L'exception tel-nazaréenne, Alexander MOXX (2021), (Extrait)
[quote]De toutes les Tribus tel-éribaines, Tel-Nazareth est certainement la plus originale, aux deux sens du terme.
Tout d'abord, elle est celle ayant les frontières les plus anciennes et les plus marquées. Originellement un Royaume indépendant lors de la multiplicité des fiefs sur l'Île du Prince, aux alentours du sixième siècle après Jésus-Christ. Un onze siècles plus tard, les royaumes mis à bas et la Cyrénanie unie formée, le territoire de Tel-Nazareth correspondait à une province cyrénane du nom de New-Nazaréa. Perdue dans les hauteurs montagneuses du pays, c'est là que s'était réfugié le Prince Iskupitel lors de la persécution des Juifs. Réputée pour être une province fière de ses traditions et hostile au pouvoir central quel qu'il soit, la force cyrénane s'est toujours appliquée de manière moindre à Nazareth. La ville, perchée à plus de mille mètres d'altitude, n'était alors accessible que par quelques sentiers escarpés, dont la sûreté ne pouvait être assurée mais que les locaux connaissaient comme leur poche. Une légende racontait qu'une divinité de l'eau, bannie du royaume des dieux, avait élu domicile au plus profond des sous-sols de Nazareth, amenant l'eau dans la haute ville, et qu'elle remerciait les habitants de ne pas la déranger en leur donnant le pouvoir des chamois tout en tenant à distance ceux qui leur voulaient du mal. Grâce à ces superstitions, les frontières administratives restèrent incontestées. En 1975, lorsque le dictateur cyrénan fut renversé et que le sud du pays fut libéré, l'établissement des frontières se fit selon la montagne, privilégiant les frontières naturelles. La question de New-Nazaréa se posa alors et, à la suite d'un référendum, l'écrasante majorité des citoyens nazaréens demanda le rattachement de la province à Tel-Érib. Tel-Nazareth naquit alors.
Peuplée d'un peu moins d'un million d'habitants en 1900, Nazareth, représentant environ 90 % de la population totale du territoire tel-nazaréen, a vu sa croissance gonfler énormément en quelques dizaines d'années, atteignant quatre millions en 2018. La raison d'un tel miracle économique résulte en une idée de Marcel Tigar en 1891. Quelques années plus tôt, un ingénieur pelabssien inventait la pneumatique, provoquant un engouement mondial pour le caoutchouc et les véhicules à roues. Partant de cela, M. Tigar eut l'idée de créer une chambre à air à l'intérieur du caoutchouc. L'entreprise Tigar est fondée par Marcel et son frère Edouard à Nazareth en février 1892. Important l'hévéa du monde entier, la pétrochimie, dans la deuxième moitié du XXème siècle, permit de synthétiser le caoutchouc, de façon à obtenir un meilleur produit, plus économique. Employant des générations de nazaréens, Tigar est la fierté du peuple local, tandis que les pneus Tigar sont une fierté tel-éribaine, très bien vendus en Cyrénanie ainsi que dans d'autres pays du monde. L'exception nazaréenne s'applique encore à ce niveau, Tigar étant la seule grande entreprise tel-éribaine dont le siège se trouve et s'est toujours trouvé à Nazareth.
[quote]<center>[img]http://auto.blog.rs/gallery/108/tigar-logo.jpg[/img]
Nom : Pneumatiques Tigar (Tigar)
Date de création : 1892
Secteur : Secondaire
Production : Pneumatiques
Partenaires internationaux : Cyrénanie[/quote]
L'entreprise de pneumatiques Tigar constitue également le principal sponsor et détenteur de l'équipe de rugby nazaréenne, l'Association Sportive Montagnarde, initialement nommée Association Sportive Tigar, cela jusqu'en 2002. Souvent nommée meilleure équipe de rugby de Tel-Érib, il n'y en a cependant aucune preuve officielle, aucune compétition nationale du sport au ballon ovale n'existant pour l'instant au sein-même de la quatrième équipe mondiale (classement 2020). On peut cependant le présumer au vu de la composition de l'équipe nationale : neuf des quinze titulaires sont également titulaires à l'ASM. L'engouement populaire envers le club nazaréen est inégalé. Il n'est pas rare de voir Nazareth s'arrêter totalement le temps d'un match de l'ASM au stade Marcel Tigar et d'entendre les clameurs venant du stade : "Allez l'ASM ! Allez, on vous aime !" ainsi que les drapeaux jaunes, blancs et bleus aux couleurs du maillot :
<center>[url=http://www.hostingpics.net/viewer.php?id=746677Nazarethrugbymaillot.jpg][img]http://img15.hostingpics.net/thumbs/mini_746677Nazarethrugbymaillot.jpg[/img][/url]</center>[/quote]
Bibliothèque Nationale de Tel-Érib
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Iskupitel
De la xénocratie vassale, Ëonehn MÆJ (2021), (Œuvre intégrale)
[quote]<center>De la xénocratie vassale</center>
« La féodalité a été fondée sur des sentiments nobles : loyauté, protection, service. Les autres systèmes politiques se fondent sur des sentiments méprisables : égoïsme, convoitise, jalousie, lâcheté » écrit l'auteur numancien Nicolás Gómez Dávila.
Le principe de certains régimes politiques, en effet, consiste en une éternelle compétition entre les hommes de même classe, que celle-ci soit définie et stricte comme dans un système de castes ou généralisée et lâche comme dans une démocratie, parfaite utopie. Ceux qui se revendiquent de la « science sociologique » ou de la « science cognitive » généraliseront ce principe par le terme fourre-tout de « méritocratie », qualifiant tout système ayant pour but de mettre à sa tête les humains ayant accumulé ou fait preuve de plus de mérite que leurs congénères. Ainsi, une Nation régie démocratiquement élèvera à sa tête l'homme ayant fait la preuve d'un grand mérite au cours de sa campagne électorale et de sa vie politique en général. Un tel système ne peut qu'être le biais de l'avènement de la corruption, du mensonge et de la lâcheté.
Prenons pour exemple un pays du nom d'Utosie. Ses habitants, les utosiens, au nombre d'un million, ont constitué une Nation pleine et entière, tous partageant la même histoire, les mêmes mœurs, les mêmes coutumes. L'Utosie est un pays qui s'est déclaré démocratique. Ainsi, tous les quatre ans, les utosiens se réunissent pour élire le chef de l'état parmi une liste de candidats volontaires. Durant une certaine période précédant le vote, ces candidats se dénonceront verbalement l'un l'autre, hurleront au scandale au moindre événement, déclameront quantité de vérités générales et promettront l'irréalisable à une assemblée populaire végétative et déconnectée de la réalité des faits, qu'ils soient à l'échelle internationale ou nationale, dans l'unique but de méduser une tranche précise de la population qui, constituant 500 001 personnes, fera oublier les 499 999 autres. Pourquoi cette classe minoritaire doit-elle être moins écoutée ? C'est une injustice flagrante, avouée et ignorée du système démocratique. Ayant obtenu l'approbation relative d'une majorité des utosiens, un des candidats se démarquera et sera considéré comme « méritant » pour avoir rassemblé plus de la moitié de la population et sera récompensé en occupant un poste rhétorique, pour lequel il n'aura qu'à parler de ce que ses conseillers lui diront de parler. Pour cela, il sera même payé, et cela bien au-dessus des standards salariaux utosiens. Nourri et logé, il ne dépensera jamais l'argent facilement amassé aux frais de la Nation et, après quatre ans, se sera enrichi sans l'avoir mérité. Voici en effet le paradoxe des systèmes méritocratiques, qui disent nécessiter un dirigeant méritant mais font tout pour le ménager et ne jamais utiliser le mérite qui est censé être à disposition. Une telle faille du système a rapidement permis la déviance du modèle original et l'introduction de l'ensemble des perversions les plus évidentes.
Prenons à présent l'exemple de la Kertessie, un pays à la longue tradition guerrière. De tous temps, les kertessiens ont guerroyé de toutes parts, espérant agrandir leur maigre territoire, avec succès. Multiculturel, l'état kertessien regroupe donc plusieurs Nations qui, par la défaite, ont été unifiées. Un tel système serait un terrain favorable à l'édification d'un système de castes, mais la culture et la religion en pratique en Kertessie ne le permettent pas. Ainsi, la tradition militaire a pris le dessus, et une junte est en place de manière forte. Les cent millions d'habitants sont donc unis par un seul homme, ayant plus ou moins prouvé sa valeur militaire. Alors qu'un tel système pourrait être en partie bon, les hauts-gradés militaires sont plus que souvent issus de hautes familles, considérées comme méritoires par leur société, et établies depuis long-temps, faisant donc preuve d'une certaine « loyauté » envers la Kertessie. Ce haut-gradé militaire, que d'aucuns qualifieront – à tort – de « sauveur de la patrie » ou de « Pater Patriae », a donc reçu sur un plateau les commandes de l'entièreté de l'état, ayant rapidement instauré une dictature dans laquelle il dispose des pleins pouvoirs par convoitise et appât du gain, et cela sans aucune résistance, ceux qui auraient pu l'en empêcher ayant fait confiance au mérite dont il est censé disposer. En peu de temps, le capitaine se croira général, le général se croira dieu et le dieu se croira tout-puissant. Par un sens ultime de la famille et de l'égoïsme familial, il se dira Roi, et personne ne le contredira, tous craignant pour leur confortable petite vie, puis il se dira élu d'une divinité quelconque dont les croyances ne le contrediront pas, et il transmettra ce pouvoir absolu à un humain qui n'eut le mérite que de naître de lui, d'en naître masculin et d'en naître le premier. Où se trouve alors le principe méritocratique ? Un tel système est voué à l'échec, car dès le début il se ment à lui-même.
La méritocratie est donc un principe paradoxal et mythomane car une Nation ne peut désigner un être méritant par elle-même. En effet, égoïsme, convoitise, jalousie et lâcheté prévaudront toujours, dans un tel système et une telle société, sur la loyauté, la protection et le service, notions que se doit d'assurer l'état et que doivent confirmer les citoyens. Qui sommes-nous pour juger de notre propre mérite ? Comment une Nation peut-elle déclarer qu'une partie d'elle est méritante ?
Pour concilier culture tel-éribaine, qui condamne sévèrement la jalousie en l'élevant au rang d'ignominie et impose une certaine humilité relevant du stoïcisme, le destin étant érigé comme une forteresse incontestable, et inscription dans la mondialisation ambiante, la xénocratie fut établie. Elle ne peut qu'être une, vassale, et la xénocratie exécutive n'est qu'une aberration dont le principe contredit la culture tel-éribaine. En effet, l'humilité et le destin obligeant quiconque se réclamant de Tel-Érib, la meilleure chose à faire pour se voir dirigé par quelqu'un d'intelligent est de s'en remettre à un autre. Mais cet autre ne peut être n'importe qui : on ne peut décemment pas demander, dans une rue danmayenne, qui il serait bénéfique de voir à la tête de l'état tel-éribain ; l'on courrait à notre perte ! Ce choix donc être fait par quelqu'un de responsable. Pas de méritant, seulement de responsable, et il relève du devoir tel-éribain de s'en remettre à quelqu'un qui soit également longuement mêlé à notre histoire et nos mœurs pour que l'ensemble des enjeux tel-éribains soient compris. Quel meilleur choix, alors, que la Cyrénanie ? Qui, mieux que les cyrénans, peut régir le pays et agir de manière méritante ?
Voilà pourquoi Tel-Érib devrait être vassale de la Cyrénanie, et pourquoi l'Unité Nationale – car les populations de l'Île du Prince ne forment qu'une seule grande entité nationale, ayant tant partagé qu'il est impossible de se débarrasser des forts liens tissés il y a plusieurs dizaine de siècles. Et cela n'excepte pas Tel-Mehrat, Tel-Dehat et Tel-Azude, qui tôt ou tard souhaiteront, elles aussi, devenir vassales de la Cyrénanie.
