[center][spoiler="Avant-propos"][img]http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/thumb/3/33/Parental_Advisory_label.svg/200px-Parental_Advisory_label.svg.png[/img]
Il paraît qu'il faut que je mette un avertissement, alors voilà. Ceci est un RP. L'unique but de ce petit récit est de montrer ce qui se passe dans mon pays. Tout n'y est pas rose, et c'est clairement annoncé depuis longtemps puisque les tel-éribains sont nombreux à être pédophiles ^^
Soyez donc prévenus que cela risque d'être possiblement choquant. Je ne cautionne pas ce qui est dit ici, et cela doit rester In Game. J'espère tout de même que vous apprécierez et passerez outre ces petits instants de chair fraîche ~[/spoiler]
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Photographie prise à Aqshiah et postée sur le compte Twikle d'Eden Meheb le 1er juin 2026.[/center]
Assise sur un banc, elle regardait, arborant un léger et discret sourire, son téléphone et les photos qu'il contenait. Tout en retouchant ses cheveux blonds, elle en vérifiait la courbure. Elle n'aimait pas qu'ils ne soient pas parfait, et souvent elle se surprenait à se penser trop superficielle. Elle savait pourquoi elle était superficielle. Elle savait qu'elle n'avait plus que cela, qu'au fond d'elle tout était brûlé, détruit, brouillé. Depuis qu'elle avait 9 ans, elle avait vécu [url=http://www.simpolitique.com/post234701.html#p234701]l'enfer des bordels tel-éribains[/url].
Elle avait maintes fois tenté d'y prendre du plaisir, de se contenter de sa position dans le monde, d'être heureuse malgré tout, voire même d'être heureuse grâce aux hommes qui venaient pour la faire souffrir. Elle avait pensé que les mâles dont le plaisir ne pouvait s'exprimer sans sa présence la rendaient heureuse, la rendaient essentielle, intouchable. Mais les lois des maisons closes ne sont pas si douces pour les petites filles. Les fillettes n'étaient pas suffisamment, et la demande ne cessait d'augmenter. La plupart des hommes et femmes qu'elle a reçu avant de s'enfuir avaient du mal à achever leur besogne, et plusieurs fois son client dut se résigner à partir bredouille. Elle sentait bien, habituée qu'elle était, qu'ils ne faisaient pas cela pour le plaisir de sentir la jeunesse affluer en eux. Leur plaisir ne venait pas de son corps de petite fille mais du principe en lui-même de pédophilie. Ils étaient nostalgiques. Les hommes mûrs avaient connu en quelques années trop de changement politique pour qu'ils en soient heureux. C'est pourquoi ils avaient voulu en revenir aux sources, et beaucoup pensaient que faire l'amour à ces petites filles qui les attendaient dans les instituts de joie leur rendraient l'énergie qu'ils avaient avant, la jeunesse qu'ils avaient perdu, ou tout simplement un air de déjà-vu, leur rappelant lorsque, sous le règne du Prince, l'amour des enfants était une véritable tradition. Eden avait, une fois, accueilli un homme d'une cinquantaine d'années qui pendant les ébats avait longuement parlé de la manière tel-éribaine d'élever « l'avenir de la nation ».
La petite fille avait vu arriver de nombreuses autres petites filles, et beaucoup d'entre elles ne passèrent pas la première nuit. La règle du « un client par soir » avait rapidement été abolie, et la moyenne était de deux clients par jour. Les plus faibles régalaient rapidement les cochons grouillant à l'arrière du bâtiment. Eden avait vu ce spectacle une seule fois, et elle avait décidé de ne pas faillir, de ne pas finir de la même manière, de ne pas mourir ici. Peut-être est-ce ainsi qu'elle a survécu à cette affreuse période de sa vie.
