République chorocrate du Delphiné

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Arios

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L'horloge n'a pas été remontée, sinon elle sonnerait les 17 heures, la fin du jour d'automne pour beaucoup de paysans delphinois qui seuls n'ont plus la force d'entretenir leurs vignes, bien souvent. On leur a volé femmes, fils et enfants, on leur a volé les cloches et la parole, le sens de l'humour. Parfois mutilés, muets bien souvent, sans électricité dans la très vieille ferme que les ancêtres, venus de Fiémance à l'époque moderne une fois les défrichements accomplis là-bas, avaient bâti de leurs mains, ou dans l'élan solitaire et malheureux d'où on espère l'accouchement d'un destin de rires partagés, entre un bois touffu et une garrigue inculte, ou dans l'entrain d'une communauté de colons fraîchement échoués entre les pierrières et les collines à en-terrasser.

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De l'autre côté de la craie ségourchoise, le nouvel orient s'étend plus proche que jamais. La politique en a décidé ainsi. Là-bas non plus, personne n'avait le courage de reprendre la terre, et d'être ballotté entre les folies des uns et les lois des autres, sur des limons trop proches des terreurs juvniennes. Un Juvna de Cul-terreux se mettrait donc en place derrière l'horizon clair, les monts verts derrière lesquels des criminels absous trouveraient leur rédemption en étalant la merde des bêtes sur le sable noir des futaies arrachées. Le pari de la Fiémance était ici risqué. Il aurait fallu, sur tout ce territoire gagné, installer des forteresses modernes, des chemins de fers et des mines venant racler le fond des cavités de zinc, de cuivre, de fer, de houille, il aurait fallu faire appel à l'armée mondiale des travailleurs pauvres pour trouver la moindre source métallique, énergétique nécessaire à s'assurer une victoire guerrière contre le Juvna, puis contre la CESS.

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Mais il y aurait toujours un ennemi, et le peuple fatigué de la Fiémance revenue à ses terroirs légitimes ne s'en sentait pas concerné, et la chorocratie nouvelle souhaitait asseoir ses principes sur une période de paix. Il n'était pas exclu cependant d'utiliser les territoires alentours à des fins politiques, et outre une façon d'exporter un modèle en lequel les gouvernants croyaient à Opemont, Juvna permettrait d'être une source de produits et le débouché aux exportations modestes des artisans nationaux, le Delphiné réinventé permettrait surtout d'accueillir les surplus d'enfants que le bon vin et le bon fromage font abonder si l'administration n'y veille pas. Et la mode n'était pas là-bas à ce que l'administration vienne tenir les calendriers menstruels. Comme depuis la reprise démographique du XVIème siècle, le Delphiné accueillerait à l'avenir les Fiémançais déracinés venant chercher l'aisance agraire plus en orient.

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Le contrat était simple pour tout immigrant. Il ne changerait pas de sa vie en Fiémance. On s'installait dans cette province avec l'assurance d'avoir des terres, peut-être son arrivé redonnerait-elle espoir au veuf esseulé que l'industrie et la politique ont imposé d'une épouse et d'enfants ? On s'installait avec l'assurance de ne pas en payer, de ne devoir presque rien aux impôts, de n'employer que des bêtes et du dévouement à l'approvisionnement et au travail du sol nourricier. Pour lutter contre la déraison des temps, entre un flanc et une planche escarpée dans le creux d'un val ignoré de toutes cartes générales, on signait pour le retour à la normalité de ce qu'était la vie des hommes depuis qu'ils étaient hommes, depuis bien avant que les langues de nos jours n'existent, et pour bien après qu'elles soient oubliées. Les enfants très bientôt regagneraient ces vaux, ils naîtraient dans les choux nouveaux des temps meilleurs. Tout l'acier du monde, tout son charbon et toute sa haine, toute sa monnaie, tout son sang et toute sa démesure n'auraient pas eu raison des épis du renouveau. On avait créé des virus mortels, inventé des armes pouvant atteindre la lune, rasé des villes et tué des peuples entiers ; un ange gardien quelque part veillait sur cette partie du monde, qui dans six mois aurait déjà retrouvé un visage humaine.
L'horloge en ce temps-là sonnerait toutes les heures, et seraient remontée chaque matin au levé du petit jour, tandis que du sellier rafraîchi la barrette de beurre nourricier serait posée sur la table par les mains d'une femme heureuse.

