiblie. Elle nous a donné une île pour une neutralité militaire que nous aurions dû appliquer par la force des choses car il y a trop de troupes sur le continent. La Fiémance est à l'Est et les Zanyanais à l'Ouest. Tout le monde se bat et donc celui qui gagnera au final la guerre est celui qui attend que les autres s'épuisent. C'est donc ce qu'on fera. Ménager nos forces est une priorité vu nos résultats militaires à l'Est des USP et cette ile sera un avant-poste pour libérer le continent des envahisseurs. De cette île naîtra la Révolution qui mettra à bas les empires coloniaux. »
Se taisant pendant une seconde, il continua.
« La Main noire est morte. La preuve a été apportée au plus tard hier soir. Nous avons eu vent par les services secrets que la Main noire voulait mettre le Perlian à feu et à sang avec des attentats. Quelques tonnes de nourritures ont permis d'avoir la garantie d’une immunité pour notre allié. Bien évidemment, personne ne devra savoir que nous avons achetés la vie de milliers de perlian pour quelques paquets de pâtes. Ceci ne changera de toute façon rien. La Main noire est morte et cette nourriture ne durera pas un jour, mais ceci révèle l'état de faiblesse criant dans lequel elle est. Pour faire court, retournez au travail. Nous avons une fausse guerre à vendre. Je veux que ce soit demain dans tous les journaux, de l'Informateur jusqu'au Patriote. Des larmes, des cendres et du sang, voilà ce que nous devons offrir aux rapaces de la presse. »
Le secrétaire partit pour aller voguer à ses occupations, laissant le vice-président près de l'ancien restaurant. Le ciel s'éclaircit légèrement et les températures commencèrent à monter. Au loin on pouvait voir le Soleil naissant frôler les cimes des montagnes de l'ile.
Mirk Valahr marmonna alors avec un petit sourire.
« Une ile conquise sans avoir tirer une balle, décidément, ça devient une manie chez notre peuple... »
Il s'assit à nouveau et sortit un livre de poche de l'intérieur de sa veste. On pouvait lire sur le couvert blanc du livre - en alphabet tarnois - le titre suivant « Meidän alkuperä ».* Ce petite livre coécrit par un historien tarnois et un ethnologue perlian était entra de se vendre par millions dans la Fédération et ses implications politiques étaient majeures.
En même temps et à plusieurs milliers de kilomètres à l'Est, le président Markeson était à dos de cheval en compagnie d'une dizaine de soldats et de la ministre Aya. Celle-ci semblait forte peu à l'aise sur son animal, ce qui fut compréhensible quand on savait que c'était la première fois qu'elle montait un cheval de sa vie. Le groupe se tenait sur une petite colline donnant la vue sur un amas de cabanes faisant peu d'honneur à ce type d'habitation. Il y avait entre deux cabanes une maisonnette qui servait comme salle d'hôpital. Si le geste de construire un tel édifice était louable, on pouvait bien se demander l’utilité d'une salle d'hôpital dans un lieu sans eau probe et de l’électricité. Ce lieu avait bien évidemment un nom : Arthabaska. Est-ce que cet amas de huttes méritait vraiment un nom ? Voilà une bonne question,
La visite sur l'ile avait déjà durée plusieurs jours et plus le temps passait, plus Markeson arriva à la conclusion que les Indiens étaient des victimes. Ils étaient des victimes d'une vision romantique et stéréotypée de la culture indienne, une perception ignorant la fabuleuse diversité des nations indiennes et leur production intellectuelle et artisanale. Mais c’est une autre chose qui avait le plus fortement dérangé le président durant la visite. C'étaient les prêtres. Il fallait dire que Bas avait une horreur des prêtres catholiques, chose qui était répandu chez les Tarnois, mais renforcé par la confession du président. Bas ne les avait pas comptés, mais cette ile était à ses yeux infestée de prêtres catholiques. C'était sans aucun doute une perception erronée.
Il fallait aussi souligner que les prétendus défenseurs de la civilisation indienne arrivaient avec leurs missionnaires pour diffuser leur religion, foi si étrange et exotique dans ces terres de liberté. Mais le problème était bien sérieux aux yeux de la délégation fédérale. Toute personne un peu instruite savait que la religion était une composante centrale de toute culture. Refuser aux indiens la pratique de leur religion d'origine était donc un choix intriguant aux yeux du président Markeson, ceci pour ne pas dire inquiétant.
Un autre souci concernait le chef de la tribu indienne, un certain Anoki Beausoleil. En ayant eu vent d'un des discours de ce illustre guide, le président s'était un moment demandé si ce gaillard n'avait pas vu trop de western pelabssien vu le contenu. Mais ceci ne fut rien comparé au faux-pas diplomatique qui avait été commis par ce petit chef quand celui-ci prétendit qu'il fallait chasser tous les peuples qui n'avaient pas au moins de trois mille ans de présence sur le continent. C'était une véritable déclaration de guerre aux Tarnois. Cette action avait ruiné tout le crédit de cet homme aux yeux de la délégation fédérale. Markeson était venu avec beaucoup d'amitié pour l'homme et sa tribu et le quitta avec une haine qui pourrait nourrir dix générations. Comme quoi confier à des ex-militaires pelabssien le pouvoir tribal n'était pas toujours une sage décision.
Aya avait peu parlé depuis qu'ils étaient sur l'ile. Tout la répugnait, elle qui aimait les feux de la lumière urbaine et les délices de la vie moderne. Son avis sur ce lieu était donc déjà fait d'avance. Néanmoins ce n'était pas elle qui décidait, mais Markeson. Étant une supportrice d'une solution diplomatique avec la Fiémance, elle voulait que le président soutienne son initiative, chose peu aisée en ce moment d’intenses tensions entre les nations. Elle demanda alors à Markeson, maintenant que le voyage touchait à sa fin.
« Qu'en penses-tu sur cette ile? »
Bas se tut un instant. Il réfléchit comment formuler ses pensées les plus profondes. Il répondit alors de manière sibylline.
« Le problème ne sont pas les Indiens, mais les Almérans. »
Ce n'était pas la réponse attendue d'Aya, elle tenta alors de cerner les conséquences de cet étrange jugement.
« On fait quoi donc ? »
Bas répondit immédiatement.
« Il faut que cette ile revienne entièrement aux Indiens et qu'on mette les Almérans dehors. Le projet de la Fiémance est louable, mais cette terre n'est pas leur foyer. Nous avons échoué à la défendre, mais ceci ne pourra jamais légitimer la venue de peuples étrangers. Le Vicaskaran doit être dirigé par les Vicaskarans et si nous échouons, alors c'est à nous d'en payer le prix et non à des nations qui ne peuvent pas comprendre l'esprit de ces terres. »
Le président conclut donc.
« Je pense que le temps est venu d'affirmer notre position à la Fiémance. On leur proposera de négocier un compromis. S'ils refusent, on agira en fonction. »
Aya connaissait trop bien que les compromis du président Markeson. Il fallait qu'elle arrive à prendre le contrôle sur les discussions pour encadrer la situation, pensa la ministre. Et la chose n'était pas aisée. Les ambassadeurs de la Rostovie et de la C.E.S.S étaient entra de conduire un véritable travail de sabre dans la Fédération pour saboter tout projet diplomatique avec la Fiémance. Même le Rock, le chef spirituel de la Foi novuniste avait démontré des accès de bellicisme inattendu au point que le mot de guerre sainte avait fait le tour des couloirs du Temple bleu. La publication du livre « Meidän alkuperä » ne semblait pas être innocent à ceci et le caractère ardent du grand-prêtre n'arrangeait rien. Elle était donc presque seule pour arriver à achever une solution diplomatique.
