5 décembre 2025
/! Attention, Rôle play inutile en vue.
Voerså avait été bâtit au XIIe siècle sur la plaine de Lolland à seulement soixante trois mètres d'altitude. Dans la seconde moitié du XIV siècle, le village vit presque l'ensemble de sa population emportée par la peste noire. Voerså finit par se relever et prospérer jusqu'en 1961, année durant laquelle débuta la fuite des jeunes vers les villes. En trois décennies, sa population fondit et passa de huit cent deux âmes à cent quatre vingt trois. Le taux de natalité ne rassurait guère avec un différentiel de dix neuf décès pour seulement trois naissances. Le petit hameau serait mort si une réelle et ambitieuse politique de repeuplement des campagnes n'avait pas été appliquée. De nos jours, Voerså avait partiellement retrouvé ses fils perdus, ainsi que la vitalité qui le désignait. Entourée de pâturages enherbés naturellement et de forêts, la localité se composait de maisons aux façades à colombages, de toits de chaume au sommet desquels s'affichait des morceaux de bois, partie visible de l'ossature. Les chaumières étaient le plus souvent peintes en blanc, quoiqu'il arrivait d'en rencontrer des rouges et des jaunes foncées. Typique de la campagne Thorvaloise. Une image de Saint Michel figurait, assez souvent, accrochée aux portes afin de protéger les foyers du démon. Plus rarement, l'Archange s'accompagnait d'un fer à cheval passé à l'eau bénite - tirant son origine de l'histoire de Dunstan, le Saint Adélien - réputé pour avoir les mêmes propriétés contre-sataniques.
Ce jour-ci, la place du village s'animait sous un ciel blanc. Les cheminées crachaient leurs fumées dans le froid du mois de décembre, tandis que la foule des villageois déambulait sur le sol enneigé. Sur le parvis de l'église, le curé de la paroisse parlait à une mère venu chercher ses conseils. A divers endroits, des chiens dormaient paisiblement sur des lits de paille de menues bergeries, tandis que les moutons, dindes et quelques vaches se mêlaient aux hommes, vaquant sans surveillance, broutant, picorant ce qu'ils pouvaient trouver, bêlant, glougloutant et beuglant dans un vacarme habituel. Une odeur de pain chaud venant des fours communaux embaumait l'air frais de midi trente.
Soudain, un individu apparut. Le peuple le reconnut, il s'agissait du représentant seigneurial, celui du baron de Voerså. Doté d'un physique trapu et de larges épaules, il tenait un papier entre les mains. Sa voix portait loin :
« Bon peuple chrétien de Voerså, féaux sujets de Sa Majesté,
Il nous a été rapporté qu'un homme agé de 30 à 35 ans, inconnu du village, de petite taille, le visage long, cheveux blonds ébouriffés, yeux bleus clairs, l'air revêche et présentant une courte cicatrice sur le bas de la joue gauche, revendiquait depuis ce matin, à qui voudrait l'entendre, le titre de Conseiller local de Sa Majesté sur le purin. Messire le Baron tient à certifier au bon peuple chrétien que ce mystérieux énergumène est un plaisantin, occupant un office fantôme, complètement imaginaire. La chose a été confirmée par le Bailli de Lolland. A cet effet, s'il advenait que l'un de vous rencontrait ce pitre, refusez ses prétendus services et signalez le. »
Le message fut ensuite placardé près de la porte de l'Église, à un endroit ou personne ne pouvait le manquer, et la vie repris son cours. Une flopée de bougres décida toutefois de faire justice soit-même. Le soir venu, ceux-ci rattrapèrent le recherché, alors qu'il escroquait une paysanne d'une bourgade rurale voisine. On le força à rendre les 45 Krones, avant de l'emmener au bord de l'étang à demi gelé – morceaux de glace à la surface – et de l'y jeter la tête la première. L'un des bougres justiciers prévint : « T'avises pas de r'commencer le gueux, sinon c'est au fond d'la mer une meule au cou qu'on t'jettera ! »
L'escroc s'extirpa de l'étang, frigorifié et bon pour un gros rhume. Originaire de Knøsgård, un village situé à quatre kilomètres au nord, le malotru décidera de se faire petit, et l'affaire se tassera, sans intervention judiciaire.[/ve][/justify]