La vassalité étatique prend ses bases dans la vassalité féodale, comme à l'époque médiévale cyrénane, du VIème au XVème siècles, durant laquelle les seigneurs prêtaient allégeance et offraient leurs territoires ainsi que tous leurs biens à un autre seigneur, plus puissant ou mieux placé, afin de former, ensemble, un fief plus grand et, ainsi, plus fort. Or, ce fief, bien que plus imposant, reste un fief, qui ne peut être dirigé que par une personne, malgré que la nomination de cette unique personne reste libre. Les lois cyrénanes de l'époque, retrouvées en grande partie intactes dans des édifices montagneux de la région de Tel-Nazareth, sont plutôt strictes à ce sujet. Elles restent pourtant très édifiantes et preuves d'une tradition qui se doit d'être respectée, semblant presque modernes pour l'époque, et s'appliquent aussi bien de nos jours qu'elle s'appliquaient il y a mille ans.
La vassalité étatique telle qu'elle mérite d'être conçue aujourd'hui, a cependant quelques différences avec son ancêtre. Ces changements s'imposent par les années écoulées et les changements du monde, par les normes et valeurs sociales considérées comme acceptées et véritables par les populations actuelles, etc.
Un état se déclarant vassal d'un autre se doit d'être en pleine possession de son pouvoir de décision au moment de la déclaration. Malgré celle-ci, il ne devient vassal qu'une fois que le pays « seigneur » l'eut accepté. Les biens étatisés sont donnés en propriété au pays seigneur, et les territoires également. Le pays vassal perd tout droit sur les biens sus-cités et devient, en somme, lui-même propriété du pays seigneur. Le pays vassal, pour respecter les fondements (Loyauté, Protection, Service), se fond dans le pays seigneur, et devient part entière de celui-ci. Cela se fait soit de manière progressive, soit de manière directe et franche. Dans les deux cas, une concertation, extérieure ou non, peut être utile afin, en cas d'indécision, de décider si la vassalité remet en question le gouvernement du pays seigneur ou non. Au niveau politique, la nationalité du pays vassal disparaît complètement, pour être remplacée par celle du pays seigneur, et la naturalisation est accordée sans aucune condition. Une intégration totale, au-delà de la relation vassal-seigneur qu'on peut retrouver dans les états moyenâgeux d'Alméra centrale et orientale, dans le pays seigneur est également comprise dans l'acte de vassalité étatique.
C'est donc tout un ensemble d'actions et de cessions de biens matériels comme immatériels que d'aucuns compareront, oubliant cependant quelques détails que sont les fondements de la vassalité, à une annexion motivée par le pays annexé, les deux statuts pouvant facilement être assimilés.[/quote]
[quote]<center>De la xénocratie vassale</center>
« La féodalité a été fondée sur des sentiments nobles : loyauté, protection, service. Les autres systèmes politiques se fondent sur des sentiments méprisables : égoïsme, convoitise, jalousie, lâcheté » écrit l'auteur numancien Nicolás Gómez Dávila.
Le principe de certains régimes politiques, en effet, consiste en une éternelle compétition entre les hommes de même classe, que celle-ci soit définie et stricte comme dans un système de castes ou généralisée et lâche comme dans une démocratie, parfaite utopie. Ceux qui se revendiquent de la « science sociologique » ou de la « science cognitive » généraliseront ce principe par le terme fourre-tout de « méritocratie », qualifiant tout système ayant pour but de mettre à sa tête les humains ayant accumulé ou fait preuve de plus de mérite que leurs congénères. Ainsi, une Nation régie démocratiquement élèvera à sa tête l'homme ayant fait la preuve d'un grand mérite au cours de sa campagne électorale et de sa vie politique en général. Un tel système ne peut qu'être le biais de l'avènement de la corruption, du mensonge et de la lâcheté.
Prenons pour exemple un pays du nom d'Utosie. Ses habitants, les utosiens, au nombre d'un million, ont constitué une Nation pleine et entière, tous partageant la même histoire, les mêmes mœurs, les mêmes coutumes. L'Utosie est un pays qui s'est déclaré démocratique. Ainsi, tous les quatre ans, les utosiens se réunissent pour élire le chef de l'état parmi une liste de candidats volontaires. Durant une certaine période précédant le vote, ces candidats se dénonceront verbalement l'un l'autre, hurleront au scandale au moindre événement, déclameront quantité de vérités générales et promettront l'irréalisable à une assemblée populaire végétative et déconnectée de la réalité des faits, qu'ils soient à l'échelle internationale ou nationale, dans l'unique but de méduser une tranche précise de la population qui, constituant 500 001 personnes, fera oublier les 499 999 autres. Pourquoi cette classe minoritaire doit-elle être moins écoutée ? C'est une injustice flagrante, avouée et ignorée du système démocratique. Ayant obtenu l'approbation relative d'une majorité des utosiens, un des candidats se démarquera et sera considéré comme « méritant » pour avoir rassemblé plus de la moitié de la population et sera récompensé en occupant un poste rhétorique, pour lequel il n'aura qu'à parler de ce que ses conseillers lui diront de parler. Pour cela, il sera même payé, et cela bien au-dessus des standards salariaux utosiens. Nourri et logé, il ne dépensera jamais l'argent facilement amassé aux frais de la Nation et, après quatre ans, se sera enrichi sans l'avoir mérité. Voici en effet le paradoxe des systèmes méritocratiques, qui disent nécessiter un dirigeant méritant mais font tout pour le ménager et ne jamais utiliser le mérite qui est censé être à disposition. Une telle faille du système a rapidement permis la déviance du modèle original et l'introduction de l'ensemble des perversions les plus évidentes.
Prenons à présent l'exemple de la Kertessie, un pays à la longue tradition guerrière. De tous temps, les kertessiens ont guerroyé de toutes parts, espérant agrandir leur maigre territoire, avec succès. Multiculturel, l'état kertessien regroupe donc plusieurs Nations qui, par la défaite, ont été unifiées. Un tel système serait un terrain favorable à l'édification d'un système de castes, mais la culture et la religion en pratique en Kertessie ne le permettent pas. Ainsi, la tradition militaire a pris le dessus, et une junte est en place de manière forte. Les cent millions d'habitants sont donc unis par un seul homme, ayant plus ou moins prouvé sa valeur militaire. Alors qu'un tel système pourrait être en partie bon, les hauts-gradés militaires sont plus que souvent issus de hautes familles, considérées comme méritoires par leur société, et établies depuis long-temps, faisant donc preuve d'une certaine « loyauté » envers la Kertessie. Ce haut-gradé militaire, que d'aucuns qualifieront – à tort – de « sauveur de la patrie » ou de « Pater Patriae », a donc reçu sur un plateau les commandes de l'entièreté de l'état, ayant rapidement instauré une dictature dans laquelle il dispose des pleins pouvoirs par convoitise et appât du gain, et cela sans aucune résistance, ceux qui auraient pu l'en empêcher ayant fait confiance au mérite dont il est censé disposer. En peu de temps, le capitaine se croira général, le général se croira dieu et le dieu se croira tout-puissant. Par un sens ultime de la famille et de l'égoïsme familial, il se dira Roi, et personne ne le contredira, tous craignant pour leur confortable petite vie, puis il se dira élu d'une divinité quelconque dont les croyances ne le contrediront pas, et il transmettra ce pouvoir absolu à un humain qui n'eut le mérite que de naître de lui, d'en naître masculin et d'en naître le premier. Où se trouve alors le principe méritocratique ? Un tel système est voué à l'échec, car dès le début il se ment à lui-même.
La méritocratie est donc un principe paradoxal et mythomane car une Nation ne peut désigner un être méritant par elle-même. En effet, égoïsme, convoitise, jalousie et lâcheté prévaudront toujours, dans un tel système et une telle société, sur la loyauté, la protection et le service, notions que se doit d'assurer l'état et que doivent confirmer les citoyens. Qui sommes-nous pour juger de notre propre mérite ? Comment une Nation peut-elle déclarer qu'une partie d'elle est méritante ?
Pour concilier culture tel-éribaine, qui condamne sévèrement la jalousie en l'élevant au rang d'ignominie et impose une certaine humilité relevant du stoïcisme, le destin étant érigé comme une forteresse incontestable, et inscription dans la mondialisation ambiante, la xénocratie fut établie. Elle ne peut qu'être une, vassale, et la xénocratie exécutive n'est qu'une aberration dont le principe contredit la culture tel-éribaine. En effet, l'humilité et le destin obligeant quiconque se réclamant de Tel-Érib, la meilleure chose à faire pour se voir dirigé par quelqu'un d'intelligent est de s'en remettre à un autre. Mais cet autre ne peut être n'importe qui : on ne peut décemment pas demander, dans une rue danmayenne, qui il serait bénéfique de voir à la tête de l'état tel-éribain ; l'on courrait à notre perte ! Ce choix donc être fait par quelqu'un de responsable. Pas de méritant, seulement de responsable, et il relève du devoir tel-éribain de s'en remettre à quelqu'un qui soit également longuement mêlé à notre histoire et nos mœurs pour que l'ensemble des enjeux tel-éribains soient compris. Quel meilleur choix, alors, que la Cyrénanie ? Qui, mieux que les cyrénans, peut régir le pays et agir de manière méritante ?
Voilà pourquoi Tel-Érib devrait être vassale de la Cyrénanie, et pourquoi l'Unité Nationale – car les populations de l'Île du Prince ne forment qu'une seule grande entité nationale, ayant tant partagé qu'il est impossible de se débarrasser des forts liens tissés il y a plusieurs dizaine de siècles. Et cela n'excepte pas Tel-Mehrat, Tel-Dehat et Tel-Azude, qui tôt ou tard souhaiteront, elles aussi, devenir vassales de la Cyrénanie.
La vassalité étatique prend ses bases dans la vassalité féodale, comme à l'époque médiévale cyrénane, du VIème au XVème siècles, durant laquelle les seigneurs prêtaient allégeance et offraient leurs territoires ainsi que tous leurs biens à un autre seigneur, plus puissant ou mieux placé, afin de former, ensemble, un fief plus grand et, ainsi, plus fort. Or, ce fief, bien que plus imposant, reste un fief, qui ne peut être dirigé que par une personne, malgré que la nomination de cette unique personne reste libre. Les lois cyrénanes de l'époque, retrouvées en grande partie intactes dans des édifices montagneux de la région de Tel-Nazareth, sont plutôt strictes à ce sujet. Elles restent pourtant très édifiantes et preuves d'une tradition qui se doit d'être respectée, semblant presque modernes pour l'époque, et s'appliquent aussi bien de nos jours qu'elle s'appliquaient il y a mille ans.
La vassalité étatique telle qu'elle mérite d'être conçue aujourd'hui, a cependant quelques différences avec son ancêtre. Ces changements s'imposent par les années écoulées et les changements du monde, par les normes et valeurs sociales considérées comme acceptées et véritables par les populations actuelles, etc.
Un état se déclarant vassal d'un autre se doit d'être en pleine possession de son pouvoir de décision au moment de la déclaration. Malgré celle-ci, il ne devient vassal qu'une fois que le pays « seigneur » l'eut accepté. Les biens étatisés sont donnés en propriété au pays seigneur, et les territoires également. Le pays vassal perd tout droit sur les biens sus-cités et devient, en somme, lui-même propriété du pays seigneur. Le pays vassal, pour respecter les fondements (Loyauté, Protection, Service), se fond dans le pays seigneur, et devient part entière de celui-ci. Cela se fait soit de manière progressive, soit de manière directe et franche. Dans les deux cas, une concertation, extérieure ou non, peut être utile afin, en cas d'indécision, de décider si la vassalité remet en question le gouvernement du pays seigneur ou non. Au niveau politique, la nationalité du pays vassal disparaît complètement, pour être remplacée par celle du pays seigneur, et la naturalisation est accordée sans aucune condition. Une intégration totale, au-delà de la relation vassal-seigneur qu'on peut retrouver dans les états moyenâgeux d'Alméra centrale et orientale, dans le pays seigneur est également comprise dans l'acte de vassalité étatique.
C'est donc tout un ensemble d'actions et de cessions de biens matériels comme immatériels que d'aucuns compareront, oubliant cependant quelques détails que sont les fondements de la vassalité, à une annexion motivée par le pays annexé, les deux statuts pouvant facilement être assimilés.[/quote]
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Iskupitel
De la xénocratie exécutive, Ëonehn MÆJ (2021), (Œuvre intégrale)
[quote]<center>De la xénocratie exécutive</center>
« L'humilité, c'est de savoir écouter », Jacques Perrin.