Meidän alkuperä = Notre Origine[/ve]
- Le rp autour du livre « Notre Origine » est basé sur la mise en accord des backgrounds entre Margaery et moi. On a décidé de donner à nos peuples la même origine vu que je fus séduit par le rpg atlante de Margaery. Ce fut déjà insinué dans un rp précédant et sera maintenant souligné plus clairement.[/spoiler]
[bask][center]LE CYCLE DE BAS MARKESON
- Chapitre 13 : Le Vicaskaran doit être dirigé par les Vicaskarans -[/bask]
[img]http://img11.hostingpics.net/pics/197430cheguevaraportraitbloodfreedom142490770098021.jpg[/img][/center]
[ve]La poussière fut soulevée par les bottes militaires des soldats fédéraux marchant sur le sol aride de Yellowknive. Sur la place centrale de la cité homonyme, le drapeau de la Main noire était entra d’être descendu du mât pour laisser la place au drapeau de l'AdE. On n'avait pas voulu hisser celui de la Fédération, préférant enrober la chose faite d'un air de doute sur le plan diplomatique. C'est parmi une foule de soldats, mais aussi de cameraman et de journalistes corrompus que Mirk Valahr - en uniforme militaire et béret noir sur la tête - fut assis en fumant un cigare sur une des dernières chaises de la terrasse d'un restaurant en ruines. Il observait cette cité pelabssienne dévastée et le vacarme provoqué par la présence des soldats fédéraux. C'est alors qu'un des secrétaires du gouvernement s'approcha de lui, visiblement intimidé par ce lieu qu'il y a encore quelques heures était sous contrôle de la Main noire.
« Monsieur le vice-président ? » demanda l'homme dans la soixantaine et aux cheveux excessivement teints.
« Qu'est-ce qu'il y a ? » répliqua Mirk, visiblement peu amusé qu'on lui dérange dans ce moment de contemplation des ruines de la civilisation pelabssienne.
« Plusieurs journalistes ont demandés des permis pour venir sur l'ile. Ils veuillent venir faire un reportage sur la situation au front. »
Valahr attendit quelques secondes, observa le fonctionnaire et dit avec un sourire.
« Dit-leur que le permis leur est accordé. » Il se leva doucement de la chaise et ajouta. « Nous avons tout fait ce qui était nécessaire. Les techniciens ont filmés les scènes de combat et nous avons pu trouver quelques cadavres pour les déguiser en soldats de la Main noire morts. Ce lieu est prêt à accueillir ceux qui devront nous aider à faire vivre ce grand mensonge. »
Soucieux, le secrétaire demanda avec une voix anxieuse.
« Vous pensez que ça marchera ? »
« Pourquoi pas ? Plus grand est le mensonge, plus facilement il sera cru. Nous avons falsifiés des rapports de bataille et fait les mises en scènes nécessaires. Personne ne pourra s'imaginer que nous avons inventé une bataille de toute pièce. Comment pourrait-on ? Qui croirait que la Main noire lâcherait un territoire volontairement ? Personne et c'est bien ainsi. »
Mirk écrasa le bout de son cigare sur une petite table située à côté de lui avant de reprendre son explication.
« La bataille des USP n'est pas uniquement une bataille militaire. La Main noire n'a plus qu'un rôle secondaire dans les événements à venir tellement elle est affaiblie. Elle nous a donné une île pour une neutralité militaire que nous aurions dû appliquer par la force des choses car il y a trop de troupes sur le continent. La Fiémance est à l'Est et les Zanyanais à l'Ouest. Tout le monde se bat et donc celui qui gagnera au final la guerre est celui qui attend que les autres s'épuisent. C'est donc ce qu'on fera. Ménager nos forces est une priorité vu nos résultats militaires à l'Est des USP et cette ile sera un avant-poste pour libérer le continent des envahisseurs. De cette île naîtra la Révolution qui mettra à bas les empires coloniaux. »
Se taisant pendant une seconde, il continua.
« La Main noire est morte. La preuve a été apportée au plus tard hier soir. Nous avons eu vent par les services secrets que la Main noire voulait mettre le Perlian à feu et à sang avec des attentats. Quelques tonnes de nourritures ont permis d'avoir la garantie d’une immunité pour notre allié. Bien évidemment, personne ne devra savoir que nous avons achetés la vie de milliers de perlian pour quelques paquets de pâtes. Ceci ne changera de toute façon rien. La Main noire est morte et cette nourriture ne durera pas un jour, mais ceci révèle l'état de faiblesse criant dans lequel elle est. Pour faire court, retournez au travail. Nous avons une fausse guerre à vendre. Je veux que ce soit demain dans tous les journaux, de l'Informateur jusqu'au Patriote. Des larmes, des cendres et du sang, voilà ce que nous devons offrir aux rapaces de la presse. »
Le secrétaire partit pour aller voguer à ses occupations, laissant le vice-président près de l'ancien restaurant. Le ciel s'éclaircit légèrement et les températures commencèrent à monter. Au loin on pouvait voir le Soleil naissant frôler les cimes des montagnes de l'ile.
Mirk Valahr marmonna alors avec un petit sourire.
« Une ile conquise sans avoir tirer une balle, décidément, ça devient une manie chez notre peuple... »
Il s'assit à nouveau et sortit un livre de poche de l'intérieur de sa veste. On pouvait lire sur le couvert blanc du livre - en alphabet tarnois - le titre suivant « Meidän alkuperä ».* Ce petite livre coécrit par un historien tarnois et un ethnologue perlian était entra de se vendre par millions dans la Fédération et ses implications politiques étaient majeures.
En même temps et à plusieurs milliers de kilomètres à l'Est, le président Markeson était à dos de cheval en compagnie d'une dizaine de soldats et de la ministre Aya. Celle-ci semblait forte peu à l'aise sur son animal, ce qui fut compréhensible quand on savait que c'était la première fois qu'elle montait un cheval de sa vie. Le groupe se tenait sur une petite colline donnant la vue sur un amas de cabanes faisant peu d'honneur à ce type d'habitation. Il y avait entre deux cabanes une maisonnette qui servait comme salle d'hôpital. Si le geste de construire un tel édifice était louable, on pouvait bien se demander l’utilité d'une salle d'hôpital dans un lieu sans eau probe et de l’électricité. Ce lieu avait bien évidemment un nom : Arthabaska. Est-ce que cet amas de huttes méritait vraiment un nom ? Voilà une bonne question,
La visite sur l'ile avait déjà durée plusieurs jours et plus le temps passait, plus Markeson arriva à la conclusion que les Indiens étaient des victimes. Ils étaient des victimes d'une vision romantique et stéréotypée de la culture indienne, une perception ignorant la fabuleuse diversité des nations indiennes et leur production intellectuelle et artisanale. Mais c’est une autre chose qui avait le plus fortement dérangé le président durant la visite. C'étaient les prêtres. Il fallait dire que Bas avait une horreur des prêtres catholiques, chose qui était répandu chez les Tarnois, mais renforcé par la confession du président. Bas ne les avait pas comptés, mais cette ile était à ses yeux infestée de prêtres catholiques. C'était sans aucun doute une perception erronée.
Il fallait aussi souligner que les prétendus défenseurs de la civilisation indienne arrivaient avec leurs missionnaires pour diffuser leur religion, foi si étrange et exotique dans ces terres de liberté. Mais le problème était bien sérieux aux yeux de la délégation fédérale. Toute personne un peu instruite savait que la religion était une composante centrale de toute culture. Refuser aux indiens la pratique de leur religion d'origine était donc un choix intriguant aux yeux du président Markeson, ceci pour ne pas dire inquiétant.
Un autre souci concernait le chef de la tribu indienne, un certain Anoki Beausoleil. En ayant eu vent d'un des discours de ce illustre guide, le président s'était un moment demandé si ce gaillard n'avait pas vu trop de western pelabssien vu le contenu. Mais ceci ne fut rien comparé au faux-pas diplomatique qui avait été commis par ce petit chef quand celui-ci prétendit qu'il fallait chasser tous les peuples qui n'avaient pas au moins de trois mille ans de présence sur le continent. C'était une véritable déclaration de guerre aux Tarnois. Cette action avait ruiné tout le crédit de cet homme aux yeux de la délégation fédérale. Markeson était venu avec beaucoup d'amitié pour l'homme et sa tribu et le quitta avec une haine qui pourrait nourrir dix générations. Comme quoi confier à des ex-militaires pelabssien le pouvoir tribal n'était pas toujours une sage décision.
