Activités internes

Braunschweig

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[url=http://www.hostingpics.net/viewer.php?id=781253paysbasenfinalelafete.jpg][img]http://img15.hostingpics.net/pics/781253paysbasenfinalelafete.jpg[/img][/url]

Scènes de liesse collective après la victoire schlessoise
en finale de la coupe continentale de football. Après plusieurs
compétitions de disette en terme de titres remportés, le onze
de l'Empire a finalement renoué avec la première marche du
podium. En s'imposant face à une excellente équipe varlovienne,
les joueurs schlessois permettent de gagner un second titre
après celui de 2007 en Rostovie.


(Cette euphorie a lieu en 2019)
Braunschweig

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[img]http://www.vigitower.com/image/content/contenu/services/pc_telesurveillance.gif[/img]

La nouvelle salle de télésurveillance vient d'être livrée à la Zentrale für polizeiliche Videoüberwachung
(Centrale pour la télésurveillance policière, ZePoVÜ) de Dormagen. Sept agents ont été spécialement
formés durant huit mois à l'usage des caméras et images obtenues grâce à ces dernières.
Cette arrivage d'équipement pour la surveillance s'inscrit dans le cadre du projet de contrôle et surveillance
des résidents schlessois. Si la police ignore l'utilisation qui sera faite des installations, elle est inconsciemment
complice de ces agissements de la Division de l'Intelligence Nationale. Cette dernière collecte l'ensemble des
données collectées par la vidéosurveillance. A terme, d'ici à cinq ans le Saint-Empire du Schlessien disposera
de suffisamment d’œil (caméras) pour voir tout ce qui se passe dans les rues du pays. En parallèle, la Division
de l'Intelligence Nationale a prévu un large déploiement de dispositifs d'écoute qui seront gérés directement
par la police, sur le modèle de la télésurveillance. Empêcher le terrorisme, combattre la subversion et anticiper
les actes hostiles à l'Etat.
Le réseau Orynx sera le pendant international du dispositif « Überwachung und Sicherheit »
Braunschweig

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Relativement discret à l’international ces derniers mois, l’empereur ne l’est en revanche nullement à l’intérieur des frontières de son état. Il avait décidé d’accorder à nouveau plus de temps à parcourir son empire pour rencontrer « ceux qui comptent » comme le disent si intelligemment les membres de son conseil privé. C’est en quelque sorte leur manière de désigner les grandes familles nobles du Saint-Empire. En effet, l’influence des grands aristocrates n’est pas négligeable. Certes, à Wilhemstadt et au Royaume de Braunschweig leur pouvoir reste très limité, du fait du rayonnement de l’autorité impériale. En revanche, dans les autres royaumes, principautés, duchés ou comtés du pays, leur voie est de celles qui sont entendues. Personne n’y nie la supériorité absolue de l’empereur, mais ces éminents personnages y jouissent d’une aura considérable. C’est à Regensburg, capital du Duché de Hessen, qu’il avait prévu de se rendre. Au palais de la ville, le duc s’affairait à recevoir les invités. Deux trônes installés sur un gradin et couverts d’un dais avaient été disposés dans la grande salle de réception. Deux petits marchepieds complétaient l’installation. Anodins en apparences, ces éléments constituent en réalité des pièces fondamentales dans l’incarnation du pouvoir. Le gradin permet de surélever le titulaire de l’autorité et marque la supériorité de ce dernier sur ceux qui l’entourent. Le dais symbolise le lien avec le ciel tandis que le marchepied soutient l’autorité dans la conduite de sa mission. En bas du gradin quelques fauteuils étaient installés pour le duc et son épouse ainsi que divers dignitaires de l’Empire. Des laquais annonçaient les convives au moment où ces derniers pénétraient la grande salle. Le duc les saluait, leur adressait quelques mots puis les invitait à rejoindre les autres.

Laquais
Monsieur le Baron Franz Ludwig von Klettau et madame la Baronne

Karl Albrecht von Hessen
Herzog (duc) von Hessen
Monsieur le baron, soyez le bienvenu dans ma demeure. J’espère que Madame se porte au mieux.

Franz Ludwig von Klettau
Freiherr (baron) von Klettau
A merveille Votre Grâce. On ne pourrait rêver meilleure épouse.

Karl Albrecht von Hessen
Herzog (duc) von Hessen
Vous m’en voyez enchanté cher baron.

Le couple de Klettau se dirigea ensuite vers les autres convives qui étaient déjà arrivés et conversaient en attendant le couple impérial. Les femmes dans leurs robes du soir s’extasiaient devant la beauté du lieu, pendant que les hommes, paré de leurs plus distingués atours et décorations échangeaient quelques nouvelles.
Le invités suivants arrivaient déjà dans un ballet incessant.


Laquais
Sa Grâce Felix Josef von Arenberg, Duc d’Arenberg, et Madame la Duchesse.

Karl Albrecht von Hessen
Herzog (duc) von Hessen
Bonsoir chers amis. Quelle joie de vous recevoir. Vous êtes très en beauté ce soir Madame.

Felix Josef von Arenberg
Herzog (duc) von Arenberg
Quel beau château vous avez là cher duc.

Karl Albrecht von Hessen
Herzog (duc) von Hessen
Un lointain héritage de ma famille. Nous le visiterons demain s’il vous sied.

Felix Josef von Arenberg
Herzog (duc) von Arenberg
Avec plaisir. Aurais-je le plaisir de vous entretenir plus tard à nouveau ?

Karl Albrecht von Hessen
Herzog (duc) von Hessen
J’y veillerai cher ami.

Pendant une demi-heure le duc de Hessen accueillit ainsi ses invités. Vers 18h35, tous étaient arrivés. Alors que tous conversaient, et que le duc avait rejoint, avec son épouse et ses deux filles, les convives, un laquais vint annoncer à l’hôte l’arrivée prochaine du couple impérial. A ces mots, il envoya chercher la duchesse et ses filles et leur fit dire de prendre place près de l’entrée de la salle. Alors les trompettes retentirent. L’Archichancelier de l’Empire ne tarda pas à entrer, précédant le souverain.

Eugen Ferdinand von Croy
Fürst (prince) von Croy, Archichancelier de l’Empire
Son Altesse impériale Friedrich von Schlessien, Saint-Empereur et roi d’Urba et Son Altesse impériale Anna Maria von Sonderburg-Glücksborg

Le couple s’avança jusqu’à arriver au niveau de leur hôte. Ce dernier baisa la main de son souverain.

Karl Albrecht von Hessen
Herzog (duc) von Hessen
Votre Altesse soyez ici chez vous. Mon épouse et moi-même sommes honorés de votre présence.

La duchesse de Hessen effectua une révérence parfaite au moment où son époux la présenta.