« L'humilité naît de la confiance des autres », Dag Hammarskjöld.
« Élevez-vous par l'humilité. Telle est la voie ; il n'y en a pas d'autre. Qui cherche à progresser autrement tombe plus vite qu'il ne monte. Seule l'humilité exalte, seule elle conduit à la vie. », Saint Bernard.
C'est le but de toute Nation que de s'élever vers la domination des autres Nations, le stade de la sagesse ultime ou l'obtention d'une place géopolitique et diplomatique intéressante et satisfaisante ; et c'est le devoir de l'État que de l'accompagner dans sa démarche. Dans une société où l'État coïncide avec la Nation, il existe donc deux possibilités. En effet, soit la Nation s'élève d'elle-même, ne comptant que sur elle-même et étant préparée à s'effondrer lourdement au moindre impair, soit l'État-Nation se doit de s'en remettre à un autre État, plus apte que lui à aider cette Nation à atteindre son but. Ces deux possibilités s'appliquent également, dans le cadre d'un État-Multination, à la Nation dominante représentée par l'État. Dans le cadre d'un État-Multination où les différentes Nations cohabitent et sont représentées de manière parfaitement égales, le dilemme s'applique aux deux populations.
Prenons l'exemple de la République de Gadel. La République de Gadel est un État composé d'une Nation, et les frontières culturelles et politiques correspondent depuis plusieurs centaines d'années. D'une tradition pacifique et commerciale, les gadélans ont toujours su conserver le calme militaire en s'acoquinant aux grandes puissances, usant de leurs ressources en uranium et en soie pour se rendre indispensables aux forces militaires – voire militaristes – lorsque la situation l'exigeait. L'État-Nation gadélan fut donc, tout au cours de son histoire, confronté au choix évoqué plus tôt. Dans une telle société d'individualisme et de compétitivité au mérite imposée par le libéralisme économique fulgurant dont fait preuve la République de Gadel, le choix de l'auto-élévation fut l'affaire d'une seconde, et les résultats furent rapides. Pourtant, il est de notoriété publique qu'un tel État ne peut conserver sa place internationale de façon pérenne. Car le but de toute Nation, outre l'élévation, n'est-il pas d'atteindre une certaine pérennité ? La République de Gadel en a bien fait preuve : De monarchie, l'État est devenu une série de dictatures militaires, plus affreuses les unes que les autres, puis démocratie, insultant toute signification véritable à sa dénomination officielle et d'apparence républicaine. C'est donc au prix de la pérennité de l'État-Nation gadélan que le choix de l'auto-élévation fut fait.
Prenons à présent l'exemple de Vinamrata, un beau pays hindou de presque cent millions d'habitants. Autrefois part entière d'un autre état, plus grand, qui aujourd'hui fait route seul, Vinamrata possède une culture basée sur l'humilité qui, reniant ses origines hindoues, est originale et unique. D'aucuns diront que cette société n'a pas de bases historiques et culturelles, alors que d'autres, plus éclairés, comprendront que les vinamratais ont simplement édifié leurs propres bases historiques et culturelles ; car il faut bien que les bases proviennent de quelque part, et instaurer l'impossibilité d'en voir de nouvelles éclore chaque jour doit être perçu comme une hérésie. Les vinamratais, ainsi, cultivent l'humilité et le reniement de soi-même pour la communauté. De tribus originelles communistes au sens parfait, candide et utopiste du terme fut érigé un système politique atypique et étonnant dans lequel ce n'est ni la Nation ni l’État qui prend les décisions importantes. Pourquoi avoir fait un tel choix ? Pourquoi avoir laissé des gens extérieurs aux problèmes faire les choix existentiels pour la Nation ? Un système politique se définit par une histoire, par des racines culturelles. Un pays dans lequel il est coutume de guerroyer sera plus propice à l'instauration d'un régime militariste et plus ou moins dictatorial qu'un pays fortement démocratique et pacifiste.
À Tel-Érib, les mœurs et autres us et coutumes se sont, historiquement, constituées alors que les Douze Tribus étaient sous le joug d'un Prince omnipotent, apparemment immortel, omniscient et au pardon impossible. Autant dire qu'il ne faisait pas bon vivre dans une de ces Tribus à cette époque, qui dura près de vingt siècles. C'est pourtant cette domination sans faille qui amena les tel-éribains à voir au-delà du Prince et à se rendre compte qu'Iskupitel lui-même était, tout Dieu et Prince qu'il était, soumis aux lois – certes plutôt laxistes – de la Cyrénanie. Se courbant plus que le faisaient ses sujets au passage du Roi cyrénan, Iskupitel fut rapidement, auprès de la très réceptive population tel-éribaine, montré comme un symbole d'humilité et de respect, forgeant ainsi les bases de l'actuelle culture.
L'humilité, mot sacré, peut pourtant être interprété de différentes façons, et cela se voit dans les partis politiques tel-éribains qui, tous, promeuvent l'humilité. Pourtant, alors que le Parti des Verts Confédérés (PVC) demande l'humilité de l'Homme face à la Nature, le Parti Nationaliste-Conservateur (PNC) souhaite l'humilité des autres Nations par rapport à Tel-Érib, et le Parti Xénocrate (PX) promet l'humilité tel-éribaine quant aux autres Nations. On pourrait croire le PNC et le PX foncièrement opposés, représentant des concepts antagoniques, mais le fait est que leurs idées peuvent se rejoindre. En effet, le principe du Nationalisme est de promouvoir l'unité et l’unicité d'une Nation par rapport aux autres. Quoi de plus unissant que de respecter les bases originelles de la culture nationale ? Et qu'est-ce qu'une Nation sans culture ?
Pour une Nation humble, quoi de mieux que d'être menée par celui qui sait quelle décision prendre et qui soit ne possède pas d'humilité, soit ne risque pas de l'y perdre ? C'est le principe de la xénocratie. Sa branche exécutive souhaite promouvoir une certaine forme de xénocratie que l'on peut situer à mi-chemin entre les idées du PNC et de la branche vassaliste du PX. Le principe de la xénocratie exécutive est de confier la prise des grandes décisions, cruciales pour Tel-Érib, à une assemblée d'états étrangers (car confier cela à une seule entité serait dangereux pour le sérieux et l'impartialité du choix et il faudrait trouver une Nation qui, à elle seule, rassemble toutes les caractéristiques requises d'humilité et de fougue, de respect et d'initiative, chose qu'il est en toute logique plus aisé de trouver, éparpillé, chez plusieurs Nations).
Cette assemblée se doit d'être supranationale, afin de pouvoir efficacement diriger l'État tel-éribain, lui-même national et dominant les organisation tribales. On peut ainsi considérer que l'État est à la fois national et supra-tribal. Par soucis d'organisation, il est impossible que cette assemblée supranationale puisse juger de toutes les décisions, d'où l'existence d'un « délégué au territoire national », qui deviendra le nouveau poste de l'actuel Président de la République. Le détenteur de ce poste sera nommé par l'Assemblée Xénocrate et le Peuple, grâce au principe de double-vote, dans lequel les deux parties votent et où le gagnant est celui ayant rassemblé le plus de suffrages après mise en relation des décisions. Les décisions à prendre rapidement et de façon plus locale, excluant donc les Affaires Extranationales, la Diplomatie autres éléments de politique étrangère, du moins dans les grandes lignes car il n'est pas exclu de confier à l'Assemblée Xénocrate le soin de décider de l'objectif à atteindre et de laisser des gens, plus expérimentés et tel-éribains s'en occuper sur le terrain. De grands projets comme le Projet National Fartygstad seront également confrontés à ce nouvel organe. Le pouvoir exécutif et décisionnel sera donc remis presque entièrement à cette assemblée supranationale, d'où le nom de xénocratie exécutive.
Le pouvoir législatif, de même, sera contrôlé par l'Assemblée Xénocrate, mais uniquement de façon partielle. En effet, le rôle du Peuple dans l'édition des lois ne doit pas être oublié, et le Sénat se doit d'être la première instance en matière de législation, l'Assemblée Xénocrate n'étant qu'un organe à contacter en dernier lieu, dans des cas impartageables ou trop pointilleux pour être décidés par le Sénat seul, ce qui, vraisemblablement, sera le cas de plusieurs des grandes réformes que le PX souhaite – et doit – mettre en place.
Le pouvoir judiciaire, enfin, ne doit pas être en relation avec l'Assemblée Xénocrate, ou la séparation des pouvoirs, nécessaire à la stabilité et l'honnêteté d'un régime, pourrait être menacée. Cependant, il est fortement envisageable de faire coïncider le système tel-éribain préétabli (à l'instar du système de l'Église Catholique Urbaine : il existe une stricte hiérarchie entre les juges, à tel point qu'on pourrait parler de castes, et les membres les plus élevés se regroupent, comme les cardinaux, pour élire un chef suprême, le Haut-Juge, qui a tous les pouvoirs judiciaires et qui fait office à la fois de symbole pour les jeunes magistrats, de juge lors des « hauts-procès » – lorsque des membres des personnalités publiques sont incriminées par exemple –, ou d'arbitre lorsqu'une affaire tarde à être classée) et l'Assemblée Xéncorate, en instaurant un double-vote pour l'élection du Haut-Juge ou un droit d'arbitrage omnipotent de l'Assemblée en cas de consentement majoritaire de ses membres.
La Xénocratie, enfin, n'est pas une orientation dans le système opposant capitalisme à communisme, mais bien un type de régime jouxtant, selon la vision tel-éribaine du concept, la république et, ainsi, la démocratie. Cette orientation peut à la fois être choisie par l'Assemblée Xénocrate et le Peuple, et le Peuple xénocrate, bien que souhaitant la pérennité du système, n'est pas peu friand de changement. Et quoi de plus simple que de changer l'orientation politique des membres de l'Assemblée Xénocrate ? Dans de telles situations, Tel-Érib peut raisonnablement se déclarer à la fois non-alignée et neutre.[/quote]
[quote]<center>De la xénocratie exécutive</center>
« L'humilité, c'est de savoir écouter », Jacques Perrin.
« L'humilité naît de la confiance des autres », Dag Hammarskjöld.
« Élevez-vous par l'humilité. Telle est la voie ; il n'y en a pas d'autre. Qui cherche à progresser autrement tombe plus vite qu'il ne monte. Seule l'humilité exalte, seule elle conduit à la vie. », Saint Bernard.
C'est le but de toute Nation que de s'élever vers la domination des autres Nations, le stade de la sagesse ultime ou l'obtention d'une place géopolitique et diplomatique intéressante et satisfaisante ; et c'est le devoir de l'État que de l'accompagner dans sa démarche. Dans une société où l'État coïncide avec la Nation, il existe donc deux possibilités. En effet, soit la Nation s'élève d'elle-même, ne comptant que sur elle-même et étant préparée à s'effondrer lourdement au moindre impair, soit l'État-Nation se doit de s'en remettre à un autre État, plus apte que lui à aider cette Nation à atteindre son but. Ces deux possibilités s'appliquent également, dans le cadre d'un État-Multination, à la Nation dominante représentée par l'État. Dans le cadre d'un État-Multination où les différentes Nations cohabitent et sont représentées de manière parfaitement égales, le dilemme s'applique aux deux populations.
Prenons l'exemple de la République de Gadel. La République de Gadel est un État composé d'une Nation, et les frontières culturelles et politiques correspondent depuis plusieurs centaines d'années. D'une tradition pacifique et commerciale, les gadélans ont toujours su conserver le calme militaire en s'acoquinant aux grandes puissances, usant de leurs ressources en uranium et en soie pour se rendre indispensables aux forces militaires – voire militaristes – lorsque la situation l'exigeait. L'État-Nation gadélan fut donc, tout au cours de son histoire, confronté au choix évoqué plus tôt. Dans une telle société d'individualisme et de compétitivité au mérite imposée par le libéralisme économique fulgurant dont fait preuve la République de Gadel, le choix de l'auto-élévation fut l'affaire d'une seconde, et les résultats furent rapides. Pourtant, il est de notoriété publique qu'un tel État ne peut conserver sa place internationale de façon pérenne. Car le but de toute Nation, outre l'élévation, n'est-il pas d'atteindre une certaine pérennité ? La République de Gadel en a bien fait preuve : De monarchie, l'État est devenu une série de dictatures militaires, plus affreuses les unes que les autres, puis démocratie, insultant toute signification véritable à sa dénomination officielle et d'apparence républicaine. C'est donc au prix de la pérennité de l'État-Nation gadélan que le choix de l'auto-élévation fut fait.
