RP 2023 - 2029 | Capharnaüm

Sébaldie

Message par Sébaldie »

<center>Akkoord ! (1/2)
5 juin 2023
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Sebastiaan Van Althuis était toujours impeccable. Son costume bien cintré épousait les formes d’un corps de 44 ans, auquel on donnait 10 ans de moins. En réalité, il était un noble ou du moins il était considéré comme tel, étant donné que la loi sébalde ne reconnaissait aucun titre de ce genre. Sa fortune lui préservait de travailler, même s’il en n’oubliait pas ses obligations mondaines de charité. Une partie importante de ses propriétés étaient louée, surtout dans la province de Jovan, où il avait élu domicile. Il avait par exemple aménagé quelques-uns de ses hôtels particuliers de Triansa et de Stranan pour en faire une copropriété de studios et autres petits appartements destinés aux étudiants, et aux familles de classe moyenne. Les problèmes de logement de ses concitoyens lui tenaient à cœur, même si, en réalité, il le faisait pour sa bonne conscience.

Comme son nom l’indiquait, Sebastiaan Van Althuis était un lointain descendant de commerçants laaglandais. Les néerlandophones du Laagland avaient en effet conquis la Sébaldie, avant que celle-ci ne soit germanisée, puis slavisée par ses voisins. Sans ces envahisseurs, la maison Van Althuis serait sur le trône d’une nation sébalde encore monarchique. La République était instaurée depuis maintenant deux siècles et rien ne pouvait la faire trembler, pas même ces quelques royalistes récemment élus au Parlement – qui, eux, se réclament du trône khabarovskoïan, d’essence slave. Lui aussi s’était engagé en politique, sous les couleurs de la toute récente Renaissance néerlandophone. Tête de liste dans la province de Jovan, il a été élu député sébalde pour les quatre années à venir. Victime de son succès avec 14 députés élus, Renaissance néerlandophone n’est néanmoins pas un parti visant le rétablissement de la monarchie et n’est d’ailleurs pas réservé aux seuls néerlandophones. Tous ceux, qui étaient fatigués des querelles linguistiques en Sébaldie, pouvaient rejoindre le mouvement. Ce mouvement centriste avait réussi à s’imposer dans les conseils provinciaux puisqu’il détenait les quelques élus qui manquaient souvent à une formation pour constituer une majorité. Il pouvait très bien s’allier aux sociaux-démocrates comme aux libéraux-conservateurs : il regardait peu l’étiquette.

Prêt à s’engager pour la reconnaissance de sa culture, Sebastiaan préférait en revanche un poste plus honorifique, plus gratifiant que celui d’un simple député ronflant dans l’hémicycle. Approché par Dana Liesder, cheffe de file de l’Union Nationale Démocratique, celle-ci avait demandé à le rejoindre dans son gouvernement. Sebastiaan avait d’autres ambitions.


<center>[img]http://img15.hostingpics.net/pics/514650presidentSebastiaanVanAlthuis.jpg[/img]
Sebastiaan Van Althuis
Chef de file du mouvement Renaissance néerlandophone
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Sebastiaan Van Althuis : « Enchantée de faire votre connaissance, Madame Liesder. Félicitations pour votre victoire ! »

Le noble avait invité la politicienne autour d’un léger brunch, dans son domaine de Turzaberg. Il s’attendait à ce qu’elle le supplie de rejoindre son gouvernement.

<center>[img]http://img341.imageshack.us/img341/5496/danaliesder300px.jpg[/img]
Dana Liesder
Chef de l’opposition libérale-conservatrice
Présidente du groupe Texalde
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Dana Liesder : « Je vous remercie, votre Excellence. Félicitations pour le succès de votre mouvement et votre propre élection ! »

Sebastiaan Van Althuis : « Votre excellence ? Allons, pas de chichis entre nous. Je suis un civil comme les autres. « Monsieur Van Althuis » suffira. »

Dana Liesder : « Très bien, vot… monsieur Van Althuis. Bien, vous n’êtes pas sans savoir que la première séance parlementaire aura lieu d’ici quinze jours. Elle sera très importante car nous fixerons les modalités de l’élection du Président de la République, avant de voter pour lui. L’Union Nationale Démocratique envisage d’investir un candidat, un vieux briscard de notre mouvement sans réelle influence mais parfaitement consensuel. Parfait pour ce nouveau statut présidentiel. Nous pensions que votre mouvement… »

Sebastiaan Van Althuis : « … pouvait le soutenir ? Hum… Pour être honnête, j’envisageais moi-même de me présenter à l’élection présidentielle. »

Dana fit tomber sa cuillère en argent par surprise. Un domestique lui en apporta une propre. Etonnée, elle dit :

Dana Liesder : « Quoi ? Vous êtes sérieux ? Enfin, pardonnez-moi, pensez-vous qu’il s’agit d’une bonne idée ? »

Sebastiaan Van Althuis : « Oui. Je vais être très franc : conduire le pays est un travail harassant, plein de compromissions, de coups bas, d’ennemis, de tactiques… Je décline votre offre – généreuse – de ministre de la Culture et des Sports. Mais je sais que d’autres, dans mon mouvement, seraient ravis de participer à votre gouvernement. »
Dana Liesder : « Mais tous n’ont pas le même prestige, la même influence que vous. Vous êtes très estimé au niveau populaire, vous êtes apprécié pour vos engagements caritatifs et vous savez que la présidence est maintenant élue par le Parlement et les Conseils provinciaux. L’actuelle présidente Karina Rawald voudrait absolument rester chef de l’Etat, même avec des pouvoirs considérablement diminués. Notre candidat est là pour y lutter. »

Sebastiaan Van Althuis : « Renaissance néerlandophone votera blanc. Je suis désolé de vous décevoir mais c’est ainsi : nous ne sommes pas un parti de politique politicienne. Vous dites vous-même qu’il s’agit d’un poste honorifique… Pourquoi ne vous ralliez-vous pas à ma candidature plutôt ? Je suis plus à même de rassembler. »

Dana Liesder : « Notre candidat a envie de ce poste, nous ne pourrons pas lui empêcher de se présenter. Et quand bien même nous voterions pour vous, il en aurait connaissance. Car le mode de scrutin est majoritaire. Il verra immédiatement que des voix de l’UND lui manquent… »

Sebastiaan Van Althuis : « Et si, justement, nous faisions en sorte qu’il ne le sache pas ? Ne pouvons-nous pas instaurer un système électoral de vote par préférence ? »

Sebastiaan Van Althuis avait donné à Dana Liesder une excellente idée. Toute souriante, elle répondit :

Dana Liesder : « Vous m’avez donné une excellente idée ! Dès la première séance parlementaire, nous déposerons une proposition de loi organique visant à élire le Président au mode de scrutin alternatif. Chacun des membres du collège électoral devra ranger les candidats par ordre de préférence. Nous ferons de vous notre premier choix, au centre-gauche aussi puisque vous êtes le candidat le plus consensuel, en échange de quoi vous me nommerez formatrice de gouvernement. Karina Rawald a une dent contre moi : elle fera tout pour éviter de me voir Première ministre. »

Sebastiaan Van Althuis : « Marché conclu ! Ou comme dit dans ma langue de cœur, akkoord ! »
Sébaldie

Message par Sébaldie »

<center>Akkoord ! (2/2)
27 juin 2023
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Dana Liesder n'avait pas remis les pieds à la clinique privée de Senheim depuis la fin de sa convalescence suite à [url=http://www.simpolitique.com/post207088.html#207088]son accident[/url]. Les journalistes avaient pris l'habitude de la scruter et les plus ambitieux essayaient de s'incruster dans sa chambre. Une pression médiatique si forte qu'elle dut réaliser sa rééducation ailleurs, dans un endroit tenu secret. Aujourd'hui, la pression était retombée mais pas les séquelles de celle qui s'apprêtait à devenir Premier ministre de la République Sébalde. Le docteur Janko Kucera, qui la suivait, avait réussi à rester totalement muet sur son état, malgré les sollicitations de la presse. Aujourd'hui, elle revenait vers lui : elle avait d'horribles et nombreuses céphalées, nausées... Elle se déplaçait déjà difficilement mais elle sentait qu'elle avait moins d'équilibre qu'auparavant, indépendamment de son accident. Il lui arrivait aussi d'avoir une vision trouble. Autant de désagréments a priori incompatibles avec la fonction de Premier ministre. Mais elle devait s'en assurer auprès de son médecin.

Dr. Janko Kucera : « Comment allez-vous, Dana ? Ou devrais-je dire Madame la Première ministre ? »

<center>[img]http://img341.imageshack.us/img341/5496/danaliesder300px.jpg[/img]
Dana Liesder
Chef de l’opposition libérale-conservatrice
Présidente du groupe Texalde
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Dana Liesder : « Rien n'est encore fait, Janko. Je viens vous voir parce que physiquement, je suis fébrile. J'ai des migraines douloureuses et nombreuses, je dors assez mal, j'ai la vision trouble... Je pensais que ces symptômes allaient disparaître mais nous voici plus d'un an après l'accident et ils persistent ! »

Dr. Janko Kucera : « Allongez-vous, je vais vous ausculter. »

Dana Liesder s'exécuta. La mine enjouée du docteur se fit de plus en plus timide au fil de l'auscultation : les nouvelles n'étaient pas bonnes.