Friedrich
Kaiser des Heiligen Reiches (empereur du Saint-Empire)
Monsieur le Duc, votre invitation nous réjouit. L’impératrice et moi-même vous en remercions.

Karl Albrecht von Hessen
Herzog (duc) von Hessen
Permettez que je vous présente mes deux filles : Louise et sa sœur cadette Eleonora.

Les deux jeunes femmes marquèrent une révérence dans le plus parfait respect de l’étiquette.

Anna Maria
Kaiserin (impératrice)
Voilà deux magnifiques enfants que vous avez Monsieur le Duc.

Karl Albrecht von Hessen
Herzog (duc) von Hessen
Merci Votre Altesse.

Le couple impérial s’avança ensuite au milieu des convives qui s’étaient écartés pour laisser un chemin jusqu’au trône. Lorsqu’ils passaient au niveau des invités, les femmes pliaient les genoux, tandis que les hommes courbaient légèrement l’échine. Une fois installés, le duc invita à reprendre la fête. Des domestiques circulaient avec des plateaux en argent sur lesquels étaient disposés boissons et canapés apéritifs. Plusieurs d’entre eux étaient spécialement affectés au service du couple impérial. Tandis que tous conversaient, mangeaient et buvaient, Friedrich s’adressa au duc.

Friedrich
Heiliger Kaiser (Saint-Empereur)
Quel âge ont donc vos jeunes filles Monsieur le Duc ?

Karl Albrecht von Hessen
Herzog (duc) von Hessen
Elles sont jeunes Votre Altesse. L’aînée a à peine dix-neuf ans et sa cadette en a quinze.

Friedrich
Heiliger Kaiser (Saint-Empereur)
La noblesse de leur famille se lit sur leur visage.

Adressant des sourires aux convives jetant leur regard vers le gradin, le couple impérial appréciait ces instants à converser (dans un strict respect de l’étiquette cependant) avec leurs sujets aristocratiques. Cela leur permettait de prendre le pouls au sein de la caste dirigeante.
Vers 21 heures, l’empereur se leva et son épouse l’imita. L’assistance se fit plus silencieuse. Tous regardaient vers eux. Ils descendirent les quelques marches pendant que les invités faisaient une large place au centre de la salle. Une fois qu’ils furent arrivés au centre de ce cercle de nobles, les musiciens entamèrent un air de valse. Tous regardaient. Trois minutes entières durant. Puis Friedrich et Anna Maria retournèrent vers les trônes. Avant de s’assoir, l’empereur s’adressa aux convives.


Friedrich
Heiliger Kaiser (Saint-Empereur)
Que nos nobles sujets se divertissent. Dansons.

Les violonistes reprirent alors leur activité.
Braunschweig

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L’Empereur Friedrich s’était éteint le 27 octobre 2021 au Palais Lietzen. Après deux semaines, le dernier jour du deuil national, en ce 10 novembre, les funérailles devaient rassembler tous ceux, qui une dernière fois, souhaitaient faire leurs adieux à « leur » Empereur.

Sur le parvis de la cathédrale de la Résurrection, à Wilhelmstadt, les invités se succédaient pour prendre place dans la nef de l’église. Clark Johnson, son épouse, et la délégation océanienne, furent parmi les premiers officiels à arriver. Toutes les places étaient marquées, et contrairement à ce qui s’était fait lors du couronnement du roi Constantin III de Rémino, on avait pris grand soin d’installer les « invités » selon, certes un ordre protocolaire bien défini, mais également en fonction des « affinités » probables entre les délégations. Ce dernier ne fut pas non plus parmi les derniers. Fraichement couronné, il s’était paré d’un uniforme et de nombreuses médailles et décorations. Certains se sentiraient plus seuls que d’autres, en raison des différends entre leur pays et le reste de la communauté internationale. L’ambassadeur tcherkessien Alexej Dobročký ou la délégation danmayenne, emmenée par le frère de « l’empereur », Eric Neto, risqueraient de penser être en terrain hostile. Cependant, en ce jour de recueillement et de prière, grand soin avait été pris pour subvenir par anticipation à leurs éventuels besoins. En ce jour, on ignorerait ces querelles, afin de partager des moments de méditation et de paix. L’ambassadeur kaiyuanais prenait soin d’expliquer à son souverain et son épouse les particularités de l’étiquette schlessoise. Rigide. La mère de Tianzn VI était également présente. Elle connaissait le défunt monarque alméran. L’empereur Padisha, lui aussi fraichement fait souverain, fut placé à proximité de Constantin III, sans véritable surprise finalement. Le Dalaï Lama, Banyat Gyatso, accompagnait la délégation kaiyuanaise. Il fut tout particulièrement salué par l’archevêque de Wilhelmstadt. Ils échangèrent quelques paroles puis le guide bouddhiste prit place aux côtés de Tianzun VI.

Quelques minutes passèrent, durant lesquelles de nombreux aristocrates du Saint-Empire firent leur entrée. Ils avaient tous, sans exception revêtus l’habit militaire. Sabre au fourreau, ils s’avançaient avec pompe ils prirent place aux places qui leurs étaient assignées. Une légère génuflexion en direction de l’autel fut effectuée par tous. Ils furent suivis par Sa Majesté Kenneth et son épouse. Eux-mêmes étaient entourés de la noblesse coor. Duc, marquis et comtes les accompagnaient. Leur entrée fit grande impression tellement ils étaient nombreux. Le monarque, son épouse, sa famille, le marquis McAilpin ainsi que le cardinal Disibod prirent place dans les premiers rangs, tandis que l’aristocratie se joignit à la noblesse impériale. Le premier monarque de l’ancienne Sainte Alliance à être entré, fut bientôt rejoint par les valacides. Nombreux également, ils jouirent du réchauffement des relations entre le Saint-Empire et le Valacida pour se voir correctement placés. Juan Carlos s’entretenait avec le cardinal German et le reste de sa délégation. Lorsqu’ils franchirent les grandes portes de la cathédrale, ils firent silence, reçurent les salutations des religieux schlessois présents à l’entrée, ainsi que d’une partie de la famille impériale.

Le reste des délégations arriva de manière plus groupé. Charles Philippe de Fiémance, sa délégation, étaient immédiatement suivis de Sa Majesté Annabelle et de Nina Saratova. Ils furent placés à proximité les uns des autres, dans les premières rangées. Juste derrière les places prévues pour les archiducs schlessois. Alexandre de Biturige reçut également quelques honneurs des membres du clergé. Sergueï Youkanski, Samuel Dupont, Kazimieras du Liethuviska ainsi que Dmitri de Transyldavie et leurs délégations arrivèrent à la suite. A croire que le Jeekim s’était organisé pour arriver d’une traite. Les Raksasans furent les derniers. Siman II reçut tous les honneurs dus à son prestigieux rang.

