2 Novembre de l'an de grâce 2021
<center>[img]http://www.museoweb.it/secondo_mona/img/b1-f07b.jpg[/img]
Vielle photo que je viens de retrouver. Moi avec deux mécanos sur mon Marchettiae. On vient de passer 4 heures à effectuer la maintenance totale sur le gros moulin de 1 200cv au dessus de ma tête. Il faut croire que son fabriquant Isotta Fraschius aimait les pilotes pour faire un moteur aussi simple et fiable. 23 ans, et toujours fringant.</center>
Il commence à faire froid, très froid, et ce même sur la côte. Je n'ai pas dépassé 3 000 pieds d'altitude, et pourtant malgré mes gants de cuir de mouton retourné, j'ai senti mes doigts s'engourdir. Heureusement que l'amerrissage n'est pas trop technique du coté de Durrosnik, sinon il est probable que j'en aurais réellement bavé, et très certainement tapé un peu fort à la surface de l'eau. Il aurait ensuite fallu que je passe encore des heures à être transi afin de réparer les flotteurs, et je suis bien aise de m'être épargné cette peine. Mais bon, ce sont les petits inconvénient d'être un aviateur en free-lance. Vous savez ce qu'on dit : "Peu importe le temps, les marchandises doivent passer".
C'est encore Julius Actinien, mon contacte et surtout ami en cette belle ville qui m'a dit de rappliquer. A peine arrivé, il m'a emmené à la gendarmerie locale. Grosse surprise s'il en est une. En temps normal, je ne travaille jamais directement pour l'état, non pas que je n'aime pas le faire, mais surtout que c'est extrêmement rare qu'il fasse appel à nous, pilotes de la mer de Caru. L'officier en poste m'explique la raison de ma présence en ces lieux. Sur l'île de Santlitis où se trouve un petit détachement de la marine Transyldave, il y a eu un soucis. La dernière livraison de carburant diesel à destination des deux patrouilleurs a été contaminé à l'essence. Depuis le temps que je dit que ce sont des tâches à la Compagnie Impériale de l'Energie... Ce n'est pas pour rien que je fais le plein de ma cage à poule que chez des petits pompistes de confiance dont je sais qu'ils ont vérifié l'indice d'octane de l'essence. Bref, toujours est-il que les marins ont fait le plein de leur barquette, ils ont vogué, vogué, vogué, et sont tombés en carafe... L'ajout d'essence dans le diesel entraine un abaissement dangereux du point éclaire, et interdit donc l'auto-allumage correct du diesel. Et en plus, la visquosité du mélange est trop grande, et ne sert donc plus efficacement de lubrifiant. Résultat, en plus de ne pas tourner rond, la lubrification n'est plus assurée de façon correcte... Ils ont cassé le vilebrequin sur le premier navire, et coulés deux bielles sur le second. Ce sont de sacré tanches quand même, ils auraient pu s'en rendre compte. Et ce sont mes impôts qui vont éponger cette connerie. Mais bon, on m'offre 25 000 Szloty (100 USP$) pour faire la course, je ne vais pas râler. En plus, si ça se passe bien, je pourrais rentrer dans les petits papiers de l'état, ou du moins de l'armée. Ça peut toujours servir dans le futur.
Je viens de finir mon plan de vol pour demain. Départ à 5h avec la marée descendante. Ça n'a pas l'air comme ça, mais chargé, il est quasiment impossible de décoller face à un courant contraire. Normalement, le vol ne devrait pas dépasser 3 heures et demi, mais avec le sale temps qui s'annonce, je veux bien être pendu si je ne dois pas dévier de ma route à un moment ou à un autre. Mais j'aime bien ces escales dans les îles, c'est même pour ça que j'y passe le plus claire de mon temps. On cause avec les marins, et on apprend pas mal de chose sur comment évaluer les changements de météo. Je ne vais pas faire un dessein, en hydravion, la météo, c'est le point critique numéro un, et si ces vieux loups de mer peuvent encore m'apprendre quelque chose, c'est mieux. Ce n'est pas parce que j'ai presque 12 ans de métier derrière moi que je sais tout, et ça me fait mal dans mon orgueil de pilote que de le reconnaitre.
Bon, je viens de voir passer un camion de l'armée qui se dirige vers les quais. Ce doit être les militaires qui vont charger mon appareil. Je vais aller surveiller, parce que ces abrutis sont encore capable de marcher n'importe où sur les ailes et de passer à travers. Il me faudrait alors au moins trois jours pour réparer. Je te raconte pas le manque à gagner, et je peux toujours me gratter pour que ces ronds de cuir me dédommagent. Bref, faut toujours tout faire soit-même, c'est la clef de l'indépendance.