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Arios

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*République Chorocrate du Delphiné
*13 000 000 habitants
*Novalèze, capitale et unique ville. (100 000 habitants)
*Idiomes provençaux au sud, arpitans au nord. Les montagnes du nord ont reçu depuis moins longtemps un peuplement de Fiémançais issus de régions très diverses. L'immigration actuelle pour tout le territoire est de ce type.
*Le drapeau reprend la couleur de la chorocratie, et les couleurs ( jaune, bleu ) du blason des territoires de l'Iretois, au coeur de la Brestange, d'où sont issus originellement les Delphinois.
*Le maire de Novalèze est entouré d'un Comité des Paysans Delphinois, 50 représentants des principaux bourgs du pays élisant ce comité de 12 membres.
*La RCD reprend les grands principes chorocrates en vigueur en Fiémance : surdéveloppement du secteur primaire, imposition minimale, interdiction de l'usure, renforcement des liens communautaires et interventionnisme minimum de l'État, quasi-inexistant ici, et interdiction d'exploitation du territoire/entreprises.
Arios

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Le colporteur apporte de village en village les feuilles de journal des nouvelles du temps dernier, il en annonce souvent le contenu à la personne depuis le chemin, contre une pièce lancée, il mange et dort chez l'habitant heureux de voir quelqu'un dans ce pays déserté. Il passe et s'en va, avec parfois de nouvelles annonces qu'il donnera là-bas, sauf si un autre colporteur est passé.

La folye de leu bordilles
Dzornal de réjon - nord


-Le Comité des Paysans delphinois s'est réuni une première fois dans le port de Novalèze pour que chacun rapporte aux autres la situation dans son pays. Les représentants des grandes montagnes du Corsapey ont indiqué que leur contrée vivait des temps non troublées et qu'ils n'avaient jamais eu autant de fromages pour l'hiver. Ils ont aussi parlé avec intrigue des quelques Vicaskarans revenus du nouveau-monde et si certains ont perdu leur accent d'autres apprennent aux habitants qui les ont accueilli des chansons de leur enfance. Les représentants des régions fluviales de l'ouest ont dit à peu près la même chose, à savoir que la région allait bien, que le vin était fort et bon, et se vendait même dans les Oulivastres en Fiémance où des vignes ont été arrachées il y a un an après le passage du nuage et des pluies maudites. Les représentants de l'est ont parlé des grandes difficultés pour les communautés de ne trouver parfois aucune femme à 150 lieues carré, et les villages ne se repeuplent pas car chaque homme préfère rester dans son mas ou son bois en pensant à ce qu'il a perdu plutôt que de reconstruire.

-Des Delphinois sont resté sur les terres d'outre-Ségourche et ont épousé des femmes barejbaliennes et pas que des catholiques. On raconte même que certains ont épousé des musulmanes qui les ont envoûté et forcé à la conversion. Djan d'Ornoz raconte qu'il a vu de ses yeux un ancien compagnon qui coupait du bois avec lui faire la prière tourné vers Bardaran.

-Plus de 1500 delphinois auraient trouvé des femmes à la foire de Venon, au jour de la fête des catherinettes le mois dernier, et autant presque à Meaulx une dizaine de jours plus tard. On leur paya le train pour qu'ils aillent à ce rendez-vous, où les dindonnes attendaient sagement un mari sous leur ombrelle, sur la place du Roi. À la fin il n'en resta plus, et même les laides avaient été choisies, par des garçons qui ne l'étaient pas. Une qui se plaignait de ne pas être prise avait le visage si laid qu'elle resta la dernière, mais comme un gars venait de perdre sa mule, il prit quand même la femme et ils repartirent chez lui du côté des Balmes de Larasque. Djan d'Ornoz dit avoir vu ce garçon, il n'a pas d'araire, mais une houe qu'il partage avec sa femme pour creuser des sillons sur toute une colline, et le laideron lui est bien utile. Djan d'Ornoz dit qu'ils ont appris à bien s'entendre.
Arios

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Le colporteur apporte de village en village les feuilles de journal des nouvelles du temps dernier, il en annonce souvent le contenu à la personne depuis le chemin, contre une pièce lancée, il mange et dort chez l'habitant heureux de voir quelqu'un dans ce pays déserté. Il passe et s'en va, avec parfois de nouvelles annonces qu'il donnera là-bas, sauf si un autre colporteur est passé.

La folye de leu bordilles
Dzornal de réjon - nord


-Il a fait si froid au mois de janvier que des fermiers isolés ont préféré quitté leur lieu d'habitation pour se regrouper avec d'autres dans d'anciens bourgs plus important, ils n'ont ainsi pas travaillé aux champs et risquent de voir leur ferme dégradée à leur retour par les animaux sauvages qui s'y aventuraient. On signale que des bêtes sont mortes de froid en plusieurs endroits du nord du pays, et notamment dans le Corsapey, où de jeunes éleveurs installés depuis peu ont vu tous leurs efforts réduits à néant par des coups de froid, n'ayant pas trouvé les forces de transhumer pour la saison d'hiver vers le sud. Un "Pelabssien" a ainsi perdu les 150 brebis qu'il acheta le printemps dernier.

-Des loups ont été aperçus à 4 lieux de Venon, au milieu du mois, du côté delphinois du fleuve. Ils ne s'aventurent pas à cette latitude d'ordinaire, mais du fait qu'ils ne sont plus chassés comme avant à cause du manque de population, ils pourraient élire très probablement domicile dans tout le Delphiné et menacer de nombreuses exploitations où le fermier est seul, et même des familles vivant isolées. Djan d'Ornoz raconte qu'un village non loin de la Ségourche était resté prospère malgré la guerre, mais a été attaqué par les loups deux jours suivant Noël, et que les bêtes retiennent les hommes prisonniers. Ils élèveraient les enfants comme d'entre eux, et les femmes leur serviraient d'esclaves.