Dr. Janko Kucera : « Je vais être franc. Il est déjà miraculeux que vous en soyez sortie en vie et même sans paralysie de cet horrible accident. Néanmoins, vous ne retrouverez plus la santé de fer que vous aviez. Vous souffrez typiquement de ce que nous appelons le syndrome post-commotionnel. Entre votre vie professionnelle et votre vie politique, vous vous surmenez, les symptômes ne s'estomperont pas de sitôt. »

Dana Liesder : « Si je dois faire un choix, je choisis ma carrière politique. Texalde n'a plus besoin de moi au quotidien, je peux déléguer mes fonctions à des personnes de confiance. »

Dr. Janko Kucera : « Je crains que vous ne deviez renoncer à être Première ministre. »

Un silence pesant succéda au conseil du médecin. Fronçant légèrement les sourcils, Dana Liesder le brisa :

Dana Liesder : « Je n'ai pas fait tout ce chemin pour rien ! »

Dr. Janko Kucera : « Vous serez amenée à vous déplacer énormément, sans parler de la pression, du stress du quotidien. C'est plus un conseil de médecin que je vous donne mais celui d'un ami : sincèrement, ne faites pas de bêtises. »

Dana Liesder : « Je serai Premier ministre quoi qu'il arrive, même si je dois me tuer à la tâche ! »

Dr. Janko Kucera : « Vous m'avez l'air très motivée, difficile à dissuader. Pourtant, vous devrez être accompagnée en permanence par un médecin... La presse se posera des questions sur votre état de santé. Cela peut vous nuire politiquement parlant. »

Dana Liesder : « Effectivement, je suis très motivée, je ne renoncerai à rien. Que me conseillez-vous... en tant qu'ami ? »

Dr. Janko Kucera : « Vous ne pourrez pas vous occuper de toutes les affaires, vous devrez déléguer certaines de vos compétences à une personne de confiance, comme pour Texalde. Choisissez bien votre suppléant, votre numéro 2 du gouvernement car il peut être amené à prendre la direction du pays quand vous serez au plus mal. »

Ce conseil glaça le sang de Dana Liesder. Toutes ses convictions, ses certitudes tombèrent en lambeaux. Elle pensa à Juozas Menecius, qu'elle voyait effectivement vice-Premier ministre. Était-ce finalement le meilleur choix ?

Le soir-même, le président élu Sebastiaan Van Althuis l'appela.


<center>[img]http://img15.hostingpics.net/pics/514650presidentSebastiaanVanAlthuis.jpg[/img]
Sebastiaan Van Althuis
Président de la République Sébalde
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Sebastiaan Van Althuis : « Comme promis, Dana, je vous ai nommé formatrice du gouvernement. Vous devrez commencer les tractations dès demain : les nationalistes vous attendent au tournant et les sociaux-démocrates exigent plusieurs portefeuilles ministériels. »

Dana Liesder : « Êtes-vous sûr que ce soit un bon choix ? Suis-je la meilleure pour briguer le ministère d'Etat ? »

Sebastiaan Van Althuis : « Allons ! Que me dites-vous ?! Il est normal d'avoir des doutes, d'être ainsi intimidée par l'ampleur de la tâche qui vous incombera. Mais ne perdez pas espoir, vous êtes la meilleure pour former un gouvernement dans ce pays. »

Dana Liesder : « Hum... Ai-je les reins assez solides ? »

Sebastiaan Van Althuis : « Cette conversation restera entre nous, je n'ai rien entendu. Il se fait tard, reposez-vous... Demain, une journée intense vous attend. N'est-ce pas palpitant de pouvoir écrire les pages de l'histoire de notre pays ? »

Il raccrocha. A peine plus rassurée, Dana Liesder se prépara à dormir. En effet, la situation était palpitante : son cœur battait rapidement, ses genoux tremblaient légèrement, et observant la béquille qui était devenu son compagnon de tous les jours, elle réfléchit à son avenir. L'avenir de ce pays était une question de vie ou de mort... De sa propre vie ou de sa propre mort.
Sébaldie

Message par Sébaldie »

<center>Grand écart (1/3)
28 juin 2023
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Devenu simple député, Goran Horandson avait de facto pris le leadership du Mouvement Nationaliste Sébalde. Karina Rawald était hors-jeu et avait annoncé sa retraite politique à 55 ans à peine. L’ancien vice-président, lui, ne démordait pas : il savait qu’il allait reconquérir le pouvoir… ce n’était qu’une question de temps. Il avait été sollicité par Dana Liesder. Cette dernière l’ignorait mais ils avaient tous les deux déjà un lourd passif : Goran Horandson avait ni plus ni moins commandité l’accident qui l’a rendue fébrile. Officiellement, c’était donc la première fois que les deux se parlaient de vive voix, sans intermédiaire.

<center>[img]http://img106.xooimage.com/files/5/d/6/juozas-menecius-4437a34.jpg[/img]
Juozas Menecius
Député du Parlement Sébalde (depuis 2023)
Ancien ministre de l’Education et de la Recherche du Royaume de Liethuviska (2016-2021)
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Juozas Menecius : « Quel intérêt avons-nous à dialoguer avec les nationalistes ? »

Dana Liesder était accompagné de l’homme pressenti pour être le numéro deux du pays. Sa popularité croissante et son exotisme, loin de le défavoriser, en faisait un excellent argument pour le prochain gouvernement.

<center>[img]http://img341.imageshack.us/img341/5496/danaliesder300px.jpg[/img]
Dana Liesder
Formatrice désignée du gouvernement (depuis 2023)
Députée chef de l’opposition libérale-conservatrice (depuis 2018)
Présidente du groupe Texalde (depuis 2021)
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Dana Liesder : « Le MNS est le deuxième parti du pays. Nous ne devons pas faire croire aux sociaux-démocrates qu’ils sont indispensables au gouvernement : ils n’ont que 56 députés contre 61 pour le MNS. Crois-moi : ils exigeront beaucoup moins de portefeuilles que prévu s’ils savent qu’on peut les échanger potentiellement avec les nationalistes, même si – entre nous – cela n’arrivera jamais. »

On toqua à la porte du bureau du groupe Union Nationale-Démocrate du Parlement. C’était Goran Horandson. Après l’avoir accueilli, Dana Liesder alla droit au but :

Dana Liesder : « Bien. Goran, vous avez une certaine expérience, vous étiez au gouvernement depuis 2016 et le numéro deux du pays depuis 2018. Celle-ci peut nous intéresser. »

Goran Horandson ne broncha pas. Le regard figé, il ne goba pas un seul mot de ce que pouvait lui dire sa plus redoutable adversaire. Il rétorqua sèchement :

<center>[img]http://img15.hostingpics.net/pics/948416GoranHorandson.jpg[/img]
Goran Horandson
Député chef de file du Mouvement Nationaliste Sébalde (depuis 2023)
Ancien vice-président de la République Sébalde (2018-2023)
Ancien ministre sébalde de l’Economie (2016-2018)
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Goran Horandson : « Réellement ? Très bien. Je veux le poste de vice-Premier ministre, vous me laisserez m’occuper de la composition du gouvernement. Et j’appliquerai mon programme une fois pour toutes. Je vous laisse la diplomatie internationale. Ce n’est pas négociable »

Visiblement interloquée par l’agressivité, Dana Liesder répondit avec un sourire :

Dana Liesder : « Allons, n’ayez pas autant d’amertume. Les Sébaldes ont exprimé leur désir d’une nouvelle politique, ce n’est pas pour que nous nous dirigions vers votre politique malthusienne catastrophique. Je vous pardonne d’avoir fait cette erreur, vous pouvez vous racheter. »

Goran Horandson : « Pour qui me prenez-vous ?! Je vous combattrai sur le terrain des idées, comme un universitaire, et rien d’autre. »

Dana Liesder : « Aucun nationaliste ne participera au gouvernement. Une coalition est possible avec les sociaux-démocrates, vous savez… »

Goran Horandson : « Faites donc. Les Sébaldes reviendront naturellement vers nous. C’est mécanique. Profitez des prochaines quatre années : nous reviendrons en 2027. Ou même avant. »

Dana Liesder : « Votre ministre la Justice, Apolena Kneller, veut être reconduite dans ses fonctions. Elle est beaucoup moins idéologue que vous, elle agit par pragmatisme. Elle vomit les communistes et est prête à le faire, sous un gouvernement nationaliste comme sous le nôtre. Vous avez perdu un de vos soutiens, on dirait. »

Goran Horandson : « Elle ne représente rien du tout au MNS ! C’est une amie de Karina Rawald, pas la mienne. Elle ne s’est même pas investie pour la campagne électorale. Quant au communisme, c’est une fausse menace, vous le savez bien qu’il n’arrivera jamais à nos portes. Maintenant, si vous le voulez bien, je vais me retirer. J’ai autre chose à faire. »

Sans un mot, l’ancien vice-président retourna vaquer à ses occupations. Dana Liesder était de nouveau seule avec Juozas Menecius qui n’avait pas fini de le surprendre :

Juozas Menecius : « J’ai un relatif respect pour Goran Horandson. »

Dana Liesder : « Pardon ?! »

Juozas Menecius : « Oui, après tout, il a su débarrasser son parti des relents conservateurs. Il ne s’est jamais positionné contre la prostitution comme le font les plus féministes des sociaux-démocrates ou les gauchistes du Mouvement Républicain Solidaire. Il a défendu au contraire leur droit à exercer librement. Surtout, il dépasse les tabous : la commercialisation de viande humaine n’est pas abjecte en soi. Si elle rencontre une clientèle, si elle répond à une demande et se soumet aux exigences sanitaires, elle n’est pas forcément une mauvaise idée. Ce que je lui reproche, c’est son idéologisme malthusien et son étatisme, le fait d’avoir étatisé notamment production et commercialisation de la viande humaine. Enfin, il jouit d’une liberté d’expression, liberté individuelle essentielle, que je ne retrouve pas chez les sociaux-démocrates, trop nourris par la bien-pensance. Nous devons nous en inspirer mais en plus, libéraliser l’économie. Lorsque nous recevrons les sociaux-démocrates, nous devrons leur demander, s’ils souhaitent entrer au gouvernement, d’arrêter de jouer les effarouchés, de laisser les individus s’exprimer, même de manière dure. J’y mettrais un point d’honneur. Je ne crois pas au libéral-conservatisme, ne serait-ce parce qu’un conservateur est essentiellement étatiste pour pouvoir faire régner un ordre moral, et qu’il agit dans les domaines comme l’éducation – que je connais bien – qui ne doivent pas être utilisés à des fins morales, d’éducation mais d’instruction. »

Dana Liesder restait silencieuse. Juozas Menecius était-il finalement un bon choix ? D’un autre côté, le conservatisme n’est pas réellement porteur électoralement en Sébaldie. Il y avait à peu près autant de conservateurs que de libéraux à l’UND, mais on pouvait en plus y adjoindre les libéraux de l’ASD et ceux du MNS. Du côté des réels conservateurs, que restait-il en dehors de l’UND, au Parlement ? Les conservateurs identitaires, quelques pêcheurs-chasseurs et royalistes… Juozas Menecius avait réussi à bouleverser toutes les certitudes de Dana Liesder en quelques instants.
Sébaldie

Message par Sébaldie »