Le cercueil couvert d’un étendard aux couleurs de la maison de Braunschweig avait été déposé dessus. Autour de celui-ci, des soldats, dans leurs uniformes d’honneur. Ils étaient statiques. Comme de marbre, disposés là comme pour accompagner la dépouille mortelle dans son dernier voyage. Tous avaient servis auprès de l’Empereur. En ce jour, ils lui rendaient un dernier hommage. Bientôt, depuis l’entrée de la cathédrale, s’avançaient les hommes de la garde. Au devant des deux colonnes, trois soldats ouvrant la marche. Lentement, ils s’avançaient vers le cœur, avec sur leurs flancs, deux étendards du Saint-Empire. Une musique s’éleva depuis l’orchestre et le chœur. Le [url=http://www.youtube.com/watch?v=2wGLDVEXK5M]Lacrimosa de Mozart[/url] résonna dans toute l’église, marquant ainsi l’ouverture de la liturgie. Au dehors, le soleil de ce début novembre semblait vouloir donner aux vitraux une dernière fois un éclat, en mémoire du souverain défunt.

Alors que les soldats s’avançaient dans la nef, escortant le Saint-Empereur Viktoria jusqu’à son siège, les clercs, précédant Sa Sainteté Alexandre IX, constituaient l’autre partie de la procession. Ils s’avancèrent jusqu’au pied de l’autel puis s’agenouillèrent, avant de prendre place également.

<center>[url=http://www.hostingpics.net/viewer.php?id=672845Mosaique1.jpg][img]http://img11.hostingpics.net/pics/672845Mosaique1.jpg[/img][/url]</center>

Le rite de la lumière était le premier geste qui fut effectué. Sur les deux côtés du cercueil, trois cierges éteints, et au devant, le cierge Pascal, seul à brûler. Deux religieux vinrent allumer les six bougies, marquant ainsi l’espérance suscitée par la lumière du Christ ressuscité. C’est au son du [url=http://www.youtube.com/watch?v=pqaARDsiJv4]Dies Irae de Mozart[/url] que fut réalisée cette étape de la célébration. Après que fut chantée une prière pénitentielle, le pape procéda à la première lecture en latin (la messe est en latin, des traductions ont été fournies).

Quand je crie, répondez-moi, Dieu ma justice !
Vous qui me libérez dans la détresse, pitié pour moi, écoutez ma prière !
Beaucoup demandent :
« Qui nous fera voir le bonheur ? »
Sur nous, Seigneur, que s’illumine votre visage !
Dans la paix, moi aussi, je me couche et je dors,
car vous me donnez d’habiter, Seigneur, seul, dans la confiance.


Après que la liturgie eut été respectée, au son de [url=http://www.youtube.com/watch?v=2bosouX_d8Y]l’Ave Maria de Schubert[/url] on fit une prière à la Vierge Marie. Le [url=http://www.youtube.com/watch?v=-ULWe32piwA&list=PL43C8C7A55648A42A]chant de sortie avait été composé par Berlioz[/url]. Une procession s’initia. Portant la croix, les clercs, avec le Pape, étaient suivis par les gardes escortant à nouveau le cercueil que suivaient la famille impériale et les invités. Au dehors de la cathédrale, des milliers de sujets observaient, dans un silence absolu, comment la dépouille fut posée dans le carrosse, tiré par six chevaux. Revêtus d’une cape noire, la garde impériale l’entourait. Immobile. Le cortège traversa la ville, lentement, pour se rendre à la Crypte des Capucins, lieu où reposent tous les souverains et la famille impériale. Six hommes se saisirent du cercueil et le portèrent jusqu’au pied des quelques marches.

Le rituel fut appliqué à la lettre. L’Archichancelier de l’Empire s’avança vers la lourde porte de métal et avec son brigadier la frappa trois fois, une première fois.

- Wer ist da ? demanda le père de l’abbaye.
- Seine kaiserliche Majestät, Kaiser von Urba, Heiliger Kaiser des Heiligen Kaiserreiches, König von Nazareth, Braunschweig, Allersberg, Brandenburg, Breslau, Heilbronn, Königsberg, Fürst von Limburg, Lobkowitz, Erzherzog von Niederrhein, Herzog von Ratzeburg, Simmern, Graf von Wurtzburg, Zwielhafen, Herr von Tyrol, Nordland und Schützer des christlichen Glauben, Friedrich von Braunschweig, répondit l’Archichancelier
- Wir kennen ihn nicht, se fit entendre une voix derrière la porte.

A nouveau trois coups retentirent.

- Wer ist da ?
- Seine Majestät Friedrich von Braunschweig.
- Wir kennen ihn nicht.

Pour la dernière fois, on frappa trois coups.

- Wer ist da ?
- Friedrich, ein armer Sünder.
- So komme er herein.

Trad.
- Qui est là ?
- Sa Majesté impériale, Empereur d’Urba, Saint-Empereur, roi de Nazareth, de Braunschweig, d’Allersberg, de Brandenburg, de Breslau, de Heilbronn, de Königsberg, prince de Limburg, de Lobkowitz, archiduc de Niederrhein, duc de Ratzeburg, de Simmern, comte de Wurtzburg, de Zwielhafen, seigneur du Tyrol, suzerain des ducs de Nordland, Protecteurde la Foi catholique, Friedrich de Braunschweig
- Nous ne le connaissons pas.
- Qui est là ?
- Sa Majesté Friedrich de Braunschweig.
- Nous ne le connaissons pas
- Qui est là ?
- Friedrich, un pauvre pécheur.
-Qu’il entre.


A cet instant, les portes s’ouvrirent. Alors, les hommes portant le cercueil s’avancèrent vers l’intérieur pour que puisse y reposer le corps mortel de leur Empereur. Seuls la famille impériale le suivit. Avec la fermeture du sarcophage une page de l’histoire se tournait. Après trente ans de règne, Friedrich laissait un Empire au nouveau visage à sa fille, au monde.

<center>[url=http://www.hostingpics.net/viewer.php?id=960969Mosaique2.jpg][img]http://img11.hostingpics.net/pics/960969Mosaique2.jpg[/img][/url]</center>
Braunschweig

Message par Braunschweig »

L'imposante flotte du Saint-Empire était arrivée sans encombre à destination. Elle avait réussi durant son périple à éviter le déclenchement d'une guerre pour aller en mener une autre. A l'autre bout du monde.
Voila ses marins rassemblés sur les ponts et les coursives des bâtiments de guerre. Droits, tous ces hommes et femmes attendaient que s'exprime "leur" amiral.