Aya avait peu parlé depuis qu'ils étaient sur l'ile. Tout la répugnait, elle qui aimait les feux de la lumière urbaine et les délices de la vie moderne. Son avis sur ce lieu était donc déjà fait d'avance. Néanmoins ce n'était pas elle qui décidait, mais Markeson. Étant une supportrice d'une solution diplomatique avec la Fiémance, elle voulait que le président soutienne son initiative, chose peu aisée en ce moment d’intenses tensions entre les nations. Elle demanda alors à Markeson, maintenant que le voyage touchait à sa fin.
« Qu'en penses-tu sur cette ile? »
Bas se tut un instant. Il réfléchit comment formuler ses pensées les plus profondes. Il répondit alors de manière sibylline.
« Le problème ne sont pas les Indiens, mais les Almérans. »
Ce n'était pas la réponse attendue d'Aya, elle tenta alors de cerner les conséquences de cet étrange jugement.
« On fait quoi donc ? »
Bas répondit immédiatement.
« Il faut que cette ile revienne entièrement aux Indiens et qu'on mette les Almérans dehors. Le projet de la Fiémance est louable, mais cette terre n'est pas leur foyer. Nous avons échoué à la défendre, mais ceci ne pourra jamais légitimer la venue de peuples étrangers. Le Vicaskaran doit être dirigé par les Vicaskarans et si nous échouons, alors c'est à nous d'en payer le prix et non à des nations qui ne peuvent pas comprendre l'esprit de ces terres. »
Le président conclut donc.
« Je pense que le temps est venu d'affirmer notre position à la Fiémance. On leur proposera de négocier un compromis. S'ils refusent, on agira en fonction. »
Aya connaissait trop bien que les compromis du président Markeson. Il fallait qu'elle arrive à prendre le contrôle sur les discussions pour encadrer la situation, pensa la ministre. Et la chose n'était pas aisée. Les ambassadeurs de la Rostovie et de la C.E.S.S étaient entra de conduire un véritable travail de sabre dans la Fédération pour saboter tout projet diplomatique avec la Fiémance. Même le Rock, le chef spirituel de la Foi novuniste avait démontré des accès de bellicisme inattendu au point que le mot de guerre sainte avait fait le tour des couloirs du Temple bleu. La publication du livre « Meidän alkuperä » ne semblait pas être innocent à ceci et le caractère ardent du grand-prêtre n'arrangeait rien. Elle était donc presque seule pour arriver à achever une solution diplomatique.
Meidän alkuperä = Notre Origine[/ve]
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Amaski
[bask][center]LE CYCLE DE BAS MARKESON
- Chapitre 14 : Histoire d'un petit contre-feu -[/bask]
[img]http://img11.hostingpics.net/pics/9755463cc59793811b68bdbc27ad391052d1dblarge142540571883080.jpg[/img][/center]
[ve]Le Nordia faisait partie des régions les plus sauvages et farouches de la Fédération d'Aquanox. Ses montagnes, vallées et plateaux étaient des plus difficiles d'accès dans toute la contrée. Nulle voie ferroviaire où roue goudronnée avait encore eut le courage de défier la sauvagerie de ces lieux. C'était aussi parfaitement inutile de vouloir le faire. Les habitants de cette région n'en réclamaient pas de telles infrastructures et étaient au contraire bien heureux de leur isolement.
Cette région était peuplée par une sous-race aquanox des plus particulières. De grande taille, ils avaient comme les autres Tarnois les yeux bleus, mais au contraire de leurs congénères étaient dotés d'une chevelure aussi dorée que le blé mûr de la fin d'un été et non d'un noir sombre comme le charbon. Personne ne pouvait expliquer cette étrange particularité. Certaines légendes parlaient que les Nordiaken étaient issus d'une ancienne dynastie aristocratique de la mythique cité d'Aquanox ou d'autres disaient que leurs cheveux avaient pris le teint du Soleil auquel ils étaient dans ces montagnes plus proches que les autres nations.
C'était dans une des vallées les plus élevées du Nordia que le président Markeson s’avança à dos d'âne en compagnie de trois soldats. Ici, il n'y avait nul réseau téléphonique et nul refuge des intempéries à part les habitations des locaux. La prudence était donc de mise quand on voyageait à travers cette région infestée de loups et d'ours. Des arbres monumentaux s'étaient enracinés sur chaque côté de la vallée au fil des générations en accueillant toute sorte de bête, volant ou pas. On disait qu'une armée numancienne aurait tenté d’attaquer Titanua en passant par ses mêmes montagnes. Les soldats auraient tous péris dans ces vallées sans fin et leurs âmes hanteraient ces lieux, criant durant la nuit leur détresse. En vérité, ce qui pouvait sembler être un cri de désespoir nocturne était rien d’autre que le vent canalisé par les vallées et qui battait de pleine force plante, animal et homme.
La petite troupe arriva après plusieurs heures de cheminement entre les arbres et roches auprès une petite clairière située au pied d'une montagne. Une dizaine de cabanes se trouvaient alignées de manière circulaire autour d'une place en terre battue. Le petit village était protégé par une palissade dont le but était de maintenir les animaux hors de l'enceinte et les enfants dedans, deux objectifs qu'elle remplissait parfaitement depuis des générations. C'est ainsi que le président franchit l'entrée du village. Le son du bois frappé avec violence résonna à travers l'air. Markeson descendit de sa bête et s’avança en direction de l'endroit d’où provenait ce bruit si rare aux hommes contemporains, laissant derrière lui les soldats.
Derrière une des cabanes se trouvait un jeune homme en pleine vingtaine aux cheveux dorées comme ceux de tous les gens de cette terre. L'homme tenait une hache dans les mains qu'il leva dans les airs pour l'abattre sur des bûches posées sur un vieux tronc d'arbre. Markeson remarqua qu'il n'avait jamais vu quelqu'un couper du bois de toute sa vie. Loin des montagnes, dans les plaines de la péninsule, les gens se chauffaient soit au gaz soit au charbon. Ceci n'était non seulement dû à des raisons pratiques, mais aussi car l'exploitation de bois était fortement limitée par les dogmes religieux. Chauffer toute une ville avec du bois semblait impossible sans provoquer une déforestation massive des forêts de la Fédération. Mais ici, loin des grandes villes, se chauffer au bois était possible sans avoir une incidence majeure sur les bois environs. Le jeune homme remarqua la présence du politicien et baissa la hache lentement. Il tourna son regard vers lui et salua alors le président, hache à la main.
« Eh ben, qu'est-ce qui nous arrive depuis le Sud. N'est pas Basek? »
Bas sourit, ça faisait des années qu'il n'avait plus entendu cette appellation intime. Il répliqua alors au Nordiaken.
« Le temps passe et je peux que remarquer qu'il a aussi agi sur toi, mon chèr Berank. »
Le président dû s'avouer d'avoir failli ne pas reconnaître Berank. Quand il l'avait vu pour la première fois, c'était durant la première guerre civile. L'homme d'aujourd'hui était alors qu'un jeune adolescent de treize ans se battant avec une fureur rare pour cet âge. Berank n'avait néanmoins jamais gradé, refusant toujours les honneurs militaires. C'était donc presque ironique à ce que Markeson viennent aujourd'hui le faire une proposition qu'on n'avait encore jamais faite à un Tarnois en mille ans. Le Nordiaken sentit assez rapidement que son ancien ami n'était pas venu pour faire une simple conversation de table. Il posa alors la hache au sol, tenant la manche de l'outil avec la main droite, avant de s'adresser au premier citoyen de la Fédération.
« Je suppose que tu n'es pas venu ici pour respirer l'air pur de la montagne, n'est-ce pas ? Je me souviens pas d'une fois où tu n'as pas fait une chose pour une raison bien précise. »
Il n'y avait pas de reproche dans la voix de Berank, mais de la connaissance du caractère de Bas et une certaine pointe de taquinerie amicale. Ce dernier avoua alors au Nordiaken.
« Oui, je viens auprès de toi pour une raison précise. J'ai besoin de toi. »
Le Nordiaken répliqua immédiatement.