<center>Grand écart (2/3)
7 juillet 2023
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L'été n'était pas de toute repos pour la prétendante au poste de Premier ministre. Dana Liesder convoquait successivement les mouvements pouvant lui apporter la majorité dont sa coalition gouvernementale avait besoin. Aujourd'hui, elle recevait dans son bureau du Parlement les représentants de l'Union des Juifs Sébaldes, avec qui elle avait scellé une alliance dans la province du Novacan. Après une demi-heure de discussion, le ton était plus menaçant :

<center>[img]http://img266.imageshack.us/img266/7228/mzun.jpg[/img]
Asaf Kaufman
Député du Novacan (depuis 2023)
Président de l’Union des Sébaldes Juifs
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Asaf Kaufman : « Dana, vous nous avez promis les Finances, la Justice et la Culture. Je vois que vous ne tenez pas votre parole. »

<center>[img]http://img341.imageshack.us/img341/5496/danaliesder300px.jpg[/img]
Dana Liesder
Formatrice désignée du gouvernement (depuis 2023)
Députée chef de l’opposition libérale-conservatrice (depuis 2018)
Présidente du groupe Texalde (depuis 2021)
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Dana Liesder : « Primo, je nous ai rien promis sans condition. La condition était que nous atteignons 60 % dans la province, nous avons atteint 10 points de moins. »

Asaf Kaufman : « 60 % ?! Vous vous rendez compte, c'est impossible d'arriver à ce niveau ! »

Dana Liesder : « Le Mouvement Juif, qui a fait dissidence par rapport à votre parti, a obtenu presque 12 % des voix. Si vous aviez mieux encadré vos troupes, il n'y aurait jamais eu de dissidence et le seuil de 60 % aurait été facilement franchi.

Deuzio, je ne vous ai pas promis le ministère de la Justice mais des secrétaires d'Etat. La Sébaldie est une république laïque : il me paraît sain de laisser ce portefeuille à un laïc. »

Asaf Kaufman : « Vous vous dégonflez ! »

Dana Liesder : « Non, je ne me dégonfle pas, c'est vous qui voyez votre parti dégonfler. Tertio, vous avez été devancé, en termes de petit parti, par Renaissance néerlandophone, à qui j'ai promis la Culture, pour la reconnaissance progressive de leur langue. Je suis désolée mais c'est la loi de la démocratie : la communauté juive ne représente que 13 % de la population sébalde. »

Asaf Kaufman : « Vous aviez applaudi mon discours contre le gouvernement nationaliste, qui a destitué le yiddish des langues officielles ! Vous êtes une petite hypocrite. »

Dana Liesder : « Attention à vos propos, ils peuvent se retourner contre vous. De quoi vous plaignez-vous ? Vous gardez les Finances, que je vous ai effectivement promises ! Un ministère régalien et pas des moindres ! »

Asaf Kaufman : « Nous les méritons, nous avons travaillé d'arrache-pied pour faire campagne pour votre parti. Nous souhaitions également la tenue d'un référendum pour l'autonomie de notre province. »

Dana Liesder : « C'est au Conseil Provincial d'en décider, pas au Parlement, puisque cela regarde les Novacanais. »

Asaf Kaufman : « Mais l'UND est majoritaire au Conseil du Novacan ! »

Dana Liesder : « Exact. Et en fonction de la manière dont vous vous tenez d'ici les deux prochaines années, nous déciderons ou non de la tenue d'un tel référendum. Cela nous renvoie en 2025, la mandature ne s'achève qu'en 2026. Bien, je dois encore voir les sociaux-démocrates, je suis déjà en retard. Je ne devais vous accorder qu'une demi-heure, j'ai finalement accordé 43 minutes. Au revoir, Monsieur Kaufman, je vous recontacterai. »

Asaf Kaufman bouillonnait de l'intérieur et serra très fermement la main de Dana Liesder, il l'écrasa quasiment. Cette dernière eut une légère douleur à la main et se la massa doucement...

<center>[img]http://img106.xooimage.com/files/5/d/6/juozas-menecius-4437a34.jpg[/img]
Juozas Menecius
Député du Parlement Sébalde (depuis 2023)
Ancien ministre de l’Education et de la Recherche du Royaume de Liethuviska (2016-2021)
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Juozas Menecius : « Ils se rendent compte qu'ils ne sont pas aussi indispensables qu'ils le pensaient. Cette amertume finira par les tuer. »

Dana Liesder : « Oui, Oskar Ingersben, pour les sociaux-démocrates, devrait être plus conciliant... »

Oskar Ingersben n'était plus le chef de file des sociaux-démocrates, ni l'homme le plus influent au sein du parti et Dana Liesder voyait cela comme un avantage : il était plus conciliant, allait accepter un compromis favorable aux libéraux. Personnage antipathique, il n'avait réuni que 7,42 % des suffrages à l'élection présidentielle de 2018. Néanmoins, il avait adopté depuis une ligne plus libérale, plus « à droite ». Son apport ne fut certainement que minime mais l'Alliance Sociale-Démocrate était maintenant le troisième parti de Sébaldie, après les libéraux et les nationalistes. Le chef de file de l'ASD était par contre trop ancré à gauche. »

Dana Liesder : « Bien, nous allons essayer de rattraper le temps perdu. »

<center>[img]http://img641.imageshack.us/img641/5467/220pxseangullettephoto2.jpg[/img]
Oskar Ingersben
Député du Parlement Sébalde (depuis 2009)
Ancien Premier secrétaire de l'Alliance Sociale-Démocrate
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Oskar Ingersben : « Je suis très populaire à l'ASD, ma ligne finira par dominer. »

Dana Liesder : « Soit. Il nous faut une majorité claire, un soutien systématique pour les projets que nous porterons, pour la politique que nous mènerons. Oskar, on se connaît bien, et tu sais que compte tenu de ton passé, je ne peux pas te nommer vice-Premier ministre. »

Oskar Ingersben : « J'ai été acquitté de cette histoire de trucage électoral ! »

Dana Liesder : « Tu as globalement été rejeté à la présidentielle de 2018 et tu n'es pas populaire auprès de la majorité des Sébaldes qui te jugent trop froid, trop arrogant. Ce n'est pas moi qui le dis, mais les sondages. Les Sébaldes sont durs mais on ne peut pas leur imposer une tête qui ne leur convient pas. Néanmoins, j'ai confiance en toi, en ta capacité à juger ce qui est bon pour le pays. Tu n'es pas un idéologue comme d'autres membres du parti. Aussi, je te propose : la Santé et les Affaires Sociales, l'Ecologie, l'Enseignement, voire même un ministère régalien. Allez, disons la Sécurité Intérieure. »

Oskar Ingersben : « Quoi ? Les Affaires Etrangères me plairaient davantage. Nous voulons également les Finances. »

Dana Liesder : « Les Finances reviennent à l'Union des Juifs Sébaldes et nous gardons les Affaires Etrangères pour nous. »

Oskar Ingersben : « Les Finances à ces fous de sionistes ? Mais vous êtes malades ! »

Dana Liesder : « Nous avons plus de points communs au niveau économiques avec eux qu'avec l'ASD. La Sécurité Intérieure est le seul ministère régalien qui vous revienne, à condition que tu abandonnes cette idée stupide de créer une police de proximité ! »

Oskar Ingersben : « C'était une idée de l'ASD, pas la mienne. »

Dana Liesder : « Bien. En tant qu'homme de gauche, tu pourras ménager la chèvre et le chou. Les gauchistes du Mouvement Républicain Solidaire arrêteront de voir une politique ultra-sécuritaire si tu la prend en charge. Résumons : Sécurité Intérieure, Affaires Sociales et Ecologie. »

Oskar Ingersben : « Ah non, tu m'as promis trois ministères, en plus de la Sécurité Intérieure. »

Dana Liesder : « Non, incluant le régalien. Sécurité Intérieure, Affaires Sociales et Ecologie. »

Oskar Ingersben : « Sécurité Intérieure, Affaires Sociales, Ecologie et Agriculture. L'Enseignement est un sacerdoce ! »

Dana Liesder : « Incompatible avec nos électeurs chasseurs et pêcheurs. Sécurité Intérieure, Affaires Sociales, Ecologie et Transports si tu veux. »

Oskar Ingersben : « Sécurité Intérieure, Ecologie, Enseignement et Transports. »

Dana Liesder: « Sécurité Intérieure, Ecologie et Transports OU Enseignement. »

Oskar Ingersben : « Sécurité Intérieure, Transports et Enseignement. L'Ecologie, c'est le cadeau de consolation pour un jeune parti pré-pubère. Nous avons dépassé ce stade. »

Dana Liesder : « D'accord. Alors : Sécurité Intérieure et Transports OU Enseignement. »

Oskar Ingersben : « Ça ne fait que deux ministères, trois nous ont été promis. »

Dana Liesder : « Il faut savoir. Tu dis que l'Ecologie ne t'intéresse pas. Sécurité Intérieure, Ecologie et Transports OU Enseignement. C'est mon dernier mot. »

Oskar Ingersben : « Sécurité Intérieure, Ecologie et Transports. »

Dana Liesder : « Parfait ! Marché conclu. Je te recontacterai pour la formation du gouvernement. N'hésite pas à me proposer des profils pour mener ces ministères, tu les connais mieux que moi. »

Ingersben affiche un maigre sourire, en serrant la main de Dana Liesder, puis partit. Liesder se laissa tomber dans le fauteuil, dans un long soupir.