Prenons à présent l'exemple de Vinamrata, un beau pays hindou de presque cent millions d'habitants. Autrefois part entière d'un autre état, plus grand, qui aujourd'hui fait route seul, Vinamrata possède une culture basée sur l'humilité qui, reniant ses origines hindoues, est originale et unique. D'aucuns diront que cette société n'a pas de bases historiques et culturelles, alors que d'autres, plus éclairés, comprendront que les vinamratais ont simplement édifié leurs propres bases historiques et culturelles ; car il faut bien que les bases proviennent de quelque part, et instaurer l'impossibilité d'en voir de nouvelles éclore chaque jour doit être perçu comme une hérésie. Les vinamratais, ainsi, cultivent l'humilité et le reniement de soi-même pour la communauté. De tribus originelles communistes au sens parfait, candide et utopiste du terme fut érigé un système politique atypique et étonnant dans lequel ce n'est ni la Nation ni l’État qui prend les décisions importantes. Pourquoi avoir fait un tel choix ? Pourquoi avoir laissé des gens extérieurs aux problèmes faire les choix existentiels pour la Nation ? Un système politique se définit par une histoire, par des racines culturelles. Un pays dans lequel il est coutume de guerroyer sera plus propice à l'instauration d'un régime militariste et plus ou moins dictatorial qu'un pays fortement démocratique et pacifiste.
À Tel-Érib, les mœurs et autres us et coutumes se sont, historiquement, constituées alors que les Douze Tribus étaient sous le joug d'un Prince omnipotent, apparemment immortel, omniscient et au pardon impossible. Autant dire qu'il ne faisait pas bon vivre dans une de ces Tribus à cette époque, qui dura près de vingt siècles. C'est pourtant cette domination sans faille qui amena les tel-éribains à voir au-delà du Prince et à se rendre compte qu'Iskupitel lui-même était, tout Dieu et Prince qu'il était, soumis aux lois – certes plutôt laxistes – de la Cyrénanie. Se courbant plus que le faisaient ses sujets au passage du Roi cyrénan, Iskupitel fut rapidement, auprès de la très réceptive population tel-éribaine, montré comme un symbole d'humilité et de respect, forgeant ainsi les bases de l'actuelle culture.
L'humilité, mot sacré, peut pourtant être interprété de différentes façons, et cela se voit dans les partis politiques tel-éribains qui, tous, promeuvent l'humilité. Pourtant, alors que le Parti des Verts Confédérés (PVC) demande l'humilité de l'Homme face à la Nature, le Parti Nationaliste-Conservateur (PNC) souhaite l'humilité des autres Nations par rapport à Tel-Érib, et le Parti Xénocrate (PX) promet l'humilité tel-éribaine quant aux autres Nations. On pourrait croire le PNC et le PX foncièrement opposés, représentant des concepts antagoniques, mais le fait est que leurs idées peuvent se rejoindre. En effet, le principe du Nationalisme est de promouvoir l'unité et l’unicité d'une Nation par rapport aux autres. Quoi de plus unissant que de respecter les bases originelles de la culture nationale ? Et qu'est-ce qu'une Nation sans culture ?
Pour une Nation humble, quoi de mieux que d'être menée par celui qui sait quelle décision prendre et qui soit ne possède pas d'humilité, soit ne risque pas de l'y perdre ? C'est le principe de la xénocratie. Sa branche exécutive souhaite promouvoir une certaine forme de xénocratie que l'on peut situer à mi-chemin entre les idées du PNC et de la branche vassaliste du PX. Le principe de la xénocratie exécutive est de confier la prise des grandes décisions, cruciales pour Tel-Érib, à une assemblée d'états étrangers (car confier cela à une seule entité serait dangereux pour le sérieux et l'impartialité du choix et il faudrait trouver une Nation qui, à elle seule, rassemble toutes les caractéristiques requises d'humilité et de fougue, de respect et d'initiative, chose qu'il est en toute logique plus aisé de trouver, éparpillé, chez plusieurs Nations).
Cette assemblée se doit d'être supranationale, afin de pouvoir efficacement diriger l'État tel-éribain, lui-même national et dominant les organisation tribales. On peut ainsi considérer que l'État est à la fois national et supra-tribal. Par soucis d'organisation, il est impossible que cette assemblée supranationale puisse juger de toutes les décisions, d'où l'existence d'un « délégué au territoire national », qui deviendra le nouveau poste de l'actuel Président de la République. Le détenteur de ce poste sera nommé par l'Assemblée Xénocrate et le Peuple, grâce au principe de double-vote, dans lequel les deux parties votent et où le gagnant est celui ayant rassemblé le plus de suffrages après mise en relation des décisions. Les décisions à prendre rapidement et de façon plus locale, excluant donc les Affaires Extranationales, la Diplomatie autres éléments de politique étrangère, du moins dans les grandes lignes car il n'est pas exclu de confier à l'Assemblée Xénocrate le soin de décider de l'objectif à atteindre et de laisser des gens, plus expérimentés et tel-éribains s'en occuper sur le terrain. De grands projets comme le Projet National Fartygstad seront également confrontés à ce nouvel organe. Le pouvoir exécutif et décisionnel sera donc remis presque entièrement à cette assemblée supranationale, d'où le nom de xénocratie exécutive.
Le pouvoir législatif, de même, sera contrôlé par l'Assemblée Xénocrate, mais uniquement de façon partielle. En effet, le rôle du Peuple dans l'édition des lois ne doit pas être oublié, et le Sénat se doit d'être la première instance en matière de législation, l'Assemblée Xénocrate n'étant qu'un organe à contacter en dernier lieu, dans des cas impartageables ou trop pointilleux pour être décidés par le Sénat seul, ce qui, vraisemblablement, sera le cas de plusieurs des grandes réformes que le PX souhaite – et doit – mettre en place.
Le pouvoir judiciaire, enfin, ne doit pas être en relation avec l'Assemblée Xénocrate, ou la séparation des pouvoirs, nécessaire à la stabilité et l'honnêteté d'un régime, pourrait être menacée. Cependant, il est fortement envisageable de faire coïncider le système tel-éribain préétabli (à l'instar du système de l'Église Catholique Urbaine : il existe une stricte hiérarchie entre les juges, à tel point qu'on pourrait parler de castes, et les membres les plus élevés se regroupent, comme les cardinaux, pour élire un chef suprême, le Haut-Juge, qui a tous les pouvoirs judiciaires et qui fait office à la fois de symbole pour les jeunes magistrats, de juge lors des « hauts-procès » – lorsque des membres des personnalités publiques sont incriminées par exemple –, ou d'arbitre lorsqu'une affaire tarde à être classée) et l'Assemblée Xéncorate, en instaurant un double-vote pour l'élection du Haut-Juge ou un droit d'arbitrage omnipotent de l'Assemblée en cas de consentement majoritaire de ses membres.
La Xénocratie, enfin, n'est pas une orientation dans le système opposant capitalisme à communisme, mais bien un type de régime jouxtant, selon la vision tel-éribaine du concept, la république et, ainsi, la démocratie. Cette orientation peut à la fois être choisie par l'Assemblée Xénocrate et le Peuple, et le Peuple xénocrate, bien que souhaitant la pérennité du système, n'est pas peu friand de changement. Et quoi de plus simple que de changer l'orientation politique des membres de l'Assemblée Xénocrate ? Dans de telles situations, Tel-Érib peut raisonnablement se déclarer à la fois non-alignée et neutre.[/quote]
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Iskupitel
Constitution officielle et xénocrate de Tel-Érib, Anonymes, (Œuvre Intégrale)
[quote]<center>CONSTITUTION NATIONALE DE LA RÉPUBLIQUE DÉMOCRATIQUE XÉNOCRATE, CONFÉDÉRÉE, SOUVERAINE ET IMMARCESCIBLE DE TEL-ÉRIB</center>
<center>PRÉAMBULE :</center>
Nous, citoyens tel-éribains affiliés au Parti Xénocrate, réunis par l'idéologie politique commune qu'est la volonté xénocrate en ce mois d'Août 2021, avons rédigé la présente Constitution dans l'objectif, béni entre tous, d'établir un cadre à l'évolution sociale et politique de l'individu dans la société tel-éribaine. En conséquence, Nous avons fait accepter le présent texte par les autorités du Parti Politique auquel nous sommes affiliés afin de le faire, indirectement, accepter par une majorité de la population.
<center>TITRE PREMIER :
Les fondements</center>
Article Premier : Tel-Érib est un État libre et xénocratique. Ses langues sont le Français et l'Hébreu. Sa religion est libre et son régime politique est la xénocratie.
Article Second : La dénomination officielle de l'État est la République Démocratique Xénocratique, Confédérée, Souveraine et Immarcescible de Tel-Érib. Le respect des principes xénocrates doit être une des préoccupations principales du Gouvernement.
Article Troisième : La souveraineté nationale cohabite avec la souveraineté extranationale, selon les termes des traités fondateurs du principe xénocrate et elles doivent s'exercer selon la présente Constitution.
Article Quatrième : Tout humain résidant à Tel-Érib se doit d'être traité comme un citoyen et est égal à ses co-résidants devant la Loi, selon le cadre fixé par les différentes législations en vigueur.
Article Cinquième : Les liberté d'expression, de presse, de rassemblement, de grève et d'opinion sont garanties.
Article Sixième : Le droit à la propriété et à l'inviolabilité de celle-ci est garanti adns les limites fixées par la loi.
Article Septième : Tout résidant tel-éribain a le droit de circuler librement sur le territoire.
Article Huitième : Tout être humain arrêté dans les frontières du territoire se doit d'être considéré comme présumé innocent, tant qu'un procès en bonne et due forme n'a pas été tenu et n'a pas prouvé sa culpabilité.
Article Neuvième : La loi est personnelle et ne peut être prononcée qu'en vertu d'une loi antérieure au fait punissable.
Article Dixième : La sphère privée de chaque résidant est considérée comme inviolable par les autorités tel-éribaine, dans le cadre de la Loi.
Article Onzième : La défense de la Patrie et de son Territoire est un devoir sacré pour tout résidant.
Article Douzième : Le paiement de l'impôt et la contribution aux charges publiques, sur la base de l'équité, constituent un devoir pour chaque personne.
Article Treizième : L'extradition des réfugiés politiques est une notion inexistante. La Loi permettant à tout être humain respirant sur le sol tel-éribain de bénéficier des mêmes droits que ceux qui disposent de la nationalité tel-éribaine, un réfugié politique devient un citoyen tel-éribain. En ce sens, il ne peut être retenu par des autorités extérieures à Tel-Érib. Si, en revanche, le réfugié politique sort du territoire national sans avoir été naturalisé de façon définitive, il perd ses droits tel-éribains.
<center>TITRE SECOND
L'organisation politique
Chapitre Premier
Conseil des Tribus et Sénat</center>
Article Premier : Tel-Érib est un état xénocrate et xénocratique modéré. Le principe de la xénocratie est de donner le pouvoir aux étrangers.
Article Second : Le Peuple tel-éribain, constitué de tous les êtres humains disposant de la Nationalité tel-éribaine, vote au suffrage universel direct un Chef Tribal par Tribu administrative.
Article Troisième : Le Chef Tribal est élu à la majorité absolue grâce à un scrutin en deux tours.
Article Quatrième : Le Chef Tribal perd son nom et est officiellement renommé du nom de la Tribu qu'il représente. Ainsi, si M. Loch Fijh réside à Tel-Aqshiah et est élu, il deviendra M. de Tel-Aqshiah.
Article Cinquième : Le Chef Tribal siège au Conseil des Tribus et y représente la Tribu dont il porte le nom.
Article Sixième : Les Chefs Tribaux ne disposent d'aucun statut supérieur quant aux autres tel-éribains.
Article Septième : Le Conseil des Tribus est établi à Beershebat (Tel-Beershebat, Tel-Érib).