« Je ne veux pas de poste dans ton gouvernement ou quelque chose de similaire. Je préfère me tenir loin de la politique fédérale, elle n'apporte rien de bon dans ces terres. »
Markeson fut légèrement surpris par ce refus net exprimé par son ami. Il tenta alors une approche plus douce.
« Je ne veux pas t'offrir un poste au gouvernement. Comme peut-être tu sais, l'ile de Yellowknive est tombée sous notre contrôle. »
« J'ai entendu les nouvelles à la radio, mais qu'est-ce que ceci peux bien faire ? » répliqua Berank.
Bas expliqua alors.
« Les USP sont en feu et en sang et le Fiémance s'apprête à marcher à grand pas à travers le continent. Je ne pense pas qu'on les arrêtera par la force ou pas seulement. Les repousser militairement sera qu'une victoire temporaire si nous nous n’attaquons pas à ce qui fait leur principal avantage.
Leur causus belli est celui de vouloir défendre les anciennes cultures et ils amènent avec eux des missionnaires et des philosophes. Je pense donc qu'il est urgent de créer un contre-feu et celui-ci doit être de nature civilisationnel. Si nous voulons stopper la Fiémance, il faudra offrir aux gens des USP une alternative culturelle, une vraie et celle-ci doit être originaire du continent. L'ile de Yellnowknive peut devenir un foyer de résistance en devenant un pôle économique, culturel et diplomatique. Et une fois que nous avons un tel centre de culture, une vraie alternative au projet de la Fiémance, la résistance militaire pourra avoir des fruits durables. Là où la Fiémance sera repoussé, nous apporterons cette contre-culture pour empêcher l'Alméra d'avoir le contrôle sur l’esprit des gens.
De toute façon, vue la situation actuelle, il n'y a plus d'espoir de réunifier les USP. Autant donc créer un nouvel avenir et faire de Yellowknive une alternative. »
Berank se montra intrigué. Ou voulait Bas venir ?
« Je prends note de tous ce que tu m'as dit, mais qu'est-ce que j'ai à faire dans toute cette histoire. Si t'as besoin d'un gouverneur, il y a un paquet de monde pour le job. Les fonctionnaires, ça ne manque pas dans ce pays. Pas besoin de venir au Nordia pour ça. »
Markeson s'avance d'un pas et dit.
« Je ne veux pas d'un fonctionnaire. » le chef d'état jeta un coup d'œil à la hâche.
« J'ai besoin de quelqu'un qui saura s'imposer et de fidèle à ses idées. Yellowknive ne doit pas devenir un simple état de la Fédération, mais un outil géopolitique. Nous pourrons vaincre les Almérans uniquement en luttant avec leurs armes. Ceci signifie apporter un projet culturel complet aux autres peuples. Un projet qui mette l'accent sur leur liberté et ainsi fera vaciller les empires coloniaux almérans.
Tu es la personne la plus traditionaliste que je connaisse et en même temps, tu as toujours défendu la liberté au détriment de la tyrannie. Je veux donc que tu fasses de Yellowknive un centre de culture tarnoise. Tu ne seras pas un fonctionnaire, bien loin de ça. Tu dirigeras cette ile et elle pourra devenir quelque chose de nouveau, de vraiment nouveau. »
Bas se pencha et saisit une bûche de bois, la souleva et dit.
« Notre pays est vieux, peut-être même trop vieux. Néanmoins Yellowknive est une terre relativement vierge et jeune. Un vaste Tae Wan ouvrant la porte à toutes les possibilités. Peut-être même le chemin pour une véritable renaissance culturelle pour notre peuple. J'oserais même dire que c'est peut-être le laboratoire que nous avons besoin. Tu m'as dit un jour que tu pensais que nous avions perdu notre âme avec la fin de l'Empire. Peut-être que tu as raison, mais ce qui est perdu peut être recrée. Si l'ile de Yellowknive est le lieu d'une renaissance culturelle tarnoise, alors peut-être qu'à partir d'elle la péninsule et le Tae Wan retrouveront enfin leur âme. Bref, je te donne la chance de créer un avenir. Tu peux former une île qui allumera le contre-feu culturel au Fiémance et qui sera l'origine d'une projet de renaissance tarnoise.
Le Tae Wan rejoindra bientôt la Fédération, volontairement ou par le feu, et notre peuple sera alors uni dans un même état. A partir de là, ce sera le projet le plus complet et ambitieux qui dictera l'avenir de notre civilisation. Est-ce que ce sera le libéralisme du Tae Wan ? L'autoritarisme péninsulaire ou la vision de Yellowknive ? Je te donne l'occasion de proposer ton projet. Le meilleur projet l’emportera.»
Bas jeta la bûche en direction de Berank qui attrapa le bout de bois avec la main gauche. Le Nordiaken sourit, Markeson n'avait rien perdu de son talent diplomatique. Berank lâcha alors la hache qui tomba au sol et répondit.
« Bien. Dans ce cas, j'accepte de t'aider, mais je t'avertis : nous risquons de beaucoup nous disputer dans les mois à venir. »
« C'est ce que je l'espère, mon ami. » répondit le président avec un ton légèrement sarcastique.[/ve]
- Chapitre 14 : Histoire d'un petit contre-feu -[/bask]
[img]http://img11.hostingpics.net/pics/9755463cc59793811b68bdbc27ad391052d1dblarge142540571883080.jpg[/img][/center]
[ve]Le Nordia faisait partie des régions les plus sauvages et farouches de la Fédération d'Aquanox. Ses montagnes, vallées et plateaux étaient des plus difficiles d'accès dans toute la contrée. Nulle voie ferroviaire où roue goudronnée avait encore eut le courage de défier la sauvagerie de ces lieux. C'était aussi parfaitement inutile de vouloir le faire. Les habitants de cette région n'en réclamaient pas de telles infrastructures et étaient au contraire bien heureux de leur isolement.
Cette région était peuplée par une sous-race aquanox des plus particulières. De grande taille, ils avaient comme les autres Tarnois les yeux bleus, mais au contraire de leurs congénères étaient dotés d'une chevelure aussi dorée que le blé mûr de la fin d'un été et non d'un noir sombre comme le charbon. Personne ne pouvait expliquer cette étrange particularité. Certaines légendes parlaient que les Nordiaken étaient issus d'une ancienne dynastie aristocratique de la mythique cité d'Aquanox ou d'autres disaient que leurs cheveux avaient pris le teint du Soleil auquel ils étaient dans ces montagnes plus proches que les autres nations.
C'était dans une des vallées les plus élevées du Nordia que le président Markeson s’avança à dos d'âne en compagnie de trois soldats. Ici, il n'y avait nul réseau téléphonique et nul refuge des intempéries à part les habitations des locaux. La prudence était donc de mise quand on voyageait à travers cette région infestée de loups et d'ours. Des arbres monumentaux s'étaient enracinés sur chaque côté de la vallée au fil des générations en accueillant toute sorte de bête, volant ou pas. On disait qu'une armée numancienne aurait tenté d’attaquer Titanua en passant par ses mêmes montagnes. Les soldats auraient tous péris dans ces vallées sans fin et leurs âmes hanteraient ces lieux, criant durant la nuit leur détresse. En vérité, ce qui pouvait sembler être un cri de désespoir nocturne était rien d’autre que le vent canalisé par les vallées et qui battait de pleine force plante, animal et homme.
La petite troupe arriva après plusieurs heures de cheminement entre les arbres et roches auprès une petite clairière située au pied d'une montagne. Une dizaine de cabanes se trouvaient alignées de manière circulaire autour d'une place en terre battue. Le petit village était protégé par une palissade dont le but était de maintenir les animaux hors de l'enceinte et les enfants dedans, deux objectifs qu'elle remplissait parfaitement depuis des générations. C'est ainsi que le président franchit l'entrée du village. Le son du bois frappé avec violence résonna à travers l'air. Markeson descendit de sa bête et s’avança en direction de l'endroit d’où provenait ce bruit si rare aux hommes contemporains, laissant derrière lui les soldats.