Juozas Menecius : « Conciliant, tu disais ? »

Dana Liesder : « J'ai l'impression d'avoir en face de moi mes gosses quand ils n'avaient que 10-11 ans... »
Sébaldie

Message par Sébaldie »

<center>Grand écart (3/3)
26 juillet 2023


[img]http://img15.hostingpics.net/pics/769815AffairesEtrangeres150.jpg[/img][img]http://img15.hostingpics.net/pics/455082Agriculture150.jpg[/img][img]http://img15.hostingpics.net/pics/783660ApolenaKneller150.jpg[/img][img]http://img15.hostingpics.net/pics/564567AsafKaufman150.jpg[/img][img]http://img15.hostingpics.net/pics/278662Culture150.jpg[/img][img]http://img15.hostingpics.net/pics/235850Defense150.jpg[/img]
Reinhold Simonis - Alfred Wolters - Apolena Kneller - Asaf Kaufman - Betje Heijmans - Sabina Zekri

[img]http://img15.hostingpics.net/pics/454067Ecologie150.jpg[/img][img]http://img15.hostingpics.net/pics/638974OskarIngersben150.jpg[/img][img]http://img15.hostingpics.net/pics/957397Scientifique150.jpg[/img][img]http://img15.hostingpics.net/pics/989424Enseignement150.jpg[/img][img]http://img15.hostingpics.net/pics/735438Sante150.jpg[/img][img]http://img15.hostingpics.net/pics/384645Transports150.jpg[/img]
Thorsten Solberg – Oskar Ingersben - Marlen Xylander - Olivera Kirchner - Ludvik Hausler - Stojan Vinkovic</center>

Dana Liesder avait sa liste de « ministrables » devant elle, le fruit de longues semaines de travail, de compromis, de trocs avec les membres de sa coalition. Maintenant, elle devait les sélectionner, les adapter au meilleure portefeuille tout en sondant les cœurs et les reins. Dans sa tâche, elle était aidée par le prochain numéro 2 du gouvernement, Juozas Menecius.
<center>[img]http://img341.imageshack.us/img341/5496/danaliesder300px.jpg[/img]
Dana Liesder
Formatrice désignée du gouvernement (depuis 2023)
Députée chef de l’opposition libérale-conservatrice (depuis 2018)
Présidente du groupe Texalde (depuis 2021)
</center>

Dana Liesder : « Tu m’avais parlé d’un de tes colistiers durant la campagne, qui ferait un bon ministre des Affaires Etrangères… »

<center>[img]http://img106.xooimage.com/files/5/d/6/juozas-menecius-4437a34.jpg[/img]
Juozas Menecius
Député du Parlement Sébalde (depuis 2023)
Ancien ministre de l’Education et de la Recherche du Royaume de Liethuviska (2016-2021)
</center>

Juozas Menecius : « Oui, il s’agit de [url=http://img15.hostingpics.net/pics/769815AffairesEtrangeres150.jpg]Reinhold Simonis[/url]. Il n’a que 27 ans mais est déjà doté d’une solide expérience. Il a su s’adresser à nos jeunes électeurs, qui voyaient dans l’UND un parti « vieillot ». Qui plus est, il est issu d’une famille plutôt aisée, ce qui lui a permis de voyager à travers tout le Jeekim, notamment au Liethuviska, dont il a une connaissance non négligeable de la langue nationale. »

Dana Liesder : « C’est exactement ce qu’il nous faudrait… Je le connais, il dirigeait la section jeunes de l’UND dans le Stranan. C’est un garçon sérieux, très intelligent, qui a du charisme, mais il m’a l’air un peu trop fougueux… un peu trop ambitieux… »

Juozas Menecius : « D’où l’intérêt de le mettre aux Affaires Etrangères : il ne pourra pas faire d’ombre aux autres ministres. On a rarement vu un ministre des Affaires Etrangères plébiscité par les électeurs ! Les électeurs sont beaucoup plus terre-à-terre : les enjeux internationaux ne les intéressent guère… »

Dana Liesder : « Faisons un essai, nous aurons tout le loisir de le recadrer s’il dépasse les bornes. Pour les Finances, nous n’avons pas d’autre choix que de nommer [url=http://img15.hostingpics.net/pics/564567AsafKaufman150.jpg]Asaf Kaufman[/url], le sioniste... »

Juozas Menecius : « Si je peux me permettre, cette alliance avec l’Union des Sébaldes Juifs est trop risquée. C’est un parti de cinglés… ils me haïssent ! Et beaucoup de Sébaldes, en dehors du Novacan, ont la même opinion que moi. »

Dana Liesder : « Comme je te l’ai dit, c’était la seule manière de faire carton plein au Novacan. Ils exigeaient deux ministères mais compte tenu d’un succès moins important qu’escompté, ils n’en obtiennent qu’un. Je ne pouvais pas le mettre dans un autre ministère régalien. Un sioniste à la Justice ? Aux Affaires Etrangères ? À la Défense ? À l’Intérieur ? Ce serait un désastre. Le Novacan est une réussite économique, cela fait deux raisons de le nommer aux Finances. »

Juozas Menecius : « Parlons de la Justice… J’ai été étonné de voir que tu avais reconduit [url=http://img15.hostingpics.net/pics/783660ApolenaKneller150.jpg]Apolena Kneller[/url] dans ses fonctions de ministre de la Justice ! C’est une nationaliste… »

Dana Liesder : « Elle sera officiellement exclue du MNS le jour où je dévoilera le gouvernement et elle n’officialisera son adhésion à l’UND qu’à ce même moment. C’est une avocate très habile, qui a su sortir les nationalistes d’un certain nombre d’affaires… et Dieu sait s’ils en ont avec les bras cassés qu’ils nomment ! Mais elle n’a pas été reconnue à sa juste valeur : Goran Horandson ne l’aimait pas. Elle défend une ligne plutôt conservatrice de la Justice et c’est une anticommuniste viscérale. »

Juozas Menecius : « Soit… Je me méfie de ces gens qui changent de camp aussi facilement, j’en ai eu ma dose au Liethuviska… »

Dana Liesder : « Ne t’inquiète pas. Si tu me permets de recadrer « ton » ministre des Affaires Etrangères, je te permets de recadrer « ma » ministre de la Justice. [url=http://img15.hostingpics.net/pics/638974OskarIngersben150.jpg]Oskar Ingersben[/url] veut absolument la Sécurité Intérieure. »

Juozas Menecius : « Il nous faut bien une caution de gauche… »

Dana Liesder : « Et encore, ce n’est pas le plus à gauche de l’ASD ! Il m’a présenté celui qui voyait à l’Ecologie et l’Environnement… Un ancien antifasciste, [url=http://img15.hostingpics.net/pics/454067Ecologie150.jpg]Thorsten Solberg[/url]. »

Juozas Menecius : « Quoi ? Cela n’est pas contraire à la ligne de notre gouvernement ? »

Dana Liesder : « Non, au contraire. Il s’agit d’ouvrir le gouvernement à toutes les tendances. Ce Thorsten est notre caution gauchiste du gouvernement. En plus, il est dans un ministère qui ne sert à rien, que j’avais envisagé de supprimer, mais les écolos se sont soulevés. Nous pouvons le griller s’il devient trop rouge à notre goût. »

Juozas Menecius : « Bon. Que reste-t-il comme portefeuilles ? »

Dana Liesder : « On a oublié d’évoquer la Défense. J’ai pensé à [url=http://img15.hostingpics.net/pics/235850Defense150.jpg]Sabina Zekri[/url]. Une femme ministre de la Défense, ce sera une première en Sébaldie. C’est une femme très droite, presque austère et en plus, elle est de confession musulmane. Tu comprends pourquoi je ne pouvais pas mettre le sioniste ailleurs qu’aux Finances, maintenant ? »

Juozas Menecius : « Oui, en effet… Ça risque d’être chaud en conseil des ministres. »

Dana Liesder : « Non. Sabina est une modérée, elle ne causera pas de problème. Quant à Asaf Kaufman, on lui fera fermer sa gueule si besoin. Ses menaces d’autrefois ne tiennent plus. Sinon, j’ai décidé de nommer [url=http://img15.hostingpics.net/pics/455082Agriculture150.jpg]Alfred Wolters[/url] à l’Agriculture et à la Pêche. C’est un vieux jeu de l’UND qui correspond bien à ce portefeuille et à son électorat. À l’inverse, [url=http://img15.hostingpics.net/pics/735438Sante150.jpg]Ludvik Hausler[/url] est jugé sympathique par les Sébaldes. Il correspondra parfaitement à la Santé et aux Affaires Sociales. L’ASD voulait les transports, nous avons convenu de placer le banal [url=http://img15.hostingpics.net/pics/384645Transports150.jpg]Stojan Vinkovic[/url]. Pour l’Enseignement, j’avais pensé à [url=http://img15.hostingpics.net/pics/989424Enseignement150.jpg]Olivera Kirschner[/url]. Elle est catholique, ce qui est un atout car beaucoup de Sébaldes adhèrent à l’enseignement catholique. »

Juozas Menecius : « N’oublie pas qu’elle est aussi en charge de la Recherche… Je crains que ses convictions ne la freinent, surtout quand cela touche l’éthique. Il n’est pas nécessaire que nous nous imposions ces freins pour plaire aux électeurs catholiques. »

Dana Liesder : « Hum… Tu as raison. Je la mettrais plutôt au Travail. Elle y défendra une certaine vision du syndicalisme chrétien. Mais qui verrais-tu à l’Education et la Recherche ? »

Juozas Menecius : « Plutôt une personnalité de la société civile… Notre gouvernement sera taxé d’être trop « politicien » sinon, à plus forte raison au ministère de l’Education. Paradoxalement, il nous faut aussi convaincre les apolitiques. »

Dana Liesder : « Je verrais bien [url=http://img15.hostingpics.net/pics/957397Scientifique150.jpg]Marlen Xylander[/url]. Elle est un peu… spéciale mais elle est très estimée dans le corps scientifique. »

Juozas Menecius : « Spéciale en quoi ? »

Dana Liesder : « Tu le verras par toi-même bien assez tôt. Elle propose souvent des idées originales, voire farfelues, comme donner aux cours d’éducation physique un aspect militaire, mais qui ont du sens quand on sait que la conscription est abolie en Sébaldie. Notre armée peine à recruter, surtout par manque de vocation. Bien, je crois que nous avons fini. Résumons : nous avons notre caution de gauche caviar, notre caution d'extrême gauche, notre caution sioniste, catholique, musulmane, protestante par moi-même, libérale, conservatrice, notre caution de la société civile, notre caution nationaliste, anticommuniste... Bref, tout le monde à part les identitaires et les royalistes mais je ne peux rien pour eux ! »

Juozas Menecius : « Il reste la Culture et les Sports. »

Dana Liesder : « Oui, ministère ô combien nécessaire. Notre cher nouveau Président de la République a tenu à ce qu’il soit occupé par une des leurs, une néerlandophone : [url=http://img15.hostingpics.net/pics/278662Culture150.jpg]Betje Heijmans[/url]. C’est une actrice aujourd’hui défraîchie qui fut populaire il y a 30 ans. Il y a quand même quelque chose qui me gêne dans sa filmographie… »

Juozas Menecius : « Cela ne peut pas être pire que les nationalistes et leur député acteur porno ! »

