Croisière politique [Gädhland/Fiémance]

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Boisvert

Message par Boisvert »

[center]De la gouvernance du Gädhland,
Nouvelles motions à examiner[/center]


[center][img]http://img4.hostingpics.net/pics/353614RP1.jpg[/img][/center]

[center][quote]La brise océanique et la vue lointaine d'un volcan endormi réveilla les visiteurs d'outre-mer à bord de l'engin volant qui se posait promptement sur la piste
d'attérissage embrumée à Antheaume, capitale du Gädhland. À peine ces messieurs eurent-ils poser pied à terre aux petites heures frisquettes du matin,
tandis que le soleil s'apprêtait à faire ses bonjours quotidiens, qu'une fanfare de quelques hommes et femmes en costumes traditionnels se mit à retentir
pour souhaiter la bienvenue aux Fiémançais.

Le Chancelier les y attendaient, également accoutré de son kilt de cérémonie, un sourire traversant son visage et une énergie visiblement débordante; Torin McMenamin
était un homme sémillant et fort matinal. Il ouvrit des bras accueillants avant de s'avancer vers ses hôtes pour les serrer tour à tour vigoureusement.


« Bienvenue messieurs les représentants de Sa Majesté! »

Son apprentis et associé, le Vice-chancelier Ulick Whelan se contenta d'un sourire courtois qui camouflait bien son excitation et d'une poignée de main ferme
en leur demandant, d'usage, s'ils avaient fait bon voyage.

Une fois les présentations faites, les politesses échangées et les journalistes chassés, un petit véhicule motorisé les conduisit jusqu'à un quai d'embarcation
où les politiciens grimpèrent à bord d'un bateau de croisière homologué GOLF (Gentlemens Only, Ladys Forbidden) qui largua les amares au deuxième retentissement de la sirène.

Monsieur McMenamin poussait ses convives jusqu'à une table, sur la terrasse que le froid matutinal avait fait vider, hormis quelques insomniaques qui se tenaient à l'écart.
Les ayants installés sur des chaises confortables, le Gädhlois fit signe à un serveur de leur apporter quatre cafés bien fort; ainsi ils profiteraient d'un breuvage pour les réchauffer
dans ce froid frôlant l'isotherme zéro, de la vue lors d'une petite croisière jusqu'au prochain port, et d'une discussion cordiale loin des oreilles indiscrètes.

C'était de cette façon que le dirigeant d'État aimait simplifier et accommoder les colloques officiels; autour d'un café, près de sa Terre,
sa patrie, un peu comme si la traversée sur l'eau lui permettait de garder un œil bienveillant sur celle-ci.


« Encore une fois, monsieur Decreins, laissez-moi vous féliciter pour votre nomination au poste de Gouverneur général, madame Rousserolles peut quitter
l'esprit reposé sachant que son travail retombe entre des mains avisées. D'ailleurs, messieurs, à ce propos, commençons, si vous le voulez bien,
à nous attarder sur les sujets qui touchent notre magnifique territoire... »

Commença le Chancelier.

Il pris une gorgée de son café tout juste déposé sur la table après avoir remercier leur serveur, en regardant son adjoint qui sortait alors de sa sacoche en cuir,
une pile de dossiers qui se devaient, à l'évidence, d'être traités.

« D'abord, permettez-moi de vous entretenir sur un sujet qui fait l'objet de plusieurs manifestations ouvrières ces derniers temps. L'usine d'armement fiémançaise
qui se situe non loin de la base militaire, fort active à l'heure actuelle, est aux prises avec des... nationalistes, si je puis dire. Ils réclament en fait de travailler
pour des entreprises purement gädhloise dans l'idée d'encourager la nation et son développement interne. Vous comprendrez que ces souhaits ne sont pas tombés pas dans l'oreille d'un sourd...
Ehehehe, même si, vous savez, avec l'âge... »


Il gloussa un moment avant de se racler la gorge. Son sourire ne cachait définitivement pas l'élan de fierté patriotique qui le traversa l'espace d'un instant.
Se ressaisissant, et sans passer par quatre chemins,
Torin en vint directement aux conclusions des analyses encore fraîches dans les consciences et mémoires.