Article Huitième : Le rôle du Conseil des Tribus est de donner l'opinion populaire lorsque ses membres le pensent utile. Il est également de prendre des décisions lorsque les autres organes politiques ne sont pas suffisamment efficaces pour que leurs décisions soient respectées.
Article Neuvième : Les décisions du Conseil des Tribus sont omnipotentes, sauf si elles sont contredites par une motion de l'Assemblée Supranationale Xénocrate.
Article Dixième : Les décisions du Conseil des Tribus sont prises par le vote des Chefs Tribaux.
Article Onzième : Une décision du Conseil des Tribus n'est acceptée que si elle recueille au moins la majorité absolue de votes positifs auprès des Chefs Tribaux.
Article Douzième : Le Conseil des Tribus est le seul organe habilité à donner l'approbation ou non du Peuple quant à un Projet National.
Article Treizième : Le Sénat est séparé en deux : le Sénat élargi et le Sénat réduit.
Article Quatorzième : Le Sénat réduit est composé de 52 membres élus du Peuple et d'un nombre variable de Représentants Étrangers.
Article Quinzième : Les 52 membres élus du Peuple composant le Sénat réduit sont élus démocratiquement au suffrage universel à raison de 4 par Tribu administrative.
Article Seizième : Le Sénat réduit sert à délibérer des lois moins importantes, ne nécessitant pas la présence de l'ensemble des sénateurs. C'est au Président du Sénat de choisir si la loi proposée doit être votée en Sénat réduit ou élargi.
Article Dix-septième : Les Représentants Étrangers disposent d'un nombre de voix lors des votes allant de 1 à 3 et défini par le Président du Sénat lors de l'annonce de la proposition de loi.
Article Dix-Huitième : Les Représentants Étrangers votent trois jours avant que ne votent les Sénateurs.
Article Dix-Neuvième : Les Sénateurs Étrangers (représentants privilégies à l'exemple des Sénateurs Ménoviens) disposent du double de voix des Représentants Étrangers.
Article Vingtième : Les Sénateurs Étrangers votent trois jours après les Représentants Étrangers, en même temps que les Sénateurs.
Article Vingt-et-Unième : Les Sénateurs Étrangers disposent du droit de proposer des lois au Conseil des Tribus, à raison d'une par année civile, en tant que « Loi Extranationale ».
Article Vingt-Deuxième : Le Conseil des Tribus votera de la proposition ou non de la Loi Extranationale au Sénat.
Article Vingt-Troisième : En cas de refus du Conseil des Tribus, les Sénateurs Étrangers responsables de la proposition de la Loi Extranationale disposent d'un délai d'un mois pour la soumettre à nouveau, si tel est leur désir.
Article Vingt-Quatrième : Une Loi Extranationale s'applique, à l'instar d'une loi nationale, à l'ensemble du territoire national tel-éribain.
<center>Chapitre Second
Gouvernement et Assemblée Xénocrate</center>
Article Premier : L'Assemblée Supranationale de la Xénocratie, ou Assemblée Xénocrate, est composée de représentants des Nations étrangères disposant de Représentants Étrangers ou de Sénateurs Étrangers au sein du Sénat tel-éribain. Elle a pour but de prendre les décisions les plus importantes pour Tel-Érib.
Article Second : L'Assemblée Supranationale de la Xénocratie prend des décisions quant à la politique étrangère que doit adopter Tel-Érib.
Article Troisième : Les décisions de l'Assemblée Supranationale de la Xénocratie sont, une fois votées démocratiquement, souveraines, incontestables et applicables sans aucun délai. Nul ne peut contredire les décisions de l'Assemblée Xénocrate.
Article Quatrième : Le Peuple, une fois tous les quatre ans, élit un Président parmi les candidats volontaires.
Article Cinquième : Une fois élu, le Président est confirmé ou non par l'Assemblée Supranationale de la Xénocratie grâce à un vote acceptant ou non de nommer le candidat élu en tant que « Délégué au Territoire National ». En cas de refus de l'Assemblée Xénocrate, un vote similaire est organisé pour le deuxième candidat ayant atteint le Second Tour. Si la réponse est encore une fois négative, le Peuple est appelé à voter une deuxième et dernière fois pour proposer deux nouveaux candidats à la fonction de Délégué au Territoire National à l'Assemblée Xénocrate.
Article Sixième : Le Délégué au Territoire National dispose de l'autorité nécessaire à la prise de décisions rapides et peu cruciales pour l'avenir tel-éribain. Il permet de rendre plus fuide les décisions tel-éribaines et de ne pas recourir à un vote de l'Assemblée Xénocrate plus que de raison.
Article Septième : En l'impossibilité du Ministre des Affaires Extranationales de représenter Tel-Érib lors de négociations ou d'une Rencontre Internationale, le Délégué au Territoire National sera sollicité.
Article Huitième : Le Délégué au Territoire National nomme, à sa nomination, le gouvernement qu'il présidera.
Article Neuvième : Les Ministères sont : Secrétariat d'État, Ministère de l'Intérieur, Ministère des Affaires Extranationales, Ministère de la Défense, Ministère des Finances, Ministère de la Justice, Ministère de la Santé, Ministère de la Culture et des Sports, Ministère des Affaires Religieuses, Ministère de l'Énergie, Ministère de l'Éducation, Ministère de la Recherche.
Article Dixième : Le Secrétaire d'État, nommé par le Délégué au Territoire National, est le Délégué au Territoire National par Intérim ainsi que le Porte-Parole de l'État.
Article Onzième : Le Ministre de l'Intérieur a pour fonctions de diriger les Services de Police et autres systèmes de sécurité. Il est l'employeur légal des policiers.
Article Douzième : Le Ministre des Affaires Extranationales a pour mission de gérer le contact entre Tel-Érib et les Nations étrangères. Il est le représentant traditionnel de Tel-Érib lors des négociations et des rencontres internationales. Il gère également le réseau d'ambassades.
Article Treizième : Le Ministre de la Défense gère les services de l'Armée et de la Garde Nationale et est l'employeur légal des militaires.
Article Quatorzième : Le Ministère des Finances s'occupe du Commerce, de l'Économie et du Budget National.
Article Quinzième : Le Ministère de la Justice est le représentant au sein du gouvernement du pouvoir judiciaire. Il est l'employeur légal des magistrats.
Article Seizième : Le Ministère de la Santé a pour mission de s'occuper des hôpitaux et autres services de santé tel-éribains. Il est l'employeur légal des médecins et autres professions médicales.
Article Dix-Septième : Le Ministère de la Culture et des Sports gère les équipements sportifs de Tel-Érib ainsi que l'organisation d'événements culturels et sportifs sur le territoire national. Il est également le Ministère de la Jeunesse.
Article Dix-Huitième : Le Ministère des Affaires Religieuses a pour fonction d'être médiateur lors des conflits religieux et d'œuvrer à la paix entre les confessions. Il est le propriétaire légal des lieux de culte, tous nationalisés.
Article Dix-Neuvième : Le Ministère de l'Énergie a pour mission de gérer les ressources énergétiques tel-éribaines et d'en être le responsable.
Article Vingtième : Le Ministère de l'Éducation est l'employeur légal des professeurs. Il a pour fonction de s'assurer au bon suivi des différents enseignements. Il est propriétaire des écoles, des collèges et des universités.
Article Vingt-et-Unième : Le Ministère de la Recherche est à la tête du réseau de chercheurs ainsi que leur employeur. Il est à l'origine des subventions perçues par les laboratoires de recherche.
<center>Chapitre Troisième
Pouvoir Judiciaire</center>
Article Premier : Le Pouvoir Judiciaire est dissocié du pouvoir exécutif qu'est l'Assemblée Supranationale de la Xénocratie.
Article Second : Les procès de droit commun sont présidés par des juges de la caste Novicii.
Article Troisième : Les procès où interviennent mort d'homme sont présidés par des juges de la caste Veteratorius.
Article Quatrième : Les procès exceptionnels sont présidés par des juges de la caste Dei.
Article Cinquième : Les castes Novicii, Veteratorius et Dei sont perméables de la façon suivante : un magistrat issu d'une famille nouvelle fera partie de la caste Novicii. Après dix générations de magistrature, le magistrat héritier d'une famille de Novicii entrera dans la caste Veteratorius. Après vingt générations de magistrature supplémentaires, le magistrat héritier d'une famille de Veteratorius entrera dans la caste Dei.
Article Sixième : Une fois par an, les juges des castes Veteratorius et Dei se rassemblent pour élire démocratiquement un Haut-Juge.
Article Septième : Le Haut-Juge dispose de l'omnipotence judiciaire et peut gracier un condamné. Son rôle premier est d'être médiateur au sein de procès extraordinaires mettant en scène des personnalités publiques. Le Haut-Juge peut décider du sort de n'importe qui, et n'a de comptes à rendre qu'à l'Assemblée Xénocrate et au Ministre de la Justice.
Article Huitième : Une décision de justice ne peut être revue durant un délai de 2 années pleines et entières.[/quote]
[quote]<center>CONSTITUTION NATIONALE DE LA RÉPUBLIQUE DÉMOCRATIQUE XÉNOCRATE, CONFÉDÉRÉE, SOUVERAINE ET IMMARCESCIBLE DE TEL-ÉRIB</center>
<center>PRÉAMBULE :</center>
Nous, citoyens tel-éribains affiliés au Parti Xénocrate, réunis par l'idéologie politique commune qu'est la volonté xénocrate en ce mois d'Août 2021, avons rédigé la présente Constitution dans l'objectif, béni entre tous, d'établir un cadre à l'évolution sociale et politique de l'individu dans la société tel-éribaine. En conséquence, Nous avons fait accepter le présent texte par les autorités du Parti Politique auquel nous sommes affiliés afin de le faire, indirectement, accepter par une majorité de la population.
<center>TITRE PREMIER :
Les fondements</center>
Article Premier : Tel-Érib est un État libre et xénocratique. Ses langues sont le Français et l'Hébreu. Sa religion est libre et son régime politique est la xénocratie.
Article Second : La dénomination officielle de l'État est la République Démocratique Xénocratique, Confédérée, Souveraine et Immarcescible de Tel-Érib. Le respect des principes xénocrates doit être une des préoccupations principales du Gouvernement.
Article Troisième : La souveraineté nationale cohabite avec la souveraineté extranationale, selon les termes des traités fondateurs du principe xénocrate et elles doivent s'exercer selon la présente Constitution.
Article Quatrième : Tout humain résidant à Tel-Érib se doit d'être traité comme un citoyen et est égal à ses co-résidants devant la Loi, selon le cadre fixé par les différentes législations en vigueur.
Article Cinquième : Les liberté d'expression, de presse, de rassemblement, de grève et d'opinion sont garanties.
Article Sixième : Le droit à la propriété et à l'inviolabilité de celle-ci est garanti adns les limites fixées par la loi.
Article Septième : Tout résidant tel-éribain a le droit de circuler librement sur le territoire.
Article Huitième : Tout être humain arrêté dans les frontières du territoire se doit d'être considéré comme présumé innocent, tant qu'un procès en bonne et due forme n'a pas été tenu et n'a pas prouvé sa culpabilité.
Article Neuvième : La loi est personnelle et ne peut être prononcée qu'en vertu d'une loi antérieure au fait punissable.
Article Dixième : La sphère privée de chaque résidant est considérée comme inviolable par les autorités tel-éribaine, dans le cadre de la Loi.
Article Onzième : La défense de la Patrie et de son Territoire est un devoir sacré pour tout résidant.
Article Douzième : Le paiement de l'impôt et la contribution aux charges publiques, sur la base de l'équité, constituent un devoir pour chaque personne.
Article Treizième : L'extradition des réfugiés politiques est une notion inexistante. La Loi permettant à tout être humain respirant sur le sol tel-éribain de bénéficier des mêmes droits que ceux qui disposent de la nationalité tel-éribaine, un réfugié politique devient un citoyen tel-éribain. En ce sens, il ne peut être retenu par des autorités extérieures à Tel-Érib. Si, en revanche, le réfugié politique sort du territoire national sans avoir été naturalisé de façon définitive, il perd ses droits tel-éribains.