Dana Liesder : « Non, pas à ce point en effet. Mais elle a déjà du tourner, dans sa jeunesse évidemment, dans des films érotiques dits « chics ». Disons qu’elle sera la première ministre dont les Sébaldes auront vu les seins sur grand écran… »
Sébaldie

Message par Sébaldie »

[center]Conseil des Sinistres (1/2)
10 janvier 2024
[/center]

Voilà maintenant six mois que le nouveau gouvernement était opérationnel. Se voulant d’ouverture, surtout par nécessité que par envie de sa formatrice, il rassemblait des libéraux, conservateurs ou non ; des sociaux-démocrates, voire même des personnalités résolument inscrites à gauche ; un représentant de chaque communauté religieuse ; une lobbyiste néerlandophone et une personnalité indépendante pour se donner des apparences de gouvernement ouvert à la société civile. Si jusqu’à présent, les différents ministres s’évitaient les invectives pour mieux aller de l’avant, les dernières mesures prises par le gouvernement commençaient à diviser ce groupe d’unité de façade…

[center][img]http://img15.hostingpics.net/pics/278662Culture150.jpg[/img]
Betje Heijmans
Ministre de la Culture et des Sports
Militante néerlandophone
Ancienne actrice du cinéma sébalde
[/center]

Betje Heijmans : « Je n’admets pas que l’on coupe dans mon budget pour faire la part belle aux communautarismes religieux ! »

La ministre de la Culture et des Sports avait ouvert les hostilités : l’ancienne actrice, qui était restée coquette malgré son grand âge, ne digérait la [url=http://simpolitique.com/post230325.html#230325]dernière loi sur le financement des cultes[/url], votée par le Parlement et rattachée à son portefeuille. D’après les experts, cette loi pourrait absorber un tiers du budget de la culture.

[center][img]http://img15.hostingpics.net/pics/564567AsafKaufman150.jpg[/img]
Asaf Kaufman
Ministre de l’Economie et des Finances
Président de l’Union des Juifs Sébaldes
[/center]

Asaf Kaufman : « Vous êtes bien placée pour parler de communautarisme ! Votre parti ne sert à rien et s’écroulera aux prochaines élections, aussi rapidement qu’il s’est construit. À part reconnaître la langue néerlandaise, que proposez-vous ? À quoi auraient servi les fonds alloués au financement des cultes ? À financer des artistes contemporains dépravés ? Aucun portefeuille n’était mieux adapté que le vôtre. »

[center][img]http://img15.hostingpics.net/pics/454067Ecologie150.jpg[/img]
Thorsten Solberg
Ministre de l’Ecologie et de l’Environnement
Député de l’Alliance Sociale-Démocrate
Ancien militant antifasciste
[/center]

Thorsten Solberg : « Vous dites cela car vous savez très bien que le culte juif sera le grand gagnant de ce financement ! Les ménages juifs sont bien plus aisés que les autres. Si cela ne tenait qu’à moi, je n’aurais même pas proposé cette loi. Vous profiterez d’ailleurs de l’arrivée des ressortissants tel-éribains, depuis que les critères d’immigration ont été assouplis. »

[center][img]http://img15.hostingpics.net/pics/783660ApolenaKneller150.jpg[/img]
Apolena Kneller
Ministre de la Justice (depuis 2018)
Députée de l’Union Nationale-Démocrate (depuis 2023)
Ancienne adhérente au Mouvement Nationaliste Sébalde (exclue en 2023)
[/center]

Apolena Kneller : « Ce qui reste pour moi une erreur, d’ailleurs. »

Thorsten Solberg : « Ah, les vieux relents des nationalistes… ! Il y a dix ans, je combattais des gens comme toi ! »

Apolena Kneller : « On n’a pas élevé les cochons ensemble. J’ai l’âge d’être ta mère, alors je te prierai de me vouvoyer. »

[center][img]http://img15.hostingpics.net/pics/957397Scientifique150.jpg[/img]
Marlen Xylander
Ministre de l’Enseignement et de la Recherche
[/center]

Marlen Xylander : « La [url=http://simpolitique.com/post226586.html#226586]loi sur la publication des opinions des étrangers vivant en Sébaldie[/url] va dans le bon sens pour empêcher toute dérive sectaire et communautariste. Mieux connaître ses étrangers pour mieux les éduquer. »

Asaf Kaufman : « Pourquoi toujours associer les croyants à des sectaires ? Toujours cet athéisme sans morale ni valeur digne de la Sébaldie… »

[center][img]http://img15.hostingpics.net/pics/640118JuozasMenecius.jpg[/img]
Juozas Menecius
Vice-Premier ministre de la République Sébalde (depuis 2023)
Député du Parlement Sébalde (depuis 2023)
Ancien ministre de l’Education et de la Recherche du Royaume de Liethuviska (2016-2021)
[/center]

Juozas Menecius : « Je n’aurais pas voté une telle loi, à titre personnel mais… »

Le ministre juif lui coupe la parole violemment :

Asaf Kaufman : « Oui, je comprends ce choix ! Vous n’auriez sans doute pas aimé qu’en tant qu’étranger, on fasse mention votre penchant, durant la campagne, pour ces… « Gay Pride » et attirer le vote de ces… »

Juozas Menecius : « La rengaine habituelle ! »

Apolena Kneller : « Ce qui me dérange, c’est que le vice-Premier ministre de cette nation soit un étranger, qui a en plus été ministre d’un autre pays. C’est du jamais vu ! »

[center][img]http://img15.hostingpics.net/pics/769815AffairesEtrangeres150.jpg[/img]
Reinhold Simonis
Ministre des Affaires Etrangères de la République Sébalde (depuis 2023)
Député du Parlement Sébalde (depuis 2023)
[/center]

Reinhold Simonis : « Le concept même de nation est de toute façon désuet. Ce n’est pas avec des Sébaldes « pure souche » que l’on parviendra à remonter le pays. »

Apolena Kneller : « Dixit le fils de l’ambassadeur de Sébaldie au Liethuviska. Tu es bien content que les frontières existent : ton papa serait au chômage dans le cas contraire. Et puis, j’ai l’âge d’être ta grand-mère. C’est incroyable d’avoir nommé autant de gamins immatures à la tête du pays. Si ça continue, je rends ma démission. »

Betje Heijmans : « Hé ! Vous vous éloignez du débat. L’ordre du jour du conseil appelait à discuter du bienfondé de cette loi sur le financement des cultes. Je refuse de voir mon budget amputé d’un tiers ! »

[center][img]http://img15.hostingpics.net/pics/235850Defense150.jpg[/img]
Sabina Zekri
Ministre de la Défense
[/center]

Sabina Zekri : « Et comme toujours, la communauté musulmane est dévalorisée… Je le regrette. »

[center][img]http://img341.imageshack.us/img341/5496/danaliesder300px.jpg[/img]
Dana Liesder
Premier ministre de la République Sébalde (depuis 2023)
Présidente du groupe Texalde (depuis 2021)
[/center]

Dana Liesder : « STOP !!! »

Dana Liesder était restée silencieuse une grande partie du conseil des ministres. À son coup d’arrêt, tous les ministres – qui s’envoyaient des invectives face à face ou côte à côté – devinrent tout à coup silencieux, presque honteux.

Dana Liesder : « Que les choses sont bien claires : si j’ai fait appel à vous tous, c’est qu’a priori, je peux vous faire confiance pour gérer le pays. Mais si d’aventure, un autre conseil s’effectuait dans les mêmes conditions, je ferai un large remaniement dont vous sortirez nécessairement perdants. Ne me faites pas regretter mon choix. Je récapitule point par point les thèmes abordés avant de mettre fin de manière prématurée à ce conseil, je n’attends aucun commentaire de votre part. Betje, tu regrettes que ton budget soit « amputé d’un tiers ». Amputé n’est pas le bon terme parce que, même sans cette loi, il aurait été vu à la baisse. »

Betje Heijmans : « Maar… »

Dana Liesder: « Pas de commentaires ! Je le dis en sébalde… dois-je le dire en néerlandais ? Renaissance néerlandophone a déjà obtenu la présidence du pays, n’en demandez pas trop. Que voulez-vous en échange ? Est-ce que si on change le drapeau de la Sébaldie pour y revenir à une version plus ancienne, rappelant les racines laaglandaises, cela t’irait ? »

Betje Heijmans : « Ja… Enfin, je veux dire « Oui ». »

Dana Liesder : « Bien. En ce qui concerne la loi sur le financement des cultes… Cette loi tend à garantir à tout citoyen l’exercice de son culte. Elle est perfectible mais équitable, je réfute totalement les arguments prétextant le contraire. Les citoyens sans religion, qui composent la majorité des contribuables, sont mis à contribution. Tous les cultes seront financés convenablement, au prorata des fidèles, ce qui est normal. Apolena, si tu réitères ton envie de quitter le gouvernement, j’accéderai immédiatement à ta requête. Penses-tu ce que tu disais ? »

Apolena Kneller : « Non… C’était sur le coup de la colère… Je ne comprends pas comment Juozas Menecius peut bénéficier d’une fonction si haute après avoir passé la majorité de sa vie au Liethuviska. »

Dana Liesder : « Juozas est un excellent atout pour notre mouvement. Il a su dynamiser la campagne pour l’UND aux législatives… sans lui, vous ne seriez pas là en train de vous disputer de manière puérile. Je regarde les compétences avant la nationalité. Il s’est d’ailleurs parfaitement intégré aux us et coutumes de notre pays... Bien. S’il n’y a pas de question, je vous dis à la semaine prochaine… »

Evidemment qu’il n’y avait aucune question après le recadrage des troupes opéré par la Première ministre. C’était une question rhétorique dont elle n’attendait aucune réponse : elle avait déjà quitté son siège d’ailleurs. Dana Liesder avait su apaiser l’atmosphère devenue électrique en quelques instants. Une prouesse qu’elle n’entend pas renouveler de sitôt. L’exercice du pouvoir la fatiguait, sa jambe la faisait souffrir. À l’abri des regards, elle s’envoya des antalgiques pour calmer la douleur… Elle avait le poids de tout le gouvernement sur les épaules : elle était le trait d’union entre ces caractères si différents, si opposés… Sans elle, ils s’entretuaient comme des fauves en cage et mèneraient le pays à la déroute. Combien de temps pouvait-elle encore supporter cette pression ?
Sébaldie

Message par Sébaldie »

[center]Conseil des Sinistres (2/2)
24 mai 2026
[/center]

L’ambiance était exécrable en conseil des ministres. Certes, les membres du gouvernement Liesder ne s’envoyaient plus des noms d’oiseaux comme au début du mandat. Non, ils avaient atteint le niveau supérieur : l’ignorance, l’ostracisation de leurs collègues. Autour de la table, le ministre des Affaires Etrangères Reinhold Simonis et celui de la Défense Sabina Zekri se chuchotaient mutuellement à l’oreille et ne lança pas un seul regard à son collègue d’en face, Apolena Kneller, ministre nationaliste de la Justice, pourtant aujourd’hui officiellement du même parti que lui. En revanche, il n’avait guère de mal à se trouver un terrain d’entente avec Oskar Ingersben, ministre social-démocrate de l’Intérieur. Apolena Kneller ne pouvait à vrai dire que compter sur l’écoute de Marlen Xylander, sans étiquette. Mais avec ou sans étiquette, Asaf Kaufman, le ministre sioniste des Finances ne parlait à aucun de ses homologues. Périlleux quand on a un ministère aussi important que le sien. D’habitude bon vivant, le ministre de gauche Throsten Solberg, affecté à l’Environnement, n’était pas de bonne humeur… Il souhaitait en faire part au Premier ministre.