Derrière une des cabanes se trouvait un jeune homme en pleine vingtaine aux cheveux dorées comme ceux de tous les gens de cette terre. L'homme tenait une hache dans les mains qu'il leva dans les airs pour l'abattre sur des bûches posées sur un vieux tronc d'arbre. Markeson remarqua qu'il n'avait jamais vu quelqu'un couper du bois de toute sa vie. Loin des montagnes, dans les plaines de la péninsule, les gens se chauffaient soit au gaz soit au charbon. Ceci n'était non seulement dû à des raisons pratiques, mais aussi car l'exploitation de bois était fortement limitée par les dogmes religieux. Chauffer toute une ville avec du bois semblait impossible sans provoquer une déforestation massive des forêts de la Fédération. Mais ici, loin des grandes villes, se chauffer au bois était possible sans avoir une incidence majeure sur les bois environs. Le jeune homme remarqua la présence du politicien et baissa la hache lentement. Il tourna son regard vers lui et salua alors le président, hache à la main.
« Eh ben, qu'est-ce qui nous arrive depuis le Sud. N'est pas Basek? »
Bas sourit, ça faisait des années qu'il n'avait plus entendu cette appellation intime. Il répliqua alors au Nordiaken.
« Le temps passe et je peux que remarquer qu'il a aussi agi sur toi, mon chèr Berank. »
Le président dû s'avouer d'avoir failli ne pas reconnaître Berank. Quand il l'avait vu pour la première fois, c'était durant la première guerre civile. L'homme d'aujourd'hui était alors qu'un jeune adolescent de treize ans se battant avec une fureur rare pour cet âge. Berank n'avait néanmoins jamais gradé, refusant toujours les honneurs militaires. C'était donc presque ironique à ce que Markeson viennent aujourd'hui le faire une proposition qu'on n'avait encore jamais faite à un Tarnois en mille ans. Le Nordiaken sentit assez rapidement que son ancien ami n'était pas venu pour faire une simple conversation de table. Il posa alors la hache au sol, tenant la manche de l'outil avec la main droite, avant de s'adresser au premier citoyen de la Fédération.
« Je suppose que tu n'es pas venu ici pour respirer l'air pur de la montagne, n'est-ce pas ? Je me souviens pas d'une fois où tu n'as pas fait une chose pour une raison bien précise. »
Il n'y avait pas de reproche dans la voix de Berank, mais de la connaissance du caractère de Bas et une certaine pointe de taquinerie amicale. Ce dernier avoua alors au Nordiaken.
« Oui, je viens auprès de toi pour une raison précise. J'ai besoin de toi. »
Le Nordiaken répliqua immédiatement.
« Je ne veux pas de poste dans ton gouvernement ou quelque chose de similaire. Je préfère me tenir loin de la politique fédérale, elle n'apporte rien de bon dans ces terres. »
Markeson fut légèrement surpris par ce refus net exprimé par son ami. Il tenta alors une approche plus douce.
« Je ne veux pas t'offrir un poste au gouvernement. Comme peut-être tu sais, l'ile de Yellowknive est tombée sous notre contrôle. »
« J'ai entendu les nouvelles à la radio, mais qu'est-ce que ceci peux bien faire ? » répliqua Berank.
Bas expliqua alors.
« Les USP sont en feu et en sang et le Fiémance s'apprête à marcher à grand pas à travers le continent. Je ne pense pas qu'on les arrêtera par la force ou pas seulement. Les repousser militairement sera qu'une victoire temporaire si nous nous n’attaquons pas à ce qui fait leur principal avantage.
Leur causus belli est celui de vouloir défendre les anciennes cultures et ils amènent avec eux des missionnaires et des philosophes. Je pense donc qu'il est urgent de créer un contre-feu et celui-ci doit être de nature civilisationnel. Si nous voulons stopper la Fiémance, il faudra offrir aux gens des USP une alternative culturelle, une vraie et celle-ci doit être originaire du continent. L'ile de Yellnowknive peut devenir un foyer de résistance en devenant un pôle économique, culturel et diplomatique. Et une fois que nous avons un tel centre de culture, une vraie alternative au projet de la Fiémance, la résistance militaire pourra avoir des fruits durables. Là où la Fiémance sera repoussé, nous apporterons cette contre-culture pour empêcher l'Alméra d'avoir le contrôle sur l’esprit des gens.
De toute façon, vue la situation actuelle, il n'y a plus d'espoir de réunifier les USP. Autant donc créer un nouvel avenir et faire de Yellowknive une alternative. »
Berank se montra intrigué. Ou voulait Bas venir ?
« Je prends note de tous ce que tu m'as dit, mais qu'est-ce que j'ai à faire dans toute cette histoire. Si t'as besoin d'un gouverneur, il y a un paquet de monde pour le job. Les fonctionnaires, ça ne manque pas dans ce pays. Pas besoin de venir au Nordia pour ça. »
Markeson s'avance d'un pas et dit.
« Je ne veux pas d'un fonctionnaire. » le chef d'état jeta un coup d'œil à la hâche.
« J'ai besoin de quelqu'un qui saura s'imposer et de fidèle à ses idées. Yellowknive ne doit pas devenir un simple état de la Fédération, mais un outil géopolitique. Nous pourrons vaincre les Almérans uniquement en luttant avec leurs armes. Ceci signifie apporter un projet culturel complet aux autres peuples. Un projet qui mette l'accent sur leur liberté et ainsi fera vaciller les empires coloniaux almérans.
Tu es la personne la plus traditionaliste que je connaisse et en même temps, tu as toujours défendu la liberté au détriment de la tyrannie. Je veux donc que tu fasses de Yellowknive un centre de culture tarnoise. Tu ne seras pas un fonctionnaire, bien loin de ça. Tu dirigeras cette ile et elle pourra devenir quelque chose de nouveau, de vraiment nouveau. »
Bas se pencha et saisit une bûche de bois, la souleva et dit.
« Notre pays est vieux, peut-être même trop vieux. Néanmoins Yellowknive est une terre relativement vierge et jeune. Un vaste Tae Wan ouvrant la porte à toutes les possibilités. Peut-être même le chemin pour une véritable renaissance culturelle pour notre peuple. J'oserais même dire que c'est peut-être le laboratoire que nous avons besoin. Tu m'as dit un jour que tu pensais que nous avions perdu notre âme avec la fin de l'Empire. Peut-être que tu as raison, mais ce qui est perdu peut être recrée. Si l'ile de Yellowknive est le lieu d'une renaissance culturelle tarnoise, alors peut-être qu'à partir d'elle la péninsule et le Tae Wan retrouveront enfin leur âme. Bref, je te donne la chance de créer un avenir. Tu peux former une île qui allumera le contre-feu culturel au Fiémance et qui sera l'origine d'une projet de renaissance tarnoise.
Le Tae Wan rejoindra bientôt la Fédération, volontairement ou par le feu, et notre peuple sera alors uni dans un même état. A partir de là, ce sera le projet le plus complet et ambitieux qui dictera l'avenir de notre civilisation. Est-ce que ce sera le libéralisme du Tae Wan ? L'autoritarisme péninsulaire ou la vision de Yellowknive ? Je te donne l'occasion de proposer ton projet. Le meilleur projet l’emportera.»
Bas jeta la bûche en direction de Berank qui attrapa le bout de bois avec la main gauche. Le Nordiaken sourit, Markeson n'avait rien perdu de son talent diplomatique. Berank lâcha alors la hache qui tomba au sol et répondit.
« Bien. Dans ce cas, j'accepte de t'aider, mais je t'avertis : nous risquons de beaucoup nous disputer dans les mois à venir. »
« C'est ce que je l'espère, mon ami. » répondit le président avec un ton légèrement sarcastique.[/ve]
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Amaski
[bask][center]LE CYCLE DE BAS MARKESON
- Chapitre 15 : Un plan pas si infaillible -[/bask]
[img]http://img11.hostingpics.net/pics/821509fireinbakunightbydarklazyd63xxgg142568592174281.jpg[/img][/center]
[ve]Le président Markeson se tenait assis dans le fauteuil en cuir brun situé au centre d'un des salons du palais présidentiel. En face de lui se trouvait Mirk Valahr également feutré dans un fauteuil avec dans la main gauche un verre rempli de vin rouge. Ça faisait trois jours que la vague d'attentats avait frappé le pays. La police avait accompli un bon travail pour éviter la réalisation d'un maximum de frappes terroristes, mais ils n'avaient pas pu empêcher aux terroristes d'accomplir partiellement leurs objectifs. Néanmoins ceci avait peu d'importance aux yeux du président. Markeson prit alors le verre situé sur la table basse entre lui et le vice-président et le remplit de vin. Il se laissa alors à nouveau tomber dans le fauteuil.