-La forêt a grignoté d'anciennes terres cultivées. On remarque cela très distinctement à se promener dans le pays, dans les régions désertées, de jeunes arbres ont élu domicile sur les chaintres de champs entiers, et sur toute la surface de parcelles petites anciennement travaillées par des paysans. N'ayant plus assez de bras, les Delphinois ignorent cette avancée de la forêt, ou décide de ne pas la combattre. Dans certaines régions on oubli même qu'il y eut des hommes tant aucun vivant n'y vit plus, et la nature semble replongée dans une sauvage condition initiale.

-Des moines lavurgiens ont élu domicile non loin de Novalèze et à divers endroits du Delphiné où ils fondent des domaines agricoles avec l'aide de fils et filles de paysans fiémançais se destinant à la vie monastique. Des delphinois rejoignent à quelques endroits ces communautés où l'on mange pour l'instant bien grâce aux provisions apportées, et où on ne s'ennuie guère comme dans les mas esseulés. Ces communautés monastiques catholiques d'un genre nouveau permettent aux hommes et femmes qui le désirent de se marier, mais ils ne doivent pas avoir d'enfants, sinon les moines supérieurs expulsent l'homme et la femme coupables et eux se retrouvent sans biens ayant tout dû laissé à la communauté.
Arios

Message par Arios »

[center]Traité sur les mers bleu et d'Imperia entre la République du Juvna et la République du Delphiné

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Afin de faire des surfaces littorales et maritimes un atout pour le développement humain,

- Le Delphiné et le Juvna s'engagent quant à leur zone économique exclusive,
à exclure et interdire toute pêche industrielle usant de bâtiments dépassant par la taille ceux en vigueur dans la pêche traditionnelle,
à soutenir les décisions des communautés qui souhaiteraient agir par l'impôt sur les particuliers exploitant de trop les ressources de la mer.

- Le Delphiné et le Juvna mettent en commun leurs moyens de défense de leurs eaux maritimes et de leur ZEE contre l'introduction de bâtiments de pêche étrangers sur ces surfaces marines.

- Le Delphiné et le Juvna mettent en commun les fonds pour la création et l'entretien d'équipes scientifiques étudiant la faune et la flore sous-marine ainsi que les écosystèmes en dépendant afin de prévenir au plus vite du sur-développement d'espèces ou de l'évolution indésirable de certains éco-systèmes.

- Le Delphiné et le Juvna se réservent le droit d'intervenir dans les eaux territoriales et la ZEE afin de réguler certaines populations d'espèces animales nocives, dans le cas où une étude scientifique l'appuierait, au bon développement de l'écosystème marin dans son ensemble, là où les interventions communautaires ne suffiraient plus.

- Le Delphiné et le Juvna régulent par leurs lois intérieures l'urbanisation des littoraux afin de ne conserver en sols littoraux artificialisés que les surfaces intégrées dans des villages aux tailles traditionnelles et travaillent à renaturaliser les surfaces littorales nécessaires jusqu'à l'obtention d'un taux d’artificialisation du littoral inférieur à 12,0% pour la côte d'Imperia et 12,0% pour la côte bleu.

- Le Delphiné et le Juvna s'engagent à accueillir volontiers dans cette collaboration toute puissance littorale de la Mer Bleu qui s'engagerait à respecter les principes susdits à savoir la non-surexploitation des ressources marines et la culture intelligente des ressources de la mer et du littoral.
Arios

Message par Arios »

[center]Traité sur l'ouverture des frontières entre la Fiémance et le Delphiné[/center]

La République du Delphiné et le Royaume des Fiémançais s'accordent sur :
-Le manque de main d’œuvre pour mettre à profit les immenses champs et les ressources abondantes de la surface delphinoise.
-L’apoplexie douloureuse du corps ouvrier en Fiémance suite à la désertion des usines productrices de biens de consommation.

Aussi, le Maire de la ville de Novalèze, Gaspard Chabichou, et président du Comité des Paysans Delphinois, concède à ouvrir les frontières du pays contenant actuellement 13 000 000 habitants environ, pour accueillir une main d’œuvre nouvelle destinée à ne pas laisser la friche gagner trop de terrain dans le pays.

Le Comité des Paysans Delphinois laisseront s'organiser une immigration de masse en provenance des provinces traditionnellement émettrices de Fiémance, comme l'Iretois, la rive droite de l'Yseur ou encore la côte, pour l'accueil estimé de 3 millions de personnes issues des communautés rurales de Fiémance ou du milieu ouvrier.

À l'issue de cet accueil de population, destiné à remplacer les pertes dues à la guerre contre la Main Noire, les frontières de la République du Delphiné retrouveront leur imperméabilité, assurée notamment par des contrôles aux frontières grâce au concours des gardes champêtres et gardiens de troupeaux.
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