« En fait, il a été décidé, par l'Assemblée, que l'usine, ainsi que la base militaire qui vous rend un fier service, nous en somme conscient, se devront d'être démantelés
après usage par la patrie fiémançaise. D'ailleurs, nous savons également que la situation au Pelabssa requiert beaucoup de l'attention de Sa Majesté,
ainsi nous souhaitons lui rappelez que nous sommes bien disposé à fournir notre effort militaire en déclenchant, à tout de moins, l'état d'alerte générale,
cependant, nous sommes encore économiquement et militairement, de surcroît, fragiles, résidus évident de la Grande Guerre qui mit quelque peu notre équilibre en suspend.
Nous reprenons tranquillement le dessus et encourageons donc notre peuple à favoriser toutes activités gädhloises...»


« Votre visite nous permet également d'examiner plus en profondeur vos propositions, monsieur le Gouverneur, nous avons noter vos déclarations publiques
et souhaiterions en effet en discuter par la suite. 
»
Ajouta Ulick, qui ouvrait un dossier l'air bien intéressé par cet échange (et son café).[/quote][/center]
Arios

Message par Arios »

Novembre au Gädhland était d'un froid paralysant, et si la température affichait les -0,2°C, le ressenti sous la brise marine descendait le thermomètre interne des Fiémançais de quelques degrés encore.
Jorioz Tarabé, qui cumulait des fonctions assimilables à celles d'un ministre de l'intérieur, d'un ministre des armées, d'un ministre de l'aménagement et d'un ministre de l'industrie, avait accompagné l'ancien premier ministre d'origine biturigeoise Decreins de Marsac, nouvellement nommé gouverneur au Gädhland suite à la volonté insulaire de renouveler les échanges avec une métropole de jure.

La pénurie annoncée de vin pour le printemps avait vite fait oublier dans les cabarets le retour politique de Joseph Decreins, le fait avait été similaire au gouvernement, mais après plusieurs semaines les deux capitales avaient pu s'entendre sur une date pour la rencontre entre l'ancienne colonie et la nouvelle impérialiste.

Tarabé avait été prévenu par son cabinet qu'il se rendait sur un territoire qui voulait reconnaître ses liens avec la Fiémance, sans pour autant reconnaître la Fiémance comme sa maîtresse. Un territoire qui voulait du Roi, probablement davantage que le gouvernement fiémançais n'en voulait lui-même, mais un territoire qui ne voulait pas de ses lois.
Un territoire enfin qui pensait comme naturel le lien avec la métropole fiémançaise, alors que sa population descendait en grande partie des vagues de peuplement kaldéennes.

Decreins de Marsac, et à ces moments Jorioz Tarabé, avaient la mission d'assurer la conservation des liens dont le Gädhland avait renouvelé l'honneur à Opemont. Il s'agirait d'adoucir la bête, de calmer l'animal dont un instinct peu compréhensible en apparence avait fait se précipiter dans les pattes de la Fiémance.
Et toutes ces contradictions, dans ce froid de novembre, revenaient dès les premières paroles du Chancelier McMenamin, dès les premières revendications de la renouvelée possession de la Couronne, qui sonnaient comme des désirs d'indépendance alors même que l'association des deux territoires n'avait pas commencée de facto.

Les cafés forts ne furent pas du goût des deux fiémançais qui le burent par politesse. Cette boisson était à nouveau réputée pour être un excitant addictif. Ce n'est sûrement pas au milieu de ces tourbières que les Gädhlois faisaient pousser les arbres qui leur donnaient ces graines. Qu'en seraient-ils des choix de commerce de cette grande île ?


Joseph Decreins : J'entends bien. En somme, des nationalistes menacent l'efficacité de production d'une usine en plein effort de guerre. Des avancées vers l'auto-gestion et la cession d'entreprises et d'infrastructures fiémançaises aux Gädhlois, de toutes origines, doivent être réalisées. Mais n'êtes-vous pas, tout comme moi, certain qu'il est nécessaire d'attendre l'apaisement sur le continent avant d'entreprendre de telles mutations ?
En attendant, je suppose que Monsieur Tarabé m'approuvera, il est nécessaire d'éloigner les éléments nationalistes de l'usine ArmaVuillermoz, et de les remplacer par des patriotes sincères dont le soucis est l'efficacité de nos armes contre la Main Noire, et demain contre la colonisation orientale du continent ; elle qui sera au passage, une menace aussi vive pour les bons ouvriers que pour les mauvais éléments dont vous parlez, cher McMenamin.