[RP] Journal d'un aviateur entre mers et montagnes
-
Dmitri Korolev
4 Novembre 2021
<center>[img]http://www.santoringrece.fr/images/Santorini_Aereo_l.jpg[/img]
L'ile de Santlitis vu depuis les airs. La photo, c'est un copain qui me l'a donnée, j'ai pas encore investi dans un appareil en couleur</center>
Finalement, je n'ai pas pu décoller hier. Un brouillard à couper au couteau s'est abattu sur le petit port de pêche, et il aurait été inconscient de naviguer dans ces conditions, enfin, avec mes propre moyens. Je sais que la TWA ne s’embarrasse pas de telles considérations, après tout, un avion de ligne immobilisé coute une véritable petite fortune en manque à gagner. Et puis ces appareils moderne, ou plutôt de grand standing dispose de radars hyper sophistiqués afin de déceler les masses nuageuses, les zones de basse pression ou les vents violents, et sont en plus relié en permanence à un contrôle au sol qui les informe sur la tournure des événements devant eux la-haut. Ici, au ras des vagues, ce n'est pas la même histoire. On pilote avec quelques instruments basiques, et surtout une bonne dose d'intuition, ou de chance, c'est selon les points de vus. Il est courant, parmi les pilotes de la mer de Caru, de dire que nous avons Dieu pour copilote. J'espère avoir prit ma retraite le jour où il se lassera de ma compagnie. Ce n'est pas que nos appareils soient particulièrement vétustes, il y a même des collègues qui ont des paniers à salades qui ont même pas 2 000 heures de vols, mais c'est juste que de tels instruments coûtent une petite fortune, et qu'il ne valent pas l'investissement.
Bref, tout ça pour dire que j'ai du attendre le lendemain pour décoller. Le vol s'est globalement passé sans encombre. Il y a bien toujours quelques ratés dans le moteur, du je ne sais pas trop à quoi. A mon avis, il y a des problèmes de carburation, et le mélange qui arrive dans les cylindres n'est pas toujours parfaitement le même, ce qui cause des soucis d'allumages. Ça pose aussi des problèmes de consommation, je n'ai même plus trois quart de l'autonomie qu'il avait étant neuf, ce coucou. C'est surement du en partie à l'usure des bords d'attaques et globalement aux vieillissement de l'ensemble de l'avion mais tout de même... Enfin, je m'occuperai de ça plus tard. Arrivé sur place, on a débarqué rapidement, avec les militaires sur place, l'ensemble des pièces que j'avais transportés. Ils en avait vraiment besoin rapidement ces clowns puisqu'ils ont embarqués le tout directement dans les hangars afin de s'atteler aux réparations. Il parait qu'ils doivent prendre part à des exercices de défenses côtières et d'interdiction de navigation, et qu'ils font tâche dans les plans de l'état-major. Ma foi, ça doit être ça cette activité des navires des gardes-côtes que j'ai vu en volant tout à l'heure.
Toujours est-il que je me retrouve sur cette île pour la nuit. Après une bonne moussaka au resto du coin, je suis sorti boire un verre avec les marins du coin. J'ai trop bu, et résultat, je me retrouve en dedans de 2 500 Szloty à cause de foutues parties de dominos, le tout auprès d'un même mec, un grand barbu, 35 ans, avec une carrure à gréer un 3 mats par lui seul! Mais on s'est arrangé finalement. Demain, c'est son jour de congé, et en échange de l'effacement de ma dette, que je n'aurais pas pu payer de toute façon car ces foutus treillis m'ont donné un chèque à encaisser à Yekateringrad, je lui offre un baptême de l'air. Le pauvre, il va comprendre que le mal de mère, c'est un truc pour les buveurs de laits face à ce que je vais lui rentrer dans le mou de main. Il a fait le rigolo toute la soirée à se vanter qu'un marin qui a déjà affronté un maelström ne craint plus rien. Tu parles, je veux bien me la couper en pendentif si ce mec s'est déjà sorti de la moitié de ce qu'il a raconté ce soir. Mais bon, c'est le lot des solitaires, marins comme aviateurs, que de toujours en faire des tonnes, c'est notre façon de vivre. Je lui en suis reconnaissant quand même. 2 500 Szolyt, c'est pas rien non plus comme somme. Parce qu'on a beau se farcir dans les pires années depuis 10 ans une croissance au minimum à 2%, en dehors de la ville, on ne le sent pas trop. Bien sur, il y a plus d'infrastructures dans les agglomérations, il y a des aides pour un peu tout le monde afin de changer de matos, mais bon, devant l'inflation, ces aides suffisent tout juste à maintenir en état d'exploitation nos machines, du paysans jusqu'à moi. Alors c'est sur que l'aérodrome de Yekateringrad, il a de la gueule, et ça en jette à ce qui arrive de l'étranger, mais c'est le problème des états un peu trop centralisé, et pourtant il ne l'est pas tant que ça, on est trop loin de la réalité du petit peuple, et les avancées ne se font pas au rythme de la croissance. Dommage.
Bon, je vais me pieuter, il va falloir être en forme pour faire vomir l'autre bajafleure de babet demain.