Les attentats prouvaient aux yeux du président que le Clown était encore plus stupide que prévu. Bas s'était attendu à une trahison, mais aussi rapidement ? Il était surprenant de constater comme le Clown était devenu imprudent. Les journaux avaient bien évidemment faits les grands titres sur les attentats dans la Fédération, mais l'opinion publique avait que peu d'importance dans cette affaire. Ce qui comptait aux yeux de Markeson, c'était la poursuite des objectifs stratégiques aux USP et les attentats donnaient désormais au gouvernement fédéral le feu vert pour toutes les actions imaginables. Tout devenait justifiable avec plusieurs centaines de morts.
Entre temps, Markeson était venu à la conclusion que vouloir négocier avec la Fiémance fut une pure perte de temps. La preuve avait été apportée assez rapidement. Ce pays avait comme d'habitude refusé de répondre au dernier missive. La réponse était donc très claire : le royaume écartait toute volonté de conduire des négociations. Tant mieux, ceci permettait de simplifier la situation, pensa Bas. Le gouvernement fédéral avait donc pris la décision de passer à des méthodes plus radicales contre la Main noire pour ensuite pouvoir se concentrer sur la Fiémance. Le Clown avait eu la politesse de désormais rendre possible l'usage de moyens plus musclés.
Le vice-président, lui, n'était pas entièrement convaincu de la pertinence de la stratégie de Markeson contre la Main noire. A ses yeux, c'était un pari risqué, très risqué. Il fallait vraiment que chaque étape de l'opération se passe bien. Il exprima alors ses doutes avec une certaine prudence.
« Es-tu sûr que l'opération marchera ? Nous prenons des risques ? Surtout que c'est une méthode radicale. »
Markeson répliqua immédiatement.
« Toute action comporte des risques. Le Clown a signé son arrêt de mort en lançant des attentats contre notre pays. La Fiémance peut attendre quelques jours, nous savons maintenant à quoi nous tenir à son sujet. Avant ceci, il faut renvoyer la politesse à la Main noire. De toute façon, contre la Main noire et la Fiémance il y a que les méthodes radicales qui marchent. Ils s’octroient un avantage stratégique en jouant sur le fait que nous ne dépasserons pas certaines limites. Seulement en nous libérant des contraintes morales, nous pouvons prendre le dessus. »
Bas marqua une pause avant de demander.
« Sinon, quelle est la situation concernant le Machrek ? »
Mirk attendit quelques instants avant de répondre. Il restait méfiant par rapport au projet de Markeson. C'était à ses yeux trop radical, mais la décision avait déjà été prise, hélas.
« Nous pensons qu'ils ravitaillent la Main noire aux USP. Ceci semble être la seule manière d'expliquer le ravitaillement en essence de cette dernière. Je pense que nous devrions donc agir contre elle. La question est comment. »
Le président avait déjà son idée à ce sujet et n'hésita pas à l'affirmer à voix haute.
« Si nos opérations aux USP sont un succès, nous pourrons appliquer la même stratégie au Machrek. »
Le vice-président répliqua immédiatement.
« Le risque diplomatique est majeur et il faut que l'opération aux USP marche. Mais même si, ce sera bien différent des USP. »
Le président but une gorgée du vin avant de répondre.
« Ce sont des méthodes radicales, mais ce sera toujours plus simple d'expliquer la situation à nos alliés que de laisser la Main noire avoir une base arrière. On pourra ensuite construire des monuments de mémoire et faire des jolis discours funèbres si nécessaire. »
C'est alors que Markeson changea brutalement de sujet.
« Comment avance la rédaction du décret pour Yellowknive ? »
Valahr fut un peu surpris par la mention de Yellowknive. Il fallait dire qu'avec toute cette histoire d'attentats, le vice-président avait négligé ce dossier. Pour être entièrement sincère, il n'en avait pas une haute opinion de ce projet qu'il trouva à la limite ridicule, chose qu'il n'osa pas dire à Markeson directement.
« C'est en cours. Les attentats ont ralentis le travail pour des raisons évidentes. »
C'est alors que le vice-président osa faire part d'une partie de ses doutes concernant le projet. Mirk tenta à tout prix d'éviter de faire savoir son désapprobation profonde pour la décision de Markeson.
« Je dois admettre d'être un peu sceptique concernant la gestion future de Yellowknive. Est-ce que c'est un bon plan de confier l’île à un Nordiaken ? En plus, créer un état indépendant n'est pas la meilleure chose à faire vu la situation aux USP. »
Bas interrompit rapidement le vice-président. Il ne voyait pour sa part aucune raison de se faire des soucis à ce sujet et même ne comprenait pas les interrogations de Mirk.
« Je ne vois pas de raison de se faire des soucis. Yellowknive ne sera pas libre. On lui donnera une autonomie très large, même sur le plan diplomatique, mais militairement nous aurons la mainmise. Ce sera un protectorat qui ne dit pas son nom. »
C'est alors que Markeson commenta avec une voix remplie d'un mépris profond, révélant en passant sa véritable opinion sur Berkan.
« Les Nordiaken sont des êtres idiots et stupides, Berkan en premier et c’est ce que je veux. Il aliénera la population locale et commettra des erreurs. Une fois que les gens auront assez de lui, on lui mettra une balle dans la tête et on annexera l’île en l'intégrant complètement dans la Fédération via un référendum. Les gens auront tellement marre de Berkan, qu'ils voteront pour l’annexion sans réfléchir. Ceci évite de devoir annexer l’île maintenant et élimine le risque de passer pour des profiteurs de la guerre aux USP. Nous aurons donc annexés l’ile en passant pour les sauveurs. Je te rassure, ce plan est infaillible. »
« Espérons que ce soit le cas. » conclut Mirk.
Aucun des deux politiciens ne remarqua la présence à l'extérieur de la salle d'un jeune homme en soutane. Le prêtre novuniste s'éloigna de la porte du salon et posa un verre de whisky vide sur une des commodes du couloir. Il sortit du palais présidentiel sous le regard méfiant des gardes et se dirigea ensuite d'un pas rapide vers le palais du Rock. Les informations qu'il avait entendu furent d'une importance capitale et le prêtre était convaincu que Sa Sainteté allait apprécier d'enfin avoir un moyen d'agir contre l'homme que cette dernière surnomma méchamment « l’israélite ». Le plan de Markeson risquait d’être mis à rude épreuve maintenant que le Rock allait être informé à son sujet.[/ve]
- Chapitre 15 : Un plan pas si infaillible -[/bask]
[img]http://img11.hostingpics.net/pics/821509fireinbakunightbydarklazyd63xxgg142568592174281.jpg[/img][/center]
[ve]Le président Markeson se tenait assis dans le fauteuil en cuir brun situé au centre d'un des salons du palais présidentiel. En face de lui se trouvait Mirk Valahr également feutré dans un fauteuil avec dans la main gauche un verre rempli de vin rouge. Ça faisait trois jours que la vague d'attentats avait frappé le pays. La police avait accompli un bon travail pour éviter la réalisation d'un maximum de frappes terroristes, mais ils n'avaient pas pu empêcher aux terroristes d'accomplir partiellement leurs objectifs. Néanmoins ceci avait peu d'importance aux yeux du président. Markeson prit alors le verre situé sur la table basse entre lui et le vice-président et le remplit de vin. Il se laissa alors à nouveau tomber dans le fauteuil.