À 14 ans, elle avait été choisie pour alimenter la Ménovie en jolies jeunes femmes. Elle savait très bien qu'elle ne serait pas bien traitée là-bas, et que ce n'était pas une très bonne nouvelle. Aucun n'en était revenue, et même les propriétaires disaient ne rien savoir à propos de ce qui se passait dans ce lointain pays. Alors Eden s'était enfuit sur le chemin vers l'aéroport. N'ayant sur elle que le carnet qu'elle avait rempli de ses expériences et pensées pendant ces cinq années d'horrible labeur, elle ne pouvait rentrer chez elle, ne sachant ni où elle était, ni ou elle avait vécu, ni même si ses parents étaient encore en vie ou s'ils vivaient toujours au même endroit. Et qu'aurait-elle dit ? Pouvait-elle revenir, cinq ans après, dans leur vie comme si de rien n'était ? Pouvait-elle revenir à une vie de famille normale après tout ce temps ? Elle ne savait que faire. Elle fuit pendant plusieurs jours, errant dans la ville où elle se trouvait, dormant sous les ponts et mangeant ce qu'on acceptait de lui donner. Elle ne pouvait plus faire confiance à personne. Quelques temps, elle pensa qu'il serait peut-être plus intelligent de rentrer au bordel. Mais tout son corps le lui interdit. Elle ne voulait plus vivre les souffrances sexuelles qu'elle y avait connu. Dans tous les hommes et toutes les femmes qu'elle voyait dans la rue, elle voyait un esprit pervers et tordu qui souhaitait assouvir ses propres désirs en usant de son jeune corps.
Un jour, alors qu'elle faisait la manche dans une grande rue, un homme s'arrêta, lui donna un peu d'argent et la reconnut, l'appelant même par son prénom. Elle en avait été effrayée, et avait pensé que les propriétaires l'avaient retrouvée et qu'elle retournerait de force au bordel. Mais son absence n'avait été remarquée que par les convoyeurs, qui à ce moment se trouvaient encore en Ménovie et qui n'avaient pas averti les autres restés sur place. L'homme était parti sans avoir obtenu de réponse, puis était revenu avec un sweat-shirt à capuche qu'il donna à Eden en souriant.
- « Il vaut mieux que tu restes cachée, je pense, Eden. Ils pourraient te retrouver sinon », dit-il.
Elle le remercia, ne sachant que faire.
- « Allez viens, j'ai un appartement pas loin, tu pourras me remercier pour mon cadeau », ajouta-t-il.
Et voilà. L'homme était un pervers fini. Elle ne voulait pas le sentir en elle. Elle voulait tourner la page sur cette vie qu'elle n'avait pas choisi. Elle ne voulait pas entrer chez cet homme. Elle ne voulait pas qu'il pense pouvoir la toucher. Ils se regardèrent dans les yeux assez longuement, puis il reprit la parole.
- « Tu ne veux pas, c'est ça ? »
Elle hocha la tête, incapable d'ouvrir la bouche.
- « Je comprends. Juste pour une douche et un repas alors ? Je promets que je ne te ferai rien. »
« … d'accord. »
Il l'aida à se relever et ils se rendirent dans son appartement, un trois pièces assez luxueux. Elle alla prendre une douche. Elle prit son temps, sachant que d'une façon ou d'une autre il la regardait et en profitait pour se contenter seul. Lorsqu'elle sortit de la douche, il avait fini et préparait à manger. Et bien entendu, pas l'ombre d'un vêtement propre. Affichant une moue, elle enfila les haillons qui lui avaient servi jusqu'ici.
- « Tu peux aller dans ma chambre, Eden, il y a des vêtements pour toi sur le lit. »
Elle s'exécuta sans un mot, peut-être un peu trop docile. Quel que soit le degré de perversité de son hôte, il l'accueillait et elle lui devait bien un peu d'obéissance. Elle enfila les vêtements propres, les trouva un peu trop grand, et rit jaune lorsqu'elle vit qu'ils consistaient en fait en un débardeur, un sweat-shirt et un leggings. Lorsqu'elle regarda à quoi ressemblait ladite chambre, elle versa quelques larmes en voyant une boîte emplie de préservatifs. Elle pensa que si elle était suffisamment ferme, elle réussirait à échapper aux avances de l'homme. Elle retourna dans la salle de vie. La voyant arriver, il afficha un petit sourire et énonça un compliment qu'elle ne prit pas la peine d'écouter. Sur la table basse devant la petite télévision, elle trouva une photo d'elle. Non sans un léger rictus, elle prit [url=http://www.vrak.tv/polopoly_fs/1.1405055.1397497821!/image/SabrinaCarpenter_WireImage-Getty_816.jpg_gen/derivatives/vrak_816_459/SabrinaCarpenter_WireImage-Getty_816.jpg]l'image[/url] et la regarda. L'homme avait du récupérer la photo au bordel, puisqu'elle avait été prise à son arrivée, lorsqu'elle avait 9 ans. L'homme était occupé aux fourneaux, et elle sentait un doux fumet qui commençait à arriver jusqu'à ses narines. Vérifiant qu'il ne regardait pas, elle cacha le papier dans la poche de son sweat-shirt et attendit qu'il termine la préparation du repas.