[quote="Extrait d'un discours de l'Amiral von Soldenheim"]Soldats ! Marins et officiers !

Vous voilà sur le point de livrer une bataille qui fera date. L'Histoire se souviendra de vous comme les héros d'un monde nouveau. Ce monde nouveau est entrain d'émerger. Et vous aurez participé, en donnant votre vie, à le construire. Soyez fiers chaque instant de vous battre pour cette cause juste. Parce que cet ordre neuf qui émerge c'est celui des peuples qui se lèvent face à l'oppression. Face aux communismes et à l'oeuvre des vils vous avez refusé de vous soumettre. C'est l'Alméra toute entière qui a le regard tourné vers vous seuls. Le monde vous observe et l'Histoire nous jugera.

L'heure est venue de rendre son dû à la civilisation chrétienne que nous voulons triomphante. Pour l'Alméra nous exigeons le respect. Pour notre Foi nous voulons l'admiration. Et pour nos croyances nous imposerons la paix. Afin que nos fils et filles demain vivent paisiblement, dans un monde débarrassé définitivement de l'horreur inhumaine du bolchevisme, je vous demande, marins, d'agir sans faillir. Que votre bras ne tremble pas. Notre cause est juste. Elle est naturelle. trop longtemps nous avons eu l'échine courbée, par honte de notre passé. Nous avons eu à subir la vindicte de ceux qui ont tant agi pour que nous renoncions à ce qui revient au peuple du Saint-Empire et à toute la Chrétienté. Devant Dieu, nous demandons aujourd'hui justice ! Qu'ils tremblent ceux qui se sont coalisés pour affaiblir notre Foi. Qu'ils sachent que les nations véritablement chrétiennes se sont unies pour accomplir ce que nous veulent voir exécuter nos prêtres, nos femmes, nos enfants et nos rois !

Nous y sommes camarades*. Il vous appartient de choisir à présent. Voulez-vous vivre soumis, dans la honte et la résignation face à ce que nous détestons le plus en ce bas monde ; ou alors êtes-vous prêts à engager toutes vos forces, toute votre âme à servir ce que notre Empereur souhaite pour ses peuples : la gloire, l'honneur et tout cela dans la plus humble piété ? Vous couvrirez-vous de déshonneur ou bien au contraire écrirez-vous les pages de la gloire éternelle du Saint-Empire, au nom du Seigneur ? Je le sais, moi, ce que vous ferez, lorsque demain tonnerons les canons de nos ennemis. Vous êtes de la plus grande race des hommes. Votre courage ne connaît comme limite que celles de notre monde. Dès les première lueurs du matin qui suivra cette épique bataille que vous remporterez, partout dans le monde, sur tous les continents et par delà toutes les mers, on chantera vos louanges, on parlera de vous en ces mots : "ils étaient braves et ils ont vaincus !". Vous serez les exemples de l'honneur et de la folle envie de croire en homme libre.

Soldats, je suis fier de vous commander aujourd'hui. Je serai immensément fier de vous guider demain lors de la bataille. Et je ne saurai jamais dire suffisamment combien vous avez honoré votre drapeau après-demain lorsque nous fêterons notre triomphe.

Certains de vous tomberons sur le champ d'honneur. La mer sera le tombeau de beaucoup. Pourtant je sais qu'aucun ne faiblira face à la mort. Le Royaume de Dieu se présentera alors aux plus vaillants qui auront donné leur sang pour une cause que vous savez être juste. Ne vacillez pas. Lorsque votre camarade tombe, serrez les rangs ! Faites montre de solidarité ! Ne pleurez pas ! Un monde meilleur attend ceux que demain nous autres au contraire, nous qui serons demain en vie pleurerons en revanche. Dans les foyers du Saint-Empire nos amis savent aussi que le sacrifice que nous consentons est nécessaire pour qu'eux puissent jouir des leçons des Saintes Écritures. Par notre mort nos familles vivront. La Résurrection est donnée à ceux qui savent faire don d'eux même pour accomplir les volontés de leur souverain et du Tout-Puissant.

Je vous sais courageux et intrépides. Je suis votre commandant et je serai à vos côtés sous le feu ennemi lorsque nous engagerons la bataille. L'océan sera le seul témoin de notre acte héroïque. Je triompherai avec vous, ou alors je périrai parmi vous. Vous êtes ma famille et ensemble nous allons accomplir la plus grande chose que l'histoire nous a donné d'accomplir. Ensemble nous allons frapper le bolchevisme en son cœur. Nous allons réduire en cendre l'oeuvre du Mal. Chaque navire à l'étendard rouge est une insulte à la toute puissance du Très-Haut. Ne ménagez jamais votre peine. Donnez vous entièrement à cette tâche immense qui nous attend. Jamais personne ne pourra oublier votre entière confiance dans la cause que vous défendez. Battez-vous sans relâche ! Ne vous résignez en aucun instant ! L'ennemi tentera, par de lâches manœuvres de vous faire douter. Ne céder pas à la tentation du Mal. Tournez votre cœur vers le Seigneur et récitez ces paroles : "Seigneur délivre nous du Mal". C'est en Lui que vous saurez toujours trouver le réconfort et le courage nécessaire à réaliser son oeuvre.

A votre retour vous serez célébré par vos familles, par notre Empereur, par tout le peuple du Saint-Empire. Je vous le promets, demain nous serons vainqueur.[/quote]

*Dans le langage militaire du Saint-Empire "camarades" n'a pas la connotation marxiste et socialiste.
Braunschweig

Message par Braunschweig »

<center>[url=http://www.hostingpics.net/viewer.php?id=129232Kriegsanleihe1.png][img]http://img11.hostingpics.net/pics/129232Kriegsanleihe1.png[/img][/url]
Sur les panneaux d'affichages officiels et dans les rues
Acheter les bons de guerre, Banque impériale
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Braunschweig

Message par Braunschweig »

<center>Dunkle Nacht, finstere Nacht. Geschichte eines Verrates - Nuit sombre, nuit noire. Histoire d'une trahison

Schloss Bellevue, Palais du Chancelier

[img]http://img11.hostingpics.net/pics/178367SchlossBellevue1.jpg[/img]</center>

Toute la journée durant, Katia von Grafstadt avait été occupée à recevoir tel ministre venu se plaindre de l'insuffisance de son budget, puis tel chef d'entreprise expliquant la nécessité de mieux avantager les groupes du Saint-Empire pour favoriser les exportations, avant de poursuivre avec tel religieux qui expliquait avec un calme placide les dangers de relâcher la vigilance dans la propagation du catholicisme parmi les protestants. Elle ne pensait, en cette fin d'après-midi brumeuse, plus qu'à une seule chose : regagner ses appartements et s'y reposer auprès de son époux et entourée de ses enfants.