Les attentats prouvaient aux yeux du président que le Clown était encore plus stupide que prévu. Bas s'était attendu à une trahison, mais aussi rapidement ? Il était surprenant de constater comme le Clown était devenu imprudent. Les journaux avaient bien évidemment faits les grands titres sur les attentats dans la Fédération, mais l'opinion publique avait que peu d'importance dans cette affaire. Ce qui comptait aux yeux de Markeson, c'était la poursuite des objectifs stratégiques aux USP et les attentats donnaient désormais au gouvernement fédéral le feu vert pour toutes les actions imaginables. Tout devenait justifiable avec plusieurs centaines de morts.
Entre temps, Markeson était venu à la conclusion que vouloir négocier avec la Fiémance fut une pure perte de temps. La preuve avait été apportée assez rapidement. Ce pays avait comme d'habitude refusé de répondre au dernier missive. La réponse était donc très claire : le royaume écartait toute volonté de conduire des négociations. Tant mieux, ceci permettait de simplifier la situation, pensa Bas. Le gouvernement fédéral avait donc pris la décision de passer à des méthodes plus radicales contre la Main noire pour ensuite pouvoir se concentrer sur la Fiémance. Le Clown avait eu la politesse de désormais rendre possible l'usage de moyens plus musclés.
Le vice-président, lui, n'était pas entièrement convaincu de la pertinence de la stratégie de Markeson contre la Main noire. A ses yeux, c'était un pari risqué, très risqué. Il fallait vraiment que chaque étape de l'opération se passe bien. Il exprima alors ses doutes avec une certaine prudence.
« Es-tu sûr que l'opération marchera ? Nous prenons des risques ? Surtout que c'est une méthode radicale. »
Markeson répliqua immédiatement.
« Toute action comporte des risques. Le Clown a signé son arrêt de mort en lançant des attentats contre notre pays. La Fiémance peut attendre quelques jours, nous savons maintenant à quoi nous tenir à son sujet. Avant ceci, il faut renvoyer la politesse à la Main noire. De toute façon, contre la Main noire et la Fiémance il y a que les méthodes radicales qui marchent. Ils s’octroient un avantage stratégique en jouant sur le fait que nous ne dépasserons pas certaines limites. Seulement en nous libérant des contraintes morales, nous pouvons prendre le dessus. »
Bas marqua une pause avant de demander.
« Sinon, quelle est la situation concernant le Machrek ? »
Mirk attendit quelques instants avant de répondre. Il restait méfiant par rapport au projet de Markeson. C'était à ses yeux trop radical, mais la décision avait déjà été prise, hélas.
« Nous pensons qu'ils ravitaillent la Main noire aux USP. Ceci semble être la seule manière d'expliquer le ravitaillement en essence de cette dernière. Je pense que nous devrions donc agir contre elle. La question est comment. »
Le président avait déjà son idée à ce sujet et n'hésita pas à l'affirmer à voix haute.
« Si nos opérations aux USP sont un succès, nous pourrons appliquer la même stratégie au Machrek. »
Le vice-président répliqua immédiatement.
« Le risque diplomatique est majeur et il faut que l'opération aux USP marche. Mais même si, ce sera bien différent des USP. »
Le président but une gorgée du vin avant de répondre.
« Ce sont des méthodes radicales, mais ce sera toujours plus simple d'expliquer la situation à nos alliés que de laisser la Main noire avoir une base arrière. On pourra ensuite construire des monuments de mémoire et faire des jolis discours funèbres si nécessaire. »
C'est alors que Markeson changea brutalement de sujet.
« Comment avance la rédaction du décret pour Yellowknive ? »
Valahr fut un peu surpris par la mention de Yellowknive. Il fallait dire qu'avec toute cette histoire d'attentats, le vice-président avait négligé ce dossier. Pour être entièrement sincère, il n'en avait pas une haute opinion de ce projet qu'il trouva à la limite ridicule, chose qu'il n'osa pas dire à Markeson directement.
« C'est en cours. Les attentats ont ralentis le travail pour des raisons évidentes. »
C'est alors que le vice-président osa faire part d'une partie de ses doutes concernant le projet. Mirk tenta à tout prix d'éviter de faire savoir son désapprobation profonde pour la décision de Markeson.
« Je dois admettre d'être un peu sceptique concernant la gestion future de Yellowknive. Est-ce que c'est un bon plan de confier l’île à un Nordiaken ? En plus, créer un état indépendant n'est pas la meilleure chose à faire vu la situation aux USP. »
Bas interrompit rapidement le vice-président. Il ne voyait pour sa part aucune raison de se faire des soucis à ce sujet et même ne comprenait pas les interrogations de Mirk.
« Je ne vois pas de raison de se faire des soucis. Yellowknive ne sera pas libre. On lui donnera une autonomie très large, même sur le plan diplomatique, mais militairement nous aurons la mainmise. Ce sera un protectorat qui ne dit pas son nom. »
C'est alors que Markeson commenta avec une voix remplie d'un mépris profond, révélant en passant sa véritable opinion sur Berkan.
« Les Nordiaken sont des êtres idiots et stupides, Berkan en premier et c’est ce que je veux. Il aliénera la population locale et commettra des erreurs. Une fois que les gens auront assez de lui, on lui mettra une balle dans la tête et on annexera l’île en l'intégrant complètement dans la Fédération via un référendum. Les gens auront tellement marre de Berkan, qu'ils voteront pour l’annexion sans réfléchir. Ceci évite de devoir annexer l’île maintenant et élimine le risque de passer pour des profiteurs de la guerre aux USP. Nous aurons donc annexés l’ile en passant pour les sauveurs. Je te rassure, ce plan est infaillible. »
« Espérons que ce soit le cas. » conclut Mirk.
Aucun des deux politiciens ne remarqua la présence à l'extérieur de la salle d'un jeune homme en soutane. Le prêtre novuniste s'éloigna de la porte du salon et posa un verre de whisky vide sur une des commodes du couloir. Il sortit du palais présidentiel sous le regard méfiant des gardes et se dirigea ensuite d'un pas rapide vers le palais du Rock. Les informations qu'il avait entendu furent d'une importance capitale et le prêtre était convaincu que Sa Sainteté allait apprécier d'enfin avoir un moyen d'agir contre l'homme que cette dernière surnomma méchamment « l’israélite ». Le plan de Markeson risquait d’être mis à rude épreuve maintenant que le Rock allait être informé à son sujet.[/ve]
-
Amaski
[bask][center]LE CYCLE DE BAS MARKESON
- Chapitre 16 : La loi des Hokkai -[/bask]
[img]http://img15.hostingpics.net/pics/676675law142835423495945.jpg[/img][/center]
[ve]Elna Korhonen était avocate, néanmoins ceci serait négliger le fait qu'elle n'était pas une simple avaleuse de livres de droit, mais une des principales experts des affaires juridiques dites « difficiles ». Ces honoraires étaient bien évidemment à la hauteur de ces compétences et ce n'était pas la misérable solde des trois soldats sayaken accusés de viol d'une jeune ryukoise qui aurait pu acheter ses compétences. Mais un sénateur tarnois d'obédience nationaliste s'était épris des trois soldats et avait donc décidé d'engager Elna pour défendre les militaires. Pourquoi? Elle ne savait pas et à vrai dire, elle ne cherchait pas à connaître la raison. On lui avait confié une mission et elle été décidée de la poursuivre jusqu'au bout.
Elle entra dans la petite salle de rencontre de la prison où étaient retenus les soldats. Les trois jeunes hommes étaient assis – menottés – auprès une table en acier. L'avocate s'assit devant eux, posant son porte-document sur la surface brillante de la table et en sortant un dossier contenant les principales informations sur l'affaire. La situation n'était pas simple, mais c'était la raison pourquoi elle était ici.