La Première ministre, d’ailleurs, n’était pas présente. Elle avait toujours l’habitude d’être en retard mais cette fois-ci, une autre absence se remarquait : celle du vice-Premier ministre Juozas Menecius. La présence de Dana Liesder était indispensable : devant le refus que les ministres à s’adresser directement à leurs collègues, elle était le trait d’union, la seule qui parvenait à contenter tout le monde et contre laquelle personne n’avait d’aminosité. Au bout de dix minutes, ce n’était pas Dana Liesder qui franchissait la porte mais Juozas Menecius.


[center][img]http://img15.hostingpics.net/pics/640118JuozasMenecius.jpg[/img]
Juozas Menecius
Vice-Premier ministre de la République Sébalde (depuis 2023)
Député du Parlement Sébalde (depuis 2023)
Ancien ministre de l’Education et de la Recherche du Royaume de Liethuviska (2016-2021)
[/center]

Juozas Menecius : « Votre attention s’il vous plaît, j’ai une mauvaise nouvelle à vous annoncer. »

Déjà que les discussions ne battaient pas leur plein, Juozas lança un froid dans la salle. Il savait que son annonce allait refroidir plus d’un de ses homologues.

Juozas Menecius : « Dana ne pourra pas assurer le Conseil aujourd’hui, pour des raisons médicales. Comme le prévoit l’usage, c’est au vice-Premier ministre, c’est-à-dire moi-même de l’assurer… À moins que quelqu’un ne s’y oppose. »

Juozas Menecius s’attendait à un calme plat mais le ministre des Finances rompit le silence :

[center][img]http://img15.hostingpics.net/pics/564567AsafKaufman150.jpg[/img]
Asaf Kaufman
Ministre de l’Economie et des Finances
Président de l’Union des Juifs Sébaldes
[/center]

Asaf Kaufman : « Vous connaissez mon franc-parler. Je vais donc être honnête : je ne pense pas que le Conseil puisse se passer dans de bonnes conditions, sous votre présidence. Dana n’est pas clivante, elle. »

Juozas Menecius : « Depuis quand se vouvoie-t-on ? On n’a beau ne pas s’apprécier, on peut tout de même travailler ensemble. »

Asaf Kaufman : « Non, je ne crois pas. »

[center][img]http://img15.hostingpics.net/pics/454067Ecologie150.jpg[/img]
Thorsten Solberg
Ministre de l’Ecologie et de l’Environnement
Député de l’Alliance Sociale-Démocrate
Ancien militant antifasciste
[/center]

Thorsten Solberg : « C’est bien la première fois mais je suis d’accord avec le ministre des Finances. A-t-on demandé mon avis pour la rédaction sur cette [url=http://www.simpolitique.com/post252393.html#p252393]honteuse loi relative qui permet à un employeur d’embaucher gratuitement ?[/url] »

[center][img]http://img641.imageshack.us/img641/5467/220pxseangullettephoto2.jpg[/img]
Oskar Ingersben
Ministre de l’Intérieur (depuis 2023)
Député du Parlement Sébalde (depuis 2009)
Ancien Premier secrétaire de l'Alliance Sociale-Démocrate
[/center]

Oskar Ingersben : « Allons, n’exagère rien, Thorsten. Arrête de faire dans le gauchisme. Cette loi n’aura pas beaucoup d’efficacité mais de là à la qualifier d’honteuse… »

Thorsten Solberg : « Moi, gauchiste ? Non, je n’admets pas que l’on puisse travailler sans être rémunéré ! C’est de l’esclavage ! Tu devrais arrêter de lécher les bottes des libéraux, tu l’as déjà ton portefeuille ministériel ! »

Oskar Ingersben : « Hé, sois poli. Ne surestimes l’importance que tu as à l’ASD. »

Thorsten Solberg : « Evidemment. Tu en as fait un parti de droite. Je ne peux donc pas être audible. »

Juozas Menecius : « Droite, gauche… Il est temps de dépasser ces clivages enfantins. »

Asaf Kaufman : « De la part de quelqu’un qui fricote avec n’importe qui par électoralisme, ça ne m’étonne pas ! Il paraît que tu t’es rapproché des nationalistes. »

[center][img]http://img15.hostingpics.net/pics/783660ApolenaKneller150.jpg[/img]
Apolena Kneller
Ministre de la Justice (depuis 2018)
Députée de l’Union Nationale-Démocrate (depuis 2023)
Ancienne adhérente au Mouvement Nationaliste Sébalde (exclue en 2023)
[/center]

Apolena Kneller : « Des nationalistes ? Quels nationalistes ? Certainement pas moi. Sûrement Goran Horandson... Berk… »

Juozas Menecius : « Stop. Peut-on revenir à nos affaires ? Je voudrais que l’on aborde l’Union du Jeekim et pour cela je… »

Asaf Kaufman : « L’Union du Jeekim ?! Encore ?! Vous n’arrêtez jamais avec ce truc ? »

[center][img]http://img15.hostingpics.net/pics/769815AffairesEtrangeres150.jpg[/img]
Reinhold Simonis
Ministre des Affaires Etrangères de la République Sébalde (depuis 2023)
Député du Parlement Sébalde (depuis 2023)
[/center]

Reinhold Simonis : « Juozas a raison, revenons aux choses sérieuses. Arrêtons ces enfantillages. »

[center][img]http://img15.hostingpics.net/pics/278662Culture150.jpg[/img]
Betje Heijmans
Ministre de la Culture et des Sports
Militante néerlandophone
Ancienne actrice du cinéma sébalde
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Betje Heijmans : « Je ne suis pas sûre que ce soit un parvenu de 29 ans qui soit le mieux placé pour taxer les autres d’enfantillages… Tu ne t’intéresses pas à mon ministère, je ne m’intéresserai pas au tien. Et puis d’ailleurs, je n’ai pas de temps à perdre avec des affaires qui ne me concernent pas. Je m’en vais. Tot ziens ! »

Betje, malgré l’insistance du vice-Premier ministre, sortit de la salle. Elle fut rejointe par les occupants de quelques ministères dits secondaires – Transports, Santé, Agriculture et Pêche, Enseignement… Tous, pour des motifs différents avaient le même dessein : boycotter un Conseil présidé par le Vice-Premier ministre « illégitime » Juozas Menecius. Il ne resta dans la salle plus que Reinhold Simonis (Affaires Etrangères) et Sabina Zekri (Défense). Dépité, le Liethuviskien conclut :

Juozas Menecius : « Il est vraiment temps de revoir nos alliances… On ne marie pas des chèvres avec des choux… »
Sébaldie

Message par Sébaldie »

[center]Traquenard (1/2)
16 septembre 2026


[img]http://img11.hostingpics.net/pics/7129512270687736.jpg[/img]
Hémicycle du Parlement Sébalde[/center]

Séance très tendue au Parlement : les députés de l’opposition ne la lâchaient pas d’une seule seconde. Nationalistes et identitaires ont fait bloc pour la mener à bout tandis qu’à la séance de questions, le Mouvement Républicain Solidaire, galvanisé par des sondages de plus en plus bons, se donnait à cœur joie pour critiquer la politique actuelle du gouvernement. Egon Hochten, chef de l’opposition de gauche radicale et écologiste, l’interrogeait sur l’assouplissement du code du travail en Sébaldie :

[center][img]http://img401.imageshack.us/img401/8748/egonhochten200px.jpg[/img]
Egon Hochten
Premier secrétaire du Mouvement Républicain Solidaire
(Gauche radicale écologiste)
[/center]

Egon Hochten : « … et la politique que vous menez est un désastre social. En donnant de plus en plus de libertés aux patrons, vous maintenez dans la misère des millions de salariés… et encore, s’ils ont la chance de toucher un salaire pour leur travail ! Grâce à votre fabuleuse invention, [url=http://www.simpolitique.com/post252393.html#p252393]les patrons peuvent embaucher des salariés sans les payer pendant quatre jours et les licencier une fois les services rendus ![/url] J’en appelle à la lucidité et au courage de nos concitoyens pour s’élever contre cette politique néfaste. Et je sais qu’ils sont nombreux, au regard des sondages qui nous créditent d’un score toujours plus élevé… »

Président du Parlement : « Monsieur Hochten, venez-en à votre question, s’il vous plaît. »

Egon Hochten : « Ma question, Madame la Première ministre, est très simple : quand arrêterez-vous de charcuter les classes populaires et laborieuses ? »

La vingtaine de députés du MRS applaudissait vivement l’intervention de leur premier secrétaire. Le président du Parlement donna la parole au chef de gouvernement :

[center][img]http://img341.imageshack.us/img341/5496/danaliesder300px.jpg[/img]
Dana Liesder
Premier ministre de la République Sébalde (depuis 2023)
Présidente du groupe Texalde (depuis 2021)
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Dana Liesder : « Monsieur le Président du Parlement, Mesdames et Messieurs les députés, Monsieur le député Hochten. Vous évoquiez à juste titre la « lucidité » de nos concitoyens. Ma grand-mère, qui était lucide jusqu’à sa mort, disait souvent : « On n’attire pas les mouches avec du vinaigre ». Pardonnez-moi pour cette expression qui peut être rude et là encore, je suis confiante envers la lucidité de nos concitoyens, qui comprennent bien que je ne les ai pas insultés de « mouches ». Cette expression signifie que l’on ne peut pas prendre à la gorge les créateurs de richesses de notre pays si on veut entendre de leur part des bonnes nouvelles. Seulement, compte tenu de l’ouverture de la République Sébalde au monde et de sa politique d’accueil de travailleurs immigrés, il me paraît nécessaire de leur donner l’opportunité d’avoir… »

Alors qu’elle discourait, une goutte de sang commençait à couler depuis sa narine. La Première ministre ne remarqua rien au premier abord.