<center>TITRE SECOND
L'organisation politique
Chapitre Premier
Conseil des Tribus et Sénat</center>
Article Premier : Tel-Érib est un état xénocrate et xénocratique modéré. Le principe de la xénocratie est de donner le pouvoir aux étrangers.
Article Second : Le Peuple tel-éribain, constitué de tous les êtres humains disposant de la Nationalité tel-éribaine, vote au suffrage universel direct un Chef Tribal par Tribu administrative.
Article Troisième : Le Chef Tribal est élu à la majorité absolue grâce à un scrutin en deux tours.
Article Quatrième : Le Chef Tribal perd son nom et est officiellement renommé du nom de la Tribu qu'il représente. Ainsi, si M. Loch Fijh réside à Tel-Aqshiah et est élu, il deviendra M. de Tel-Aqshiah.
Article Cinquième : Le Chef Tribal siège au Conseil des Tribus et y représente la Tribu dont il porte le nom.
Article Sixième : Les Chefs Tribaux ne disposent d'aucun statut supérieur quant aux autres tel-éribains.
Article Septième : Le Conseil des Tribus est établi à Beershebat (Tel-Beershebat, Tel-Érib).
Article Huitième : Le rôle du Conseil des Tribus est de donner l'opinion populaire lorsque ses membres le pensent utile. Il est également de prendre des décisions lorsque les autres organes politiques ne sont pas suffisamment efficaces pour que leurs décisions soient respectées.
Article Neuvième : Les décisions du Conseil des Tribus sont omnipotentes, sauf si elles sont contredites par une motion de l'Assemblée Supranationale Xénocrate.
Article Dixième : Les décisions du Conseil des Tribus sont prises par le vote des Chefs Tribaux.
Article Onzième : Une décision du Conseil des Tribus n'est acceptée que si elle recueille au moins la majorité absolue de votes positifs auprès des Chefs Tribaux.
Article Douzième : Le Conseil des Tribus est le seul organe habilité à donner l'approbation ou non du Peuple quant à un Projet National.
Article Treizième : Le Sénat est séparé en deux : le Sénat élargi et le Sénat réduit.
Article Quatorzième : Le Sénat réduit est composé de 52 membres élus du Peuple et d'un nombre variable de Représentants Étrangers.
Article Quinzième : Les 52 membres élus du Peuple composant le Sénat réduit sont élus démocratiquement au suffrage universel à raison de 4 par Tribu administrative.
Article Seizième : Le Sénat réduit sert à délibérer des lois moins importantes, ne nécessitant pas la présence de l'ensemble des sénateurs. C'est au Président du Sénat de choisir si la loi proposée doit être votée en Sénat réduit ou élargi.
Article Dix-septième : Les Représentants Étrangers disposent d'un nombre de voix lors des votes allant de 1 à 3 et défini par le Président du Sénat lors de l'annonce de la proposition de loi.
Article Dix-Huitième : Les Représentants Étrangers votent trois jours avant que ne votent les Sénateurs.
Article Dix-Neuvième : Les Sénateurs Étrangers (représentants privilégies à l'exemple des Sénateurs Ménoviens) disposent du double de voix des Représentants Étrangers.
Article Vingtième : Les Sénateurs Étrangers votent trois jours après les Représentants Étrangers, en même temps que les Sénateurs.
Article Vingt-et-Unième : Les Sénateurs Étrangers disposent du droit de proposer des lois au Conseil des Tribus, à raison d'une par année civile, en tant que « Loi Extranationale ».
Article Vingt-Deuxième : Le Conseil des Tribus votera de la proposition ou non de la Loi Extranationale au Sénat.
Article Vingt-Troisième : En cas de refus du Conseil des Tribus, les Sénateurs Étrangers responsables de la proposition de la Loi Extranationale disposent d'un délai d'un mois pour la soumettre à nouveau, si tel est leur désir.
Article Vingt-Quatrième : Une Loi Extranationale s'applique, à l'instar d'une loi nationale, à l'ensemble du territoire national tel-éribain.
<center>Chapitre Second
Gouvernement et Assemblée Xénocrate</center>
Article Premier : L'Assemblée Supranationale de la Xénocratie, ou Assemblée Xénocrate, est composée de représentants des Nations étrangères disposant de Représentants Étrangers ou de Sénateurs Étrangers au sein du Sénat tel-éribain. Elle a pour but de prendre les décisions les plus importantes pour Tel-Érib.
Article Second : L'Assemblée Supranationale de la Xénocratie prend des décisions quant à la politique étrangère que doit adopter Tel-Érib.
Article Troisième : Les décisions de l'Assemblée Supranationale de la Xénocratie sont, une fois votées démocratiquement, souveraines, incontestables et applicables sans aucun délai. Nul ne peut contredire les décisions de l'Assemblée Xénocrate.
Article Quatrième : Le Peuple, une fois tous les quatre ans, élit un Président parmi les candidats volontaires.
Article Cinquième : Une fois élu, le Président est confirmé ou non par l'Assemblée Supranationale de la Xénocratie grâce à un vote acceptant ou non de nommer le candidat élu en tant que « Délégué au Territoire National ». En cas de refus de l'Assemblée Xénocrate, un vote similaire est organisé pour le deuxième candidat ayant atteint le Second Tour. Si la réponse est encore une fois négative, le Peuple est appelé à voter une deuxième et dernière fois pour proposer deux nouveaux candidats à la fonction de Délégué au Territoire National à l'Assemblée Xénocrate.
Article Sixième : Le Délégué au Territoire National dispose de l'autorité nécessaire à la prise de décisions rapides et peu cruciales pour l'avenir tel-éribain. Il permet de rendre plus fuide les décisions tel-éribaines et de ne pas recourir à un vote de l'Assemblée Xénocrate plus que de raison.
Article Septième : En l'impossibilité du Ministre des Affaires Extranationales de représenter Tel-Érib lors de négociations ou d'une Rencontre Internationale, le Délégué au Territoire National sera sollicité.
Article Huitième : Le Délégué au Territoire National nomme, à sa nomination, le gouvernement qu'il présidera.
Article Neuvième : Les Ministères sont : Secrétariat d'État, Ministère de l'Intérieur, Ministère des Affaires Extranationales, Ministère de la Défense, Ministère des Finances, Ministère de la Justice, Ministère de la Santé, Ministère de la Culture et des Sports, Ministère des Affaires Religieuses, Ministère de l'Énergie, Ministère de l'Éducation, Ministère de la Recherche.
Article Dixième : Le Secrétaire d'État, nommé par le Délégué au Territoire National, est le Délégué au Territoire National par Intérim ainsi que le Porte-Parole de l'État.
Article Onzième : Le Ministre de l'Intérieur a pour fonctions de diriger les Services de Police et autres systèmes de sécurité. Il est l'employeur légal des policiers.
Article Douzième : Le Ministre des Affaires Extranationales a pour mission de gérer le contact entre Tel-Érib et les Nations étrangères. Il est le représentant traditionnel de Tel-Érib lors des négociations et des rencontres internationales. Il gère également le réseau d'ambassades.
Article Treizième : Le Ministre de la Défense gère les services de l'Armée et de la Garde Nationale et est l'employeur légal des militaires.
Article Quatorzième : Le Ministère des Finances s'occupe du Commerce, de l'Économie et du Budget National.
Article Quinzième : Le Ministère de la Justice est le représentant au sein du gouvernement du pouvoir judiciaire. Il est l'employeur légal des magistrats.
Article Seizième : Le Ministère de la Santé a pour mission de s'occuper des hôpitaux et autres services de santé tel-éribains. Il est l'employeur légal des médecins et autres professions médicales.
Article Dix-Septième : Le Ministère de la Culture et des Sports gère les équipements sportifs de Tel-Érib ainsi que l'organisation d'événements culturels et sportifs sur le territoire national. Il est également le Ministère de la Jeunesse.
Article Dix-Huitième : Le Ministère des Affaires Religieuses a pour fonction d'être médiateur lors des conflits religieux et d'œuvrer à la paix entre les confessions. Il est le propriétaire légal des lieux de culte, tous nationalisés.
Article Dix-Neuvième : Le Ministère de l'Énergie a pour mission de gérer les ressources énergétiques tel-éribaines et d'en être le responsable.
Article Vingtième : Le Ministère de l'Éducation est l'employeur légal des professeurs. Il a pour fonction de s'assurer au bon suivi des différents enseignements. Il est propriétaire des écoles, des collèges et des universités.
Article Vingt-et-Unième : Le Ministère de la Recherche est à la tête du réseau de chercheurs ainsi que leur employeur. Il est à l'origine des subventions perçues par les laboratoires de recherche.
<center>Chapitre Troisième
Pouvoir Judiciaire</center>
Article Premier : Le Pouvoir Judiciaire est dissocié du pouvoir exécutif qu'est l'Assemblée Supranationale de la Xénocratie.
Article Second : Les procès de droit commun sont présidés par des juges de la caste Novicii.
Article Troisième : Les procès où interviennent mort d'homme sont présidés par des juges de la caste Veteratorius.
Article Quatrième : Les procès exceptionnels sont présidés par des juges de la caste Dei.
Article Cinquième : Les castes Novicii, Veteratorius et Dei sont perméables de la façon suivante : un magistrat issu d'une famille nouvelle fera partie de la caste Novicii. Après dix générations de magistrature, le magistrat héritier d'une famille de Novicii entrera dans la caste Veteratorius. Après vingt générations de magistrature supplémentaires, le magistrat héritier d'une famille de Veteratorius entrera dans la caste Dei.
Article Sixième : Une fois par an, les juges des castes Veteratorius et Dei se rassemblent pour élire démocratiquement un Haut-Juge.
Article Septième : Le Haut-Juge dispose de l'omnipotence judiciaire et peut gracier un condamné. Son rôle premier est d'être médiateur au sein de procès extraordinaires mettant en scène des personnalités publiques. Le Haut-Juge peut décider du sort de n'importe qui, et n'a de comptes à rendre qu'à l'Assemblée Xénocrate et au Ministre de la Justice.
Article Huitième : Une décision de justice ne peut être revue durant un délai de 2 années pleines et entières.[/quote]
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Iskupitel
Philosophie de Baleine, M. Thibaud Fivard (2021), (Œuvre intégrale)[quote]<center>ACTE UNIQUE
SCÈNE UNIQUE. THÉOBALD, PHALAINIE
THÉOBALD</center>
La plaine dorée s'étend devant moi, et derrière moi se trouve l'océan.
<center>PHALAINIE</center>
L'océan ?
<center>THÉOBALD</center>
C'est de lui que tu proviens. Ne sais-tu rien sur lui ?
<center>PHALAINIE</center>
Rien du tout.
<center>THÉOBALD</center>
Il n'existe déjà plus.
<center>PHALAINIE</center>
Qu'est-ce-à-dire, Théobald ?
<center>THÉOBALD</center>
Ce que je ne regarde plus disparaît.
<center>PHALAINIE</center>
Comment le sais-tu ?
<center>THÉOBALD</center>
C'est un fait.
<center>PHALAINIE</center>
Que se passera-t-il si je regarde là où tu ne le fais ?
<center>THÉOBALD</center>
Tout réapparaîtra.
<center>PHALAINIE</center>
Tout ?
<center>THÉOBALD</center>
J'en suis aussi persuadé que tu es une baleine. Peux-tu nier ta condition terrestre ?
<center>PHALAINIE</center>
Aucunement... Je suis donc une baleine, c'est cela ?
<center>THÉOBALD</center>
Oui.
<center>PHALAINIE</center>
Que font les baleines de leur temps et de leur vie ?
<center>THÉOBALD</center>
Elles nagent et parcourent l'immensité bleue qu'est l'océan.
<center>PHALAINIE</center>
Nous en revenons à l'océan.
<center>THÉOBALD</center>
En effet. N'est-il pas source de toute vie, tout être n'a-t-il pas envie d'y retourner ?
<center>PHALAINIE</center>
Je vais donc regarder dans ton dos. Tout est réapparu.
<center>THÉOBALD</center>
N'est-ce pas exactement ce que je disais ?
<center>PHALAINIE</center>
Tu as dis que ce que tu ne regardais pas disparaissait.
<center>THÉOBALD</center>
Et que si toi tu regardais tout réapparaîtrait.
<center>PHALAINIE</center>
Tu t'es donc toi-même contredit.