Lorsque ce fut fait, il lui demanda d'installer la table en indiquant où se trouvait la vaisselle. Elle sentait son regard lubrique posé en permanence sur son corps. Elle ne trouvait pas cela agréable, mais elle ne pouvait faire sans pour le moment. Elle se disait qu'il était préférable qu'il la regarde, s'il ne la touchait pas. Ils mangèrent lentement et dans le silence un peu de viande en sauce accompagnée de pommes de terre. Elle n'avait pas mangé aussi bien depuis très longtemps. Ses papilles se réveillaient et semblaient bouillir de joie lorsqu'elle avalait la sauce. L'homme semblait pensif, regardant au loin et ne pipant mot. Lorsqu'ils eurent fini, ils firent la vaisselle, ne s'adressant toujours pas la parole.
- « Tu ne veux vraiment pas ? »
« Non », répondit rapidement Eden, sachant très bien de quoi il voulait parler.
« Je vois. Tu peux dormir sur le canapé. »
Il se rendit dans sa chambre, fermant la porte. Elle ne se sentait pas en confiance, et lorsqu'elle s'allongea sur le canapé, closant ses paupières, elle garda son attention, espérant qu'il ne tente pas de la violer pendant son sommeil. Au milieu de la nuit, elle ouvrit les yeux et le vit dans un fauteuil proche, fumant une cigarette et la regardant. Tremblant, elle se recroquevilla en position fœtale.
- « Tu es belle quand tu dors », commença-t-il.
« Arrêtez de me regarder comme ça… » balbutia-t-elle d'une voie chevrotante.
« Tu es sûre que tu ne veux pas ? »
« Oui. J'en suis sûre. Arrêtez. S'il-vous-plaît. »
« Non. »
« Quoi ? »
« Je t'accueille, je t'offre des vêtements, de la nourriture. Et malgré tout tu restes ingrate ? »
« Je ne veux pas. J'ai réussi à m'enfuir, je ne veux pas… »
« Bon. Tu l'auras voulu. Je te propose un marché. Les employés du bordel te retrouveront un jour ou l'autre. Soit je te laisse dans la rue, soit je te présenterai un ami qui te permettra de partir en Océania. Là-bas, il fera beau et tu seras hors de portée de tes anciens propriétaires. Avec ta beauté, tu deviendras une prostituée de luxe pour les riches touristes de passage en Océania et les hommes influents. Tu seras bien traitée. »
« Je ne veux ni l'un ni l'autre, je veux garder mon corps pour moi. Vous n'avez pas le droit de me faire subir cela. »
« Sois heureuse et reconnaissante que je ne t'ai pas encore baisée. Si tu savais comme j'en ai envie… » dit-il avec une voix plus grave, plus bestiale, s'énervant un peu, à la fois contre elle et contre lui-même. Il se calme puis reprit « Quelle situation préférerais-tu ? Être maltraitée ou bien traitée ? »
Elle préféra ne pas répondre et baissa les yeux, réfléchissant à comment se débarrasser de cette situation. Elle ne voulait pas croire ce que cet homme disait. Elle ne voulait plus offrir son corps, elle détestait trop cette sensation de honte et de dégoût qui la traversait lorsqu'on profitait d'elle ainsi. Elle ne voulait pas aller en Océania, mais elle ne savait pas si elle pourrait survivre sans personne. Elle sentait un poids immuable qui la faisait taire et l'empêchait de réfléchir correctement. Cet homme qui le fixait, elle ne voulait plus le voir. Elle ne savait comment survivre dans une ville, seule. Il reprit la parole, tentant un peu plus de la convaincre.