<center>[img]http://www.santoringrece.fr/images/Santorini_Aereo_l.jpg[/img]
L'ile de Santlitis vu depuis les airs. La photo, c'est un copain qui me l'a donnée, j'ai pas encore investi dans un appareil en couleur</center>
Finalement, je n'ai pas pu décoller hier. Un brouillard à couper au couteau s'est abattu sur le petit port de pêche, et il aurait été inconscient de naviguer dans ces conditions, enfin, avec mes propre moyens. Je sais que la TWA ne s’embarrasse pas de telles considérations, après tout, un avion de ligne immobilisé coute une véritable petite fortune en manque à gagner. Et puis ces appareils moderne, ou plutôt de grand standing dispose de radars hyper sophistiqués afin de déceler les masses nuageuses, les zones de basse pression ou les vents violents, et sont en plus relié en permanence à un contrôle au sol qui les informe sur la tournure des événements devant eux la-haut. Ici, au ras des vagues, ce n'est pas la même histoire. On pilote avec quelques instruments basiques, et surtout une bonne dose d'intuition, ou de chance, c'est selon les points de vus. Il est courant, parmi les pilotes de la mer de Caru, de dire que nous avons Dieu pour copilote. J'espère avoir prit ma retraite le jour où il se lassera de ma compagnie. Ce n'est pas que nos appareils soient particulièrement vétustes, il y a même des collègues qui ont des paniers à salades qui ont même pas 2 000 heures de vols, mais c'est juste que de tels instruments coûtent une petite fortune, et qu'il ne valent pas l'investissement.
Bref, tout ça pour dire que j'ai du attendre le lendemain pour décoller. Le vol s'est globalement passé sans encombre. Il y a bien toujours quelques ratés dans le moteur, du je ne sais pas trop à quoi. A mon avis, il y a des problèmes de carburation, et le mélange qui arrive dans les cylindres n'est pas toujours parfaitement le même, ce qui cause des soucis d'allumages. Ça pose aussi des problèmes de consommation, je n'ai même plus trois quart de l'autonomie qu'il avait étant neuf, ce coucou. C'est surement du en partie à l'usure des bords d'attaques et globalement aux vieillissement de l'ensemble de l'avion mais tout de même... Enfin, je m'occuperai de ça plus tard. Arrivé sur place, on a débarqué rapidement, avec les militaires sur place, l'ensemble des pièces que j'avais transportés. Ils en avait vraiment besoin rapidement ces clowns puisqu'ils ont embarqués le tout directement dans les hangars afin de s'atteler aux réparations. Il parait qu'ils doivent prendre part à des exercices de défenses côtières et d'interdiction de navigation, et qu'ils font tâche dans les plans de l'état-major. Ma foi, ça doit être ça cette activité des navires des gardes-côtes que j'ai vu en volant tout à l'heure.
Toujours est-il que je me retrouve sur cette île pour la nuit. Après une bonne moussaka au resto du coin, je suis sorti boire un verre avec les marins du coin. J'ai trop bu, et résultat, je me retrouve en dedans de 2 500 Szloty à cause de foutues parties de dominos, le tout auprès d'un même mec, un grand barbu, 35 ans, avec une carrure à gréer un 3 mats par lui seul! Mais on s'est arrangé finalement. Demain, c'est son jour de congé, et en échange de l'effacement de ma dette, que je n'aurais pas pu payer de toute façon car ces foutus treillis m'ont donné un chèque à encaisser à Yekateringrad, je lui offre un baptême de l'air. Le pauvre, il va comprendre que le mal de mère, c'est un truc pour les buveurs de laits face à ce que je vais lui rentrer dans le mou de main. Il a fait le rigolo toute la soirée à se vanter qu'un marin qui a déjà affronté un maelström ne craint plus rien. Tu parles, je veux bien me la couper en pendentif si ce mec s'est déjà sorti de la moitié de ce qu'il a raconté ce soir. Mais bon, c'est le lot des solitaires, marins comme aviateurs, que de toujours en faire des tonnes, c'est notre façon de vivre. Je lui en suis reconnaissant quand même. 2 500 Szolyt, c'est pas rien non plus comme somme. Parce qu'on a beau se farcir dans les pires années depuis 10 ans une croissance au minimum à 2%, en dehors de la ville, on ne le sent pas trop. Bien sur, il y a plus d'infrastructures dans les agglomérations, il y a des aides pour un peu tout le monde afin de changer de matos, mais bon, devant l'inflation, ces aides suffisent tout juste à maintenir en état d'exploitation nos machines, du paysans jusqu'à moi. Alors c'est sur que l'aérodrome de Yekateringrad, il a de la gueule, et ça en jette à ce qui arrive de l'étranger, mais c'est le problème des états un peu trop centralisé, et pourtant il ne l'est pas tant que ça, on est trop loin de la réalité du petit peuple, et les avancées ne se font pas au rythme de la croissance. Dommage.
Bon, je vais me pieuter, il va falloir être en forme pour faire vomir l'autre bajafleure de babet demain.