<center>THÉOBALD</center>
Comment puis-je être sûr que ce que tu dis est vrai ?
<center>PHALAINIE</center>
Tu ne le peux.
<center>THÉOBALD</center>
Ainsi, j'ai une théorie. En effet, même si l'Univers veut me le cacher grâce à des personnages comme toi, le monde a été fait pour moi, et moi seul. Aussi ne peux-tu rien voir, car tu n'es qu'illusion. Et si d'aventure je cherchais à vérifier qu'il n'y a rien derrière moi, l'Univers réapparaîtrait. Ce que je vois existe car je détermine ce qui est nécessaire.
<center>PHALAINIE</center>
Doit-on forcément – je parle de l'Univers – ne faire exister que ce qui est nécessaire ? En admettant que je fasse partie de cette théorie, pourquoi l'inutile, le futile ne pourrait-il pas prendre forme ?
<center>THÉOBALD</center>
Je considère futile et dispensable ce qui n'existe pas.
<center>PHALAINIE</center>
Voilà qui est plus logique.
<center>THÉOBALD</center>
Si je me retourne à présent et que je te fais dos, tu n'existeras plus, car tu fais en réalité partie du décor.
<center>PHALAINIE</center>
Mais si je peux toujours te parler ?
<center>THÉOBALD</center>
Alors ce sera que l'Univers tente de m'embrouiller. Même si tu n'existes plus, du son sera émis de nulle part, pour me faire croire que j'ai tort. Surpris, je me retournerai, découvrant que tu es encore là. Mais, ayant fait volte-face, tu auras recouvré ton existence.
<center>PHALAINIE</center>
Que penserai-je alors ?
<center>THÉOBALD</center>
Tu ne peux penser ; tu es le fait de l'Univers. Tu es un élément du décor, te dis-je.
<center>PHALAINIE</center>
J'ai pourtant bien l'impression de pouvoir penser et agir de mon propre chef. Il ne me semble pas subir de retenue d'un mur quelconque. Si je veux bouger, je le peux.
<center>THÉOBALD</center>
En es-tu sûre ?
<center>PHALAINIE</center>
Je pense que oui.
<center>THÉOBALD</center>
Alors, bouge. Tu vois, tu ne le peux.
<center>PHALAINIE</center>
Tu as pourtant dit que les baleines parcouraient les étendues océanes.
<center>THÉOBALD</center>
C'est le cas. Et alors ?
<center>PHALAINIE</center>
Je dois pouvoir bouger pour faire cela.
<center>THÉOBALD</center>
Voilà qui me contredit grandement... plus que je le souhaite. Mais dis-toi que toi tu ne peux bouger. Quand bien même tu es une baleine, ce n'est pas pour rien que tu es en dehors de l'eau.
<center>PHALAINIE</center>
Je ne me souviens pas avoir jamais été baignée.
<center>THÉOBALD</center>
C'est sûrement car tu ne l'as jamais été. Ta vie se résume à être une baleine échouée sur une plage, loin de toute marée et sans espoir de retourner vivre là où tu le devrais.
<center>PHALAINIE</center>
Je ne peux m'y résigner.
<center>THÉOBALD</center>
Tu le dois pourtant.
<center>PHALAINIE</center>
Comment puis-je accepter que je ne suis rien ? Comment, après plusieurs années de vie sur cette plage, puis-je convenir et admettre que je ne suis rien ?
<center>THÉOBALD</center>
Tu n'es pas rien, Phalainie. Tu es l'Univers.
<center>PHALAINIE</center>
Non, je ne suis pas l'Univers. C'est l'Univers qui est moi. Quoi que je souhaite faire, c'est en réalité l'Univers qui souhaite. Cette façon de voir les choses, Théobald, si tu dis vrai, n'est que folie pour les membres de l'Univers. Ne souhaites-tu la réviser ?
<center>THÉOBALD</center>
Réviser ma théorie c'est avouer qu'elle peut être erronée. Je refuse cela.
<center>PHALAINIE</center>
Pense à moi, Théobald.
<center>THÉOBALD</center>
Pourquoi le devrais-je ? Si je suis d'accord avec moi-même, tu n'es rien.
<center>PHALAINIE</center>
Je ne suis pas rien !
<center>THÉOBALD</center>
Pourquoi serais-tu ?
<center>PHALAINIE</center>
« Cogito ergo sum » a dit le sage.
<center>THÉOBALD</center>
« Sum ergo cogito » préféré-je dire.
<center>PHALAINIE</center>
Comment peux-tu affirmer que je n'existe pas ? Quelle est alors ma voix ? D'où provient-elle si ce n'est du corps matériel, physique et palpable qui est le mien ?
<center>THÉOBALD</center>
Elle provient de l'Univers. Elle provient de ma tête et de mon imagination. Si ton corps semble palpable, c'est seulement car l'Univers a ses frontières ici.
<center>PHALAINIE</center>
Qu'est-ce-à-dire ?
<center>THÉOBALD</center>
À l'intérieur de toi, c'est le néant. La seule chose palpable en dehors de moi ce sont les limites de l'Univers.
<center>PHALAINIE</center>
Mais si on m'ouvre ?
<center>THÉOBALD</center>
Alors les frontières de l'Univers se modifieront et incluront ton corps.
<center>PHALAINIE</center>
Ainsi, tu insinues que je possède un corps sans qu'il puisse être existant dans cet univers.
<center>THÉOBALD</center>
C'est ce que je pense.
<center>PHALAINIE</center>
Où existé-je, alors ?
<center>THÉOBALD</center>
Dans un autre univers.
<center>PHALAINIE</center>
Lequel ?
<center>THÉOBALD</center>
Je n'en sais rien ; car je ne connais que cet univers-ci. Peut-être ton univers est-il centré sur toi comme celui-ci l'est sur moi. J'existe donc ici, mais pas dans ton univers, où je ne suis qu'un élément du décor. Comme tu l'es ici.
<center>PHALAINIE</center>
Est-ce possible à vérifier ?
<center>THÉOBALD</center>
Je ne pense pas que ça le soit. Mais cela expliquerait ta capacité à penser et à agir de ton propre chef.
<center>PHALAINIE</center>
Et cela conforterait ton hypothèse dans le même temps.
<center>THÉOBALD</center>
Si tout le monde est gagnant, qui peut s'en plaindre ?
<center>PHALAINIE</center>
Dieu. Les dieux sont tout.
<center>THÉOBALD</center>
Les dieux ne sont pas tout, Phalainie. Ce ne sont pas les dieux qui t'ont créée.
<center>PHALAINIE</center>
Alors, c'est Dieu qui peut s'en plaindre.
<center>THÉOBALD</center>
Cela serait légitime du fait de ses pouvoirs. Mais qu'en serait-il de son rôle ?
<center>PHALAINIE</center>
Son rôle ? Quel est-il ?
<center>THÉOBALD</center>
Veiller à la pérennité du monde.
<center>PHALAINIE</center>
Il y a plusieurs mondes.
<center>THÉOBALD</center>
Non : il y a plusieurs univers, qui constituent un seul monde.
<center>PHALAINIE</center>
Universel est plus important que mondial, pourtant.
<center>THÉOBALD</center>
Cela est uniquement dû à une idiotie humaine supplémentaire.
<center>PHALAINIE</center>
Mais pourquoi n'y aurait-il pas plusieurs mondes, s'il y a plusieurs univers ?
<center>THÉOBALD</center>
S'il y a plusieurs mondes, ils ne peuvent être interconnectés et Sont radicalement différents.
<center>PHALAINIE</center>
Peut-être peut-on passer d'un univers à un autre ?
<center>THÉOBALD</center>
Évidemment nous le pouvons !
<center>PHALAINIE</center>
Prouve-le-moi, en ce cas. Traverse temps et espace, deviens-en maître, et montre à la baleine que je suis que le sucre est source de vie.
<center>THÉOBALD</center>
Comment le pourrais-je ?
<center>PHALAINIE</center>
Va dans un univers sans sucre et remarque qu'il n'y a aucune forme de vie.
<center>THÉOBALD</center>
Les univers sont les mêmes, ainsi que je te l'ai déjà dit. Si tu veux un endroit sans sucre, va dans un autre monde.
<center>PHALAINIE</center>
Ainsi, on ne peut prouver ceci.
<center>THÉOBALD</center>
Mais je te prouverai que je peux dédoubler mon bras.
<center>PHALAINIE</center>
Soit ; va.
<center>THÉOBALD</center>
Hélas, je ne le peux de suite, car le dieux ne m'autorisent pas tous les jours à changer d'univers.
<center>PHALAINIE</center>
Quand le pourras-tu ?
<center>THÉOBALD</center>
Je ne sais.
<center>PHALAINIE</center>
Je m'ennuie. Te voir tenter de changer d'univers m'aurait distraite.
<center>THÉOBALD</center>
Je n'y puis rien, hélas.
<center>PHALAINIE</center>
Alors, rends-moi à l'océan.
<center>THÉOBALD</center>
Si tel est ton désir. Mais je me sentirai seul.
<center>PHALAINIE</center>
J'ai dit que c'était là que je devais être. Je ne fais que suivre ce que souhaite la nature. Rends-moi à l'océan.
<center>THÉOBALD</center>
Soit. Mais es-tu bien sûre de ne pas vouloir y réfléchir à nouveau avant ?
<center>PHALAINIE</center>
Je n'ai plus aucune raison de rester ici.
<center>THÉOBALD</center>
Tu m'as moi.
<center>PHALAINIE</center>
Oui, et je t'aurai dans mon cœur jusqu'à la fin de ma vie. Je n'ai donc pas besoin de rester à tes côtés.
<center>THÉOBALD</center>
J'ai envie de mourir.
<center>PHALAINIE</center>
Et si tu meurs, que se passera-t-il pour l'univers ?
<center>THÉOBALD</center>
Je pense qu'il disparaîtra après avoir implosé.
<center>PHALAINIE</center>
Ainsi tu ne peux te permettre de mourir.
<center>THÉOBALD</center>
Ainsi tu ne peux te permettre de partir.
<center>PHALAINIE</center>
Tu dois pouvoir survivre sans moi.
<center>THÉOBALD</center>
Ton absence serait une charge trop lourde pour l'essieu de mon âme.
<center>PHALAINIE</center>
Je ne peux pourtant chasser de ma tête l'image attirante de l'océan dont tu m'as parlé.
<center>THÉOBALD</center>
C'était donc une erreur que de t'en parler, tout décor que tu sois.
<center>PHALAINIE</center>
Ce n'était pas une erreur, car tu m'as redonné la joie.
<center>THÉOBALD</center>
C'était une erreur, car je t'ai perdue.
<center>PHALAINIE</center>
Ne peux-tu rien faire pour me sauver ?
<center>THÉOBALD</center>
Je ne le veux pas.
<center>PHALAINIE</center>
Il est pourtant de ton devoir de me porter assistance et d'aider une baleine à rejoindre l'océan dont elle provient.
<center>THÉOBALD</center>
Ainsi soit-il, alors. Espérons que l'univers persistera après ma mort. C'est triste, car j'avais compris la vie. Souviens-toi toujours d'une chose, Phalainie : « Sum ergo cogito ».[/quote]
SCÈNE UNIQUE. THÉOBALD, PHALAINIE
THÉOBALD</center>
La plaine dorée s'étend devant moi, et derrière moi se trouve l'océan.
<center>PHALAINIE</center>
L'océan ?
<center>THÉOBALD</center>
C'est de lui que tu proviens. Ne sais-tu rien sur lui ?
<center>PHALAINIE</center>
Rien du tout.
<center>THÉOBALD</center>
Il n'existe déjà plus.
<center>PHALAINIE</center>
Qu'est-ce-à-dire, Théobald ?
<center>THÉOBALD</center>
Ce que je ne regarde plus disparaît.
<center>PHALAINIE</center>
Comment le sais-tu ?
<center>THÉOBALD</center>
C'est un fait.
<center>PHALAINIE</center>
Que se passera-t-il si je regarde là où tu ne le fais ?
<center>THÉOBALD</center>
Tout réapparaîtra.
<center>PHALAINIE</center>
Tout ?