Jorioz Tarabé : Dans tous les cas, il est évident que la guerre est un facteur qui fausse pour le moment tout processus de décision. Des revendications, quelles qu'elles soient, sont pour le moment hors de propos. Heureusement, l'Assemblée du territoire l'a bien compris en repoussant à la fin des combats tout ordre de démantèlement. Ces sujets devront être rediscutés par la suite, donc.
La présence fiémançaise est foncièrement inconstitutionnelle pour le moment, elle dépasse avec regret l'occupation des sols concédée par la base militaire accordée provisoirement par votre gouvernement. Nous sommes les premiers à le regretter. Nous aurons grand soucis de faire disparaître cette présence dès que cela sera possible.

Joseph Decreins : Bien entendu, vous devez bien le comprendre, Monsieur McMenamin. Bien, puisque vous le proposiez, revenons-en à des considération intérieures, Monsieur Whelan.
Boisvert

Message par Boisvert »

[quote][center]« Dans tous les cas, il est évident que la guerre est un facteur qui fausse pour le moment tout processus de décisions.
Des revendications, quelles qu’elles soient, sont pour le moment hors de propos. »
Jorioz Tarabé



Et il avait raison.

Le Chancelier était de son avis et bien que les réponses du Gouverneur ainsi que du Ministre lui apparaissaient tout de même favorables, il eût envie de répondre
prestement : Venait-il de baptiser ses nationalistes, ceux qui ont le cœur gädhlois et l’esprit patriotique, des…mauvais éléments? Il ouvrit la bouche pour
entamer une demande de rectification, mais les six heures sonnèrent sur le bateau de croisière alors qu’à travers le brouillard il était possible d’apercevoir un
monticule rocheux s’imposant au milieu des eaux.

Ainsi interrompu, Torin préféra passer par-dessus cette incartade sans grande importance. Ulick, lui, profita de l’intermède pour commander le petit-déjeuner,
car bien à l’affut, il avait remarqué que les convives n’appréciaient guère leur boisson, du moins pas autant que les habitués de novembre.


« Vous prendrez bien quelque chose à manger ce matin, messieurs, vous devez commencer à avoir faim et le voyage aux aurores n’est pas des
plus reposant si je ne m’abuse,
commenta poliment le Vice-chancelier. Oui, donc à ce propos, monsieur Decreins, vous suggérer,
si je me réfère à vos commentaires,
dit-il en ouvrant un dossier, vous suggériez l’introduction d’une première régulation agricole pour
encourager le travail manuel et pénaliser l’usage de produits chimiques
, permettez-moi de vous informer que tout comme la nourriture qui nous sera apporter sous peu,
la production d’aliments biologiques, que nous produisons déjà en majorité, est valorisés dans toutes les régions administratives du Gädhland.
Pouriez-vous peut-être nous préciser quelles sont vos intentions ou plutôt, vos objectifs… »


« La menace orientale, dites-vous? »

Le Chancelier semblait réfléchir en grattant sa barbe blanchie avec l'âge, portant distraitement attention à ce que son adjoint citait.

« Pardonnez l’interruption de nos affaires internes, mais votre gouvernement n’avait-il pas annoncé, il y a de cela deux mois, lorsque la
Fiémance eût enfin mis pied à Chrischurch, un entier soutien à l’effort de libération enclenchée par nos voisins orientaux, justement?
Vos vues ont-elles changées sur leur participation à ces démêlés? »
Il était toujours aussi direct.[/center][/quote]
Arios

Message par Arios »

Jorioz Tarabé : Je veux du sirop d'érable. Qu'ils me trouvent du sirop d'érable.

Tarabé l'avait dit dans la précipitation et à demi-ton à son voisin le Gouverneur, sur un air d'enthousiaste amusement, pendant que son interlocuteur annonçait qu'ils allaient pouvoir déjeuner.