Ses parents l'avaient pourtant préparé à faire face à la fatigue, à ne jamais baisser les bras, à toujours être la meilleure ; en tout. Ils l'avaient envoyé dans les meilleurs pensionnats, dans les meilleures écoles, les meilleurs universités. Elle avait eut les plus brillants précepteurs, les plus illustres professeurs, des philosophes de renom. Non. Tout avait décidément été fait pour la former à assumer des grandes responsabilités. Et pourtant, assise dans son fauteuil, derrière son bureau, sur lequel commençait à s’amonceler des dossiers de toute sorte -rapprochement des nations germaniques, guerre contre la Main Noire ou bien également politique fiscale pour la nouvelle année, la Chancelière était traversée par une nostalgie soudaine. C'était un sentiment assez neuf chez elle. Elle qui ne s'attardait que rarement sur le passé, constamment tournée vers l'avenir.

A l'intérieur du poêle en faïence la flambée faisait doucement chanter le bois qui se consumait, réchauffant ainsi l'atmosphère du bureau. Les dernières semaines avaient vues la température chuter rapidement. Le mercure était descendu jusqu'à 0 degré ces jours. Bientôt les premières gelées arriveraient. Cette ambiance chaleureuse contribuait à alimenter la rêverie de Katia von Grafstadt, tandis qu'une hirondelle rustique vint se poser sur le bord de la fenêtre. Sa robe bleue et blanche la rendait facilement reconnaissable. Bientôt elle quitterait le pays le temps d'un hiver, migrant vers des contrées plus chaudes. L'oiseau la fixa. Il se retourna en sautillant. Chanta quelques secondes puis s'envola.

La tirant de sa mélancolie, un huissier interrompit les songes de la Chancelière. Il était grand, mince, les cheveux soigneusement coiffés. Son costume sombre était rehaussé d'un collier en or. Les insignes des chefs de gouvernement étaient gravés sur le médaillon que ce dernier portait, accroché aux revers de son veston par une chaîne. Son nœud de papillon blanc et sa redingote lui donnait un air tout droit sorti du début du siècle passé. Ses petites lunettes lui donnait un air encore davantage sérieux.

- Madame, votre époux demande si vous les rejoindrez bientôt dans vos appartements, demanda l'huissier en restant raide comme un i quelques pas à l'intérieur du bureau. Derrière lui la porte était restée ouverte. Katia put y apercevoir quelques unes de ses secrétaires. L'une d'elles, jetant un regard à l'intérieur du salon sembla sourire à la chef du Gouvernement. Cette dernière le lui rendit.
- Dites leur que j'aurai bientôt terminé. Il me reste à voir quelques détails d'un dossier avant de pouvoir les rejoindre.

L'huissier acquiesça puis s'en retourna à ses activités, laissant Katia à ses affaires. Le silence revint rapidement dans le bureau.
Derrière la porte, elle pouvait néanmoins entendre quelques fois le parquet grincer sous les pieds de ses collaborateurs. A présent une voix d'homme se mêla à celles de ses collaboratrices. Elle la reconnut vite. C'était celle du secrétaire général. Cette voix, Katia la connaissait bien. Elle était caractéristique de Otto Ritter von Beck. Elle était grave, même pour un homme. Pourtant, il y avait dans son timbre quelque chose de rond, de chaud. Cette voix, Katia aimait à l'entendre. Elle était rassurante. Bientôt le calme revient dans le bureau du secrétariat particulier. A nouveau la porte du salon de travail s'ouvrit. Cette fois aucun huissier. Juste le « Grand Intendant ». Ce surnom, ce sont les collaborateurs de la Chancelière qui l'avaient attribué au secrétaire général. Au Palais, tout passait par lui et c'est lui qui validait ce que Katia ne validait pas elle même.
Otto portait une veste en tweed. Sa cravate en tricot lui était parfaitement assortie. Tout comme la pochette diplomatique qu'il arborait tous les jours. C'était un homme d'une grande élégance et d'une extrême finesse, tant dans ses mots que dans la manière dont il se présentait. Katia l'avait déjà rencontré en tout début de matinée, comme quotidiennement pour faire un point sur l'actualité du pays et pour discuter brièvement des informations politiques utiles. Il n'était pas rare que celle-ci demande cependant à le revoir au cours de la journée, voire même le soir avant de quitter le bureau. En revanche il était moins fréquent que ce soit Otto qui insiste pour obtenir un entretien aussi tardivement.

- Bonsoir Katia. Vous m'excuserez, j'ai été retenu quelques instants par vos secrétaires.

Bien que son bureau fusse communicant avec celui de la Chancelière, le secrétaire général aimait à passer régulièrement par celui du secrétariat particulier. Cela lui permettait de s'enquérir des coups de téléphones importants que la chef du Gouvernement pouvait avoir reçu. Une manière, bien à lui, de ne jamais être en dehors du circuit.
Jusqu'ici cela lui avait plutôt bien réussi. Rien de ce qui se passait dans les murs du « Château » ne lui échappait.

- Bonsoir Otto. Prenez donc une place.

Dehors la nuit tombait à présent. A travers la fenêtre qui donnait sur les jardins, on pouvait voir comment maintenant les lumières commençaient à s'allumer, éclairant le petit bassin.

- Vous vouliez me voir. Je suppose que c'est important, poursuivit Katia.

Otto Ritter von Beck acquiesça avant de tendre une chemise en carton à la Chancelière. Puis, il se reposa au fond du fauteuil ancien dans lequel il s'était assis. L'ambiance était d'époque. La Chancelière avait pris grand soin de faire ses recommandations pour que soit restitué l'esprit baroque d'époque. Il faut dire qu'elle était grande amatrice de meubles anciens. Selon ses mots, ils retranscrivaient parfaitement l'esprit de l'époque. Le secrétaire général laissa quelques secondes s'écouler avant de reprendre.

- Vous trouverez parmi ces documents quelques informations intéressantes. Appuyé sur l'accoudoir, il posa son menton sur son poing. Comme vous me l'aviez demandé j'ai été particulièrement attentif aux entreprises de Schäffers. Jusqu'ici rien de bien passionnant. Quelques visites en circonscription, des interventions dans des médias locaux. Bref, la routine.

Katia ne répondit pas immédiatement. Elle restait plongée dans sa lecture. Avait-elle vraiment écouté ce que venait de lui raconter son collaborateur ? Parfois ce dernier se demandait même si elle l'écoutait tout court. C'était l'une de ses facultés : donner l'impression d'être occupée à autre chose, et n'être pas attentif. Pourtant, rien ne lui avait échappé. Elle referma la chemise, la posa délicatement sur une pile d'autres documents. Puis fixa Otto dans les yeux.
Ils étaient marrons. Plutôt noisettes en réalité. De beaux yeux. On dit que les yeux sont le miroirs de l'âme. Si c'était vrai, alors le secrétaire général devait avoir une très belle âme.