Dana Liesder : « … une première expérience et de mieux se sensibiliser à la culture d’entreprise sébalde. C’est un sujet qui me tient à cœur après avoir dirigé pendant… euh… pendant… »

[center][img]http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/thumb/0/09/Epistaxis1.jpg/320px-Epistaxis1.jpg[/img][/center]

Le Parlement commença à se remuer. Dana Liesder se rendit compte du petit incident dont elle est victime au moment où son vice-Premier ministre Juozas Menecius se tapote discrètement le nez. La Première ministre, par impulsion, commit l’erreur de toucher son nez ensanglanté devant les caméras. Les bancs de députés s’agitent, tous commencèrent à spéculer sur la santé de Dana Liesder. Conscient de cette grave erreur photogénique, qui allait faire le tour des médias, le Président du Parlement tenta de rattraper le coup pour sauver l’image de la Première ministre :

Président du Parlement : « La séance est trop bruyante. Elle est suspendue pendant une heure. »

Cette formule, quasi-magique, éteignait directement les caméras des services du Parlement, qui retransmettaient en direct la séance. Quelques députés de l’opposition, notamment chez les identitaires, s’amusèrent à prendre en photo la Première ministre avec leur téléphone mobile. Dana Liesder, elle, fut conduite très rapidement à l’extérieur de l’hémicycle. Personne ne put rentrer dans la pièce annexe où le médecin l’examina aussitôt, pas même ses ministres. À l’abri des regards et après une dizaine de minutes, le médecin posa son diagnostic :

Médecin : « Bon. Cela n’a pas l’air méchant. Votre organisme m’a l’air fatigué… Je serais d’avis à ce que vous déléguiez quelques jours la responsabilité du gouvernement à votre vice-Premier ministre. »

Dana Liesder : « Hors de question ! Si je ne reviens pas dans l’hémicycle d’ici une heure, les spéculations iront de bon train. »

Médecin : « Je ne peux pas vous l’interdire mais je vous le déconseille. Il est préférable de vous éloigner de toute source de stress. »

Dana Liesder : « Vous pensez sérieusement qu’ils me stressent ? Ce sont de petits joueurs. J’ai déjà eu des ogres devant moi, à la tête de Texalde. Dans ce Parlement, ce sont tous des mouettes rieuses mais ils n’ont pas de pouvoir de nuisance. »

On toque à la porte.

Dana Liesder : « Ce doit être Juozas… Merci docteur pour vos services, je vous reverrai ce soir pour vous rassurer. Tout ira bien. Oui, entre Juozas ! »

Chassé-croisé entre Juozas qui entre et le médecin qui sort. Le Vice-Premier ministre, prenant soin de bien refermer la porte derrière lui, s’adressa au chef de gouvernement :

[center][img]http://img15.hostingpics.net/pics/640118JuozasMenecius.jpg[/img]
Juozas Menecius
Vice-Premier ministre de la République Sébalde (depuis 2023)
Député du Parlement Sébalde (depuis 2023)
Ancien ministre de l’Education et de la Recherche du Royaume de Liethuviska (2016-2021)
[/center]

Juozas Menecius : « Comment te sens-tu, Dana ? »

Dana Liesder : « Ça va. Comment réagissent les journalistes ? »

Juozas Menecius : « Les spéculations vont bon train mais ton chef de cabinet a assuré que tout allait bien, que tu te donnais beaucoup de mal à mener la politique face à l’opposition… »

Dana Liesder : « Il a dit ça ? Pour qui vais-je passer ?! Pour une malade qui pisse le sang. »

Juozas Menecius : « Il est mieux de ne pas faire secret de tes problèmes de santé, Dana. Je pense que… »

Dana Liesder : « Je n’ai aucun problème de santé ! »

Juozas Menecius : « Allons, Dana. Tu ne peux pas la faire, à moi… Ton chef de cabinet a bien géré la situation, il a jeté la responsabilité à l’opposition. L’opinion publique sera sensible à cet argument, j’en suis sûr… À ce propos, il serait peut-être temps de calmer les ardeurs de l’opposition. »

Dana Liesder : « Comment ? »

Juozas Menecius : « Et bien… En virant les sionistes du gouvernement. »

Dana Liesder : « On a eu cette discussion des centaines de fois, Juozas. Les sionistes de l’Union des Juifs Sébaldes ne sont pas du tout mes amis mais ils sont nécessaires à notre majorité. Ils disposent d’un réseau intéressant. »

Juozas Menecius : « Ils ne soutiennent jamais réellement le gouvernement quand on s’en prend plein la gueule ! Ils pensent juste à leurs propres intérêts. J’ai peut-être une idée mais avant que tu dises non, je veux que tu m’écoutes jusqu’au bout… »

Dana Liesder : « Je crains le pire. »

Juozas Menecius : « Voilà. Il serait temps de réfléchir à une alliance objective avec le Mouvement Nationaliste Sébalde. On a déjà Apolena Kneller dans nos rangs… J’ai discuté avec Goran Horandson pour lui proposer un rendez-vous avec toi et… »

Dana Liesder : « Aussi longtemps que je serai Premier ministre, il n’y aura aucun membre du MNS dans mon gouvernement. Et surtout pas Goran Horandson. Apolena Kneller a quitté le MNS à cause de lui. »

Juozas Menecius : « Réfléchis-y, Dana. Une coalition entre L’UND, l’ASD et le MNS… C’est le meilleur moyen d’assurer notre maintien au pouvoir pendant au moins vingt ans ! À chaque élection, ces trois formations combinées représentent au moins 50 % des sièges. Chacun peut se retrouver sur le siège de Premier ministre d’une législature à l’autre. »

Dana Liesder : « Justement, je ne veux pas qu’un nationaliste occupe mon siège ! »

Juozas Menecius : « Mais au moins, tu aurais la garantie de le retrouver tout au plus quatre ans plus tard. Si on se met à dos les nationalistes, on est morts s’ils arrivent au pouvoir. »

Dana Liesder : « Je ne m’en inquiète pas. Je vais calmer les ardeurs des sionistes d’une différente manière : je vais bientôt me déplacer en Cyrénanie. Ils ont de très bons liens avec cet Etat. Et après, on discutera de leur maintien ou non dans le gouvernement. N’oublie pas qu’il y a des élections dans 7 à 8 mois. Fais-moi confiance. J’ai été élue pour 4 ans, j’irai jusqu’au bout. »
Sébaldie

Message par Sébaldie »

[center]Traquenard (2/2)
23 février 2028
[/center]

[justify]Dana Liesder avait toutes les raisons pour repousser le meeting politique qu’elle avait prévu à Nova-Lenbruck. L’évènement avait été organisé à la hâte, compte tenu des tensions communautaires entre Juifs et Musulmans à l’ouest de la Sébaldie. Plus que jamais affaiblie par sa santé, elle ne sentait pas en état d’assurer le meeting. Assise dans la salle de préparation, entourée de ses collaborateurs, elle se rafraîchit avant d’entrer en scène. Mais le verre d’eau lui paraissait incroyablement lourd, si bien qu’elle le renversa par mégarde, sous le regard circonspect de son entourage.

Collaborateur : « Tout va bien, Madame la Première ministre ? »[/justify]

[center][img]http://img341.imageshack.us/img341/5496/danaliesder300px.jpg[/img]
Dana Liesder
Premier ministre de la République Sébalde (depuis 2023)
Présidente du groupe Texalde (depuis 2021)
[/center]

Dana Liesder : « Oui, oui. Ne perdons pas plus de temps. »

[center][img]http://img826.imageshack.us/img826/7664/vw8j.jpg[/img][/center]

[justify]Exécution. Dana Liesder et ses collaborateurs arrivèrent dans la salle de meeting. La symbolique était forte : il s’agissait de la salle où elle avait officiellement reçu le soutien de l’Union des Juifs Sébaldes en vue des élections de 2024. Acclamée par une communauté juive qui la soutenait encore largement, Dana Liesder marcha sans réelle difficulté vers le pupitre opaque contre lequel elle pouvait s’appuyer pendant son discours. Le discours était très convenu, vantant les mérites de la communauté juive de Sébaldie avant que ne vienne un sujet plus délicat :

Dana Liesder : « … la Sébaldie est l’union de tous ces peuples et leurs richesses. Terre d’immigration depuis son origine, elle tient son unité par la paix entre ses communautés. Aussi, je n’admettrais pas qu’une communauté soit lésée par rapport à une autre. Personne n’est au-dessus des lois, je tiens à le rappeler. Les récentes violences entre le Novacan et le Gelnan ne doivent pas se réitérer, je m’en assurerai coûte que coûte. »

La lumière éblouit Dana Liesder de plus en plus.

Dana Liesder : « Coûte que… euh… coûte. »

La vision devint trouble. Elle cligna des yeux avant de reprendre.