- « Tu ne peux pas encore quitter ta fonction de fille de joie. Réfléchis : si tu restes ici, on te récupérera, et tu pourrais très mal tomber. Je pense ne pas être un hôte trop méchant avec toi. Dans ce pays, le nombre de personnes qui voudront te violer et te conserver est très élevé. Tu es trop belle pour rester ici. Profite de ta beauté et pars. En Océania, ils te paieront, et un jour tu pourras partir et refaire ta vie loin de ce monde sombre. »
Elle ne savait si elle pouvait le croire, mais il semblait sincère. Il avait terminé sa cigarette et l'écrasait à présent dans un cendrier posé sur la table basse. Il se frotta les yeux puis les posa sur Eden.
- « Si tu le souhaites, je peux t'héberger quelques temps, le temps que tu partes pour l'Océania. Je te promets de ne rien te faire si tu ne le souhaites pas. Je t'offrirai des vêtements et te nourrirai. Tu pourras avoir une vie de famille normale. »
Tentant de le quitter du regard, elle posa le sien sur le mur, où étaient accrochées des photos, dont une de l'homme avec une fillette. Il regarda où menait son regard, et reprit avec un sourire triste.
- « J'ai perdu ma fille il y a deux ans. Elle a été fauchée par une voiture. »
Elle comprit alors qu'il voyait en elle comme une deuxième fille. L'air de ressemblance était pourtant très lointain, mais elle avait eu beaucoup de clients qui lui avaient demandé d'agir comme leur fille. Peut-être était-ce un fantasme plus récurrent et répandu qu'elle ne le pensait. Ou peut-être cet homme était-il simplement très attaché à sa fille et voulait-il en retrouver une. Elle avait entendu dire que beaucoup de tel-éribains couchaient régulièrement avec leurs enfants. Voilà bien une manière d'éduquer les enfants qui répugnait Eden. Ses parents ne lui avaient jamais rien fait, à elle, et elle avait perdu la fleur de l'innocence lorsqu'elle était arrivée au bordel. Elle aurait voulu la retrouver, mais elle savait que cela était simplement impossible. Parfois, elle se demandait ce qu'elle aurait vécu si elle n'avait pas été kidnappée par les propriétaires. Elle regarda l'homme dans les yeux.
Affichant un sourire franc, il alluma une seconde cigarette et prit son téléphone.
- « Allô, Jacob ? J'ai une nouvelle cliente pour toi. Oui, l'Océania. 15 ans tout juste. Elle sort de 5 ans de boulot intensif. Oui. D'accord. À bientôt. »
Il raccrocha, puis se leva, écrasant la cigarette à peine entamée dans le cendrier.
- « Eden, viens, je vais te montrer ta chambre. »
Il l'amena devant un placard, qu'il ouvrit, découvrant une pièce d'environ 2m². Un lit y était posé, recouvert par une couverture.
- « Ce n'est pas génial, mais ce sera toujours mieux que le canapé. Je te laisse te mettre à l'aise. Bonne nuit. »
Il repartit vers sa chambre, et Eden se coucha sur le lit, se dénudant après avoir vérifié l'absence de caméras ou de trou par lequel elle aurait pu être épiée. La fin de la nuit fut bien meilleure que la première moitié, bien que la jeune fille ait eu du mal à s'endormir, tourmentée par ce qui l'attendait. Elle était partagée entre la joie de quitter ce pays, d'en découvrir un autre, d'avoir la possibilité d'avoir une vie de famille à peu près normale pendant quelques temps, et la peur de l'avenir, de ce qui pourrait lui arriver une fois dans ce pays lointain. Pourtant, elle avait entendu parler de l'Océania. Ce pays n'était pas si lointain, et elle savait le placer sur une carte. On lui avait dit que les liens avec ce beau pays étaient forts, et que tout le monde y allait pour les vacances. Cela devait être paradisiaque. Ils devaient aussi être très avancés technologiquement, puisqu'ils avaient apporté Internet à Tel-Érib et à la Cyrénanie.