- N'a-t-il reçut personne ces derniers jours ?
- Si. Quelques ambassadeurs, des représentants d'associations, et deux ou trois députés. Rien de bien excitant. S'interrompant comme s'il venait de découvrir une informations capitale, il se mit à réfléchir. Comment pouvait-il formuler la suite. J'ai d'ailleurs pris l'initiative de les inviter, avec d'autres élus pour ne pas éveiller l'attention, pour tenter d'en savoir davantage sur le contenu des conversations qu'il a eu avec eux.

Katia était satisfaite. Peter Schäffers avait tenter de lui ravir « sa » place lors du choix du candidat qui mènerait les législatives de 2019. Elle le savait habile politicien. Il lui faudrait donc le neutraliser. Surtout que son premier mandat n'avait pas été sans certaines agitations, quelques imprévus ou plusieurs difficultés. S'il était aussi fourbe qu'on le disait, alors il tenterait, tôt ou tard, d'en profiter. Elle devait être prête.
Contente de comment les choses se mettaient en place, dix huit mois avant les prochaines élections, elle mit fin à l'entretien.

- Nous nous verrons demain matin pour un point d'actualité, comme d'habitude. Merci beaucoup Otto.
- Passez une bonne soirée Katia, lui dit-il avant de refermer la porte du bureau.

Il faisait nuit dehors à présent. Katia rassembla quelques affaires puis décrocha le téléphone. Elle composa le numéro.
Ça sonnait. Une voix d'homme répondit.

- Oui, c'est moi, annonça-t-elle.
Braunschweig

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Histoire d'une trahison (II)


Schloss Großhöflein, Ministère des Affaires étrangères

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Il s'en était passé du temps depuis les voyages de Peter Schäffers à travers le Saint-Empire lorsqu'il était encore ministre de l'Intérieur. Bien qu'il appréciait beaucoup ses nouvelles attributions son précédent portefeuille lui permettait de traverser le pays en long et en large sans éveiller trop l'attention de la Chancelière. Sans doute cette dernière l'avait-elle nommer aux Affaires étrangères pour mieux le contrôler et l'empêcher de trop étendre ses réseaux politiques à l'intérieur du pays. La chef du Gouvernement et lui ne s'aimaient guère. Et c'était devenu de notoriété publique. Pourtant, Katia von Grafstadt ne pouvait se débarrasser de son rival à l'occasion d'un simple remaniement ministériel. Au sein du parti Peter Schäffers comptait trop. Ses soutiens étaient puissants et se seraient sans doute fait très bruyants et gênants en cas d'éviction. Cela permettait à ce dernier d’œuvrer dans l'ombre à affaiblir la position de la Chancelière tout en renforçant son image de recours pour après les élections. Les élections justement elles approchaient.

Assis dans son bureau en ce début de soirée, le ministre téléphonait avec son homologue édrave. Tous deux s'étaient entretenus de la situation en Alméra orientale et des brusques revirements de politique intérieure de la Fiémance. Si le Schlessien se montrait très virulent à son égard, l'Edravie était plus mesurée. La proximité géographique de celle-ci avec le turbulent voisin de l'est jouait un rôle non négligeable. Finalement tous deux avaient convenu de la nécessité de considérer l'option biturigeoise. C'est peut-être par elle que pourrait passer une plus grande stabilité régionale. Convaincre le ministre édrave de l'opportunité de cette solution n'avait pas été chose aisée tant les ressentiments passés restaient ancrés dans l'esprit collectif en Edravie. Un calendrier avait été arrêté. Tout à coup la prise de contact par l'Archichancellerie d'Etat avec le Palais royal revêtait un tout autre caractère. Petit à petit les pièces du puzzle devaient se mettre en place. Le tout était de ne pas permettre que s'éveillent quelques soupçons de tentative de pousser l'un dans les bras de l'autre. Dans la perspective schlessoise, tous n'étaient que des pions à déplacer. Servant tantôt les intérêts des uns, et le lendemain ceux des autres. Mais au final, chacun devrait y trouver son compte, y compris le Schlessien, et peut-être même tout le Saint-Empire.

Dehors la pluie continuait de tomber. En cette autre journée de septembre, le ciel ne s'était pas découvert un instant et l'eau ruisselait sur les carreaux des grandes portes vitrées. Les gouttes frappaient légèrement ces dernières, composant ainsi une mélodie automnale. Peter Schäffers, après avoir raccroché le combiné jeta un œil à son agenda. Alors que bien des ministres les consultaient depuis leur ordinateurs, lui préférait avoir son planning sur papier, dans un grand carnet avec une élégante couverture en cuir. « J'aime l'odeur du papier », disait-il souvent lorsqu'on l'interrogeait, mi-moqueur, mi-interrogateur, sur son refus de passer au numérique.

Son directeur de cabinet ne tarda pas à venir l'interrompre. C'était un homme que rien ne distinguait particulièrement. Ni sa taille, ni sa manière de s'habiller, et encore moins le regard n'attirait particulièrement l'attention. Seule sa barbe et sa moustache, combinées avec ses petites lunettes presque invisibles lui conféraient un brin d'originalité. Il était en revanche un collaborateur fidèle, entièrement dévoué à la réussite de son patron, qu'il servait depuis ses débuts en politique. Successivement directeur de cabinet lorsqu'il était encore simple parlementaire, puis ensuite dans les différents ministères, c'était un conseiller avisé, brillant même selon certains, il était passé par les meilleures écoles. Ecole des Sciences Politiques de Wilhelmstadt, et Institut impérial d'administration l'avaient conduit à exercer des responsabilités au service de l'Empire. Maintenant il n'était plus qu'au service d'un seul. Et ce ministre, il en était convaincu, il deviendrait un jour le plus puissants d'entre eux. Né d'une mère fiémançaise et d'un père schlessois, Jean-Henri de Chanterpy y œuvrait sans ménagement.

- Monsieur le ministre, j'ai de bonnes nouvelles pour vous, dit-il avec son accent caractéristique qui lui conférait un côté raffiné et élégant.

Le directeur de cabinet referma la porte derrière lui tout en disant ces quelques mots. Sous son bras il tenait une pochette bleue sur laquelle s'affichait en lettres majuscules rouges CONFIDENTIEL. Ce n'était pas rare dans les ministères, et encore moins au Ministères des Affaires étrangères. Pourtant, Peter Schäffers se doutait bien, au vu de la mine réjouit qu'affichait son conseiller, que cette fois-ci c'était différent. Il en était certain : aujourd'hui les informations contenues dans le dossier n'étaient pas de même nature que les autres. Mais il ne pouvait pas se douter combien elles différaient de ce à quoi il s'attendait.