<center>THÉOBALD</center>
J'en suis aussi persuadé que tu es une baleine. Peux-tu nier ta condition terrestre ?
<center>PHALAINIE</center>
Aucunement... Je suis donc une baleine, c'est cela ?
<center>THÉOBALD</center>
Oui.
<center>PHALAINIE</center>
Que font les baleines de leur temps et de leur vie ?
<center>THÉOBALD</center>
Elles nagent et parcourent l'immensité bleue qu'est l'océan.
<center>PHALAINIE</center>
Nous en revenons à l'océan.
<center>THÉOBALD</center>
En effet. N'est-il pas source de toute vie, tout être n'a-t-il pas envie d'y retourner ?
<center>PHALAINIE</center>
Je vais donc regarder dans ton dos. Tout est réapparu.
<center>THÉOBALD</center>
N'est-ce pas exactement ce que je disais ?
<center>PHALAINIE</center>
Tu as dis que ce que tu ne regardais pas disparaissait.
<center>THÉOBALD</center>
Et que si toi tu regardais tout réapparaîtrait.
<center>PHALAINIE</center>
Tu t'es donc toi-même contredit.
<center>THÉOBALD</center>
Comment puis-je être sûr que ce que tu dis est vrai ?
<center>PHALAINIE</center>
Tu ne le peux.
<center>THÉOBALD</center>
Ainsi, j'ai une théorie. En effet, même si l'Univers veut me le cacher grâce à des personnages comme toi, le monde a été fait pour moi, et moi seul. Aussi ne peux-tu rien voir, car tu n'es qu'illusion. Et si d'aventure je cherchais à vérifier qu'il n'y a rien derrière moi, l'Univers réapparaîtrait. Ce que je vois existe car je détermine ce qui est nécessaire.
<center>PHALAINIE</center>
Doit-on forcément – je parle de l'Univers – ne faire exister que ce qui est nécessaire ? En admettant que je fasse partie de cette théorie, pourquoi l'inutile, le futile ne pourrait-il pas prendre forme ?
<center>THÉOBALD</center>
Je considère futile et dispensable ce qui n'existe pas.
<center>PHALAINIE</center>
Voilà qui est plus logique.
<center>THÉOBALD</center>
Si je me retourne à présent et que je te fais dos, tu n'existeras plus, car tu fais en réalité partie du décor.
<center>PHALAINIE</center>
Mais si je peux toujours te parler ?
<center>THÉOBALD</center>
Alors ce sera que l'Univers tente de m'embrouiller. Même si tu n'existes plus, du son sera émis de nulle part, pour me faire croire que j'ai tort. Surpris, je me retournerai, découvrant que tu es encore là. Mais, ayant fait volte-face, tu auras recouvré ton existence.
<center>PHALAINIE</center>
Que penserai-je alors ?
<center>THÉOBALD</center>
Tu ne peux penser ; tu es le fait de l'Univers. Tu es un élément du décor, te dis-je.
<center>PHALAINIE</center>
J'ai pourtant bien l'impression de pouvoir penser et agir de mon propre chef. Il ne me semble pas subir de retenue d'un mur quelconque. Si je veux bouger, je le peux.
<center>THÉOBALD</center>
En es-tu sûre ?
<center>PHALAINIE</center>
Je pense que oui.
<center>THÉOBALD</center>
Alors, bouge. Tu vois, tu ne le peux.
<center>PHALAINIE</center>
Tu as pourtant dit que les baleines parcouraient les étendues océanes.
<center>THÉOBALD</center>
C'est le cas. Et alors ?
<center>PHALAINIE</center>
Je dois pouvoir bouger pour faire cela.
<center>THÉOBALD</center>
Voilà qui me contredit grandement... plus que je le souhaite. Mais dis-toi que toi tu ne peux bouger. Quand bien même tu es une baleine, ce n'est pas pour rien que tu es en dehors de l'eau.
<center>PHALAINIE</center>
Je ne me souviens pas avoir jamais été baignée.
<center>THÉOBALD</center>
C'est sûrement car tu ne l'as jamais été. Ta vie se résume à être une baleine échouée sur une plage, loin de toute marée et sans espoir de retourner vivre là où tu le devrais.
<center>PHALAINIE</center>
Je ne peux m'y résigner.
<center>THÉOBALD</center>
Tu le dois pourtant.
<center>PHALAINIE</center>
Comment puis-je accepter que je ne suis rien ? Comment, après plusieurs années de vie sur cette plage, puis-je convenir et admettre que je ne suis rien ?
<center>THÉOBALD</center>
Tu n'es pas rien, Phalainie. Tu es l'Univers.
<center>PHALAINIE</center>
Non, je ne suis pas l'Univers. C'est l'Univers qui est moi. Quoi que je souhaite faire, c'est en réalité l'Univers qui souhaite. Cette façon de voir les choses, Théobald, si tu dis vrai, n'est que folie pour les membres de l'Univers. Ne souhaites-tu la réviser ?
<center>THÉOBALD</center>
Réviser ma théorie c'est avouer qu'elle peut être erronée. Je refuse cela.
<center>PHALAINIE</center>
Pense à moi, Théobald.
<center>THÉOBALD</center>
Pourquoi le devrais-je ? Si je suis d'accord avec moi-même, tu n'es rien.
<center>PHALAINIE</center>
Je ne suis pas rien !
<center>THÉOBALD</center>
Pourquoi serais-tu ?
<center>PHALAINIE</center>
« Cogito ergo sum » a dit le sage.
<center>THÉOBALD</center>
« Sum ergo cogito » préféré-je dire.
<center>PHALAINIE</center>
Comment peux-tu affirmer que je n'existe pas ? Quelle est alors ma voix ? D'où provient-elle si ce n'est du corps matériel, physique et palpable qui est le mien ?
<center>THÉOBALD</center>
Elle provient de l'Univers. Elle provient de ma tête et de mon imagination. Si ton corps semble palpable, c'est seulement car l'Univers a ses frontières ici.
<center>PHALAINIE</center>
Qu'est-ce-à-dire ?
<center>THÉOBALD</center>
À l'intérieur de toi, c'est le néant. La seule chose palpable en dehors de moi ce sont les limites de l'Univers.
<center>PHALAINIE</center>
Mais si on m'ouvre ?
<center>THÉOBALD</center>
Alors les frontières de l'Univers se modifieront et incluront ton corps.
<center>PHALAINIE</center>
Ainsi, tu insinues que je possède un corps sans qu'il puisse être existant dans cet univers.
<center>THÉOBALD</center>
C'est ce que je pense.
<center>PHALAINIE</center>
Où existé-je, alors ?
<center>THÉOBALD</center>
Dans un autre univers.
<center>PHALAINIE</center>
Lequel ?
<center>THÉOBALD</center>
Je n'en sais rien ; car je ne connais que cet univers-ci. Peut-être ton univers est-il centré sur toi comme celui-ci l'est sur moi. J'existe donc ici, mais pas dans ton univers, où je ne suis qu'un élément du décor. Comme tu l'es ici.
<center>PHALAINIE</center>
Est-ce possible à vérifier ?
<center>THÉOBALD</center>
Je ne pense pas que ça le soit. Mais cela expliquerait ta capacité à penser et à agir de ton propre chef.
<center>PHALAINIE</center>
Et cela conforterait ton hypothèse dans le même temps.
<center>THÉOBALD</center>
Si tout le monde est gagnant, qui peut s'en plaindre ?
<center>PHALAINIE</center>
Dieu. Les dieux sont tout.
<center>THÉOBALD</center>
Les dieux ne sont pas tout, Phalainie. Ce ne sont pas les dieux qui t'ont créée.
<center>PHALAINIE</center>
Alors, c'est Dieu qui peut s'en plaindre.
<center>THÉOBALD</center>
Cela serait légitime du fait de ses pouvoirs. Mais qu'en serait-il de son rôle ?
<center>PHALAINIE</center>
Son rôle ? Quel est-il ?
<center>THÉOBALD</center>
Veiller à la pérennité du monde.
<center>PHALAINIE</center>
Il y a plusieurs mondes.
<center>THÉOBALD</center>
Non : il y a plusieurs univers, qui constituent un seul monde.
<center>PHALAINIE</center>
Universel est plus important que mondial, pourtant.
<center>THÉOBALD</center>
Cela est uniquement dû à une idiotie humaine supplémentaire.
<center>PHALAINIE</center>
Mais pourquoi n'y aurait-il pas plusieurs mondes, s'il y a plusieurs univers ?
<center>THÉOBALD</center>
S'il y a plusieurs mondes, ils ne peuvent être interconnectés et Sont radicalement différents.
<center>PHALAINIE</center>
Peut-être peut-on passer d'un univers à un autre ?
<center>THÉOBALD</center>
Évidemment nous le pouvons !
<center>PHALAINIE</center>
Prouve-le-moi, en ce cas. Traverse temps et espace, deviens-en maître, et montre à la baleine que je suis que le sucre est source de vie.
<center>THÉOBALD</center>
Comment le pourrais-je ?
<center>PHALAINIE</center>
Va dans un univers sans sucre et remarque qu'il n'y a aucune forme de vie.
<center>THÉOBALD</center>
Les univers sont les mêmes, ainsi que je te l'ai déjà dit. Si tu veux un endroit sans sucre, va dans un autre monde.
<center>PHALAINIE</center>
Ainsi, on ne peut prouver ceci.
<center>THÉOBALD</center>
Mais je te prouverai que je peux dédoubler mon bras.
<center>PHALAINIE</center>
Soit ; va.
<center>THÉOBALD</center>
Hélas, je ne le peux de suite, car le dieux ne m'autorisent pas tous les jours à changer d'univers.
<center>PHALAINIE</center>
Quand le pourras-tu ?
<center>THÉOBALD</center>
Je ne sais.
<center>PHALAINIE</center>
Je m'ennuie. Te voir tenter de changer d'univers m'aurait distraite.
<center>THÉOBALD</center>
Je n'y puis rien, hélas.
<center>PHALAINIE</center>
Alors, rends-moi à l'océan.
<center>THÉOBALD</center>
Si tel est ton désir. Mais je me sentirai seul.
<center>PHALAINIE</center>
J'ai dit que c'était là que je devais être. Je ne fais que suivre ce que souhaite la nature. Rends-moi à l'océan.
<center>THÉOBALD</center>
Soit. Mais es-tu bien sûre de ne pas vouloir y réfléchir à nouveau avant ?
<center>PHALAINIE</center>
Je n'ai plus aucune raison de rester ici.
<center>THÉOBALD</center>
Tu m'as moi.
<center>PHALAINIE</center>
Oui, et je t'aurai dans mon cœur jusqu'à la fin de ma vie. Je n'ai donc pas besoin de rester à tes côtés.
<center>THÉOBALD</center>
J'ai envie de mourir.
<center>PHALAINIE</center>
Et si tu meurs, que se passera-t-il pour l'univers ?
<center>THÉOBALD</center>
Je pense qu'il disparaîtra après avoir implosé.
<center>PHALAINIE</center>
Ainsi tu ne peux te permettre de mourir.
<center>THÉOBALD</center>
Ainsi tu ne peux te permettre de partir.
<center>PHALAINIE</center>
Tu dois pouvoir survivre sans moi.
<center>THÉOBALD</center>
Ton absence serait une charge trop lourde pour l'essieu de mon âme.
<center>PHALAINIE</center>
Je ne peux pourtant chasser de ma tête l'image attirante de l'océan dont tu m'as parlé.
<center>THÉOBALD</center>
C'était donc une erreur que de t'en parler, tout décor que tu sois.
<center>PHALAINIE</center>
Ce n'était pas une erreur, car tu m'as redonné la joie.
<center>THÉOBALD</center>
C'était une erreur, car je t'ai perdue.
<center>PHALAINIE</center>
Ne peux-tu rien faire pour me sauver ?
<center>THÉOBALD</center>
Je ne le veux pas.
<center>PHALAINIE</center>
Il est pourtant de ton devoir de me porter assistance et d'aider une baleine à rejoindre l'océan dont elle provient.
<center>THÉOBALD</center>
Ainsi soit-il, alors. Espérons que l'univers persistera après ma mort. C'est triste, car j'avais compris la vie. Souviens-toi toujours d'une chose, Phalainie : « Sum ergo cogito ».[/quote]