L'accord signé entre la République du Hokkaido et la Fédération d'Aquanox imposait que les crimes commis sur le territoire hokkai soient soumis à la justice du Hokkaido. Ceci pouvait sembler jouer en la défaveur des soldats, mais en vérité la justice fédérale était nettement plus brutale dès que ça touchait aux affaires de sang et de viol. Le droit fédéral était un des droits les plus compactes et minimalistes au monde et fonctionnait sur la base d'un principe de sanction exponentielle. Les crimes légers étaient que rarement sanctionnés alors que dès qu'on commettait un crime plus grave, la peine capitale n’était jamais loin. L'idée était d'épargner les petits criminels, souvent contraints par leurs conditions socio-économiques, et d'agir avec brutalité et de manière dissuasive contre les meurtriers, grands voleurs et violeurs qu’on voyait comme des éléments nuisibles pour la société. Korhonen était consciente de ceci et avait la ferme intention de jouer sur le caractère laxiste du droit hokkai. C'est avec une voix ferme qu'elle s'adressa donc aux trois prisonniers.
« J'ai pu voir que la tentative d'invoquer le droit fédéral a échoué... »
Un des soldats répliqua immédiatement.
« Oui, une belle merde... »
Elna répondit.
« Soyez-en heureux, vous seriez probablement déjà pendus depuis des heures si vous auriez passé par un tribunal fédéral. »
Une certaine pâleur apparue sur le visage des militaires. Ils n'avaient visiblement pas envisagé cette option. Certainement qu'ils avaient espérés être rapidement acquittés devant un tribunal d'outre-mer. L'avocate continua en faisant fi de leurs inquiétudes.
« La première parution n'a pas été un grand succès, mais je pense que nous avons un grand atout. Pour le moment, c'est la déclaration de la fille contre la vôtre. Bien évidemment, elle est nettement plus crédible devant un tribunal. Une pauvre gamine face à trois soldats, ceci ferait fondre le cœur à n'importe qui. »
Les trois sayaken étaient visiblement toujours inquiets. Elna sourit et dit.
« Néanmoins, toute crédibilité peut être défaite, surtout quand c'est une fille qui a été déshydratée pendant plusieurs jours. Rien nous dit qu'elle n'ait pas hallucinée pendant ce temps et prit ces hallucinations pour des souvenirs. »
Elle continua, dévoilant son jeu au fur à mesure.
« Aussi, soyons assez franc pour dire qu'une fille de cet âge ne doit pas avoir vu beaucoup de Sayaken dans sa vie ou que de loin. Il semble donc peu probable qu'elle ait pu mémoriser le visage de ses agresseurs vu qu'à ses yeux, tous les Sayaken doivent se ressembler, ce qui est le cas pour les gens ne côtoyant pas les gens d'autres d'ethnies suffisamment longtemps. Très certainement, qu'elle a pris les trois premiers visages qu'elle a vu après l'attaque pour ceux de ses agresseurs. Un mécanisme de compensation du cerveau sans aucun doute. »
Les militaires l'écoutant religieusement et il ne fallait pas longtemps pour se rendre compte que l'avocate leur donnait la clé de la défense qu'elle allait engager devant le juge. Discréditer la victime était une sale tactique, mais c'était de bonne guerre aux yeux d'Elna. De toute façon, elle avait pour sa part des sérieux doutes sur le témoignage de la fille. Celle-ci avait parlé de manière trop « mature » à ses yeux et donc il était possible que certaines réponses aient été préparées en avance par des adultes. Elle se leva et laissa les soldats sur place. Il fallait préparer la prochaine séance du procès qui allait être cruciale et les trois militaires lui étaient d’aucune utilité pour ceci.[/ve]
- Chapitre 16 : La loi des Hokkai -[/bask]
[img]http://img15.hostingpics.net/pics/676675law142835423495945.jpg[/img][/center]
[ve]Elna Korhonen était avocate, néanmoins ceci serait négliger le fait qu'elle n'était pas une simple avaleuse de livres de droit, mais une des principales experts des affaires juridiques dites « difficiles ». Ces honoraires étaient bien évidemment à la hauteur de ces compétences et ce n'était pas la misérable solde des trois soldats sayaken accusés de viol d'une jeune ryukoise qui aurait pu acheter ses compétences. Mais un sénateur tarnois d'obédience nationaliste s'était épris des trois soldats et avait donc décidé d'engager Elna pour défendre les militaires. Pourquoi? Elle ne savait pas et à vrai dire, elle ne cherchait pas à connaître la raison. On lui avait confié une mission et elle été décidée de la poursuivre jusqu'au bout.
Elle entra dans la petite salle de rencontre de la prison où étaient retenus les soldats. Les trois jeunes hommes étaient assis – menottés – auprès une table en acier. L'avocate s'assit devant eux, posant son porte-document sur la surface brillante de la table et en sortant un dossier contenant les principales informations sur l'affaire. La situation n'était pas simple, mais c'était la raison pourquoi elle était ici.
L'accord signé entre la République du Hokkaido et la Fédération d'Aquanox imposait que les crimes commis sur le territoire hokkai soient soumis à la justice du Hokkaido. Ceci pouvait sembler jouer en la défaveur des soldats, mais en vérité la justice fédérale était nettement plus brutale dès que ça touchait aux affaires de sang et de viol. Le droit fédéral était un des droits les plus compactes et minimalistes au monde et fonctionnait sur la base d'un principe de sanction exponentielle. Les crimes légers étaient que rarement sanctionnés alors que dès qu'on commettait un crime plus grave, la peine capitale n’était jamais loin. L'idée était d'épargner les petits criminels, souvent contraints par leurs conditions socio-économiques, et d'agir avec brutalité et de manière dissuasive contre les meurtriers, grands voleurs et violeurs qu’on voyait comme des éléments nuisibles pour la société. Korhonen était consciente de ceci et avait la ferme intention de jouer sur le caractère laxiste du droit hokkai. C'est avec une voix ferme qu'elle s'adressa donc aux trois prisonniers.
« J'ai pu voir que la tentative d'invoquer le droit fédéral a échoué... »
Un des soldats répliqua immédiatement.
« Oui, une belle merde... »
Elna répondit.
« Soyez-en heureux, vous seriez probablement déjà pendus depuis des heures si vous auriez passé par un tribunal fédéral. »
Une certaine pâleur apparue sur le visage des militaires. Ils n'avaient visiblement pas envisagé cette option. Certainement qu'ils avaient espérés être rapidement acquittés devant un tribunal d'outre-mer. L'avocate continua en faisant fi de leurs inquiétudes.
« La première parution n'a pas été un grand succès, mais je pense que nous avons un grand atout. Pour le moment, c'est la déclaration de la fille contre la vôtre. Bien évidemment, elle est nettement plus crédible devant un tribunal. Une pauvre gamine face à trois soldats, ceci ferait fondre le cœur à n'importe qui. »
Les trois sayaken étaient visiblement toujours inquiets. Elna sourit et dit.
« Néanmoins, toute crédibilité peut être défaite, surtout quand c'est une fille qui a été déshydratée pendant plusieurs jours. Rien nous dit qu'elle n'ait pas hallucinée pendant ce temps et prit ces hallucinations pour des souvenirs. »
Elle continua, dévoilant son jeu au fur à mesure.
« Aussi, soyons assez franc pour dire qu'une fille de cet âge ne doit pas avoir vu beaucoup de Sayaken dans sa vie ou que de loin. Il semble donc peu probable qu'elle ait pu mémoriser le visage de ses agresseurs vu qu'à ses yeux, tous les Sayaken doivent se ressembler, ce qui est le cas pour les gens ne côtoyant pas les gens d'autres d'ethnies suffisamment longtemps. Très certainement, qu'elle a pris les trois premiers visages qu'elle a vu après l'attaque pour ceux de ses agresseurs. Un mécanisme de compensation du cerveau sans aucun doute. »
Les militaires l'écoutant religieusement et il ne fallait pas longtemps pour se rendre compte que l'avocate leur donnait la clé de la défense qu'elle allait engager devant le juge. Discréditer la victime était une sale tactique, mais c'était de bonne guerre aux yeux d'Elna. De toute façon, elle avait pour sa part des sérieux doutes sur le témoignage de la fille. Celle-ci avait parlé de manière trop « mature » à ses yeux et donc il était possible que certaines réponses aient été préparées en avance par des adultes. Elle se leva et laissa les soldats sur place. Il fallait préparer la prochaine séance du procès qui allait être cruciale et les trois militaires lui étaient d’aucune utilité pour ceci.[/ve]