- Eh bien de Chanterpy, vous m'avez l'air fort content de vous. La Fiémance s'est-elle disloquée ? La Rostovie a-t-elle déclarée la guerre au Kirkstan ? Ou bien peut-être les nations germaniques ont-elles enfin décidé de rejoindre le Saint-Empire ?

Le directeur de cabinet ne put qu'esquisser un sourire. Bien que sa mère ait été fiémançaise, il n'éprouvait pour ce pays aucune sympathie particulière. De sa vie il n'en avait rien connu de bien particulier, sinon ce que l'on enseigne dans les écoles schlessoises. Et mis à part quelques voyages sur la terre de ses ancêtres il ne s'y sentait aucunement lié. D'ailleurs, lorsqu'on lui demandait s'il se sentait fiémançais, il répondait par la négative, presque vexé que l'on puisse se poser pareille question. Les Fiémançais, il les trouvait arrogants, trop fiers et condescendants. Pour lui rien ne justifiait de telles attitudes. Et même si la Fiémance eut dominé le monde, il n'en aurait pas excusé un début de prétention.

- Rien de tout cela. Mais je ne désespère pas de pouvoir vous annoncer ces nouvelles là une autre fois. En réalité Monsieur le Ministre, il s'agit de politique intérieure.

Ces mots éveillèrent l'attention de Peter Schäffers. Dans son regard on sentit jaillir une flamme. Son intérêt était devenu maximal après que furent prononcées ces quelques paroles.

- Je vous écoute. Vous avez toute mon attention.
- J'ai pu obtenir les informations dont vous avez besoin. Mon contact aux services de renseignement m'a communiqué une copie de la lettre que la Direction de la Sécurité Extérieure a reçu ces derniers jours.

Jean-Henri de Chanterpy ouvrit le dossier et tendit une feuille à en-tête à son chef. Ce dernier jeta un œil rapide à l'ensemble du document pour prendre connaissance de son contenu. Il s'arrêta net à la lecture d'un paragraphe. Relavant le regard il resta muet quelques secondes. Il n'en revenait pas. Si comme il l'espérait la Chancelière avait accepté, il tenait sa carte maîtresse pour accéder au Schloss Bellevue.

- S'allier avec la Main Noire au Juvna pour affaiblir durablement la Fiémance et le Kirkstan d'un même coup ? Ce serait une occasion rêvée. Surtout que l'on ne nous demande même pas d'agir concrètement. A-t-elle acceptée ?
- Je n'en suis pas encore certain, mais il semblerait qu'elle hésite. Dans son entourage les conseillers sont très partagés. En réalité, de ce que je sais, le problème viendrait de plus haut ; du Palais Lietzen. Je crois que l'Empereur n'a pas eu véritablement connaissance de cette proposition. Ce sont pour l'instant les Grands Dignitaires qui traitent cette affaire. Je peux tenter de les convaincre de ce que nous aurions à gagner à accepter l'offre de l’Émirat.

Peter Schäffers n'en revenait pas. Lui n'aurait pas hésité un instant. Il détestait les communistes, et encore plus les politiciens fiémancais. Mais pas au point de signer un pacte avec le Diable. Et de ce qu'il entendait, à la tête du Gouvernement Katia von Grafstadt n'avait pas encore pris de décision nette. Son intérêt à lui était évidemment de la pousser à accepter. Avec une telle affaire, il le tenait son scandale pour la tuer politiquement.

- Faites tout votre possible de Chanterpy. Elle doit accepter à tout prix. C'est à cette condition que nous aurons notre occasion. Renseignez-vous comme vous voudrez, mais soyez discret. Nous devons acquérir à notre cause les dignitaires de l'Empire. Dès qu'elle aura donner sa réponse positive, nous ferons éclater l'affaire pour provoquer des élections anticipées.

Le directeur de cabinet termina de discuter de quelques modalités d'action avec le ministre avant de quitter le bureau de ce dernier. En son for intérieur, Peter Schäffers savait combien sa méthode était moralement condamnable. Mais pour lui, la fin justifiait les moyens. Après tout, à aucun moment le Schlessien ne fournirait concrètement de l'aide à la Main Noire, puisque lorsqu'éclaterait le scandale il ferait marche arrière, grâce à son action à la tête du Gouvernement. Tout paraissait absolument parfait. Une possibilité d'affaiblir des rivaux à l'est, la perspective de renverser Katia von Grafstadt s'approchant et un moyen de tester son influence au sommet de l'Etat. Dans son esprit, c'était un tiercé gagnant. Dans son esprit seulement, puisque les risques étaient considérables.
Braunschweig

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Histoire d'une trahison (III)


Yacht Universum V, bateau des services de renseignement

[img]http://imagizer.imageshack.us/v2/320x240q90/845/27v7.jpg[/img]</center>

Au large des côtes du Schlessien, quelque part entre le Kaldia et le royaume germanique, le Universum V, yacht de presque quatre-vingt mètres de longueur, avait jeté l'ancre. Son grand radar le distinguait des autres navires qui lui ressemblait. D'ailleurs, vu de l'extérieur personne n'aurait pu se douter qu'il s'agissait d'un bateau dont les propriétaires n'étaient autre que la Direction Générale du Renseignement, tant il ressemblait à un yacht de plaisance. Pourtant, à son bord, les engins de mesure, les outils de navigation et les équipements n'avaient rien de standard. Tout était à la hauteur des besoins des services secrets pour un pareil navire. D'ailleurs, il se disait même, au sein des services, pour ceux ayant connaissance de l'existence du Universum V, mais n'étant jamais monté à bord, qu'il y aurait quelques cellules et une salle d'entretien -doux euphémisme pour parler de salle d'interrogatoire.

Au dehors, une activité étrange régnait autour du Universum. Plusieurs hors bord approchaient à grande vitesse. Ils étaient au nombre de trois. Deux d'entre eux ne semblaient d'ailleurs que servir d'escorte au premier qui filait en tête de la formation. Leur vitesse provoquait de nombreuses vagues et elle laissait de l'écume dans leur sillage. Le bruit des moteurs se fit plus intense à mesure qu'ils approchaient du « navire amiral » qu'était le Universum. Dans le même temps, plus au loin, presque encore invisible, un hélicoptère approchait par les cieux. Avec ses jumelles, le commandant pouvait le distinguer nettement. Il ne faudrait que quelques minutes pour qu'il soit à hauteur du yacht. Sur le pont arrière et sur l’héliport, l'équipage se pressait pour accueillir les visiteurs d'un jour.