Joseph Decreins : Nous serons tout à fait bien aises de déjeuner ici avec vous. La nourriture est seule bonne diplomate. La musique prétend parfois lui ravir la pareille, ce pont entre les peuples que les peuples cherchent au fond ce n'est pas la musique, qui excite les mœurs autant qu'elle peut les adoucir, mais c'est bien la nourriture. Monsieur Tarabé, qui a toujours nourri une certaine proximité avec le monde de la forêt puisqu'il nous vient des piémonts nord-orientaux des Albes, et il sera le premier à vous dire que son prénom est une variante dialectale de "Georges", me faisait la confidence de souhaiter goûter au sirop d'érable.

Jorioz Tarabé : C'est un peu le miel local je présume.

Joseph Decreins : Tout à fait, mais il est moins calorique.

Jorioz Tarabé : Je dirais qu'il est tout autant calorique, mais qu'il est moins sucré que le miel dont le sucre constitue une majorité du goût.

Joseph Decreins : Le sucre est réduit à l'état d'arôme dans le sirop d'érable vous voulez dire ?

Jorioz Tarabé : Non, les arômes viennent de l'érable en lui-même.

Joseph Decreins : Je soupçonne la production de ne pas se servir exclusivement d'érables.

Jorioz Tarabé : Pourtant, Monsieur le Chancelier nous a dit que beaucoup de productions étaient traditionnelles ici.

Joseph Decreins : Elles doivent le rester. Mais encourager ce qui est souhaitable ne doit pas empêcher de taper sur les doigts des mauvais travers. Qu'en pensez-vous Chancelier ?

Jorioz Tarabé : Le Chancelier est un homme de tempérance.

Joseph Decreins : Avant de vous poser la question, je vous répondrai brièvement sur le sujet du Pelabssa.
Nous nourrissons de nombreux doutes sur les intentions des forces orientales là-bas.
Certes elles libèrent le pays, à défaut de libérer des populations déjà exterminées d'ailleurs.
Mais que feront-elles après coup ?
La colonisation blanche du nouveau-monde n'a rien apporté de bon à celui-ci, à l'Alméra, ni même au monde.
Une colonisation jaune de celui-ci, à défaut de n'apporter rien de meilleur, entraînera un déséquilibre très instable à l'heure où le Makara connait un état d'excitation plus grand que jamais.
Possédant sur son sol asphalté les deux premières puissances du monde, toutes deux esclavagistes, il nous paraît dangereux que le Pelabssa tombe dans l'ère d'influence du Makara, même si cela se fait au travers de la Roumalie.

Jorioz Tarabé : L'idéal serait d'en faire un espace neutre, redonner les terres aux derniers indigènes et leur donner les moyens de repeupler leur continent. Retrouver des souches de bisons, et d'autres animaux de leur culture, pour qu'ils repeuplent le territoire et le rendent exploitable à nouveau. La belle prophétie qu'annonçaient les derniers sorciers de ce monde indien assailli, à la fin du XIXème siècle, par l'industrie adelo-saxonne et ses canons de fusils, pourrait enfin se réaliser pleinement. L'homme blanc ayant disparu de l'île-tortue, le bison devrait pouvoir y revenir.

Joseph Decreins : Ce qui n'empêcherait personne de leur acheter, de temps à autres, du sirop d'érable.
Arios

Message par Arios »

Joseph Decreins : Mais nous pourrions parler après cela du statut des autochtones. Vous avez dû apprendre par voie de presse quelle était ma position, un peu plus je présume. Nous avons conscience qu'une population conséquente, 6% des habitants du Gädhland, sont dépositaires de cette tradition vicaskaranne. Nous sommes, pensez-le bien, en première ligne du combat pour leur apporter tous les moyens possibles, non d'assimilation sauvage, mais d'auto-gestion ou du moins de prospérité communautaire.
Nous serions prêts à financer une agriculture biologique et traditionnelle chez ces populations, ainsi qu'une politique nataliste subordonnée à l'activité agricole.
Nous avons bien conscience que les populations autochtones du Gädhland sont en grande partie nomades selon leurs modes de vie traditionnels. Où en est-on de la pratique du nomadisme chez elles ?
Nous inclurions la chasse parmi les activités agricoles, volontiers.
Ma volonté est de réaffirmer le lien entre la Couronne fiémançaise et ces autochtones.
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