Le lendemain, elle se leva tôt et prit la décision de préparer à manger, étant de bonne humeur. Elle s'était convaincue que le bout du tunnel était proche, et que si elle apprenait à prendre du plaisir elle ferait bientôt l'amour sur une plage, et elle s'était persuadée que cette image était bonne et qu'elle en serait heureuse. Puis, un jour, elle pourrait se libérer complètement et pourrait réellement prendre du plaisir avec, peut-être, un homme qu'elle aimera. Elle aimerait connaître l'amour et avait déjà vu, une fois, un film d'amour à la télévision. Elle voulait connaître cette romance, mais elle savait bien qu'elle n'en était pas capable pour le moment. Elle savait qu'elle devrait encore vivre dans la honte un certain moment. Mais elle avait foi en la promesse de l'homme : un jour, elle pourrait se libérer d'elle-même et partir le plus loin possible pour vivre heureuse. Peut-être dans un pays exotique. Elle avait entendu parler d'un beau pays, la Franconie. Ils ont une équipe de rugby, et elle aimait bien les rugbymen. Alors qu'elle venait de s'échapper, elle avait assisté à un entraînement des franconiens, où elle avait été filmée. À l'époque, elle avait jouissait encore de la joie de s'être échappée. C'était avant de passer ses nuits sous les ponts, quand elle ressentait encore l'ivresse de la liberté.
L'après-midi, une fois l'homme rentré de son travail à mi-temps dans une supérette non loin, ils allèrent ensemble faire des courses, et elle ressentit un sincère bonheur qu'elle n'avait plus connu depuis très longtemps. Il la considérait comme sa fille, et même si parfois elle sentait qu'il tentait de s'approcher et que cela n'était pas désintéressé, elle ressentait l'envie de le remercier pour tout ce qu'il faisait pour elle. Il la prit en photo, et elle créa un compte Twikle sur lequel elle put la poster, toute heureuse de pouvoir agir comme la jeune fille normale qu'elle aurait du et voulu être. Une semaine passa tranquillement, et Eden se réjouissait, tous les soirs, de ne plus sentir de mains sur ses hanches, de bien manger, de ne plus devoir subir l'extase de son partenaire sur son doux visage. Puis, un jour, un homme arriva dans l'appartement, et avec son hôte ils prirent une bière tout en discutant de choses et d'autres. Eden, qui n'aimait pas les effluves de tabac consumé, était restée à l'écart. Deux heures après son arrivée, le visiteur s'apprêta à repartir, et le maître des lieux appela la jeune fille pour qu'elle vienne. Elle s'approcha des deux hommes, et le second lui toucha les cheveux, regarda son visage et lui demandant de se tourner, posant les yeux sur son postérieur qu'il tâta sans gêne, et elle se convainquit de ne pas réagir, ne souhaitant pas fermer la première porte menant à la sortie du tunnel.
- « Pas mal, vraiment. Tu seras récompensé pour cela, Hohoth. »
L'homme parlait d'une voix grave et peu rassurante, et son début de calvitie amplifiait son caractère austère.
- « Je la prend tout de suite, elle prendra l'avion avec Naomi toute à l'heure. Je vais à ma voiture, je vous laisse vous dire au revoir. » Il s'arrêta, sourit à Eden, puis reprit à l'attention d'Hohoth : « tu avais raison. Une perle. »
Puis il sortit de l'appartement sans plus de cérémonies. Son hôte la regarda, l'air un peu triste, et dans ses yeux elle pouvait lire son désespoir de la voir partir. Ils s'étreignirent, puis elle soupira et lui souffla : « Venez » avant de l'emmener vers sa chambre, où elle lui offrit un cadeau d'adieu. Se relevant en essuyant la commissure de ses lèvres, elle rassembla rapidement ses affaires et, en partant, lui sourit franchement, l'assurant qu'un jour elle reviendrait le voir. En quittant l'appartement, elle avait l'impression de quitter son enfance, et bien qu'aller se prostituer en Océania n'ait jamais été son rêve, elle n'en était pas triste. Elle s'était faite à sa condition, et ses bonnes résolutions lui permirent d'afficher un petit sourire jusqu'à ce qu'elle arrive à Calton. Elle ne voulait plus vivre au jour le jour, et ne regardait plus que l'avenir, sentant que c'était la meilleure solution pour son bonheur. En repensant à la gâterie qu'elle avait offert à son hôte avant de partir, elle se rendit compte que c'était la première fois qu'elle était heureuse de son action, et qu'elle ne se sentait pas sale. Elle avait contenté quelqu'un sans y être opposée, et elle trouvait cela agréable.