Dana Liesder : « Pardon. Où en étais-je ? Oui. Les violences entre Novacan et Gelnan ont été initiées par un groupuscule, dont le but de niquer les uns contre les autres… Liguer les uns contre les uns… contre les autres… pardon. Un crépuscule… euh… Un groupuscule que j’appelle… Que je l’appelle… Je ne me sens pas bien. »

Le discours de Dana Liesder devint de plus en plus incompréhensible. Le service d’ordre s’en inquiéta tandis que l’auditoire s’interrogea bruyamment sur la situation. Plus personne ne surveilla l’auditoire, qui devint agité. Au même moment, un individu cagoulé s’approcha de la tribune et lança une chaussure contre la Première ministre sébalde en criant :

Agresseur cagoulé : « Allahou Akbar ! »

La chaussure vint frapper assez violemment la tête de Dana Liesder, comme pour l’achever. Alors que le service d’ordre était attelé au malaise de la cheffe de gouvernement, l’individu prit très rapidement la fuite. La milice privée novacanaise, également présente, restait d’une passivité déconcertante. Personne ne comprenait rien à ce qui était en train de se dérouler. Dana Liesder, elle, dans son dernier instant de lucidité le savait : elle avait déjà connu les mêmes sensations, elle voyait un tunnel blanc. C’était fini pour elle.[/justify]
Sébaldie

Message par Sébaldie »

[center]Dégouvernementation (1 / ??)
1er - 3 avril 2028
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[center][img]http://nsa38.casimages.com/img/2015/10/10/151010070525935708.jpg[/img]
Koen Van Overbeck
vous veut du bien.
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[justify]Koen Van Overbeck dormait chez ses parents ce dimanche soir. Il avait son propre appartement mais il aimait venir ici, il était au calme et en plus, il mangeait bien. Maman avait préparé ce midi un rôti de bœuf élevé au Feldan, avec une délicieuse sauce au poivre et aux champignons. Il en restait un peu, alors Koen en avait repris au dîner. Mais sa tête était ailleurs. Dans sa chambre d’adolescent, il devait finir ses devoirs. À côté de l’étagère où étaient rangés les romans d’anticipation d’auteurs azudiens, des DVD de films hokkaï et des maquettes représentant fidèlement les voiturettes réminiennes, figurait un mur rempli de post-it.

Il était face à un problème insoluble. Réellement insoluble puisqu’il n’y avait ni bonne, ni mauvaise réponse. Un peu difficile à concevoir pour l'esprit très scolaire de Koen. Ce garçon, que l’on n’oserait pas appeler « homme », avait fêté ses 28 ans au mois de février. Il avait certes fini ses (très longues) études mais il avait encore des devoirs. L’Alliance Sociale-Démocrate, dont il est membre depuis quelques années, lui avait chargé une mission : celui de trouver le candidat idéal à investir sous l’étiquette du parti pour l’élection présidentielle de 2028. S’il n’avait jamais réussi à percer sur la scène politique, s’il fuyait les campagnes électorales comme la peste, Koen aimait être la petite main qui travaille dans l’ombre. Idéaliste mais hésitant, cultivé mais introverti, il n’avait aucunement l’étoffe d’un homme politique. L’Alliance Sociale-Démocrate l’avait d’ailleurs relégué à une place non éligible sur la liste qu’elle présenta pour les élections provinciales du Jovan en 2026. Incapable de tenir éveillé son auditoire lors d’un discours, Koen avait vécu une campagne désastreuse. Mais l’état-major de l’ASD continuait à l’estimer. Son brillant parcours universitaire était reconnu par ses compagnons de parti et il était doté d’une réelle motivation pour faire changer les choses en Sébaldie, qu’il ne parvenait à exprimer cependant. Serviable, voire même un peu trop, il s’attelait à la mission que lui avait confiée l’ASD sans en dormir la nuit. Demain, il devait présenter sa copie auprès d’Oskar Ingersben, le patron de l’ASD. Jamais il ne fut aussi stressé, pas même ce fameux jour où il intégra l’Ecole Politique Technocrate de Triansa, fondée et financée par les Etats technocratiques de la Fédération, durant lequel il a été confronté à une pédagogie nouvelle et inconnue. Demain, il allait donc rendre copie blanche, à moins que…

[center][img]http://nsa37.casimages.com/img/2015/10/10/151010070526262291.jpg[/img][/center]

Face à son « mur de réflexion », une centaine de post-it, sans cohérence. Une technique proche du brainstorming qu’il avait beaucoup employée durant sa scolarité à l’EPT. Il y notait toutes ses idées et certaines se contredisaient. Il avait notamment listé toutes les qualités requises pour tenir le rôle de président de la République honorifique. L’élection présidentielle était particulière : il fallait investir le candidat non pas qui récolterait le maximum de suffrages mais qui déplairait le moins à l’ensemble du Congrès. Le post-it « Intégrité » listait une petite demi-douzaine de personnalités qui avaient ce trait de personnalité, notamment l’ex-ministre Thorsten Solberg. Mais le même Thorsten Solberg était listé sur les post-it « Radical » et « Ne veut pas exercer la fonction ». À vouloir chercher le candidat idéal, Koen n’avait finalement trouvé personne. Une nuit blanche pour rendre une copie blanche. Le jeune homme n’était pas fier de lui et s’apprêtait à faire son mea culpa auprès d’un état-major qui, il en était sûr, allait le remercier illico.

Tremblant et la boule au ventre, il embrassa ses parents avant de prendre le train à direction de Stranaberg. Plutôt émotif, le jeune homme petit et frêle craqua et se réfugia dans les toilettes malodorantes pour s’en cacher. Il suffoqua, non pas à cause de l’odeur pestilentielle qui y régnait mais parce qu’il était victime d’une crise d’angoisse. Il lui fallut un quart d’heure pour reprendre ses esprits. Se rafraîchissant le visage, il se regarda dans le miroir des toilettes du train. C’est dans cette situation de manque absolu en lui qu’il eut une idée qui allait peut-être lui sauver la vie : présenter sa propre candidature à l’élection présidentielle. Non pas parce qu’il pensait réunir toutes les qualités nécessaires mais parce que c’était une manière pour lui de faire amende honorable. Ne voulant pas engager sa responsabilité dans l’élection d’un candidat qui ne ferait pas l’affaire, il était prêt – du moins pensait-il – à vaincre ses démons et affronter les 1000 membres du Congrès. Il ne connaissait personne mieux que lui-même après tout. Mais jusqu’au bout, il douta de son idée. Arrivé au siège de l’Alliance Sociale-Démocrate, il toqua fébrilement à la porte du Premier secrétaire.


[center][img]http://img15.hostingpics.net/pics/638974OskarIngersben150.jpg[/img]
Oskar Ingersben
Ministre de l’Intérieur (depuis 2023)
Député du Parlement Sébalde (depuis 2009)
Premier secrétaire de l'Alliance Sociale-Démocrate (depuis 2018)
[/center]

Oskar Ingersben : « Oui ? »

Koen entra.

Oskar Ingersben : « Ah, Koen ! Nous parlions de toi, justement, Thorsten et moi. »

Koen n’avait même pas remarqué la présence de l’ex-ministre de l’Environnement à qui il dit bonjour par un bref signe de tête.

Oskar Ingersben : « Que nous apportes-tu de beau ? »

Koen Van Overbeck : « Je… euh… »

Silence total dans le bureau du Premier secrétaire. Ingersben, enfoncé négligemment dans son fauteuil derrière son bureau et Thorsten, lui aussi assis dans un coin de la pièce, fixaient le jeune Koen sans dire un mot, très attentifs à ses propos. Koen respira un bon coup et leva les yeux au ciel. La situation était intenable. La boule dans la gorge était revenue et il ne savait même pas comment il put prononcer ces quelques mots :

Koen Van Overbeck : « Après réflexion, j’ai décidé de présenter ma propre candidature pour l’élection présidentielle, seulement si vous le souhaitez. »

Un nouveau silence alourdit l’ambiance de la salle. Les deux ministres ne bronchèrent pas d’un cil.

Koen Van Overbeck : « Ce n’est pas une blague. »

[center][img]http://img15.hostingpics.net/pics/454067Ecologie150.jpg[/img]
Thorsten Solberg
Ancien ministre de l’Ecologie et de l’Environnement (2023-2027)
Député de l’Alliance Sociale-Démocrate (depuis 2023)
Ancien militant antifasciste
[/center]

Thorsten Solberg : « Heureusement que tu le précises, merci. Je vais être franc. On t’apprécie tous, Koen, on admire ta capacité de travail. Oskar t’a confié cette mission de trouver le candidat idéal pour l’ASD il y a deux mois. Ne me dis pas que tu que tu n’as trouvé personne ? »

Koen Van Overbeck : « Non… Enfin, si… Euh… Enfin, non, pas exactement le candidat idéal. Mais aucun ne correspondait au principe de l’électeur médian et je… »

Thorsten Solberg : « Je te coupe tout de suite. Sors un peu de la théorie. L’électeur médian n’existe pas. Surtout pas pour une élection présidentielle qui n’est pas une élection classique, au suffrage direct. Il faut un candidat qui rassemble le maximum de grands électeurs. »

Koen Van Overbeck : « Oui. Je comprends… C’est une mauvaise idée. »

Oskar Ingersben : « Non, ça peut être une bonne idée. »

Le Premier secrétaire a mis fin à son mutisme, sous le regard circonspect de Thorsten Solberg, dont le langage devient un peu plus incisif :

Thorsten Solberg : « Allons, Oskar, Koen ne peut pas être président… Regarde-le, il est… Enfin, quoi ! »

Oskar Ingersben : « Oui ? Il est… ? »

Thorsten Solberg : « Désolé, Koen… Mais je vais être honnête : tu as le charisme d’une huître, la stature d’un adolescent et puis, tu n’as aucune crédibilité. Tu es un illustre inconnu. »

Koen Van Overbeck : « Oui, tu as sans doute raison… Désolé, Oskar, je pense que c’est une mauvaise idée, je retire ma candidature. »

Oskar Ingersben : « Non, maintiens-la. Thorsten a cité ces traits de personnalité comme des défauts, je les vois au contraire comme des qualités. Mets-les à profit. Mais surtout, n’oublie pas d’où tu viens. »

Dans la bouche d’Oskar Ingersben, opportuniste-en-chef, celui signifiait «Prête allégeance à l’ASD et remercie-moi quand tu deviendras président en me nommant chef de gouvernement ». Dans l’esprit de Koen, éduqué selon l’esprit des Ecoles Politiques Technocrates, en revanche, cela signifiait totalement [url=http://www.simpolitique.com/post269734.html#p269734]autre chose[/url], à savoir être au-dessus des partis, renouer avec la société civile… rechercher la paix quitte à immobiliser si nécessaire une Sébaldie, devenue puissance mondiale et dont l’égo ne l’accepterait certainement pas.[/justify]



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HRP : Merci à Sovana pour m'avoir "offert" l'un de ses personnages, Koen Van Overbeck, qu'il a créé de toutes pièces.
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