Pendant ce temps, Moritz Lundsar, le directeur de la Division de la Sécurité Extérieure (les services de renseignement extérieur du Saint-Empire), était installé sur la terrasse premier étage. Dans un large fauteuil, au cadre en bois noble, il se désaltérait avec un verre d'eau minérale gazeuse tout en lisant le livre très à la mode de Martine Folaert, 100 jours dans l'eau croupie. Une rondelle de citron permettait de relever le goût de sa boissons, sans en perdre le côté rafraîchissant. Sa lecture était instructive. Elle l'amusait beaucoup. Lui qui avait toujours mené une vie presque monastique et sans abuser de plaisirs inutiles, se réjouissait de voir l'image d'une Fiémance idéalisée se fissurer. Ce pays portait son lot de privations. Son opinion était arrêtée : beaucoup tendait à confondre respect des traditions et préservation culturelle avec le retour en arrière, la reconstruction d'un passé qui par définition s'est éteint. Pour lui, conservateur dans l'âme, avec l'idée grande d'un conservatisme pragmatique chevillée au corps, les politiques fiémançaises et la tendance de l'Alméra occidentale à vouloir déconstruire ce que le temps à construit, était rétrograde, dangereuse. Chaque pages qu'il tournait en était pour lui une preuve supplémentaire. Il le savait bien ce qui se déroulait dans les campagnes fiémançaises. Il n'avait pas besoin de lire des livres pour être informé, mais cela ne faisait que conforter son opinion. D'autres aussi trouvaient cela surprenant de se battre contre le temps, à la manière d'un Don Quichotte lancé dans un combat contre les moulins à vent. C'était ça la Fiémance : un personnage de roman accompagné de son valet partant se lançant dans une lutte vaine, perdue d'avance.

Lorsque [url=http://www.simpolitique.com/post226134.html#226134]Jean-Henri de Chanterpy[/url] arriva, il referma son ouvrage et le posa sur la table.

- Vous aussi monsieur le Directeur vous savourez ces pages délicieuses en anecdotes venues de Fiémance ? demanda le directeur de cabinet du Ministre des Affaires étrangères en affichant un sourire satisfait.

De Chanterpy aussi avait profité de la publication massive au Saint-Empire de ce livre. Il faisait d'ailleurs partie des meilleurs ventes au Schlessien, mais également au Lochlann, où progressivement le même sentiment de rejet de la Fiémance imprégnait la population. Il faut bien avouer que les propos des chefs de gouvernement d'Opemont à l'égard de la culture germanique et scandinave successivement rapportés par les quotidiens nationaux et locaux avaient tendance à renforcer ce mécontentement.

- C'est absolument fascinant ce que l'on raconte de la Fiémance. Dommage qu'il manque d'un peu de nuance. Tout n'est pas exactement tel que c'est écrit. Cela dit, comment ne pas s'interroger sur le modèle fiémançais quand on voit et lit le mode de vie des Fiémançais ? Ce sujet mériterait presque que l'on s'entretienne à son propos dans une conversation particulière tant il est vaste et complexe, répondit le Directeur des services de renseignement extérieurs.
- Et à n'en pas douter, vous êtes au courant de bien des choses je suppose.
- Nul besoin d'être dans les services de renseignement pour en savoir un minimum sur les autres pays. Il suffit d'ouvrir un bon livre ou de discuter avec des individus qui se sont rendus sur place. Vous savez, le pouvoir de connaissance que l'on prête à la Direction Générale du Renseignement, et aux services de ce genre plus généralement, quel qu'il soit, est largement surfait. En utilisant les bons outils, n'importe qui pourrait en savoir déjà beaucoup.

Tout en disant cela il s'était levé pour saluer le directeur de cabinet de Peter Schäffers. Il lui proposa de s'installer avec lui dans un fauteuil, tout en lui préparant et servant un verre d'eau. Il le posa sur la table en face de son interlocuteur.

- Excusez-moi, je ne vous ai pas demandé ce que vous souhaitiez boire, j'ai pris cette liberté de vous servir la même chose que ce que je prends d'habitude : un verre d'eau gazeuse avec une fine rondelle de citron. J'espère que cela ira.
- Ne vous inquiétez pas. Ce sera parfait. Par cette chaleur rien de plus agréable qu'un rafraîchissant pareil, rétorqua de Chanterpy pour ne pas mettre son hôte mal à l'aide.

Chanterpy était un homme policé, très bien élevé et d'une grande finesse. Son raffinement émanait d'ailleurs aussi de son allure générale. Elle le rendait très appréciable aux yeux de ses interlocuteurs et de ceux qui le côtoyaient. D'ailleurs il en usait. A plus d'une titre, certains de ses adversaires ont regretté de n'avoir pas été plus méfiant face à lui. Personne ne lui prêtait de mauvaises intentions. Il était souvent trop tard pour la personne qui se rendait alors vraiment compte de sa nature de « tueur ».

- Permettez moi Monsieur Lundsar de vous demander en toute franchise, en attendant qu'arrive notre dernier visiteur, le Saint-Empire va-t-il soutenir la Main Noire, discrètement évidemment et dans le plus grand secret, à affaiblir la Fiémance et le Kirkstan au Juvna ? interrogea-t-il avec une franchise à couper au couteau. Il comptait d'ailleurs sur ce franc parler pour obtenir des réponses. Après tout, que le ministre des Affaires étrangères soit au courant n'avait rien de bien extravagant.
- Vous êtes bien informé de ces questions dites-moi.

Moritz Lundsar était presque surpris de cette honnêteté. Une information pareille était en outre de nature très confidentielle. Que son interlocuteur aborde ce sujet si directement le laissait pantois. Qu'importe. Il avait été prévenu. Et il savait que cette visite n'avais comme seul intérêt que d'obtenir une réponse à cette interrogation. Quel utilité donc à tourner autour du pot. Il s'agissait de donner à de Chanterpy ce qu'il voulait entendre.

- Oui, répondit-il avec simplicité. Oui, le Saint-Empire a pour projet d'agir pour clouer le bec à la Fiémance. Et si au passage le Kirkstan peut être ralenti dans ses ambitions territoriales dévorantes, alors ce sera tant mieux.

Trois lettres, un mot. C'est tout ce qu'il fallait à Chanterpy pour être satisfait. Le voila qui affichait un léger sourire en coin. Il ne comptait pas du tout en faire l'usage qu'on aurait pu penser et de ce que l'on aurait pu attendre du bras droit du ministre des Affaires étrangères. cette information, c'était pour lui et son patron une arme de destruction massive à usage politique. Au fond, il se fichait bien de savoir si le Saint-Empire agirait et comment. Lui, ce qui l'intéressait c'était de pouvoir l'utiliser contre l'adversaire de Peter Schäffers au Gouvernement.
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